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Les islamistes armés parient notamment sur le caractère accidenté des zones quilsconnaissent depuis des années ainsi que l...
Apportant une contribution conséquente au recueil de renseignement sur le théâtre grâce àses capteurs et à sa persistance ...
► « Serval » : les lauriers pour Caesar…Après lAfghanistan, le Caesar donne de la voix au Mali, et pas quun peu. Les artil...
Les Engin Explosif Improvisé (EEI) ou Improvised Explosive Device (IED) en anglais, sontsouvents composés de composants ch...
Engin explosif improvisé (EEI) : périmètre de sécurité :                                                                  ...
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► « Serval » a soif…LEMA a diffusé ce matin un chiffre qui permet de mesurer à la fois leffort logistique et les      beso...
► Des jihadistes lancent une attaque meurtrière à Tombouctou …Des jihadistes ont lancé un violent assaut dans la nuit du m...
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► En pleine guerre, la France débarque son ambassadeur au Mali…→ Au Mali, loffensive nest pas uniquement militaire. Elle e...
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existait avant la crise, il existera après », confie, pessimiste, Alexis Roy. Cette absence derenouvellement de lélite pol...
Parce que la France refuse de confirmer : bien que lannonce de la mort de Philippe Verdon ait      été annoncée dans la nu...
Parce quil ny a pas de photos ou de vidéos : la considération peut paraître triviale, mais Al-     Qaïda na pas encore pub...
► D’Abidjan à Tessalit, le SEA au cœur du dispositif…Le soutien pétrolier réalisé par le service des essences des armées (...
► Aqmi appelle à combattre la « croisade » de la France…Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a appelé ses nouvelles recrue...
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  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Avec les soldats français, à la recherche des djihadistes…Matthieu Mabin, envoyé spécial, a accompagné les soldats français dans leur traque desdjihadistes cachés dans les montagnes. Cest un document exclusif (08/03).http://www.france24.com/fr/20130307-mali-focus-adrar-ifoghas-parachutistes-francais-tchad-ministre-defense-le-drian► Les derniers bastions dAqmi (Photos inédites + Vidéo)…Le site Alakhbar publie des photos et une vidéo darchives dAqmi et de jihadistes, peut-être dans lAdrar des Ifoghas. Photos et vidéo ne sont ni datées ni localisées et elles montrentpar exemple Abou Zeid dont la mort, dans les Ifoghas, na toujours pas été confirmée.La vidéo commence sur une scène de combat, avec une dizaine dhommes progressant dansun environnement désertique et rocheux ; elle montre aussi deux otages espagnols, AlbertVilalta et Roque Pascual enlevés fin 2009 en Mauritanie. Il apparaît que les images de tirs audébut de la vidéo ont été prises, en mars 2012, lors de la capture de Kidal et quelles ont étéreprises dans la vidéo dAlakhbar.Les montagnes dIfoghas au triangle frontalier liant le Mali, lAlgérie, et Niger vivent ces jours-ci sur le rythme de farouches combats que se livrent les forces franco-africaines dune part etles combattants dAqmi dautre part. Les informations disponibles sur ces combats restesinfimes. Les seules sources étant les armées engagées dans la guerre et les forums salafistes.Des photos et une vieille vidéo (exclusives) obtenues par Alakhbar aident à mieux comprendrela scène des opérations. Il en ressort que les combattants peuvent avoir accès à plusieurssources deau. Ils peuvent également compter, dans leur nourriture, sur le potentiel animaldans la zone. Les combattants islamistes essayent de garder ainsi leurs bastions les plusanciens dans la sous région, préserver leurs dépôts darmes et de munitions et,éventuellement, maintenir en captivité les otages qui seraient retenus dans cette zone. Cesdocuments démontrent que les otages espagnols, Albert Vilalta et Roque Pascual enlevés fin2009 en Mauritanie, ont été dans un moment donné retenus dans une zone montagneuse.
  2. 2. Les islamistes armés parient notamment sur le caractère accidenté des zones quilsconnaissent depuis des années ainsi que les conditions météorologiques où la températureavoisine 50 C°. À lapproche de lété, cette situation pourrait se dégrader davantage.De son côté, les forces franco-africaines, notamment celles du Tchad, multiplient ses attaquespour mettre au pas les combattants islamistes, en ciblant notamment leurs leaders et visant lesmagazines darmes. Des informations non confirmées font état de la liquidation dAbou Zeid etKkaled Abou Al-Abbass (nos photos inédites), deux lieutenants de plus sanguins et tenacesdAqmi.Yahya Abou Al-Houmam et Khaled Abou Al-Abbass en adieux du commando de lattentat de Nouakchott(ALAKHBAR / Exclusif) Abdelhamid Abou Zeid, chef de la Katiba Tariq Ibn Ziad et Iyad Ag Gali, chef dAnçar Dine (ALAKHBAR / Exclusif)http://www.france24.com/fr/20130307-mali-focus-adrar-ifoghas-parachutistes-francais-tchad-ministre-defense-le-drian► 1000 heures de vol pour le détachement « Harfang »…Dans la nuit du 15 au 16 mars 2013, le détachement « Harfang » a effectué sa millième heurede vol en soutien de l’opération « Serval ».Engagé depuis le 17 janvier en soutien des opérations françaises au Mali, le détachement« Harfang » de l’escadron de drones 1/33 « Belfort » a effectué en moins de deux mois unmillier d’heures de vol, de jour comme de nuit. Le drone a accompagné les forces françaisesqui ont libéré Douentza, et a été en appui des opérations des forces spéciales ou des troupesaéroportées sur Tombouctou. Il a fourni un apport décisif aux troupes engagées dans lareconquête du nord Mali, dans le massif de l’Adrar des Ifoghas.
  3. 3. Apportant une contribution conséquente au recueil de renseignement sur le théâtre grâce àses capteurs et à sa persistance sur zone, le « Harfang » a également mis à profit ses capacitésde détection pour aider les aéronefs de l’armée de l’Air et de la marine Nationale à acquérir etengager des cibles. Grâce à l’illuminateur laser embarqué sur le drone, les équipages ont ainsiguidé sur leur objectif des bombes de précision tirées par d’autres vecteurs.Ainsi, en 1 000 heures de vol, le détachement « Harfang » a été engagé dans toutes les phasesde l’opération et sur tout le théâtre. Il a couvert en une cinquantaine de vols opérationnels unlarge spectre de missions et a ainsi nettement contribué aux succès tactiques de l’opération« Serval ».
  4. 4. ► « Serval » : les lauriers pour Caesar…Après lAfghanistan, le Caesar donne de la voix au Mali, et pas quun peu. Les artilleurs nont pas été tout de suite à la fête, mais les soucis des hélicoptères dattaques, qui ont encaissé pas mal de ferraille dans lAdrar et autour de Gao semblent avoir décidé les autorités de « Serval » à mieux utiliser le 155 mm. Car on na jamais stoppé un 155 avec des « kalach » et des RPD ; les lois de la balistique sont, dit-on, têtues, et en défaveur de ceux qui sont à lautre bout du tube. Pour preuve, les renforts de Caesar récemment envoyé sur place (c’est le cas aussi pour les 120 mm ). LEMA na pas souhaité sétendre sur les consommations de feu.La RPD (En Russe: ручной пулемёт Дегтярёва Ruchnoy Pulemyot Degtyaryova, soit en français : Mitrailleuse à main Degtyarev) est une mitrailleuse légère, dernière de la famille issue du Degtyarev DP 28 (apparu pour la première fois en 1926). Elle utilise la même munition que lAK- 47 : la 7.62x39 mm M43.► Un IED a tué le CAL Van Dooren…Le caporal Alexandre Van Dooren (1er RIMa) a bien été tué par un IED, selon lEMA. Cest un obus de 122 mm qui aurait été utilisé comme constituant pour lIED ; on ignore par contre comment il a été déclenché. Cette même source a assuré que dautres IED avaient été retrouvés auparavant sur le cheminement de la patrouille de reconnaissance à laquelle appartenait lAMX10 que pilotait le caporal. Malgré ces indices de présences dIED, cest un AMX10 qui progressait en tête. Cest la première fois quun membre déquipage dAMX10 meurt dune attaque à lIED, pourtant régulièrement utilisés -comme les RPG- pour frapper les véhicules en Afghanistan. Les AMX10 ont opéré plus de cinq ans en Afghanistan. LAMX10 appartenait au même escadron du 1er RIMa qui avait déjà connu une attaque sur un autre véhicule du même type. Sans doute assez légère, la charge navait alors fait endommager le véhicule, sans blesser ses occupants. Au total, environ 6 IED ont été utilisés au Mali contre des véhicules français.► Les mines artisanales, hantise des soldats français…Les marsouins du 1er Rima (régiment dinfanterie de marine dAngoulême) sont engagés dansune nouvelle offensive au nord du Mali. Les reporters de France 2 les avaient suivis vendredi14 mars. Les mines restent la hantise des soldats français dans cette région du nord. Le longet fastidieux travail de déminage est confié aux soldats du 17 ème régiment du génie parachutistede Montauban.http://www.francetvinfo.fr/video-les-mines-artisanales-dans-le-massif-des-ifoghas-la-hantise-des-soldats-francais_283821.html
  5. 5. Les Engin Explosif Improvisé (EEI) ou Improvised Explosive Device (IED) en anglais, sontsouvents composés de composants chimiques explosifs, incendiaires ou toxiques.Ils sont beaucoup utilisés en Irak et en Afghanistan à lheure actuelle, mais existe depuis laseconde guerre mondiale. Ce sont souvents des terroristes, guérilla ou par des commandosquils sont utilisés. Cet engin est conçu pour détruire, handicaper, ralentir ou « distraire ».Il peut incorporer des éléments provenant darsenaux militaires ( ex: grenade, mortier...), mais leplus souvent il est composé dun assemblage de pièces non militaires ( bille en fer, clou...).La plupart du temps fabriqué artisanalement, ils se composent en une charge explosive, unecharge damorçage, un détonateur et un système soit mécanique, soit électronique de mise àfeu. Les principes de base du déclenchement dun engin explosif improvisé sont lun ou lacombinaison des trois suivants : déclenchement piégé : lengin explose par la manipulation, lecontact ou la proximité dun individu ou dun véhicule. Un mécanisme caché fait exploser lacharge – déclenchement à retardement : lengin explose après une durée déterminée fixée parune horloge mécanique ou électronique, voire une réaction chimique – déclenchementcontrôlé : lengin explose sous laction dun opérateur, celui-ci pouvant se trouver soit encontact direct avec lengin (ex : ceinture explosive), soit à distance. Dans le second cas lenginest télécommandé le plus souvent par fil, radio ( ex : téléphone mobile), ou infrarouge. Vu quilsagit la plupart du temps dengins non conventionnels, il nexiste aucune procédure précisepour les désamorcer. Les démineurs préfèrent donc souvent les détruire lorsque ils ne setrouvent pas en zone urbaine peuplée. De plus, la possible présence déléments toxiques ouradioactifs requiert des précautions particulières. Aussi bien en Irak ou en Afghanistan,presque un soldat sur deux meurt dun IED.
  6. 6. Engin explosif improvisé (EEI) : périmètre de sécurité : Distance Distance Masse explosive dévacuation dévacuation Description de la menace (équivalent TNT)1 du bâtiment2 en plein air3 Bombe tuyau 2,3 kg 21 m 259 m Ceinture bourrée dexplosifs 4,5 kg 27 m 330 m Veste bourrée dexplosifs 9 kg 34 m 415 m Valise explosive 23 kg 46 m 564 m Berline compacte 227 kg 98 m 457 m Explosifs Berline 454 kg 122 m 534 m brisants (équivalent Mini-fourgonnette 1 814 kg 195 m 838 m TNT) Petit camion de déménagement ou 4 536 kg 263 m 1 143 m camionnette de livraison Camion de déménagement ou 13 608 kg 375 m 1 982 m camion-citerne Semi-remorque 27 216 kg 475 m 2 134 m Diamètre de la Masse/Volume Distance Description de la menace de GPL1 4 sécuritaire5 boule de feu Petite citerne de GPL 9 kg/19 L 12 m 48 m Gaz de Grande citerne de GPL 45 kg/95 L 21 m 84 m pétrole liquéfié Citerne de GPL commerciale (GPL - 907 kg/1 893 L 56 m 224 m butane ou résidentielle ou Petit camion de GPL 3 630 kg/7 570 L 89 m 356 m propane) Semi-transporteur GPL 18 144 kg/37 850 L 152 m 608 m1 Basé sur la quantité maximale de matériel que pourrait raisonnablement contenir un contenant ou unvéhicule. Variations possibles.2 Déterminé par la capacité dun immeuble non armé de résister à des dommages sérieux ou à uneffondrement.3 Déterminé par la distance de projection des éclats ou la distance à laquelle les vitres sont cassées avecchute de verre. Ces distances peuvent être réduites pour les membres du personnel portant uneprotection balistique. Remarque : les bombes tuyaux, les ceintures et les vestes bourrées dexplosifsainsi que les valises explosives peuvent présenter une caractéristique de fragmentation qui nécessitedes périmètres de sécurité plus grands que lorsquune quantité dexplosifs équivalente se trouve dans unvéhicule.4 Supposant un mélange efficace du gaz inflammable et de lair ambiant.5 Déterminé par les pratiques américaines de lutte contre lincendie selon lesquelles les distancessécuritaires sont environ quatre fois plus grandes que la hauteur des flammes. Remarque : une citerne
  7. 7. GPL remplie dexplosifs détonants nécessiterait un paramètre de sécurité beaucoup plus grand que sielle était remplie de GPL.http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=7dIZC4d5qYk
  8. 8. ► « Serval » a soif…LEMA a diffusé ce matin un chiffre qui permet de mesurer à la fois leffort logistique et les besoins en eau de « Serval » : 250 000 litres deau ont été acheminés, et à Gao, 1,3 million. Pour alimenter le détachement présent à Tessalit, il faut deux KC20 (conteneurs maritimes de 20 pieds) chaque jour. Cest donc, tout autant que le carburant ou les munitions, un effort conséquent qui doit être maintenu dans la durée. Il était un peu moins prégnant en Afghanistan, du fait du recours aux puits, et de températures moindres. Mais en Afghanistan, déjà, leau limitait en partie le volume des personnels qui pouvait être basé sur chaque FOB. La problématique de leau est doublement essentielle, car cest aussi un moyen de sen prendre à la force : en 2012, le CI français en Afghanistan avait diffusé une alerte dempoisonnement à leau par les taliban. La preuve na jamais pu en être apportée. Peut-être parce que lalerte, in fine, aura été efficace.Dimensions extérieures maximales : longueur : 6,058m – largeur : 2,438m – hauteur : 2,591m. Dimensions intérieures minimales : longueur : 5,867m – largeur : 2,330m – hauteur : 2,350m (définies par la norme ISO 668).
  9. 9. ► Des jihadistes lancent une attaque meurtrière à Tombouctou …Des jihadistes ont lancé un violent assaut dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 mars contrela ville de Tombouctou. Lattaque a été repoussée par les forces maliennes et françaises, maiselle a fait au moins un mort dans les rangs maliens et plusieurs parmi les assaillants.Au moins deux soldats maliens ont en outre été blessés par accident par les forces françaisesau cours de lopération. Lassaut a commencé par lexplosion dune voiture piégée, pilotée parun kamikaze, non loin de laéroport de la ville, au cours de laquelle un soldat malien a été tué. Ilsagit du premier attentat-suicide commis dans cette ville du nord du pays depuis que lestroupes françaises en ont pris le contrôle, fin janvier. Alors que lattentat suicide seproduisait, « une voiture avec des gens armés a tenté de rentrer de force » dans la ville. « Etles militaires français et maliens ont riposté ». « Une dizaine » de combattants islamistes ontété tués, mais la contre-attaque aurait également fait plusieurs blessés parmi les soldatsmaliens. « Une patrouille chasse [française] a été mise en place pour apporter un appui auprofit de Maliens. Il semblerait que lors dune de ces frappes, un des véhicules maliens ait étésoit mal balisé, soit situé à proximité immédiate dun élément terroriste sur lequel la frappe aété effectuée, a expliqué le porte-parole de létat-major français, le colonel Thierry Burkhard. Etque dans cette frappe, deux militaires maliens aient été très légèrement blessés ».Mais une source malienne a de son côté expliqué quau total « cinq soldats maliens » ont ététouchés « lorsque les Français ont tiré sur un véhicule de larmée malienne quils ont pris pourun véhicule des jihadistes ».► « Serval » a blessé des Maliens…LEMA a reconnu que les moyens militaires de lopération « Serval » ont blessé des soldats maliens. La version ne semble pas encore complètement établie, mais cest un tir dun chasseur français de type non défini qui est, selon cette même source, à lorigine de ces dommages collatéraux, et non un hélicoptère, comme annoncé par ailleurs. Selon lEMA, ces blessés pourraient sexpliquer par un défaut de balisage, ou une distance trop proche par rapport à la cible des chasseurs, des « terroristes » qui cherchaient à pénétrer sur laéroport de Tombouctou. On ignore quel objectif précis -humain ou matériel- ces « terroristes » cherchaient à frapper. Les militaires maliens manquant de tout, il nest pas surprenant quils manquent aussi de moyens de balisage, surtout des
  10. 10. équipements fonctionnant de nuit. Le plus pratique est le stroboscope ( des véhicules de larmée française avaient tiré sur dautres français en Afghanistan, suite à un balisage insuffisamment visible pour lélément dappui, et à une localisation des éléments en question également insuffisante), mais des cyalumes peuvent aussi être utilisés. Embarqués à bord dun véhicule, ces militaires ont peut-être été confondus avec des « terroristes » -une voiture suicide-. Les effets dune bombe -12 se font sentir sur plusieurs dizaines de mètres alentours, auquel cas ces militaires auraient été trop près.Les cas de ce type sont rarissimes dans les engagements de larme aérienne, parce quen cas de doute, on ne tire pas. Les sécurités prises sont également bien plus importantes que dautres solutions dappui. Dans des conditions idéales, cest un FAC (Forward Air Controller - militaire formé et qualifié, seul apte à contrôler et autoriser une frappe aérienne en appui des unités au sol) qui autorise un tir, surtout lorsque le risque dimbrication est patent, ce qui semblait être le cas. Mais toutes les unités nen ont pas. Il ny aurait quun EAE (Escadron d’Aide à l’Engagement) du 1er RIMa à Tombouctou. A ce stade, on ignore dans quel contexte la séquence de tir a été décidée. En tout état de cause, ce tir serait à lorigine dune bonne partie du bilan de la nuit à Tombouctou : 15 attaquants neutralisés. Pour ceux qui en doutaient, il reste donc encore bien des « terroristes » au Mali.► Les soldats iront au « sas » de Chypre…Les faits le confirment : la plupart des soldats engagés dans lopération « Serval »fréquenteront bien le « sas » de Chypre, comme leurs camarades dAfghanistan. Les premiersseront les légionnaires du 2ème REP et les paras du 1er RCP, deux unités en pointe dans lescombats dans lAdrar. Chacun a dailleurs perdu un combattant dans ces mêmes combats. Ilspourraient se retrouver à Chypre sous un mois, sauf détérioration toujours possible de lasituation au Mali. Sans doute pour ne pas changer une équipe qui gagne, larmée de Terre, quigère le processus, na pas changé son fusil dépaule, et préférer rester à Chypre. Ce sont cespersonnels qui arment le « sas ». Au total, on estime que ce « sas » pourrait au bas mot voirpasser 4 000 militaires français revenant du Mali. A ce stade, on ignore si les personnels duDETCHASSE seront ou non concernés. Plusieurs centaines de soldats sont déjà rentrés enFrance (COMMOTO du 21ème RIMa (compagnie dinfanterie motorisée), 1er REC, mais aussi lespersonnels du DETCHASSE), et nauront donc pas cette chance. Les forces spéciales non plus.La Marine, très en pointe sur le sujet, assure déjà un soutien particulier à ses commandos,soutien qualifié dexemplaire.► Suivi « psy » plus étroit pour les forces spéciales…Désormais, le suivi « psy » fait partie du paysage militaire, et même les forces spéciales nyéchappent pas, comme lont reconnu des spécialistes des trois armées. La marine, qui a dûprendre en compte des évènements traumatiques très différents, a voulu faire preuve de satransparence, en détaillant le suivi des commandos marine et leurs familles. Cettecommunauté a été touchée aussi par des deuils ces dernières années en Afghanistan (4morts). Tout en étant ébranlée par un tir fratricide, en océan indien, en 2009, lors de la reprisedu voilier Tanit. Le contre-amiral Marin Gillier, alors Alfusco, avait organisé une réunion entrelopérateur et la famille du skipper de la Tanit. Celui qui suivait alors de près cette communautérestreinte est aujourdhui responsable du suivi psychologique de tous les marins français ( lesservices locaux de psychologie appliquée (SLPA) qui constituent le segment tactique du sujet existentdepuis les années 30. Celui de Lorient est spécialisé dans le suivi des fusiliers et commandos marine ). Ildétaille le suivi et les sensibilisations dont font lobjet les commandos de tous grades, aucours de leur carrière. Cest particulièrement le cas avant le départ en Afghanistan, à travers leMedichos, puis le stage opérationnel de 1 er degré. Les contacts vidéo entre les militaires etleurs familles, via skype, « posent problème » reconnaît-il aussi. Depuis sept ans ( en fait, à lademande de lEMM, depuis janvier 2007, la prise en charge psychologique au retour de mission fait partie
  11. 11. intégrante de lordre dopération), les commandos marine bénéficient dun bilan psychologiquepost-opérationnel, quand ils ont été en contact avec un évènement traumatique. « Nousvoyons alors tous les personnels quils aient été en contact direct ou non avec lévènement enquestion pendant une heure ». Pour permettre aux personnels de pouvoir se livrer pluslibrement, le spécialiste consulte en ville, dans un bureau séparé de la base commando. Lesentretiens sont évidemment couverts par le secret professionnel, assure-t-il encore.Larmée de lAir, comme larmée de Terre, dailleurs, confirment de leur côté avoir mis enoeuvre des suivis particuliers pour ces populations commando spécifiques, marquée autantpar la discrétion (ce qui rend difficile la remontée de difficultés vers des tiers) que par de fortescultures dunité. Larmée de lAir est partie très récemment, donc tardivement, puisque desunités de commandos (CPA) conventionnelles et spéciale sont engagées depuis trèslongtemps dans des missions très dures. La représentante de la médecine aéronautique napas souhaité détailler ni les modalités de ce nouveau suivi, ni le volume de patients concernéspar le PTSD (Trouble de Stress Post-Traumatique -aussi connu sous les termes de Syndromede Stress Post-Traumatique, SSPT, ou Etat de Stress Post-Traumatique, ESPT-) désigne untype de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite dune expérience vécue commetraumatisante. Lun de ces commandos, il est vrai, remplit quatre pages de Paris-Match, cettesemaine ; à notre connaissance, ce cas est loin dêtre isolé. Larmée de Terre reconnaît pour sapart mettre en place un référent dici la fin de lannée, pour les forces spéciales, sans plus deprécisions. (Article paru le 03 décembre 2012)PTSD : un ancien des FS parle : le prochain Paris-Match (sortie 29 novembre) consacrera un papier au PTSD dun ancien commando du COS. Ce militaire, qui vient de quitté larmée après une vingtaine dannées de service évoque aussi bien cette blessure morale, que les difficultés de reconversion et de prise en charge par les pensions qui vont avec (15 mois après louverture de son dossier, cet ayant droit na toujours pas pu faire aboutir sa démarche). Un cas qui risque de déstabiliser un peu le tableau idyllique dressé par les derniers sujets de presse lus sur ce sujet ces dernières semaines. Encore moins que pour la totalité des militaires, aucun indicateur précis ne permet dévaluer le nombre de cas réel de PTSD parmi les forces spéciales. Même si lon peut penser que les situations particulièrement violentes que rencontrent de façon répétée ces personnels, qui ont en plus interdiction den parler avec leur environnement familial, ont vraisemblablement généré plus dun cas, rien que sur les dernières opérations, comme en Afghanistan.► Le jihadiste français capturé au Mali placé en garde à vue…Il est arrivé sur le sol français mardi 19 mars. Le jihadiste français capturé au début du moispar larmée française dans le nord du Mali a été renvoyé en France et placé en garde à vuedans les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à Levallois (Hauts-de-Seine). Agé de 37 ans, cet homme fait partie de la « demi-dizaine » de jihadistes faitsprisonniers à lissue de combats violents entre les forces françaises et tchadiennes et desislamistes radicaux dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali. Ce combattant, qui napas le statut de prisonnier de guerre, a été renvoyé vers la France dans le cadre duneprocédure classique dexpulsion. Sa garde à vue peut durer jusquà 96 heures. Plusieursprocédures judiciaires ont été ouvertes à Paris sur les Français accusés davoir voulu rallierles groupes jihadistes opérant au Mali. Début mars, Bamako a expulsé vers la France IbrahimAziz Ouattara, un Franco-malien de 25 ans qui avait été arrêté en novembre par les autoritésmaliennes alors quil se trouvait, sous une fausse identité, dans le centre du Mali. (Francetv infoavec AFP).
  12. 12. ► En pleine guerre, la France débarque son ambassadeur au Mali…→ Au Mali, loffensive nest pas uniquement militaire. Elle est aussi diplomatique. Jeudi21 mars, lambassadeur de France à Bamako, Christian Rouyer, a été brusquement rappelé àParis, avant la fin de sa mission. Un retour précipité dont le Quai dOrsay ne donne pas lesraisons. Christian Rouyer, en poste depuis mars 2011, est remplacé par Gilles Huberson,jusquà présent directeur dune cellule spéciale consacrée au Mali et au Sahel, indique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot.Ce dernier précise quil sagit d’« un mouvement concernant plusieurs postes africains ». Le Figaro, qui a révélé linformation, rappelle que ce limogeage intervient après la mise à lécart « brutale » de deux autres diplomates en charge de la région : le sous-directeur en charge de lAfrique de lOuest, Laurent Bigot, et le représentant spécial pour le Sahel, Jean Félix-Paganon (Christian Rouyer, qui occupait depuis mars 2011 le poste d’ambassadeur de France au Mali, vient d’être remplacé par Gilles Huberson, diplomate passé par Saint-Cyr et décrit comme proche des « services ». Cette nomination intervient après la mise à l’écart brutale, ces dernières semaines, de plusieurs hauts diplomates en charge du dossier malien. Dernière victime en date, le sous-directeur en charge de l’Afrique de l’Ouest, Laurent Bigot, avait été démis de ses fonctions fin février. Peu auparavant, le représentant spécial pour le Sahel nommé en juin 2012, Jean Félix-Paganon, avait été écarté. Il serait sur le point d’être nommé ambassadeur de France au Sénégal).Selon Libération, Christian Rouyer paierait le manque davancées politiques à Bamako, où la crise est loin dêtre réglée. « Lambassadeur nest pas le gouverneur du Mali », a protesté lun de ses proches auprès du journal.→ Le diplomate chargé de l’Afrique de l’Ouest, connu pour son franc-parler, vient dêtre débarqué de son poste du jour au lendemain. Son limogeage fait suite à deux autres ( Par THOMAS HOFNUNG).Ambiance au Quai d’Orsay. En pleine guerre au Mali, l’un des pays dont il avait la charge auministère des Affaires étrangères, le diplomate chargé de l’Afrique de l’Ouest, Laurent Bigot,vient dêtre débarqué de son poste du jour au lendemain. Une nouvelle illustration de ce quicommence à ressembler à s’y méprendre à une mini-crise dans les couloirs feutrés de cetteadministration sous lère Fabius. Son limogeage fait en effet suite à ceux de l’anciennedirectrice Afrique, Elisabeth Barbier (remplacée depuis par Jean-Christophe Béliard), et deJean Félix-Paganon, un temps chargé du dossier du Sahel au Quai d’Orsay. Connu pour sonfranc-parler et son expertise de cette région éminemment sensible, Laurent Bigot se retrouvedésormais sans affectation. Un temps, il fut pressenti pour être ambassadeur au Burkina Faso.Mais un incident fâcheux a tout remis en cause. En juillet dernier, lors d’un colloque à l’Institutfrançais des relations internationales (Ifri), il avait exprimé son point de vue « personnel »,sans prendre de gants, sur la crise au Mali, croyant que son témoignage demeureraitconfidentiel. Mais filmée par l’Institut, son intervention avait été mise en ligne… Il y qualifiait leMali de « démocratie de façade » et se disait très inquiet pour la stabilité du Burkina Fasovoisin.Laurent Bigot fait peut-être les frais de sa liberté de ton. « En réunion, il dit ce qu’il pense,quitte à aller à l’encontre de la ligne officielle », dit une source diplomatique. Tout comme face
  13. 13. à ses interlocuteurs étrangers, qu’il n’hésite pas à bousculer s’il le juge nécessaire. Il arécemment fait part de ses réserves à un officiel africain venu demander un nouveau prêtfinancier à Paris, considérant que ce pays n’avait pas forcément fait un bon usage d’unprécédent prêt. Avant le début de l’opération « Serval » au Mali, ce haut fonctionnaire quiméconnaît la langue de bois sétait ainsi montré sceptique sur une approche purement militairede la crise dans le Sahel, redoutant les effets induits sur une région déjà extrêmement fragile.Sollicité par Libération, le Quai dOrsay na pas encore donné suite à notre demande.Lambassadeur de France à Bamako, Christian Rouyer, le 16 janvier 2013, près de Bamako (ERICFEFERBERG / AFP)► Une classe politique vieillissante et corrompue…Le capitaine Sanogo nest pas le seul personnage encombrant de la classe politique malienne.« Tous les candidats potentiels [à la prochaine élection] sont quand même dans le paysagedepuis plus de vingt ans. Il y a des attentes profondes de renouvellement », rappelle JohannaSiméant. « Il ne suffit pas davoir des institutions démocratiques pour quune démocratiefonctionne », souligne la chercheuse. Les hommes politiques maliens se distinguentégalement par labsence de programmes et de positions partisanes claires. « Ils ont tous à labouche les mots développement et démocratie mais il ny a rien de très concret derrière ,observe Alexis Roy, qui ajoute : les partis narrêtent pas déclater pour des raisonspersonnelles et il est très fréquent pour un homme politique malien de passer dun parti à unautre ». La corruption y est enfin largement répandue, comme le constate chaque année leBureau du vérificateur général (PDF), léquivalent de la Cour des comptes malienne.Les Maliens ne sont pas les seuls responsables de la situation. « Beaucoup de choses qui sedécident au Mali ne sont pas entre les mains des politiques maliens. Ils peuvent donc se dire« puisquon ne peut pas décider, est-ce vraiment la peine de faire un programme ? » »,explique Alexis Roy. Et le chercheur de rappeler la privatisation en cours de la Compagniemalienne pour le développement du textile, la plus grande entreprise publique, voulue par lesgrands bailleurs de fonds internationaux (Fonds monétaire international, Banque mondiale).Dans ces conditions, à moins dun regain dintérêt provoqué par la crise au nord, il est difficiledimaginer une forte participation à la prochaine élection, dans un pays où le taux departicipation est généralement compris entre 20 et 40%. « Le discrédit de la classe politique
  14. 14. existait avant la crise, il existera après », confie, pessimiste, Alexis Roy. Cette absence derenouvellement de lélite politique sexplique enfin par les problèmes de développement dontsouffre le pays, 182ème sur 187 au classement de lindice de développement humain (IDH) en2011. Au sud comme au nord, « les gens sont très pauvres, ils cherchent au quotidien de quoiremplir leur assiette, ils nont pas le temps de simpliquer politiquement », raconte Alexis Roy.A ces difficultés économiques sajoute la faiblesse de lEtat, incapable de proposer desservices publics performants comme lécole. Selon les chiffres de lUnicef, seuls 26% desadultes savent lire et écrire. « La refondation du système éducatif est lune des clés de lavenir.Mais cela prend tellement de temps... », regrette Johanna Siméant. Cette absence de lEtat surle terrain social favorise lémergence dorganisations religieuses. « Il y a une montée enpuissance du mouvement wahhabite [mouvement islamique radical dorigine saoudienne] quifleurit sur les carences de lEtat malien », observe Alexis Roy. « Même sils sont visibles, ils nereprésentent quune partie de lislam malien », de tradition soufie, nuance cependant JohannaSiméant. Dans ce contexte social et politique compliqué, une simple présidentielle ne suffiradonc pas à régler les problèmes du Mali. (Thomas Baïetto)Indicateurs internationaux de développement humain : les données utilisées pour calculer lIndice de développement humain (IDH) et autres indices composites présentés dans le Rapport sur le développement humain sont fournis par une variété de sources internationales publiques et représentent les meilleures et plus récentes valeurs disponibles pour ces indicateurs au moment de la préparation du rapport. Le calcul des valeurs de lIDH et le classement des pays est de la responsabilité seule du Bureau du Rapport sur le développement humain. Le Rapport sur le développement humain 2013, une publication qui bénéficie dindépendance éditoriale et qui est commandée par le Programme des Nations Unies pour le développement, a été publié en version imprimée et en ligne le 14 mars 2013. Mali 182ème - Burkina Faso 183ème - Tchad 184ème - Mozambique 185ème - Congo (République démocratique du) 186ème et Niger 187ème.► Pourquoi lannonce de lexécution dun otage suscite des réserves…Tard dans la nuit de mardi à mercredi 20 mars, des dépêches affluent dans les rédactions. Il estquestion de lun des quinze otages en Afrique. Une agence mauritanienne vient de relayer lespropos dun homme qui se présente comme un porte-parole dAl-Qaïda au Maghreb islamique(Aqmi). Daprès lui, Philippe Verdon a été exécuté dix jours plus tôt. Dans une version enfrançais, le média en question, lAgence Nouakchott dinformation (ANI), rapporte quunhomme qui sest présenté comme Al-Qayrawani, a annoncé lexécution de lotage qualifié d’«espion » et que « le président français demeure le seul responsable de la vie des autresotages ». Francetv info vous explique pourquoi et pointe les zones dombre. Serge LAZAREVIC Philippe VERDON
  15. 15. Parce que la France refuse de confirmer : bien que lannonce de la mort de Philippe Verdon ait été annoncée dans la nuit de mardi à mercredi, Paris na toujours pas confirmé. Le porte- parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, a réagi dans la nuit de mardi à mercredi en expliquant : « Nous vérifions, nous nen savons pas plus pour le moment ». Un peu plus tard, son adjoint a indiqué que les vérifications se poursuivaient. Contactée par Francetv info, une source proche du dossier a expliqué ne pas avoir dinformations supplémentaires, mais une source au Quai dOrsay du Monde a estimé quil y avait une « forte probabilité », pour que linformation soit exacte. « Très affecté, très fatigué », le père de Philippe Verdon, Jean-Pierre, a dit ne se faire « aucune illusion, mais jattends confirmation » de la mauvaise nouvelle.
  16. 16. Parce quil ny a pas de photos ou de vidéos : la considération peut paraître triviale, mais Al- Qaïda na pas encore publié de vidéo de lexécution de lotage. Or, lorganisation est friande de ces supports de propagande. Pour obtenir la « franchise » dAl-Qaïda, il faut même suivre une charte de communication très précise à laquelle Aqmi a dû se plier pour obtenir le « label ». Mais surtout, une vidéo permet dattester ses dires. Ainsi, le doute plane sur les circonstances dans lesquelles lotage français Michel Germaneau est mort en 2010. Aqmi a affirmé quil avait été exécuté après une action franco- mauritanienne visant à le libérer. Mais, selon le journaliste Jean-Dominique Merchet, lhomme âgé de 78 ans serait probablement mort de la privation de médicaments. Contrairement à lotage britannique Edwin Dyer (exécuté), Aqmi na proposé aucune vidéo ou photo. Reste quil arrive « de temps en temps » quAl-Qaïda ne diffuse pas de vidéo pour corroborer ses dires, pointe Abdel Asiem El Difraoui, chercheur spécialiste des mouvements islamistes radicaux et auteur aux éditions PUF dAl-Qaïda par limage. Cela peut, par exemple, sexpliquer par les conditions de lexécution, particulièrement cruelles ou choquantes.Il est aussi possible que les preneurs dotage naient pas eu les conditions ou le matériel pour faire une vidéo. « Noublions pas quils nont pas que ça à faire, ils font la guerre. Les images peuvent aussi venir plus tard », objecte Yves Trotignon.Parce que la source est mal connue : lANI est une agence mauritanienne de presse privée disposant dun vaste réseau dinformateurs et de correspondants dans le Nord Mali, recrutés parmi les communautés arabe et touareg. Elle est peu connue, mais considérée comme fiable. Elle a notamment fait parler delle lors du siège dIn Aménas, en Algérie. Ses informations nont jamais été démenties jusquà présent. Elle a toutefois été accusée dêtre proche des jihadistes. Pour le directeur dANI, Mohamed Mahmoud Ould Abou Al- Maali, spécialiste des questions liées à Aqmi, « lannonce de lexécution de lotage français est plutôt un signal de vie de lorganisation, qui a perdu contact avec le monde extérieur depuis le déclenchement de la guerre ». Selon lui, « ils ont choisi une personnalité connue, Al-Qayrawani ». Seulement, comme le reconnaît le journaliste, Abou Abdelhakim, Al-Qayrawani était « donné pour mort ». Lhomme, si cest bien lui qui était au bout du fil, est un islamiste touareg qui a créé en 2012 une katiba, appelée Youssef Ibn Tachfine. Il nétait pas spécialement connu comme un porte-parole dAqmi, contrairement à dautres personnalités régionales. « Cest vrai que ce nest pas le canal habituel, mais il a quand même eu le moyen de contacter lANI », remarque cependant Yves Trotignon.Parce quon dispose de très peu déléments : signe que les circonstances de léventuelle mort de lotage sont mal connues, une deuxième version a été publiée par un autre site mauritanien. Sahara Médias affirme que Philippe Verdon a été tué en tentant déchapper à son lieu de détention. Une version qui rappelle celle évoquée par un journaliste de France 24 sur Twitter, avec beaucoup de précautions : 4. source militaire (non recoupé) 2 blancs aperçu dans le désert... Seuls sans eau. Dc viabilité 1/2 jrs. Non localisé. Ms arrêt frappe aéro — julien sauvaget (@jsauvaget) 20 mars 2013. Conclusion de ma part seulement : 2 otages en fuite, mort dans le désert. Pas dexécutions. Aqmi tente de recup ´ leurs morts. — julien sauvaget (@jsauvaget) 20 mars 2013.Si lotage était malade, comme le rappelle Yves Trotigon, il est peut-être mort lors de sadétention et Aqmi chercherait à en tirer partie. « Tout est possible, il faut être extrêmementprudent », conclut M. El Difraoui. Al-Qaïda sait gérer « le temps journalistique et cela faitlongtemps quils nont pas fait de coup déclat, il est aussi possible quil y ait des négociationsen coulisse même si elles ne sont pas directement avec la France. En réalité, il y a des milliersde variables ». (Gaël Cogné)
  17. 17. ► D’Abidjan à Tessalit, le SEA au cœur du dispositif…Le soutien pétrolier réalisé par le service des essences des armées (SEA) au profit del’opération « Serval » a pour objet de garantir à la force son autonomie au combat, endéplacement et en stationnement, dans les phases de mise en place et d’engagement.Ce soutien n’est pas limité au territoire du Mali car la demande en produits pétroliers estglobale, notamment sur les nombreuses plateformes aéronautiques, de la sous région ouestafricaine étendue au territoire du Tchad. Dans les premiers instants, cela s’est traduit par larecherche de la ressource pour l’approvisionnement, la passation de contratsd’approvisionnement, le contrôle de qualité, le stockage, le transport et la distribution descarburants. Ceci était facilité par une très bonne connaissance du tissu industriel et pétrolierde la zone d’action par le SEA. Les détachements du SEA pré positionnés ou en opération, enCôte d’Ivoire, au Tchad, au Sénégal, au Niger et au Gabon ont été les premiers sollicités et ontpermis d’apporter une réponse rapide au besoin de soutien tous azimuts, dans un contexte deforte demande et dans un espace géographique étendu, où la ressource pétrolière estcomptée. Renforcé ensuite par les moyens venus de France, le dispositif SEA a pu se mettreen place et consolider le soutien au plus loin de la BLIAT et au plus prêt des combats.Fort de cent personnes, d’une capacité de transport de plus de 1 000m3 (une soixantaine devéhicules et remorques) et disposant d’une capacité de stockage de plus de 3 000m3, ledétachement SEA soutient le groupement aéromobile, la base aérienne projetée et lacomposante terrestre en coordination avec le bataillon logistique sur l’ensemble du théâtre.Les élongations et les volumes de flux de l’opération « Serval » ont incité la force à recourir auconcept de carburant unique à plusieurs reprises afin de lui laisser sa liberté d’action dans unenvironnement ou le gasoil pouvait faire défaut. La polyvalence des personnels du SEA, surl’ensemble du spectre des fonctions du soutien pétrolier, ainsi que son aptitude à opérer enzone hostile ont sans nul doute contribué aux premiers succès de la force « Serval ».
  18. 18. ► Aqmi appelle à combattre la « croisade » de la France…Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a appelé ses nouvelles recrues dans les pays dAfriquedu Nord à sengager dans le combat contre ce que lorganisation djihadiste qualifie de croisadede la France au Mali, indique le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE).SITE précise que cet appel posté sur des sites utilisés par Aqmi invite les nouveauxcombattants pourchassés par les gouvernements de leurs pays à rejoindre linsurrectioncontre les troupes françaises au Mali. « Le Front du Maghreb islamique a aujourdhui unbesoin immédiat du soutien des fils de la Tunisie, du Maroc, de la Libye et de la Mauritaniepour faire échec à lattaque des croisés de France, de vaincre ses agents dans la région et desoutenir le projet islamique », écrit Aqmi, selon une traduction fournie par SITE. Lorganisationestime également que les jeunes djihadistes dAfrique du Nord peuvent avoir une grandeinfluence dans leur propre pays et quils doivent combattre la laïcité et oeuvrer à linstaurationde la charia, la loi coranique.

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