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Trends 10-12-2015

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Trends 10-12-2015

  1. 1. D urant près d’une semaine, la capitale a vécu au ralenti, au rythmedel’alerteterroristede niveau 4. Manifestations cul- turellesannulées,centrescom- merciauxfermésousurveillés, écoles bouclées, transports en commun paralysés,... Bruxelles a eu pendant ces quelquesjoursl’allured’uncampretran- ché. Si les occupations habituelles des citadins ont été réduites au strict mini- mum, certaines firmes ont au contraire été confrontées à un intense pic d’acti- vité. Les sociétés de gardiennage ont en effetétéassailliesdedemandesenvuede renforcer la surveillance des différents lieux où se concentrent habituellement un grand nombre de personnes. Déjàfortsollicitésdèslelendemaindes attentatsparisienssurvenusle13novem- bre dernier, les spécialistes de la sécurité ont dû, dans l’urgence, renforcer leurs équipes.ChezG4S,unmastodontedusec- teur du gardiennagequi emploie plus de 600.000 personnes dans le monde, dont 6.000enBelgique,lepassageenalertede niveau 4 a engendré un surplus d’activité del’ordrede10%.«Beaucoupd’employés en congé se sont proposés spontanément pour faire des heures supplémentaires. Et nous avons accéléré notre processus de recrutement», indique Jean-Paul Van Avermaet, managing partner de G4S Bel- gique.Lasociétéengageracetteannéeplus de1.000personnes,dont200enconséquence del’augmentationduniveauderisque. 38 10 DÉCEMBRE 2015 WWW.TRENDS.BE analyse menace terroriste LesattentatsàParisetl’alertedeniveauquatreàBruxellesontpoussé lesentreprisesàrenforcerleursmesuresdesécurité.Lesecteurdugardiennages’attend àuneaugmentationdurabledelademande.GILLES QUOISTIAUX LES DEMANDES DES CLIENTS AFFLUENT LETOURDEVISSÉCURITAIRECONSOLIDE LESECTEURDUGARDIENNAGE
  2. 2. forme 10.000 personnes chaque année: ceux-cisontsoitdefutursagentsdesécu- rité,soitdesmembresdupersonneld’en- treprises qui souhaitent leur donner des notions de «vigilance». Depuis les atten- tats, la demande pour ce type de forma- tion a doublé chez G4S. Les entreprises qui souhaitent aujour- d’hui renforcer la sécurité de leurs sites cherchent prioritairement une présence humaine renforcée. Les solutions tech- nologiques(caméras,systèmesd’alarme, etc.)lesintéressentmoinspourlemoment. «L’objectif est de rassurer les clients et lepersonnel.Encesens,ajouterdescamé- ras est inutile. Seule la présence d’agents peut aider», avance Jean-Paul Van Avermaet(G4S).Cetteprésenced’agents renforce donc le sentiment de sécurité. Mais que peuvent-ils faire en cas d’at- taque? «Je vais être honnête: pas grand- chose,reconnaîtJean-PaulVanAvermaet. Les agents sont formés pour des actions de prévention et de surveillance. En cas de problème, ils peuvent lancer rapide- ment l’alerte, évacuer les gens, les apai- ser,donnerlespremierssoins.Maiscene sont pas des policiers ni des militaires.» Renforts, fouilles et détecteurs de métaux De nombreuses enseignes ont pris des mesures immédiates. Pour renforcer la sécurité dans les magasins de la chaîne Fnac, les agents de gardiennage ont été invités à privilégier la présence «sur le terrain»plutôtqu’enback-office.Desren- forts ont aussi été prévus à certaines heuresd’affluence.Cesdispositifsseront maintenusjusqu’enfind’année,nouspré- cise-t-onàlaFnac.ChezCarrefouraussi, des mesures particulières ont été prises: pendantl’alertedeniveau4,unseulaccès au magasin était autorisé et les agents de sécuritéinvitaientlesclientsàouvrirleur sac et leur veste avant d’entrer. Du per- sonnel de gardiennage supplémentaire a été engagé jusqu’à la fin de l’année. Le Woluwe Shopping Center, à Bruxelles,aluiaussifaitl’objetdemesures exceptionnelles. «Pendant l’alerte de niveau 4, toutes les entrées étaient fil- trées,avecdesdétecteursdemétaux.Nous avonsplusquedoublélenombred’agents présents sur le site», détaille Philippe Defechereux,membreducomitédedirec- tion de Fact Security, une société de gar- diennagequiemploieenviron400per- 350 offres d’emploi SonconcurrentSecuritasaaussireçuun nombreimpressionnantdesollicitations: plusde500nouvellesdemandesenquel- quesjours.Lasociétéarapidementmobi- lisé ses effectifs pour y faire face, et de nouvellesoffresd’emploiontétépubliées. Securitas, qui emploie 5.000 personnes en Belgique, cherche actuellement 350 personnes supplémentaires. La période des fêtes, qui est traditionnellement une période de plus forte activité pour les entreprisesdegardiennage,estcetteannée encore plus chargée. Cette situation est prête à s’installer dans le temps: «La demande ne va pas s’essouffler,estimeRégisGaspar,patron de Securitas Belgique. Les besoins en termes de sécurité sont en train d’aug- menter. C’est peut-être dommage, mais c’est un fait.» Selon le patron, les atten- tats parisiens et la menace terroriste sur le territoire bruxellois auront un impact beaucoupplusdurablesurlesecteurque les précédents événements. «Après les attaquesdeCharlieHebdoenjanvierder- nier,l’activitéaaugmentéde4à5%envi- ron, mais cela n’a duré que trois à quatre mois,poursuitRégisGaspar.Lasituation actuelle est très différente: la menace apparaît plus diffuse.» Prioriser et évaluer les risques Les sociétés de gardiennage font face à des demandes émanant de clients exis- tantsquisouhaitentrenforcerleursmesu- res de sécurité, mais aussi de nouveaux clientsquisouhaitents’adjoindrelesser- vices de spécialistes. Toutefois, le réser- voir d’agents n’étant pas inépuisable, les sociétésdegardiennagesontcontraintes declasserlesdemandesparordredeprio- rité. «Nous devons gérer les risques. Actuellement, notre priorité, ce sont nos clients existants qui ont un niveau de risque plus élevé», pointe régis Gaspar (Securitas). Les entreprises de gardiennage souf- frent d’un réel problème d’effectifs, du moins à court terme. Le recrutement, même s’il se fait en permanence, prend du temps. Les futurs agents doivent être formés et dûment assermentés par le ministère de l’Intérieur, qui vérifie leur profil. Le processus prend environ cinq semaines. Les centres de formation desgrandesentreprisesdesécuritétour- nent actuellement à plein régime. G4S WWW.TRENDS.BE 10 DÉCEMBRE 2015 39 BELGAIMAGE ≤ «La demande ne va pas s’essouffler. Les besoins en termes de sécurité sont en train d’augmenter. C’est peut-être dommage, mais c’est un fait.» Régis Gaspar, patron de Securitas Belgique «En cas d’alerte, les agents peuvent lancer l’alerte, écavuer les gens, les apaiser, donner les premiers soins. Mais ce ne sont pas des policiers ni des militaires.» Jean-Paul Van Avermaet «managing partner» de G4S Belgique
  3. 3. 40 10 DÉCEMBRE 2015 WWW.TRENDS.BE sonnes. Au salon Cocoon, qui se tenait alors au Heysel, des portiques de sécu- rité ont été installés et le nombre d’en- trées limité au strict minimum. Chez Geseco, une petite entreprise de gardiennagebaséeàNivelles,toutleper- sonnel a également été mobilisé, notam- mentpourrenforcerledispositifdesécu- rité devant les magasins de luxe Gucci et Longchamp.Gesecoaégalementétéappe- lée par Godiva, qui souhaitait sécuriser son site de production bruxellois. Chez Securitas,desdemandessontmêmepar- venues de la part de stations-services ou delibraires,auxquellesiln’apasétépos- sible de répondre dans les circonstances actuelles. Vers une extension des missions? Du côté de Fact Security, la direction a rappelé 20% de son personnel en congé, mais cela n’a pas suffi pour répondre à touteslesdemandes:«Desorganisations quin’avaientpasl’habitudedenousappe- ler, des écoles notamment, sont venues frapper à notre porte. Nous avons aussi eu beaucoup de demandes pour des gardes armés, que l’on a évidemment dû décliner», pointe Philippe Defechereux (Fact Security). Les agents de gardien- nage ne peuvent en effet pas porter d’armes, sauf autorisation expresse du ministère de l’Intérieur. Seule la protec- tiondelieuxsensiblescommelesambas- sadesoul’Otanpeutjustifiercetyped’au- torisation délivrée au compte-gouttes à du personnel spécialement habilité. De manière générale, les spécialistes de la sécurité que nous avons contactés ne plaident pas pour une extension du port d’armes. Par contre, ils espèrent un élargissementdesmissionsdesagentsde gardiennage. Leur argument est le sui- vant: si on élargit le champ de compé- tencesdesagentsdesurveillance,lesser- vicesdepolicepourrontseconsacrerplus efficacement à leurs tâches essentielles. Danslalistedeleursdemandes:pouvoir procéder à des fouilles, consulter des caméras de sécurité pointées sur la voie publique, patrouiller en rue, transporter des détenus, contrôler les identités, etc. Outre les problèmes que ces demandes posentenmatièrederespectdelaviepri- vée,cesmissionssontaujourd’huiconsi- dérées comme «régaliennes» et doivent doncêtreorganiséesparl’Etat,etnonpas sous-traitées à des sociétés privées. Les entreprises de sécurité proposent aussi des’occuperdecertainestâches«desup- port» réalisées par les services de police, commel’accueildanslespostesdepolice oulagestiondel’enlèvementdesvoitures. «Le cadre actuel est trop rigide», estime Jean-Paul Van Avermaet. Le patron de G4S, qui préside aussi l’APEG, la fédération du secteur, pointe le fait que la Belgique ne compte que 142 agentsdegardiennagepar100.000habi- tants,etsesitueplutôtenqueuedepelo- ton européen, loin derrière la Grande- Bretagne, où la proportion y est quatre foisplusimportante.Desdiscussionssont encoursauniveaudugouvernementfédé- ral au sujet de l’élargissement possible des missions des agents de gardiennage. Si elles aboutissent, cela pourrait géné- rer un accroissement de l’activité des entreprises de sécurité. Sentiment de peur Au-delàdecesconsidérations,l’augmen- tation du niveau de la menace terroriste renforce clairement les exigences en matière de sécurité, particulièrement dans les secteurs commerciaux, cultu- rels ou événementiels, qui doivent gérer des concentrations importantes de per- sonnes. Le secteur du gardiennage en sort consolidé. Mais le patron de Secu- ritas tient à tempérer: «Notre entreprise reste dépendante de la santé de nos clients. Si un sentiment de peur s’ins- talle, que les gens sortent moins et con- somment moins, la demande pour nos services diminuera aussi, avance Régis Gaspar. Suite aux attentats, le niveau général de sécurité va augmenter. Mais nous espérons que la situation revienne rapidement à la normale.» z analyse menace terroriste La majorité des spécialistes de la sécurité plaident pour un élargissement des missions des agents : pouvoir procéder à des fouilles, consulter les caméras de surveillance pointées sur la voie publique, patrouiller dans la rue, etc. BELGAIMAGE

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