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  1. 1. 32 PORTRAIT SOPHIE MOREAU-FOLLENFANT, DRH DE DERICHEBOURG N°550 – Juin 2014 Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable du directeur de publication (personnel@andrh.fr). Toute publication sur Internet doit faire référence à la revue en intégrant ce lien : http://www.andrh.fr/services/la-revue-personnel. Les propos publiés relèvent de la responsabilité de leurs auteurs et ne peuvent être assimilés à une prise de parole de l'ANDRH.
  2. 2. 33 PORTRAIT SOPHIE MOREAU-FOLLENFANT, DRH DE DERICHEBOURG A L’ORIGINE DU PÔLE RH 22 000 salariés en France, 62 sociétés, 24 conventions collectives, un large éventail d’activités : collecte des déchets ména- gers,nettoiementurbain,propreté,aéronau- tique, prestations en milieux sensibles… Rencontre avec celle qui a créé, développé et fait progresser la fonction RH au sein du Groupe Derichebourg depuis dix-sept ans. Par Sylvie Aghabachian / photos Daniel Osso «  DRH ? Tu n’as pas honte ? ». Benjamine d’une famille de six enfants, Sophie Moreau- Follenfant se destinait à une voie toute tracée : droit, sciences Po puis l’Ena. « Mon indépendance d’esprit m’a emmenée sur les bancs de la fac d’AES puis vers un troisième cycle RH à l’IGS », raconte-t-elle, avec un sou- rire narquois. Le choix des ressources humaines s’est opéré au gré d’une rencontre, lors d’un stage durant son année de licence chez Calberson International. « J’ai découvert la fonc- tion grâce à une responsable RH qui est devenue mon modèle. Sa person- nalité me correspondait : une femme énergique, bourreau de travail, d’une grande humanité et très drôle. On tra- vaillait en s’amusant. Et pour moi, le plaisir est important dans le travail. » Son premier emploi, elle le décroche en 1993, alors jeune maman. « J’ai débuté en tant qu’assistante RH chez Exel Logistique, une société britan- nique rachetée par DHL. » Pendant cinq ans, elle a dû gérer un entrepôt qui réceptionnait les produits Marks & Spencer sur l’Europe Continentale. « Mais l’ambiance feutrée à la britan- nique et une lutte de pouvoirs féroce ne me convenaient pas. J’ai démis- sionné sans avoir décroché un autre contrat de travail. » Plongée dans l’activité « ferraille » Une nouvelle opportunité ne tardera pas à se présenter. Ce sera une en- treprise opérationnelle de ferraille. Daniel Derichebourg, qui dirige une entreprise familiale de collecte de déchets effectue une OPA sur la “ Il faut beaucoup de courage et de résistance physique. C’est un métier usant. ” N°550 – Juin 2014 Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable du directeur de publication (personnel@andrh.fr). Toute publication sur Internet doit faire référence à la revue en intégrant ce lien : http://www.andrh.fr/services/la-revue-personnel. Les propos publiés relèvent de la responsabilité de leurs auteurs et ne peuvent être assimilés à une prise de parole de l'ANDRH.
  3. 3. 34 PORTRAIT SOPHIE MOREAU-FOLLENFANT, DRH DE DERICHEBOURG Compagnie française des ferrailles (CFF) cotée en bourse depuis 1962. Il fait appel à Sophie Moreau-Follenfant pour créer un pôle RH. « Nous sommes fin 1997. On ne parle plus de direction du personnel mais bien de ressources humaines. Pourtant, la fonction RH est un anachronisme dans ma nouvelle entreprise. Les RH sont identifiées à la paye seulement. » Son métier, la jeune DRH de 28 ans va l’apprendre au côté d’un autre mentor, le secrétaire géné- ral Guy Balu, un homme discret qui lui transmet la culture des opération- nels et la proximité avec les équipes et les clients. « J’ai intégré un univers masculin, très viril : je ne suis pas arri- vée en terrain conquis, confie-t-elle, en ôtant ses lunettes de soleil fixées sur sa tête. Heureusement, j’ai bénéficié de la bienveillance de mes dirigeants. » Son credo : s’intéresser aux métiers, aux problèmes, questionner les opé- rationnels sur la notion de service aux clients et sur la proximité métier. Puis apporter des solutions rapides, fiables, sécurisées juridiquement et simples.  Elle tombe rapidement dans le bain de la gestion RH avec l’instau- ration des lois Aubry dans les années 2000 et la mise à plat de toutes les organisations. « Nous avions une affinerie d’aluminium qui travaillait en continu, des sociétés de transport routier et sur chaque site, une variété d’organisations importantes. » “ Nous misons sur les compétences internes, qu’il faut détecter et fidéliser alors que nous ne sommes pas les mieux disant en matière salariale. ” N°550 – Juin 2014 Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable du directeur de publication (personnel@andrh.fr). Toute publication sur Internet doit faire référence à la revue en intégrant ce lien : http://www.andrh.fr/services/la-revue-personnel. Les propos publiés relèvent de la responsabilité de leurs auteurs et ne peuvent être assimilés à une prise de parole de l'ANDRH.
  4. 4. 35 PORTRAIT SOPHIE MOREAU-FOLLENFANT, DRH DE DERICHEBOURG Fusion avec le groupe Penauille L’autre cap dans sa carrière s’ef- fectue en 2005-2006. Son patron  Daniel Derichebourg achète la société Penauille présente dans les services aux entreprises et l’aéroportuaire. Les groupes CFF et Penauille fusionnent pour former le groupe Derichebourg. De 3500 salariés, l’entreprise bon- dit à 50 000 collaborateurs. « Nous avons dû redresser des activités que ne nous maîtrisions pas en déployant nos méthodes, process et notre culture. »  Après avoir créé un pôle RH au niveau central et local – chaque métier et chaque région, disposent de services RH – elle a accompagné la structu- ration des IRP en région et la négo- ciation d’un accord de droit syndical. « Mon rôle est de mettre en place et soutenir les équipes RH : une trentaine de collaborateurs. Il faut beaucoup de courage et de résistance physique. C’est un métier usant. Mais comme la ligne hiérarchique est courte, nous travaillons en confiance, avec une grande autonomie et responsabilité. Le président Daniel Derichebourg est ac- tionnaire majoritaire dans une logique de croissance patrimoniale pérenne. Nous avons donc une vision sur du long terme. » Aujourd’hui, le groupe Derichebourg est présent dans deux secteurs d’acti- vités : les services à l’environnement (recyclage et valorisation des biens d’équipements et de consommation arrivés en fin de vie, valorisation des matières de récupération, collecte des déchets ménagers, nettoiement urbain, gestion des déchetteries...) et les services aux entreprises (propreté, aéronautique, intérim aéronautique, intérim et recrutement, énergie, pres- tations en milieux sensibles,...), tant en France qu’à l’étranger (9 pays). « Nous recyclons 400 000 véhicules par an », raconte-t-elle dans un salon du siège social parisien où trônent les photos de compressions de voi- tures du sculpteur César, réalisées par le groupe Derichebourg. En 2013, la vente de la division aéroportuaire fait chuter les effectifs à 22 000 en France. « Notre activité enregistre une grosse fluctuation de l’effectif dans les ordures ménagères et la propreté car les contrats sont renouvelés régu- lièrement. » Côté industriel, l’activité recyclage témoigne du déclin du sec- teur industriel qui ne domine plus le marché.  « L’apprivoisement en France se contracte, constate la DRH. Comme l’activité du recyclage est cyclique, le groupe s’est diversifié vers des presta- tions de services non délocalisables. » L’activité ferraille est aussi soumise à des risques de braquages de camions et vols de marchandises en fonction du cours des métaux. Pour assainir et sécuriser le secteur du recyclage, en 2011, le groupe a soutenu le passage au paiement par chèque sur les chan- tiers, pour les achats de matières aux particuliers. Gestion des emplois et compétences Le champ d’activité est vaste et les problématiques variées pour cette DRH qui se voyait à ce poste cinq ans avant de rebondir et qui compte aujourd’hui dix-sept ans d’ancienne- té. Avec 62 sociétés, 24 conventions collectives pour le seul périmètre français, la mise en place du nou- veau SIRH a été complexe, reconnaît celle qui s’évertue à déployer une politique handicap, une démarche insertion notamment à partir de l’ac- tivité propreté comme terrain d’expé- rimentation, qui représente le plus gros effectif en volumétrie et dont les collaborateurs ont peu ou pas de qualifications. Ces objectifs sont systématiquement déclinés en paral- lèle sur les autres métiers comme le pôle aéronautique. Ses prochains défis : tout en continuant d’apporter rapidement des solutions fiables pour sécuriser les opérationnels, gérer les talents car la pyramides des âges est très marquée. « Nous misons beau- coup sur les compétences internes, qu’il faut détecter et fidéliser alors que nous ne sommes pas nécessairement les mieux disant en matière salariale. Je souhaite aussi  poursuivre l’identifi- cation des compétences clés actuelles et futures de nos métiers. Nous avons déjà identifié 300 emplois sur 350. Il faut donc être à l’écoute des besoins et de l’évolution de nos clients ». L’autre enjeu fort de développement RH est d’apporter une meilleure ré- ponse globale aux clients en partena- riat avec d’autres fonctions telle que les domaines QSE (Qualité-Sécurité- Environnement). Sophie Moreau-Follenfant veille à une meilleure intégration des pro- cessus managériaux, à la mise en place d’une politique diversité avec 82 nationalités, 60 % femmes (prin- cipalement du fait de la structure de l’activité propreté) dont 30 % dans l’encadrement. La DRH mène aussi une réflexion sur les nouvelles formes de travail comme le multi emploi. « Des missions plus opérationnelles qu’orientées sur la stratégie car, pour moi, un DRH n’est pas un gestionnaire de stock humain. » n RÉFÉRENCES Loisirs : la cuisine. Dernier livre lu : je lis plusieurs livres en même temps dont deux d’Albert Camus :« L’homme révolté » et « Caligula ». La personnalité admirée : Françoise Héritier, une grande aventurière, anthropologue et ethnologue qui a décrit la valence différentielle des sexes. Défaut avec indulgence : j’ai du caractère. Meilleur souvenir professionnel : je pense plutôt à une situation gratifiante qui est celle de recevoir des nouvelles de personnes dont on a dû se séparer et qui me recontactent pour me remercier de la qualité de l’écoute lors de l’accompagnement à leur départ. N°550 – Juin 2014 Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable du directeur de publication (personnel@andrh.fr). Toute publication sur Internet doit faire référence à la revue en intégrant ce lien : http://www.andrh.fr/services/la-revue-personnel. Les propos publiés relèvent de la responsabilité de leurs auteurs et ne peuvent être assimilés à une prise de parole de l'ANDRH.

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