Operation serval 19

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Operation serval 19

  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Décès dun soldat français…Le 06 mars 2013, en début de matinée, un détachement de l’armée malienne a été pris à partiepar des groupes terroristes dans la région de Tin Keraten, au nord-est d’Imenas, à unecentaine de kilomètres de Gao.Immédiatement, les avions de chasse français sont intervenus au profit des troupes au sol etdes hélicoptères Tigre et Gazelle, du groupement aéromobile, ont été engagés sur zone. Aucours de cet accrochage un soldat français a été mortellement touché et quatre soldatsmaliens blessés. Très rapidement, le militaire français a été transporté vers l’antennechirurgicale avancée de Gao afin d’y être opéré. Il est malheureusement décédé des suites deses blessures quelques heures après. Les soldats maliens ont également été évacués par leshélicoptères belges sur l’ACA de Gao. Cette action a permis de neutraliser une dizaine deterroristes. Depuis les incidents du 21 et 22 février 2013 à Gao, les forces françaises,maliennes et africaines conduisent quotidiennement des opérations de fouilles et dereconnaissance dans cette région. Le week-end dernier, les forces françaises et maliennes sesont emparées du village d’Imenas et ont neutralisés près d’une quarantaine de terroristes. Lesopérations se poursuivaient dans cette zone. Le soldat français tué au cours de cette opérationest un brigadier-chef du 68ème régiment d’artillerie d’Afrique de La Valbonne. Il appartenait audétachement de liaison français inséré auprès du bataillon malien de la zone. Il est lequatrième soldat français à mourir au combat depuis le lancement de l’opération « Serval ».
  2. 2. ► Décès du brigadier-chef de 1ère classe Wilfried Pingaud du 68ème RAA…Né le 23 novembre 1976, le brigadier-chef de première classe Wilfried Pingaud aura servi laFrance durant près de 18 ans. A 18 ans, le 4 avril 1995, il signe un contrat d’engagé volontairede l’armée de Terre pour cinq ans au titre du 68 ème régiment d’artillerie d’Afrique (68ème RAA). Al’issue de sa formation initiale, il rejoint la 2 ème batterie du 68ème RAA en tant que servantartillerie. Il se distingue alors immédiatement par son goût de l’effort et fait preuve de bellesqualités humaines. Le 13 juillet de la même année, il obtient brillamment le certificat techniqueélémentaire (CTE) spécialité « mortier lourd » avant d’être élevé le 1er décembre 1995 à ladistinction de 1re classe. Désigné pour partir en mission de courte durée à Mayotte de février àjuin 1996, il obtient durant son séjour le certificat technique élémentaire spécialité « Choc etFeu », démontrant par la même occasion un excellent état d’esprit et de très bonnes aptitudesmilitaires.En avril 1997, il rejoint avec sa batterie la République Centrafricaine comme conducteur poidslourd au sein de l’équipe munitions. De retour au régiment après quatre mois de mission, sesétats de services sont récompensés par une promotion au grade de brigadier le 1 er décembre1998. Polyvalent, soucieux d’élargir ses compétences, il sert alors comme cuisinier au sein dela 2ème batterie puis rejoint la 11ème batterie et le cercle mess le 1 er février 1999. Le 17 mars 1999,il réussit avec brio le certificat technique élémentaire spécialité « restauration collective ».Faisant preuve d’une très grande disponibilité et d’une remarquable ardeur au travail, il devientrapidement un adjoint de valeur du chef de cuisine. En séjour en Polynésie de février à mai2000, il est un exemple pour les plus jeunes et démontre de grandes capacités d’initiative. Sesbelles qualités militaires et techniques lui valent la promotion au grade de brigadier-chef le 1 eroctobre 2000 et, le 1er novembre de la même année, il est déclaré titulaire du certificatd’aptitude technique du premier degré « Mortier lourd ».De septembre à novembre 2002, il effectue un séjour en Afghanistan au titre de l’opération« Pamir » – mandat « Epidote » comme aide moniteur à l’instruction de l’armée nationaleafghane (ANA) ; il s’investit sans compter dans sa mission et obtient d’excellents résultats,mettant à profit ses connaissances étendues en artillerie. Son travail est unanimement reconnuet récompensé par l’attribution du certificat d’aptitude technique du 2 ème degré spécialité« pointeur mortier », le 31 décembre 2002. De retour en régiment, il occupe le poste deconducteur poids lourd et magasinier et est promu au grade de brigadier-chef de 1 ère classe le4 avril 2006.Le 1er janvier 2009, il rejoint le groupement de soutien de la base de défense (GSBdD) de LaValbonne nouvellement créé, où il exerce la fonction de permanent du bureau « tir ».Exemplaire en toutes circonstances, doté d’une excellente condition physique, il donne entièresatisfaction. Le 1er septembre 2011, avec le transfert du bureau « tir » du camp de La Valbonne,il est de nouveau affecté au 68ème régiment d’artillerie d’Afrique.Le 21 janvier 2013, il est projeté dans le cadre de l’opération « Serval », au Mali, en tantqu’adjoint pupitreur « Atlas ». Le 6 mars 2013, en début de matinée, un détachement de l’arméemalienne conduisant des opérations de fouilles et de reconnaissance a été pris à partie par desgroupes terroristes dans la région de Tin Keraten, au nord-est d’Imenas, à une centaine dekilomètres de Gao. Au cours de cet accrochage, le brigadier-chef Pingaud, inséré auprès dubataillon malien, a été mortellement touché. Transporté vers l’antenne chirurgicale avancée deGao afin d’y être opéré, il est malheureusement décédé des suites de ses blessures quelquesheures après. Il est le quatrième soldat français à mourir au combat depuis le lancement del’opération « Serval ».Le brigadier-chef de première classe Wilfried Pingaud était titulaire de la médaille d’or de laDéfense nationale, de la médaille commémorative française avec agrafe « Afghanistan » et dela médaille d’outre-mer avec agrafes « République du Congo » et « RépubliqueCentrafricaine ».Agé de 36 ans, le brigadier-chef de première classe Wilfried Pingaud était marié et père dedeux enfants. Il a été tué dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.
  3. 3. Le 68ème régiment dartillerie dAfrique …Le 68ème régiment d’artillerie d’Afrique (68ème RAA) est le régiment d’appui polyvalent de la 3 ème brigademécanisée (3ème BM) installée à Clermont-Ferrand.À la convergence des traditions et de la modernité, le 68ème RAA est l’héritier des régiments d’artilleried’Afrique. Il est le dépositaire du patrimoine de ces régiments aujourd’hui disparu. Créé en 1941 àTlemcen (Algérie), il a pour devise : « De l’audace, toujours ». Il a été engagé dans la bataille de Tunisieen novembre 1942. À partir de février 1943, il a participé à l’offensive en Afrique du nord et notamment àla victoire de Djebel Zaghouan en mai. À l’issue des opérations, il a été rééquipé avec des automoteursaméricains M7 « priest ».Incorporé au sein de la 1ère division blindée, le « 6.8 » a été la première unité d’artillerie à débarquer enProvence, le 15 août 1944, sur la plage de La Nartelle. Le 23 août 1944, au cours des combats menés àMarseille, il a perdu son chef, le colonel Rousset, tombé au champ d’honneur. Poursuivant saprogression, il a, en un mois, remonté la vallée du Rhône, libérant au passage sa ville marraine, Anse,traversé la Bourgogne et atteint les Vosges. Participant à partir de novembre à la bataille d’Alsace, le« 6.8 » a contribué à la libération de Mulhouse. En avril, il est entré avec la 1ère DB en Allemagne et sestrois groupes ont pris part aux différentes phases de la campagne finale. La capitulation de l’ennemi l’aarrêté au pied des Alpes autrichiennes.Les actions du régiment au cours de ce conflit lui ont valu trois citations et ces mots du général de Gaulle« unité légendaire sans laquelle aucune victoire n’eût été possible ». Entre 1946 et 1984, il a occupésuccessivement les garnisons de Périgueux, Sarrelouis, Trèves, Landau et Phalsbourg. Depuis 1984,année de sa professionnalisation, il est implanté sur le camp de La Valbonne et rattaché à la 3ème BMdepuis 1999. Le 68ème RAA a recouvré son appellation d’origine, le 1er juillet 2004. Très attaché à sestraditions, il organise chaque année une journée dite de « l’artillerie d’Afrique » destinée à entretenir lesouvenir des 8 régiments d’Afrique dont il est le dépositaire.Mission : Par la concentration massive et brutale de ses feux, le 68ème RAA est en mesure de marquer lavolonté de chef interarmes dans des moments capitaux de la bataille. Il assure les missions suivantes auprofit de la 3ème brigade mécanisée : appui direct des unités au contact ou groupement interarmes ;neutralisation dans la profondeur ; tir de contre batterie ; défense contre les menaces aériennes et recueilet renseignement. Opérations extérieures les plus récentes : Djibouti, Nouvelle Calédonie, Afghanistan(2010), Liban, Djibouti, Mayotte, Afghanistan (2011).Composition : fort de 800 hommes et femmes, il est composé de : 2 batteries sol-sol ; 1 batterie sol-air - 1batterie de renseignement - 1 batterie de commandement et de logistique et 1 unité de réserve.Matériel : le 6.8 est équipé de moyens humains efficients et de matériels modernes : canon CAESAR,mortier de 120 mm ; système d’information et de commandement ATLAS , SIRASA, MAESTRO ; MISTRALSATCP ; VAB ; RATAC ; RASIT ; Drone ; VAB OBS. - PVP.ATLAS : lAutomatisation des Tirs et Liaisons de lArtillerie Sol/sol (ATLAS) équipe les régimentsdartillerie canon en remplacement du système ATILA. Il est un système de gestion et de transmissionautomatique des informations entre les principales équipes du régiment dans la fonction « feux » maisaussi dans les fonctions commandement, renseignement, logistique et NBC. La gestion est centraliséepar le poste de commandement régimentaire (PCR) qui assure la gestion des unités, la désignation desunités de tir. Le calcul des éléments de tir est réalisé aux postes de commandement batterie et au niveaudes pièces équipées de CALP (AUF1, AUF2, CAESAR). Le système est reconfigurable en fonction desbesoins opérationnels. Il permet linteropérabilité avec les alliés et la liaison avec les autres systèmes decommandement de larmée de Terre. Il intègre le 155 mm et le mortier de 120mm.
  4. 4. CAESAR (camion équipé dun système dartillerie), est un automoteur à roues au gabarit routier, quitransporte son équipe de pièce ainsi que 16 coups complets. Son châssis Mercedes-Unimog estdune grande agilité. Il est doté dun pointage automatique, dun cinémomètre, de terminaux ATLAS.Son tube de 52 (calibre 155mm) et sa chambre sont aux standards de lOTAN.Performances : vitesse sur route : 90 km/h - autonomie : 600 km - cadence de tir : 6 coups/mn -portée des munitions : 40 km - mise en batterie : moins de 1 mn - pointage en gisement : sur + ou –17° - pointage en site : de 19 à 68°.Caractéristiques : poids à vide : 15,4 tonnes - poids en ordre de combat : 17,7 tonnes - poids del’artillerie : 7 tonnes - longueur : 10 m - hauteur : 3,3 m - largeur : 2 m.
  5. 5. MISTRAL (Système darme sol –air) : le MISTRAL est un système darme à très courte portée destinéà compléter la couverture sol-air du corps blindé et mécanisé. Il assure aux unités isolées leur propredéfense antiaérienne. Ses objectifs sont des avions volant jusquà Mach 1,2 entre 10m et 3 000m etdes hélicoptères en mouvement ou en vol stationnaire. Le MISTRAL est utilisé couplé au radardalerte SAMANTHA qui permet la détection des aéronefs jusquà 15 km environ. En version portable,le système de lancement se compose : d’un trépied avec un siège solidaire ; des équipements : unelunette de visée, un collimateur, un dispositif JPF, un calculateur et un dispositif de commande endirection et en site par poignée.Caractéristiques : longueur : 1,98 m - poids total : 51 kg - missile de 90 mm de 19 kg - un tube delancement de 5 kg - une charge militaire à billes de 3 kgPerformances : vitesse maximale : Mach 2,6 - portée maximale : 6 km - portée minimale : 500 m -temps de réaction : 5s sans pré-alerte (1er tir) et 3s avec pré-alerte (radar) - rechargement : 30s.Equipage : 1 chef de pièce - 1 tireur - le transport de l’arme et d’une munition nécessite 2 porteurs.Munition : le missile est du type « tire et oublie » guidé par un autodirecteur infrarouge passif. Il estplacé prêt au tir à lintérieur de son container lui-même porté par un homme et mis à poste sur lesystème de lancement pour effectuer le tir.
  6. 6. Transmission : IFF – liaison MF avec SAMANTHA (centre de coordination et d’alerte qui entreprogressivement en dotation et dont une trentaine de sections SATCP doivent être équipées, ce quipermettra de les relier à la chaîne de coordination dans la 3 ème dimension. Cet équipement permet deconduire l’exécution de la mission de la section MISTRAL dans les domaines de la surveillance, del’alerte et de l’identification ; il effectue la coordination des feux selon les directives et ordres venantde l’échelon supérieur et assure le commandement du l’unité sol-air (PC de section).
  7. 7. DRAC (drone de reconnaissance au contact) : ce drone est un moyen dobservation destiné a collecterdes informations, de jour comme de nuit, en temps réel sur une profondeur dune dizaine de kilomètrestout en saffranchissant des masques naturels. Le système est à la fois rustique et performant. Unsystème DRAC se compose de deux vecteurs aériens, de deux consoles de suivi et dexploitation demission, de deux capteurs jour et un de nuit. Il est mis en œuvre par une équipe de deux hommes. Le volet latterrissage se font en mode autonome (aucune expérience daéromodélisme requise). Facilesdemploi et de mise en œuvre, de masse et dencombrement réduits, ils permettent denvisager laréalisation de missions avec une grande souplesse et des cycles de coordination et de décision courts.Caractéristiques : envergure : 3,40 m - longueur : 1,40 m - masse : 8,3 kg - vitesse 60 à 90 km/h -endurance : 1h15mn - hauteur utile de vol : 80 m à 300 m - vol par vent : inférieur à 15 m/s - altitude dedécollage : 0 à 2 500 m - niveau sonore : détectable de 0 à 300 m - portée des liaisons : 10 km maximum àune hauteur de 500m - masse charge utile : 1,5 kg - avec caméra de jour, détection d’un véhicule : 1 500m- détection d’un homme : 700m – reconnaissance : 700 m – identification 400 m - avec caméra de jour,détection d’un véhicule : 400m - détection d’une homme : 250m – reconnaissance : 200 m.
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  9. 9. ► Les oiseaux, un autre péril au Mali…En anglais, on appelle cela un « bird strike » (collision aviaire). Mais le terme fait sourire jaune :après les trois collisions doiseaux et dATT danois et allemand au Mali, cest un des deux C-130 belges qui a été endommagés. « Lattaque » est intervenue à latterrissage à Tombouctou,et a frappé laile droite, faisant un trou de 20 à 30 cm. Malgré tout, le Hercules belge a poursuivijusquà Ouagadougou où des experts ont complété la réparation sommaire.► Dans les roches de lAdrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée...Ceux qui ont eu loccasion de sy rendre saccordent sur un point : lAdrar de Tigharghâr semble avoir été spécialement créé par le dieu des rébellions pour abriter des combattants en guerre contre des forces conventionnelles. Dans le massif rocheux, il coule une eau abondante, qui fait pousser une végétation épaisse, des avantages déjà précieux dans cette région de soif et daridité où boire et se cacher sont une affaire de vie ou de mort. De plus, des rochers y ont judicieusement été creusés par la nature pour fournir de nombreux abris. Historiquement, lAdrar de Tigharghâr a été un lieu de refuge pour les rébellions touareg combattant larmée malienne ou la puissance coloniale, la France. Aujourdhui, cest dans ce massif que se livre une phase cruciale de lopération militaire française en cours contre les rebelles islamistes alliés dAl-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).RÉORGANISATION PARTIELLE DES REBELLESLa première partie de lintervention française au Mali avait été un défi de logistique et devitesse, une opération de mouvement de plusieurs semaines pour bousculer les alliés dAqmi àtravers le pays, jusquau fleuve Niger et aux villes principales qui se trouvent sur ses berges,de Tombouctou à Gao. Les combats dans cette période ont été marginaux. Les rebellesévitaient laffrontement, abandonnant les villes après avoir subi des frappes aériennes. Unepartie des hommes du Mujao (Mouvement pour lunicité et le djihad en Afrique de lOuest), dAnsarEddine (mouvement qui a éclaté depuis) et de certains de leurs alliés dAqmi se sont doncdispersés dans plusieurs zones du nord Mali, passant pour certains dans les pays voisins, touten sefforçant déchapper à la surveillance aérienne. Ils sont parvenus à se réorganiserpartiellement, parvenant à monter des attaques à Gao et des attentats-suicides dans plusieursvilles, à partir de poches à lintérieur du pays, où ils jouent des difficultés et de létendue duterrain pour se rendre insaisissables.ÉCHAPPER AUX DÉTECTIONS THERMIQUESComment combattre efficacement des groupuscules en mouvement presque permanent,camouflés dans le paysage, évitant de communiquer autrement que par messagers, de seregrouper pour servir de cible ou de faire chauffer trop de moteurs à la fois pour échapper auxdétections thermiques ? Ces tactiques pesaient jusquà présent sur le futur de lopérationfrançaise « Serval », menacée de dilution à léchelle dun territoire plus vaste que lHexagone.Mais lAdrar de Tigharghâr a peut-être servi de capitale informelle à cette armée des ombresislamistes. Cest là que se joue la seconde phase, cruciale, de la guerre au Mali, menée par destroupes françaises et tchadiennes, avec laide de certains Touareg. Pour Bilal ag Cherif, le chefde la rébellion touareg du MNLA, (Mouvement national de libération de lAzawad ), associéediscrètement à lalliance franco-tchadienne qui mène les combats dans le massif : « Il y a denombreuses zones où se trouve Aqmi, jusquà louest de Tombouctou, mais Tigharghâr, cestleur point dancrage. Cest là que se trouve le gros de leurs forces, humaines commematérielles. Le combat en cours y est dune importance capitale ».PLATEFORME POUR DES OPÉRATIONS KAMIKAZES
  10. 10. Des combattants semblent avoir trouvé refuge dans le massif, où avaient été constitués desstocks de munitions, de vivres et de carburant en prévision dune longue période de guerre deharcèlement.La zone, considérée comme inexpugnable, aurait pu constituer une parfaite plateforme delancement pour des opérations kamikazes ou des attaques éclairs dans le nord du pays. Lesforces françaises y sont désormais en opération avec des moyens terrestres et aériens ausujet desquels il nexiste pratiquement aucune information. Pour faire nombre et bloquer lesissues du massif, les alliés tchadiens sont là en renfort. Aucun soldat malien na été associé àlopération.Un notable dAguelhok, de passage à Kidal, témoigne de limportance des opérations encours : « Il y a les troupes françaises et tchadiennes au sol, mais aussi beaucoup de frappesde Tigre ». Il explique que les forces tchadiennes sont entrées par deux axes différents dans lemassif, pour prendre en tenaille les groupes rebelles. La taille de la zone où ces derniersopèrent aurait ainsi été diminuée par deux au cours des deux dernières semaines. « Lesopérations, maintenant, cest à peu près dans une zone de trente kilomètres sur trente »,assure un responsable au sein des organes de sécurité du MNLA, très impliqué dans cedossier. Selon le notable dAguelhoc, deux camps dentraînement du Mujao ont été touchés pardes frappes aériennes récemment. Plusieurs dizaines de recrues des environs de Gao y ont ététuées.Dans les combats des derniers jours, les forces tchadiennes ont été au premier rang. Eux quiaiment tant les charges héroïques pied au plancher en milieu découvert, quils appellent « laguerre au Sahara », menée à bord de leurs pick-up chargés jusquà la gueule de guerriers, defûts dessence et de munitions, tirant au RPG à bout portant sur lennemi, les voici dans unmilieu qui sest transformé en piège le 22 février. Sidi Mohammed ag Saghid, dit « Trois Trois »,chef de la sécurité du MNLA, explique : « Les Tchadiens avançaient avec une grosse colonnede 200 véhicules environ. Ils sont tombés dans une embuscade et la colonne a été coupée endeux. Mais ensuite, ils ont lancé leur propre attaque et ils ont durement frappé les islamistes ».Dans lAdrar de Tighargâr, le renseignement joue un rôle clef. Les frappes aériennes françaisesvisent des dépôts, des abris ou des camps grâce à des informations précises recueillies ausol. Il y a quelques jours, un jeune garçon dAguelhok, la ville la plus proche, qui posait desdispositifs de pointage pour les frappes aériennes françaises, a été surpris par les rebellesislamistes et exécuté, selon le responsable de ladministration locale qui dit sa crainte enentendant les détonations sourdes dans le massif voisin, tout en reconnaissant que les tirs« séloignent ». Tigharghâr est-il en train de constituer une nasse rocheuse, finalement, oùserait enfermé le plus gros des forces rebelles islamistes ? Aucun témoin extérieur na puapprocher de la zone pour sen rendre compte. Cette bataille cruciale se livre loin des regards.EXFLITRATIONOn ne peut donc québaucher lhypothèse quun tri est en train de seffectuer entre les mieuxorganisés des combattants, capables de se faufiler vers lextérieur, et les recrues moinsaffûtées. Une source locale bien informée, qui vient de passer quelques jours en brousse dansles abords de lAdrar, témoigne : « La nuit, on entend des petits groupes de trois à cinq pick-up qui avancent, tous feux éteints, pour sortir des rochers et prendre la direction de lAlgérieou de Taoudenni ». Il existe des zones rebelles près de Gao, près dAnsongo. Mais pour lesforces qui quittent Tighargâr, cest vers les zones arides du nord, où la chaleur qui monte dejour en jour rendra bientôt la vie et les opérations militaires particulièrement difficiles, quil estpossible à des combattants isolés de sexfiltrer. Cela revient pour eux à gagner des zonesencore plus lointaines pour survivre. Cela ne règle pas le cas dautres poches rebelles au Mali,mais cela pourrait casser une partie de larchitecture de la guérilla au nord Mali.Source : Jean-Philippe Rémy - Kidal (Mali) Envoyé spécial
  11. 11. ► Point de situation : (du 04/03 18h au 07/03 18h)…Les opérations aériennes se sont poursuivies avec près de 90 sorties principalement dans larégion de Tessalit, d’Imenas et de Tin Keraten. Environ 30 sorties ont été dédiées aux frappesaériennes permettant la neutralisation de groupes terroristes, la destruction de plusieurspostes de combat et d’un plot logistique. Un peu plus d’une trentaine d’autres sorties a étéconsacrée au transport de nos forces et de nos matériels. Les sorties restantes ont été dédiéesau soutien des opérations.Le dispositif « air » de l’opération « Serval » se renforce sur Bamako avec l’arrivée de 4 C160aux côtés des 6 Mirage 2000D et 2 C135 déjà présents. A N’djamena, 2 Rafale sont arrivés auxEFT. Ils doivent remplacer les 2 Mirage F1 CR actuellement présents sur le sol tchadien.Au sol, ces derniers jours ont été marqués par la poursuite des opérations de fouillesméthodiques dans la vallée d’Amettetai et par des combats entre les forces françaises, lesforces armées maliennes et les groupes terroristes dans la région de Gao. Dans la valléed’Amettetai, le GTIA 3 et le GTIA TAP poursuivent les opérations de fouilles dans le sanctuaireterroriste. A ce jour, les soldats français ont découvert plus d’un millier de roquettes et degrenades, plus de 60 000 munitions en tout genre, près de 1 500 obus de tout type et unevingtaine d’armements lourds (canon 122D30, BM21, …). Depuis le début des opérations danscette zone, ce sont un peu plus d’une centaine de terroristes qui ont été neutralisés. A Gao,depuis les incidents du 21 et 22 février, les éléments du GTIA 2, les forces africaines etmaliennes conduisent quotidiennement des opérations de reconnaissance et de fouille danscette région.Le 06 mars, en début de matinée, le brigadier chef Pingaud, qui appartenait au détachement deliaison français auprès du bataillon malien a trouvé la mort au cours d’un échange de tir entreles éléments maliens et des groupes terroristes dans la région de Tin Keraten. Les élémentsmaliens renforcés par les éléments du GTIA 2 et appuyé par une patrouille de Mirage 2000D ontnettoyé la zone et ont neutralisé une dizaine de terroristes. A Menaka et Tombouctou, lesopérations de contrôle de zone se poursuivent afin de maintenir la sécurité de ces régions.La journée du 7 mars a été marquée par la visite du ministre de la Défense qui s’est rendu dansla vallée d’Amettetai, à Gao ainsi qu’à Bamako afin d’apporter son soutien aux soldats françaisdéployés dans l’opération « Serval ». Il leur a adressé un message de fierté etd’encouragement à l’égard de la mission qu’ils effectuent contre les groupes terroristes. Leministre de la Défense a rendu hommage aux quatre militaires morts pour la France au Mali : lecommandant Damien Boiteux, l’adjudant Harold Vormezeele, le caporal Cédric Charenton et lebrigadier-chef Wilfried Pingaud.Ce sont près de 4 000 militaires français qui sont déployés au Mali aux côtés de 6 300 soldatsafricains de la MISMA et du Tchad.
  12. 12. ► Jean-Yves Le Drian est arrivé au Mali…Jean-Yves Le Drian est arrivé au Mali pour féliciter et encourager les 4 000 militaires françaisengagés dans l’opération « Serval ».Tessalit, le 7 mars 2013. Le ministre de la Défense est arrivé ce matin à Tessalit, au nord duMali, pour y rencontrer les militaires français engagés dans l’opération « Serval ». Il leur aadressé un message de fierté et d’encouragement à l’égard de la mission qu’ils effectuentcontre les groupes terroristes qui avaient fait du massif des Ifoghas leur sanctuaire. « Endélogeant les djihadistes de leurs derniers bastions, vous êtes les têtes de pont de cetteguerre sans répit que la France a décidé de livrer contre les groupes terroristes qui sévissentencore au Mali. Sur vous, ainsi que sur nos frères d’armes tchadiens, dont je sais lessouffrances et dont je salue le grand courage, repose désormais une grande part du succès del’opération « Serval » », a-t-il déclaré aux militaires français lors d’une adresse prononcée cematin sur l’aéroport de Tessalit.Auparavant, Jean-Yves Le Drian s’est rendu dans la vallée de l’Amettetaï, au cœur du massifdes Ifoghas où viennent d’être livrés des combats visant à libérer cette vallée des groupesterroristes les plus aguerris, les plus installés et les plus organisés. Les opérations conduitespar nos forces dans l’Amettetaï ont permis de neutraliser une grande partie de leurs moyensd’action terroriste et de mettre un terme à l’impunité dont jouissaient ces groupes. Le ministrede la Défense a rendu hommage à nos quatre militaires morts pour la France au Mali : lecommandant Damien Boiteux, l’adjudant Harold Vormezeele, le caporal Cédric Charenton et lebrigadier-chef Wilfried Pingaud.La détermination de la France, engagée depuis le 11 janvier dernier pour rendre sasouveraineté à l’Etat et au peuple malien, est totale. Conduites sous l’autorité du président dela République, nos opérations seront menées jusqu’à leur terme.
  13. 13. ► La résistance des jihadistes surprend les forces françaises et tchadiennes…Au nord du Mali, dans le massif des Ifoghas, la bataille fait rage depuis dix jours. De laveu desmilitaires français et tchadiens, les jihadistes se battent avec beaucoup de détermination. Etselon létat-major français, la bataille risque de durer encore plusieurs jours.« Ce sont des combats au sol à moins de cent mètres. Les jihadistes vont dune grotte àlautre. Et malgré leurs pertes, ils ne renoncent pas », confie un membre de létat-majorfrançais. Pourquoi une telle opiniâtreté ? « Parce quils sont dans une forteresse naturelle de25 km sur 25 km, et que leurs chefs sont sans doute avec eux », souligne ce haut-responsable,qui se dit incapable de confirmer la mort dAbou Zeid et de Mokhtar Belmokhtar. « Lesjihadistes veulent aussi protéger leur arsenal de guerre », ajoute-t-il.A mesure quils progressent, vallée par vallée, les soldats français et tchadiens sont stupéfaitspar la quantité darmes quils découvrent. Très peu de missiles, et aucun en état de marche. Enrevanche, des tonnes de lance-roquettes et dexplosifs. Des ordinateurs aussi, que Français etTchadiens ont récupérés intacts, et quils ne vont pas manquer de faire parler. Par ailleurs,quelques jihadistes ont été faits prisonniers.Combien dentre eux ont réussi à quitter la zone ? « Moins quon ne le pensait », répond leresponsable français. « Comme la frontière algérienne est verrouillée, ils essaient de senfuirvers la Libye en passant par le Niger. Mais depuis que nos avions ont détruit leurs dépôts decarburant, ils manquent de fuel », précise-t-il. Et dajouter : « Demain, le grand sujet depréoccupation, ce sera la Libye. Il faut que ce pays sécurise ses frontières ».► Des tests ADN pratiqués sur les chefs djihadistes présumés …Cest ce qua confirmé le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui précise que les services de larmée sont à loeuvre pour tenter didentifier Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar.
  14. 14. Des tests ADN sont pratiqués sur des corps dislamistes tués au Mali afin de déterminer silsagit bien des chefs de guerre Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, a confirmé jeudi 7 mars leministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur RTL. « Nous savons quil y a pas mal dechefs parmi les plusieurs centaines de terroristes qui ont été tués au cours des derniers jourslors des combats dans le massif montagneux des Ifoghas, à la frontière algérienne ». « Pourles précisions sur les identités, il faut faire des vérifications très précises avec lADN, cest ceque les services de larmée sont en train de faire », a-t-il dit. « Des chefs terroristes ont étéanéantis » dans ce massif, avait déclaré mercredi le président François Hollande, en parlant de"succès".Le Tchad, qui participe aux opérations avec la France dans cette zone, a annoncé la semainedernière que ses militaires avaient tué les jihadistes Abou Zeid, haut responsable dAl-Qaïda auMaghreb islamique (Aqmi), et Mokhtar Belmokhtar, chef dune branche dissidente dAqmi, maisParis navait pas confirmé.« Nous aurons terminé le ratissage de ce massif au moment dont a parlé le président de laRépublique », a par ailleurs affirmé Laurent Fabius, se référant à lannonce de FrançoisHollande sur le début de retrait des troupes françaises du Mali en avril. « A partir davril, il yaura un début de décroissance des troupes. Ca ne veut pas dire quon va partir du jour aulendemain, il faut être très pragmatique, ça dépendra de ce qui se passe sur le terrain », a-t-ilprécisé. « Bien sûr il ne sagit pas de se retirer pour que les terroristes reviennent », a-t-ildéclaré, soulignant quoutre lAdrar des Ifoghas, « il reste une poche importante de terroristesdans la région de Gao », où un militaire français a été tué lors de combats mercredi.► Le piège tissé par les Français ne serait pas étanche…Daprès les experts, les islamistes qui auraient la volonté de fuir peuvent très bien échapper au dispositif franco-malien dans lAdrar des Ifoghas.Certains djihadistes encerclés par les armées française et tchadienne dans lAdrar des Ifoghas,dans le nord-est du Mali, vont tenir leurs positions et combattre jusquau bout, mais ceux quivoudront séchapper le pourront et lont sans doute déjà fait, estiment des experts français.Les quelques dizaines ou centaines dislamistes radicaux attaqués depuis trois semaines par1 200 soldats français et 800 tchadiens dans un secteur de 25 km sur 25, dans ce massif demoyenne montagne, connaissent bien la région et le dispositif franco-tchadien nest pas assezimportant pour créer autour deux une nasse étanche, ajoutent-ils.« Il est évident que certains dentre eux pourront sexfiltrer », assure lancien chef dun servicefrançais de renseignement, qui demande à rester anonyme. « Ils connaissent tellement bien lecoin. Souvenez-vous d’Al-Qaïda dans les environs de Tora Bora (Afghanistan) : ils étaientencerclés et bombardés et une bonne partie a réussi à disparaître ». « Il est très difficile dequadriller une zone, si petite soit-elle, ajoute-t-il. Et on na pas assez dhommes sur le terrain.Les ennemis connaissent par coeur le moindre caillou, certains sont basés là depuis desannées. Ils ont des relations anciennes avec les tribus touaregs des environs, qui pourrontéventuellement les aider. Ceux qui voudront vraiment senfuir senfuiront. Ne vont rester queceux qui ont la volonté de se battre jusquà la mort ».Les membres de lopération « Serval » compensent la faiblesse de leurs effectifs, qui ne leurpermet pas de former un cordon humain infranchissable autour de la zone encerclée, par leur
  15. 15. supériorité aérienne. En plus de Mirage et davions Atlantique 2, équipés de caméras et dedispositifs infrarouges, larmée française peut compter au Mali sur les images qui leur sonttransmises par larmée américaine, qui a, dans la région, des drones et des avions-espions.Ces appareils permettent, surtout la nuit, de repérer hommes et véhicules qui se déplacentgrâce à leur signature thermique, un halo rouge synonyme de chaleur que les experts,notamment de la Direction du renseignement militaire (DRM) française, sont entraînés àreconnaître. Les djihadistes ont appris à contrer cette surveillance et tentent de diminuer leursignature thermique en progressant en très petits groupes là où cest possible, à labri de lavégétation, ou en recouvrant le capot de leurs Toyota de linges mouillés.Mais il est probable que le dispositif aérien français et américain dans la zone ne permette pasune présence en lair dappareils-espions 24 heures sur 24, laissant aux candidats àlexfiltration des possibilités de fuite, estime la même source. Le général (2S) Henri Poncet, ex-patron du commandement des opérations spéciales (COS) de larmée française, rappelle quepour des opérations de ce genre, face à un ennemi aguerri et retranché ayant eu le temps deconstituer ses lignes de défense, « le ratio est quil faut engager six à sept attaquants pour undéfenseur ». « Et dans ce cas, bien malin celui qui est capable de dire combien ils sont, doncsi nous avons assez dhommes sur zone », ajoute-t-il. « Lhistoire militaire fourmilledexemples où les défenseurs sont parvenus à percer lencerclement. Pendant la guerredAlgérie, les katibas parvenaient régulièrement à percer les encerclements mis en place parlarmée française. Si on veut aller les chercher, il va falloir mettre des effectifs en face et payerle prix. Cest un travail pour linfanterie de choc ».Le spécialiste des questions de défense Pascal Le Pautremat rappelle lui aussi : « Quel quesoit le dispositif en place, même avec davantage dhommes et de moyens, il y a toujours desgens qui réussissent à passer. Certains ont réussi à fuir le ghetto de Varsovie. Sur un terrainpareil, il faut avancer par damiers : conquérir une zone, la sécuriser, puis la tenir, faute de quoilennemi peut revenir. Mais pour cela, il faut des hommes. Les Ifoghas, cest plus de 200 000km2. Lopération qui a été menée est une victoire tactique pour une zone déterminée, maisaprès, il y a tout le reste ».

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