1923 333

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1923 333

  1. 1. L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil économique de l'Indochine)] ; Bulletin hebdomadaire Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
  2. 2. L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil économique de l'Indochine)] ; Bulletin hebdomadaire. 1915. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.
  3. 3. Il L'EVEIL ECONOMIQUE
  4. 4. L'EVEIL ECONOMIQUE m
  5. 5. IV LT^*^.^q^|Ml^.r
  6. 6. 1/EVEtL KC0N0U1QIJK
  7. 7. VI L EVEIL ECONOMIQUE
  8. 8. T» 8 Année NUMERO 330 Dimanche 7 Octobre 19S3 Abonnement : AQillllSTRATIOH ET RfQACTION r^T^ >lKirA/M iiKir' Edition H«..™-— DE L'INDOCHINE _^i!^ un an 6 mois Téléphone 119 i„j«-i,!n« lc „ BULLETIN HEBDOMADAIRE ÏSÏÏÏniuini- " p*. ! 8P' françaises.... au cours On s'abonne sans frais dans *,,«-„»«™^»«««w--. Etranger 16 p. |8p.50 tous les bureaux de Poste. Directeur : H. CUCHEROUSSET. Rédacteur en Chef s .1 Le Numéro. . . .1 30 cents Sommaire Le Tourisme au Tonkin H. CUCHEROUSSET La mode A l'Usine Electrique de Hanoï H. C. Voyage de Henri Mouhot au Cambodge en Les rizières inondées de l'Ouest Cochiuchinois 1859 (suile) L'Etat irresDonsable Chronique des mines Bibliographie Chez nos confrères Canaux et rivières canalisés UARBISIER Informations diverses L'Urbanisme (suitej Le Tourisme au Tonkin {Suite et fin) Nous avons posé en principe qu'il s'a- git de faciliter les voyages pour les gens du pays et de leur procurer plus de confort, avant de chercher à attirer par des mesures coûteuses, prises .exprès pour lui, le tourisme étranger de luxe. Celui-ci viendra par surcroît ; mais nous ne saurons pas le recevoir conve- nablement si nous ne savons pas voya- ger nous-mêmes- On se fait d'ailleurs des illusions sur le tourisme étranger en tant que source de revenu pour un pays. La Suisse elle- même, le pays du monde qui reçoit le plus de visiteurs, a d'autres ressources infiniment plus importantes, et son in- dustrie touristique est peu de chose à côté de ses industries de l'horlogerie, des soieries, de la mécanique (locomo- tives, turbines et dynamos,' de la laite- rie, de la chocolaterie etc. Quant à l'avantage de se faire con- naître et admirer, un beau pays gagne beaucoup plus à être connu et apprécié par un petit nombre de gens d'esprit que par de nombreuses hordes d'imbé- ciles riches, qui apportent souvent avec eux, en même temps que leurs piastres, l'esprit rastaquouère et la démoralisa- tion du pays. D'ailleurs en Indochine les visiteurs étrangers ne formeront ja- mais qu'une partie de la clientèle des hôtels et des entreprises de transport, insignifiante comparée à la clientèle locale.Quant à faire de grosses dépenses pour attirer le riche touriste-homme d'affaires qu'on espère intéresser au pays, c'est un assez mauvais calcul, Cest comme si un industriel débutant et encore pauvre offrait à un capitaliste dont il désire la commandite, une ré- ception extravagante. Celui-ci en con- cevrait des doutes sur le sens pratique de son hôte, et préférerait prêter son argent à un industriel plus économe. Nous avons conclu qu'il s'agissait tout d'abord de rendre les voyages possibles en dotant le pays, sans trop de dépen- se, d'un grand nombre d'hôtels, auber- ges et Biaisons de passagers, voire de caravansérails pour la clientèle du wa- gon de quatrième classe, que nous ne devons pas négliger. Nous avons dit également qu'ilVagit d'utiliser dans la plus large mesure tou- te initiative privée et en particulier de subventionner les syndicats d'initiative qui ont fait leurs preuves, sans leur imposer l'absurde principe de la gra- tuité de leurs services au public. Il s'agit d'un public qui peut payer et qui ne demande pas l'aumône. En ce qui concerne le Tonkin, malgré son nom peau rouge à'Uattna, c'est l'Union au- tomobile et Touristique du Tonkin et du Nord-Annam(Dieu quel nom ! même en français !) qui doit être subvention- née. Cette Union devrait, lorsqu'elle en aura les moyens financiers, se mettre — à côté de son oeuvre pour le public local — au service des visiteurs étran- gers débarquant à Haïphong. Nous ai- merions la voir étendre son initiative à la création d'une affaire de tourisme qui dépend il est vrai de l'amélioration de nos communications avecHongkong, mais qui,du jour où nous aurons '. 1° — un bon paquebot hebdomadaire, 2° — un grand hôtel à Hongay ou à l'Ile aux Buissons, sera une bonne affaire. M. Sutherland, agent général à Hongkong des chemins de fer Canadiens-Pacifique, nous disait un jour: » Si j'avais, moi, votre baie d'Along à exploiter» rien qu'au point de vue du tourisme je me fais fort d'y gagner un million de livres sterling en quelques années. Nous n'avons malheureusement pas eu jus- qu'à ce jour d'hommes d'affaires capa- bles de concevoir une organisation en grand avec hôtel à Hongay, flottille de plaisance et guides, agent à Hong- kong etc. Le moment serait peut-être venu d'étudier cette affaire ; insistons bien : une affaire. Deux choses sont essentielles: 1° — Un bon service de paquebots rapides sur Hongkong et en ceci le comité de Tourisme ne pourra qu'appuyer le voeu unanime de la population. Ce sera une petite voix de plus ; mais une seule goutte, la dernière, si petite soit-elle, peut faire déborder un grand vase. 2° — Un ou deux hôtels à Hon- gay, jusqu'ici le coin le plus inhos- pitalier de l'Indochine, où la Com- pagnie des Charbonnages s'enfermait
  9. 9. L'EVEIL ECONOMIQUE dans son immense fief comme un mal- faiteur qui a quelque chose à cacher. Aujourd'hui que cette entreprise a commencé à se moderniser un peu, elle aura moins à craindre le séjour à Hongay de gens qui ne prennent pas les vessies pour des lanternes. Elle-même vient d'ouvrir un hôtel de 28 chambres, déjà encombré par son propre personnel, mais qui plus tard aura sans doute de la place pour d'autres visiteurs. D'autre part, l'administration militaire vient d'a- ménager un sanatorium à l'île au Buis- sons, ouvert non seulement aux fa- milles des fonctionnaires militaires en activité,mais même aux retraités et aux officiers de réserve. L'île aux Buissons offre des facilités que n'offre pas Hongay pour construire;malheureusement c'est aussi un fief, un fief de l'administration la plus égoïste et la moins accommo- dante qui soit.Peut-êtrecependantpour- rait-on arriver à démilitariser une par- tie de l'île pour y construire un hôtel, au terminus de la route automobilable de Hongay à Dôngtrièu et Quang-Yên. 11 ne s'ayit pas de construire un « The Along Bay EnormicPalace Hôtel9;mais d'encourager l'initiative privée à mon- ter un hôtel confortable mais simple d'une quarantaine de chambrés en même temps qu'une flottille spéciale pour la visite de la baie et un garage avec service automobile de Haïphong àj Hongay. Ceci naturellement sup- pose que les bacs de Haïphong et Quang-Yên auront été complètement transformés et que la route de Quang- Y^n à Hongay aura été enfin achevée avec un pont à Yên-Lap. Ces deux amé- liorations sont justifiées par l'impor- tance économique considérable de la région parcourue, avec les industries de Quang-Yên, les mines qui s'éche- lonnent tout le long de la montagne, la culture de l'ananas, l'industrie de la poix et de la thérébentine etc. Donc cette route et ces bacs, dont profitera le tourisme, sont nécessaires d'abord au commerce et à l'industrie du pays. Le jour où il y aura un hôtel à Hongay et quelques chaloupes, yachts et sam- pans de plaisance,beaucoup de gens de Hongkong ou Manille profileront des navires charbonniers pour venir vi- siter la Baie. Ces navires en effet dis- posent souvent de quelques cabines, sont parfois très bien aménagés pour une douzaine de voyageurs ou plus; mais le séjour à bord d'un navire en train de charbonner n a rien d at- trayant ; il faut qu'on puisse loger à terre. Voies ferrées. Routes et automobiles Nos chemins de fer sont en somme des tramways sur routes, le matériel est aussi peu confortable que possible et les horaires et les conditions de voyage tels que beaucoup se résignent à la grosse dépense du voyage en auto» mobile. C'est que nos chemins de fer ont été construits et organisés à une époque où l'on ne pouvait pas prévoir le succès complet. Il n'en est plus ainsi ; le succès est maintenant certain ; il y a donc lieu de compléter et améliorer nos voies fer- rées et d'en modifier l'exploitation. Notons déjà quelques progresses trains de nuit et, dans quelque temps sur le chemin de fer du Yunnan, l'éclairage complet des trains, et des voitures d'un modèle nouveau. Les services automobiles publics sont vraiment trop rustiques et pour- raient être améliorés à la fois quant au matériel et quant aux horaires. Le transport de la poste et des voyageurs par la même voiture n'est acceptable que sur les trajets nouveaux et encore peu fréquentés et l'on devrait tendre à la dissociation des deux services. La poste, bien entendu n'aura pas à payer pour des services exclusivement réser- vés aux voyageurs et dont il semble qu'il appartient plutôt aux chemins de fer de provoquer la création,d'assurer l'exis- tence par une subvention s il y a lieu, et de surveiller le fonctionnement. 11 devrait être possible aussi d'obtenir aux grandes gares des billets circulaires comprenant aussi bien le prix du voya- ge par automobile et l'assurance d'une place sur celle-ci par télégramme ex- pédié par la gare de départ. P. ex. de Hanoï à Caobang ou de Hanoï à Saigon. Il serait même à souhaiter que,dans des villes comme Hanoï, Haïphong et Sai- gon, il y eût dans la rue la plus passa- gère un bureau des voyages (nous évi- tons le mot tourisme) où l'on pourrait prendre les billets de chemins de fer et billets circulaires, retenir une automobile, une chambre à l'hôtel, s'entendre pour un séjour à la mon- tagne ou à la mer etc., et où l'on trouverait toutes sortes de renseigne- ments sur les horaires, les prix, les itinéraires, les hôtels et auberges, les moyens de visiter tel ou tel site etc. Par économie on pourrait, pour ces bu- reaux, s'entendre avec les transitaires déjà installés et ayant déjà une organi- sation à laquelle on puisse accrocher ce nouveau rayon. Il y a lieu d'augmenter la fréquence des trains de nuit et,en ce qui concerne le matériel, d'étudier méthodiquement l'aménagement des voitures pour qu'on y soit bien assis, bien éclairé et bien ventilé. Le prix devrait être réduit pour encourager les voyageurs à monter d'une classe. Les premières sont trop chères. Des trains tramways devraient être crées surcertains parcours partant une heure ou deux,selon les cas,avant des trains qu'ils doubleraient et qui se- raient transformés en express sur ce parcours. Par exemple, entre Hanoï et Nam- Dinh. le train de Vinh pourrait étite transformé en express parcourant ces 87 km. sans arrêt,en deux heures, grâce à un train tramway partant une heure et quart plus tôt et faisant le trajet en trois heures, avec arrêt non seulement à toutes les gares et halles actuelles mais à cinq ou six autres à créer. Ce serait un avantage ù la fois pour les villageois allant de marché à mar- ché et pour le voyageur de grande dis- tance désireux de gagner du temps, Voilà quelques suggestions. Nous sommes loin d'avoir épuisé le sujet ; nous avons simplement voulu montrer comment on pourrait, sans dépense exagérée, ébaucher une organisation d'abord pour le profit et la commodité des gens du pays et subsidiairement pour attirer le tourisme étranger. Il y aurait encore dix articles à écrire sur ce sujet el sans doute les écrirons-nous, évitant autant que pos- sible les généralités pour procéder par exemples précis. Nos articles sur l'urbanisme et les stations d'altitude touchent d'ailleurs de près à la ques- tion du tourisme et dans un prochain article sur le Tamdao, station dont nous avons suivi attentivement le dévelop- pement depuis dix ans,nous montrerons quelle pourrait être en l'espèce l'action du comité du Tourisme. Nous nous proposons également de faire par la voie de l'Eeeil quelques suggestions, que nous avons déjà faites à M. Finot, pour le programme d'action de la Société de Géographie en 1923-24. Il s'agit en particulier de missions à confier à des amateurs pour explorer le Cammon au point de vue de ses grottes, rivières souterraines et tunnels naturels, et pour faire leur rapport sur l'aménagement possible des voies d'ac- cès à ces curiosités. Voilà qui touche de très près au tou- risme et le Comité du Tourisme sera amené à une collaboration avec la So- ciété de Géographie comme avec les syndicats d'initiative. Finalement nous entrevoyons, après un an de vie du comité, la possibilité d'organiser en décembre 1924,avec tous les groupes et les particuliers avec les- quels il sera entré en contact, cette semaine du tourisme qu'en 1921 nous avions songé, un peu prématurément, à suggérer. Pour conclure nous prions nos lec- teurs de bien vouloir nous adresser au sujet de cet article ('voir aussi n<> du 30 sept.) leurs critiques et leurs sugges- tions. H. CUCHEROUSSET LA Ve Foire de Hanoï se tiendra du 2 au 16 Dêcembze pzoehain
  10. 10. L'EVEIL ECONOMIQUE A l'Usine Electrique de Hanoi Dernièrement nous avons eu quel- ques petites interruptions. L'usine les avait prévues et s'en était excusée d'a- vance. Mais ne nous avait-on pas assuré, il y a deux ans, lorsqu'on installait la tur- bo-dynamo de 750 kilowats que cela ne se reproduirait pas de longtemps. C'est qu'on n'avait pas prévu l'ac- croissement énorme de la clientèle in- digène, qui, d'insignifiante qu'elle était en 1914, alors qu'on condescendait à peine à s'occuper d'elle, est aujourd'hui plus importante que la clientèle euro- péenne, malgré l'accroissement consi- dérable de celle-ci. C'est que le moindre petit boutiquier annamite veut avoir un brillant éclaira- ge, et pour peu que sa clientèle soit élé- gante la reçoit sous le ventilateur.C'est que tous les Annamites et Chinois qui en ont le moyen ont l'éclairage et la ventilation électrique, que d'innombra- bles petits ateliers ont des moteurs, que les blanchisseurs en viennent au fer électrique, que la ville s'étend cons- tamment malgré que M .le Dr Leroy des Barres dise qu'elle a perdu le quart de sa population. El voici que Ha- dông-ville a demandé l'électricité dont on est en train d'achever f instal- lation et que toute une zone suburbai- ne s'apprête à en demander autant.Déjà l'on peut prévoir le jour où les gros villages suivront cet exemple. Et voilà pourquoi ce groupe de 750 kilowats.qui double la puissance d'avant 1921 et qui,eniyi(.),paraissailexagéré et n'obtenait qu'après 18 mois de pourpar- lers l'autorisation officielle,ne peut plus prendre un jour de repos. On ne peut plus compter sur les autres machines pour le remplacer, car toutes doivent marcher au moment de la pointe (de 5l/2à7 h.du soir).On se retrouve donc au même point qu'il y a deux ans. Aus- si cette l'ois aucune protestation sérieu- se ne s'est l'ait entendre lorsque M. Pel- letier déclara indispensable un nouveau doublement de la puissance disponible et la commande d'un nouveau groupe de 1.500 kilowat (2.200 chx — et non pas HP) ayant la puissance de toutes les anciennes machines réunies, fut approuvée sans difficulté. Ce groupe en construction à Fives Lille pour- ra être installé dans huit ou neuf mois et participer à l'illumination du prochain 11 juillet. Il a été eommandé en outre deux nouvelles chaudières Babcox et Wilcox pour remplacer les chaudières du début, vieilles de 34 ans et qui aspirent à la retraite. Eh bien ! nous craignons que ceci ne soit pas encore assez, surtout avec la perspective d'une banlieue populeuse et dé petites villes voisines à éclairer, de 1électrification de nouvelles usines, etc. Nous croyons qu'il est bon de pré- voir une centrale de 6.000 kilowat (en~ viron 8.000 chx) et dans ce but de four- nir à l'usine les moyens de s'étendre un peu en lui cédant le terrain de l'hôtel du Directeur des Douanes. H. C. Les rizières inondées'de l'Ouest Cochinchinois (Extraits de VImpartial) D'aucuns ont essayé d'alénucr la vérité ; noire devoir est de dire franchement que la situation est grave. Dans tes piovinces de Longxuycn et Cliaudoc, transformées en immense lac, toutes les récolles absolument, sauf une in/ime partie, son d'ores et déjà irrémédiablement perdues. 'D'ici quinze jours à un mois lorsque tes petites provisions familiales de m seront épuisées vu prévoit qu environ 40.000 indigènes (dans les deux provinces) se trouveront dans te dénue- ment le plus complet. Ce serait alors la famine si des mesures prévoyantes, généreuses et sages n'avaient été prises déjà par les autorités locales après consultation du (iouverneme.nl. Tout danger de disette est donc dès maintenant écarté grâce à M .le Gouverneur Cognacq qui. .s'est rendu comp- te de. la situation et aux administrateurs des provinces sinistrées, dont nous ne saurions trop louer en ces conjonctures les remarquables qualité de décision et de présence d'esprit. Disons aussi que les eaux baissent rapidement à Vhenre actu- elle mais qu'une crue nouvelle pourrait se faire sentir dans quelques jours : cela n'aurait plus d'inconvénient pour Longxuyen et Chaudôc où tes cultures sont détruites, mais cela pourrait en avoir pour les provinces voisines. Impartial A Longxuyên L'inondation actuelle est la plus forte qu'on ait enregistrée depuis 1904. Cette an- née-là la cote maxima des eaux avait été 4 m. 14 ; il y avait eu 20 ceutimètres d'eau dans les bureaux de l'Inspection. L'im- portance de l'inondation avait été aggravée de ce t'ait que s'étaient produits eu même temps que la crue, un typhon et un raz de marée. Cette fois-ci, le niveau étal a atteint le 16 dernier 3 m. 80. Il s'en est donc fal- lu de 34 centimètres que le record de 1904 soit égale. S'il ue l'a pas été c'est que,, prés des pluies abondantes à la lin de mai, il n'a presque pas plu en juiilel-aout. Toutefois l'iuoudation de celte année—quoique moin- dre qu'en 190'i — a causé autant de dégâts parce que, depuis 19 aus, l'étendue du ter- rain mis en valeur s'est accrue en même temps que la population et que le fléau a pu ravager encore plus de terres cultivées. Eu sorte que la catastrophe de cette année a été aussi grave qu'en 1904 et plus en tous cas qu'eu 1907, 1911, 1919 et 1992. La crue après avoir commencé normalement iiu août inspira des craintes dès les premiers jours de septembre. Brusquement en effets du o au 4 les eaux se mirent à monter pour atteindre le 6, 3 m. 29. le 9 la cote est mon- tée à 3 m. 47. C'était uu chiffre inférieur de 9 centimètres à celui de l'an dernier ; mais le niveau de 1922 ne tarda pas à être dé- passé avec 8 m. 56 le 10, 3 m. 65 le 11. 3 m. 71 le 12,3m.70 le 15, Finalement le 16 la crue fut à son maximum 3m. 80. Le len- demain 17, jour de l'arrivée de M. le Gouver- neur Cognacq une baisse brusque de 9 ceu- timètres se produisit. Cette baisse a conti- nuée les jours suivants — plus lentement et l'on pourrait, dire aujourd'hui que l'inonda- tion sera bientôt'terminée si l'on ne craignait pour la 25 ou le 26 courant nue nouvelle poussée des eaux à cause des grandes ma- rées et des fortes pluies actuelles du Laos. Je viens de dire que le 17 la baisse de 9 centimètres avait été soudaine. Mais hélas ! elle s'était produite trop tard : toutes les ré- coltes étaient déjà dés lors irrémédiablemant perdues sauf nue petite porlion de riz flot- tant dans la région de Phong-Thauli-TIntong laquelle elle-même a souffert. De nombreuses habitations indigènes étaient anéauties et plusieurs routes récemment terminées et empierrées, orgueil de la pro» vince, se trouvaient ravagées par le iléau.. Celle de Longxuyôn à Cautho bien que sub- mergée sur une étendue de 0 kilomètres parait avoir jusqu'ici moius souffert. Mais dans quel état sera t-elle après le retrait des eaux ? L Etat d'esprit des indigènes Quel est l'état d'esprit des indigènes eu présence de la catastrophe ? Ils se résignent. Ils ne se sont point trop inquiétés d'abord d'un phénomène auquel ils sont de longue date, accoutumés, l'oint émus quoiqu'on en ait dit lors de l'envahisse- ment de leurs cai-nhas par les reptiles d'abord et par les eaux ensuite, ils sont tranquillement restés chez eux. Comment cela ? demandez-vous. Le problème n'exis- tait pas pour ceux dont les maisons pos- sédaient des planchers mobiles servant de radeaux. Les autres se sont installés dans des barques ou des radeaux improvisés à l'abri de leurs toits. Au moment du maxi- mum de la crue, il n'était pas rare quand on errait eu barque sur le « lac de Long- xuyèn » de voir quelques têtes d'anuamiles, sortant à-travers le toit en paillotte sous le- quel le niveau de l'eau ne laissait plus guère de place. Quelques-uns avaient résolu la question du logement en campant sur leurs
  11. 11. L'EVEIL. ECONOMIQUE toits D'autres, moius heureux, sentant leurs maisons menacer ruinp, connurent la tris- tesse de l'exode. C'est ainsi par exemple que le hameau de ïanthoi près de Tholuot fut abandonné. Voici quelle fut souvent alors l'existence du pauvre « uhaqué». I! vit d'abord son paddy noyé puis même son riz flottant pour lequel il avait conservé quelque espoir : hélas ! les plants de riz flottant ne crois- saient pas aussi vite que l'inondation ; bien- tôt ils ne flottèrent plus et se mirent à pourrir sous le morne linceul des eaux. Le « nhaquê » vit ensuite la perle de ses ani- maux, poules, cochons, boeufs dont quel- quefois les cadavres s'immobilisaient — spectacle macabre — à la surface du lac sans courant. Il eut fallu pour sauver les hôtes de véritables arches de Noè et, surtout, plus de riz qu'on n'en possédait... Seuls na- turellement les canards survécurent et les buffles sur le dos boueux desquels se po- sèrent des aigrettes eu quête d'un lieu de repos. Parfois même, — vision affreuse celle-là — le uhaqué eut un de ses enfants noyé par mégarde quand le sort ne lui infli- geait pas le malheur de constater l'écroule- ment de sa cai-uhà ensevelissant l'autel de .ses ancêtres et ses maigres trésors. Mais le plus souveul, le tableau n'é- tait pas si sombre: il y avait en même temps que quelques grandes détresses, une majorité d'âmes iudifférentes et légères. Chaque famille avait de quoi manger : quand vint 1 inondation il restait dans la case un pot de nuoe-mam, un sac de riz, quelques tuber- cules. On mit le tout dans la barque ou sur le radeau et l'on ne se soucia pas du lende- main. On se livra à la pèche qui était fruc- tueuse et, pour égayer les longue? heures du jour, on chanta des chansons populaires. Et an-dessus des rizières noyées,à la surface des eaux mornes, les inondés ne tardèrent pas à voir une végétation folle, roseaux, lotus fleu- ris, ioules les herbes aquatiques travailler à donner à la plaine submergée l'aspect d'une fallacieuse prairie... Ainsi donc an plus fort de la crue comme aujourd'hui même point de demande de secours. Beaucoup de cultivateurs même donnèrent lors de la quête pour le Japon. Mais les provisions vont s'épuiser, la pêche cessera avec l'inondation et, dans une quin- zaine de jours— nu mois au plus tard nom- breuse sera la foule des indigents. La mi- sère sera grande alors. Il y a 400.000 ha- bitants au moins dans les deux iroviuces inondées. Admettons qu'un dizième seule- ment des habitants ait perdu son avoir — (on sent combien ce chiffre est sans doute au dessous de la vérité)cela fera déjà 40.000 bouches à nourrir. 40.000 malheureux qui auront faim !... Impartial Comment soulager la misère prochaine de Long-Xuyên et de Châudoc Trois suites de mesures à prendre 1 * Beaucoup de paysans ont eu leur chau- mière détruie en tout ou partie ou emportée par l'inondation. Le remède est simple; dès la fin de la crue, on permettra aux paysans de faire des coupes daus les forêts doma- niales. 2° Une reconstitution des cultures. L'i- nondai ou a été une catastrophe agricole ; cependant il faut convenir qu'une fois la crue terminée la terre sera extrêmement féconde. Le Bassac et le Mékong auront joué celte fois plus que de coutume le rôle fertilisateur du Nil. Les cultivateurs pour- ront donc dès le retrait des eaux semer du riz hâtif dit « riz de trois mois » dont la ve- nue tout en leur redonnant espoir permettra non de remédier au déficit actuel, mais, d'assurer la subsistance de chacun jusqu'à la récolte suivaute. Ou fera donc appel aux provinces non éprouvées pour constituer des stocks de semences qu'il s'agira de ré- partir. 3° On distribuera du riz aux indigents ; cette mesure est de beaucoup la plus pres- sante. Avant de reconstruire et de semer, il faudra manger. Cela coûtera cher au prix actuel du riz. Ce n'est pas pour les braves uhaqués dont la misère est à soulager que j'écris cela, mais pour ces « coloniaux de Paris > qui s'imaginent dans leurs discours à la Chambre que nous vivons ici dans un inépuisable « Eldorado ». On le déclare, il existe encore en Cochin- chiue à l'heure actuelle 400.000 tonnes de paddy, l'offre demeurera supérieure à la de- mande et il ne sera point besoin d'interdire l'exportation des riz. Ill'en sera toutefois au- trement si les stocks ne sont pas aussi con- sidérables qu'on l'affirme. Eu tout cas comme la récolte aura été inférieure à la normale en Birmanie, elle aussi ravagée par une inondation, en Cbiue où sévit la révolution et an Japon à la suite du récent cataclysme, il serait sage de la part du gouvernement de constituer dès à présent le stock de réserve nécessaire à la consommation locale jusqu'à In récolle prochaine, sans trop compter sur l'impor- tance de slockshypothéliques qui pourraient bien s'évader d'ici peu ». (Résumé de l'Impartial) L'Etat irresponsable Nous sommes tous responsables des cou- séquences de nos actes et des actes de ceux qui relèvent de nous. Ainsi notre enfant qui cause in dommage, et la faute d'un en- fant, d'un domestique, d'un agent sous nos ordres, entraîne la responsabilité personnel- le de celui qui a commis la faute et la res- ponsabilité du père, du patron, et même des instituteui s, maîtres, etc... Nous sommes mê- me responsables des dommages causés par les animaux placés sous notre garde. 11y a bien mieux, le patron est responsable de l'accident dont son employé on sou ouvrier sont victimes, et sa responsabilité est enga- gée quand bien même le salarié aurait été uégligent. Le patron est toujours présumé coupable lui-même d'une faute, et le salarié n'a pas besoin de faire la preuve de celle faute du patron ! On voit avec quel soin l'Etat, par ses lois, a posé le principe de la responsabilité ; cette responsabilité résulte d'un acte, d'une con- cession, d'une imprudence... Et ce sont les tribunaux ordinaires qui sont compétents pour statuer sur les réparations dues aux victimes. Tout cçla est fort bien, le bon sens et l'é- quité applaudissent à cette pensée de répa- ration ; il paraîtrait monstrueux d'échapper aux conséquences d'une fantë, d'une négli- gence commise soit par une personne, soit par les êtres qui dépendent d'elle et la repré- sentent en quelque sorte. Voilà qui est eutendu. Mais l'Etat ! Il ne faudrait pas seulement uu point d'exclamation, il en faudrait plu- sieurs. L'Etat a savamment organisé ou af- firmé son irresponsabilité, et, par suite, l'ir- responsabilité de ses agents. Je vous fais grâce de l'irresponsabilité de l'Etat eu matière judiciaire ou administrati- ve, lorsqu'il s'agit d'un acte de ses agents, et qu'il s'agit en même temps d'un acte de la puissance publique. Mais quand il s'agit d'un service public, à propos d'actes que l'administration ac- complit en qualité de gérant et d'intendant d'un des services publics, et non comme dépositaire d'une part de souveraineté ; pourquoi l'Etat ne serait-il pas responsable au même titre qu'uu patron dont il tient la place ? D'excellents jurisconsultes ont dit : oui, et ils ont admis l'application du Code civil, avec compétence des tribunaux ordinaires. Mais la doctrine importe peu aux victi- mes ; ce qui les intéresse c'est la solution pratique résultant des décisions prises par les juges des tribunaux ordinaires ou admi- nistratifs. Or, on s'est contenté, depuis cin- quante ans, d'attribuer à la juridiction ad- ministrative la connaissance de toutes les conséquences d'actes des administrateurs, quelle que soit la nature de ces actes; et si vous vous reportez aux conclusions for- mulées, voici le principe qui se dégage : « La responsabilité qui peut incomber à
  12. 12. L'EVEIL ECONOMIQUE l'Etat pour les dommages causés aux parti" culiers par le fait des personnes qu'il em- ploie dans les services publics, ne peut pas être régie par, les principes qui sont établis dans le Code civil pour les rapports de par. ticulier à particulier. Cette responsabilité n'est ni générale ni absolue; elle a ses règles spéciales qui varient suivant les besoins du service et la nécessité de concilier les droits de l'Etat avec les droits privés ! » Et l'on a pu écrire très justement : « En aucune hypothèse l'Etat n'est res- ponsable CIVILEMENT des dommages que causent ses agents. » Eu fait, fort heureusement, il a bien fallu, depuis cinquaute ans exactement (1873), accorder une indemnité, dans certains cas aux victimes des agents de l'Etat, mais, dit M. Barthélémy dans son Traité de droit administratif, la réclamation faite en vue d'une indemnité ne sera pas cependant l'exercice d'un droit (!) ; elle ne sera qu'une sorte de recours gracieux exercé dans une forme spéciale. L'indemnité allouée appa- raîtra, non comme une légitime réparation, mais comme une faveur destinée à éviter ou à atténuer une injustice. C'est le Conseil d'Etat qui est compétent et exerce ses droits avec la plus haute impartialité, c'est enten- du, mais le Conseil d'Etat est unique ; il est bien haut et bien loin. Combien n'entre- prendront pas d obtenir de lui des indemni- tés qu'ils réclameraient sans aucun doute s'il suffisait de s'adresser au tribunal civil ? Tout cela est trop vague et un exemple est utile : le voici. C'est l'affaire Blanco qui est classique : Un wagonnet, de tabac traversant la voie publique entre deux magasins de l'Etat (ma- nufacture de tabac), renverse et blesse un particulier. 11 était clair que la responsable lité morale de l'Etat se trouvait engagée. 11a fallu une mémorable sentence du tribunal des conflits pour faire régler par le Conseil d'Etat une indemnité que l'équité exigeait, l'équité, mais non le droit, ce qui estmons* trueux. Parfois même, l'Etat se déclare irrespon- sable en exerçant un monopole. C'est le cas des correspondances télégraphiques régies par l'article 6 de la loi du 9 septembre 1850: « L'Etat n'est soumis à aucune responsa- bilité à raison du service de la correspon- dance privée par la voie télégraphique. » Et il s'agit d'un monopole. Eu vérité, les chambres ne pourraient- elles pas consacrer quelques séances... du matin, à la solution du problème de la res- ponsabilité de l'Etat ? Cette discussion ne serait-elle pas aussi utile que les joutes ora- toires relatives au grec, au latin, ou à l'am>= bassade du Vatican, etc. etc. mais... Journal du Commerce N.D.L.R. — C est que la France est non pas une république démocratique comme on le fait croire aux naïfs, mais un Ëtat Césarien, le plus césarien de l'Europe. BIBLIOGRAPHIE Les Pages Indochinoises Un véritable événement vient de se produi- re daus le inonde littéraire Indochinois. Les «cPages lndochinoises », cette revue littérai- re et artistique qui sombra avec la guerre après avoir connu une vogue considérable, vient de reparaître. Son premier numéro est daté du 15 septemure ; nous l'avons parcouru avec un vif plaisir. C'est que la nouvelle revue est beaucoup plus soignée que celle d'avaut- guerre. ^'apparence eu est plus coquette : Une place très grande est réservée à 1 illustration, l'impression est très nette, sur de l'excellent papier. Le but que se propose la direction des « Pages Indochinoises » est délini dans un avaut-propos dont nous extrayons le passage suivant: « Lettres et Arts, tels sont, les deux seuls « compartiments ouverts à notre activité. Jte- « niant toute visée encyclopédique et respectant « les terrains déjà occupés,— sciences diverses, « ethnographie, linguistique, travaux documen- « taircs, etc.) — nous nous confinons dans notre 4. domaine spécial, d'ailleurs asse* vaste : sans € esprit d'école, nous ouvrons nos colonnes à « toutes réalisations de vrai el de beau,quelle que « soit la formule de la technique quelle quesoit •s.l'audace de la plume ou du crayon. « Un comité de lecture de cinq membres, pris « parmi les plus qualifiés despremiers collabora- « leurs, a mission d'examiner tous les. ma- « nuscrils el tous les dessins ; la rédaction des « Pages évite ainsi l écueil d'être sous la direc- « lion d un seul, dont le jugement pourrait se « trouver en défaut. » Nous souhaitons la bienvenue à notre con- frère littéraire et, selon sa propre formule, « laissons la jeune Revue descendre dans l'a- rène en déployant sa devise : Vous me connaî- trez à mes actes ». lions d'art japonais attirent un public de plus en plus étendu. Le livre de M Elisséev vient donc à son heure. L'auteur consacre le premier tiers du volume à un cour historique de la peinture ja- ponaise en insistant surtout sur la fin du XIXe siècle ; cette partie rendra de grands services aux amateurs qui ne savent souvent comment classer leurs diverses notions d'art japonais. M. Elisséev nous apprend que le Japon a aussi son salon officiel, et qu il y sévit com- me chez nous une Ecole des Beaux-Arts et une Académie des Beaux-Arts ; voilà ce que c'est que le progrès. La partie essentielle de l'ouvrage est consa- crée à l'étude des caractéristiques de la pein- ture japonaise moderne et à ses peintres. Elle est d un intérêt extrêmement vif, les planches étant très nombreuses et M. Elisséev décrivant les « kakémono » en technicien remarquable, eu grand artiste et surtout en poète. 11 trouve le moyen de décupler par sa prose le plaisir que l'on a à considérer les planches qui sont toutes très bien venues et qui eussent fait le plus grand tort par leur beauté a un artiste moins sûr et à un critique moins délicat et moins nuancé. M. Elisséev nous conduit jusqu'à la période actuelle, puisqu'il parle de peintres qui n'ont guère plus de trente ans, et nous nous attris- tons de constater combien l'influence occiden- tale est grande, là aussi. Encore M. Elisséev nous épargne-t-il le cubisme et le futurisme qui sévissent parmi les sujets du Mikado, et nous l'en remercions : comment ne pas souf- frir, après avoir admiré ces magnifiques pein- tures des XVIIIe et XVIXe siècles, en consta- tant que des jeunes font fi de ces magnifiques traditions pour imiter Picasso, Matissc et Pi- cabia Mais M. Elisséev ne s'en plaint pas, et il a certainement raison, étant donnée sa con- naissance incomparable de l'àme japonaise. Ce qui le rassure, c'est que le japonais, même en peignant à l'occidentale, reste japonais. Voilà qui est en eflet précieux et consolant. Revue du Pacifique. .AVIS La Banque de l'Indochine à Ha- noï informe sa clientèle qu'elle recevra à partir du Lundi 1er Octobre jusqu'au Mercredi 30 Octobre inclus les sous- criptions à une nouvelle émission de Bons du Trésor par coupures de Fcs : 500 et Fcs ; 5.000 — (nominal) rappor- tant 6 °/o net d'impôts, coupons à échéance des 20 Mai et 20 Novembre de chaque année (Le 1er coupon étant payable le 20 Novembre 1923 à Fcs» 12 ? —) Ces Bons seront remboursables au gré du porteur : au pair le 20 Mai 1926, à Fcs 515 le 20 Mai 1929, a Fcs 540 le 27 Juin 1933. Le prix d'émission est fixé à Francs : 492,50. Serge Elisséev : La peinture contemporaine au Japon. E. de Boccard, éditeur, Paris, 1, rue de Médicis. Petit in-4-, 143 pages, 81 plan- ches. Ce livre, magnifiquement édité par de Boc- card, était impatiemment attendu ûe tous ceux — et ils sont nombreux en France — qui s'in- téressent à la peinture japonaise. Celle-ci sé- duit de nombreux français — on pourrait dire tous ceux qui la connaissent — et les exposi-
  13. 13. L'EVEIL ECONOMIQUE Canaux et rivières canalisés Comment fonctionne une écluse Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte du fonctionnement d'une écluse, n'ayant pas eu l'occasion d'en voir fonction- ner. Ce fut par contre une des grandes dis- tractions de notre enfance, ainsi que de beau- coup de petits bisontins et dès l'âge d.e dix ans nous étions très ferré sur la question. Les écluses sont en somme des escaliers d'eau par où montent et descendent les ba- teaux; mais ils montent ou descendent sans effort; l'eau les soulève. — La rivière canalisée, ou le canal, a son cours d'eau ralenti par des barrages qui le divisent en biefs suffisamment profonds et calmes. — Mais à chaque barrage corres- pond une chute brusque de trois ou quatre mètres, ou parfois davantage. Comment les bateaux vont-ils passer ? Dans ce but une écluse, parfois une série d'écluses, est ins- tallée dans un canal latéral à la rivière, ou dans le canal de navigation. Dans le cas d'un canal navigable, il n'y a généralement pas de barrage, celui-ci est remplacé par une chute ou déversoir par où le surplus de l'eau à l'amont de l'écluse s'é- coule par un canal latéral vers l'aval. L'écluse comprend un petit bief, ou sas. en maçonnerie, assez long pour un ou deux ou plusieurs bateaux selon les cas, fermé en amont et en aval par des portes à deux bat- tants — Le sas peut donc être rempli d'eau par ouverture de vannes en amont, et avoir son plan d'eau de niveau avec le bief amont, sans que l'eau puisse s'écouler dans le bief aval; ou bien, les portes amont étant fer- mées et les portes aval ouvertes, 1eau dans le sas sera de niveau avec l'eau du bief inférieur, et les eaux du bief supérieur rete- nues par les portes amont n'y pourront que filtrer. Mais on conçoit qu'on ne saurait sans ca- tastrophe ouvrir les portes tout d'un coup ; ce serait d'abord très difficile car les portes ouvrant, naturellement, du côté d'où vient la pression de l'eau, il faudrait vaincre celle-ci; l'eau alors se précipiterait et briserait tout. C'est pourquoi des vannes sont aménagées dans la maçonnerie pour laisser l'eau en- trer dans le sas ou l'en faire sortir pro- gressivement. Nous donnons d'ailleurs page 7, 8 et 9 quelques croquis qui rendront nos explica- tions plus claires. Un bateau se présente à l'amont pour descendre l'écluse et en même temps un autre à l'aval pour monter. Fig. 1 A et 1 B Nous supposons que les portes aval étaient fermées et que l'eau dans le sas était au niveau du bief amont. Par les jointures des portes aval giclent de minces filets d'eau tombant en cascades dans l'eau du bief aval, perte insensible ; la masse de l'eau du bief amont du canal, j retenue par les portes bien appuyées en > bas contre des madriers, et l'une contre l'autre par leurs biais, s'en va par la chute ou déversoir et le canal latéral, rejoindre le canal de navigation bien eu aval du ba- teau qui attend pour monter ; ou, dans le cas d'une rivière canalisée, elle s'en va grossir le niveau des eaux qui coulent par le barrage. Fig. 2A et 2 B.L'éclusier fait avancer le ba- teau descendant dans le sas, puis il ferme soigneusement les portes et la vanne amont. —11 se rend ensuite aux portes aval 11ou- vre les vannes et l'eau du sas commenceàse déverser par cette ouverture dans le bief aval. Le niveau dans le sas commence à baisser lentement avec le bateau qui y est en- fermé. Le niveau est maintenant (3A et 3B) dans le sas au niveau du bief inférieur. L'éclusier s'attelle à son cabestan dont les engrenages, ménagés dans la lête du mas- sif en maçonnerie, agissent sur une cré- maillère attachée à la porte, et ouvre celle-ci jusqu'à ce qu'elle soit rentrée dans févidemeut ménagé à cet effet. - L'aide de l'éclusier, qui est passé de l'autre côté fait de même pour l'autre battant de porte. Le bateau descendant sort alors du sas et, dépassant le bateau montant, poursuit sa route. Derrière celui-ci les deux battants de la porte aval sont ramenés jusqu'à ce que leur biais appuient bien l'un contre l'autre et la vanne aval est bien fermée - L'é- clusier et son aide se portent en amont et commencent à ouvrir la vanne supérieure. L'eau du bief amont pénètre par le canal souterrain dans le sas. Le niveau du sas commence à monter, avec le bateau qu'elle soulève jusqu'à ce que les deux niveaux, celui du sas et celui du bief amont soient égaux. La porte amont est ouverte et le bateau continue son chemin vers l'a- mont. Dans le cas de dénivellations très fortes, de 4 mètres et au-dessus, on aménage plu- sieurs écluses. Ainsi quatre écluses se sui- vant permettent de compenser une dénivel- lation de 12 à 16 m. - On arrive ainsi à rendre navigables des rivières absolument torrentueuses. Par cette méthode des rivières comme la Rivière Claire, le Sông-Câu, le Sôug-Chay ou le Sông Gam pourraient être rendues parfaitement navigables. La dépense d'une écluse avec barrage est considérable, il est vrai, mais chaque barrage crée un bief navi- gable de plusieurs kilomètres, C'est ainsi qu'entre Tuyên-Quang et Ha- giang la Rivière Claire passe de 25 à 105 m d'altitude. Pour une distance de 180 km. cela fait 80 mètres soit 444 millimètres par km. donnant à un cours d'eau une vitesse consi- dérable. 11s'agirait de réduire à environ 20 mètres la chute naturelle, soit 60 mètres à compenser par barrages et écluses. Il suffirait donc de vingt barrages de 3 mètres ou de 10 barrages de 6 m, à deux écluses. 11est probable que ces dix ouvrages coû- teraient moins que le moindre chemin de fer à voie étroite de 180 km ; moins que n'au- ra coûté la route. Pour la Rivière Noire, où le barrage natu- rel de Chobo pourrait sans doute être ren- forcé pour relever le niveau du bief supé- rieur d'un mètre cinquante ou deux, une écluse serait facile à aménager et voilà la possibilité pour des chalands remorqués d'at- teiudre Van-Yen, à 60 km, avec peut être un ou deux autre barrages-écluses intermédiai- res. Un barrage écluse à chacun des quatre ou ciuq thacs suivants permettrait d'arriver à Takhoa, au niveau de Sou-La. Pour le Sông Ca nous ne croyons pas qu'il soit besoin de plus de six barrages-écluses enlre Do-Luoiig et Cuarao, ce qui donnerait de Viuh à Cuarao une superbe voie naviga- ble de lbO km. - Un barrage-écluse à Linh-Cam sur le Ngan- Sau et quatre ou cinq barrages sur le Ngan- Pho permettraient aux gros sampans et à leurs remorqueurs d'atteindre Kim-Cuong, au bas de la chaîne-annamitique, sur la route de Vinh à Thakhek la distance par route serait ainsi réduite pour les camions auto* mobile de 112 à 42 km. BARBISIER
  14. 14. L'EVEIL ECONOMIQUE Fig. III.—Plan d'une écluse. Les évidements pour les battants de porte el leurs axes, pour le passage de la cré- maillère et son pignon de commande, également les caniveaux souterrains pour la vidange et le remplissage du sas et leurs vannes, sont pratiqués dans les blocs de maçonnerie formant la tête amont et la tête aval de l'écluse.
  15. 15. L'EVEIL ECONOMIQUE Manoeuvre d'une écluse Figure A : de profil Figure B : en plan 1° Manoeuvre. — Un bateau se présente à l'amont pour descendre, un autre à l'aval pour monter. La porte amont est ouverte et l'eau dans le saa est an niveau du bief amont.' La porte aval P' el l'a' vanne aval V sont fermées. Le bateau descendant s'avance daas le sas. lme Manoeuvre. —• Le bateau amont est entré dans le sas, la porte amont P a été fermée ainsi que la v,an- ne amont V. L'eau ne peut plus pénétrer du bief amont dans le sas. L'éclusier ouvre la vanne V' et l'tau du sas commence à s'écouler dans le bief aval jusqu'à ce que le niveau du sas soit le même que le niveau'aval.
  16. 16. L'EVEIL ECONOMIQUE 9 Manoeuvre III. — La porte aval est ouverte. Le bateau venant d'amont est sorti du sas et entré dans le bief aval, il s'en va. Le bateau venant d'aval est entré dans le sas. La vanne amont est encore fermée. Manwuvre IV. — La porte aval P' et la. vanne aval V* ont été fermées après le passage du bateau descen- dant qui continue sa route vers l'aval. Le bateau moulant est enfermé dans le sas ; la vanne amont V est ou- verte et l'eau du bief amont pénètre dans le sas dont le niveau monte peu à peu en soulevant le bateau. Mann'Uvre V. — Le niveau du sas a atteint le niveau du bief amont, la porte amont a pu être ouverte et le bateau montant s'engage dans le bief amont. L'écluse se trouve dais la situation I. Si un bateau se présente pour descendre on recommencera la manoeuvre comme ci-dessus. Si un bateau se présente, seul pour monter il faut faire la même manoeuvre mais à vide. Souvenir de mes flâneries d'écolier le long des écluses du Doubs, à Besançon. BARBISIER.
  17. 17. 10 L'EVEIL ECONOMIQUE L'URBANISME Ce qu'est et ce que sera Dalat Premier projet de Station d'altitude En dehors de son insigniliance au point de vue esthétique le projet Champoudry ne tenait aucun compte du développe- ment futur de Dalat comme Station climatique et de l'exis- tence des personnes qui l'auraient habité. Si ce plan avait eu un commencement d'exécution l'on se sérail vite aperçu des fautes initiales. Où aurait-on logé les Indigènes qui au- jourd'hui sont nombreux '? Où le centre de commerce se serait-il établi ? De plus les bâtiments n'étaient pas toujours placés convenablement ; les routes et les morcellements semblaient tracés sons souci des mouvements de terrain. La gare à l'Est n'a pas suffisamment d'espace à l'entour pour se développer. Il est évident que Baguio la Station d'Altitude des Phi- lippines eut un meilleur début. Etat actuel des Travaux Le Loc : La construction d'un barrage au Sud-Ouest de la vallée de Camly, vers la cote 1.000 (l) du plan a formé un vaste réservoir d'une superficie de 22 hectares. Ce grand miroir d eau convenablement arrangé ferait un très beau motif, et donnerait de l'attrait au rentre de Dalat. Il fau- drait donc, autant que possible, con- server cette disposition qui, en d'autres endroits, a produit de bons résultats, tant au point de vue esthétique, que pour l'agrément des visiteurs. La route du Tour du lac devra être aménagée de façon à créer des perspectives variées sur le bord de l'eau, la vallée et les col- lines voisines. L'on ménagera des pre- élages sont réparties 34 chambres, la plupart avec salles de bains. W. C. Toilettes, de 4 m. de'hauteur sous plafond. Le défaut principal de cette construction est de ne pas offrir un nombre de chambres suffisant pour l'importance du bâtiment ; deux ailes d'une vingtaine de chambres cha- cune, réparties en quatre étages, pourraient racheter cet in- convénient. Pacillons— Des pavillons composés de quatre chambres avec salle commune et dépendances ont été élevés sur la pente Nord entre la Grande Route et le Lac. Dépendances de l'Hôtel-Palace = tEn voie de construc- tion) Ce bâtiment contiendra des garages pour une vingtai- ne d'autos, avec ateliers de réparation ; deux logements pour les Européens ; des chambres pour les boys et les chauffeurs ; une buanderie ; une salle de repassage ; un sé- choir couvert. Sur la route du Camly et sur la future place administrative des boutiques ont été prévues en façade. Résidence du Gouverneur Général : Elle avait été prévue sur un mamelon àl'Estprès de la roule d'arrivée au Plateau Langbian Palace hôtel, à Dalat miers plans par la planlation de massifs de verdures, de tor- heilles de fleurs, entre la rcule et le lac. En certains endroits de petits quais seront constiuils tout su bord de l'eau pour permettre les promenades en barque, et quelques îlots pour- ront être aménagés avec kiosques, pergolas, Ireilles, elc... Il semble toutefois que le lac tel qu'il avait été prévu dans le projet précédent, élait Irop vaste, aussi M. Hébrard cor.- seille-t-il de traiter la partie Nord-Est en terrains de sports (Courses>à pied ; Natation ; Tennis ; Pelole Brsque ; Bou- les ; etc.. ) Hôtel-Palace — C'est un bâtiment très largement compris Le rez-de-chaussée de 5m.50 de hauteur, élevé sur un haut soubassement utilisé comme dépôts et services accessoires, comporte : Au rez-de-chaussée : un vestibule d'entrée, un Hall un peu sombre, au milieu duquel a été placé l'escalier; un restaurant avec des salles à manger particulières; un service de cuisine avec pâtisserie ', un café ; des salons de lecture et de réunion ; un préau pour les enfants. Dans les f) Rappelons que ce que les T. P. appellent cote 1.000, c'est la cote 1.476. iNotez çàsur vos tablettes, confrère Bonnafont. Langbian pâture hôtel en haut à gauche — Le vieil hôtel en buis, en bas à dioile Le nouveau plan n a pas conservé cet emplacement jugé peu convenable pour la construction d'une résidence de l'importance de celle que devrait avoir le Chef de l'état en Indochine. Village Annamite — Le village An- namite s'est rapidement développé, les travaux ayant amené un grand nombre d'indigènes à se fixer à Dalal, bien que le climat ne leur soit pas très favora- ble. Quelques Chinois ont construit des boutiques dans le bas de la vallée ioimant un petit centre commercial. L'on trouve en outre 1 habitation du Phu ; une pagode ; des écoles et un tbéâlre. Les maisons d'habitation sont inslallées pilloresquement sur la penle de la colline. Le marché fréquenté par les Mois des environs, est aména- gé sur le versant Nord-Est. Résidence du Délégué du Gouvenument. — Le Résident, commissaire délégué, a longtemps habile une construction située sur un mamelon au Nord-Est du village annamite, un autre mamelon encore plus au Nord était occupé par le percepteur-adjoint, au bas et au Sud s'étaient établis le Gar- de Forestier et le docteur. Jusqu'à l'année dernière l'ambu- lance ou l'hôpital de secours était située près de l'habita- tion du docteur, mais, il y a quelques mois, l'on a transfor- mé l'habitation du résident en hôpital européen et l'habita- tion du percepteur en hôpital indigène. Actuellement l'administrateur-déléf.né habile au Sud de l'hôtel, en face du petit pavillon de Cochinchine. Les services des Travaux Publics occupent un mamelon entier à l'Est. Là, ont été élevés l'habitation de l'ingénieur
  18. 18. en chef du Langbian, ses bureaux, une habitation pour l'in- génieur adjoint. Les secrétaires indigènes ont été logés dans de petites maisonnettes placées dans la vallée inférieure. La poste a été établie provisoirement dans une paillote au Nord de l'hôtel. Vacillons des Provinces. — Plusieurs provinces et villes ont construit des habitations pour leurs fonctionnaires qui viennent à tour de rôle se reposer au Langbian. La Cochinchine a fait élever il y a déjà quelques années un pavillon et actuellement l'on termine une vaste habita- tion pour le Lieutenant-Gouverneur. Soctrang, Longxuyén et les municipalités de Saigon et de Cholon ont également bâti des pavillons confortables. Les habitations des fonctionnaires de la Banque de fin- dochine et de la Banque Industrielle de Chine se sont éta- blies au loin vers l'Est. Les Missions et Soeurs de St Paul de Chartres oui construit un bâtiment avec chapelle et orphelinat dans dt grands terrains à 1 Ouest de l'hôtel sur la route du Camly. Le Seal a établi ses garages dans les environs, sur un tiès grand emplacement qui sera repris lors de la construction du chemin de fer. Enfin, une trentaine de ter- rains ont été donnés en con- cession. Projet actuel Développement de la Station d'altitude Il s'agit d'établir à Dalat le sanatorium de l'Indochine et d'organiser une station d'alti- tude modèle dotant la colonie d'une ville de repos et d'agré- ment, où les Européens de la Cochinchine, de l'Annam, du Cambodge et du Tonkin vien- draient séjourner pour relaire leur santé ébranlée par le cli- mat tropical. Le programme actuel du Gouvernement de l'Indochine est de développer ce centre déjà créé, et de lui donner l'é- lan nécessaire pour fonction- ner. Jusqu'à présent Dalat a sur- tout pris de 1 importance du l'ait même des travaux qui y ont été entrepris.Les dépenses du Gouvernement ont amené sur place, en dehors des fonc- tionnaires : des commerçants, des entrepreneurs, des contremaîtres, des ouvriers et do- mestiques (Européens et Indigènes) dont un grand nombre sont restés sur place' et ce noyau fait actuellement le fond de la population. Ces dernières années les visiteurs, excepté les chasseurs, y étaient encore relativement peu nombreux. Il élait impos- sible de se loger convenablement, l'ancien hôtel en bois offrant des accommodations trop primitives, tant pour les chambres que pour les installations sanitaires. Monsieur le Gouverneur Général Roume décida en 1917 de reprendre les travaux du Langbian, par la construction d'un hôtel important, installé avec tout le confort moder- ne. Cet hôtel aujourd'hui achevé permettia, avec l'hôtel de second ordre acluel transporté provisoirement à l'Est de- vant la villa nouvelle de la Cochinchine, el les pavillons an- nexes de loger convenablement plus de deux cents per- sonnes. M. Sarraul donna aussi une foi le impulsion à l'aména- gement de Dalat et M. Maurice Long décida de continuer le chemin de fer d'accès qui amènera les visiteurs sur le plateau même du Langbian, el de faire préparer les pians d'aménagement de la station d'altitude. 11 faut aussi mentionner l'intérêt particulier que M. Outrey, Député de Cochinchine, a continuellement porté aux travaux de Dalat. En attendant la construction du chemin de 1er l'on pré- parera les plans des futures installations qui sont prévues à Dalat telles que ; amélioration de l'Hôtel-Palace ; cons- truction du centre administratif (Mairie, Posle, Commissa- riat de Police) ; établissements d'éducation ; habitations pour le Gouverneur Général et pour le Commissaire-Délé- gué ; sanaloria ; hôpitaux ; elc... Sans être considérables les mouvements du terrain à Da- lat sont pourtant en certains endroits assez accentués. Une faut donc pas songer à faire du plan général une composi- tion recliligne et ordonnée.Le plan à tracer aura donc plu- lôtle caractère d'un grand jardin avec des roules sinueuses, suivant les mouvements du sol; il faudra toutefois que l'ensemble donne 1 impression d'une disposition simple et pondérée, où chaque élément, clairement mis à sa place, soit en relation facile avec les éléments voisins et surtout avec les centres communs (centre administratif ; centre du commerce : centre de jeux et de promenade ; hôtels ; ca- sino ; gare ; etc..) Les quar- tiers militaires seront placés à proximité du centre urbain, mais sans lui être conligus. Toutefois,dans cette compo- sition très libre, les bâtiments principaux seront autant que possible placés dans des po- sitions élevées particulière- ment choisies. Leurs masses soigneusement étudiées pour le paysage, feront dans l'en- semble autant de points inté- ressants et leurs abords de- vront être composés de façon à ne pas contrarier les formes générales du terrain,mais plu- tôt à en accentuer le caractère et la beaulé. Ces bâtiments ja- lonneront ainsi le lac et la vallée du Camly,jusqr.'au cen- tre gouvernemental qui domi- nera toute l'agglomération. Il faut dès maintenant pré- ciser les différents quartiers de la future station d'altitude. Des • servitudes empêcheront les constructions de s'élever au ha- sard,pour ne pas laisser s établir des voisinages indésirables. L'on délimitera un quartier administratif ; un quartier de commerce européen et de luxe avec les hôtels, bai ques, ci- némas, café ; les quartiers réservés aux Indigènes ; les dif- férents quartiers de résidences ; l'emplacement de la ga- re. La construction d'aleliers, dépôts, chantiers et établis- sements nuisibles ou bruyants, ne sera pas tolérée dans les quartiers d'habitations et de commerce. Les bâtiments administratifs du centre urbain seront réu- nis de façon à ce que les habitants ne perdent pas de temps en déplacements lorsqu'il s'agira pour eux de se rendre d'un service public à l'autre. La direction des vents et des pluies nous amènera à éta- blir les bâtiments, le grand sens direction sud-est nord- ouest. Le soleil si précieux à Dalat viendra donc le matin et l'après-midi sur les deux grandes façades. Cette orienta- tion nous semble bonne. Il faudra dans les parties vallonnées utiliser surtout les versants tournés vers le Sud, en réservant les versants nord en espaces libres. Dalat. Pavillon de l'Annam Dalat. Une villa particulière. Dalat. Pavillons annexes de l'hôtel
  19. 19. Il L'EVEIL ECONOMIQUE Robe en reps feuille morte plissée devant, el rehaussée de chevreau bleu dur et de feuilles de même cuir décou- pées à l'emporte-pièce. Pour sortir nne vesle l'accompagne de même tissus que la robe, également ornée de liserés et fleurs en cuir bleu. L'antre costume est en serge gabardine marine orné de lacets de soie blanche et de boutons de nacre, la ceintu- re est en cuir ronge passée dans une boucle de nacre. La jaquette est drapée, mêmement ornée de lacels blancs. Croquis des Modes de la Femme de France, 84, rue. Lafayette. — PARIS.
  20. 20. tËVElL ECONOMIQUE tôt Voyage de Henri Mouhot au Cambodge en 1859 (Suite) 'Dans la matinée du jour fixé pour mon départ, et lorsque tons nies préparatifs fu- rent terminés, Tablé Heslrest vint me cher- cher pour me faire partager avec lui son modeste déjeuner, et me conduire ensuite avec son bateau jusqu'à Kompong-Baie, où je devais trouverles chariots. Arrivés en cet endroit, point de chariots. Nous nous rendîmes chez le premier man- darin qui, tout en chiquant du bétel, nous montrait ses dents noires et son rire stupide;; je vis que j'étais le jouet de ces individus faux partout et toujours, ne cédant qu'à la force et délestant avant tout le nom d'Eu- ropéen. Après maintes réclamations, on m'amena enfin trois chariots ! Les voitures à chiens qui sont en usage pn Hollande au- raient mieux fait mon affaire. J'envoyai donc promener les trois brouettes du roi de Cambodge avec mes compliments pour cette magesté, et j'en louai d'autres à mes propres frais. Udong, la capitale acluelle'du Cambodge, est située au nord-est de Kampôt, à deux lieues et demi de l'affluent du Mékong, qui vient du grand lac, et à cent trente-cinq milles à peu près de la mer, distancé prise à vol d'oiseau. On compte huit stations et huit jours de marche jusque-là. en voyageant avec des boeufs ou des bu files ; les éléphants font facilement deux stations par jour ; ce qui abrège le' temps de moitié, mais il n'y a que le rô*i, les mandarins et les riches par- ticuliers qui puissent posséder et nourrir de ces animaux. Les chariots que nous louâmes pouvant à peine contenir nos ba- gages, moi et mes hommes nous fûmes for- cés de partir à pieds. Après avoir traversé une plaine marécageuse où nous abattîmes quelques oiseaux aquatiques communs, nous entrâmes dans une belle forêt, qui, sans la moindre éclaircie,se prolonge jusqu'aux por- tes d'Udong. Pour traverser son sol maré- cageux j'avais dû me chausser de mes bottes de chasse que je n'avais pas portées depuis quelque temps et dont le cuir s'était durci. Après deux heures de marche sous un soleil de feu, je sentis mes pieds s'écorcher dans plusieurs parties. Je fus obligé de me dé chausser et de continuer la route pieds nus. Heureusement elle était presque partout unie et belle à cause de la sécheresse et des fréquentes communications entre Kampôt et la capitale. La chaleur était excessive et nos chariots d'une lenteur désespérante. Enfin nous arrivâmes à la première sta- tion, où je fus casé dans une vaste salle en bambou, revêtue de chaume et qui avait été récemment construite pour loger le roi et sa suite. La nuit, j'eus des gardes à ma porte, envoyés par les autorités afin de me garer de tous risques et évictions, el, grâce à la lettre du roi, que je présentai, je fus respectueusement traité. Le lendemain, je parvins à louer un éléphant pour me con- duire à la prochaine station, ce qui me coû- ta un franc de notre monnaie. Le jour suivant, je dus continuer ma route pieds nus. Ce que nous eûmes à souf- frir de la chaleur dépasse tout ce que je m'étais imaginé jusque-là de Tenet du soleil dans la zone torride. Cet astre était alors au zénith, et ses rayons brûlants, répercutés par le terrain sablonneux devenaient into- lérables à dix henres du matin ; c'était à ce point que les Indigènes, qui ont la plante des pieds fort dure, ne pouvaient supporter le contact du sol et cherchaient les touffes d'herbe pour y poser les pieds ; les boeufs ne marchaient qu'en piétinant continuelle- ment et donnaient tous les signes de la dou- leur et deTépuispment, malgré l'aiguillon et ie rotin, ils refusaient souvent d'avancer- L'eau des mares était non pas tiède, mais chaude : l'atmosphère semblait embrasée, tous les èlres sans force, et la nature lan- guissante et accablée. Au milieu du jour nous faisions halle, pour nous.remettre en route à trois heures. Sur tout notre par- cours il n'y avait pas une goutte d'eau po- table, même pour nos animaux qui souf- fraient de la soif plus encore que nous-mê- mes ; et pour cuire notre riz et -faire noire thé, nous n'avions d'autre ressource que celle des mares et des bourbiers impré- gnés de noix vomiques tombées des ar- bres environnants. Le lendemain, je trou- vai de nouveau un éléphant à louer ; mais ce fntledernier, et les quatre jours suivants je lis la plus grande partie du chemin à pied, l'autre; assis sur le coin d'une des charrettes, du reste, le manque d'eau et les tourbillons de fine poussière qui s'élèvent de la route sont les seuls inconvénients qu'aient à subir les voyageurs. Dans la sai- son sèche, le terrain, quoique sabloniifux, est dur et bien foulé, an milieu de la voie, par le fréquent passage des chariots et des élép'hanls ; le reste de la chaussée, large de vingt-cinq à trente mètres, est revêtu de gazon et même de hautes herbes, puis, à peu de distance, s'offre la forêt avec ses bouquets espacés d'arbies à huile, aux troncs élevés, au port droit et majestueux, et Couverts à leur sommet seulement d'un panache de larges feuilles d'un vert foncé. C'est comme une magnifique et immense avenue, et on pourrait croire que l'art y a mis la main. Les stations sont toutes situées à une distance à peu près égale, douze milles en- viron. A tontes, outre les anciens caraven- eérails servant à abriter les voyageurs et les hommes de corvée, qui sont changés tons les cinq jours, je trouvai d'autres nou- velles maisons beaucoup; plus vastes et plus belles, construites pour fe passage du roi ; de plus entre les stations, on rencontre sou- vent d'autres salles où l'on peut se reposer au milieu du jour, avantage et confort qui ne sont nullement à.dédaigner. Jusqu'à la distance de vingt-cinq milles, en parlant de Kampôt, j'aperçus sur ma droite une chaîne de moutagnes peu éle- vée, derniers contreforts de la chaîne qui sépare le bassin du graud lac Touli-Sap du golfe de Siain ? mais je ne rencontrai, sur tout le parcours de mon voyage de Kam- pôt à Udong, qu'un terrain sablouneux, sauf en un seul endroit, où je le trouvai rocail- leux, avec du minerai de fer. On ne voit qu'un seul petit village sur ce parcours, et la seulement quelques traces de culture ; partout ailleurs je n'aperçus aucun sentier ni aucune trace pouvant faire supposer que l'intérieur de la forêt fut habitée. Autour de la capitale seulement les champs de riz commencèrent à se montrer, ainsi que de petites maisonnettes entourées de jardins fruitiers, maisons de.campagne de l'aristo- cratie cambodgienne qui y vient chaque soir humer uu air plus pur que celui qu'on res- pire à la cour et à la ville. En arrivant aux portes de Udong, je me trouvai en face d'un large fossé, surmonté d'un parapet et entouré d'une palissade de trois mètres d'élévation. Je pensais entrer dans une ville de guerre fortifiée, et, com- me je savais mes compatriotes occupés eu ce moment à donner une leçon aux Cochin- chinois, je m'attendais à être reçu par un fonctionnaire la baïonnette croisée ; avec le terrible : On ne passe pas ! mais celui-ci ne se montrait pas, je donnai un coup de crosse de fusil à la porte et j'entrai. J'étais dans l'enceinte du palais du second roi, pa- lais précédé d'une sorte de cage tenant le milieu entre une guérite et un pigeonnier, ayant à chacune de ses quatre faces une lu- carne d'où Ton peut observer, en cas d'in- vasion, l'approche de l'ennemi, et donner le signal de la fuite avant son arrivée. J'arrivai au centre d'une grande place autour de laquelle se prolongent les rem- parts, fermés de deux portes dout l'une donne accès sur le marché ; la seconde conduit à la campagne. Dans l'intérieur de
  21. 21. 14 L EVEIL ECONOMIQUE cette enceinte, d'un côté se trouve le palais du second roi, de l'autre celui d'un plus jeune prince son frère, et une pagode avec son couvent, le tout recouvert eu chaume. J'espérais trouver là, comme à Kampôt, un « Hôtel du roi el des ambassadeurs » ; mais, ne voyant aucune enseigne, je me dirigeai vers un endroit où je voyais entrer et sortir beaucoup de moude. C était la salle de justice, où les juges tenaient audien- ce. J'envoyai Nion, mon domestique, eu « deputation >, demander à ces magistrats s'ils voulaient bien donner asile à un voya- geur. La répouse ne se fit pas attendre ; juges et plaideurs vinrent au-devant de moi et me conduisirent dans la salle de justice, où je commençai immédiatement mon ins- tallation sons les yeux de toute la foule ac- courue pour voir l'étranger et lui demander « ce qu'il vendait ». La nouvelle de mon arrivée parvint bien vite aux oreilles du roi, et deux pages me furent envoyés pour me demander si je n'irais pas de suite voir Sa Majesté. Mou bagage n'était pas encore arrivé ; j'objectai que je ne pouvais me rendre auprès du roi en costume de voyage. « Oh ! ceià ne fuit rien ; le roi n'a pas de costume du tout, et il sera euchanté de vous voir. » A peine mes chariots élaieut-ils arrivés qu'un cham- bellan en laugouti, suivi d'uue page, accou- rut pour me dire que le roi m'attendait. Je me rendis donc au palais. La cour qui le précède était défendue par une douzaine de canons veufs de leurs affûts jetés au hasard sur le sol, et dans la gueule desquels nichaient les moineaux. Plus loin, une nuée de vau- tours dévoraient les restes du repas du roi et des gens du palais. Je fus conduit dans la salle d'audience, qui communique avec les appartemeuts particuliers du roi ; elle est pavée de larges carreaux chinois, et les murs sont blauchis à la chaux. Une foule de pages, tous Siamois, beaux jeunes hommes de vingt-cinq à trente ans, vêtus uniformément d'uu langouli de soie rouge, se tenaient groupés et assis à l'orientale en attendant Sa Majesté. Quelques minutes après mon arrivée, le roi parut. Aussitôt tous les fronts se courbèrent jusqu'à terre. Je me levai, et Sa Majesté s'avança fort gracieusement près de moi, d'un air tout à la fois dégagé, dis- tingué et digne. « Sire, lui dis-je, j'ai eu l'honneur de voir S. M. le premier roi à Kampôt et d'en ob- tenir une lettre pour me rendre à Udong, Etes-vous Anglais ou Frauçais ? dit le prince eu m'examinaut attentivement. — Je suis Français, Sire. — Vous n'êtes pas marchand ; que venez- vous donc faire au Cambodge ? — J'y suis venu pour visiter votre pays et chasser. — C'est très bien. Vous avez été à Siam ; moi aussi j';ii été à Bangkok. Vous viendrez me voir encore Y — Toutes les fois que ma présence pour- ra être agréable à Votre Majesté. » Après quelques instauts de conversation, le roi me tendit la main, je le saluai et sor- tis. A peine étais-je rentre que plusieurs de ses officiers accournreut chez moi eu me disant : « Le roi est enchanté de vous ; il désire vous voir souvent. » Le jour suivant, je parcourus la ville, dont les maisons sont construites eu bam- bous et quelques-unes en planches ; le mar- ché tenu par des Chinois, est par sa saleté, l'égal de tous les autres dont j'ai déjà parlé. La plus longue rue, je pourrais dire l'uni- que, a près d un mille de longueur. Dans les environs habitent les cultivateurs et les gens de corvée, ainsi que les mandarins et autres employés du gouvernement. La po- pulation de cette ville est d'une douzaine de mille âmes à peu près. Le grand nombre de Cambodgiens de la banlieue, des provinces, et surtout des chefs qui s'y rendent pour le commerce et pour d'autres affaires, contribue à donner de l'animation à cette capitale. A chaque ius- lantje rencontrais des mandarins en litière ou eu filet, suivis d'uue foule d'esclaves por- tant chacun quelque chose : les uns le pa- rasol de couleur écarlate ou jaune, dont la dimension plus ou moins développée ludi- que le raug et la qualité du personnage ; d'autres la boîte d'arec, de bétel, etc. Je reucontrais souvent des cavaliers moutés sur de jolis petits chevaux vifs el légers, ri- chemeut caparaçonnés, couverts de grelots et allant admirablement l'amble, tandis qu'un troupeau d'esclaves, couverts de sueur et de poussière, s'efforçaient de les suivre com- me une meute d'animaux ? Ailleurs pas- saient de légères carrioles traiuées chucuue par dei'.x petits boeufs trottaut rapidement et non moins bruyamment. Quelques rares éléphants, s'jvauçatit majestueusement les oreilles et la trompe eu mouvement, s'arrê- taient devant de nombreuses processions se rendant aux pagodes au son d'uue musique bruyante, et plus loin des talapoius se sui- vaient à la file, quêtant leur pitauce, drapés daus leur manteau jaune et la saiute marmi- te sur le dos. Le troisième jour de mou arrivée à Udoug, la séance de la cour de justice a été bru- yamment ouverte à huit heures du matiu, et les cris des juges et des avocats reten- tissaient encore à ciuq heures saus avoir cessé un instant, lorsque tout à coup deux pages sortirent de la cour du palais en criant : « Le roi ! » La foudre serait tom- bée daus la salle qu'elle n'eût pas produit un effet pareil à ces mots ; ce fut à l'ins- tant uu sauve qui peut général. Juges, accu- sés et curieux s'enfuirent pêle-mêle, se ca- chaut dans tous les coins la face contre terre et comme pétrifiés. Je riais encore au souvenir de ces juges et de ces avocats eu laugouti», de ces Chinois à longues queues, fuyant, se poussant, se culbutant les uns les autres à l'approche de leur maître, lorsque le roi parut, a pied, sur le seuil de sa porte et suivi de ses pages. Sa Majesté me lit un petit sigue de la main comme pour me sa- luer, puis m'appela près d'elle. Aussitôt deux pages apportèrent des ehaises qu'ils placè- rent sur le gazou eu face l'une de l'autre. Sa Majesté m eu offrit une, et la conversation commença dans ce saloa improvisé, taudis que toute l'escorte, ainsi que les passants» demeuraient prosternes. Aussi loiu que la vie pouvait s'étendre, elle ue reucoutrait aucuu homme debout. « Comment trouvez vous ma ville ? dit le roi eu employam ce mot pour désigner son palais avec ses dépeudauces et les fortifica- tions. — Sire, elle est spleudide et offre uc as- pect que je n'avais vu uulle part ailleurs. — Tous ces palais et ces pagodes que vous voyez d'ici daus cette cour ont été construit.:» en uue seule anuée, depuis mou retour de Siam ; daus uue autre auuée, tout sera achevé, et il n'y aura plus alors que des briques. Jadis, le Cambodge s'étendait très loiu,' mais les Auaamites nous oit eulevé beaucoup de provinces. — Sire, le momeut est peut-être arrivé pour vous de les repreudre. Les Frauçais attaquent vos euuemisd'uu côte; attaquez - les de l'autre. » Sa Majesté ue répoutlit pas ; mais elle me tendu uu cigare eu me deimudaut mou âge. Je venais de me faire apporter uue jolie petite carabine Miuié que le» officiers du roi étaieut veuus examiuer daus la matiuée ; je la lui préseutai eu le priaut de bieu vou- loir l'accepter si elle lui plaisait. H me dit de la charger. Je levai la bascule et pous- sai uue carioucue daus le cauou. « C'est fait, Sire. — Coinmeutdonc? ce u'est pas possible; tire alors. » 11choisit lui-même pour but un poteau assez éloigné et m iudiqua l'eudroit où je devais frapper ; je tirai, et aussitôt Sa Ma- jesté et ses pages coururent s'assurer que le coup avait porté juste. « Quuud peusez-vous quitter Udoug 1 — Sire, mou désir est de partir apres-de- main pour Piululu et les proviuces d'au delà. — Si vous pouviez rester uu jour de plus, vous me feriez plaisir : demain, vous dîne- rez chez moi ; le jour suivaut, je vous con- duirai voir la ville du premier roi, et le soir je ferai jouer la comédie. » La comédie î peusai-je, cela doit être curieux ; et pour la comédie je restai. Après avoir remercié le monarque de ses boutés pour moi, nous nous séparâmes avec une poiguée de maiu. Evidemment, j'étais en grande faveur. Le leudemaiu matiu, des pa- ges vinrent in'offrir, de la part du roi, des chevaux pour mu promener ; mais ta cha-
  22. 22. L'EVEIL ECONOMIQUE 15 leur était accablante. Vers quatre heures, le roi m'envoya un cheval pour me rendre au palais. J'étais en habit, pantalon et gilet de toile d une blancheur éclatante ; un casque de liège, modèle Romain et recouvert de Mousseline blanche selon la méthode anglo- indoue(I), complétait ma singulière toilette. Jefus introduit parle chambellan dans un des appartements particuliers du roi. C'était un très joli salon, meublé à l'européenne. Sa Majesté m'attendait en fumaut uu bouri, assise à côté d'une table chargée de mets. Dès que j'entrai, elle se leva, me tendit la main en souriant, et me pria immédiatement de prendre place et de commencer mon re- pas. Je vis qu'il se proposait, selon l'usage du pays, de me faire honneur en assistant au repas sans y prendre part lui-même. Après m'a voir présenté, avec une aménité et uue grâce parfaites, son frère cadet, jeune prin- ce de quatorze à quinze ans, prosterné à côté de lui, le roi ajouta : « J'ai fait rôtir ce poulet et ce canard à la manière européenne ; vous me direz s ils sont à votre goût ». Eu effet, tout était excessivement bien préparé ; le poisson surtout était exquis. « Good brandy ! » me dit le roi eu an- glais, les seuls mots de celte langue qu'il connût, eu me montrant une bouteille de coguac « Prenez et buvez ». Ou me servit des gelées et des fruits con- fits exquis, des bananes du Cambodge et des mangues excellentes, puis le Ihe, que le roi prit avec moi en m'offiant uu cigare de Manille, Enfin, il plaça uue boite à musique sur la table el la fit j>>uer. Le premier air qui eu sortit me fit un plaisir d autant i>lus grand que je ne m'at- teudais pas à l'entendre dans le palais d un roi... régnant. C'était la Marseillaise. Le roi orit mon mouvement et mon sourire d'étonuement pour d>-l'admiration. « Couuaissez-vous cet air ? — Uu peu. Sire. » Puis viut uu autre, non moins bien con- nu, l'air des Girondins : H Mourir pour la patrie ! » etc. « Le connaissez-vous aussi ?» me dit-il. J'accompagnai l'air avec les paroles. « Et Votre Majesté, comment aime-t-elle cet air ? — Un peu moins que le premier ! Les souverains de l'Europe font-ils jouer sou- vent ces deux airs ? — Sire, ils les réservent, comme choses solennelles, pour les grandes circonstances seulement. » Mou Aunaraite était à côté de moi el remplissait les fonctions d'interprète avec un tact parfait qui plut au roi. Le jeune prince demanda la permission de se retirer. Il sa- lua son frère en se prosternant profondé- ment et en levant ses mains réunies au-des- sus de la tête. Le roi lui recommauda de ne pas manquer de revenir le lendemain matin, afin de nous accompagner au palais du pre- mier roi. Le prince passa alors dans la cour, où un page le mit à califourchon sur une de ses épaules et l'emporta dans son palais. Le (4) Coiffure excessivement légère, fraîche, commode et abritant bien du soleil le cou et la face. Je la recommande fort aux voyageurs dans ces pays. roi me fit alors admirer ses meubles d'Euro- pe : des tables d'acajou couvertes de vases en porcelaine, des Heurs sous cylindres et d'autres ornements d'un goût vulgaire. Il me fit surtout remarquer deux vieilles glaces en- tourées de cadres dorés, un divan et des choses semblables. « Je commence seulement, dit-il ; dans quelques aunées mon palais sera beau. » il me conduisit ensuite dans son jardin, où, parmi de rares et curieuses plantes, s'é- lève un rocher artificiel en miniature. Eu me ramenant au salon, il me lit passer devant toutes ses femmes (il y eu avait au moins cent), que la curiosité avait attirées hors du sérail. « Vous êtes le premier étranger qui soit jamais eutré ici, me dit-il ; au Cambodge comme à Siam, personne, sauf les gens de service ne peut pénétrer dans les apparte- ments particuliers du roi. » Je le remerciai de l'honneur qu'il daignait m accorder, et, eu prenant congé de lui, je le priai de me donner une lettre pour les chefs des provinces de son royaume et uu ou deux éléphants pour continuer mou voyage. Il me promit d'acquiescer à ma de- mande. Ce jeune souverain, qui porte le ti- tre de secoud roi, est l'héritier présomptif de la couronne. Son père n'a dû >ou trône qu'au roi de Siam, qui l'a retenu longtemps captif dans ses Etats, et qui, pour garant de sa fidélité, a toujours gardé un ou deux de ses fils en otage. C'est ainsi que ce jeune roi a passé plusieurs années à Bangkok. Sans doute ou lui apprit là l'art de régner, et on ue l'a laissé retourner dans sou royaume qu'après s'être assuré qu'on aurait en lui un tributaire soumis et obéissant. Sou jeune frère vint aussi me faire une visite, mais pendant la nuit, afin que ses pa- rents l'ignorassent, car il désirait avoir quel, que cadeau ; très enfant pour son âge, il ma- nifestait le désir d'avoir tout ce qui lui frap- pait la vue. Il est au reste doux, aimable, poli, et a l'air distingué. Le lendemain, à dix heures du matin, le roi me manda auprès de lui. Je le trouvai dans la salle de réception, assis sur sou di - vau et distribuant des ordres à ses pages pour régler l'ordre de marche qu'il voulait qu'on observât pour l'aller et le retour. Le roi monta daus uue jolie chaise à porteurs, magnifiquement peinte et sculptée, avec de beaux pommeaux d'ivoire. 11 s'y assit non- chalamment, uue jambe dessus, l'autre pen- dante, le coude appuyé sur des coussins de maroquin. 11avait la tète et les pieds nus, les cheveux coupés à la mode siamoise, et pour vètemeutuu superbe laugouti de soie jaune entouré d'une large ceinture de pa- reille étoffe, mais plus claire. Le cortège se mit en marche : quatre pages portaient le palanquiu sur leurs épaules ; un autre sou- tenait un immense parasol rouge dout le manche doré avait près de quatre mètres de long ; le prince cadet, portant le sabre du roi, marchait à côté de lui, et sur la mê- me ligue. J étais de I autre côté. Sa Majesté se tournait souvent de mon côté pour me faire remarquer les objets les plus frappants en traversant la rue, et pour lire aussi sur mon visage l'impression que me causait l'ef- fet que sa présence produisait sur le peuple. A l'approche du cortège, toute la popula- tion accourue pour le voir se prosternait, lin tète marchait trois licteurs, l'un devaut, les deux autres à quelques pas derrière, por- tant à deux mains des faist eaux de rotins, symboles de la puissance ; derrière le palan- quin suivaient deux à deux les chambellans et les pages, au nombre de plus de trente, tous enlangouti rouge et portant sur l'épau- le des piques, des sabres et des fusils dans des étuis. Nous arrivâmes ainsi à la porte de l'enceinte du palais du premier roi. Sa Majesté mit pied à terre, et, tout eu conservant le même ordre de marche, nous suivîmes une charmante avenue d'un demi- mille à peu près de largeur plantée de jeu- nes arbres et entourée d'une muraille de planches. De l'avenue, le terrain va eu déclinant, couvert de pelouses et de jardins, et bordé d'une ligue d'uue centaine de petits cottages aux murs d'argile et aux toits de chaume. « Toutes ces maisons sont habitées par les femmes de mon père : il n'y a pas un seul homme », me dit le jeune roi. Plus loin s'étend un large bassin entouré de verdure et répandant la fraîcheur et la gaieté dans cet enclos. Sur uu des côtés de ce petil lac, encadrés daus le feuillage de ses bords et réfléchis dans sa nappe d'eau, s'étendent les bâtiments royaux, les uns blanchis à la chaux, les autres construits en simples bambous. Nous traversons quelques chambres ou ateliers où de pauvres femmes annamites filent et tissent de la soie, puis nous passons devant le trésor et les magasins du roi, et nous arrivons daus une vaste salie construi- te à l'entresol et qui constitue ce que l'on nomme spécialement le palais. L'intérieur ue répond certes pas à (extérieur. Cette salle est encombrée, comme uu bazar, de bocaux, de vases de fleurs artificielles recouverts de globes, de coussins de toutes les couleurs et de toutes les dimensious ; sur les tables, sur les rayons, sur le plaucher,- on a entassé des boites, des cadres chinois, des pantoufles, et une foule d'objets et d'instruments d'Europe, de vieux divans, des glaces, des lavabos, etc. Après m'avoir fait de nouveau parcourir les jardins, le jeune roi qui devait passer la journée dans ce palais, me fit reconduire par un de ses chambellans. Peu après le coucher du soleil, le peuple accourut en foule pour assister au spectacle, qui devait commeucer à sept heures, au retour du roi. La multitude était si compac- te, qu'il n'y avait pas daus la cour un seul pouce de terrain inoccupé ; les murs mêmes étaient couverts de inonde. Sans doute qu'à ses réjouissances il est permis de déroger à l'usage général et que le peuple u'est pas tenu de se prosterner, car tout le monde, à l'intérieur comme à l'extérieur du palais, était assis à l'orientale. Ce spectacle était tout simplement unepasquiuade fantastique assez bien représentée et accompagnée d'une mu- sique plus bruyante qu'harmouieuse, mais qui parut satisfaire complètement la curio- sité publique. Eu somme, la mise eu scène et les auteurs étaient fort inférieurs à ce que j'avais vu en ce genre à Baugkok. (A suture)
  23. 23. -HJ L'EVEIL ECONOMIQUE CHRONIQUE DES MINES L'exploitation des sources salées t du Laos septentrional Comme dans le Yunnan voisin il exisie dans le haut-Laos des exploitations de sources sa- lées dont la production est à peu près suffi- sante pour satisfaire aux besoins de la consom-. mation locale. Les salines en exploitation sont situées dans la partie nord du royaume de Luang-Prahang, surtout dans le 5e territoire militaire fPnong- Saly , le long d'une faille Nord-Sud s'étendant de Muong-Hou Neua à Muong-La. Le sel ex- trait se trouve en solution dans des eaux sali- fères ; on ne connaît pas la position des cou- ches sédimentaires qui renferment le sel gem- me. Les localités d'où l'on retire le sel sont du Nord au Sud : 1 •) Région de Muong-Hou-Neua : Bo-Sao (1) et Bane-Bo-Tai. 2 ) Région de Muong-Hou-Tai : Bo-Dène et Bo-Kong. 3-) Région deMuong-Boune-Neua : Bo-0 et Bo-Mane. 4*) Région de Muong-Boune-Tai : Muong- Boune-Tai. ô) Région de Muong-La : Muong-Ngim et Muong-La. Bo-Sao. — Cette saline est située à 6 kilo- mètres à l'Est de Muong-Hou-Neua ; elle était exploitée déjà avant l'occupation française. L'eau salée est prise dans deux puits de 6 m. de profondeur ; on obtient la cristallisation du sel par l'évaporation du liquide placé dans des marmites groupées par quatre, chaque mar- mite correspondant à un stade du degré de concentration. La cuisson dure 5 jours. Le sel obtenu est gris-jaunâtre, il est surtout employé pour les salaisons. Le rendement annuel de Bo-Sao est d'en- viron 2H.000 briquettes d'un poids approxima- til de 1 kg. chacune. La manière de retirer le sel est sensiblement la même pour les autres salines dont nous al- lons parler : Bane-Bo-Tai. — Cette exploitation toute récente se fait dans le lit de la Nam-Hou en saison sèche 'octobreà avril). Elle produit 150 briquettes par mois d'un sel blanc et très fin. Bo-Dène. — Les sources de Bo-Dène sont exploitées par des Chinois ; cette exploitation la plus importante de la région produit annuel- lement 51.000 briquettes de sel. Bo-Kong. — La saline de Bo-Kong est à 14 kilomètres à l'Ouest de Muong-Hou-Tai. Elle est exploitée pendant les 1 mois de la saison sèche ; sa production annuelle est de 21.000 briquettes de sel blanc. L'exploitation de Bo-0 près de Boune-Neua n'a lieu qu'en saison sèche; son rendement mensuel est de 150 briquettes de 1 kg. 500 l'une. Les salines de Bo-Mane sont actuellement inexploitées. A Muong Boune-Tai les eaux mères passent sur un banc de sable sur lequel le sel se dé- pose Lorsque les Indigènes trouvent la quan- tité de cristaux suffisante, ils lavent le sable mélangé de sel et ils procèdent à la reconcen- tration par le procédé déjà décrit. Le sel obte- nu est blanc et très fin. Les salines de Muong-La donnent lieu à une faibl' production et celles de Muong-Ngim sont abandonnées. En résumé l'exploitation des sources salées du Laos septentrional donne environ 100.000 kgs. de sel gemme qui remplace le sel marin qui reviendrait trop cher dans la région. Le charbon au Nord de Hongay Nous avons parlé récemment des découver- tes faites par MM. Salmon et Pirali au nord de Nga-Hai ; les mômes prospecteurs viennent dé faire une nouvelle découverte encore plus in- téressante au point de vue géologique ; ils au- raient trouvé une couche de charbon dur de 2 mètres de puissance à 800 mètres à l'est du village de Dong Chay et à 1 kra.ôuO au nord du massif calcaire delà dent de Vu-Oai. Le soulèvement calcaire qui comprend la dent de Vu-Oai était considéré jusqu'à ce jour comme étant la limite nord du bassin houiller; la découverte du charbon à Dong-Cnay semble indiquer une notable extension de celui-ci vers le nord. La distance de l'affleurement reconnu à l'embouchure de la rivière de Nga-Hai (extré- mité nord-est du Port-Courbet) est de 5 kilo- mètres. A partir de ce point le transport par eau n'offre aucune difficulté. Procédé d'Extinction du Coke Le coke sortant incandescent des fours doit être éteint avant d'être manutentionné. Le procédé ancien d'extinction par jet d'eau froide présente de grands inconvénients : 1o La chaleur enlevée au coke par l'eau d'extinction est perdue ; 2o L'extinction subite fait éclater le coke, ce qui favorise la formation de poussières de moindre valeur, aux dépens de la quantité de gros coke ; 3o L'extinction du coke sur Ie6 aires de dé- tournement nécessite un travail coûteux et pénible ; si l'on emploie un extincteur, on est forcé de réparer fréquemment cet appareil compliqué. M Pierre Dibos signale, dans la Revue de métallurgie, de mars, le procédé Sulzer. pro- cédé qui'consiste à recueillir dans un récipient hermétiquement clos le coke ardent sortant du four et à le refroidir par un courant de gaz neutre. Le gaz chaud traverse ensuite le fais- ceau tubulaire d'une chaudière à laquelle il cède sa chaleur, puis il revient passer à travers le coke incandescent. Une installation de ce procédé, réalisée à l'usine à gaz de Zurich, est en service depuis la fin de 1919. Elle comporte une trémie de refroidissement de 10 mètres cubes de ca- pacité avec un système de réchauffeur. Un ventilateur reprend le gaz refroidi à la sortie des carneaux de la chaudière et le refoule à la partie inférieure de la trémie d'extinction au contact du coke le plus froid. Le coke incandes- cent recueilli dans un wagonnet, est élevé jusqu'à la partie supérieure de cette trémie dans laquelle il est déversé, après enlèvement d'une quantité correspondante de coke re- froidi, de sorte que l'appareil fonctionne tou- jours à niveau plein. Tout l'ensemble, extinc- teur et chaudière, est contenu dans une caisse en béton armé qui assure l'étanchéité et l'isolation. A la sortie des lubes de la chaudière, la température du gaz qui dépend de la tempéra- ture de la chaudière elle-même, reste fixe : elle est de 220° à Zurich. Celle du coke, à la sortie de l'extincteur, est en moyenne de 250 tandis qu'il y entre à 1.050. L'extinction d'une tonne de coke produit en moyenne 380 kilogr. de vapeur ù 6 kg. 5 de pression. Outre cette production de vapeur sous pres- sion, ce procédé procure aux cokeries les avantages suivants : Suppression de la vapeur produite par l'ex- tinction humide, qui gêne le personnel et dé- tériore les constructions ; Amélioration de la qualité du coke, qui est moins fendillé et plus résistant ; Economie de transport résultant de la sic- cité du coke ; Amélioration économique de la combustion, puisqu'il n'y a pas d'eau à vaporiser. (L'Echo des Mines et de la Métallurgie) (lf Bo en dialecte thaï lignifle mine.
  24. 24. L'EVEIL ECONOMIQUE 17 Crédit Foncier DE L'INDOCHINE Société anonyme au Capital de 6.000. Ooo de Francs Slè^e Social éfc Faris Agences à SAIGON et IMlPIIOXf. Augmentation de Capital De 6.000.000 à 25.000.000 de francs par u l'émission de 76.000 actious nouvelles de „ 250 francs. JJ PRIX D'EMISSION : 275 Frs. r Une tranche de 7.000.000 francs de l'aug- q mentatiou de capital soit 29.000 actious, « est réservée aux souscripteurs Indochinois. |) Les actions nouvelles sont émises jouis- F sance origiue de la Société. ti Le prix des actions souscrites es* paya- ble intégralement eu numéraire au moment t de la souscription. i Les souscripteurs qui n'auraient pu ob- t tenir la totalité des actions demandées se- ( ront remboursés à raison de 275 francs par titre non attribué. I Souscriptionouverteau15Septembreau15Octobreinclus ; On souscrit dans les Succursales et Agences de la Banque de l'Indochine . et à l'Agence Ue la , Société Financière française & Coloniale 27 et 29 rue Lcfèbvre à SAIGON Les insertions légales relatives à la pré- sente augmentation de Capital ont paru daus le N° 31 du Bulletin Administratif de Co~ chinchine du 23 Août 1923 et dans le N° 6» du Journal Officiel de l'Indochine Françai- se du 20 Août 1923. Objet de la Société lo — Prêter sur hypothèque aux propri- étaires d'immeubles tu bains ou ruraux en Indochine des sommes remboursables, soit en une on plusieurs fois, soit par ami u. tés ; 2o — Faire, soit pour elle-même, soit pour le compte de tiers directement on en participation, toutes opérations de crédit, gagées ou non, se rattachant directement on indirectement aux affaires immobilières; 3o — Faire elle-même toutes opérations immobilières, achat, vente, échange, loca- tion de terrains bâtis ou non bâtis, lotis- sement et, exploitation,mise en valeur.pour elle-même ou pour le compte de tiers, sous une forme quelconque, des terrains et im- meubles achetés, loués on gérés; La Société pourra réaliser son objet soit spécialement en Indochine, soit même dans . d'autres pays d'Asie. Elle pourra, en tous pays, s'intéresser par voie d'apport, participation, prêts, ou- verture de crédit, souscripiiou, fusion, al- liance, gestion, achat d'actions et d'obliga- tions on de toute autre manière, dans tou- tes Sociétés créées ou à créer ayant un ob- jet similaire au sien, ou créer et constituer de telles sociétés et passer tous contrats avec les intérêts dont il vient-d'être parlé. Et généralement s'intéresser à toutes opé- rations financières, commerciales ou indus- trielles, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directe:neut ou indirectement aux objets ci dessus spécifiés. Conseil d'A dministration MM. Ernest'ROOME, président Octave HOMBERG, vice-président le Colonel BERNARD, administrateur CATTIER id Léonard FONTAINE id GRAMMONT id Me de LANSALUT, id MM. LE BOEUF id Thion de la CHAUME id VIGNE id VILLE id Chez nos confrères La vie indochinoise Nos communications postales'acec le Tonkin Lorsque nous pourrons utiliser régnlière- lent l'aviou postal pour nos communica- ons avec les diverses parties de l'Union et lus spécialement avec le Tonkin, il restera eu à faire dans cet ordre d'idées. Malheur Busement, si nos aviateurs répètent d'ici uelques mois la splendide performance de Gédéon», ce ne sera qu'occasionnellement, our cette année du moins. Peut-ètra i'an irochaiu, la « Compagnie Aéronautique l'Extrême-Orient » dont nous avons à di- ersesreprises entretenu nos lecteurs, aura- -elle réalisé la ligne Saigon-Hanoï pour loste et voyageurs, mais il" est à craindre pie 1924 ne s'écoule entièrement avant que :ette entreprise ne soit régulièrement lancée. Dans ce laps de temps, des événements meuvent survenir qu'il faut prévoir et qui ipoorteraient uu arrêt presque totale, de nos relations postales avec le Tonkin, relations qui prennent tous les jours plus d'ampleur. Cette double constatation a conduit notre confrère tonkinois, l'Eveil Economique, auquel l'idée revient, à souligner le rapport circonstancié que rédigea sur la question, M. Lochard, directeur des Services Economiques. L'Opinion R. V. Centralisation a outrance Depuis plusieurs mois, la presse et la po- pulation saïgonnaises ne cessent de réclamer de la direction locale des Postes et Télé- graphes, l'annuaire 1923 du téléphone, an- nuaire qui a, depuis l'an dernier, subi de tel- les transformations qu'il est devenu difficile de l'utiliser sans se tromper presque à coup sur. A chacun et à tous il a été répondu que cet annuaire, préparé an début de Tannée, a été envoyé à la Direction des Postes de l'indocliiue à Hanoi poiir'examen et im- pression. Cette réponse peut, à bon droit, surpren- dre. N'avons nous pas en Cochinchine des imprimeries aussi bien outillées que celles du Tonkin ? Pourquoi cette chinoiserie ad- ministrative et ce besoin de soumettre à Ha- noï des listes d'abonnés au téléphone de Saigon qu'on eût aussi bien rédigé et corri« gé ici et beaucoup plus rapidement imprimé sur place ? L'Opinion V. P.. N.D.L.R. — En effet, c'est parfaite- ment stupide, n'impoiie quelle impri- merie peut imprimer un annuaire et nul n'est besoin pour cela des impri- meries du Tonkin. A ce propos nous regrettons de faire de la peine à notre confrère R. V. mais le fait est que la Cochinchine est 1res loin de posséder des imprimeries comparables à celles du Tonkin. R. V. devrait bien venir à la Foire de Hanoi, où nous aurions beau-

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