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 Interview d’un groupe de skateurs.
Pour enrichir notre étude qualitative, nous ...
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 Interview de deux personnes lors de la sortie roller.
Pour finir et compléter n...
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professionnelles. Un évènement éphémère d’une telle ampleur met l’accent sur la n...
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frappante de la pratique. Notre entretien entre véritablement dans ce cadre d’étu...
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Pour en revenir au cadre théorique que nous avons élaboré, celui-...
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VII. Bibliographie.
 Livres
Le skate : la fureur de faire - Michel FIZE, Marc TO...
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Les rassemblements éphémères induisent-ils une nouvelle dynamique sociale? Ex. sur l'agglomération Clermontoise

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Les rassemblements éphémères induisent-ils une nouvelle dynamique sociale? Ex. sur l'agglomération Clermontoise

  1. 1. Mémoire de sociologie du pratiquant | 1
  2. 2. Mémoire de sociologie du pratiquant | 2 Sommaire Introduction. ------------------------------------------------------------------ 3 I. Présentation du problème.--------------------------------------------- 4 1. Présentation de l’objet d’étude.------------------------------------------------------- 4 2. Etat des lieux.----------------------------------------------------------------------------- 5 3. Explication du choix du problème et de l’objet d’étude.------------------------- 6 4. Pistes de recherches et présentation de la problématique. --------------------- 6 II. Problématique et paradigme. ----------------------------------------- 7 1. Scénario ----------------------------------------------------------------------------------- 7 2. Choix du paradigme. -------------------------------------------------------------------- 7 3. Explication du choix en relation à notre problématique.------------------------ 9 III. Méthodologie de l’étude-------------------------------------------- 10 1. Recherche documentaire ------------------------------------------------------------ 10 2. Démarche pratique et observation ------------------------------------------------ 11 IV. Etude de terrain. ----------------------------------------------------- 12 1. Etude qualitative.---------------------------------------------------------------------- 13 2. Analyse des entretiens.--------------------------------------------------------------- 19 V. Synthèse.----------------------------------------------------------------- 22 VI. Conclusion. ------------------------------------------------------------ 23 VII. Bibliographie.--------------------------------------------------------- 24
  3. 3. Mémoire de sociologie du pratiquant | 3 Introduction. Le sport et les pratiques sportives, aussi différentes soient-elles, jouent un rôle sur la société. Il n’est pas négligeable de mettre en corrélation l’évolution des pratiques sportives avec les changements sociétaires. Assurément, le sport ne cesse d’évoluer, encore aujourd’hui. Cette évolution répond aux nouvelles attentes des profils des individus et de la société. La culture de notre société, n’a cessé d’évoluer et de connaître des changements sociaux importants. L’individu, ses interactions dans la société et son profil au sein de la société ont eux aussi évolué. La culture sociale de nos jours est centrée sur la rapidité de communication, sur l’inondation d’information via la technologie et les médias. Force est de constater que ces outils technologiques impliquent de nouvelles manières d’agir en société, de façonner ses conduites. L’étude du social est bouleversée. Le questionnement vis-à-vis de la culture, du social d’aujourd’hui se centralise sur l’individu, l’individu est au centre de toutes actions. Il n’est plus normé mais bien normatif. Dans tous les champs relationnels de la vie sociale, où les pratiques sont en train de changer profondément, les acteurs critiquent les sens culturels anciens, et donc affaiblissent en effet leur crédibilité, mais ils le font au nom d’un nouvel objectif, de nouveaux principes ultimes d’orientation et de signification, qui forment un nouveau modèle culturel. Guy Badoins, dans son document affirme que : « c’est la culture en voie de devenir dominante qui impose à chaque individu de s’auto réaliser comme personne singulière, de faire des choix, de vivre sa vie avec plaisir et passion et d’éviter soigneusement de courir trop de risques. Autrement dit : « Sois toi-même, sois libre, jouis de la vie, prends garde à toi… ou crève » ! ». Il est intéressant d’étudier l’impact que ce changement socio-culturel a eu sur les pratiques sportives individuelles et collectives. Force est de constater que le sport joue un rôle important vis-à-vis des interactions sociales, des relations sociales. Il est créateur de lien, facteur de communication. Or, le rapport au sport, aux activités sportives n’est plus le même et a évolué selon la culture et les changements sociaux.
  4. 4. Mémoire de sociologie du pratiquant | 4 I. Présentation du problème. 1. Présentation de l’objet d’étude. Avant toutes choses, il convient de vous présenter notre groupe de recherche qui va travailler sur cette étude. Il est constitué de LAVRAT Mickaël, AUGER Guillaume et HERDALOT Tristan. Nous sommes tous les trois étudiants à l’UFR STAPS et nous nous sommes liés pour travailler sur cette étude pour des raisons à la fois pratique et à la fois pour des raisons d’affinité. La recherche du sujet en tant que tel ne fut pas un travail simple et rapide. Effectivement, trouver un sujet qui nous intéresse tous les trois, qui soit réalisable, avec une proximité évidente et où il y ait matière à discuter, ne se fit qu’après une longue et minutieuse période de réflexion. Après avoir réfléchit à divers sujets, nos discussions et nos recherches nous ont mené à la problématique suivante : Les rassemblements et les pratiques éphémères induisent-ils une nouvelle manière de penser les interactions sociales sur l’agglomération Clermontoise ? Tout d’abord, il convient de définir les événements éphémères. Ils font parties d’un mouvement social, d’un nouveau type de recherche de plaisir. A travers ces pratiques l’individu est à la recherche d’effervescence, d’ivresse et cela en toute liberté. L’évènement éphémère donne une grande place à l’émotionnel, à la sortie de soi. En bref, ces rassemblements et pratiques se déroulent dans un espace et un temps indécis, souvent rapide, permettant de grouper plusieurs individus à la recherche de nouvelles émotions et interactions. Étant donné que l’éphémère renvoi à l’exceptionnel et à la liberté, la dynamique sociale est bouleversée. L’individu fait face à de nombreuses influences qui changent ces habitudes. A travers cette problématique, nous voulons mettre en avant les tendances sociales des clermontois. Il s’agit d’étudier comment ils interagissent au sein des pratiques sportives, ici momentanées, pour comprendre leurs motivations et leurs objectifs. Par rassemblement sportifs éphémères nous entendons des pratiques comme les sorties roller, flash-mob (Zumba), ainsi que des rassemblements festifs tels que la retransmission d’un match dans un bar ou encore des rassemblements urbains de sportifs comme les skateurs se rassemblant à divers endroits. Ce genre de rassemblement nous fait réfléchir sur l’ensemble des interactions entre les individus. L’essor de ces pratiques qui ne recherchent que cette idée de jouissance rapide avec très peu de contraintes est sans appel. Effectivement, les médias et tous les outils de communications d’aujourd’hui, nous présentent et nous montrent divers rassemblements. Sur la toile par exemple, chaque jour ou presque, nous pouvons voir de nombreux flash mob, ces rassemblements d’individus qui dansent sur le rythme d’une musique tendance. De plus, l’essor de différentes activités comme la zumba met aussi en avant le fait que ces
  5. 5. Mémoire de sociologie du pratiquant | 5 rassemblements éphémères sont présents partout, dans le sport certes mais aussi dans d’autres activités sociétaires. 2. Etat des lieux. Avant de déterminer concrètement les étapes de notre recherche, de se lancer dans le travail empirique et de soumettre une certaine hypothèse afin d’émettre des réflexions sur la problématique posée, il convient de faire un état des lieux. Nous nous appuierons sur cet état des lieux afin de faire un diagnostic de la situation permettant de comprendre l’histoire, les personnes concernées, les caractéristiques du phénomène et les indicateurs relevant de ce phénomène. Nous allons donc vous présenter ici les tendances se rapportant à notre problématique. Effectivement, les rassemblements éphémères se distinguent et sont clairement mis en avant au sein de l’époque post-moderne. Au-delà d’une certaine rationalisation, d’une culture du devoir, de la morale et de l’effort, l’époque post-moderne apporte un nouvel art de vivre aux individus sociétaires. Et c’est à travers cette époque que les rassemblements éphémères émergent. A posteriori, les caractéristiques de ces pratiques et de ces rassemblements de l’ordre du momentanés correspondent pleinement aux caractéristiques de l’époque post-moderne. L’époque post-moderne voit émerger une société de consommation. Divers éléments comme l’urbanisation croissante des années 60, l’augmentation des temps libre ou encore l’émergence de nouveaux mouvements sociaux contestataires, ont eu pour effet de diminuer les engagements collectifs en laissant place à des engagements plus personnels. On se dirige alors vers une société basée sur l’individu, vers une société augmentant la production de différences ainsi que l’éclatement social. Néanmoins, le développement des couches moyennes, de la culture américaine et de la culture jeune emmène la France dans ce système de l’excès. Nietzsche affirme que « L’homme a besoin d’excès pour vivre ». Cet excès se distingue avec l’arrivée de la société du spectacle, du service et de la communication où l’apparence joue un rôle fondamentale dans l’identité. Cette culture de la postmodernité est pensée sur le modèle du « Tout est possible pour augmenter sa jouissance ». On distingue deux logiques différentes : Une hyper-modernité avec toujours plus d’attention portée à soi et une société qui renforce le besoin de s’inscrire dans l’effervescence où l’individu a besoin de se perdre dans une identité flottante, la fusion dans des communautés festives. Cette époque se traduit aussi par l’attachement et le détachement des individus en toute facilité. Néanmoins, nous voulons rester neutre sur cette idée de postmodernité afin de réfléchir à de nouvelles pistes de recherches et de discuter autour d’une éventuelle évolution. La postmodernité reste le point de départ de nos recherches et de notre problématique mais nous ne nous focaliseront pas seulement sur elle.
  6. 6. Mémoire de sociologie du pratiquant | 6 3. Explication du choix du problème et de l’objet d’étude. Le choix de notre sujet d’étude s’est réalisé pour diverses raisons. Tout d’abord, nos expériences personnelles de chacun, nos lectures sociologiques effectuées lors de notre cursus scolaires et le développement des pratiques éphémères, ces trois éléments ont fait émerger la problématique en question. Chacun de nous était curieux de comprendre la dynamique sociale mise en jeu lors de tels rassemblements, d’étudier plus profondément les comportements et les actions des êtres humain dans la vie sociale. Le sujet choisi est donc en étroite relation avec nos intérêts, nos influences, notre curiosité et nos connaissances. De surcroît, cela va permettre à chacun de dépasser les préjugés et les aprioris en adoptant un point de vue différent sur ces rassemblements et en sortant de notre cadre de confort habituel. Comme annoncé précédemment, notre étude a pour objet la mise en avant d’une nouvelle dynamique social. Il s’agit pour nous de démontrer un changement, une évolution dans le domaine des interactions sociales. Le social change en corrélation avec le changement sportif. De ce fait les individus changeront leurs objectifs, leurs attentes, leurs motivations et leurs besoins ne seront plus les mêmes. L’individu dans la société se réalise différemment en fonction de plusieurs facteurs. Notre étude convient alors de réfléchir et de comprendre les interactions et les comportements des individus. L’objet de cette étude consiste donc à montrer comment les individus participants à ces nouvelles pratiques éphémères mettent en place des relations sociales. Mais surtout, il convient d’étudier comment la dynamique sociale sportive évolue au sein d’un groupe, de définir les nouveaux objectifs, les nouvelles attentes des individus, que ce soit dans le domaine du sport, de l’émotionnel ou encore de l’affectif. 4. Pistes de recherches et présentation de la problématique. L’objectif principal de notre étude est donc de comprendre le comportement des acteurs, il s’agit de comprendre comment et pourquoi ces rassemblements éphémères, momentanés rassemblent un grand nombre d’être humain. Pour répondre à notre problématique et donc à notre sujet de recherche, il convient de se poser un bon nombre de questions à part entière ainsi que de s’interroger sur différents éléments.  Que mettent en jeu les acteurs et les individus présents lors de rassemblements éphémères ?  Distingue-t-on un profil particulier d’individu ?  Ces évènements et ces pratiques du domaine de l’éphémère rassemblent-ils des êtres humains d’une culture distincte ?  Quelle est l’ingénierie mise en place pour la réalisation et la création de ces évènements ?  Quelles sont les tendances ?  Comment les individus font émerger du lien social à travers ces rassemblements ?
  7. 7. Mémoire de sociologie du pratiquant | 7  Pourquoi la société actuelle voit ces pratiques croître ? La problématique permet de donner une orientation scientifique à notre sujet. Elle fait le lien entre la question de départ, l’hypothèse et la cadre théorique à choisir. La problématique se distingue comme la perspective théorique que nous décidons d’adopter pour traiter et étudier le problème posé par la question de départ. II. Problématique et paradigme. 1. Scénario Cette partie du mémoire sera consacrée au cadre théorique par lequel nous engageons notre recherche dans le domaine scientifique. C’est une manière d’interroger notre sujet en orientant notre réflexion grâce à divers paradigmes. Premièrement, nous partons du constat que la société est en mouvance perpétuelle, les actions et les comportements des individus changent, ainsi que les attentes et les motivations des êtres humains. Nous voulons comprendre la dynamique sociale et les actions qu’elle engendre à travers les rassemblements et les pratiques éphémères. Nous allons chercher et étudier ces phénomènes sur leurs petits détails, nous ferons attention aux significations et à la compréhension des actions. Nous nous intéressons aux actions non logiques. Pour mener à bien notre recherche et compte tenu des caractéristiques de notre problématique, nous avons choisi réfléchir, d’étudier et de traiter ce problème à l’aide du paradigme du sensible, du quotidien et de l’imaginaire. Voilà pourquoi nous mettrons en exergue tout ce qui se rapporte à l’ivresse, à l’effervescence, à la fête, au dépassement de soi, à la jouissance et au ludisme. CORNELOUP s’appuie sur le sociologue Michel MAFFESOLI et affirme que ce paradigme « montre le rôle joué par l’apparence, le style, les formes, les jeux du corps, la séduction, l’image comme ciment social autour duquel émergent le lien social et la sociabilité. » En nous basant sur ce paradigme, nous voulons mettre en évidence les actions des individus pour comprendre si une nouvelle dynamique sociale et de nouvelles interactions sociales sont proposées lors de tels rassemblements de l’ordre de l’éphémère. 2. Choix du paradigme. Dans cette partie nous allons définir chaque mot important du paradigme du quotidien, du sensible et de l’imaginaire afin de vous présenter pour quelles raisons nous avons choisi ce paradigme pour réaliser notre étude. La première caractéristique d’un paradigme est de fournir une vision du monde, ou, dans le cadre qui nous occupe, une vision de l’humain. Dans un premier temps, nous allons expliquer et étudier le paradigme en s’attachant principalement au quotidien. De nombreux sociologues utilisent le terme de « quotidien » pour aborder des thèmes tels que l’organisation, l’apprentissage, la politique voir la violence.
  8. 8. Mémoire de sociologie du pratiquant | 8 Erving GOFFMAN parle de « mise en scène de la vie quotidienne » en soumettant l’épreuve de l’explicitation méthodique du sens commun. La vie est un théâtre. Paul FOULQUIE quant à lui se contente d’écrire que le quotidien est « ce qui a lieu tous les jours, et par la suite, donne une impression de banalité et de monotonie ». Les choses comme les institutions, les objets ou la nature offraient aux sens des hommes une forme accessible et reconnaissable. Les gens, individuellement ou en groupe, accomplissaient des fonctions qu’elles soient physiologiques ou sociales. Les structures naturelles ou élaborées par l’homme permettaient l’accomplissement de ces fonctions. Le quotidien est donc le plus général et le plus singulier, le plus évident et le mieux caché. L’analyse du quotidien est un thème fondamental dans l’observation et la compréhension du processus de l’évolution perpétuelle au sein des interactions sociales. Assurément, il convient de distinguer le quotidien du sensible et de l’imaginaire. Le quotidien tend à comprendre les comportements des individus en rapport à leur quotidien. Et leur quotidien ici correspond à leurs actions habituelles et parfois routinières. Néanmoins, la forme déroutinisante apparaît seulement lorsque le sensible et l’imaginaire de l’individu interagissent. Dans un second temps, nous allons vous porter à voir et vous expliquer ce qu’est le paradigme du quotidien, du sensible et de l’imaginaire en s’appuyant sur le terme « sensible ». Le concept de « Sensible » pointe donc autant la qualité des vécus éprouvés par la personne que la qualité du rapport que la personne entretient avec elle-même et avec son expérience. Un rapport qui devient aussi la source de compréhensions nouvelles, d’une nouvelle nature de connaissance. L’être humain ne peut être pensé que comme « relation » sensible, c’est-à-dite tout le contraire d’une « substance ». Ce n’est pas une substance qui se suffit à lui-même, c’est une relation, l’Homme ne peut pas être séparé du monde. C’est une interface (sensorielle) entre le vivant et le monde. Michel RECOPE dans ses cours sur le Rapport du sujet au monde affirme que la sensibilité est une notion relationnelle c’est-à-dire que tout organisme vivant est contraint à des relations avec l’extérieur, qui conditionnent sa viabilité. Les processus de la sensibilité permettent de fournir à l’organisme des indications sur les aspects du milieu qui sont importants pour sa viabilité, de détecter leurs changements et d’y répondre, pour échapper aux circonstances défavorables ou pour migrer vers des zones plus favorables. Tous les êtres vivants se sont construits par rapport à différentes relations. La sensibilité c’est donc tous ce qui peut relier l’individu et son monde. Nous pouvons alors résumer le terme de sensible en expliquant que la sensibilité détermine, in fine, ce qui est d’emblée pertinent, ce par quoi et comment on est affecté. Nous pouvons alors, après ces différentes explications, mettre en exergue le fait que ce terme de « sensible » renvois et se rapproche du courant du « Vitalisme ». Dans le cadre de notre étude sur les mouvements éphémères, le sensible se dévoile sous la forme de la vue. En effet, la société actuelle met en place une sorte de campagne de sensibilité, afin de pouvoir attirer l’œil de l’individu. Pour finir sur l’explication du paradigme choisi, nous allons tenter d’expliquer le terme de l’imaginaire. Pour l’imaginaire social, chaque groupe humain construit un imaginaire qui lui est propre. Pour CASTORIADIS, l'imaginaire peut être moteur comme il peut être source
  9. 9. Mémoire de sociologie du pratiquant | 9 d'illusions. Sur le plan individuel, l'imaginaire témoigne de la subjectivité de la personne. Les images qui traversent l'esprit sont présentes avant même que l'on tente de les inscrire dans la normativité symbolique du langage. Elles appartiennent à la singularité de l'histoire personnelle. Pour conclure, nous pouvons affirmer que ce paradigme permet de comprendre en détails comment la dynamique sociale se met en place. Il met aussi en avant le rôle du sensible c'est- à-dire que ce paradigme affirme que l’individu est sous l’influence de plusieurs choses telles que l’émotion, l’esthétique, l’apparence. Le rôle de l’imaginaire est d’embarquer l’individu dans un autre monde, un monde qui sort de sa routine. Ensuite le quotidien a pour rôle de faire en sorte que l’individu est ritualisé sur son monde professionnel, et qu’il faut qu’il arrive à sortir de la monotonie habituelle. Ici, l’individu n’est plus normé mais normatif, en effet il agit sur son propre monde, il n’est plus simple figurant dans le film de la vie mais bien acteur principal qui peut se permettre de changer les règles. Ces règles vont se construire en fonction du quotidien, du sensible et de l’imaginaire de l’individu. Le but premier de l’individu, au sein de ce paradigme, est d’être en phase avec le monde, de développer un rapport nouveau entre son corps, son identité et le monde extérieur, mais surtout de jouir du présent, d’être en phase avec le monde. 3. Explication du choix en relation à notre problématique. Le quotidien, le sensible, et l’imaginaire sont des approches totalement différentes. En revanche, pour expliquer le problème et la question sur laquelle nos recherches vont porter, il convient de positionner notre étude sur le paradigme du sensible, du quotidien et de l’imaginaire. Effectivement, il nous a semblé élémentaire de choisir ce cadre théorique expliqué précédemment compte tenu de notre sujet d’étude. Afin de faire émerger et de comprendre la dynamique et les interactions sociales présentes lors des rassemblements et des évènements éphémères, l’étude de la sensibilité, du quotidien et de l’imaginaire des individus est indispensable. Ce paradigme permet donc de s’intéresser à la vie sociale, aux petites habitudes du quotidien. Il évoque la façon dont se construisent les échanges avec les autres personnes. La vie sociale est un spectacle, de l’esthétisme. Tous ces éléments nous permettent de comprendre dans les moindres détails les actions et les comportements des individus.
  10. 10. Mémoire de sociologie du pratiquant | 10 III. Méthodologie de l’étude 1. Recherche documentaire Nous avons établi nos recherches sur les différentes pratiques sportives éphémères dans l’idée de connaitre l’ensemble des phénomènes sportifs se référant à cette idée de momentanée. Nous avons commencé par faire nos recherches dans certains magasines, sur des sites web associatifs pour savoir comment étaient présentez ces événements. Participants à ces lieux de loisirs et de rencontre, nous étions curieux de s’intéresser aux éléments de ces sites web et forums où certains partagent liens et vidéos pour faire connaitre leurs événements. Ces pratiques éphémères existent depuis quelques décennies grâce aux nouveaux moyens de communication et c’est pour cela qu’ils tendent à se faire de plus en plus nombreux avec toujours plus de pratiquants. La rapidité de mise en place et de diffusion de l’information est un des atouts majeurs des rassemblements éphémères, qui ne dure qu’un certain temps et rassemblent un maximum de personnes. La suite de nos recherches nous a menés à différents sociologues, comme BOURDIEU, LEFEBVRE, MAFESOLLI, FIZE et bien d’autres. Les différents ouvrages ont certains passages, quelques chapitres ou encore des paradigmes intéressants pour notre objet d’étude. Ils explicitent que les réunions d’individus dans le cadre non professionnel mais du loisir, sont en fait des diffusions de connaissances et de partages. Les phénomènes sont des affirmations d’identités culturelles et de transformations sociales. Et que pour Pierre TAP, dans son ouvrage : « Identités collectives et changements sociaux », les dissociations spatiales n’excluent pas le métissage des rencontres, mais l’importance du système urbain dans ces unités spatiales entre travail et loisir. C’est un élément important pour comprendre les fréquentations dans les interactions sociales. « L’identité collective au niveau du quartier est bien entamée » explique-t-il, l’individu consomme et se déplace sans arrêt et c’est pourquoi il n’hésite pas à changer de lieux et pratiquer des activités éphémères. Dans le paradigme du sensible, du quotidien et de l’imaginaire, l’individu connait l’instant dionysiaque, on retrouve cette explication dans la sociologie de Michel MAFFESOLI et à travers son ouvrage « L’ombre de Dionysos ». Il est écrit dans « Les théories sociologiques de la pratique sportive » de CORNELOUP que l’ « on se branche et on se débranche aujourd’hui très facilement en fonction des sentiments et des émotions partagées », ceci exprime l’importance que porte l’individu à s’inscrire dans des pratiques éphémères puisqu‘il n’est plus obligé de s’investir considérablement dans l’événement. Ensuite, le socio logue LEFEBVRE est lui aussi important dans la compréhension de la problématique. Ces études ont beaucoup porté sur l’urbanisation et le spatial. Il apporte à cette étude la compréhension du choix des lieux d’interactions social. Il fût interviewé en 1972 sur la critique de l’aire urbaine. Il parle d’une disposition pour pouvoir rassembler les éléments de la vie sociale. D’aménager un territoire, et accueillir des événements diverses. « Il ne faut pas privatiser les sols à une seule possibilité de pratique » disait-il dans son entretien. Il n’existe
  11. 11. Mémoire de sociologie du pratiquant | 11 pas pour ces événements éphémères un endroit de prédilection. De surcroît, afin de construire correctement nos entretiens et nos interviews, surtout ceux en lien avec la pratique du skate, nous avons étudié des ouvrages de Michel FIZE qui a beaucoup étudié le phénomène des skateurs en zone urbaine en montrant que les skate-parcs n’avaient pas forcément que des avantages. Toutes nos recherches à la fois bibliographiques, audiovisuelles et webographiques, se sont toutes situées autour de cette postmodernité marquante dans les rassemblements éphémères. Après plusieurs lectures générales nous permettant de cerner le sujet, nous avons basé nos lectures et nos recherches sur ce côté de l’effervescence, de la jouissance du corps et de l’esprit en s’ouvrant aussi sur un changement de valeurs et de normes de notre société. Effectivement, les cours théoriques en Sociologie du Loisir au sein de notre cursus universitaire nous ont aussi apporté des connaissances sur le terme de « Transmodernité ». C’est principalement pour construire une explication rigoureuse du choix du paradigme lié à notre étude que nous avons réalisé différente fiche de lecture afin de cerner véritablement et dans les moindres détails le paradigme du quotidien, du sensible et de l’imaginaire. 2. Démarche pratique et observation Nous avons avant tout effectué un travail de terrain conséquent, nous sommes allés à la rencontre d’individus lors de rassemblements éphémères. En premier lieu, nous avons participé à une sortie Universitaire à Clermont-Ferrand avec des personnes étant inscrites à l’université Blaise Pascal. Le rassemblement permettait de pratiquer du roller principalement, le longskate, et le vélo. Puisque les pratiquants étaient en globalité des étudiants, il a été facile de discuter et de s’intégrer dans des groupes tout au long de la sortie « Nocturne ». Nous étions arrivés en avance pour voir comment s’organisait l’événement et puis faire de brèves interviews pour répondre à une enquête qualitative. Le lieu de rencontre étant très important, il a fallu rassembler toutes ces personnes pour les amenés à comprendre le but de la sortie avant de partir. Véhiculé lors du trajet dans la ville par des motards, nous étions obligés de rester dans un mouvement de masse. L’écoute, le regard et l’attention envers tous les pratiquants semblaient être la clé d’une certaine sécurité mais aussi celle d’une « communauté ». Puisque dans l’ensemble du groupe, les individus interagissent entre eux pour mieux se reconnaitre, se distinguer les uns aux autres et que chacun se sente à sa place, en pratiquant librement dans les rues, dans la joie et la convivialité. Dans un autre temps, nous avons été voir un match de football retransmit à la télévision. Le lieu de prédilection était donc dans un bar dans le centre-ville de Clermont-Ferrand. Nous étions assis à une table à la proximité du comptoir, nous avons écouté des discussions et observé dans les moindres détails les comportements des individus présents ce soir-là. Dans une démarche pratique, nous avons même pris part à certains de ces dialogues. De ce fait, nous sommes allés à la rencontre de quatre de ces individus afin de réaliser un entretien et d’approfondir nos observations. Certaines personnes, principalement du genre masculin, se retrouvent entre amis et forment différents groupes principalement entre 20 et 50 ans. Il était
  12. 12. Mémoire de sociologie du pratiquant | 12 donc possible d’avoir des avis qui diffèrent selon les groupes, l’âge, le sexe, s’ils supportent une équipe en particulier et d’autres critères… La consommation était quant à elle entre toutes les mains. Ils s’en servent de manière à tendre vers une interaction sociale plus importante, se sentir vivant, de pouvoir profiter, et de pouvoir se mettre dans l’ambiance festive du lieu de convivialité. Pour finir, étant au cœur de la mode et du style vestimentaire urbain voir même « street » qui revient de plus en plus à la mode ces deux dernières années, il nous semblait évident de réaliser une étude sur un rassemblement de skateurs. Effectivement, toutes les caractéristiques répondait à celles d’un rassemblement éphémère, nous avons observé durant un après-midi entier un groupe de skateurs se regroupant sur un lieu urbain non-aménagé pour la pratique. Ces observations nous ont permis de comprendre et de cerner les comportements, les actions et le social présent au sein du groupe en question. Nous avons aussi récolté de l’information en interviewant et en discutant avec ces skateurs. Toutes ces observations sont la clé de notre étude. Elles nous permettent de comprendre les petites choses, les liens faibles, les tendances, les sensibilités des acteurs ainsi que la dynamique et l’imaginaire du social. Assurément, CORNELOUP dans son ouvrage explique que pour étudier un phénomène en utilisant le paradigme du sensible, du quotidien et de l’imaginaire, il faut « s’immerger dans l’action et se fondre dans le quotidien des pratiques pour saisir la construction pratique du social. ». IV. Etude de terrain. Un travail empirique est la base de toute étude sociologique. Assurément, il convient de fournir divers enquêtes et entretiens afin de cerner les relations, les profils ou les actions des individus. En ce qui concerne notre sujet d’étude sur les rassemblements éphémères, nous avons choisi de réaliser une étude qualitative que nous mènerons grâce à différents entretiens et différentes interviews. Nous vous avons expliqué précédemment que pour mener à bien notre étude, nous nous sommes appuyés sur le paradigme du sensible, du quotidien et de l’imaginaire. Donc dans le travail de terrain mis en place, nous n’utiliserons pas d’enquête quantitative avec des questionnaires parce que pour arriver à comprendre et cerner dans les moindres détails, le quotidien, l’imaginaire et tout ce qui passe par le sensible des individus sociétaires, il faut utiliser des questions ouvertes mais surtout il est nécessaire de confronter les paroles avec les actions des individus. Nous avons alors choisi d’utiliser simplement des études et des entretiens qualitatifs pour connaître la pensée des personnes interrogées. Nous voulons récolter des informations et non pas des données. Notre étude qualitative sera alors basé sur des entretiens différents réalisé lors de rassemblements éphémères tels que la retransmission d’un match de football dans un bar, le rassemblement urbain de skateurs ou encore la sortie roller organisé à Clermont-Ferrand. Au niveau de choix du public, il ne s’est pas réalisé en interne. En effet, une fois les observations tirées des rassemblements étudiés, nous avons choisis d’interroger, des personnes qui répondaient à la fois à nos attentes et à ce de notre étude.
  13. 13. Mémoire de sociologie du pratiquant | 13 1. Etude qualitative.  4 hommes regardant un match de football dans un bar. Le premier entretien se déroule dans un bar, « Le Still » à Clermont-Ferrand. Renommé pour ses ambiances festives lors de la retransmission des matchs, nous avons décidé d’aller interviewer un groupe d’individus présent lors de la rencontre de football entre le Réal Madrid et le FC Barcelone. Une fois sur place, après avoir observé les différents groupes d’amis présents, nous avons alors choisi d’interviewer 4 hommes. Pour cet entretien, Marc était le porte-parole de ses 4 amis. Question 1 : Pour quelles raisons vous êtes-vous regroupés ici ce soir ? « Nous sommes venus dans ce bar pour regarder un match de foot entre amis mais aussi pour boire un verre. C’est aussi l’occasion de nous retrouver hors travail ou hors étude. » Question 2 : Venez dans un bar pour chaque retransmission ? « Non pas forcément. En fait, ça dépend du match. Aujourd’hui c’est gros match, un Real Madrid contre le Fc Barcelone. On vient aussi regarder les matchs ici quand par exemple c’est l’équipe de France qui joue ou encore pour une finale quelconque. En gros, quand il y a de l’enjeu. Mais pour les matchs du type championnat français où il n’y a pas forcément d’enjeu, on a plus tendance à rester chez nous voir même de ne pas regarder le match. » Question 3 : Pourquoi préférez-vous venir au bar pour ce type de match plutôt que de vous retrouver chez l’un d’entre vous ? « C’est l’ambiance des matchs à enjeux qui nous font venir ici. Quand tu es dans un bar, tu peux te permettre d’exprimer tes sentiments, c’est un moment de partage avec les autres supporters. L’ambiance autour du foot est vraiment prenante, tu joues le jeu à fond. Mais aussi regarder un bon match de foot avec une bonne bière à la main, c’est bien mieux que de le regarder affalé dans le canapé. En gros c’est l’ambiance qui change tout. Par exemple pour des matchs de l’équipe comme dernièrement celui de la qualification pour la coupe du monde, ces matchs font vibrer, font chanter et parfois pleurer l’ensemble du bar. C’est énorme. » Question 4 : Le football est-elle la seule activité regroupant tant de personnes dans un même lieu par rapport à vos propres expériences? « Ici à Clermont Ferrand, le rugby attire aussi beaucoup de personnes dans les bars. Mais je pense que c’est par rapport à la région et au sport de prédilection. Mais on ne peut pas nier que le football est bien le sport qui est le plus retransmis et regardé dans les bars. Mais ça dépend aussi de l’enjeu. Par exemple une finale de coupe du monde de Hand où l’équipe française est finaliste regroupe aussi beaucoup de personnes dans le même bar. Le taux d’occupation des bars pour un autre sport que le foot et le rugby dépend de l’enjeu du match. » Question 5 : Dans votre groupe de 4 amis, êtes-vous tous des joueurs de football ? « Non, on est simplement que deux pratiquants. Après il y en a un qui aime le foot mais qui ne le pratique pas et un autre qui ne s’intéresse pas du tout à la pratique. »
  14. 14. Mémoire de sociologie du pratiquant | 14 Question 6 : Notre question se dirige vers vous qui ne vous intéressez pas au football. Pourquoi alors venez-vous dans ce bar pour la retransmission de ce match ? « Il est vrai que je me fiche totalement du foot mais j’aime bien venir avec mes amis pour des matchs soit disant importants. Ce qui me fait venir c’est l’ambiance festive. J’aime bien me retrouver avec une bière autour d’une table. Je dois avouer aussi que j’aime voir la tête dépitée de mes amis lorsque leur équipe perd le match. Les réactions des « footix » sont assez marrantes. » Question 7 : Question pour vous 4. Quels types de personnes se retrouvent dans les bars pour la retransmission de tels évènements sportifs ? « En fait ça dépend du type de match, de l’enjeu qu’il a. Par exemple pour un match comme ce soir c’est principalement des jeunes entre 18 et 40 ans qui s’intéresse un peu au football, des supporters en gros. Mais quand c’est des évènements sportifs qui touchent à une équipe de France on peut voir tout type de personnes. Et c’est ça qui est génial, parce que c’est un moment on tu peux très bien être assis à côté d’un papy ou encore d’une femme qui ne connait même pas le nom du sport qui est diffusé. Du coup l’ambiance est impressionnante, et c’est aussi ça que l’on recherche. » Question 8 : Et au niveau prix, est-ce cela peut-être une barrière pour vous ou certaines personnes ? « Pas forcément, on peut très bien venir dans un bar pour regarder un match et juste boire un café et donc cela ne coûte pas forcément cher. Après c’est sûr que l’ambiance joue sur la consommation enfin pour nous. Par exemple, quand c’est le feu dans le bar, pour une finale de coupe du monde, là on sera incité à boire plusieurs verres. A vrai dire on ne fera pas forcément attention à nos dépenses. »
  15. 15. Mémoire de sociologie du pratiquant | 15  Interview d’un groupe de skateurs. Pour enrichir notre étude qualitative, nous avons décidé d’aller interviewer un groupe de skateurs se réunissant à côté du Jardin Lecoq à Clermont-Ferrand. Afin de déterminer le lieu où les rassemblements étaient les plus important, nous avons effectivement observé de nous- même plusieurs endroits, appelés des « spots » dans le jargon de la culture skate tout en nous renseignant auprès d’amis qui pratiquent cette activité. Nous nous sommes donc rendus sur ce lieu et nous avons interviewé un groupe de 11 personnes. Pour nous permettre une meilleure récolte de données, Lucas s’est proposé comme porte-parole du groupe en question. Question 1 : Est-ce que vous êtes un groupe d’amis ou alors vous venez là chacun de votre côté ? « Non on n’est pas un groupe d’amis. On ne se connait même pas personnellement, juste pour la pratique. En fait, on se retrouve, on skate ensemble, on parle mais rarement on finira la soirée ensemble. Et aussi on vient là pour poser nos tricks, s’entrainer et apprendre des autres parce que quand tu te rassembles dans des endroits comme ça avec des gens que tu connais que de la rue, forcément y’en aura un qui saura poser un truc que toi tu ne sauras pas, donc t’apprendra. C’est ça l’avantage. Et puis ce qui est cool c’est que tu rencontres des gens différents qui skate pas de la même manière. » Question 2 : Quels types de personnes pouvez-vous alors rencontrés dans ce type de rassemblement ? « C’est très varié. Déjà par exemple dans le groupe d’aujourd’hui sur les 11 on est 6 étudiants dont un espagnol et un anglais, 2 employés d’entreprises, 1 ouvrier d’usine et 2 chômeurs. En plus de ça, on n’est pas issu du même milieu et de la même ville. Donc rien qu’aujourd’hui vous pouvez voir la diversité des personnes présentes. Y’a des différences aussi par rapport au niveau des skateurs. Il peut très y avoir un débutant à côté d’un très bon rider. Par exemple, y’a deux semaines il y avait Antony MARROCO un skateur professionnel qui était sur Clermont du coup il est venu rider là. C’est énorme ça ! » Question 3 : Mais si vous ne vous connaissez pas personnellement, comment faite-vous pour vous rassembler dans de tels endroits ? « Ça se fait un peu à l’arrache. En fait, on sait que sur ce spot il y aura toujours du monde donc en fait on vient quand on a envie de rider. S’il y a personne, ce qui n’arrive pas souvent, on fait notre truc et forcément dans l’aprèm, il y aura d’autres personnes. Après ça dépend aussi de la météo, des jours de la semaine et des heures. Par exemple s’il pleut, il n’y aura pas de rassemblements comme ça, et le mercredi après-midi quand il fait beau, là il y aura trop de monde. Donc en gros, on ne se rassemble pas forcément même si on a des chances de revoir des skateurs que l’on a déjà vus sur le spot. »
  16. 16. Mémoire de sociologie du pratiquant | 16 Question 4 : Pourquoi vous rassemblez-vous sur une aire urbaine et non pas dans les espaces aménagés comme les skate-parcs ? « Parce que le skate c’est un sport de rue, et un sport de rue tu le fais dans la rue. Et puis même pour moi j’ai l’impression d’être parqué quand je tape une session au skate-parc et aussi je ne peux pas faire certains tricks que je fais sur le spot d’aujourd’hui. On se rapproche trop du skate médiatisé. Et aussi, tout le monde vous dira que maintenant les skate-parcs en plus de ne plus être à la mode, il y a trop de gamins ou de personnes qui ne sont pas là pour faire du skate donc ce n’est pas ce qu’on recherche. » Question 5 : Que recherchez-vous quand vous venez sur ce spot ? « Je pense que c’est pour tout le monde pareil, on cherche juste à faire notre session et taper nos tricks. La rencontre avec les autres vient après, ce n’est pas ce que l’on recherche en premier. En fait, on vient là aussi pour skater en étant tranquille avec un petit pack de bière et on kiffe. On boit, on fume, on skate, quoi de mieux ? Après on peut aussi rencontrer des gens mais franchement ce n’est notre objectif et puis même y’a quand même une certaine compétition entre chaque skateurs. On veut toujours faire mieux que les autres. » Question 6 : A quelle fréquence venez-vous ici ? « Pareil, ça dépend de plein de choses. Déjà du niveau, un bon skateur viendra plus souvent qu’un débutant. Un skateur qui gère viendra dès qu’il aura du temps de libre, il restera un certain temps et repartira, peut être plusieurs fois dans la journée ou dans la semaine. En fait, ça dépend vraiment de tout ce n’est pas comme le foot par exemple où tu dois aller à l’entrainement tel jour à tel heure et toutes les semaines. Là on vient vraiment quand on veut, et c’est ça l’avantage. Tu es fatigué, tu n’as pas le moral, tu restes chez toi et tu viendras demain, tu dois rendre de comptes à personne. » Question 7 : Donc, le skate urbain comme vous nous l’avez présenté, on peut dire que c’est une pratique assez personnelle ? « Oui et non. Si tu viens avec ton meilleur ami qui skate, tu travailles tes enchainements et ton style avec lui, tu lui donnes des conseils et vis-et-versa donc là ce n’est personnel parce que tu partages. Après tu peux aussi faire pareil si tu viens et que tu ne connais personne, tu peux toujours discuter, regarder et apprendre de nouvelles choses donc là aussi tu partages. Même quand tu bois une bière avec quelqu’un que tu n’as jamais vu, tu échanges donc on ne peut pas dire que la pratique est personnelle. Mais c’est clair que quelqu’un soit un peu timide ou un peu égoïste viendra pour lui et ne parlera à personne, il fera son truc de son côté. Mais pour moi, ceux pour qui la pratique est vraiment personnelle, c’est les petits branleurs qui viennent là juste pour faire les malins, elle personnelle aussi parce que des gens comme ça ne nous intéresse pas. » Question 8 : L’apparence joue-t-elle un rôle important sur votre culture skate urbaine ? « Oui carrément, le style vestimentaire, comment tu t’habilles c’est important. Le but c’est d’être tendance et à la mode quoi. Et on remarque le niveau d’un gars souvent à sa façon d’être mais aussi à sa manière de s’habiller. Genre un mec qui s’habille dans les règles et tout on peut se dire que lui il gère. C’est souvent relié, pas à chaque fois mais souvent ! »
  17. 17. Mémoire de sociologie du pratiquant | 17  Interview de deux personnes lors de la sortie roller. Pour finir et compléter notre étude, nous avons décidé d’observer et de nous entretenir avec des participants de la sortie nocturne de roller. Cette sortie est organisée une fois par an, début Octobre, à l’occasion de la semaine « Clermont fête ses étudiants ». L’avantage de cet entretien est que nous sommes véritablement dans un rassemblement éphémère, qui ne dure qu’une soirée. Il s’agit pour nous, à travers cet entretien de déterminer et de comprendre les relations mises en avant par les individus lors de cette manifestation. Pour ce faire, nous avons interrogé deux personnes totalement différentes, un homme et une femme d’âges aussi différents. Questions Homme Femme Question 1 : Avant tout, pouvez-vous vous présentez rapidement ? « Alors moi je m’appelle Pierre, j’ai 42 ans. Je suis employé de bureau à EDF et j’habite dans le centre-ville de Clermont. » « Je m’appelle Sandra, j’ai 19ans. Je suis étudiante en droit à Clermont-Ferrand et réside vers le centre-ville. » Question 2 : Comment avez- vous su que cet évènement avait eu lieu ? « Alors en fait, j’ai connu cet évènement il y a 2 ans. A la base, pour les étudiants, je n’aurais pu savoir qu’il avait lieu. C’est en fumant une cigarette sur mon balcon, que j’ai vu dans la rue un tas de personne en roller. Je me suis renseigné auprès d’un ami pratiquant ce sport qui m’a affirmé qu’une sortie nocturne de roller lors de la semaine « Clermont fête ses étudiants » était réalisée. Voilà pourquoi je suis ici aujourd’hui. » « Nous sommes un groupe de copine qui aime bien participé à ce genre d’évènement. Donc nous nous renseignons chaque semaine pour savoir s’il y a des manifestations mais pas forcément de roller. C’est grâce à notre BDE (bureau des étudiants) que nous avons tous ces renseignement et pour celle d’aujourd’hui c’est dû à la publicité de la semaine « Clermont fêtes ses étudiants ». Question 3 : Participez-vous à cet évènement seul ou en groupe ? « Pour ma part, je suis venu seul car dans mon entourage personne ne pratique cette activité et que ma femme n’a pas voulu m’accompagner. En revanche cela doit être sympa de venir à plusieurs. » « Alors moi, je suis venue avec mes copines de FAC. On est venue a plusieurs parce que c’est une occasion de décompresser et de s’amuser entre copines. » Question 4 : Pratiquez-vous souvent ou « Je faisais beaucoup de roller en étant jeune. Maintenant avec le travail je « Le roller en tant que tel on est plutôt débutante. Mais par contre l’avantage d’être
  18. 18. Mémoire de sociologie du pratiquant | 18 occasionnellement cette activité ? me réserve quelques dimanche pour faire des petites sorties. » étudiante à Clermont, c’est qu’on nous propose différentes activités à la fois sportives, festives, et culturelles. C’est pourquoi nous sommes la aujourd’hui, non pas pour l’activité roller, mais bien pour vivre notre vie d’étudiante. » Question 5 : Que recherchez-vous dans ce genre de rassemblement ? « Moi avant tout, c’est de pratiquer en toute sécurité. Les rues sont barrées par exemple lors de notre passage. Ensuite, je me sens un peu plus jeune car autour de moi il y a que des étudiants. De ce fait je ne vais pas forcement chercher le dialogue avec l’autre. En gros ce que j’aime bien dans ce genre d’évènement, c’est que je peux m’amuser, décompresser et oublier mon quotidien d’employer, tout en pratiquant un sport que j’aime bien en toute sécurité. » « Nous recherchons la détente, l’amusement, la décompression, rigoler et nous retrouver entre amis. Cet évènement est aussi l’occasion pour nous de discuter et de rencontrer d’autres personnes, d’autres étudiants qui recherchent aussi cela. Je pense que c’est un moment de partage collectif. » Question 6 : Selon-vous quel type de personne est plus poussée à participer à ce genre de manifestation ? « La première impression que j’ai, c’est bien que la majorité des personnes rassemblées ici sont des étudiants. On retrouve néanmoins quelques vieux comme moi. Mais je pense qu’un évènement de ce type organisé pour une association ou une entreprise quelconque pourrait alors rassembler un grand nombre de personnes issues de la vie active totalement différentes. En « On est principalement des étudiants, mais on peut très bien voir aussi des personnes de l’âge de nos parents profiter de cette occasion pour ressortir les rollers. Par contre je pense que cette évènement s’il était plus médiatisé et ouvert à un public plus large attirerait un plus grand nombre de personnes dans la joie et la bonne humeur. »
  19. 19. Mémoire de sociologie du pratiquant | 19 fait cela dépend du public touché par l’évènement. » Question 7 : Quelles relations avec les autres individus avez-vous lors de cette sortie roller ? « Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je ne viens pas là forcement pour parler aux autres mais je ne refuse pas la discussion. Donc avoir la possibilité d’échanger et de discuter de chose basique et commune avec une personne que je ne reverrais surement pas, fait toujours plaisir. » « Ce que nous attendons des relations possibles lors de cette sortie, c’est de discuter, de rencontrer d’autres étudiants comme nous afin de partager différentes choses. Créer un lien amical peut être possible lors de cet évènement. Ce qui est cool aussi avec ce type de sortie, c’est qu’on peut finir notre soirée avec des gens que l’on vient de rencontrer. » 2. Analyse des entretiens. Dans cette partie, nous allons tenter de porter une analyse de l’information que nous avons récoltée lors des différents entretiens. Derrière chaque réponse se cache aussi de l’information. Nous voulons, grâce à ces trois entretiens tenté de cerner les motivations et les comportements des individus participants aux rassemblements éphémères afin de faire émerger et de comprendre les interactions et la dynamique sociale que chacun d’entre eux met en action. Tout d’abord, au niveau du premier entretien présenté sur les individus présents dans un bar pour la retransmission d’un match de football, nous avons récolté un grand nombre d’informations et nous avons aussi observé les comportements de ces 4 amis. Après un certain temps d’observation du public présent lors de cette retransmission, nous avons décidé de se lancer dans un entretien avec ces 4 individus. Agés tous les quatre de 20 à 30 ans, nous avons récolté des informations précieuses sur l’évènement éphémère en question. Nous remarquons l’élément principal qui attire les personnes dans le bar est l’ambiance associée à ce lieu. Pour ce groupe de personnes, suivant le match (avec ou sans enjeux) il sera préférable d’aller au bar ou de rester chez soi. La présence de l’alcool et surtout de la bière devant un match de football, qui reste cliché mais néanmoins réalité, est aussi un atout majeur. Nous pouvons affirmer que ces évènements rassemblent un grand nombre d’individus. Ce public et le type de personnes présentes varient selon l’importance et l’enjeu du match ou de la rencontre en question. Par exemple, la finale de la coupe du Monde de Football 2006 entre l’équipe de France et l’équipe d’Italie, s’est vue retransmise dans un nombre impressionnant de bar dans toute la France mais surtout, elle fut regardée par un public tellement divers, entrainant des hommes, des femmes et des enfants de tout âge et de toutes catégories socio-
  20. 20. Mémoire de sociologie du pratiquant | 20 professionnelles. Un évènement éphémère d’une telle ampleur met l’accent sur la notion de partage mais aussi sur l’émotion. La retransmission d’un match dans un bar met en exergue un nombre de comportements variés. Lors de nos observations, nous avons distingué des comportements tels que la colère, la joie, les rires, des altercations et d’autres en relation avec le sport en général. Néanmoins, la caractéristique principale émergente de ces retransmissions du domaine de l’éphémère, est vraisemblablement cette notion de partage, de communication mais aussi d’effervescence, d’ivresse et de métissage. Les 4 amis que nous avons interrogé et avec lesquels nous avons discuté viennent aussi regarder le match dans ce type d’endroit pour se détendre, s’évader et sortir de leur quotidien d’employés ou d’étudiants. Ensuite, nous avons réalisé un entretien avec un groupe de skateurs se rassemblant dans à proximité du Jardin Lecoq à Clermont-Ferrand. Après avoir réalisé un bon nombre d’observations à la fois pour déterminer si ce type de rassemblements de skateurs étaient bien des rassemblement de type éphémères, et à la fois pour faire émerger un lieu, un « spot » possédant un taux d’occupation assez élevé afin de récolté un maximum d’information pertinente. La culture skate est une culture intéressante, il était donc enrichissant pour nous de lier cette pratique avec notre problématique pour disposer d’un nombre d’évènements éphémères et donc d’informations diverses en fonction de la culture et des styles de pratiques en question. Cet entretien fut réalisé dans un cadre urbain puisque nous étions sur le « spot ». Nous avons discuté avec un groupe de 11 personnes présentes dès notre arrivée. Lors de l’entretien, d’autres pratiquants sont venus sur le spot et se sont invité à la discussion. Tout au long de l’entretien, un vocabulaire jeune et familier a été utilisé à la fois par les interviewés ainsi que par les membres de notre groupe. L’entretien nous a permis de distinguer et d’étudier les interactions, les motivations ainsi que les attentes de chacun d’entre eux lors de la réalisation d’un tel évènement éphémères. Effectivement, nous avons pu remarquer que la source d’attractivité majeure est la pratique en tant que telle. Le skateur pratique son skate sans se soucier forcément des autres. Il ne recherche pas forcément le discours, le partage avec l’autre. Ces éléments nous ont été rapportés et expliqués par le groupe interviewé. Néanmoins nos observations nous ont montré qu’il existe une certaine communication entre les skateurs. Chacun d’entre eux parlera à l’autre, aura des échanges qu’ils soient en rapport à la pratique ou non. Nous avons remarqué aussi une certaine solidarité entre skateurs, au sein de cette culture. Par exemple, si un individu a un niveau plus faible que les autres, il sera pris en main par plus fort que soit. Néanmoins, l’idée de compétition, de dépassement de soi et de prestige au sein du groupe est très marquante. Un skateur apprendra à placer un « trick » à un autre skateur mais sans lui donner le « petit plus ». Puis, dans cet entretien, nous avons aussi abordé le sujet des skate-parcs. Effectivement chacun des membres du groupe a fait une critique sur ces structures en les qualifiant de trop fédéralisé et de trop rationnalisé. Comme le souligne le sociologue Michel FIZE, un skateur urbain préfèrera abîmer un banc public que de se sentir enfermé et parqué dans une structure telle que les skates parcs. Nous avons aussi évoqué l’idée de l’apparence et de l’esthétisme. Ainsi au sein de la culture skate, le style vestimentaire est très important. Le jeu de distinction par la mode est une caractéristique
  21. 21. Mémoire de sociologie du pratiquant | 21 frappante de la pratique. Notre entretien entre véritablement dans ce cadre d’étude. Les personnes interrogées nous ont affirmé que les structures spécialisées pour la pratique skate ne les intéressaient pas car elles étaient dénaturantes. Enfin, notre travail empirique et nos observations se sont focalisés sur un évènement typiquement éphémère : la sortie roller nocturne. Cette manifestation nous a permis de mener à bien un processus d’observation complet grâce à la présence d’un grand nombre de personnes. Effectivement, il était facile pour nous d’observer et d’étudier les comportements des individus. De surcroît, nous pouvions nous focaliser à la fois sur des cultures différentes, sur des âges différents ou encore sur des situations socio-professionnelles différentes pour tenter de comprendre les interactions sociales mais surtout pour déterminer si elles varient en fonction de ces différentes caractéristiques. Au-delà des observations réalisées, nous avons interrogés deux personnes pour récolter des informations précises, pour saisir les motivations ainsi que pour comprendre la dynamique sociale. En interrogeant un homme de la vie active et une étudiante, nous avons récolté des informations sur des profils différents. Nous pouvons affirmer que les attentes vis-à-vis des rassemblements éphémères entre ces deux types de profils différents ne sont pas les mêmes mais les finalités, elles, sont bien les mêmes entre l’employé et l’étudiante. Effectivement chacun d’entre eux s’amuse, discute à minima avec d’autres personnes. En bref, qu’un individu soit une femme, un homme, un ouvrier, un patron, un étudiant ou autre, un tel événement se verra porteur d’un certain dépassement de soi, facteur de jouissance et d’effervescence ainsi que facteur de déroutinisation. L’éphémère et le momentané, sont des éléments flagrants et importants dans ce type de rassemblement. Assurément, au sein même de notre interview, l’homme que nous avons interrogé, Pierre, nous a expliqué qu’il savait que chaque personnes avec lesquelles il a une discussion, sont des personnes qu’il ne reverra surement pas, rendant cette notion de relation éphémère très importante. Ces trois entretiens, accompagnés d’un grand nombre d’observations, nous ont permis de comprendre les comportements des individus participants aux rassemblements éphémères. Mais surtout, ce travail empirique nous a permis de répondre à notre objectif principal étant de déterminer et de comprendre comment les acteurs agissent entre eux mais aussi de comprendre la dynamique sociale qu’engendrent ces évènements éphémères.
  22. 22. Mémoire de sociologie du pratiquant | 22 V. Synthèse. Dans cette partie, nous allons tenter d’émettre une synthèse sur la globalité de nos recherches, de nos observations ainsi que de notre réflexion. La synthèse sera en quelque sorte la réponse à notre sujet d’étude. Nous allons faire émerger ici une piste de réflexion concernant les interactions sociales présentes dans les différents évènements éphémères que nous avons étudié. Nous avons vu que les motivations peuvent être relativement différentes mais de nombreuses réponses à nos questions sont tout de même assez proche et traduisent bien l'intérêt que les gens trouvent autour du fait de participer à un évènement de ce type. Notre étude nous a mené à voir que l’esthétisme, l’apparence et le style lors de la pratique de rassemblements éphémères sont des éléments et des caractéristiques très importants. Les entretiens que nous avons réalisé ainsi que nos observations nous ont permis de cerner véritablement les actions et les comportements des acteurs. Lier ces informations, ces observations réalisées avec nos recherches et nos réflexions théoriques permet d’entrer dans les détails du problème et de répondre au mieux au sujet d’étude. Afin de pousser la synthèse de notre étude et de répondre à la question posée et au problème évoqué, il convient d’expliquer que nous avons majoritairement étudié les rassemblements éphémères en s’appuyant sur la Postmodernité. Effectivement, nos entretiens sur les individus participants à ces évènements nous ont porté à voir que les personnes sont présentes dans de tels évènements pour jouir du moment, pour sortir de leur quotidien, pour rencontrer des gens sans prospection, sans engagement. La notion d’esthétisme, de séduction et de jeux du corps est aussi présente dans de tels rassemblements. Les individus, en prenant en compte le cadre théorique basé sur la Postmodernité, tendent simplement à se réaliser sans engagement avec d’autres individus. A travers nos recherches ainsi que nos connaissances sur la sociologie du loisir, nous avons pu porter un jugement sur les tendances actuelles des événements éphémères. Nous ne voyons pas encore les processus de solidarité et de métissage, éléments prépondérants de l’époque Transmoderne. Néanmoins, nous pouvons distinguer et affirmer que les évènements éphémères quels qu’ils soient tendent vers cette notion de Transmodernité. Effectivement, de plus en plus d’évènements se réalisent sous une notion de solidarité, de rencontre, de métissage mais aussi avec un rapport à la nature vraiment important, principalement pour rapprocher la société et les individus de la nature. Désormais, pouvons-nous alors énoncer que les rassemblements éphémères ne se tournent pas aussi vers une dynamique sociale basée sur la notion de Transmodernité ?
  23. 23. Mémoire de sociologie du pratiquant | 23 VI. Conclusion. Pour en revenir au cadre théorique que nous avons élaboré, celui-ci correspond à l’étude que nous voulions menée puisqu’elle nous a permis d’évaluer et de répondre à la question que nous nous sommes posée mais aussi de confirmer nos hypothèses. Cette étude nous a permis d’avoir une vision différente sur le loisir, nous avons découvert différentes façons pour appréhender un phénomène. Le fait de réaliser une étude de ce genre nous a, à la fois apporté un savoir théorique conséquent du fait d’avoir effectué des recherches, et à la fois, cela nous a apporté un savoir pratique et professionnel puisque nous avons mené nous-même cette recherche. La question posée pour réaliser cette recherche nous permet de comprendre comment les individus interagissent entre eux. Au-delà de nos supports théoriques, de nos acquis sociologiques universitaires, nous avons eu l’occasion, grâce à cette thématique, de vérifier sur le terrain, de comprendre et d’observer l’homme dans sa sphère sociale, dans son univers. L’intérêt pour nous fut d’ouvrir notre esprit, nos pensées et nos représentations afin de réaliser des entretiens, des études et des réflexions concrètes et précises. En sortant du simple cadre théorique et universitaire, nous avons réalisé cette étude en tentant de prendre en compte toutes les petites choses, les petits détails tout en étudiant les tendances, les informations implicites et le sensible de chaque individu participant à ce type de rassemblements. Afin de parfaire notre étude, nous pouvons affirmer que le problème et le phénomène des évènements éphémères furent résolus par nos recherches et par nos réflexions. Force est de constater que les évènements et les rassemblements mettent en avant de nouvelles interactions sociales en soulignant la notion de partage rapide, dans de brèves instants. L’individu s’attache, discute avec d’autres personnes aussi bien qu’ils s’en détachent et qu’il retourne chez lui. De tels rassemblements permettent aux individus vivant l’éphémère de se retrouver dans un collectif, dans une communauté dans l’objectif de jouir du présent, de rencontrer l’autre, de partager des choses. L’individu se réalise dans ces communautés, mais il le fait sans contraintes, en toute liberté puisqu’il peut se détacher de celle-ci selon ses propres attentes, ses propres envies. De surcroît, la dynamique sociale de ces rassemblements change de plus belle avec l’avènement des caractéristiques et des éléments transmoderne. En introduction, nous parlions de l’impact des changements socio-culturels de la société. Le changement des relations et des interactions au sein même des évènements étudiés sur l’agglomération de Clermont-Ferrand est véritablement en lien avec les changements que notre société a connu. Il est évident alors d’affirmer que la dynamique sociale en question tend à se positionner autour des caractéristiques transmodernes.
  24. 24. Mémoire de sociologie du pratiquant | 24 VII. Bibliographie.  Livres Le skate : la fureur de faire - Michel FIZE, Marc TOUCHE. 1992. Identités collectives et changements sociaux - Pierre TAP. 1980. L’ombre de dionysos - Michel MAFFESOLI. 1991. Les théories sociologiques de la pratique sportive - Jean CORNELOUP. 2002. Mise en scène de la vie quotidienne – GOFFMAN. 1999. L’institution imaginaire de la société - Cornelius CASTORIADIS. 1999. Vocabulaire des sciences sociales - Paul FOULQUIE. 1978.  Site web La critique de l’aire urbaine - Henry LEFEBVRE. Interview de 1972. http://www.youtube.com/watch?v=0kyLooKv6mU  Documents Cours de Jean CORNELOUP, La sociologie du Loisir, Licence 3 Management du sport. Cours de Michel RECOPE, Le rapport du sujet au monde, Licence 2 Management du sport.

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