GRANDÉVANGILE DE JEAN          TOME 5Révélations du Christ  à Jacob Lorber      Traduit de lallemand      par Catherine Ba...
Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 5.Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber.Lorber Verlag, Postfach 18...
Jésus dans la région de Césarée de Philippe                               Matthieu, chap. 16 (suite)                      ...
serviteurs de Cyrénius saffairaient fort, sans être pourtant parvenus à préparer plusde la moitié de ce grand repas.9. Mar...
appétit.                                     Chapitre 2                            Comment on fait les miracles1. Au bout ...
mots infiniment limités du monde ! Aussi, ne men demande pas davantage ; car tantque ton âme ne sera pas devenue elle-même...
Chapitre 3               De ce que Dieu prévoit(*) et du libre arbitre de lhomme1. Raphaël dit en souriant: « Tu tes fait ...
5. Raphaël dit : « Oh, assurément, ce nest pas plus de travail pour nous ! Demandece que tu voudras, et cela sera ! »6. Su...
également dans la mer, non loin du tuyau inférieur. Les murs et le sol de la pièceétaient eux aussi revêtus de marbre blan...
tu dors et donc rêves encore ? Envoie ta femme et tes enfants vérifier eux aussi cequil en est, afin quà leur retour ils t...
préserverait pourtant Mon nom, naurait rien perdu, mais au contraire tout gagné ;mais celui dont le cœur perdrait Mon nom ...
12. Si un pauvre vient à toi affamé, donne-lui à manger et à boire et ne le laisse pasrepartir pauvre ; mais si quelquun v...
enfin : « Ne te tracasse pas pour Rome, noble gouverneur ! Les Romains eux-mêmes, passe encore ; mais il y a aussi à Rome ...
dAbraham, dIsaac et de Jacob, et de ce quil faisait, ils se mirent à rire de bon cœuret massurèrent avec la plus grande co...
Chapitre 8                         De la religion à Rome au temps de Jésus1. Cyrénius dit : « Mon enfant, tu as parfaiteme...
il fallait bien lui donner une direction qui, bien que féconde, nen était pas moinsdéterminée.6. Car tout homme a une imag...
humaine fait quil est plus facile de parvenir à une bonne volonté honnête quà lapure vérité qui seule fera de cette bonne ...
assassin ! Cest pourquoi elle tombera pour toujours et ne se relèvera plus jamais descendres de lancienne malédiction quel...
à la porte lexcellent médecin !18. La bêtise en soi mérite la pitié, parce quun idiot ny peut rien sil est bête depuisle b...
dexpérience; mais lorsquil arrive que ces hommes séloignent malencontreusementdu droit chemin, cest alors quune femme peut...
13. Aussi, Ma petite fille, ne sois jamais si peu que ce soit vaniteuse, et encore moinsfière et orgueilleuse, et tu respl...
plus éclairé.2. Mais, malgré toute notre expérience et notre jugement, ce miracle nous tracassebeaucoup, et nous ne savons...
dont nous ne saurions jamais Te remercier suffisamment. »                                        Chapitre 12              ...
5. Là-dessus, le chef noir retourne à ses compagnons et leur répète cela. Et ils luidisent fort sagement : « II est fort b...
son libre arbitre propre, si parfaitement unie que sa volonté soit désormais à laMienne, et cest pourquoi il peut non seul...
nombreuses reprises.13. Cest là, ô Seigneur, tout lenseignement que jai reçu de la bouche du grandprêtre. Quant aux autres...
âme augmente, plus la convexité de son miroir saccroît, et plus limage du soleilspirituel se fait donc petite sur la surfa...
que Mes actes, parce que, outre quils accompliront pleinement Ma volonté, ilspourront agir selon leur volonté parfaitement...
5. Le chef dit : « Si je lai compris ! Mais mon âme ne sen réjouit pas pour autant ;car lorsque Tu nous as donné ce nom d"...
Chapitre 16               La délégation de Césarée se présente devant Cyrénius1. À peine avais-Je fini de parler que douze...
La Grande Evangile de Jean - Vol. 5 (Jakob Lorber)
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L'œuvre principale de Nouvelle Revelation est le récit détailé des trois années d'enseignement de Notre Seigneur Jésus en 11 volumes - GRAND ÉVANGILE DE JEAN - Révélations du Christ à Jacob LorberTraduit de l'allemand par Catherine Barret - HELIOS. Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 10. Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber. Lorber Verlag, Postfach 1851, D-74308 Bietigheim-Bissingen. La traduction et l’impression du livre present ont été élaborées avec le soutien des editions Lorber-Verlag et celui de l’Association de Soutien de l’Oeuvre de Jacob Lorber – D - Bietigheim

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  1. 1. GRANDÉVANGILE DE JEAN TOME 5Révélations du Christ à Jacob Lorber Traduit de lallemand par Catherine Barret HELIOS 1
  2. 2. Titre original : Johannes, das Grosse Evangelium, Band 5.Empfangen vom Herrn durch Jakob Lorber.Lorber Verlag, Postfach 1851,D-74308 Bietigheim-Bissingen.Pour la traduction française :© Editions HELIOS 1996Case Postale 3586CH-1211 Genève 3ISBN 2-88063-138-7 2
  3. 3. Jésus dans la région de Césarée de Philippe Matthieu, chap. 16 (suite) Chapitre premier Le repas miraculeux1. Je dis : « Mais il est déjà une heure après midi. Marc, occupe-toi du repas ; MonRaphaël taidera. Après le repas, nous verrons ce que ce jour peut encore nousréserver. Installez-vous tous aux tables, et toi, Raphaël, avant de venir en aide àMarc, fais disparaître de la nôtre les deux masses cérébrales. »2. Raphaël le fit en un instant, puis dit à Marc : « Dois-je taider selon votre manièrehumaine, ou selon la mienne ? Dis-moi ce que tu préfères ! Cela ferait certes moinssensation si je taidais à la manière humaine ; mais avec la mienne, nous gagnerionsbeaucoup de temps, et cest une chose précieuse ! Je ferai donc comme tu voudras,sans que tu aies à déplorer la moindre négligence. »3. Marc dit : « Ah, céleste ami, il serait certes bien préférable dapporter les plats surles tables à ta manière si rapide — car, malgré le renfort des serviteurs de Cyrénius,il faudra bien du temps pour servir tant de monde ; mais il y a autre chose : les platssont encore loin dêtre prêts en quantité suffisante ! Aussi, si ton adresse surnaturellepouvait y remédier, cest là dabord quelle serait le mieux employée ; sans quoi ilnous faudra encore une bonne demi-heure pour préparer tout ce qui doit être apporté.»4. Raphaël répond tranquillement à Marc : « Cest bien ainsi que je lentends :préparer au plus vite les mets et les boissons quil faut, et tout aussitôt en couvrir lestables ! Je te le dis, il suffit de vouloir ! Si tu le veux, un bref instant me suffira pourque tous les plats parfaitement préparés se trouvent sur les tables devant les convives!»5. Marc dit : « Ce serait certes fort bien ; mais les gens tiendront cela pour de lamagie céleste ; peut-être ces plats leurs inspireront-ils une crainte biencompréhensible, et ils noseront plus guère y toucher — surtout les Noirs, si attentifsà tout ce qui se passe ici que rien ne leur échappe, à coup sûr ! »6. Raphaël dit : « Oh, cest bien eux qui sen formaliseront le moins, car ils sontaccoutumés au merveilleux ! Et puis, il est déjà tard, et le Seigneur a peut-être —mais Lui seul peut le savoir — des projets fort importants pour après le repas ; àlévidence, il vaut donc mieux user de ma célérité desprit, car nul ne sen offusquera.De plus, cest le dernier repas de midi que le Seigneur prend ici, aussi nest-il pasmauvais quil y paraisse un peu de merveilleux ! — Nes-tu pas de mon avis ? »7. Marc dit : « Absolument ; car toi qui es lun des premiers esprits des cieux, tu doissavoir et comprendre bien mieux que moi ce qui convient en une telle circonstance.Aussi, fais exactement comme bon te semble ! »8. Après cette réponse de Marc à Raphaël, tous deux se rendent à la cuisine où,comme à lhabitude, lépouse, les filles et les fils de Marc ainsi que plusieurs 3
  4. 4. serviteurs de Cyrénius saffairaient fort, sans être pourtant parvenus à préparer plusde la moitié de ce grand repas.9. Marc dit alors : « Oh, mais nous naurons jamais fini avant une heure ! »10. Son épouse dit : « Ah, mon cher époux, ni toi ni moi ne pouvons faire demiracles, et il ny a pas moyen daller plus vite. En attendant, il faudra prendrepatience. »11. Marc dit : « Jai une meilleure idée : toi et nos filles, laissez tomber marmites etfourneaux ; Raphaël est un merveilleux cuisinier, et il viendra bien vite à bout detout cela ! »12. Lépouse dit : « Ce serait une bonne chose ; car tout le monde ici est bien fatigué! »Alors, cuisiniers et cuisinières laissent là leur tâche, et Raphaël leur dit : « Vouspouvez vous mettre à table vous aussi ! Tout est servi, et les convives mangent déjà.Vieux Marc, mon compagnon, viens tasseoir avec moi. Pour une fois, cest toi quigoûteras de ma cuisine, et tu jugeras si je suis moi-même bon cuisinier ! Quant à tafemme, à tes enfants et aux cuisiniers de Cyrénius, leur table est devant la maison,tout aussi bien servie que les autres. »14. Tous sortent de la cuisine, et, devant les centaines de convives qui mangent etboivent aux tables, Marc, stupéfait, dit à Raphaël : « Ah, comment est-ce possible ?Tu ne mas pas quitté un seul instant, et toutes les tables sont servies, et celavisiblement en grande abondance ! Tu nas pourtant pas pu préparer un seul plat etencore moins le servir ! Je ten prie, dis-moi comment tu as fait cela ; car en vérité,rien ne mest plus difficile à comprendre que ton inconcevable célérité, spécialementdans des actes qui, sur cette terre, nécessitent malgré tout un certain temps ! Encoreune fois, je ten prie, donne-moi au moins une petite idée de la manière dont tu aspréparé ces plats et du lieu doù ils viennent. Car aucun des plats qui se trouvent surces nombreuses tables ne peut être lun de ceux qui sont déjà prêts dans ma cuisine,puisque je viens de les y voir à linstant, attendant encore dêtre emportés ! »15. Raphaël dit : « Cest que tu as mal regardé, car toutes tes provisions sontépuisées ! Va donc voir si ce nest pas vrai ! »16. Marc sempresse dy aller, et trouve cuisine et garde-manger parfaitement vides.Il revient, encore plus étonné quavant, et dit : « Ah, mon ami, ce nest plussupportable ! En vérité, je suis prêt à ne plus rien manger de trois jours si tu nemexpliques pas un peu comment tu as fait cela ! »17. Raphaël dit : « Mettons-nous dabord à table nous aussi, et nous en dironsquelques mots. »18. Là-dessus, Marc suit Raphaël jusquà notre table, où règne déjà une grandeanimation. Raphaël se sert aussitôt, mais pose aussi un beau poisson devant Marc etlengage à le manger. Comme Marc réclame lexplication de sa rapidité à cuisiner età servir, Raphaël lui dit aimablement : « Pour linstant, cher ami, mange et bois !Quand nous aurons tous deux suffisamment repris des forces grâce à ces mets et àces breuvages bénis, il sera temps de bavarder un peu ensemble à propos de macuisine et de mon service ! »19. Marc se décide enfin à imiter Raphaël et se met à boire et à manger de bon 4
  5. 5. appétit. Chapitre 2 Comment on fait les miracles1. Au bout d’une heure, comme le repas est presque terminé, Marc redemande àRaphaël lexplication promise : « Eh bien, céleste ami, me parleras-tu tout de même?»2. Raphaël dit : « Ah, vois-tu, ami, jaimerais bien texpliquer cette chose ; maisjaurai beau te lexpliquer, elle continuera de te paraître merveilleuse tant que tunauras pas été baptisé par lEsprit saint descendu des cieux ! Quand lEsprit divin sesera levé dans ton âme et ne fera plus quun avec elle, alors, tu nauras plus besoindexplication pour tout comprendre très clairement ; mais à présent, mêmelexplication la plus pertinente téclairerait infiniment peu ! Car même lâme la plusparfaite ne comprend rien par elle-même de ce qui est purement spirituel ; seullesprit qui est en elle peut le comprendre, et ensuite lâme à travers son esprit ! Maispuisque tu veux malgré tout te faire ta petite idée, regarde autour de toi et dis-moi ceque tu vois. »3. Emerveillé, Marc regarde de tous côtés et voit auprès de chaque table une foule dejouvenceaux tout à fait pareils à Raphaël, qui servent les nombreux convives et lespourvoient sans cesse de tout ; plusieurs dentre eux vont même chercher dans la merde nouveaux poissons, les emportent rapidement à la cuisine et reviennent aussitôtvers les tables avec des poissons préparés ; car les Noirs ont grand-faim, etlexcellence des mets stimule encore leur appétit.4. Raphaël demande alors à Marc : « Comprends-tu maintenant comment il mestpossible et même facile daccomplir si rapidement toutes ces choses, surtout si tusonges quun esprit est le principe intime qui imprègne les êtres et les choses, doncest en mesure de commander à sa guise le plus efficacement du monde et avec lesuccès le plus parfait à toute la matière, sans que rien lui fasse obstacle ? En outre,un archange comme je le suis dispose déons de serviteurs soumis à chaque instant àsa volonté. Dès que, de par le Seigneur, je désire quelque chose, ce désir estaccompli par dinnombrables serviteurs à mes ordres, qui se mettent aussitôt àlœuvre et exécutent lacte demandé avec une rapidité que tu peux difficilementconcevoir ! Bien sûr, je ne fais pour ainsi dire rien moi-même ; mais ma volontéabsolue détermine dinnombrables êtres à agir du plus profond deux-mêmes, et cestainsi que tout acte demandé sexécute toujours très rapidement, cela dautant plussûrement que le Seigneur dabord, et nous-mêmes ensuite, avons depuis longtempstout prévu et tout disposé en sorte que tout acte, étant déjà depuis longtempsaccompli, puisse au besoin se manifester instantanément devant vous comme un acteextérieurement visible.5. Tu as bien vu lânesse apparaître sur la montagne ; cest ainsi que naît tout cequordonne notre volonté, lorsquelle stimule au plus profond deux-mêmes lesesprits de la nature issus de nos pensées et les contraint à telle ou telle activité. Quecela, ami, fasse pour toi office dexplication. Je ne puis rien te dire de plus avec les 5
  6. 6. mots infiniment limités du monde ! Aussi, ne men demande pas davantage ; car tantque ton âme ne sera pas devenue elle-même tout esprit, tu ne comprendras pasdavantage ces choses que tu ne les comprends à présent. Car aucune créature nepourra jamais atteindre par elle-même à la connaissance du pur esprit ! —Comprends-tu un peu mieux à présent ? »6. Marc, fort satisfait, lui répond : « Je te remercie de cette excellente explication ;car si je rassemble tout ce que jai pu voir et entendre, je comprends à mon entièresatisfaction, très cher ami céleste, comment tu accomplis tes prodiges, et surtoutcomment il se fait que tout ce que tu ordonnes sexécute si rapidement. Et je puis àprésent affirmer ouvertement que dans chaque prodige, il doit toujours entrer un peude naturel, et quil tient toujours à un concours de forces quune action quelle quellesoit, saccomplisse très rapidement ou sétende sur une certaine durée. Oui, je trouvemaintenant, entre vos prodiges desprits et les enchantements des magiciens indiens,une petite ressemblance dans ce que tu as appelé la prévision et la préparation !7. Céleste ami, je le dis sans détour comme cela me vient : il me semble quenlabsence de toute préparation ou prévision, réaliser un vrai miracle bien complexedoit être pour vous tout aussi difficile que pour un magicien sil na pu ni le préparer,ni sentendre au préalable avec des gens qui le soutiendront. Bien sûr, les autres nedoivent rien en savoir, sans quoi lenchantement aurait bonne mine ! Quant à moi,jen tire cette conclusion assurément difficile à réfuter : au Seigneur, et à vous àtravers Lui, toutes choses sont possibles, mais jamais sans préparation ; peut-êtremême furent-elles parfois préparées pendant des éternités, et donc accomplies enesprit dans la durée, il y a bien longtemps ! Ainsi lacte manifesté qui saccomplit iciaujourdhui était-il depuis longtemps prévu et préparé en esprit !8. Cest pourquoi une terre comme la nôtre ne peut en être venue à exister dans saperfection par un unique "FIAT !" tout-puissant, mais seulement avec le temps et auterme de longs préparatifs dont lexistence de cette terre telle quelle est à présentdevait nécessairement résulter. Pour la même raison, il est pour ainsi dire impossibleque quoi que ce soit se mette à exister soudainement comme une chose parfaite etdurable. Tout ce qui naît rapidement disparaît tout aussi rapidement. À linverse, ilsensuit également que lorsquune chose a acquis une existence durable, elle ne peutpour ainsi dire plus disparaître subitement, mais seulement progressivement, commeelle est née. Ce qui navait encore jamais été prévu ni préparé, quil sagisse de créerou de faire disparaître, ne peut en aucun cas se réaliser par un ordre péremptoire, fût-il soutenu par la plus ferme volonté. Il faut donc considérer toute chose comme unprodige temporaire, et tout ce qui arrive nest que laboutissement nécessaire dungrand nombre de processus, tous durables !9. Ami venu des cieux, le Seigneur seul en soit loué, mais il me semble que jai saisilexplication que tu mas donnée avec peut-être plus de profondeur que tu ne tyattendais ! Nest-ce pas, mon très cher Raphaël, ces vieux Romains ne sont pas sibêtes que certains se limaginent ! Eh bien, ami, quen penses-tu ? Tai-je compris ounon ? » 6
  7. 7. Chapitre 3 De ce que Dieu prévoit(*) et du libre arbitre de lhomme1. Raphaël dit en souriant: « Tu tes fait une petite idée, sans doute; mais quand tuparles de "conséquences nécessaires" et de la nécessité pour nous de "prévisions" etde "longs préparatifs", tu te trompes lourdement — et quelques exemples bientangibles ten persuaderont à linstant ! Regarde autour de toi et choisis en touteliberté un endroit où tu souhaiterais que je fasse apparaître un ou plusieurs arbres delespèce que tu voudras, complètement développés et abondamment chargés de fruitsmûrs ! Ou préfères-tu des espèces variées ? Enfin, tu nas quà parler, et, bien que niprévus, ni préparés, ils seront là, si durablement que mille ans ne suffiront pas à fairedisparaître tout à fait les traces de leur passage ! Dis-moi donc ce que tu désires, et tuverras aussitôt un vrai miracle, jamais préparé ni prévu daucune manière ! »2. Marc dit : « Oui, oui, ce serait fort bien, mon petit ami, si tu pouvais meconvaincre pleinement que ma volonté et mon désir présents sont en mon pouvoirparfaitement libre ! Et cela te sera peut-être bien plus difficile que de faire apparaîtreà lendroit choisi les arbres fruitiers que je te demanderais ! Tu as fait naître dansmon esprit un doute sérieux sur votre capacité à réaliser, même vous, esprits tout-puissants, un miracle pur et simple, ni prévu ni préparé, en quelque sorte tiré dunéant ! Je ne nierai pas précisément que la chose soit possible ; mais, à en juger parce qui sest toujours passé sur cette terre — et sans doute en sera-t-il toujours ainsi —, elle est bien difficile à admettre, dabord parce que cela contredit vraiment par tropla notion domniscience divine, ensuite parce quil serait bien léger daffirmer queDieu a pu faire intentionnellement travailler Sa science parfaite en vue de quelquechose sans le vouloir et sans le savoir. Mais si Dieu na pu ignorer totalementpendant des éternités que Son ange Raphaël ferait un jour apparaître ici des arbresselon le vœu dun homme, il sera tout aussi difficile de prouver que ce miracle napas été lui aussi prévu et préparé depuis des éternités ! Car il était prévu en esprit,cela est tout à fait certain ! »3. Raphaël dît : « Mais quimporte, du moment quil na pas été préparé jusquà sacondensation matérielle ! De plus, le libre arbitre de lhomme est tel que pas plus leSeigneur que nous-mêmes ne pouvons le moins du monde lentraver ni le pousser àlaction par quelque prévision que ce soit, et encore moins par des préparatifs. Tupeux donc être tout à fait assuré que ta volonté parfaitement libre na nullement étéprévue, et encore moins préparée. Ainsi, tu nas quà demander, et tu constateras quele Seigneur, seul ou à travers moi, Son vieux serviteur, peut véritablement fairemiraculeusement apparaître durablement, sans aucun préparatif, les arbres fruitierslibrement demandés par toi ! »4. Marc réfléchit un moment, puis il dit : « Ami, faut-il vraiment ne demander quedes arbres ? Et si par hasard je désirais autre chose ?! Cela pourrait-il aussi apparaîtremiraculeusement ? »(*) « Die Vorsehung Gottes ». Vorsehung (ici au sens littéral de « prévision » ou prévoyance, devorsehen, prévoir) signifie ordinairement « Providence » — donc ce que Dieu nous réserve, pré-voit pour nous (N.d.T) 7
  8. 8. 5. Raphaël dit : « Oh, assurément, ce nest pas plus de travail pour nous ! Demandece que tu voudras, et cela sera ! »6. Sur ces assurances, Marc réfléchit encore un moment, cherchant quelqueobjection capable de pousser lange dans ses retranchements. Mais comme il netrouve plus rien, il dit à Raphaël : « Eh bien, construis-moi une maison plus solide etplus habitable que celle-ci, cest-à-dire une véritable auberge pour les gens du pays etles étrangers, avec un jardin bien clos pourvu de toutes sortes darbres aux fruitsdélicieux, sans oublier les dattes, et je voudrais aussi que dans ce jardin coule unesource fraîche ! »7. Lange dit : « Mais, ami, nest-ce pas un peu trop dun seul coup ? »8. Marc dit : « Ah, ah, mon petit ami, tu es bien pris, nest-ce pas ? Oui, ce ne serapeut-être pas si facile, sans prévision ni préparatifs ! Mais tu nes forcé à rien; faisapparaître ce que tu pourras, et laisse tomber mes autres demandes ! »9. Lange dit : « Tout est là comme tu las voulu. Et que tout cela soit au nom duSeigneur ! Va, regarde tout, et tu me diras ensuite si cela te convient. Si tu asquelque critique à formuler, fais-le ; car on peut encore changer bien des choses !Demain, il serait trop tard, puisque nous ne serons sans doute plus là. Aussi, regardebien tout maintenant ! » Chapitre 4 Le nouveau domaine de Marc, prodige de Raphaël1. Marc regarda autour de lui et fut tout saisi à la vue de toutes les choses qui étaientapparues en un rien de temps. Une belle maison aux murs de brique, parfaitementachevée, sélevait au nord-est de lancienne maison de pêcheur, sa façade sud-esttouchant presque au rivage. Il y avait un étage avec un large vestibule faisant le tourde la maison, et le rez-de-chaussée consistait en une vaste cuisine, un grand garde-manger et dix-huit autres pièces, dont cinq salles de séjour et treize vastes celliersdestinés à renfermer toutes les denrées : céréales de toute espèce, viandes, fruits,légumes frais, fèves et tubercules. Une grande salle renfermait un bassin de marbreblanc mesurant bien vingt toises carrées(*), et dune profondeur totale de six pieds ;leau ny montait cependant quà une hauteur de quatre pieds et demi, ce qui étaitsuffisant pour y garder les gros poissons.2. Leau très pure de ce vivier intérieur provenait dune abondante source qui venaitdapparaître ; elle pénétrait dans le bassin par en bas, à travers une dalle percée denombreux petits trous, jusquà la hauteur déjà dite. De là, le trop-plein sen allait versla mer par un tuyau, quil était cependant possible de boucher de lextérieur si lonavait voulu remplir le bassin. Ce bassin était entouré dun fort beau parapet ajouré dedeux pieds et demi de hauteur, lui aussi de marbre blanc, et, sur un des côtés, uneconduite dévacuation dun très bel ouvrage était ménagée pour le cas où on laisseraitle bassin se remplir, franchissant bien sûr le mur de la maison pour déboucher(*) Cest-à-dire 65 à 70 m2 (1 toise = 6 pieds, le pied variant autour de 0,30 m dans les pays delangue allemande). (N.d.T.) 8
  9. 9. également dans la mer, non loin du tuyau inférieur. Les murs et le sol de la pièceétaient eux aussi revêtus de marbre blanc, mais le plafond était fait du bois de cèdrele plus solide et le plus beau, sans nœuds ni aubier. Cette salle était éclairée par cinqfenêtres toutes encadrées de marbre, chacune dune hauteur de cinq pieds et dunelargeur de trois. Les carreaux de ces fenêtres étaient faits du cristal le plus pur, etelles pouvaient souvrir et se fermer, comme dailleurs toutes celles de la maison.3. La porte principale était dairain brillant comme de lor, et les portes de toutes lespièces étaient faites du meilleur bois de cèdre fort joliment travaillé, et munies deverrous et de serrures des plus convenables. Quant au premier étage, il étaitentièrement lambrissé de bois de cèdre du plus bel ornement, et chaque chambreétait un enchantement pour les yeux. En outre, toutes les pièces, tant à létage quaurez-de-chaussée, étaient richement équipées de tout ce que comporte une excellenteauberge, et les celliers étaient remplis de grain, le garde-manger de tout ce dont onpeut avoir besoin dans une cuisine. Bref, non seulement la maison était solidementbâtie à lidée exacte de Marc, selon les rêves chimériques quil avait pu entretenir,mais elle était aussi abondamment pourvue pour des années de toutes les provisionsde bouche et autres réserves nécessaires.4. Derrière la maison, il y avait encore des étables pour le bétail de toute espèce, etplusieurs cabanes pour les instruments de pêche, à la fois du meilleur goût etéquipées de tout le nécessaire, et, autour de tous ces nouveaux bâtiments, sétendaitun jardin de près de vingt arpents(*), entouré dun solide mur, dont le sol, jusque-làsableux et à labandon, à présent des plus fertiles, portait les meilleurs arbres fruitiersde toute espèce. Quelques-uns de ces vingt arpents étaient occupés par une très bellevigne chargée des raisins les plus beaux et les plus juteux, déjà parfaitement mûrs.Les légumes aussi ne manquaient pas.5. Au centre du jardin sélevait un temple de marbre abritant des thermesremarquables. Il y avait là deux bassins différents : le premier pour la guérison desparalytiques, avec des sources deau chaude, le second pour la guérison des lépreux,avec des sources tièdes sulfureuses et sodées que, selon Ma volonté, la puissance deRaphaël venait de faire jaillir des entrailles de la terre. De là, Marc put voir un portbâti tout en pierres carrées, et dans ce port, dont lentrée, bien que large de six toises,pouvait être fermée pour la nuit par une chaîne dairain, cinq grands bateauxparfaitement construits, avec voiles et rames. Devant ce port exactement conçu selonlidée quil avait si souvent caressée, et devant toutes ces choses miraculeusementapparues, le vieux Marc ne cessait de se frotter les yeux, ne pouvant croire quil étaitéveillé et ne voyait pas cela en rêve.6. Quand il eut terminé sa visite, qui dura près dune heure, il (Marc) revint, la têtelui tournant presque, et dit avec stupéfaction : « Ah, tout cela est-il bien réel, ou ne levois-je quen quelque songe bienheureux ? Non, non, ce ne peut être vrai! Car jaiimaginé plus dune fois une telle auberge dans mes moments doisiveté, et je lavoyais aussi certains matins dans mes rêves éveillés — et toi, ami des cieux, tu as dûme plonger dans quelque sommeil artificiel où jai revu mes propres fantaisies ! »7. Raphaël dit : «Ô Romain de peu de foi ! Si tout cela nétait quune vision de rêve,il ny aurait plus rien à voir maintenant, et tu ne vas tout de même pas prétendre que(*) Soit au moins 7 ha. (N.d.T.) 9
  10. 10. tu dors et donc rêves encore ? Envoie ta femme et tes enfants vérifier eux aussi cequil en est, afin quà leur retour ils te tirent de ton rêve ! »8. Marc, regardant encore une fois la nouvelle maison, dit : « Oh, ce nest donc pasun rêve, mais une criante réalité ! — Va-t-elle durer, pourtant ? » Chapitre 5 Des enfants du monde et des enfants du Seigneur1. Raphaël dit : « Ne tai-je pas dit que tout cela — du moins tout ce qui est bâti —ne disparaîtrait pas avant mille ans et plus ? Seuls les arbres, arbustes et plantesdureront moins longtemps, de même que les cinq bateaux ; mais les murs tiendrontlongtemps, très longtemps ! Dans deux mille ans, on en verra encore la trace ; mais,bien sûr, nul ne les attribuera plus à un bâtisseur divin. Dès à présent, tes plusproches voisins, lorsquils verront toutes ces choses, diront quelles ont été édifiéespar les Romains qui sont ici, car des bras forts et nombreux peuvent aussi faire desmiracles ! Mais toi, laisse dire ces enfants du monde ; car dans un pays où cent foiscent mille hommes vivraient à la manière de cette époque-ci, tu en trouverais à peinecinq mille qui, après bien des discussions, te croiraient selon la raison. Quant à tecroire aveuglément, tu ne saurais les y amener, et nous, esprits célestes, encoremoins. Peu importe dailleurs que beaucoup y croient ou très peu seulement ; car leSeigneur nest venu en ce monde que pour Ses enfants, et non pour les enfants dumonde. Et il en sera ainsi jusquà la fin des temps terrestres !2. Chaque fois que le Seigneur Se manifestera à nouveau sur cette terre, que ce soitpar la seule parole ou parfois même en personne, II ne le fera jamais que pour Sesvrais enfants, qui sont den haut ! Le monde et ses enfants nen profiteront guère, oumême pas du tout ! Seule léternité est assez longue pour queux aussi accèdent àquelque lumière bien inférieure.3. Ne crois surtout pas que cette lumière suprême venue des cieux parvienne jamaisà tous les hommes de cette terre ! Seuls les vrais enfants, toujours peu nombreux, enseront abondamment pourvus, et les enfants du monde se contenteront de bâtir avecleurs ordures des temples idolâtres quils enfermeront dans des lois dairain et desrègles stupides et ignorantes, sans pour autant jamais rien pouvoir contre les raresvrais enfants, car le Seigneur y veillera toujours fidèlement. Cest pourquoi jamaisplus les lamentations dun Jérémie ne sélèveront parmi les enfants du monde ! —Mais maintenant, remercie le Seigneur pour cet insigne présent. »4. Alors, Marc vient à Moi et sapprête à Me remercier par le discours le plus choisi.5. Mais Je lui dis : «Epargne-toi cette peine ; car Jai déjà entendu les remerciementsde ton cœur, et nai donc nul besoin de ceux de ta langue ! Dailleurs, tout aubergistehonnête ne mérite-t-il pas sa rétribution ? Tu es aussi un honnête aubergiste, toi quinous soignes sans te lasser depuis près de huit jours ; nous ne pouvons pourtant paste demander cela pour rien ! Cette auberge te pourvoira au mieux, toi et tesdescendants. Mais toi, veille à ce que Mon nom se perpétue en ce lieu, cest-à-direchez tes descendants ; car si Mon nom se perdait dans leurs cœurs, ils perdraientbientôt tout le reste ! Il est vrai que celui qui perdrait tout en ce monde, mais 10
  11. 11. préserverait pourtant Mon nom, naurait rien perdu, mais au contraire tout gagné ;mais celui dont le cœur perdrait Mon nom perdrait tout — quand bien même ilposséderait tous les biens de la terre ! » Chapitre 6 Le Seigneur donne des règles de conduite à laubergiste Marc1. (Le Seigneur :) « Aussi, souciez-vous avant tout de garder Mon nom dans voscœurs. Celui qui le garde, garde tout ; mais celui qui le perd a bientôt tout perdu !2. Et celui qui Maime véritablement et aime son prochain comme lui-même, celui-làporte véritablement Mon nom vivant dans son cœur, cest-à-dire un trésor que touteléternité ne pourra lui ôter ; car aimer Dieu en toute vérité vaut mieux quêtre lemaître de tous les trésors non seulement de cette terre, mais de tous les mondes delinfini tout entier.3. Cependant, il ne suffit pas de Me reconnaître par la sagesse ; il faut Mereconnaître en toute vérité par lamour du cœur.4. Beaucoup de pauvres viendront à toi ; ce que tu feras pour eux sansdédommagement terrestre, tu lauras fait pour Moi, et Mon amour te dédommagera.5. Si quelquun vient à toi nu, habille-le. Celui qui vient à toi sans argent, ne le luirefuse pas sil en a besoin en ce monde.6. Jaurais certes voulu que tous les hommes vécussent ensemble en frères, sans cepernicieux moyen déchange ; mais puisque, pour une plus grande commodité dansleurs affaires de ce monde, ils lutilisent depuis les temps les plus anciens, Je le leurlaisserai — mais quant à leur apporter le bonheur, il ne le fera quà travers Monamour !7. Ne lui accorde jamais dautre valeur que celle de Mon amour, et cest alors quil tevaudra Mon amour et Ma bénédiction. À celui qui a besoin dun sou, donnes-endeux, voire trois, et Mon amour te le rendra dix et trente fois par ailleurs !8. Enfin, si, pour lamour de Moi, tu viens en aide dun cœur joyeux à un homme làoù tu le trouves pauvre, tu peux être assuré que Ma récompense ne te fera jamaisdéfaut !9. Si, par exemple, un homme par ailleurs fortuné, mais perclus de goutte, vient cheztoi pour les bains, compte-lui modérément le gîte et le couvert, mais ne lui fais paspayer les bains.10. Et si un homme vient prendre les bains pour son seul plaisir, compte-lui pluscher quà un autre tant le bain que le gîte et le couvert. Mais sil te demande la vérité,donne-la-lui sans contrepartie, car cest de cela quil est pauvre.11. Mais si un philosophe du siècle veut entendre de toi la vérité, ne la lui donne paspour rien ; au contraire, fais-lui payer un sou pour chaque mot, car de tels chercheursde vérité naccordent de valeur à la vérité que sils lont acquise au prix de beaucoupdargent ! 11
  12. 12. 12. Si un pauvre vient à toi affamé, donne-lui à manger et à boire et ne le laisse pasrepartir pauvre ; mais si quelquun vient chez toi parce quil a plaisir à manger à tatable, fais-lui payer également ce quun pauvre a mangé en même temps que lui.13. Ainsi, secours pour rien chaque pauvreté, et fais-toi payer chaque plaisir ! —Mas-tu bien compris ? »14. Marc dit en pleurant de joie : « Oui, Seigneur ! »15. Je dis : « Alors, va montrer tout cela aux tiens. »16. Marc alla trouver sa famille, qui sétonnait sans fin, et lui fit part de Mesrecommandations, après quoi tous coururent jusquà la maison, et, bien sûr, yentrèrent et la visitèrent dans les moindres recoins. Leur félicité et leur bonheurétaient si grands que lépouse et les enfants de Marc, ne se sentant plus de joie,manquèrent défaillir. Cependant, ceux qui étaient assis à Ma table Me demandèrentsils pouvaient eux aussi aller regarder de plus près cet extraordinaire miracle.17. Je leur dis : « Chers amis, cette œuvre demeurera, et vous aurez bien dautresoccasions de la regarder et de ladmirer ; mais Moi, Je ne demeurerai point, si cenest par lamour qui sera dans vos cœurs.18. Aussi, restez près de Moi tant que Je demeure encore parmi vous ; car Je suisassurément bien plus quun miracle dont Je pourrais en un instant produiredinnombrables exemplaires ! »19. Tous disent : « Oui, oui, ô Seigneur, nous restons, nous restons tous près de Toi,ô Seigneur ! Car Tu es bien plus à Toi seul que tous les miracles dont Ta puissance,Ta sagesse et Ta bonté emplissent linfini tout entier ! » Chapitre 7 Sur les grands prêtres romains. Une critique de la prêtrise païenne de Rome1. Cyrénius dit : « Seigneur, Tu connais limportance et la difficulté de ma fonction ;et pourtant, il me semble à présent que tout cela nest plus rien, comme si tout sefaisait et se décidait de soi-même, sans que jy sois et sans que je fasse rien ! Je mefais véritablement leffet à présent dêtre la cinquième roue de la charrette ; car jesais, ô Seigneur, que Tu toccupes en ce moment de toutes mes affaires, et quil najamais régné dans mon gouvernement un ordre si grand quen ce moment précis oùcest Toi, ô Seigneur, qui Ten occupes pour moi !2. Ô bienheureux Empire ! Ô Rome, ma patrie, comme tu dois te réjouir en secretque le Seigneur ait tourné vers toi Son regard bienveillant et quil veuille aussi fairegrandir Ses enfants entre tes vieux murs, dans tes palais et tes masures ! Seigneur, jeTe le jure sur ma vie : si Tu étais à Rome au lieu dêtre ici et que Tu eusses accompliun tel signe devant les Romains, il ny resterait pas un homme qui ne Te vouât laplus grande adoration ! Mais Tu connais Tes desseins et Tes voies, et les choses sontpour le mieux telles que Tu les as ordonnées. »3. Ma Jarah, qui était demeurée jusquici aussi silencieuse quune petite souris, dit 12
  13. 13. enfin : « Ne te tracasse pas pour Rome, noble gouverneur ! Les Romains eux-mêmes, passe encore ; mais il y a aussi à Rome un grand nombre de prêtresidolâtres, sous lautorité de celui quon appelle PONTIFEX MAXIMUS ! Ceux-là ont lepeuple dans leur poche, et les tiennent moralement au collet avec leurs châtimentsdignes de lHadès, voire du Tartare, à la différence que ces derniers sont censés dureréternellement de la manière la plus cruelle ! Malheur à celui qui oserait mettre sonnez dans ce guêpier ! En vérité, il subirait bientôt un sort pitoyable ! Je crois bienquen cela, vos prêtres sont mille fois pires que nos templiers, que du moinsretiennent encore Moïse et les prophètes, même sils ne font guère que les connaîtrepar cœur. Mais les vôtres nont rien, même dans leur mémoire, qui les retienne ; leursfaits et gestes ne sont régis que par le pire égoïsme et par un désir incoercible de toutdominer.4. Deux prêtres romains subalternes qui logeaient chez nous mont un jour racontéque le PONTIFEX MAXIMUS était un être si supérieur que Zeus lui-même, qui, desource sûre, rendait visite au P.M. au moins une fois par an, devait certainementsincliner devant lui trois à sept fois avant doser adresser la parole à son représentantsuprême sur la terre et de lui donner avec le plus grand respect quelque nouvelle loidestinée aux mortels. Bien sûr, disaient-ils, ce faisant, Zeus nhonorait pas vraimentle P.M. pour lui-même, mais seulement à lintention des stupides mortels quidevaient reconnaître par là lindicible grandeur et lincommensurable majesté dureprésentant suprême sur terre du premier des dieux.5. Sur terre, disaient-ils, il était le maître de tous les empereurs, rois, princes etgénéraux, et de bien dautres grands seigneurs. De plus, tous les éléments étaient enson seul pouvoir. Quil frappât la terre avec colère de son très saint pied, et elletremblait aussitôt de crainte comme une feuille dans une furieuse tempête, et lesmontagnes de la terre se mettaient à cracher du feu, contribuant ainsi à satisfaire plussûrement, au nom de Zeus, la toujours juste vengeance du P.M. courroucé.6. Les bonnes et les mauvaises années ne dépendaient que de lui. Sil bénissait laterre, aussitôt survenaient partout les récoltes les plus abondantes ; sil ne la bénissaitpas, les récoltes sannonçaient partout fort maigres — mais si jamais il décidait demaudire la terre, cétait la fin de tout, et la guerre, la famine, la peste et mille autresfléaux des plus inouïs sabattaient sur elle ! Hormis Zeus, tous les autres dieuxdevaient lui obéir ; sils refusaient, il pouvait les bannir de la terre pour cent ans —mais cela nétait encore jamais arrivé et narriverait jamais, parce que tous les dieuxétaient bien trop intimement convaincus de lindicible majesté du P.M.7. Le P.M. avait donc une triple autorité : dabord sur tous les dieux, à lexception deZeus, avec qui, bien sûr, il traitait dégal à égal, deuxièmement sur toute la terre etses éléments, troisièmement, enfin, sur tous les hommes, les animaux, les arbres etles plantes. En outre, il commandait aussi aux planètes et aux astres, les nuages, lesvents, la foudre, le tonnerre, la pluie, la grêle et la neige dépendaient de lui, et la mertremblait constamment devant son infinie puissance !8. Ces deux prêtres romains mont ainsi conté sur leur P.M. une foule de chosessemblables. Un moment, je crus quils cherchaient seulement à samuser à mesdépens ; mais hélas, je pus bien vite me convaincre que ces deux fous parlaient tout àfait sérieusement. Car lorsque, là-dessus, je voulus leur parler de lunique vrai Dieu 13
  14. 14. dAbraham, dIsaac et de Jacob, et de ce quil faisait, ils se mirent à rire de bon cœuret massurèrent avec la plus grande conviction que je me trompais du tout au tout ;car, pour un seul de mes arguments, ils avaient mille preuves de ce quil en étaitcomme ils mavaient dit.9. Je leur demandai sils savaient si le P.M. était mortel ou immortel. À quoi lepremier répondit un peu hâtivement que le P.M. était sans doute mortel pour cetteterre, mais que, dès quil mourait, Zeus lemportait au plus haut de lElysée, où ildînait cent ans durant à la table de Zeus avant de devenir lui-même une authentiquedivinité du royaume des dieux. Mais ce conte ne satisfit pas le second, car il lecorrigea aussitôt : "Tu as encore dit une ânerie(*) ! Depuis quand un P.M. est-ilmortel ?! Ce que tu en dis nest valable que pour les prêtres de rang inférieur commenous, surtout si nous navons pas su nous attirer les bonnes grâces du P.M. ; mais leP.M., lui, ne meurt jamais et ne peut mourir, car Zeus lui a accordé limmortalitéparfaite ! Écoute — poursuivit-il —, cela fait déjà le quatrième que je connais, etaucun des quatre nest jamais mort, et pourtant, cest toujours un seul immortel quisiège sur le trône et non quatre, bien quils soient tous parfaitement immortels,puisque aucun P.M. ne peut jamais mourir, pas plus quil ne peut perdre le trône leplus élevé de la terre !"10. Cest alors que je repris : "Mais cest parfaitement impossible ! Comment quatrepeuvent-ils être un seul et un seul être quatre ?! Cest bien cela qui me semble êtreune ânerie ! En somme, vous nous montrez votre P.M. comme un fou de ce monde,mais sans cela, il est tout aussi mortel que nous, et son pouvoir réside surtout dansles armes de lempereur, dans la grande stupidité et laveuglement dun peuple àlabandon, et enfin dans quelques mauvais tours de magie ; car il est facile de fairedes miracles devant un peuple très ignorant et spirituellement aveugle ! Allez,laissez-moi tranquille avec vos sottises ! Cest bien assez que vous soyez vous-mêmes si bêtes ! Pourquoi devrais-je le devenir avec vous ?"11. Cela les mit tous deux dans une grande colère contre moi, mais aussi lun contrelautre ; à force de se faire mutuellement des reproches, ils en vinrent aux mains etsortirent de la maison. Tandis quils se battaient comme des chiens, je leur demandaipar la fenêtre si par hasard cétait aussi le P.M. qui avait ordonné cela par unenouvelle loi dictée par Zeus de lElysée. Par chance, ils ne mentendirent point etcontinuèrent de plus belle à se démontrer lun à lautre le PRO et le CONTRA delimmortalité du PONTIFEX MAXIMUS, jusquà ce quenfin quelques-uns de nos valetsles séparassent.12. Cher et noble Cyrénius, dis-moi, je te prie, quel effet le Seigneur aurait fait àRome, avec un peuple aussi aveuglément fanatique ? Assurément le plus mauvais,sauf à recourir au feu et à une pluie de soufre ! Oh, le bon Dieu savait de touteéternité où il vaudrait mieux quil se trouvât sur cette terre en Son temps, qui est lenôtre, et cest bien pourquoi cest ici, et nulle part ailleurs, quil est venu parmi lesSiens ! Telle est mon opinion ; quelle donc est la tienne ? Que penses-tu, toi oulempereur de Rome, de ce sinistre PONTIFEX MAXIMUS? »(*) Lorber emploie ici une expression imagée intraduisible, ein germanischer Stiefel (« une bottegermanique »). (N.d.T.) 14
  15. 15. Chapitre 8 De la religion à Rome au temps de Jésus1. Cyrénius dit : « Mon enfant, tu as parfaitement raison : la position du PONTIFEXMAXIMUS à Rome est bien celle-là — auprès du peuple seulement —, et lon ny peutrien changer pour le moment ! Mais je puis aussi tassurer que seule y croit la plèbela plus ordinaire, dépourvue de toute éducation, et encore ny croit-elle quà moitié ;mais dans la meilleure partie du peuple, plus personne ny croit, et tout est doncencore possible avec nous, Romains.2. La propagation de ces vérités purement divines amènera certes, à cause du baspeuple, bien des luttes fâcheuses, mais aussi des adeptes qui, selon la vraie traditionromaine, mettront avec joie leurs biens, leur sang et leur vie au service de cettedoctrine. Car il nest guère de peuple sur terre qui craigne moins la mort que lesRomains ! Lorsquun vrai Romain sengage sérieusement, il le fait toujours sur sa vie— et cela, aucun autre peuple ne le fait, tu peux en être certaine !3. Nos prêtres, à dire vrai, ne sont plus que la cinquième roue de la charrette, et leursfêtes et leurs sermons ne servent plus quà amuser le peuple. Quant à leurs règlesmorales, plus personne nen fait le moindre cas. Cest là le domaine dun droit qui,chez nous, embrasse tout et est le produit des meilleurs et des plus sages de tous lesphilosophes ayant jamais foulé le sol de cette terre(*).4. LÉtat ne maintient le P.M. quà cause du vulgaire, et son action, autrefois libre,est à présent très limitée. Ah, il y a deux ou trois siècles, il se passait encore dedrôles de choses, et le P.M. était véritablement une sorte de dieu parmi les hommes !Cétait dailleurs toujours nécessairement un homme plein de science, sans quoi ilnaurait guère pu accéder à une si haute fonction. Il devait être initié aux mystèreségyptiens et connaître parfaitement tous les oracles et leurs secrets. Il devait aussiêtre un magicien accompli, et, pour le prouver, passait un examen très sévère devantles plus vieux patriciens de Rome réunis en collège secret. Sil possédait toutes lesqualités requises, on lui accordait alors le pontificat, avec tous les droits, privilèges etinconvénients attachés à celui-ci.5. Bien sûr, il pouvait se permettre bien des choses avec le peuple, mais il devaittoujours respecter secrètement les patriciens et faire ce que ceux-ci lui demandaient.Sils voulaient la guerre, il devait tourner ses prophéties en sorte de faire passer lanécessité de la guerre pour une volonté des dieux aux yeux du peuple ; mais cesdieux, en vérité, nétaient autres que les patriciens de lEmpire ainsi que les pluséminents et les plus instruits des citoyens, des artistes et des poètes, se fondant sur leprincipe que si lon voulait préserver limagination des hommes des pires ignominies,(*) Le droit romain, à son apogée au temps de Jésus (et plus précisément dans les deux siècles quiprécèdent et qui suivent), se perpétue en Occident jusquà nos jours, où, après léclipse relative duMoyen Age, il est à lorigine, sous des formes bien sûr plus ou moins adaptées, des grands codesdu XIXe siècle (code civil napoléonien en 1804, code allemand de 1900), qui consacrent unusage alors solidement établi, en particulier dans les pays de lex-Saint Empire romain germa-nique. Les juristes de Rome, plus pragmatiques que philosophes, donnent aux lois romaines unesorte de valeur universelle — du moins en Occident — en y intégrant une pensée grecque elle-même peu soucieuse de droit, en particulier la pensée stoïcienne dont il est si souvent questionici. (Source : Braudel/Dubv. La Méditerranée, Champs/Flammarion.) (N.d.T.) 15
  16. 16. il fallait bien lui donner une direction qui, bien que féconde, nen était pas moinsdéterminée.6. Car tout homme a une imagination naturelle qui, abandonnée à elle-même, peutfaire du plus généreux des hommes une bête féroce ; mais si elle est régulée etdirigée vers des formes plus nobles parmi lesquelles elle apprend à évoluer seloncertaines règles, elle se met elle-même à créer des formes plus nobles, sa pensée etses actes deviennent plus purs, et elle pousse la volonté au bien dans ses créationsintérieures.7. Cest ainsi que toute notre religion nest quune création toujours plus ordonnée delimagination, conçue en sorte de régler limagination humaine ordinaire, et renduedans la pratique aussi apparente et aussi efficace que cela peut se faire par desmoyens humains. Quant à nous, sages patriciens lettrés, il était évidemmentnécessaire, pour des raisons aisément compréhensibles, que nous puissionsapparaître tels que nous voulions nous montrer aux yeux du peuple.8. Il en est ainsi aujourdhui tout comme autrefois, à la différence que le prolétariatlui-même sait à présent beaucoup de choses jadis réservées aux seuls patriciens, etne croit donc plus que fort peu au pontificat. Sans doute la plupart croient-ils à unedivinité suprême, mais beaucoup ne croient plus à rien, et les plus instruits sontplatoniciens, socratiques et bien souvent aristotéliciens.9. Quant aux prêtres tels que ceux qui tont décrit le P.M., beaucoup sont par natureréellement assez bêtes pour prendre au mot tout ce quon leur a fourré dans la tête ;mais, bien souvent, ce sont des gens retors qui sy entendent à mener grand tapagedevant le peuple et à prendre des airs de jouer tous les jours aux échecs perses avecles dieux, quand pour eux-mêmes ils ne croient dautre parole que celle dÉpicure,qui dit à peu près ceci : EDE, BIBE, LUDE. POST MORTEM NULLA VOLUPTAS ; MORSENIM EST RERUM LINEA(*).10. Ma Jarah, toi qui es si aimable et si merveilleusement savante pour ton âge, tuserais bien injuste envers nous si tu nous jugeais daprès ces deux prêtres ! Car nousautres Romains, nous sommes exactement tels que je viens de le dire. Ceux quidisent autre chose parlent trop vite et savent bien peu ce quest Rome, pas plus que tune le savais avant que je ne te lexplique, moi qui suis un de ses souverains. Mais àprésent que tu sais cela, tu dois nous juger et nous traiter avec un peu plusdindulgence ! — Que penses-tu de ce que je te demande là, nest-ce pas justifié ? » Chapitre 9 Le Seigneur prédit les destins de Rome et de Jérusalem1. Jarah dit : « Cela va de soi ! Si, comme cela est clair, il en est vraiment comme tuviens de me lexpliquer si franchement, je nai plus rien à dire contre vous. Si votreintention est bonne, sa réussite ne peut être mauvaise en fin de compte, même si sonbénéfice napparaît pas clairement aux yeux du monde. Je me laisse certes moins quequiconque tromper par les apparences ; mais je comprends aussi que la nature(*) « Mange, bois et joue. Après la mort, plus de plaisir ; car la mort est la fin des choses.» 16
  17. 17. humaine fait quil est plus facile de parvenir à une bonne volonté honnête quà lapure vérité qui seule fera de cette bonne volonté une vraie lumière vivante etagissante. Daprès ce que tu dis, votre intention, dans lensemble, a toujours étébonne, et si elle a été noircie ici ou là, cela na pu changer grand-chose au total.2. Mais aujourdhui, en sus de votre bonne volonté, voici que vous recevez la trèspure lumière de la vérité éternelle qui donnera à votre dessein, déjà bon à lorigine,les bons et justes moyens grâce auxquels il réussira à coup sûr au mieux, aussi est-ilclair quil ny a que du bien à attendre de vous ! — Ô Seigneur, bénis mes humblesparoles, afin quelles deviennent une vérité pour tous les temps ! »3. Je dis : « Oui, Ma Jarah mille fois chère, elles seront bénies, tes parolesmerveilleuses et si vraies.4. Rome demeurera le séjour privilégié de Ma doctrine et de Ma grâce particulière,et cette ville impériale atteindra un âge que seules atteindront au monde quelquesrares villes dEgypte, toutefois moins intactes que Rome. Les ennemis extérieurs nelui feront guère de mal, et les dommages quelle subira, elle ne les devra quau tempset à ses rares ennemis intérieurs !5. Hélas, même dans cette puissante cité, Ma doctrine deviendra par la suite quelquepeu idolâtre ; mais, malgré cela, cest là que Ma parole et la morale dans sa meilleureacception seront encore le mieux préservées.6. Dans des temps très éloignés, lesprit de Ma doctrine y aura beaucoup perdu. Leshommes nen mâcheront plus que la croûte en la prenant pour le pain spirituel de lavie ; mais Je saurai bien trouver les moyens de ramener peu à peu cette cité dans ledroit chemin ! Et ladultère et la fornication auront beau sy commettre, Je saurai lapurifier le moment venu !7. De plus, elle demeurera toujours le lieu où seront prêchés lamour, lhumilité et lapatience, et cest pourquoi il lui sera en tout temps beaucoup pardonné, et les grandsde la terre seront nombreux à sy rendre et à vouloir entendre de sa bouche lesparoles de leur salut.8. Cependant, rien sur cette terre ne demeure longtemps parfaitement pur, et il en irade même de Ma parole ; mais cest encore à Rome quelle demeurera le plus pure,pour les besoins de cette vie et en tant que relique de lhistoire !9. Je te donne ici cette assurance, Mon très cher ami Cyrénius, en bénissantpleinement les paroles très belles et très véridiques de notre Jarah bien-aimée !10. Dans mille ans et encore mille ans, tu verras que Mes paroles concernant lapermanence et la grandeur de Rome se seront pleinement accomplies !11. Quant à Jérusalem, elle sera si bien détruite que dès ce moment, on ne saura plusoù elle sélevait naguère. Ceux qui viendront après rebâtiront certes une petite villedu même nom ; mais son aspect et sa situation seront différents. Et cette petite villeelle-même devra subir bien des affronts de la part dennemis extérieurs, et, sansimportance et sans gloire, sera désormais le nid de toute une vermine dont lamisérable existence se nourrira de la mousse des pierres de la cité actuelle.12. Jaurais certes voulu faire de cette antique cité de Dieu la première de la terre ;mais elle ne Ma pas reconnu, au contraire, elle Ma traité comme un voleur et un 17
  18. 18. assassin ! Cest pourquoi elle tombera pour toujours et ne se relèvera plus jamais descendres de lancienne malédiction quelle a bien méritée, quelle a elle-même voulueet prononcée de sa propre bouche ! — Es-tu satisfaite à présent de Ma bénédiction,Ma Jarah mille fois bien-aimée ? »13. Jarah, émue jusquaux larmes, répond : « Ô Seigneur, Toi mon unique amour,qui ne serait satisfait des paroles que Tu prononces, surtout lorsquelles renfermentune promesse si grande et si profonde pour des temps si lointains ? Mon cher etnoble Cyrénius semble lui-même fort content, ainsi que Cornélius, Faustus et notreami Jules. Quant à savoir si les enfants de Jérusalem, dont plusieurs sont assis à cettetable et aux autres, seront aussi contents de Tes promesses, cela me paraît être unetout autre question ; car leurs visages ne rayonnent pas de la même joie que ceux desRomains ! »14. À cette remarque fort judicieuse, plusieurs de ceux qui venaient de Jérusalem selevèrent et dirent : « On ne doit certes pas souhaiter la perte de sa patrie tant quellenest pas devenue un repaire de voleurs et de bandits ; mais si elle lest devenue, ellene doit plus être épargnée ! En ce cas, ceux qui en sont issus ont le droit — sanscrainte de commettre un péché — de la renverser de leur propre main sur les têtesdes méchants qui y demeurent et deffacer définitivement toute trace de sonexistence passée.15. Si Jérusalem, comme nous le savons fort bien, nest rien dautre quun repaire debandits, pourquoi nous affligerions-nous si le Seigneur, comme II le feracertainement, lui envoie la récompense quelle mérite depuis si longtemps ?! Laseule chose qui nous attriste, cest que, malgré tous les avertissements, cette cité deDieu pourvue de tant de grâces en soit venue pour la troisième fois à un point oùDieu Lui-même doit la punir de la manière la plus impitoyable ! Mais nousconnaissons Sa patience et Sa longanimité, et elles nous prouvent avec certitude àquel point cette ville a mérité le châtiment le plus sévère, ce pour quoi, en vérité, onne doit pas la plaindre ni même la regretter.16. VOLENTI NON FIT INJURIA(*) ! Si un homme, quand il fait grand jour, veut lui-même se jeter dans un puits, qui le plaindra ou le regrettera ? Pas nous ! Nousnavons encore jamais éprouvé de pitié pour les vrais imbéciles, surtout lorsquilsvoulaient briller comme de grands sages aux yeux du monde entier ; et ils méritentencore bien moins la pitié quand la grande sagesse quils affichent, et qui nest envérité quune énorme sottise, veut se faire passer pour une réalité au prix de toutessortes de méchancetés et de ruses des plus retorses.17. Il est sans doute vrai quune âme humaine malade mérite davantage de pitié quele faible corps dun homme malade. Mais quand un homme dont le corps est maladea encore toute sa raison, si un médecin plein de jugement et dune grande expériencevient le trouver et, ayant reconnu sa maladie, veut le guérir et en est capable à coupsûr, et que ce malade, au lieu de suivre le conseil salutaire du médecin, le fasse jeterdehors par ses serviteurs, nous vous le demandons, qui pourra encore avoir pitiédune âme si malade ? Pas nous, ni aucun autre assurément ! Il ne reste plus à un telimbécile quà tomber dans la maladie la plus cruelle et la plus douloureuse possible,dont seules les souffrances lui feront comprendre combien il a été stupide de mettre(*) II ny a pas dinjustice envers ceux qui consentent », autrement dit : ils lauront mérité. 18
  19. 19. à la porte lexcellent médecin !18. La bêtise en soi mérite la pitié, parce quun idiot ny peut rien sil est bête depuisle berceau ; mais il est des hommes — tels la plupart des grands prêtres, desPharisiens et des lévites — qui, sans lêtre vraiment, jouent délibérément lesimbéciles afin de mieux faire servir leurs desseins honteux et parfaitement égoïstespar la pauvre humanité quils ont eux-mêmes abêtie ! Ce ne sont plus des hommes àlâme malade, mais de vrais loups en pleine force déguisés en agneaux, et ils neméritent donc pas autre chose que dêtre abattus par des flèches acérées ; car toutepitié de la part dun cœur humain ne serait, en ce cas, que grossière stupidité.19. Qui, sur toute la terre, pourra bien regretter que le soleil levant donne le coup degrâce à la nuit ? Quel fou pleurera un rude hiver, une tempête furieuse, la fin duneépidémie de peste ou dune succession de mauvaises années ? Mais nous pensonsquil serait encore bien plus bête de saffliger quand le Seigneur, très bientôt, nousenverra la plus grande de Ses grâces. Ah, il est certes triste que Jérusalem ne veuillepas reconnaître et recevoir la très claire lumière de lesprit ; car pour y vivre, il fautêtre devenu tout entier un Satan de ce monde ! Et un tel lieu ne mérite que le feu et lesoufre du ciel ! Il y a bien longtemps que Sodome et Gomorrhe gisent au fond de lamer Morte ; qui songerait à pleurer ces maudites ? Et lon ne pleurera pas davantageJérusalem !20. Très gracieuse Jarah, tu tes donc quelque peu fourvoyée en portant ce jugementsur nous. Car vois-tu, lapparence nest pas toujours le reflet de la vérité, et elle peutparfois tromper ! Ne crois-tu pas toi aussi quil en est et en sera sans doute toujoursainsi ? Quen penses-tu ? »21. Jarah dit : « Oh, Seigneur, Toi mon amour, pourquoi faut-il donc que je ne soisjamais capable de bien juger les hommes ? Vraiment, il y aurait presque de quoi semettre en colère ! Tout à lheure, jai reçu les remontrances, certes douces, deCyrénius, et maintenant de tous ceux-là ! Ils ont tous raison, et moi seule ai tort, detoute évidence, puisquils disent la vérité, et non moi. Ô Seigneur, aide-moi à avoirun peu plus de discernement, afin que je ne me trompe plus sans cesse dans mesjugements ! » Chapitre 10 Un évangile pour le sexe féminin1. Je dis : « Ma chère petite fille, il suffit dun peu de prudence ! Sois un peu plusréservée et ne parle pas la première devant des hommes dexpérience. De plus, tu nedois jamais porter un jugement daprès les apparences extérieures, mais toujoursattendre que les hommes qui ont lexpérience du monde aient dit ce quils avaient àdire sur tel ou tel événement.2. Si, comme il est possible, lun ou lautre commet quelque erreur, il sera toujourstemps de lui rappeler avec douceur quand et en quoi il sest trompé — mais il ne fautpas le faire par avance !3. Car il ne serait pas bien que des fillettes veuillent en remontrer à des hommes 19
  20. 20. dexpérience; mais lorsquil arrive que ces hommes séloignent malencontreusementdu droit chemin, cest alors quune femme peut leur dire avec tendresse et douceur :"Prends garde, mon ami, car tu tengages ici sur une mauvaise voie. Voici ce quil enest réellement !" Lhomme en sera fort content, et il suivra volontiers la gracieuse etdouce voix.4. Mais parler trop tôt ne vaut rien, lhomme en devient aisément morose et chagrin,et, bien souvent, il ne prêtera dès lors plus la moindre attention à la belle et doucevoix dune femme, si conciliante soit-elle.5. Vois-tu, cela aussi est un évangile, mais celui-ci uniquement pour ton sexe. Toutefemme qui le suivra connaîtra de beaux jours sur cette terre, alors que celles qui nelobserveront point ne devront sen prendre quà elles-mêmes si les hommes ne lesconsidèrent pas.6. Une femme de bien est le symbole du plus haut des cieux, alors quune mauvaisefemme, égoïste et dominatrice, est à limage de Satan, qui lui-même est pareil auplus vil et au plus bas des enfers.7. Ensuite, une honnête femme ne doit jamais se mettre trop en colère contre unhomme ; car cest dans la créature féminine que doivent prévaloir la patience, ladouceur et lhumilité les plus grandes. Cest en elle seule que lhomme peut trouverun apaisement à sa nature ombrageuse et devenir lui-même doux et patient ! Et si lafemme se met à semporter avant lhomme, que ne fera pas lhomme, déjà par natureplus impétueux que paisible ?!8. Aussi, Ma petite fille par ailleurs si chère, ne parle jamais avant ton tour — sansquoi tu aurais encore plus souvent loccasion de te fâcher si quelquun tadmonestaitencore ! — Mas-tu bien compris ? »9. Jarah dit : « Compris, certes — mais je suis bien triste davoir été si bête et siimpertinente. Je métais pourtant tue plusieurs heures durant, et tout allait bien ; maisil ma pris lenvie de parler un peu moi aussi, et jaurais mieux fait de continuer à metaire. Mais ma langue sera désormais plus immobile quaucune autre langue defemme ! »10. Je dis : « Ce nest pas là non plus exactement ce quil faut faire, Ma chère petitefille ; contente-toi de te taire quand on ne te demande pas de parler ! Mais si tu tetaisais quand un homme tinvite à parler, il considérerait cela comme de lentêtement,de la méchanceté et de la malice, et son cœur se détournerait de toi.11. Parler au bon moment, se taire quand il faut, mais toujours avec bienveillance,amour et dévouement, cest là la plus belle parure dune femme, et cest aussi une trèsdouce flamme de vie tout à fait propre à éveiller le cœur de lhomme et à rendrecelui-ci doux et tendre !12. Mais il existe chez les jeunes filles un défaut qui paraît souvent de manière trèsvoyante, et cest la vanité, qui nest rien dautre que la meilleure semence de lorgueil.Si une jeune fille la laisse croître en elle, sa céleste nature de femme a tôt fait de sefaner et devient proche de celle de Satan. Une jeune fille vaniteuse mérite tout auplus quon se moque delle, mais une femme fière et orgueilleuse est une peste pourlhumanité, et sera à juste titre profondément méprisée de tous. 20
  21. 21. 13. Aussi, Ma petite fille, ne sois jamais si peu que ce soit vaniteuse, et encore moinsfière et orgueilleuse, et tu resplendiras entre toutes comme une belle étoile au plushaut des cieux ! — As-tu bien saisi tout cela ? »14. Jarah dit : « Oh, oui ; mais ne me garde pas rancune davoir été véritablement sistupide ! »15. Je dis : « Pour cela, sois tranquille ! — Mais voici Marc et les siens quireviennent ; voyons ce quils ont à nous raconter. »16. Comme Jarah se le tient pour dit et se met à réfléchir profondément,particulièrement sur le point de la vanité, Marc revient vers Moi avec toute safamille, et sa femme et ses enfants commencent à chanter démesurément Meslouanges.17. Mais Je les bénis, leur demande de se relever et dis à la femme et aux enfants : «Vous savez déjà, et surtout Marc, qui vous instruira désormais de tout cela, de quellemanière vous pourrez toujours être assurés de Me plaire, et aussi, lorsque vous enaurez spécialement besoin, obtenir à coup sûr Mon aide.18. Mais, parce que vous vous êtes occupés avec constance, en toute chose et sansjamais rechigner, de Mon bien-être matériel et de celui de Mes disciples, Je vous aidonné en retour ce que vous venez de voir et lai conçu en sorte que vous en tiriez leplus grand bénéfice aussi bien temporel quéternel. Mais à présent, Raphaël va vousmontrer comment il faut vous en servir ; car la possession dun tel domaine nécessiteégalement que lon sache en faire bon usage ! »19. Jappelle alors Raphaël et lui dis : « Va avec eux et montre-leur comment bienuser de tout ; montre aussi aux deux fils le maniement des cinq bateaux à voiles, etcomment, avec eux, ils pourront profiter de tous les vents. Ils deviendront ainsi lesmeilleurs matelots de toute cette mer, et bientôt, tous les vaisseaux de la grande merseront gréés de cette manière, ce qui viendra fort à propos pour les Romains !» — Etce que Javais demandé à lange fut bientôt exécuté.20. Cependant, Je dis à Cyrénius : « Envoie avec eux quelques-uns de tes serviteursles plus intelligents, afin quils apprennent eux aussi quelque chose dutile pour vosbesoins terrestres ! Car Je veux que tous ceux qui Me suivent deviennent habiles etavisés en toute chose ! » — Là-dessus, Cyrénius, suivant Mon conseil, envoieaussitôt à Raphaël quelques-uns de ses serviteurs, ainsi que le garçon Josoé, qui avaitune grande prédilection pour les voyages en mer. Chapitre 11 Opinion des Nubiens sur le miracle1. Comme cela aussi était arrangé, Oubratouvishar savança à nouveau vers Moi etdit : « Toi seul es plus que tout-puissant ! Ah, avec mes frères et sœurs, je viens devoir le salut de tous les hommes de bonne foi et de bonne volonté qui veillent àformer le cœur et lâme, et aussi, le moment venu, lentendement, qui ne doit être envérité que le bras du cœur. Cest bien là la seule juste voie de la vraie vie et de sonsalut, et nous autres Noirs, nous le voyons et le comprenons aussi bien quun homme 21
  22. 22. plus éclairé.2. Mais, malgré toute notre expérience et notre jugement, ce miracle nous tracassebeaucoup, et nous ne savons quel parti prendre. En effet, certains dentre nouspensent quun homme que Ton esprit aurait rendu parfait pourrait lui aussi accomplirun tel miracle. Mais dautres disent quil ne sera jamais possible quà Dieu de faire detelles choses ; car il faut pour cela une volonté divine toute-puissante quun espritcréé ne pourra jamais avoir par lui-même, parce que cet esprit nest pas infini, maisextrêmement limité.3. Cela se voit déjà, disent-ils, sur les créatures de cette terre : plus elles sontgrandes, plus elles ont de force et de puissance, et plus elles sont petites, moindreégalement est leur force. On raconte chez nous quil existait autrefois des éléphantsgéants dont ceux que lon trouve aujourdhui ne sont que le pâle reflet. Ces animaux,dit-on, étaient dune force telle quils pouvaient arracher sans la moindre peine, avecleur trompe, les arbres les plus robustes. Et si, dès cette terre, la force dune créatureest dautant plus grande quelle est elle-même plus grande, quelle différence ny aura-t-il pas entre les esprits, qui sont au principe de la force des diverses créatures !Ainsi, ce qui Test possible, à Toi, le grand Esprit originel, ne sera possible à aucunesprit créé fini, parce que Toi seul es absolument sans limites, et il ne serait doncpossible à aucun autre esprit de créer à partir du néant la maison, le jardin et lesmagnifiques vaisseaux que nous voyons ici !4. Ma propre opinion là-dessus est un peu partagée ; car lorsque je considéraislopinion des premiers, je me disais : produire en un instant une œuvre que deshommes pourraient aussi accomplir — bien quau prix de beaucoup de travail et detemps —, cela doit pourtant être, même pour Dieu, plus facile à accomplir quunechose qui est et doit demeurer à jamais impossible à lhomme.5. Ainsi, les hommes peuvent, avec le temps, bâtir des édifices d’une beautémerveilleuse et dune taille immense ; mais aucun homme de la terre ne pourrajamais créer le plus petit brin dherbe ni le faire croître, fleurir et porter des grainesen sorte quil puisse se perpétuer, encore moins un arbre fruitier et surtout un animalcapable de se mouvoir librement, de chercher sa nourriture et de concevoir à sonimage.6. Il paraît difficile quun homme, si accompli soit-il, puisse engendrer de telleschoses à partir de rien, par sa seule volonté toute-puissante ; car il faut pour celadavantage que la force sans limites dun esprit humain infini tant selon le temps queselon lespace. Mais, en toute logique, il doit être possible à un esprit humainparfaitement accompli de faire exister en un instant des choses quil pouvait déjàcréer, fût-ce à grand-peine, en tant quêtre limité. Reste à savoir si ces chosesdevraient exister durablement, ou seulement pour quelques instants et en apparence,à un moment où, sans intérêt personnel et pour la seule gloire de Ton nom, lonsefforcerait déclairer les aveugles !7. Ô Seigneur, consentirais-Tu à me dire ce quil en est exactement ? Qui a raison,moi ou les autres ? Je ne Taurais certes pas importuné avec cette question si jenavais remarqué que Tu étais en cet instant — bien sûr par Ta seule volonté — unpeu désœuvré. Aussi, si Ta sainte volonté Te permettait de donner à ma question uneréponse valable pour léternité, ce serait pour nous tous une grâce incommensurable 22
  23. 23. dont nous ne saurions jamais Te remercier suffisamment. » Chapitre 12 Quest-ce quavoir raison ?1. Je dis : « Ah, Mon très cher ami, il Me sera bien difficile de donner raison àquelquun, de toi ou de tes compagnons dont lavis diffère un peu du tien ! Imagineun pieu mal planté en terre : pour quil tienne mieux, il faudrait lenfoncer plusprofondément par quelques coups de masse. Surviennent alors deux charpentiers peuhabiles, encore novices dans leur art. Lun deux, sestimant plus adroit, dit à soncompagnon : "Frère, nous sommes certes aussi adroits lun que lautre, mais donne-moi tout de même la masse, afin que je frappe le premier coup, car je my entends àviser pour enfoncer les clous. — Soit, dit le second, voyons comme tu vises bien."Là-dessus, le premier prend la masse et frappe un grand coup. Il touche bien le pieu,mais ne fait quen frôler le côté gauche, ce qui ne contribue en rien à le consolider.Son collègue se met alors à rire et dit : "Rends-moi la masse, car si cest ainsi que tufrappes sa tête, ce pieu ne tiendra jamais mieux dans le sein de la chère mère Terre !"Celui qui navait pas réussi dit : "Tiens, prends et tente ta chance !" Lautre frappe àson tour plus fort encore, mais, sans toucher davantage la tête du pieu, il en frôle lecôté droit. Ils commencent alors à se quereller pour savoir lequel des deux a frappéle meilleur coup. On conçoit quil ne leur est pas facile de se mettre daccord ; carune telle querelle ne peut prendre fin que lorsquun plus fort et plus expérimentésurvient et montre aux deux adversaires la bonne manière denfoncer le pieu. Lesdeux autres y parviendront alors à leur tour ; mais, sans le troisième, ils auraient puse quereller longtemps encore sans pouvoir décider lequel des deux avait le mieuxfrappé, et si le coup rasant valait mieux à gauche quà droite.2. Vois-tu, il en va de même pour votre dispute, et il faut que Je sois le troisième quimettra fin à la discussion en enfonçant le pieu devant vous, sans quoi cela pourraitfinir par une querelle sanglante, tout cela pour savoir sil vaut mieux manquer soncoup en frappant à gauche plutôt quà droite !3. Ainsi, ni toi ni tes compagnons navez trouvé la vérité à propos de ce miracle et dela question de savoir si un homme spirituellement parfait pourrait lui aussilaccomplir, mais vous navez fait tout juste queffleurer cette vérité dun côté et delautre !4. À nen pas douter, Jenfoncerai ce clou en frappant en plein sur sa tête(*) ; maisavant que Je fasse cela pour vous, tu dois aller trouver tes compagnons et leur direquaucun des deux partis na raison, et que chacun na fait queffleurer à peine lavérité dun côté et de lautre. Vous devez dabord régler votre différend en admettantque, dans cette affaire, vous ne savez ni ne comprenez rien. Alors seulement, tureviendras, et Je tapprendrai ce quil faut penser de cette question et ce quil est bonden connaître. »(*) En allemand, den Nagel auf den Kopftreffen signifie « toucher juste », « mettre dans le mille »(et non, littéralement, « enfoncer le clou » au sens d« insister »), doù toute cette parabole.(N.d.T.) 23
  24. 24. 5. Là-dessus, le chef noir retourne à ses compagnons et leur répète cela. Et ils luidisent fort sagement : « II est fort bon que le Seigneur Lui-même nous ait donné cetavis ; car il vaut non seulement pour le présent, mais pour tous les temps à venir.Combien de fois nest-il pas arrivé que lun dentre nous juge une chose dunemanière, un second dune autre manière et un troisième autrement encore ? Et qui,des trois, avait jugé selon lentière vérité ? Aucun navait frappé le clou sur la tête,peut-être ne lavaient-ils même souvent quà peine effleuré ! À la fin, il fallait réunirun grand conseil pour décider à la majorité des voix qui avait raison dans sonjugement de telle question ou de telle action ; et il nétait sans doute pas rare que cefût précisément celui qui était tombé le plus loin qui se voyait donner raison par lamajorité ! Si quelquun nous avait donné alors un aussi sage avis, que dinutilesdisputes eussent été évitées ! Mais, nayant pas reçu ce conseil sacré, nous passionsbeaucoup de temps à nous quereller pour la simple raison que chacun dentre nousvoulait être le plus sage.6. Pourtant, cela avait tout de même du bon ; car ces perpétuelles querellesenflammaient toujours plus notre soif dune vérité pure. Sans elle, Oubratouvishar,nous ne taurions sans doute jamais choisi pour notre guide ; et sans toi, nous neserions jamais allés jusquà Memphis, donc encore bien moins jusquen ce lieu oùnous avons pu entendre aujourdhui la vérité la plus pure de toutes, de la bouchemême de Celui qui est la cause éternelle de toute vie, de toute existence et de toutechose. Aussi, va maintenant Lui faire part de notre profonde gratitude pour le trèssage avis divin quil nous a donné à tous, et auquel nous resterons fidèles en toutevérité dans nos actes, de génération en génération ! Plus jamais de discorde entrenous, car nous sommes à lévidence frères ! » Chapitre 13 De la possibilité daccomplir de plus grandes choses que le Seigneur1. Sur ces paroles, le chef, accompagné de son serviteur, vint à Moi et voulut Merépéter mot à mot ce que lui avaient dit ses compagnons.2. Mais Je lui dis : « Ami, Celui qui sonde le tréfonds des hommes na pas besoin decela ! Je sais déjà tout ce que tes compagnons tont confié avec beaucoup de sagesse,et tu peux donc entendre maintenant de Ma bouche quelle est la stricte vérité dansvotre controverse. Regarde, écoute et comprends !3. Lorsquun homme, sur cette terre ou même seulement dans lau-delà, ce qui sera lecas le plus fréquent, aura atteint en esprit la plus grande perfection de la vie, il pourralui aussi, par sa seule volonté libre, faire et créer durablement non seulement ce queJe fais aujourdhui sous vos yeux et tout ce qui existe et arrive dans toutes les sphèresde la Création, mais de bien plus grandes choses encore ! Car, premièrement, unhomme accompli, étant Mon enfant, est en accord avec Moi en toute chose, et nonpas seulement dans certaines choses particulières, et il doit donc tout naturellement,puisque Ma volonté est tout entière devenue la sienne, être capable de faire tout ceque Je puis faire Moi-même.4. Mais, deuxièmement, aucun homme, quel que soit son accomplissement, ne perd 24
  25. 25. son libre arbitre propre, si parfaitement unie que sa volonté soit désormais à laMienne, et cest pourquoi il peut non seulement tout vouloir par Moi, mais aussivouloir librement et par lui-même sans aucune limite, ce qui, de toute évidence, estpourtant bien quelque chose de plus que Ma volonté.5. Cela te paraît certes quelque peu extraordinaire, et pourtant, il en est ainsi, et il ensera ainsi désormais éternellement. Mais afin que tu le comprennes tout à fait, Jevais rendre cela encore un peu plus clair en te remettant en mémoire un phénomènequi, depuis Memphis, ne doit plus têtre tout à fait étranger.6. Lors de votre premier séjour à Memphis, tu as vu, chez le sage grand prêtre etcurateur Justus Platonicus, plusieurs sortes de miroirs dont la surface parfaitementpolie te renvoyait ton image.7. Mais le curateur ta également montré un miroir dit magique où, à ta grandestupéfaction, tu as pu te voir bien plus grand que tu ne les naturellement.8. Et le curateur ta montré une autre propriété de ce miroir : il a fait sy refléter lesoleil, puis, au foyer extraordinairement lumineux où convergeaient les rayons, etqui se trouvait à une bonne demi-hauteur dhomme de la surface du miroir, courbéede tous côtés vers ce centre, il a fait senflammer toutes sortes dobjets combustibles,te causant un étonnement plus grand encore.9. Dis-Moi, comment cela était-il possible ? Comment se faisait-il que les rayonsrenvoyés par le miroir prétendu magique eussent un effet bien plus puissant que lesrayons ininterrompus provenant directement du soleil ? Pourtant, les rayonsrenvoyés par le miroir magique nétaient rien dautre que les rayons de ce mêmesoleil !10. De plus, le miroir demeurait parfaitement froid ! Doù ses rayons tiraient-ils donccet effet tellement supérieur à celui de la lumière naturelle et non captive du soleil ?Tu comprends bien des choses, et tu sauras donc sans doute Me donner quelqueraison à cela, au moins celle que le grand prêtre a pu lui-même te donner ! »11. Le chef dit : « Ô Seigneur, Tu sais tout en vérité ! Oui, cest vrai, à Memphis, legrand prêtre nous a montré un tel miroir ainsi que ses divers effets ; mais, àfranchement parler, cest là que son explication ma le moins satisfait. En cettematière, il me paraît avoir frappé bien loin de Ton pieu de tout à lheure, et ne lavoirmême pas effleuré. Bref, plus il sefforçait de mexpliquer la chose, plus elle devenaitobscure, tant pour lui que pour moi, et en dépit de tout son zèle.12. Une seule chose me sembla juste dans ses paroles, à savoir que ce miroir courbeavait la propriété de rendre plus denses les rayons du soleil, et quil le faisait bienplus sûrement et avec une densité bien plus grande que si lon disposait un grandnombre de miroirs plans, reflétant le soleil avec sa taille naturelle et tel quil apparaîtà nos yeux, en sorte que tous les rayons dussent se rencontrer en un seul et mêmepoint, point qui serait donc lui aussi bien plus lumineux que celui qui proviendraitdun unique miroir plan. Il sagissait donc là à lévidence dune concentration de lalumière solaire, et lexpérience, disait encore le grand prêtre, montrait quelaccroissement de la luminosité avait pour conséquence un accroissement identiquede la chaleur. Il est vrai que, selon lui, on ne pouvait mesurer cela exactement ; maisle fait nen était pas moins certain, selon une expérience amplement démontrée à de 25
  26. 26. nombreuses reprises.13. Cest là, ô Seigneur, tout lenseignement que jai reçu de la bouche du grandprêtre. Quant aux autres conclusions que je pourrais ou devrais en tirer, mon âmenest pas capable de les découvrir, et cest pourquoi je Timplore à nouveau de bienvouloir déverser sur cette âme encore dans lobscurité une vraie lumière concentrée,sans quoi il y fera toujours noir, comme est noire sur toute ma chair la peau de monmisérable corps ! » Chapitre 14 Sur les prodiges que peut accomplir lesprit humain entré dans la volonté divine1. Je dis : « Fort bien, ainsi, écoute-Moi. Car Je suis le soleil de tous les soleils, detous les mondes spirituels et des créatures de toute espèce qui sy trouvent.2. De même que le soleil de cette terre déverse sa lumière, et avec elle sa chaleur, surtoutes les créatures dune planète et sur cette planète elle-même dans une mesurebien définie, animant ainsi toute cette planète dune manière à lévidence naturelle,de même, Je Me déverse dans une mesure toujours très strictement définie, fixée parMoi-même dans un ordre immuable, sur tout ce que Jai créé ; et cest pourquoi laterre ne peut être davantage terre quelle ne lest déjà, le figuier pas davantage figuier,le lion pas davantage lion, et de même, aucune créature, jusquà lhomme excepté, nepeut devenir plus, ni même moins, que ce quelle est déjà dans son genre ou sonespèce.3. Seul lhomme, par son âme et son esprit, peut devenir sans cesse davantagehomme, parce que Je lui ai donné en partage la faculté imprescriptible, sil suit Mavolonté après quelle lui a été révélée, de recevoir en lui sans cesse davantage de Malumière spirituelle de vie.4. Lorsquun homme vit dans les règles de la Loi, sans chercher à atteindre un butplus élevé, mais aussi sans se laisser avilir en sécartant de lordre quil a accepté,cet homme, qui est donc sans tache aux yeux du monde, est semblable à un miroirplan dont la surface renvoie limage du soleil sans la grossir ni la rapetisser. Cestaussi pourquoi il comprendra tout dune manière toute naturelle et naspirera en toutechose quà un bénéfice très ordinaire.5. Mais un homme qui, parce quil possède quelques lumières en vérité prises enpassant ici ou là, brille et fait limportant dans quelque domaine, auprès de ceux quinont aucune lumière, comme sil avait vraiment touché le premier le fond de lasagesse, et qui tient tous les autres pour les derniers des idiots — un tel homme segonfle jusquà ressembler à une boule dont la surface très polie est comme un miroircourbe tourné vers lextérieur.6. Sur une telle surface, tu verras sans doute se réfléchir limage lumineuse du soleil,mais en tout petit. et tu ne percevras plus aucune chaleur. Le scintillement quelleréfléchit nenflammera jamais quoi que ce soit, pas même léther de naphte siaisément combustible ! Cest là leffet de lorgueil dune âme qui se fait une trophaute idée dune chose parfaitement insignifiante. Et plus la suffisance dune telle 26
  27. 27. âme augmente, plus la convexité de son miroir saccroît, et plus limage du soleilspirituel se fait donc petite sur la surface devenue presque pointue de ce miroir de laconnaissance.7. Les hommes que Je viens de te décrire ne deviennent pas sans cesse plus humains,et la seconde sorte, au contraire, le devient toujours moins.8. Mais il existe une troisième sorte dhomme, qui se fait certes un peu rare !Extérieurement, elle est particulièrement obligeante, serviable, patiente, douce,pleine dhumilité et damour envers tous ceux qui ont besoin de ses services.9. Cette sorte est semblable à notre miroir magique courbé vers lintérieur. Quand lalumière de vie et de connaissance issue de Moi tombe sur un tel miroir de lâme,cette lumière, rayonnant en retour sur les actions terrestres, enflammera lessentiments et la libre volonté de cet homme pour tout ce qui est bien, amour, beauté,vérité et sagesse, et tout ce qui viendra à se trouver au foyer de cette lumièrespirituelle fortement concentrée sera illuminé dune grande clarté et, sous leffet de lagrande chaleur de la vie intérieure, sépanouira bientôt pleinement. Et lhommepourvu dun tel miroir de lâme découvre avec toujours plus de clarté des chosesauxquelles un homme ordinaire naurait jamais songé.10. Cest pourquoi un tel homme devient sans cesse plus homme ; et plus il devienthomme, plus il se perfectionne intérieurement. Et quand, avec le temps, la capacitéou le diamètre de son miroir de vie nayant cessé de croître, il aura gagné enprofondeur face au Centre de la vie, son foyer de plus en plus lumineux et vaste,fera assurément de bien plus grandes choses, dans son action extérieure, que Malumière solaire, mesurée au plus juste à toutes les créatures, et de laquelle il nefaudra jamais attendre quelle saccroisse extraordinairement par les voies naturellesconformes à lordonnance — et lon ne saurait imaginer que la lumière solairetombant naturellement sur cette terre fasse jamais fondre un diamant, contrairementà la lumière concentrée renvoyée par un grand miroir dit magique.11. Il en va exactement de même pour lhomme hautement accompli, dont Jai dittout à lheure quil ferait de plus grandes choses encore que Moi. Je ne fais rien quine soit conforme à Mon ordonnance mesurée au plus juste de toute éternité, et il fautque la terre suive son cours à la distance du soleil qui lui a été fixée, et où, dunefaçon générale, elle est constamment soumise à la même luminosité.12. Il est donc facile de comprendre que jamais, au grand jamais, Je ne pourrai, pourles besoins de la connaissance ou ne serait-ce que par jeu, user de la toute-puissancede Ma volonté pour placer cette terre ou une autre tout près du soleil ; car une telleexpérience réduirait aussitôt la terre tout entière en un simple brouillard blanc-bleu.13. Mais vous, les hommes, vous pouvez, avec de semblables miroirs, concentrer enun point de cette terre la lumière dispersée du soleil et utiliser cette force sur depetites parties de la terre, faisant ainsi avec la lumière du soleil plus de choses queMoi, et de plus grandes, déjà du seul point de vue de la nature — et combiendavantage avec Ma lumière spirituelle issue du très parfait miroir concave de votreâme pleine dhumilité !14. Oui, dans leur domaine restreint, Mes vrais enfants créeront et accompliront deschoses qui, en soi et toutes proportions gardées, seront nécessairement plus grandes 27
  28. 28. que Mes actes, parce que, outre quils accompliront pleinement Ma volonté, ilspourront agir selon leur volonté parfaitement libre, où Ma lumière peut se concentrerjusquà atteindre une puissance indicible, et pourront donc, grâce à la puissance dufeu très intense de Ma volonté profonde, accomplir dans leur petit domaine des actesque Je naurai jamais le droit daccomplir, quoique Je le puisse assurément, parce queJe dois préserver la Création tout entière.15. Bref, Mes vrais enfants pourront véritablement jouer avec des forces de Moncœur et de Ma volonté dont, à strictement parler, Je nai jamais fait le moindre usageeffectif, de même que Je nai jamais, pour Mamuser, poussé cette terre tout contre lesoleil pour faire fondre quelques sommets de montagnes à sa chaleur pour vousincommensurable, ce qui ne saurait arriver sans quaussitôt toute cette terre soitréduite en éther. Ainsi, ce que Je nai le droit de faire ni en grand, ni encore moins enpetit, Mes enfants pourront laccomplir grâce aux miroirs magiques, dabord selon lanature, et donc dautant plus spirituellement !16. Comprends-tu bien et très exactement à présent, Mon cher ami, ce que Je viensde texpliquer en réponse à tes questions ? Es-tu satisfait, ou as-tu encore quelquedoute sous ta peau noire?» Chapitre 15 Le Seigneur console les Nubiens de nêtre pas destinés à la filiation divine1. Le chef dit : « Oui, Seigneur, tout est clair à présent, et mon âme a désormais lesentiment que tout cela lui est familier ! Mais je remarque que Tes disciples, pour laplupart, ne semblent pas du tout comprendre cette image des trois sortes de miroir !Je Te remercie du fond du cœur pour cet éclaircissement, qui correspondparfaitement à tout ce que je ressentais ; mais, comme je lai dit, je suis bien fâché devoir que ce sont ceux-là mêmes qui sont appelés à devenir Tes enfants qui semblentle moins comprendre ces choses ! »2. Je dis : « Que cela ne tinquiète pas ! Si toi, tu les comprends, pourquoi te soucierdautre chose ? Ceux-là comprendront bien en leur temps ; car ils seront encorelongtemps près de Moi, tandis que vous repartirez demain pour votre pays!3. Un usage assurément fort bon, et qui a existé de tout temps chez tous les peuples,veut que lon soccupe de lhôte étranger avant les enfants de la maison. Les enfantsnen seront pas lésés pour autant ! Vous pouviez facilement comprendre cettequestion dès à présent, parce que vous connaissiez déjà lexistence des miroirs ; maisaucun de Mes vrais disciples et enfants na encore jamais vu dautre miroir que lasurface dune eau tranquille. Cependant, quand Je voudrai leur expliquer un peumieux la chose, il Me sera tout aussi facile, pour Me faire comprendre, de faireapparaître de tels miroirs, quil Ma été facile de faire apparaître le cerveau humain etde donner au vieux Marc cette maison neuve avec toutes ses dépendances.4. Aussi, ne tinquiète pas pour Mes disciples et pour Mes vrais enfants ; car Je tedonne personnellement lassurance quaucun deux ne sera lésé. Car les étrangersviennent et sen vont, mais les enfants demeurent dans la maison ! — As-tu compriscela aussi ? » 28
  29. 29. 5. Le chef dit : « Si je lai compris ! Mais mon âme ne sen réjouit pas pour autant ;car lorsque Tu nous as donné ce nom d"étrangers", je me suis senti bien loin de Toi! Mais nous ne pourrons jamais changer ce que Tu as décidé de toute éternité, et,bien quétrangers, nous Te remercions pourtant avec lamour le plus brûlant pourtoutes les faveurs immenses et tout à fait imméritées que Tu nous as accordées ! »6. À ces mots, les yeux du chef et de son serviteur semplissent de larmes, et JarahMe dit en secret : « Seigneur et Père de tous les hommes, regarde, les deux Noirspleurent ! »7. Et Je lui dis : « Ce nest rien, Ma très chère petite fille ; car cest précisément ainsiquils deviendront les enfants de Mes enfants, et ceux-là non plus ne seront paschassés de la maison du grand-père ! »8. Entendant ces paroles de Ma bouche, les deux Noirs tombèrent à genoux devantMoi et pleurèrent à gros sanglots, mais de joie cette fois.9. Au bout dun moment, le chef sécria : « Ô Dieu plein de justice, de sagesse,damour, de force et de miséricorde, tout mon être Te remercie avec la plus grandecontrition, en mon nom et au nom de mon peuple, puisque du moins nous avons ledroit de nous dire les enfants de Tes enfants ! »10. Je dis : « Sois tranquille, Mon ami. Celui que Je reçois ne Mest plus étranger !Vois comme la terre est couverte de montagnes grandes et petites : les plus hautessont certes les premières et à proprement parler les filles originelles de la terre, et lesplus basses ne sont nées que peu à peu des dépôts des premières — mais, tandis queles têtes des premières et des plus hautes sornent de glaces et de neiges éternelles,leurs descendantes plus basses sucent continuellement le lait damour né du sein deleur grande mère(*) !11. Je vous le dis : celui qui a de lamour et agit par amour, celui-là est Mon fils, Mafille, Mon ami et Mon frère ! Mais celui qui na pas damour et nagit donc pas selonlui est un étranger et sera traité comme tel. Et puisque Je tappelle Mon ami, tu nesplus un étranger, mais appartiens à Ma maison par Ma parole reçue fidèlement enton cœur. Sois donc désormais consolé, et va annoncer cela à tes frères ! »12. Le chef se rend alors avec son serviteur auprès de ses compagnons et leurannonce tout ce que Je lui ai dit, et tous se mettent à pousser de véritables cris de joieà cette nouvelle qui les console si extraordinairement. Nous les laisserons à leur justejoie, tandis que Cyrénius, qui, bien que connaissant fort bien les différentes sortes demiroirs, na pas tout à fait compris Mes explications lui non plus, Me demande si Jeconsentirais à lui en dire un peu plus. Mais Je lui conseille de patienter un peu, carnous allons bientôt avoir affaire à une délégation de Césarée de Philippe faisantassez triste figure, et Cyrénius se contente de cela.(*) Les « petites montagnes » seraient donc ici les contreforts des plus hautes (doù coule leau dela fonte des neiges), car, en toute rigueur, les montagnes basses sont les vieilles montagnes usées! (N.d.T.) 29
  30. 30. Chapitre 16 La délégation de Césarée se présente devant Cyrénius1. À peine avais-Je fini de parler que douze hommes apparurent au détour delancienne maison ; il y avait là six Juifs et six Grecs. En effet, les Césaréens, quicampaient à présent dans des huttes, avaient appris par leurs bergers et leurspêcheurs que le vieux pêcheur Marc avait reçu en présent du souverain romain unegrande portion de terre, qui, en tant que sa pleine propriété, avait été ceinte dunemuraille infranchissable. Mais les Césaréens considéraient comme bien communaltoutes les terres qui entouraient la ville aussi loin que portait la vue, et ils voulaientdemander à Cyrénius de quel droit il sétait emparé dune propriété de la ville pourlaquelle celle-ci avait toujours payé le tribut, tant aux Romains quà Jérusalem.Cependant, Javais déjà conseillé Cyrénius dans le secret de son cœur, et il savaitdonc par avance, avant quun seul des délégués eût ouvert la bouche, de quoi il seraitquestion ; aussi était-il suffisamment préparé à répondre ce quil fallait à cettedélégation qui étalait une affliction fort immodeste.2. Après toutes les révérences dusage, un Grec distingué, du nom de Rode, savançavers Cyrénius et parla en ces termes : « Très juste, très sévère et très noble Altesse,noble souverain et seigneur, nous sommes ici pour cette raison que ta munificence ajugé bon de remettre au vieux soldat Marc, aujourdhui pêcheur, une partconsidérable de nos terres communales, sur lesquelles pèse un lourd tribut, pour enfaire un domaine clos de murs. Nous lavons appris avec la plus grande tristesse, il ya une heure, par nos bergers, eux-mêmes affligés par la perte de cette belle terre.3. Le malheur qui nous a frappés, nous, Césaréens jusque-là dans laisance, desruines encore fumantes en témoignent encore ici et là. Nous sommes désormais, auplein sens du mot, les mendiants les plus misérables du monde. Heureux celui qui apu sauver un peu de son avoir dans ce violent incendie ! Mais nous, pauvres diables,nous navons pas eu cette chance ; car le feu sest étendu trop rapidement, et, commebeaucoup dautres, nous devons encore remercier les dieux davoir pu sauver nosvies. Un peu de bétail est désormais tout notre bien, et nous sommes redevenusnomades ; mais comment nourrir même cet ultime bien, si ta munificence nous retirenos meilleures terres au profit de Romains de naissance et, les ceignant de murs, enfait la propriété intangible de ceux qui ont le bonheur de jouir de tes hautes faveurs?!4. Cest pourquoi nous te supplions de nous dire si Marc, à qui est échu ce si grandbonheur, devra ou non nous donner un dédommagement ! Car, dans la péniblesituation où nous sommes, nous priver de ces terres sans le moindredédommagement serait assurément une chose dont on trouverait difficilement unautre exemple dans lhistoire de lhumanité. — Très noble seigneur, que peuventattendre les malheureux que nous sommes ? »5. Cyrénius dit : « Que me racontez-vous et que venez-vous faire ici, impudentsindignes du nom dhomme ?! Cette portion de terre appartient depuis cinq cents ansà cette montagne et à cette maison de pêcheur, et elle navait pas la moindre valeur,nétant quun désert de sable et de galets. Et vingt arpents de terre qui en fontégalement partie nont pas été ceints de murs, et sont donc laissés au libre usage de la 30

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