Operation serval 28

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Operation serval 28

  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Point de situation (du 25/03 18h au 29/03 18h)…Au cours de ces derniers jours, les opérations aériennes se sont poursuivies avec 95 sortiesdont une trentaine de sorties a été consacrée aux frappes aériennes principalement dans larégion de l’Adrar des Ifoghas et le long de la boucle du Niger, de Gao à Tombouctou. Unequarantaine de sorties a été dédiée au transport de nos forces et de nos matériels, les autressorties étant consacrées au soutien des opérations.Au sol, les opérations se poursuivent avec deux zones d’actions majeures : au nord, dans larégion de Tessalit, où les éléments français en coordination avec les forces arméestchadiennes poursuivent leurs opérations de contrôle de zone ; et au centre du pays, sur laboucle du Niger, où les éléments français en coordination avec les forces armées maliennes(FAM) et les forces africaines de la Misma poursuivent leurs patrouilles de sécurité.Au Nord, le 27 mars 2013, le GTIA TAP a conduit l’opération « Tigre » dans la ville de Tessalit etsur ses abords. Cette opération de contrôle de zone et de fouilles de points spécifiques visait às’assurer de l’absence de toute présence de groupes terroristes dans la ville et ses abords.L’opération n’a donné lieu à aucun contact avec les terroristes. Au centre, sur la boucle duNiger, les unités de la force « Serval » en coordination avec les FAM et les forces africaines dela Misma, depuis Gao, Tombouctou et Ménaka poursuivent les opérations de contrôle de zone.Les événements de Tombouctou de la semaine dernière ont conduit à un renforcement desdispositifs de sécurité des emprises militaires françaises dans cette zone. A Gao, le GTIA 2 apoursuivi ses patrouilles de jour et de nuit dans le centre ville et a mené des opérations defouille en appui des FAM.Au Sud de la ville, les forces armées maliennes, dont l’état-major est basé à Gossi, avec laparticipation du détachement de liaison français, ont terminé l’opération « Gomou ». Elle visaità confirmer les renseignements recueillis auprès de la population et à fouiller d’anciens campsoccupés par des groupes terroristes. Cette action a permis aux forces de sécurité maliennesd’interpeller une demie-dizaine de personnes armées et de découvrir de l’armement (AK47 etchargeurs).A Ménaka, les 280 soldats du bataillon nigérien arrivés depuis le 24 mars ont effectivementrepris la responsabilité de cette zone à la place des soldats français. Après quatre jours deconsignes, les éléments français ont progressivement quitté la zone. Un détachement deliaison français devrait y être déployé prochainement afin de faciliter la coordination de nosactions dans la zone. Le Génie nigérien a d’ores et déjà procédé à la destruction d’une roquettePG2 sur place, encadré par la section génie du GTIA 2 qui était encore présente sur zone.
  2. 2. Les éléments français ont quitté Ménaka pour rejoindre Gao. Le transfert progressif deresponsabilité entre les forces françaises et les forces de la Misma est un signe fort. Les forcesafricaines poursuivent leur montée en puissance. Elles sont près de 6 300 présentes sur le solmalien aux côtés de 4 800 soldats des forces armées maliennes.Parallèlement, la mission EUTM Mali termine la mise en place de ces éléments avec un peuplus de 400 militaires déjà présents. La force protection, à laquelle la France participepleinement avec l’aide des tchèques est aujourd’hui déployée auprès de l’état-major de lamission à Bamako et au camp d’entraînement de Koulikoro. Un module de chirurgie vitale (rôle2) assuré par les militaires allemands est également opérationnel. Enfin, les premiersformateurs, dont une trentaine de Français, sont déployés depuis le début de la semaine. Lapremière formation infanterie des éléments maliens doit débuter dans les jours qui viennent.Enfin, l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état major des armées, s’est rendu le 28 mars auprèsdes éléments français du GTIA 2 et du groupement aéromobile à Gao afin de féliciter lesmilitaires du travail accompli. Cette visite lui a également permis de faire un point de situationavec le général de Saint Quentin, COMANFOR de l’opération « Serval », le CEMGA malien, leCEMGA nigérien et un représentant de la Misma.Hier soir, à l’occasion de son allocution télévisée, le Président de la République français a tenuà rappeler son estime et sa confiance aux militaires français engagés au sein de l’opération« Serval » au Mali.
  3. 3. ► Pas de rapporteurs dans lAdrar…Bien que pacifié, lAdrar des Ifoghas reste une zone extrêmement dangereuse, et tous leséléments le confirment. Dernier élément en date, cette affirmation du député ChristopheGuilloteau qui assure que laccès du massif sera refusé aux trois parlementaires de la missiondinformation sur « Serval », à laquelle il appartient. Cest larmée elle-même qui refuserait cetaccès aux parlementaires, dont la récente gourme vient pourtant de tirer le budget de ladéfense des limbes auxquelles il était promis. Le député UMP remarque par ailleurs que leministre a pu se déplacer dans ce massif, ainsi que quelques journalistes soigneusement triéssur le volet.► Comment gagner la Paix…Les succès militaires dans le Nord Mali ne suffisent pas. Tout un pays est à reconstruire, aveclaide des donateurs étrangers, et les pièges sont nombreux !« Ce qui manque le plus, cest le carburant », dit un commerçant de Gao. Le gasoil faitfonctionner les générateurs qui fournissent lélectricité et alimentent les stations de pompage.Or, depuis la crise, la société publique Énergie du Mali (EDM) ne fournit plus le précieuxcarburant. Seul le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) achemine des camions-citernes, mais pas assez. Du coup, au Nord, les gens vivent avec quelques heures délectricitéet quelques heures deau par jour. Pas décoles, pas de banques, pas dadministration... Deuxmois après leur libération, les grandes villes du Nord manquent de tout.« On est contents davoir vu François Hollande à Tombouctou en février, dit un instituteur de laville. Mais il est reparti à Bamako avec le gouverneur et le préfet. Et depuis, ces deux-là nesont pas revenus ! ». LÉtat malien fait-il tout ce quil faut pour reconstruire le Nord ?
  4. 4. « Les autorités pourraient faire plus, affirme un haut fonctionnaire malien. À part le CICR, il nya rien. LÉtat a du mal à se redéployer sur tout le territoire. Il ny a même pas envoyé demission dévaluation ! » Le président du conseil régional de Tombouctou, Mohamed IbrahimCissé, reconnaît, lui aussi, quil y a des insuffisances, mais ajoute que « lÉtat reste prudent àcause des problèmes dinsécurité. Les gens ont peur de circuler ». Le 8 mars, près deGoundam, un transporteur, son chauffeur et ses deux apprentis ont été assassinés par descoupeurs de route. Bamako demande à tous les directeurs dadministration de reprendre leurposte dans les régions de Gao et de Tombouctou avant fin mars. Le feront-ils ? Il faudrait déjàque les gouverneurs et les préfets de ces deux régions renoncent au confort de la capitale...Le nerf de la paix est à Bamako. Il est aussi à Bruxelles. Cest là que, le 15 mai prochain,lUnion européenne (UE) et la France organiseront une conférence des donateurs, à laquelleparticipera François Hollande. À Addis-Abeba, le 29 janvier, 455 millions de dollars ont étépromis pour gagner la guerre contre les jihadistes. À Bruxelles, il faudra réunir une sommeencore plus importante pour gagner la paix. LUE a déjà annoncé une enveloppe de250 millions deuros, et la France une aide de 141 millions deuros - qui était gelée depuis lecoup dÉtat de mars 2012. Mais cela ne suffira pas. Déminer, reconstruire les ponts et les bacs,réparer les réseaux électriques et les stations de pompage... Les urgences sont multiples.Déjà, lUE et la France se sont répartis la tâche. Paris doit financer le rétablissement de leau etde lélectricité. Bruxelles, le retour des gens chez eux. Près de 400 000 personnes viventaujourdhui dans des familles, dans le Sud ou dans des camps, en Mauritanie et au BurkinaFaso. Lidée serait de leur verser du cash pour les aider à redémarrer leurs activités dans leNord, où elles ont tout perdu. Mais au-delà, comme dit le ministre français délégué auDéveloppement, Pascal Canfin, « il faut gagner la bataille des six mois, cest-à-dire fournir dessemences aux paysans dici au début de la saison des pluies, pour quils réussissent laprochaine campagne agricole, et réhabiliter les écoles pour que les enfants ne manquent pasla prochaine rentrée scolaire ». Actuellement, 800 000 dentre eux sont déscolarisés.Le Mali est-il en mesure de dire quels sont ses besoins ? « Oui, jai des interlocuteurs, répondPascal Canfin. Le ministre de lAction humanitaire [ le docteur Mamadou Sidibé] me signale que,pour remettre de lélectricité dans telle ville, il faut prévoir tant de litres de carburant et tant decamions-citernes. Où le maire dune commune évalue le nombre de pompes qui sontnécessaires pour relancer un périmètre irrigué. » Ce que refuse le ministre français, cest lescénario haïtien : après le terrible tremblement de terre de janvier 2010, « on a construit uneadministration parallèle. Du coup, les ministères haïtiens ne géraient plus rien. Sans douteétait-ce nécessaire dans lurgence, mais on ne refera pas les mêmes erreurs ».La corruption ? « Avec un régime à deux têtes, un président et un ancien chef putschiste quicontrôle toujours lappareil sécuritaire et la moitié des ministères, le risque dévaporation delaide est décuplé », admet un ancien ministre malien. Les bailleurs ne sont pas dupes. Leuraide est adossée à lavancée de la feuille de route votée par lAssemblée malienne le28 janvier : dialogue et élections. Côté français, Pascal Canfin souhaite mettre aussi en placeun dispositif de contrôle citoyen : « Si un centre de santé est annoncé, et si rien ne vient aubout de trois mois, les élus locaux doivent pouvoir nous alerter par sms ou par les réseauxsociaux ». Le système fonctionne déjà en Tunisie avec laide de la Banque mondiale.Autre arme anticorruption : la coopération décentralisée. Doù la conférence de Lyon, enFrance, du 19 mars. À linitiative de la région Rhône-Alpes et de Cités Unies France, unecentaine de collectivités locales de France ont rencontré leurs « jumelles » du Mali, soit unecollectivité malienne sur six. Ce nest pas rien. « Quand je vais voir un haut fonctionnaire pourfaire avancer un dossier, il me répond : on est là-dessus, raconte la maire de Goundam,Oumou Sall Seck. En réalité, à Bamako, ils sont lents et ils ne soccupent pas vraiment denous. Il y a trop de faux problèmes et de petits règlements de comptes ».
  5. 5. ► Logistique - soutien de lhomme dans lopération « Serval »…http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7dG_OhLfqbY► Week-end meurtrier dans la ville de Gao…« Al Qarra - Le calme est revenu aujourdhui dans la ville de Gao. Une situation qui contrasteavec les évènements du week-end ».http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YAu0TeKmkW4► Opération de fouille et de destruction dans le massif de l’Adrar…http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NrmKCsHxnX4► Position de l’Allemagne…Le ministre allemand de la Coopération, Dirk Niebel, a appelé samedi ( 23/03) à Bamako lesautorités maliennes à organiser comme prévu des élections en juillet, condition dune reprisecomplète de laide allemande à ce pays plongé dans une grave crise depuis un an. « Lacondition préalable pour une coopération entière ( avec lAllemagne) est le déroulement libre etéquitable des élections en juillet », a-t-il déclaré à la presse. La coopération allemande reprenddéjà « au fur et à mesure selon les progrès de lapplication de la « feuille de route » », asouligné M. Niebel.Adoptée fin janvier par les députés maliens, la « feuille de route » balise le chemin à parcourirpour le pays, dans la tourmente depuis un putsch en mars 2012 qui a précipité la chute duNord aux mains de groupes islamistes armés. Une opération franco-africaine a chassé lesjihadistes des grandes villes de la région depuis janvier, et Bamako a annoncé uneprésidentielle pour juillet. Après ladoption de la « feuille de route », lAllemagne a donné sonfeu vert pour une aide de 11 millions deuros pour des projets hydrauliques. La « deuxièmeétape » doit permettre daider les autorités maliennes à « remettre en place les structuresgouvernementales détruites dans le Nord », a expliqué le ministre allemand. Arrivé vendredisoir (22/03) au Mali, M. Niebel a visité samedi le camp de déplacés de Sévaré ( centre) et doitsentretenir samedi soir à Bamako avec le président par intérim Dioncounda Traoré. Sa visitesachève dimanche. LAllemagne fournit un soutien logistique et de ravitaillement aérien auxtroupes françaises engagées au Mali. Elle a décidé de déployer jusquà 330 militaires dans lecadre de la mission européenne de formation et de conseil à larmée malienne.► Comment François Hollande prépare-t-il l’après-guerre…Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault réunira lundi soir ( 25/03) les présidents de lAssembléeet du Sénat ainsi que les présidents des groupes parlementaires pour les informer de lasituation au Mali. Les quatre ministres en première ligne sur le dossier ainsi que le chef détat-major des armées seront présents à cette réunion. Progression des unités délite danslextrême Nord face à ce qui reste des forces dAqmi, ratissage des zones suspectes dans laboucle du Niger où des combattants du Mujao gardent un potentiel de nuisance forte,processus politique malien, aide humanitaire et à la reconstruction :
  6. 6. tous les volets seront abordés lors de cette séance obligatoire aux termes de la Constitutionselon laquelle le gouvernement doit demander lautorisation au Parlement de poursuivre uneguerre dès quelle entre dans son quatrième mois.Si, sur le plan militaire, les choses ont nettement évolué dans la région des Ifohgas, lesperspectives politiques et logistiques à même de rendre possible un retrait des forcesfrançaises ne sont pas réjouissantes. Mardi ( 26/03), léquipe des Nations unies qui sest rendueces derniers jours au Mali fera son rapport avant den informer le Conseil de sécurité. Lasituation est-elle stabilisée? Est-il possible de confier aux troupes africaines de la Misma unmandat dopération de maintien de la paix ? De quelle paix parle-t-on ? Cest en fonction decette évaluation quune résolution sera rédigée pour déclencher dans les deux mois quisuivent une opération onusienne dont lobjectif sera de « stabiliser » la situation politique.Pas si simple. Les États-Unis, qui ont organisé récemment des manœuvres militaires enMauritanie avec une partie des pays qui ont envoyé des troupes au Mali, jugent ces dernièresmal préparées pour ce genre de mission. Et ce nest pas parce quelles seront « bienéquipées » par lONU quelles seront efficaces du jour au lendemain. « La tentation desMaliens, cest de nous faire rester », confie dailleurs un diplomate français au cœur dudossier. « Alors que nous, Français, souhaitons accélérer le calendrier pour les placer devantleurs responsabilités », poursuit-il.Doù lidée de déplacer une partie de nos soldats à proximité du Mali, probablement au Niger,pour les maintenir en alerte au cas où les forces des Nations unies se retrouveraient prises aupiège de nouvelles attaques. Est-ce dans ce contexte que des élections peuvent se tenir dansle pays en juillet ? « Une présidentielle, peut-être, des législatives, cest plus difficile »,argumente un diplomate. Il manque toujours, à ce stade, 60% du budget prévu pour ce scrutin,raison pour laquelle la France va essayer de réunir une nouvelle conférence des donateurs.Cest dans ce décor que le nouvel ambassadeur français au Mali, Gilles Huberson, vasinstaller avec armes et bagages. Un ancien militaire devenu diplomate. Pour finir une guerreet favoriser le retour dune démocratie qui faisait la fierté des Maliens avant que le narco-terrorisme sinfiltre dans ses institutions et les mette à genoux dans le sable.► Le récit d’une bataille…En ce lundi matin, Gao se méfie encore. La veille, une poignée de djihadistes, entre quatre etsix hommes bien armés, se sont infiltrés dans la cité du Nord-est malien. Il aura fallu plus dequatre heures et un mort à larmée malienne pour réduire cette petite bande de combattantssuicidaires qui fuyait de maison en maison, mitraillant tout sur son passage. Le Mujao, legroupe islamiste qui occupait Gao jusquà lintervention française, signait là sa troisièmeincursion urbaine.Alors que, dans le grand nord, dans lAdrar des Iforas, Aqmi a mis un genou à terre sous lescoups des troupes françaises, Gao et sa région devient la priorité sécuritaire des officiers. Lazone, où stationne un millier dhommes, est renforcée. « La stratégie du Mujao est différente decelle dAqmi. Al-Qaïda avait choisi, au moins au début, une confrontation frontale avec nous.Le Mujao lui a opté pour une guerre asymétrique, une guerre de harcèlement et de guérilla »,souligne le général Bernard Barrera, le chef des opérations au Mali.À Gao et dans les villages des alentours, profitant des cachettes offertes par les arbres decette brousse sèche, le Mujao na jamais vraiment lâché prise. Depuis la fin février, lesaccrochages sy multiplient, presque quotidiens, autour de Bourem, Djebok ou Gao. Chaquefois lhistoire est la même : un groupe de quelques djihadistes est débusqué puis « traité ».Mais rien jusqualors navait vraiment préparé les militaires français à la bataille Imènas.« Cétait un scénario qui avait été planifié », reprend le colonel Bruno Bert.
  7. 7. Le 1er mars, à la tête dune colonne de 200 hommes et de 16 blindés du 92 ème régimentdinfanterie (92ème RI) de Clermont-Ferrand, appuyés par autant de soldats maliens, lofficiersapproche dImènas à laube. Trois jours que la troupe ratisse la région, dans un calme relatif.Imènas est le dernier objectif. Ce gros village, signalé par les renseignements comme unpossible site de transit de lennemi, doit être fouillé.Quelques djihadistes, surpris, tentent une vague résistance, puis préfèrent fuir. Le plan est misen place: le capitaine Jean-Baptiste place ses véhicules pour assiéger la bourgade et larméemalienne entreprend de visiter les maisons. Imènas se révèle sans grand intérêt. « Lapopulation était très calme, tout se passait bien », souligne le capitaine.Avant le départ, les militaires se décident néanmoins à vérifier les alentours, une forêt touffue,daspect innocent sous la chaleur. La section envoyée pour cette mission natteindra pas lesous-bois. « Ils ont tout de suite été pris sous un feu extrêmement intense et violent »,rapporte le colonel Bert. Des dizaines de Gad (« Groupe armé djihadistes » dans le jargon français )se ruent hors du couvert, kalachnikov en mains. Plusieurs roquettes RPG7 frôlent les blindés.Pris de court, les Français manœuvrent à la hâte. Le QG mobile, un transport de troupesblindé, est presque submergé par lennemi. Pour se dégager, la mitrailleuse 25 mm crache surlennemi à moins de 20 mètres. Les fantassins prennent position comme ils le peuvent, vidantleurs chargeurs. Même les officiers doivent prendre leurs pistolets et tirer. « Cétait très dur »,commente le capitaine. « On les voyait dans les yeux ».La colonne française finit par se réorganiser, et prendre deux petites hauteurs qui surplombentce qui devenu un champ de bataille. « Il nous fallait garder linitiative pour ne pas subir »,expliquer le jeune officier. Des hélicoptères sont dépêchés sur place, pour pilonner les arrièresdu Mujao et le priver de tout espoir dobtenir des renforts ou de se réapprovisionner. Lecombat durera toute la journée. Par deux fois au moins, les djihadistes relanceront des assautsinsensés. Les vagues sapprochent parfois à moins de dix mètres des fantassins français, quiencore et encore ouvrent un feu nourri. À ces souvenirs, le regard des soldats, les plus jeunesdabord, se perd un peu. « Ils étaient juste là. Les têtes éclataient comme des melons », décritlun. Ce combat de près, qui na rien de virtuel, va laisser des traces. Les Maliens, moins armésmoins protégés que leurs homologues français, sont eux aussi violemment engagés. « Ontirait, on tirait et ils revenaient encore. Javais pris 100 balles et jai tout utilisé », se rappelle lesoldat Ousman, qui nen revient pas. Lennemi espérait profiter de la relative faiblessemalienne pour briser loffensive. « Les djihadistes nétaient pas du tout désorganisés. Cenétait pas du suicide. Ils bougeaient. Ils ont tenté à plusieurs reprises de nous contourner tantpar la droite que par la gauche. Ils ont combattu »,Ce nest que le soir tombant que la fusillade cesse. Le bilan côté franco-malien est vierge. « Unvrai miracle. Le fruit de lentraînement sans doute », assure un deuxième classe. Toute la nuit,le 92ème RI veille. Aux premières lueurs, les forces coalisées lancent lattaque. Cette fois, le boistombe sans mal. Profitant de lobscurité, les djihadistes ont fui. Sous les arbres les Françaisretrouvent 51 corps abandonnés. Seuls les blessés ont été emmenés par les islamistes.Combien étaient-ils au plus fort de cette bataille ? « Vraisemblablement pas moins dunecentaine », estime le colonel Bert. Au moins le double, selon un responsable desrenseignements. Le mystère des effectifs restera entier. La visite, serrée et tendue, des taillisdImènas lèvera en revanche celui de la motivation des djihadistes. Sous des bâches etbranchages, dans des trous, on découvre des dizaines de caches darmes de tous calibres.Des postes de combats bien préparés sont aussi mis au jour. Un arsenal qui nétonne pas lesofficiers français.« Cest leur stratégie. Ils cachent leurs armes et vont les chercher quand ils veulent », rappellele colonel Bert. Entre-temps, les islamistes se fondent dans la population, se muant en bergersou en artisans. Comme en Afghanistan, lennemi peut donc être partout, nayant besoin que dequelques heures pour surgir ou se cacher à nouveau. Chaque village peut être un jour unImènas. Et difficile de savoir si, dans cette guérilla des plus classique, les civils sont les otagesou les complices du Mujao. « Lune des grandes différences entre la région de Gao et le restedu Mali, cest quici les islamistes ont réussi à convaincre une partie des habitants du bien-fondé de leur thèse.
  8. 8. Cela fait au moins une dizaine dannées que les salafistes se sont implantés avec succès »,explique lun des rares humanitaires à être resté en ville au cours des derniers mois. Parisnignore rien de cette imprégnation. Les morts retrouvés sur le champ de bataille étaient tousde jeunes Noirs. Des gamins perdus recrutés sur place et qui forment aujourdhui lossature duMujao. Alors, même si après le choc dImènas le Mujao sest fait nettement plus discret, lesmilitaires se gardent bien de crier victoire.► Le successeur d’Abou Zeïd…LAlgérien Djamel Okacha, désigné par Al-Qaïda pour remplacer Abdelhamid Abou Zeïd tué enfévrier au Mali, est un combattant aguerri, à la carrière fulgurante, qui devrait contribuer àunifier les djihadistes derrière Abdelmalek Droukdel. Âgé de 34 ans, Okacha, alias Yahia AboulHammam, est « lhomme de confiance de Droukdel » le chef dAl-Qaïda au Maghreb islamique(Aqmi). Il a été désigné « il y a quelques jours » comme le nouveau chef dAqmi pour la régionsétendant de Ghardaïa (centre sud de lAlgérie) à lAzawad ( nord du Mali), a déclaré le patron dela chaîne de télévision algérienne Ennahar TV, Mohamed Mokeddem. Il doit encore êtreconfirmé dans ses fonctions par lensemble de la direction dAqmi, a-t-il précisé. Samedi, leprésident français François Hollande a confirmé « de manière certaine » la mort de lAlgérienAbdelhamid Abou Zeïd, tué par larmée française dans le massif des Ifoghas dans le nord duMali. Sa mort avait été annoncée le 1 er mars par le président tchadien Idriss Deby, dont lesforces combattent notamment les combattants dAqmi aux côtés de larmée française.Okacha nest pas passé par lAfghanistan, comme Mokhtar Belmokhtar, lun des hommes fortsdAqmi entré en dissidence en octobre 2012 pour fonder son unité combattante, responsablede la prise dotages sanglante dIn Amenas de janvier dans le Sud algérien. Belmokhtar, quiaurait aussi été tué au Mali, nappréciait justement pas le fait quOkacha nait pas eu « lebaptême » de lAsie centrale, selon une source diplomatique. Impliqué en Algérie, puis dans lenord du Mali depuis 2004, Okacha a gagné progressivement du galon et, depuis 2007, laconfiance de Droukdel et Abou Zeïd, alors que Belmokhtar la perdait en pleines tensionsinternes. Okacha « a éclipsé Belmokhtar dans sa mission dunification des katibas ( unitéscombattantes) sahariennes », a ajouté la source diplomatique. En octobre, alors quil dirige unebrigade dAqmi, il succède comme coordonnateur dAqmi pour le Sahel à Nabil Makhloufi, aliasNabil Aboul Qama, mort dans « un accident » de voiture au Mali.Pour Mohamed Mokeddem, Okacha « va renforcer Droukdel » et calmer les tensions. Natif deReghaïa (préfecture dAlger), il « maîtrise bien la philosophie djihadistes et a des dons deprédicateur » face aux jeunes, dit cet auteur de plusieurs ouvrages de référence. Fort de« bonnes relations » avec les islamistes mauritaniens, Okacha est soupçonné dimplicationdans lassassinat en juin à Nouakchott dun Américain, Christopher Logest, et dans lattaquecontre lambassade de France (deux blessés) en août 2009. Membre du Groupe islamique armé(GIA), il est emprisonné 18 mois en 1995 en Algérie, en pleine décennie noire. Libéré, il rejointle tout aussi sanguinaire Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, devenuAqmi). Actif dans la région kabyle de Tizi Ouzou (nord-est), il est ensuite condamné à mort parcontumace. « Sa seule femme, cest le djihad », selon Mohamed Mokeddem. « Nousreconnaissons tout régime qui accepte la loi de Dieu et sommes prêts à être ses fidèlessoldats, déclarait-il en octobre à lagence mauritanienne ANI. Tout régime opposé à la religionde Dieu et qui cherche à appliquer des lois (terrestres) et tout ce qui en découle nest pasacceptable pour nous. Nous considérons que les musulmans doivent sen débarrasser ».
  9. 9. Abdelmalek Droukdel Okacha, alias Yahia Aboul► Des familles souffrent aussi d’un déficit de com…« Communiquer est un acte de commandement » lisait-on il y a quelques années à la une dunerevue institutionnelle du ministère. Mais cette belle intention bute souvent sur de nombreusesdifficultés pratiques, comme cest le cas dans lopération « Serval ». Des témoignagesconvergents de familles de militaires de larmée de Terre engagés dans « Serval » me leconfirment, évoquant une communication restrictive, quand elle nest pas tout simplementinexistante. Mal ou pas informées, des proches de militaires peuvent avoir des réactionsimprévisibles comme cela sest déjà vu dans le passé. La guerre que la France mène au Malinest pas la même quen Afghanistan : les infrastructures de communications civiles sontnotamment bien moins robustes (1). Là où un italien offrait à prix dor les minutes dinternet surune FOB afghane, il ny a rien ou presque au Mali. Même les satcom passent très mal danslAdrar. La guerre a aussi changé de nature : il y a bien plus de terroristes en face, et cetteconcentration suscite des craintes. Il la dit, létat-major redoute clairement que les journalistesne transmettent des informations -vitales ou non- aux djihadistes. Les familles suscitentclairement les mêmes craintes (2). Les cas de fuites -évidemment non intentionnelles- furent, ilest vrai, assez nombreuses pendant lAfghanistan, même si elles nont pas fait les gros titres.Et même sil reste difficile de déterminer si elles ont eu ou pas un impact sur les opérations.Donc, en limitant ce flot destiné aux familles, on limite ainsi ce risque : pas dinfo, pas dephotos, pas dimages, pas de papier, pas de fuite.
  10. 10. Cest évidemment un retour en arrière, surtout après les possibilités données par larmée enAfghanistan, avec la multiplications des des communications de welfare au titre du confort dusoldat. Mais cest comme ça. De son côté, lEMA expliquait hier soir quaucune consigne decommunication restrictive navait été donnée. Enfin, par delà ce cadre général, il reste leshommes. Chaque chef personnalise son style de commandement. Donc de communication.(1) les satcom militaires nont pas les mêmes soucis, mais ils sont occupés à soutenir la guerre. Uneguerre qui vient seulement de commencer. « Dans cette phase initiale de déploiement, écrit lEMA, alorsque la force reste encore très mobile, même si des solutions ont été ponctuellement mises en place, il n’apas été déployé de dispositif permettant aux soldats de contacter leurs proches. C’est bien sûr unedifficulté technique et non une volonté de restreindre la communication ».(2) cest par exemple ce qui avait amené un pacha de BPC à passer en EMCON, lors du mois précédent latentative de libération de Denis Allex en Somalie.► Opération de fouille dans le massif de l’Adrar…http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=90JfzVN2H8w► Exaction : « c’est exactement ce que l’on craignait »…On ne pourra pas dire qu’on n’a pas été prévenu. Des soldats maliens se seraient renduscoupables dexactions, notamment dexécutions sommaires, dans les villes reprises auxdjihadistes, daprès plusieurs témoignages dont la presse et des ONG (HRW, FIDH) se sont faitlécho.Représailles, chasse à lhomme, conflit ethnique... « Cest exactement ce que lon craignait : onna pas cessé davertir sur les risques humanitaires dun afflux de réfugiés et les dangers dunnettoyage ethnique. La situation va être difficile à gérer maintenant », sagace un diplomateoccidental à Bamako. « La France a bousculé le calendrier, du coup de nombreux aspects nesont toujours pas au point : le concept opérationnel, la formation de larmée malienne, lapréparation des troupes africaines de la Misma et la protection des civils. Tout cela rested’actualité alors qu’on est désormais dans l’urgence », conclut-il.« On a dépassé le stade des craintes », estime aussi Tiébilé Dramé, homme politique malien,président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). « Plusieurs cas damalgames, destigmatisations sur la base du faciès et de la couleur de la peau ont, malheureusement, étédocumentés », affirme-t-il. « Il faut mettre fin à ces pratiques qui sont susceptibles de semerles germes de la haine. Les terroristes et les jihadistes nappartiennent pas à une seulecommunauté. Ils ne sont pas que Touaregs et Arabes. Parmi eux il y a des gens originaires descommunautés noires du Sud. Par ailleurs, des organisations de défense des droits de lhommeont lancé récemment de graves accusations dexécutions. Les autorités doivent faire lalumière, le plus tôt, sur ces accusations et, si elles savèrent fondées, prendre des mesures quisimposent ». Extrêmement inquiet, le politicien avertit : « Il ne faut pas détruire ce qui reste duMali. La réconciliation des communautés et le renforcement de la cohésion nationale serontdes tâches urgentes dans le Mali post-crise ».Car cest bien là le problème. Le secrétaire général de lONU Ban Ki-moon, le premier, lamartelé à chaque rendez-vous sur le Mali depuis juillet dernier. Dans un rapport adressé auConseil de sécurité de l’ONU fin novembre, il avait fait part de ses préoccupations en destermes alarmistes : « Si une intervention militaire dans le Nord nest pas bien conçue etexécutée, elle pourrait aggraver une situation humanitaire déjà extrêmement fragile etentraîner également de graves violations des droits de lhomme ». Elle pourrait aussi,sinquiétait-il, « ruiner toute chance dune solution politique négociée à la crise ».
  11. 11. Rencontrée en septembre dernier, une élue du Nord avertissait déjà, pleine de hargne : « LesNoirs se vengeront des Blancs, de ces Touaregs et de ces Arabes par qui le mal est arrivé. Ilsse vengeront des Touaregs indépendantistes du MNLA qui nous ont causé tous ces problèmesen amenant les djihadistes avec eux et de tous ceux qui se sont alliés aux islamistesétrangers ». Larmée malienne est quant à elle dautant plus remontée contre les rebelles duNord quelle a été humiliée par sa débâcle au printemps dernier et se souvient encore avecterreur de ses soldats égorgés en février à Aguelhoc, une ville du Nord, au début de loffensivetouarègue.Le risque de représailles est dautant plus fort que les ressentiments liés à ce conflit viennentsajouter à ceux du passé, jamais digérés. Car le Nord a déjà été le théâtre de violencesintercommunautaires et raciales. Dans les années 90, des milices progouvernementalesavaient massacré des dizaines de civils à la « peau claire », touaregs et arabes. A Paris, on estdepuis longtemps conscient du danger. « Il est indispensable de ne pas avoir une visionuniquement sécuritaire, il y a un travail politique substantiel à faire avant une intervention »,jugeait en octobre un connaisseur du dossier. « Il ne faut pas que l’armée malienne aille auNord pour bouffer du Touareg », avait-il crûment ajouté.Une nécessaire « police » : Et pourtant. « Les Français y sont allés franco, sans se retourner,avec pour seul discours apparent « la guerre contre les terroristes » », remarque YvanGuichaoua, enseignant-chercheur à l’université d’East Anglia. « Mais, poursuit-il, au Sud etsurtout au Nord, les lignes de fractures exacerbées par la guerre sont telles qu’en dehors ducombat strictement militaire contre ceux qui ont voulu prendre Sevare, il faudrait idéalementpouvoir compter sur un travail de police susceptible de prévenir des règlements de comptesdordre parfois privé. Or, pour être efficace, ce travail de police requiert la confiance despopulations locales et exige de ne pas les ériger en ennemies ayant nécessairement collaboréavec « loccupant » »." La dernière résolution des Nations unies, la 2085 du 20 décembre quiautorisait, sous conditions, le déploiement dune force internationale au Mali, prévoyaitjustement que lONU envoie sur place des observateurs « pour surveiller le respect du droitinternational humanitaire et du droit des droits de l’homme dans le cadre des opérationsmilitaires menées dans le nord du Mali ».Bamako pointé du doigt : La France sait que de telles exactions entacheraient nécessairementson intervention et pourraient dangereusement éroder le soutien dont elle bénéficie depuisquelle a lancé son opération le 11 janvier. Mais « on na pas de confirmation d’exaction »,rétorque un diplomate français, sur la défensive. Le ministre de La Défense Jean-Yves LeDrian, reconnaît cependant qu’« il y a des risques ». Mais il renvoie, non sans raison, laresponsabilité à Bamako : « Il faut être extrêmement vigilant et le président de la République(François Hollande) compte sur le sens des responsabilités des cadres de larmée maliennepour éviter toute exaction ». A Paris, on convient néanmoins que « notre intervention militairenous responsabilise sur l’ensemble du dossier malien, sur les questions de sécurité maisaussi sur les questions politico-développement ».► « Serval » : il fait chaud, sûr !...Des conteneurs de chaussures tactiques sont partis pour le Mali par voie aérienne, il y aquelques semaines, via la base aérienne dIstres apprend-on de lEMA. La chaleur localesemble en effet avoir dégradé assez rapidement les modèles portés par les soldats, explique-t-on à Paris où on semble exlure une quelconque malfaçon (1). Les marches dans la caillassenayant sans doute rien arrangé. Chacun y est donc allé de son adaptation réactive pour fairetenir lensemble chaussure-semelle : elastoplastes, suspente de parachutes... avant derecevoir les renforts de chaussures neuves.(1) néanmoins il faut reconnaître que toutes les unités nayant pas eu ce problème, certains piedsdevaient être mieux chaussés que dautres.
  12. 12. ► Rusticité et ingéniosité : malgré tout, les véhicules « tirent la langue »…Pour la seule brigade « Serval », quelque 730 véhicules ont été déployés. Parmi eux, 150 VAB, une centaine de VBL, 36 VBCI et une vingtaine d’AMX-10 RC. Ajoutons P4, PVP, GBC, TRM, etc… et on arrive au chiffre donné en premier.Si les hommes souffrent, le matériel est également soumis à rude épreuve. La faut au climat (sable, chaleur), aux énormes distance à franchir, au terrain accidenté, au rythme soutenu des opérations… et à l’âge des véhicules. Exemple du stress sur le matériel : les VBCI du 92ème RI ont consommé plus de potentiel en deux mois au Mali qu’en 3 ans en métropole. Leur disponibilité approche toutefois les 80% alors que les AMX-10 RC tournent à un peu plus de 60%... Sur le terrain, beaucoup de casse. Déjà lors de la montée vers Tombouctou, les pannes (et les ensablements) avaient retardé la colonne. A Tessalit et à Gao, la maintenance tourne désormais à plein, avec des lots de pièces très réduits.Les lots AIP (Autonomie Initiale de Projection) couvrent à peine la moitié des besoins et ce ne sont pas les achats récents qui vont permettre de rectifier la pénurie, même s’ils ont été passés en « urgence impérieuse résultant d’évènements imprévisibles pour le pouvoir adjudicateur et dont les circonstances sont rigoureusement conformes aux conditions énoncées dans la directive. Acquisition destinée à la constitution de lot d’Autonomie Initiale de Projection des matériels dans le cadre de l’opération « Serval » ». Les véhicules manquent aussi gravement de courroies qui lâchent avec la chaleur. Alors le « système D se met en branle ». « Les véhicules aussi sont à bout, mais on les maintient en état de marche. On répare avec des bouts de ficelle », glissait un colonel, la semaine dernière à François Rihouay. Ca casse mais ça passe…Plusieurs attributions récentes publiées au BOAMP (le Bulletin Officiel des Annonces des MarchésPublics est le site officiel facilitant laccès des entreprises à la commande publique. Il permet le repérageet la veille gratuite des appels doffre des marchés) lont été sans publication préalable dun avis demarché au Journal officiel de lUnion européenne ; exemples :Avis n°13-32843 publié le 22/02/2013: acquisition de pièces de rechanges pour la constitution de lotsdautonomie initiale de projection destinés au soutien de lopération « Serval ». Attribué à Renault TrucksDefenseAvis n°13-36016 publié le 28/02/2013: acquisition de pièces de rechange pour la constitution de lotsdautonomie initiale de projection destinés au soutien de lopération « Serval ». Attribué à Thales.
  13. 13. ► François Hollande ne baisse pas la garde face aux menaces…
  14. 14. François Hollande a tranché. Entre de nécessaires économies et les menaces pesant sur la France, le Chef de lEtat a choisi de maintenir le budget de la Défense tout au long de la prochaine Loi de programmation militaire ( 2014-1019) au niveau de celui de 2013. Soit plus de 30 milliards deuros par an.Entre contraintes budgétaires et menaces qui pèsent sur la France, François Hollande a été clair jeudi soir : la défense ne sera pas sacrifiée sur lautel des économies. « Nous dépenserons en 2014 exactement le même montant quen 2013. Comme nous avons été bien défendus en 2013, nous serons bien défendus en 2014, et ainsi ce sera la même somme qui sera affectée à loutil de défense », a assuré le chef de lEtat lors de son intervention télévisée sur France 2. Le président, à qui lon demandait ensuite si ce serait le cas jusquà la fin de la LPM, en 2019, a simplement répondu : « oui ». Fidèle à sa promesse de campagne, François Hollande, « chef de lEtat, chef des armées », est resté ferme sur le maintien de la force de dissuasion nucléaire. « Cest notre garantie, cest notre protection, il faut la conserver et même la moderniser », a-t-il souligné. « Enfin, on doit protéger notre territoire, parce que, ce qui est un fait hélas que je constate, cest que les menaces augmentent et que les budgets militaires diminuent », a-t-il poursuivi. Le budget 2013, un budget de transition dans lattente de la future LPM, sélève, hors pensions, à 31,4 milliards deuros.Pourtant ces derniers jours ça a bataillé dur, très dur... sur des détails qui devaient faire la différence dans les prochains budgets de la défense. Car les scénarios les plus noirs - la fameuse « trajectoire (ou le modèle, cest selon) Z » - avaient été écartés vers la mi-mars. Et contrairement à ce qua dit jeudi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ils ont bien été étudiés et même très sérieusement. « Cessons de nous faire peur avec des scénarios catastrophe, qui nont jamais été sérieusement envisagés, en tout cas ni par le Président de la République, ni par moi-même, ni le ministre de la Défense », a-t-il lancé devant les sénateurs. Et pourtant, et pourtant... Bercy, soutenu par Matignon, voire les Affaires étrangères, était sur une position de coupes très dures pour le budget de la défense. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait quant à lui, trouvé un allié surprenant, en la personne du ministre de lIndustrie, Arnaud Montebourg, qui soutient fermement les investissements de lEtat dans lindustrie de la défense. « Les industriels de la défense sont avant tout des industriels », rappelle-t-on au sein du ministère de la Défense. Enfin, le ministre de lEconomie, Pierre Moscovici, poussé par lAgence des participations de lEtat (APE), partageait les idées de Jean-Yves Le Drian. « Un euro investi dans la défense rapporte 1,6 euro à lEtat », explique-t-on à La Tribune.Des coupes faciles, estimaient alors Bercy et Matignon, qui passeraient inaperçues dans lopinion publique. Les projets de Bercy allaient même au-delà de la fameuse « trajectoire Z », qui déjà faisait tant peur dans les rangs des armées et chez les industriels de larmement. Cest ce qua découvert au tout dernier moment le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, quand il a rencontré le 18 mars le ministre délégué chargé du Budget, Jérôme Cahuzac, quelques jours avant sa démission. Selon plusieurs sources concordantes, le rendez-vous sest très mal passé entre les deux hommes car Bercy était vraiment prêt à casser loutil de défense sur lautel des économies budgétaires exigées par Matignon. « Bercy a caché la copie jusquau dernier moment », assure une source proche du dossier. Pourquoi ? Pour mieux surprendre lHôtel de Brienne, qui naurait pas eu le temps dorganiser un contre argumentaire. Car initialement un conseil de Défense était prévu le lendemain de cette rencontre, soit le 19 mars. Finalement pour des raisons dagenda, il a été reporté au vendredi.
  15. 15. Aujourdhui, tous les scénarios les plus noirs sont rangés dans les cartons de Bercy. Il nen était plus question à lElysée, qui a dailleurs été très surpris tout comme Bercy par la virulence des articles de presse sur un éventuel démantèlement de loutil de défense (militaire et industriel). Jean-Marc Ayrault a été le premier à siffler la fin de la partie jeudi dans la journée au Sénat même si les arbitrages restent à faire. Le modèle darmée qui découlera des travaux du nouveau Livre Blanc de la défense « sera conforme aux ambitions de la France, en Europe et dans le monde », a-t-il déclaré lors de la séance des questions au Sénat. « Protéger notre territoire et la population française, préserver nos forces de dissuasion dans ses deux composantes, et assurer nos capacités dintervention, seuls ou avec nos alliés », a-t-il énuméré. Du coup, la réduction du budget de la défense sera raisonnable, expliquaient plusieurs sources concordantes. Ce qui ne veut pas dire quelles seront indolores. Loin de là mais elles permettront de limiter la casse et de permettre de faire le gros dos aux militaires et aux industriels en attendant des jours meilleurs.Bercy a donc perdu mais... peut encore gagner. Car au sein de la Défense, on veut rester vigilant et rester sur le pont pour se mobiliser contre la prochaine guérilla budgétaire technique que va imposer Bercy à lhôtel de Brienne. « Au-delà des intentions, il y aura les budgets votés. Et au-delà des budgets votés, il y aura les budgets réalisés ( annulation de crédits en cours dexercice... ) », rappelle un très bon connaisseur de la défense. Et cela a dailleurs déjà commencé. Outre les futures économies que Bercy tente dimposer à la défense l’année prochaine (1 milliard deuros sur les 5 milliards demandés par Matignon ), le budget tente de faire financer, selon des sources concordantes, le fonds de démantèlement des installations nucléaires militaires par le budget de la Défense. Ce qui nétait pas le cas jusquici. Soit une dépense annuelle de 400 à 500 millions deuros. Soit léquivalent des ressources exceptionnelles quespéraient obtenir il y a peu Jean-Yves Le Drian. Enfin quid des reports de crédits qui sélèvent à plus de trois milliards deuros, selon nos informations ?Cest donc le 10 avril, date du dernier conseil de Défense, que la future doctrine de défense de la France sera validée par le président de la République... ou quelques jours plus tard sil demande un délai de réflexion. LElysée devrait donc accorder plus de 30 milliards deuros par an à la Défense, ou plus de 188 milliards deuros ( hors gendarmerie et pensions) sur la période de la future Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, dont le projet de loi devrait être déposé à lAssemblée nationale fin mai, début juin, selon nos informations. Soit beaucoup plus que la « trajectoire Y » (29 milliards deuros) défendue par le ministre de la Défense plus un bonus de ressources exceptionnelles, dont lessentiel pourrait venir de la cession de participations de lEtat dans les groupes de défense. Jean-Yves Le Drian se battait pour 1 milliard deuros supplémentaires par an. Mais avant lintervention de François Hollande, la tendance, cétait plutôt 500 millions deuros. Soit 3 milliards deuros sur la période de la LPM. Avec 180 milliards sur six ans, les bureaux détudes de Nexter sont par exemple sauvés, expliquait-on à La Tribune. Avec cette somme, le groupe darmement terrestre aurait été pourtant impacté par des diminutions dactivité avec dinévitables conséquences sur lemploi. « La casse est minimisée », assurait-il. Ce qui nétait pas le cas avec seulement 177 milliards deuros ( 29 milliards par an).Le ministère de la Défense avait également une très grosse inquiétude. Comment passer le cap de 2014 et 2015 ? Car avec 29 milliards et même 30 milliards lannée prochaine, le ministère de la Défense était en cessation de paiement dès 2014. LHôtel de Brienne, qui aurait été alors confronté à un problème de trésorerie, naurait plus été en mesure de payer les industriels au titre des contrats passés, qui auraient pu être cassés. Ce qui impliquait de lourdes pénalités à lEtat. Au ministère, on militait pour disposer en 2014 et 2015 de ressources exceptionnelles bien au-delà des 500 millions prévus pour assurer le paiement des contrats déjà signés (Rafale, frégates Fremm, sous-marins barracuda, hélicoptères NH90...). « La défense est comme un grand navire lancé à 32 milliards deuros : on ne peut pas réduire sa vitesse aussi rapidement quon le voudrait », avait expliqué à lautomne dernier le chef détat-major des armées, lamiral Guillaud.
  16. 16. ► Les généraux de « Serval »…Général Benoît Puga (CEMP, Paris) : âgé de 60 ans, il a commandé le 2ème REP, en 1996 (Avec cerégiment il avait effectue de nombreuses opérations extérieures. Il participe notamment au sauvetage deKolwezi en mai 1978, et intervient au Gabon en 1979, à Djibouti en 1980 et 1981, au Liban en 1982, enRépublique centrafricaine en 1983, et enfin au Tchad (opération « Manta ») en 1984), le COS(Commandement des Opérations Spéciales ), en 2004, sous-chef opérations au sein de létat-majordes armées, en 2007, et la DRM (Direction du Renseignement Militaire), en 2008. Chef d’état-majorparticulier du président de la République (depuis 2010), il sert son deuxième président. C’est luiqui donne l‘orientation stratégique de l’opération « Serval ». Il est Commandeur de la Légiond’honneur, Grand officier de l’ordre national du Mérite et titulaire de la Croix de la Valeurmilitaire avec 8 citations).Deux figures du 2ème REP qui ont sauté sur Kolwezi, en 1978 : les généraux Puga (à g.) et Dary
  17. 17. Comment Hollande a mené l’attaque : l’histoire s’est accélérée. En quarante-huit heures, François Hollande s’est mis à respirer un autre air. Empli de poudre, de sang et de peur aussi. Le président normal est désormais le chef d’un Etat en guerre.Samedi 12 janvier, à 4 heures du matin, alors qu’il avait décidé l’attaque au Mali moins de vingt-quatre heures plus tôt, il a attrapé aux premières sonneries son portable, posé sur la table de nuit de son appartement de la rue Cauchy. Au bout du fil, Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l’Elysée. En se couchant la veille au soir, François Hollande savait que la nuit serait longue pour le commando français envoyé sur un autre front, en Somalie, dans le but de libérer Denis Allex, l’agent de la DGSE détenu par un groupe islamiste depuis trois ans. La décision de mettre en œuvre cette opération de la dernière chance a été prise par le président avant Noël. Et le fait qu’elle intervienne le même jour que celui de l’attaque malienne n’a qu’une cause : en Somalie, c’est une nuit de pleine lune.Comme le 6 juin 1944 : propice aux attaques nocturnes. Lemas, qui vient d’avoir un briefing du général Benoît Puga, chef d’état-major particulier de Hollande, annonce au président que les nouvelles sont mauvaises. Les hommes des services spéciaux rentrent sans l’otage, un soldat français est mort sur place et un autre serait aux mains des ravisseurs. François Hollande ne se recouche pas. Il téléphone, notamment à son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.A 7 h 45, il file à l’Elysée pour son rendez-vous désormais quotidien avec le général Puga. Et reçoit leshommes qui, pendant ces quelques jours, ne le quitteront plus : outre Puga, Pierre-René Lemas et PaulJean-Ortiz, son conseiller diplomatique. Dans la matinée, le président renonce à aller à Marseille pourlancer les festivités de la capitale culturelle 2013. « Déterminé et grave », selon un proche, il enchaîne lesentretiens téléphoniques avec ses homologues africains. Les présidents du Niger, du Nigeria, de Côted’Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso, du Tchad et du Bénin l’assurent de leur soutien. Peu après 13heures, la douzaine de plateaux-repas commandés aux cuisines sont montés dans le bureau. Hollandetravaille à sa prise de parole, annoncée pour la fin d’après-midi, et prépare le Conseil de défense. Il signeune lettre adressée à la famille du Français tué durant la nuit en Somalie. Les familles des autres otages,que le président a vues à deux reprises, sont en relation avec la cellule de crise du Quai d’Orsay. Arrivé àl’Elysée, Jean-Marc Ayrault observe son compagnon de route devenu chef de guerre : « Je ne suis pasétonné qu’il soit opérationnel et à la hauteur de ses fonctions. Il n’est pas brutal. Mais quand il fautdécider, il le fait clairement et nettement ».C’est jeudi 10 janvier que tout a basculé. A 11 heures, l’ambassadeur de France à Bamako appelle TiémanCoulibaly, le ministre malien des Affaires étrangères, pour le prévenir que Hollande devrait donner sonfeu vert à l’engagement de la France dans son pays. La veille, le président du Mali a envoyé un appel ausecours à l’Elysée. Son armée est mise en déroute. « Pour la première fois, les terroristes entrent en paysbambara. S’ils s’éloignent de leur base, c’est qu’ils se sentent prêts à prendre Bamako. Un point derupture », explique-t-on au ministère français de la Défense, en alerte depuis mardi, où Le Drian vit aurythme de ses trois briefings quotidiens. Les diplomates français s’activent. Le Conseil de sécurité del’ONU adopte une déclaration demandant un « déploiement rapide » de la force internationale. En fin dejournée, Hollande appelle Obama. Il lui faut être sûr de son appui. Les derniers renseignements sontalarmants: la ville de Mopti pourrait tomber entre les mains des groupes islamistes. Sa chute est la lignerouge. Vendredi matin, le chef de l’Etat ne modifie pas son agenda. En fin de matinée, devant la dernièreavancée des islamistes, Le Drian préconise une intervention lors du Conseil restreint de sécurité.« Hollande avait un grand sang-froid », dit un participant. Le président valide l’opération « Serval », dunom d’un petit félin du désert.C’était la « plus difficile décision que j’ai prise », confiera-t-il. En début d’après-midi, l’interventioncommence par l’attaque des hélicoptères français. Dans le salon vert contigu au bureau du président setient le Conseil restreint de défense. Le premier d’une longue série. Autour de la table, le président, lePremier ministre, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l’Intérieur (à partir de samedi),le chef d’état-major des armées, le directeur général des services de renseignement, le secrétaire généralde l’Elysée, le chef d’état-major du président et son conseiller diplomatique. La réunion commence parune évaluation militaire des forces en présence dressée par Le Drian. Fabius fait le point sur ses contactsdiplomatiques. Valls informe sur les mesures de sécurité intérieure. Selon un participant, le chef de l’Etatest déjà « surinformé, le seul à connaître tous les paramètres minute par minute ». Sans doute souhaite-t-il jauger ces hommes qui l’entourent. Il les bombarde de questions exigeant des réponses courtes etprécises. Combien de terroristes éliminés ? Quel est l’état de l’armée malienne ? Combien d’habitants surle théâtre des opérations ?C’est au cours du deuxième Conseil de défense, samedi après-midi, que sont décidées uneintensification des frappes et l’attaque des bases arrière des terroristes. Devant la presse, Hollande
  18. 18. annonce un renforcement du plan « Vigipirate ». Le président est pendu au téléphone : appels pourmobiliser les partenaires et messages de soutien.Samedi, à 21 heures, il est en ligne avec David Cameron. « Le Premier ministre britannique a précisé qu’ilétait prêt à mettre à disposition des avions de transport, des C-17 pouvant contenir jusqu’à six blindés »,indique un conseiller élyséen. Les Américains, les Belges, les Danois et les Canadiens se disent prêts àaider. Cette nuit-là, François Hollande dort dans les appartements privés de l’Elysée. Il s’y est installépour la durée des opérations.Dimanche matin, le président reçoit les représentants d’associations de la communauté malienne. Deuxparticipants, originaires du nord du pays, ont pu joindre leurs proches pendant la nuit. François Hollandeleur demande des précisions. Vers midi, quatre Rafale décollent de leur base de Saint-Dizier, en Haute-Marne. Quatre heures de vol avant de tirer sur les arrières des islamistes, dans le nord du Mali.« Notamment un camp d’entraînement », précise une source à la Défense. Hollande suit minute parminute les frappes. Il regarde aussi la mobilisation de la manifestation contre le mariage pour tous sur leschaînes d’info en continu. En temps réel, le ministère de l’Intérieur lui communique les chiffres. Au Mali,tout le dispositif français est désormais opérationnel. Après le dernier Conseil de défense, en fin d’après-midi, il écoutera son ministre des Affaires étrangères sur RTL puis regardera son ministre du Travail,Michel Sapin, sur BFMTV. Ce dimanche soir, le président dîne rapidement d’un plateau avec ValérieTrierweiler avant de retourner à son bureau. Un rendez-vous téléphonique est prévu à 21 heures avec leprésident du Nigeria, qui doit fournir 600 hommes. Cette nuit, les avions tirent sur des cibles avecidentification immédiate : à vue dès qu’ils repèrent les pick-up. Puga le réveillera encore au milieu de sonsommeil pour faire le point sur les frappes. C’est devenu son quotidien. La sonnerie est désormais celled’un chef de guerre.Dans la nuit du 14 au 15 janvier, à bord de l’avion qui le conduit vers les Emirats arabes unis, le présidentfait le point avec le général Puga (au centre), son chef d’état-major particulier, et son aide de camp. |(Photo Présidence de la République)→ Général Frédéric Beth (DGSE, Paris) : Para colo de 55 ans, il a servi au 8ème RPIMa (Bosnie,Congo, Tchad), et commandé le 6ème BIMa (2001-2003) avant d’être aspiré par le cabinet militairedu Premier ministre. Il a été chef « conduite » au CPCO (Centre de planification et de conduitedes opérations), commandant du COS (Commandement des Opérations Spéciales), avant de
  19. 19. se voir confier le poste de directeur de cabinet du DGSE (Direction générale à la sécuritéextérieur), qu’il représente aux points de situation quotidiens au ministère de la Défense. Le général de corps d’armée Frédéric Beth a remplacé Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-majorde l’armée de Terre. Il a travaillé à deux reprises au centre de planification et de conduite des opérationsde l’état-major des armées, d’abord comme chargé de veille stratégique de l’Afrique subsaharienne (2003-2005).→ Général Didier Castres (SCOPS, Paris) : Ce marsouin de 54 ans a servi au 2ème RIMa et au5ème RIAOM (5ème régiment interarmées doutre-mer de Djibouti ) avant de commander le prestigieux21ème RIMa. Après avoir été employé à l’Elysée à l’état-major particulier, il a dirigé le CPCO, lacélèbre « cuve », de 2009 à 2011, puis a succédé à l’amiral Rogel ( en poste depuis 2009 et qui a étépromu chef d’état-major de la Marine) comme sous-chef opérations de l’EMA. Il est réputé très bienmaîtriser l’intégration des effets interarmes et interarmées, qui est, comme on le sait, la clé dusuccès des opérations modernes.Dans lorganigramme de létat-major des armées, sous le CEMA, on compte le Major général des armées,lofficier général adjoint, puis les cinq sous-chefs détat-major (opérations, plans, ressources humaines,relations internationales et soutien). Le sous-chef détat-major « opérations » (SCOPS) dirige toutes lesopérations françaises à létranger ou sur le sol national. Selon la fiche du ministère de la Défense, legénéral de division Didier Castres a sous ses ordres le CPCO, la division « emploi », la division « forcesnucléaires » et le bureau « géographie, hydrographie, océanographie et météorologie ».→ Général Bernard Barrera (Cdt « tactique », Mali) : Ce « meca » a commandé la compagnieantichar du 92ème RI (1992-1994), dont il a aussi été chef BOI (1998-2000). Après avoir servi aucabinet militaire du Premier ministre, il commande aujourd’hui la 3 ème brigade mécanisée (3èmeBM) de Clermont-Fd. Désigné commandant « tactique » (composante terrestre), il suit lesmarsouins, sur 950 km de piste, depuis Bamako jusqu’à Tombouctou.
  20. 20. A gauche, le général Barrera (Tigharghar)→ Général Grégoire de Saint-Quentin (Cdt « opératif », Dakar) : ce para « colo » a participé à laguerre du Golfe (pendant laquelle il a été blessé), avec la CRAP du 1er RPIMa. Il a effectué unebonne partie de sa carrière au 1er RPIMa, avec lequel il a été déployé en Afghanistan. Ardentpartisan du concept Patsas, il a participé à la rédaction d’un document, à l’IHEDN, sur « le rôlede l’Union européenne dans le contre-terrorisme ». Puis il a été employé au CPCO, avant d’êtrenommé au poste de chef des éléments français au Sénégal (EFS). A ce titre, et après avoirsoutenu discrètement le GFS « Sabre », c’est lui qui se voit confier le commandement« opératif ».Ce brillant officier des troupes de marine a un parcours très, très particulier, marqué par un épisodedramatique. Le 6 avril 1994, lors de lattentat mortel contre lavion du président rwandais, JuvénalHabyarimana, il était au camp de Kanombe, jouxtant laéroport de Kigali. Il avait alors le grade decommandant et était assistant militaire technique à la mission militaire de coopération au Rwanda. Ilentendit ce jour-là le départ de lance-roquettes tout proches et fut lun des premiers à enquêter sur leslieux du crash de lavion présidentiel qui allait déclencher le génocide. Cette histoire dramatique lepoursuit longtemps. Il a été entendu de nombreuses fois comme témoin par les juges antiterroristesBruguière et Trévidic. Sa carrière reprend un cours plus traditionnel mais pas tout à fait conventionnel.Après un passage au COS (commandement des opérations spéciales) et à lEMA comme lieutenant-colonel, le colonel de Saint-Quentin est le chef de corps du 1er RPIMA de Bayonne, coeur opérationneldes forces spéciales. Il devient général de brigade en juillet 2011 en devenant le COMELEF, lecommandant des éléments français au Sénégal à Dakar.
  21. 21. → Général François Lecointre (Cdt la mission « EUTM », Bamako) : ce vétéran de la guerre duGolf, puis de Bosnie (où il s’illustra sur le pont de Vrbanja en 1995 ), a commandé le 3ème RIMa, puisintégré le cabinet militaire d’Hervé Morin. Sans vraie surprise, l’armée de Terre lui a confié le9ème BIMa, puis la France l’a proposé comme chef de la mission « EUTM » ; nomination validéeen janvier à Bruxelles.Né en 1962, François Lecointre, diplômé de Saint-Cyr, a commandé le 3 ème régiment dinfanterie de marinede Vannes, et à ce titre il a notamment servi en Côte dIvoire, fin 2006-début 2007. Auparavant, il avait étéengagé en Irak lors de la première guerre du Golfe, en 1991, au Rwanda dans le cadre de lopération« Turquoise », en 1994, ou encore à Sarajevo en 1995. Depuis 2011, il commandait la 9 ème brigade légèreblindée de marine à Poitiers. Après plusieurs mois de discussions, les ministres des affaires étrangèresde lUE sétaient mis daccord le 10 décembre sur le principe de cette mission de formation et deréorganisation de larmée malienne, afin que celle-ci soit « en mesure de mener des opérations decombat visant à restaurer lintégrité territoriale du pays ».→ Général Thierry Caspar-Fille-Lambie (CDAOA, Paris) : spécialiste de l’appui aérien et ancienpatron des forces françaises à Djibouti, ce pilote de Transall commande la Défense Aérienne etles Opérations Aériennes à Paris. C’est lui qui fait mettre en place un JFACC avancé au Tchad,dès le mois de décembre (pour joint force air composant command, structure avancée decommandement des opérations aériennes pour les missions de combat, mais aussi logistiques, dont lesoutien est assuré directement par le Centre National des Opérations Aériennes (CNOA) de Lyon Mont-Verdun.) avancé au Tchad, dès le mois de décembre.Le général Caspar-Fille-Lambie, âgé de 54 ans, est officier de la Légion d’Honneur, officier de l’Ordrenational du Mérite, titulaire de la Croix de la valeur militaire avec étoile d’argent et de la Médaille del’aéronautique. Le général est un pur produit du COTAM (transport), avec 6 500 heures de vol à son actif,dont quelques unes au plus fort du pont aérien sur la Bosnie (1992 et 1993). De 1990 à 1998, il a gravitous les échelons de lET 1.64 « Béarn » dEvreux, jusquà le commander. On lui doit notamment les« postures de réaction », équivalent des « Guépard » de larmée de Terre. Il séjourne deux ans au CPCO,avant de prendre la base aérienne 123 dOrléans (souvent présentée comme le prototype, avant lheure,des actuelles bases de défense, BdD) puis le poste de chef détat-major du commandement de la forceaérienne (CFA), avec des horizons interarmisés, que ce soit en matière dappuis, ou de mutualisation,avec laéronavale par exemple. Il est également le co-auteur dun ouvrage sur linterarmisation du soutien(« rationaliser le soutien général »).
  22. 22. → Général Jean-Jacques Borel (COMJFACC, Lyon) : ce pilote de Mirage F1 était au cœur duCPCO pendant l’opération « Harmattan ». Rompu aux métiers des opérations, il assure laplanification de l’activité aérienne, depuis le Joint Force Air Component Command (JFACC) deLyon. Le général de brigade aérienne du corps des officiers de l’air Jean-Jacques Borel a éténommé commandant de l’état-major de la défense aérienne et adjoint renseignement ducommandement de la défense aérienne et des opérations aériennes à compter du 1 erseptembre 2012.Lintervention militaire au Mali a un autre visage. Face aux terroristes dAqmi et à ses affidés djihadistes,cest aussi une guerre technologique, à distance. Elle repose sur une imbrication très poussée desmoyens, aériens et de renseignement. Ses scénarios ont été planifiés ici depuis deux ans. Aujourdhui enréseau, les différents capteurs des avions ou des drones – image, vidéo, radar – permettent aux forcesengagées de se coordonner, des commandos aux bombardiers. Leurs logiciels sont capables dereprogrammer les missions en cours de vol, pour larguer des munitions devenues précises au mètreprès. Les renseignements sont « fusionnés » à Niamey, au Niger, avant dêtre utilisés par Lyon pourprogrammer les opérations.→ Colonel Desmeulles (Cdt le GTIA Para, Nord Mali) : déployé en Afghanistan au sein desOMLT (Operational Mentoring Liaison Teams), il a dirigé la formation des officiers à Saint-Cyr,avant de revenir au régiment où il a passé l’essentiel de sa carrière : le 2ème REP. Il part finjanvier pour commander le GTIA parachutiste déployé au Mali, avec la 2ème compagnie du 2èmeREP et deux compagnies du 1er RCP.Engagé dans différents théâtres d’opérations, il est aussi l’un des officiers les plus décorés de sagénération. Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national du mérite et titulaire de 4citations. « J’ai effectivement été affecté au 2ème REP en 1993, comme chef de section à la 2 èmecompagnie jusqu’en 1995, avant de rejoindre en 1995 les CRAP (Commandos de recherche et d’actiondans la profondeur, ancienne appellation des GCP) où je suis resté 4 ans. En 1999, j’ai pris lecommandement de la 4ème Cie. En 2002, une année au BOI, j’ai poursuivi ma carrière au Centre deplanification et de conduite des opérations (CPCO) à Paris ». « Je suis revenu dans une unité Légion en2006, comme chef du BIE (bureau instruction emploi) du 4 ème RE à Castelnaudary, avant de prendre lecommandement d’un bataillon d’élèves à Saint-Cyr pendant 3 ans ».
  23. 23. Même s’il n’est pas général, il était intéressant de parler de ce chef d’exception…

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