UNIVERSITÉ DE LAUSANNE
FACULTÉ DES LETTRES
Ecole de français langue étrangère
Travail approfondi (Approche linguistique de...
TABLE DE MATIÈRES
1.Introduction 3
2. Le conte de Perrault 5
3. Analyse de différentes versions Du Chat botté 6
3.1. Suppr...
1.Introduction
En tant qu’apprenante de français langue étrangère, la lecture est ce qui m’aide le plus
à progresser dans ...
critères propres à ces niveaux quant à la rédaction4
. J’ai choisi de faire une adaptation
du conte Le Chat botté de Perra...
et quelques documents9
examinant les aspects culturels du Chat botté.
Suite à l’analyse des deux contes, je me focaliserai...
d’années, n’est pas seulement exceptionnel mais montre à quel point ils sont
universels. Ses réflexions sur la vie sont en...
pourquoi ces changements ont eu lieu. Je les classifierai également pour voir de quel
type de suppression il s’agit. Par e...
« Appartement » qui serait un faux ami. La définition plus courante de ce mot : « Partie
d'un immeuble comportant plusieur...
d’un apprenant de niveau A2, et de raccourcir le texte. A ce niveau de français, il ne
serait pas approprié d’utiliser une...
plus prudent de garder le mot « Marquis » et l’idée de la « fortune » en les expliquant
dans une note de bas de page afin ...
du verbe « rapporter », on a choisi de les supprimer tout court. C’est également une
manière de raccourcir le texte pour m...
retours en arrière ont été supprimés. Il est vrai que d’introduire un changement dans
le fil temporaire demande une réflex...
C’est que l’habit, la mine et la jeunesse,
Pour inspirer de la tendresse,
N’en sont pas des moyens toujours indifférents.1...
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que c’est l’intelligence qui e...
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Gibier♦ D’autres animaux♦
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Monsieur le Marquis de
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souris, que pour…♣ mais seulement…♣
Se divertir ♣ S’amuser ♣
Dans certains cas concernant la catégorie que j’ai classée so...
mari de ma fille ». Le mari de ma fille est la définition du gendre, cependant, le mot
gendre n’est pas très courant dans ...
important est de voir quelles simplifications sont plus utiles dans l’apprentissage de
l’apprenant.
La dernière catégorie ...
Les phrases dans CB2 sont en général plus courtes. Cela ne devrait pas être étonnant,
vu que les phrases plus courtes sont...
dans CB2 par la structure récurrente de la phrase qui commence par le sujet.
Il est intéressant de voir que sur les 71 phr...
Vue que les phrases sont plus longues dans CB1 que dans CB2 il est important de
regarder la structure des phrases, notamme...
grande salle. Ils font un repas délicieux.21
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faire tant de tours de souplesse24
pour prendre les rats et les souris, comme quand il se
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monsieur le marquis de Carabas, parce qu’il avait reconnu le chat qui lui avait rendu
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écrivant la nouvelle version du conte, la version CB1 était constamment sous mes
yeux. Dans cette partie du travail, je co...
Perdrix Oiseaux
Gibier de la chasse de son Maître Ce qu’il avait attrapé à la chasse
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moyenne de vingt-cinq mots par phrase, six mots de moins que la moyenne de CB1.
Réduire la longueur des phrases est une fa...
envie supplémentaire de lire. Et ultérieurement, si ces adaptations pouvaient créer
une impulsion à découvrir de nouveaux ...
public, vu que les élèves ne trouvaient aucun endroit où il pourrait encore être
simplifié. Il serait intéressant de voir ...
œuvres plus longues en fonction de la langue et de la lecture pour le public du niveau
B1/B2. Je trouve qu’il pourrait êtr...
7. BIBLIOGRAPHIE
CECR, « Apprentissage des langues et citoyenneté européenne », http://www.portail-
du-fle.info/glossaire/...
Le français dans le monde 312, 2000, pp.29-32.
8. ANNEXES
Compréhension écrite A2
http://www4.ac-nancy-metz.fr/ctf57/IMG/p...
http://editionsdidier.com/files/media_file_8416.pdf
Compréhension écrite B2
Compréhension générale de
l'écrit
Peut lire av...
QUESTIONNAIRE - Le Chat botté
Questions générales
1. Aimez-vous lire en français ou dans une autre langue ?
2. Que lisez-v...
Questions sur le texte
8. Quels sont les personnages principaux ?
9. Les notes de bas de page vous ont-elles été utiles ?
...
CB1 : Le Chat botté ou le Maître Chat
Un Meunier ne laissa pour tous biens à trois enfants qu'il avait, que son Moulin, so...
personne), la fille du Roi le trouva fort à son gré et le Comte de Carabas ne lui eut pas
jeté deux ou trois regards fort ...
qu'à vous, Monsieur le Marquis, que vous ne soyez mon gendre. » Le Marquis, faisant
de grandes révérences, accepta l'honne...
CB2 : Le Chat botté
À sa mort, un meunier ne laisse à trois enfants que son moulin, son cheval et son
chat. Le plus vieux ...
Le roi l’invite :
- Montez avec moi dans mon carrosse et nous nous promènerons ensemble,
avec ma fille.
Le chat sourit et ...
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Adapter Le Chat botté de Charles Perrault pour un public FLE Analyse et mise en pratique

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Adapter Le Chat botté de Charles Perrault pour un public FLE Analyse et mise en pratique

  1. 1. UNIVERSITÉ DE LAUSANNE FACULTÉ DES LETTRES Ecole de français langue étrangère Travail approfondi (Approche linguistique des textes littéraires) Adapter Le Chat botté de Charles Perrault pour un public FLE Analyse et mise en pratique par Sarah Thomas sous la direction de Cyrille François Session de Printemps 2016 1
  2. 2. TABLE DE MATIÈRES 1.Introduction 3 2. Le conte de Perrault 5 3. Analyse de différentes versions Du Chat botté 6 3.1. Suppressions et ajouts 6 3.1.1 Texte 6 3.1.2. Moralités 12 3.2. Phénomènes de lexique 14 3.3. Simplifications de la syntaxe 19 4. Le Chat botté Nouvelle adaptation pour apprenants de FLE entre niveaux B1 et B2 23 5. Commentaire sur la nouvelle adaptation 26 6. Conclusion 31 7. Bibliographie 33 8. Annexes Exigences pour la compréhension écrite, questionnaire, CB1 et CB2 34 2
  3. 3. 1.Introduction En tant qu’apprenante de français langue étrangère, la lecture est ce qui m’aide le plus à progresser dans mon apprentissage. En lisant, j’acquiers du vocabulaire que je n’entends point à l’oral, et également des formes syntaxiques qui se présentent seulement dans ce domaine. Je pense que cela doit être pareil pour beaucoup d’autres étudiants qui apprennent le français. Cependant, j’entends souvent dire : « Je lirais des livres, mais à chaque mot je dois aller chercher la définition dans un dictionnaire et je deviens vite découragé, donc j’abandonne. » Comment stimuler l’envie de lire des apprenants d’une langue étrangère, ou les aider à garder la motivation quand ils ont commencé à lire ? Ce sont des questions que je me pose. Quand un texte est trop complexe, alors vient le découragement, mais si le texte est trop simple, on perd l’intérêt de lire. Qu’apporte la lecture à un apprenant de langue étrangère ? Pour quelles raisons est-ce qu’il lit, pour le plaisir ou par obligation ? Les textes simplifiés font-ils partie de ces enjeux ? Il existe de différents types d’adaptations d’œuvres, il y a des abréviations pour simplifier la lecture comme il y a des réécritures afin de simplifier la langue. Je me demande si les deux genres de modifications sont pertinents pour l’apprenant dans son apprentissage de langue. Pour mieux analyser ces questions, il faut prendre en compte la situation de l’élève face à la lecture. En quel contexte se trouve-t-il ? En contexte de classe, donc, dans un environnement où il a accès à un enseignant pour l’aider dans son apprentissage, ou en contexte autonome, sans soutien immédiat. Ces facteurs influencent l’approche que l’apprenant a face à la lecture. Mon but dans ce travail sera de réécrire le conte : Le Maître chat ou Le Chat botté1 pour un public alloglotte qui apprend le français autour des niveaux B1 et B2. Ce niveau m’intéresse particulièrement parce que c’était à ce moment de mon apprentissage de la langue française que j’ai commencé à lire des livres entiers en français2 , des livres non simplifiés vu que je ne savais pas qu’il existait des œuvres adaptées pour les apprenants. Je m’appuierai sur le CECR3 afin de rester dans les 1 PERRAULT, Charles, Contes, « Le Maître chat ou Le Chat botté », p.229, Paris, 2006, édition de poche 21026. 2 C’était grâce à cette expérience que j’ai rencontré le passé simple. 3 CECR, « Apprentissage des langues et citoyenneté européenne », http://www.portail- 3
  4. 4. critères propres à ces niveaux quant à la rédaction4 . J’ai choisi de faire une adaptation du conte Le Chat botté de Perrault, vu sa popularité dans le monde d’aujourd’hui. Ce qui pourrait aussi présenter une impulsion supplémentaire à lire ce texte même si l’on ne connait pas l’histoire originale. Dans un premier temps, je prendrai deux versions du conte afin de les analyser, d’un point de vue linguistique. La première étant le texte de référence : Le Maître chat ou Le Chat botté5 , désormais CB1 ; la deuxième une version simplifiée pour les apprenants de français de niveau A2 : Le chat botté6 , désormais CB2. Les raisons pour lesquelles j’ai choisi d’analyser ces deux versions sont : pour la première, je voulais un texte de base, assez populaire, qui me permet de voir où des simplifications pourraient être utiles, et l’édition de poche convient bien à ce critère. Pour la deuxième, à ma connaissance, c’est la seule adaptation qui vise un public FLE, ainsi, je n’ai pas eu beaucoup de choix. Malgré cela, c’est une occasion pour moi d’ouvrir une voie sur de nouvelles idées par rapport aux adaptations pour les apprenants de FLE. J’intégrai également quelques commentaires brefs sur une troisième version simplifiée pour enfants francophones: Le Chat botté7 , désormais CB3, pour voir les différences entre les simplifications pour un public jeune francophone, et pour un public débutant dans l’apprentissage du français pour mieux me préparer à la rédaction de la nouvelle adaptation pour mon public cible. Cependant, je me concentrerai davantage sur les simplifications faites pour le public FLE étant donné que ma version du conte vise également ce public. Pour ceci, je me baserai sur des articles8 concernant les simplifications des textes littéraires du-fle.info/glossaire/Cadreeuropeenapprendreenseignerevaluer196p.pdf, dernière consultation, 29.03.2016 4 Les exigences pour les niveaux A2, B1 et B2 pour la compréhension écrite figurent en annexe. 5 PERRAULT, Charles, Contes, « Le Maître chat ou Le Chat botté », p.229, Paris, 2006, édition de poche 21026. 6 PERRAULT, Charles, Contes, « Le chat botté », p.45, Paris, 2003, Adaptation de Norbert Adeline, Lecture facile. 7 MAGNARD JEUNESSE, Le Chat botté, illustré par Céline Puthier. 8 MESNAGER, Jean, « Pour une étude de la difficulté des textes. La lisibilité revisitée », Le Français aujourd’hui 137, 2002, pp. 29-40. JEANNERET, Thérèse, « Une approche linguistique de la simplicité du texte », Langage et pratiques 31, 2003, pp. 22-35. VALDERRAMA, Isabel, « La simplification : un rapprochement linguistique et culturel », Le français dans le monde 312, 2000, pp.29-32. 4
  5. 5. et quelques documents9 examinant les aspects culturels du Chat botté. Suite à l’analyse des deux contes, je me focaliserai sur l’écriture de la nouvelle adaptation pour le lecteur de niveau B1/B2. Pendant la rédaction, je garderai un journal de commentaires sur les raisons pour lesquelles je simplifie de telle ou telle manière, afin de justifier mes décisions. Je me référerai souvent au CECR pour voir si le texte s’accorde avec ce que les niveaux B1 et B2 exigent d’un locuteur. Pour compléter le travail, je ferai lire la nouvelle version du conte aux étudiants de la première année du diplôme FLE à l’université de Lausanne dans le but d’avoir un retour sur la complexité de la lecture. Mon objectif n’est pas seulement que les étudiants soient assez stimulés pour terminer la lecture, mais aussi que cette réécriture promeuve la découverte des textes similaires, en espérant que les étudiants auraient davantage de motivation à lire ces œuvres. La lecture de la littérature qui prend une grande place dans la culture française et donc de l’acquisition de la langue en général, devrait faire partie de l’apprentissage du français. 2. Le conte de Perrault Le genre du conte de fée dans la littérature française naît au XVIIème siècle avec les œuvres de Charles Perrault. Les contes de Perrault sont si célèbres que l’on a l’impression de les connaître sans devoir les lire. Le Chat botté appartient au recueil de ces huit classiques, Histoires et Contes du temps passé. Même si les œuvres de Perrault appartiennent à une variété de genres, il est largement connu pour ses contes. Avec ces histoires, il provoque une réflexion sur les coutumes et les comportements de l’époque, par exemple, dans le conte du Petit Chaperon rouge, il y a une réflexion sur la naïveté de jeunes personnes, surtout de jeunes filles, qui ne font pas attention à qui elles parlent et donc peuvent se laisser séduire par un « loup ». Les moralités à la fin de l’histoire ajoutent une dimension supplémentaire pour amener le lecteur à réfléchir sur les enjeux du conte. Le fait que les contes de Perrault ont survécus les centaines 9 MARIN, Louis, « Puss in Boots : Power of Signs – Signs of Power », Diacritics, 1977, p.54-63. Repris dans L. Marin, Politiques de la réprésentation, Kimé, coll. « collège internationale de philosophe », 2005. ESCARPIT, Denise, Histoire d’un conte. « Le Chat botté » en France et en Angleterre, Didier Erudition, 1985 (2 vol). ESCOLA, Marc, Contes de Charles Perrault, Paris, édition Gallimard, 2005. 5
  6. 6. d’années, n’est pas seulement exceptionnel mais montre à quel point ils sont universels. Ses réflexions sur la vie sont encore pertinentes aujourd’hui. Le conte qui va faire l’objet d’étude dans ce travail, Le Chat botté apparaît dans le recueil de Perrault à la fin du XVIIème siècle.10 Ce dernier raconte l’histoire d’un pauvre homme qui, après la mort de son père, ne reçoit qu’un chat comme héritage. Toutefois, c’est ce chat habile et parlant qui va aider le jeune homme à sortir de sa misère. Le Chat botté prend en compte les mœurs de l’époque qui concernent : l’argent, l’habilité et les apparences. 3. Analyse de différentes versions Du Chat botté Dans cette première partie du travail, je vais comparer les deux versions mentionnées ci-dessus Du Chat botté. Je me focaliserai sur les différences entre CB1 et CB2 vu que mon objectif est de réécrire le conte pour un public « non francophone ». Je commencerai par regarder les suppressions et ajouts dans chaque texte, ensuite les changements du lexique et enfin de la syntaxe. 3.1 Suppressions et ajouts 3.1.1. Texte Dans CB3 il y a très peu de suppressions par rapport à CB1, l’adaptation de CB3 est très fidèle à la version de référence, à part quelques changements de vocabulaire et d’orthographe11 . Donc, c’est plus pertinent de regarder les suppressions dans CB2. Pour avoir une idée de la taille totale des suppressions dans le texte de CB2, il serait utile de regarder le nombre de mots. Dans CB1, le texte compte mille six cent vingt- sept mots (sans moralités) tandis que CB2 en contient seulement mille soixante- quatre. Ainsi, la deuxième version du conte ne fait que deux tiers de la première. En prenant CB1, je citerai quelques suppressions, ensuite, je tenterai d’expliquer 10 ESCOLA, Marc, Contes de Charles Perrault, Paris, édition Gallimard, 2005 11 Avec l’évolution de la langue française, l’emploi de la majuscule est moins commun, comme on peut le voir avec les différences entre CB1 et CB3. CB1 conserve l’orthographe orignal de Perrault, tout ce qui est lié à l’état, la noblesse, les animaux dans CB1 s’écrit avec une majuscule tandis que dans CB3 ces majuscules ont été supprimées. Pour mon travail de réécriture je me baserai sur l’orthographe dans CB3 qui convient mieux aux apprenants de FLE qui étudient le français dans le monde actuel. Cela évitera les confusions avec les explications de grammaire que reçoivent les élèves. 6
  7. 7. pourquoi ces changements ont eu lieu. Je les classifierai également pour voir de quel type de suppression il s’agit. Par exemple, une suppression de redondance, de lexique compliqué ou pour raccourcir le texte. Pourtant, il est probable que l’effacement d’une partie du texte a plusieurs fonctions et pourrait être interprété de nombreuses manières. Je trouve que parfois avec les suppressions on peut perdre de la richesse d’un texte en excluant quelques éléments, même s’ils ne sont pas essentiels pour le sens global de l’histoire. En conséquence, pour l’adaptation que je vais écrire, je me baserai plus sur la conservation d’une grande majorité d’éléments du conte CB1, mais en simplifiant ce qui pourrait poser problème par une réécriture. Le premier exemple : « Les partages furent bientôt faits, ni le Notaire, ni le Procureur n’y furent point appelés. Ils auraient eu bientôt mangé tout le pauvre patrimoine. » (CB1, p.235). Je classerai cette suppression sous la catégorie de lexique compliqué à cause des mots comme : « Notaire », « Procureur » et « patrimoine » qui appartiennent à un vocabulaire technique juridique et avec lesquels un apprenant de FLE est moins familiarisé. Ce n’est pas repris dans le CB2 non plus par une réécriture parce que l’information n’est pas essentielle à l’histoire, et donc c’est aussi une manière de raccourcir le texte. Cette suppression évite également le côté ironique de l’histoire où les personnes qui devraient faciliter le partage entre les frères leur laisseraient moins qu’ils avaient reçu dès le départ. Le fait que l’ironie disparaît rend le texte plus accessible aux étudiants qui apprennent le français parce qu’ils ne doivent pas comprendre les sous-entendus du texte, un phénomène qui peut être difficile même dans sa langue maternelle. J’identifierai le deuxième exemple comme une simplification du lexique également : « et que je me serai fait un manchon de sa peau » (CB1, p.235). Cet énoncé n’est pas indispensable pour la compréhension de l’histoire et la suppression du mot « manchon » évite de créer les lacunes dans l’interprétation du texte du lecteur de niveau A2. Avec cette suppression, une dimension de créativité est perdue également de la part du fils du meunier. Il va faire tout ce qu’il peut avec ce chat pour survivre le plus long possible. Le côté ironique étant qu’en laissant le chat vivre, il obtient plus qu’il n’avait jamais imaginé. La phase suivante qui a été effacée dans la version du conte pour les apprenants de français est celle-ci : « On le fit monter à l’Appartement de sa Majesté, où étant entré il fit une grande révérence au Roi » (CB1, p.236). En effaçant cet énoncé, on évite une complication par rapport au mot 7
  8. 8. « Appartement » qui serait un faux ami. La définition plus courante de ce mot : « Partie d'un immeuble comportant plusieurs pièces qui forment un ensemble destiné à l'habitation »12 risque de perturber le lecteur par rapport à la définition de l’époque de l’appartement du roi, l’ensemble de pièces que Louis XIV utilisait comme appartement personnel dans le château de Versailles. En effet, le fait que ce soit supprimé rend le texte plus approprié au public cible. Une autre interprétation de cette suppression concerne le mot « révérence » qui s’utilise rarement dans un vocabulaire débutant de la langue et qui pourrait poser un problème pour le lecteur FLE de niveau A2. En effaçant la phrase en entier, la possibilité d’une incompréhension est mieux évitée. Certaines suppressions dans CB2 permettent de raccourcir le texte en évitant les analepses. Ce phénomène aide aussi à la fluidité de lecture pour un interlocuteur non francophone s’il peut suivre les événements d’une manière chronologique. En voici un exemple : « Quoique le Maître du chat ne fît pas grand fond là-dessus, il lui avait vu faire tant de tours de souplesse, pour prendre des Rats et des Souris […] qu’il ne désespéra pas d’en être secouru dans sa misère. » (CB1, p.236). Ici, l’emploi du plus- que-parfait marque l’antériorité de l’action, donc en supprimant ceci, on évite une rupture dans la suite d’événements dans l’histoire. Comme je l’ai mentionné ci-dessus, il y a dans CB2 des suppressions pour éviter les analepses. Voici un autre exemple, indiqué par l’usage du plus-que-parfait : « Il alla ensuite les présenter au Roi, comme il avait fait le Lapin de garenne » (CB1, p.238). Cependant, cette phrase renvoie à un événement dont le lecteur a déjà connaissance, donc on pourrait supposer que l’objectif ici est d’effacer une redondance qui n’ajoute rien d’essentiel à l’histoire. C’est aussi une manière de raccourcir le texte et de garder l’attention du lecteur. La suite de cette phrase où Le Roi reçoit « encore avec plaisir les deux Perdrix » (CB1, p.238) et donne « pour boire » (CB1, p.238) au chat, est également supprimée dans CB2. Cette relation entre le Roi et le chat est remplacée par l’ajout d’une phrase explicative dans la version du conte pour apprenants de français : « Ainsi, il devient peu à peu l’ami du roi » (CB2, p.46). Cette explication permet d’éviter le lexique moins courant, comme « Perdrix » et « pour boire », qui gênerait la lecture 12 LAROUSSE, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/appartement/4651, dernière consultation 03.06.2016 8
  9. 9. d’un apprenant de niveau A2, et de raccourcir le texte. A ce niveau de français, il ne serait pas approprié d’utiliser une gamme de lexique très élaborée afin de ne pas décourager le lecteur. Cependant, pour la réécriture du conte pour l’étudiant plus avancé dans son apprentissage du français, je choisirai un vocabulaire plus vaste pour encourager la personne à élargir ses capacités et compétences dans cette nouvelle langue, mais en expliquant quelques termes en notes de bas de page quand je pense que c’est nécessaire. La suppression suivante est liée à ce que l’on vient de voir dans CB2. On a supprimé l’analepse : « qui lui avait apporté tant de fois du gibier » (CB1, p.238). Cette relative est devenue superflue lorsqu’on a dit que le chat « devient peu à peu l’ami du roi ». Dans le cas de CB1, on ne sait pas si le roi est « ami » du chat ou s’il ne l’est pas, donc il faut clarifier la situation en décrivant pourquoi il ordonne à ses gardes d’aller au secours du Maître. Dans le cas de CB2, le lecteur sait que le roi et le chat sont déjà amis, par l’ajout préalable, ainsi il n’est plus obligatoire d’expliciter le raisonnement derrière les actions du roi. Maintenant, je noterai une modification qui a un grand impact sur l’ensemble du texte. Dans CB1, le fils du meunier porte très clairement le titre de « Marquis de Carabas » et quand le chat a l’occasion d’aider son maître, il lui dit : « Si vous voulez suivre mon conseil, votre fortune est faite » (CB1, p.238). Tandis que dans CB2, le fils du meunier est introduit comme : « Monsieur de Carabas » et lorsque le chat aperçoit une occasion de l’aider, il ne lui promet pas la fortune, mais l’opportunité de « devenir prince » (CB2, p.46). Cette modification rend le texte plus accessible aux apprenants de français à niveau A2 vu que le mot « prince » est plus compréhensible que le terme « Marquis » et qu’il n’est pas nécessaire de comprendre le système nobiliaire de l’époque avec l’emploi du mot « Marquis ». Cependant, elle implique de grandes conséquences dans les intentions, maintenant plus nettes, du chat. Avec l’idée que le fils du meunier devrait devenir prince pour réussir, les rôles du roi et de la princesse prennent plus d’importance. La supposition que le fils du meunier va se marier avec la princesse est mise en avant à partir de ce moment-là tandis que dans CB1, la fin de l’histoire portait plus sur les ruses du chat. Donc, avec ce changement on perd une dimension importante de l’histoire et surtout en ce qui concerne l’argent. Au début du conte, le fils du meunier se plaignait d’être « mal partagé » donc son but n’était pas d’épouser une princesse, mais de gagner de l’argent. Je me demande si cela aurait été 9
  10. 10. plus prudent de garder le mot « Marquis » et l’idée de la « fortune » en les expliquant dans une note de bas de page afin de rester plus fidèle à l’histoire du CB1. Cela aurait aussi permis au lecteur de préserver une image plus proche de l’histoire en élargissant son vocabulaire à travers une explication didactique. L’élément suivant ne se définirait pas tout à fait comme une suppression, mais plutôt comme une modification de l’ordre du texte. Dans CB1, le plus-que-parfait dans la phrase : « le drôle les avait cachés sous une grosse pierre » (CB1 p.239) marque un effet d’antériorité dans le fil de l’histoire. Cependant, dans CB2 cette phrase est reprise dans une description qui précède les actions du chat, donc cela évite la nécessité d’employer un temps composé. Il serait aussi pertinent de remarquer qu’une modification se présente quant à la personne qui accomplit l’acte de cacher les habits du marquis. Dans CB2, le chat dit à son maître : « Cachez aussi vos vêtements sous une grosse pierre » (CB2, p.46). Pourquoi ce changement ? Que cela change-t-il pour la compréhension du texte ? Cette action fait du marquis un participant dans les ruses du chat, tandis qu’avant le jeune homme est présenté d’une manière plus passive. C’est tout de même une modification forte qui implique que le fils du meunier est moins innocent qu’auparavant. D’un côté cela évite de complexifier la compréhension du fil de l’histoire, vu que le temps pivot du texte est le présent, il faudrait attendre que l’homme se déshabille pour que le chat puisse prendre les habits et ensuite expliquer pourquoi il les avait pris. De l’autre côté, le changement n’est pas si important si l’on considère le fait que plus tard dans l’histoire le maître du chat accepte les circonstances qui se déroulent devant lui. Je trouve que pour ce niveau, le fait que l’innocence du maître soit « brisée » quelques paragraphes plus hauts est préférable à la complexification du texte en introduisant une explication supplémentaire pour montrer que le chat est celui qui cache les habits, comme dans CB1. Je noterai ici quelques exemples de suppressions concernant le lexique moins courant d’un apprenant de français qui fonctionne avec le niveau A2. Le premier : « Le Roi lui fit mille caresses » (CB1, p.139). « Vous voyez, Sire […] c’est un pré qui ne manque point de rapporter abondamment toutes les années » (CB1, p.239). Ces énoncés ne sont ni l’un, ni l’autre essentiel au fil de l’histoire, donc au lieu d’une réécriture simplifiée concernant les mots : « caresses », « Sire » et « pré » et le sens peu courant 10
  11. 11. du verbe « rapporter », on a choisi de les supprimer tout court. C’est également une manière de raccourcir le texte pour mieux convenir au lecteur de niveau élémentaire. Je me permettrai dans ma nouvelle version du conte d’écrire un texte avec un lexique plus élaboré que celui-ci vu que mon public visé est d’un niveau plus avancé. Comme mentionné ci-dessus, il existe dans la réécriture du conte des modifications d’ordre concernant l’histoire. De même que la disparition des habits est introduite préalablement, le personnage de l’ogre l’est aussi. Avant que le roi et le marquis de Carabas traversent les champs dans le carrosse, il est écrit que c’est « le domaine d’un ogre » (CB2, p.47). Tandis que dans CB1, c’est au moment où ils arrivent au château que le lecteur découvre que le domaine par où les personnages étaient passés appartenait à « un Ogre » (CB1, p.241). Vu que cette information est introduite plus tôt dans le fil de l’histoire, on pourrait avoir l’impression que le chat a déjà connaissance de l’ogre et de ce qu’il sait faire quand il arrive au château, donc le fait de s’informer à son propos serait redondant. Cela pourrait expliquer également la raison pour laquelle les paysans ont si peur du chat et pourquoi ils obéissent à ce qu’il leur ordonne de faire. Vu que c’est la terre de l’ogre et que le chat a connaissance du fait que l’ogre a le pouvoir de se transformer en n’importe quel animal, une conclusion serait que le chat profite de ces connaissances pour se présenter comme l’ogre en forme de félin. Toute trace de la phrase : « Le Chat, qui eut soin de s’informer qui était cet Ogre, et ce qu’il savait faire » (CB1, p.241) est supprimée plus tard dans CB2. Pour soutenir cette théorie de suppression plus haut, il serait intéressant de regarder les pronoms employés quand on mentionne l’ogre à l’arrivée du chat au château. Dans CB1, le pronom indéfini « un » définit l’ogre, donc, il n’y a pas eu de connaissance préalable de l’animal. Tandis que dans CB2, il se trouve que le pronom défini, « le » est présent : « le chat arrive chez l’ogre » (CB2, p.47)13 . Cela voudrait dire que le lecteur a déjà rencontré l’ogre dans l’histoire, comme le chat en a déjà connaissance. En somme, la suppression ici concerne d’une part une redondance créée par une introduction d’information préalable. Mais d’autre part, c’est une manière de préparer le lecteur à la rencontre de l’ogre et le chat et d’éviter une analepse concernant le propriétaire du domaine traversé dans le conte. En effet, il n’y a plus aucune analepse dans CB2 tandis que dans CB1 il y a quatorze emplois du plus-que-parfait. Je me demande dans quel but ces 13 Souligné par Sarah Thomas 11
  12. 12. retours en arrière ont été supprimés. Il est vrai que d’introduire un changement dans le fil temporaire demande une réflexion supplémentaire de la part du lecteur, que ce soit conscient ou inconscient, mais, ne serait-il pas utile de garder au moins un de ces phénomènes pour mieux faire avancer l’apprenant de niveau A2 dans son apprentissage du français ? Surtout que l’usage du plus-que-parfait n’est pas rare à l’oral. Le fait de garder une ou deux analepses pourrait être une manière de familiariser la personne qui lit avec les comportements langagiers courants sans le risque d’un embarras qu’une conversation entre deux locuteurs pourrait éventuellement provoquer. Cette réflexion m’amène à un dilemme pour ma réécriture du conte. Est-ce que je le réécris en restant dans les critères exigés pour les niveaux B1 et B2, ou est-ce que j’écris un texte qui serait plus élaboré afin que le lecteur soit poussé à élargir ses compétences en tant qu’apprenant de français ? 3.1.2. Moralités Maintenant, je ferai un court commentaire sur les modifications concernant la suppression des moralités. Dans CB1 il y a deux moralités, dont une a été conservée mais tout de même simplifiée à la fin de CB2. Dans le CB3 il n’y a point de moralité. MORALITÉ Quelque grand que ce soit l’avantage De jouir d’un riche héritage Venant à nous de père en fils, Aux jeunes gens pour l’ordinaire, L’industrie et le savoir-faire Valent mieux que des biens acquis. AUTRE MORALIÉ Si le fils d’un Meunier, avec tant de vitesse, Gagne le cœur d’une Princesse, Et s’en fait regarder avec des yeux mourants, 12
  13. 13. C’est que l’habit, la mine et la jeunesse, Pour inspirer de la tendresse, N’en sont pas des moyens toujours indifférents.14 MORALITÉ L’intelligence et l’habilité Sont la vraie richesse des jeunes gens.15 En donnant une seule moralité dans le CB2, cela facilite la lecture pour l’apprenant de niveau A2 s’il n’a qu’une chose à déchiffrer. Donc cela ne m’étonne pas qu’une moralité et une partie de l’autre soient supprimées. Il est possible d’apercevoir un côté didactique en préservant la moralité dans CB2, cela permet d’enseigner ce qu’est un conte aux élèves, et ainsi une partie de la culture littéraire française. Cependant, si une moralité à la fin d’un conte est en vérité un aspect culturel, cela m’amène à une question pertinente : pourquoi ne pas garder la moralité dans un livre pour enfants francophones ? J’y ai longuement réfléchi et je suis arrivée à deux conclusions. La première étant que la morale se laissait sous-entendre dans le conte lui-même ou que l’enfant était invité à créer sa propre morale. Donc, c’est aussi une manière de créer une réflexion autonome chez le lecteur qui ne serait pas dérangé par l’influence d’une morale avec laquelle il ne serait pas forcément d’accord. Les autres contes de la même édition pour enfants n’ont pas non plus de moralité à la fin de l’histoire. J’aime l’idée de laisser le lecteur créer sa propre morale, ainsi je l’ai l’intégrée dans ma réécriture du conte. La deuxième conclusion concerne la contradiction entre les moralités qui pourrait créer une confusion pour le lecteur. Quand les moralités sont regardées de plus près, dans CB1, les deux s’opposent. La première présente l’idée que peu importe ce que l’on possède, ce qui compte est l’intelligence, « le savoir-faire ». Tandis que la deuxième sous-entend que les apparences ne « sont pas des moyens toujours indifférents. » Ainsi, ce n’est pas que le savoir-faire du chat qui déclenche la réussite du fils du meunier, c’est aussi le fait que la princesse le trouve beau dans ses nouveaux habits qui amène son succès. Donc, l’opposition entre ces deux moralités crée une complexité supplémentaire pour le lecteur. Dans CB2, ce qui pose problème est que la 14 CB1, p.243 15 CB2, p.49 13
  14. 14. moralité n’est pas en accord avec ce qui se passe dans le conte. Cette fois-ci, c’est écrit que c’est l’intelligence qui est la richesse des jeunes gens. Cependant, ce n’est pas du tout grâce à son habileté que le jeune homme réussit mais grâce aux ruses du chat. Cette contradiction face au texte implique une complexification quant à la lecture. Donc, c’est également une raison pour laquelle j’ai choisi de ne pas intégrer la moralité dans ma version Du Chat botté. 3.2 Phénomènes de lexique Dans cette partie du travail, je dégagerai les changements du lexique, concernant notamment CB1 et CB2. Lorsque cela sera pertinent, je mentionnerai les modifications du lexique dans CB3. Ensuite je ferai un classement qui expliquera les raisons pour lesquelles ces changements ont eu lieu. Je réfléchirai également à la manière dont ces transformations vont influencer ma rédaction du conte pour le public FLE du niveau B1-B2. Table du lexique J’ai choisi de classifier les modifications de lexique que j’ai trouvé pertinentes sous trois catégories : ♦ - Une modification qui n’est pas fidèle au sens du terme employé dans CB1. ♣ - Une modification qui garde le sens de CB1 mais qui crée une nuance supplémentaire. ♠ - Une modification qui concerne seulement une suppression ou un ajout. (La troisième colonne ne fait figurer les modifications que quand elles diffèrent de CB1.) CB1 CB2 CB3 Âne♦ Cheval♦ Se mettant ensemble ♣ Travailler ensemble ♣ Le chat qui entendait♦ Le chat voit♦ Mal partagé♦ Malheureux♦ Croyez ♣ Pensez ♣ Broussailles♦ Campagne♦ Garenne♦ Champ♦ Du son et et des lasserons♦ La bonne herbe♦ Du son et des lacerons♦ Perdrix♦ Oiseaux♦ Tout glorieux de sa proie ♦ Le chat est heureux ♦ M.M.C. m’a chargé de vous M.C. vous donne ce lapin ♣ 14
  15. 15. présenter de sa part ♣ Gibier♦ D’autres animaux♦ Pré ♣ Champ ♣ Monsieur le Marquis de Carabas ♠ Monsieur de Carabas ♠ Un blé ♠ Un champ de blé ♠ Un champ de blé ♠ Lapin de garenne ♠ Lapin ♠ Votre fortune est faite♦ Si vous voulez devenir prince♦ Vous baigner♦ Vous mettre♦ M.C. fait ce que son chat lui conseillait ♣ M.C. fait ce qui lui demande le chat ♣ Sans savoir à quoi cela serait bon♦ Sans comprendre♦ Se noie ♣ [il] ne sait pas très bien nager, il va mourir ♣ Emporté ses habits ♣ Pris les vêtements ♣ D’aller quérir un de ses plus beaux habits ♣ Apportez des vêtements ♣ Relevaient sa bonne mine ♣ Il est très beau ♣ Paysans qui fauchaient un pré ♣ Paysans coupent de l’herbe ♣ Hachés menu comme chair à pâté♦ tués♦ Vous avez là un bel héritage♦ Vous êtes donc très riche ! ♦ On m’a assuré […] que♦ On raconte que♦ Vous transformer en Lion ♣ Devenir un lion ♣ Il gagna aussitôt les gouttières♦ Il se sauve sur le toit♦ Vous changer en un Rat, en une souris ♠ Devenir un plus petit animal, une souris ♠ Courir sur le plancher ♣ Courir par terre ♣ Le Roi charmé des bonnes qualités […] grands biens♦ M.C. est beau, riche et intelligent♦ Mon gendre ♣ Le mari de ma fille ♣ Epousa ♣ Se marient ♣ Ne courut plus après les Il continue à tuer les souris, 15
  16. 16. souris, que pour…♣ mais seulement…♣ Se divertir ♣ S’amuser ♣ Dans certains cas concernant la catégorie que j’ai classée sous le signe : ♦ pour simplifier le lexique on emploie l’hyperonyme du terme utilisé dans CB1 dans CB2. Un exemple de ce phénomène est la transformation de « Perdrix » en « oiseaux ». Cette méthode de simplification fonctionne bien si le terme spécifique n’est pas essentiel au fil de l’histoire. Dans ce cas, je trouve que la modification convient bien au public cible. J’emploie la même méthode de simplification de lexique quand j’écris le conte au niveau B1/B2. Dans cette catégorie, il existe des transformations où le sens du mot dans CB1 n’a pas été respecté dans la reprise dans CB2. Il est possible de l’apercevoir dans le mot « Âne » qui a été transformé en « cheval ». Le mot cheval est plus courant dans un vocabulaire désigné aux étudiants de FLE A2, mais, avec cette modification, les étudiants manquent une occasion d’appréhender un nouveau mot qui ne serait pas difficile à intégrer dans leur vocabulaire. Si l’objectif de ces livres adaptés est en vérité de faciliter la lecture de l’apprenant en le faisant avancer dans son apprentissage de la langue cible, ne devraient-ils pas offrir un moyen d’encourager la formation dans cette nouvelle langue ? Je trouve qu’un lexique qui dépasse légèrement le niveau de l’apprenant serait une bonne façon de le faire. C’est la raison pour laquelle j’essayerai de ne pas changer le lexique si je trouve que ce n’est pas nécessaire. En simplifiant le lexique de CB1 quelques images sont perdues, comme dans le cas de la menace du chat : « vous serez tous hachés menu comme chair à pâté » (CB1, p.239) qui est repris en CB2 comme : « vous serez tous tués !» (CB2, p.47). Avec cette modification une dimension violente assez imagée est supprimée. Je ne la classifierai pas comme de la censure parce qu’en principe les lecteurs de CB2 sont plus âgés que les destinataires de CB3 où la phrase est la même que dans CB1. Donc, c’est plutôt pour faciliter la compréhension du texte. Ceci dit, je trouve que la créativité de l’histoire est un aspect important à garder donc pour ma version du conte je simplifie cette phrase mais en préservant la dimension imagée. La catégorie que j’ai signalée avec le trèfle est liée aux modifications qui gardent le même sens dans son contexte et dans chaque version de l’histoire, mais pour une raison ou une autre transforme le lexique. En voici un exemple : « Mon gendre » et « le 16
  17. 17. mari de ma fille ». Le mari de ma fille est la définition du gendre, cependant, le mot gendre n’est pas très courant dans le milieu FLE A2 et donc, cela nécessite un changement. Ici, cette définition joue le rôle d’une explication didactique, pour mieux équiper l’apprenant pour la lecture. C’est en effet une bonne méthode pour simplifier un texte, mais vu que l’on ne peut pas expliciter chaque mot d’un texte en ajoutant une définition, il faut s’appuyer sur une variation de méthodes de simplification, comme montré dans les exemples auparavant et dans les exemples qui vont suivre. Un autre exemple de ce phénomène concerne le passage où le marquis de Carabas « se noie ». La définition du verbe se trouve dans la phrase de CB2 ainsi : « Monsieur de Carabas ne sait pas très bien nager, il va mourir ». Je trouve que pour cette adaptation dans CB2 on a perdu une occasion de faire connaître le mot « noyer » vu que le verbe pourrait très bien être compris dans le contexte de cette phrase. Il existe dans cette catégorie également des verbes qui ont été simplifiés en les remplaçant par un autre verbe moins rare au niveau A2. Ces verbes sont : « épousa » et « se marient », « se divertir » et « s’amuser », « conseillait » et « demande », « emporté » et « pris », et les derniers : « transformer » et « devenir ». Dans certains cas avec ces verbes, le changement implique une nuance un peu différente, par exemple : « conseillait » et « demande ». Le verbe conseiller présente une suggestion tandis que le verbe demander concerne davantage le rôle du fils du meunier. Ce phénomène est également présent dans les verbes, épouser et se marier. Le rôle de la princesse est plus important vu que ce verbe implique les deux personnages. Est-ce que c’est un choix d’adaptation plus égalitaire pour un lecteur du XXIème siècle ou cela concerne-t-il seulement la simplification en termes d’accessibilité du lexique ? Les deux sont possibles. Voici un autre exemple d’une modification de nuance : « croyez » et « pensez ». Le verbe croire suggère un raisonnement plus fort de la part du jeune homme. Je trouve qu’en simplifiant beaucoup de lexique le conte perd une dimension créative. Par contre c’est une bonne manière de faciliter la lecture des apprenants moins avancés dans leur apprentissage du français ; j’ai employé quelques-unes des mêmes transformations lorsque je trouve que les verbes pourraient être encore simplifiés pour mon public cible. Ainsi, cela ne prolongerait pas le texte plus que nécessaire, comme si j’employais une méthode qui est focalisée sur la simplification à travers les explications. Il serait intéressant de voir quel genre de simplification les élèves préfèrent pour qu’ils soient plus motivés à lire. Mais ce qui est peut-être plus 17
  18. 18. important est de voir quelles simplifications sont plus utiles dans l’apprentissage de l’apprenant. La dernière catégorie marquée par le signe pique ne concerne que les changements de lexique qui opèrent par la suppression ou l’ajout d’un mot. Les trois exemples qui figurent dans ce cas sont : « Monsieur le Marquis de Carabas » et « Monsieur de Carabas », « Lapin de garenne » et « lapin », ensuite, « Un blé » et « un champ de blé ». Les deux premiers exemples dégagent le même phénomène, c’est-à-dire la suppression d’un mot moins courant dans le français quotidien : « Marquis » et « garenne ». Cette modification rend le texte plus accessible pour son public cible s’il ne doit se concentrer que sur l’histoire elle-même et non pas sur le lexique dont il n’a pas connaissance, elle offre un moyen de raccourcir le texte sans perdre l’essentiel du sens. « champ de blé » concerne un ajout par rapport à l’évolution de la langue, il est plus courant au XXIème siècle de parler d’un champ de blé que d’un blé si on veut se référer à un ensemble de cette plante. Donc, ceci est bien adapté au lecteur. Après avoir étudié les modifications de lexique de différentes versions du conte, il se trouve que j’ai employé quelques-uns des mêmes éléments quant à la rédaction de la nouvelle version du Chat botté. Pour le lecteur de niveau B1/B2, je trouve que le vocabulaire ne devrait pas être trop différent de celui de CB1 vu que cela pourrait être une occasion d’avancer dans l’apprentissage de la langue. Quant aux notes de bas de page, elles contribuent à la préservation du sens de la version originale du conte sans que le texte soit trop compliqué. 3.3 Simplifications de la syntaxe À cette étape d’analyse, je tenterai de dégager les simplifications de syntaxe entre CB1 et CB2. Je choisirai quelques éléments de chaque version qui me semblent pertinents pour la rédaction du nouveau conte. Avant de faire ceci, je commenterai la longueur des phrases afin de mieux m’équiper pour l’analyse. Pour les mêmes raisons qu’auparavant, je ne me focaliserai pas sur la syntaxe dans CB3. Mots Phrases Moyenne de mots par phrase CB1 1627 53 31 CB2 1064 89 12 18
  19. 19. Les phrases dans CB2 sont en général plus courtes. Cela ne devrait pas être étonnant, vu que les phrases plus courtes sont considérées moins complexes d’un niveau syntaxique, et donc, cela convient bien aux deux adaptations. Il arrive souvent dans le CB2 que plusieurs phrases fassent référence à une seule dans CB1. En voici un exemple : Le chat voit que son maître est triste. Il lui dit : - N’ayez pas peur ! Donnez-moi seulement un sac et des bottes pour aller dans la campagne ! Vous allez voir que vous ne serez pas si malheureux !16 Dans CB1 la phrase figure ainsi : Le chat qui entendait ce discours, mais qui n’en fit pas semblant, lui dit d’un air posé et sérieux : « Ne vous affligez point, mon maître, vous n’avez qu’à me donner un Sac, et me faire faire une paire de Bottes pour aller dans les broussailles, et vous verrez que vous n’êtes pas si mal partagé que vous croyez. »17 Cet exemple montre très clairement la simplification de la syntaxe. La première citation contient des phrases peu élaborées. La première garde une structure simple qui commence par le sujet, ensuite le verbe, ensuite une subordonnée qui complète l’énoncé. Cette structure est trouvée très souvent à travers tout le texte. En restant proche de la grammaire enseignée aux étudiants de niveau A2, il n’est pas surprenant que sur les 89 phrases 71 commencent par le sujet. Toutefois, les énoncés qui ne commencent pas avec le sujet présentent une bonne occasion d’élargir les compétences de variétés syntaxiques de phrases pour les apprenants de FLE. Dans cet exemple, il y a aussi une suppression de subordonnées qui sont remplacées par la juxtaposition dans la phrase qui introduit le discours direct. Cette juxtaposition distingue mieux les opérations du chat donc rend le texte moins complexe. Pour mon public, j’essayerai de varier encore plus les manières d’introduire les énoncés. Même si le phénomène du sujet comme introducteur fonctionne bien pour CB2, pour un étudiant plus avancé dans son apprentissage du français, cette répétition de la même forme deviendrait vite ennuyante. Donc, afin de rendre la lecture plus stimulante, je me référerai davantage aux introducteurs de phrase dans CB1 qui gère mieux ce phénomène. Par exemple, « Quoique le maître du chat ne fît pas grand fond là- dessus… » (CB1, p.236) et « À peine fut-il couché… » (CB1, p.236) dans CB1 sont repris 16 CB2, p.45 17 CB1, p.235-6 19
  20. 20. dans CB2 par la structure récurrente de la phrase qui commence par le sujet. Il est intéressant de voir que sur les 71 phrases qui commencent par un sujet, le pronom « il » figure 16 fois. Ce fait est la conséquence de la coupure des énoncés. Si le sujet se trouve une seule fois dans une phrase plus longue de CB1, mais que cette phrase a été divisée plusieurs fois au CB2, il est nécessaire de reprendre le sujet suite à une rupture sinon le lecteur ne va pas comprendre le sens et c’est aussi obligatoire d’un point de vue grammatical. Table de ponctuation Point Virgule Point d’exclamation CB1 49 114 2 CB2 57 48 31 Tout d’abord, ce tableau confirme le fait que les phrases dans CB2 sont plus courtes, comme il y a moins de mots mais plus de phrases. La différence entre le nombre de virgules est énorme. Dans beaucoup de cas dans CB1, la phrase nécessite plusieurs virgules pour créer des pauses, vu que l’énoncé est complexe avec plusieurs propositions coordonnées ou juxtaposées. Les virgules sont moins nombreuses dans CB2 parce qu’elles ont été remplacées par des points ou des points d’exclamation. Je trouve que c’est une bonne méthode de simplification, mais si elle est employée trop régulièrement, le texte peut vite devenir ennuyeux à cause de la répétition de la même structure de phrase. Il faut remarquer aussi que toutes les virgules sauf une ont été supprimées devant « et ». Dans CB1 il y a 29 virgules qui se trouve avant le mot « et » et dans CB2, la seule phrase où ce phénomène est gardé est la suivante : « Le plus vieux a le moulin, le second a le cheval, et le chat est pour le plus jeune fils » (CB2, p.45). Cette phrase obéit aux règles concernant la virgule employée dans des listes. En utilisant des phrases plus complexes, cela permet au lecteur d’améliorer ses compétences langagières syntaxiques. Néanmoins, le lecteur doit être capable de suivre le fil de l’histoire sans trop de difficultés si le texte est bien adapté à son niveau. 20
  21. 21. Vue que les phrases sont plus longues dans CB1 que dans CB2 il est important de regarder la structure des phrases, notamment les subordonnées afin de comprendre comment les énoncés sont simplifiés. Je comparerai quelques phrases qui représentent les phénomènes récurrents dans les deux versions du conte. Il y a souvent des phrases avec plusieurs subordonnées relatives dans CB1, en voici un exemple : Le chat qui eut soin de s’informer qui était cet Ogre, et ce qu’il savait faire, demanda à lui parler, disant qu’il n’avait pas voulu passer si près de son Château, sans avoir l’honneur de lui faire la révérence.18 Dans cet exemple le grand nombre de pronoms relatifs indique plusieurs propositions. Cette structure peut être considérée comme complexe vu le nombre de choses qu’il faut retirer de cette phrase. Le même énoncé est repris dans CB2 ainsi : Pendant ce temps, le chat arrive chez l’ogre et lui dit : -Je passe devant votre beau château et je viens vous dire bonjour.19 Dans ce cas l’information est séparée en deux parties, le récit normal et le discours direct, ce qui crée une pause afin que le lecteur puisse mieux intégrer les actions dans la suite des événements de l’histoire. En plus, cela évite que la personne se perde en essayant de comprendre ce qui se passe à quel moment dans la phrase s’il ne doit se focaliser que sur une ou deux actions bien séparées. Cette simplification est plus efficace encore vu que tout est au présent, donc le lecteur n’a qu’un seul fil temporaire à suivre, tandis que dans CB1 le passé simple, l’imparfait et le plus-que-parfait sont tous employés. Il existe aussi une simplification au niveau du discours direct et indirect. Avec l’emploi du discours direct dans CB2, les paroles du chat sont explicitées, donc l’effort de reconstruire mentalement le discours n’est pas obligatoire, ceci est un phénomène récurrent dans le texte de CB2. La scène où les personnages entrent dans le château montre quelques simplifications similaires : Le Marquis donna la main à la jeune Princesse, et suivant le Roi qui montait le premier, ils entrèrent dans une grande Salle où ils trouvèrent une magnifique collation que l’ogre avait fait préparer pour ses amis qui le devaient venir voir ce même jour-là, mais qui n’avaient pas osé entrer, sachant que le Roi y était.20 Ces neuf propositions sont reprises dans deux phrases dans CB2 : Monsieur de Carabas donne la main à la princesse et ils entrent avec le roi dans une 18 CB1, p.241 (souligné par Sarah Thomas) 19 CB2, p.47 20 CB1, p.242 (Souligné par Sarah Thomas) 21
  22. 22. grande salle. Ils font un repas délicieux.21 Il y a ici une simplification de syntaxe grâce à une suppression, toutefois il existe d’autres phénomènes qui y contribuent. Dans le CB2 il n’y a pas de pronoms relatifs, ce qui implique qu’il n’y a pas autant d’actions à suivre. Cependant, la proposition coordonnée introduite par « et » permet une relation entre la suite d’événements. En ayant moins de subordonnées, le lecteur moins avancé dans son apprentissage du français est capable d’associer mieux les actions qui composent l’histoire. Ceci dit, pour un lecteur au niveau B1/B2 je trouve que c’est une très bonne idée de garder les énoncés avec plusieurs subordonnées parce que c’est un bon moyen de le faire avancer dans son apprentissage de la langue. Cela oblige la personne à élargir ses capacités langagières et encourage l’acquisition de nouvelles structures syntaxiques qu’elle n’a pas nécessairement apprises dans le contexte d’une classe. C’est la raison pour laquelle j’intègre dans ma version du conte des phrases avec plusieurs propositions et des pronoms relatifs. 4. Le Chat botté – Nouvelle adaptation pour apprenants de FLE entre niveaux B1 et B2 En gardant tous les commentaires des adaptations en tête, voici une nouvelle version du conte, Le Chat botté : Un meunier22 ne laissa à ses trois enfants que son moulin, son âne et son chat. L’aîné eut le moulin, le second eut l’âne, et le plus jeune n’eut que le chat. Le troisième était triste d’avoir reçu si peu : « Mes frères, disait-il, pourront gagner leur vie honnêtement en se mettant ensemble ; moi, lorsque j’aurai mangé mon chat, et que j’aurai fait un manchon23 de sa peau, il faudra que je meure de faim. » Le chat, qui entendit ce discours, lui dit d’un air sérieux : « Ne vous désespérez pas, mon maître, vous n’avez qu’à me donner un sac, et me faire faire une paire de bottes pour aller dans la compagne, et vous verrez que vous avez plus de chance que vous croyez. » Bien que le maître du chat n’eût pas beaucoup d’espoir, il avait vu le chat 21 CB2, p.49 22 Personne qui exploite un moulin à blé, qui fabrique de la farine. 23 Rouleau de fourrure, dans lequel on met les mains pour les préserver du froid. 22
  23. 23. faire tant de tours de souplesse24 pour prendre les rats et les souris, comme quand il se pendait par les pieds, ou qu’il se cachait dans la farine pour faire semblant d’être mort, qu’il ne désespéra pas d’en être secouru dans sa misère25 . Lorsque le chat eut ce qu’il avait demandé, il se botta élégamment, et mettant son sac à son cou, s’en alla dans un champ où il y avait beaucoup de lapins. Il mit de la bonne herbe dans son sac, et se coucha par terre comme s’il était mort. Il attendit qu’un jeune lapin vînt se fourrer26 dans son sac. Dès qu’un lapin y entra, le chat tira les cordons et le tua sans pitié. Tout glorieux de sa victoire, il s’en alla chez le roi et demanda à lui parler. On le fit monter devant sa majesté, où étant entré il fit un grand compliment au roi, et lui dit : « Voilà, un lapin que monsieur le marquis27 de Carabas (c’était le nom qu’il avait choisi de donner à son maître) m’a demandé de vous présenter de sa part. – Dis à ton maître, répondit le roi, que je le remercie, et qu’il me fait plaisir. » Une autre fois, il alla se cacher dans un champ de blé, tenant toujours son sac ouvert ; et lorsque deux oiseaux y furent entrés, il tira les cordons, et les prit tous deux. Il alla ensuite les présenter au roi, comme il avait fait avec le lapin. Le roi reçut encore avec plaisir les deux oiseaux, et lui fit donner une récompense. Le chat continua ainsi pendant deux ou trois mois à porter de temps en temps au roi ce qu’il avait attrapé à la chasse. Un jour qu’il sut que le roi devait aller se promener au bord de la rivière avec sa fille, la plus belle princesse du monde, il dit à son maître : « Si vous voulez suivre mon conseil, votre fortune est faite : vous n’avez qu’à vous baigner dans la rivière où je vous montrerai, et ensuite me laisser faire. » Le marquis de Carabas fit ce que son chat lui avait conseillé, sans bien comprendre pourquoi il le faisait. Pendant qu’il se baignait, le roi passa près de la rivière, et le chat se mit à crier de toute sa force : « Au secours ! Au secours ! Voilà monsieur le marquis de Carabas qui se noie ! » À ce cri le roi mit la tête à la fenêtre du carrosse. Il ordonna à ses gardes qu’on allât vite au secours de 24 Se comporter avec flexibilité et vitesse 25 Tristesse 26 Le lapin entre dans son sac 27 Titre de noblesse 23
  24. 24. monsieur le marquis de Carabas, parce qu’il avait reconnu le chat qui lui avait rendu visite tant de fois. Alors qu’on retirait le pauvre marquis de la rivière, le chat s’approcha du carrosse du roi. Il lui dit que lorsque son maître se baignait, les voleurs étaient venus qui avaient pris ses habits, même s’il avait crié « au voleur ! » de toute sa force (le chat les avait cachés sous une grosse pierre). Le roi ordonna aussitôt aux officiers de sa garde-robe d’aller chercher un de ses plus beaux habits pour monsieur le marquis de Carabas. Le roi lui fit beaucoup de compliments, et comme les beaux habits qu’on venait de lui donner relevaient sa bonne figure (car il était beau et bien fait de sa personne), la fille du roi le trouva très agréable. Le marquis de Carabas la regarda d’un air si tendre qu’elle en devint amoureuse à la folie. Le roi l’invita à monter dans son carrosse pour les accompagner à la promenade. Le chat, heureux de voir que son plan commençait à se mettre en place, alla en avant, et ayant rencontré des paysans qui cultivaient28 un champ, il leur dit : « Bonnes gens qui travaillez, si vous ne dites au roi que ce champ appartient à monsieur le marquis de Carabas, je vous couperai la tête !» Le roi demanda aussitôt aux paysans à qui appartenait cette terre. « C’est à monsieur le marquis de Carabas », dirent-ils tous ensemble, car la menace du chat leur avait fait peur. « Vous possédez beaucoup de propriétés29 », dit le roi au marquis de Carabas. Le chat, qui allait toujours devant, rencontra des fermiers, et leur dit : « Bonnes gens qui cultivez, si vous ne dites que toute cette terre appartient à monsieur le marquis de Carabas, je vous couperai la tête ! » Le roi, qui passa un moment après, voulut savoir à qui appartenait toute cette terre qu’il voyait. « C’est à monsieur le marquis de Carabas », répondirent les fermiers, et le roi exprima sa joie encore au marquis. Le chat, qui allait devant le carrosse, disait toujours la même chose à tous ceux qu’il rencontrait et le roi était étonné des grands biens de monsieur le marquis de Carabas. Le chat arriva enfin dans un beau château dont le maître était un ogre, le plus riche qu’on eût jamais vu, car tous les terrains par où le roi avait passé appartenaient à ce château. Le chat qui s’informa de qui était cet ogre et de ce qu’il savait faire, demanda à lui parler, disant qu’il n’avait pas voulu passer si près de son château sans lui donner 28 Travailler la terre pour la faire produire. 29 Terrains qui vous appartiennent 24
  25. 25. ses compliments. L’ogre le reçut aussi bien que le peut un ogre. « On m’a assuré, dit le chat, que vous aviez le don de vous changer en toute sorte d’animaux, que vous pouviez par exemple vous transformer en lion, en éléphant ? – Cela est vrai, répondit l’ogre brusquement, et pour vous le montrer, vous allez me voir devenir lion. » Le chat fut si effrayé de voir un lion devant lui, qu’il s’enfuit aussitôt sur le toit, où il avait de la peine à marcher à cause de ses bottes. Quelque temps après, ayant vu que l’ogre n’avais plus la forme d’un lion, le chat descendit et dit qu’il avait eu bien peur. « On m’a assuré encore, dit le chat, mais je ne sais pas si je le crois, que vous avez aussi le pouvoir de prendre la forme des plus petits animaux, par exemple, de vous transformer en rat ou en souris ; cela me semble tout à fait impossible. – Impossible ? Répondit l’ogre, vous allez voir », et au moment où il se transforma en souris, le chat lui sauta dessus et le mangea. Le roi, qui vit en passant le beau château de l’ogre, voulut y entrer. Le chat, qui entendit le bruit du carrosse qui s’approchait, courut pour rencontrer le roi, et lui dit : « votre majesté soit la bienvenue dans le château de monsieur le marquis de Carabas. – Comment, Monsieur le Marquis, s’écria le Roi, ce château est encore à vous ! » Le marquis donna la main à la jeune princesse et ils entrèrent dans une immense salle avec le roi, où ils trouvèrent un grand festin. C’était le repas que l’ogre avait fait préparer pour ses amis qui devaient venir le voir ce jour-là, mais qui n’avaient pas osé entrer vu que le roi s’y trouvait. Le roi et la princesse étaient heureux de voir les bonnes qualités de monsieur le marquis de Carabas. Après avoir bu cinq ou six verres de vin le roi lui demanda : « Accepteriez-vous de devenir l’époux de ma fille ? » parce qu’il avait vu les grands biens que le marquis possédait. L’homme accepta l’honneur que le roi lui faisait. Le même jour, il se maria avec la princesse. Le chat devint grand seigneur, et ne courut plus après les souris que pour s’amuser. FIN 5. Commentaire sur la nouvelle adaptation Pour la réécriture du conte, désormais CB4, je voulais rester fidèle à l’histoire de CB1 vue que c’est la version qui représente l’œuvre originale de Perrault. En effet, en 25
  26. 26. écrivant la nouvelle version du conte, la version CB1 était constamment sous mes yeux. Dans cette partie du travail, je commenterai quelques aspects de simplification que j’ai intégrés quant à la rédaction du conte grâce à la réflexion sur CB1 et CB2. Je n’avais pas pour but de raccourcir le texte, je trouve que la longueur du conte convient au niveau B1/B2 parce que selon le CECR un apprenant dans cette étape de son apprentissage devrait être capable de comprendre les textes littéraires contemporains30 et ce conte étant une œuvre relativement courte par rapport à d’autres textes littéraires ne devrait pas poser de problème en termes de longueur. Ceci dit, ma réécriture compte mille quatre cent dix-huit mots (les notes de bas de pages exclues), environ deux cents mots de moins que CB1. Les suppressions que j’ai faites servent à éviter un vocabulaire moins accessible pour l’apprenant de niveau B1/B2 et donc pour rendre le texte plus fluide et pour que le lecteur ne se décourage pas en cherchant des définitions de mots. Ce phénomène se présente au début du conte où j’ai supprimé les phrases : « Les partages furent bientôt faits, ni le Notaire, ni le Procureur n’y furent point appelés. Ils auraient eu bientôt mangé tout le pauvre patrimoine. » Les autres suppressions que j’ai effectuées concernent également le lexique. J’ai choisi d’enlever les mots qui ne sont pas essentiels à l’histoire et qui pourraient éventuellement créer une complexité pour le lecteur, par exemple j’ai changé « le maître chat » en « le chat » et le « Lapin de Garenne » en « lapin ». Pour les modifications de lexique, je voulais rester le plus proche possible du sens de CB1. Quand je trouvais que le vocabulaire nécessitait une simplification, j’essayais de trouver un moyen de le faire avec des mots plus fréquents en gardant le sens du mot en contexte dans CB1. Voici quelques exemples de ces modifications : CB1 CB4 Broussailles Campagne Du son et des lasserons De la bonne herbe 30 DELF-DALF, http://www.delfdalf.fr/niveau-b2-du-cecr-cadre-europeen-commun-de- reference-pour-les-langues.html, dernière consultation 06.06.2016 26
  27. 27. Perdrix Oiseaux Gibier de la chasse de son Maître Ce qu’il avait attrapé à la chasse Vous serez tous haché menu comme chair à pâté Je vous couperai la tête Une magnifique collation Un grand festin Ces exemples montrent une simplification de lexique quand ils sont comparés l’un avec l’autre. Le mot « campagne » garde l’idée du chat qui va partir dans la nature pour tuer sa proie et évite la possibilité que le lecteur soit retenu dans sa compréhension du texte avec l’effort de trouver la définition du mot « broussailles ». Ceci est vrai encore pour les autres exemples. La « bonne herbe » garde l’image essentielle dans le contexte, comme le fait, « oiseaux » et « grand festin ». Le mot « gibier » moins courant dans un vocabulaire de niveau B1/B2 est sous-entendu dans la phrase : « ce qu’il avait attrapé à la chasse ». En gardant le terme « chasse », le lecteur peut créer lui-même l’hypothèse de ce que le chat apporte au roi sans devoir comprendre ce qui est le « gibier ». Comme je l’ai dit plus haut dans l’analyse du lexique entre CB1 et CB2, je voulais garder la connotation violente et imagée dans la modification de la menace du chat : « Vous serez tous hachés menu comme chair à pâté » parce que ceci renforce la proximité du sens entre CB1 et CB4. Donc, le fait dire que le chat couperait la tête aux paysans s’ils ne lui obéissent pas garde l’intensité de l’énoncé de CB1 en simplifiant le lexique et ainsi ceci rend le texte plus approprié au public cible. Dans certains cas, quand je n’ai pas trouvé de simplification du terme qui me convenait, j’ai décidé que le meilleur moyen d’aider le lecteur était de mettre les explications en note de bas de page. J’ai fait ainsi pour les termes suivants : « meunier », « souplesse », « misère », « fourrer » et « marquis ». Cet usage de notes de bas de page permet au lecteur d’élargir ses capacités langagières d’une façon peu exigeante, ce qui est une bonne chose. Il m’est arrivé d’expliquer quelques termes que j’avais changés pour le CB4, par exemple : « paysans qui cultivaient » et « possédez beaucoup de propriétés ». Ces explications ont pour but de rendre la lecture plus fluide et d’enseigner de nouveaux mots au lecteur comme toutes les autres notes. En regardant les modifications de syntaxe, il est important de noter d’abord que CB4 compte mille quatre cent dix-huit mots et cinquante-six phrases, ce qui donne une 27
  28. 28. moyenne de vingt-cinq mots par phrase, six mots de moins que la moyenne de CB1. Réduire la longueur des phrases est une façon qui permet aux événements qui se suivent dans le conte d’être séparés plus clairement, ce qui évite les ambiguïtés qui peuvent parfois intervenir dans les phrases complexes avec plusieurs subordonnées. Un exemple de cette simplification vient à la fin du conte : Le Marquis donna la main à la jeune Princesse, et suivant le Roi qui montait le premier, ils entrèrent dans une grande Salle où ils trouvèrent une magnifique collation que l’ogre avait fait préparer pour ses amis qui le devaient venir voir ce même jour-là, mais qui n’avaient pas osé entrer, sachant que le Roi y était.31 Le marquis donna la main à la jeune princesse et ils entrèrent dans une immense salle avec le roi, où ils trouvèrent un grand festin. C’était le repas que l’ogre avait fait préparer pour ses amis qui devaient venir ce jour-là, mais qui n’avaient pas osé entrer vu que le roi s’y trouvait.32 Cette séparation en deux phrases crée une distinction plus claire entre l’entrée des personnages dans le château et la raison pour laquelle les amis de l’ogre ne s’y trouvent pas. De même, la suppression de la subordonnée relative : « qui montait en premier », qui est remplacée par une proposition coordonnée introduite par « et » enlève une dimension de complexité où le lecteur n’est plus obligé de comprendre les spécificités de l’ordre de l’entrée dans le château des personnages. Ceci dit, il n’y a pas beaucoup d’autres exemples comme celui-ci dans CB4 parce que je ne voulais pas modifier énormément la syntaxe. Même si les phrases sont longues, elles ne sont pas toujours difficiles à comprendre. Si j’ai choisi de conserver une structure de phrase plus complexe, c’est pour que le lecteur ait accès à une variété de langue qui peut lui apprendre quelque chose de nouveau dans son apprentissage et si j’avais simplifié davantage la syntaxe, mon objectif pour le lecteur n’aurait pas été atteint. Retour sur le questionnaire Comme je l’ai indiqué au début du travail, je voulais réécrire une histoire populaire pour voir si les textes simplifiés pour les apprenants de FLE pouvaient stimuler une 31 CB1, p.242 32 CB4 28
  29. 29. envie supplémentaire de lire. Et ultérieurement, si ces adaptations pouvaient créer une impulsion à découvrir de nouveaux textes qu’ils soient simplifiés ou non-simplifiés. J’ai donc distribué le nouveau conte aux étudiants de l’université de Lausanne, dans l’école de français langue étrangère, qui terminent la première année du diplôme FLE, avec un questionnaire33 auquel ils pouvaient répondre. J’ai commencé par quelques questions générales sur les perceptions de la lecture, soit en français, soit une autre langue. Les réponses que j’ai reçues indiquaient que la lecture avait une connotation positive et que les gens avaient du plaisir à lire, que ce soit des romans, des contes ou des articles, simplifiés ou non-simplifiés. Une chose qui me semble intéressante est que même si les étudiants lisaient des œuvres simplifiées, ils disaient qu’ils préféreraient lire une version originale d’un livre écrit en français. Alors, ceci m’amène à une réflexion : est-il vraiment nécessaire d’adapter les textes pour ce public ? D’après mon expérience, je dirais qu’il existe encore un besoin. Toutefois, cette réflexion diffère entre les types de textes que l’on trouve dans le milieu francophone. Si un conte ne nécessite pas une simplification pour le niveau B1/B2 cela ne veut pas dire qu’un roman de mille pages ne profiterait pas d’une simplification. Ceci dit, il faut prendre en compte le type de simplification. Un texte court peut très bien avoir un besoin d’être simplifié par rapport à la langue. Alors, en fonction de la longueur de texte, je conclus que pour un apprenant de niveau B1 une œuvre considérée comme longue nécessite d’abord une abréviation et ensuite, selon la complexité au niveau du lexique et la syntaxe, une simplification de langue. Tandis que pour une œuvre courte, elle nécessite une simplification seulement si la langue est complexe. Pour le retour sur le conte lui-même, la réaction était assez positive. Il n’y a pas eu de grandes incompréhensions grâce aux notes de bas de page. L’emploi du passé simple ne freine pas la lecture non plus, même si les élèves n’ont pas beaucoup de contact avec ce temps verbal, ils arrivent à le comprendre dans le contexte. Ce qui est le plus important est que toutes les personnes ont affirmé qu’ils avaient élargi leur vocabulaire en lisant ce conte et la plupart d’entre elles sont motivées à lire d’autres textes simplifiés. Cependant, je me demande si l’adaptation était trop facile pour ce 33 Une copie du questionnaire se trouve en annexe 29
  30. 30. public, vu que les élèves ne trouvaient aucun endroit où il pourrait encore être simplifié. Il serait intéressant de voir la réaction qu’un groupe de niveau A2 aurait face à la même simplification du conte. 6. Conclusion Pour la rédaction de CB4, l’analyse des premiers contes était très utile. Cela m’a permis de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il y a plusieurs façons de simplifier un texte et m’a donné les outils afin de faire ceci pour un public spécifique. Pour le lecteur de niveau B1/B2, j’ai trouvé pertinent de simplifier, en termes des suppressions, du lexique et de la syntaxe. Cependant, dans CB4 c’est les modifications du vocabulaire qui me semblaient le plus importantes pour la compréhension du texte et donc qui avaient plus d’ampleur que les changements de syntaxe et les suppressions. Cependant, les étudiants peuvent avoir tendance à trop se focaliser sur le lexique donc, ils pourraient croire que s’ils comprennent tous les mots, alors ils ont compris le texte, ce qui n’est pas toujours le cas si la syntaxe est complexe. Pour voir si les élèves ont bien intégré le sens global du texte il faudrait leur faire faire un test de compréhension. Il est aussi vrai que même si un mot est inconnu, il peut être compris dans le contexte, donc il ne faut pas croire que juste parce qu’un mot nous est étrange qu’il n’est pas compréhensible. En général, le conte a été bien reçu par les élèves sans difficulté de lecture, toutefois les résultats du questionnaire auraient été plus intéressants si j’avais obtenu plus de cinq réponses. Cela aurait aussi permis une réflexion plus élaborée que celle que je peux donner maintenant. Malgré tout, cette étude m’a donné l’occasion d’ouvrir une nouvelle voie dans ma pensée concernant les raisons et objectifs pour les simplifications des textes pour les apprenants d’une langue étrangère. Je trouve que c’est une bonne manière de faire entrer un étudiant dans la lecture sans qu’il se sente trop découragé. Après avoir simplifié un conte, une œuvre relativement courte, je peux dire qu’il me semble plus pertinent de simplifier ce genre de textes en fonction de la langue et les 30
  31. 31. œuvres plus longues en fonction de la langue et de la lecture pour le public du niveau B1/B2. Je trouve qu’il pourrait être utile pour un étudiant de lire les textes non- simplifiés et peut-être plus complexes en contexte de classe où il a le soutien de l’enseignant, ainsi il commence à se familiariser avec les phénomènes de l’écrit qu’il ne connaît pas. Les textes simplifiés sont plus appropriés pour la lecture en autonomie que ce soit par obligation ou pour le plaisir. Pour aller plus loin dans cette étude il serait intéressant de voir si les œuvres simplifiées pour le public FLE du même niveau sont toutes simplifiées de la même manière, y aurait-t-il des aspects qui sont plus pertinents que d’autres, comme pour moi le lexique posait la plus grande complexité. Une autre réflexion pourrait porter sur les simplifications des textes destinées aux apprenants de français qui ont la même langue maternelle, par exemple l’italien. Serait-il plus facile de simplifier un texte si on connaît la langue maternelle du lecteur ? Cela changerait-il la façon dont on modifie la version originale d’une œuvre ? Quels aspects seraient plus pertinents ? Le lexique d’un texte en français va poser moins de problèmes à un locuteur italophone qu’à un locuteur russophone, par exemple, vu que l’italien et le français sont les deux les langues latines. En somme, lorsqu’un texte est simplifié il faut toujours garder en tête le destinateur ainsi que ses connaissances culturelles afin que l’essentiel puisse être mieux adapté à ses intérêts. 31
  32. 32. 7. BIBLIOGRAPHIE CECR, « Apprentissage des langues et citoyenneté européenne », http://www.portail- du-fle.info/glossaire/Cadreeuropeenapprendreenseignerevaluer196p.pdf, dernière consultation, 29.03.2016 DELF-DALF,http://www.delfdalf.fr/niveau-b2-du-cecr-cadre-europeen-commun-de- reference-pour-les-langues.html, dernière consultation 06.06.2016 http://editionsdidier.com/files/media_file_8416.pdf, dernière consultation 10.06.2016 ESCARPIT, Denise, Histoire d’un conte. « Le Chat botté » en France et en Angleterre, Didier Erudition, 1985 (2 vol). ESCOLA, Marc, Contes de Charles Perrault, Paris, édition Gallimard, 2005. JEANNERET, Thérèse, « Une approche linguistique de la simplicité du texte », Langage et pratiques 31, 2003, pp. 22-35. LAROUSSE, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/appartement/4651, dernière consultation 03.06.2016 MAGNARD JEUNESSE, Le Chat botté, illustré par Céline Puthier. MARIN, Louis, « Puss in Boots : Power of Signs – Signs of Power », Diacritics, 1977, p.54-63. Repris dans L. Marin, Politiques de la réprésentation, Kimé, coll. « collège internationale de philosophe », 2005. MESNAGER, Jean, « Pour une étude de la difficulté des textes. La lisibilité revisitée », Le Français aujourd’hui 137, 2002, pp. 29-40. PERRAULT, Charles, Contes, « Le chat botté », p.45, Paris, 2003, Adaptation de Norbert Adeline, Lecture facile. PERRAULT, Charles, Contes, « Le Maître chat ou Le Chat botté », p.229, Paris, 2006, édition de poche 21026. http://www4.ac-nancy-metz.fr/ctf57/IMG/pdf_Niveau_A2_- _competences_et_descripteurs.pdf, dernière consultation 10.06.2016 VALDERRAMA, Isabel, « La simplification : un rapprochement linguistique et culturel », 32
  33. 33. Le français dans le monde 312, 2000, pp.29-32. 8. ANNEXES Compréhension écrite A2 http://www4.ac-nancy-metz.fr/ctf57/IMG/pdf_Niveau_A2_- _competences_et_descripteurs.pdf Compréhension écrite B1 33
  34. 34. http://editionsdidier.com/files/media_file_8416.pdf Compréhension écrite B2 Compréhension générale de l'écrit Peut lire avec un grand degré d’autonomie en adaptant le mode et la rapidité de lecture à différents textes et objectifs et en utilisant les références convenables de manière sélective. Possède un vocabulaire de lecture large et actif mais pourra avoir des difficultés avec des expressions peu fréquentes. Comprendre la correspondance Peut lire une correspondance courante dans son domaine et saisir l’essentiel du sens. Lire pour s'orienter Peut parcourir rapidement un texte long et complexe et en relever les points pertinents. Peut identifier rapidement le contenu et la pertinence d’une information, d’un article ou d’un reportage dans une gamme étendue de sujets professionnels afin de décider si une étude plus approfondie vaut la peine. Lire pour s'informer et discuter Peut obtenir renseignements, idées et opinions de sources hautement spécialisées dans son domaine. Peut comprendre des articles spécialisés hors de son domaine à condition de se référer à un dictionnaire de temps en temps pour vérifier la compréhension. Peut comprendre des articles et des rapports sur des problèmes contemporains et dans lesquels les auteurs adoptent une position ou un point de vue particuliers. Lire des instructions Peut comprendre des instructions longues et complexes dans son domaine, y compris le détail des conditions et des mises en garde, à condition de pouvoir en relire les passages difficiles. http://www.delfdalf.fr/niveau-b2-du-cecr-cadre-europeen-commun-de-reference- pour-les-langues.html 34
  35. 35. QUESTIONNAIRE - Le Chat botté Questions générales 1. Aimez-vous lire en français ou dans une autre langue ? 2. Que lisez-vous le plus souvent en français ? 3. Pourquoi lisez-vous en français ? a. Cela vous apporte-t-il quelque chose dans votre apprentissage du français ? 4. Avez-vous déjà lu un roman en français ? a. Simplifié ou non simplifié 5. Savez-vous qu’il existe des œuvres simplifiées de textes littéraires ? a. En avez-vous déjà lu, en cours ou en dehors des cours ? 6. Préfèreriez-vous lire une version simplifiée ou une version originale d’un livre en français ? 7. Avez-vous lu d’autres contes, soit en français, soit dans d’autres langues ? . 35
  36. 36. Questions sur le texte 8. Quels sont les personnages principaux ? 9. Les notes de bas de page vous ont-elles été utiles ? 10. Selon vous, quelle est la moralité de l’histoire ? 11. Quels sont les mots que vous n’avez pas compris ? 12. Selon vos compétences de lecture, le texte était-il facile à comprendre ? 13. Est-ce que c’est la première fois que vous rencontrez le passé simple ? 14. Aviez-vous déjà rencontré le passé simple avant de commencer les cours à l’UNIL ? 15. Est-ce que le passé simple gêne la lecture du conte ou arrivez-vous à le comprendre dans le contexte ? 16. Comment le texte pourrait-il être encore simplifié ? (Si vous pensez que c’est nécessaire.) 17. Avez-vous élargi votre vocabulaire en lisant ce conte ? 18. Ce conte vous donne-t-il envie de lire d’autres textes simplifiés ? 19. Avez-vous d’autres commentaires sur le texte ? a. Oui/Non b. Si oui, quels sont ces commentaires ? 36
  37. 37. CB1 : Le Chat botté ou le Maître Chat Un Meunier ne laissa pour tous biens à trois enfants qu'il avait, que son Moulin, son Âne, et son Chat. Les partages furent bientôt faits, ni le Notaire, ni le Procureur n'y furent point appelés. Ils auraient eu bientôt mangé tout le pauvre patrimoine. L'aîné eut le Moulin, le second eut l'Âne, et le plus jeune n'eut que le Chat. Ce dernier ne pouvait se consoler d'avoir un si pauvre lot : « Mes frères, disait-il, pourront gagner leur vie honnêtement en se mettant ensemble ; pour moi, lorsque j'aurai mangé mon chat, et que je me serai fait un manchon de sa peau, il faudra que je meure de faim. » Le Chat qui entendait ce discours, mais qui n'en fit pas semblant, lui dit d'un air posé et sérieux : « Ne vous affligez point, mon maître, vous n'avez qu'à me donner un Sac, et me faire faire une paire de Bottes pour aller dans les broussailles, et vous verrez que vous n'êtes pas si mal partagé que vous croyez. » Quoique le Maître du chat ne fît pas grand fond là-dessus, il lui avait vu faire tant de tours de souplesse, pour prendre des Rats et des Souris, comme quand il se pendait par les pieds, ou qu'il se cachait dans la farine pour faire le mort, qu'il ne désespéra pas d'en être secouru dans sa misère. Lorsque le chat eut ce qu'il avait demandé, il se botta bravement, et mettant son sac à son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et s'étendant comme s'il eût été mort, il attendit que quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vînt se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis. À peine fut-il couché, qu'il eut contentement ; un jeune étourdi de lapin entra dans son sac, et le maître chat tirant aussitôt les cordons le prit et le tua sans miséricorde. Tout glorieux de sa proie, il s'en alla chez le Roi et demanda à lui parler. On le fit monter à l'Appartement de sa Majesté, où étant entré il fit une grande révérence au Roi, et lui dit : « Voilà, Sire, un Lapin de garenne que Monsieur le Marquis de Carabas (c'était le nom qu'il lui prit en gré de donner à son Maître), m'a chargé de vous présenter de sa part. - Dis à ton Maître, répondit le Roi, que je le remercie, et qu'il me fait plaisir. » Une autre fois, il alla se cacher dans un blé, tenant toujours son sac ouvert ; et lorsque deux Perdrix y furent entrées, il tira les cordons, et les prit toutes deux. Il alla ensuite les présenter au Roi, comme il avait fait le Lapin de garenne. Le Roi reçut encore avec plaisir les deux Perdrix, et lui fit donner pour boire. Le chat continua ainsi pendant deux où trois mois à porter de temps en temps au Roi du Gibier de la chasse de son Maître. Un jour qu'il sut que le Roi devait aller à la promenade sur le bord de la rivière avec sa fille, la plus belle Princesse du monde, il dit à son Maître : « Si vous voulez suivre mon conseil, votre fortune est faite : vous n'avez qu'à vous baigner dans la rivière à l'endroit que je vous montrerai, et ensuite me laisser faire. » Le Marquis de Carabas fit ce que son chat lui conseillait, sans savoir à quoi cela serait bon. Dans le temps qu'il se baignait, le Roi vint à passer et le Chat se mit à crier de toute sa force : « Au secours, au secours, voilà Monsieur le Marquis de Carabas qui se noie ! » À ce cri le Roi mit la tête à la portière, et reconnaissant le Chat qui lui avait apporté tant de fois du Gibier, il ordonna à ses Gardes qu'on allât vite au secours de Monsieur le Marquis de Carabas. Pendant qu'on retirait le pauvre Marquis de la rivière, le Chat s'approcha du Carrosse, et dit au Roi que dans le temps que son Maître se baignait, il était venu des Voleurs qui avaient emporté ses habits, quoiqu'il eût crié au voleur de toute sa force ; le drôle les avait cachés sous une grosse pierre. Le Roi ordonna aussitôt aux Officiers de sa Garde-robe d'aller quérir un de ses plus beaux habits pour Monsieur le Marquis de Carabas. Le Roi lui fit mille caresses, et comme les beaux habits qu'on venait de lui donner relevaient sa bonne mine (car il était beau, et bien fait de sa 37
  38. 38. personne), la fille du Roi le trouva fort à son gré et le Comte de Carabas ne lui eut pas jeté deux ou trois regards fort respectueux, et un peu tendres, qu'elle en devint amoureuse à la folie. Le Roi voulut qu'il montât dans son Carrosse, et qu'il fût de la promenade. Le Chat ravi de voir que son dessein commençait à réussir, prit les devants, et ayant rencontré des Paysans qui fauchaient un Pré, il leur dit : « Bonnes gens qui fauchez, si vous ne dites au Roi que le pré que vous fauchez appartient à Monsieur le Marquis de carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté. » Le Roi ne manqua pas à demander aux Faucheux à qui était ce Pré qu'ils fauchaient. C'est à Monsieur le Marquis de Carabas, dirent-ils tous ensemble car la menace du Chat leur avait fait peur. « Vous avez là un bel héritage, dit le Roi au Marquis de Carabas. - Vous voyez, Sire, répondit le Marquis, c'est un pré qui ne manque point de rapporter abondamment toutes les années. » Le maître Chat, qui allait toujours devant, rencontra des Moissonneurs, et leur dit : « Bonnes gens qui moissonnez, si vous ne dites que tous ces blés appartiennent à Monsieur le Marquis de carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté. » Le Roi, qui passa un moment après, voulut savoir à qui appartenaient tous les blés qu'il voyait. « C'est à Monsieur le Marquis de Carabas », répondirent les Moissonneurs, et le Roi s'en réjouit encore avec le Marquis. Le Chat, qui allait devant le Carrosse, disait toujours la même chose à tous ceux qu'il rencontrait ; et le Roi était étonné des grands biens de Monsieur le Marquis de Carabas. Le maître Chat arriva enfin dans un beau Château dont le Maître était un Ogre, le plus riche qu'on ait jamais vu, car toutes les terres par où le Roi avait passé étaient de la dépendance de ce Château. Le Chat, qui eut soin de s'informer qui était cet Ogre, et ce qu'il savait faire, demanda à lui parler disant qu'il n'avait pas voulu passer si près de son Château, sans avoir l'honneur de lui faire la révérence. L'Ogre le reçut aussi civilement que le peut un Ogre, et le fit reposer. « On m'a assuré, dit le Chat, que vous aviez le don de vous changer en toute sorte d'Animaux, que vous pouviez par exemple, vous transformer en Lion, en Éléphant ? - Cela est vrai, répondit l'Ogre brusquement, et pour vous le montrer, vous m'allez voir devenir Lion. » Le Chat fut si effrayé de voir un Lion devant lui, qu'il gagna aussitôt les gouttières, non sans peine et sans péril, à cause de ses bottes qui ne valaient rien pour marcher sur les tuiles. Quelque temps après, le Chat, ayant vu que l'Ogre avait quitté sa première forme, descendit, et avoua qu'il avait eu bien peur. « On m'a assuré encore, dit le Chat, mais je ne saurais le croire, que vous aviez aussi le pouvoir de prendre la forme des plus petits Animaux, par exemple, de vous changer en un Rat, en une Souris ; je vous avoue que je tiens cela tout à fait impossible. - Impossible ? reprit l'Ogre, vous allez voir », et en même temps il se changea en une Souris, qui se mit à courir sur le plancher. Le Chat ne l'eut pas plus tôt aperçue qu'il se jeta dessus, et la mangea. Cependant le Roi, qui vit en passant le beau Château de l'Ogre, voulut entrer dedans. Le Chat, qui entendit le bruit du Carrosse qui passait sur le pont-levis, courut au- devant, et dit au Roi : « Votre Majesté soit la bienvenue dans ce Château de Monsieur le Marquis de Carabas. - Comment, Monsieur le Marquis, s'écria le Roi, ce Château est encore à vous ! Il ne se peut rien de plus beau que cette cour et que tous ces Bâtiments qui l'environnent ; voyons les dedans, s'il vous plaît. » Le Marquis donna la main à la jeune Princesse, et suivant le Roi qui montait le premier, ils entrèrent dans une grande Salle où ils trouvèrent une magnifique collation que l'Ogre avait fait préparer pour ses amis qui le devaient venir voir ce même jour-là, mais qui n'avaient pas osé entrer sachant que le Roi y était. Le Roi charmé des bonnes qualités de Monsieur le Marquis de Carabas, de même que sa fille qui en était folle, et voyant les grands biens qu'il possédait, lui dit, après avoir bu cinq ou six coups : « Il ne tiendra 38
  39. 39. qu'à vous, Monsieur le Marquis, que vous ne soyez mon gendre. » Le Marquis, faisant de grandes révérences, accepta l'honneur que lui faisait le Roi ; et dès le même jour épousa la Princesse. Le Chat devint grand Seigneur et ne courut plus après les souris, que pour se divertir. 39
  40. 40. CB2 : Le Chat botté À sa mort, un meunier ne laisse à trois enfants que son moulin, son cheval et son chat. Le plus vieux a le moulin, le second le cheval, et le chat est pour le plus jeune fils. Celui-ci pense : - Je suis malheureux ! Mes frères vont pouvoir travailler ensemble. Mais moi, si je ne mange pas mon chat, je vais mourir de faim ! Le chat voit que son maître est triste. Il lui dit : - N’ayez pas peur ! Donnez-moi seulement un sac et des bottes pour aller dans la compagne ! Vous allez voir que vous ne serez pas si malheureux ! Le jeune homme donne au chat ce qu’il demande, car il sait que l’animal est très intelligent. - Ce chat va peut-être m’aider, pense le jeune homme. Le chat met les bottes et prend le sac. Il entre dans un champ où il y a beaucoup de lapins. Il met de la bonne herbe dans le sac et il se couche à côté du sac ouvert. Il attend. Un jeune lapin croit que le chat est mort. Il entre dans le sac. Le chat attrape le lapin et le tue. Le chat est heureux. Il va chez le roi et lui dit : - Mon maître, Monsieur de Carabas, vous donne ce lapin ! Ce n’est pas vrai : Monsieur de Carabas est un faux nom que le chat a trouvé. Le roi répond : - Je suis très content. Je remercie ton maître. Une autre fois, le chat se cache dans un champ de blé. Il tient son sac ouvert et deux oiseaux y entrent. Alors, le chat les tue. Il va les donner aussi au roi. Pendant deux ou trois mois, le chat continue à apporter au roi les lapins, des oiseaux et d’autres animaux : - Mon maître les tue pour vous, explique le chat. Ainsi, il devient peu à peu l’ami du roi. Un jour, le roi dit au chat : - Demain, je vais aller me promener au bord de la rivière, avec ma fille. Le chat court vite chez son maître et lui dit : - Écoutez-moi ! Si vous voulez devenir prince, allez vous mettre dans la rivière, à l’endroit que je vais vous montrer ! Cachez aussi vos vêtements sous une grosse pierre et n’oubliez pas que, maintenant, vous vous appelez Monsieur de Carabas ! Monsieur de Carabas fait ce que lui demande le chat, sans comprendre. Il est dans l’eau jusqu’au cou, lorsque le roi passe au bord de la rivière. Alors le chat crie très fort : - Au secours, au secours ! La rivière est profonde et Monsieur de Carabas ne sait pas très bien nager ! Il va mourir ! Le roi reconnaît son ami le chat et dit à ses gardes d’aller au secours de Monsieur de Carabas. Pendant ce temps, le chat explique au roi : - Les voleurs ont pris les vêtements de mon maître, quand il était dans l’eau. Le roi dit aux gardes : - Apportez des vêtements pour Monsieur de Carabas. Le jeune homme s’habille. Il est très beau dans les habits donnés par le roi ! La fille du roi, qui est la plus belle princesse du monde, devient aussitôt amoureuse de Monsieur de Carabas. 40
  41. 41. Le roi l’invite : - Montez avec moi dans mon carrosse et nous nous promènerons ensemble, avec ma fille. Le chat sourit et pense que tout va bien. Il part très vite sur la route, loin devant la carrosse… Le chat traverse bientôt le domaine d’un ogre très riche. Des paysans coupent de l’herbe. Le chat leur dit : - Si vous ne dites pas au roi que ce champ est à Monsieur de Carabas, vous serez tous tués ! Le roi arrive dans son carrosse et demande aux paysans à qui est le champ. Tous les paysans ont peur et répondent : - C’est à Monsieur de Carabas ! Le chat continue de courir loin devant le carrosse. Il rencontre d’autres paysans qui coupent le blé de l’ogre très riche : - Le roi va passer ici, dit le chat. Si vous ne lui dites pas que ce ce blé est à Monsieur de Carabas, vous serez tous tués ! Le roi arrive et veut savoir à qui est est le blé. Les paysans répondent : - C’est à Monsieur de Carabas ! Le roi et Monsieur de Carabas sont très contents. Le chat continue à aller loin devant le carrosse et dit la même chose à tous ceux qu’il rencontre. Le roi dit à Monsieur de Carabas qui sourit sans répondre : - Vous êtes donc très riche ! Pendant ce temps, le chat arrive chez l’ogre et lui dit : - On raconte que vous pouvez, si vous voulez, devenir un animal, un lion, par exemple ! - C’est vrai, répond l’ogre. Regardez ! Je vais devenir un lion. Et à l’instant le chat voit devant lui un gros lion. Le chat a très peur. Il se sauve sur le toit du château. Alors, l’ogre crie : - N’ayez pas peur ! Je ne suis plus un lion ! Le chat redescend et dit : - C’est extraordinaire ! Mais je sais que vous ne pouvez pas devenir un petit animal, une souris, par exemple… - Si ! Je peux devenir une souris ! Vous allez voir ! Et l’ogre, aussitôt, devient une souris, qui commence à courir par terre. Alors, le chat attrape la souris et la mange. Au même moment, le roi arrive dans son carrosse avec sa fille et Monsieur de Carabas. Le chat sort du château et dit : - Vous êtes le bienvenu dans le château de Monsieur de Carabas ! - Ah ! dit le roi, ce château aussi est à vous ! Il est très beau ! Entrons ! Monsieur de Carabas donne la main à la princesse et ils entrent avec le roi dans une grande salle. Ils font un repas délicieux. Monsieur de Carabas est beau, riche et intelligent. Le roi devient son ami. Il dit : - Buvons ensemble ! Voulez-vous être le mari de ma fille ? Je vois qu’elle vous aime… Avant la nuit, Monsieur de Carabas et la princesse se marient. Le chat devient un grand seigneur. Il continue à tuer les souris, mais seulement pour s’amuser. 41

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