PARTAGE DES TÂCHES FAMILIALES ET
PERCEPTION D’INIQUITÉ AU SEIN DU COUPLE :
RÔLE MODÉRATEUR DE L’IMPRESSION DE COMPTER POUR...
À ma famille et mon conjoint, pour votre
appui continu tout au long de mes études
iii
REMERCIEMENTS
J’aimerais prendre ce moment pour remercier les multiples gens qui m’ont
accompagnée dans l’aventure qui...
iv
COMPOSITION DU JURY
Président : Jacques Richard, Ph.D., L.Psych.
École de psychologie
Université de Moncton
Directrice ...
SOMMAIRE
Bien que les dernières décennies aient été marquées par une évolution importante
quant à la place des femmes dans...
vi
TABLE DES MATIÈRES
LISTE DES TABLEAUX ....................................................................................
vii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1. Matrice des types. ........................................................................
viii
LISTE DES FIGURES
Figure 1. Modèle postulé dans lequel l’impression de compter pour ses enfants
sert de variable modé...
CHAPITRE PREMIER
Introduction générale
Alors que l’égalité entre les hommes et les femmes est valorisée dans notre société...
2
pays et cultures (Greenstein, 2009; Knudsen & Waerness, 2008; Meggiolaro, 2014;
Pinto & Coltrane, 2009) et persiste avec...
3
1.2. Le partage des tâches non-rémunérées
Un des résultats reproduit le plus fréquemment dans la littérature en psycholo...
4
Claffey et Mickelson (2009) ont conclu que le partage des tâches non-rémunérées est lié
négativement aux perceptions d’é...
5
Schoebi, 2009; Poeschl, 2008). De plus, les chercheurs dans le domaine s’entendent
pour dire que ces injustices ont un i...
6
que les femmes comparent leur situation à leur propre expérience antérieure ou à la
situation des autres (e.g. la contri...
7
les agents de comparaisons afin d’étudier les raisons pour lesquelles certaines femmes
jugent un partage inégal des tâch...
8
inégal des tâches comme étant juste, et ce, peu importe la part des tâches qu’elle
accomplit (Kawamura & Brown, 2010).
D...
9
parent évoque un plus grand sentiment d’importance en général. Des auteurs ont aussi
avancé qu’il serait difficile, sino...
10
et al., 2008). Cela dit, le but de la présente étude est de vérifier si l’impression de
compter pour ses enfants agit c...
11
accroissement de la perception d’injustice (Hypothèse 1a). En d’autres mots, dans le
contexte où les femmes retirent mo...
CHAPITRE II
Méthode
Le présent chapitre traite de la méthode utilisée pour réaliser cette recherche. Les
participantes, la...
13
l’étude a été affichée sur la page de plusieurs groupes de mères et de parents sur
Facebook. De même, un dépliant a été...
14
2.3.1.2. Contribution absolue
De façon similaire, un deuxième questionnaire sert à vérifier le nombre d’heures
total qu...
15
Marshall et Lambert (2006) portant sur l’impression des parents de compter ou d’avoir
une importance pour leurs enfants...
16
Afin de tenir compte du sentiment d’être nécessaire comme parent, on retrouve des
items comme « À quelle fréquence vos ...
17
qu’elle en a moins que lui. Ces données ont servi de covariables dans l’analyse
principale. De même, ce questionnaire p...
CHAPITRE III
Résultats
Cette section traite des résultats des analyses statistiques qui ont permis de
vérifier le modèle à...
19
Toutefois, l’analyse du graphique de valeurs propres et son point d’inflexion suggère
qu’une solution à deux composante...
20
ACP (Field, 2009). De même, le dernier test de sphéricité de Bartlett est significatif, x2
(105) = 836,92, p < ,001, ce...
21
Tableau 1. Matrice des types
Poids associé aux composantes après la rotation
Impression de compter
pour les enfants
Ouv...
22
Tableau 2. Matrice de structure
Poids associé aux composantes après la rotation
Impression de compter
pour les enfants
...
23
Contrairement à ce qu’avaient proposé Marshall et Lambert (2006) à la suite de
leur étude qualitative, les composantes ...
24
3.1.2. Analyse des statistiques descriptives
L’analyse des statistiques descriptives de l’échantillon révèle que les fe...
25
Tableau 3. Statistiques descriptives des covariables et des variables à l’étude
n Moyenne Écart-type Étendue
Minimum Ma...
26
Tableau 4. Corrélations entre les variables continues (n = 232)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1. Âge -
2. Années de scolarité ,0...
27
3.2. Analyses principales
3.2.1. Postulats de base de la régression multiple
Les différents postulats de base de la rég...
28
(2009), une distance de Mahalanobis, mesurant l’écart entre les observations et la
moyenne des valeurs prédictives, plu...
29
d’interaction entre le modérateur et la variable indépendante a été ajouté au deuxième
bloc. Suivant une recommandation...
30
Tableau 5. Régression multiple hiérarchique prédisant la perception d’iniquité de la femme
Variables indépendantes B Er...
31
Afin d’interpréter l’effet d’interaction significatif, des analyses post hoc sont
effectuées (Holmbeck, 2002). Tel que ...
32
Figure 3. Le rôle modérateur de l’impression de compter pour les enfants dans la relation
entre la contribution relativ...
CHAPITRE IV
Discussion
Cette étude visait à faire la lumière sur les perceptions d’équité des femmes quant
au partage des ...
34
Ces résultats préliminaires appuient l’idée défendue par Braun et ses collègues
(2008) à l’effet que la contribution au...
35
cet ensemble de tâches (Hypothèse 1). Plus précisément, l’impression de compter pour
les enfants vient modifier la forc...
36
perceptions d’équité. L’effet modérateur de l’impression de compter pour ses enfants a
été trouvé tout en maintenant co...
37
résultats répondent aux chercheurs qui ont révélé qu’il serait primordial d’étudier les
variables émotionnelles dans le...
38
le rappel pourrait être utilisé à l’avenir (voir Bianchi et al., 2000; Hook, 2006 ayant
utilisé cette méthode).
4.2. Av...
39
soins des enfants (voir Goldscheider et al., 2014), il serait intéressant de vérifier si les
hommes s’impliquent davant...
40
Bref, les résultats de cette étude révèlent que les récompenses que les mères
reçoivent de leurs enfants jouent un rôle...
RÉFÉRENCES
Aiken, L. S., & West, S. G. (1991). Multiple regression: Testing and interpreting
interactions. Newbury Park, C...
42
Clogg, C. C., Petkova, E., & Haritou, A. (1995). Statistical methods for comparing
regression coefficients between mode...
43
Gershuny, J., & Sullivan, O. (2014). Household structure and housework: assessing the
contributions of all household me...
44
Lachance-Grzela, M., & Bouchard, G. (2010). Why do women do the lion’s share of
housework? A decade of research. Sex Ro...
Mémoire (dépôt final) version finale
Mémoire (dépôt final) version finale
Mémoire (dépôt final) version finale
Mémoire (dépôt final) version finale
Mémoire (dépôt final) version finale
Mémoire (dépôt final) version finale
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Mémoire (dépôt final) version finale

285 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
285
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
5
Actions
Partages
0
Téléchargements
1
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Mémoire (dépôt final) version finale

  1. 1. PARTAGE DES TÂCHES FAMILIALES ET PERCEPTION D’INIQUITÉ AU SEIN DU COUPLE : RÔLE MODÉRATEUR DE L’IMPRESSION DE COMPTER POUR LES ENFANTS MÉMOIRE DOCTORAL PRÉSENTÉ À LA FACULTÉ DES ÉTUDES SUPÉRIEURES ET DE LA RECHERCHE EN VUE DE L’OBTENTION DU DOCTORAT PROFESSIONNEL EN PSYCHOLOGIE (D.Psy.) SHAWNA McGEE, B.A. (spéc.) ÉCOLE DE PSYCHOLOGIE FACULTÉ DES SCIENCES DE LA SANTÉ ET DES SERVICES COMMUNAUTAIRES UNIVERSITÉ DE MONCTON SEPTEMBRE 2015
  2. 2. À ma famille et mon conjoint, pour votre appui continu tout au long de mes études
  3. 3. iii REMERCIEMENTS J’aimerais prendre ce moment pour remercier les multiples gens qui m’ont accompagnée dans l’aventure qui a mené à ce mémoire. Tout d’abord, je tiens à remercier Mylène Lachance-Grzela, Ph.D., professeure de l’Université de Moncton qui a agit en tant que directrice de mon mémoire doctoral. Son soutien continu tout au long de la réalisation de cette étude ainsi que sa bonne humeur lors de nos rencontres a rendu une tâche exigeante, très plaisante. Je me sens très chanceuse d’avoir travaillé sous sa supervision pour ce mémoire et je suis très honorée d’avoir été sa première étudiante doctorale. Je souhaite également remercier les autres membres de mon jury : l’évaluatrice interne, Ann Beaton, Ph.D., professeure à l’Université de Moncton, l’évaluatrice externe, Tamarha Pierce, Ph.D., professeure à l’Université Laval ainsi que le président de la soutenance, Jacques Richard, Ph.D., professeur à l’Université de Moncton. J’ai beaucoup apprécié le temps et l’effort que vous avez consacrés à l’évaluation de mon mémoire doctoral. Je tiens aussi à remercier ma famille, en particulier mes parents, pour leur appui pendant mes études. De plus, j’aimerais remercier mes amies ainsi que mes collègues au doctorat pour leur soutien continu. Enfin, je tiens à remercier mon conjoint Mario qui m’a accompagnée tout au long de cette belle aventure. Je n’aurais jamais pu compléter ce mémoire sans sa patience, son encouragement continu et son sens de l’humour.
  4. 4. iv COMPOSITION DU JURY Président : Jacques Richard, Ph.D., L.Psych. École de psychologie Université de Moncton Directrice du mémoire doctoral : Mylène Lachance-Grzela, Ph.D., L.Psych. École de psychologie Université de Moncton Évaluatrice interne : Ann Beaton, Ph.D. École de psychologie Université de Moncton Évaluatrice externe : Tamarha Pierce, Ph.D. École de psychologie Université Laval
  5. 5. SOMMAIRE Bien que les dernières décennies aient été marquées par une évolution importante quant à la place des femmes dans la sphère publique et sur le marché du travail, il est toujours possible d’observer des inégalités entre les hommes et les femmes dans la sphère privée. En autres, il est documenté que les femmes accomplissent la grande majorité des tâches non-rémunérées à la maison. Un paradoxe émerge à cet effet alors que les femmes tendent à décrire ce partage inégal comme étant juste et équitable pour elles. Les chercheurs tentent d’expliquer ce phénomène et plusieurs se sont appuyés sur la théorie de la justice distributive pour approfondir leur compréhension. Récemment, des auteurs se sont penchés sur les récompenses émotionnelles que les femmes peuvent retirer de l’accomplissement de ce travail pour démystifier le paradoxe. La présente étude avait pour objectif de vérifier si une variable émotionnelle liée aux enfants, plus précisément l’impression de compter pour eux, influence la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité quant à ce partage. Cette étude corrélationnelle s’appuie sur un échantillon de 232 femmes ayant au moins un enfant âgé de 2 à 12 ans et étant en couple avec l’autre parent. Les résultats révèlent que, dans cet échantillon, l’impression de compter pour les enfants modère la relation entre la contribution des femmes aux tâches familiales et leurs perceptions d’iniquité. Autrement dit, dans le contexte où les femmes ont peu l’impression de compter pour leurs enfants, le sentiment d’injustice quant au partage des tâches familiales monte plus rapidement avec leur contribution que les femmes ayant une plus forte impression de compter pour leurs enfants. Ces données indiquent que l’impression de compter dans la vie des enfants a un impact dans la relation entre la contribution des mères au partage des tâches familiales dans le couple et le sentiment d’injustice que ce partage génère. Les implications cliniques et sociales de ces résultats ainsi que les avenues futures en recherche sont présentées et discutées.
  6. 6. vi TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ...............................................................................................vii LISTE DES FIGURES ...................................................................................................viii CHAPITRE PREMIER .....................................................................................................1 Introduction générale .................................................................................................1 1.1. La conceptualisation des tâches non-rémunérées ......................................2 1.2. Le partage des tâches non-rémunérées.......................................................3 1.3. Les perceptions d’équité quant au partage des tâches non-rémunérées .....3 1.4. Les perceptions d’équité : une question d’émotions? ................................7 1.5. L’impression de compter pour ses enfants .................................................8 1.6. Buts et hypothèses de la présente étude .....................................................9 CHAPITRE II ..................................................................................................................12 Méthode ....................................................................................................................12 2.1. Participantes .............................................................................................12 2.2. Procédure..................................................................................................12 2.3. Matériel.....................................................................................................13 2.3.1. Partage des tâches familiales ........................................................13 2.3.1.1. Contribution relative.........................................................13 2.3.1.2. Contribution absolue.........................................................14 2.3.2. Perception d’iniquité quant au partage des tâches familiales .......14 2.3.3. Impression de compter pour ses enfants.......................................14 2.3.4. Covariables ...................................................................................16 2.3.4.1. Données sociodémographiques........................................16 2.3.4.2. Impression de compter pour le partenaire........................17 CHAPITRE III .................................................................................................................18 Résultats....................................................................................................................18 3.1. Analyses préliminaires .............................................................................18 3.1.1. Analyse en composantes principales ............................................18 3.1.2. Analyse des statistiques descriptives............................................24 3.2. Analyses principales.................................................................................27 3.2.1. Postulats de base de la régression multiple ..................................27 3.2.2. Régression multiple hiérarchique .................................................28 CHAPITRE IV.................................................................................................................33 Discussion.................................................................................................................33 4.1. Limites......................................................................................................37 4.2. Avenues futures........................................................................................38 4.3. Implications cliniques et sociales .............................................................39 RÉFÉRENCES.................................................................................................................41 ANNEXE A LISTE INITIALE DES ITEMS DE L’IMPRESSION DE COMPTER POUR LES ENFANTS....................................................................................................46 ANNEXE B LISTE FINALE DES ITEMS DE L’IMPRESSION DE COMPTER POUR LES ENFANTS....................................................................................................49
  7. 7. vii LISTE DES TABLEAUX Tableau 1. Matrice des types. ....................................................................................21 Tableau 2. Matrice de structure. ................................................................................22 Tableau 3. Statistiques descriptives des covariables et des variables à l’étude. .......25 Tableau 4. Corrélations entre les variables continues. ..............................................26 Tableau 5. Régression multiple hiérarchique prédisant la perception d’iniquité de la femme. .................................................................................................30
  8. 8. viii LISTE DES FIGURES Figure 1. Modèle postulé dans lequel l’impression de compter pour ses enfants sert de variable modératrice. ....................................................................10 Figure 2. Graphique des valeurs propres du premier essai de l’ACP (avec critère de Kaiser). ................................................................................................19 Figure 3. Le rôle modérateur de l’impression de compter pour les enfants dans la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité dans le couple. ..............................32
  9. 9. CHAPITRE PREMIER Introduction générale Alors que l’égalité entre les hommes et les femmes est valorisée dans notre société, il est toujours possible d’observer des injustices envers les femmes. Depuis plusieurs décennies, les femmes ont vécu des changements majeurs quant au rôle assumé dans la famille et sur le marché du travail (Percheski, 2008). Traditionnellement, les rôles étaient divisés selon le genre : les hommes travaillaient hors du foyer afin de parvenir aux besoins financiers de leur famille alors que les femmes s’occupaient des enfants et accomplissaient la grande majorité des tâches ménagères (Bartley, Blanton, & Gilliard, 2005; Claffey & Mickelson, 2009). De plus en plus, les femmes occupent des postes à l’extérieur du foyer et contribuent au revenu familial. De 1970 à 2001, Raley, Mattingly et Bianchi (2006) ont observé une augmentation d’environ 30% des couples à deux revenus, c’est-à-dire dans lesquels les deux partenaires occupent des emplois rémunérés. Aujourd’hui, parmi l’ensemble des Canadiens de plus de 15 ans, il est estimé que 66% des hommes ainsi que 58% des femmes travaillent à l’extérieur de la maison (Statistique Canada, 2012). Plus précisément, le taux d’emploi des femmes canadiennes ayant un enfant de moins de six ans était de 68% en 2012, plus du double de ce qu’il était en 1976 (31,4%; Statistique Canada, 2012). En raison des changements importants dans la sphère publique, les chercheurs s’attendaient à observer des changements similaires dans la sphère familiale. Un des principaux changements qui était attendu d’observer chez les couples à deux revenus était l’établissement d’un partage relativement égal du travail domestique (Claffey & Mickelson, 2009; Coltrane, 2000). Toutefois, la littérature en psychologie sociale et familiale révèle que les femmes continuent à consacrer plus de temps à accomplir le travail domestique que les hommes (Bartley et al., 2005; Coltrane, 2000; Lachance- Grzela & Bouchard, 2010). Même les femmes qui possèdent un haut niveau d’éducation (Gager & Hohmann-Marriott, 2006), qui s’identifient comme étant plutôt égalitaires, qui possèdent un revenu élevé et qui travaillent autant d’heures à l’extérieur de la maison que leur partenaire rapportent qu’elles accomplissent la majeure partie du travail domestique (Claffey & Mickelson, 2009). Cette tendance a été observée dans plusieurs
  10. 10. 2 pays et cultures (Greenstein, 2009; Knudsen & Waerness, 2008; Meggiolaro, 2014; Pinto & Coltrane, 2009) et persiste avec le temps (Killewald & Gough, 2010; Neilson & Stanfors, 2014). 1.1. La conceptualisation des tâches non-rémunérées Plus précisément, le travail domestique fait référence à l’ensemble des tâches non- rémunérées qui sont accomplies dans le but de combler les besoins des membres de la famille ou afin d’entretenir le foyer (Lachance-Grzela, 2014). Certaines tâches qui sont généralement incluses dans cette conceptualisation sont celles entourant la planification et la préparation des repas, le ménage, le lavage des vêtements, les courses, l’entretien de la maison, de la cour et des voitures, la gestion des factures et le transport des membres de la famille (e.g., Badr & Acitelli, 2008; Lee & Waite, 2010; Lincoln, 2008). Certains chercheurs font la distinction entre les tâches routinières, aussi décrites comme étant les tâches typiquement féminines, et les tâches intermittentes, aussi décrites comme étant les tâches typiquement masculines (Bartley et al., 2005; Batalova & Cohen, 2002). Selon cette conceptualisation, les tâches routinières font référence à celles qui sont constamment à refaire, qui doivent être accomplies tous les jours et qui exigent beaucoup de temps (e.g., cuisiner, nettoyer après les repas). Par comparaison, les tâches intermittentes font référence à celles qui sont accomplies moins souvent, qui peuvent être faites lorsque le temps le permet et qui demandent moins de temps (e.g., sortir les poubelles, tondre le gazon). Certains auteurs considèrent les soins aux enfants comme une des tâches non-rémunérées (Badr & Acitelli, 2008; Hook, 2006). Dans la présente étude, je m’intéresse plus particulièrement aux tâches dites familiales, soit celles de nature routinière qui risquent d’être accomplies en présence des membres de la famille : la préparation des repas, les tâches liées au nettoyage, le lavage, les courses, les soins des enfants et le transport des enfants (voir Badr & Acitelli, 2008 pour une conceptualisation similaire). Ces tâches ont la particularité d’être effectuées dans le but de répondre directement aux besoins des membres de la famille.
  11. 11. 3 1.2. Le partage des tâches non-rémunérées Un des résultats reproduit le plus fréquemment dans la littérature en psychologie sociale est à l’effet que les femmes complètent environ deux tiers des tâches non- rémunérées effectuées au sein du couple (Bartley et al., 2005; Claffey & Mickelson, 2009; Fuwa & Cohen, 2007). Certaines études suggèrent que cette proportion peut s’élever jusqu’à trois quarts (Greenstein, 2009; Knudsen & Waerness, 2008; Poortman & Van Der Lippe, 2009). Dans les années 2000, plusieurs études longitudinales ont documenté l’évolution de la contribution des hommes et des femmes au partage des tâches (e.g. Cunningham, 2007; Killewald & Gough, 2010; Neilson & Stanfors, 2014; Sayer, 2005). Dans l’ensemble, elles révèlent que les femmes en accomplissent moins que dans le passé et que les hommes contribuent plus qu’auparavant (Coltrane, 2000; Sayer, 2005). En fait, une étude longitudinale de grande envergure effectuée par Bianchi et ses collaborateurs (2000) s’appuyant sur des données recueillies entre 1965 et 1995 révèle que les femmes passent de moins en moins de temps aux tâches ménagères d’une décennie à l’autre. Parallèlement, les hommes ont augmenté leur contribution de 1965 à 1985, mais ensuite leur implication a plafonné. Malgré le resserrement de l’écart, la contribution des mères reste encore beaucoup plus élevée que celle des pères (Killewald & Gough, 2010; Sayer, 2005). Ainsi, l’écart entre les contributions des femmes et des hommes se maintient. Certains pourraient croire que le fait d’observer un partage des tâches inégalitaire au sein des couples s’explique par le type de tâches étudiées. Toutefois, des données révèlent que les femmes sont responsables de la majorité des tâches non-rémunérées que l’on s’intéresse aux tâches routinières seulement ou aux tâches routinières et intermittentes combinées (Bianchi, Milkie, Sayer, & Robinson, 2000; Kroska, 2004). 1.3. Les perceptions d’équité quant au partage des tâches non-rémunérées Le lien entre le partage des tâches non-rémunérées et les perceptions d’équité dans le couple a souvent été étudié dans la littérature en psychologie conjugale. Des travaux révèlent qu’il existe un lien entre l’intensité de l’inégalité dans la contribution de chaque partenaire et l’intensité du sentiment d’injustice qu’elle génère. Plus spécifiquement,
  12. 12. 4 Claffey et Mickelson (2009) ont conclu que le partage des tâches non-rémunérées est lié négativement aux perceptions d’équité. Essentiellement, plus les femmes accomplissent des tâches non-rémunérées, moins elles jugent ce partage comme étant juste. Dans le même ordre d’idée, Öun (2013) a conclu que plus le partage des tâches non-rémunérées est égal dans le couple, plus les partenaires auront tendance à juger ce partage comme étant juste, et ce, dans plusieurs pays. Malgré la présence de ce lien, de nombreux chercheurs ont trouvé qu’un partage inégal des tâches non-rémunérées évoque un sentiment de justice au sein de plusieurs couples (Braun, Lewin-Epstein, Stier, & Baumgärtner, 2008; Gager & Hohmann-Marriott, 2006; Kawamura & Brown, 2010). Plus précisément, Gager et Hohmann-Marriott (2006) ont conclu que bien que les femmes travaillent à la maison en moyenne près de 20 heures de plus par semaine que les hommes, 70% d’entre elles jugent ce partage inégal comme étant juste. Il importe de noter que près de la moitié des femmes de leur échantillon ne travaillaient pas à l’extérieur de la maison au moment de l’étude. Braun et ses collaborateurs (2008) ont documenté cette tendance dans plusieurs pays, tels que l’Australie, les États-Unis, l’Espagne, le Chili et plusieurs autres. Près de 45% des femmes de leur échantillon ont jugé le partage dans lequel elles accomplissent la majorité des tâches comme étant équitable pour elles-mêmes (Braun et al., 2008). Des résultats similaires ont été obtenus une décennie plus tôt. Lennon et Rosenfield (1994) ont trouvé que les femmes accomplissaient la grande majorité, soit près de deux tiers des tâches non-rémunérées et qu’environ 60% d’elles jugeaient cette distribution inégale comme étant équitable et juste. En dépit du fait que certaines femmes soient satisfaites d’un partage inégal des tâches, l’étude de la perception d’équité qui découle de cet arrangement est importante pour diverses raisons. De façon générale, la division du travail non-rémunéré permet de faire lumière sur les relations de pouvoir au sein des couples (Davis & Greenstein, 2013). De même, l’étude du travail domestique contribue à la compréhension non seulement des couples en général, mais aussi du fonctionnement de la société (Treas & Lui, 2013). En fait, les chercheurs argumentent que l’inégalité dans la sphère familiale nuit à la capacité des femmes à atteindre l’égalité dans la sphère publique (Lothaller, Mikula, &
  13. 13. 5 Schoebi, 2009; Poeschl, 2008). De plus, les chercheurs dans le domaine s’entendent pour dire que ces injustices ont un impact négatif sur la relation conjugale ainsi que sur le fonctionnement psychologique de l’individu (Claffey & Mickelson, 2009; Coltrane, 2000; Lennon & Rosenfield, 1994). D’abord, Claffey et Mickelson (2009) ont trouvé que plus les femmes perçoivent qu’elles accomplissent de tâches non-rémunérées que leur partenaire et moins elles ont l’impression que ce partage est juste, plus elles ont tendance à rapporter de la détresse personnelle et conjugale. De plus, Lennon et Rosenfield (1994) ont conclu que les femmes qui perçoivent le partage des tâches non- rémunérées comme étant injuste rapportaient plus de symptômes dépressifs que les femmes qui le perçoivent comme étant équitable. C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que de plus en plus d’intérêt est manifesté à l’égard des perceptions d’équité quant à la division des tâches non-rémunérées dans le couple. En effet, la réalité que plusieurs femmes jugent un partage inégal des tâches non- rémunérées comme étant juste représente un des plus grands paradoxes dans la littérature en psychologie sociale et les chercheurs dans le domaine tentent de l’expliquer depuis longtemps (Baxter & Western, 1998; Coltrane, 2000). La contribution des femmes au partage des tâches non-rémunérés n’explique pas complètement leurs perceptions d’équité (Braun et al., 2008). Par conséquent, plusieurs chercheurs ont étudié les raisons pour lesquelles certaines femmes perçoivent un partage inégal des tâches non-rémunérées comme étant juste et équitable (e.g. Braun et al., 2008; DeMaris & Longmore, 1996; Kawamura & Brown, 2010; Lachance-Grzela, 2012; Sanchez & Kane, 1996). Une explication à l’avant-plan dans la littérature récente est celle de la théorie de la justice distributive. Essentiellement, cette théorie propose que les perceptions d’équité des femmes sont influencées par trois éléments : les agents de comparaison, les rationalisations ainsi que les compensations (Major, 1987 in Thompson, 1991). D’abord, les agents de comparaison englobent tous les cadres de références ainsi que les normes avec lesquelles les femmes se comparent dans le but d’évaluer l’équité concernant le partage des tâches non-rémunérées (Thompson, 1991). Des études à cet effet révèlent
  14. 14. 6 que les femmes comparent leur situation à leur propre expérience antérieure ou à la situation des autres (e.g. la contribution des autres femmes ou celle de leur partenaire) afin de juger le partage des tâches comme étant soit juste ou injuste (e.g. Gager, 1998; Hawkins, Marshall, & Meiners, 1995). Des auteurs suggèrent aussi que les femmes se comparent à des normes établies dans leur société, telles que l’équité du genre et le rapport des salaires hommes/femmes pour évaluer le partage des tâches non-rémunérées dans leur couple (Braun et al., 2008; Greenstein, 2009). En ce qui a trait aux rationalisations, elles font référence aux raisons ou aux explications que donnent les femmes afin de justifier leur situation. En d’autres mots, les femmes qui considèrent que le partage inégal des tâches non-rémunérées est justifié auraient moins tendance à le juger comme étant inéquitable (Thompson, 1991). Les femmes utilisent donc des principes de légitimation pour déterminer leurs perceptions d’équité (Braun et al., 2008). Selon les travaux de Braun et ses collègues (2008), ces principes peuvent être divisés en trois catégories : l’idéologie du genre, les ressources relatives de chaque partenaire ainsi que le temps disponible. Ainsi, leurs résultats révèlent que les femmes seront plus susceptibles de juger qu’un partage inégal des tâches non-rémunérées est inéquitable lorsqu’elles entretiennent une attitude égalitaire, lorsqu’elles dépendent moins des ressources financières de leur partenaire et lorsqu’elles passent autant de temps que leur conjoint sur le marché de travail (Braun et al., 2008). Dans le même ordre d’idées, les compensations reçues influencent aussi les perceptions d’équité quant au partage des tâches non-rémunérées. En fait, les compensations comprennent toutes les mérites et les récompenses que les femmes reçoivent ou s’attendent de recevoir en échange au partage des tâches non-rémunérées (Thompson, 1991). Par exemple, Thompson (1991) argumente que les femmes ne jugent pas nécessairement un partage inégal des tâches non-rémunérées comme étant injuste parce qu’elles valorisent les relations affectives avec leur famille qui en découlent. Effectivement, Sanchez et Kane (1996) ont conclu que les femmes qui valorisent le travail domestique ont plus tendance à juger le partage des tâches comme étant juste. Jusqu’à présent, les chercheurs se sont plutôt concentrés sur les rationalisations ainsi que
  15. 15. 7 les agents de comparaisons afin d’étudier les raisons pour lesquelles certaines femmes jugent un partage inégal des tâches non-rémunérées comme étant juste. Depuis peu, des chercheurs ont soutenu qu’il importe de se pencher sur les compensations en général (DeMaris & Longmore, 1996; Thompson, 1991) et plus précisément, sur celles d’ordre émotionnel (Kawamura & Brown, 2010; Lachance-Grzela, 2012) qui pourraient permettre de mieux comprendre les perceptions d’équité des femmes. 1.4. Les perceptions d’équité : une question d’émotions? Récemment, des chercheurs ont avancé qu’il serait pertinent d’explorer les variables situationnelles telles que l’impression d’être soutenu par son partenaire ou les membres de sa famille, dans l’étude des tâches rémunérées et non-rémunérées des femmes (voir Bouchard & Poirier, 2011 et Bun Lam, McHale, & Crouter, 2012 pour une argumentation similaire). Dans le même ordre d’idées, Lee et Waite (2010) suggèrent que les contextes relationnels dans lesquels le partage des tâches a lieu sont importants pour les femmes. Thompson (1991) a aussi argumenté que les compensations relationnelles sont plus importantes que les récompenses que les femmes reçoivent directement en accomplissant les tâches non-rémunérées. En d’autres mots, les femmes n’apprécient pas nécessairement les tâches qu’elles accomplissent, mais plutôt les avantages relationnels qui en découlent. D’ailleurs, certains auteurs se sont penchés sur des compensations d’ordre émotionnel afin d’expliquer pourquoi certaines femmes perçoivent un partage inégal des tâches non-rémunérées comme étant juste. Des auteurs ont considéré le sentiment de valorisation comme une récompense d’ordre émotionnel (e.g. Kawamura & Brown, 2010; Lachance-Grzela, 2012). Plus précisément, des auteurs ont examiné le rôle que joue l’impression de compter aux yeux de son partenaire dans l’apparition du sentiment d’équité. L’impression de compter aux yeux de son partenaire se définit comme étant le niveau de préoccupation qu’un partenaire démontre pour l’autre (Kawamura & Brown, 2010). Les résultats obtenus révèlent que plus une femme a l’impression d’être importante aux yeux de son partenaire, plus elle aura tendance à percevoir un partage
  16. 16. 8 inégal des tâches comme étant juste, et ce, peu importe la part des tâches qu’elle accomplit (Kawamura & Brown, 2010). De façon similaire, Lachance-Grzela (2012) a trouvé que le fait de se sentir importante aux yeux de son partenaire agit également comme effet modérateur dans la relation entre les attitudes quant aux rôles sexuels et les perceptions d’équité dans le couple. Plus précisément, les femmes utilisent leurs attitudes quant aux rôles sexuels pour juger un partage inégal des tâches non-rémunérées comme inéquitable seulement lorsqu’elles perçoivent qu’elles sont moins importantes aux yeux de leur partenaire (Lachance-Grzela, 2012). En d’autres mots, lorsqu’une femme sent que son conjoint la valorise et qu’elle est importante pour lui, elle sera plus portée à trouver qu’il est équitable qu’elle soit responsable de la majorité des travaux ménagers même si elle valorise grandement l’équité entre les sexes. Ainsi, on peut conclure que les compensations d’ordre émotionnel, tel que le sentiment de compter aux yeux de son partenaire, ne doivent pas être niées dans la relation entre le partage des tâches non- rémunérées et les perceptions d’équité de la femme. 1.5. L’impression de compter pour ses enfants D’autres résultats révèlent que les tâches non-rémunérées se multiplient lorsqu’une famille se fonde (Bianchi et al., 2000; Coltrane, 2000; Craig, 2006a). En particulier, des chercheurs ont conclu que les femmes consacrent plus de temps aux tâches ménagères (Gupta, 2006; Sayer, 2005) et moins de temps au travail rémunéré lorsqu’elles occupent aussi le rôle de parent (Neilson & Stanfors, 2014). Ainsi, on peut croire que les enfants ont un impact important sur les dynamiques entre parents. En effet, des chercheurs soutiennent qu’on doit s’intéresser davantage au rôle que jouent les enfants dans le fonctionnement parental, particulièrement en ce qui concerne la perception du partage des tâches entre conjoints (voir Bun Lam et al., 2012 pour une argumentation similaire). Dans le même ordre d’idée, des résultats d’études suggèrent qu’il importe de considérer l’influence des enfants sur l’identité parentale, notamment en ce qui a trait à l’impression de compter pour ses enfants (Marshall & Lambert, 2006; Schieman & Taylor, 2001). Dans leur étude, Schieman et Taylor (2001) ont trouvé que le fait d’être
  17. 17. 9 parent évoque un plus grand sentiment d’importance en général. Des auteurs ont aussi avancé qu’il serait difficile, sinon impossible, d’occuper un rôle, tel que le rôle parental, sans en retirer une reconnaissance ou une récompense (Marshall & Lambert, 2006). On pourrait donc postuler que les parents peuvent se sentir récompensés lorsqu’ils accomplissent des tâches non-rémunérées liées à la famille. Certains auteurs s’intéressent à la contribution directe des enfants au partage des tâches non-rémunérées (e.g. Gershuny & Sullivan, 2014; Lee, Schneider, & Waite, 2003), mais on néglige les compensations émotionnelles que les parents pourraient recevoir de la part de leurs enfants en accomplissant ces tâches. Dans leur étude qualitative, Marshall et Lambert (2006) ont conclu que l’impression de compter pour les enfants découle des interactions avec ces derniers. Plus précisément, ils ont trouvé que les parents ont l’impression de compter dans la vie de leurs enfants lorsqu’ils comblent leurs besoins physiques et émotionnels. En effet, la présence de cette impression de compter pour les enfants avait aussi été suggérée par d’autres auteurs, sans toutefois être testée empiriquement. Pearlin et Turner (1987) ont argumenté que l’interaction avec les enfants permet aux parents de se sentir importants à leurs yeux. Ces données suggèrent que les évaluations qu’une femme fait du partage des tâches liées à la famille pourraient être influencées par son impression de compter pour ses enfants. En d’autres mots, il semble pertinent de croire qu’une femme peut être moins satisfaite d’un partage inégal des tâches familiales lorsqu’elle reçoit peu de récompenses émotionnelles des membres de sa famille en accomplissant ces tâches. Inversement, lorsqu’elle reçoit une compensation en accomplissant les tâches familiales, elle risque de percevoir le partage comme étant plutôt juste, peu importe sa contribution. 1.6. Buts et hypothèses de la présente étude Tel qu’indiqué par Braun et ses collaborateurs (2008), à elle seule, la division des tâches non-rémunérées n’est pas suffisante pour expliquer les perceptions d’équité des femmes. Afin de mieux comprendre l’équité, il importe d’étudier la complexité du lien entre les deux variables. En d’autres mots, on doit s’intéresser aux effets d’interaction qui pourraient permettre de mieux expliquer les perceptions d’équité des femmes (Braun
  18. 18. 10 et al., 2008). Cela dit, le but de la présente étude est de vérifier si l’impression de compter pour ses enfants agit comme effet modérateur dans la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches non-rémunérées liées à la famille et sa perception d’iniquité dans le couple concernant ces mêmes tâches. Plus précisément, l’objectif est de vérifier si l’impression de compter pour ses enfants modifie la force ou la direction de la relation entre le partage des tâches familiales et les perceptions d’iniquité, et ce, chez les mères d’enfants âgés entre 2 et 12 ans. Le choix de ce groupe d’âge découle du fait que les parents d’enfants âgés entre 2 et 12 ans se distinguent considérablement de ceux qui vivent la transition parentale et de ceux dont les enfants traversent l’adolescence. Globalement, je m’attends à observer que l’impression de compter pour les enfants modèrera la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité quant à ces tâches (Hypothèse 1). Autrement dit, je m’attends à ce que l’impact de la contribution de la femme aux tâches familiales, relative à celle de son partenaire, sur sa perception d’iniquité dans le couple diffèrera selon son niveau d’impression de compter pour ses enfants. Le modèle proposé est illustré à la Figure 1. Figure 1. Modèle postulé dans lequel l’impression de compter pour ses enfants sert de variable modératrice. Premièrement, il est postulé que lorsque les mères auront une moins forte impression de compter pour leurs enfants, une augmentation de leur contribution au partage des tâches familiales, relative à celle de leur partenaire, sera liée à un Impression de compter pour ses enfants (MO) Perception d’iniquité (Y) Contribution relative au partage des tâches familiales (X)
  19. 19. 11 accroissement de la perception d’injustice (Hypothèse 1a). En d’autres mots, dans le contexte où les femmes retirent moins de récompenses émotionnelles de la part de leurs enfants en accomplissant les tâches familiales, il est attendu que plus elles accomplissent ces tâches, plus elles seront portées à dire qu’elles sont insatisfaites de cet arrangement. Deuxièmement, il est également attendu que lorsque les femmes ont une forte impression de compter pour leurs enfants, plus leur contribution au partage des tâches familiales est grande, plus elles seront portées à dire qu’elles en sont insatisfaites. Toutefois, l’association sera moins forte que chez les femmes ayant une faible impression de compter (Hypothèse 1b). Autrement dit, il est postulé que la perception d’iniquité des femmes qui ont une plus forte impression de compter pour leurs enfants sera aussi influencée par leur contribution au partage des tâches familiales, mais que cette association sera moins prononcée que chez les femmes ayant une faible impression de compter.
  20. 20. CHAPITRE II Méthode Le présent chapitre traite de la méthode utilisée pour réaliser cette recherche. Les participantes, la procédure ainsi que le matériel utilisé sont présentés dans les sections suivantes. 2.1. Participantes L’échantillon est composé de 232 mères ayant au moins un enfant âgé entre 2 et 12 ans et qui sont toujours en couple avec le père de leur(s) enfant(s). Les répondantes provenaient soit de l’Ontario (58%), du Nouveau-Brunswick (34%), du Québec (5%) ou d’une autre région (3%). Les participantes étaient mariées (77%) ou cohabitantes (23%). L’étendue de la durée de la relation avec le partenaire variait d’une à 29 années, avec 11,5 années en moyenne (écart-type = 4,8). L’âge moyen des participantes était de 34 ans (écart-type = 5,2) avec une étendue de 21 à 50 ans. En moyenne, 1,6 enfants âgés de 2 à 12 ans habitaient avec les participantes (écart-type = 0,70) avec une étendue d’un à 5 enfants. En ce qui a trait à leur statut socioéconomique, l’étendue du nombre d’années de scolarité, incluant l’éducation primaire, secondaire et postsecondaire variait de 7 à 24 années, avec 16 années en moyenne (écart-type = 2,6). De plus, 76% des femmes occupaient un emploi rémunéré (12% de l’échantillon étaient en congé parental au moment de leur participation) et 12% n’occupaient pas un emploi rémunéré lors de leur participation à l’étude. Parmi celles qui occupaient un emploi rémunéré et qui n’étaient pas en congé parental au moment de l’étude, le nombre d’heures de travail moyen était de 36 heures par semaine (écart-type = 10,5), avec une étendue de 2 à 80 heures. Le revenu annuel personnel médian de l’ensemble des femmes se situait entre 50 000$ et 59 000$, alors que celui de leur partenaire se situait entre 60 000$ et 69 000$. 2.2. Procédure Après avoir reçu l’approbation déontologique du Comité d’éthique de la recherche avec les êtres humains (CER) de l’Université de Moncton, les participantes ont été recrutées par l’entreprise des médias sociaux (e.g. Facebook) et des centres de garde. Certaines femmes ont été recrutées par bouche à oreille. Une invitation à participer à
  21. 21. 13 l’étude a été affichée sur la page de plusieurs groupes de mères et de parents sur Facebook. De même, un dépliant a été remis aux mères dans certains centres de garde. Essentiellement, le message qui a été affiché sur Facebook et qui figurait sur le dépliant expliquait les conditions de l’étude et les mères étaient invitées à suivre le lien les menant au site web de Survey Monkey où elles pouvaient remplir le questionnaire en français ou en anglais. De même, elles pouvaient décliner si elles ne satisfaisaient pas les critères de sélection. Un formulaire de consentement expliquait clairement le but de la recherche et que les données seraient traitées de manière confidentielle. Le formulaire servait aussi à rappeler aux participantes qu’elles pouvaient se retirer de la recherche à tout moment. 2.3. Matériel 2.3.1. Partage des tâches familiales 2.3.1.1. Contribution relative La première mesure sert à évaluer la contribution relative de chacun des partenaires aux tâches non-rémunérées liées à la famille. Elle est composée de six items, chacun portant sur une tâche spécifique. Les tâches incluses dans la mesure sont celles qui sont routinières et qui risquent d’être accomplies dans la présence des membres de la famille, c’est-à-dire, la préparation des repas, les tâches liées au nettoyage, le lavage, les courses, les soins des enfants et le transport des enfants. Pour chacun des items, les répondantes doivent indiquer qui accomplit généralement la tâche, à l’aide d’une échelle allant de 1 (presque toujours mon partenaire) à 7 (presque toujours moi) où 4 signifie que les deux partenaires partagent la tâche également. Le score total est la moyenne des scores aux items. Plus le score se rapproche de 7, plus la femme accomplit les tâches non-rémunérées (voir Claffey & Mickelson, 2009 et Knudsen & Waerness, 2008 pour des mesures similaires). Le coefficient de l’alpha de Cronbach de cette mesure est de 0,67.
  22. 22. 14 2.3.1.2. Contribution absolue De façon similaire, un deuxième questionnaire sert à vérifier le nombre d’heures total que la femme et son partenaire ont passé à accomplir les tâches non-rémunérées au courant de la dernière semaine. La contribution absolue de chacun des partenaires à ces tâches est mesurée à l’aide des items suivants : « Au courant de la dernière semaine, combien d’heure(s) avez-vous passée(s) à accomplir des tâches non-rémunérées? » et « Au courant de la dernière semaine, combien d’heure(s) avez-vous passée(s) à accomplir les soins aux enfants? ». Ces mêmes questions sont posées en ce qui a trait à la contribution du partenaire (voir Knudsen & Warness, 2008 pour une mesure similaire). La contribution absolue au partage des tâches servira au calcul des statistiques descriptives. 2.3.2. Perception d’iniquité quant au partage des tâches familiales La perception d’iniquité dans le couple en ce qui a trait au partage des tâches non- rémunérées liées à la famille est mesurée à l’aide de trois items provenant de la mesure de la perception d’équité dans le couple élaborée par Claffey et Mickelson (2009). L’échelle originale à cinq items sert à mesurer l’ensemble des tâches non-rémunérées (liées ou non à la famille). La mesure adaptée comprend les catégories de tâches suivantes: la préparation des repas, les tâches liées au nettoyage et les soins des enfants. La tâche des participantes consiste à indiquer leur perception d’iniquité quant à chaque catégorie de tâches familiales. Les choix de réponses varient de 1 (très injuste pour mon partenaire) à 5 (très injuste pour moi). Contrairement à l’échelle originale, l’échelle utilisée permet aux répondantes d’indiquer que le partage est équitable pour les deux (3 = équitable pour les deux). Un score global est calculé en trouvant la moyenne des scores aux différents items. Plus la moyenne est élevée, plus le partage des tâches familiales est perçu comme étant injuste pour la répondante. Le coefficient de l’alpha de Cronbach de la mesure est de 0,63. 2.3.3. Impression de compter pour ses enfants L’échelle de l’impression de compter pour ses enfants a été conçue pour le bien de la présente étude. Cette mesure a été créée à partir des résultats de l’étude qualitative de
  23. 23. 15 Marshall et Lambert (2006) portant sur l’impression des parents de compter ou d’avoir une importance pour leurs enfants. Ces chercheurs ont envoyé un questionnaire avec questions ouvertes auprès de 47 parents canadiens et américains d’enfants âgés de 5 à 12 ans. Leur objectif primaire était d’explorer de quelle façon les parents perçoivent qu’ils sont importants pour leurs enfants d’âge scolaire. Une analyse conceptuelle a permis aux auteurs de faire ressortir des catégories conceptuelles ainsi que des thèmes qui revenaient le plus souvent dans les entrevues auprès des parents. Leurs analyses qualitatives les ont menés à suggérer que le concept de compter pour les enfants engloberait deux catégories conceptuelles principales : l’engagement et l’exclusivité. D’abord, la perception d’avoir une importance pour les enfants découle de l’engagement à combler les besoins des enfants et de participer dans des activités communes. Alors, la catégorie d’engagement se divise dans deux sous-catégories: le sentiment d’être nécessaire comme parent et le partage de temps et d’espace avec son enfant. Ensuite, l’impression de compter pour les enfants découle aussi de l’exclusivité du parent dans la vie de l’enfant. Le fait de recevoir de l’attention de la part de son enfant et d’avoir une influence sur son enfant mène à un sentiment d’importance chez les parents. Cette grande catégorie se divise donc en deux sous-catégories : l’attention accordée au parent et le fait de marquer profondément son enfant (Marshall & Lambert, 2006). À partir de ces thèmes proposés par Marshall et Lambert (2006), les items qui ont servi à créer l’échelle de l’impression de compter pour ses enfants utilisée dans la présente étude ont été élaborés. La liste initiale comprenait 16 items. Par la suite, trois mères d’enfants âgés de 2 à 12 ans ont été invitées à lire, évaluer et commenter la clarté et la pertinence des items pour mesurer le concept visé. Cette démarche a mené à l’ajout de cinq items permettant de tenir compte d’éléments supplémentaires qui pourraient influencer l’impression de compter pour ses enfants. Ainsi la liste complète d’items utilisés dans le but de créer notre mesure quantitative de l’impression de compter pour les enfants comportait 21 items au total. Ces items sont présentés à l’Annexe A.
  24. 24. 16 Afin de tenir compte du sentiment d’être nécessaire comme parent, on retrouve des items comme « À quelle fréquence vos enfants s’ennuient-ils de vous lorsque vous n’êtes pas avec eux pour une longue période de temps (e.g. pour la nuit ou quelques jours)? » et « À quelle fréquence vos enfants font-ils appel à vous pour du réconfort lorsqu’ils sont tristes? ». Pour ce qui est de la question du partage de temps et d’espace avec son enfant, on retrouve des items tels que « À quelle fréquence vos enfants vous demandent-ils de participer à un rituel spécial avec eux (e.g. lire un livre avant d’aller au lit, soirée de films)? » et « À quelle fréquence vos enfants font-ils des activités avec vous? ». D’autres items, tel que le suivant, permettent d’évaluer l’attention accordée au parent : « À quelle fréquence vos enfants démontrent-ils de l’affection verbale ou non verbale à votre égard? (e.g. une note, un baiser, un câlin, dire « Je t’aime ») ». Finalement, l’impression des mères de marquer leurs enfants est évaluée à l’aide d’items tels que « À quelle fréquence avez-vous l’impression d’influencer positivement le développement de vos enfants? » et « À quelle fréquence vos enfants sont-ils honnêtes avec vous? ». La tâche des répondantes consiste à répondre à chaque item sur une échelle allant de 1 (presque jamais) à 4 (presque toujours). Deux items évaluent aussi l’impression de compter pour ses enfants en général : « À quelle fréquence ressentez- vous que vos enfants ont besoin de vous? » et « À quelle fréquence éprouvez-vous le sentiment de compter pour vos enfants? ». Si la mère avait plus d’un enfant, elle devait répondre pour l’ensemble de ses enfants âgés entre 2 et 12 ans. 2.3.4. Covariables 2.3.4.1. Données sociodémographiques Un questionnaire sociodémographique permet de recueillir une série de données, telles que l’âge de la répondante, son nombre d’années de scolarité et celui de son partenaire, son nombre d’heures de travail hebdomadaire et celui de son partenaire ainsi que son revenu annuel personnel et celui de son partenaire. La différence entre les partenaires en ce qui a trait au nombre d’heures de travail rémunéré est calculée en soustrayant le nombre d’heures de travail hebdomadaire de la femme de celui de son partenaire. Ainsi, un score positif indique que la femme a plus de temps disponible que son partenaire pour accomplir les tâches familiales, alors qu’un score négatif indique
  25. 25. 17 qu’elle en a moins que lui. Ces données ont servi de covariables dans l’analyse principale. De même, ce questionnaire permet de recueillir d’autres données démographiques qui servent à décrire l’échantillon (e.g. le statut conjugal de la répondante, la région d’où elle provient et le nombre d’enfants âgés entre 2 et 12 ans qui habitent avec la participante). 2.3.4.2. Impression de compter pour le partenaire L’impression de compter pour le partenaire est mesurée à l’aide d’une échelle de 14 items élaborée par Kawamura et Brown (2010). Des items, tels que « À quelle fréquence votre partenaire critique-t-il vos idées? » et « À quelle fréquence votre partenaire vous fait sentir qu’il est là pour vous lorsque vous avez vraiment besoin de lui? » sont à répondre sur une échelle à quatre points allant de 1 (presque jamais) à 4 (presque toujours). Le score total, allant de 1 à 4, est calculé en faisant la moyenne des scores aux items après que les items qui doivent l’être sont inversés. Un score élevé représente une forte impression de compter pour le partenaire. Le coefficient de l’alpha de Cronbach s’élève à 0,89.
  26. 26. CHAPITRE III Résultats Cette section traite des résultats des analyses statistiques qui ont permis de vérifier le modèle à l’étude. D’abord, les analyses préliminaires comprenant une analyse en composantes principales ainsi que les statistiques descriptives sont présentées. Les analyses principales, notamment la régression multiple hiérarchique et ses postulats de base sont ensuite examinées. 3.1. Analyses préliminaires 3.1.1. Analyse en composantes principales D’abord, une analyse en composantes principales (ACP) a été effectuée sur les 21 items de la mesure de l’impression de compter pour les enfants dans le but de vérifier la structure de l’instrument (la liste initiale des items est présentée à l’Annexe A). L’ACP cherche à expliquer la variance observée dans l’ensemble des données initiales en se limitant à un nombre réduit de composantes. En d’autres mots, l’ACP vise à extraire des regroupements de variables qui permettent de mieux représenter l’ensemble des données originales (Fabrigar, Wegener, MacCallum, & Strahan, 1999). Une ACP a été appliquée plutôt qu’une analyse factorielle puisque cette dernière nécessite une bonne base théorique au préalable. Alors que ces variables n’ont jamais été traitées de façon empirique et qu’une base théorique solide n’a pas encore été établie, l’ACP qui inclut les variances uniques ainsi que la variance des erreurs a été privilégiée (voir Brown, 2009 pour une argumentation similaire). L’étude de la matrice de corrélations entre les items a mené à l’élimination de quatre items (2, 13, 14 et 18) puisqu’une grande partie (80 % ou plus) des coefficients de corrélation pour ces variables n’étaient pas suffisamment élevés (< 0,25; Field, 2009). Une ACP avec une rotation oblique (Oblimin) a d’abord été effectuée sur les 17 variables restantes de la mesure de l’impression de compter pour les enfants. Les résultats du premier essai de l’ACP indiquent que 53,95 % de la variance est expliquée par quatre composantes ayant des valeurs propres qui dépassent le critère de Kaiser (1).
  27. 27. 19 Toutefois, l’analyse du graphique de valeurs propres et son point d’inflexion suggère qu’une solution à deux composantes serait aussi possible (Figure 2). D’ailleurs, le critère de Kaiser ne semble pas être adéquat puisqu’aucune des valeurs de communauté après l’extraction n’est plus élevée que 0,7 (Field, 2009). Figure 2. Graphique des valeurs propres du premier essai de l’ACP (avec critère de Kaiser) Conséquemment, les solutions ayant de deux à quatre composantes ont été examinées et la solution à deux composantes avec la rotation oblique (Oblimin) a été jugée comme la méthode la plus appropriée statistiquement et conceptuellement pour la mesure. Sur la base de ces tests, les items 5 et 19 ont été éliminés puisque leur poids de saturation ne rencontre pas le seuil de 0,4 (Field, 2009). L’ACP finale, comprenant les données des 217 femmes ayant répondu à l’ensemble des 15 items de la mesure, explique 42,31 % de la variance totale. L’indice global de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) est de 0,86 et les indices de KMO aux items individuels sont tous plus élevés que la limite de 0,5 ce qui suggère que la taille de l’échantillon est adéquate pour effectuer une 0 1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
  28. 28. 20 ACP (Field, 2009). De même, le dernier test de sphéricité de Bartlett est significatif, x2 (105) = 836,92, p < ,001, ce qui indique que les corrélations entre les items sont suffisamment fortes pour effectuer une ACP. Une corrélation significative a été obtenue entre les deux composantes, ce qui justifie une rotation oblique (r = 0,41). Le poids de saturation des deux composantes sur chaque item est illustré dans la matrice des types (Tableau 1). Les valeurs plus élevées que 0,4 sont en caractère gras. La matrice de structure (Tableau 2) vient confirmer la conceptualisation à deux composantes. Les deux composantes saturent l’item 4 dans la matrice de structure, mais le poids associé est plus élevé pour la deuxième composante.
  29. 29. 21 Tableau 1. Matrice des types Poids associé aux composantes après la rotation Impression de compter pour les enfants Ouverture de l’enfant vers la mère 16. À quelle fréquence vos enfants démontrent-ils de l’affection verbale ou non verbale à votre égard? ,760 -,028 17. À quelle fréquence avez-vous l’impression d’influencer positivement le développement de vos enfants? ,701 -,062 9. À quelle fréquence vos enfants font-ils des activités avec vous? ,677 ,099 21. À quelle fréquence ressentez-vous que vos enfants ont besoin de vous? ,677 -,086 6. À quelle fréquence vos enfants font-ils appel à vous pour du réconfort lorsqu’ils sont tristes? ,625 -,022 15. À quelle fréquence vos enfants vous demandent-ils de participer à un rituel spécial avec eux? ,572 -,109 1. À quelle fréquence éprouvez-vous le sentiment de compter pour vos enfants? ,566 ,102 8. À quelle fréquence vos enfants s’ennuient-ils de vous lorsque vous n’êtes pas avec eux pour une longue période de temps? ,534 ,118 7. À quelle fréquence vos enfants sont-ils honnêtes avec vous? ,529 ,106 20. À quelle fréquence vos enfants cherchent-ils de l’encouragement de votre part lorsqu’ils accomplissent une tâche? ,441 ,107 3. À quelle fréquence vos enfants acceptent-ils des compromis pour vous? -,132 ,833 10. À quelle fréquence vos enfants s’inquiètent-ils à votre sujet quand vous êtes malade, stressée ou préoccupée? ,055 ,730 12. À quelle fréquence vos enfants partagent-ils des informations personnelles avec vous? -,011 ,680 11. À quelle fréquence vos enfants demandent-ils de passer du temps seuls avec vous? ,062 ,560 4. À quelle fréquence vos enfants reconnaissent-ils l’aide ou les conseils que vous leur offrez? ,242 ,505 Valeurs propres 4,768 1,578 % de variance 31,783 10,522 α ,806 ,716 Note. Les poids de saturation plus élevés que 0,4 sont en caractère gras.
  30. 30. 22 Tableau 2. Matrice de structure Poids associé aux composantes après la rotation Impression de compter pour les enfants Ouverture de l’enfant vers la mère 16. À quelle fréquence vos enfants démontrent-ils de l’affection verbale ou non verbale à votre égard? ,749 ,281 9. À quelle fréquence vos enfants font-ils des activités avec vous? ,718 ,374 17. À quelle fréquence avez-vous l’impression d’influencer positivement le développement de vos enfants? ,676 ,223 21. À quelle fréquence ressentez-vous que vos enfants ont besoin de vous? ,641 ,189 6. À quelle fréquence vos enfants font-ils appel à vous pour du réconfort lorsqu’ils sont tristes? ,616 ,232 1. À quelle fréquence éprouvez-vous le sentiment de compter pour vos enfants? ,607 ,332 8. À quelle fréquence vos enfants s’ennuient-ils de vous lorsque vous n’êtes pas avec eux pour une longue période de temps? ,583 ,336 7. À quelle fréquence vos enfants sont-ils honnêtes avec vous? ,572 ,322 15. À quelle fréquence vos enfants vous demandent-ils de participer à un rituel spécial avec eux? ,527 ,123 20. À quelle fréquence vos enfants cherchent-ils de l’encouragement de votre part lorsqu’ils accomplissent une tâche? ,485 ,287 3. À quelle fréquence vos enfants acceptent-ils des compromis pour vous? ,207 ,779 10. À quelle fréquence vos enfants s’inquiètent-ils à votre sujet quand vous êtes malade, stressée ou préoccupée? ,352 ,752 12. À quelle fréquence vos enfants partagent-ils des informations personnelles avec vous? ,266 ,676 4. À quelle fréquence vos enfants reconnaissent-ils l’aide ou les conseils que vous leur offrez? ,448 ,604 11. À quelle fréquence vos enfants demandent-ils de passer du temps seuls avec vous? ,290 ,586 Note. Les poids de saturation plus élevés que 0,4 sont en caractère gras.
  31. 31. 23 Contrairement à ce qu’avaient proposé Marshall et Lambert (2006) à la suite de leur étude qualitative, les composantes qui sont ressorties se classent sous deux sous- échelles. La première composante englobe des thèmes liés à la réciprocité entre la mère et ses enfants. Plus précisément, les items qui s’y rapportent sont liés soit à l’engagement de l’enfant vers le parent (e.g. l’honnêteté avec le parent), soit à l’influence du parent sur l’enfant (e.g. l’influence du parent sur le développement de l’enfant) ou à l’engagement bidirectionnel (e.g. les activités ou les rituels conjoints). La première composante sature aussi les deux items généraux de l’impression de compter pour les enfants. Conséquemment, il semble pertinent de croire que cette sous-échelle englobe le concept de l’impression de compter pour les enfants en général. La deuxième composante se centre plutôt sur l’ouverture de l’enfant à l’égard de la mère (e.g. le partage de l’information personnelle). En somme, l’ACP suggère qu’ensemble, les deux composantes forment une mesure évaluant la qualité du lien émotionnel entre la mère et ses enfants, tout en ayant une sous-échelle mesurant plus précisément l’impression de compter pour les enfants et une sous-échelle évaluant l’ouverture de l’enfant à l’égard de la mère. Une analyse de la fiabilité (mesurée à l’aide de l’alpha de Cronbach) révèle que la cohérence interne de la mesure complète est forte (α = 0,826). De plus, l’analyse suggère que la fiabilité des sous-échelles est également bonne. La cohérence interne de la sous-échelle de l’impression de la mère de compter pour ses enfants est bonne et de la sous-échelle de l’ouverture de l’enfant à l’égard de sa mère est satisfaisante. Compte tenu de ces résultats, la sous-échelle de l’impression de compter pour les enfants comportant 10 items est jugée adéquate pour répondre aux objectifs de la présente étude et sera donc utilisée dans les analyses statistiques (voir la liste d’items à l’Annexe B). Un score total, allant de 1 à 4, est donc calculé à partir des données brutes, en faisant la moyenne des scores aux items. Plus le score est élevé, plus la mère a l’impression de compter pour ses enfants.
  32. 32. 24 3.1.2. Analyse des statistiques descriptives L’analyse des statistiques descriptives de l’échantillon révèle que les femmes rapportent en général un partage inégal des tâches familiales dans lequel elles sont responsables de la majorité des tâches familiales (moyenne = 5,15; écart-type = 0,89), un haut niveau d’impression de compter pour leurs enfants (moyenne = 3,64; écart-type = 0,35) et une légère perception d’injustice pour elles-mêmes quant au partage des tâches familiales (moyenne = 3,33; écart-type = 0,5). Plus précisément, on observe que les femmes de cet échantillon jugent le partage des tâches familiales comme étant soit injuste pour leur partenaire (6%), juste pour les deux partenaires (43%) ou, encore, injuste pour elles (51%). En ce qui concerne leur contribution absolue à l’ensemble des tâches non-rémunérées (incluant les tâches intermittentes et les tâches routinières), les femmes rapportent avoir passé 68 heures en moyenne lors de la dernière semaine à en accomplir. Plus précisément, elles rapportent avoir passé 14 heures (écart-type = 14,01) aux tâches ménagères et 54 heures (écart-type = 45,84) aux soins des enfants. Les femmes rapportent que leurs partenaires ont consacré près de la moitié moins de temps qu’elles à de telles tâches au cours de la dernière semaine, soit une moyenne de 35 heures (écart-type = 33,66). Elles rapportent qu’ils ont passé 9 heures (écart-type = 9,90) à accomplir des tâches ménagères et 26 heures (écart-type = 30,27) aux soins des enfants. Le tableau 3 présente les moyennes et les écarts-types pour les variables à l’étude. Des corrélations de Pearson ont été calculées pour les couples de variables continues. Ces corrélations sont décrites dans le tableau 4. Tel que postulé, la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales est corrélée de façon positive (r = 0,544; p < 0,001) avec la perception d’iniquité de la femme. En d’autres mots, plus la femme accomplit de tâches non-rémunérées liées à la famille relativement à son partenaire, plus elle perçoit le partage comme étant injuste.
  33. 33. 25 Tableau 3. Statistiques descriptives des covariables et des variables à l’étude n Moyenne Écart-type Étendue Minimum Maximum Covariables Âge 232 33,46 5,21 21 50 Années de scolarité de la femme 232 16,18 2,60 7 24 Années de scolarité du partenaire 232 15,01 2,86 7 26 Différence d’heures de travail rémunéré1 227 16,61 23,01 -45 95 Impression de compter pour le partenaire 225 3,34 ,55 1,42 4 Variable indépendante Contribution relative au partage des tâches familiales 232 5,15 ,89 2,83 7 Variable modératrice Impression de compter pour les enfants 231 3,64 ,35 2,4 4 Variable dépendante Perception d’iniquité quant aux tâches familiales 232 3,33 ,50 2 5 1 La différence du nombre d’heures de travail rémunéré des partenaires a été calculée en soustrayant le nombre d’heures de travail hebdomadaire de la femme de celui de son partenaire. Ainsi, un score positif indique que la femme a plus de temps disponible que son partenaire pour accomplir les tâches familiales, alors qu’un score négatif indique qu’elle en a moins que lui.
  34. 34. 26 Tableau 4. Corrélations entre les variables continues (n = 232) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1. Âge - 2. Années de scolarité ,07 - 3. Années de scolarité du partenaire ,18** ,53*** - 4. Différence d’heures de travail rémunéré 5. Revenu annuel 6. Revenu annuel du partenaire -,20** ,28*** ,06 -,13 ,43*** ,10 -,08 ,26*** ,17** - -,34*** ,25*** - ,08 - 7. Impression de compter pour le partenaire -,08 ,03 ,05 -,09 ,04 -,02 - 8. Impression de compter pour les enfants -,24*** ,04 ,05 ,03 -,01 ,15* ,24*** - 9. Contribution relative au partage des tâches familiales -,04 -,19** -,10 ,32*** -,13* ,10 -,18** ,11 - 10. Perception d’iniquité ,06 -,14* -,13* ,16* -,01 ,06 -,31*** -,03 ,54*** - * p < 0,05. ** p < 0,01. *** p < 0,001.
  35. 35. 27 3.2. Analyses principales 3.2.1. Postulats de base de la régression multiple Les différents postulats de base de la régression multiple hiérarchique suggérés par Field (2009) ont été vérifiés. D’abord, les postulats concernant la taille de l’échantillon et de la variance des variables d’intérêt ont été vérifiés et sont respectés. L’étude des statistiques de dissymétrie et de kurtose révèle des problèmes de dissymétrie pour les variables de la perception d’iniquité et l’impression de compter pour les enfants. Puisque cette distribution dissymétrique était attendue (plus d’observations aux niveaux élevés de l’impression de compter et plus d’observations près d’équitable pour les deux et très peu inéquitable pour moi), aucune transformation des variables n’a eu lieu. De même, l’examen de l’histogramme des résidus standardisés du modèle complet révèle une courbe normale ce qui indique que les erreurs sont distribuées de façon normale. L’étude du diagramme de dispersion confirme également que ce postulat est respecté. D’ailleurs, l’analyse de la statistique de Durbin-Watson (2,009) indique que les erreurs sont indépendantes (±2; Field, 2009). Ensuite, les postulats d’homoscédasticité et de linéarité ont été évalués. L’examen des diagrammes de dispersion des régressions partielles révèle que le postulat d’homoscédasticité n’est pas atteint pour la variable de l’impression de compter pour les enfants. Ainsi, la variance des résidus à chaque niveau de l’impression de compter pour les enfants augmente. Autrement dit, il a présence d’hétéroscédasticité. L’examen des diagrammes de dispersion révèle aussi que la relation entre la variable dépendante et les variables indépendantes est linéaire. En ce qui a trait aux données extrêmes, l’examen des diagnostics des observations révèle qu’aucune valeur n’est plus élevée que le seuil de 3,29 ce qui suggère que le modèle représente bien l’échantillon en considérant toutes les observations. Bien qu’il ne semble pas avoir présence de données extrêmes, d’autres postulats de base plus spécifiques ont été vérifiés. D’abord, les valeurs de Cook ne dépassent pas le seuil de 1, ce qui suggère qu’en général, aucune des observations individuelles n’a trop d’influence sur le modèle. De même, l’influence de la variable dépendante sur les variables prédictives, mesurée par la valeur de levier, doit être moins élevée que deux fois sa moyenne (Field, 2009). Aucune des valeurs de levier ne dépasse ce critère. Selon Field
  36. 36. 28 (2009), une distance de Mahalanobis, mesurant l’écart entre les observations et la moyenne des valeurs prédictives, plus élevée que 25 pour un échantillon de 500 ou 15 pour 100 sujets pourrait être problématique. Conséquemment, six observations ont dû être éliminées afin d’éviter d’utiliser des données déviantes multivariées dans la régression multiple. Dans le même ordre d’idées, les valeurs DFBeta standardisées sont toutes inférieures à 1 ce qui indique qu’aucune des observations individuelles n’exerce une influence excessive sur les paramètres du modèle de régression (Field, 2009). L’analyse des statistiques de colinéarité (la tolérance et le facteur d’inflation de la variance) révèle que la multicolinéarité ne pose pas un problème pour cet échantillon. Par contre, l’analyse des diagnostics de colinéarité révèle qu’une corrélation positive existe entre le nombre d’années de scolarité de la femme et celui de son partenaire, ce qui était attendu. Conséquemment, aucune des variables n’a été éliminée. Bref, l’analyse des postulats de base suggère que la régression multiple hiérarchique peut être effectuée, tout en interprétant les résultats avec prudence. 3.2.2. Régression multiple hiérarchique Une régression multiple hiérarchique a alors été effectuée dans le but de vérifier si l’impression de compter pour les enfants modère la relation entre la contribution relative au partage des tâches familiales et la perception d’iniquité de la femme, tout en contrôlant pour son âge, le nombre d’années de scolarité de la répondante et de son partenaire, le revenu annuel personnel de la répondante et de son partenaire, la différence d’heures de travail rémunéré et son impression de compter pour le partenaire. Afin d’appuyer l’hypothèse que l’impression de compter pour les enfants (Z) agit comme effet modérateur dans la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches liées à la famille (X) et sa perception d’iniquité dans le couple, l’effet d’interaction XZ doit être significatif lorsqu’on contrôle pour X et Z séparément (Baron & Kenny, 1986). D’abord, les covariables, la variable indépendante ainsi que la variable modératrice ont été entrées dans le premier bloc de la régression. Ensuite, l’effet
  37. 37. 29 d’interaction entre le modérateur et la variable indépendante a été ajouté au deuxième bloc. Suivant une recommandation de Holmbeck (2002) et de Aiken et West (1991), la variable indépendante et la variable modératrice ont été centrées avant d’être multipliées et entrées dans la régression dans le but de faciliter l’interprétation. Si l’effet d’interaction est significatif lorsqu’on contrôle pour la variable indépendante et le modérateur, la méthode de Holmbeck (2002) sera appliquée dans le but de comprendre l’interaction. Les résultats de la régression multiple hiérarchique sont présentés dans le tableau 5. Le modèle complet explique 38,2% de la variance au niveau de la perception d’iniquité, F(10, 196) = 12,02, p < ,001. L’effet d’interaction entre l’impression de compter pour les enfants et la contribution relative aux tâches familiales est significatif, β = -,16, p < ,01, Δr2 = ,02.
  38. 38. 30 Tableau 5. Régression multiple hiérarchique prédisant la perception d’iniquité de la femme Variables indépendantes B Erreur standard β Δr2 r2 Bloc 1 ,36*** Âge ,005 ,006 ,056 Années de scolarité ,009 ,015 ,045 Années de scolarité du partenaire -,023 ,013 -,125 Revenu annuel ,013 ,013 ,074 Revenu annuel du partenaire ,007 ,012 ,035 Différence d’heures de travail rémunéré ,000 ,001 ,000 Impression de compter pour le partenaire -,192 ,056 -,208** Contribution relative au partage des tâches familiales ,267 ,034 ,488*** Impression de compter pour les enfants -,128 ,091 -,087 Bloc 2 ,02** ,38** Âge ,004 ,006 ,039 Années de scolarité ,013 ,015 ,069 Années de scolarité du partenaire -,025 ,013 -,135a Revenu annuel ,011 ,012 ,060 Revenu annuel du partenaire ,006 ,012 ,031 Différence d’heures de travail rémunéré ,000 ,001 -,020 Impression de compter pour le partenaire -,185 ,055 -,200** Contribution relative au partage des tâches familiales ,293 ,035 ,535*** Impression de compter pour les enfants -,168 ,091 -,114 Contribution relative au partage des tâches familiales X Impression de compter pour les enfants -,331 ,126 -,157** * p < 0,05. ** p < 0,01. *** p < 0,001. a p = 0,05
  39. 39. 31 Afin d’interpréter l’effet d’interaction significatif, des analyses post hoc sont effectuées (Holmbeck, 2002). Tel que postulé, l’impression de compter pour les enfants sert d’effet modérateur dans la relation entre la contribution de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité dans le couple. Deux régressions ont été effectuées : une qui génère une pente quand le modérateur est à 1 écart-type au-dessus de la moyenne (forte impression de compter pour les enfants) et une qui génère une pente quand le modérateur est à 1 écart-type en dessous de la moyenne (faible impression de compter pour les enfants). Les mêmes covariables utilisées dans les analyses précédentes sont entrées dans les analyses. Les analyses post hoc (Figure 3) concernant la relation entre la contribution relative au partage des tâches familiales et la perception d’iniquité de la femme sont significatives lorsque l’impression de compter pour les enfants est élevée, β = 0,33; p < 0,001 (B = 0,18; E.S. = 0,05). La relation entre la contribution relative aux tâches familiales et la perception d’iniquité est aussi significative lorsque l’impression de compter pour les enfants est moins élevée, β = 0,74; p < 0,001 (B = 0,40; E.S. = 0,06). Les résultats d’une comparaison entre les coefficients de régression (voir Paternoster, Brame, Mazerolle, & Piquero, 1998 et Clogg, Petkova, & Haritou, 1995) révèlent que la pente calculée pour une forte impression de compter pour les enfants est significativement différente de celle qui a été calculée pour une moins forte impression de compter pour les enfants, Z = - 2,98; p < 0,01. Alors, lorsque la femme a une forte ou une faible impression de compter pour ses enfants, plus sa contribution au partage des tâches familiales augmente, plus son sentiment d’injustice s’accroit. Toutefois, l’effet est plus prononcé lorsque la femme a une faible impression de compter pour ses enfants. Autrement dit, pour les femmes ayant peu l’impression de compter pour leurs enfants, le sentiment d’injustice quant au partage des tâches monte plus rapidement avec leur contribution que les femmes ayant une plus forte impression de compter pour leurs enfants.
  40. 40. 32 Figure 3. Le rôle modérateur de l’impression de compter pour les enfants dans la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité dans le couple 3.5 4 4.5 -1 é.t. + 1 é.t Perceptiond'iniquité Contribution relative aux tâches familiales Faible impression de compter Forte impression de compter
  41. 41. CHAPITRE IV Discussion Cette étude visait à faire la lumière sur les perceptions d’équité des femmes quant au partage des tâches familiales dans le couple. Plus précisément, je cherchais à vérifier si, chez les mères d’enfants âgés de 2 à 12 ans, l’impression de compter pour les enfants influence la relation entre leur contribution au partage des tâches familiales, relative à celle de leur partenaire, et leur perception d’iniquité quant à ces mêmes tâches. L’impression de compter pour les enfants a été conceptualisée comme étant le sentiment d’être importante pour ses enfants et a été mesurée à l’aide d’une échelle créée à cet effet. Dans l’ensemble, cette étude réitère certaines observations antérieures documentées dans la littérature en psychologie sociale et conjugale. D’abord, nos résultats soutiennent les données retrouvées dans la littérature suggérant que les femmes accomplissent la grande majorité des tâches familiales. Plus précisément, les femmes de notre échantillon rapportent passer près de deux fois plus de temps que leur partenaire à accomplir l’ensemble des tâches ménagères qui répondent directement aux besoins des membres de la famille, ce qui appuient les résultats retrouvés dans la littérature (voir Fuwa & Cohen, 2007 pour des résultats similaires). Cette tendance se tient même quand on considère également les soins aux enfants. De même, les résultats obtenus vont de pair avec ceux des études récentes suggérant que les femmes ne jugent pas nécessairement un partage inégal comme étant très injuste (voir Braun et al., 2008 et Kawamura & Brown, 2010), mais que le sentiment d’injustice augmente avec l’accroissement de leur contribution au partage des tâches (voir Claffey & Mickelson, 2009). En effet, les mères de notre échantillon jugent, en moyenne, un partage dans lequel elles accomplissent la majorité des tâches liées à la famille comme étant que légèrement injuste pour elle-même. De plus, près de la moitié des femmes jugent le partage comme étant juste pour elles ou pour les deux partenaires et l’autre moitié des femmes le jugent comme étant injuste pour elles. Toutefois, la perception d’injustice des femmes de cette étude augmente aussi plus elles contribuent à l’accomplissement des tâches familiales dans le couple.
  42. 42. 34 Ces résultats préliminaires appuient l’idée défendue par Braun et ses collègues (2008) à l’effet que la contribution au partage des tâches non-rémunérées n’est pas suffisante pour expliquer les perceptions d’équité dans le couple. Ils soutiennent également la proposition initiale qu’il est important de se pencher sur les variables modératrices, particulièrement celles d’ordre émotionnel, qui interagissent avec le partage des tâches pour prédire les perceptions d’équité. À ce niveau, les analyses principales de la présente étude ont permis d’identifier un des facteurs d’ordre émotionnel qui distinguent les femmes pour lesquelles une haute contribution au partage des tâches familiales est liée à un accroissement élevé du sentiment d’injustice de celles pour lesquelles une haute contribution est liée à un accroissement moins élevé de la perception d’iniquité. La présente étude complémente les résultats antérieurs visant à appuyer la validité de la théorie de la justice distributive pour mieux comprendre l’équité dans le couple. Cette théorie soutient que les perceptions d’équité des femmes sont influencées par les agents de comparaison, les rationalisations attribuées au travail ainsi que les compensations reçues pour les tâches accomplies (Thompson, 1991). Alors que les études antérieures ont surtout documenté l’impact des rationalisations ainsi que des agents de comparaison pour comprendre les raisons pour lesquelles les femmes jugent généralement un partage inégal des tâches non-rémunérées comme étant juste, les résultats de la présente étude et ceux de d’autres études récentes documentent le rôle des compensations reçues (voir aussi Kawamura & Brown, 2010 et Lachance-Grzela, 2012). Effectivement, cette étude révèle que les compensations, notamment celles d’ordre émotionnel, influencent la perception d’iniquité des femmes au sein du couple. Ces résultats viennent donc appuyer la composante récompenses de la théorie de la justice distributive. Plus précisément, les résultats obtenus soutiennent l’hypothèse du rôle modérateur de l’impression de compter pour les enfants dans le lien entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et sa perception d’iniquité quant au partage de
  43. 43. 35 cet ensemble de tâches (Hypothèse 1). Plus précisément, l’impression de compter pour les enfants vient modifier la force de la relation entre la contribution relative de la femme au partage des tâches familiales et leur perception d’iniquité quant à ces mêmes tâches. Ces résultats appuient l’idée générale que les compensations d’ordre émotionnel que reçoivent les mères de la part de leurs enfants ont une influence sur leur perception d’iniquité concernant le partage des tâches non-rémunérées liées à la famille effectué avec le conjoint. Lorsque les femmes ont peu l’impression de compter pour leurs enfants, plus leur contribution aux tâches familiales est grande par rapport à celle de leur conjoint, plus elles sont portées à juger que le partage est inéquitable (Hypothèse 1a). Ces résultats suggèrent qu’en l’absence d’une compensation émotionnelle, telle que le fait de se sentir importante pour ses enfants, plus son investissement dans le partage des tâches familiales est grand, plus la femme sera portée à juger que c’est injuste pour elle. Il avait aussi été postulé que lorsque les femmes ont une forte impression de compter pour leurs enfants, plus leur contribution relative au partage des tâches familiales s’accroit, plus leur perception d’iniquité quant à ces même tâches s’accroit. Toutefois, il avait été postulé que l’association serait moins prononcée que chez les femmes ayant une faible impression de compter pour les enfants (Hypothèse 1b). À cet effet, les résultats de la présente étude appuient cette hypothèse. Plus précisément, lorsque les femmes rapportent une forte impression de compter pour leurs enfants, plus leur contribution relative aux tâches familiales s’accroit, plus elles sont, elles aussi, insatisfaites de cet arrangement. Par contre, dans ce contexte, l’insatisfaction s’accroit moins drastiquement que chez les femmes ayant une faible impression de compter pour leurs enfants. En d’autres mots, une plus grande contribution au partage des tâches familiales est liée à une augmentation de la perception d’injustice chez les mères en général, mais l’augmentation est plus considérable lorsqu’elles ont une plus faible impression de compter pour leurs enfants, c’est-à-dire lorsqu’elles se sentent peu récompensées émotionnellement. Il importe de souligner que ces résultats sont obtenus au-delà de l’impact de certains facteurs déjà connus comme ayant un impact sur le partage des tâches et les
  44. 44. 36 perceptions d’équité. L’effet modérateur de l’impression de compter pour ses enfants a été trouvé tout en maintenant constantes les ressources des femmes et de leur partenaire, la disponibilité des femmes relativement à leur partenaire et l’impression de compter pour son partenaire, soit une variable émotionnelle qui avait déjà été étudiée dans ce contexte (voir Kawamura & Brown, 2010 et Lachance-Grzela, 2012). Ces résultats suggèrent que nous ayons affaire à un effet modérateur robuste. Il est documenté qu’en réponse aux pressions de temps, les femmes ont souvent tendance à jongler les tâches ménagères ainsi que les soins aux enfants simultanément (Craig, 2006b), tendance appelée « multitasking » en anglais (Spink, Cole, & Waller, 2008). Par exemple, pour maximiser son temps, une mère pourrait préparer un repas tout en aidant son enfant avec ses devoirs. Ce multitasking est d’ailleurs décrit par les femmes comme étant une expérience positive lorsqu’il est accompli en présence des enfants (Offer & Schneider, 2011). Dans cette optique, il semble plausible que l’accomplissement des tâches familiales puisse créer des opportunités de contact auprès des enfants qui permettent aux mères de développer une relation étroite avec eux. Lorsque, dans ce contexte, les mères ont la chance de recevoir de l’affection de la part de leurs enfants ou de les réconforter dans les moments difficiles, de faire des activités ou de participer à un rituel spécial avec eux, elles peuvent sentir qu’elles influencent positivement leur développement et, par conséquent, se sentir importantes à leurs yeux. Cela représenterait une valorisation considérable pour les mères et pourrait expliquer qu’elles soient moins portées à remettre en question l’état actuel du fonctionnement familial par comparaison aux femmes dont l’implication ne mène pas à une valorisation aussi gratifiante. Ceci expliquerait pourquoi un partage inégal des tâches familiales n’évoque pas nécessairement un sentiment d’insatisfaction chez les femmes. En fait, cette gratification pourrait également expliquer des résultats antérieurs révélant que les femmes jugent certaines tâches, comme le nettoyage, la préparation des repas et les soins aux enfants de façon positive (Kroska, 2003; Poortman & Van Der Lippe, 2009). Bref, cette étude contribue de diverses façons à la littérature concernant le fonctionnement familial et, plus précisément, l’équité dans le couple. D’abord, ces
  45. 45. 37 résultats répondent aux chercheurs qui ont révélé qu’il serait primordial d’étudier les variables émotionnelles dans le cadre des perceptions d’équité quant au partage des tâches (voir Kawamura & Brown, 2010; Lachance-Grzela, 2012) afin de mieux comprendre le paradoxe de la perception de justice quant à un partage inégal des tâches. La présente étude permet également de combler une lacune dans la littérature en offrant un appui empirique à la composante de compensation de la théorie de la justice distributive. De plus, une mesure a été créée afin d’évaluer l’impression de compter pour ses enfants, un concept qui pourrait être important pour explorer le fonctionnement et les dynamiques familiales en général. Cette mesure, ayant une forte cohérence interne, pourrait permettre aussi d’évaluer le concept de l’impression de compter pour ses enfants dans des études futures. 4.1. Limites Bien que cette étude permette l’avancement des connaissances dans le domaine de la psychologie sociale, elle possède tout de même certaines limites. D’abord, les sujets qui composent l’échantillon n’ont pas été choisis de façon aléatoire. Aussi, l’échantillon consiste généralement de femmes scolarisées, ayant un revenu relativement élevé et rapportant un niveau plutôt élevé d’impression de compter pour leurs enfants. Dans le même ordre d’idées, la mesure de l’impression de compter pour ses enfants a été créée à partir d’un échantillon plutôt homogène de femmes. Conséquemment, les résultats de cette étude devraient être généralisés avec prudence et, à l’avenir, être répliqués avec un échantillon de femmes plus diversifié, notamment avec plus de femmes ayant peu l’impression de compter pour leurs enfants. De plus, le devis de recherche corrélationnel et transversal fait en sorte qu’un lien causal entre la contribution relative des femmes au partage des tâches familiales et leur perception d’iniquité quant à ces mêmes tâches ne peut pas être confirmé. Une étude longitudinale sur le sujet devrait être conduite pour tenter de répliquer les résultats et ainsi appuyer les liens proposés. De surcroit, les mesures utilisées sont des mesures subjectives et les questionnaires basés sur le rappel contribuent aux erreurs de mesure. Afin de corriger l’impact de ces dernières limites, un journal de temps ne requérant pas
  46. 46. 38 le rappel pourrait être utilisé à l’avenir (voir Bianchi et al., 2000; Hook, 2006 ayant utilisé cette méthode). 4.2. Avenues futures Compte tenu du fait que l’étude des compensations d’ordre émotionnel et de l’impression de compter est relativement jeune, diverses avenues de recherches futures peuvent être envisagées. D’abord, les études futures pourraient explorer le rôle de l’appréciation des enfants plus âgés dans la relation entre la contribution de la femme au partage des tâches et sa perception d’équité. Il se pourrait que l’impression de compter pour ses enfants soit une récompense émotionnelle qui diminue plus les enfants deviennent indépendants et développent leur propre système de soutien social. Il serait donc avantageux de vérifier si l’impression de compter reste aussi importante ou si, à l’inverse, l’interaction entre la contribution des mères au partage des tâches familiales et l’appréciation démontrée par les enfants plus âgés prédit de façon plus forte les perceptions d’équité des mères. De même, il serait intéressant de vérifier si l’effet d’interaction entre la contribution au partage des tâches et l’impression de compter pour ses enfants serait médiatisé par la qualité de la relation entre le parent et son enfant. Il se peut que l’impact de l’interaction entre la contribution de la femme aux tâches et l’impression de compter pour ses enfants sur sa perception d’équité dans le couple soit expliquée par la qualité du lien entre la mère et ses enfants. Pour cette raison, il serait avantageux d’explorer ce modèle de modération-médiatisée dans les recherches futures. Quoiqu’il soit important de comprendre ce qui motive les mères à s’impliquer dans le milieu familial, il est aussi primordial d’étudier les facteurs qui motivent les pères à s’investir davantage dans les tâches liées à la famille. En ce qui a trait à la révolution des genres, des avancements significatifs ont eu lieu sur le marché du travail. Toutefois, ces avancements n’ont pas été répliqués dans la sphère domestique (Craig, 2006a; Goldscheider, Bernhardt, & Lappegard, 2014). Afin d’atteindre l’égalité dans le milieu familial, il importe de s’intéresser aussi aux motivations qui poussent les hommes à s’impliquer davantage. À la lumière de la littérature récente suggérant que l’implication des hommes aurait tendance à s’accroitre de façon plus importante en ce qui a trait aux
  47. 47. 39 soins des enfants (voir Goldscheider et al., 2014), il serait intéressant de vérifier si les hommes s’impliquent davantage dans les contextes où leur contribution est accompagnée par un accroissement de l’impression de compter pour les enfants. 4.3. Implications cliniques et sociales Les résultats de la présente étude ont diverses implications sur le plan clinique et social. D’abord, la littérature en psychologie conjugale documente un lien entre la perception d’injustice ainsi que le niveau de détresse personnelle (Lennon & Rosenfield, 1994) et conjugale (Claffey & Mickelson, 2009). La majorité des femmes de notre échantillon ont jugé le partage des tâches familiales comme étant injuste pour elles. Compte tenu du fait que les femmes sont généralement insatisfaites quant au partage inégal des tâches et que ces inégalités peuvent découler de d’autres problématiques latentes, il semblerait que le travail domestique soit un thème important à aborder auprès des couples qui cherchent du soutien professionnel. Tel que mentionné antérieurement, des avancements significatifs ont eu lieu sur le marché du travail, mais les femmes vivent encore des inégalités dans la sphère domestique (Craig, 2006a; Goldscheider et al., 2014). Sur le plan social, des chercheurs ont argumenté que l’inégalité dans la sphère familiale nuit à la capacité des femmes à atteindre l’égalité dans la sphère publique (Poeschl, 2008; Lothaller et al., 2009). De façon similaire, d’autres défendent l’idée qu’une division plus égale des tâches domestiques entre les parents pourrait mener à une augmentation de l’égalité à la maison et au travail pour les générations futures (Croft, Schmader, Block, & Scott Baron, 2014). Certains vont jusqu’à suggérer que l’atteinte de l’égalité dans la sphère domestique permettrait à la révolution des genres de se compléter (voir Goldscheider et al., 2014 pour une argumentation similaire). En s’appuyant sur ces arguments, il semble qu’il serait donc avantageux de chercher à réduire la contribution des femmes aux tâches familiales ou à augmenter celle des hommes afin d’atteindre l’égalité non seulement au travail, mais aussi à la maison.
  48. 48. 40 Bref, les résultats de cette étude révèlent que les récompenses que les mères reçoivent de leurs enfants jouent un rôle important dans l’évaluation qu’elles font du fonctionnement de la famille et, plus précisément, de l’équité quant au partage des tâches effectué avec leur conjoint. L’impression de compter pour les enfants vient modifier la force de la relation entre leur contribution relative au partage des tâches familiales et leur perception d’iniquité quant à ce partage. Compte tenu que les enfants apprennent par la socialisation et que certains d’entre eux observent leur mère retirer une satisfaction en accomplissant des tâches en leur présence, ceci pourrait favoriser la transmission intergénérationnelle des patrons quant au partage des tâches familiales. Cette transmission pourrait expliquer, en partie, pourquoi l’atteinte de l’égalité dans la sphère domestique, et la révolution des genres en général, se fait lentement et difficilement. Ceci étant dit, l’intérêt marqué et continu pour les questions d’égalité et d’équité, la meilleure compréhension qui en découle ainsi que le fait que les hommes prennent un rôle de plus en plus actif au sein de la famille (voir Goldscheider et al., 2014) semblent pouvoir justifier un certain optimisme.
  49. 49. RÉFÉRENCES Aiken, L. S., & West, S. G. (1991). Multiple regression: Testing and interpreting interactions. Newbury Park, CA: Sage. Badr, H., & Acitelli, L. K. (2008). Attachment insecurity and perceptions of housework: Associations with marital well-being. Journal of Family Psychology, 22, 313-319. Baron, R. M., & Kenny, D. A. (1986). The moderator–mediator variable distinction in social psychological research: Conceptual, strategic, and statistical considerations. Journal of Personality and Social Psychology, 51, 1173-1182. Bartley, S. J., Blanton, P. W., & Gilliard, J. L. (2005). Husbands and wives in dual- earner marriages : Decision-making, gender role attitudes, division of household labor, and equity. Marriage and Family Review, 37, 69-94. Batalova, J. A., & Cohen, P. N. (2002). Premarital cohabitations and housework : Couples in cross-national perspective. Journal of Marriage and Family, 64, 743- 755. Baxter, J., & Western, M. (1998). Satisfaction with housework: Examining the paradox. Sociology, 32, 101-120. Bianchi, S. M., Milkie, M. A, Sayer, L. C., & Robinson, J. P. (2000). Is anyone doing the housework? Trends in the gender division of household labor. Social Forces, 79, 191-228. Bouchard, G., & Poirier, L. (2011). Neuroticism and well-being among employed new parents: The role of the work-family conflict. Personality and Individual Differences, 50, 657-661. Braun, M., Lewin-Epstein, N., Stier, H., & Baumgärtner, M. K. (2008). Perceived equity in the gendered division of household labor. Journal of Marriage and Family, 70, 1145-1156. Brown, J. D. (2009). Principal components analysis and exploratory factor analysis – Definitions, differences, and choices. Shiken : JALT Testing & Evaluation SIG Newsletter, 13, 26-30. Bun Lam, C., McHale, S. M., & Crouter, A. C. (2012). The division of household labor : Longitudinal changes and within-couple variation. Journal of Marriage and Family, 74, 944-952. Claffey, S. T., & Mickelson, K. D. (2009). Division of household labor and distress : The role of perceived fairness for employed mothers. Sex Roles, 60, 819-831.
  50. 50. 42 Clogg, C. C., Petkova, E., & Haritou, A. (1995). Statistical methods for comparing regression coefficients between models. American Journal of Sociology, 100, 1261-1293. Coltrane, S. (2000). Research on household labor: Modeling and measuring the social embeddedness of routine family work. Journal of Marriage and Family, 62, 1208- 1233. Craig, L. (2006a). Children and the revolution: A time-diary analysis of the impact of motherhood on daily workload. Journal of Sociology, 42, 125-143. Craig, L. (2006b). Does father care mean fathers share? A comparison of how mothers and fathers in intact families spend time with children. Gender & Society, 20, 259- 281. Croft, A., Schmader, T., Block, K., & Scott Baron, A. (2014). The second shift reflected in the second generation: Do parents’ gender roles at home predict children’s aspirations? Psychological Science, 25, 1418-1428. Cunningham, M. (2007). Influences of women’s employment on the gendered division of household labor over the life course: Evidence from a 31-year panel study. Journal of Family Issues, 28, 422-444. Davis, S. N., & Greenstein, T. N. (2013). Why study housework? Cleaning as a window into power in couples. Journal of Family Theory & Review, 5, 63-71. DeMaris, A., & Longmore, M. A. (1996). Ideology, power, and equity: Testing competing explanations for the perception of fairness in household labor. Social Forces, 74, 1043-1071. Fabrigar, L. R., Wegener, D. T., MacCallum, R. C., & Strahan, E. J. (1999). Evaluating the use of exploratory factor analysis in psychological research. Psychological Methods, 4, 272-299. Field, A. (2009). Discovering statistics using SPSS. London: Sage. Fuwa, M., & Cohen, P. N. (2007). Housework and social policy. Social Science Research, 36, 512-530. Gager, C. T. (1998). The role of valued outcomes, justifications, and comparison referents in perceptions of fairness among dual-earner couples. Journal of Family Issues, 19, 622-648. Gager, C. T., & Hohmann-Marriott, B. (2006). Distributive justice in the household : A Comparison of alternative theoretical models. Marriage & Family Review, 40, 5- 42.
  51. 51. 43 Gershuny, J., & Sullivan, O. (2014). Household structure and housework: assessing the contributions of all household members, with a focus on children and youths. Review of Economics of the Household, 12, 7-27. Goldscheider, F., Bernhardt, E., & Lappegard, T. (2014). Studies of men’s involvement in the family-Part I: Introduction. Journal of Family Issues, 35, 879-890. Greenstein, T. N. (2009). National context, family satisfaction, and fairness in the division of household labor. Journal of Marriage and Family, 71, 1039-1051. Gupta, S. (2006). Her money, her time: Women’s earnings and their housework hours. Social Science Research, 35, 975-999. Hawkins, A. J., Marshall, C. M., & Meiners, K. M. (1995). Exploring wives' sense of fairness about family work: An initial test of the distributive justice framework. Journal of Family Issues, 16, 693-721. Holmbeck, G.N. (2002). Post hoc probing of significant moderational and mediational effects in studies of pediatric populations. Journal of Pediatric Psychology, 27, 87- 96. Hook, J. L. (2006). Care in context: Men's unpaid work in 20 countries, 1965–2003. American Sociological Review, 71, 639-660. Kawamura, S., & Brown, S. L. (2010). Mattering and wives’ perceived fairness of the division of household labor. Social Science Research, 39, 976-986. Killewald, A., & Gough, M. (2010). Money isn’t everything: Wives’ earning and housework time. Social Science Research, 39, 987-1003. Knudsen, K., & Waerness, K. (2008). National context and spouses’ housework in 34 countries. European Sociological Review, 24, 97-113. Kroska, A. (2003). Investigating gender differences in the meaning of household chores and childcare. Journal of Marriage and Family ,65, 456-473. Kroska, A. (2004). Divisions of domestic work revising and expanding the theoretical explanations. Journal of Family Issues, 25, 890-922. Lachance-Grzela, M. (2012). Mattering moderates the link between gender ideology and perceived fairness of the division of household labor. Interpersona: An International Journal on Personal Relationships, 6, 163-175. Lachance-Grzela, M. (2014). Women’s housework over a decade. In: Michalos, AC (Ed.). Encyclopedia of Quality of Life and Well-Being Research, Dordrecht, Netherlands: Springer, pp. 7159-7162.
  52. 52. 44 Lachance-Grzela, M., & Bouchard, G. (2010). Why do women do the lion’s share of housework? A decade of research. Sex Roles, 63, 767-780. Lee, Y. S., Schneider, B., & Waite, L. J. (2003). Children and housework: Some unanswered questions. Sociological Studies of Children and Youth, 9, 105–125. Lee, Y. S., & Waite, L. J. (2010). How appreciated do wives feel for the housework they do?*. Social Science Quarterly, 91, 476-492. Lennon, M. C., & Rosenfield, S. (1994). Relative fairness and the division of housework: The importance of options. American Journal of Sociology, 100, 506- 531. Lincoln, A. E. (2008). Gender, productivity, and the marital wage premium. Journal of Marriage and Family, 70, 806-814. Lothaller, H., Mikula, G., & Schoebi, D. (2009). What contributes to the (im)balanced division of family work between the sexes? Swiss Review of Psychology, 68, 143- 152. Major, B. (1987). Gender, justice, and the psychology of entitlement. In P. Shaver & C. Hendrick (Eds.), Sex and Gender, Newbury Park, CA: Sage, pp. 124-148. Marshall, S. K., & Lambert, J. D. (2006). Parental mattering: A qualitative inquiry into the tendency to evaluate the self as significant to ones children. Journal of Family Issues, 27, 1561-1582. Meggiolaro, S. (2014). Household labor allocation among married and cohabiting couples in Italy. Journal of Family Issues, 35, 851-876. Neilson, J., & Stanfors, M. (2014). It’s about time! Gender, parenthood, and household divisions of labor under different welfare regimes. Journal of Family Issues, 35, 1066-1088. Offer, S., & Schneider, B. (2011). Revisiting the gender gap in time-use patterns: Multitasking and well-being among mothers and fathers in dual-earner families. American Sociological Review, 76, 809-833. Öun, I. (2013). Is it fair to share? Perceptions of fairness in the division of housework among couples in 22 countries. Social Justice Research, 26, 400-421. Paternoster, R., Brame, R., Mazerolle, P., & Piquero, A. (1998). Using the correct statistical test for the equality of regression coefficients. Criminology, 36, 859-866. Pearlin, L. I., & Turner, H. A. (1987). The family as a context of the stress process. In S. V. Kasl & C. L. Cooper (Eds.), Stress and Health: Issues in Research Methodology, New York: John Wiley, pp. 143-165.

×