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Operation serval   23 Operation serval 23 Document Transcript

  • MALI : OPERATION « SERVAL »► Les soldats français filmés lors dun combat avec les djihadistes…Un journaliste a suivi les soldats français lors dune bataille dans les régions montagneusesdes Ifoghas au nord du Mali. Quatre djihadistes sont tués et un prisonnier capturé. Leprisonnier est un enfant âgé de seize ans tout au plus. Il est maintenu prisonnier par larméefrançaise pour apporter des renseignements.Dimanche des affrontements meurtriers se sont déroulés dans le massif des Ifoghas. Unjournaliste muni de sa caméra a accompagné les soldats français au coeur des combats. Lesdjihadistes calfeutrés dans la région montagneuse sont difficiles à localiser. Les combattantsfrançais doivent alors avancer mètre par mètre. Cette région montagneuse et sèche estappelée « la planète mars » par les soldats français. Les djihadistes ont finalement dû céder.Après des heures de fusillade, ils se sont repliés. (vidéo non capturable). En lieu et place : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=w0TbjShZcG0► L’Algérie n’a reçu aucune demande pour identifier les deux corps…Le ministre algérien de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, a fait plusieurs « révélations » de tailleau cours d’une interview à la chaîne de télévision Al Arabiya, le 11 mars. Elles concernent lesdeux terroristes d’Aqmi, Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeid, les otages japonais pendant del’attaque d’In Amenas, ou encore les assassins présumés de Chokri Belaïd en Tunisie.Le ministre algérien de l’Intérieur a affirmé que l’Algérie n’avait reçu aucune demande de lapart de la France, du Mali ou du Tchad pour aider à l’identification des corps des deuxterroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeid,présumés morts lors de combats dans le nord du Mali. « Les armées françaises, malienne outchadienne n’ont pas sollicité l’Algérie pour identifier les corps de ces deux hommes , a préciséM. Ould Kablia. À l’heure actuelle, aucun pays n’a confirmé la neutralisation des deux chefsterroristes en l’absence d’analyses ADN précises ».Le président tchadien Idriss Déby Itno a annoncé à plusieurs reprises que les deux chefsd’Aqmi avaient bien été tués par ses troupes dans le courant du mois de février dernier, alorsque des informations rapportées par plusieurs médias certifiaient qu’Alger avait reçu deséchantillons ADN pour aider à l’identification de Belmokhtar et d’Abou Zeid.
  • Interrogé sur l’attaque terroriste perpétrée le 16 janvier 2013 par un groupe armé sur lecomplexe gazier d’In Amenas, au sud-est d’Algérie, Dahou Ould Kablia a également révéléqu’un haut responsable japonais avait proposé au gouvernement algérien un « chèque enblanc » pour obtenir la libération des otages japonais retenus par les ravisseurs. Toutefois,cette proposition a essuyé un refus catégorique de la part des Algériens qui restent opposésau paiement de rançons aux groupes terroristes en échange de la libération d’otages. Dixtravailleurs de l’entreprise japonaise JGC ont été tués lors de l’attaque d’In Amenasrevendiquée par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.Par ailleurs, le ministre a démenti au cours de la même interview que son pays ait livré à Tunisl’assassin présumé de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, tué de plusieurs balles devant sondomicile, le 6 février dernier. « Les autorités tunisiennes ont divulgué l’identité des tueurs deBelaïd. Elles connaissent chacun d’entre eux et savent où ils habitent », a ajouté Dahou OuldKablia.► Terrorisme : l’Afrique dans le rouge…Enlèvements de ressortissants étrangers, attentats... Le conflit malien va-t-il favoriser lamobilisation de tous les groupes jihadistes du continent ? Les pays de la sous-régionsefforcent datténuer londe de choc.Cest un dessin de Willem publié dans le quotidien français Libération. Un poing, que londevine français, tape sur le Mali et, au lieu de les écraser, projette les jihadistes qui sy trouventchez les voisins immédiats. En Mauritanie, au Burkina, au Niger, au Tchad... « Cest assezjuste », admet, le journal sous les yeux, un diplomate français qui joue un rôle crucial au QuaidOrsay. Instruite par lexpérience de lintervention en Libye en 2011, dont les conséquencesdans la sous-région ont été bien plus importantes que ce qui avait été imaginé, la France sedoute que la guerre au Mali aura des suites. « Il faut sattendre à ce que ce conflit ne soitquune étape », estimait, le 28 février à Paris, le colonel Vladimir Tozzi, spécialiste durenseignement et de la contre-guérilla, lors dun colloque consacré au Sahel.De quelle nature sera londe de choc ? Quels pays touchera-t-elle en premier ? « Difficile à dire.On sattend à des enlèvements, à des attentats, mais où ? Cest toute la région qui estmenacée », souffle le conseiller diplomatique dun président ouest-africain.Le 23 février, le porte-parole du Mouvement pour lunicité et le jihad en Afrique de lOuest(Mujao), le groupe qui a revendiqué plusieurs attentats-suicides ces dernières semaines à Gaoet plus au nord, a cité des cibles pour ses apprentis kamikazes : Bamako, Ouagadougou,Niamey. Dans ces trois capitales, on prend ces déclarations très au sérieux.Niger, Tchad, Mauritanie : le Niger est considéré par la plupart des experts comme lun despays les plus exposés, au même titre que le Tchad et la Mauritanie. Trois pays, pourtant, quiont considérablement renforcé leur surveillance aux frontières. Au Niger, 5 000 hommes ontété déployés le long des 800 km de frontière commune avec le Mali. Tous les axes routiers sontrigoureusement contrôlés. Dans la capitale, la sécurité des points sensibles (ambassades,hôtels) a été renforcée. Le Niger peut également compter sur les Français et les Américains,qui ont musclé leur dispositif de renseignement. Ces derniers ont été vus à Agadez, la grandeville du Nord, où les habitants observent depuis peu le ballet des avions de surveillance dansle ciel. Dans ces conditions, une colonne de pick-up remplis de terroristes armés nauraitaucune chance datteindre son but. « Les jihadistes du Nord-Mali sont considérablementaffaiblis, et nos capacités ont été renforcées. La menace nest pas plus forte quavant. Maisnous ne sommes pas à labri dun acte isolé », convient Mohamed Bazoum, le ministre nigériendes Affaires étrangères.
  • Durant ses mois de règne à Gao, le Mujao na pas seulement recruté des Maliens en perdition.Il a fait son marché dans les pays voisins. « Sa tâche, cétait de recruter les Ouest-Africains,comme Al-Qaïda au Maghreb islamique [Aqmi] devait recruter des Arabes, et Ansar Eddine desTouaregs », indique un agent malien. Des habitants de Gao se souviennent avoir entendu deshommes du groupe jihadiste parler des langues étrangères. « Des Peuls du Niger ont rejoint leMujao pour affronter le MNLA [Mouvement national de libération de lAzawad, à dominantetouarègue], confirme Bazoum. Dautres y sont allés pour des raisons plus idéologiques.Certains sont rentrés, et il nest pas impossible quils soient encore avec le Mujao et préparentdes attentats. »Doutes : autre pays menacé, le Burkina, qui, comme le Niger, a pris des dispositions depuisdes mois. Plus de 1 000 hommes surveillent la frontière nord. Même le Sénégal, « où lon a lesentiment que tout va bien, nest pas à labri », indique un diplomate français. Le pays, qui amultiplié les arrestations de suspects ces dernières semaines, « a pris toutes les mesuresnécessaires », a tenté de rassurer Mankeur Ndiaye, le ministre des Affaires étrangères, le23 février, au lendemain dune (fausse) alerte à la bombe en plein centre de Dakar.Willem, le dessinateur de Libération, avait vu juste, mais peut-être pas assez loin. « Qui auraitprédit que des Français seraient enlevés au Cameroun ? » sinterroge un diplomate français.Pour lheure, le lien entre lopération « Serval » déclenchée au Mali le 11 janvier et lenlèvement,le 19 février au Nord-Cameroun, de la famille Moulin-Fournier (trois adultes et quatre enfants),nest pas formellement établi. « On a des doutes sur lappartenance de leurs ravisseurs à BokoHaram. Et aussi sur les liens de cause à effet avec la guerre au Mali », indique une sourcediplomatique française.
  • Le 4X4 à bord duquel la famille Moulin-Fournier se trouvait quand elle a été kidnappée (© AFP)Certes, les kidnappeurs se sont présentés, dans la vidéo quils ont diffusée sur internet le25 février, comme des membres de la secte fondamentaliste nigériane. Et parmi leurs griefs, ilsont évoqué « la guerre contre lislam » menée par François Hollande au Mali. Mais « il peut toutaussi bien sagir dun groupe crapuleux qui, sous couvert dun combat idéologique, cherche àmonnayer sa prise », indique la même source. Cest aussi lhypothèse privilégiée par la plupartdes spécialistes du Nigeria, qui font observer que jamais Boko Haram, dont la cible est legouvernement central, navait enlevé dOccidentaux, contrairement au groupe dissidentdAnsaru, qui y a kidnappé un Français en décembre.Pour autant, Boko Haram nest pas complètement étranger aux autres groupes jihadistes ducontinent. Il est probable - mais pas avéré - que des éléments de la secte ont suivi uneformation auprès dAqmi et, pour certains, rejoint les rangs du Mujao. Des contacts ont aussiété tissés avec les Shebab somaliens. Dès sa création au début des années 2000, la secte,alors « simplement » insurrectionnelle, comptait des fidèles au Tchad, au Niger et auCameroun. Et en 2009, de nombreux cadres poussés à lexil (quand le mouvement est entrédans la clandestinité) se sont réfugiés chez les voisins. Ces derniers temps, les hommes deBoko Haram avaient multiplié les enlèvements de riches Nigérians. Le Nord-Cameroun leurservait de base arrière.Chute du tourisme, départ des investisseurs et des ONG... : dans ce contexte, Alain Rodier,chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement, sétonne que le Quai dOrsay« nait pas mentionné, avant le dernier enlèvement, le nord du Cameroun comme une zone àrisque ». Il sagit, selon lui, « dun manque dattention ou dun retard à lallumage ». Et de jouerles Cassandre : « On ne doit pas se voiler la face : la France est en guerre contre la nébuleuseislamiste. Désormais, tous les Français sont des cibles ».Équilibrisme : après lenlèvement de la famille Moulin-Fournier, le Quai dOrsay a vite réagi.Immédiatement, le nord du Cameroun est passé en zone rouge. Comme le nord du Bénin - cequi a provoqué la colère de Cotonou. Le rouge, cest la couleur qui correspond au plus hautniveau de danger identifié par le Centre de crise du ministère. Aujourdhui, cette ceinturesétend à la quasi-totalité du Sahel. En tout, 33 pays du continent, sur 54, font partiellement outotalement lobjet de restrictions formelles (rouge) ou sont « déconseillés sauf raisonsimpératives » (orange). « Le nombre de ces restrictions a explosé depuis quelques années »,reconnaît un fonctionnaire du ministère. Cela nest pas sans conséquences pour les paysconcernés : fuite des touristes, et aussi, souvent, des ONG et des entreprises. Didier Lebret, ledirecteur du Centre de crise, en est conscient : « Cette carte, on la veut aussi objective quepossible. Les conséquences pour les pays sont parfois désastreuses. Mais cela ne doit paspour autant faire lobjet de négociations entre États ». Un travail déquilibriste...Accusé davoir été laxiste sur le Cameroun, le Quai dOrsay est jugé alarmiste par le Bénin.Selon un diplomate, « des éléments nous permettent de croire quil y a des risques » dans lenord de ce pays. Il reconnaît cependant quen « pointant certaines zones, on prend aussi lerisque de donner des idées à des groupes crapuleux ou idéologiques ». Cest ce que lonappelle, au Quai, « la prophétie autoréalisatrice ». On pourrait tout aussi bien parler deffetboomerang.
  • ► Abubakar Shekau, l’imam caché de Boko Haram…Chef de la secte nigériane Boko Haram, Abubakar Shekau est lun des jihadistes les plusrecherchés dAfrique. Et lun des plus secrets.En juillet 2009, la secte islamiste Boko Haram lance une série dattaques meurtrières dans lenord du Nigeria. Pendant cinq jours, les combats font rage. Des centaines de personnes sonttuées. Parmi elles, Mohamed Yusuf, fondateur et chef spirituel du mouvement, abattu par lapolice dans son fief de Maiduguri (Nord-est). À lépoque, les forces de sécurité nigérianesannoncent aussi lélimination dAbubakar Shekau, son bras droit. Un an plus tard, enjuillet 2010, « limam Shekau » réapparaît, à la surprise générale, dans une vidéo postée surinternet. Il sy proclame leader de Boko Haram et promet une lutte sans merci au gouvernementcentral. Depuis, il est lun des jihadistes les plus recherchés dAfrique... et lun des plusméconnus.Brutal : tout juste sait-on quil est né à Shekau, un village de lÉtat de Yobe, non loin du Niger.Nul ne connaît son âge exact : 35, ou 43 ans ? Abubakar grandit à Mafoni, un quartierdéfavorisé de Maiduguri. Il traîne dans la rue, fume de la marijuana. Comme beaucoup dejeunes du coin, il est fasciné par Mohamed Yusuf, avec qui il entre en contact au début desannées 2000. Contrairement à son aîné, Shekau na pas reçu de véritable formationthéologique. Décrit comme un individu brutal et peu prolixe, il ne parle pas langlais etsexprime en kanuri, en haoussa ou en arabe.Shekau est également introuvable depuis trois ans. On signale sa présence tantôt au Nigeria,tantôt au Tchad ou dans le Nord-Cameroun. Ses apparitions se résument à de rares vidéos.Keffieh sur la tête, qamis blanc des salafistes et kalachnikov à portée de main : limage quilveut donner rappelle celle dun certain Oussama Ben Laden. « Une secte comme Boko Harama besoin dun gourou, analyse Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria.Malgré tous ses efforts, Shekau na ni le charisme de Yusuf ni sa capacité à se faire respecterde tous ». Un manque dautorité qui expliquerait en partie les dissensions qui se font jour ausein de lorganisation.► Le colonel-major Ag Gamou rappelé à Bamako…Le colonel-major El Hadj Ag Gamou et les militaires français ne s’entendent visiblement pas ausujet du rôle que doit jouer le MNLA au nord du Mali. Le militaire loyaliste touareg a été rappeléde toute urgence à Bamako pour des explications.Le colonel-major El Hadji Ag Gamou, qui dirigeait des opérations militaire contres lesjihadistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) à Gao a étérappelé par le chef d’état-major général des armées à Bamako, au milieu de la semainedernière. À Bamako, en coulisses, on indique que ses divergences avec les militaires françaisau front, notamment dans la gestion du dossier du Mouvement national pour la libération del’Azawad (MNLA), sont à l’origine de cette convocation. De fait, Ag Gamou avait étéresponsable de l’arrestation de Abdoul Karim Ag Matafa, membre important du MNLA, alorsque celui-ci se rendait à un rendez-vous avec les militaires français à Menaka, le 9 février.Il aurait également été impliqué dans l’évasion du maire de Tarkint, Baba Ould Cheick, qui avaitété arrêté en février car figurant sur une liste de personnes recherchées par la justice maliennepour trafic de drogue. En outre, des bruits persistants faisaient état du projet d’Ag Gamou dese rendre avec ses 700 combattants à Kidal (au nord du Mali), une ville jusque là sous lecontrôle des forces françaises, en ce qui concerne l’aéroport et, pour le reste, du Mouvementislamique de l’Azawad (MIA) et du MNLA.
  • En bon militaire, Ag Gamou ne souhaite pas s’étendre sur ces dissensions. « Je suis là (àBamako), dans le cadre du travail et pas d’autre chose. Il n’y a pas de problème », assure-t-il.Mais dans son entourage proche, on reconnaît qu’il est très affecté par sa convocation.« Depuis son retour à Bamako, Gamou est complètement démoralisé, il nous a dit qu’il nereprendrait l’initiative qu’après la tenue des élections, car cette façon de gouverner le pays nelui plaît pas », confie à J.A. lun de ses fidèles. GAMOU, au centre► Jeu vidéo pour jihadistes en herbe…Le « design » n’a rien de moderne et, en terme de graphisme, on se croirait revenu vingt ans enarrière. Mais, côté politique, c’est sans doute une première. Créé par des utilisateurs d’unforum fréquenté par des jihadistes, un jeu vidéo vous propose de vous plonger dans la guerreau Mali. Objectif : détruire des avions français.On est loin de la cyber-guerre. Loin également des jeux vidéo ultra-réalistes qui remplissent lesjournées, et les nuits, de beaucoup dadolescents. Les « créateurs jihadistes » ont encore duchemin à faire. Cependant, ils ont lancé leur premier jeu vidéo, via le « Ansar Al-MujahideenArabic Forum » (AMAF), fréquenté par les milieux islamistes radicaux, notamment liés à Al-Qaïda. Le principe est simple : le « frère musulman » se retrouve dans la peau d’un combattantd’Al- Qaïda, pilote de chasse chargé, une fois qu’il a cliqué sur le bouton « Play », de «repousser l’offensive des Français contre les musulmans du nord du Mali ». Plusconcrètement, l’objectif est limpide : abattre le plus d’avions français que possible, en évitantles missiles qui cherchent à le détruire.« Same player try again » ? Un Français abattu rapporte des points, un projectile reçu en faitperdre. Et si le score, qui s’affiche en anglais, atteint zéro, pas d’inquiétude... Le messagesuivant s’affiche : « Félicitations, vous êtes devenu un martyr ». Jeu vidéo mis en ligne par des membres dun forum islamiste. © Capture décran.
  • ► Décès d’un soldat français…Dans la nuit du 15 au 16 mars 2013, des éléments français des GTIA 4 et GTIA TAP ont étéengagés dans une opération de recherche et de destruction dans le massif de l’Adrar au sudde l’Ametettai, à une soixantaine de kilomètres au Sud de Tessalit.Dans l’après-midi, au cours de la progression en direction du Sud, un char AMX 10 RC a ététouché par une explosion, tuant le pilote et blessant les trois autres membres de l’équipage,dont deux sérieusement. Ces derniers, rapidement évacués par hélicoptère médicalisé, ont étépris en charge par l’antenne chirurgicale aérotransportable stationnée à Tessalit. Aucunélément terroriste n’a été décelé dans cette zone au cours de l’action. Deux caches darmes etde nourriture avaient été localisées et détruites auparavant dans la journée. Cette opération,comme toutes celles menées depuis le 18 février dans l’Adrar des Ifoghas, vise à rechercher etdétruire les groupes terroristes et à démanteler leurs sanctuaires.Le soldat français tué au cours de cette opération est un caporal du 1 er régiment d’infanterie deMarine (1er RIMa) d’Angoulême.► Décès du caporal Van Dooren du 1er RIMa…Projeté au Mali depuis le 27 janvier 2013, il était engagé au sein du GTIA4 (groupement tactiqueinterarmes) dans le cadre de l’opération « Serval », en tant que pilote AMX 10RCR. Le 16 mars2013, au cours d’une opération dans la zone au sud de Tessalit visant à rechercher et détruireles groupes terroristes qui s’y trouvent encore, un blindé AMX 10RCR a sauté sur un enginexplosif, provoquant la mort du militaire.
  • Il est le cinquième soldat français à mourir au combat depuis le lancement del’opération « Serval ». Né le 8 avril 1989, le caporal Alexandre Van Dooren aura servi la Francedurant plus de trois ans.Le 6 octobre 2009, il souscrit un contrat d’engagé volontaire de l’armée de Terre au CPIS(centre parachutiste d’instruction spécialisée) de Perpignan. Le 7 avril 2010, il rejoint le1er régiment d’infanterie de Marine d’Angoulême pour cinq ans. Au terme de sa formationinitiale durant laquelle il fait preuve d’un très fort potentiel, il est élevé à la distinction de1re classe le 7 octobre 2010 et est affecté au 3 ème escadron. Engagé très dynamique etparticulièrement efficace, il y occupe la fonction de pilote AMX 10 RCR et se distingue enobtenant brillamment, dès octobre 2011, son certificat militaire élémentaire. Son excellentemanière de servir lui permet d’accéder au grade de caporal dès le 1 er avril 2012. Le caporalAlexandre Van Dooren totalisait trois missions au cours desquelles son enthousiasme et sesqualités intellectuelles et physiques font l’unanimité, tant auprès du commandement que deses camarades. D’avril à juillet 2011, il avait été engagé dans sa fonction de pilote AMX 10 RCRau sein du 5ème régiment interarmes outre-mer à Djibouti. De janvier à mai 2012, il avait servi entant que chef d’équipe « PROTERRE » au sein du 41ème bataillon d’infanterie de marine, enGuadeloupe. Une nouvelle fois, il y avait été particulièrement remarqué pour son sens aigu desresponsabilités et sa rusticité.Le caporal Alexandre Van Dooren était titulaire de la médaille de bronze de la Défensenationale depuis 2012. Agé de 24 ans, il était en situation de concubinage et père d’un enfant. Ila été tué dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.
  • http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=6fYn3PQ1wpw► 1er régiment dinfanterie de marine…Le 1er régiment dinfanterie de marine (1er RIMa) d’Angoulême est subordonné à la 3 ème brigademécanisée (3ème BM). Régiment le plus ancien des troupes de marine, le 1er RIMa estparticulièrement fier de son passé prestigieux et de sa riche expérience accumulée depuisdeux siècles sur tous les continents. Formation Blindée légère depuis 1988 (AMX 10 RCR,VBL…), le régiment constitue un outil de combat puissant et performant, qualifié pour toutesles missions de combat blindé ou de renseignement. Il appartient depuis juillet 2009 à la 3èmeBM. Sa vocation opérationnelle est tournée vers la projection d’urgence et l’engagement outre-mer.« Ils ne savent où le destin les mène, seule la mort les arrête ». Depuis sa création, le 1er RIMa aparticipé à toutes les grandes opérations menées par l’armée française (Liban, Bosnie,Kosovo, Tchad, Côte d’Ivoire, République Centre Africaine, Afghanistan). En 2010, plus de 60%du personnel du régiment est parti en mission en Guadeloupe et à Djibouti ou encore enopération au Kosovo et en Afghanistan.Mission : le 1er RIMa participe aux différentes actions extérieures où est engagée la France.Son expertise le rend apte à remplir toute la panoplie des missions de projection. Le 1er RIMabénéficie dune véritable culture opérationnelle : combat blindé, opérations de rétablissementou de maintien de la paix, intervention à caractère humanitaire, évacuation de ressortissants,opérations amphibies... Ayant vocation à être engagé outre-mer, il participe à toutes lesactions en cours sans oublier les missions de sécurité intérieure sur le territoire national. Le1er RIMa est spécialement fier de sa riche expérience accumulée depuis deux siècles sur tousles continents. Il constitue un outil de combat disposant de moyens puissants, mobiles etperformants qui le rendent particulièrement apte à lacquisition du renseignement et au combatblindé.Matériel : 18 chars AMX 10 RC revalorisés (RCR), 16 VAB dont 3 VAB T20/13, 57 VBL dont 4VBL Milan et 10 VBLL
  • AMX 10 RCR (revalorisé) : c’est un engin de reconnaissance puissamment armé, doué dune très bonnemobilité sur route et en tout chemin, amphibie (sauf avec surprotection), protégé contre les armeslégères dinfanterie.Caractéristiques : vision nocturne : épiscope OB31 pour pilote et télévision bas niveau de lumière DIVT13ou caméra castor thermique DIVTT16 – NBC : protégé par pressurisation et filtration de l’air et radiamètre,dosimètre, DUK-DUR 440 – longueur : 9,13m – largeur : 2,95m – hauteur : 2,60m – masse : 17t avec Classe20 – surprotection – carburant : 520l de gazole soit 800km ou 17h de fonctionnement. Equipage : 1 chefd’engin + 1 tireur + 1 chargeur et 1 pilote - armement principal : 1 canon 105mm sous tourelle conduitede tir automatique – armement auxiliaire : 1 mitrailleuse 7,62 coaxiale, 1 mitrailleuse sur tourelle et pivot –munition : 38 munitions de 105mm dont 12 en tourelle – 4 000 cartouches de 7,62mm – 16 charges pour 4lance-pots fumigènes DREB – vitesse moyenne sur chemin : 60km/h – sur route : 85km/h –franchissement aquatique : 7,2km/h.Le 1er Rima a dépêché deux escadrons au Mali (soit 310 hommes sur les 770) et près de 150véhicules, dont des chars de reconnaissance de type AMX-10. Le chef de corps, le lieutenant-colonel François-Marie Gougeon, est sur place. Il dirige le Groupe tactique interarmes 3(GTIA3), constitué d’une majorité de « marsouins », épaulés par des hélicoptères de l’armée deTerre (Tigre). « On a tous conscience de vivre une opération qui ne ressemble à aucune autre[…]. Il fait 45 à 55 degrés, pas à l’ombre, puisqu’il n’y a pas d’ombre », a dit le colonel Gougeonau journal Le Monde, qui a publié le 7 mars un long reportage effectué dans la valléed’Ametettai. Dans ce texte, un autre soldat du 1er Rima évoque la violence des combats etraconte que les djihadistes n’ont pas hésité à attaquer à l’arme légère un blindé françaiséquipé d’un canon de 105 mm. Le 1er Rima est un régiment d’élite basé à Angoulême depuis1984. Au printemps 2012, la moitié de ses 770 soldats étaient en mission en Afghanistan, auKosovo et au Sénégal.
  • ► Point de situation du 18 mars (du 14/03 18h au 18/03 18h)…Au cours de ces derniers jours, les opérations aériennes se sont poursuivies avec plus d’unecentaine de sorties, principalement dans la région de l’Adrar des Ifoghas et le long de la boucledu Niger, de Gao à Tombouctou. Une trentaine de sorties a été dédiée à l’appui CAS desopérations terrestres, une quarantaine au transport de nos forces et de nos matériels, lesautres sorties étant consacrées au soutien des opérations.Au sol, les opérations se poursuivent. Au centre, sur la boucle du Niger, l’opération conjointemenée par l’escadron d’éclairage et d’appui (EAE) et les forces armées maliennes s’estpoursuivie jusqu’au 15 mars avec un effort dans la région de Gourma-Rharous. A cetteoccasion, le détachement de liaison français auprès des maliens a assuré une mission de« mentoring » auprès des troupes déployées. Cette opération n’a pas donné lieu à des contactsavec les groupes insurgés mais, elle a permis aux forces armées maliennes de se réapproprierle terrain et de mener leurs opérations en toute autonomie.A Tombouctou, l’EAE a regagné sa zone de déploiement à proximité de l’aéroport et poursuitses patrouilles de reconnaissance. Des éléments de la MISMA et de l’ONU sont arrivés cesderniers jours afin de préparer la relève des éléments français par un bataillon de la MISMA.Dans la région de Gao et plus particulièrement dans la zone de Djebok, les éléments du GTIA 2engagés depuis le 12 mars dans l’opération « Doro », ont fait face au harcèlement des groupesterroristes le long de leur axe de progression. Pris à partie sporadiquement par des tirs àcourte et moyenne portée, le GTIA 2 a neutralisé une quinzaine de terroristes et 8 pick-up avecl’appui combiné des moyens terrestres et aéroterrestres (GAM et VBCI). Il a également déceléet neutralisé plusieurs IED et a saisi une quantité importante d’armes (2 affûts de 14,5mm etPKM notamment) ainsi que des munitions.Dans la nuit du 17 au 18 mars, plusieurs détonations ont été entendues au nord de Gao. LeGTIA 2 a mené une mission de reconnaissance qui lui a permis de détruire 4 tubes delancement de roquettes 122mm. Au Nord, dans le massif de l’Adrar, les GTIA 3 et GTIA TAPsont toujours engagés en coordination avec les forces tchadiennes et poursuivent leursopérations dans la région située au sud de Tessalit.Le 16 mars, en tête d’une reconnaissance offensive du GTIA TAP, dont la mission consistait àdétruire les groupes terroristes encore implantés dans cette zone, un blindé de type AMX10RCR du 1er RIMa, a été touché par une explosion. Le caporal Van Dooren est décédé. Lestrois autres membres d’équipage ont été blessés, dont deux sérieusement. Ils ont étéimmédiatement évacués par hélicoptères en direction de l’antenne chirurgicale avancée deTessalit, puis de Bamako, avant d’être rapatriés vers la France. Un effort logistiqueconsidérable a été mené en amont afin de permettre ce nouvel engagement des GTIA. Unedizaine de mécaniciens venus spécialement de Bamako en renfort et œuvrant de jour commede nuit aux côtés du personnel de maintenance et des unités de combat, ont permis de rétablirune disponibilité de près de 100% des matériels majeurs réengagés pour l’opération. AMénaka, les patrouilles se sont poursuivies sans incident. Des munitions ont été détruites lorsde la reconnaissance d’une ancienne caserne des forces armées maliennes.Ce sont près de 4 000 militaires français qui sont déployés au Mali dans le cadre de l’opération« Serval ». A leurs côtés près de 6 300 militaires des forces africaines.
  • Mitrailleuse Kalachnikov, plus connue sous les initialesPKM – Caractéristiques : munitions : 7,62 x 54mm R – emprunt de gaz – cadence de tir : 650 coups/mn –vitesse à la bouche : 825m/s – portée pratique : 600m – masse non chargé : 8,99kg avec bipied –longueur : 1173mm – longueur du canon : 658mm – capacité : bandoulière de 100, 200 ou 250 cartouches. Rebelle touareg au Niger en 2008 armé dune PKM. De même que lAK-47, de nombreuses guérillas utilisent cette arme.
  • Affût de 14,5mm - Libye 2011 (Paris Match)► « Il faut que larmée devienne lun des piliers de lÉtat malien »…LUnion européenne (UE) a officiellement lancé, le 18 février, la mission EUTM Mali (EuropeanUnion Training Mission, mission de formation de lUnion européenne), dont lobjectif est deremettre sur pied larmée malienne. Prévue pour un mandat initial de 15 mois, cette missionvise à former les soldats maliens pour leur permettre de défendre lintégrité territoriale de leurpays. Interview, par Jeune Afrique, du commandant dEUTM Mali, le général français FrançoisLecointre.Quel est l’objectif global de la mission EUTM ?« Nous avons un objectif assez ambitieux de régénération, de refondation et de reconstructionde l’armée malienne, pour qu’elle soit à la fois efficace opérationnellement et respectueuse del’État de droit. Pour cela, notre mission repose sur deux piliers : dune part, une missiondaudit, dexpertise et de conseil auprès des autorités militaires maliennes ; dautre part, unemission de formation. Il faut que cette armée devienne lun des piliers de l’État malienmoderne ».Combien de formateurs européens participent à la mission ?« Celle-ci est composée denviron 550 personnes, issus de 22 pays européens. Un peu plus de10% font partie de l’état-major de la mission, 45% sont des formateurs et conseillers aucontact direct de l’armée malienne, et les 45% restants sont des éléments d’environnementindispensables au déploiement de notre force, assurant notamment sa protection et sonsoutien médical ».
  • Quand commence la formation sur le terrain ?« Il y avait urgence et nous souhaitions aller très vite. Le plus compliqué et le plus long était deréaliser les infrastructures afin daccueillir les instructeurs à Koulikouro. Il a également falluréunir le premier bataillon malien, dont la formation débutera le 2 avril. Globalement, jeconsidère que nous avons été assez rapide. On a commencé notre premier audit de l’arméemalienne une semaine avant le lancement de la mission. Nous avons d’ailleurs débriefé lerapport de cette première expertise hier [ jeudi 14 mars, NDLR], lors d’une séance de travail avecle secrétaire général du ministre de la Défense et les autorités militaires maliennes. Cettepartie audit est essentielle pour la suite de notre mission. C’est un vaste chantier, sur le longterme, et il n’est pas question de se contenter d’un pansement sur une jambe de bois ».Quels sont les effectifs précis de l’armée malienne ?« Je ne peux pas vraiment vous le dire, nous sommes en cours de travail sur ce sujet-là. Cedont je suis certain, c’est que les effectifs opérationnels (c’est-à-dire hors soutien,administration générale, etc…) seront de l’ordre de 6 000 hommes, capables de s’engager aucombat. On peut donc estimer qu’on arrivera à une force de 10 000 hommes une fois qu’onaura terminé la réorganisation de l’armée malienne ».Combien de soldats maliens seront formés dans le cadre de la mission EUTM ?« Dans un premier temps, nous allons former quatre bataillons, soit environ 3 000 hommes.C’est l’objectif fixé par l’UE. Cela représente la moitié des effectifs opérationnels de l’arméemalienne, car celle ci est capable de fournir huit bataillons ».Combien de temps va durer cette mission ?« La mission EUTM est prévue sur quinze mois. Elle devrait donc se terminer en 2014. La partieinitiale d’audit et de mise en place d’un plan d’action va être très dense et devrait finir vers lemois de juin. À partir de là, on apportera notre expertise technique dans les secteurs qui ontété ciblés jusqu’à la fin de la mission. La procédure européenne prévoit un point d’étape aubout de six mois, au mois de juillet. Soit on termine la mission comme prévue, soit on laprolonge pour former quatre autres bataillons. C’est un vaste chantier, sur le long terme, et iln’est pas question de se contenter d’un pansement sur une jambe de bois. À ce sujet, j’aid’ailleurs récemment rencontré une délégation de l’ONU à Bamako pour préparerl’engagement d’une mission onusienne sur le territoire malien ».Quelle va être la nature de cette mission onusienne ?« Elle est en cours de définition. L’ONU va collaborer avec EUTM et vice-versa. Nous avonsune vision très ambitieuse de reconstruction générale de l’État malien. Sur le plan militaire, jepense, sans m’engager pour autant, que l’ONU va décider d’une mission de stabilisation souscasques bleus, en attendant que l’armée malienne soit à sa capacité maximumd’engagement ».Quel regard portez-vous sur l’état actuel de l’armée malienne ?« L’armée malienne est aujourd’hui profondément délabrée et désorganisée. Elle est aussi trèsappauvrie par vingt ans de sous-dotation budgétaire systématique. Au-delà des problèmesgénéraux de corruption au Mali, on n’a pas donné à cette armée les moyens de s’entraîner etde s’équiper pendant vingt ans. Les gens ont alors perdu lenvie de sinvestir, ont perduconfiance en leurs capacités à remplir leurs missions et ne se croyaient plus capables devaincre ».
  • Quelles sont vos relations avec les responsables de l’armée malienne ?« Elles sont très bonnes. Ce qui me frappe aussi dans l’armée malienne, c’est la présenced’une génération de jeunes officiers de 40-45 ans, formés dans des écoles européennes ouoccidentales, qui sont excédés par ce qu’ils ont vécu pendant vingt ans. Ils ont uneconscience politique très élevée et le sentiment intime qu’ils sont passés au bord du gouffre.Aujourd’hui, ils sont résolus à saisir ce qu’ils considèrent comme une opportunité historiquede balayer le passé et de construire une armée moderne, pilier dun État de droit restauré. Ilsont une volonté, une énergie et un enthousiasme qui nous obligent à ne pas les décevoir ».Quels rapports entretenez-vous avec le capitaine Hamadou Haya Sanogo ?« Je n’ai pas de relations avec le capitaine Sanogo ».Aucune ?« Mon objectif est de travailler avec les hommes qui ont des responsabilités, qui donnent desordres et qui vont mener la modernisation de l’armée. Je traite avec le ministre, le chef d’état-major général des armées et les officiers qui sont en place : colonels, officiers généraux etautres responsables des ressources humaines de l’armée malienne ».Jugez-vous raisonnable un retrait des troupes françaises à partir du mois d’avril ?« Oui, c’est raisonnable et cela me semble logique que les responsables politiques fassentcette annonce maintenant. Une partie du boulot est finie et les objectifs principaux ont étéatteints, mais ça ne veut pas pour autant dire qu’on renvoie tout le monde à la maison ».
  • Ramifications tunisiennes : onze des trente-deux assaillants dIn Amenas étaient tunisiens.« Le départ des jeunes combattants vers la Syrie et le Mali vide la Tunisie de ses jihadistes,regrette presque Abou Iyadh, leader de la branche tunisienne du groupe salafiste radical Ansarel-Charia. Il est inutile denvoyer des Tunisiens combattre au Mali, cela pourrait être un piège,Ansar el-Charia pouvant être accusé de terrorisme. Mais il faut bien comprendre que lesjeunes sinsurgent contre les injustices subies par les peuples du Nord-Mali ». Sil affirme quele mouvement quil a créé en avril 2011 nentretient pas de liens organiques avec les autresgroupes jihadistes au Maghreb, lorganisateur de lassassinat du commandant Massoud en2001 - il a été libéré en février 2011 à la faveur de lamnistie des prisonniers politiques - nexclut pas demettre lexpertise de ses cadres à la disposition de groupes qui en feraient la demande.Pourtant, le démantèlement, en décembre 2012, de la brigade Oqba Ibn Nafaa, groupe armé liéà Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) régulièrement présent aux rassemblements dAnsarel-Charia en Tunisie, révèle lexistence de relations à léchelle régionale.Recherché dans le cadre de lenquête sur lattaque de lambassade américaine à Tunis, le 14septembre 2012, Abou Iyadh, fondateur du Groupe des combattants tunisiens (GCT), étaitaussi en lien direct avec le commandement dAl-Qaïda. « En Tunisie, Ansar el-Charia a surtoutabsorbé le mouvement jihadiste naissant, devenant ainsi la référence incontournable en lamatière », explique Habib Sayah, directeur de lInstitut Kheireddine. Sans appeler officiellementau combat, considérant la Tunisie comme une terre de prédication et non de jihad, Ansar el-Charia nen reste pas moins lun des rouages du réseau jihadiste, auquel il offre aussi bien deshommes quune assistance.
  • ► Les Belges courageux à louvrage…On les a un peu oubliés : les Belges ont été les premiers à mettre les mains dans le cambouisau Mali, avec les Français. Air & Cosmos paru le 17 mars (1) rappelle les fondamentaux de cetengagement fait dA109 Medevac et de deux C-130 qui avaient effectué 117 missions detransport soit mieux que les Allemands (95) et les Américains (70). Les deux A109 devraientrester un an sur place, mais seront relocalisées de Gao sur Bamako. Pour linstant, ce sont lesseules voilures tournantes étrangères engagées au Mali.(1) le même hebdomadaire contient un dossier de deux pages sur la situation inquiétante du parc deshélicoptères de larmée de lAir.► Travailler avec les alliés !...À l’heure où tous les conflits ont des incidences internationales, l’armée de Terre doit tisser enpermanence des liens avec les armées des pays alliés et partenaires de la France. Un artdélicat où les priorités diplomatiques se traduisent en termes politico-militaires. Le but :profiter du temps de paix pour apprendre à se connaître et partager les savoir-faire et lessavoir-être.En 2013, dans un contexte économique fragilisé par la crise, les pays sont rarement capablesd’assumer seuls la ressource matérielle, financière et humaine d’une intervention militaire. Deplus en plus, les forces armées doivent intervenir dans le cadre d’accords internationauxpermettant une complémentarité des moyens engagés. Mais devenir complémentaires nes’improvise pas. Avant de travailler avec une armée étrangère, il est primordial de connaîtreson partenaire, de se comprendre mutuellement et de savoir dialoguer. « C’est mêmefondamental, insiste le colonel Christian Herrou, chef de la cellule de coopération bilatérale(CCB) de l’État-major de l’armée de Terre (EMAT). Il faut se connaître parfaitement, de manièreà ce que le jour où une opération est déclenchée, chacun ait à l’esprit les atouts et faiblessesde l’autre pour s’appuyer mutuellement ». Car derrière les décisions politiques validées par unconseil de sécurité, chaque militaire peut se poser la question suivante : qui est mon allié ?Est-il fiable ? Comment travaille-t-il ? Cette confrontation de nos savoir-faire doit être anticipéepour gagner en efficacité. « Le pire en matière de relations internationales, ce sont lesmalentendus, poursuit le colonel Herrou. Or, en opérations, on ne peut pas se satisfaire d’àpeu près ».Alors, comment rendre compatibles nos modes de fonctionnement et nos équipements ? C’estlà notamment tout l’enjeu de l’interopérabilité, qui contribue à la réussite d’un engagement encommun. « Tout ceci est progressif, explique le lieutenant-colonel Jean-Philippe Berque, chefadjoint de la CCB. Après avoir identifié deux unités compatibles, on peut commencer par deséchanges d’observateurs puis d’expertise, pour ensuite organiser des exercices à différentsniveaux. Le but final est de participer, aux côtés de partenaires, à un mandat en commun ». Unprocessus déjà en cours et qui se concrétise actuellement avec plusieurs nations. La plusancienne illustration du travail binational est la brigade franco-allemande, un modèle decoopération solide et structurée depuis plus de 20 ans.Depuis deux ans, les forces terrestres françaises intensifient leurs entraînements avec leurshomologues britanniques pour former une force expéditionnaire conjointe de circonstance,opérationnelle d’ici 2016. Toujours dans le cadre de la connaissance mutuelle, la coopérationavec les US Marines et l’US Army est constante.Du côté italien, un état-major binational non permanent de brigade alpine sera constitué àl’horizon 2014. Enfin, dans le domaine de l’aéromobilité, les pilotes et les mécaniciensespagnols sont formés dans les écoles franco-allemandes du Tigre (EFA-Tigre) au Cannet-des-Maures et à Fassberg.
  • La CCB est le bureau de l’EMAT qui décline pour l’armée de Terre, les grandes directives del’État-major des armées applicables en matière de coopération avec les principales arméespartenaires. La CCB a donc un rôle de facilitateur. Elle retranscrit, après dialogue avec lesgrands commandements, les orientations en matière de relations internationales. Cela aboutità des plans de coopération, sortes de « feuilles de route » qui établissent les programmes desactivités menées avec les autres pays et dont les forces et les écoles sont les acteursfondamentaux. Par le biais d’exercices (bilatéraux, parfois multinationaux), de visites, destages et d’échanges de retours d’expérience (RETEX), elles pourront consolider les liens néspendant la phase plutôt dense d’opérations extérieures de ces 15 dernières années. C’est parce contact permanent avec ses voisins et partenaires que l’armée de Terre françaiseconservera son envergure internationale. Pas question de perdre les bonnes pratiques, car lafinalité demeure toujours la même : se préparer aux opérations de demain.