Bande-annonce (1 min 30)
Qu’évoque la musique entendue?
Quelle ambiance se dégage de la vidéo? Qu’est-ce qui vous y frappe?
Une nuit de 1949, entre Paris et New York, le poète Jean Cocteau et le
jazzman Miles Davis se croisent au-dessus de l’Atla...
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o Jean-Paul Sartre, philosophe, critique,
écrivain français (1905-1980) s’était
approprié cette chambre au début de
la gue...
o Principaux thèmes : liés à une
préoccupation majeure, soit
l’existence humaine déterminée
par la subjectivité, la libert...
Jazz : musique afro-américaine créée au début
du XXe s. par les communautés noire et créole
du sud des États-Unis, et fond...
Miles Davis à Paris, 1949
« C'était mon premier voyage à l'étranger, et il a changé à
jamais ma vision des choses, écrira ...
Touche-à-tout, il y a peu de genres où
il ne se soit pas illustré. Il se
considère d’abord comme un poète :
pour lui, tout...
Chez Cocteau, le surréalisme* ne se limiterait qu’au refus du réel. Cocteau
s’abandonne à l’irréel et à la toute-puissance...
En 1923, la mort soudaine de son jeune amant poète Raymond Radiguet plonge
Cocteau dans une profonde dépression qui lui fa...
Après un séjour aux États-
Unis…
Plus que de simples
impressions de voyage, ces
écrits contiennent quantité de
réflexions ...
Le texte du spectacle contient
des extraits de Lettre aux Américains (1949) et Opium
(1930) de Cocteau.
Analyse d’extraits...
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  1. 1. Bande-annonce (1 min 30) Qu’évoque la musique entendue? Quelle ambiance se dégage de la vidéo? Qu’est-ce qui vous y frappe?
  2. 2. Une nuit de 1949, entre Paris et New York, le poète Jean Cocteau et le jazzman Miles Davis se croisent au-dessus de l’Atlantique. Ils ne se doutent pas que leur traversée fera écho, bien des années plus tard, à la fuite d’un comédien québécois qui se réfugie dans une chambre d’hôtel de Saint-Germain-des-Prés pour guérir d’une rupture amoureuse. À partir de cette situation aux correspondances souterraines, Robert Lepage déploie une série de variations qui se répondent les unes les autres : l’absence de l’être aimé — Radiguet pour le poète, Juliette Gréco pour le jazzman — trouve son contrepoint dans l’addiction à l’opium de l’un et à l’héroïne de l’autre, alors que le narrateur cherche à anesthésier sa peine d’amour. Pour la « re-création » de cette oeuvre mythique, Robert Lepage retrouve le complice artistique à qui il avait légué son rôle, un comédien d’une immense sensibilité pour qui rien d’humain n’est étranger : Marc Labrèche.
  3. 3. 7 min1 min 52
  4. 4. o Jean-Paul Sartre, philosophe, critique, écrivain français (1905-1980) s’était approprié cette chambre au début de la guerre; o Simone de Beauvoir, romancière et essayiste française (1908-1986), en couple avec Jean-Paul Sartre (couple non marié), y a vécu de 1943 à 1946; o Simone de Beauvoir a en quelque sorte légué sa chambre à Juliette Gréco qui y a séjourné à son tour. Fréquentant le Flore et les Deux Magots du quartier Saint-Germain- des-Prés, Gréco était devenue l’amie des existentialistes.
  5. 5. o Principaux thèmes : liés à une préoccupation majeure, soit l’existence humaine déterminée par la subjectivité, la liberté et les choix de l’individu. o L’angoisse : point de départ de ce qui, plus tard, deviendra l’existentialisme, car elle fait ressentir à l’homme le poids d’une existence dont il n’est pas l’auteur, mais dont il devra pourtant se sentir responsable. Dans la philosophie de Sartre, le terme «angoisse» est employé pour qualifier la conscience de la totale liberté de choix à laquelle se confronte à tout instant l’individu. «L’existence précède l’essence.» Position fondamentale de Sartre, père de l’existentialisme athée. Contrairement aux objets qui ont été conçus avant d’exister, l’homme existe d’abord. Il se définit ensuite par ses actes, et ne peut prétendre autre chose. Ce postulat central consiste donc à nier l’existence d’une nature humaine, et fait reposer sur chacun le poids d’une situation qu’il n’a pas choisie. Dire que pour l’homme, «l’existence précède l’essence», c’est faire de l’avenir un choix perpétuel, indépendamment des codes naturels. L’homme est alors «essentiellement» ce qu’il fait de lui-même.
  6. 6. Jazz : musique afro-américaine créée au début du XXe s. par les communautés noire et créole du sud des États-Unis, et fondée pour une large part sur l'improvisation, un traitement original de la matière sonore et une mise en valeur spécifique du rythme, le swing. (Larousse) Décembre 1957 Les yeux rivés à l'écran, le trompettiste Miles Davis improvise la musique d'une séquence du film de Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud, musique sur laquelle s’appuie la trame narrative des Aiguilles et l’opium… Au tournant des années ‘50 Miles Davis se tourne vers un jazz à l’approche décontractée (tempos plus lents et mélodies se déroulant de manière plus nonchalante) qui donne naissance au cool jazz, nouveau style moins dépendant de la virtuosité et de la complexité harmonique. Ainsi, à la nervosité du be bop, répond une musique intimiste et feutrée où le mariage des timbres et des couleurs constitue le principal intérêt. Pour voir Davis et entendre l’un de ses airs très connu, à partir d’1 min 10 jusqu’à 3 min environ
  7. 7. Miles Davis à Paris, 1949 « C'était mon premier voyage à l'étranger, et il a changé à jamais ma vision des choses, écrira Miles Davis dans son autobiographie. J'adorais être à Paris, j'adorais la façon dont on me traitait. [...] C'est là que j'ai rencontré Jean- Paul Sartre, Pablo Picasso et Juliette Gréco. Je ne m'étais jamais senti aussi bien de ma vie. » Dûment accueilli par le public et la critique parisiens, reçu par l’élite intellectuelle de l’époque, Miles Davis, 23 ans, est surpris du traitement qui lui est réservé. Dans un pays où aucune loi n’interdit à un Noir de se balader où bon lui semble, Davis a le sentiment d’être traité comme un être humain pour la première fois de sa vie alors qu’il vient de quitter une Amérique où personne ne le veut : même s’il a joué avec la crème du jazz new- yorkais, il reste un musicien noir, vu comme la peste dans son pays puritain et raciste. Lors de sa rencontre avec Juliette Gréco, 22 ans, chanteuse encore à ses débuts, naît un amour passionné malgré la barrière de la langue. Davis effleure l’idée d’épouser Gréco pour l’amener en Amérique, mais renonce : le mariage «mixte» est interdit en Amérique, et Juliette Gréco ne veut pas tourner le dos à sa carrière. Il rentre donc dévasté. Il replonge dans l’héroïne, touche le fond. Il met près de six ans à se remettre de son rêve parisien.
  8. 8. Touche-à-tout, il y a peu de genres où il ne se soit pas illustré. Il se considère d’abord comme un poète : pour lui, tout travail de création est nécessairement poétique. Et intuitif. Aussi ne craint-il pas l’inexplicable, l’inexpliqué. «Document réaliste d’événements irréels», voilà comment Cocteau définissait son premier film, Le sang d’un poète. C’est ainsi que pourrait se résumer l’ambiguïté, la richesse, mais aussi les faiblesses de son œuvre. 1 min 45
  9. 9. Chez Cocteau, le surréalisme* ne se limiterait qu’au refus du réel. Cocteau s’abandonne à l’irréel et à la toute-puissance de la parole de l’artiste, fasciné qu’il est par un univers dont les motivations s’apparentent à la liberté de l’inconscient, non à la stérilité du rationalisme cartésien. *Le surréalisme Ensemble de procédés de création et d’expression utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérés du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues; mouvement intellectuel révolutionnaire affirmant la supériorité des procédés. (Petit Robert) Ce mouvement apparu au lendemain de la Première Guerre mondiale oppose à l’ordre et aux conventions un esprit de libération et développe la puissance créatrice issue du rêve, du désir et de l’instinct . Ce mouvement extralittéraire vise à libérer l’homme des contraintes d’une civilisation trop utilitaire. C’est pourquoi il fallait secouer les individus afin de leur révéler leurs richesses intérieures. Il faut que l’homme influe sur la réalité pour la rendre conforme à ses inspirations.
  10. 10. En 1923, la mort soudaine de son jeune amant poète Raymond Radiguet plonge Cocteau dans une profonde dépression qui lui fait perdre le goût de vivre. Seul l’opium le réconforte, au point d’en abuser. Lors de sa première désintoxication (décembre 1928 – avril 1929), il écrit dans son journal : « Dans l’opium, ce qui mène l’organisme à la mort est d’ordre euphorique. Les tortures proviennent d’un retour à rebrousse-poil vers la vie. Tout un printemps affole les veines charriant glaces et laves de feu.» Cocteau passera finalement la majeure partie de sa vie à lutter contre sa dépendance à l’opium. Malgré tout, il fera l’apologie de cette drogue millénaire venue d’Orient : « N’attendez pas de moi que je trahisse. Naturellement, l’opium reste unique et son euphorie supérieure à celle de la santé. Je lui dois mes heures parfaites. Il est dommage qu’au lieu de perfectionner la désintoxication, la médecine n’essaie pas de rendre l’opium inoffensif. Moraliser l’opiomane, c’est dire à Tristan : Tuez Iseut. Vous irez beaucoup mieux après.» L’opium l’a accompagné dans la création, dans sa prodigieuse production littéraire et, plus largement, artistique.
  11. 11. Après un séjour aux États- Unis… Plus que de simples impressions de voyage, ces écrits contiennent quantité de réflexions sur l’art. Entre la fascination pour le Nouveau Monde et l’autodérision de l’homme de la vieille Europe…
  12. 12. Le texte du spectacle contient des extraits de Lettre aux Américains (1949) et Opium (1930) de Cocteau. Analyse d’extraits de Lettre aux Américains (1949).

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