Évaluation doctorants juin 2014

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diaporama destiné aux doctorants de Paris IV en juin 2015

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Évaluation doctorants juin 2014

  1. 1. L’évaluation (des élèves, des étudiants...) Représentations , pratiques, définitions, limites… Formation des doctorants (Ph.Watrelot) Juin 2014
  2. 2. Philippe Watrelot • 55 ans • Professeur de Sciences économiques et sociales au lycée Corot de Savigny sur orge (Essonne,Ac. deVersailles) • Professeur à l'ESPÉ de Paris en temps partagé • Président du CRAP-Cahiers Pédagogiques
  3. 3. Le CRAP-Cahiers Pédagogiques http://www.cahiers-pedagogiques.com
  4. 4. Chronique éducation Depuis mai 2003...
  5. 5. http://fr.slideshare.net/PhilippeWatrelot/presentations
  6. 6. • réfléchir sur les différentes dimensions de l'évaluation • donner des éléments sur les limites de la note (docimologie)
  7. 7. L’évaluation (sommaire) • Introduction : un sujet toujours d’actualité • L’évaluation vue par les parents, les élèves, les enseignants... • …et à l’université ? • Définitions et typologie de l’évaluation • Un peu d'histoire (et de géographie) de l’évaluation... • La notation et ses limites (docimologie)
  8. 8. Des débats actuels (et récurrents) (et récurrents) • Faut-il supprimer les notes ? • Pour ou contre les compétences… • les “usines à cases” • l’“évaluationnite”, la “fièvre de l’évaluation” • quelle est la valeur du bac ? • Les notes sont elles fiables ?
  9. 9. Représentations • Paroles de parents... • Paroles d’élèves... • ce que disent et font les profs...
  10. 10. Paroles de Parents Un dossier de la Croix du 2 juin 2004 se faisait l’écho d’un sondage auprès de parents d’élèves
  11. 11. Paroles de Parents Plus d'un tiers des parents (35%) reconnaît prononcer la phrase rituelle «Quelles notes as-tu eues ?»tous les jours
  12. 12. Paroles de Parents
  13. 13. L'Afev (Ass. Française des Étudiants pour la Ville) a fait réaliser en mars 2011 une étude par l'institut Audirep, par téléphone auprès d'un échantillon national de 1000 individus représentatifs de la population française âgés de 15 ans et plus.
  14. 14. Paroles d’élèves Dans un livre paru en 2005 « L’élève humilié », Pierre Merle, sociologue, a demandé à de jeunes adultes de se remémorer un « exemple tiré de leur scolarité d’un droit non respecté » et où ils se sont sentis humiliés. Il est significatif de noter que ce qui arrive en tête ce sont les situations d’évaluation.
  15. 15. Pierre Merle L’élève Humilié, L’école un espace de non-droit ? PUF 2004
  16. 16. Phosphore Avril 2006 pp. 10-19.
  17. 17. Paroles d'élèves Camille 2nde : « C'est bizarre, pour un même devoir de maths réalisé avec une copine, on a eu des notes différentes...» Grégoire, 1ere L : « La notation, c’est une échelle qui permet de se situer par rapport au reste de la classe. C’est un bon système. ». Charles, Tle S : « Pour entrer en prépa, ce sont les notes qui comptent alors qu’elles ne sont pas représentatives.» Bertille et Mélissa, 1ere L : « Les profs nous cataloguent et ensuite, ils nous mettent toujours les mêmes notes ». François, 1ere S : « Certains profs distribuent les notes à la tête du client. » Karim, 1ere S : «Une note, c’est toujours un peu lié à la personnalité de l’élève. » Jeanne, 1ere L : « Une note ne dit pas tout et surtout pas les progrès qu’on a faits ». Phosphore Avril 2006 pp. 10-19.
  18. 18. « Très souvent, [j'ai eu des notes qui m'ont paru injustes]. Surtout en français, parce que les notes dans cette matière, c"est vraiment flou. Notre prof ne nous expliquait pas le barème et elle ne nous expliquait jamais notre note... donc, soit on avait le don d'écrire, soit non! Donc c"était un peu arbitraire les notes en français» (Claire, 16 ans, CPA maroquinerie)
  19. 19. « [Des notes injustes, j'en ai eues] plein! J'en ai eues beaucoup en SVT et en maths aussi. Une fois, j'avais mis toutes les réponses par cœur ... on savait sur quoi on allait être interrogé et j'avais appris les leçons du livre et j'ai eu 11. Alors qu'une autre élève, elle avait tout juste aussi et elle a eu 14 ! Juste parce que le prof l'aimait mieux, elle...» (Simon, 18 ans, Bac scientifique)
  20. 20. L’évaluation est une pratique professionnelle qui demande beaucoup de temps (chronophage ?) et qui engage les valeurs et l’identité professionnelle de l’enseignant. Elle dépend aussi de la “culture” de chaque établissement Ce que disent et font les profs...
  21. 21. Ce que disent et font les profs... Témoignages extraits de Le monde de l’éducation Février 2006 “Que valent les notes”
  22. 22. “Je sais que je note un peu sec. Je vois bien en conseil de classe. Et pourtant j’ai l’impression de surnoter. Je mets des 13 et des 14 à des devoirs qui ne le valent pas, parce que je suis bien conscient que le jour du bac, si les élèves produisaient un devoir de ce niveau, ils auraient effectivement un 13 ou un 14. Et puis, je surnote aussi pour encourager les élèves qui travaillent. Tout en conservant une certain degré d’exigence en me refusant de tomber dans la complaisance. Mais je reste convaincu qu’au fond ces copies valent moins. En fait, je surnote parce que le système incite à cela.” Jacques Vassevière, professeur de lettres Le monde de l’éducation Février 2006 Ce que disent et font les profs...
  23. 23. “En EPS, l’évaluation sert principalement à faire comprendre aux élèves où ils en sont dans leurs apprentissages. Il ne s’agit pas forcément de noter un niveau. Par exemple, je peux leur demander de réussir cinq fois des tirs en course au basket sans les noter. L’évaluation est dictée par ce que je veux qu’ils acquièrent. S’il s’agit de l’esprit d’équipe dans un sport collectif, je mets plus l’accent sur les relations entre joueurs que sur les résultats techniques. Parfois, je les évalue différemment. par exemple, j’appends d’abord à ceux qui ne savent pas nager à être à l’aise dans l’eau. Ils sont alors notés sur 13 au lieu de 20” Samuel Wagner, professeur d’EPS Le monde de l’éducation Février 2006 Ce que disent et font les profs...
  24. 24. Ce que disent et font les profs... “Cette année avec mes élèves de 2nde et 1ère S, j’ai décidé de tester la méthode d’évaluation dite du “contrat de confiance”. Trois jours avant un contrôle, je leur fournis une liste de 8 à 10 exercices à réviser, représentatifs des notions à acquérir pour cette échéance. Le jour de l’évaluation, il sont sûrs de tomber sur l’un ou l’autre de ces problèmes. Ce système les oblige à s’investir dans leurs révisions. Il permet aussi de relancer les élèves en perte de confiance...” Olivier Trappes, professeur de mathématiques Le monde de l’éducation Février 2006
  25. 25. On dispose de quelques enquêtes sur les pratiques d’évaluation des enseignants. On peut citer une enquête de la DEP « Les pratiques d’évaluation des enseignants au collège » et paru en 2004 qui offre l’avantage de s’appuyer sur un travail important d’enquête statistique auprès de 3561 enseignants dans 597 collèges. Des entretiens qualitatifs ont complété cette étude. Ce que disent et font les profs...
  26. 26. Les fonctions de l'évaluation
  27. 27. Evaluation et apprentissage Le souci des enseignants, massivement partagé dans toutes les disciplines est ... ... de veiller à la qualité des consignes qui accompagnent les évaluations (95 % d'entre eux), ...de diversifier leurs pratiques évaluatives en faisant varier les exercices (89 %) et en proposant des tâches de difficulté variable (82 %)
  28. 28. Le temps... La moitié des enseignants considère que le temps pris par l'évaluation est d'une façon générale acceptable. Le temps moyen estimé pour la préparation et la correction d'une évaluation - effectuée dans la semaine précédant la réponse au questionnaire - s'élèverait à 2h45 environ. 1/3 des enseignants y passent 2 heures au plus, 1/3 entre 2 heures et 3 heures et 1/3 plus de 3 heures. Une activité chronophage : pour quelle efficacité?
  29. 29. Tout seul... Les trois quarts des enseignants indiquent fixer eux-mêmes le calendrier des évaluations au rythme de leur progression 90 % des enseignants interrogés déclarent élaborer seuls leurs évaluations Un travail solitaire
  30. 30. Vie et mort de l'interro surprise... Dans presque toutes les disciplines (à l'exception des arts plastiques et de l'éducation musicale), la majorité des professeurs (entre 90 et 95 % d'entre eux) déclare annoncer à l'avance (toujours et souvent) les évaluations à leurs élèves Plus de 80 % d'entre eux, déclarent faire connaître aux élèves leurs attentes en termes de connaissances à mobiliser et de compétences à mettre en oeuvre et à communiquer, dans les mêmes proportions, le barème de notation.
  31. 31. Les Dossiers Evaluations et Statistiques (MEN) d'octobre 2009 sont consacrés au thème : Enseigner en collège et lycée en 2008. On y trouvera les résultats d'une enquête réalisée en 2008 auprès de 1200 enseignants.  Ce que disent et font les profs...
  32. 32. Une activité un peu moins solitaire
  33. 33. Une activité chronophage
  34. 34. Une activité chronophage
  35. 35. Et à l’université ?
  36. 36. Avis du HCéé avril 2003
  37. 37. “La pratique enseignante en mutation à l'université” Nicole Rege Colet Marc Romainville (sous la direction de) De Boeck 2006 Chapitre 1 "Quand la coutume tient lieu de compétences : les pratiques d'évaluation des acquis à l'université" Marc Romainville (disponible sur GoogleBooks)
  38. 38. Pratiques d'évaluation à l'université • composante de plus en plus lourde du métier d'enseignant-chercheur =>effets négatifs sur la qualité de l'évaluation • grande hétérogénéité (entre filières, au sein d'une même filière,...) • absence de standardisation des objectifs, des contenus et des méthodes. • longue tradition de “liberté académique”
  39. 39. • Une évaluation normative qui ne se fonde pas sur des objectifs explicites de formation • Une absence de reconnaissance du caractère “professionnel” de l'acte d'évaluation. • Une évaluation à fonction sélective et non d'inventaire • manque de validité, de fidélité et de fiabilité Pratiques d'évaluation à l'université
  40. 40. Une évaluation qui “pilote” les étudiants • l'évaluation par la restitution appelle l'étude en surface • l'évaluation par la restitution est peu compatible avec les plus hautes finalités de l'enseignement universitaire
  41. 41. Variations autour de l'évaluation (définitions)
  42. 42. juger valider examiner mesurer expertiser interpréter estimer apprécier noter constater chiffrer discerner comparer é valuer etc.… contrô ler Synonymes ?
  43. 43. Évaluer... (dans le dictionnaire) Mesure à l'aide de critères déterminés des acquis d'un élève, de la valeur d'un enseignement, etc. Le Petit Larousse illustré 1999 29
  44. 44. Définition de J-M. DE KETELE J-M. DE KETELE •Évaluer signifie... • recueillir un ensemble d’informations suffisamment pertinentes, valides et fiables • et examiner le degré d’adéquation entre cet ensemble d’informations et un ensemble de critères adéquats aux objectifs fixés au départ ou ajustés en cours de route, • en vue de prendre une décision.
  45. 45. Évaluer... ÉVALUER: aider à prendre des décisions processus (1) par lequel on définit (2), obtient (3)  et fournit (4)  des informations (5)  utiles (6)  permettant de juger les décisions possibles (7) (1) processus = activité continue (2) on définit = identifier les informations pertinentes (3) on obtient = collecte, analyse, mesure des données (4) on fournit = communiquer ces données (5) des informations = faits à interpréter (6) informations utiles = qui satisfont aux critères de pertinence (7) décisions possibles = actions d'enseignement, d'orientation etc....
  46. 46. Évaluation ≠ notation Mesurer les progrès, repérer les difficultés d’apprentissage, l’acquisition de compétences,… peut se traduire autrement que par une note (chiffrée). 30 La note sur dix à l’école et sur vingt au lycée, qui nous est si familière, est en fait une spécialité bien française...
  47. 47. Évaluation ≠ contrôle Contrôle : Référent stable, procédure finie Évaluation : ajustement, processus continu Le contrôle final n'est qu'un des aspects de l'évaluation.
  48. 48. Évaluation / jugement L'évaluation comporte une dimension importante de jugement (référence à une norme et à des critères) Mais on ne peut réduire l'évaluation à cette seule dimension. Évaluer est aussi une régulation.
  49. 49. Dominique Odry Pour comprendre l'évaluation Sceren-CRDP Amiens 2008 30 mots pour mieux définir l'évaluation sous ses différents aspects
  50. 50. 3 formes d'évaluation Evaluation formative (ou formatrice) Evaluation Sommative (quelquefois certificative) (B.Bloom 1971) Evaluation diagnostique (ou pronostique)
  51. 51. L’évaluation diagnostique L’évaluation diagnostique (ou pronostique) : Envisagée en début d'apprentissage ou de formation, intervient lorsqu'on se pose la question de savoir si un sujet possède les capacités nécessaires pour entreprendre une formation ou pour suivre un apprentissage. Elle permet donc, en principe, le repérage des difficultés. On peut l'utiliser aussi pour repérer les représentations.
  52. 52. L’évaluation formative l'évaluation formative intervient dans le cours d'un apprentissage et permet de situer la progression de l'élève par rapport à un objectif donné.   • sur l'élève pour lui indiquer les étapes qu'il a franchies et les difficultés qu'il rencontre • sur le maître pour lui indiquer comment se déroule son programme pédagogique et quels sont les obstacles auxquels il se heurte. double rétroaction/régulation des apprentissages
  53. 53. L’évaluation sommative L’évaluation sommative intervient lors des bilans, au terme d'un processus d'apprentissage ou de formation. Elle peut donner lieu aussi à une attestation sociale des acquis (évaluation certificative)
  54. 54. Quand évaluer ? Avant la formation Évaluation diagnostique orienter l’action Pendant la formation Évaluation formative réguler les apprentissages Après la formation Evaluation sommative Vérifier certifier
  55. 55. Finalités de l'évaluation Évaluation “normative” (Référence aux autres) Évaluation “critériée” (Référence à des critères de performance)
  56. 56. Petite histoire de l'évaluation et de la notation
  57. 57. Questions pour un... De quand date la création du baccalauréat ? De quand date la note chiffrée ? 1808 1890
  58. 58. le Bac... décret du 17 mars 1808 21 bacheliers en 1808 (1ère femme en 1861) Pas de système de notation Des boules rouges blanches et noires pour exprimer l'avis des professeurs
  59. 59. De quand datent les notes? Pendant la 1ère moitié du XIXe siècle, il n'y a donc pas de note au Baccalauréat... Bac = entretien oral (reçu ou non reçu...) basé sur le principe jésuite de l'émulation (individuelle et collective) 2ème moitié du XIXe : C'est la nécessité d'un classement liée au développement des concours qui aboutit au développement de la notation sur 20. En 1890, il était établi par un arrêté du 5 juin que « dans les compositions, chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20 »
  60. 60. Petite histoire de l'évaluation • Le classement précède la note • le système d'évaluation français est construit pour sélectionner et pour créer de l'émulation • "La France est un pays de concours" (Claude Lelièvre)
  61. 61. Au XXe siècle Le colloque d'Amiens en mars 1968 (donc avant mai !) propose de supprimer les notes chiffrées pour “lutter contre un système élitiste”. Cette réforme est appuyée par Alain Peyrefitte. En 1969, la circulaire du 6 janvier évoque la relativité de la note et l'illusion de sa précision « les études docimologiques dont l'origine est antérieure à 1930 et qui se sont multipliés dans les 20 dernières années ne laissent aucun doute sur le caractère illusoire d'un tel raffinement dans la précision de la note et du classement obtenu »
  62. 62. Le ministre de l'Éducation nationale de l'époque Edgar Faure décrète dans cette circulaire que « la notation chiffrée peut être abandonnée sans regrets ». Les années 70 "Une échelle convenue d'appréciation, libérée d'une minutie excessive, sera moins prétentieuse. En indiquant la zone dans laquelle l'élève se situe, on cerne déjà la réalité d'assez près, on évite de multiplier systématiquement des différences qui ne seraient pas confirmées par d'autres correcteurs, ni par le même correcteur à une autre époque."
  63. 63. C'est le 9 juillet 1971 (circulaire 71-228) que  les notes sur 20 sont à nouveau prônées dans les classes qui comportent un examen (3ème, terminale).   Passage à une notation par lettres (A, B, C, D, E,...). C'est  en juillet 1971 dans un arrêté que  les notes sur 20 sont à nouveau prônées dans les classes qui comportent un examen (3ème, terminale).   Mais disparition du classement... Depuis...
  64. 64. Chez nos voisins... Suède : la notation définit quatre niveaux (insuffisant, passable, bien, très bien) = 4 points Grande Bretagne : huit niveaux du meilleur au pire (A*, A, B, C D, E,F et G) Italie : la notation va de 0 à 10, les résultats négatifs allant de 0 à 5 et les résultats positifs de 6 à 10 Allemagne : l’échelle est construite sur six niveaux (6 points) très bien, satisfaisant, moyen ou passable, insuffisant, très insuffisant 31 Claude Guillon “Les évaluations scolaires” CRDP Franche-Comté, Hachette, 2004
  65. 65. En Finlande Jusqu’à 9 ans les élèves ne sont absolument pas notés. Ce n’est qu’à cet âge qu’ils sont évalués pour la première fois, de façon non chiffrée. Puis plus rien de nouveau jusqu’à 11 ans. Toutefois, des bulletins sont envoyés deux fois (à Noël et en mai). Les notes chiffrées n’apparaissent que la 6ème année quand les enfants atteignent l’âge de 13 ans. Les notes vont de 4 à 10
  66. 66. En Finlande Au lycée la même échelle de 4 à 9 est conservée. Rythme des évaluations est beaucoup plus soutenu: chaque session de 6 semaines se conclut par une semaine pendant laquelle les élèves subissent des tests chaque jour de 9h à 12h. Les élèves doivent valider les deux tiers des cours dans chaque discipline suivie. Ils sont néanmoins encouragés à redoubler un cours non validé. Autre alternative : passer un examen de repêchage (« resist exam ») le deuxième mercredi suivant la fin d’une période Source : Paul Robert La Finlande un modèle éducatif pour la France ? ESF 2008
  67. 67. Belgique, Suisse, Québec Belgique : rédéfinition des programmes par compétences à partir de 1997. Socles de compétences avec des référentiels à 14 ans et à 18 ans. Suisse : travail par cycles et par compétences mais en 2006 une “votation” a rétabli les notes dans le canton de Genève Québec : travail par cycles et par compétences mais rétablissement des notes en 2006 pour le secondaire.
  68. 68. La note est-elle fiable ? (éléments de docimologie)
  69. 69. Docimologie : Késaco ? Le terme docimologie combine deux mots grecs : “ dokimé ” signifie épreuve et “logos” (science) Ce terme fut proposé par Henri Piéron pour “ l’étude systématique des examens (modes de notations, variabilité interindividuelle et intra- individuelle des examinateurs, facteurs subjectifs, etc...). ” La docimologie est donc la science des examens et de la notation et plus précisément l’étude statistique des notes attribuées lors de la correction de copies.
  70. 70. La note est-elle fiable ? De nombreux travaux par la suite ont permis de mettre en évidence un ensemble d’effets contribuant à biaiser la volonté d’”objectivité” de la notation professorale... Apparition de la docimologie en 1922 avec PIERON et LAUGIER Ces chercheurs comparent les résultats obtenus par un même groupe d’élèves aux tests et les résultats obtenus au C.E.P. du mois de juin 1922. Ils constatent que le degré de correspondance entre les deux types de résultats est très, très faible.
  71. 71. La note est-elle fiable ? Premiers travaux internationaux de docimologie en 1936. La commission française de l’enquête Carnegie (Laugier & Weinberg) dans une expérience de multicorrection pointe l’extrême difficulté d’une correction “objective”  On y relève des écarts très importants dans la notation quelle que soit la discipline. 55
  72. 72. Les résultats montrèrent une forte dispersion des notes attribuées à chaque copie par les correcteurs. Aucune copie ne reçut deux fois la même note. L'écart maximum des notes dépassa les prévisions. Une copie de français fut notée entre 3 et 16 ; En philosophie et en latin l'écart maximum était de 12 points. Les mathématiques et la physique, réputées pour des sciences exactes, ne furent pas épargnées : l'écart maximum était respectivement de 9 et 8 points. Enquête Laugier-Weinberg 1936
  73. 73. Laugier et Weinberg (1934) • 6 matières (français, latin, anglais, maths, philosophie, physique) • 100 vraies copies tirées au sort pour chaque matière (même académie ; même session) • Corrigées 6 fois (Bac + 5 correcteurs)
  74. 74. • Sévérité • Discrimination • Classement Différences interindividuelles
  75. 75. • « Pour prédire la note d’un candidat à un examen, il vaut mieux connaître son examinateur que le candidat lui- même » Henri Piéron (1963)
  76. 76. La “note vraie” Pour obtenir la “note vraie” (c’est-à-dire la moyenne des notes ne variant plus même avec des notes supplémentaires), il aurait fallu... La multi-correction est-elle la solution ? 128 correcteurs en philosophie, 78 en Français, 16 en physique, 13 en mathématiques, etc.
  77. 77. La “Note vraie”… J.-J. Bonniol en 1976 a repris l’expérience et montré qu’il faudrait 78 correcteurs en mathématiques et 762 en philosophie pour neutraliser les erreurs de calcul en augmentant le nombre de correcteurs pour améliorer l’objectivité de la notation.
  78. 78. D’autres expériences… • On est allé plus loin en faisant corriger la même copie à la même personne mais avec un intervalle de temps plus ou moins important • Par exemple : un professeur de physiologie de la Faculté des Sciences accepta 37 copies -dactylographiées et anonymes - qu'il avait corrigées trois ans et demi auparavant. Dans 7 cas seulement, il remit la même note au même devoir. Dans les 30 autres cas, il y eut des divergences comprises entre 1 et 10 points
  79. 79. L’avis de Paulette "On demanda à une bachelière, Paulette, intelligente mais ignorant tout de la question traitée, de noter à son tour ces compositions de physiologie, après les avoir lues une fois pour se faire une idée du sujet. Ses notes eurent une corrélation de 0,51 avec celles attribuées par les professeurs compétents. La bachelière ne se trouvait pas plus en désaccord avec les spécialistes que ceux-ci entre eux". (in Science et Vie, 1968, n° 610).
  80. 80. Les évaluateurs sont influencés par plusieurs facteurs Effet de l'ordre de correction : Devant un nouveau travail ou un nouveau candidat à évaluer, on se laisser influencer par la qualité du candidat précédent. Un travail moyen paraîtra bon s'il suit un travail médiocre.  Effet de fatigue ou d'ennui : peut engendrer laxisme ou sur-sévérité 58
  81. 81. Effets de contraste Bonniol (1965) 26 copies de niveau homogène (versions anglaises de niveau terminale) 2 groupes de 9 correcteurs Variable = ordre de correction Ordre direct (12–>6) Ordre inverse (26–>1)
  82. 82. • Interprétés en termes d’instabilité de l’échelle de correction • Copies corrigées en comparaison à un « modèle interne » • Evaluation normative plutôt que criteriée Effets de contraste
  83. 83. Les évaluateurs sont influencés par plusieurs facteurs... Effet de stéréotypie : Le professeur maintient un jugement immuable sur la performance d'un élève, quelles que soient ses variations effectives.
  84. 84. Les évaluateurs sont influencés par plusieurs facteurs... Effet de contamination Les notes attribuées successivement aux différents aspects d'un même travail s'influencent mutuellement. Effet de tendance centrale Par crainte de surévaluer ou de sous-évaluer un élève, le professeur groupe ses appréciations vers le centre de l'échelle.
  85. 85. Les évaluateurs sont influencés par plusieurs facteurs... Effet de halo : Le professeur, influencé par des... - caractéristiques de présentation (soin, écriture, orthographe) ou des - caractéristiques liées à l'élève (origine sociale, sexe)... ...surestime ou sous-estime la note.  56
  86. 86. • Dans 18 classes d'une école primaire américaine, 20 % des élèves choisis rigoureusement au hasard, furent signalés à leurs professeurs comme ayant eu des résultats particulièrement brillants à un test non verbal d'intelligence générale, permettant prétendument de prédire leur épanouissement intellectuel. Les enfants ne savaient rien, seuls les professeurs étaient au courant. Au bout d'une année, ces enfants avaient réellement un gain de quotient intellectuel franchement supérieur, en moyenne, à ceux du groupe de contrôle". • (in Atome n° 242 article de H. Pequinot,). Effet de halo
  87. 87. Noizet (1975) • 12 copies d’anglais de niveau contrasté • 12 correcteurs • 2 mois plus tard, on demande aux mêmes correcteurs de corriger 6 nouvelles copies (de niveau réel moyen), sur lesquelles on fait figurer une note fictive (11,86 vs. 9,84)  Les copies présentées avec une note basse obtiennent en moyenne 2 points de moins que les copies présentées avec une note élevée Effets d’attente ou de halo
  88. 88. • Lien étroit avec l’effet Pygmalion (Rosenthal et Jacobson 1968) • Attentes fondées sur une foule de facteurs: performances antérieures, patronyme, âge, genre, CSP des parents, attractivité physique… • Interprétés dans le cadre de la théorie de la dissonance cognitive de Festinger (1957) Effets d’attente ou de halo
  89. 89. Un dernier biais... le plus important ?
  90. 90. La loi de Posthumus (1947) Un enseignant tend à ajuster le niveau de son enseignement et ses appréciations des performances des élèves de façon à conserver d'année en année, approximativement la même distribution (gaussienne) de notes. Ce concept a été repris dernièrement par André Antibi sous le nom de “constante macabre”. 62
  91. 91. 5 correcteurs => 100 copies 4 autres correcteurs => redistribution de 15 copies « bonnes » Un effet qui se reproduit...
  92. 92. La constante macabre André ANTIBI “La constante macabre ou comment a t-on découragé des générations d’élèves ?” Editions Maths’adore 2003
  93. 93. Sociologie de l’évaluation scolaire Sous ce titre, Pierre Merle, professeur de sociologie à l’IUFM de Bretagne a produit en 1998 un “Que sais-je” (n°3278) C’est une lecture utile pour tous... 60
  94. 94. Dominique Odry Pour comprendre l'évaluation Sceren-CRDP Amiens 2008 30 mots pour mieux définir l'évaluation sous ses différents aspects
  95. 95. Pierre Merle Les Notes, Secret de fabrication PUF 2007 Une réécriture de deux livres plus anciens et de travaux sur les bulletins scolaires et les conseils de classe.
  96. 96. L'évaluation, une menace ? Fabrizio Butera, Céline Buchs, Céline Darnon PUF 2011
  97. 97. Gérard Scallon L'évaluation des apprentissages dans une approche par compétences De Boeck 2ème édition 2007
  98. 98. F.-M. Gerard Evaluer des compétences Guide pratique De Boeck 2008
  99. 99. "Évaluer à l'heure des compétences" Cahiers Pédagogiques n°491 Octobre 2011
  100. 100. “Évaluer l'évaluation” Actes du colloque organisé par l'Iréa Sous la coordination de Jean-Claude Emin et Jean-Luc Villeneuve Le Manuscrit
  101. 101. “La pratique enseignante en mutation à l'université” Nicole Rege Colet Marc Romainville (sous la direction de) De Boeck 2006 Chapitre 1 "Quand la coutume tient lieu de compétences : les pratiques d'évaluation des acquis à l'université" Marc Romainville (disponible sur GoogleBooks)
  102. 102. En conclusion... (et en résumé)
  103. 103. Les dimensions de la note... • Un moyen de communication... • Une manifestation de l’autorité (du pouvoir ?)... • L’expression d’un système de valeurs personnel • un “arrangement” • Une norme sociale propre à un groupe
  104. 104. Fonctions de la note • La note ayant été créée pour détecter des élites, il n’est pas étonnant de constater qu’elle entretient (crée?) les inégalités • Elle remplit toujours les objectifs sociaux, mais barre parfois la route des objectifs pédagogiques • A niveau de performance identique, les élèves vont être évalués différemment par leurs enseignants : les élèves issus de milieux sociaux défavorisés ou de groupes sociaux stigmatisés, les élèves au passé scolaire difficile, sont ceux qui sont les plus pénalisés. • Ces conséquences sont d’autant plus regrettables qu’elles découlent d’une mesure chiffrée imprécise de la performance scolaire.
  105. 105. L'évaluation a plusieurs sens et plusieurs dimensions...
  106. 106. Évaluation Logique du classement (Sélection, certification) (question de l'objectivité de la mesure) Logique de la régulation ouvrir "la boîte noire" (comprendre le processus d'apprentissage pour mieux aider à apprendre)
  107. 107. L’évaluation est une pratique sociale et donc soumise à des normes (culture d'établissement, de la discipline, de la génération,...) et sous-tendue par des valeurs. L’évaluation renvoie donc chacun à sa propre conception de la justice et à ses représentations du travail, du niveau, des apprentissages, du pouvoir, … C’est aussi ce qui la rend si difficile à faire évoluer car elle s’appuie sur notre propre échelle de valeurs...
  108. 108. Une pratique chronophage et qui peut être vidée de son sens. Évaluationnite ou taylorisme pédagogique Le contrôle occupe une large part du temps d’enseignement : il en reste d’autant moins pour penser au changement. Les élèves travaillent pour la note, la moyenne ou la promotion, ce qui développe un "rapport utilitariste au savoir" Pour quelle efficacité ?
  109. 109. Noter pour se dispenser d'évaluer les acquis ? « Mais il est bon de rappeler que l’évaluation, qui est une évaluation de la partie, ne doit pas faire oublier le tout, le long chemin de culture où l’école a la responsabilité de conduire chaque personne à un moment de sa vie ; que l’évaluation, qui produit des signes sociaux nécessaires tels que les notes ou les diplômes, doit être au service des acquis, pour aider à les mesurer, pour leur donner visibilité, et pas le contraire. »r Rapport de l’IGEN « Les acquis des élèves, pierre de touche de la valeur de l’école » (juillet 2005)
  110. 110. • Donner plus de sens à l'évaluation pour l'élève et l'enseignant pour mieux évaluer • Aller vers une pédagogie plus explicite • Aller vers une pédagogie plus cohérente et lisible en travaillant d'avantage avec ses collègues • Mieux évaluer c'est mieux communiquer et adapter sa communication aux différents destinataires Mieux évaluer...
  111. 111. Faire de l'évaluation un réel outil pour l'apprentissage
  112. 112. http://fr.slideshare.net/PhilippeWatrelot/presentations

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