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Etude PwC/Paris Île-de-France Capitale économique e-santé 2013
 

Etude PwC/Paris Île-de-France Capitale économique e-santé 2013

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L’étude porte sur 10 pays (Danemark, Inde, Espagne, Etats-Unis, Canada, Japon, Israël, Arabie Saoudite, Singapour, Grande-Bretagne) et met en évidence le potentiel considérable de l’e-santé et les moyens, souvent transposables, de la développer.

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  • Retrouvez aussi toutes nos études sur la santé sur notre site www.pwc.fr, rubrique 'Publications' ! http://www.pwc.fr/sante1.html
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    Etude PwC/Paris Île-de-France Capitale économique e-santé 2013 Etude PwC/Paris Île-de-France Capitale économique e-santé 2013 Document Transcript

    • 1 Capitaliser sur le potentiel de Paris Ile-de-France à la lumière des meilleures pratiques internationales L’e-santé : un facteur d’attractivité, un enjeu de société
    • 2 SOMMAIRE Édito ....................................................................................................................................................................................................................... 3 Paris-Ile de France Capitale Economique, au service de l’innovation et de l’attractivité ............. 4 Introduction et méthode • Pourquoi cette étude ? .......................................................................................................................................................................... 6 • Qu’est-ce que l’e-santé ? ..................................................................................................................................................................... 7 • Un contexte favorable à l’émergence de l’e-santé comme facteur majeur d’attractivité ........................................ 8 • Quels bénéfices attendre du développement de l’e-santé ? ................................................................................................ 9 • La méthodologie retenue ................................................................................................................................................................... 10 Revue de projets internationaux : une source d’inspiration pour Paris Ile-de-France • Danemark : Un déploiement avancé et réussi de l’e-santé à l’échelle nationale ...................................................... 12 • Inde : La mobile health, un moyen de généraliser l’accès aux soins ............................................................................. 14 • Espagne : L’e-prescription, une réponse ambitieuse aux contraintes budgétaires ................................................. 16 • États-Unis : L’e-santé, résultat d’incitations à l’efficacité et à la qualité des soins ................................................... 18 • Canada : Le dossier électronique de santé : des bénéfices précisément évalués .................................................. 20 • Japon : Une stratégie nationale d’e-santé fondée sur la robotique ................................................................................ 22 • Israël : Une concentration volontariste des efforts et des compétences ..................................................................... 24 • Arabie Saoudite : L’e-santé, une solution pour une prise en charge des pélerins de La Mecque ................... 26 • Grande-Bretagne : Le temps du retour d’expérience .......................................................................................................... 28 • Singapour : Innovation hospitalière et participation des patients ..................................................................................... 30 Les facteurs clés de succès des projets internationaux : des pistes pour Paris Ile-de-France........................................................................................................................................... 31 Paris Ile-de-France et l’e-santé : état des lieux • Un contexte français particulièrement favorable aux projets d’e-santé ........................................................................ 34 • Paris Ile-de-France, territoire d’expérimentation et d’innovation ...................................................................................... 35 • Les atouts de Paris Ile-de-France pour développer l’e-santé ........................................................................................... 36 • Quelques solutions et services innovants développés par des PME franciliennes .................................................. 38 • Quelques projets de grande envergure déployés sur le territoire francilien ................................................................. 39
    • 3 Notre ambition : s’inspirer des expériences internationales pour faire de l’e-santé une clé de l’attractivité de Paris Ile-de-France Le cœur de métier de Paris-Ile de France Capitale Economique est l’attractivité. Par l’organisation de sept Forums de la Recherche et de l’Innovation, la promotion à l’international des atouts et opportunités d’investissements, ou encore la réalisation d’études de références, notre action s’est concentrée sur les principaux facteurs de cette attractivité : l’innovation, la recherche, les pôles de compétitivité, les synergies industrielles et les smart cities. Cette année Paris-Ile de France Capitale Economique a décidé de s’intéresser plus particulièrement à un secteur souvent sous-estimé voire méconnu, et pourtant porteur d’un potentiel considérable : l’e-santé.   Paris Ile-de-France dispose de nombreux atouts pour s’imposer comme un territoire d’excellence en matière d’e-santé. L’envergure et la renommée internationale de ses acteurs de santé, l’efficacité largement reconnue de son système de soins, ainsi que la qualité des expérimentations menées en son sein, en font en effet une région bien armée pour se positionner en vitrine internationale du secteur. Pourtant, d’autres pays et métropoles semblent aujourd’hui au moins aussi avancés en la matière.   À l’étranger, de nombreux territoires ont en effet bien pris conscience des enjeux de l’e-santé. L’espace dans lequel elle évolue est particulièrement propice à l’innovation du fait des chercheurs et industriels qu’il concentre. Le dévelop- pement des initiatives de télésanté est ainsi un facteur d’attractivité des investisseurs internationaux, qu’ils souhaitent s’impliquer dans la filière e-santé ou tirer avantage de la stimulation économique qu’elle engendre. En outre, elle peut constituer un remède au déséquilibre budgétaire de plus en plus marqué des systèmes de santé, tout en offrant aux populations une meilleure qualité de vie, grâce à des services innovants.   Il est dès lors opportun de comprendre quelles approches ont pu être retenues par d’autres territoires pour déve- lopper leurs ambitions. Quelles sont les politiques mises en œuvre pour développer l’e-santé ? Quels sont les axes choisis pour en déployer les services ? Quels business models ont été retenus ? Sont-ils viables ? Autant de questions auxquelles nous nous sommes intéressés afin d’identifier les pistes les plus prometteuses pour que Paris Ile-de-France soit au rendez-vous des succès de demain. Pierre SIMON Président de Paris-Ile de France Capitale Economique ÉDITO
    • 4 Paris-Ile de France Capitale Economique Au service de l’innovation et de l’attractivité Paris-Ile de France Capitale Economique œuvre activement depuis plus de vingt ans pour faire reconnaître et valoriser les domaines d’excellence de l’innovation francilienne auprès des investisseurs internationaux comme des pouvoirs publics. 1. Promouvoir à l’international l’excellence de l’Ile-de-France en R&D (2001-2013) a. Attirer les investisseurs et les talents Paris-Ile de France Capitale Economique sensibilise les investisseurs internationaux aux atouts de notre Région Capitale lors de road-shows annuels au Japon, en Chine, en Inde, en Corée, aux États-Unis, dans les pays du Golfe, en Turquie ainsi qu’au Brésil. Des missions de promotion se rendent ainsi dans la Silicon Valley, auprès des universités américaines ou encore à Bangalore. Notre Association invite également les principaux fonds de pension américains pour leur faire visiter les pôles de compétitivité franciliens. Par ailleurs, Paris-Ile de France Capitale Economique présente des possibilités concrètes d’investissement dans des secteurs de pointe à des délégations étrangères de très haut niveau. b. Renforcer la visibilité à l’international de Paris Ile-de-France par la création de clusters (2004) Le groupe de travail présidé par Pascal Colombani, ancien Administrateur du CEA, identifie trois clusters du Pôle Sud parisien : • Mobile Life (télécommunications), futur Systematic, • Digital World (systèmes complexes), futur Cap Digital, • Healthy Life (sciences du vivant), futur Medicen. Notre Association demande leur création dès 2004. Ils sont présentés lors du Ier Forum sur l’Innovation et la Recherche, auquel participent Christian Blanc, Claude Allègre et Bertrand Landrieu. Puis cette proposition est relayée auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie et des Finances et de tous les ministres concernés. 2. Valoriser l’innovation et la recherche franciliennes et créer de la richesse a. Stimuler fiscalement la recherche (2005) Tel est l’enjeu du IIe Forum sur l’Innovation et la Recherche : Paris-Ile de France Capitale Economique expose ses propositions basées sur l’étude de bench- mark réalisée avec Ernst&Young pour identifier les meilleures pratiques fiscales dans les pays de l’OCDE, en présence de Christine Lagarde, Ministre déléguée au Commerce Extérieur. Le crédit impôt recherche fait partie de nos propositions. b. « La R&D française fait-elle bien son marketing ? » (2006-2007) Cette question est l’objet du IIIe Forum sur l’Innovation et la Recherche. Notre Association avance des préco- nisations en présence de François Goulard, Ministre délégué à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur. c. « Nos Pôles de Compétitivité s’affirment mais créent-ils de la Valeur ? » (2009) Devant Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Paris-Ile de France Capitale Economique appelle lors du IVe Forum sur l’Innovation et la Recherche à une véritable rupture dans la gestion des pôles afin que la création de richesse devienne leur mission essentielle. Elle fonde ses propositions sur une étude inédite de benchmark international réalisée avec Altran et PwC. 3. « L’innovation comme facteur d’attractivité : un défi pour l’Ile-de-France » (2010) Paris-Ile de France Capitale Economique présente, lors du Ve Forum sur l’Innovation et la Recherche, l’étude de benchmark réalisée avec Deloitte, ainsi que les principales recommandations de son Groupe de Travail Innovation destinées à créer davantage de valeur au sein des pôles de compétitivité et à donner le goût d’entreprendre. Elle dévoile le nouvel outil, « Convaincre pour Vaincre », conçu par le Groupe présidé par Pascal Colombani, Président de Valeo, pour aider les porteurs de projet à mieux convaincre les fonds d’investissements
    • 5 et les business angels français et internationaux d’investir dans l’amorçage, avec un langage aux standards internationaux. 4. « De la Ville Lumière à la Smart City » (2011) Lors du VIe Forum sur l’Innovation et la Recherche, organisé en partenaire avec la CDC devant plus de 300 décideurs du monde de l’innovation et de la recherche franciliennes, notre Association dévoile 7 propositions pour faire de Paris Ile-de-France la Smart City par excellence, en s’inspirant des meilleures pratiques inter- nationales mises en évidence dans une étude menée avec PwC. Parmi les propositions-clés : définir une stratégie concertée à long terme, identifier des thèmes fédérateurs dont la création sous toutes ses formes, l’« hospitality », les transports et services urbains, et profiter de l’oppor- tunité du Grand Paris pour doter notre métropole des meilleures technologies et infrastructures. 5. Valoriser Paris-Saclay (2005-2012) a. Une ambition ancienne Territoire clé dans la promotion de l’innovation, Paris Saclay constitue depuis plus de 10 ans l’ambition majeure de Paris- Ile de France Capitale Economique, qui s’attache à en assurer la promotion en France comme à l’international et se réjouit de voir ses propositions sur le sujet régulièrement suivies. Depuis, Paris-Saclay est l’un des projets phares du Grand Paris et le groupe de travail mis en place en 2012 sous la présidence d’Augustin de Romanet, ancien Directeur Général de la Caisse des Dépôts, s’inscrit dans cette lancée. Nos efforts ont été récompensés puisque le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a choisi de venir à notre VIIe Forum sur la Recherche et l’Innovation, accom- pagné de Cécile Duflot, Ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement, Geneviève Fioraso, Ministre de l’Ensei- gnement Supérieur et de la Recherche et François Lamy, Ministre de la Ville, pour affirmer son engagement personnel et celui de son gouvernement pour l’accéléra- tion du développement du cluster de Paris-Saclay. b. Fédérer l’offre de formation pour la rendre plus visible à l’international (2005-2011) Dans le but d’impulser des coopérations en vue d’un branding commun, Paris-Ile de France Capitale Economique met en place en 2005 le cours pilote « Innovation in science and engineering » avec Altran, créateur de ce cours à Harvard. Il est destiné à 40 élèves de Supélec, HEC, Institut d’Optique, Université Paris-Sud, Polytechnique, ENS Cachan, INSTN et CEA. Depuis 2010, cette initiative débouche sur un pôle structuré : PEEPS, dont le but est, comme le cours, de sensibiliser et de former les élèves des grandes écoles du Plateau à la création d’entreprises. 6. L’e-santé, vivier de croissance et d’attractivité pour Paris Ile-de-France (2013) Face à la concurrence des métropoles mondiales dans le domaine de l’e-santé, il paraît nécessaire que l’Ile-de- France ne soit pas seulement un lieu où se développe un tissu industriel de pointe mais aussi un territoire où les meilleures solutions puissent être testées et déployées. Il s’agit de faire émerger une « smart city » où la dimension « e-santé » change significativement la qualité de vie et contribue à l’attractivité du territoire. Un groupe de travail présidé par René Ricol, ancien Commissaire général à l’Investissement et Président de Ricol Lasteyrie, une étude menée avec PwC, ainsi que le VIIIe Forum sur l’Innovation et la Recherche sont consacrés à ces enjeux.
    • 6 La France et en particulier sa Région Capitale, sont des centres d’excellence en matière de santé. Leur savoir- faire en la matière se caractérise par des infrastructures, une recherche et une capacité d’innovation remar- quables, ainsi qu’une incontestable reconnaissance internationale. Le secteur de la santé connaît cependant des bouleversements majeurs et mondiaux, propices à l’émergence de l’e-santé. Une nouvelle filière est aujourd’hui en train de se constituer. Elle représente un marché d’avenir et un vecteur d’attractivité et de crois- sance économique. Paris Ile-de-France a vocation à développer des produits, services et savoir-faire qui contribueraient à l’attracti- vité de son territoire ainsi qu’à la compétitivité de son économie, priorité nationale affirmée. Pourtant, l’ouverture aux capitaux étrangers et à la concurrence internationale est limitée dans le secteur traditionnel de la santé. La donne pourrait être en revanche très différente dans l’une de ses déclinaisons émergentes: l’e-santé, ou télésanté. Intrinsèquement propice à l’innovation, cette dernière est en effet en plein développement et semble d’ores et déjà se présenter comme le visage de la santé de demain. De nombreux territoires ont bien pris en compte les enjeux associés au développement de l’e-santé. Un territoire doté d’un écosystème d’e-santé dynamique offre à la population une meilleure qualité de vie grâce à des services innovants. C’est aussi un territoire propice à l’innovation grâce aux chercheurs ou aux industriels qu’il concentre. Cette étude donne un éclairage sur des projets d’e-santé menés dans 10 pays : Inde, États-Unis, Danemark, Japon, Espagne, Canada, Grande-Bretagne, Arabie Saoudite, Singapour et Israël. L’analyse de ces retours d’expérience permet d’identifier les principaux compo- sants du succès du développement de l’e-santé sur un territoire. Pourquoi cette étude ? INTRODUCTION ET MÉTHODE
    • 7 Qu’est-ce que l’e-santé ? Pour l’OMS, l’e-santé se définit comme « les services du numérique au service du bien-être de la personne ». Elle se définit également comme « l’utilisation des outils de production, de transmission, de gestion et de partage d’informations numérisées au bénéfice des pratiques tant médicales que médico-sociales »1 . Elle ne se résume pas à la télémédecine et ne doit pas être assimilée au vaste ensemble des « TIC santé ». En France, suite au décret du 19 octobre 2010, seule la télémédecine fait l’objet d’une définition dans le Code de la Santé Publique (art. R6316-1) : « forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication ». L’acte de télémédecine est donc reconnu comme un acte médical à part entière, et se voit imposer les mêmes conditions de qualité, de déontologie et de confidentialité que tout autre acte médical. Ce même article définit quatre types d’actes de télémédecine : > La téléconsultation qui offre à un professionnel médical la possibilité de réaliser une consultation à distance. Exemple : consultation à distance d’une personne âgée en EHPAD par le gériatre d’un hôpital. > La téléexpertise qui permet à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières. Exemple : demande d’un avis neurochirurgical d’un urgentiste à un neurologue, par vidéoconférence, pour prendre en charge un patient souffrant d’un AVC. > La télésurveillance médicale, acte par lequel un professionnel médical interprète à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient. Exemple : suivi de femmes enceintes à distance grâce à des solutions de télémonitoring qui envoie à un établissement de santé les constantes de la patiente qui reste à son domicile. > La téléassistance médicale permet à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte. Exemple : utilisation de vidéoconférence pour qu’un spécialiste assiste un collègue lors d’une intervention chirurgicale. « TIC santé » Elles englobent l’ensemble des applications numériques au service de l’offre de soins. Cette dynamique d’informatisation du système de santé concerne notamment les systèmes d’infor- mation hospitaliers et les logiciels de gestion de cabinet. Télésanté ou e-santé « La télésanté est l’utilisation des outils de produc- tion, de transmission, de gestion et de partage d’informations numérisées au bénéfice des pratiques tant médicales que médico-sociales. » Au delà des actes de télémédecine, la télésanté inclut les pratiques médico-sociales suivantes : la téléinformation, le télémajordome, la téléformation, la téléprescription, le télémonitoring… Télémédecine La télémédecine est une « pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) ». Elle se limite aux seules actions cliniques et curatives de la médecine, par exemple la transmission d’informations médicales en vue d’obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, une surveillance continue d’un malade, ou une décision thérapeutique. 1 Source : La Télésanté : Un atout au service de notre bien être , Rapport Lasbordes, 2009 TIC santé Télésanté ou e-santé Télémédecine
    • 8 Un contexte favorable à l’émergence de l’e-santé comme facteur majeur d’attractivité La santé, un secteur en profonde mutation Depuis plusieurs années, les pays développés connaissent des mutations sociétales et économiques qui mettent leurs systèmes de soins sous contrainte et face auxquelles l’e-santé apparaît comme une solution pertinente : • Vieillissement : Selon l’OMS, la population mondiale âgée de 60 ans et plus a doublé depuis 1980 et devrait atteindre deux milliards d’ici 2050. Ce phénomène génère de nouvelles problématiques en termes de parcours de soins ou de gestion de la dépendance et conduit à une augmentation de la demande de soins. • Maladies chroniques : Les maladies chroniques (cardiopathies, cancer, diabète...) se développent et sont la première cause de mortalité dans le monde. Selon la Fédération Internationale du Diabète, le nombre de personnes atteintes de diabète devrait atteindre 552 millions d’ici à 2030. Cette tendance va aboutir à une demande de soins croissante et à une hausse des dépenses de santé. • Nouvelles attentes : Les citoyens ont de plus en plus accès à l’information médicale via notamment la consultation de sites internet, et souhaitent être impli- qués activement dans la gestion de leur propre santé. • Évolution de la médecine : La science médicale connaît des évolutions majeures avec l’émergence de la médecine personnalisée et un mouvement d’hyper- spécialisation qui rend plus complexes les parcours de soins. • Contraintes financières : L’augmentation de la demande de soins conjuguée à un contexte écono- mique mondial tendu créent des tensions sur la soutenabilité financière des régimes de protection sociale publiques dans de nombreux pays. Une dynamique favorable à l’émergence et au déploiement de la « santé connectée » Maturité technologique • Développement de la téléphonie mobile • Web services, cloud computing, virtualisation des serveurs Impulsion politique • Plan d’action pour le développement de l’e-santé sur la période 2012 - 2020 de la Commission Européenne • Recommandations de l’OMS, et création en 2005 du Global Observatory for eHealth Régulation • Référentiels et normes techniques • Encadrement juridique
    • 9 Quels bénéfices attendre du développement de l’e-santé ? L’optimisation du système de soins L’e-santé représente une réponse concrète et efficace aux enjeux auxquels est confronté le système de santé : Patients • Qualité : prise en charge plus fiable et plus coordonnée, réduction du nombre d’examens subis, limitation des recours injustifiés aux urgences, maintien à domicile facilité (maladies chroniques ou de dépendance) • Accessibilité : meilleur accès aux soins dans les zones de faible densité médicale • Proximité : amélioration de la relation médecin-malade Professionnels et Établissements de santé • Efficience : meilleure utilisation du temps purement médical, outils d’aide à la décision et au diagnostic • Qualité : accès à des connaissances médicales validées, possibilité de travail en équipe et en réseau, ressources de formation des personnels de santé • Décloisonnement entre la médecine de ville, l’hôpital et le secteur médico-social dans une logique de parcours de soins Acteurs institutionnels et financeurs publics • Efficience : utilisation mieux maîtrisée de la ressource médicale, régulation médico-économique plus fine, possibilité de réallocation plus efficiente des dépenses de santé voire d’économies substantielles • Qualité : renforcement du dispositif de veille sanitaire, amélioration de la prévention (« silver economie 1  ») Un marché prometteur À l’échelle mondiale, le marché potentiel de l’e-santé représenterait entre 250 et 500 milliards de dollars par an 2 (entre 200 et 300 millions d’euros par an en France 3 ). Le chiffre d’affaires du marché de la télémédecine s’élevait à 11,6 milliards en 2011, avec une prévision d’expansion à 27 milliards de dollars pour 2016 selon une étude de la Commission Européenne parue en juillet 2013. Industriels du secteur de la santé (fabricants de matériels et de dispositifs médicaux, groupes pharmaceutiques…) • Possibilité d’acquérir des avantages concurrentiels décisifs par une entrée précoce sur le marché • Le portage public de la plupart des projets de télésanté (en France notamment) est un gage de confiance pour les partenaires industriels • Possibilité d’un remboursement futur par la Sécurité Sociale, qui rendrait solvable la demande Industriels du secteur des TIC (fabricants et opérateurs du secteur des télécoms) • Un marché potentiel significatif : l’informatisation globale du système de soins en France est évaluée entre 2,2 et 3 milliards d’euros par an 3 • Possibilité d’appliquer au secteur de la santé des solu- tions techniques existantes • Opportunité de création de start-ups Secteur assurantiel • Nouveaux produits et nouvelles prestations assurantielles • Marché d’autant plus important que la télésanté ne fait pas (encore) l’objet d’une prise en charge par la Sécurité Sociale • Clientèle-cible particulièrement solvable de la « silver economie » 1 La construction d’un modèle économique performant L’e-santé, outre qu’elle constitue vraisemblablement l’avenir de systèmes de santé en quête de pérennité, représente donc la possibilité de traduire l’image positive dont disposerait un système de santé et ses savoir-faire en un avantage économique pour son territoire, tant en termes de création de valeur que d’emplois. Cela semble pouvoir être particulièrement le cas de Paris Ile-de-France, qui a vu émerger ces dernières années des expérimentations prometteuses sinon réussies dans le domaine de l’e-santé. L’enjeu est désormais le passage d’une e-santé encore largement expérimentale et ponctuelle, à une e-santé généralisée sur le territoire, via des projets de plus grande ampleur construits sur des modèles économiques pérennes. 1 - « Silver economie » : ensemble des prestations et entreprises agissant pour ou avec les personnes âgées 2 - Selon Stéphane Nègre, Président d’Intel France 3 - OPIIEC, Etude sur les technologies de l’information au service des nouvelles organisations de soins
    • 10 La méthodologie retenue La série de monographies qui suit a vocation à apporter un éclairage sur des projets majeurs menés dans le monde en matière d’e-santé. Ces études de cas ont été réalisées avec le soutien du réseau international de PwC, en s’appuyant sur une revue de la littérature internationale existante, et des entretiens auprès d’experts du secteur. L’analyse de ces expériences contribue à identifier les principaux facteurs de succès des stratégies de dévelop- pement de l’e-santé : • de déployer des projets d’e-santé sur un territoire, • d’attirer et d’impliquer les talents et les investisseurs dans cette filière. Les monographies touchent un panel de pays diversifié, tant en termes de dépenses de santé par rapport au PIB, que d’espérance de vie ou d’équipement mobile/internet. Pays Population (millions d’habitants) 2011 PIB/hab (en 2012, en $ courants) Part des dépenses de santé dans le PIB (2011, en %) Espérance de vie (2012) Taux d’équipement en téléphone mobile (en %, en 2012) Taux de pénétration d’internet (en %, en 2012) France 63,3 (métropolitaine) 39 772 11,6 81,46 98 83 Danemark 5,6 56 210 11,2 78,78 118 93 Inde 1 241,3 1 489 3,9 67,14 69 12,6 Espagne 46,2 29 195 9,4 81,27 108 72 États-Unis 311,7 49 965 17,9 78,49 98 81 Canada 34,5 52 219 11,2 81,48 76 86,8 Japon 128,1 46 720 9,3 83,91 109 79,1 Israël 7,9 31 281 7,7 81,07 120 73,4 Arabie Saoudite 27,9 20 778 3,7 74,35 185 54 Singapour 5,2 51 709 4,6 83,75 153 74,2 Grande-Bretagne 62,7 38 514 9,3 80,17 130,8 87
    • 11 une source d’inspiration pour Paris Ile-de-France L’e-santé : revue de projets internationaux
    • 12 DANEMARK Un déploiement avancé et réussi de l’e-santé à l’échelle nationale Grâce à des investissements précoces dans les infrastructures techniques, le Danemark est devenu un territoire particulièrement propice au déploiement de solutions d’e-santé. La mobilisation conjointe des acteurs publics et des industriels permet au pays de s’imposer comme le leader européen de la télésanté. •5,6 millions d’habitants (2013) •100 % des institutions médicales 80 % de la population et 98 % des généralistes disposent d’un accès à internet Le Danemark, pays leader en e-santé Le Danemark a très largement adopté la dématérialisa- tion du suivi médical et a su utiliser très tôt, dès le début des années 90, les technologies de l’information dans le secteur de la santé. Aujourd’hui, la quasi-totalité des généralistes et près de la moitié des hôpitaux utilisent un dossier médical électronique. Cette réussite repose sur des investissements publics importants dans les infrastructures techniques, notam- ment dans la connectivité à haut débit (qui est l’une des plus élevées d’Europe) et dans une structure de données de santé interopérable au niveau national. Promue par la puissance publique, cette dernière a bénéficié d’une large adhésion des professionnels de santé. Le gouvernement favorise également l’émergence et le déploiement de projets innovants par l’intermédiaire de MedCom, organisme financé par le Ministère de la Santé et regroupant les acteurs de la santé (autorités publiques, organisations et associations de professionnels, établis- sements privés du secteur de la santé). Chargé de la mise en place des infrastructures de communication dans le secteur de la santé, MedCom soutient l’ensemble des projets d’e-santé, nationaux ou locaux, depuis 1994. Autre facteur de réussite du modèle danois d’e-santé, une réflexion précoce sur les modalités de financement de la télémédecine a permis d’aboutir à la prise en charge des actes de télémédecine dans les modes de tarification et de remboursement des actes médicaux, avec l’introduction de Diagnosis Related Groups (unités de tarification) pour les actes de télémédecine.
    • 13 Enfin, un territoire peu vaste et peu peuplé ainsi qu’un système de santé centralisé permettent un déploiement plus efficace des solutions d’e-santé. L’Hôpital universitaire d’Odense, un rôle déterminant a. Un établissement de référence qui centralise les initiatives de télémédecine MedCom travaille en étroite collaboration avec l’Hôpital d’Odense, situé dans le sud du Danemark. Cet établis- sement de santé de référence couvre près de 10% du système de soins de santé danois. Disposant d’un département dédié depuis les années 1990, il joue un rôle moteur dans le déploiement de solutions de télémédecine à l’échelle nationale. Son action a en effet permis de fédérer les initiatives éparses qui existaient dans le sud du Danemark et de passer à une étape de déploiement de plus grande ampleur. Il a ainsi favorisé l’émergence de partenariats entre industriels, professionnels de santé et instituts de recherche, qui ont créé autour de lui un « cluster de télémédecine ». b. Un partenaire de qualité pour les industriels L’Hôpital d’Odense conduit également des projets en partenariat avec des industriels. C’est le cas de la mallette de télésurveillance à domicile destinée aux patients atteints de maladie pulmonaire. Elle permet la réduction de la durée d’hospitalisation des patients, qui sont suivis à leur domicile par le personnel médical grâce à un système de visioconférence et un bouton d’appel d’urgence, et peut être connectée à plusieurs appareils de mesure des paramètres cardiaques et respiratoires. Ce projet est né de la rencontre entre les médecins de l’Hôpital d’Odense et un fabricant de dispositifs médicaux danois, Medisat. Les premiers ont apporté leur expertise de la conduite de projet et ont permis à celui-ci d’obtenir un soutien financier européen, le deuxième a choisi de prendre en charge une partie de son financement. Le fabricant a en effet investi dans ce premier projet et a en retour acquis une expérience qui lui permet aujourd’hui de commercialiser cette solution en Angleterre et en Suède. Cette coopération entre les institutions publiques et un industriel s’est révélée essentielle pour l’élabora- tion d’un modèle économique pérenne et donc pour le déploiement de la solution à grande échelle. Les deux partenaires ont conclu un contrat de location des mallettes qui permet à l’hôpital de bénéficier des évolu- tions techniques pouvant être réalisées sur le matériel. Si l’expérimentation a débuté en 2006, la mallette est désormais pleinement intégrée aux modes de prise en charge standards (1 200 patients ont déjà été traités par ce protocole). LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une mise en œuvre précoce de dispositifs d’e-santé suscitant une large adhésion de professionnels de santé et de patients habitués à l’usage des TIC > Des investissements publics dans les infrastructures techniques et un soutien public affirmé (MedCom) aux projets innovants > La création de modes de rémunération et de tarification des actes de télémédecine adaptés > L’existence de normes encadrant la télémédecine et la forte réactivité de MedCom pour les faire évoluer > La structuration des initiatives d’e-santé par des grands établissements de soins pouvant initier des partenariats avec des industriels Les chiffres clés > 5 millionsde messages, dont 80 % des ordonnances médicales, sont échangés entre professionnels de santé chaque mois sur le réseau d’échange de données informatisées de MedCom > 100 %des pharmacies, 92 % des médecins généralistes et 48 % des spécialistes utilisent le dossier médical électronique > 1 200patients traités par la mallette de télésurveillance en pneumologie depuis 2006 > Le MedCom estime que l’utilisation du réseau de communication de télésanté au niveau national a permis un gain de 50 minutes par jour et par médecin, une diminution de 66 % des appels téléphoniques de patients et 2,3 $ d’économie par transaction, soit 60 millionsd’euros par an
    • 14 INDE La mobile health, un moyen de généraliser l’accès aux soins L’Inde présente la caractéristique de proposer de nombreux services d’e-santé destinés directement au patient lui-même, et non uniquement aux professionnels de santé. Nouvelles technologies et ressources médicales sont mises à profit pour pallier les défaillances d’un système de santé qui ne permet pas à l’heure actuelle un accès aux soins pour toute la population. •1,2 milliard d’habitants en 2012 •70 % de la population en zone rurale •Prise en charge de 70 à 80 % des actes de soins par le secteur privé •1 médecin, 0,8 infirmier, 1 lit en moyenne pour 1 000 personnes •Près d’un milliard d’utilisateurs de téléphonie mobile Un terrain particulièrement favorable à l’innovation en matière d’e-santé Alors que le pays dispose de compétences médicales de pointe, acquises au sein d’universités de médecine parmi les plus performantes au monde ou à l’étranger (en particulier aux États-Unis ou au Royaume-Uni), il peine à convaincre ses professionnels de santé d’exercer dans le pays, et a fortiori en zone rurale, plutôt qu’à l’étranger. Le manque de professionnels de santé et leur mauvaise répartition sur le territoire limite donc l’accès aux soins pour la majeure partie d’une population qui ne cesse de croître, notamment les plus pauvres. Par ailleurs, l’Inde voit son mode de vie évoluer et les pathologies chroniques se développer. La croissance de la demande de soins est donc rapide, en particulier au sein des classes moyennes urbaines. Dans ce contexte, l’e-santé constitue une opportunité que les Indiens saisissent d’autant plus volontiers que le développement et l’adoption des nouvelles technologies sont très rapides. La télésanté permet en effet de pallier le manque et la mauvaise répartition des professionnels de santé auprès des populations les plus démunies, et d’offrir des services de pointe à la demande solvable que représentent les populations urbaines aisées. La téléphonie mobile, vecteur majeur de déploiement de l’e-santé (mobile health) Ce moyen de communication au taux de pénétration très élevé est notamment utilisé par les compagnies pharma- ceutiques pour créer de la proximité avec les professionnels de santé et fournir de l’information sur les produits d’une manière proactive. La non-observance des prescriptions, facteur de surcoût pour un système de santé, est ainsi combattue via des systèmes de SMS envoyés automatiquement et directement aux patients afin de leur rappeler de suivre leur traitement. La téléphonie mobile permet également de lutter contre le fléau de la contrefaçon de médicaments. La collaboration d’opérateurs de téléphonie mobile et de fournisseurs de services pharmaceutiques a abouti à une solution permet- tant aux patients d’envoyer par SMS l’identifiant unique
    • 15 Le portail web de MediAngels propose l’offre la plus complète d’e-santé parmi les solutions étudiées : > consultation par e-mail : question simple, sans soumission de dossier ou suivi médical, > e-consultation : consultation détaillée, par e-mail, basée sur la fourniture de documents médicaux du patient, réalisée par le médecin de son choix (au sein du panel de spécialistes proposé par MediAngels), > consultation vidéo : consultation via webcam, avec le généraliste/spécialiste de son choix, sur rendez-vous, > réalisation de tests sanguins : collecte des échantillons à domicile, réalisation des tests demandés et envoi des résultats, > check-up annuel : réalisation d’une batterie complète de tests sanguins (lipides, fer, marqueurs hépatiques et de la thyroïde…) suivie d’un entretien de bilan avec un médecin. FOCUS porté par une boîte de médicament et de savoir en quelques secondes si le produit en question est authentique. Le diagnostic à distance,un marché prometteur Afin de répondre aux difficultés de la population à accéder à du personnel médical qualifié, plusieurs start- ups proposent des services d’e-santé. MediAngels et Healthcare Magic sont deux exemples de ces sociétés qui proposent des services articulés autour de la mise en relation des patients et des médecins généralistes ou spécialistes. Financés par les utilisateurs via des systèmes de paiement à l’acte, les services proposés par ces sociétés vont de la possibilité de poser une question d’ordre médical à un généraliste ou à un spécialiste à la consultation par webcam interposée en passant par la soumission d’un dossier médical complet (y compris radios, scans, résultats d’analyses déjà réalisées…) pour avis médical. En proposant des tarifs modestes et des prestations de qualité, ces sociétés s’adressent non seulement à la population indienne mais également à l’ensemble de la diaspora indienne (dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement tels que ceux de l’Afrique orientale), voire plus largement à l’ensemble des populations du monde peu ou mal couvertes par leurs systèmes de santé nationaux. Autant d’atouts structurels qui permettent d’assurer la viabilité des modèles économiques mis en place. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une offre privée basée sur des services abordables financièrement, et adaptée aux usages et aux besoins de la population > La disponibilité d’une main d’œuvre médicale bien formée et bon marché > Des partenariats entre prestataires de soins privés, opérateurs de téléphonie mobile et compagnies d’assurance qui permettent la création d’une offre structurée > Un marché potentiel de plusieurs millions de personnes, décuplé par une diaspora indienne très importante et d’autres marchés aux caractéristiques proches (anglophones surtout) Le groupe Apollo Hospitals, l’un des principaux prestataires privés de soins en Inde, s’est lancé dans la télésanté avec des centres de contact téléphonique animés qui dispensent des conseils et informations aux patients par du personnel médical. Ce service, proposé en partenariat avec des leaders du marché des télécommunications, a permis de gérer près de 700 000 appels depuis sa création et a atteint près de 70 millions de personnes. Apollo souhaite étendre ses services de télésanté avec l’expérimentation d’analyses médicales à distance, par smartphone. Le programme SUGAR a ainsi été mis en place à destination des patients diabétiques. Ces derniers peuvent envoyer les résultats de leur analyse glycémique à leur médecin par SMS ou via une application mobile. Ils reçoivent en retour un SMS qui leur explique les résultats et leur indique la démarche à suivre. À terme,Apollo souhaite mettre en place un réseau plus intégré entre prestataires de soins,clients et opérateurs de téléphonie mobile.
    • 16 ESPAGNE L’e-prescription, une réponse ambitieuse aux contraintes budgétaires La crise économique et l’augmentation des maladies chroniques obligent les pouvoirs publics espagnols à revoir leur système de santé afin de mieux gérer leurs dépenses. Dans ce contexte, l’e-santé s’impose comme une réponse des plus pertinentes, comme l’Andalousie l’a démontré. • 1 500 centres de santé, 32 sites hospitaliers et 102 000 professionnels de santé utilisent la plateforme d’e-santé de l’Andalousie • 93,5 % de la population d’Andalousie est couverte par le dispositif d’e-prescription • 46 % des prescriptions sont effectuées par e-prescription Des préoccupations budgétaires à l’ambition industrielle L’Espagne a pour ambition de devenir une référence en termes d’innovation en télésanté et en particulier dans la prise en charge des pathologies chroniques, qui représentent une part très significative des dépenses de santé d’une population vieillissante. Elle se focalise actuellement sur la prise en charge des diabétiques, des patients atteints de broncho-pneumopathie chro- nique obstructive, des personnes ayant des affections cardio-vasculaires, ainsi que sur l’ophtalmologie et la dermatologie. Le système de santé en Espagne est régionalisé depuis 2000, l’ensemble des initiatives des communautés auto- nomes étant coordonné par l’Etat. Si le Pays Basque, la Catalogne ou la région de Madrid sont en pointe en télé- médecine, c’est l’Andalousie qui a été la pionnière de la télésanté par une intégration poussée des informations de santé et des services complémentaires, d’e-prescription notamment. Des résultats très positifs : réduction des coûts, efficacité des soins et adhésion générale Le système mis en place en Andalousie s’est révélé béné- fique tant pour les patients que pour les médecins, suscitant l’adhésion générale. Il améliore la qualité des soins en rédui- sant les erreurs de prescription et en simplifiant le parcours des patients par des e-prescriptions de longue durée (un an), ce qui évite aux patients atteints de maladies chro- niques des rendez-vous médicaux répétés pour renouveler leurs traitements. Par ailleurs, ce système informatique améliore l’observance des traitements. Il permet aux pharmaciens de s’assurer qu’un traitement n’a pas déjà été délivré ou qu’au contraire le patient est effectivement venu récupérer son traitement en pharmacie. Cette innovation s’avère particulièrement intéressante dans le suivi des addictions, qui nécessite un respect strict des traitements médicamenteux. Enfin, en réduisant les délivrances à mauvais escient ainsi que des rendez-vous médicaux supplémentaires, l’e-prescription permet de réaliser des économies consi-
    • 17 En Andalousie, l’e-santé au service de la rationalisation du système de santé L’Andalousie, région la plus peuplée d’Espagne, est très en avance en terme de développement de solutions d’e-santé. Seconde région la moins riche d’Espagne, elle a notamment mis en place le projet Diraya, pour mieux gérer ses dépenses de santé. Utilisé par plus de 102 000 professionnels de santé, ce projet est une vraie réussite et de nombreux pays européens s’en inspirent. > Mis en place en 2000, Diraya (« connaissance » en arabe) est un système informatique reposant sur un dossier médical personnalisé qui répertorie les données administratives et de santé du patient et les rend disponible à l’endroit et au moment nécessaires. Diraya offre une série de services complémentaires aux patients, aux médecins, ainsi qu’aux autres professionnels de santé, tels qu’un système de prise de rendez-vous centralisé et numérisé, un système d’orientation des patients dans le système de santé, ou encore les e-prescriptions. > L’une des plus remarquables applications de Diraya, « Receta XXI » (« prescription du 21e siècle »), permet aux médecins de réaliser des e-prescriptions en envoyant directement aux pharmaciens, via une plateforme d’échange, leur ordonnance pour un patient. Le patient n’a dès lors plus qu’à se rendre chez le pharmacien, muni de sa carte personnelle de santé, pour récupérer ses médicaments. FOCUS dérables. Ainsi, il a été remarqué une réduction de 15 % des visites auprès des médecins généralistes et donc une réduction des coûts de transport de patients. Dans le même temps, l’informatisation des prescriptions a permis de développer le recours aux médicaments génériques, permettant une économie de 253,3 millions d’euros entre 2001 et 2008. La rationalisation du système de santé andalou et l’efficience accrue qui en résulte constituent une source d’inspiration pour d’autres régions espagnoles en période de tensions des finances publiques. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une forte nécessité d’assurer la pérennité économique du système de santé régional > Une participation et une adhésion fortes des patients aux services d’e-santé, qui améliorent considérablement leur qualité de vie > Une intégration réussie de services complémentaires au dossier médical électronique dans des parcours de prise en charge simplifiés > Un succès favorisé par l’implication et la collaboration des organisations professionnelles représentant les médecins libéraux et les pharmaciens Les chiffres clés > Réduction de plus de 15 %des visites chez le médecin généraliste > Une économie de 253,3 millionsd’euros grâce à l’e-prescription de médicaments génériques entre 2001 et 2008
    • 18 ÉTATS-UNIS L’e-santé, résultat de l’incitation à l’efficacité et à la qualité des soins Le développement de l’e-santé aux États-Unis est essentiellement porté par des acteurs privés qui cherchent à améliorer leur offre et à optimiser leurs coûts. Ce sont en particulier des programmes publics en faveur de la qualité des soins, tels que le « Five- Star Quality Rating System for Medicare Advantage Plan » qui incitent ces acteurs privés à rechercher des modes de prise en charge innovants. L’e-santé apparaît alors comme une solution privilégiée. • Au 37e rang mondial des systèmes de santé performants (derrière le Costa Rica) selon l’OMS •16 % du PIB dédié aux dépenses de santé en 2011 aux États-Unis (contre ~11% en France) •53 % des dépenses de santé assumés par les ménages (47% par le secteur public) Un système de santé en pleine réforme Malgré un niveau de dépenses de santé élevé, le système de santé des États-Unis est jugé peu performant. Sa réforme est affichée comme l’une des grandes priorités des deux mandats de Barack Obama. L’emblématique « Obamacare », avec le « Patient Protection and Affordable Care Act » de 2010, vise à étendre l’accès à une couverture santé et à promouvoir une réorganisation du système de soins pour générer une meilleure qualité des soins et une réduction des coûts des services médicaux. Cela suppose une implica- tion forte des acteurs privés (compagnies d’assurance, réseaux de soins privés), dont le poids dans le système de santé américain est prédominant. Cette impulsion politique est particulièrement stimulante pour le développement de l’e-santé, les acteurs privés cherchant ainsi à capter les allocataires de plus en plus nombreux des aides publiques. Le plan « Five-Star quality rating » : incitation à investir pour la qualité des soins et révélateur de l’attractivité de l’e-santé Le « Five-Star Quality Rating System for Medicare Advantage Plan » a été lancé par Medicare, système d’assurance santé public destiné aux personnes âgées et handicapées. Il vise à améliorer la qualité des « Medicare Advantage Plans », plans d’assurance santé proposés par des réseaux coordonnés de soins résultant du partenariat entre des compagnies d’assurance privées et des fournis- seurs de services médicaux accrédités par Medicare.   Ces plans de santé font l’objet d’une notation rendue publique et largement communiquée afin de guider les allocataires de Medicare dans le choix d’un plan d’assurance santé. Ces notes déterminent également le versement de bonus financiers du Medicare aux compagnies d’assurance pour chaque plan souscrit. Ce programme représente donc pour les compagnies d’assurance des enjeux financiers et de réputation importants, et les incite à améliorer la qualité de leurs
    • 19 Les initiatives suivantes ont été prises par des établissements de soins accrédités par Medicare pour améliorer la notation des plans de santé (en améliorant les indicateurs relatifs au taux de réadmission dans un délai de 30 jours après une sortie d’hospitalisation) : > Au « Fuqua Heart Center of Atlanta » du « Piedmont Hospital », les patients ayant subi une attaque cardiaque se voient proposer de pouvoir contrôler leur état de santé eux-mêmes, depuis leur domicile, à leur sortie de l’hôpital en envoyant aux équipes médicales leurs constantes via un écran tactile. Les infirmières du centre de soins surveillent ces données et relancent les patients lorsqu’ils oublient de transmettre leurs analyses. Ce recours à une solution d’e-santé a permis de réduire le taux de réadmission des patients de 75%. > Le même type de solution a été mis en place par « St. Vincent Health » (Ascension Health) pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque congestive ou d’une maladie pulmonaire obstructive chronique. En plus du système de transmission des constantes médicales, une infirmière contacte 6 fois le patient dans les 30 jours après sa sortie d’hospitalisation, par visioconférence. Le résultat est significatif : en moins de deux ans, le taux de réadmission des patients a baissé de 75%. FOCUS prestations. Le principal levier d’amélioration de la qualité des soins s’est révélé être l’e-santé, envers laquelle l’attrait et la confiance des acteurs de santé privés n’ont fait que croître.   L’incitation financière créée par le « Five-Star Quality Rating System for Medicare Advantage Plan » s’avère majeure pour franchir le pas d’un déploiement à grande échelle de ces nouvelles pratiques. Un effet d’entraînement industriel largement bénéfique En aidant les acteurs de santé à financer leurs projets, ce type d’initiatives en e-santé favorise également le développement de l’offre industrielle et l’innovation. Les éditeurs, les fabricants de dispositifs médicaux, les opérateurs de télécommunications… sont incités à déve- lopper de nouveaux produits, capables de répondre aux attentes et aux besoins des acteurs de santé en matière de qualité des soins et d’optimisation des coûts. C’est ainsi une filière industrielle entière qui se trouve stimulée par le déploiement de l’e-santé. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une volonté politique affirmée > Un recours à des solutions industrielles existantes et éprouvées > Une évaluation précise des avantages médico-économiques > Une gouvernance impliquant des représentants des professionnels de santé à tous les stades des projets, de leur conception à leur déploiement > Une attention forte portée sur les actions d’accompagnement du changement auprès des professionnels de santé Les chiffres clés > En 2012, 127plans d’assurance santé ont obtenu 4 ou 5 étoiles soit 20% de plus qu’en 2011 selon le U.S. Health and Human Services (HHS) Department > En 2012, 3,1 milliardsde dollars ont été versés à titre de bonus dans le cadre du programme Réduction du taux de réadmission des patients de en quelques mois 75 %
    • 20 CANADA Le dossier électronique de santé : des bénéfices précisément évalués Le partage d’information entre les professionnels de santé et entre les structures de soins est la pierre angulaire du déploiement de l’e-santé au Canada. Celui-ci suit une logique régionale : chaque province se dote d’infrastructures selon ses besoins avec le soutien d’Inforoute, organisme indépendant, garant de la cohérence des projets au niveau national. •35 millions d’habitants en 2011 • 2e plus grand pays au monde et une densité de 3 habitants/km² •Plus de 5 710 sites de télésanté dans tout le pays en 2010 Le déploiement du dossier médical électronique (DME), composante fondamentale de l’e-santé Le dossier médical électronique vise à rendre accessibles aux professionnels de santé les antécédents médicaux d’une personne de façon sécurisée. Il contient de l’infor- mation provenant de différentes sources : établissements de santé, cabinets de médecins, pharmacies ou encore laboratoires. Le dossier de santé électronique participe ainsi à l’amélioration de la qualité des soins. Les provinces canadiennes se dotent progressivement des infrastructures permettant le déploiement de dossiers de santé électroniques. Inforoute Santé, organisme public indépendant, intervient pour garantir l’interopérabilité des infrastructures régionales. Financeur majeur des projets provinciaux, Inforoute est un coordinateur qui participe à identifier et à partager les bonnes pratiques. Un pré-requis : susciter l’adhésion des professionnels de santé    Si le degré d’adoption des dossiers médicaux électro- niques par les médecins a plus que doublé au Canada depuis 2006, il varie fortement selon les provinces (de 26 % de médecins utilisateurs au Nouveau-Brunswick à 74 % en Alberta), du fait de différences culturelles ou politiques. Au-delà des enjeux technologiques et d’infrastructures, la réussite du déploiement du dossier de santé électronique nécessite l’intégration des technologies de l’information dans les pratiques médicales, d’où la nécessité d’une adhésion active des professionnels de santé. Pour gagner cette adhésion, les projets provinciaux canadiens associent étroitement les professionnels de santé, les accompagnent, et déploient des stratégies de conduite du changement adaptées (incitation à l’adoption du DME, information sur les bénéfices de l’informatisation du système de santé…). Une évaluation médico-économique qui démontre la valeur ajoutée des dossiers électroniques Inforoute Santé veille à mesurer l’impact de ce déploie- ment sur la qualité des soins mais également d’un point de vue économique. Selon son étude Les nouveaux avantages provenant de l’utilisation du dossier médical électronique dans les cabinets de médecins (2013),
    • 21 Plateformes de données et dossiers de santé électroniques en Alberta et en Ontario > En Alberta, une plateforme reliant les bases de données de santé existantes est développée pour assurer le partage des données de santé via le dossier de santé électronique. Cette plateforme, reposant sur la solution HealthVault de Microsoft, contiendra pour chaque patient des données démographiques, ses données de laboratoire et d’imagerie ainsi que les données relatives à ses prescriptions médicales. Le portail Alberta Netcare permet aux patients et aux médecins d’accéder aux données. > En Ontario, le développement d’un dossier de santé électronique est porté par CyberSanté Ontario, organisme autonome du Ministère de la Santé financé par Inforoute. Le projet vise à relier les technologies informatiques existantes pour permettre aux systèmes de communiquer entre eux en s’appuyant sur la mise en place de centres d’intégration régionaux. FOCUS l’utilisation du dossier médical électronique en médecine de ville a produit des bénéfices évalués à plus de 1,3 Md de dollars depuis 2006. Ces gains proviennent notam- ment de l’optimisation du temps purement médical, de la réduction des examens médicaux redondants, d’une meilleure coordination entre les professionnels de santé ou encore d’une meilleure gestion des maladies chroniques. Les médecins ont un avis positif sur l’apport des systèmes d’information à leur pratique : • 86 % des médecins inscrits au programme de DME de l’Alberta signalent une amélioration de leur capacité à gérer les maladies chroniques de leurs patients, • 63 % des médecins de famille et des spécialistes déclarent une amélioration de la sécurité des patients dans la première année de l’adoption de leur DME en Ontario. L’évaluation médico-économique joue un rôle impor- tant pour maintenir la mobilisation des acteurs autour du projet. Elle valorise les travaux déjà menés et justifie les investissements engagés. Cette démonstration de la valeur ajoutée des dossiers médicaux électroniques plaide également en faveur du déploiement de solutions d’e-santé connexes. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une attention forte portée sur les actions d’accompagnement du changement auprès des professionnels de santé,suscitant leur adhésion > Une gouvernance impliquant des représentants des professionnels de santé à tous les stades des projets, de leur conception à leur déploiement > Une volonté politique affirmée et affichée en faveur de l’e-santé > Un recours à des solutions industrielles existantes et éprouvées > Une évaluation précise des avantages médico-économiques Les chiffres clés > Plus de 1,3 milliardde dollars d’économies depuis 2006 du fait de l’utilisation du dossier médical électronique en médecine de ville > 86 %des médecins utilisant le DME en Alberta signalent une amélioration de leur capacité à gérer les maladies chroniques de leurs patients > 63 %des médecins de l’Ontario déclarent une amélioration de la sécurité des patients dans la première année de l’adoption de leur DME Les programmes d’accompagnement des professionnels de santé En Ontario, pour encourager les médecins à adopter des dossiers médicaux électroniques, CyberSanté a lancé le « Programme d’adoption du DME » en partenariat avec l’Ontario Medical Association. Ce programme permet d’offrir aux médecins un appui tout au long du passage des dossiers papier aux dossiers médicaux électroniques. Outre une subvention, les médecins bénéficient de conseils pour le choix d’une solution et d’un accompagnement à l’usage du DME. Des médecins déjà utilisateurs peuvent venir aider leurs collègues à adapter leurs pratiques et leurs procédures pour tirer pleinement profit des possibilités offertes par les dossiers électroniques (aide à la décision, gestion du cabinet…). En Alberta, le Physician Office System Program (POSP) finance les médecins pour les inciter à adopter les dossiers médicaux électroniques pour leurs patients.
    • 22 JAPON Une stratégie nationale d’e-santé fondée sur la robotique Pour faire face au vieillissement de sa population et à ses conséquences sur le système de santé, le Japon parie sur le développement de « robots-infirmiers ». En soutenant l’investissement des entreprises privées dans ce domaine, les pouvoirs publics tentent de répondre à la pénurie de personnel médical et stimulent une filière de l’économie nationale à haut potentiel. •23 % des Japonais ont plus de 65 ans en 2011 •42 % des Japonais devraient avoir plus de 65 ans en 2060 •1,3 million d’aides-soignants en 2010 pour un besoin réel estimé à 2 millions d’aides-soignants aujourd’hui et à 4 millions d’ici 2015 Le vieillissement de la population : un défi majeur pour le système de santé japonais Le Japon doit faire face à un enjeu démographique majeur avec le vieillissement rapide et avancé de sa population : la proportion de personnes de plus de 65 ans devrait atteindre 42 % en 2060. Ce vieillissement de la population représente un défi pour le système de santé : il va conduire à une augmentation conséquente de la demande de soins tout en créant un déficit de professionnels de santé. Dans ce contexte, le Japon connaît une réelle pénurie de personnel soignant, et cette situation devrait encore s’aggraver dans les années à venir, compte tenu de l’évolution du nombre de personnes âgées dépendantes. Dans les plans nationaux en faveur de la filière robotique, le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Inter- national (METI) avait défini les recherches en lien avec le vieillissement de la population comme un axe prioritaire de développement. Les robots-infirmiers, une solution pour la prise en charge des personnes âgées Le Japon est un des pays pionniers en matière de solu- tions robotiques, grâce notamment à des plans nationaux volontaristes de développement de cette filière (« Humanoid Robot Project » en 1998 puis « 21st Century Robot Challenge » en 2001). Le développement de robots adaptés aux soins et à l’assistance à la personne s’est imposé comme une des réponses possibles pour faire face à l’augmentation de la demande de soins et à la pénurie de professionnels de santé. Une aide publique pour stimuler le marché des robots-infirmiers Pour franchir une nouvelle étape et déployer à grande échelle des solutions robotiques innovantes, le gouverne- ment japonais souhaite faire chuter leur prix en stimulant l’offre industrielle. Dans cette perspective, un appel à candidature a été lancé au début de l’année 2013 par le METI pour le développement de robots à bas prix,
    • 23 Des solutions robotiques de pointe, représentant un appui à la prise en charge médicale, ont déjà été développées et déployées au Japon : > Le RTC, centre de recherche regroupant RIKEN et Tokai Rubber Industries, a développé « RIBA » (Robot for Interactive Body Assistance). Il s’agit d’un robot capable de soulever et de transporter une personne. Un premier prototype avait été présenté en 2009. Depuis cinq ans, ce robot n’a cessé d’être amélioré et il peut à présent soulever des malades pesant 80 kg. Il sera introduit dans des maisons de retraite à partir de 2015. > L’Institut National Japonais des Sciences et Techniques Industrielles Avancées a développé depuis 2001 un robot « thérapeutique » destiné aux personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer. Le robot, s’apparentant à un jouet, est doté de capteurs qui lui permettent de stimuler les personnes atteintes de maladies neuro- dégénératives. FOCUS capables d’assurer des tâches de soins infirmiers ciblées : • soulever et déplacer des personnes âgées sans déambulateur, • assister des personnes âgées pour marcher même sur des surfaces inclinées, • proposer un système de toilette portatif mobile pour nettoyer les personnes âgées, • surveiller les patients atteints de démence et suscep- tibles de se perdre. Le gouvernement prendra en charge 50 à 60 % des charges de recherche et développement des candidats retenus. En parallèle, le METI a confié à l’Institut national japonais des sciences et techniques industrielles avancées (AIST) l’élaboration des référentiels qui seront nécessaires à la commercialisation de tels robots et la mise en place de protocoles d’évaluation de leurs usages. Dans un second temps, pour favoriser l’adoption de ces solutions dans les établissements de santé et les maisons de retraite, une réflexion sera menée par le gouvernement sur les modalités de prise en charge de ces solutions dans le cadre de la protection sociale. Une ambition forte : faire du Japon le leader interna- tional de la robotique   Le gouvernement japonais considère la robotique non seulement comme une réponse au vieillissement de sa population mais également comme un levier de croissance économique. Le METI estime ainsi que le développement à grande échelle de robots destinés au grand public pourrait générer plus de 3 milliards d’euros de recettes (400 milliards de yens) d’ici 2035. L’appel à candidature pour le développement de « robots- infirmiers » s’inscrit dans une politique plus générale de promotion de la filière robotique, en lien avec la stratégie générale de relance de l’économie japonaise « Rebirth of Japan » lancée en 2011. Ce projet vise donc également à conforter la position de leader mondial des entreprises japonaises dans le domaine de la robotique et donc à stimuler la croissance économique du pays. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Un investissement public dans la R&D pour stimuler l’innovation et l’essor d’une offre privée adaptée aux besoins du pays > Le développement de partenariats entre les acteurs publics et le secteur industriel > Une intégration des innovations par le système de protection sociale > Une mutualisation des efforts de R&D avec d’autres secteurs faisant appel à la robotique Les chiffres clés > Plus de 3 milliardsd’euros de recettes (400 milliards de yens) potentielles d’ici 2035 grâce au développement à grande échelle de robots destinés au grand public
    • 24 ISRAËL Une concentration volontariste des efforts et des compétences Malgré son environnement socio-politique complexe, Israël a su prendre des risques, en particulier dans le domaine de l’innovation, ce qui en fait aujourd’hui un des leaders mondiaux dans le secteur de l’e-santé. Au premier plan de cette réussite, le Technion (Israël Institute of Technology) développe de nombreux partenariats avec des industriels et des centres de R&D, afin de promouvoir intensivement sa recherche en e-santé. •Superficie du pays : 20 770 km² •Les dépenses en R&D représentaient 4,9 % du PIB en 2008 (contre une moyenne de 2,2 % pour les membres de l’OCDE) Le Technion, une université au centre du développement de l’e-santé Créé il y a 100 ans avec la volonté de former les entre- preneurs du futur, le Technion est aujourd’hui une des universités les plus dynamiques au monde en termes de recherche et d’innovation. Elle regroupe en son sein des départements variés et complémentaires tels que la médecine, l’ingénierie biomédicale ou encore les sciences de l’informatique. Ce regroupement de compétences crée un environnement favorable au déve- loppement de l’e-santé. L’État israélien participe et finance les projets de recherche à hauteur de 20 %. Afin de faciliter les démarches des chercheurs dans leur recherche de finan- cements complémentaires, l’université a mis en place un Pôle de Transfert de Technologies (le T3), spécialisé dans la conception et la mise en œuvre de plans de communication auprès des entreprises. Ce pôle aide les chercheurs dans leurs démarches d’identification, de prise de contact et de conviction de financeurs potentiels. En parallèle, la fondation de la Recherche et du Développement du Technion a pour objectif de parrainer la recherche et d’effectuer des essais industriels. Elle a pour rôle d’identifier toute recherche dotée d’un poten- tiel commercial, d’assurer la protection de leur propriété industrielle et de favoriser leur commercialisation. Le Technion est de plus positionné au centre d’un envi- ronnement constitué d’hôpitaux, d’entreprises innovantes et de centres de R&D, qui permet à ses acteurs de mutualiser une partie de leurs efforts de recherche et de capitaliser sur la richesse des profils et des compétences. Recherche universitaire, financements mixtes public/privé et regroupement géographique des talents ont permis à Israël de développer un écosystème foisonnant, stimulant et tourné vers la recherche et le développement, en parti- culier dans le domaine de l’e-santé.
    • 25 Au sein de l’université du Technion, un centre de recherche est consacré à la télémédecine, aux systèmes d’information de santé et à la médecine personnalisée. Il s’agit du Centre Galil financé par la faculté de médecine et par la société israélienne Elron Electronics Industries, spécialisée dans les hautes technologies. L’objectif de ce centre de recherche est d’enrichir et d’améliorer les pratiques cliniques en s’appuyant sur la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Les projets portés par le centre ont vocation à réduire l’écart entre les dernières connaissances acquises par la recherche et les pratiques cliniques quotidiennes en développant des outils innovants. Les projets menés par le Centre Galil portent sur les domaines suivants : > la bio-informatique (application de techniques informatiques pour la compréhension des données biologiques), la phamacogénétique (étude de l’influence de la génétique  sur la variabilité de la réponse à un traitement médicamenteux) et la médecine personnalisée, > les dossiers médicaux électroniques et les systèmes d’aide à la décision, > la télémédecine appliquée notamment à la prise en charge du diabète ou en psychiatrie. La présence du centre sur le campus de l’université permet de sensibiliser les futurs médecins au potentiel de l’e-santé. FOCUS Le « Big Data » au service de la recherche médicale et de l’e-santé Aujourd’hui, la recherche médicale nécessite de plus en plus des systèmes d’information puissants, capables de stocker, d’organiser et d’analyser des quantités toujours croissantes de données. Le « Big Data » est donc au cœur des initiatives du Technion en matière de santé. Parmi les projets les plus emblématiques et les plus aboutis, on trouve : • La mise en place, au sein de la faculté de Médecine, d’un système d’étude quantitative des données biologiques grâce à la mise à disposition d’un envi- ronnement informatique et d’une puissance de calcul issus des toutes dernières technologies liées au « Big Data ». Combinant des approches expérimentales et informatiques, ce système est destiné à analyser le système immunitaire dans sa globalité afin de mieux le comprendre, et ainsi, d’être en mesure de développer une médecine personnalisée c’est-à-dire de personna- liser la prise en charge des patients au regard de leurs caractéristiques biologiques individuelles. • La création d’une unité bio-informatique au sein de la faculté de médecine, regroupant informaticiens et médecins. Cette unité est destinée à se mettre au service des chercheurs de l’université afin d’amé- liorer la productivité de leurs recherches grâce à des méthodes de calcul informatisées et à des logiciels spécifiques. Les services de cette unité sont proposés en priorité aux équipes de l’université mais également à l’ensemble des acteurs de l’écosystème du Technion et aux laboratoires qui en feraient la demande, même s’ils sont externes à cet environnement, sous forme de prestation de service. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Le regroupement au sein d’une institution de multiples compétences, favorisant la proximité entre chercheurs, ingénieurs, médecins et professionnels de la santé > Un financement public/privé systématique > Le regroupement, au sein d’un espace réduit, d’entreprises, d’hôpitaux et centres de recherche et développement > Un savoir-faire technique et informatique mis à disposition de tous
    • 26 ARABIE SAOUDITE L’e-santé, une solution pour une prise en charge des pélerins de La Mecque Chaque année lors du pèlerinage de La Mecque, des millions de personnes sont attendues en Arabie Saoudite. Cette affluence massive représente un vrai défi pour les autorités saoudiennes qui doivent être en mesure de prendre en charge sanitairement cette population de migrants temporaires. Le développement de l’e-santé est l’une des réponses à cet enjeu. •28,3 millions d’habitants en Arabie Saoudite (2011) •2 millions d’habitants à La Mecque à l’année (en 2012) •3,1 millions de pèlerins en 2012 à La Mecque La transmission des données médicales à titre préventif, un dispositif à l’essai pour des avantages importants L’afflux de pèlerins venus du monde entier est porteur de risques sanitaires majeurs. Les autorités tentent de s’en prémunir par des règles strictes imposées aux voya- geurs. Ainsi, pour pouvoir venir à La Mecque, les pèlerins doivent fournir des certificats attestant qu’ils ont été vaccinés contre une série de maladies avant leur arrivée. Ils peuvent être soumis à des batteries de tests, dont les résultats sont transmis pour contrôle aux autorités saou- diennes. Les personnes atteintes de tuberculose font par exemple l’objet de dispositions particulières : il leur est imposé de réaliser des examens spécifiques ; s’il s’avère que la personne est contagieuse, elle se verra refuser le droit de faire le pèlerinage. Ces processus font une utilisation croissante de l’e-santé : via une plateforme d’échange, les dossiers médicaux de certains pèlerins résidants à l’étranger sont transmis aux autorités saoudiennes en amont du pèlerinage. Ces dossiers comprennent l’attestation de mise à jour de leurs vaccins et la présentation de leur bilan de santé. Les personnes atteintes de maladies chroniques y font figurer un bilan de santé plus détaillé concernant leur pathologie. Une attention particulière est portée aux personnes âgées durant le pèlerinage. Ainsi à leur arrivée, elles peuvent obtenir un bracelet électronique : en cas de problème, en « scannant » ce bracelet, les profession- nels de santé peuvent avoir directement accès à leurs dossiers médicaux et leur administrer les soins néces- saires en fonction de leur état de santé mais aussi de leurs antécédents… Ces mesures faisant appel à la télémédecine sont très récentes et ne concernent encore qu’un petit groupe de personnes, le plus souvent aisées. Le pari d’avenir de la télémédecine Face au nombre croissant de pèlerins se rendant à La Mecque, les autorités saoudiennes souhaitent investir davantage dans la télémédecine et généraliser les pratiques existantes.
    • 27 Grâce à la télémédecine, les autorités veulent faciliter la communication entre les différentes parties prenantes afin de répondre au mieux aux besoins sanitaires de sa population. Les autorités veulent également identifier plus efficacement les personnes « à risque » et mieux gérer les urgences ou évènements catastrophiques pouvant survenir, en particulier durant le pèlerinage. Pour mettre en place ce projet de longue haleine, le gouvernement prévoit de former tous les acteurs de santé à l’utilisation des systèmes qui seront mis en place, mais aussi de faire de la gestion du changement le plus tôt possible. Ce projet de télémédecine s’inscrit dans une démarche plus vaste lancée par les autorités en faveur de l’e-santé. Les autorités saoudiennes ont mandaté IBM afin d’éta- blir une stratégie et une roadmap pour développer les systèmes d’information de santé dans le pays. Cette stratégie en faveur des systèmes d’information de santé est menée en concomitance avec un grand programme de construction de centres de santé. La rencontre de ces deux initiatives dotées de budgets signifi- catifs pourrait aboutir à l’émergence de services d’e-santé de pointe dans le royaume. LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > Une approche fondée sur le développement d’applications simples et transposables dans d’autres contextes mais représentant une valeur ajoutée forte pour les patients comme pour les autorités > Une capacité de financement sans limite
    • 28 GRANDE-BRETAGNE Le temps du retour d’expérience Malgré des réussites comme le passage au numérique de sa filière radiologie, la Grande- Bretagne n’est pas parvenue à mener à bien son « National Program for IT ». Convaincus des bénéfices de l’e-santé, les pouvoirs publics tentent aujourd’hui de comprendre ces échecs et de repartir sur de nouvelles bases, en partenariat avec les acteurs privés. •Abandon en 2010 du « English National Program for IT » dont le budget initial était estimé à 15 milliards d’euros •3 millions de personnes atteintes de pathologies chroniques, cibles des projets d’e-santé L’échec relatif du « English National Program for IT », une opportunité de comprendre en creux les facteurs clés de succès d’un projet d’e-santé En 2005, la Grande-Bretagne affichait une ambition forte en matière de déploiement de services de télésanté avec le lancement du programme « English National Program for IT ». Doté d’un budget de près de 15 milliards d’euros, ce programme avait pour objectif de créer un système d’information unique et centralisé utilisé par 30 000 médecins généralistes et 300 hôpitaux. Il prévoyait le déploiement de nombreux services tels qu’une messa- gerie électronique universelle et sécurisée, un système de prise de rendez-vous par internet ou encore un système de transmission électronique des prescriptions aux pharmacies. Face à des retards et à des surcoûts importants, le projet de système d’information unique et centralisé pour tout le système de santé a été abandonné en 2010 et la stra- tégie en matière d’e-santé a été réorientée. Le périmètre comme la durée prévisionnelle du programme ont été jugés excessifs compte tenu de l’obsolescence rapide des solutions d’e-santé. La nécessité de mettre en œuvre des infrastructures respectant les standards technologiques mais pouvant facilement être adaptées s’est imposée comme une leçon majeure de l’échec du programme. Le National Health Service (NHS) prône désormais une « approche modulaire, permettant aux organisations du NHS d’introduire des changements à plus petite échelle, en adéquation avec leurs besoins et leurs capacités ». Certains projets prévus dans le cadre de la stratégie initiale ont cependant abouti et permis de déployer des solutions d’e-santé. Une relance des projets d’e-santé en partenariat avec des acteurs industriels Le Ministère de la Santé britannique évalue à au moins 3 millions le nombre de personnes souffrant d’affec- tions longue durée dont la prise en charge pourrait être améliorée par l’usage de la télésanté et de la télé- médecine. Cette évaluation est fondée sur les résultats de l’étude statistique « Whole System Demonstrator Programme », qui porte sur plus de 6 000 patients
    • 29 La numérisation de la filière radiologie avec le projet PACS (Picture archiving and communication system) > Le projet de PACS est une des réussites du programme d’introduction des technologies numériques dans le système national de santé en Angleterre (le National Programme for IT du NHS). En moins de 3 ans, le projet a permis le passage de la radiologie hospitalière vers la filière numérique. Le système PACS mis en place permet une gestion électronique centralisée des images médicales produites à partir de différents équipements (rayons X, IRM, scanners), grâce à des fonctions mutualisées de stockage, d’archivage et de communication. > La méthodologie de mise en œuvre du projet a été élaborée de manière à contrôler les coûts et à livrer des solutions interopérables entre elles. Un appel d’offre a été lancé afin de choisir un prestataire unique par zone géographique. Au sein de chaque zone, les établissements de santé se sont regroupés en réseaux locaux et ont dû établir des business cases précisant les gains attendus sur le plan financier comme sur le plan de la qualité des soins. > Compte tenu de l’impact potentiel de ce système sur les pratiques professionnelles (possibilité d’une consultation simultanée des images, recours facilité à un deuxième avis médical, réduction des délais), la gouvernance du projet a étroitement associé les professionnels de santé. Le NHS s’est appuyé sur un collège d’experts chargé de s’assurer que les spécifications des solutions développées n’apportaient que des modifications « justifiées » des pratiques professionnelles et prenaient en compte les protocoles médicaux applicables. FOCUS et 200 médecins libéraux et démontre que le recours à la télémédecine a contribué à réduire la mortalité et les admissions d’urgence. Partant de ce constat, le programme « 3 million lives » a été lancé en 2012. Il vise à promouvoir le développement de solutions de télésanté afin d’améliorer la vie de trois millions de patients chroniques, sans engendrer de coûts pour le système de santé. La nouvelle approche repose sur le constat que ni les pouvoirs publics, ni les industriels n’ont la capacité de déployer seuls la télésanté. Le programme promeut la mise en place de partenariats avec l’industrie, les acteurs sociaux et les professionnels de santé, pour soutenir le NHS dans le déploiement de solutions d’e-santé. La première étape du projet consiste à identifier LES FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS > La recherche du consensus autour de l’e-santé par une implication forte des professionnels de santé à tous les stades des projets > Une conception des services d’e-santé fondée sur l’analyse des besoins de la pratique médicale et des patients > Une modularité spatiale et temporelle des solutions et services proposés > Une approche fondée sur l’agilité et la réactivité dans un secteur marqué par un rythme d’innovation et d’obsolescence élevé > La recherche de partenariats avec les industriels pour développer le marché et l’usage des solutions d’e-santé Les chiffres clés Selon les évaluations du NHS, une économie de 21 millionsde livres aurait été réalisée dès la première année de fonctionnement des PACS (numérisation de la radiologie) les difficultés à dépasser pour créer un environnement économique propice au déploiement de la télémédecine. L’ensemble des problématiques est examiné : la gouvernance, les stratégies d’achat, la réglementation…
    • 30 •Le système de santé de Singapour est classé au 6e rang mondial par l’OMS •D’ici à 2030, 1 Singapourien sur 5 aura plus de 65 ans •D’ici à 2050, Singapour fera partie des pays les plus touchés par le vieillissement de sa population avec un âge moyen de 54 ans SINGAPOUR Innovation hospitalière et participation des patients Face à un vieillissement important de sa population, Singapour voit l’e-santé comme un moyen de continuer à répondre efficacement aux besoins de santé de ses habitants. Parallèlement à la construction d’hôpitaux de pointe, Singapour s’appuie sur le déploiement intensif des dossiers de santé électroniques. À l’heure de la construction d’hôpitaux innovants Singapour a mis en marche depuis plusieurs années la construction d’hôpitaux innovants, reconfigurant la prise en charge des patients. En témoigne la construction du « Farrer Park Hospital » qui doit ouvrir courant 2013, et qui réunit en un même espace un hôpital, un centre médical et un hôtel. Ce nouveau complexe a pour ambi- tion de profondément modifier la prise en charge des patients, en faisant appel à des technologies de pointe. Cet établissement va intégrer toutes les avancées qu’ont connues les technologies au service de la médecine et qui ont transformé la prise en charge des patients ces vingt dernières années. Par ailleurs, pour optimiser la prise en charge des patients, des formations seront proposées pour les patients et le personnel soignant. Enfin, le déploiement de solutions de téléconsultation est en cours afin de désengorger les hôpitaux face à la demande croissante liée au vieillissement de la population. Une élaboration participative des dossiers de santé électroniques Singapour déploie fortement depuis quelques années le dossier médical électronique, avec pour but de mettre en relation tous les hôpitaux et tous les professionnels de santé entre eux. La cité-État considère ce projet comme une étape nécessaire pour maintenir un système de santé rentable et de qualité. Un groupe de travail constitué de citoyens et de médecins travaille actuellement sur la manière dont les patients pour- ront accéder à leur dossier électronique et personnaliser leur portail d’accès. La réflexion sur l’usage de ce portail intégrera les évolutions rendues possibles par l’omnipré- sence des smartphones. Le gouvernement veut ainsi inciter la population à être plus responsable de sa santé, par exemple en contrôlant elle-même ses constantes médicales et en les transmettant aux professionnels de santé concernés. La question de la sécurisation de l’accès à ces dossiers électroniques est par ailleurs une question essentielle pour la cité-État, qui s’y emploie activement.
    • 31 Les facteurs clés de succès des projets internationaux : des pistes pour Paris Ile-de-France Gouvernance Coordonner les initiatives existantes, favoriser le partage d’expérience et les mutualisations • Canada • Israël Développer les synergies entre les acteurs publics et le secteur privé au travers de projets communs, de pôles de compétitivité… • Danemark Favoriser les partenariats entre des acteurs privés issus de différents secteurs (assurance, opérateurs télécom, industriels…) • Inde • États-Unis Mettre en place une gouvernance des projets d’e-santé agile et réactive, adaptée au rythme des évolutions du secteur • Grande-Bretagne Impliquer les patients : susciter l’adhésion des patients et créer une demande • États-Unis • Espagne Evaluer l’apport médico-économique des projets mis en place et diffuser les résultats de ces analyses • Canada • Espagne Métier Susciter l’adhésion des professionnels de santé : les intégrer très en amont des projets et les accompagner dans l’adoption des solutions (communiquer sur leurs bénéfices, accompagner dans leurs usages…) • Canada Intégrer directement les services d’e-santé dans les processus de prise en charge : concevoir des services d’e-santé fondés sur l’analyse des besoins des pratiques médicales et des patients • Danemark • Grande-Bretagne Créer des incitations financières à l’usage de l’e-santé pour rendre solvable la demande des acteurs de santé et créer les bases d’un déploiement à grande échelle • États-Unis • Japon Disposer d’outils de coordination et de partage des informations de santé des patients (ex : dossier médical électronique) • Canada • Danemark • Singapour • Espagne Modèle économique / Financement Définir des modèles économiques pérennes et adaptés aux différents types de solutions : impliquer les assurances privées, définir les modalités de prise en charge par les organismes de sécurité sociale… • Danemark • Japon Favoriser le développement de solutions d’e-santé à destination du grand public à prix modéré pour garantir un déploiement à grande échelle • Inde • Japon Inciter financièrement les industriels à investir dans l’e-santé en y consacrant des budgets importants de R&D • Japon • Israël Juridique / Réglementation / Régulation Définir les cadres et normes nécessaires au développement des usages • Danemark • Japon
    • 32 Portage politique Mener des actions communes entre les ministères dédiés à la santé, l’économie et l’industrie pour la promotion du secteur de l’e-santé • Japon Inscrire le développement de la télésanté dans des plans stratégiques globaux (relance de l’économie, réforme de la santé…) • Japon Afficher l’e-santé comme un levier d’amélioration des soins • Canada Technologie / Infrastructures techniques Investir dans des infrastructures techniques capables de soutenir le développement des usages de l’e-santé et garantissant la sécurité des données de santé • Danemark • Canada Garantir l’interopérabilité des solutions d’e-santé • Canada • Danemark Promouvoir des solutions et services capables de s’adapter aux besoins territoriaux et aux évolutions technologiques • Grande-Bretagne Promouvoir l’adoption et l’intégration des nouvelles technologies par la population pour un usage optimum • Inde • Danemark
    • 33 état des lieux Paris Ile-de-France et l’e-santé
    • 34 Un contexte français particulièrement favorable aux projets d’e-santé L’e-santé bénéficie aujourd’hui en France d’une dynamique favorable, avec la stabilisation de son cadre juridique (actes de télémédecine) et technique, la mobilisation des professionnels déjà existants du secteur, mais aussi sous l’effet d’un portage politique fort se traduisant notamment par des plans de financement nationaux. Elle représente un enjeu majeur compte tenu de l’importance des dépenses de santé (170 milliards d’euros en 2009 dont 18,2 % en Ile-de-France1 ). Des plans de financement nationaux • Plan Télémédecine (30 millions d'euros) • Programme « Investissements d’avenir » (total de 35 milliards d’euros dont 2,4 milliards pour la santé et les biotechnologies et 4,5 milliards pour l’économie numérique) • Programme Hôpital numérique (400 millions d’euros) • Programme « Territoire de Soins Numérique » (80 millions d’euros) Une impulsion politique • Création par décret en 2009 de l’ASIP Santé, Agence des Systèmes d’Information Partagés de Santé • Présentation des grandes lignes d’une stratégie pour l’e-santé par la Ministre de la Santé le 28/03/2013 avec les objectifs suivants : - accompagner les professionnels et les établissements de santé, - renforcer la coordination et la coopération des profes- sionnels dans le cadre du parcours de santé, - améliorer les services d’information fournis aux usagers et aux citoyens. Un cadre juridique qui se stabilise • Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) (07/2009) : - Définition juridique de la télémédecine - Inscription du Dossier Médical Personnalisé dans le code de la santé publique • Décret Télémédecine (2010) : - Définition des conditions et domaines d’application de la télémédecine Un cadre technique qui arrive à maturité • Disponibilité de technologies avancées • Cadre national opposable (cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé, CI-SIS) • Définition de normes et référentiels d’interopérabilité par l’ASIP Santé Une mobilisation des réseaux d’acteurs professionnels du secteur • Association Nationale de Télémédecine • SNITEM, Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales • LESISS, Fédération Les Entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux • GIXEL, Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques • CATEL, Réseau Français de compétences en télésanté • SYNTEC Numérique, Chambre professionnelle des SSII, des Editeurs de Logiciels et des sociétés de Conseil en Technologies • FEIMA, Fédération des Editeurs d’Information Médicale et paramédicale Ambulatoire • UNR Santé, Union Nationale des Réseaux de Santé • Ordres professionnels 1 Selon l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France
    • 35 Paris Ile-de-France, territoire d’expérimentation et d’innovation Des projets de télémédecine qui améliorent la prise en charge médicale des franciliens Paris Ile-de-France est particulièrement dynamique en matière de télémédecine avec 36 réseaux de téléméde- cine recensés en 2011, dont 26 déclarés opérationnels. Ces projets, en ligne avec les priorités nationales en matière de télémédecine, répondent notamment au besoin du suivi des maladies chroniques (18 projets) et aux problématiques de maintien à domicile des personnes âgées (10 projets). Parmi les projets les plus emblématiques, le réseau de téléexpertise TELENEURO met en liaison les urgences neurologiques d’une centaine d’établissements avec les spécialistes des unités neurovasculaires de Paris Ile-de-France pour améliorer la prise en charge des AVC. Il permet le transfert de l’imagerie cérébrale du patient et la communication entre le malade, l’urgentiste et le neurologue. Opérationnel, ce réseau réalise 4 700 actes par an. Le réseau TELEGERIA porté par Cisco, constitué autour de deux hôpitaux pivots (l’Hôpital Européen Georges- Pompidou et l’Hôpital de Gonesse) et d’une trentaine d’EHPAD permet ainsi d’éviter des déplacements inutiles à des personnes âgées grâce à des téléconsultations. Une intégration concrète des systèmes d’information partagés par les acteurs de santé L’amélioration de la circulation de l’information entre les différents acteurs de santé grâce à des systèmes d’information partagés mobilise aujourd’hui plus de trente projets dans Paris Ile-de-France. Le projet « Région sans film » mené en partenariat avec un groupement industriel (Orange, GE Healthcare) a ainsi permis de numériser l’activité de radiologie, en offrant aux hôpitaux un service de partage et d’archivage de leurs données d’imagerie grâce à des technologies innovantes du cloud computing.
    • 36 Les atouts de Paris Ile-de-France pour développer l’e-santé Une expertise majeure en médecine et dans le domaine des sciences du vivant Le territoire francilien bénéficie d’un réseau hospitalier très dense, d’établissements de pointe, et dispose avec l’AP-HP du plus grand centre hospitalier universitaire d’Europe. Ces hôpitaux sont en mesure de conduire un nombre non négligeable d’essais cliniques, faisant de Paris Ile-de-France l’un des territoires les plus avancés dans ce domaine. Parallèlement, la Région Capitale peut s’appuyer sur des établissements d’enseignement supé- rieur (universités et écoles) et des centres de recherche de pointe (CNRS, INSERM…) et tire ainsi profit d’une forte concentration de chercheurs (on compte près de 150 000 chercheurs tous domaines confondus dans Paris Ile-de-France).   Un territoire qui concentre des leaders mondiaux de l’industrie de la santé De nombreuses entreprises se développent dans la Région Capitale, créant ainsi un pôle important dédié aux sciences du vivant. À côté d’une filière pharmaceutique de renommée mondiale avec l’implantation de grands groupes internationaux, le territoire peut faire valoir un réseau dense d’acteurs économiques dans les secteurs des biotechnologies ou des dispositifs médicaux. Un vivier de PME innovantes qui dynamise le secteur émergent de l’e-santé 370 PME interviennent à Paris Ile-de-France dans le secteur de l’innovation en santé. Grâce à leur flexibilité et à leur haut degré de spécialisation, ces entreprises représentent un vivier d’innovations important. Ces sociétés ont notamment développé des dispositifs d’aide au maintien à domicile des personnes âgées, des applications de mobile-health, des serious games stimu- lant par exemple la mémoire des patients atteints de la maladie d’Alzheimer…
    • 37 Une mobilisation des décideurs publics en faveur de l’e-santé Le développement des systèmes d’information de santé est affiché par l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France comme l’un des moyens de répondre aux enjeux médicaux du territoire francilien. A travers son Programme Régional de Télémédecine, l’ARS contribue à fixer le cap du développement de l’e- santé dans la Région Capitale. Son action vise également à développer les infrastructures nécessaires et à mettre en cohérence les différentes initiatives existantes sur le territoire. Créé en 2008, le GCS D-SISIF (Groupement de Coopération Sanitaire pour le Développement des Systèmes d’Information partagés en Santé en Ile-de- France) est la maîtrise d’ouvrage opérationnelle, déléguée par l’ARS, d’une grande partie des projets franciliens dans le domaine de l’e-santé. Dans le cadre des missions qui lui sont confiées, le GCS dispose d’une expertise qui lui permet d’accompagner les établissements dans des projets de systèmes d’information partagés en favorisant l’interopérabilité et la mutualisation.   Des pôles de compétitivité qui s’unissent pour faire émerger des innovations majeures La mobilisation des acteurs publics s’est également traduite par la création d’un pôle de compétitivité dédié aux technologies de santé. Medicen Paris Region a pour objectif de renforcer la compétitivité et l’attractivité de la filière des hautes technologies de santé du territoire francilien. Le pôle rassemble autour de cet objectif plus de 200 membres issus des entreprises du secteur, des institutions académiques de recherche publique et d’enseignement supérieur et des collectivités territoriales. Son action vise à créer des partenariats et a fortiori des synergies afin de faciliter l’innovation et son intégration auprès du secteur industriel et des patients. Compte tenu des liens entre l’e-santé, le numérique et les systèmes complexes, un espace de coordination a été mis en place entre Medicen et les pôles Cap Digital (dédié au numérique) et Systematic Paris Région (dédié à la promotion des systèmes complexes : TIC&Santé). La mise en place d’un comité de liaison interpôles permet d’utiliser les compétences des trois pôles de compétitivité et de les associer pour élaborer de nouvelles solutions et techniques innovantes.
    • 38 Quelques solutions et services innovants développés par des PME franciliennes Sympad de Médecin Direct Le projet SYMPAD repose sur un dispositif de télésur- veillance d’indicateurs biologiques en pharmacie. Le pharmacien propose à des patients atteints de mala- dies chroniques des dispositifs de mesure de leurs constantes. Les mesures sont collectées en pharmacie et transférées pour analyse à un plateforme médicale. Des recommandations sont adressées aux patients en cas de problème constaté. Edao de Link Care Services EDAO est un service de vidéo-vigilance adapté aux personnes en perte d’autonomie à domicile ou en établissement. Le système détecte automatiquement certaines situations à risque grâce à un logiciel d’ana- lyse comportementale qui reçoit l’information d’une ou plusieurs caméras. En cas de risque détecté par le logi- ciel (une chute par exemple) et uniquement dans ce cas, les images obtenues sont visionnées et une alarme peut être déclenchée. Le bracelet d’autonomie BlueGard de Blue Linea Le bracelet, destiné notamment aux personnes âgées vulnérables, déclenche une alerte vers une plateforme d’assistance lorsque son porteur s’éloigne d’une zone de vie élargie définie. Des systèmes de géolocalisa- tion et d’alerte auprès des référents peuvent alors être déclenchés.
    • 39 Quelques projets de grande envergure déployés sur le territoire francilien Diabéo • Objectif : Développer un outil de télémédecine pour apporter, à distance (i.e. par smartphone), un soutien régulier aux diabétiques contraints de s’injecter des doses d’insuline • Portage : ARS Ile-de-France, CERITD (Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète ) • Partenaires industriels : Voluntis, Sanofi Hôpital virtuel d’entraînement • Objectif : Construire un hôpital virtuel d’entraînement destiné à la formation initiale, spécialisée et continue des professionnels de santé • Portage : iLumens (Laboratoire médical d’enseignement numérique), Université Paris Descartes, Assistance Publique - Hôpitaux de Paris • Partenaires industriels : Dassault Systèmes, Société Générale, General Electric, Dräger medical… Région sans film  • Objectif : Mettre en place une plateforme de dématérialisation et de partage d’imagerie médicale pour les établissements de santé de Paris Ile-de-France • Portage : ARS Ile-de-France, GCS D-Sisif • Partenaires industriels : Orange, GE Healthcare Ophdiat • Objectif : Améliorer le dépistage de la rétinopathie diabétique grâce à l’inter- prétation à distance de photographies numériques du fond d’œil des patients • Portage : AP-HP, ARS Ile-de-France Picado • Objectif : expérimenter puis déployer une plateforme polyvalente de domo- médecine multi-pathologies (cancer, pathologies neuro-dégénératives, diabète), intégrant le maintien en autonomie et permettant une prise en charge personnalisée • Portage : Région Ile-de-France, Inserm, Oséo • Partenaires industriels : Altran, Axon Cable, Bluelinea...
    • Paris-Ile de France Capitale Economique est l’Association des grandes entreprises pour l’attractivité de Paris Ile-de-France. Plus de 20 ans d’expérience au bénéfice de l’attractivité de la Région Capitale Créée par la CCI Paris Ile-de-France, l’Association rassemble une centaine de grandes entreprises françaises et internationales, garantes de son indépendance. Paris-Ile de France Capitale Economique est « l’Ambassadeur économique » de la Région Capitale et la passerelle privilégiée entre le public et le privé. Une promotion ciblée auprès d’investisseurs du monde entier • Road-Shows (USA, Japon, Corée du Sud, Inde, Chine, Brésil, Oman, Bahreïn, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Qatar, Turquie, Russie et Europe) avec des acteurs économiques fran- çais et étrangers pour témoigner des atouts et des opportunités d’affaires dans la région capitale et valoriser leur savoir-faire. • Accueil de délégations étrangères à Paris (fonds de pensions, investisseurs privés et institutionnels, grands groupes fami- liaux, décideurs politiques) avec la participation active de nos membres et des pouvoirs publics. Des analyses comparatives sur l’attractivité des grandes métropoles du monde Études réalisées en exclusivité mondiale avec quelques-uns de nos membres qui sont devenues des : • références incontournables, • outils de promotion à l’étranger, • diagnostics réguliers sur les forces et faiblesses de Paris Ile-de-France, • forces de proposition vis-à-vis des pouvoirs publics. PwC développe en France des missions d’audit, d’expertise comptable et de conseil créatrices de valeur pour ses clients, en privilégiant des approches sectorielles. Plus de 180 000 personnes dans 158 pays à travers le réseau PwC partagent idées, exper- tises et perspectives innovantes au bénéfice de nos clients et partenaires. L’expérience unique de PwC dans le secteur de la santé à travers le monde Nos professionnels du secteur de la santé forment un réseau international, capital intellectuel construit sur la base de nos diverses expériences dans le secteur de la santé, qui conseille le secteur public et les entreprises et accompagne la résolution des problèmes les plus complexes. Accompagnant l’effort de modernisation du secteur de la santé, nos équipes partagent avec nos clients une vision ambitieuse : améliorer la performance en visant l’efficacité et la qualité du service rendu aux patients et aux usagers du système de santé. PwC, acteur de référence sur le sujet de l’innovation PwC dispose d’un réseau Innovation actif au niveau mondial. Ce réseau international de professionnels travaillant sur l’innovation nous offre une excellente vision des bonnes pratiques à travers le monde. Il est à l’initiative de publications telle que l’étude de janvier 2011 sur l’évolution de l’innovation dans le domaine de la technologie médicale, et d’une étude de fond sur les leviers de l’innovation : « Innovation et Performance, où en est votre R&D ? ». Cette implication dans l’innovation se traduit également par notre présence dans le jury du Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris (2010, 2011 et 2012). www.greater-paris-investment-agency.fr www.pwc.fr Chiara Corazza, Directeur Général Elisabeth Hachmanian, Associée en charge du conseil Santé Jean-Chistophe Saunière, Associé en charge du conseil Innovation SEITOSEI-Créditsphotos:©BSIP,Fotolia,iStock,DR