MALI : OPERATION « SERVAL »► Le général Caspar-Fille-Lambie se déplace en Afrique…Le 22 avril 2013, le général Thierry Cas...
► Point de situation du 2 mai 2013 (du 25/04 18h au 02/05 18h)…Ces derniers jours, les opérations aériennes se sont poursu...
Dans la nuit du 28 au 29 avril, au Nord de Tombouctou, un détachement de forces spéciales acapturé un terroriste de nation...
Ce sont 3 hélicoptères Tigre et 3 hélicoptères Puma qui ont été conditionnés et embarqués àbord d’un Antonov 124 pour rejo...
→ Le 3èmeRIMa (1 000 militaires) a envoyé une compagnie au Mali (en force protection à Bamako),et une autre au Gabon (6ème...
► La section espagnole est véhiculée…Arrivée, en provenance de Dakar, par train dans des Containers, les véhicules de la s...
► Une ministre bien dans ses baskets chez EUTM…La ministre suédoise (1), Karin Enstrom (47 ans, parti modéré) est venue hi...
►Le 1erRIMA – « Serval »L’EAE est toujours à Tombouctou. Le 3èmeescadron lui est sur Tessalit au camp « Amachach »subordon...
► FOB Interview : médecin en chef Angot …La récente explosion d’un véhicule sur une mine au Mali est l’occasion de replace...
Nous armons actuellement un « rôle 2 » sur un BPC de la Marine dans le cadre de la mission« Atalante » en Océan Indien, tr...
Si je prends l’exemple de l’AMX 10RCR qui a sauté sur un engin explosif le 16 mars dernier, lessurvivants étaient gravemen...
► Hommage au sergent Stéphane Duval…→ Une cérémonie d’hommage national au sergent Duval, tué lors d’une opération dereconn...
Le mardi 7 mai, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian présidera la cérémonied’hommage national au sergent Duval, a...
Monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a présidé à cette cérémonie, au côté dugénéral d’armée Bertrand Ract-...
êtes le sixième soldat français à mourir au combat depuis le lancement de l’opération« Serval ».Au nom du président de la ...
► A la Citadelle Bergé…Près de 250 parachutistes du 1erRPIMa, représentant les différentes compagnies du régiment,étaient ...
Je veux linsécurité et linquiétude.Je veux la tourmente et la bagarreEt que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement....
06/05- Crédit : EMA / ECPAD► Aqmi/menaces : la vigilance renforcée…Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué ...
« Donc, précaution », a-t-il déclaré : « Cest ce que fait Manuel Valls en assurant « Vigipirate »renforcé en France. Cest ...
► Objectif Kidal pour larmée malienne. Tout pour déplaire…Pick-up et blindés bientôt en route pour Kidal ? Larmée malienne...
► Avec nos soldats au Mali…L’opération « Serval » a détruit la forteresse djihadiste dans le Nord. Des cellules terroriste...
Aux carrefours, les soldats se postent et observent. Les intervalles et les distances sontrespectés, pour réagir en cas d’...
La nouvelle armée malienne sera aussi adossée aux Français. Ses chefs piaffent. Au QGmalien de Gao, le colonel Didier Dack...
► Général Bernard Barrera : « Mobilité, surprise, supériorité »…Entretien exclusif. Le patron de la brigade qui a reconqui...
Responsable du suivi des opérations extérieures et de la préparation des Conseils de défense,il y découvre les subtils rap...
L’Adrar des Ifoghas est-il sous contrôle ?« À l’heure actuelle, oui. L’ennemi a été détruit. Il n’est plus dans la zone de...
Serval21
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Serval21

855 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
855
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
59
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Serval21

  1. 1. MALI : OPERATION « SERVAL »► Le général Caspar-Fille-Lambie se déplace en Afrique…Le 22 avril 2013, le général Thierry Caspar-Fille-Lambie, commandant la défense aérienne et lesopérations aériennes (COMDAOA), a embarqué pour une visite de trois jours en Afrique avec auprogramme des rencontres avec les aviateurs déployés pour l’opération « Serval » au Mali, auNiger et au Tchad. Ce déplacement sur le continent africain s’inscrit dans une phase deréorganisation progressive du dispositif de l’opération « Serval » qui coïncide avec la montéeen puissance d’une force des Nations Unies prévue à l’été 2013.Pour l’instant, l’armée de l’Air française poursuit ses opérations aériennes en appuinotamment du déploiement des troupes africaines sur le théâtre. Alors que 3 850 soldatsfrançais sont encore engagés dans l’opération, l’effectif sera réduit à 2 000 hommes au 1erjuillet 2013. Le COMDAOA, accompagné par le colonel Jean-Michel Verney, chef de l’état-majoropérationnel air, s’est d’abord rendu à Bamako au Mali où il a été reçu par le général de SaintQuentin, commandant de l’opération « Serval ». Le général Caspar-Fille-Lambie a ainsi puaborder avec son interlocuteur le sujet de l’adaptation de la force aérienne au vu de l’évolutiondu dispositif militaire international. Cette première étape a permis à nouveau de confirmertoute la pertinence de la structure de commandement « air » avec une planification desopérations aériennes à Lyon Mont-Verdun, une conduite de ces mêmes opérations àN’Djamena au Tchad, et une coordination interarmées à Bamako.Ensuite, le COMDAOA a reçu, au sein du détachement « air » commandé par le colonel GillesBertrand, le chef d’état-major de l’armée de l’Air malienne pour un moment de convivialité.Le lendemain, le général s’est rendu à Niamey au Niger où il a été accueilli par le lieutenant-colonel Hoog, commandant du détachement « air » sur place. Le COMDAOA a ainsi rencontréles aviateurs de la plateforme et a mesuré sur place la qualité de leur travail, notamment autravers d’une totale disponibilité et efficacité des drones « Harfang ». Il a ensuite rencontrél’adjoint au chef d’Etat-major de l’armée de l’Air du Niger. Le 25 avril, le général a poursuivi savisite en Afrique et s’est rendu au Tchad, sur la base de N’Djamena, où se situe la structure deconduite des opérations aériennes pour l’opération « Serval ». Lors de ce déplacement, leCOMDAOA a constaté la pleine maturité de cette structure qui, depuis maintenant près dequatre mois d’opérations, démontre toute son efficience.
  2. 2. ► Point de situation du 2 mai 2013 (du 25/04 18h au 02/05 18h)…Ces derniers jours, les opérations aériennes se sont poursuivies avec près de cent vingtsorties, principalement dans le Nord du pays et dans le centre le long de la boucle du Niger, deGao à Tombouctou. Une trentaine de sorties a été dédiée à l’appui feu des opérationsterrestres, un peu plus d’une cinquantaine au transport de nos forces et de nos matériels et lereste a été consacré au soutien des opérations (ravitaillement et renseignement).Conformément aux décisions du Président de la République, le désengagement et l’adaptationdu format de la force se poursuit avec cette semaine le désengagement complet du GTIA 3 et laréduction du groupement aéromobile avec le départ de six hélicoptères. Parallèlement, lesopérations de sécurisation se poursuivent dans le pays.Le 29 avril 2013, lors d’une opération des forces spéciales visant à poursuivre l’affaiblissementdes groupes terroristes et à traquer ceux qui pourraient encore se cacher dans les environs deTin Zaoueten, un véhicule léger a sauté sur un engin explosif. Le caporal-chef Stéphane Duval,du 1erRPIMa est décédé. Deux de ses camarades ont été blessés puis évacués par hélicoptèresvers l’ACA de Tessalit, puis Bamako. Ils ont rejoint la France. Leurs jours ne sont pas endanger. Au centre, du 25 avril au 02 mai, les éléments français du GTIA 2 ont conduit uneopération d’envergure dans la région de Telatai à 150 kilomètres au Nord de Gao. L’opération« Akello », a engagée plus de 500 militaires français et maliens. Elle avait pour objectif dereconnaître sur près de 450 kilomètres les différents Oueds du grand Gao afin de poursuivrel’affaiblissement des groupes terroristes.Cette opération n’a donné lieu à aucun contact avec l’ennemi mais a permis la découverte dedeux caches d’armes (plus de 110 obus, près de 5 000 munitions de petit calibre et un pick-uparmé) et la relève de deux engins explosifs improvisés (IED).Simultanément, le dernier élément de l’escadron d’aide à l’engagement (EAE) a quittéTombouctou, désormais sous la responsabilité du contingent Burkinabé pour se reployer àGao où se concentre désormais la majorité du dispositif français au Mali. A Gao toujours, lapopulation s’est rassemblée le 25 avril pour célébrer l’inauguration du marché couvert et dumarché des femmes. Ils avaient été détruits par les combats et l’incendie du 21 février dernieret ont été rebâtis avec l’aide des éléments français. Sur demande des autorités locales, lemarché couvert a été baptisé « lieutenant Boiteux », en mémoire du premier soldat françaismort au combat sur le sol malien.
  3. 3. Dans la nuit du 28 au 29 avril, au Nord de Tombouctou, un détachement de forces spéciales acapturé un terroriste de nationalité française. Il doit être remis prochainement aux autoritésmaliennes. Enfin, cette semaine a été marquée par plusieurs visites d’autorité comme celle duministre de la Défense, de la commission de la Défense nationale le 27 avril ou l’inspecteur desarmées le 28 avril. Ces visites ont été l’occasion de faire un point sur les opérations menées ouen cours comme de présenter l’état d’avancement du désengagement et de l’adaptation de laforce en vue des prochaines échéances. Aujourd’hui, un peu moins de 3 850 soldats françaisrestent engagés au Mali.► LALAT désengage…Six hélicoptères de larmée de Terre ont été rapatriés en France dans le cadre de lallègementdu dispositif « Serval ». Les appareils sont deux Tigre, autant de Gazelle et de Puma. Celalaissera sur place une petite vingtaine dappareils, si lon compte ceux déployés par le 4èmeRHFS au profit du COS. Le patron de « Serval », le général Grégoire de Saint Quentin (1)reconnaissait récemment au micro de RFI que les hélicoptères avaient connu une baisse dedisponibilité du fait des conditions régnant au Mali. Entre autres, on peut citer les balles desdjihadistes, mais aussi le sable, les tempêtes et plus évident encore, le toujours difficileravitaillement logistique, déjà très largement évoqué. Le déploiement de lALAT au Mali na pasde précédent depuis 2000. Elle y a déployé un maximum de huit Tigre (record absolu), huit Pumaet huit Gazelle. Larmée de lAir maintient elle sur place ses deux Puma Resco : la relèvedéquipage vient davoir lieu.(1) il rend son commandement de « Serval » et des EFS dans quelques semaines.► Désengagement de 6 hélicoptères…Le 26 avril 2013, conformément aux décisions du Président de la république, le désengagementet l’adaptation du format de la force « Serval » se poursuit avec le départ des premiershélicoptères du groupement aéromobile (GAM). Ce sont 3 hélicoptères Tigre et 3hélicoptères Puma qui ont été conditionnés et embarqués à bord d’un Antonov 124 pourrejoindre la France.NB : entre ces deux articles, désaccord sur le type d’appareils désengagés…
  4. 4. Ce sont 3 hélicoptères Tigre et 3 hélicoptères Puma qui ont été conditionnés et embarqués àbord d’un Antonov 124 pour rejoindre la France.Le GAM compte désormais une quinzaine de machines de l’armée de Terre et de l’armée del’Air. Il poursuit ses missions au profit des troupes au sol, toujours engagées dans desmissions de sécurisation. Depuis quelques semaines, le GAM est armé par le 1errégimentd’hélicoptères de combat (1erRHC) de Phalsbourg.► La 9èmeBIMa sur tous les fronts…La 9èmeBIMa (5 200 personnels) a été largement mise à contribution au Mali, avec le 2èmeRIMa(premier arrivé), les tubes du 11èmeRAMa, et les sapeurs du 6èmeRG, très actifs dans ladépollution des stocks de munitions djihadistes.→ Son propre commandant (qui doit changer à lété), le général François Lecointre, est le chef delEUTM, et a emmené 20 militaires de létat-major avec lui sur place.→ Sur les 750 marsouins du RICM, 160 sont encore engagés dans lopération « Serval », etdeux pelotons (50 marsouins) sont déployés au Gabon et en Nouvelle-Calédonie, en mission decourte durée.→ La moitié des 1 000 marsouins du 2èmeRIMA était déployée il y a peu. La CEA et une partiede létat-major et le chef de corps (100 pax) sont déployés dans le cadre dEUTM, au Mali,comme formateurs. 95 marsouins de la 2èmecompagnie avec renforts de la CEA assurent leurprotection. La 2èmecompagnie avait été déployée au Tchad en renforcement d’« Epervier » (quiavait fourni ses moyens à « Serval »). Deux compagnies (200 marsouins) étaient quant à ellesengagées dans « Serval » depuis janvier, et viennent de rentrer à Auvours, fin mars.→ La 4èmecompagnie est en Nouvelle-Calédonie depuis le mois de mars.
  5. 5. → Le 3èmeRIMa (1 000 militaires) a envoyé une compagnie au Mali (en force protection à Bamako),et une autre au Gabon (6èmeBIMa), déployée dans le cadre de lalerte « Boali ».→ Le 11èmeRAMa (850 pax) apporte 160 bigors avec leurs Caesar au Mali et une soixantaine enNouvelle-Calédonie.→ Le 6èmeRG (1 200 pax) engage 160 sapeurs au Mali, 35 au Gabon et 35 en Nouvelle-Calédonie.► Formations Spécialisées…Depuis lundi 29 avril 2013, la mission EUTM Mali a entamé une nouvelle phase dans laformation du bataillon « Waraba ». Après une première semaine dédiée à l’évaluation du niveaumilitaire et physique des soldats maliens, puis trois semaines de formation individuelle et duniveau du groupe (environ 10 soldats), le bataillon a démarré à la fois l’instruction du niveau dela section (environ 30 soldats) et la formation spécialisée.Dans la phase précédente le bataillon se répartissait en quatre compagnies encadrées par lesfrançais (2), les Nordiques et les irlando britanniques. A compter de lundi 29 avril, troiscompagnies poursuivent leur formation infanterie et la quatrième s’est répartit entre lesdifférentes spécialités.Formations spécialisées : Cavalerie légère blindée : formateurs Italiens et Slovènes ; Artillerie :formateurs Britanniques ; Génie : formateurs Allemands ; Commando : formateurs Espagnols ;Logistique : formateurs Polonais ; Tireurs d’élite : formateurs Hongrois ; Renseignement :formateurs Grecs ; Guidage aérien : formateurs Italiens.Cette formation va durer 4 semaines. Les soldats maliens effectueront également leurspremiers tirs sur un champ de tir qui a été réalisé pour la circonstance, sur un terrain desavane arborée qu’il a fallu déblayer et aménager. Ils commenceront également à manœuvreravec leurs véhicules (pick-up et engins blindés). Après cette période, le niveau de lacompagnie (environ 140 soldats) sera abordé. Enfin la dernière phase consistera en unerestitution globale des gestes appris du niveau du bataillon.
  6. 6. ► La section espagnole est véhiculée…Arrivée, en provenance de Dakar, par train dans des Containers, les véhicules de la section de« force protection » espagnole ont été remis très rapidement en état de fonctionnement parune équipe venue spécialement d’Espagne. Cette section est donc, depuis le milieu de lasemaine dernière (mercredi 24 avril 2013), opérationnelle et participe pleinement aux activités dela compagnie de protection de Koulikoro.
  7. 7. ► Une ministre bien dans ses baskets chez EUTM…La ministre suédoise (1), Karin Enstrom (47 ans, parti modéré) est venue hier visiter sesformateurs au Mali. Jusquà maintenant, seul le ministre allemand avait fait le déplacementchez EUTM. 12 Suédois sont arrivés le 23 mars dans un C-130 lui aussi suédois.Contrairement à ce quon pourrait penser, les Suédois sont assez réguliers, pour ne pas direles plus réguliers sur les opérations de lUE en Afrique. On se souviendra quils avaient déjàparticipé avec des commandos des forces spéciales à deux opérations en RDC (2003 et 2006),ainsi quau Tchad (2007-2008).Karin Enstrom sentretient avec un de ses formateurs à EUTM (Photo EUTM)
  8. 8. ►Le 1erRIMA – « Serval »L’EAE est toujours à Tombouctou. Le 3èmeescadron lui est sur Tessalit au camp « Amachach »subordonné au GTIA 4 (sous commandement du 2èmeREP) pour le moment. Le GTIA 3 estconstitué uniquement d’unités des Troupes de Marine, ils arrivent du Mans (2èmeRIMa), dePoitiers (RICM), de St Aubin du Cormier (11èmeRAMa) et d’Angers (6èmeRG de Marine). Le GTIA3, véritable groupe nomade autonome des temps modernes, a pris l’habitude de ne jamaisinstaller son campement dans la durée, comme l’a constaté le chef OPS : « jamais deuxdimanches au même endroit ». Ceci participe grandement à maintenir des conditions de vietrès rustiques. Tous, matériel compris, ont pris une couleur sable qui va imprégner nospaquetages durablement.Dans la vallée d’Amettetaï, après avoir traversé laborieusement des oueds au sable traître, lespersonnels du 1erRima ont installé le bivouac au pied d’une colline. L’intérêt tactique sur lazone d’action définie leur a permis lors de leur déplacement de découvrir un ensemble depétroglyphes.► Mise en œuvre du système « ASTER »…Un médecin épidémiologie a été déployé au Mali en mars dernier. Il avait notamment pourmission de renforcer la Surveillance Epidémiologique dans les Armées (SEA) et de mettre enœuvre le système d’Alerte et de Surveillance en TEmps Réel (ASTER).Le système « ASTER », développé par le Centre d’Epidémiologie et de Santé Publique desArmées (CESPA) depuis plusieurs années, vient d’être mis en place dans le cadre del’opération « Serval », déclenchée le 11 janvier dernier avec le déploiement de 4 000 militairesfrançais. Compte tenu de la situation et du climat maliens, qui ont d’emblée exposé lesmilitaires à de nombreux risques sanitaires, ainsi que des difficultés qu’ont eues lesdifférentes unités médicales opérationnelles à communiquer en intra théâtre et à déclarer leurscas à la SEA, le système « ASTER » représente un véritable atout. Trois semaines après ledéploiement progressif des 5 stations « ASTER » (comprenant un ordinateur portable et desmoyens de communication installés dans certains rôles 1 à Bamako, Gao et Tombouctou), plus de 450consultations ont été saisies et ont permis de générer des alarmes.
  9. 9. ► FOB Interview : médecin en chef Angot …La récente explosion d’un véhicule sur une mine au Mali est l’occasion de replacer au premierplan le travail discret mais essentiel du Service de santé des armées (SSA) sur ce théâtred’opération.La France possède une longue tradition en matière de médecine militaire. Comment secaractérise aujourd’hui son savoir-faire ?« Nous maîtrisons aujourd’hui la globalité de la chaîne médicale et selon deux volets trèscomplémentaires. Le volet capacitaire tout d’abord : nous faisons toujours partie des grandesnations capables de déployer une chaîne médicale complète, avec une prise en charge desblessés au bon niveau sur l’ensemble des segments. L’autre volet concerne la capacité àorganiser notre action : le service de santé des armées participe à la planificationopérationnelle par son état-major opérationnel santé et via son officier de liaison au CPCO(Centre de Planification et de Conduite des Opérations). C’est un gage de souplesse et de bonnecirculation de l’information. Etre impliqués en amont dans les processus de planification nouspermet d’être plus performants pendant les Opex … ».Comment se déroule la préparation opérationnelle pour le SSA ?« Nous avons trois axes d’effort. Le premier est purement médical : nos médecins et infirmierssont au contact des patients, en milieu hospitalier ou pré-hospitalier, au profit des populationsmilitaires et civiles. Ils pratiquent la médecine et la chirurgie au quotidien, assurent des gardesdans le cadre de leur activité ou de leur formation continue. Nous faisons un effort particuliersur la médecine d’urgence. Le deuxième axe est tactique : dans le cadre des MCP (Mise enCondition avant Projection) notre personnel s’entraîne avec les forces pour savoir utiliser lesmatériels militaires (transmission, armement, véhicules…). Le troisième axe est lacombinaison des deux premiers : il s’agit de faire la synthèse des connaissances médicalesdans un contexte militaire. C’est notamment l’objectif des stages de médicalisation en milieuhostile ».Qui coordonne l’ensemble de cette préparation au sein du SSA ?« L’école du Val de Grâce, qui s’est dotée en septembre 2010 d’un département préparation aumilieu opérationnel (DPMO), est responsable de cette coordination. Ce DPMO s’appuie surtous les experts du SSA : CITERA des hôpitaux d’instructions des armées, centre detraitement des brûlés, centre de transfusion sanguine des armées, centre de formationopérationnelle santé, … Tout le talent de ces experts est d’avoir su intégrer une prise encharge médicale du bon niveau dans un contexte tactique qui est celui de l’engagement desforces ».NB : le service de santé des armées (SSA) accentue sa contribution aux engagements des militaires enOpex, on le savait déjà, mais il le fait aussi par le biais de laguerrissement médico-tactique desspécialistes médicaux (médecins, infirmiers, auxsan), via les CITERA (Centre dInstruction auxTEchniques de Réanimation de lAvant). Djibouti, sans surprise, est consacré au milieu désertique.Brest et Toulon sont spécialisés dans le maritime, Metz travaille les forces spéciales, Bordeaux opèreavec les auxiliaires sanitaires, et Lyon est particulièrement chargé des formations liées au théâtreafghan.Combien de personnes du SSA sont aujourd’hui présents en Opex ?« Environ 500, réparties sur différents théâtres et à différents niveaux de responsabilité. Nousavons par exemple une cinquantaine d’équipes de quatre à sept personnes dans des « rôle 1 ».C’est le pion élémentaire du soutien médical, le plus souvent placé en soutien des S/GTIA. Il ya toujours un médecin, un infirmier et un nombre variable d’auxiliaires sanitaires suivant levolume de l’unité soutenue. Le « rôle 1 » est une structure légère capable de traiter tout ce quitouche à la médecine générale en Opex, ce qui inclut de fait la prise en charge du blessé deguerre. Il n’y a pas de chirurgie ni de réanimation à ce niveau, c’est le travail du « rôle 2 ».
  10. 10. Nous armons actuellement un « rôle 2 » sur un BPC de la Marine dans le cadre de la mission« Atalante » en Océan Indien, trois « rôle 2 » au Mali et deux autres respectivement en Côted’Ivoire et au Tchad. Le « rôle 3 », il y a en un à Kaboul, offre un environnement médical plusimportant avec des capacités chirurgicales plus étendues (neurochirurgie, ophtalmologie,etc.) ».Quels sont les moyens mis en place pour l’opération « Serval » au Mali ?« Au plus fort de l’intervention, nous avions déployé jusqu’à 20 postes médicaux (rôle 1). Noussommes aujourd’hui redescendus à 17. La montée en puissance s’est faite en parallèle à celledes troupes combattantes et la décroissance suivra le même principe… Nous avons égalementtrois « rôle 2 » sur le territoire malien. Pour les évacuations sanitaires, nous pouvons trèsrapidement armer des Puma de l’Alat (3 équipes dédiés actuellement) et un Casa 235 est équipéen permanence. Il peut être complété par un deuxième appareil de ce type ».Comment se déroule une évacuation ?« Qu’il s’agisse d’un accident ou d’une blessure au combat, un blessé est pris en charge dansles premières minutes. Les premiers gestes sont assurés par des auxiliaires sanitaires. Lerelais est ensuite passé très rapidement au médecin des forces et la régulation desévacuations dépend de l’équipe de coordination médicale au sein du PC tactique.
  11. 11. Si je prends l’exemple de l’AMX 10RCR qui a sauté sur un engin explosif le 16 mars dernier, lessurvivants étaient gravement blessés et tous les trois en priorité élevée. L’évacuation enhélicoptère vers l’antenne chirurgicale a été immédiatement décidée, tandis que la métropoleétait prévenue et mettait en pré-alerte deux Falcon médicalisés. Les trois hommes ont rejointGao en hélicoptère, puis Bamako en Casa. De là, ils ont été récupérés par les Falcon qui lesont ramené en France. 25 heures après avoir été blessés, ils étaient admis au centre des brûlésde Percy ».Quel est le bilan sanitaire de l’opération « Serval » ?« A ce jour (2 mai) un peu plus de 160 personnes sont rentrées en France pour raison médicale,dont une quinzaine de cas graves ayant nécessité un rapatriement en Falcon. Les autres sontrepartis en utilisant principalement les Airbus de l’armée de l’Air. Les missions dans lesIfoghas ont entraîné de nombreuses blessures légères et nous avons notamment utilisé unAirbus A310 de l’escadron « Esterel » pour rapatrier d’un seul coup 33 patients, dont quelquesblessés couchés. On peut en mettre jusqu’à sept dans l’Airbus A310 ».Le retour en France est systématique, même pour les blessés légers ?« Oui, et cela tient au nombre de patients, aux conditions difficiles sur place, aux élongationssur le théâtre. En Afghanistan, nous avions souvent la possibilité de soigner les gens dans lesFOB et de les garder sur place au repos pendant quelques jours. Au Mali il n’y a pas de FOB,pas d’infrastructures solides sur lesquelles se replier. Le retour en métropole est donc lasolution la plus adaptée… ».A quels types de blessures a du faire face le SSA au Mali ?« Un quart des patients présentaient des pathologies courantes (maladies au sens large du terme,infections, déshydratation, coliques néphrétiques …). Une moitié concernait des blessures reçuesen opération (traumatismes directement liées au combat ou bien aux déplacements en zone decombat). Le dernier quart rassemblait des troubles psychiatriques liés à l’engagementopérationnel ».Est-ce ce que les anglo-saxons appellent le PTSD (Post Traumatic Stress Disorder), en françaisle « trouble de stress post-traumatique » ?« Non, c’est plus simplement du stress lié au combat. Le PTSD se déclare à distance, après leretour à la vie normale, et tous les patients souffrant de troubles sur le terrain ne développentpas un PTSD, loin s’en faut ! Il n’en demeure pas moins que nous devons prendre en chargetrès rapidement le stress lié au combat. Dans beaucoup de cas, une prise en charge précoce etquelques jours de repos peuvent permettre de poursuivre la mission et d’éviter une évacuationvers la métropole ».Illustrations :On trouvera sur les deux planches ci-dessus et ci-dessous l’évolution du dispositif du SSApendant l’opération « Serval » entre février et mars 2013. Les chiffres indiquent les postesmédicaux « rôle 1 » présents dans le pays à ces dates là. On y comprend que le service desanté accompagne la progression des troupes et adapte en permanence son dispositif. (FOB :Forces Opérations Blog)
  12. 12. ► Hommage au sergent Stéphane Duval…→ Une cérémonie d’hommage national au sergent Duval, tué lors d’une opération dereconnaissance et de fouille au nord du Mali, se déroulera à Bayonne mardi 7 mai en présencedu ministre de la Défense. Auparavant, les parisiens sont invités à manifester leur solidaritélundi 6 mai à 13h30 sur le pont Alexandre III. Le sergent Stéphane Duval a été mortellementblessé, au Mali, au cours dune opération de reconnaissance et de fouille conduite par lesforces spéciales dans le Nord-est du pays.Lundi 6 mai, le Gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier, invite le plus grandnombre de citoyens à manifester leur hommage et leur solidarité envers le militaire mort pourla France dans laccomplissement de sa mission, par une présence digne, silencieuse etfraternelle sur le pont Alexandre III, à partir de 13h30, lors du passage du cortège funèbre. Unecérémonie intime dhonneurs militaires réservée à la famille et aux compagnons darmes seraprésidée par le général darmée Bertrand Ract-Madoux, chef détat-major de larmée de Terre, àlHôtel national des Invalides à partir de 14h00.
  13. 13. Le mardi 7 mai, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian présidera la cérémonied’hommage national au sergent Duval, au 1errégiment de parachutiste d’infanterie de marine, àBayonne.→ Une garde au drapeau polonaise -des parachutistes apparemment- était sur le pont AlexandreIII ce midi pour le passage du convoi funéraire du SGT Duval, tué il y a une semaine au Mali.Cest la première fois quun drapeau étranger honore le passage dun convoi de ce type.Les forces spéciales polonaises ont travaillé avec les Français du 1erRPIMa, notamment dansle cadre de lOTAN, lors dune prise dalerte de la Nato Response Force. De nombreusesdélégations, françaises et étrangères sont attendues demain à Bayonne, pour la cérémoniedhonneurs militaires.► Cérémonie d’hommage national au sergent Stéphane Duval…Mardi 7 mai 2013, au 1errégiment de parachutistes d’infanterie de marine (1erRPIMa) deBayonne, un hommage national a été rendu au sergent Stéphane Duval, mort pour la France auMali le 29 avril dernier.
  14. 14. Monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a présidé à cette cérémonie, au côté dugénéral d’armée Bertrand Ract-Madoux, chef d’État-major de l’armée de Terre (CEMAT).Civils et militaires ont rendu un dernier hommage au sergent Stéphane Duval, décédé lors del’explosion de son véhicule au Nord-est du Mali, pendant une opération de reconnaissance etde fouille conduite par les forces spéciales contre les groupes terroristes.Promu au grade supérieur à titre posthume, le sergent Stéphane Duval a été fait chevalier de laLégion d’honneur par le ministre au cours de cet hommage. Le CEMAT lui avait auparavantremis une citation comportant l’attribution de la Croix de la Valeur militaire avec palme debronze ainsi que la Médaille militaire.M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense : Éloge funèbre du sergent DuvalA Bayonne, mardi 7 mai 2013« Sergent Stéphane Duval,Lorsque le président de la République a pris la décision d’engager la France au Mali, le 11janvier dernier, il savait que derrière les menaces qui pesaient sur l’Etat et la populationmalienne, derrière celles qui pesaient sur nos ressortissants et notre pays même, il y aurait,pour nos forces, des épreuves difficiles, qui pourraient être dramatiques. Alors que l’opération« Serval » entre dans une phase nouvelle, votre sacrifice rappelle ainsi à la Nation la duretédes missions qui demeurent celles de nos forces au Mali, comme la nécessité de mener cettelutte à son terme. Aujourd’hui, au nom du président de la République, je m’incline avec respectdevant la douleur qui pèse dans le cœur de votre famille, de vos frères d’armes. Mais dans lagravité de cette cérémonie, j’entends aussi la fierté de tous devant l’exemple de votredévouement et de votre bravoure. Cette fierté, je la partage, car ce sont ces qualités, lesvôtres, celles d’un engagement déterminé, qui ont permis d’inverser le rapport de force quenous connaissions au Mali. Par votre action, nous avons fait changer la peur de camp. Et cesont ces mêmes qualités qui continuent d’inspirer l’engagement de vos camarades, qui sontdéterminés à mener à bien la dernière mission dans laquelle vous vous êtes illustré.Sergent Duval,Né le 22 août 1980, c’est à l’âge de 22 ans que vous vous engagez au 1errégiment deparachutistes d’infanterie de marine de Bayonne. Au terme de votre formation initiale, vousréussissez brillamment l’examen d’opérateur des réseaux mobiles spéciaux. Dès lors, vouspartez à de nombreuses reprises en missions extérieures : en Afghanistan en 2003 puis ànouveau en 2010, au Gabon en 2004, en Côte d’Ivoire en 2005 et 2007, et une première fois enAfrique de l’Ouest en 2011. A chaque fois, votre professionnalisme est souligné par vos chefs.En 2011 en particulier, alors que vous êtes engagé à Ouagadougou en qualité d’opérateurradio de la cellule de mise en œuvre tactique, vos qualités militaires remarquables vous valentde recevoir une lettre de félicitations. A l’exception des deux années que vous passez au 6èmebataillon d’infanterie de marine au Gabon, entre 2008 et 2010, vous n’avez cessé de servir ausein du 1erRPIMa. Le 29 avril dernier, alors que vous avez pris part à l’ensemble des missionsconfiées au Commandement des Opérations Spéciales depuis le début de l’opération« Serval », vous êtes mortellement blessé au cours d’une opération de reconnaissance et defouille dans le Nord-est du Mali.Sergent Duval,Vos qualités militaires et humaines ont été saluées à de nombreuses reprises au cours de vosonze années de service au sein de l’armée de Terre. Cité à l’ordre de la division avecattribution de la Croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent le 21 février 2012, par ailleursdécoré de la médaille outre-mer avec agrafe « République de Côte d’Ivoire », de la médailled’argent avec agrafe « troupes aéroportées » et « missions d’assistance extérieure », vous
  15. 15. êtes le sixième soldat français à mourir au combat depuis le lancement de l’opération« Serval ».Au nom du président de la République, je tiens à exprimer à votre famille la solidarité de laNation. En cet instant, mes pensées vont à vos proches, et spécialement à votre épouse, ainsiqu’à vos deux enfants. Ils grandiront dans l’amour d’un père absent et, au-delà du deuil, dansla fierté de l’exemple que vous offrez à tous. Cette lumière ne s’éteindra jamais.A plusieurs milliers de kilomètres du théâtre où vos frères d’armes poursuivent pour quelquestemps encore une mission difficile mais essentielle, vous entrez aujourd’hui dans le cœur desFrançais, qui sont fiers de leurs soldats, fiers de ce qu’ils ont déjà accompli au Mali, et qui sontdéterminés à mener à son terme le combat que nous avons engagé contre les groupesterroristes qui voulaient nous menacer. Ce combat est à jamais le vôtre ».
  16. 16. ► A la Citadelle Bergé…Près de 250 parachutistes du 1erRPIMa, représentant les différentes compagnies du régiment,étaient présents autour de la place darmes de la Citadelle Bergé, cet après-midi, pourrendre un dernier hommage au SGT Stéphane Duval. Le régiment a accepté douvrirses portes exceptionnellement à la presse. La plupart des responsables des forcesspéciales étaient présents (1), parmi lesquels le général Christophe Gomart (GCOS), etles chefs des trois composantes. Un blessé était mêlé aux rangs. LIED qui a tué le SGTDuval a aussi blessé deux autres transmetteurs, un issu du CPA 10, et lautre, de laMarine. Ses frères darmes ont emporté sa dépouille sous une Prière du para chantée(2).(1) des personnels du RAID, qui sentraîne régulièrement avec le COS, étaient également sur les rangs.(2) la prière du para a été écrite par André Zirnheld, un des premiers paras SAS de la FranceLibre. Le 1erRPIMa est aujourdhui le garant des traditions SAS.Origines de la prière du para : cette prière fut trouvée sur le corps de l’Aspirant Zirnheld, tué en 1942, enLibye. Elle avait été écrite en 1938, alors qu’André Zirnheld était professeur de philosophie au lycée deTunis. Elle fut mise sous forme de chant par lélève officier Bernachot.La prière du paraDonnez-moi, mon Dieu, ce qui vous resteDonnez-moi ce quon ne vous demande jamais.Je ne vous demande pas le reposNi la tranquillitéNi celle de lâme, ni celle du corps.Je ne vous demande pas la richesseNi le succès, ni même la santé.Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellementQue vous ne devez plus en avoir.Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.Donnez-moi ce que lon vous refuse.
  17. 17. Je veux linsécurité et linquiétude.Je veux la tourmente et la bagarreEt que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.Que je sois sûr de les avoir toujours,Car je naurai pas toujours le courageDe vous les demander.Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.Mais donnez-moi aussi le courageEt la force et la Foi.http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=kMhfJJkdZ20► 29 avril 2013, Nord du Mali, une Gazelle des FS décolle…29 avril 2013, 16h35, Tessalit, au Nord du Mali, un hélicoptère Gazelle des forces spécialesdécolle pour appuyer la progression d’unités déployées au sol. Dans le nord du pays, lesopérations des forces spéciales se poursuivent avec pour objectif de rechercher et de détruireles groupes terroristes qui s’y trouveraient encore.
  18. 18. 06/05- Crédit : EMA / ECPAD► Aqmi/menaces : la vigilance renforcée…Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué aujourdhui (08/05) que les mesures deprécaution ont été renforcées après les menaces dal-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)contre la France, tout en soulignant que ces menaces ne devaient pas non plus être exagérées.« Toute menace dAqmi doit être prise au sérieux », a-t-il déclaré sur RMC-BFMTV, mais « lamédiatisation des messages est une arme dont se servent les responsables dAqmi pourprovoquer linquiétude ». « Il faut donc être vigilant, mais il ne faut pas non plus exagérer cettedéclaration qui intervient à un moment où Aqmi a subi de sérieux revers au Mali », a poursuivile ministre.
  19. 19. « Donc, précaution », a-t-il déclaré : « Cest ce que fait Manuel Valls en assurant « Vigipirate »renforcé en France. Cest ce que nous faisons dans nos ambassades. Laurent Fabius a donnédes consignes très précises pour assurer la sécurité de nos ambassades, on a vu que cétaitnécessaire après ce qui sest passé en Libye », où lambassade de France à Tripoli à été lacible dun attentat le 24 avril. Selon M. Le Drian, le ministère de la Défense assure pour sa part« une vigilance très précise sur lensemble des lieux » où se trouvent les forces françaises.Dans une vidéo mise en ligne mardi, le chef du Conseil des notables dAqmi exhorte lesmusulmans « dans le monde entier » à « attaquer les intérêts français partout », en raison de« lagression » dont la France se rend à ses yeux coupable au Mali. « Nous sommes danslaprès-guerre, mais la guerre nest pas finie. Nous sommes dans une phase de transition », aaffirmé le ministre de la Défense à propos de la situation au Mali, où les forces françaisespoursuivent leurs opérations.« Toute la communauté internationale souhaite que le Mali puisse procéder à des électionspour assurer une gouvernance du futur, mais ça passait obligatoirement par la libération duterritoire, et cest aujourdhui acté grâce à laction remarquable de nos forces », a-t-il affirmé.La France soutient lorganisation dune élection présidentielle en juillet au Mali, pour redonnerune légitimité démocratique aux autorités de Bamako. (08/05 – Le Figaro avec AFP)NB : DUBAI - Un chef dAl-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) a appelé à attaquer les intérêts françaispartout dans le monde, dans une vidéo mise en ligne mardi. Dénonçant la croisade menée par la Francecontre les musulmans au Mali, Abou Obeida Youssef Al-Annabi exhorte les musulmans dans le mondeentier à attaquer les intérêts français partout, car ce sont des cibles légitimes.
  20. 20. ► Objectif Kidal pour larmée malienne. Tout pour déplaire…Pick-up et blindés bientôt en route pour Kidal ? Larmée malienne semble décidée à réinstaurerla souveraineté de Bamako dans la ville du sud des Ifoghas. Officiellement, il sagit depermettre au nouveau gouverneur de prendre ses fonctions. Il sagit du colonel AdamaKamissoko, nommé gouverneur de la région de Kidal le 2 mai en conseil des ministres.Mais ni le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), une dissidence du groupe Ansar Dined’Iyad Ag Ghali, ni le Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA) ne sont prêts àaccepter larrivée dun gouverneur et surtout pas de troupes gouvernementales. Les FAMa(forces armées maliennes) peuvent-elles compter sur la Misma ? Non, si lon en croit le présidentAlpha Condé (Guinée). « La Misma n’est pas mandatée pour aller désarmer le MNLA », aégalement précisé le porte-parole de la force africaine.Sur le Tchad ? Les forces tchadiennes ont quitté Kidal pour se repositionner à Tessalit. Et surla France ? Jean-Yves Le Drian a déclaré, lors de son dernier passage au Mali quil ne pouvait« pas y avoir deux armées maliennes ». Rien ne laisse toutefois penser que les forcesfrançaises pourraient être engagées dans une opération de rétablissement de lordrerépublicain. A Kidal, il ne reste plus dailleurs quun petit contingent du GTIA 2 (et parfois deséléments du dispositif « Sabre »).Quant au tout nouveau Haut Conseil de l’Azawad (HCA) qui vient de voir le jour à Kidal, il seveut catégorique sur trois points : pas question de revendiquer l’indépendance d’une partie duMali, pas question de prendre ou de reprendre les armes, et enfin pas question de faire unealliance avec les islamistes. Des prises de position qui ne vont guère dans le sens du MIA et duMNLA. (08.05 - par P. CHAPLEAU Lignes de Défense)
  21. 21. ► Avec nos soldats au Mali…L’opération « Serval » a détruit la forteresse djihadiste dans le Nord. Des cellules terroristesrestent actives, notamment dans la région de Gao où nos reporters ont patrouillé avec les« Gaulois » du 92èmerégiment d’infanterie (Clermont-Ferrand).Les quatre blindés se sont immobilisés, moteur au ralenti. Postés en étoile, ils contrôlent ungrand carrefour du quartier « 2 » de Gao. Les canons de 25 millimètres prennent en enfilade lesavenues sableuses bordées de hauts murs en pisé. La section de l’adjudant Benjamindébarque en souplesse. Les gros scarabées blindés nous reprendront en fin d’après-midi,après quatre heures de patrouille à pied dans un univers où la seule ombre est celle dequelques manguiers et de petits acacias épargnés par les chèvres. La progression dans Gaoest souple, patiente, vigilante, malgré la chaleur. Le temps semble s’être figé, dans une chaleurde four. « 50 °C à l’ombre », lâche le caporal-chef qui me précède, le Famas prêt à un tirinstantané de riposte. « On ne sait jamais… En mars, des mecs en djellaba et à Mobylette ontvoulu se faire exploser sur nos postes, avec une ceinture de dynamite sur le ventre ».Prudents, les terroristes n’utilisent plus de 4x4 Toyota, trop repérables. Ils se déplacent à dosde chameaux ou sur les Mobylette « Djakarta » (importées d’Indonésie), plus discrètes.Les soldats portent 20 à 25 kilos : le Frag (gilet pare-balles) et le casque lourd pour la protection,le Famas ou la mitrailleuse Minimi pour le combat, les chargeurs pleins de munitions, le bidond’eau, la trousse d’urgence… La radio crachote des ordres brefs : « À gauche, la maison auportail rouge cadenassé… Observez… Rendez compte ! ». Elle signale aussi un comportementsuspect : « Mef [méfiance] ! Le mec à turban à Mobylette, près du puits »… Ces fantassins du92èmerégiment d’infanterie n’en sont pas à leur première mission. Beaucoup de ces « Gaulois »,surnom traditionnel des soldats de Clermont-Ferrand, sont passés par l’Afghanistan.L’adjudant parle avec un couturier sur le seuil de son échoppe. « On donne confiance. Onrécupère du renseignement ». Il tend le numéro de téléphone de « Serval » : « Tu appelles si tuvois quelque chose ». L’homme opine, conciliant : « Quand quelqu’un est venu t’aider, c’estnormal de l’aider ». Le casque s’est transformé en Cocotte-minute, l’épais gilet de combatempêche de respirer. La nuque et les épaules commencent à brûler. « Le casque et le Fragsont impératifs, a prévenu le toubib. Au moins cinq ou six soldats leur doivent la vie. N’oubliezpas de boire ! ».L’eau est une arme aussi vitale que le Famas. Avec une consommation d’une quinzaine delitres par homme et par jour, la livraison des palettes de bouteilles sur les postes est unepriorité. La noria logistique a permis de maintenir le rythme des combats. L’armée de l’Air etles hélicoptères ont pris leur part, comme les convois terrestres. Cela n’a pas empêché descas de déshydratation aiguë, des insolations, des gastro-entérites. Des militaires ont dû êtrerapatriés vers la France.
  22. 22. Aux carrefours, les soldats se postent et observent. Les intervalles et les distances sontrespectés, pour réagir en cas d’incident et se couvrir mutuellement. Les gestes tactiques,précis, sont ceux d’une troupe aguerrie. Les plus jeunes font comme les aînés. C’est le résultatde l’entraînement intensif en France et de vingt années d’opérations extérieures, sur desthéâtres aussi différents que l’Afghanistan ou la Côte d’Ivoire, le Liban ou le Kosovo. Vingt ansde culture professionnelle se vérifient dans les rues de Gao. Cette expérience du combat etcette endurance ont permis aux troupes de l’opération « Serval » de surprendre, de bousculeret de détruire les forces islamistes retranchées à Gao, Tombouctou, Kidal. Les ennemis ont étéensuite détruits dans leur sanctuaire de l’Adrar des Ifoghas. Ils l’occupaient depuis dix ans etl’avaient aménagé en forteresse. Ils se croyaient invincibles. Leur propagande se moquaitmême des « croisés », réputés couards, trop attachés à la vie pour venir les affronter. Lescombats dans la vallée de l’Amettetaï ont été furieux. Cinq jours terribles. « Nos gars, les plusjeunes, ont morflé, reconnaissent les officiers. Les djihadistes sont allés jusqu’au corps àcorps. Sur six kilomètres, entre le point de départ et l’arrivée, on a relevé une centaine demorts ». Les terroristes voulaient retarder les Français, provoquer un enlisement, transformerleur résistance en victoire morale. Ils ont été pris de vitesse. À certains endroits, les troupesd’assaut françaises ont retrouvé un mouton sur la braise, du thé encore chaud.Le tempo rapide et la puissance de feu imposés dès le départ par Paris, relayés au Mali par lesgénéraux Grégoire de Saint-Quentin, patron des forces françaises, et Bernard Barrera,commandant de la brigade « Serval », ont bousculé l’ennemi (lire aussi page 30). « Il fallaitcréer une dynamique pour stabiliser la boucle du Niger », explique Saint-Quentin. Le généralest prudent : « Nous avons désorganisé la menace militaire mais elle reste sous-jacente. On adétruit leurs bases. Il leur reste des caches ». Cela explique l’approche prudente des avionssur Gao — vols à très basse altitude, changement fréquent des axes d’approche —, lespatrouilles permanentes et les épuisantes opérations de recherche de caches terroristes. Ladernière opération, baptisée « Gustave », a duré quatre jours non-stop au Nord de Gao, dansune zone islamiste, ancien fief du Mujao. Bilan : 18 tonnes d’armes et de munitions saisies. Laplupart sont détruites, sous la surveillance des sapeurs démineurs qui assurent aussi lasécurité des convois contre les IED (engins explosifs improvisés). Les sapeurs du 31èmerégimentdu génie (Castelsarrasin), dont la moitié des cadres sont passés par l’Afghanistan, sont enpermanence sur le qui-vive : « On ne sous-estime pas l’ennemi. Ils ont la compétence. Unquart des terroristes tués portait une ceinture d’explosifs ! ». Les capitaines Stéphane Mateoset Jean-Médéric Lenoble confirment : « Les IED sont arrivés très vite sur ce théâtre. On adécouvert des ateliers de fabrication dans le Nord. Ici, les pistes sableuses sont favorablesaux pièges ».Les ennemis ne peuvent plus concentrer leurs forces mais les militaires restent lucides : « Sur3 000 combattants, on a compté 400 tués ». Et le reste ? « Une partie a renoncé au combat, uneautre s’est dispersée, au Mali ou à l’étranger ». Des djihadistes à bout de force sont retrouvésdans le désert, en Algérie et en Mauritanie. Les écoutes françaises ont aussi localisé descombattants isolés, appelant à l’aide au téléphone. Certains ont été cueillis aux points d’eau, àdes passages obligés. « Les pieds ont une mémoire, confie un officier des forces spéciales.Les vieilles cartes nous sont utiles. On y trouve d’anciennes pistes oubliées, mais connuesdes trafiquants ou des terroristes ». Nos commandos du désert font la chasse aux djihadistes.C’est au détour d’une de ces pistes perdues que le sergent Stéphane Duval, transmetteur au 1errégiment de parachutistes d’infanterie de marine (Bayonne), est mort pour la France, le lundi 29avril. Ancien fief des islamistes du Mujao, Gao et ses environs restent une zone sensible. Legénéral de Saint-Quentin le reconnaît : « Il reste une menace sous-jacente ». Les ennemis sonttoujours là. En février puis en mars, des islamistes équipés de ceintures d’explosifs ont tentéde se faire exploser au milieu des soldats. « Ils arrivent en général à Mobylette. Parfois aussi àdos d’âne, avec une charrette ». Le 4 mai, cinq kamikazes islamistes ont été tués au Nord deGao. Sur l’avenue « Mamadou-Konaté », un jeune Noir s’avance, un bâton de bétel entre lesdents : « Des armes, il y en a partout. Si la France part, ce sera la merde, comme avant ».Chaque Mobylette suscite le qui-vive.« Notre but a été d’amener les ennemis à la portée des forces africaines qui nous relèvent,précise le général de Saint-Quentin. On ne partira pas. On sera encore un millier au début de2014 ». Les Français formeront une force de réaction, mobile et dure. En « deuxième rideau »,ils seront l’assurance vie des forces de stabilisation appelées à prendre le relais.
  23. 23. La nouvelle armée malienne sera aussi adossée aux Français. Ses chefs piaffent. Au QGmalien de Gao, le colonel Didier Dacko, 45 ans, ancien de l’école du train à Tours et de celle del’infanterie à Montpellier, veut reprendre le contrôle de Kidal, pour l’instant aux mains desindépendantistes touaregs du MNLA. Dans la villa réquisitionnée qu’il occupe avec son état-major, Dacko prépare son plan d’opérations : « Notre objectif est de contrôler la totalité duterritoire malien, jusqu’à la frontière algérienne. On ne veut pas du MNLA. Qu’il désarme et ondiscute après ». Son adjoint, le colonel Issa, un Touareg au visage de cuivre, approuve : « LeMNLA ne représente pas les Touaregs. Ce sont des bandits en armes rejoints par lesislamistes d’Ansar Dine ». Ce seigneur du désert est formel : « Qu’on nous donne quelquesvéhicules et le temps d’atteindre Kidal », dit-il en grillant des Dunhill à la chaîne. C’est cequ’annonce le général Ibrahima Dembele, 46 ans, le chef d’état-major de l’armée malienne.Jovial, ce Malinké natif de Ségou a une confiance totale dans le toubab (« le Blanc »). Il remerciela France. « Mon ministre c’est Le Drian, mon président c’est Hollande, dit-il en riant. « Serval »a réagi vite et sauvé le Mali. Les Français doivent en être fiers. Notre sentiment dereconnaissance efface tout ce qu’on a raconté sur la colonisation ». Dembele a passé seize ansà guerroyer dans le Nord du pays. Il connaît par coeur les Adrars, Kidal, Tessalit. Soldatconfirmé et titulaire d’un master en résilience, il commande l’armée depuis mars 2012. Il joueun rôle clé dans la stabilité du pays. « Il faut tout mettre à plat, les trafics d’influence, les armesvolatilisées, ceux qui nous ont trahis, à quatre reprises et qu’on a réintégrés en leur donnantde l’argent, des armes, du galon ». Il me tend une liste « confidentiel défense » : « Ce sont nosquarante officiers supérieurs sans emploi ». Parmi eux, quinze généraux.Son objectif est clair : « Libérer Kidal et le Nord. J’ai des soldats, je veux m’en servir ».Dembele a déjà commandé 10 000 boîtes de rations douncafa (« manger à sa faim », en bambara)pour la guerre éclair qu’il veut mener aux islamistes et au MNLA. Ses plans sont prêts :« Couper leur route logistique au carrefour d’Anifis, isoler leur zone refuge de Tinzaoutène. Onn’a plus de cadeau à leur faire. Ils doivent déposer les armes ». La France se veut neutre. Nosmilitaires sont partagés : « Ce serait dangereux de réintégrer ces traîtres à répétition dansl’armée malienne ». Il n’est pas question pour l’instant d’opération malienne sur Kidal. Legénéral Dembele est formel : « Nous irons quand même. J’attendrai le temps qu’il faudra ».(Dossier réalisé par Frédéric Pons (textes) et Marc Charuel (photos) – Valeurs Actuelles)
  24. 24. ► Général Bernard Barrera : « Mobilité, surprise, supériorité »…Entretien exclusif. Le patron de la brigade qui a reconquis le Mali, héritier d’une longuetradition d’officiers « africains » fait le point sur « Serval » et sur l’ennemi.Pour son anniversaire, le 4 février, ses hommes lui ont offert une canne africaine traditionnelle,symbole du chef : « Elle représente le vieux, le malin, le futé ». Saint-cyrien de la promotion« Général de Monsabert » (1982-1985), trois fois projeté en opération en Afrique, patron, depuis2011, de la 3èmebrigade mécanisée, à Clermont-Ferrand, dite « brigade Monsabert », BernardBarrera, 51 ans, était peut-être prédestiné à assurer le commandement de la brigade « Serval »,à la mener au feu et au succès, au coeur de l’Afrique. Héritière de la 3èmedivision d’infanteriealgérienne, créée en 1943 par le général de Monsabert, formée d’engagés métropolitains, depieds-noirs et d’indigènes, la « 3 » est la division française la plus décorée de la SecondeGuerre mondiale. Les régiments de la brigade « Monsabert » chantent toujours « lesAfricains ». Ils portent l’insigne choisi par Monsabert : une petite Victoire romaine retrouvée àConstantine (Algérie) et trois croissants symbolisant son recrutement.Officier chaleureux, père de quatre enfants, Bernard Barrera aura pourtant connu, dans lesdernières années de la guerre froide, un début de carrière centré sur l’Europe, des campsd’Allemagne à ceux de Champagne. C’est au 92èmerégiment d’infanterie, déjà à Clermont-Ferrand, aujourd’hui fer de lance de sa brigade « Serval », que la chance lui sourit enfin. Il ysert à deux reprises, dans les années 1990, projeté en Bosnie puis au Kosovo. Plus tard, chefde corps du 16èmebataillon de chasseurs de Saarburg, en Allemagne, entre 2004 et 2006, ildécouvre l’Afrique, au Tchad puis en Côte d’Ivoire. Cette expérience opérationnelle luipermettra de décrocher trois citations. De 2009 à 2011, Bernard Barrera occupe un poste deconfiance au cabinet militaire de François Fillon, alors premier ministre.
  25. 25. Responsable du suivi des opérations extérieures et de la préparation des Conseils de défense,il y découvre les subtils rapports de force politico-militaires des échelons parisiens. Desenseignements qui lui auront été certainement utiles pour conduire au mieux sa chevauchéeafricaine.Que retenez-vous de cette opération, depuis son déclenchement, le 11 janvier dernier ?« La mission de libération du Mali et de destruction d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) aété remplie parce que nous avons mis en application tout ce que nous apprenons dans l’arméede Terre, avec de nouveaux matériels, performants, comme le canon Caesar, le blindéd’infanterie VBCI et l’hélicoptère Tigre. Ces capacités et ces connaissances nous ont permisde réussir sur un théâtre bien différent de celui de ces dernières années ».Comment l’avez-vous fait ?« En conduisant un combat aéroterrestre, interarmes et interarmées, avec l’armée de l’Air, surdeux fronts, dans un tempo rapide et avec une boucle décisionnelle courte, en jouant sur lamobilité, la surprise et la supériorité. Toutes les composantes ont été utiles. Nous y sommesarrivés, avec peu de pertes, grâce à nos vingt ans d’opérations extérieures, nos vingt annéesde maturité professionnelle ».Mais n’est-ce pas une guerre africaine comme les autres ?« C’est une guerre en Afrique, mais pas une guerre africaine. Nous combattons des terroristes,ce qui est très différent ».En quoi ?« On a retrouvé le même ennemi qu’en Afghanistan. On connaît bien son savoir-faire terroriste.Cet ennemi pose des bombes, utilise des kamikazes, frappe sur les arrières, recrute desenfants-soldats ».Les appuis (canons, avions, hélicoptères) n’ont-ils pas été suremployés ?« On aurait pu ne pas les utiliser. On y serait peut-être arrivé de la même façon, mais ce n’estpas sûr. L’ennemi nous attendait sur un terrain défensif qui nous était très défavorable.L’utilisation de ces appuis a permis de sauver des vies humaines, notamment chez lesfantassins et les cavaliers, qui ont dû s’emparer de force des lignes de résistance successives.L’artillerie, les blindés et les hélicoptères de combat, en particulier, ont permis la destructiondes défenses terroristes. On a pu franchir ces lignes grâce au travail des sapeurs, qui ontdéminé le terrain ».La tactique des djihadistes vous a-t-elle surpris ?« Ils ont accepté le combat dans la vallée de l’Amettetaï, dans l’Adrar des Ifoghas, alors qu’ilsfuyaient depuis un mois, irrattrapables. Leur but était en réalité de nous arrêter et de nous fairesubir des pertes importantes sur un terrain qu’ils connaissaient bien, aménagé avec desréserves d’eau et de munitions, alors que nous, nous étions en limite logistique ».Que cherchaient-ils ?« Ils voulaient obtenir une victoire médiatique en nous bloquant dans cette vallée. Il était doncindispensable de la prendre en moins d’une semaine pour pouvoir casser Aqmi et ne pasrisquer de défaite ».
  26. 26. L’Adrar des Ifoghas est-il sous contrôle ?« À l’heure actuelle, oui. L’ennemi a été détruit. Il n’est plus dans la zone des Adrars et desvallées. Il n’y a plus personne. On y retourne régulièrement. On les survole souvent. Cettezone est sous contrôle, d’autant qu’on y mène des actions conjointes avec les forcestchadiennes ».Est-ce aussi le cas pour Gao, où le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest(Mujao) a régné en maître jusqu’en janvier ?« Nous y avons conduit plusieurs interventions successives et nous continuons à le faire.C’est peut-être moins visible, car c’est un terrain plus dense, avec une population autochtoneplus marquée. Le Mujao n’a pas la même physionomie qu’Aqmi ».Est-il la principale menace ?« Je ne dirais pas menace. L’ennemi a subi une très forte attrition. On en a détruit une grossepartie. À l’heure actuelle, l’ennemi évite le contact. Il n’y a plus de grosses résistances ».La montée en puissance de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduiteafricaine (Misma) vous donne-t-elle satisfaction ?« Pour l’instant, cette montée est effective. Nos postes de Ménaka, Tombouctou, Gao ont étéconfiés aux forces nigériennes, burkinabés et maliennes, bien sûr. Cela nous permet de retirernos unités des postes pour nous concentrer sur notre propre désengagement et sur lapoursuite des opérations dans tout le secteur ». (Propos recueillis par Frédéric Pons - Photo © MarcCharuel - Valeurs Actuelles)

×