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Le Monde Economique-Interview - M. Stephane Peilz[1]

  1. 1. 1 30/2016 l’interview Stephane PEILZ VP Afrique chez B & Industries “L’histoire a démontré qu’être au bon moment au bon endroit appartient aux entreprises visionnaires”
  2. 2. 2 www.monde-economique.ch l’interview Stephane PEILZ, VP Afrique chez B & Industries “78 % des états subsahariens ont déréglementé leur cadre législatif coutumier en faveur de la libre entreprise” Monde Economique : Jusqu’à récemment, la simple idée de voir le capital-investissement et les fonds spéculatifs arriver en masse pour miser sur le conti- nent africain paraissait presque incongrue. C’est aujourd’hui une réalité. Qu’est-ce qui a changé ? Stephane PEILZ : D’un point de vue microéconomique, 78 % des états subsahariens ont déréglementé leur cadre législatif coutumier en faveur de la libre entreprise. D’un point de vue macroéconomique, et selon les données de la Banque Mondiale, non seulement le ROI en Afrique prend le pas sur les marchés émergents traditionnels, mais 35 pays ont, selon « The Economist Intelligence Unit », un index démocratique supérieur à la Chine… Cela laisse rêveur ! Monde Economique : Fait exceptionnel pour un continent exportateur net de matières premières, la croissance est toujours au rendez-vous en Afrique. Or, on observe encore une certaine réticence de la part des investisseurs à s’engager dans les marchés africains. Qu’est-ce qui justifie ces réticences ? Stephane PEILZ : La méconnaissance dont pâtit l’Afrique dans l’opinion publique en Occident. Au-delà des clichés d’une Afrique de la pauvreté, il y a un conti- nent dont le taux de croissance moyen du PIB, au cours de la dernière décennie, a oscillé entre 5 et 5,5 %. Sur cette même période, des 10 pays ayant eu le plus grand taux de croissance mondial, 7 étaient en Afrique subsaha- rienne. C’est également la seule partie du monde qui bé- néficie du dividende de sa population, c’est-à-dire que le ratio des personnes actives est le plus élevé par rapport aux personnes dépendantes. Débat sans fin au sein de l’OCDE… Monde Economique : L’Afrique a en stock un ca- pital privé parmi les plus faibles des pays en dé- veloppement, mais qui connaît une croissance plus rapide qu’ailleurs. Comment les entreprises euro- péennes et notamment suisses peuvent-elles profi- ter du boom africain ? Stephane PEILZ : En misant sur la croissance plutôt que sur la réduction des coûts ou l’attentisme, néces- saires mais stériles à terme. Quant aux entreprises qui utilisent des distributeurs, la question à se poser est celle de leurs marges et de leur image de marque. Ne perdons
  3. 3. 3 30/2016 pas de vue la présence des entreprises étrangères, no- tamment chinoises, habituées au standing suisse. Deux autres atouts : la qualité, et notre neutralité face à des appétits et ambitions féroces de certaines grandes ex- et futures puissances coloniales. Monde Economique : Parvenir à promouvoir une marque d’un bout à l’autre d’un continent, mo- saïque de plus de 50 pays marquée par la diversi- té des langues et des cultures, n’est pas chose fa- cile. Partant de votre expertise, dans quelle région d’Afrique les entreprises devraient-elles se posi- tionner en premier lieu ? Stephane PEILZ : L’Afrique subsaharienne mais en tenant compte justement de sa diversité. Cette balka- nisation de l’Afrique subsaharienne, notamment lié au système tribal, est aussi une immense opportunité en termes commerciaux. Effectivement, cela permet de mutualiser les risques sur diverses régions, alors qu’une modification législative sur la Russie ou la Chine, pays de prédilection relativement clos, impacte l’ensemble de vos produits ou services. A titre d’exemple, l’interdit du tabac en Russie entraina pertes et fracas. En conclusion, les entreprises se doivent de cibler une dizaine de pays simultanément. Monde Economique : Quelle plus value votre struc- ture peut-elle apporter dans l’accompagnement des entreprises qui souhaitent se tourner vers l’Afrique ? “Des 10 pays ayant eu le plus grand taux de croissance mondial, 7 étaient en Afrique subsaharienne”
  4. 4. 4 www.monde-economique.ch l’interview Stephane PEILZ, VP Afrique chez B & Industries “Pour l’Afrique subsaharienne, les compétences requises sont la négociation et la diplomatie industrielle” Stephane PEILZ : Traditionnellement, les entreprises ont tendances à envoyer des spécialistes de la branche industrielle concernée pour aborder un marché. J’abon- derais dans ce sens hormis pour l’Afrique subsaharienne où les compétences requises sont la négociation et la di- plomatie industrielle. Les compétences intrinsèques à une industrie, fut-elle une longue expérience bancaire, horlogère ou les meil- leurs MBA, est secondaire face aux compétences person- nelles, en l’espèce celles de la négociation, du consensus, de la gestion des réseaux… qui ne s’apprennent que sur place, et se mesurent au nombre de cheveux gris. J’ajouterais que ne pas appartenir à une tribu, sujet d’os- tracisme ou de méfiance locale, peut se révéler être un atout, d’autant si vous parlez le français, l’anglais et l’afri- kaans. Enfin, les chefs d’états africains voguent entre les eaux de sociétés secrètes et celles de l’omniprésence de Dieu, deux mondes auxquels j’appartiens. Monde Economique : L’implantation des entre- prises suisses sur le continent africain peut-elle s’avérer judicieuse pour leur croissance ? Stephane PEILZ : Dans la mesure ou le service de la dette des Etats ne doit pas dépasser les 50 % des PIB na- tionaux, ceux-ci ont recours aux partenariats Public-Pri- vé –panacée en termes de gestion des risques et de re- tour sur investissements– et à une législation favorable pour les présences étrangères locales et son corolaire de dérèglementations. Tel était du moins un des mes- sages du sommet Africa 2016 qui s’est tenu à Paris en septembre. L’histoire a démontré qu’être au bon moment au bon en- droit appartient aux entreprises visionnaires...

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