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► Comment un jihadiste français fait prisonnier peut-il être extradé ?...Parmi les cinq insurgés faits prisonniers (ou qui...
La prévôté, assurée par des gendarmes français accompagnant lopération « Serval », nestconcernée que par des infractions c...
M. Le Drian a profité de cette occasion pour remercier le président Compaoré pour les facilitéslogistiques mises à la disp...
Le Burundi se joint à la MISMA : par ailleurs, le Burundi devrait se joindre à la MISMA enenvoyant des troupes dans les pr...
Jusquà 10 000 hommes : la Misma déploie actuellement au Mali environ 6 300 soldats        dAfrique de lOuest et du Tchad. ...
d’un Boeing 727-200 ayant transporté plusieurs tonnes de poudre blanche qui l’a révélé      au grand jour.Cette affaire a ...
Selon lui, le commerce du cannabis est dominé dans la région par des Marocains, des       Sahraouis et des Mauritaniens, d...
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Destruction de munitions                  Nettoyage des armes (poussière, sable…)              Analyse pour sécurisation (...
Le détachement met alors en œuvre trois Mirage F1CR et trois Mirage F1CT. Depuis septembre2012, après le départ des F1CT, ...
► Encore des renforcements de capacités…Huit Rafale sont désormais basés à NDjamena au profit de lopération « Serval ». Ce...
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Operation serval 22

  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Démantèlement d’une cellule liée à Aqmi comptant des Maliens…ALGER - Les services algériens de sécurité ont démantelé samedi une cellule terroriste liée àAl-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ont arrêté sept personnes dont deux ressortissantsmaliens dans le sud de lAlgérie, a rapporté lundi le quotidien arabophone Echorouk.Les autorités ont saisi des téléphones satellitaires, deux véhicules tout-terrain, et desdocuments dans les caches de ces islamistes dans les régions de Tamanrasset et de BordjBadji Mokhtar, près de la frontière avec le Mali, a précisé le journal. Un huitième suspect aréussi à prendre la fuite vers le Mali. Cette cellule avait pour objectif notamment daider lesjihadistes fuyant la guerre au Mali à sinfiltrer en Algérie, selon le journal. Les sept suspectsont été inculpés de soutien à une organisation terroriste opérant à lintérieur et à lextérieur dupays, en référence à Aqmi, a ajouté Echorouk.Début février, deux membres dAqmi, un Algérien et un Malien, avaient été interceptés àTinzaouatin, à la frontière algéro-malienne, à bord dun véhicule tout-terrain, chargé demunitions et dexplosifs, par une unité de larmée spécialisée dans la lutte contre le terrorisme.Larmée algérienne a renforcé sa présence à la frontière avec le Mali, fermée depuis le 14janvier, afin déviter les incursions des islamistes armés venus du nord.► Des soldats maliens qui font la grève ?...Au Mali, les forces nationales sont directement impliquées dans les actions dans le nord dupays. Si elles n’interviennent pas aux côtés des Français et des Tchadiens dans les zones lesplus montagneuses, elles sont notamment chargées de la surveillance et de la protection desvilles et axes logistiques libérés au préalable. Mais en sont-elles capables ?Les inquiétudes quant à la fragilité des troupes maliennes est justifiée, comme le prouve unnouvel incident ce week-end. C’est l’AFP qui le rapporte, mais Philippe Chapleau y fait aussiallusion : des militaires ont quitté leur poste à Diabaly, une localité libérée précédemment parles Français. Les Maliens voulaient ainsi manifester leur désaccord avec leur solde etexigeaient une « prime de champs d’opération ». Ils ont tiré en l’air afin de signaler leur colère.« Notre prime de champ d’opération, c’est un droit. C’est pour ça que nous avons abandonnéla position. Maintenant, c’est réglé et nous sommes revenus à Diabaly », a expliqué un soldatsous couvert de l’anonymat, confirmant que « des militaires en colère ont tiré en l’air » mais« pas beaucoup de coups de feu ».Cet incident, à priori résolu, n’est pas sans rappeler d’autres tensions au sein même des forcesmaliennes. Ainsi à Bamako, les oppositions frôlant parfois la violence physique entre lesmilitaires de deux formations différentes, baptisées « bérets rouges » et « bérets verts ».Autant de problématiques organisationnelles au sein de l’armée malienne que les instructeurseuropéens devront prendre en compte au cours de leurs instructions.
  2. 2. ► Comment un jihadiste français fait prisonnier peut-il être extradé ?...Parmi les cinq insurgés faits prisonniers (ou qui se sont rendus...) lors des combats dans lavallée dAmetettai dans lextrême nord-est du Mali, il y a un Français. On ne connaît pas sonidentité pour le moment. Ce vendredi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncésur Europe 1 quil allait être extradé vers la France « dans les moments qui viennent ». Ce quiparaît intriguant sur le plan juridique...Certes, il est français et a été appréhendé par des militaires français mais a priori, sur le planjuridique, le prisonnier a dû être remis aux autorités maliennes. Linfraction, qui seradéterminée après enquête, est commise au Mali ; le droit commun du Mali doit sappliquer.Même sil a la double nationalité, cest la loi du territoire qui entre en vigueur. Il nest pas nonplus un prisonnier de guerre au sens de la Convention de Genève puisque la France nadéclaré la guerre à personne (normalement, un Etat). Pour extrader un individu, il faudrait aussiquil soit poursuivie par une enquête judiciaire en France. On se demande donc sur quelle basejuridique une extradition est-elle possible seulement quelques jours après son arrestation ?
  3. 3. La prévôté, assurée par des gendarmes français accompagnant lopération « Serval », nestconcernée que par des infractions commises par des soldats français sur le sol malien. UnStatus of forces agreement (SOFA), signé entre le pays hôte et celui qui amène des troupes, negère aussi que ce type de problèmes. Jamais celui de prisonniers.En tout cas, le ministre a rappelé que le nombre de Français était réduit à ce stade delopération « Serval » : deux si lon compte le cas de celui qui avait été arrêté par les autoritésmaliennes début novembre. Il a été expulsé mardi par le Mali. Entendu par la DCRI, il a violéson contrôle judiciaire et devrait être mis en examen pour « association de malfaiteurs enrelation avec une entreprise terroriste ». Dans ce cas précis, il existe une justification juridiquepour lexpulsion. Jean-Yves Le Drian ne néglige pas laspect international du jihad au Sahel :« Cela montre quil y avait là constitution dune espèce de lieu, dune filière terroriste de guerre(sic), qui pouvait accueillir certains jeunes en quête dun destin radical, comme certains ont pule faire en Afghanistan ou en Syrie ». A suivre...► 500 morts parmi les jihadistes…Les forces françaises, sont surprises de la résistance de nombreux Maliens. Elles estimentpourtant avoir fait 70 % du chemin. Les combats entre les forces françaises et africaines et lesislamistes se poursuivent dans deux régions du Mali. Dabord dans le Nord-est, notammentdans la vallée dAmetettai où de très violents combats se sont déroulés ces derniers jours.Cest dans cette partie du pays que Français et Tchadiens traquent les derniers islamistes. Desource militaire française, on affirme avoir saisi depuis le début de la guerre 16 tonnesdarmement terroriste et tué 52 ennemis en une seule opération en milieu de semaine, puis 8autres encore jeudi.Des bombardements de Mirage 2000 : le bilan avoisinerait donc désormais les 500 morts parmiles djihadistes, pour un « noyau dur » de 1 200 à 1 500 combattants, contre 4 morts côtéfrançais et 30 parmi les Tchadiens. Vendredi, deux Mirage 2000 ont encore décollé de Bamakoen début de soirée, le ventre chargé de bombes. Toujours dans le Nord, 4 civils ont été tuésdans la nuit de jeudi à vendredi par des terroristes dans la région de Tombouctou.De nouvelles attaques-suicides redoutées : mais les affrontements se poursuivent aussi danslEst, où les djihadistes harcèlent larmée malienne et les soldats français. À Gao, où sévissentles hommes du Mujao, les militaires français redoutent de nouvelles attaques-suicides etrelèvent que les islamistes et les trafiquants en tout genre (armes, drogue, argent…), parmilesquels figurent des Algériens, des Libyens mais dabord de nombreux Maliens, opposent unerésistance sous-estimée lors du déclenchement des opérations par Paris.Ce qui fait dire au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : « Le chef détat-major desarmées malien disait jeudi que nous avions fait 70 % du chemin. Cest à peu près le cas, mais ilfaudra faire 100% et aboutir à la libération de lensemble du territoire malien. Il y aura doncdautres combats. Mais on progresse tous les jours : ce qui a été accompli en moins de deuxmois est tout à fait remarquable ».► Le président burkinabé reçoit le ministre français…Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite au Burkina Faso, a discuté dela crise malienne à Ouagadougou avec le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dela CEDEAO dans la crise malienne.
  4. 4. M. Le Drian a profité de cette occasion pour remercier le président Compaoré pour les facilitéslogistiques mises à la disposition de la France au début de lopération « Serval ». Selon leministre français, cet appui logistique a été « très significatif dans la réussite de lopération encours et la participation du Burkina à la force africaine au Mali est très déterminante pour unretour de la paix au Mali ». « Le Burkina Faso a fourni, dès le départ, des forces militairessignificatives qui contribuent à la stabilisation de ce pays », a-t- il précisé. Sur le volet politiquede la crise malienne, M. Le Drian a confirmé la tenue de lélection présidentielle malienne enjuillet prochain. La visite du ministre français de la Défense est venu du Mali où il avait renduvisite aux forces françaises au nord du pays et a rencontré le président intérimaire DioncoundaTraoré et son Premier ministre Dinago Cissoko.► Une opération de maintien de la paix se précise…→ De l’opération « Serval » aux « Casques bleus » : selon le chef de la diplomatie française,Laurent Fabius, une opération de maintien de la paix sous tutelle des Nations unies pourraitêtre mise en place dès le mois de juin. « Nous allons passer du cadre actuel [...] à un nouveaudispositif diplomatique, une opération de maintien de la paix, qui devrait probablement êtrevotée au mois d’avril et appliquée deux mois plus tard, et qui sera chapeautée par l’ONU etfinancée par les Nations unies », a ainsi déclaré le ministre français des Affaires étrangères,Laurent Fabius.Interrogé, ce mardi, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale,l’ancien Premier ministre a donc poursuivi la ligne directrice du président de la Républiquefrançaise, François Hollande. « Les troupes françaises n’ont pas pour vocation de resteréternellement au Mali », a notamment déclaré M. Fabius.Toujours ferme sur le sujet, le chef de la diplomatie française avait d’ores et déjà déclaré queles forces déployées depuis le 11 janvier dernier dans le cadre de l’opération « Serval » seretireront progressivement du pays dès le mois d’avril. La mise en place d’une opération demaintien de la paix au Mali permettrait ainsi d’épauler la Mission internationale de soutien auMali sous conduite africaine (MISMA), jusqu’alors composée de 6 300 soldats du Tchad etd’Afrique de l’Ouest. « Cette force de sécurisation reprendra la MISMA et pourra être étendue àd’autres », a ajouté M. Fabius. Permettant notamment de palier aux contraintes financièresactuelles de la Mission africaine, cette nouvelle opération onusienne pourrait mobiliser au totaljusqu’à 10 000 hommes, selon le chef de la diplomatie française.
  5. 5. Le Burundi se joint à la MISMA : par ailleurs, le Burundi devrait se joindre à la MISMA enenvoyant des troupes dans les prochains jours. Une information saluée par le présidentfrançais, François Hollande, qui recevait son homologue burundais, Pierre Nkurunziza, cemardi, à Paris. « Le chef de l’État a remercié M. Nkurunziza pour sa volonté de contribuer entroupes à la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA),nouvelle illustration de l’engagement du Burundi pour la sécurité du continent africain », aprécisé la présidence française dans un communiqué. François Hollande a également tenu àrappeler les engagements de la France au Mali. Si l’opération « Serval » avance à pas comptésdans le nord du pays, le président français n’est pas sans rappeler l’importance de la présencetricolore sur le sol malien. « Nous sommes sur le point d’atteindre la dernière phase de notreopération et de laisser les Africains et ceux qui les soutiennent, au nom de la communautéinternationale, prendre le relais dans le cadre d’opération de maintien de la paix. Là encore, sinous sommes dans cette région, ce n’est pas pour le seul Mali, c’est pour la sécurité del’ensemble de l’Afrique et aussi de l’Europe. J’espère que chacun le comprend », a-t-il déclaréà l’issue d’une rencontre avec le président israélien, Shimon Peres, à Paris.La question du développement au cœur de la reconstruction : des déclarations qui font écho àcelles de Laurent Fabius, ce lundi 11 mars, sur les antennes de CNN. Après avoir évoquél’efficacité militaire de l’opération « Serval », le chef de la diplomatie française a notél’ensemble des efforts à accomplir pour restaurer l’intégrité du Mali. « Nous devons aussi fairedes progrès sur le plan de la démocratie, et cela dépend de l’État malien qui doit déterminer undialogue entre le nord et le sud. Et en même temps, le troisième aspect sur lequel nous devonsinsister, c’est la question du développement. Ce qui a été fait jusqu’à présent au Mali est dutrès bon travail », s’est-il félicité. Intervenue il y a désormais plus de deux mois, la France tentedonc de s’organiser pour passer progressivement le témoin aux autorités africaines etinternationales. Quelque peu esseulée lors du lancement de l’opération « Serval », l’arméefrançaise s’approche désormais d’une transition nécessaire pour le maintien de la paix et lareconstruction du pays.→ La France, intervenue seule militairement le 11 janvier au Mali pour en chasser les groupesarmés islamistes, a annoncé mardi 12 mars un prochain passage de relais à lONU avec unprobable vote en avril dune résolution sur une opération de maintien de la paix, applicable enjuin. Le chef de la diplomatie Laurent Fabius en a informé la Commission des Affairesétrangères de lAssemblée nationale. Cette opération « sera chapeautée par lONU et financéepar les Nations unies, ce qui évidemment a un certain nombre de conséquences en ce quinous concerne », a déclaré Laurent Fabius.« Plus de 100 millions deuros » : jusquà présent, la France a supporté lessentiel des frais liés à son engagement militaire dans la guerre au Mali, ainsi que la majeure partie des dépenses du contingent important fourni par le Tchad, soit 2 000 hommes. Fin février, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait indiqué quen 45 jours, lopération « Serval » avait déjà coûté à la France « plus de 100 millions deuros ».Selon une source diplomatique européenne, largent promis à Addis Abeba lors duneconférence de donateurs de lUnion africaine destinée à financer la mission africaine desoutien au Mali (Misma) et la restructuration de larmée malienne, soit plus de 455 millions dedollars (338 M EUR) « nest pas encore sur les comptes » et les Tchadiens se sont inquiétés desavoir quand et par qui ils seraient payés. « Les 2 000 Tchadiens, cest nous qui gérons, leurapprovisionnement en munitions, en pétrole », dit sous le couvert de lanonymat une sourcediplomatique française. « Quand on a vu que ce serait compliqué, cette affaire Misma, on apoussé rapidement pour avoir une opération de maintien de la paix, cest beaucoup pour desraisons financières », ajoute-t-elle.
  6. 6. Jusquà 10 000 hommes : la Misma déploie actuellement au Mali environ 6 300 soldats dAfrique de lOuest et du Tchad. « 6 000 types cest beaucoup. Il faut gérer », ajoute cette source. « La force de sécurisation de lONU reprendra la Misma et pourra être étendue à dautres », a observé Laurent Fabius. Elle pourrait mobiliser au total jusquà 10 000 hommes, selon un diplomate européen.Aux forces africaines actuellement dans la Misma qui inclut depuis peu le contingent tchadien, pourraient sajouter dautres unités, notamment burundaises et mauritaniennes. « Les troupes françaises nont pas vocation à rester éternellement au Mali », a redit mardi Laurent Fabius, selon qui la France continuera à être présente à lavenir « dune manière ou dune autre » au Mali. Le président de la République François Hollande a annoncé une diminution du nombre de soldats français déployés au Mali - plus de 4 000- « à partir du mois davril », date à laquelle Paris espère le vote onusien sur lOMP.Une aide tchadienne, nigérienne et peut-être burundaise : les responsables français parlant sous couvert danonymat évoquent ces derniers temps le maintien dune « présence » française « pas forcément basée au Mali », et la possibilité dune force daction rapide pour seconder les troupes africaines, avec des éléments tchadiens, nigériens et peut- être burundais. Le président burundais Pierre Nkurunziza était à Paris en ce début de semaine pour proposer denvoyer des soldats au Mali, sans en préciser le nombre. « Ils font des offres de manière répétée. Dans leur armée, ils ont amalgamé toute une série de rébellions et sont prêts à les envoyer au casse-pipe », souligne un diplomate européen.Malgré « des pertes hallucinantes » en Somalie où Bujumbura a également envoyé environ5000 militaires dans le cadre de lAmisom, la force de lUnion africaine, les Burundais « nontpas bronché, ils ont accepté », poursuit ce diplomate. « Cest une façon pour eux de sedébarrasser de leur rébellion et en plus, ils se font payer par les Nations unies. Pour eux, cestidéal ».► Le trafic de drogues…Il joue un rôle clé dans la crise au Mali. Et il ne concerne pas que les « narcoterroristes », comme on surnomme désormais les islamistes armés au Sahel. Le haschich et la cocaïne ont irrigué bien au-delà de ces mouvements, suscitant des complicités et des passerelles inattendues.Officiellement, ce sont des islamistes purs et durs, rejetant logiquement les drogues comme« haram » (péché), qui combattent au nord du Mali. Or, on sait depuis déjà longtemps quecertains hauts responsables de ces mouvements armés sont impliqués dans des trafics entout genre auxquels ils se livrent ou contribuent par une offre de logistique depuis des années(cigarettes, haschich et, plus récemment, cocaïne). Au mois de septembre, plusieurs sourcesnous ont signalé l’interception par des combattants du MNLA (Mouvement national pour lalibération de l’Azawad) d’un convoi de voitures tout terrain du MUJAO (Mouvement pourl’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest) transportant de la cocaïne. Difficile à vérifier. Difficileaussi de savoir ce qu’est devenue cette cargaison. A-t-elle été détruite, comme nous l’a affirméla main sur le coeur une source au sein du MNLA ? Ou bien a-telle été remise sur le marché parce mouvement rebelle touareg ? Difficile à vérifier. D’après nos informateurs en tous cas,certains responsables ou personnalités proches du MUJAO sont intimement liés au trafic dedrogue au Mali.Une « vieille » histoire ? : le fait que la cocaïne transite par cette zone, en provenance d’Amérique latine, pour rejoindre les rivages de la Méditerranée, ne date pas de la partition du Mali, en avril 2012. Dès 2007, lors d’une enquête à Bamako, nous avions constaté que ce pays était devenu une plaque tournante de la cocaïne, arrivant de Colombie, notamment via la Guinée-Conakry, avant de repartir vers l’Europe. Mais nous étions loin d’imaginer l’ampleur du phénomène. C’est la découverte, en novembre 2009,
  7. 7. d’un Boeing 727-200 ayant transporté plusieurs tonnes de poudre blanche qui l’a révélé au grand jour.Cette affaire a aussi démontré les complicités qui existaient à Bamako dans certains cercles du pouvoir, de l’armée et de la douane. En janvier 2012, Mohamed Ould Awaïnatt, un riche homme d’affaires de Gao soupçonné d’être impliqué dans le trafic et incarcéré dans l’affaire « Air Cocaïne », avait été libéré. L’ordre venait du pouvoir de l’ex-président Amadou Toumani Touré, qui comptait sur Ould Awaïnatt pour lever des milices chargées de contenir l’avancée des rebelles du MNLA et leurs alliés. L’homme aurait depuis rejoint le MUJAO. Entre-temps, Miguel Angel Devesa, un ancien policier espagnol ayant joué un rôle central dans l’affaire de l’avion, a lui aussi été libéré, ainsi que la plupart des autres personnes incarcérées dans cette affaire. Selon un document confidentiel circulant dans les milieux diplomatiques et que nous avons pu consulter, d’autres personnalités importantes de la tribu « lamahr » à laquelle appartient Ould Awaïnatt sont mêlés à ce trafic. D’après ce document, un ancien ministre de l’ex- président ATT lié au MUJAO et au blanchiment d’argent du crime organisé a vécu un temps réfugié à Dakar.Les « barons » liés à cette mouvance auraient corrompu une bonne partie de la machine sécuritaire grâce à la complicité « d’un commandant des douanes introduit auprès des chancelleries occidentales ». Il y a quelques jours, la justice malienne a finalement lancé des mandats d’arrêts pour narcotrafic contre une brochette de personnalités. Parmi ces personnalités, ont trouve Baba Ould Cheikh, maire de Tarkint, soupçonné d’avoir trempé dans l’affaire « Air Cocaïne », Mohamed Ould Ahmed Deya dit Mohamed « Rouggy », un homme d’affaires de Gao, Mohamed Ould Sidati (maire de Ber), Adinadji ag Abdallah (maire de Aghelhock) et, à nouveau, Mohamed Ould Awainatt.Aqmi et la drogue : les soupçons quant au rôle joué par des combattants d’Aqmi dans l’escortede convois de cocaïne ont également été évoqués à plusieurs reprises avant la crise actuelle.Le document confidentiel que nous avons pu consulter évoque, par exemple, des liens entre laKatiba d’Abou Zeid, à l’époque principal chef d’Aqmi au nord, et un groupe de narcotrafiquantsd’origine berabich de la zone de Tombouctou. Un groupe communément appelé localement les« Colombiens ». Chacun de ses « barons » aurait, indique le document, constitué une équiped’hommes armés pour assurer l’acheminement sécurisé de cargaisons de drogue.Autre exemple cité: la katiba de Amhada Ag Mama, alias Abdou Karim Targui, qui a rejoint untemps Iyad Ag Ghali du mouvement Ansar Eddine, avec des touaregs et des arabes maliens. Ilsauraient été en partie financés par des trafiquants de drogue. La plupart des barons de ladrogue de Kidal, à l’extrême nord du Mali, résideraient en Algérie où ils ont bénéficié del’Amnistie accordée aux repentis des groupes djihadistes, indique le document confidentiel.Ces groupes étaient renforcés par des « bandits d’origine kounta qui assurent l’escorte desconvois de drogue ou d’armes » et imposaient des droits de péage partagés avec Aqmi etAnsar Eddine. En d’autres termes, comme on peut le lire dans le document confidentiel, « cesfactions fonctionnent essentiellement grâce à l’argent des rançons et au trafic de drogue ».Du haschich à la cocaïne : ce développement du trafic de haschich marocain et de cocaïne colombienne a été facilité par celui, préalable, du trafic de cigarettes et de migrants dans la région. « Cela a érodé le système douanier en raison de la corruption et de la collusion entre les contrebandiers et des officiels », écrit Wolfram Lacher, auteur d’une passionnante étude publiée en septembre 2012 par la fondation « Carnegie » (Organized Crime and Conflict in The Sahel Sahara Region, Carnegie Endowment for International Peace). « Deux flux se sont développés rapidement. Depuis 2005, environ, celui de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe, notamment à travers la Libye et l’Egypte ; celui de la résine de cannabis marocaine vers la Libye, l’Egypte et la péninsule arabique, détaille- t-il. Cette croissance s’explique par la hausse de la demande en Europe et au Machrek, de même que par le renforcement des contrôles le long de la frontière algéro-marocaine, le long des côtes de l’Espagne et des îles Canaries, ainsi que dans les aéroports européens, qui ont fait des routes traversant la région peu contrôlée du Sahel une zone attractive pour les trafiquants ».
  8. 8. Selon lui, le commerce du cannabis est dominé dans la région par des Marocains, des Sahraouis et des Mauritaniens, de même que des officiers de l’armée algérienne, jusqu‘à ce qu’il arrive au nord du Mali. A travers le Mali et le Niger, poursuit-il, le haschich est transporté essentiellement par des réseaux arabes maliens ayant des liens tribaux ou familiaux en Mauritanie et au Niger.Dans certains cas, des trafiquants sahraouis ayant des liens étroits avec le Polisario transporteraient de la cocaïne durant leur voyage retour du Mali. Le haschich et la cocaïne sont, selon cet expert, ensuite réexportés du Mali par la Libye et l’Algérie vers l’Europe à travers les Balkans ou transportés vers l’Egypte et Israël. Une autre route passe par le Tchad et le Soudan vers la péninsule arabique. « En Mauritanie, les dernières années du régime du président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005) ont vu l’implication à un haut niveau de responsables sécuritaires et d’hommes d’affaires », souligne-t-il. Mais le nouveau président Mohamed Ould Abdel Aziz suscite la perplexité. « Certains incidents ont attiré l’attention, notamment la décision du président de réduire les peines de prison de cinq personnes condamnées pour trafic de cocaïne en février 2011 et la décision inexplicable de la Cour d’appel de Nouakchott de libérer 30 trafiquants condamnés en juillet 2011 ». Même soupçon sur le Niger.Pour l’auteur de l’étude : « Le fait que les saisies de cargaisons d’armes et de drogue sont rares dans le nord du Niger, qui est un point majeur de transit, ne peut être expliqué seulement par le manque de moyens des forces nigériennes de sécurité. Au moins dans certains cas, le gouvernement a fermé les yeux sur le trafic d’armes et de drogue pour préserver la stabilité dans le nord ».Aux dernières nouvelles, confie un ancien diplomate et expert de la sécurité au Sahel souscouvert d’anonymat, le trafic et les affaires liant des officiels aux organisations criminellescontinuent dans la région, même si l’intervention militaire française et ouest-africaine aforcément perturbé certaines des filières de la drogue.► La France doit « disposer de l’outil militaire permettant d’agir seul »…Le directeur de l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire, Frédéric Charillon,estime qu’il « importe, dans un premier temps, de disposer de l’outil militaire permettant d’agirseul. Il importe, dans un second temps, de disposer de la « capacité d’entraînement »diplomatique permettant de ne pas le rester »…C’est une prise de position à lire au moment où la France planche sur une nouvelle doctrine dedéfense à l’occasion de la prochaine sortie du Livre blanc sur la défense. Elle est l’oeuvre dudirecteur de l’IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire), Frédéric Charillon,qui voit « quatre confirmations de tendances stratégiques » au moment où la France estsimultanément aux prises avec deux exercices ayant la puissance pour énoncé, en cet hiver2013 : 1- la (re)définition, la programmation de cette puissance d’abord, avec la rédaction envoie d’achèvement du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationales ; 2- la pratique decette puissance ensuite, avec l’action de ses troupes au Mali depuis le 11 janvier dernier (sansoublier sa présence militaire ailleurs dans le monde). Avec un recul encore faible, on peutdégager néanmoins, peut-être provisoirement, au moins quatre observations, ou plutôt deconfirmations de tendances stratégiques.Première confirmation : « La puissance se pense et s’exerce sur des temporalités différentes,qu’il faut bien arriver à concilier en dépit des contraintes du moment. La France n’est pas laseule à devoir adapter son outil militaire en temps réel, pour préparer l’avenir tout en gérantles impératifs du présent, appuyée sur des atouts hérités du passé. Lourde tâche qui tient à lafois de l’analyse des relations internationales (pour anticiper le monde à venir), de la politiquepublique (pour s’y préparer avec des objectifs et des moyens adaptés), et de la sociologie dela décision (pour gérer les hommes, leur formation, leurs schémas cognitifs).
  9. 9. Tout en travaillant à la rationalisation des moyens et en privilégiant la réflexion à long terme(par l’exercice récurrent du Livre Blanc), la France, en Côte d’Ivoire en avril 2011, en Libye demars à octobre de la même année (opération « Harmattan »), au Mali aujourd’hui (opération« Serval »), a joué un rôle ou pris des initiatives militaires rapides, qui ont rappelé qu’ellecomptait parmi les puissances les plus aptes à utiliser l’intervention militaire comme outild’urgence ».Deuxième confirmation : « L’autonomie de puissance – ou autonomie stratégique – secompose et se composera de plus en plus demain, de deux volets inséparables. Il importe,dans un premier temps, de disposer de l’outil militaire permettant d’agir seul. Il importe, dansun second temps, de disposer de la « capacité d’entraînement » diplomatique permettant de nepas le rester ». Le premier volet, à l’heure où nous écrivons ces lignes, est déjà mis enœuvre au Mali : Paris a déployé les moyens et la volonté d’agir en pionnier, estimant de sapropre analyse que la situation l’exigeait. Le second volet est en cours de construction, il estdavantage diplomatique dans son exécution, et sa réussite constituera un test important pourla France, pour ses partenaires européens, pour ses alliés africains, pour ses amis engénéral ».Troisième confirmation (qui découle de la précédente) sur le concept de puissance : « Ildemeure avant tout relationnel et relatif. La puissance n’est plus, comme on l’a cru longtempsau temps de la bipolarité, une somme de capacités matérielles mesurables en chiffres absolus(la possession de n missiles, le pouvoir de faire exploser n fois la planète contre n-x àl’adversaire, etc.). Elle consiste à être en mesure d’atteindre ses objectifs sur un enjeu et unterrain donnés, avec trois variantes de capacité : « faire », « faire faire », et « empêcher defaire ». Etre capable d’agir sans contrainte de pression extérieure ni de moyens (faire), engagerd’autres acteurs, par la conviction et non la contrainte, dans des actions qu’ils n’auraient peut-être pas entreprises seuls (faire faire), et être en mesure de stopper des acteurs ou des forcesmenaçant nos intérêts (empêcher de faire), restent bien les trois registres d’action de lapuissance moderne. C’est ce qui explique que chaque situation soit nécessairement sous-pesée à la lumière de ses caractéristiques propres, et non des seuls moyens militaires dont ondispose. C’est ce qui explique, en d’autres termes, que la Libye ne soit pas la Syrie, qui n’estpas non plus le Mali ».Quatrième confirmation enfin : « Rien ne sera plus jamais comme avant, et les catégories de lapensée stratégique doivent évoluer avec les ressorts de la scène mondiale. L’interventionmilitaire française au Mali n’est pas un retour aux années 1960 ou 70, pas plus d’ailleurs que lepivot américain n’annonce le retour à une nouvelle guerre froide, ni la nouvelle politiqueétrangère turque le retour aux Empires, ou au « Grand Jeu » en Asie centrale. A l’inverse, onest frappé dans l’affaire malienne par tout ce qui va à contre-sens de ce que l’on croyaitsavoir : un État qui, en attendant mieux, lance sans longue préparation une opération sans sesalliés, ni ses partenaires européens ni l’ONU, sur un terrain qui n’illustre ni la guerre urbaine,ni la course aux ressources, voila qui déroute. Mais prenons l’habitude d’être déroutés. Quiaurait prédit, avant le 8 août 2008, le retour de l’invasion terrestre classique d’un État par unautre (la Russie envahit la Géorgie) dans le double environnement stratégique européen etotanien ? Qui aurait prédit qu’Israël et le Hezbollah se livreraient en 2006 au Liban à une guerreà laquelle ni l’un ni l’autre n’avaient apparemment intérêt ? Qui aurait prédit que dans unMoyen-Orient qui semblait s’installer dans une équation stratégique dominée par le jeu entreses trois puissances non arabes (Israël, Iran, Turquie), les acteurs arabes reprendraient sibrutalement le devant de la scène ? ».Convenons-en, cet état de surprise stratégique permanent ne facilite guère la doctrine de lapuissance. Mais il nous incite d’autant plus fortement à entretenir la marge de manœuvre de sapratique.
  10. 10. ► L’armée face à un ennemi redoutablement armé…Obus de chars, lance-roquettes multiples, fusils de précision, M16 : dans la région de Gao(nord), l’armée malienne doit faire face à un ennemi autant, voire mieux équipé qu’elle, laprincipale menace restant, selon les militaires français, les engins explosifs artisanaux.Alignés sur la base 1 de l’aéroport de Gao, aux côtés de fusils d’assauts américains M16, defusils de précision de fabrication tchèque, et autres roquettes russes ou chinoises, desexplosifs et des détonateurs mais aussi des uniformes de différents corps de l’arméemalienne. Pour le colonel-major Didier Dacko, commandant opérationnel de la zone,« l’impression qu’on a, c’est qu’eux et nous (armée malienne) avons quasiment les mêmesarmes, sauf la troisième dimension, l’aviation, qu’ils n’ont pas ». « Ils ont aussi des enginsblindés, mais on s’est rendu compte qu’ils ne savaient pas les utiliser ou les réparer », relève-t-il. « Ca nous donne une idée d’une armée, en fait des organisations qui ont les capacités d’unearmée, la capacité de destruction d’une armée », a déclaré pour sa part le colonel LaurentMariko, commandant de la zone de Gao, lors d’une présentation dimanche à la pressed’armements saisis depuis le 26 janvier, date de la reprise de la principale ville du nord du Maliaux islamistes armés qui l’occupaient depuis dix mois.Ces armes, récupérées par les forces spéciales maliennes, l’armée française ou encore par desgroupes de « jeunes patriotes », proviennent de « stocks de l’armée malienne -il y a eu desdéfections massives avec des capacités militaires-, mais aussi de la gendarmerie sénégalaiseou d’autres pays limitrophes », a indiqué le colonel Mariko. Au milieu du stock d’armes, unpanier de roquettes de fabrication russe, à monter sur hélicoptère, mais aussi des autocollantsdu drapeau des Emirats arabes unis, présentés par erreur à la presse comme « libyens ».« La perfidie pour mode opératoire »« Ils peuvent avoir subtilisé ces armements au niveau des structures militaires de leurs pays »,estime le colonel-major Dacko. « On sait qu’il y a des Mauritaniens, des Nigériens, desAlgériens parmi eux. Il peut aussi y avoir des Sénégalais même si on n’en a pas la preuve »,ajoute-t-il. « Les pègres n’ont pas besoin de nationalité », assène le colonel Mariko, qui insistesur « le caractère transnational de ces groupes » dont, dit-il, « le mode opératoire privilégié estla perfidie ».Selon un haut responsable militaire malien, les éléments islamistes qui ont réussi à s’infiltrerdans la mairie et le palais de justice de Gao portaient, qui une veste d’uniforme malien, qui unpantalon d’uniforme. Pour le colonel Mariko, la découverte de « déguisements » (uniformes del’armée malienne, de la protection civile, casques de pompiers) prouve que « ces gens n’ontpas de signe distinctif et peuvent opérer partout ». « On trouvera d’autres caches d’armes, onintervient sur indication ou après enquête », explique-t-il, soulignant que « la tâche n’est pasfinie. On va élargir le périmètre sécuritaire ».Les forces françaises s’inquiètent en particulier de la découverte d’IED (Improvised ExplosiveDevice), qui étaient déjà leur cauchemar en Afghanistan. « Ce qui nous inquiète le plus ce sontles moyens artisanaux mis en oeuvre, avec les roquettes, notamment de 122 », déclare lecolonel Denis Mistral. Selon lui, « les groupes armés jihadistes arrivent à mettre en place dessystèmes télécommandés avec des téléphones et ils le font pour faire peser une menacepermanente sur la ville de Gao ». « On cherche ces systèmes-là en permanence de manière àles détruire. On en a encore trouvé la nuit dernière. C’est une des choses difficiles à gérer »,ajoute-t-il, soulignant qu’« il faut innover en permanence, de jour et de nuit, pour surprendrel’ennemi ».Selon des sources militaires maliennes et françaises, plusieurs des éléments islamistesinfiltrés au centre de Gao étaient porteurs de ceintures d’explosifs. Un IED avait été installéprécisément à l’entrée des jardins de la mairie, mais les démineurs français ont découvert queson artificier n’avait pas eu le temps de l’activer.
  11. 11. ► « La fin de « Serval » doit coïncider avec la solution politique au Mali »…Entretien : deux mois après le début de lintervention française au Mali, le ministre de ladéfense, Jean-Yves Le Drian, analyse la situation dans le pays.Quel bilan tirez-vous de lopération « Serval », après les actions de traque dAl -Qaïda auMaghreb islamique (Aqmi) menées ces deux dernières semaines dans la vallée dAmettetaï,dans le nord du Mali ?« Les opérations se déroulent conformément à lagenda que nous nous étions fixé. Il fallaitdabord reprendre les villes pour permettre la reprise de lactivité civile, dissiper la peur despopulations, ensuite sorganiser pour sattaquer au sanctuaire historique dAl-Qaïda, lesIfoghas et Timetrine, au nord-est du Mali. Avec lappui des Tchadiens, nous avons pris entenaille cet espace très difficile et nous avons commencé à pénétrer toutes les vallées. Commenous le pensions, il sagissait bien du sanctuaire majeur dAQMI, qui nous oppose unerésistance très violente. Là se trouvent les armes, les chefs, les combattants. Nouspoursuivons la libération de ce territoire quasiment mètre par mètre. Il y aura sûrementdautres combats violents. Dici trois semaines, si tout se passe comme prévu, ce territoiresera complètement visité ».Cela veut signifier que dici trois semaines, on considérera avoir suffisamment réduit lamenace Aqmi, même sil reste quelques combattants dans des grottes ?« La sécurité globale sur cet espace aura été retrouvée. Je ne vais pas vous dire quon va lestraquer jusquau dernier. Lobjectif donné par le président de la République est bien lalibération du territoire du Mali pour lui permettre de recouvrer sa souveraineté. Nous nysommes pas encore ».Sagit-il de débuter une autre bataille : pourchasser les terroristes dans lensemble du Sahel,avec laide des Américains, pendant les dix ans qui viennent ?« Je ne vous dirai rien de plus, sauf que nous avons une bonne collaboration avec lesAméricains, notamment en matière de renseignement.
  12. 12. Nos objectifs de guerre nont pas changé dune virgule : bloquer loffensive djihadiste, libérerle territoire, permettre lapplication des résolutions internationales, cest-à-dire le relais par lesforces africaines et maliennes. On a évidemment neutralisé des chefs et des sous-chefs. Mêmesil faut encore la confirmer, la disparition dAbou Zeid est probable. Cela ne réglera pas tout.Aqmi est un tout. Cest lensemble de la structure quil faut mettre à bas et non pas tel ou telleader. Parmi les combattants de départ, très nombreux (plus de 3 000), certains mercenairesse sont éparpillés ; dautres ont rejoint létranger, mais cest devenu plus difficile, car les paysvoisins ont fermé leur frontière ; dautres ont été neutralisés ; dautres, enfin, se sontregroupés dans lAdrar des Ifoghas où nous avons trouvé beaucoup de terroristes, autour decinq cents ».Les soldats ont capturé un djihadiste franco-algérien. Existe-t-il une filière ?« Une filière internationale, oui. Une filière française, non. Si on avait laissé la situation enlétat, il y aurait eu un creuset, comme en Afghanistan, avec des djihadistes venant de partout.Ce ne sera pas le cas ».Mais on ne mène pas une campagne antiterroriste dans une situation de vide politique ?« Bien sûr. La fin de notre mission doit coïncider avec la solution politique au Mali. Elle passepar deux éléments incontournables. Organiser au plus vite une élection présidentielle, enjuillet, le président Traoré me la réaffirmé avec force. Ce calendrier est incontournable, car lafuture autorité politique du Mali a besoin dune légitimité nationale et internationale. Ledeuxième est lorganisation de la commission de dialogue et de réconciliation conformément àla feuille de route. Il faut quelle fonctionne le plus vite possible. Le président malien maassuré que ses membres seraient connus dici une dizaine de jours ».► Six questions sur le retrait des forces françaises…La France souhaite passer le relais aux forces africaines, ou mieux : à une force onusienne dans les prochaines semaines. Mais le calendrier reste incertain.Au sommet de lEtat, on lassure : tout se déroule comme prévu au Mali et lopération « Serval »est une réussite. Dans une interview au « Monde » datée de mardi 12 mars, le ministre de laDéfense, Jean-Yves Le Drian assure que « les opérations se déroulent conformément àlagenda fixé ». Bien. Mais au fait... quel est cet agenda ? Est-il tenable ? Malgré les multiplesannonces que se succèdent, le calendrier est incertain.
  13. 13. 1. Quand la France quittera-t-elle le terrain ?Au lendemain de lopération terrestre française, le chef de lEtat avait prévenu : la Francerestera au Mali aussi « longtemps que nécessaire ». La crainte dun enlisement, exprimée parde nombreux acteurs, a cependant poussé les responsables politiques à donner une idée unpeu plus précise dun possible retrait. Ainsi après Laurent Fabius, ministre des Affairesétrangères, qui évoquait une diminution des troupes en mars, cest François Hollande qui aassuré quune partie des soldats – 4 000 hommes - quitterait le pays en avril.Des annonces dordre politique qui nengage en rien un retrait effectif. Elles visent dans unpremier temps à assurer que la France na pas vocation à rester au Mali. Ensuite, ellespermettent de mettre la pression sur les forces africaines qui sont censées prendre le relais àterme. Et presser lUnion africaine et la Cédéao (Communauté économique des Etats dAfriquede lOuest) daccélérer la mise en place de la Misma, et les Nations unis de transformeréventuellement la Misma en force onusienne.2. Comment la France peut-elle partir ?La mission que sest donnée Paris est de « libérer lensemble du territoire malien ». Paris esttenu par cet engagement public. Interrogé il y a quelques semaines, le général VincentDesportes, ancien directeur de lEcole de guerre, expliquait que « la France nest pas dans laposition quelle avait en Afghanistan, où elle pouvait repartir avant les délais fixés. Là, le paysest la force principale et en tant que telle, elle est responsable de la sécurité et du bondéroulement des opérations de relève ».La marge de manoeuvre est donc courte dici à avril car dun point de vue militaire, la situationsur le terrain est complexe et le retrait, même partiel, dépendra de lavancée réelle desopérations. Et tout peut évoluer. Deux mois après le début de lintervention française, lessoldats sont remontés jusquà lextrême nord du Mali où ils tentent de débusquer déventuelsterroristes djihadistes. Jean-Yves Le Drian a cependant indiqué qu’« il y aura sûrementdautres combats violents. Dici trois semaines, si tout se passe comme prévu, ce territoiresera complètement visité ». Le retrait risque donc très progressif. Toujours est-il que danslhypothèse où la France remportait une victoire sur les combattants djihadistes, et quunepartie des troupes françaises reviennent, une autre restera sans doute bien plus longtemps.Dabord, parce que si lélection présidentielle malienne a lieu en juillet, comme le souhaite laFrance, il faudra veiller à ce quelle se déroule dans de bonnes conditions de sécurité. Ensuite,Paris doit garder une capacité dintervention rapide au cas où les troupes africaines setrouveraient en difficulté face à des djihadistes qui seraient tentés de reconstituer leurs forcesune fois les troupes françaises réduites. Cela suppose donc que la France maintienne desbases sur le territoire malien ou prépositionne des unités dans la région, comme en CôtedIvoire. La France est intervenue au Tchad en 1969, et de mission « Manta » en opération« Epervier », elle y est encore... « François Hollande tiendra probablement son engagement.Mais quand il dit quil retirera des troupes, il parle des troupes qui ne seront plus utiles,explique Vincent Desportes au « Nouvel Observateur ». Je pense, en particulier aux troupeslourdes, dont la projection a été déclenchée alors que nous étions au cœur de la premièrebataille, alors que Gao et Tombouctou navaient pas été repris ». Et dajouter : « On risque desapercevoir assez rapidement quelles ne sont plus nécessaires. Les combats dans la zone delAdrar des Ifoghas ne sera pas une bataille de blindés, mais plus vraisemblablement unebataille dans laquelle les forces spéciales et la destruction par les frappes aériennes serontprépondérants ».3. Qui prendra le relais ?La France table sur une mise en place rapide de la force africaine, la Misma, et satransformation en une opération de maintien de la paix (OMP) de lONU, la Minuma, pourprendre le relais de ses troupes. Mais la Misma, qui compte aujourdhui environ 6 300 hommessur le sol malien, en y intégrant les 2 000 soldats tchadiens, est loin dêtre prête, elle doitencore être formée et équipée.
  14. 14. Elle manque de tout pour le moment : armes, pick-up, produits alimentaires... Avant quelle neconstitue un ensemble cohérent, il va se passer plusieurs mois. Jean-Yves Le Drian assureque la Misma assurera les fonctions de « sécurisation des villes ». « Elles deviendront ensuitele creuset de la Minuma ». Ainsi, plus vite cette dernière, chapeautée par lONU, sera mise enplace, plus vite on réglera le problème de la Misma. Le ministre de la Défense a dit avoir « bonespoir » de voir cette force aboutir début avril. Pour le moment, la décision na pas encore étéprise et les plans ne sont pas arrêtés. Quoi quil en soit, pour lheure, la démarche estdiplomatique.4. Comment se déroulera lopération de maintien de la paix ( OMP) de lONU ?Mardi, Laurent Fabius a indiqué à la Commission des Affaires étrangères de lAssembléenationale quune résolution sur une OMP serait proposée au Conseil de sécurité en avril pour yêtre voté. Il a précisé que cette force onusienne serait opérationnelle deux mois plus tard.Selon un diplomate européen cité par lAFP, la Minuma pourrait mobiliser au total jusquà10 000 hommes. Aux forces africaines de la Misma sajouterait le contingent tchadien etdautres unités, notamment burundaises et mauritaniennes. Les opérations de maintien de lapaix doivent être acceptés par toutes les parties, être impartiales et ne peuvent pas user de laforce. Cest plutôt une force dinterposition qui ne peut intervenir quen cas de légitime défenseou si un mandat les y autorise.5. Qui financera lopération de maintien de la paix ?Une source diplomatique, citée par lAFP, confie que largent promis à Addis Abeba lors duneconférence de donateurs de lUnion africaine destinée à financer la Misma et la restructurationde larmée malienne, soit plus de 455 millions de dollars (338 millions deuros) « nest pasencore sur les comptes » et les Tchadiens se sont inquiétés de savoir quand et par qui ilsseraient payés. Une telle mission de lONU résoudrait au moins un problème, celui dufinancement. Laurent Fabius a indiqué que lOMP serait financée par les Nations unis. Jusquàprésent cest la France qui a supporté lessentiel des frais, ainsi que la majeure partie desdépenses du contingent fourni par le Tchad, soit 2 000 hommes (approvisionnement enmunitions et essence). Fin février, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait donné lechiffre de 100 millions deuros dépensés.6. Et larmée malienne dans tout ça ?Cest le talon dAchille de toute cette orchestration... Démoralisée, sans armes, son niveau decompétence na pas vraiment évolué depuis le début de lopération et tout est à reconstruire.Le ministre des Affaires étrangères évoque un outil adapté : la mission européenne EUTM quipourrait selon lui former 3 000 hommes. « Toute la question est la qualité du pré-recrutement.Il faut éviter le clientélisme ». Par ailleurs, sur le plan politique, la situation militaire ne peutêtre un succès quen cas dapplication de la feuille de route adoptée par Bamako et avaliséepar Paris. Celle-ci prévoit une élection présidentielle en juillet ainsi que louverture duneCommission vérité et réconciliation pour régler le conflit touareg, involontairement à loriginede la déstabilisation du Mali. Et lavenir du Mali se joue tout autant au sud quau nord.
  15. 15. ► LONU accuse des soldats maliens de mener des représailles …Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de lhomme a accusé mardi 12 mars dessoldats de larmée malienne davoir mené, depuis lintervention française dans le nord du paysen janvier, des représailles à lencontre de plusieurs groupes ethniques, demandant au Maliune enquête à ce sujet. Les conclusions de la mission dobservation menée par le Haut-Commissariat depuis le 18 février « suggèrent que la récente intervention dans le nord du Malia été suivie par une grave escalade des violences » et par des « représailles » menées par desmembres de « larmée » qui semblaient « viser les Peuls, les Touaregs et des groupesethniques arabes perçus comme soutenant les groupes armés », a déclaré la Haute-Commissaire adjointe, Kyung-wha Kang, devant le Conseil des droits de lhomme de lONU.Elle a par ailleurs expliqué que « la situation a été exacerbée par la propagation de messagesincendiaires, y compris à travers les médias, stigmatisant les membres de ces communautés,dont des milliers ont fui par peur de représailles de la part de larmée malienne ». « Ceux quirestent dans le pays ont peur dêtre des cibles non pas pour ce quils ont fait mais pour cequils sont », a-t-elle ajouté. Mme Kyung-wha Kang a par ailleurs demandé aux autoritésmaliennes de mener une enquête à ce sujet et de punir les responsables.Présent dans la salle du Conseil des droits de lhomme à Genève, le ministre de la Justice duMali, Malick Coulibaly, a déclaré que les allégations dexactions imputables aux forcesmaliennes sont « le fait dactes isolés dont les auteurs seront poursuivis et punis ».► Point de situation du 14 mars 2013 (du 11/03 18h au 14/03 18h)…Au cours de ces derniers jours, les opérations aériennes se sont poursuivies avec près de 80sorties, principalement dans la région de l’Adrar des Ifoghas et le long de la boucle du Niger deGao à Tombouctou. Environ 25 sorties ont été dédiées à l’appui CAS des opérations terrestres,25 au transport de nos forces et de nos matériels, les autres sorties étant consacrées ausoutien des opérations.Le 14 mars, une cérémonie à N’Djamena a marqué le départ prochain des 2 Mirage F1 CRdéployés sur la base aérienne 172 « Adj Kosseï » mettant un terme à 30 années de présence de
  16. 16. cet avion de chasse sur le continent africain. « Manta, Epervier, Birao, Artémis, Licorne, Eufor /Tchad » ou encore « Serval » : autant de noms d’opérations qui auront vu le déploiement desMirage F1 CR. Entre les détachements « Epervier 1 » en 1997 et « Epervier 100 » aujourd’hui,500 pilotes et 4 000 mécaniciens se sont succédés pour réaliser plus de 13 000 missionsopérationnelles de reconnaissance aérienne, de présence dissuasive et d’appui-feu totalisantainsi 32 000 heures de vol. Les 2 Mirage F1 CR rejoindront la France le 16 mars prochainlaissant leur place aux 8 Rafale qui composent désormais le détachement chasse de NDjamena.Au sol, à Ménaka comme à Kidal, les patrouilles de sécurité continuent d’être menées pourrenforcer le contrôle de zone. Sur la boucle du Niger, une opération conjointe, menée parl’escadron déployé à Tombouctou et les forces maliennes stationnées à Gossi, a débuté le 7mars dernier. 150 militaires français de l’escadron d’aide à l’engagement (EAE) ont ainsiconduit une reconnaissance offensive les 7 et 8 mars sur la rive nord du fleuve Niger jusqu’àGourma Rharous. Sans toutefois prendre le contact avec l’ennemi, cette reconnaissance apermis de collecter des informations au gré des observations réalisées et des rencontres avecles autorités locales. Une fois le retour de l’EAE effectué et les points de franchissementpossibles sur le fleuve reconnus, un bataillon malien s’est élancé de Gossi le 11 mars dansune opération de fouille en direction du Nord. Leur entrée à Gourma Rharous a été saluée pardes mouvements de liesse de la population et constitue un pas supplémentaire dans lareconquête du territoire malien. Les opérations de fouille de la zone se poursuivent à ce jour.Dans la région de l’Adrar des Ifoghas, les GTIA 3 et TAP consolident la conquête de la vallée del’Amettetaï et poursuivent leurs investigations, découvrant et neutralisant de nouveaux IED. Atour de rôle, les unités engagées dans les dernières opérations se remettent en condition.Dans la région de Gao, le GTIA 2 conduit des patrouilles régulières et a découvert de nouvellesmunitions de 122 mm qui ont été détruites par les spécialistes du Génie. Ce sont près de 4 000militaires français qui sont déployés au Mali et engagés aux côtés de 6 300 soldats africains dela MISMA pour permettre au gouvernement de recouvrer l’intégrité de son territoire, de détruireles groupes terroristes et leurs sanctuaires.
  17. 17. Destruction de munitions Nettoyage des armes (poussière, sable…) Analyse pour sécurisation (contrôle chimique) d’un objet trouvé► Tchad : départ des Mirage F1 de la base aérienne 172 de N’Djamena…Le 14 mars 2013, la cérémonie des couleurs de la base aérienne « Adj Kosseï » a salué 30années de présence et d’engagement des avions de chasse Mirage F1 en Afrique. Ils laissentdorénavant leur place aux avions Rafale au sein de l’opération « Epervier ».Lors de la cérémonie, le commandant de la force, le colonel Laurent Rataud ( ancien commandantde la BA 702 d’Avord ) a d’abord rappelé l’histoire des Mirage F1 à N’Djamena. Elle débute en 1983lorsque les F1C ont effectué leur première mission dans l’opération « Manta ». Un an plus tard,ils étaient aux cotés des Jaguar pour effectuer, à partir de Bangui, une mission dereconnaissance armée, mission au cours de laquelle l’avion du capitaine Michel Croci estabattu par les tirs d’une colonne rebelle. En la mémoire du capitaine mort pour la France, lecamp d’Abéché, situé à 800 kilomètres de la capitale, porte désormais son nom. Ils ontégalement protégé le raid Jaguar qui a neutralisé la piste de Ouadi Doum le 16 février 1986 ; ceraid marquait le début de l’opération « Épervier ».Après une courte période d’absence, les Mirage F1 sont revenus en 1997 pour réaliser 100détachements successifs jusqu’à aujourd’hui. Les complémentarités des Mirage F1CR,spécialisés dans la reconnaissance, et des Mirage F1CT, spécialisés dans l’assautconventionnel, conduisirent à un format mixte.
  18. 18. Le détachement met alors en œuvre trois Mirage F1CR et trois Mirage F1CT. Depuis septembre2012, après le départ des F1CT, il ne compte plus que deux F1CR. Celui-ci apporte troiscapacités principales : la reconnaissance aérienne, la présence dissuasive et l’appui-feu canonou bombe.Simultanément à d’autres engagements, en Irak, en Bosnie, au Kosovo ou en Afghanistan, denombreuses opérations se sont succédées en Afrique pour les Mirage F1. Au cours de leursmissions, ils ont notamment participé à la protection des réfugiés rwandais au Zaïre dansl’opération « Turquoise », en 1994, mais également lors de l’opération « EUFOR TCHAD/RCA »en 2008 pour les réfugiés soudanais en provenance du Darfour. Ils ont également permis laprotection de l’évacuation de ressortissants à Brazzaville au Zaïre en 1997 et en Républiquedémocratique du Congo (RDC) l’année suivante. À l’été 2003, les Mirage F1CR se sontdéployés à Entebbe en Ouganda alors que les Mirage F1CT ont été renforcés par les Mirage2000D de Nancy. Un Mirage F1CR a été touché lors d’une mission de reconnaissance dans larégion. D’autres missions de reconnaissance et de démonstration de force ont été menées lorsde l’opération « Benga » en 2006 à Libreville. Il faut également ajouter à cette longue liste lesopérations « Almandin, Dorca, Licorne, Boali » ou encore plusieurs appuis aux « RESEVAC »menées au Tchad. Cette année encore, les Mirage F1CR ont été les premiers chasseurs à seposer à Bamako dans le cadre de l’opération « Serval ». Les pilotes y ont effectué des missionsd’appui au canon et de reconnaissance.Entre les détachements « Épervier 1 » en 1997 et « Épervier 100 » aujourd’hui, plus de 13 000missions opérationnelles ont été effectuées par les F1CR et CT du détachement chasse de laforce « Épervier » en 32 000 heures de vol. Le commandant de la force « Épervier », aégalement rendu hommage au Cne Chalier qui a laissé sa vie lors d’une mission à Moussoroen 1991. Il a aussi salué le travail des 500 pilotes et des 4 000 mécaniciens qui se sontsuccédées, venant des prestigieux Escadrons de Reconnaissance 1/33 « Belfort », 2/33« Savoie », 3/33 « Moselle », du Régiment de Chasse 2/30 « Normandie Niémen », du Groupe deChasse 1/30 « Alsace » et de l’Escadron de Chasse 3/33 « Lorraine ». Les Mirage F1 quitterontla base aérienne tchadienne le 16 mars prochain et laisseront leur place aux différentsescadrons Rafale qui composent désormais le détachement chasse de la force « Épervier ».Malgré leur départ de la force « Épervier », les Mirage F1 ne tirent pas pour autant un traitdéfinitif sur leur carrière opérationnelle dans le reste du monde. En effet, à partir du mois demai, ils se déploieront en Lituanie dans le cadre de l’opération « Baltic ». Cette opération, quirentre dans le cadre de l’OTAN, est une mission de police du ciel au dessus des trois paysbaltes (Estonie, Lettonie et Lituanie).
  19. 19. ► Encore des renforcements de capacités…Huit Rafale sont désormais basés à NDjamena au profit de lopération « Serval ». Ce qui estprésenté comme une relève des deux F1CR est bien un renforcement de capacité, ne serait-ceque par lendurance et les capacités d’emports plus importants apportés par les deux appareilsarrivants. Les Rafale peuvent aussi voler la nuit, ce qui nest plus le cas des F1CR. Enfin, ilsont de meilleures capacités dinteraction avec le sol et les autres aéronefs en vol. « Serval » estune guerre de tuyaux, à tous les sens du terme.Par ailleurs, les F1CR vont se déployer dans les pays baltes dans quelques semaines, on peutimaginer que ce retour en France va simplifier quelques points logistiques. Les Rafale avaientdéjà brièvement repéré les lieux à NDjamena avant « Serval », mais ils sont désormais lesseuls chasseurs en place. En comptant les avions des FFEAU, 14 Rafale sont désormais enopérations outremer.

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