MALI : OPERATION « SERVAL »► Boubacar, enfant, esclave et soldat du Djihad…« Après la piqûre, tu ne peux plus t’empêcher d...
Le lundi 14 janvier à l’aube, 400 hommes et 47 pick-up s’infiltrent dans la ville et balaient lagarnison malienne en moins...
► Lacte 2 de la guerre…L’affaire n’a pas été ébruitée. Nous sommes le 26 janvier, au cœur de la nuit, il est quatreheures ...
Le 10 février, enfin, la ville de Gao connaît de véritables scènes de guérilla urbaine. Unkamikaze se fait sauter à un pos...
De son côté, le GAAO a procédé à la construction de blocs sanitaires au profit du détachementAir à Bamako. Outre sa capaci...
► Les commandos parachutistes de l’air du CPA 20 au cœur du GTIA 1…Depuis leur départ de Bamako le 24 janvier 2012, les ho...
un pilote de chasse et 10 commandos parachutistes de l’Air. Ces hommes ont armé deuxstructures, une équipe de contrôle tac...
Immédiatement, les éléments pris à partie ont été appuyés par un renfort au sol et par lapatrouille blindée qui a riposté ...
► In memoriam : décès du sergent-chef Harold Vormezeele…Né le 24 juillet 1979 en Belgique, le sergent-chef Harold VORMEZEE...
► Point de situation (14/02 18h au 18/02 18h)…Les opérations aériennes se sont poursuivies en particulier dans la région d...
Enfin, le 18 février 2013, le Conseil de l’Union Européenne a officiellement lancé la missionEUTM MALI visant à apporter u...
Les avions de patrouille maritime Atlantique 2, dont le bleu-gris du fuselage estcaractéristique, réalisent dans le cadre ...
► VBCI : véhicule blindé de combat de linfanterie…Cet engin, dont léquipage est de deux hommes (le pilote et le chef dengi...
Vue de lemplacement du chef denginLa rampe est baissée : léquipage accède à son emplacement dans lengin en passant par lar...
Le pilote peut diriger lengin « tête haute » en temps de paix. En ambiance dinsécurité il abaisse la trappeet pilote « têt...
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  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Boubacar, enfant, esclave et soldat du Djihad…« Après la piqûre, tu ne peux plus t’empêcher de courir comme un fou »…Enrôlé de force, terrorisé, drogué, il a servi, comme ses camarades d’école coranique, de chairà canon aux combattants islamistes. Il garde la tête baissée, les yeux vers le sol, crache parterre et demande à boire. Boubacar a toujours soif. Il a quinze ans à peine, les yeux brillants, lecorps flottant dans un boubou grenat qui exhale une odeur forte de brousse, les pieds dansdes sandales de plastique. Quand on l’extrait de sa cellule, une pièce de ciment meublée d’unseau débordant de merde, il tripote un mégot coincé derrière son oreille, crache, demandeencore à boire et une cigarette. Boubacar est en manque. Il a six ans quand ses parents, troppauvres pour élever sept enfants, le confient à l’école coranique de Haïbongo, à vingt et unkilomètres de Tombouctou. Le père est épicier et marabout, marchand de cigarettes etd’arachides ; la mère vend du lait de vache.À l’école coranique, Boubacar passe ses journées à ânonner les sourates du coran et à servirle maître, un religieux autoritaire et avide, qui répète à ses vingt quatre élèves qu’ils iront enenfer s’ils ne sont pas obéissants. Un jour, les islamistes viennent à l’école et ils repartentavec tous les gamins. Le maître les a vendus. Leur nouveau chef s’appelle Mohamed DjibrilouSidi Bey, venu de Libye ou d’Algérie, un homme « toujours armé, grand, gros, très méchant, àla peau plus claire que moi », dit Boubacar, « un barbu qui parle arabe, peul, sonraï etfrançais ». Sans le savoir, Boubacar vient d’être enrôlé par la branche de Tombouctou d’AnsarDine, en marche pour la guerre sainte. Boubacar est envoyé à Douentza, dans un campmilitaire, où il est formé au maniement de la « 47 », en clair, l’AK 47, le fusil d’assaut préférédes islamistes. Pendant deux semaines, le gamin de treize ans à peine, court, saute, sue, tire,manoeuvre puis devient cuisinier, sert ses maîtres et leur porte une bassine d’eau, cinq foispar jour, à l’heure des ablutions pour la prière.Chaque jour, le chef leur répète que la religion est tout, qu’il faut mourir en martyr pour entrerau paradis des vrais croyants...« il parlait bien, c’était beau ! ». Oublier une sourate ou la récitermal est un péché. Et Boubacar, défaillant, recevra le fouet, sous forme de cinq coups decourroie de moteur de voiture. Dans le camp, un Burkinabé de vingt et un ans, Omar Sanga, estparticulièrement indiscipliné. L’ancien forgeron se cache pour fumer dans la brousse et sort encachette en ville le soir. Après une nouvelle incartade, son chef décide de punir le mécréant :« il l’a égorgé ». Désormais, Boubacar et ses camarades de l’école coranique vivent dans laterreur. Il y a un an, quand l’insurrection éclate, Mohamed les réunit pour leur annoncer quel’heure du Djihad est enfin arrivée et que Dieu, dans son immense bonté, leur offrait enfinl’occasion de mourir en martyr. Le chef menace, personne ne doit faiblir au combat. Sinon... ettous les combattants pensent à Omar Sanga. En quelques semaines, les villes du Nordtombent l’une après l’autre. Tombouctou est aux mains d’Aqmi et d’Ansar Dine. Et endécembre dernier, la Katiba (compagnie ou section) déménage pour s’installer du côté de Diabali.Début janvier, Boubacar apprend que des bombes françaises ont frappé Konna. Sa belle-sœurest morte au cours du raid. Son père, lui, a fui avec sa famille vers Bamako. L’épicier, qui avaitle malheur de savoir parler français et vendait le tabac du diable, était devenu suspect auxyeux de la police islamique. Le déplacement de la Katiba à Dougala, petit village près deDiabali, se fait par petits groupes pour ne pas éveiller l’attention. D’abord quatre pick-up et deshommes armés de simple coupe-coupe, puis d’autres colonnes chargées d’armes lourdes : lesdjihadistes se préparent à l’attaque de Diabali.
  2. 2. Le lundi 14 janvier à l’aube, 400 hommes et 47 pick-up s’infiltrent dans la ville et balaient lagarnison malienne en moins de trois heures. L’attaque est menée par Ousmane Haïdara, « unancien colonel de l’armée malienne, dit Boubacar, il connaissait bien Diabali parce qu’il avaitété commandant de la garnison de la ville ».Boubacar fait partie de la deuxième vague, celle du lendemain matin. Déjà, les hélicoptèresfrançais tournent et les avions larguent des bombes de 250 kilos... « Nous avions tous trèspeur », dit Boubacar. Le bruit et les morts ! Le gosse crache par terre et demande à boire, « leciel et la terre, tout tremblait ». Boubacar cherche ses camarades d’école, divisés en deuxgroupes de douze. Le premier pour l’assaut, le second en appui. Dans le premier groupe, septcompagnons sont morts. Il relève la tête et crie leurs noms : « Soumaïla Barry, Adama Yori,Samba Touré, Djibrilou Barry, Affo Barry, - « mon cousin » -, Boubacar Sidi Bey et SamboTraouré...Tous morts ». Les assaillants prennent le temps d’en enterrer un, « derrière lecimetière, sous les manguiers ». Et les autres ? Boubacar enlève une sandale et la tient dans lamain : « C’est tout ce qu’on retrouvé d’eux... après les bombes des avions ». Le soir, lescombattants s’installent au cœur de la ville, dans l’école catholique « Espoir de demain », prèsde l’église qu’ils ont saccagée. Comme toujours avant les combats, on leur sert de la viandemélangée à une poudre blanche : « Après, tu as le corps qui devient dur comme du fer. Tu nesens plus la douleur. Et tu gardes les yeux très ouverts. Sans pouvoir dormir ». Cocaïne. Leshommes du camp reniflent aussi la poudre magique. Mohamed Djibrilou le chef traite aussi les« cas particuliers », comme Boubacar, qu’il trouve « têtu », peu enclin à embrasser la mort. Legamin soulève ses manches sales, montre deux piqûres à son bras gauche, deux autres aubras droit et trois de plus sur les fesses, résultat des injections imposées par le chef deKatiba : « Après la piqûre, tu ne peux plus t’empêcher de courir comme un fou », dit Boubacar.Plus les avions frappent, plus le chef multiplie les injections. À la dernière, Boubacars’effondre, dans le coma.Quand il se réveille, tout est étrangement calme. Boubacar a très soif et n’a plus la force debouger. La femme du gardien de l’école, tué dans les bombardements, lui donne à boire et àmanger. Il reste là cinq jours, à dormir et à délirer. Puis parvient à se lever. Dehors, la ville estdéserte. Les djihadistes ont fait retraite. Boubacar décide de partir à pied vers Bamako,rejoindre ses parents, à cinq cents kilomètres de là. Sur la route en direction de Niono, lesforces lui manquent. Il fait demi-tour et se fait arrêter par les premiers militaire maliens :« J’étais content. Ils ne m’ont pas tué ». Depuis sa cellule répugnante de la gendarmerie deSégou, Boubacar a entendu la suite, les villes qui tombent les unes après les autres et lesislamistes abandonnés de Dieu qui fuient dans le désert. Les colonnes djihadistes n’ont pasfait le poids devant une armée moderne. Les hélicoptères d’assaut, les avions munis debombes guidées au sol par les forces spéciales françaises ont pulvérisé les pick-up avec uneprécision diabolique. La première manche de la guerre classique est quasiment terminée, lesfoules libérées exultent en agitant les drapeaux français et malien, l’heure est à l’euphorie.Mais Boubacar se souvient comment son chef parlait du désert immense, des combattants quile parcourent, de la colère de Dieu qui frappera les impies, dans les dunes, sur les routes oumême dans les villes, portée par des martyrs, ceinture d’explosifs autour de la poitrine.Boubacar ne le comprenait pas, mais son chef ne faisait que leur expliquer les règles de laguerre asymétrique. Celle qui peut désormais commencer.Boubacar crache par terre, demande encore à boire et allume avec avidité la cigarette qu’onconsent enfin à lui offrir. Cette autre guerre se fera sans lui. Il sera bientôt jugé pour« participation à la rébellion » et ses gardiens lui ont dit qu’il resterait longtemps en prison.Pour l’heure, il a été rejoint par un codétenu, très jeune, un peu décevant comme nouveaucamarade, qui ne connaît pas son âge ni son nom, reste muet et passe ses journées à roulerdes yeux fous. Un combattant djihadiste arrêté lui aussi sur le front. Un enfant-soldat. Ungosse perdu à la guerre.(Source : Jean-Paul Mari – Grand reporter)
  3. 3. ► Lacte 2 de la guerre…L’affaire n’a pas été ébruitée. Nous sommes le 26 janvier, au cœur de la nuit, il est quatreheures du matin, la ville de Gao vient à peine de tomber. Une colonne d’une centaine devéhicules - 400 militaires Maliens, 100 Français - progresse, formant un convoi qui s’étire surdix kilomètres. À un kilomètre avant Gao, le premier véhicule blindé tombe dans un énormecratère de trois mètres de diamètre et d’un mètre cinquante de profondeur. Sous le choc, levéhicule est disloqué, deux soldats français sont blessés, nez cassé, bras fracturé, traumacrânien.Explication : la veille, les Forces spéciales se sont retrouvées face à un pick-up bourréd’explosifs conduit par deux kamikazes. Les Français ont ouvert le feu, le véhicule a explosé,les corps des deux islamistes « blastés », - disloqués par le souffle, gisent sur le bas-côté de laroute. Il fait très noir, une équipe télé, qui accompagne le convoi, ne peut pas faire d’images.D’autant qu’immédiatement, à la radio, on entend la consigne « attention ! Restriction presse ».Pas d’images, donc pas d’histoire. Le convoi reprend son chemin.Constat : il est double. Un, les Forces spéciales ont toujours été devant et elles savent tirer. Ons’en doutait. Deux, plus important, face aux frappes aériennes qui les laissaient impuissants,puis face aux troupes au sol, plus vulnérables, les djihadistes ont commencé très tôt à utiliserles armes qu’ils connaissent : kamikazes, voitures-piégées ou suicides, mines, accrochageséclairs, bref toute la panoplie des groupes islamistes armés. Depuis, les évènements qui sesont déroulés, toujours autour et dans Gao, confirment que « l’autre guerre », prévue,attendue, redoutée, logique et inévitable, a bel et bien commencé.Scènes de guérilla urbaineLe 6 février, une mine saute au passage d’un véhicule, toujours sur cette route entre Douentzaet Gao, - apparemment « truffée » de mines selon les témoignages - faisant quatre morts, deuxsoldats et deux civils. Déjà, le 31 janvier, une mine avait explosé sur la route, au passage d’unvéhicule militaire malien, tuant deux soldats. Autour de Gao, les premiers accrochagescommencent, avec tirs de kalachnikov et de lance-roquette antichar, le minimum de l’arsenalde tout bon djihadiste dans la région. Le 8 février, un homme à moto habillé en uniforme de lagendarmerie malienne se fait exploser devant un barrage de soldats. Un seul mort, le kamikazeet un soldat blessé. Par chance, l’obus que transportait le djihadiste sur sa moto n’a pasexplosé. Et deux jours après, on pouvait toujours voir la tête du kamikaze abandonnée sur lesol, un « homme à la peau claire », arabe ou touareg.
  4. 4. Le 10 février, enfin, la ville de Gao connaît de véritables scènes de guérilla urbaine. Unkamikaze se fait sauter à un poste de contrôle de l’armée malienne à l’entrée de la ville, pourouvrir la voie à un commando de plusieurs dizaines d’hommes qui s’infiltrent, prend lecontrôle - symbolique - de l’ancien centre de la police islamique. Les combats vont durer cinqheures. Et les islamistes sèment la panique dans tout le centre-ville. Des reporters décriventdes hommes en noir, ceinture de grenades autour de la taille, sautant de maison en maisondans les ruelles de la ville. Il faudra l’intervention des hélicoptères de l’armée française pourdéloger le commando et rétablir l’ordre dans une ville secouée, privée un temps d’électricité etinquiète de la possibilité de terroristes rescapés, infiltrés dans la cité et bénéficiant decomplicités pour attendre l’heure d’un nouveau mauvais coup.Des soldats maliens transportent des suspects à Gao, dans le nord du pays. (Julien Guyot - AFP)► Focus sur l’appui à l’implantation des composantes « Air »… ème èmeDès le début de l’opération « Serval », les militaires du 25 Régiment du Génie de l’Air (25RGA) et du Groupement Aérien d’Appui aux Opérations (GAAO) ont été déployés à Bamako,puis au fil de l’avancée des troupes françaises et maliennes, à Mopti, Sévaré, puis Gao. Leurmission : aménager les structures aéronautiques nécessaires pour le détachement Air. èmeLes hommes du 25 RGA et du GAAO sont chefs de travaux, conducteurs d’engins, maçons,électriciens ou encore menuisiers. Ils sont projetés sur un théâtre d’opération dès sonouverture lorsqu’il faut y déployer des zones de vie et de travail. Au Mali, les deux entités ontréalisé en synergie les aménagements nécessaires pour que les avions puissent se poser etles hommes s’installer. Le génie se consacre aux travaux d’infrastructures « horizontales » telsque la préparation des pistes de terrain. Le personnel du groupement aérien d’appui desopérations, constitué de spécialistes du bâtiment, des énergies ou du traitement de l’eau,prend en charge les infrastructures dites « verticales ».Ainsi, sur un chantier au profit de la base de Bamako, le génie de l’Air a récemment renforcé ledispositif de sécurité de l’entrée de l’aéroport militaire. L’objectif est d’éviter l’infiltration oul’attaque directe d’ennemis grâce à une infrastructure performante et un service de sécurité èmeinfaillible. Les éléments du 25 RGA, soutenus par des entreprises locales, ont rapidemententamé les travaux de terrassement de la zone qui sera constituée plus tard de bastions walls(système de fortification cellulaire modulaire) et d’un poste de sécurité.
  5. 5. De son côté, le GAAO a procédé à la construction de blocs sanitaires au profit du détachementAir à Bamako. Outre sa capacité à installer un camp pour 1 400 personnes et à baliser despistes de campagne, cette unité travaille au quotidien à l’amélioration des conditions de vie deson détachement et de la force en général. Les maçons ont dressé des blocs sanitaires quiserviront à l’armée Française puis à l’armée de l’Air malienne qui stationne sur cette base. Unmoyen de mettre à profit les compétences de l’unité et de les partager.Les élongations importantes de l’opération « Serval » sur le territoire malien ont nécessité èmel’intervention du 25 RGA et du GAAO dans plusieurs villes (Gao, Mopti…) avec une phase dereconnaissance d’expertise, puis une phase d’engagement des travaux. Dès le début desopérations, ils sont les garants des capacités de déploiement de la composante Air. Ilsparticipent à la manœuvre globale de l’opération en travaillant en étroite collaboration avec lesautres entités du théâtre et les forces locales.► Focus sur le détachement « chasse » de Bamako…Dès l’ouverture du théâtre malien, la composante Air a joué un rôle crucial avec l’appui aérienapporté par les mirages 2000D et F1 lors des opérations terrestres menées par les troupesfrançaises aux côtés des forces maliennes. Aux côtés des pilotes, les mécaniciens œuvrentjour et nuit pour que l’ensemble des aéronefs puissent remplir leurs missions.Actuellement, au détachement Air de Bamako (DETAIR), 6 mirages 2000D sont alignés, arméset prêts à décoller. Pour mener les missions programmées ou déclenchées sur alerte, les 10équipages et les 80 mécaniciens sont à pied d’œuvre 24h/24. Sous la chaleur écrasante d’unaprès-midi à Bamako, dans la zone militaire de l’aéroport, les mécaniciens du détachement« chasse » (DETCHASSE) s’affairent autour des deux mirages déclenchés pour une alerte.Après un briefing en salle d’opérations, les deux équipages rejoignent leurs avions, effectuentles dernières vérifications de l’appareil avant le vol. Quelques instants plus tard, la mise enroute, le roulage puis le décollage dans un bruit assourdissant, marquent le début de cettemission.Dès le retour des avions, les mécaniciens prennent en charge les appareils pour les préparer àleur prochaine mission. Les équipages regagnent la salle d’opérations pour débriefer cettemission et faire les comptes rendus à temps. Quelques heures plus tard, ce sera au tour d’unnouvel équipage. Initialement, l’engagement des mirages 2000D a permis d’arrêter laprogression des groupes terroristes vers le Sud du Mali. Désormais les interventionsaériennes menées dans la profondeur permettent, notamment, la destruction des basesarrières empêchant tout repli et toute réorganisation des groupes terroristes repoussés par lesunités au sol. Leur déploiement permet également l’acquisition du renseignement et ladéfinition de la situation tactique ainsi que l’appui des troupes au sol.
  6. 6. ► Les commandos parachutistes de l’air du CPA 20 au cœur du GTIA 1…Depuis leur départ de Bamako le 24 janvier 2012, les hommes du CPA 20 (commandosparachutistes de l’Air n° 20) de la base aérienne 102 de Dijon, insérés au sein du GTIA 1(Groupement Tactique Interarmes), coordonnent l’appui aérien au profit de leur unité et,assurent le marquage des zones de largage et des zones de posers sur l’aéroport deTombouctou.Le 24 janvier 2012, lorsque le GTIA 1 s’est élancé depuis Bamako pour un raid blindé surTombouctou de près de 1 000 kilomètres en 4 jours, 11 militaires de l’armée de l’Air lesaccompagnaient :
  7. 7. un pilote de chasse et 10 commandos parachutistes de l’Air. Ces hommes ont armé deuxstructures, une équipe de contrôle tactique air (CTA) et une équipe d’appui aérien (TACP -tactical air control party).L’équipe CTA, dirigée par un contrôleur tactique air, remplit deux missions. La première,consiste à coordonner les actions aéroterrestres dans la zone de responsabilité du GTIA. Ladeuxième, consiste à attribuer, en conduite, les moyens aériens déployés aux TACP et àcoordonner les actions de ceux-ci.Les TACP, ont la responsabilité de diriger les avions ou hélicoptères opérant dans leur zone(niveau tactique). Leurs missions consistent à faire comprendre aux équipes d’aéronefsarrivant dans la zone la situation tactique locale, à leur transmettre les éléments nécessairespour identifier les objectifs, à guider les munitions le cas échéant et à évaluer les résultats.Cette équipe, commandée par un contrôleur aérien avancé (FAC - forward air controler), estconstituée de spécialistes réalisant l’extraction de coordonnées, la désignation d’objectifs, lacommunication et l’autoprotection du détachement.Durant la progression du GTIA 1, les villes de Niono et Léré ont été rapidement libérées et le 27janvier la colonne a atteint l’aérodrome de Goundam. Après la réouverture de la piste, leshommes du CPA 20 ont guidé le poser d’un C160 Transall transportant des munitions et ducarburant pour le ravitaillement du groupement aéromobile (GAM) qui se préparait à prendre laville de Tombouctou. Dans la nuit du 27 au 28 janvier, le FAC du CTA a guidé les avions Rafale èmeet le drone Harfang qui ont appuyé l’opération aéroportée du 2 régiment étranger èmeparachutiste (2 REP) au nord de l’aéroport de Tombouctou. Ils ont également effectué lemarquage des zones pour le largage des véhicules et des munitions.Le 28 janvier, alors que l’aéroport est sous le contrôle des forces françaises et africaines, maisrendu indisponible par des obstacles, les hommes du CPA 20 ont à nouveau préparé des èmezones de largage permettant, dès le lendemain, aux sapeurs du 17 RGP (régiment du génieparachutiste) d’être parachutés avec leurs véhicules lourds (tractopelle et bulldozer). Une foisau sol, ils ont immédiatement entamé le rétablissement de la piste de l’aéroport.Le 31 janvier, le CPA 20 a assuré le premier poser d’un avion Hercules C130 de la composanteaérienne de l’opération « Serval » sur l’aéroport de Tombouctou. Depuis, le CTA assure lacoordination des mouvements de tous les avions de transport tactique (ATT) et d’assaut (ATA)de jour comme de nuit, permettant ainsi de maintenir une liaison avec les hommes du GTIA 1stationnés aux confins du Sahel.► Décès d’un soldat français…Le 19 février 2013, peu avant 11h00, des éléments français constitués d’une section decommandos parachutistes, renforcée d’un contrôleur aérien avancé et d’une patrouille blindéeen mission de reconnaissance dans le massif de l’Adrar à une cinquantaine de kilomètres ausud de Tessalit, ont été pris à partie par des groupes terroristes. Au cours de cette action, unsoldat français a été mortellement touché.
  8. 8. Immédiatement, les éléments pris à partie ont été appuyés par un renfort au sol et par lapatrouille blindée qui a riposté au canon de 105 mm. Simultanément, une patrouille dedeux Mirage 2000D, en mission d’appui au profit des troupes au sol dans la zone, estintervenue et a détruit deux nids de mitrailleuses lourdes. Une QRF du GAM s’est déployée surzone. Les échanges de tirs se sont poursuivis pendant plusieurs heures et ont permis de fixerune partie des éléments terroristes. La veille, près de 150 soldats français et maliens lançaientl’opération « Panthère » dans le massif de l’Adrar. Cette opération vise notamment àdésorganiser les groupes terroristes et à démanteler les sanctuaires terroristes. A cetteoccasion, deux importants dépôts de munitions ont été détruits par des frappes aériennesdans ce secteur. Cette action des forces françaises a permis de localiser des élémentsterroristes dans leur sanctuaire, de les poursuivre et de neutraliser plus d’une vingtaine d’entreeux. Le soldat français tué au cours de cette opération est un sous-officier du groupe de ème èmecommandos parachutistes du 2 Régiment étranger de parachutistes (2 REP) de Calvi.
  9. 9. ► In memoriam : décès du sergent-chef Harold Vormezeele…Né le 24 juillet 1979 en Belgique, le sergent-chef Harold VORMEZEELE aura servi la Francedurant près de 14 ans.A 19 ans, le 24 février 1999, il s’engage pour cinq ans à la légion étrangère en qualité d’engagé èmevolontaire. A l’issue de sa formation initiale au 4 régiment étranger de Castelnaudary, il ème èmeintègre le 22 juillet 1999 le 2 régiment étranger de parachutistes (2 REP) en qualité degrenadier voltigeur. A compter du 19 août 2000, il est amené, au sein du même régiment, àexercer les responsabilités d’opérateur radiographiste. Légionnaire sérieux et motivé, il serévèle compétent et efficace, se montrant particulièrement rigoureux dans l’exécution des ermissions confiées. Le 1 février 2002, il est élevé à la distinction de légionnaire de premièreclasse.Nommé au grade de caporal, énergique et déterminé, il se distingue par son remarquableinvestissement et son excellente condition physique. Manifestant un fort potentiel, il intègrealors la section des commandos parachutistes puis est naturellement orienté vers le corps des ersous-officiers et est nommé au grade de sergent le 1 juillet 2005. Il se perfectionne alors dansle domaine de la troisième dimension et obtient son brevet supérieur de technicien de l’arméede Terre (BSTAT). Son profond attachement à la France lui fait déposer un dossier de ernaturalisation qu’il obtient le 7 mai 2010. Il est promu au grade de sergent-chef le 1 juillet de lamême année.Faisant preuve depuis toujours d’un remarquable dévouement à son métier et d’unedisponibilité sans faille, le sergent-chef VORMEZEELE a effectué plusieurs missionsextérieures : la Bosnie-Herzégovine en 2000, le Gabon en 2001, Djibouti en 2001 et 2011, laNouvelle-Calédonie en 2003, la République de Côte d’Ivoire en 2006, la RépubliqueCentrafricaine en 2007 et l’Afghanistan en 2008, 2010 et 2011.Le 23 janvier 2013, dans le cadre du « Guépard », il est projeté en République de Côte d’Ivoire.Dans la nuit du 27 au 28 janvier, lors de l’opération « Serval », il saute en parachute avec sonunité sur la ville de Tombouctou au Mali. Commando parachutiste compétent etparticulièrement expérimenté, il se révèle une fois de plus à la hauteur dans cette situation decrise.Le 19 février, peu avant 11h00, des éléments français constitués d’une section de commandosparachutistes, renforcée d’un contrôleur aérien avancé et d’une patrouille blindée en missionde reconnaissance dans le massif de l’Adrar à une cinquantaine de Kms au sud de Tessalit,ont été pris à partie par des groupes terroristes. Au cours de cet accrochage, le sergent-chef eVORMEZEELE, sous-officier du groupe de commandos parachutistes du 2 REP de Calvi, a étémortellement touché. Il est le second soldat français à trouver la mort au combat depuis lelancement de l’opération « Serval » au Mali.Le sergent-chef VORMEZEELE était titulaire de quatre citations dont trois avec attribution de laCroix de la Valeur militaire et d’une avec attribution de la médaille d’or de la Défense nationale.Le sergent-chef VORMEZEELE était par ailleurs titulaire de la médaille commémorativefrançaise avec agrafes « ex-Yougoslavie » et « Afghanistan », de la médaille d’outre-mer avecagrafes « République de Côte d’Ivoire » et « République Centrafricaine », de la Croix ducombattant et de la médaille de la Défense nationale - échelon or.Agé de 33 ans, il a été tué dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.
  10. 10. ► Point de situation (14/02 18h au 18/02 18h)…Les opérations aériennes se sont poursuivies en particulier dans la région de Bourem avecprès de 85 sorties. Une quinzaine a été dédiée aux frappes aériennes et a permis la destruction,entre autres, de plusieurs dépôts de munitions des groupes terroristes. Un peu plus d’unetrentaine a été consacrée au transport stratégique de nos forces et nos matériels, et le reste ausoutien des opérations.Pour rappel, le dispositif Air de l’opération « Serval » comprend 6 Rafale, 6 Mirage 2000D, 2Mirage F1CR, 4 avions ravitailleurs, des drones Harfang, des C160, C130 et CN235 qui opèrentdepuis Bamako, Ndjamena, Niamey, Dakar ou encore Abidjan. Au sol, l’opération « Serval »poursuit sa phase de sécurisation tout en mettant en œuvre des opérations visant àdésorganiser les groupes terroristes. Ainsi, après la prise de Tessalit la semaine dernière, lessoldats français en soutien des forces armées maliennes et en collaboration avec les militairesnigériens des forces africaines ont atteint la ville de Bourem. èmeEntre le 14 et le 18 février, le GTIA 2 (92 RI), appuyé par le GAM et en soutien des FAM alancé un raid blindé à partir de Gao vers la ville d’Almoustarat au nord, avant de rejoindre larégion de Bourem plus au sud. La reconnaissance de cette zone a permis la fouille deplusieurs villages situés sur ces axes par les forces armées maliennes. Cette étroitecoordination a notamment permis la récupération puis la neutralisation de 3 BM21 et un canonlaissés par les groupes terroristes. Simultanément, des soldats français, maliens et nigériensont sécurisé l’accès à la ville de Gao, face au nord, afin d’éviter de nouvelles infiltrations maisaussi des exfiltrations des groupes terroristes depuis la région de Bourem.Le 16 février en début d’après-midi, l’ensemble des éléments s’est déployé à hauteur deBourem. Le GTIA 2 s’est déployé aux abords de la ville afin d’en sécuriser les accès alors queles forces armées maliennes ont repris le contrôle de la localité. Leur arrivée a été saluée par lapopulation. Près de 150 soldats maliens sont désormais installés dans la ville de Bourem. Le17 février 2013, les éléments ont repris leur progression en direction de Gao. A plusieursreprises des éléments ennemis ont été aperçus mais ils n’ont pas engagés le combat.Parallèlement, les forces africaines poursuivent leur montée en puissance avec désormaisprès de 5 250 soldats sur le sol Malien. Les contingents togolais, sénégalais, béninois,ghanéen et tchadiens ont vu leurs effectifs accroître ces derniers jours et devraient poursuivreleur déploiement sur le terrain.
  11. 11. Enfin, le 18 février 2013, le Conseil de l’Union Européenne a officiellement lancé la missionEUTM MALI visant à apporter un soutien à la formation et à la réorganisation des forcesarmées maliennes. Un élément précurseur, sous les ordres du colonel Heluin, est arrivé àBamako le 8 février et commencera à sacquitter des tâches dexpertise et de conseil dans lesjours qui viennent. Les instructeurs militaires devraient être déployés avant la fin du mois demars.NB : Le BM-21 Grad (russe : БМ-21 « Град ») est un camion soviétique lance-roquettes multiples de 122millimètres développé dans les années 1960. BM signifie Boyevaya mashina, « véhicule de combat », et lesurnom Grad signifie « grêle ». En Occident, le système était initialement connu sous le nom M1964.Selon les munitions et les versions, la portée de ces roquettes est de 5 à 45 km. Il comprend 40 tubes delancement de roquettes.► La traque des Atlantique 2…Sur l’ensemble des aéronefs engagés dans l’opération « Serval », plusieurs appartiennent à laMarine nationale. Ce sont les Atlantique 2 ou ATL2. Détour par Dakar où sont stationnés lesavions et le détachement de la flottille 23 F de Lorient.Samedi 16 février 2013, les soldats français de l’opération « Serval » se déploient à l’Est duMali pour une première mission de reconnaissance dans la région de Bourem. C’est lapremière fois que des éléments terrestres se rendent dans cette zone mais cette approche a puêtre minutieusement préparée par les reconnaissances effectuées par les ATL2.
  12. 12. Les avions de patrouille maritime Atlantique 2, dont le bleu-gris du fuselage estcaractéristique, réalisent dans le cadre de l’opération « Serval », des missions de surveillanceet de recherche de renseignement par l’observation et le recueil d’images. Par la multiplicité etla précision de ses capteurs, il permet également le guidage des avions de chasse. Cettecapacité avait déjà été éprouvée lors de l’opération « Harmattan » en Libye.Ces avions et leurs équipages ont été engagés dès le déclenchement de l’opération « Serval »pour appuyer l’action des troupes au sol, en particulier le déploiement rapide des sousgroupements tactiques interarmes de Bamako vers Tombouctou ou Gao, puis Kidal et Tessalit.Avec « Serval », « la patrouille maritime française a atteint son plus haut niveaud’engagement » a déclaré le chef du détachement 23F, capitaine de frégate Pierre.Près de 1 000 heures de vol ont été effectuées par le détachement ATL2 depuis leurengagement. Il a par ailleurs compté jusqu’à 8 équipages et 200 marins de la 23F de Lorient.Le détachement est stationné sur la Base Aérienne 160 « Colonel Geille » à Dakar, non loin duposte de commandement des Éléments français au Sénégal (EFS).► Le 92ème RI arrivé à Gao… ère èmeLe 16 février 2013, en début de soirée, les fantassins de la 1 compagnie du 92 régiment èmed’infanterie (92 RI) de Clermont-Ferrand sont arrivés à Gao.Partis de Bamako le 13 février, les « grognards de la Vieille Garde » ont gagné Gao : plus de ère1 200 km en 4 jours ! Ce convoi, formé des fantassins de la 1 compagnie et de leursvéhicules blindés de combat de l’infanterie (VBCI), comptait en tout 85 véhicules (enginsblindés et vecteurs logistiques). Chaleur accablante et fatigue étaient rapidement oubliées parles équipages à la traversée des villages. La population locale en liesse les accueillait sous lescris de joie et les applaudissements.À Gao, les « grognards » vont renforcer le groupement tactique interarmes (GTIA) n° 2Auvergne, placé sous le commandement du colonel Bert.
  13. 13. ► VBCI : véhicule blindé de combat de linfanterie…Cet engin, dont léquipage est de deux hommes (le pilote et le chef dengin-tireur) doitpermettre le transport dun groupe de combat avec la totalité de ses équipements (9 hommesdont le chef tactique) en lui assurant un niveau de protection significatif.La configuration générale de ce véhicule de combat de linfanterie (VBCI) et de seséquipements est adaptée à lengagement au sein dune force blindée. Le véhicule blindé decombat de linfanterie doit permettre le débarquement au plus près de lobjectif du groupe decombat et être en mesure de lui fournir un appui avec son armement de bord. Cest un véhiculeà roues 8x8. Il doit pouvoir être engagé, de nuit comme de jour, sous la menace des armesdinfanterie ou dartillerie, en ambiance NBC tout en assurant la capacité à durer au personnelembarqué. Pour ce-là, il est armé dune mitrailleuse 12,7 mm montée sur un tourelleautéléopéré et dun canon de 25 mm positionné sur une tourelle monoplace. Les différentesversions reposent sur une architecture commune organisée sur la base dune caisse enaluminium sur laquelle sont rapportées des plaques de sur-protection. Le poste de pilotage estsitué à lavant gauche. La motorisation est un dérivé de la gamme civile. Son autonomie estsupérieure à 750 kilomètres. La chaîne de transmission est du type en "I" avec des pontscentraux. La liaison sol est assurée par 8 roues motrices indépendantes dotées dun dispositifde variation de pression de gonflage (les 4 roues avant sont directrices) et de suspensions detype mixte (oléopneumatique et ressort).Caractéristiques numériques : hauteur : 3,22 m - longueur : 7,89 m - largeur : 2,98 m - masse :de 24 à 28 t (selon les versions et le niveau de protection retenu) - fossé : 2 m - marche : 0,7 m -diamètre de braquage : 22 m (entre trottoirs) et 17 m (entre murs à vitesse réduite).
  14. 14. Vue de lemplacement du chef denginLa rampe est baissée : léquipage accède à son emplacement dans lengin en passant par larrière.
  15. 15. Le pilote peut diriger lengin « tête haute » en temps de paix. En ambiance dinsécurité il abaisse la trappeet pilote « tête basse » à laide des épiscopes et des caméras vidéo. Le VBCI est conçu pour pouvoir évoluer aisément sur des terrains difficiles. Pression des pneumatiques indépendante et 8 roues motrices dont 4 directionnelles.

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