QUAND LE CANDOMBLÉ, RELIGION AFRO-BRÉSILIENNE, SE SAISIT
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Entre 1532 et 1850,près de la moi-
tié des onze millions d’esclaves razziés
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2000: le régime de
patrimonialisation des cultes
À l’aube des années 1980,l’émission
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mère de l’enfant. Aussitôt,Mãe Stella,
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1983 (p.93).
5
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Quand le candomblé se saisit des médias

  1. 1. QUAND LE CANDOMBLÉ, RELIGION AFRO-BRÉSILIENNE, SE SAISIT DES MÉDIAS Patricia de Aquino Nouveau Monde éditions | Le Temps des médias 2011/2 - n° 17 pages 100 à 110 ISSN 1764-2507 Article disponible en ligne à l'adresse: -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- http://www.cairn.info/revue-le-temps-des-medias-2011-2-page-100.htm -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pour citer cet article : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- de Aquino Patricia, « Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias », Le Temps des médias, 2011/2 n° 17, p. 100-110. DOI : 10.3917/tdm.017.0100 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Distribution électronique Cairn.info pour Nouveau Monde éditions. © Nouveau Monde éditions. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  2. 2. Entre 1532 et 1850,près de la moi- tié des onze millions d’esclaves razziés sur le continent africain vers le Nou- veau Monde furent déportés au Brésil. Au lendemain de l’indépendance (1822),lapopulationbrésiliennecomp- tait 75 % de Noirs et de métis. Appar- tenant à différentes ethnies africaines, ils apportèrent les cultes de leurs ancêtres divinisés, autant de savoirs rituelscomplexescomposésdemots,de prières, de connaissances phytothéra- peutiques,mais aussi musicales et culi- naires,qui traversent aujourd’hui l’en- semble de la langue et la culture brési- liennes. Les rythmes musicaux de la samba, les saveurs culinaires du xinxim de galinha ou de l’acarajé trouvent leur source dans les percussions et les mets sacrificiels consacrés aux divinités afro- brésiliennes.Ilsparticipentdésormaisde l’identité métissée du pays. Le terme candomblé, d’origine ban- toue,désigne les cérémonies publiques au cours desquelles les dieux viennent danser et se mêler aux humains dans la transe de possession. Candomblé fait encore référence à la maison de culte, où se déroulent les rites initiatiques,les sacrifices, et souvent, les consultations où le destin est interrogé à travers les cauris manipulés par le devin. Le processus de légitimation reli- gieuse du candomblé couvre une pé- riode historique relativement courte - un siècle- liée à l’émergence de la presse écrite,delaradio,delatélévisionjusqu’à l’arrivée d’Internet.De ce point de vue, le candomblé constitue un observatoire pertinent pour saisir la manière dont les acteurs religieux se sont appropriés les supports de communication et conti- nuent d’investir l’espace public. Ayant fait l’objet de répression policière au XIXe siècleetdanslapremièremoitiédu XXe , ces rites sacrificiels et de posses- sion ont longtemps été stigmatisés par la société brésilienne.Jusqu’aux années 1950,alors que la presse écrite véhicu- lait l’image de coutumes primitives et barbares des «féticheurs»,les membres descultesafro-brésiliensontjouéunrôle 100 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias Patricia de Aquino* N°17 – Automne 2011 Le Temps des Médias * Laboratoire d’anthropologie sociale - EHESS/CNRS/Collège de France. tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page100 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  3. 3. actif dans la divulgation de la samba, forme musicale à matrice religieuse liée au candomblé. L’essor des médias visuels,par l’exhi- bition mâtinée de voyeurisme de rites tenus secrets, entraîne une prise de conscience identitaire et une redéfini- tion des stratégies des acteurs en ce qui concerne les frontières cultuelles du dicible et du visible. Religion initia- tique,soumise à des règles de transmis- sion et d’accès au savoir,le candomblé suppose que ses rituels soient préservés du regard profane. La question sera modifiée au cours des années 1980,marquées par la reven- dication politique d’une identité cul- turelle forte. Les significations des images documentaires sont alors rééla- borées à rebours d’une exploitation sensationnaliste pour fonder le can- domblé en tradition africaine.Il s’agit de mettre en évidence,et aussi en scène, les similitudes des rites entre les deux continents. Cette appropriation des supports de communication a visé l’in- tégration du candomblé comme reli- gion parmi les autres. L’arrivée des blogs et des réseaux sociaux introduit, à partir des années 2000,de nouvelles modalités de diffu- sion avec cette particularité que les usa- gers en sont presque exclusivement les acteurs.Cette communication à usage interne installe Internet comme lieu privilégié de contrôle de la tradition et d’organisation de la résistance aux églises évangéliques qui développent uneviolenteoppositionauxcultesafro- brésiliens. Jusqu’aux années 1950, la réhabilitation des traditions Entrel’abolitiondel’esclavage(1888) et la première moitié du XXe ,l’héritage africain n’a pas bonne presse.Les jour- naux stigmatisent les rituels afro-brési- liensendénigrantle«primitivisme»des pratiques,les actes barbares (sacrifices) ou obscènes (danses de possession).Les gazettes rendent compte positivement de la répression policière contre les pra- tiques rituelles et des procès intentés pour charlatanisme, fausse médecine, extorsion de fonds,tapage nocturne.Le «motif religieux», lui, n’est jamais avancécar,dèslapremièrecharteconsti- tutionnelle de 1824,la liberté de culte est garantie1.En 1831,le premier code pénal renforce ce principe en considé- rant comme crime le fait d’«abuser ou moquern’importequelculteétablidans l’Empireàtraversdespapiersimprimés, lithographiés ou gravés, qui se distri- buent à plus de quinze personnes,ou à traversdesdiscoursproférésenréunions publiques, ou à l’occasion, et dans les lieux où se déroule le culte»2 . Ces dispositions légales ne freinent pas le ton ironique et méprisant des articles traitant de l’univers afro-brési- lien.En 1904,pour la première fois,le sujet quitte les pages des faits divers et de la chronique policière.João do Rio réalise une série de reportages sur les cultesdelacapitale,publiésdanslequo- tidienGazetadeNotícias,avantd’enfaire un recueil,As religiões no Rio,«Les reli- gions à Rio».«En lisant les grands quo- tidiens, nous imaginons vivre dans un 101 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page101 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  4. 4. pays essentiellement catholique […]. Cependant, la ville grouille de reli- gions». Dès l’introduction,le journaliste dis- qualifie son informateur: «Antônio connaît très bien N.D.des Douleurs,est familierdesorixálas[divinités]d’Afrique, mais ne respecte que le papier-monnaie et le Porto [le vin apéritif] ». Le devin consulté est «un pauvre vieux rusé et ingénu»; les initiations, «une des plus barbares et inexplicables coutumes des fétiches de Rio».La fin d’une cérémo- nie ravive les fantasmes d’une sexualité débridée:«toutes ces chairs hypermé- tisséessedressaientvibrantespourlabac- chanale». Outre le répertoire relativement informé de ces reportages,qui en font l’une des premières ethnographies en négatif des cultes afro-brésiliens,il est à remarquer que les lecteurs de la Gazeta de Notícias étaient suffisamment fami- liers de la langue rituelle afro-brési- lienne pour que l’auteur se dispense d’en expliciter les termes.L’affirmation de la distance vis à vis de cet univers par son dénigrement devenait d’autant plus nécessaire que la proximité géogra- phique était réelle et qu’un monde par- tagé, une nation républicaine, était en voie de construction3.Paradoxalement, la volonté politique d’union nationale allaitouvrirunespaceauxformesmusi- calesportéespardesacteursappartenant auxtraditionsreligieusesd’originesafri- caines. Au cours des vingt premières décen- nies du XXe siècle,la samba,qui entre- tient par ses rythmes et ses acteurs,un lien organique avec les cultes,arrive sur la scène nationale et devient un genre musical à part entière.Cette «nationa- lisation» de la samba renforce la pré- sence des référents et du lexique rituel du candomblé dans la culture et la langue,à travers notamment les paroles des morceaux diffusés à la radio. Il est d’usage de considérer PeloTele- phone comme la première samba enre- gistrée (1917).Officiellement signé par Donga et Mauro de Almeida,le mor- ceau serait en réalité une composition collective, émanant des réunions qui animaientleMorrodaConceiçãoàRio de Janeiro,quartier d’éminentes figures de l’univers afro-brésilien.Tout comme aujourd’hui,unefoislescélébrationsdes divinités achevées,les adeptes prolon- geaient les festivités autour d’improvi- sations musicales profanes, sur fond d’imprégnationreligieuse.«J’espèreque tu en prendras une/Pour ne plus jamais faire ça/Voler les amours appartenant à d’autres/Et ensuite faire un“feitiço”» disent les paroles de PeloTelephone. Le dernierverspourraitêtretraduitpar«Et ensuite faire des rites afro-brésiliens». Le texte évoque ainsi sans détour,dans un grand succès populaire,les pratiques rituelles de matrice africaine. Dans ces quartiers afro-brésiliens, naquirentégalementlesranchos,cesasso- ciations préfigurant les défilés du car- naval.Hilário Jovino Ferreira,respon- sable rituel du candomblé,a été l’un des principauxartisansdelafêtequicontri- bue aujourd’hui au renom internatio- nal de Rio de Janeiro.En témoigne une annonce,signée de son nom,parue le 2 102 DOSSIER: COMMUNIQUER LE SACRÉ tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page102 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  5. 5. février1906,dansleJornaldoBrasil,invi- tant l’ensemble des ranchos à se retrou- ver dans le quartier dit de la petite Afrique4 . Membre de la Garde natio- nale,corps honorifique de l’armée,les initiatives d’Hilário révèlent son intel- ligence de l’époque. Initialement, les ranchos défilaient lors de la fête des Rois et détonnaient face à la circonspection affichéeparlesfidèlescatholiques.Hilá- rio décida donc de reporter la date de défilé de son rancho à la période du car- naval; les autres groupes festifs se ran- gèrent au nouveau calendrier. «J’ai fondé le Rei de Ouro qui a cessé de défiler le jour approprié, le 6 janvier, parce que les gens n’étaient pas habi- tués à ça.J’ai donc décidé de transférer ledéfiléauCarnaval»,déclare-t-ilauJor- nal do Brasil,le 18 janvier 1913.Cela fai- sait deux ans que le quotidien finançait le défilé des ranchos, précurseurs des actuelles écoles de samba, posant ainsi les jalons des compétitions au cœur du carnaval carioca contemporain. L’arrivée au pouvoir de Getúlio Var- gas, à la suite du coup d’État de 1930, s’accompagne de la mise en place du contrôle politique des moyens de com- munication.Pour lui,il s’agit d’engager le pays dans l’ère industrielle,avec une «sociéténouvelle»,soudéeautourd’une valeur majeure,le travail,et d’une cul- ture nationale. Pendant que la répres- sion policière5 se poursuit et que résonne une samba édulcorée, le can- domblé commence à se transformer en objet d’études scientifiques6 , grâce en particulier à un universitaire, membre decandombléetauteurdeplusieursou- vrages sur les cultes afro-brésiliens. Paraissent alors les premiers articles de presse non dépréciatifs sur les cultes afro-brésiliens. En 1937, Edison Car- neiro,organise à Salvador,le deuxième Congrès afro-brésilien, et fonde une première structure associative,l’Union dessectesafro-brésiliennes.L’association est présidée par Martiniano do Bonfim, célèbre devin né de parents esclaves affranchis qui figure aujourd’hui parmi les grands ancêtres,rituellement salués au début des cérémonies de candom- blé. La création de l’association est annoncée dans le journal O Estado da Bahia, du 4 août 1937, qui y consacre danslesjoursquisuiventplusieurssujets. La plupart des journalistes de l’é- poque continuent de s’illustrer dans le rôledegardiensdel’ordreetdelamora- lité. La police n’en fait pas assez: «Le candombléallaitdisparaîtremaislesup- pléant du commissaire a prévenu les intéressés»,titrait O Estado da Bahia le 13février1937.«Nousavonsportél’af- faire à la connaissance du […] Secré- taire de la sûreté publique»,poursuit le reporter,sefaisantleporte-paroled’une société qui a, ainsi que l’écrit son confrère,atteint un «degré de civilisa- tion […] (qui) ne comporte plus la pra- tiquedecertainsactes,propresauxindi- vidus totalement ignorants […] origi- naires d’Africains imbéciles»7. À la radio,la samba,passée au tamis des agences de censure gouvernemen- tales, devient le genre musical emblé- matique du carnaval et de la nation. AquareladoBrasil,composépar AryBar- roso en 1939,est révélateur de l’ambi- 103 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page103 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  6. 6. tiond’uneépoque:exalterl’uniténatio- nale rassemblant la diversité culturelle brésilienne. Les paroles retracent, dans un style lyrique et ampoulé,le voyage du poète ébaubi par les régions du pays. «Etj’aiétéradieux/Quandjesuisarrivé à Bahia/[…]/Des nuits de magie, du candomblé». La diffusion du candomblé gagne l’Amérique du Nord avec une compo- sition musicale de Dorival Caymmi. Interprété par Carmen Miranda, dans le film A banana da terra de Wallace Downey,lemorceauOqueéqueabaiana tem? «Quels sont les atouts de la Bahia- naise? », popularise, avec sa diffusion internationale,les tenues vestimentaires des initiées au candomblé: turban, jupons amidonnés, jupes et tuniques brodées, colliers aux perles colorées attribuées aux divinités. Des années 1950 aux années 1980:vers la reconnaissance de la mémoire historique des cultes À la fin des années 1930,un nouveau magazine hebdomadaire,O Cruzeiro,a introduit le photo-reportage dans le journalisme auriverde. Des actions de publicité inédites ont orchestré son lan- cement:quatre millions de prospectus ont été lancés depuis le toit des immeubles de la capitale, invitant son milliond’habitantsàdécouvrirlapubli- cation dite «contemporaine des gratte- ciels».Lepremieréditorialannonceque «la plus moderne des revues» est née, circulant «depuis l’Amazonie jusqu’au Rio Grande do Sul,s’infiltrant à travers touteslesvilles».Le15septembre1951, O Cruzeiro publie des photos d’initia- tion rituelle. Le photo-reportage est encore dans les mémoires d’initiées anciennes «une honte! » ; comme en témoigne aujourd’hui Mãe Beata,il est jugé «très mauvais pour notre religion. Premièrement, parce que ce sont des choses qui ne se montrent pas. Même pour beaucoup d’argent. Deuxième- ment, parce que le sang, le sacrifice impressionnent ceux qui ne compren- nent pas le sens de nos rituels».«Dans notre maison, il est interdit de photo- graphierlescérémonies,affirmeRegina d’Iemanjá.Même les fêtes ouvertes au public.Si on veut voir les dieux,il faut se déplacer.C’est notre tradition.».La questiondel’enregistrementetdeladif- fusiond’imagessoulèvedescontroverses toujours actuelles. Le reportage «Le dieu a soif de sang» fait ainsi l’objet d’un lancement à grand bruit,avec teasing8 .La veille,le quotidien deBahiaODiáriodeNotíciasenannonce la sortie par une photo:plan américain sur le buste d’un novice dégoulinant du sang d’une volaille aux ailes déployées, que des mains, appartenant à des per- sonnages hors-champ,maintiennent au dessusdesoncrânerasé.Aupremierplan de l’image, un amoncellement de plumessuggèreunehécatombedevola- tiles. Sensationnalistes, les pages de O Cruzeiro voulaient concurrencer le reportage «Les possédées de Bahia» publié par Paris-Match quelques mois auparavant,àpartird’«unextraordinaire documentethnographique»collectépar Henri-Georges Clouzot.Cependant,le 104 DOSSIER: COMMUNIQUER LE SACRÉ tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page104 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  7. 7. texte du journaliste brésilien, Arlindo Silva,accompagnant les photos de José Medeiros, adopte un ton nouveau, de neutralité descriptive. L’impact du reportage dans les milieux du candomblé de l’époque se vérifie par l’annonce,dans le journal A Tarde du 22 novembre 1951,de la tenue d’une réunion à la Fédération bahia- naise de culte afro-brésilien. À l’ordre du jour,une discussion sur le caractère «convenable [ou non] des publications qui ont été faites dans les revues Paris Match et O Cruzeiro au sujet du culte africain à Bahia».Selon le témoignage de José Medeiros,de nombreuses mai- sons de culte s’étaient opposées aux cli- chés qui avaient finalement pu être réa- lisés en échange de rémunération.Mal- gré l’anonymat préservé dans la revue, la responsable du candomblé aurait été ostracisée par ses pairs.Quant au pho- tographe, il raconte qu’après la publi- cation, il ne s’enregistre plus que sous un faux nom dans les hôtels de Salva- dor pour éviter les ebós - rites,sorts ou maléfices-dontilpourraitêtrevictime. À la même époque, Pierre Verger, photographed’originefrançaiseinstallé au Brésil et grand initié du candomblé, aurait refusé de fournir des images de cérémonies initiatiques à O Cruzeiro, dontilétaitpourtantuncorrespondant. En 1954,des clichés de transe de pos- session,montrant des initiés aux cultes des mêmes divinités de part et d’autre de l’Atlantique, sont pourtant publiés dans son ouvrage Dieux d’Afrique paru chez Hartmann. La préface de Théo- dore Monod éclaire les critères prési- dant aux choix de l’auteur-photo- graphe:«Cequinousarriveici,enplein visage,à l’improviste,ce n’est pas l’ha- bituellematièreàcuriosité–voire,hélas, à sourire – de l’usuelle littérature de magazine […] ce prestigieux butin, il n’étaitpasàlaportéed’untouristeordi- naire, ou même à un ethnologue du modèle habituel,de le conquérir.[…] Pierre Verger ne dit pas tout, et ne montre pas tout. Car c’est, aussi, un sage». À partir des années 1950,se délimi- tent,dans le monde du candomblé,les champs de ce qui peut être divulgué, médiatisé, porté à la connaissance des profanes et du plus grand nombre,et ce qui doit demeurer réservé aux initiés, sacré,mis à l’écart du public.Le respect de ces frontières continuellement redé- finies par la communauté des adeptes engendre une différenciation des mai- sons de culte en plus ou moins «tradi- tionnelles»,plusoumoinsrespectueuses des interdits. En1956,JoãozinhodaGoméia,jeune responsable d’une maison de culte à Rio deJaneiro,doitaffronterlesfoudresd’ini- tiées plus anciennes,après s’être déguisé en vedette pendant le carnaval.Danseur talentueux, son spectacle présentant les chorégraphies propres aux divinités fait salle comble au Casino d’Urca,haut lieu de la nuit carioca.Quand le journaliste de O Cruzeiro lui demande si cette théâ- tralisation n’est pas contraire aux règle- ments du candomblé, il répond: «En aucunemanière,monami.D’abord,parce qu’avantdemedéguiser,j’enaidemandé l’autorisationàmadivinité.Ensuite,parce 105 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page105 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  8. 8. quelefaitdemedéguiserenfemmen’est pas un manquement de respect à l’égard demoncultequiestuneSuisseentermes de démocratie». Malgré les critiques qu’ont pu susciter ses initiatives, João- zinho da Goméia a été l’un des plus grands promoteurs de la reconnaissance sociale du candomblé.En 1967,il fait la unedeOCruzeiroquiconsacrehuitpages auxparuresrituellesdesdivinitésdupan- théon.En1970,ilincarnesonproprerôle dans le film Copacabana mon amour, de Rogério Sganzerla,où on le voit réaliser des rites purificatoires sur le personnage interprété par Helena Ignez, muse du cinéma expérimental brésilien. Les années 1960 et 1970 sont des décennies fertiles pour le développe- ment de la musique populaire brési- lienne. La télévision, arrivée en 1950, s’installe dans les foyers,et promeut des festivals musicaux qui,tous les ans,bat- tent des records d’audience.De la Bossa NovaàlaTropicália,lesréférentsducan- domblé sont adoptés par les artistes et intellectuels, qui se lancent dans la contre-culture,et à travers eux,par les classesmoyennes,accédantauxbiensde consommation. Les Afro-sambas (1966), de Baden Powell et Vinícius de Moraes,vont bien au-delàdesempruntsinstrumentauxou rythmiques et des termes liturgiques glissés dans les paroles,pour évoquer de manière précise,les entités du candom- blé dans leurs spécificités musicales,de champs d’action,de caractère. Ainsi,au début des années 1970,avec l’essor des vidéoclips, Clara Nunes, chanteuse- interprète,construitsacarrièresurl’uni- vers des traditions afro-brésiliennes non plus stylisées,comme Carmen Miranda trente ans plus tôt, mais revendiquées comme vécues. À chaque entretien accordé à la presse,l’artiste souligne son appartenance religieuse.Dans Conto de areia,vidéoclip diffusé sur TV Globo en 1974, un dimanche à 20 heures, Clara Nunes,en tenue rituelle,évolue entou- rée de personnages,véritables vignettes du culte, qui arborent les parures et insignes de leur divinité. En 1972,en hommage à la prêtresse d’un célèbre lieu de culte de Salvador, Dorival Caymmi compose Oração de Mãe Menininha, devenue un hymne populaire,reprispardeuxcélèbreschan- teuses Maria Bethânia et Gal Costa,ini- tiées du candomblé.En 1976,l’école de samba Mocidade independente de Padre Miguel choisit pour thème de son défilé, le fil narratif de la vie de cette religieuse, parmilespluspopulairesdel’histoire.La bouclesemblebouclée.Néedespercus- sions religieuses,la samba,devenue chef d’orchestre de la plus grande fête natio- nale - le carnaval - rend hommage à sa source,le candomblé. Aveclareconnaissancesociale,semet en place un nouveau régime de visibi- lité que l’on peut qualifier d’«histoire de la mémoire»9.Il s’agit de fonder his- toriquement les éléments transmis par la mémoire orale du candomblé.Pierre Verger en sera l’instigateur,entre autres par la publication de sa thèse dans une édition brésilienne en 1985, Flux et reflux du trafic des esclaves entre le Golfe du Bénin et la Baie de Tous les Saints, avec l’appui de Fernand Braudel. 106 DOSSIER: COMMUNIQUER LE SACRÉ tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page106 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  9. 9. Des années 1980 aux années 2000: le régime de patrimonialisation des cultes À l’aube des années 1980,l’émission de télévision Globo repórter programme un documentaire sur le candomblé,O poder do machado de Xangô,Le pouvoir de la double hache de Xangô,dieu de la foudre, réalisé par Paulo Gil Soares.Pierre Ver- ger,quiavaitrefusédefournirlesimages pour O Cruzeiro,contribue activement à l’élaboration du sujet qui a pour fil rouge le voyage entrepris par un initié brésilien au temple de sa divinité en terresafricaines.Lessimilitudesentredes ritesdesdeuxcontinentssontsoulignées àtraverslesséquencesmontéesenparal- lèle. Filmées dans leur contexte, les transes ne font pas l’objet d’interpréta- tionsmédicalesoupsychologiques.Elles font plutôt vaciller la voix off,qui com- mente, dans un mouvement d’empa- thie:«lepuissanthéritage[…]surgitdevant nous».Lecandomblédevientainsirémi- niscenceculturelledontilseraitpossible de retrouver les traces originelles. LorsdelasecondeConférencemon- diale sur la tradition et la culture des ori- sas (divinités) en 1983, à Salvador, des responsablesdemaisonsdecultesignent une lettre ouverte, largement relayée dans la presse: «Il est clair que notre croyance est une religion et non une secte syncrétique. […] Nous ne pou- vons pas penser, ni nous laisser penser comme folklore,secte,animisme,reli- gion primitive».Il s’agit de contrer les stéréotypes désignant le candomblé comme «chose du Diable»,«pratiques africaines primitives ou syncrétiques», oumoyende«propagandetouristique». Le tournant politique de la revendica- tion religieuse est amorcé. L’affirmation du candomblé comme religion trouve un écho dans la série télévisée Mãe de santo,diffusée en 1990 sur TV Manchete.Les mythes des enti- tésdivinessontjouésautraversdespéri- péties vécues par les personnages à chaque épisode.En général,un événe- ment malheureux amène les protago- nistes à s’adresser à une maison de can- domblé qui prend rituellement en charge leur sort. Ainsi le spectateur est invité à opérer la relation symbolique entre la vie quotidienne et les épopées qui racontent les ancêtres divinisés. Dix ans après la lettre ouverte de 1983,une de ses signataires,Mãe Stella, publiel’ouvrageMeutempoéagora(Mon temps est maintenant ).L’auteur explique comment elle dirige la maison de culte dont elle a la charge. Entre les lignes, s’édictent des normes destinées à éviter la «profanation» de la religion;la prin- cipale étant le respect de la hiérarchie initiatique qui préserve,du regard pro- fane et donc des médias, les rites dits internes. Les publications10 de Mãe Beata, directrice d’une autre maison, semblent affirmer qu’au-delà de ce qui doit rester secret, les adeptes du can- domblésontdétenteursd’unsavoirpar- tagé qu’ils souhaitent diffuser: contes, proverbes,récitstransmisparlesanciens, uncorpusporteurd’ethostraduisantun style,un mode de vie,d’être au monde. Lieu de culte,lieu de culture,les can- domblés,à partir des années 1980,sont 107 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page107 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  10. 10. pris dans le mouvement d’historicisa- tion de la mémoire,symptomatique des classificationsaupatrimoinehistorique. Les plus anciennes maisons bénéficient alors d’importantes subventions pour la remise en état de leurs constructions, souvent précaires. L’inauguration des chantierssubventionnés,enprésencedu ministre de la culture, est largement reprise dans les médias, et sur le site Internet du Ministère11 . Avec Internet, les adeptes du can- domblé se sont saisis de la toile.Désor- mais,unepluralitéd’initiésnarrentleurs expériences vécues sur leurs pages per- sonnelles, diffusent des articles de sciences sociales,postent sur leur blog des documents d’archives sur leurs mai- sons de culte.Le web est devenu aussi un lieu de visionnement des fêtes pu- bliques, souvent mises en ligne dès le lendemain de leur célébration.Le pré- sentisme induit par Youtube fait que ces événements semblent immédiatement transformés en objets que l’on pourrait dire patrimoniaux, c’est-à-dire com- mémorés12 , vus, revus, glosés, com- mentés. Cette fragmentation médiatique des modes d’institution du religieux n’est pourtantpasàconfondreavecunedéré- gulation généralisée des formes tradi- tionnelles car dans le même mouve- ment, Internet a remis en tension la question du partage entre ce qui peut êtremontréetdit,etcequidoitêtrepré- servé et tu.Orkut et Facebook consti- tuent le salon privilégié de ces échanges dont la teneur varie selon que les dis- cussions se déroulent au sein des «com- munautés»oudes«amis»-àl’accèsplus ou moins sélectif. Internet est également devenu un lieudemilitancepolitiquepourlecom- bat contre «l’intolérance religieuse».Le développement d’églises évangéliques, accompagnées de leur credo prosélyte, se traduit par des campagnes de com- municationoffensives.Achetéeparl’É- glise universelle du règne de dieu en 2000,TV Record,deuxième chaîne du paysaprèsTVGlobo,consacredenom- breusesémissionsauxséancesdeprêche et d’exorcisme où il s’agit d’expulser les divinités afro-brésiliennes du corps de ses adeptes. Les bulletins internes de l’Église sont régulièrement condamnés par les tribunaux pour utilisation abu- sive d’images de membres de candom- blé, présentés comme de dangereux charlatans. Les blogueurs du candom- blé dénoncent ces attaques évangé- liques, relaient l’actualité thématique, organisent et promeuvent des manifes- tations d’envergure nationale, telle la désormais traditionnelle marche contre l’intolérance religieuse,le 21 janvier. En décembre 2009, un fait divers ayant provoqué une véritable commo- tion nationale témoigne des nouveaux enjeux présidant aux relations entre candomblé et médias dans le contexte contemporain. Au service d’urgence d’un hôpital de Bahia, les médecins, ayant réalisé des radiographies d’un enfant de deux ans,découvrent que son corps a été transpercé de plus de cin- quanteaiguilles.Sonbeau-pèreenserait le responsable,ayant accompli des rites de «magie noire» pour se venger de la 108 DOSSIER: COMMUNIQUER LE SACRÉ tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page108 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  11. 11. mère de l’enfant. Aussitôt,Mãe Stella, prêtressedeSalvador,donneuneconfé- rence de presse: «les aiguilles n’existent pas dans le candomblé»13 .Sur Youtube et lesblogs,cetteinterviewetsesdifférents montages repris des journaux télévisés sont immédiatement relayés. Le Jour national de combat contre l’intolérance religieuse,créé par le gou- vernement en 2007,est célébré dans les grandes villes du pays au cours d’une marche œcuménique.L’investissement des adeptes de candomblé dans l’orga- nisation de cet événement fortement médiatisé témoigne des nouvelles stra- tégiesd’affirmationnonseulementreli- gieuses,mais aussi politiques.À la veille des élections de 2012, ces marches constituent un terrain de choix pour les campagnes électorales des différents partis. Le XXe siècle a donc vu les acteurs du candomblé modifier le regard et la lecture portés sur leurs rituels en se sai- sissant des médias. Ils ont opéré une dynamiquedeconstructiondeleurvisi- bilitéreligieuse,d’abordàtraverslaréha- bilitation de leurs traditions, puis la reconnaissance de leur mémoire histo- rique.Sur le web aujourd’hui,ils mar- quent la présence de leur identité col- lective et se livrent à leur propre exé- gèse.La grande fluidité d’Internet per- met d’ouvrir l’éventail des ressources identitaires en multipliant les réseaux d’interaction à l’intérieur de l’hétéro- généitédesmaisonsdeculte.Encesens, la toile n’entraîne ni dissémination par- ticularisante,ni homogénéisation glo- balisée,elle ouvre plutôt sur le renfor- cement des appartenances en tissant de nouvelles relations inter-candomblés. 109 Quand le candomblé, religion afro-brésilienne, se saisit des médias Notes 1 Elle l’est depuis la charte de 1824,qui pose les fondements de la monarchie constitution- nelle,deux ans après l’indépendance.Le texte déclare dans son Titre 1,article 5:«La Reli- gion Catholique Apostolique Romaine continuera à être la Religion de l’Empire. Toutes les autres Religions seront permises avec leur culte domestique,ou particulier,en maisons destinées à cela, sans aucune forme extérieure de temple www.planalto.gov.br/ccivil_03/constitui- cao/constitui%C3%A7ao24.htm-accèsle31 janvier 2011.Traduction réalisée,comme les suivantes,par l’auteur. 2 www.planalto.gov.br/ccivil_03/Leis/LIM /LIM-16-12-1830.htm - accès le 31 janvier 2011. 3 La première constitution de la République proclamée en 1889 est promulguée en 1891. Lecatholicismecessed’êtrereligionofficielle. La liberté de culte – public,cette fois-ci - est réaffirmée;ledroitd’interventiondelapolice en vue du maintien de l’ordre est souligné. Unedispositionquiconcernedirectementles cultes afro-brésiliens,dans leur usage de tam- bours nécessaires à la célébration du culte. Constitutionde1891: www.planalto.gov.br/ ccivil_03/Constituicao/Constitui%C3%A7ao 91.htm - accès le 4/2/2011 4 Tia Ciata e a pequenaAfrica no Rio de Janeiro, Roberto Moura,éd.Funarte,Rio de Janeiro: tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page109 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions
  12. 12. 1983 (p.93). 5 La rédaction de la constitution de 1934 fait apparaître, dans le paragraphe consacré à la liberté religieuse,l’expression,«bonnes cou- tumes», absente des textes précédents: «La liberté de conscience et de croyance sont inviolables et le libre exercice des cultes reli- gieux est garanti, dès lors qu’ils ne contre- viennent pas à l’ordre public et aux bonnes coutumes». 6 Arthur Ramos lui consacrera un grand nombredepublicationsentre1932etledébut des années 1960. 7 Júlio Braga,Na Gamela do feitiço,ed.UFBA, Salvador:1995 (p.157). 8 Fernando de Tacca,«Candomblé – imagens do sagrado» in Campos,Revista de antropologia social,São Paulo,2003:147-164 (p.153). 9 François Hartog,Régimes d’historicité.Présen- tisme et expériences du temps,Seuil,Paris:2002. 10 Caroço de Dendê:a sabedoria dos terreiros,Pal- las,Rio de Janeiro:1997,Histórias que a minha avócontava,TerceiraMargem,SãoPaulo:2004. 11 Pour un exemple récent, 11/02/2011: www.cultura.gov.br/site/2011/02/11/ile- axe-opo-afonja-2 12 Charles Péguy,«Clio.Dialogue de l’histoire et de l’âme païenne» in Œuvres en prose com- plète,Gallimard/Pléiade,Paris:1992. 13 www.youtube.com/watch?v=p13OekD CFpk&NR=1 DOSSIER: COMMUNIQUER LE SACRÉ tdm17.qxd:MPTdM8 11/11/11 23:18 Page110 Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions Documenttéléchargédepuiswww.cairn.info-BiblioSHS--193.54.110.35-03/06/201413h56.©NouveauMondeéditions

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