Agadir et sa region (2006)

2 473 vues

Publié le

Agadir et sa region (2006)

Publié dans : Technologie, Business
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 473
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
3
Actions
Partages
0
Téléchargements
49
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Agadir et sa region (2006)

  1. 1. Les Dossiers de SPÉCIAL AGADIR Un pôle économique en devenir REALISE PAR ANTOINE FLANDRIN Supplément au numéro 4352 du 24 février 2006. Ne peut être vendu séparément.
  2. 2. Spécial Agadir II les dossiers de La Vie éco Vendredi 24 février 2006 Sommaire Dossier réalisé par Antoine Flandrin Tourisme : après des Stratégie : années de vaches maigres, Les atouts d’une région les affaires reprennent. Page VI et VII Page IV et V Agriculture : Comment le verger soussi peut-il faire face au problème de la raréfaction de l’eau ? Page VIII et IX Pêche : Une activité vitale à l’horizon incertain Page X Agro-industrie : Des conserveries compétitives à l’approvisionnement fragile Page XI Infrastructures : L’armature du désenclavement de la région se met en place Page XIII Histoire : Agadir, le grenier du commerce Agadir, ville festive Page XV Page XIV Culture : Investissement : Ces secteurs qui font vivre Timitar, un festival pas comme les autres la région. Page XII Page XV
  3. 3. IV les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Stratégie Les atouts d’une région en devenir Agadir veut devenir un pôle régional compétitif ouvert sur le monde. Un défi qui passe par la mise en valeur de ses trois secteurs phare que sont le tourisme, l’agriculture et la pêche, mais aussi par le développement d’une stratégie intégrée au niveau régional. gadir peut-elle devenir une des sta- A tions balnéaires les plus attractives de la région MENA ? Un des centres agricoles les plus dynamiques au monde ? Un pôle de pêche compétitif à l’in- ternational ? Un centre urbain dynamique à Elaborée par le cabinet Mc Kinsey, l’équilibre socio-urbanistique affirmé ? pour le Une locomotive pour tirer la région de son compte du désenclavement ? Lorsque l’on connaît les potentialités de la ville et de la région qui Conseil de la l’entoure, on se doit d’y croire. région du Elaborée par le cabinet Mc Kinsey, pour le compte du Conseil de la région du Souss- Souss Massa- Massa-Drâa, une stratégie permettant le Drâa, une Un développement socio-urbanistique dont l’équilibre reste à trouver. décollage économique de la région a été stratégie mise en application. Un maillage de maisons de quartier pour bandes : le bord de mer touristique, les quar- Est-elle trop ambitieuse ? Deux ans après sa permettant changer le mode de vie des Gadiris tiers administratifs et résidentiels, et les mise en place, il est encore trop tôt pour le le décollage Plus de quarante-cinq ans après le tremble- quartiers populaires. Bref, Agadir ne parvien- dire. Aujourd’hui, les principaux acteurs publics, parmi lesquels le Conseil de la économique ment de terre qui avait ravagé la ville et en autant d’années d’efforts de reconstruction, drait pas à trouver une harmonie socio-urba- nistique. Une vision que ne partage pas le région, la Wilaya et le Conseil municipal de la région comment Agadir gère-t-il son équilibre socio- maire, Tariq Kabbage, qui préfère comparer ainsi que les principaux acteurs privés, a été mise en urbanistique ? D’aucuns diront qu’Agadir est Agadir à un «patchwork de quartiers juxta- œuvrent de concert pour accélérer les muta- victime d’une ségrégation entre la zone tou- posés» ou encore à une «main aux lignes qui tions nécessaires. application. ristique et le reste de la ville. D’autres avan- se croisent et dont le début de la paume ceront que la ville est segmentée en trois serait le bord de mer». «Il y aura toujours des inégalités entre les différents quartiers, explique-t-il. Il faut augmenter la qualité des quartiers les moins favorisés en améliorant leur cadre de vie. Nous allons développer des espaces de loisir, des espaces verts et des ter- rains de sports. Un maillage de « maisons de quartier » construites à proximité de ces espaces est également prévu. Ces maisons seront gérées par la mairie en partenariat avec des associations culturelles, musicales, théâtrales, sportives… Le changement de mode de vie des gens passe par la culture et le sport». Le maire est d’ores et déjà décidé à supprimer le panneau «zone touristique»à l’entrée de la ville. «Il faut sortir de cette conception étroi- te du bord de mer, assène-t-il. Les Gadiris doi- vent pouvoir s’approprier tous les espaces dans toute la ville». D’autres projets à caractère plus «social» ont été lancés, tels la construction d’un centre pour les handicapés , d’un centre de sauve- garde de la jeune fille, financé par la Fondation Sud, d’un centre d’accueil pour les étudiantes, financé par la Fondation Mohammed V ou encore le recasement des marchands ambulants dans des marchés sédentarisés, mis en place par le Conseil de la Région. Autant d’initiatives menées par les Parmi les pistes à explorer : le tourisme rural. autorités locales pour améliorer les condi- …/…
  4. 4. V les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Stratégie …/… La Région met en avant des synergies entre tions de vie et de travail des Gadiris. les secteurs pour booster la croissance. Des progrès ont également été enregistrés La volonté de renforcer l’attractivité écono- en matière de relogement. Dans le cadre du mique d’Agadir passe également par la programme «Villes sans bidonvilles» (VSB), consolidation de son rôle de pôle régional. devant prendre fin en 2007, 3 000 baraques L’avenir du Maroc est dans le développement sur 12 000 existantes ont déjà été résorbées. de pôles régionaux axés autour d’un grand A cet égard, l’Initiative nationale pour le centre urbain. A cet égard, la Région Souss développement humain (I NDH) va per- mettre d’accélérer le processus de reloge- « La vision Massa-Draâ mise sur les trois secteurs de forte croissance et d’avenir : le tourisme, la ment. «L’INDH a prévu une enveloppe de 90 intégrée de pêche, et l’agriculture. « La mise en valeur millions de DH prévu à cet effet», précise des atouts existants, la modernisation de ces Rachid Filali, wali d’Agadir. Changer le mode la stratégie secteurs, leur internationalisation feront de vie des gens, voilà donc l’idée de fond. Sa réalisation nécessitera toutefois beaucoup lancée par la d’Agadir une ville d’une importance plus grande, prédit Aziz Akhannouch, président de moyens financiers et surtout beaucoup Région, c’est de la Région du Souss Massa-Draâ. Il faut de volonté. D’autres projets pour dynamiser le centre urbain ont déjà été lancés en colla- de justement mettre en avant les synergies et les passe- relles naturelles entre les différents secteurs : boration avec la Région, tels le lancement considérer la pêche est aussi un facteur touristique, Les rotations aériennes «Agadir-Ouarzazate» à petit prix : de la nouvelle gare routière prévu pour cette année, le nouveau marché de Talborjt et la les autant que la production agricole qui fait la renommée de notre gastronomie ». pour une meilleure connectivité intrarégionale. construction de trois nouvelles voies struc- différentes La politique d’infrastructures doit également principales villes de nos provinces. Par turantes dans la ville. renforcer cette dynamique. « Le lancement exemple lorsqu’on lance la création de mar- dimensions du chantier de l’autoroute Marrakech-Agadir, ché de seconde vente de poisson, nous le fai- Un palais des expositions sur 15 000 m2 Mais les projets structurants sont surtout les du territoire qui sera prête en 2009, va permettre de désenclaver la région du Sud, explique sons sur Ouarzazate, Taroudant, Tiznit, Choutka-Aït Baha. Aucune province n’est projets à vocation touristique. Pour rendre la dans leur Rachid Filali. De même, le développement du mise de côté. La réussite de la stratégie vien- ville plus attractive, le maire a décidé de moderniser le mobilier urbain. Des nou- ensemble, réseau aérien et routier transrégional va améliorer l’interpénétration des actions. Les dra aussi de la capacité à impliquer l’en- semble du territoire avec des projets veaux bancs, lampadaires et bâches de café d’avoir une rotations aériennes « Agadir-Ouarzazate » à structurants par zone ». seront prochainement installés. D’autre part, petit prix et l’élargissement de la route Une vision intégrée qui passe également par la ville va se doter d’un nouveau logo plus vision Agadir- Ouarzazate en sont un bon la mise en place de mesures pour ralentir jeune et plus sympathique. Agadir va chan- ger d’identité visuelle. globale». exemple». Autre développement d’infrastruc- tures permettant le désenclavement : le déve- l’exode rural. « Le meilleur moyen de main- tenir les populations rurales sur place est de Parmi les projets phare, Agadir peut déjà se loppement de la plate-forme aéroportuaire créer, dans chaque douar et dans chaque vil- targuer de la rénovation de la Corniche, mise de Zagora, mis en place par l’Office national lage, des activités économiquement viables. en oeuvre par le Conseil municipal. La pro- des Aéroports, le Conseil de la Région et les Les pistes à explorer sont nombreuses : la menade a ainsi été prolongée jusqu’à l’Hôtel collectivités locales ; l’avancée du programme valorisation des produits du terroir, le touris- Sofitel. Par ailleurs, les travaux du Palais des des routes rurales et la création d’une ligne me de campagne & de montagne…», expositions, un espace de près de 15 000 m2, aérienne entre Las Palmas et Agadir, mise en explique Aziz Akhannouch. Rachid Filali seront lancés cette année. Ce palais, projet oeuvre par le Conseil régional, le Centre abonde dans ce sens, précisant que « l’on ne du Conseil municipal, sera dédié à l’anima- régional du tourisme et Regional Airlines. peut arrêter l’exode rural qu’en apportant tion culturelle, mais on pourra aussi y trou- aux habitants les moyens d’améliorer leur ver un cinéma, un hall d’exposition Emergence de nouvelles filiales comme le cadre de vie. Il faut apporter à tout le monde permanente, des salles de congrès, un centre cinéma ou l’agro-technologie l’eau, l’électricité et des dispensaires et sur- commercial, un parc et un jardin d’enfants. Le développement du pôle économique tout développer l’investissement ». Autre projet colossal, la Marina d’Agadir. Les d’Agadir passe donc par un aménagement du Le thème de l’emploi est également au coeur travaux de construction, bien entamés, territoire plus cohérent et plus équilibré. « La de la stratégie mise en oeuvre par la Région. seront achevés fin 2007. En dehors du port vision intégrée de la stratégie lancée par la « L’objectif de notre stratégie de développe- de plaisance, elle offrira 600 logements de Région, c’est de justement considérer les dif- ment est aussi d’accompagner les mutations haut standing au total, 190 appart-hôtels et férentes dimensions du territoire dans leur sectorielles. Il faut créer suffisamment d’em- une partie animation qui réunira une cen- ensemble, d’avoir une vision globale, indique plois pour amortir les chocs dits de « produc- taine de locaux commerciaux : magasins de M. Akhannouch. Notre objectif est aussi de tivité ». La modernisation des secteurs de la shopping, activités de service, restaurants, booster la croissance à travers une dissémi- pêche et de l’agriculture, l’émergence de nou- cafés, salles de cinéma et salles de jeux. nation des projets qui viendront renforcer les velles filières de croissance tel le cinéma ou l’agrotechnologie, la mutation des secteurs traditionnels, sont des défis auxquels la stra- Croissance et emploi : les scénarios optimistes tégie de la Région tente de faire face, ajoute M. Akhannouch. Dès le départ, la Région a de l’analyse Mc Kinsey essayé de se concentrer sur des secteurs créa- teurs d’emplois avec des initiatives réali- sables dans des délais raisonnables. Par Dans la Stratégie de développement de la Région Souss filières, de 0,8 % à 0,7 % pour les autres industries et de 10,6 % exemple le tourisme est un secteur à forte Massa-Draâ, le cabinet de conseil Mc Kinsey a établi une série de à 24 % pour les autres services. potentialité et un gros employeur de main- scénarios pour la croissance et l’emploi des différents secteurs de Pour l’emploi, le scénario otimiste serait un taux de d’œuvre. Bien sûr l’amélioration du cadre l’économie . croissance moyen pondéré de 4,8 % entre 2005 et 2015. Le nombre général économique et les nouvelles infra- Ainsi, selon un scénario optimiste, la croissance moyenne d’emplois de la région passerait de 900 000 à 1, 6 million. Ventilé structures devraient permettre de stabiliser annuel du PIB s’élèverait à 6,6 % entre 2005 et 2015. Le PIB de entre les différents secteurs, le nombre d’emplois passerait de les populations pour qu’elles se projettent la Région qui s’élève aujourd’hui à 34 milliards de DH atteindrait 150 000 à 450 000 pour le tourisme, de 117 000 à 153 000 pour localement. La réussite de demain dépend de 77,4 milliards de DH en 2015. Ventilée entre les différents secteurs l’agriculture, de 40 000 à 132 000 pour l’artisanat, de 90 000 à l’implication de chacun. Aujourd’hui nous de l’économie, la part de chacun passerait de 7 % à 23,1 % pour 152 000 pour le commerce et les PME, de 3 000 à 2 000 pour les pouvons être satisfaits de la mobilisation des le tourisme, de 4,5 % à 4,6 % pour l’agriculture, de 3 % à 5% mines, de 0 à 3 000 pour les nouvelles filières, de 5 000 à 4 000 acteurs locaux ». Des discours emprunts de pour la pêche, de 0,6 % à 3% pour les mines, de 4 % à 8,5 % pour les autres industries, de 335 000 à 580 000 pour les autres pragmatisme mais aussi d’ambitions. pour les PME et le commerce, de 2,3 % à 5 % pour le BTP, de 1 % services et de 86 000 à 170 000 pour le BTP. En ce qui concerne la Pragmatisme et ambition : deux traits de la à 3,6 % pour l’artisannat, de 0 % à 0,3 % pour les nouvelles pêche, le nombre d’emplois stagnerait autour de 50 000. force de caractère des habitants de la région d’Agadir I
  5. 5. VI les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Tourisme Tourisme : après des années de vaches maigres, les affaires reprennent Avec une hausse de plus de 5 % des nuitées en 2005, les hôteliers gadiris ont surtout profité de la croissance du marché français. Afin de consolider l’élan, les initiatives pour améliorer l’attractivité de la ville se multiplient. lus de 5% de croissance pour les nui- P tées hôtelières, plus de 7 % pour les arrivées en 2005. 4 millions de nui- tées et 1 million d’arrivées en 2005. Des chiffres qui devraient réjouir les profes- sionnels du secteur touristique. Et pourtant : «2005 a été une bonne année, certes, concède Guy Marrache, président Agadir veut se positionner directeur général de Holidays Services et sur le balnéaire Tikida Hotels Agadir. Mais nous retrouvons intelligent. tout juste les niveaux des années fastes comme 2000. La croissance n’est pas vrai- ment là. Si l’on regarde le taux de remplissa- ge des hôtels de la ville, on se rend compte que ce n’est pas l’euphorie. Seuls quatre à cinq hôtels sur le front de mer sont aujour- taient que 20% de la clientèle en 2000, ils n’étant qu’un préalable. D’après la stratégie d’hui en mesure de tirer la demande vers le sont désormais près de 32 %. Toutefois, les de Mc Kinsey, Agadir doit tirer profit de la haut». clignotants ne sont pas tous au vert, loin s’en Vision 2010 qui a pour but d’améliorer la faut. Le revers de la médaille ? Un marché connectivité et l’offre litière, tout en repen- Les Français représentent 32% de la clientèle allemand qui décroche chaque année. Ce der- sant son produit. En effet, le Conseil Régional Si la croissance devrait suivre la même ten- nier qui représentait près de 32 % de la clien- a par exemple entrepris la subvention des dance en 2006, les hôteliers comptent sur- tèle en 2000 a chuté à 15% en 2005. liaisons Agadir-Ouarzazate et Agadir-Las tout sur la venue des touristes français. Ces Pourquoi une telle bérézina ? «La situation Palmas afin de favoriser d’intégrer par derniers font depuis quelques années la joie est davantage imputable à la situation de exemple la plage et le désert. Ce travail sur le des hôteliers de la place. S’ils ne représen- l’économie allemande, précise Guy Marrache. produit s’accompagne de mesures visant à Mais il est vrai que la concurrence exercée mieux valoriser l’arrière-pays. Le Conseil de par les Turcs et les Egyptiens, qui cassent les la Région et d’autres institutionnels ont La Marina, le grand prix, nous nuit. De plus, Agadir est très mal desservie au niveau aérien. Il n’y a pas de lancé des bourses d’idées pour financer la micro entreprise touristique : plus de trente projet d’Agadir point à point entre Agadir et l’Allemagne. projets ont été financés, dont une grande Enfin, il faut l’admettre, le produit Agadir a partie dans les «zones les plus isolées». La Marina d’Agadir sera à n’en pas douter tendance à vieillir». Le mot est lâché. Que Principal ressort de la stratégie de dévelop- la nouvelle attraction de bord de mer….en 2008. Avec 600 logements haut standing au total, 150 4 millions faut-il donc faire pour rajeunir l’image d’Agadir ou du moins l’adapter à la demande pement du tourisme balnéaire : Taghazout. Cette nouvelle station balnéaire, construite à appartements-hôtels, une centaine de locaux de nuitées internationale actuelle ? C’est justement la 15 km d’Agadir, aura une capacité d’accueil commerciaux, ce complexe sera un nouveau moteur principale préoccupation des acteurs régio- de 20 000 lits. Aujourd’hui, l’aménageur- de l’activité touristique. et 1 million naux et municipaux et des opérateurs du développeur est connu (Colony capital) et Des magasins de shopping, prévus sur le quai est, des activités de service sur le quai nord, d’arrivées secteur touristique. l’enthousiasme est de mise. Toutefois, du côté des hôteliers gadiris, on espère que « des restaurants, cafés et pubs au niveau sur le quai en 2005. Développement de la micro-industrie l’aménageur se lance dans la construction de ouest, mais aussi des salles de cinéma, des salles touristique resorts 5 étoiles, souligne Guy Marrache. Si de jeux et une discothèque : un programme Le Conseil de la Région Souss Massa-Draaâ a des hôtels des 4 étoiles devaient être alléchant qui a déjà séduit de nombreux amateurs. commandé au cabinet Mc Kinsey une straté- construits, il y aurait risque de cannibalisa- 450 appartements ont déjà trouvé preneurs. A cet gie de développement économique pour la tion». égard, la première tranche des appartements région. Le diagnostic identifie trois points à Autre piste non négligeable pour développer résidentiels devrait être livrée à la fin de l’année. améliorer : l’animation et les activités de loi- l’activité touristique, la promotion des micro Quant à la partie animation, elle devrait entrer en sir, la création de services annexes, et l’amé- entreprises. «La création d’un fonds d’appui activité en mars 2006. lioration de la connectivité interne et au financement de la micro-industrie du ser- Comptant parmi les projets touristiques les externe. Le défi d’Agadir consiste à se posi- vice touristique va permettre de contribuer à plus porteurs du Maroc, la Marina Agadir, qui tionner sur le balnéaire intelligent : offrir des l’enrichissement de l’offre touristique et à s’étend sur une superficie globale de 18 ha, activités, des sites, des services qui rendront l’augmentation de la dépense moyenne par s’organise autour d’un port de plaisance de standing le site unique. A l’instar des voisins touriste, hors-package», précise Aziz international d’une capacité d’amarrage de 316 Canariens ou d’Ibiza, la croissance du secteur Akhannouch, président de la Région du postes de bateaux I est tirée aujourd’hui par la qualité et l’inven- Souss Massa-Draâ. tivité des opérateurs, les plages ensoleillées …/…
  6. 6. VII les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Tourisme …/… Une nouvelle identité visuelle pour Agadir La valorisation du potentiel touristique de la ville est également la priorité de la mairie Remettre d’Agadir. Une réflexion a été menée afin de à niveau donner une nouvelle image à la ville. Le maire Tariq Kabbage ne «[ veut ] plus d’une zone tou- l’espace ristique isolée des autres parties de la ville, mais d’une ville touristique». Pour ce faire, public : deux principes phare ont été mis en avant : la nouveaux mise à niveau de la ville pour les besoins du touriste et l’amélioration du cadre de vie du bancs, citoyen. «Notre premier chantier est de donner lampa- une nouvelle identité visuelle à la ville, explique Tariq Kabbage. Il s’agit de remettre à daires, niveau l’espace public : nouveaux bancs, lam- padaires, terrasse de cafés, modèles de bâches terrasses des cafés, abribus, poubelles… mais aussi nou- de cafés, veau logo. Il s’agit de faire entrer Agadir dans la modernité. La rénovation de l’image de la modèles Taghazout, la nouvelle station balnéaire, à 15 km d’Agadir, sera aménagée par Colony capital. ville passe également par l’aménagement de de bâches promenades et de nouveaux espaces verts dédiés au sport, au loisir et à la rêverie». Au des cafés, librement dans tout Agadir et s’approprier tous les espaces. Pour casser ces ghettos hôteliers, Une question que l’on peut légitimement se poser. Les hôteliers, eux, misent davantage programme, la construction d’espaces verts abribus, nous avons prévu de développer des partena- sur la modernisation de leur produit. Golfs, sur la zone Est-Ouest et l’aménagement d’une riats avec les commerçants». Un ensemble thalasso, boîtes de nuit, restaurants de luxe… bande verte le long de la route menant au poubelles d’initiatives bien vues par le secteur hôtelier, Les marketeurs ne s’y sont pas trompés. Au port. A l’étude, l’aménagement d’une prome- nade sur le front de mer allant de l’Oued … mais bien que d’aucuns ne cachent pas leur scepti- cisme. «Si l’on veut faire sortir les gens des vue des innovations déclinées, le touriste qui vient à Agadir est attiré par la plage et le Souss jusqu’au pied d’Agadir Oufella, la réor- aussi hôtels, il faut qu’il y ait une vie nocturne à soleil, mais surtout par les plaisirs de la vie ganisation du centre urbain, une zone piéton- ne remontant de la Corniche jusqu’à Talborjt. nouveau Agadir, explique Guy Marrache. Or, est-il pos- sible d’importer ici le concept de vie nocturne de rêve. Reste à savoir comment mieux com- muniquer pour qu’Agadir avec ses atouts «Il faut sortir de cette conception étroite du logo. en plein air qui a fait le succès touristique des puisse bénéficier d’une image aussi pérenne bord de mer. Le touriste doit pouvoir circuler grandes villes espagnoles ?». que celle de Marrakech I COMMUNIQUE DE PRESSE LA REGION CHAOUIA-OURDIGHA ACCUEILLERA LES 4 et 5 MAI PROCHAINS A SETTAT, LE PREMIER SEMINAIRE HORS EUROPE POUR LE CO-DEVELOPPEMENT DES REGIONS EURO-MEDITERRANNEENES, Ce séminaire s'inscrit dans le cadre de l'Initiative lancée par le Ministère des Affaires Etrangères Italien et les Régions Italiennes, afin d'approfondir le rôle de ces dernières dans la relance de la coopération avec les partenaires des pays du Maghreb, du Mashrek et des Balkans. C'est ainsi que la ville de Settat, grâce aux efforts soutenus du Président de la région, accueillera les 4 et 5 Mai prochain le premier séminaire hors Italie, avec quelque 300 membres représentant des régions de l'ensemble du pourtour Méditerranéen. Lancée en Avril 2004 avec un budget global de 15 millions d'euros, cette initiative, soutenue aujourd'hui par la Commission Européenne, a pour objectif de mettre au point des stratégies, des partenariats et des projets de développement socio-économique de la région méditerranéenne qui favorise une participation active des régions italiennes à la mise en œuvre des politiques de voisinage et de pré-adhésion. Les domaines thématiques retenus pour l'élaboration des propositions et des projets conjoints sont les suivants : Environnement et développement durable, Développement socio-économique en fonction de la mise en place d'une zone de libre-échange méditerranéenne, et Réseaux et interconnexions matérielles et immatérielles favorisant l'intégration des marchés. Ce dernier thème a été développé lors du séminaire organisé par la Région Sicile à Palerme les 10 et 11 Février 2006. Invitée à ce séminaire, la région Chaouia Ourdigha a été représentée par son Président, M. Abderrahim ATMOUN, qui a intervenu dans l'axe «Gouvernements Locaux et promotions des partenariats territoriaux». Dans son intervention, M. ATMOUN est revenu sur l'importance de l'optimisation des flux commerciaux pour le développement des économies locales, et la nécessité de mettre en place et de renforcer les infrastructures afin qu'elles répondent aux exigences du marché mondial. «La coopération entre régions et zones géographiques de la Méditerranée constitue le moyen le plus adéquat pour créer des processus d'intégration économique et un espace de circulation des capitaux, des marchandises et des personnes susceptibles d'entraîner le codéveloppement», a- t-il déclaré lors de son intervention au séminaire de Palerme. A l'issue de ce séminaire, rendez-vous a été donné pour la rencontre de Settat, coordonnée par la Région de Chaouia- Ouardigha. Ce séminaire ne manquera pas de rappeler les excellents rapports de coopération entre le Maroc et l'Italie et le nombre d'investissements italiens au Maroc. Une convention de partenariat a d'ailleurs d'ores et déjà été signée, pilotée par la région de Sardaigne, pour soutenir tous les projets entrant dans le cadre du développement socio-économique de la région .
  7. 7. VIII les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Agriculture Comment le verger soussi peut-il faire face à la raréfaction de l’eau ? Enjeu crucial pour l’agriculture, la problématique de l’eau mobilise tous les acteurs de la région. Parmi les solutions, la recherche de nouveaux approvisionnements en eau, la tarification de l’eau, mais aussi un renforcement de la police de cette denrée de plus en plus rare. our que 2006 ait été décrétée P «Année de l’eau pour la Région Souss Massa-Draâ », c’est que l’heure est à l’urgence. En effet, la problématique de la préservation de la ressource hydrique est un enjeu crucial pour l’agriculture de la L?agricultur, région, centre agricole le plus dynamique du c?est aussi pays. Créateur de richesses (4,5 milliards de DH de valeur ajoutée) et d’emplois (153 000 plus de 90 % emplois), le secteur agricole de la région est aussi une force de compétitivité à l’export (90 de la % de l’exportation nationale pour la tomate consommati sident de l’APEFEL (Association des produc- Les eaux superficielles ne représentent que 20 % de l’eau et 60 % pour les agrumes). on en eau légumes). desnappe phréatique (80%) et les teurs et La exportateurs de fruits et utilisée pour l’agriculture. Une consommation en eau à l’hectare de la eaux superficielles qui proviennent notam- beaucoup trop élevée ment des barrages. Or, la nappe phréatique, nent à atteindre 40%. Par ailleurs, 50 % des Toutefois, il est fort consommateur en eau. R gion. autrefois la plus riche d’Afrique du Nord, a été eaux superficielles sont utilisées pour les La consommation, qui a atteint 7 500 m3 par exploitée en l’espace de 60 ans. D’autre part, besoins en eau potable du Grand Agadir et de hectare en 2002, est beaucoup trop élevée nos barrages sont trop petits et n’ont jamais Tiznit. En fait, l’agriculture du Souss dépend par rapport aux ressources de la région. « La été remplis à 100 %, en partie à cause du cycle aujourd’hui de la nappe phréatique, presque région possède deux types de ressources de sécheresse qui dure depuis vingt ans. tarie dans certains endroits ». hydriques, précise Abderrazak Mouisset, pré- Aujourd’hui, les deux tiers de ces barrages pei- Un contrat-programme ambitieux sur 10 ans Quelles sont les solutions pour une région, Abderrazak Mouisset, Président de l’APEFEL : «Nos qui, plus que les autres, vit d’agriculture intensive ? Comment régler ce problème, exportations agricoles continuent d’être pénalisées» pourtant connus depuis des décennies, contre lequel les mesures prises par les acteurs du secteur agricole et les nombreux «Au niveau des expor- Cette situation ne peut être dépassée que si nous diversifions gouvernements n’ont pas eu une grande inci- tations, l’agriculture du nos débouchés commerciaux. Un effort doit être fait par les dence ? Une prise de conscience collective Souss est confrontée groupes exportateurs pour écouler une partie de notre s’imposait. C’est désormais chose faite. Placée au problème du production de tomates vers la Russie et le Canada qui sont des en tête de liste des dossiers vitaux de la stra- contingentement des débouchés intéressants. tégie de développement de la Région du quantités de tomates Des efforts doivent également être faits pour mieux Souss Massa-Draâ, la problématique de l’eau exportées sur le marché pénétrer le marché européen. Nous pensons que les petits fait l’objet d’un contrat-programme ambitieux de l’Union européenne fruits comme la clémentine, le nour, l’ortanique, l’afourer sur dix ans. Ce contrat-programme a été (UE). Cette contrainte peuvent être des produits compétitifs et demandés. Le Maroc conclu par la Région en partenariat avec le des quotas fixes par a également les moyens de pénétrer le marché américain. secrétariat de l’Etat à l’eau, le ministère de mois nous pénalise vis à C’est un marché très demandeur, mais dont il faut l’Agriculture et le Crédit agricole du Maroc. vis de nos concurrents. comprendre les mentalités, les approches commerciales. « Je pense que cette convention permettra de En effet, à cause de ces En ce qui concerne la campagne agricole 2005/2006, solutionner ce problème, explique Aziz quotas, nous ne pouvons assurer la régularité de l’offre. Nous encore en cours, les exportations ont enregistré des niveaux Akhannouch, Président de la Région du Sous- nous retrouvons fréquemment dans une situation où, en qui sont intéressants, surtout pour les petits fruits, Massa Draâ. Elle a fait l’objet d’une large milieu de mois, nous avons atteint nos quotas. Nous ne clémentine et famille. En ce qui concerne la tomate, nos concertation aussi bien avec les élus que les pouvons satisfaire la demande des grandes surfaces et les producteurs ont vécu et continuent de vivre de grandes agriculteurs, elle propose notamment les circuits de distribution européens qui sont très exigeants sur difficultés au niveau de la commercialisation sur l’UE. Des quatre solutions suivantes : Premièrement, la les délais. Ceux-ci préfèrent éviter ces problèmes en sécurisant pertes énormes ont été enregistrées. Les conséquences au mise en place d’un montage financier per- leurs approvisionnements. La solution pour eux est de recourir niveau local ont été désastreuses. Le prix du kilo de tomate mettant la reconversion de 30 000 hectares aux Espagnols qui leur garantissent la régularité de l’offre. n’a pas excédé 1 DH» I vers l’irrigation localisée d’où une économie …/…
  8. 8. IX les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Agriculture …/… de 100 millions de m 3 par an. Ce montage DH le m3 en 2002, devrait rapporter 12 DH le micro irrigation », explique Abderrazak comprend notamment la création d’un fonds m3 en 2015. Mouisset. de garantie financé par la région. La stratégie insiste également sur l’importan- Seconde possibilité, « que l’Etat fasse davan- Deuxièmement, la mise en place d’un pro- ce de la « police de l’eau ». A ce titre, le wali de tage d’efforts pour stocker les 25 % des eaux gramme ambitieux d’investissement permet- la région Souss Massa-Draâ, Rachid Filali, est superficielles qui vont à la mer lorsqu’il tant sur les dix prochaines années la déterminé. « Nous avons mis en branle tous pleut». Troisième piste, « un effort doit être construction de 2 à 3 barrages collinaires par les dispositifs d’autorité de police pour aider fait au niveau des équipements hydrauliques, an. S’ajoute à cela l’édification de 5 grands et la région dans cette vision. Nos forces sont là et notamment au niveau du canal de moyens barrages. Troisièmement, la mobili- pour empêcher tout contrevenant de creuser Guerdane qui devait être construit il y a cinq sation des eaux souterraines profondes via un puit sauvage. De même, nous assistons ans pour sauver 10 000 ha d’agrumes. un programme de 24 MDH sur trois ans. ˙L?eau a l’agence du Bassin dans son travail, notam- Aujourd’hui, les travaux n’ont toujours pas Quatrièmement, la création d’un hub d’acti- vités de pointe dans les agrotechnologies une ment en ce qui concerne le rebouchage des puits », assure le wali. commencé ». Quatrième chantier, économiser sur les lâchées de grande quantité d’eau. « 50 visant à développer des activités de recherche valeur. Il millions de m3 d’eau en moyenne sont lâchées allant dans le sens de la préservation de l’eau (semences faiblement consommatrices d’eau, va falloir Signe de la préoccupation desde l’eau régio- Enjeu capital : la recherche autorités à partir du barrage d’Aoulouz, sous prétexte de réalimenter la nappe phréatique du Souss. nouvelles technologies d’irrigation..) ». trouver nales, une réunion a été tenue récemment Or, sur le terrain les exploitants n’ont jamais Le Président de la région attache une impor- entre le Conseil régional, l’Agence du Bassin constaté un centimètre de récupération d’eau tance particulière à « l’économie et la valori- le hydraulique de la région et l’APEFEL pour », déplore le président de l’APEFEL. sation de l’eau ». Un point sur lequel de courage trouver des solutions concrètes à la problé- Cinquième idée, la réutilisation des eaux nombreux acteurs de la région sont d’accord. matique de l’eau. Six solutions ont été déga- usées. « Le Grand Agadir produit l’équivalent « La valorisation de l’eau est une question de la gées. de la capacité d’un barrage moyen comme taboue, reconnaît Karim Kassi Lahlou, direc- teur du Centre régional d’investissement du tarifer¨. systèmespiste, renforcerd’eau en irrigation. Première d’économie les installations des celui d’Abdelmoumen, indique M.Mouisset. Or ces eaux sont jetées à la mer pour polluer Souss Massa Draâ (CRI). Mais l’eau a une Utilisé depuis plus de 35 ans dans la région, les plages, au lieu d’être réutilisées après trai- valeur. Il va falloir trouver le courage de la le système du goutte-à-goutte permet l’irriga- tement. Celles-ci pourraient servir à l’irriga- tarifer ». A cet égard, la stratégie de la région tion de 40 % des points agricoles et des diffé- tion de nos espaces verts et de nos golfs ». mise sur l’élargissement de la chaîne de rentes cultures. «Nous souhaitons qu’il passe Enfin sixième solution, le dessalement des valeur au secteur agroalimentaire et au sec- à 80 %. La majorité des cultures est encore eaux qui serviraient aux besoins des hôtels teur agricole. Selon les prévisions, si les solu- irriguée avec le système traditionnel qui et des industries. «Ils peuvent supporter le tions sont correctement appliquées, la absorbe deux fois plus que le goutte-à-goutte. coût élevé de cette solution», ajoute le prési- valorisation de l’eau, qui atteignait juste 4,4 30 000 ha restent à équipés en système de dent de l’APEFEL I
  9. 9. X les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Histoire Agadir, grenier du commerce Phéniciens, de point de ravitaillement des D’où vient le mot «Agadir» ? Comment a caravanes et navires en provenance de évolué la capitale du Souss Massa-Draâ à l’Afrique de l’Ouest, ce qui justifie son travers l’histoire ? Petite histoire de la ville. appellation de grenier. Peu de documents permettent de retracer son histoire, mais déjà le voyageur carthaginois Hanoun, pendant son périple autour de l’Afrique, an s le d i a le c te b er b è re , le m o t parlait d’une région le long de l a b a ie D «Agadir» signifie grenier. Par sa position stratégique et son accès sur la mer, la cité a longtemps servi aux d’Agadir et évoquait son littoral poisson- neux. Les traces les plus précises de l’histoire de la région remontent au XV e siècle, pendant lequel elle aurait connu la visite des Hollandais, des Normands et surtout des Portugais. C’est ainsi qu’en 1476, le Portugais Juan de Seguira a construit une salinière pour poissons au nord de l’actuel port, à proximité d’une source dite Founty en portugais, et autour de laquelle s’est développé un village de pêcheurs. Mais l’isolement de la région et l’agitation des tribus du Souss amenèrent Juan de Seguiera en 1515, à vendre ses constructions au Roi du Portugal Don Emmanuel qui les fortifia et les utilisa pour la pêche et le commerce. Le fort de Santa Cruz du Cap de Gui servait, entre autres, de point de ravitaillement pour les caravanes à desti- nation de Tombouctou. Celles-ci ramenaient des esclaves, du sel et des épices mais aussi du sucre, des amandes et des peaux d’animaux vers l’Europe. La trêve ne dura pas longtemps. Des soulèvements furent organisés par Al Kaïm Bi Amrillah Es Saadi, puis par son fils Cheikh Es Saadi qui parvint à chasser les Portugais en 1541. Il reconstruisit le fort sur les hauteurs de la colline surplombant le port de Founty et lui donna le nom d’Agadir Ighir, littéralement la «casbah grenier», encore connue aujourd’hui sous le nom d’Agadir Oufella et qui fut détruite lors du tremble- ment de terre de 1960. L’économie de la région resta très active jusqu’en 1774, où le sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallah, édifia le port d’Essaouira, vers lequel convergea le commerce. En 1911, la convoitise des coloni- sateurs allait de nouveau se manifester envers la ville d’Agadir, avec l’occupation allemande et la tentative de débarquement des cuiras- siers «Panther» et «Berlin». Avec l’avènement du Protectorat français en 1913, la ville fut occupée par les troupes françaises débarquées sur la côte, en raison du blocage des routes terrestres par la résistance marocaine aux alentours de Smimou et de la région de Haha. En1925, les résidents du protectorat planifiè- rent la nouvelle ville, dont le quartier Talborjt et le quartier industriel. Agadir vivra l’indé- pendance quatre ans sous son ancienne forme, avant le tremblement de terre. Au 1er mars 1960, tout était à refaire. Mais c’était sans compter sur la détermination des Gadiris à reconstruire leur ville. Pour bien faire les choses, ces derniers ne se sont pas simple- ment contentés de la reconstruire, mais ont réussi à en faire le poumon économique de la seconde région du pays, grâce à la valorisation de trois piliers : le tourisme, l’agriculture et la pêche I
  10. 10. XI les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Agro-industrie Des conserveries compétitives à l’approvisionnement fragile Spécialité d’Agadir, les conserves de poisson bénéficient d’une réputation internationale qui repose avant tout sur la qualité. Toutefois, le secteur est confronté au problème d’approvisionnement et à la cherté des intrants. remier port marocain en termes de L’industrie agro- P tonnages de poisson traité, Agadir est devenu également le centre de l’in- dustrie agro-halieutique. Avec 14 conser- halieutique s’inquiète de l’état de la flotte côtière. veries, 8 500 employés directs, 1,5 milliard de DH de chiffre d’affaires, soit la moitié pour la Marocain, 60 % du poisson traité au n ive au nat iona l , s oi t pr è s de Les industriels déplorent également l’état Ceci étant l’impératif de protection de la 180 000 tonnes, Agadir est le premier port de la flotte sardinière, dont les bateaux ne ressource est parfois en contradiction avec exportateur de conserves en volume. sont pas équipés des indispensables cales une industrie qui privilégie le volume que L’industrie agro-halieutique gadirie bénéfi- réfrigérées alors que les normes dans les la valeur. Encore deux tiers des sardines cie de puissantes infrastructures et d’un pays de destination se durcissent. pêches vont dans les farines animales et solide savoir-faire. «Agadir a détrôné Safi à «L’industrie a opéré sa mutation au début de poissons, ce qui constitue une valorisa- la fin des années 1990, explique Majid des années 1990, indique Majid Joundy. tion deux fois inférieure à la fabrication de Joundy, directeur général de Belma, prési- Celle-ci a mis dix ans pour y arriver. Si le conserve et autres aliments à base de sar- dent de la Confédération générale des secteur de la pêche avait commencé en dines. En attendant une hypothétique entreprises du Maroc- union régionale m ê m e te mp s, i l e s t c e r t a i n q u e n o u s m i s e à n ive au du s e c te u r de l a p ê c he , Souss Massa- Draâ (CGE M) et secrétaire aurions une meilleure maîtrise de la matiè- l’agro-industrie est confrontée à un autre général de l’Union nationale des indus- re première. L’industrie agro-halieutique est problème de taille : la hausse du coût des tries de la conserve de poisson (Unicop). aujourd’hui ouverte pour aider la pêche, intrants, en particulier, ceux de l’huile d’oli- Cette montée en puissance est due essen- secteur qui manque de moyens financiers. ve, de l’acier et de l’aluminium. tiellement à de nouveaux investissements Comment Il faudrait toutefois lever certaines résis- Le secteur est toutefois loin de se laisser aller qui ont permis l’accroissement de la pro- duction. Dans le même temps, des unités à mettre à tances. Les pêcheries doivent s’adapter aux contraintes d’aujourd’hui : conditions de à la morosité. Il a des atouts. Tout d’abord, au niveau commercial : l’Unicop a investi dans Safi ont fermé pendant que d’autres ont ouvert à Agadir». niveau une pêche plus difficile, de plus en plus loin et dans des eaux de plus en plus profondes, plusieurs plans qui devraient permettre d’ac- croître la compétitivité et la visibilité du sec- flotte qui nécessité de garantir la qualité organique teur agro-halieutique. «Le plan Unicop a été Une industrie fragilisée par le problème de l’approvisionnement n’est pas et toxicologique de la matière première, et surtout, irrégularité de l’approvisionne- établi pour maintenir notre outil de produc- tion à un niveau top qualité, explique Majid Toutefois, cette industrie est aujourd’hui aux ment». Joundy. Nous avons également investi dans f rag i l i s é e p a r de nombre u x mau x . Contraints d’aller chercher leur matière normes, et Une capacité de traitement un plan de formation afin de valoriser les res- sources humaines du secteur. Nous avons mis première très au Sud, où les bancs de sar- de de 500 000 tonnes par an en place un plan de communication à desti- dines se sont déplacés, les industriels doi- Une fois les maux identifiés, reste toutefois nation des consommateurs. Il s’agit de mieux ve nt l a re m onter p a r c a m ion s surcroît, à trouver les solutions. Comment garantir faire connaître nos produits, de communi- frigorifiques. Ce n’est qu’au port que le poisson est glacé par les industriels, avant sensible une maîtrise de la régularité et de la quali- té des poissons pêchés ? Comment mettre quer sur leur diversité et leur qualité. Nous avons également investi dans le marketing : qu’il ne prenne la route. «Il est certain que aux aléas à n ive au u n e f lo t te q u i n’e st p as au x les nouveaux emballages sont plus attrac- le fait de remonter la matière première grève les coûts, précise Majid Joundy. Il clima- normes, et, de surcroît, sensible aux aléas climatiques ? Des questions cruciales. Pour tifs». Autre perspective commerciale, l’export. Avec les accords de libre-échange, notam- faut savoir aussi que presque tout le pois- tiques ? les industriels, il en va de leur compétitivi- ment avec les Etats-Unis, ce sont de nou- son pêché à Laâyoune, actuellement pre- té. En effet, si la flotte ne permet de four- veaux débouchés qui s’ouvrent au secteur. mier port sardinier du monde, est traité à nir que 300 000 tonnes par an, la capacité Enfin, dernière perspective, celle mise en Agadir. Les industriels ont dû s’adapter et des usines est de 500 000. «Nos bateaux ne avant par le plan Emergence. Un pôle de investir leurs propres deniers pour suppor- travaillent que 250 jours par an», déplore compétitivité, grande zone industrielle, ter les coûts du transport et surtout les Majid Joundy. Les plaintes des industriels regroupant des usines de conserves et des conditions de transport. Investir dans la semblent toutefois avoir été entendues. Un pêcheries, est à l’étude. Son apport serait qualité était indispensable, sans quoi nous Plan d’aménagement des pêcheries péla- indéniable. Il permettrait de doter Agadir ne serions pas les leaders mondiaux de la giques devrait permettre de sécuriser les d’un outil de production et d’e xportation conserve de sardine». approvisionnements. encore plus efficace I
  11. 11. XII les dossiers de La Vie éco Spécial Agadir Vendredi 24 février 2006 Investissement Ces secteurs qui font vivre la région 90 000. Les secteurs les Si le tourisme, la pêche et l’agriculture sont plus prolifiques sont l’im- les secteurs phare de la région, d’autres mobilier avec 38 % des comme le commerce, les BTP ou les services investissements, le touris- me (27%), les commerces sont de très grands pourvoyeurs d’emplois et et services divers (23 %) et de richesses. l’industrie (11%). Les sec- teurs les plus dynamiques au niveau de l’emploi sont les commerces et les ser- euxième région du Royaume en vices (47%), l’immobilier D nombre d’entreprises privées, derrière le Grand Casablanca, Souss Massa- Draâ concentre quelque 80 000 entreprises, et le BTP (36%), le touris- me (9%) et l’industrie (7%). soit 11% au niveau national. Qu’advient-il des secteurs «Ces chiffres confortent un constat histo- de la pêche et de l’agricul- rique, annonce Karim Kassi Lahlou, direc- ture ? L ongtemps pre- teur du Centre régional d’investissement (CRI). Historiquement, Souss Massa-Draâ est Entre miers secteurs créateurs d’e mplois et d’investisse- une région où l‘on entreprend, où l’on crée 2001 et ments, s’ils continuent de drainer des des entreprises et de l’emploi». Une tendan- ce que les chiffres corroborent. Entre 2001 2005, la dizaines de milliers d’emplois directs et indi- rects chaque année, les créations d’emplois L’industrie cinématographique tarde à et 2005, la création d’entreprise dans la création purs ne sont pas légion. Toutefois, des pro- repartir. région a enregistré une croissance de 30 %. jets d’investissement, en vue de moderniser Le nombre d’entreprises créées est passé de d’entrepri- ces secteurs, sont prévus. Un pôle de compé- 4053 à 5090. Les secteurs en termes de créa- tion d’entreprises les plus porteurs sont le ses dans la titivité agro-halieutique est à l’étude. Pour la pêche, un travail de requalification de la grand studio en plein air en Afrique. Le développement de l’industrie cinémato- commerce, les services, les BTP et le touris- région a zone industrielle d’Aït Melloul a été lancé, graphique entre également dans une pers- me. enregistré tandis que le développement de la zone de Tassila a été entrepris. Le port de Sidi Ifni pective de développement de la province du Draâ qui reste à la traîne. Le Conseil régional Plus de 18 000 projets d’investissement en une devrait également être relifté. a pris conscience que les principaux goulots quatre ans En ce qui concerne l’investissement, plus de croissance En ce qui concerne le secteur agricole, on compte beaucoup sur le développement du d’étranglement à un développement équili- bré sur l’ensemble du territoire sont l’encla- 18 000 projets d’investissement de la plus petite entreprise de téléboutique au grand de 30 %. projet de l’Agrotech, un pôle de compétitivi- té qui mettra en avant certaines niches vement, le manque d’initiative dans les zones reculées, et d’infrastructures. projet hôtelier ont été déposés en plus de telles que les produits locaux ou les pro- Autant au niveau des routes que d’autres quatre ans. Ces investissements se montent duits du terroir. «Il s’agit de développer la infrastructures vitales (santé, aéroports..), le à plus de 22 milliards de DH. Le nombre recherche et l’équipement. Le but étant de Conseil régional essaye d’initier des projets d’emplois créés à terme oscillera autour de créer un label région pour renforcer la visi- pour améliorer la qualité de vie et d’entre- bilité des agrumes et des primeurs. Ce prendre dans ces régions. Parallèlement, il seront des produits de niche à forte compo- accompagne et aide les porteurs de projet sante technologique», indique Karim Kassi locaux avec par exemple la bourse d’idées Le Fonds Igrane : un Lahlou. autour de la micro entreprise touristique. Au niveau des provinces de la Région, sur les levier d’investissement Les trois quarts des entreprises concentrées 5090 entreprises créées en 2005, la palme dans le Grand Agadir revient sans surprises à Agadir avec 1792 D’autre part, des zones agricoles vont égale- créations d’emploi, devant Inezgane (1726), Principal levier du développement de la région, l’investissement a ment être développées à Taroudant et à Taroudant (1614), Ouarzazate (584), Tiznit désormais un fonds propre. Il s’agit du Fonds Igrane, une société d’économie Chtouka-Aït Baha. (548) et Zagora (174). Un classement qui mixte régionale dont l’objet est de prendre des participations dans des En ce qui concerne le tourisme, des mesures confirme le déséquilibre économique de la sociétés opérantes dans les secteurs économiques clés de la Région. Ces ont été adoptées pour développer les micro région, mais qui ne fait que suivre la logique projets doivent avoir un impact structurant avec un objectif de rentabilité entreprises touristiques. Celles-ci se spécia- démographique. Si les trois quarts des entre- financière. Le tour du table du fonds est composé, en plus du Conseil Régional liseront dans l’animation culturelle, les prises sont concentrées dans le Grand Souss Massa-Draâ, de partenaires publics et privés tels que la CDG, la Banque excursions, le tourisme écologique… Agadir, c’est que l’essentiel de la population Populaire, le Crédit Agricole du Maroc, Attijariwafa Bank et le Groupe Parmi les secteurs en vue de la région, le de la région y vit. Holmarcom. cinéma. A l’heure où l’on attend encore Des déséquilibres qui sont une préoccupa- Doté d’un capital de 166 MDH, dont une participation du Conseil beaucoup de cet «Hollywood» du désert, tion majeure au Conseil régional. Des projets Régional de 23 MDH, le Fonds d’investissement pourra atteindre un niveau force est de constater que la production d’infrastructures ont été lancés pour désen- d’investissement d’un milliard de dirhams grâce à l’effet multiplicateur.Un cinématographique n’a pas encore repris claver Ouarzazate et Zagora. D’autre part, un appel à projets devra être lancé par le fonds dès les mois prochains. Ce dernier son niveau d’avant 2001. Toutefois, les fonds d’investissement (voir encadré) a été aura une représentation permanente au siège du Conseil Régional. Le fonds projets d’investissement pointent le bout créé pour faciliter et inciter les projets dans viendra en appui aux grands projets structurants de la Région : il sera une du n e z . Un g r a n d pr o j e t de s t u d i o e n toute la région. Autant d’initiatives volonta- alternative de choix pour les entrepreneurs voulant se lancer dans des projets plein air à Ouarzazate, le Studio Cla, a été ristes qui permettront à termes –espérons-le d’envergure au niveau local. initié par les Américains en 2004. Prévu - à cet ensemble géographique de trouver sur une surface de 150 ha, il sera le plus une cohésion et une dynamique fortes I

×