Mali massif des ifoguas musique

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Mali massif des ifoguas musique

  1. 1. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  2. 2. Le terrain : lAdrar des Ifoghas Lépicentre des combats se situe dans la vallée dAmetettai, zone du massif des Ifoghas, à la frontière avec lAlgérie. Le tout sétire sur un territoire dà peine 25 km sur 25 km, soit 625 km². Moins grand que Berlin. Lun des objectifs est dempêcher les jihadistes de sexfiltrer de ce périmètre, qui "certes se réduit" peu à peu, "mais représente quand même une superficierelativement importante", selon le ministère de la Défense. La base arrière de larmée est fixée à une cinquantaine de kilomètres au sud, à Tessalit, dont laéroport est contrôlé par larmée française.
  3. 3. Roches, sable et grottes rendent la traque des islamistes particulièrement ardue. "Seuls lessanctuaires du nord-est malien comme lAdrar des Ifoghas présentent pour les terroristes un théâtre favorable, expliquait Slate.fr en janvier. Il l’est toutefois moins que celui des montagnes afghanes (isolement, faibles ressources en eau, chaleur, tempêtes de sable, difficultés de ravitaillement), même s’ils sont accoutumés à ces conditions."
  4. 4. Les troupes : des militaires français et tchadiensLa progression des troupes françaises ettchadiennes est appuyée par des avions,des hélicoptères de combat, des mortiers et des canons dartillerie de 155 mmCaesar. Les 1 200 Français sur le terrain appartiennent aux forces spéciales, aux unités parachutistes et à la Légion. Ils coordonnent leur action avec 800 Tchadiens, qui "se battent avec des méthodes assez comparables à celles employées par les paramilitaires des groupes jihadistes", selon Pascal Le Pautremat, spécialiste des questions de défense. "
  5. 5. chargement-d-un-obus-de-155-mm-dans-le-canon-du-caesar
  6. 6. Signe que les choses sont bien plus compliquées quanticipé, la brigade Serval est en trainde recevoir des renforts en matériel, écrivait le blog spécialisé Le Mamouth vendredi. Deuxpièces Caesar vont rejoindre le même volume déjà envoyé dans lAdrar. Deux hélicoptères Tigre doivent rejoindre les cinq engins déjà mis en œuvre sur place."
  7. 7. Lennemi : des combattants "fanatisés" Combien de jihadistes se sont-ils repliés dans ce massif ? Difficile à dire avec précision, maisplus dune centaine dentre eux ont déjà été tués par les troupes françaises et tchadiennes depuis dix jours. "Nous avons face à nous un adversaire fanatisé qui défend fermement des positionssur lesquelles nous sommes obligés de donner lassaut pour les fouiller et les réduire, a expliqué un porte-parole de larmée, dimanche. Il faut fouiller méthodiquement la zone."
  8. 8. Interrogé sur ce que larmée ferait des jihadistes, François Hollande a répondu, fin janvier : "Lesdétruire. (...) Ces terroristes, sils veulent ne plus terroriser, ils peuvent abandonner leurs armes etquitter le territoire malien. (…) Pour le reste, si nous pouvons, nous ferons des prisonniers, (...), çapourra être utile." Pour lheure, les informations qui filtrent sur cette opération ne font pas mentionde capture mais de "neutralisation", euphémisme pour signifier que lun des jihadistes a été abattu.
  9. 9. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  10. 10. Selon létat-major, près dune quinzaine dateliers et de caches darmes ont été découverts depuis le début de lopération Panthère 4, qui a permis de récupérer quatre mortiers de 82 mm, environ 70roquettes de 122 mm, neuf sacs de 50 kg de produit explosif et trois bonbonnes dexplosif artisanal. Une dizaine de sites logistiques auraient été détruits, de même quune quinzaine de pick-up et un blindé BRDM-2 qui avait été volé à larmée malienne. Commentaire /Ariane Nicolas dans la fournaise des Ifoghas, la traque d’un ennemi invisible
  11. 11. Ceux qui ont eu loccasion de sy rendre saccordent sur un point : lAdrar de Tigharghâr sembleavoir été spécialement créé par le dieu des rébellions pour abriter des combattants en guerrecontre des forces conventionnelles. Dans le massif rocheux, il coule une eau abondante, qui faitpousser une végétation épaisse, des avantages déjà précieux dans cette région de soif etdaridité où boire et se cacher sont une affaire de vie ou de mort.De plus, des rochers y ont judicieusement été creusés par la nature pour fournir de nombreuxabris. Historiquement, lAdrar de Tigharghâr a été un lieu de refuge pour les rébellions touaregcombattant larmée malienne ou la puissance coloniale, la France. Aujourdhui, cest dans cemassif que se livre une phase cruciale de lopération militaire française en cours contre lesrebelles islamistes alliés dAl-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).RÉORGANISATION PARTIELLE DES REBELLESLa première partie de lintervention française au Mali avait été un défi de logistique et de vitesse,une opération de mouvement de plusieurs semaines pour bousculer les alliés dAQMI à traversle pays, jusquau fleuve Niger et aux villes principales qui se trouvent sur ses berges, deTombouctou à Gao. Les combats dans cette période ont été marginaux. Les rebelles évitaientlaffrontement, abandonnant les villes après avoir subi des frappes aériennes. Une partie deshommes du Mujao (Mouvement pour lunicité et le djihad en Afrique de lOuest), dAnsar Eddine(mouvement qui a éclaté depuis) et de certains de leurs alliés dAQMI se sont donc dispersésdans plusieurs zones du nord Mali, passant pour certains dans les pays voisins, tout ensefforçant déchapper à la surveillance aérienne.
  12. 12. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  13. 13. ÉCHAPPER AUX DÉTECTIONS THERMIQUESComment combattre efficacement des groupuscules en mouvement presque permanent, camouflés dans le paysage, évitant de communiquer autrement que par messagers, de se regrouper pour servir de cible ou de faire chauffer trop de moteurs à la fois pour échapper aux détections thermiques ? Ces tactiques pesaient jusquà présent sur le futur de lopération française Serval,menacée de dilution à léchelle dun territoire plus vaste que lHexagone. Mais lAdrar de Tigharghâra peut-être servi de capitale informelle à cette armée des ombres islamistes. Cest là que se joue la seconde phase, cruciale, de la guerre au Mali, menée par des troupes françaises et tchadiennes, avec laide de certains Touareg.
  14. 14. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  15. 15. Pour Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg du MNLA, (Mouvement national de libérationde lAzawad), associée discrètement à lalliance franco-tchadienne qui mène les combats dansle massif : "Il y a de nombreuses zones où se trouve AQMI, jusquà louest de Tombouctou, maisTigharghâr, cest leur point dancrage. Cest là que se trouve le gros de leurs forces, humainescomme matérielles. Le combat en cours y est dune importance capitale."
  16. 16. PLATEFORME POUR DES OPÉRATIONS KAMIKAZESDes combattants semblent avoir trouvé refuge dans le massif, où avaient été constitués des stocks de munitions, de vivres et de carburant en prévision dune longue période de guerre de harcèlement. La zone, considérée comme inexpugnable, aurait pu constituer une parfaite plateforme de lancementpour des opérations kamikazes ou des attaques éclairs dans le nord du pays. Les forces françaises y sont désormais en opération avec des moyens terrestres et aériens au sujet desquels il nexiste pratiquement aucune information. Pour faire nombre et bloquer les issues du massif, les alliés tchadiens sont là en renfort. Aucun soldat malien na été associé à lopération.
  17. 17. Un notable dAguelhok, de passage à Kidal, témoigne de limportance des opérations en cours : "Il y ales troupes françaises et tchadiennes au sol, mais aussi beaucoup de frappes de Tigre ". Il explique queles forces tchadiennes sont entrées par deux axes différents dans le massif, pour prendre en tenaille lesgroupes rebelles. La taille de la zone où ces derniers opèrent aurait ainsi été diminuée par deux au cours des deux dernières semaines. "Les opérations, maintenant, cest à peu près dans une zone de trente kilomètres sur trente", assure un responsable au sein des organes de sécurité du MNLA, très impliquédans ce dossier. Selon le notable dAguelhoc, deux camps dentraînement du Mujao ont été touchés par des frappes aériennes récemment. Plusieurs dizaines de recrues des environs de Gao y ont été tuées.
  18. 18. Dans les combats des derniers jours, les forces tchadiennes ont été au premier rang. Euxqui aiment tant les charges héroïques pied au plancher en milieu découvert, quilsappellent "la guerre au Sahara", menée à bord de leurs pick-up chargés jusquà la gueulede guerriers, de fûts dessence et de munitions, tirant au RPG à bout portant sur lennemi,les voici dans un milieu qui sest transformé en piège le 22 février. Sidi Mohammed agSaghid, dit "Trois Trois", chef de la sécurité du MNLA, explique : "Les Tchadiensavançaient avec une grosse colonne de 200 véhicules environ. Ils sont tombés dans uneembuscade et la colonne a été coupée en deux. Mais ensuite, ils ont lancé leur propreattaque et ils ont durement frappé les islamistes
  19. 19. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  20. 20. Dans lAdrar de Tighargâr, le renseignement joue un rôle clef. Les frappes aériennes françaisesvisent des dépôts, des abris ou des camps grâce à des informations précises recueillies au sol.Il y a quelques jours, un jeune garçon dAguelhok, la ville la plus proche, qui posait desdispositifs de pointage pour les frappes aériennes françaises, a été surpris par les rebellesislamistes et exécuté, selon le responsable de ladministration locale qui dit sa crainte enentendant les détonations sourdes dans le massif voisin, tout en reconnaissant que les tirs"séloignent". Tigharghâr est-il en train de constituer une nasse rocheuse, finalement, où seraitenfermé le plus gros des forces rebelles islamistes ? Aucun témoin extérieur na pu approcherde la zone pour sen rendre compte. Cette bataille cruciale se livre loin des regards.
  21. 21. Massif des Ifoguas, Teraghart Photo J.Dupuis
  22. 22. EXFLITRATION On ne peut donc québaucher lhypothèse quun tri est en train de seffectuer entre les mieux organisés des combattants, capables de se faufiler vers lextérieur, et les recrues moins affûtées.Une source locale bien informée, qui vient de passer quelques jours en brousse dans les abords delAdrar, témoigne : "La nuit, on entend des petits groupes de trois à cinq pick-up qui avancent, tous feux éteints, pour sortir des rochers et prendre la direction de lAlgérie ou de Taoudenni". Il existe des zones rebelles près de Gao, près dAnsongo. Mais pour les forces qui quittent Tighargâr, cest vers les zones arides du nord, où la chaleur qui monte de jour en jour rendra bientôt la vie et les opérations militaires particulièrement difficiles, quil est possible à descombattants isolés de sexfiltrer. Cela revient pour eux à gagner des zones encore plus lointainespour survivre. Cela ne règle pas le cas dautres poches rebelles au Mali, mais cela pourrait casser une partie de larchitecture de la guérilla au nord Mali. Jean-Philippe Rémy - Kidal (Mali) Envoyé spécial
  23. 23. Pour la plupart des photos crédit ECPAD Sirpa Air Sirpa Terre REUTERSCommentaire /Ariane Nicolas AFP / Kenzo Tribouillard

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