Rapport de voyage                             Norvège – Été 2010                         Bourse Innovation 2010 – Ville de...
RemerciementsUn remerciement tout spécial va d’abord à monsieur Régis Labeaume, maire de Québec, qui a eu lagénérosité de ...
Emplacement des projets sélectionnés                                       1
Table des matièresRemerciements                                                                                           ...
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IntroductionCe rapport fait état du voyage d’études de deux mois réalisé à l’été 2010 (début mai à début juillet)grâce au ...
Réflexions et préoccupations         Vers une approche créative synthétique : aux frontières de l’architecture et du paysa...
« The conceptual shift brought by ecology […] is that the world is one of interconnection and codependency    between orga...
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Le projet Jardin Érodé, réalisé à la session d’hiver 2010, constitue en quelque sorte une premièreincursion dans cette app...
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Pertinence du voyage en NorvègeLe voyage en Norvège a permis de découvrir des projets comportant certaines qualités du pro...
7« Here in the North, the sun does not rise to the zenith but grazes thingsobliquely and dissolves in an interplay of ligh...
8« In one direction, the sky is perhaps clear and blue, in another it isoccluded by dark clouds, while the zenith agitates...
9« Here in Lofoten, high mountain and sea are conjunctive…                                                            13
10… the sky is [often] near, not as redemptive quietude but as savagery,amplified by peaked mountains and spiked contours ...
11« Suddenly the soil begins to glisten; light, which saturates southern space,here seems to emanate from things themselve...
12…They radiate in the white summer night, all is bewitched, the palpabledissolves in enigmatic shimmer. […] We celebrate ...
13« In Norwegian spatial structure […], one lives not in an extensive, openenvironment but between high walls ….          ...
14…It is only when one is on top of the mountains that prospect becomespanorama […]. »« Here, ‘up in the weather’, forces ...
15« Nordic space is simultaneously closed and limitless, as we experiencein forests [,fjord] and among skerries, [thus] No...
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« Such is northern space : anunsurveyable manifold of placeswithout fixed boundary or cleargeometric form. In such a place...
Une telle étude des traits caractérisant un pays s’avère selon moi impérative dans l’optique decomprendre la réciprocité e...
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Projets sélectionnés« Here things exist not in harmonic presence within comprehensive space but instead participate in the...
Projets sélectionnés                       25
Projets sélectionnés                   SVERRE FEHN                                 26
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SVERRE FEHNEntre architecture, poésie et philosophieSverre Fehn est l’architecte norvégien le plus influent du XXème siècl...
│1│Musée du comté d’Hedmark                                                                        HamarCe site contient d...
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│2│Musée des glaciers                                                                      FjaerlandLe site, une plaine si...
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│3│ Centre Ivar Aasen                                                                             ØrstaCe musée, dédié au ...
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ROUTES TOURISTIQUES NATIONALES :PROFIL DE TROIS FIRMES D’ARCHITECTES ÉMERGENTES                                           50
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ROUTES TOURISTIQUES NATIONALESDepuis 1997, le ministère des transports norvégien (Statens Vegvesen) investit massivement d...
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JENSEN & SKODVIN‘ In-situisme ‘L’approche architecturale des architectes Jensen & Skodvin se veut originale tout en étant ...
│5│ Halte routière                                            Route touristique du SognefjelletLe but de ce projet était d...
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│6│ Chute Videseter                              Route touristique Gamle StrynefjellsvegenLe site, un point d’observation ...
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CARL VIGGO-HØLMEBAKKSite, matérialité, expressionL’approche de cet architecte est similaire à celle des architectes Jensen...
│9│Sohlbergplassen                                               Route touristique de RondaneCette plateforme permet de co...
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105Abri pour cyclistes : Ce projet est situé au bord de la mer, avec une vue dégagée de 360º sur lepaysage environnant. En...
│12│Strandkanten                                                                                  Tromsø70º Nord Arkitekte...
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Si, en été, le soleil est présent vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans cette région, c’est lephénomène inverse qui se...
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SNØHETTAMulti-disciplinarité, multi-échelles d’intervention/relationSnøhetta est une firme multidisciplinaire intégrant so...
│13│Musée d’art moderne                                                                  LillehammerCe projet est un bon e...
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CONSTRUIRE EN BOISExpression matérielle d’une culture/nature nordique      « Le Québec, de par son passé et son territoire...
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NORWEGIAN WOOD – STAVANGER/SANDNESEn 2008, alors qu’elle était élue Capitale culturelle européenne, la ville de Stavanger ...
│17│Auberge du Preikestolen                                                           Stavanger                           ...
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Norvège 2010 - Rapport de voyage
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Rapport de voyage déposé par André St-Pierre, récipiendaire 2009-2010 de la Bourse Innovation, octroyée par la Ville de Québec.

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Norvège 2010 - Rapport de voyage

  1. 1. Rapport de voyage Norvège – Été 2010 Bourse Innovation 2010 – Ville de QuébecAndré St-Pierre | École d’architecture de l’Université Laval | Automne 2010
  2. 2. RemerciementsUn remerciement tout spécial va d’abord à monsieur Régis Labeaume, maire de Québec, qui a eu lagénérosité de créer cette bourse afin de soutenir la relève en architecture. Il s’agit d’une opportunitéunique pour un étudiant en architecture de visiter des projets architecturaux et urbains innovants ailleursdans le monde, et ce, tout juste avant d’entamer l’étape ultime de l’essai (projet). Il est encourageant deconstater qu’un maire d’une grande ville accorde une importance aussi grande à la qualité desinterventions architecturales et urbaines, et qu’il investisse aussi généreusement dans la relève. Jetiens aussi à remercier tous ceux et celles travaillant à la ville de Québec qui, de près ou de loin, ontcontribué à l’octroi de cette bourse et aux retombées qui en découleront. On ne peut qu’espérer que lesrelations entre la ville et l’école d’architecture, déjà teintées de nombreuses collaborations, sepoursuivront et fructifieront.Un merci spécial va aussi à Myriam Blais, directrice de l’école d’architecture, ainsi que GenevièveVachon, professeure et directrice du programme de maîtrise scientifique en architecture, qui m’ont aidédans la réalisation et la révision des documents post-voyage d’étude.Finalement, un merci tout spécial va à ma conjointe, Francesca, qui a été présente, m’a soutenue et arévisé les documents et ce, à toutes les étapes de ce périple, du dépôt de la candidature à la réalisationdu voyage jusqu’à la préparation des documents post-voyage. Sans elle cette expérience n’auraitjamais été ce qu’elle a été. ii
  3. 3. Emplacement des projets sélectionnés 1
  4. 4. Table des matièresRemerciements O iiIntroduction O 4Réflexions et préoccupations O 5Pertinence du voyage en Norvège O 10Projets sélectionnés 24 Sverre Fehn : Entre architecture, poésie et philosophie 28 │1│ Musée du comté d’Hedmark, Hamar 29 │2│ Musée des glaciers, Fjaerland 33 │3│ Centre Ivar Aasen, Ørsta 39 │4│ Musée national d’architecture de Norvège, Oslo 45 Routes touristiques nationales : Profil de trois firmes d’architectes émergentes O 52 Jensen & Skodvin : ‘In-situime’ 56 Projets routes touristiques : │5│Halte routière, route touristique du Sognefjellet 57 │6│ Chute de Videseter, route touristique Gamle Strynefjellsvegen 59 Autres projets : │7│Église Mortensrud, Oslo 63 │8│Cloître pour sœurs cisterciennes, Île de Tautra 69 Carl Viggo-Hølmebakk : Site, matérialité, expression 76 Projets routes touristiques : │9│Sohlbergplassen, route touristique de Rondane 77 Autres projets : │10│Bâtiment d’accueil, musée Bjerkebaek, Lillehammer 81 70º Nord Arkitekter : Nordicité assumée 88 Projets routes touristiques : │11│Divers projets, route touristique des Îles Lofoten 89 Autres projets : │12│Strandkanten, Tromsø 93 Snøhetta : Multi-disciplinarité, multi-échelles d’intervention/relation O 106 │13│Musée d’art moderne, Lillehammer 107 │14│Musée Peter Dass, Alstahaug 111 │15│Opéra national de Norvège, Oslo 117 Construire en bois : Expression matérielle d’une culture/nature nordique O 126 │16│Bâtiment d’accueil, Stavkirke de Borgund (arch. Askim &Lantto) 127 Norwegian Wood : 134 Stavanger/Sandnes │17│Auberge du Preikestolen, Stavanger (arch. Helen & Hard) 135 │18│Lanternern, Sandnes (arch. Atelier Oslo et AWP 139 │19│Egenes Park, Stavanger (arch. Onix) 143 │20│Siriskjaer, Stavanger (arch. Studio Ludo et AART) 145 Enjeux urbains : Construire la ville de demain O 152 │21│Tjuvholmen, Oslo (arch. Variés) 153 │22│Nansen Park, Oslo (arch. Bjørbekk & Lindheim 161Conclusion et pistes de réflexion O 169Bibliographie 170Références photographiques 171 2
  5. 5. 3
  6. 6. IntroductionCe rapport fait état du voyage d’études de deux mois réalisé à l’été 2010 (début mai à début juillet)grâce au soutien de la bourse Innovation de la ville de Québec. Le but de la bourse Innovation était depermettre à un futur architecte d’étudier les réalisations les plus innovatrices en architecture et endesign urbain dans le pays de son choix, en lien avec ses intérêts personnels, notamment pour sonprojet de fin d’études et sa carrière. Le voyage s’est déroulé en Norvège à travers la visite de projetsprésélectionnés pour leur intérêt en regard du sujet que je désire traiter dans le cadre de l’essai (projet),soit le travail d’espaces intermédiaires unissant architecture et paysage. Plus de 10 000 km ont étéparcourus au total, et plus d’une soixantaine de projets ont été visités au terme du périple.Le présent document se développe principalement en trois parties : un cadre théorique traite d’abord demes intérêts personnels, la seconde partie démontre la pertinence du voyage effectuée en regard demes intérêts et, finalement, la troisième partie traite des projets visités, suivie d’une conclusion.Évidemment, il était impensable de traiter l’ensemble des projets visités; seuls les plus éloquents ontété répertoriés dans ce document. 4
  7. 7. Réflexions et préoccupations Vers une approche créative synthétique : aux frontières de l’architecture et du paysage « Les relations entre les concepts de nature et de culture ont connu, au vingtième siècle, de profonds bouleversements […], qui sont assez représentatifs de l’état général de la pensée contemporaine [dans divers domaines scientifiques].[…] Jusqu’à présent […], la nature était pensée comme première, chronologiquement et ontologiquement, par rapport à la culture. […] C’est cette configuration intellectuelle, cette préséance, qui aujourd’hui est en passe de changer. On en prendra [deux] exemples. […] [En physique quantique,] lorsqu’on […] veut mesurer à l’aide d’un appareil le comportement d’une particule, il y a […] transfert d’énergie, entre l’appareil de mesure et le système quantique mesuré et donc modification irréversible et imprévisible du comportement de la particule. […] La science, conclut […] Heisenberg, ‘n’est qu’un maillon de la chaîne infinie des dialogues entre l’homme et la nature […]’. […] La signification, éthique et ontologique, des relations entre l’homme et la nature […] s’inverse […] : la nature, dont on pouvait penser jusqu’alors qu’elle offrait un ensemble de conditions stables pour le déploiement de l’histoire humaine […] se trouve désormais, à l’inverse, ‘remise à la garde de l’homme’ […]. [Ainsi,] la question des relations entre nature et culture n’est plus aujourd’hui, semble-t-il, celle de l’accord ou du désaccord entre deux mondes foncièrement distincts. Elle serait plutôt celle de la délimitation et de l’articulation, au sein même de la culture, de ce qui peut être désigné, pensé, vécu, comme ‘ la nature’. » Jean-Marc Besse (2004), Nature et cultureLes notions de nature et de culture sont tellement ancrées dans la façon de voir le monde en Occidentqu’il apparaît presque insensé de vouloir mettre un terme à cette dichotomie. Elle fait historiquementpartie d’un système de pensée dit moderne, développé au siècle des Lumières, établissant « desdivisions absolues entre l’humanité et l’animalité […], la moralité et la physicalité, la raison et l’instinct(ou la sensibilité) et, par-dessus tout, la culture et la nature. » (Poirier, 2000 : 149). Cette façon de voirle monde s’est évidemment répercutée sur notre façon de percevoir l’architecture, la ville, le paysage etle territoire, dans un discours alimenté par l’opposition, la différence, l’exclusion; Central Park à NewYork en est un exemple éloquent, où le parc n’est qu’une ‘saine’ exception à la ville ‘malsaine’ quil’entoure, entretenant l’opposition nature/culture : « […] what landscape architect James Corner suggests are nineteenth-century notions – where nature is seen as separate from the city, is imaged as undulating and pastoral, and acts as a moral antidote to urbanization. Many large urban park in America […] offer example of this, in short-hand design parlance, ‘city-versus-nature’ condition. » (Czerniak, 2006 : 113)Ainsi, la discipline de l’architecture du paysage s’est considérée comme étroitement associée à lanature, à un idéal en opposition à la ville polluée et inhumaine générée par la culture, c’est-à-direl’urbanisme et l’architecture. D’un autre côté, la discipline de l’architecture a aussi entretenue etentretient encore souvent la dichotomie nature et culture : « […] to build landscape requires the ability to see it, and the inability to do so continues to permeate architectural design culture. This persistent blindness is evident in the still common recourse to the figure/ground plan, which fails to engage the material aspects of a site, representing the ground as a void around building. This convention of figure-ground is part of a historically embedded oppositional system of thought – other oppositions include architecture/landscape, object/space, culture/nature, and work/site – which foreground and acknowledges the construction of the first paired term while naturalizing the second as […] an abstract container, separate from the objects, events, and relations that occur within it. » (Pollak, 2006 : 127)Les récentes remises en cause de la division des concepts de nature et culture dans plusieursdomaines scientifiques impliquent de rejeter le faux idéal d’une nature soi-disant ‘intouchée’, hors del’impact de l’homme, rattachée à un idéal pastoral oculocentrique, pour aspirer à une compréhensionplus profonde de l’interaction qui caractérise notre rapport à la nature, tel qu’énoncé par l’écologie : 5
  8. 8. « The conceptual shift brought by ecology […] is that the world is one of interconnection and codependency between organisms and environments, between objects and fields. Although translating into a victimized ‘nature’ in the popular imagination, ecology is […] profoundly important because it places cultural systems within the epic narrative of evolution.» (Weller, 2006 : 74)Les leçons de l’écologie supposent donc l’obligation de repenser notre manière d’aborder le tandemnature/culture dans la conception des villes. Ainsi, l’association historique entre architecture/cultureversus paysage/nature implique de revoir le clivage disciplinaire traditionnel entre les domainesd’architecture et d’architecture du paysage, et confirme que c’est dans l’interdisciplinarité que se trouvela solution, car abolir les frontières entre des concepts philosophiques signifie aussi abolir les barrièresdisciplinaires en découlant : «A new generation of landscape architects [and architects] are prepared to negotiate the mechanics of the city, philosophically and practically treating bot hits culture and its nature as a singular dynamic ecology without edge. In this field condition the two disciplines of architecture and landscape architecture find each other entangled together in the weave of the world. » (Weller, 2006 : 80)Ainsi, je vise à créer une architecture découlant d’une réflexion inter-échelle allant au-delà des limitesde l’objet architectural pour intégrer au processus de conception la ville, le paysage et le territoire, lesstratégies de design à l’échelle d’un site augmentant considérablement lorsque conceptualisé enrelation avec d’autres échelles imbriquées. Plus particulièrement, un fort potentiel se dégage dans letravail du territoire mitoyen entre les deux domaines, souvent négligé : les « entre-deux », ces espacesintermédiaires qui font à la fois office de paysage et d’architecture, des lieux appropriés pourl’expression de la nature à l’intérieur de la culture, et qui peuvent grandement améliorer les qualitésspatiales, expérientielles et durables du projet architectural et urbain. Les entre-deux sont des lieuxcharnières remettant en cause la notion de ‘fermeture’ et de ‘contrôle’ inhérente à la conceptionarchitecturale, pour plutôt générer une architecture ‘fragmentée’, créant de nouveaux rapportsd’ouverture avec l’incommensurable variété de la dimension urbaine, paysagère et territoriale quientoure le projet. Dans ce contexte, l’architecture n’est plus conçue comme un objet isolé, mais commeun ‘dispositif’ pouvant engager un rapport de réciprocité avec son contexte plus large, jouant à la fois lerôle d’espace intérieur ou extérieur : « None of this projects blurs the boundary between architectureand landscape [; r]ather, they inhabit that boundary through their instability, or lack of fixity, constructingas a space by oscillating back and forth across it. » (Pollak, 2006 : 138). Ce concept d’interactionimplique de ne pas voir la ville en des termes formels, mais plutôt de la lire comme l’interaction d’unensemble de flux (réf.), de forces et de phénomènes, tant naturels et écologiques que culturels ethistoriques.Prenons pour exemple la Querini Stampalia Foundation, musée réalisé par Carlo Scarpa à Venise. Unedouve intérieure, reliée au canal de la ville, court le long des murs, accueillant l’eau à marée haute ducanal, à l’avant, pour l’amener jusqu’à la cour, à l’arrière, et ce en traversant l’intérieur du bâtiment. Enengageant réciproquement le bâtiment avec son environnement, ce projet reconnait l’importance d’unphénomène naturel ayant eu une forte influence sur le développement de la ville. De ce fait,l’expérience phénoménologique que le bâtiment procure s’avère très riche : comment la présence etl’absence cyclique de l’eau affectent la façon dont l’humidité est ressentie, la manière dont l’acoustiquedes pièces varie en plus du bruit de l’eau, la perception spatiale changeante de l’espace, l’odeur, latempérature, autant de phénomènes sensoriels qui entraînent une lecture poétique et sensible du lieu,où nature et culture cohabitent dans l’espace et dans le temps. Cet exemple prouve qu’un rapport avecla nature peut s’établir même en milieu urbain dense, et démontre l’ambiguïté entretenue par le projet :est-ce de l’architecture ou de l’architecture de paysage? 6
  9. 9. 1 23 4 7
  10. 10. Le projet Jardin Érodé, réalisé à la session d’hiver 2010, constitue en quelque sorte une premièreincursion dans cette approche synthétique. Le projet est situé sur le parc de l’Esplanade, au dessus dustationnement de la place d’Youville. Jardin Érodé n’est pas simplement un bâtiment, c’est uneintervention paysagère à l’échelle d’un site entier, dans lequel non seulement des espaces intérieursprennent place, mais aussi une multitude d’espaces interstitiels, d’entre-deux, d’espaces-seuils variésreliant l’intérieur et l’extérieur par le biais de transitions progressives : l’expérience du temps, lesséquences, l’ambiguïté, la découverte spatiale et le contact avec les éléments de la nature sont lesmaîtres mots de ce nouveau siège social pour Cecobois. Le projet est métaphoriquement conçu commeun immense bloc de bois, déposé sur le stationnement existant, qui aurait été érodé au cours du temps.Différents ‘paramètres d’érosion’, c’est-à-dire des flux, tant naturels (le vent, l’ensoleillement,l’hydrologie) que culturels (circulation piétonne, bruit urbain généré par les automobiles) ont été intégrésau cours du processus de design, donnant progressivement forme au projet. Grâce à leur dispositionfragmentée, les éléments métaphoriquement moins érodés, les murs, agissent comme ‘filtres’ enversles phénomènes nuisibles du rigoureux climat québécois et du contexte urbain environnant, alors que latoiture, plus articulée, est conçue pour gérer l’hydrologie du site et s’ouvrir à la lumière naturelle. Leprojet, généré par la métaphore de l’érosion à travers le temps, n’est pas un bâtiment : c’est une‘chose’, qui est à la fois paysage et architecture, qui s’adapte aux contraintes et flux de l’environnement,générant un milieu riche en espaces diversifiés, à la limite entre l’intérieur et l’extérieur, entre culture etnature. 5L’approche à développer représentera ainsi un cadre de travailhybride croisant architecture et architecture du paysage,engageant toute la complexité des phénomènes culturels etnaturels en croisant des méthodes d’analyses et de conceptionspropres aux deux disciplines. 6 8
  11. 11. 9
  12. 12. Pertinence du voyage en NorvègeLe voyage en Norvège a permis de découvrir des projets comportant certaines qualités du projet deScarpa à Venise avec une sensibilité typiquement nordique. Le Québec est un milieu riche enphénomènes naturels, caractérisé par quatre saisons clairement distinctes, apportant leurs lots detransformations à notre environnement quotidien (on a qu’à penser à la présence de la neige en hiver),et ces phénomènes se manifestent aussi bien en milieu dit « naturel » qu’en milieu urbain, et bien lesintégrer peut grandement bonifier les qualités à la fois expérientielles et écologiques du projetarchitectural. La Norvège, forte d’une architecture contemporaine de qualité, est un milieu nordiqueavec lequel nous partageons évidemment certaines affinités, c’est pourquoi elle constitue dans cetteoptique une destination de choix pour l’étude des rapports nature/culture en milieu nordique : « The Norwegian Landscape is usually restless.[…] a particular relationship between building and landscape[…] can be described by the ambiguity between resistance and interplay. Both the larger landscape and the individual site can put up a fierce resistance to cultivation and construction. At the same time, terrain and vegetation offer rich possibilities for adding qualities to human building. Some would say that this ambiguity, given by the meeting between man and landscape, is given general expression in the Norwegian culture. The cleft vision […] is often seen as a basic part of the authentic Norwegian character. » (Bettum, 2009 : 88)Ainsi, les aspects tant naturels que culturels de la Norvège se caractérisent par une relationd’ambiguïté, de double-identité, de résistance/interaction; ces concepts offrent un énorme potentiel deréflexion en lien avec le développement d’une approche hybride entre architecture et paysage,brouillant les limites entre culture et nature, cette dernière étant caractérisée, tant en Norvège qu’auQuébec, par la nordicité.Le livre Nightlands : Nordic Building du théoricien et historien de l’architecture norvégien ChristianNorberg-Schulz constituent une source substantielle pour une compréhension de l’architecturenordique, dans lequel il se donne pour objectif de définir poétiquement son identité à travers sa relationavec le paysage et la nature : « […] it is precisely our task to indicate in what manner architecturereflects the given identity of an environment. » (Norberg-Schulz, 1996 : 1). La prochaine sectionprésente un bref aperçu des particularités du territoire norvégien, à travers la voix de Norberg-Schulz etla perception/interprétation personnelle que j’en ai eu, permettant de mieux comprendre le rapport queles norvégiens entretiennent avec l’espace et le paysage nordique. 10
  13. 13. 7« Here in the North, the sun does not rise to the zenith but grazes thingsobliquely and dissolves in an interplay of light and shadow. The land consistsnot of clear massings and distincts spaces; it disperses as fragment andrepetition in the boundless. » 11
  14. 14. 8« In one direction, the sky is perhaps clear and blue, in another it isoccluded by dark clouds, while the zenith agitates unceasingly. Our onlymeasure against this changeability is the steady rythmn of the seasons.»« Light is conjunctive with weather, and in the North, weather plays a moreimportant role than in the South’s more stable world. […] In the North,[we’re] being thrown into a changing and unpredictable world, that is, aworld that provide no fixed point of view, a world in which we are unable toaccept the given and act freely. In the North we are bound to a world offorces, because we inhabit the realm of the night. » 12
  15. 15. 9« Here in Lofoten, high mountain and sea are conjunctive… 13
  16. 16. 10… the sky is [often] near, not as redemptive quietude but as savagery,amplified by peaked mountains and spiked contours […]. »« Here, earth and sky are joined, the eye finds no rest, and the Nordic waybecomes identical with nature itself. Instability consists as well of ever-changing weather : haze and rain, hail and snow, clouds unceasingly inmotion, closing and opening while light penetrates, then disappears. A worldof eternal motion that, however, remains the same. » 14
  17. 17. 11« Suddenly the soil begins to glisten; light, which saturates southern space,here seems to emanate from things themselves… 15
  18. 18. 12…They radiate in the white summer night, all is bewitched, the palpabledissolves in enigmatic shimmer. […] We celebrate Midsummer Eve withbonfire and dance, for it is then that we experience the forces of nature attheir most benign. » 16
  19. 19. 13« In Norwegian spatial structure […], one lives not in an extensive, openenvironment but between high walls …. 17
  20. 20. 14…It is only when one is on top of the mountains that prospect becomespanorama […]. »« Here, ‘up in the weather’, forces are unleashed as in a storm, and weunderstand that the ‘panorama’ is a fragile condition. » 18
  21. 21. 15« Nordic space is simultaneously closed and limitless, as we experiencein forests [,fjord] and among skerries, [thus] Nordic form embodies tensionrather than character. […] As a result, Nordic comprehension is based not onlogical category but on the sense of dynamic interplay. In the north we liveamong things instead of in confrontation with them. » (Norberg-Schulz,1996 :15) 19
  22. 22. 161720
  23. 23. « Such is northern space : anunsurveyable manifold of placeswithout fixed boundary or cleargeometric form. In such a place, it isnot a thing’s eidos that matters, butit’s veiled relation to all others. » (Norberg-Schulz, 1996) 21
  24. 24. Une telle étude des traits caractérisant un pays s’avère selon moi impérative dans l’optique decomprendre la réciprocité entre nature et culture et comment celle-ci se manifeste dans le rapport àl’espace, au paysage et au territoire, et vise aussi à alimenter mon ambition de créer une architecturetypiquement québécoise. Dans un monde de plus en plus globalisé, où les cultures se rencontrent et lesdifférences s’amenuisent, la nature est probablement, malgré toute la complexité de ses phénomèneschangeants, l’aspect le plus constant et le plus ‘unique’ dans un pays donné, et générer unearchitecture issue de considérations entourant la réciprocité nature/culture signifie ainsi créer unearchitecture identitaire forte, et respectueuse de son environnement. Norberg-Schulz a d’ailleurs trèsbien exprimé cette idée : « Our search for the Nordic may perhaps seem a nostalgic reaction to our times’ increasing dilution of qualitative difference. Granted, but that is precisely why nostalgia has become imperative – not as a desire to turn back, however, but as a need to preserve the given through new interpretation. We may call this process ‘creative conservation’ and find confirmation for the approach in the eco-crisis. » (Norberg-Schulz, 1996 : 22)La ville de Québec, si elle veut innover a ainsi tout intérêt, selon moi, à mettre de l’avant unearchitecture et un urbanisme répondant et exprimant les particularités de notre climat. Innovation ou‘conservation créatrice’? Un peu des deux peut-être… 22
  25. 25. 23
  26. 26. Projets sélectionnés« Here things exist not in harmonic presence within comprehensive space but instead participate in theenvironmental interplay of forces. To reveal and maintain this in building requires forms thatsimultaneously possess the safety of home and express the indefinite and savage environment. »(Norberg-Schulz, 1996 : 36)Dans les prochaines pages, il fut évidemment impossible de décrire l’ensemble des projets visités lorsdu voyage, une sélection s’imposait. Les projets choisis sont ceux qui concordaient le plus possibleavec mes intentions et objectifs. Évidemment, il ne faut pas voir aucun de ces projets comme ‘LA’réponse aux questions que je me pose, mais plutôt comme des pistes qui alimenteront mon approche.Notons notamment l’architecture de Sverre Fehn, le grand maître moderne de la Norvège, ayant,comme Aalto en Finlande, tempérée l’approche moderniste internationale avec une grande sensibilitéaux matériaux, à la lumière et au paysage scandinave. Des architectes de la jeune génération, telsJensen & Skodvin ou bien Carl-Viggo Hølmebakk, ont développé une approche in-situ sensible danslaquelle le projet architectural émerge directement des contraintes/potentialités du site. La firmeSnøhetta, ayant notamment remporté les concours d’architecture internationaux pour la bibliothèqued’Alexandrie en Égypte, le monument du World Trade Center à New York, et l’Opéra d’Oslo (dont il estquestion dans ce rapport), est composée d’une équipe multi-disciplinaire alliant designer d’intérieurs,architectes et architectes-paysagistes; leurs projets se caractérisent par une recherche d’horizontalité,de perméabilité, de continuité entre paysage et architecture, faisant souvent référence à diverseséchelles de contexte. Nombre d’autres firmes toutes aussi originales à leur manière sont présentéesdans ce document, relatant les découvertes faites tout au long du voyage et les perceptions que j’en aieu. Les projets sont présentés sous l’angle du rapport réciproque entre nature/culture etarchitecture/paysage qu’ils entretiennent, et contribuent tous à mes réflexions. 24
  27. 27. Projets sélectionnés 25
  28. 28. Projets sélectionnés SVERRE FEHN 26
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  30. 30. SVERRE FEHNEntre architecture, poésie et philosophieSverre Fehn est l’architecte norvégien le plus influent du XXème siècle. Sa carrière s’est étendue de1949 jusqu’au moment de son décès, en 2009. Sverre Fehn était un philosophe, un poète et unarchitecte extrêmement doué. Il s’intéressait beaucoup aux origines des choses, à l’essence, àl’ontologie des objets ; ses réflexions sur le rapport entre l’homme, le territoire, la nature et la perceptionde l’horizon en sont une manifestation éloquente. Ses bâtiments appartiennent à leur paysage et au sited’accueil, son approche allant au-delà de toute notion de style, pour créer une architecture propre aulieu et à la technologie de l’époque. Son architecture est ainsi un développement du modernisme, avecune profonde sensibilité pour le territoire dans lequel ses bâtiments s’implantent, même s’il avoue avoirtoujours cherché à fuir la tradition nordique. Pour lui, c’est dans la rencontre avec le sol quel’architecture développe un premier rapport au lieu. Chaque plancher est une nouvelle ligne qu’il ajoutedans la nature, un paysage construit avec un nouvel horizon déterminé par la position de l’homme entrela terre et le ciel ; la relation entre cet horizon architectural et l’horizon du paysage n’est jamaisarbitraire, elle définie un rapport stimulant entre l’architecture et le site. Le rapport entre la structure et lalumière naturelle est aussi très important pour lui : cette dernière fait partie de son analyse attentive dupaysage, chaque lieu ayant sa lumière particulière ; structure, espace et lumière cohabitent ensymbiose dans ses bâtiments. Le grand respect qu’il voue à la nature, attitude typiquement scandinave,est manifeste à travers son architecture : « I operate fairly rationally. The site means much to me, the [building]’s relationship to the landscape. […] One mustn’t be sentimental on this point ; one musn’t begin to make a mess of the landscape. The more precise you can be, the more ruthlessly you can work out this meeting, the more powerful the accentuation of nature becomes, and the more intensely your architectural narrative comes into view.» (Helleland, 2008: 39)Bien que l’architecture de Fehn ne répond probablement pas aux critères environnementaux actuels,son approche s’avère être une source substantielle pour le développement d’une approche éco-responsable, tel que le reconnaît Fjeld :« In a time when the limitations of the earth and the impact ofarchitecture are more and more apparent, the elements of this creative approach are inspiring. » (Fjeld,2009 : 235). Il a influencé tout une génération d’architectes en enseignant plusieurs années à l’écoled’architecture d’Oslo, c’est pourquoi il était naturel de le présenter en introduction afin de mieuxcomprendre l’œuvre de la nouvelle génération. 28
  31. 31. │1│Musée du comté d’Hedmark HamarCe site contient des couches de différentes époques : une grange avait été construite au 18ème sièclesur les ruines d’un archevêché du 12ème siècle, et contient maintenant une intervention contemporainesignée Sverre Fehn. De nouveaux plateaux, rampes et espaces en béton se déposent délicatement surles ruines, dessinant un parcours séquentiel où la position du visiteur change constamment par rapportà l’horizon imaginaire, de bas en haut, du passé au futur, de l’ombre à la lumière. Le parcours sedéploie aussi en alternance entre l’extérieur et l’intérieur, le visiteur circulant librement entre l’espacefrais de l’enceinte de pierres et l’espace ensoleillé de la cour, exposant aussi des ruines. Les limitesentre le dedans et le dehors sont pratiquement absentes, l’architecte ayant évité de créer un muséehermétique, équipé de systèmes de ventilation sophistiqués assurant une ‘conservation éternelle’. Decette façon, le processus naturel de détérioration continue de faire son œuvre, la nouvelle structureperméable ne faisant que le ralentir, sans le figer dans le temps, offrant ainsi une expérience sensorielleriche où la culture et la nature, le passé, le présent et le futur cohabitent dans l’espace et dans le temps. 18 29
  32. 32. 192030
  33. 33. 21 22 23 31
  34. 34. 2432
  35. 35. │2│Musée des glaciers FjaerlandLe site, une plaine située entre mer et montagnes, a été créé il y a plusieurs millions d’années parl’érosion résultant de la fonte progressive du glacier Jostedal; ce dernier subsiste toujours au sommetdes montagnes. Comme dans tous les bâtiments de Fehn, le Musée des glaciers est défini par l’espritdu lieu et les particularités du site : « The Glacier museum at Fjaerland […] takes the glacier as itstheme; it is all about context and message. » (Huxtable, 1997). Les glaciers renferment dans leur massedes indications de l’évolution de l’atmosphère depuis des millions d’années; le but du musée est derévéler l’invisible, les secrets que cachent les profondeurs de la glace. Ainsi, le projet repose sur unparti fort, la faille, comme celles générées par le mouvement continu des glaciers. Ce concept de faillearticule formellement tout le projet, tant dans la forme générale que dans les détails particuliers, etnotamment dans l’expérience que génère le bâtiment. À l’entrée, le visiteur à le choix de monter sur latoiture ou de pénétrer dans une faille profonde qui mène à l’espace d’expositions. À l’intérieur, laconfiguration structurale atténue progressivement la quantité de lumière au fur et à mesure que levisiteur avance, créant une transition progressive de l’extérieur vers les profondeurs sombres del’intérieur. Pour Fehn, l’espace intérieur du musée demeure cependant secondaire par rapport àl’espace de la « pièce » extérieure que constitue le paysage, et le bâtiment a pour but de le mettre envaleur par une série de séquences architecturales : « […] one can go up for the view of the glacier ndits panoramic surroundings— a journey that can seem like a trip into the clouds as the shifting mistssent down by the glacier’s cold air alternately conceal and reveal the breathtaking vista, sometimesthreatening to envelop the museum itself. » (Huxtable, 1997). 25 33
  36. 36. 262734
  37. 37. 28 29 35
  38. 38. 3031 36
  39. 39. 3237
  40. 40. 3338
  41. 41. │3│ Centre Ivar Aasen ØrstaCe musée, dédié au célèbre homme de lettres norvégien Ivar Aasen, est probablement l’un des projetsles plus achevés de Fehn. Jamais dans sa carrière sa composition formelle n’aura été aussi articulée,mais sa grande rigueur formelle lui a évité de tomber dans l’excès. Ses réflexions sur le rapport àl’horizon, au site et à la nature y sont manifestes, le projet établissant une relation stimulante entrel’architecture, le site et le paysage, toujours changeante selon la position du visiteur dans l’espace. Lebâtiment se présente comme une structure longitudinale, étroite, délicatement enfoncé dans la falaise,et s’ouvrant vers la lumière du sud. Des structures pyramidales tronquées et inversées rythment uneséquence d’espaces d’expositions alternant entre le sombre et le clair le long de la façade sud. Lesespaces plus encaissés dans les profondeurs de la falaise comportent en partie supérieure un bandeaufenestré, dont la lumière est répartie dans l’espace par la surface courbe de la structure du plafond.L’auditorium est constitué d’un volume incliné s’élevant vers le ciel, régulant l’apport de lumièrenaturelle à l’intérieur et établissant un dialogue réciproque avec la topographie du site et du paysage.Des murets et des toitures se déploient à chacune des extrémités horizontales du projet, prolongeantl’espace d’expositions intérieur vers l’extérieur. L’emploi presqu’exclusif du béton confère au bâtimentun aspect minéral approprié au site sur lequel il s’implante, qui changera évidemment d’apparence au fildu temps à mesure que la nature fera son œuvre. 34 39
  42. 42. 353640
  43. 43. 3741
  44. 44. 383942
  45. 45. 404143
  46. 46. 4244
  47. 47. │4│Musée national d’architecture de Norvège OsloLe but de ce projet était de créer une situation introvertie, où la lumière naturelle, le ciel et la végétationenvironnante joueraient tout de même un rôle primordial dans l’expérience du lieu (Helleland, 2008 :140). L’espace intérieur est composé d’une grande toiture en béton soutenue par quatre piliers massifs,la frontière avec l’extérieur étant constituée d’une légère façade en verre. Un muret de béton s’articule àl’extérieur de cette façade vitrée, le dégagement entre ces deux éléments créant une tension spatiale,un effet dynamique d’ouverture, de relations étroites avec l’environnement extérieur et la nature. Cettefragmentation de la façade crée un espace intermédiaire utilisé pour exposer des objets, créant unprolongement de l’espace d’exposition principal. L’intérieur dégage ainsi une impression de grandeurmalgré sa petite dimension, espace étant à la fois délimité et se prolongeant vers l’infini. Le projet estune réponse à la fois pragmatique et poétique au problème posé; il propose un espace intérieur propiceaux expositions (contrôlé, invisible aux passants de l’extérieur, etc.), tout en rejetant l’hermétismecaractérisant bon nombre d’espaces muséaux pour proposer un espace éclairé naturellement et en lienétroit avec l’extérieur. Ce projet, réalisé à la toute fin de la vie de l’architecte, est probablement l’un deses plus simples mais à la fois l’un de ses plus riches qui englobe l’ensemble de ses réflexions. Sonappartenance au monde nordique est puissante et correspond bien à la perception nordique de l’espacetel que défini par Norberg-Schulz : « […] Nordic space is simultaneously closed and limitless, as weexperience in forests and among skerries, [thus] Nordic form embodies tension rather than character..»(Norberg-Schulz, 1996 :15). Ce projet, tout simple, dont le site urbain pouvait sembler à prime abordordinaire et offrir peu de possibilité comparativement aux sites grandioses dans lesquels la plupart desprojets de l’architecte s’implantent, prouve qu’un rapport stimulant entre nature et culture et entreintérieur et extérieur peut être atteint même en milieu urbain sur un site apparemment banal; il s’agit des’entraîner à apercevoir et à révéler ce qui peut sembler invisible. 43 45
  48. 48. 444546
  49. 49. 464747
  50. 50. 484948
  51. 51. 49
  52. 52. ROUTES TOURISTIQUES NATIONALES :PROFIL DE TROIS FIRMES D’ARCHITECTES ÉMERGENTES 50
  53. 53. 51
  54. 54. ROUTES TOURISTIQUES NATIONALESDepuis 1997, le ministère des transports norvégien (Statens Vegvesen) investit massivement dans 18‘routes touristiques’ qui traversent des paysages d’exceptions aux quatre coins du pays. Leur but :détourner les touristes des principales autoroutes du pays pour leur faire découvrir des endroits peufréquentés d’une beauté exceptionnelle. Cette initiative s’inscrit aussi dans une volonté de développerl’industrie touristique, permettant de répartir à l’ensemble du pays la richesse acquise avec l’industriepétrolière. Les architectes ont été grandement impliqués dans ce projet, le ministère ayant la firmeconviction que des projets bien intégrés en des endroits stratégiques pouvaient enrichir l’expérience desvisiteurs. Plus de 400 projets (plateformes d’observation, toilettes publiques, aires de pic-nic, etc.)seront complétés pour 2015, et l’emphase est mis sur l’innovation de jeunes talents : chaque site estunique et constitue une opportunité d’innovation pour une intervention architecturale mettant en valeurles particularités du site. Ces projets constituent souvent de véritables tremplins pour de jeunes bureauxd’architectes, les prises de position adoptées lors de ces projets ayant une influence notable sur leurproduction ultérieure. La présentation des firmes Jensen & Skodvin, Carl-Viggo Hølmebakk, et 70º Nordarkitekter dans les prochaines pages permettra de voir plus en profondeur des projets qu’ils ont réalisésrelativement au programme de routes touristiques et comment cette expérience a eu des répercussionssur le développement de leur approche dans des projets subséquents.Ces projets constituent un potentiel intéressant pour la ville de Québec relativement à des projetscomme la Promenade Samuel-de-Champlain; ils ont le potentiel de susciter une réaction sur la manièrede concevoir les futurs aménagements s’y rattachant. 50Référence : http://www.turistveg.no/ 52
  55. 55. 53
  56. 56. JENSEN & SKODVIN 54
  57. 57. 55
  58. 58. JENSEN & SKODVIN‘ In-situisme ‘L’approche architecturale des architectes Jensen & Skodvin se veut originale tout en étant humble. Ilsaccordent beaucoup d’importance au site, à son caractère unique et la lecture sensible de celui-ci dansle processus de conception et de production conduit à des œuvres originales, uniques et respectueusesde leur environnement. Les formes qu’ils créent ne sont pas dictées par une logique formelle mais plutôtgénérés par le site. Pour eux, un concept architectural peut être complet même s’ils n’ont aucune idéede la forme que prendra le projet: « […] an idea could be a complete architectural idea, even if it doesnot have a definite shape or configuration. Exactly the same idea would result in a completely differentconfiguration or outcome in a different place. » (Jensen, 2008 : 290). L’œuvre finale est le résultat de larencontre du concept architectural, de l’idée, avec les conditions particulières du site, desquellesémerge le projet. Ces conditions peuvent inclure la topographie, la végétation, les ambiancesparticulières générées par un environnement donné, une formation rocheuse érodée par un coursd’eau, etc. Leur approche se veut à l’opposé de la conception à priori d’un objet cartésien simplementdéposé sur un site; ils accordent une valeur à la nature en ce sens qu’ils la laissent délibérément influersur la forme que prendra leur projet, en assumant les conséquences de résultats imprévisibles aumoment même où le chantier débute. Trois projets permettront de mieux comprendre les mérites decette approche in-situ, qui s’est développée à partir de petits projets de route touristique, et la mêmeapproche est maintenant appliquée à des bâtiments de plus grande envergure. 56
  59. 59. │5│ Halte routière Route touristique du SognefjelletLe but de ce projet était de créer une halte routière tout en conservant les qualités spatiales etlumineuses d’une forêt de pins située en bordure de la route. Le projet consiste en une route de gravier,accessible en automobile, passant à travers la forêt, avec une largeur variant entre 3 et 12 mètres afind’accommoder des aires de pic-nic, toilettes publiques, stationnements et aires d’information. Aucuneexcavation n’a été nécessaire, toutes les interventions ne sont que des additions, et le gravier a étéplacé de façon à ne pas nuire à la croissance des arbres; au moment de la visite, quinze ans après laconstruction, ces arbres sont toujours debout et en santé.Les architectes n’avaient aucune idée de la forme finale que prendrait le projet au moment de débuter lechantier. Ils ont donné de simples instructions relativement aux détails du projet, c’est-à-dire commentmettre en place le gravier au sol, comment accrocher les éléments de protection aux arbres, etc., sanstoutefois produire de plan d’ensemble. Ils ont communiqué à l’entrepreneur la configuration globale duprojet en plaçant in-situ 400 bâtons de bois au sol, en s’assurant de respecter le rayon de courbureminimal pour une voiture. La route contourne ainsi les arbres, aucun d’eux n’a été coupé. Ils sontprotégés par un élément capable de s’ajuster à chacun d’eux et à sa future croissance.Ce sont donc les qualités du site qui ont généré le projet final. Ce même concept architectural aurait puêtre utilisé sur un autre site avec un résultat qui aurait été complètement différent. (Jensen, 2008 : 290) 51 57
  60. 60. 5253 58
  61. 61. │6│ Chute Videseter Route touristique Gamle StrynefjellsvegenLe site, un point d’observation de la chute Videseter, situé au bord d’un précipice, nécessitait denouveaux garde-corps, puisque les anciens avaient été endommagés à plusieurs reprises par lesavalanches annuelles typiques de la région. Dans ces conditions climatiques extrêmes, les architectesont appliqué la même recette que dans le projet précédent. Ils ont produit trois détails types de garde-corps différents, chacun adapté à des conditions particulières : un détail plus rigide pour le côté exposéaux avalanches, un détail plus léger du côté du précipice dégageant la vue vers le bas de la chute, etune simple main courante aux endroits moins critiques. Les architectes ont produit un plan sommaire dusite, avec un « zonage » indiquant les secteurs attitrés à chaque type de garde-corps. Les poteauxdevaient être espacés d’au moins 600mm et d’au plus 1500mm. En respectant ces instructions,l’entrepreneur devait construire les garde-corps sur place, en suivant le pourtour du site. Le garde-corps, suivant le pourtour solide du rocher ayant résisté à l’érosion dû à la force de l’eau, adopte ainsiune forme articulée appropriée aux fortes avalanches auxquelles il doit faire face année après année, etest un bon exemple montrant comment des forces peuvent donner forme à un projet. Il en résulte unprojet émergeant directement des conditions particulières du site, faisant preuve d’une grandeéconomie de moyen, d’une grande cohérence et possédant un caractère original. Le projet crée uneexpérience sensorielle riche, tant avec le contexte immédiat que lointain : on se trouve au sommetd’une falaise abrupte, à proximité d’une chute vertigineuse, d’où l’on peut non seulement voir la chutemais aussi ressentir les fines gouttelettes projetées dans l’air, ressentir la température plus fraîche del’eau, entendre le bruit de la chute, tout en ayant une vue panoramique sur l’horizon lointain et uncontact tactile avec le brouillard, typique de cette région. 54 59
  62. 62. 555660
  63. 63. 5761
  64. 64. 5958 616062 63 62
  65. 65. │7│Église Mortensrud OsloLe processus de conception développé par les architectes lors des projets sur les routes touristiques aété appliqué ici sur un projet de plus grande envergure. Le site d’intervention est situé au sommet d’unepetite crête boisée, et bien qu’il semble « sauvage » et éloigné, il est en fait situé dans les limites de laville d’Oslo, tout juste à côté d’un terminus de métro. Les architectes ont tenu à conserver les qualitésnaturelles inhérentes à ce site. Comme dans les projets précédents, l’église de Mortensrud est uneaddition sur le site, aucune excavation n’a été nécessaire, à l’exception de l’enlèvement d’une finecouche de sol pour rejoindre le roc. La configuration de l’église a été déterminée en grande partie parles conditions particulières du site : la pente du plancher se confond à la topographie existante, desportions de roc surgissent ponctuellement à travers ce plancher, la structure répétitive s’y adaptant, etun nombre important d’arbres sont conservés dans les cours intérieures. Les murs sont composés depierres taillées d’une manière imprécise, assemblées sans mortier dans une ossature d’acier. Cesystème mural est protégé des intempéries par une façade de verre, créant des jeux de lumièrechangeants et des patterns particuliers, chaque pierre étant unique, faisant référence au caractèreinfiniment varié de la nature. L’expérience sensorielle générée par le projet s’avère très riche : lebâtiment se fond dans son environnement, les transitions entre l’extérieur et l’intérieur se fontprogressivement, et une relation étroite avec la topographie, la végétation et la lumière est présentedans l’ensemble du projet. Le projet, composé d’une multitude de ‘fragments’ dispersés dans la forêt,fait en sorte qu’il est impossible d’avoir un aperçu global du projet sur une seule photo, c’est à travers letemps qu’il se découvre. 64 63
  66. 66. 656664
  67. 67. 6765
  68. 68. 6869 70 66
  69. 69. 71 72 67
  70. 70. 737468
  71. 71. │8│Cloître pour sœurs cisterciennes Île de TautraDans ce projet, les architectes ont dû composer avec un programme plus complexe que dans leursprojets précédents. Les sœurs ont un rythme de vie particulier, très contemplatif. C’est pourquoi lesarchitectes ont choisi une organisation spatiale horizontale, avec une série de cours intérieures,permettant de donner au projet un caractère introverti tout en privilégiant une ouverture vers l’extérieur.Dans la salle à dîner, les 18 religieuses du complexe s’assoient toutes du même côté de la table,regardant silencieusement vers le fjord au loin.Note : Comme il s’agit d’un cloître, il était impossible d’avoir accès aux espaces intérieurs, à l’exceptionde la chapelle, qui est ouverte au public. 75 76 69
  72. 72. 777870
  73. 73. 7971
  74. 74. 808172
  75. 75. 73
  76. 76. CARL VIGGO-HØLMEBAKK 74
  77. 77. 75
  78. 78. CARL VIGGO-HØLMEBAKKSite, matérialité, expressionL’approche de cet architecte est similaire à celle des architectes Jensen & Skodvin, en ce sens quechaque projet fait preuve d’une lecture attentive du site lors du processus de conception. Sa productionse concentre surtout sur de petits projets, où une attention particulière est portée aux matériaux utilisés,à l’échelle humaine, aux qualités naturelles environnantes, le tout exprimé dans des formes simples etélégantes dégageant une grande force poétique. 76
  79. 79. │9│Sohlbergplassen Route touristique de RondaneCette plateforme permet de contempler approximativement le même point de vue qu’avait HaraldSolhberg lorsqu’il a peint Winter Night in Rondane, maintenant exposée au musée des beaux-artsd’Oslo. Dans cette peinture, les silhouettes sombres des pins au premier plan contraste avec lepaysage montagneux hivernal lumineux, presque étincelant, au loin. Cette tension entre contexteproche et lointain, entre sombre et clair, c’est-à-dire entre les qualités spatiales de la forêt de pins etcelles du paysage délimité par l’horizon montagneux lointain, ont été les concepts ayant guidés leprocessus de conception. Le travail in-situ a particulièrement été important dans le processus deconception de ce projet : « Several tests were executed by placing a ladder up against the tree trunks,trying to find the best views and interesting spaces between the trees. »(http://en.urbarama.com/project/sohlbergplassen-viewpoint). À partir de ces investigations sur lesqualités spatiales du site, l’architecte a conçu le projet en utilisant des fichiers précis indiquant latopographie et la position des arbres. Les formes courbes de la plateforme contournent ainsi les pinsexistants, aucun d’eux n’a été abattu durant la construction, et un grillage au sol permet à l’eau de pluieet à la lumière du soleil d’atteindre la végétation en dessous. Ainsi, l’intervention est une légèreincursion dans le paysage, n’entravant pas les processus naturels, et manifestant spatialement latension évidente dans la peinture de Sohlberg, à travers un parcours débutant du stationnement,traversant ensuite la forêt, le mouvement à travers les pins révélant progressivement la vue sur lesmontagnes enneigées au loin. 82 77
  80. 80. 838478
  81. 81. 8579
  82. 82. 868780
  83. 83. │10│Bâtiment d’accueil, musée Bjerkebaek LillehammerCe bâtiment est situé sur le site du musée Bjerkebaek, dédié à la célèbre auteure norvégienne SigridUndset. Le musée est situé dans la maison qu’Undset a habitée de 1919 à 1945, et une imposanteclôture de bois entoure toujours l’ensemble de la propriété. À l’intérieur de cette cour se trouvait unjardin immense. Sigrid Undset y vivait avec ses trois enfants, en réclusion du reste du monde, afin deprotéger sa fille atteinte de maladie mentale et de pouvoir se concentrer calmement à son métierd’écrivaine.Il s’agissait d’une tâche colossale pour l’architecte d’intégrer un bâtiment d’accueil à ce site d’unegrande importance historique. Sa réponse a été de réinterpréter spatialement la tension présente entrel’aspect fermé, froid du côté de la rue, et le monde intérieur calme, paisible du côté de la cour intérieure.Le nouveau bâtiment s’implante à l’extrémité nord-est du site : la façade sur rue suit l’alignement de laclôture, et cette façade présente un aspect relativement opaque. Les matériaux utilisés, béton etbriques grises, de même qu’un aménagement paysager en pierres concassées, confèrent à l’ensembleune froideur appropriée à l’aspect reclus émanant de l’extérieur du site. Dès qu’on traverse l’épais murde béton, une ambiance totalement différente nous entoure : les murs qui donnent sur la cour sontentièrement vitrés, tout en courbes, l’ensemble se décomposant en « rhizomes » déployés à travers laforêt. On note aussi une décomposition matérielle de l’ensemble : les éléments massifs de béton fontprogressivement place à des éléments plus ponctuels, qui sont remplacés par des éléments légersd’acier du côté de la cour; cet aspect s’observe à plusieurs échelles de détail, et donne à l’ensemble uneffet d’effritement progressif, de la rue jusqu’au jardin. Une passerelle conduit à la cour et à la maison-musée, permettant de s’imprégner de l’univers de l’auteur. De cette cour, le bâtiment d’accueil se fondlittéralement dans son environnement boisé. 88 81
  84. 84. 8990 82
  85. 85. 9192 83
  86. 86. 939484
  87. 87. 85
  88. 88. 70º NORD ARKITEKTER 86
  89. 89. 87
  90. 90. 70º NORD ARKITEKTERNordicité assumée70º Nord est basé dans la ville de Tromsø, tout au nord de la Norvège, qui possède l’un des climats lesplus rigoureux de la planète (j’y ai passé trois jours au début juin et une neige fondante est tombée à uncertain moment!), et qui comporte étonnamment plus de 65 000 habitants. L’arctique n’est passeulement ici manifesté de façon naturelle, il fait partie de la culture de la ville, qui se définit elle-mêmecomme la ‘Capitale’ de l’arctique. L’université de la ville a fait des études en milieu polaire sa spécialité,et bon nombre d’expéditions vers l’arctique partent de cette ville. Les architectes de 70º Nord sontprofondément ancrés dans cette culture locale; le nom de leur bureau en est d’ailleurs une preuveéloquente. Ils ont une approche s’adaptant à différentes échelles d’intervention, du petit projetarchitectural jusqu’à l’aménagement urbain complet de nouveaux quartiers. À toutes les échelles, uneconstante revient : une grande attention est portée à l’aspect particulièrement rigoureux de leur climat.Des phénomènes aussi banals tels l’ensoleillement et les vents prennent ici une importance accrue. LeQuébec aurait aussi grandement à apprendre de leur manière d’aborder la présence de la neige enhiver dans leurs schémas urbains, qui est traitée tant d’un point de vue ludique que pratique. Ils sontaussi grandement impliqués dans l’enseignement dans diverses universités d’Europe, où ils ontnotamment porté leur attention à l’étude de la ville comme biotope. L’approche de ces architectesprésente donc un fort potentiel pour la ville de Québec, car leur volonté de créer une architectureadaptée à la rigueur de ce climat subarctique nous fournit nombre de précédents que d’autres villes nepeuvent nous offrir vue leur climat beaucoup plus doux.Vue de Tromsø en hiver 95 88
  91. 91. │11│Divers projets Route touristique des Îles LofotenHalte routière, Torvdalshalsen : Cette halteroutière est composée d’un stationnement et d’unespace pic-nic. Ce dernier est organisé sur uneplateforme en bois de 60 mètres de long, et unécran la sépare de l’espace de stationnement etla protège du vent. L’ensemble est composéd’une succession de plateaux qui s’adaptent à latopographie, les lieux pour s’asseoir et manger yétant intégrés. Des panneaux noirs le long desbancs permettent de capter la chaleur du soleil. 96 97 98 89
  92. 92. 99 100Tours d’observations ornithologiquesCes tours permettent aux ornithologues amateurs d’observer les oiseaux aux abords de deux réserves.Depuis les écrans protégeant l’entrée jusqu’à la plateforme d’observation au niveau supérieur, toute laséquence spatiale a été créée de façon à ce que la silhouette des observateurs ne soit pas visible, defaçon à ne pas déranger les oiseaux durant leur période de reproduction. Le projet est situé en retrait dumarais, la hauteur de la tour permettant ainsi d’admirer les environs sans nuire à la faune et à la flore.Selon la température, les visiteurs ont le choix de s’installer soit dans la partie basse, fermée par unbandeau horizontal vitré, soit de monter sur la plateforme supérieure, ouverte directement surl’extérieur. 101 102 90
  93. 93. 10310491
  94. 94. 105Abri pour cyclistes : Ce projet est situé au bord de la mer, avec une vue dégagée de 360º sur lepaysage environnant. En été, la température dépasse rarement les 20º Celsius sur les îles Lofoten, etce coin est particulièrement sujet à de forts vents. Le but était donc de créer un abri pour les cyclistespassant dans cette région. L’entrée se fait par une porte coulissante. La partie basse est plutôt fraîche,grâce à la relative opacité des murs et la présence d’une dalle de béton au sol, caractéristiqueappropriée pour le stationnement des vélos et surtout pour l’aire de préparation de nourriture situéedans cet espace. La lumière naturelle atteignant l’escalier crée un appel vers le deuxième niveau,profitant d’une vue panoramiquesur les environs. Les surfacesvitrées créent un effet de serreapproprié à ce climat, réchauffantles passants s’y reposant. Lespetits murs à l’intérieur serventde contreventement afin derésister à la forte pression desvents; leur configuration permetde conserver des façades vitréessur 360º et crée un effetdynamique de relation avecl’extérieur. 106 92
  95. 95. │12│Strandkanten Tromsø70º Nord Arkitekter est responsable du plan d’ensemble et de la conception de plusieurs immeublesd’habitations de ce vaste quartier situé sur une friche portuaire industrielle, tout juste au sud du centre-ville de Tromsø, et ceci concorde avec une volonté politique de densification, permettant de renforcerl’activité économique de la ville tout en réduisant la dépendance aux transports. Deux objectifsprincipaux guident les aménagements, soit maintenir une forte densité et, surtout, créer des espacesextérieurs d’une grande richesse.Actuellement, la partie nord-est est construite, alors que toute la partie plus au sud est endéveloppement. Quatre éléments définissent l’aménagement d’ensemble de la partie nord-est : lapromenade au bord de l’eau, la plateforme surélevée, le sol et la forêt. La priorité a été donnée auxespaces publics piétonniers dans le projet : la plateforme est déposée juste au dessus de l’aire destationnement, accessible uniquement de la route à partir de l’extrémité nord-est. Le stationnement estrefermé sur ses côtés par des écrans de bois filtrant l’air, et des puits d’escalier généreux, pratiquésdans la plateforme et agrémentés de végétation (qui est arrosée par les drains recueillant l’eau de pluiesur la plateforme), crée un appel lumineux vers la plateforme et donne vie à ce stationnement, quidevient ainsi un espace simplement couvert, non hermétique, en symbiose avec l’extérieur. Sur laplateforme, ces escaliers sont marqués par des « boîtes » translucides de couleurs vives, disposées autravers d’un vaste espace public contenant divers lieux informels, des espaces de jeux, des serres etdes espaces verts. La configuration des immeubles de logements autour de la plateforme permet de laprotéger du vent et de lui procurer un apport solaire important (façades inclinées et en gradins), et uneperméabilité est assurée entre celle-ci et la promenade au bord de l’eau. Les façades de bâtiment quidonnent sur la plateforme sont par ailleurs caractérisées par des espaces-transitions communs, souventadaptables (panneaux de verre rétractables), et l’accès aux logements se fait par ces espaces, faisanten sorte que chaque logement a un accès direct à l’extérieur. Il est intéressant de noter à quel point leconcept de fragmentation est présent dans l’ensemble que compose ce quartier; du stationnementjusqu’à l’intérieur de son logement, l’habitant traverse une succession d’espaces variés, parfoiscouverts, parfois protégés, parfois plus refermés, mais toujours en contact avec l’extérieur et adaptésaux éléments naturels spécifiques à ce milieu nordique.Référence : http://www.archdaily.com/5695/strandkanten-70%C2%BAn-arkitektur/ 107 93
  96. 96. 10810994
  97. 97. 11011195
  98. 98. 11211396
  99. 99. 114 115 97
  100. 100. 11611798
  101. 101. Les architectes se sont sérieusement penchés sur la façon dont ces espaces extérieurs allaientcohabiter avec l’hiver, la neige étant considérée comme un facteur crucial transformant la nature desespaces publics, autant d’un point de vue pratique que ludique. Le plan d’ensemble des espacesextérieurs montre d’ailleurs comment ces aspects sont combinés : le déneigement est déjà prévu pourl’ensemble du site, et toute la neige enlevée est déposée en des endroits stratégiques pour former des‘montagnes’ de neige, appropriables pour des sports d’hiver. Nombre d’autres installations telspatinoires pour hockey, anneaux de glace, espaces de ski de fond et autres espaces plus informelscomposent ce paysage hivernal. La neige n’est cependant pas complètement enlevée dans les aires decirculations secondaires, ce qui ajoute une qualité expérientielle intéressante, chaque résident laissantsa ‘trace’ dans le paysage. 118 99
  102. 102. Si, en été, le soleil est présent vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans cette région, c’est lephénomène inverse qui se produit en hiver. Dans l’optique de créer des espaces extérieurs utilisables àl’année dans un contexte aussi particulier, il était impératif d’accorder une importance accrue àl’éclairage urbain. Le but des designers d’éclairage était de créer une atmosphère chaleureuse malgréla rigueur du climat. Le niveau d’éclairage a volontairement été tenu à un niveau minimal, afin de ne pasinterférer avec les montagnes sombres au loin et le détroit, ainsi qu’avec les aurores boréalescaractéristiques de la région. Les principaux axes de circulation sont éclairés avec des appareilsmontés sur des pôles, alors que dans les espaces secondaires l’éclairage est directement intégré aumobilier, renforçant l’échelle humaine des interventions. 119 100
  103. 103. 120 121 122 101
  104. 104. 123 124Le projet démontre ainsi la grande attention que les architectes de 70 º Nord porte à l’importance de larelation climat-architecture en Scandinavie, déjà manifeste dans leurs petits projets sur la routetouristique des îles Lofoten, en créant des espaces à la limite de l’architecture et de l’architecture dupaysage, permettant de jouir d’espaces extérieurs riches en toute saison. Ce projet présente unpotentiel énorme pour la ville de Québec, la rigueur du climat de Tromsø lui fournissant des précédentset une approche pour considérer et intégrer de manière éloquente la rigueur du climat nordique dansses projets architecturaux et urbains. 102
  105. 105. 103
  106. 106. SNØHETTA 104
  107. 107. 105
  108. 108. SNØHETTAMulti-disciplinarité, multi-échelles d’intervention/relationSnøhetta est une firme multidisciplinaire intégrant sous un même toit les disciplines d’architecture, dedesign d’intérieur et d’architecture du paysage. Il en résulte, pour chaque projet, une réflexion àmultiples échelles, où le projet final allie dans une expression toujours simple, claire et directe, lafonction interne, le contexte immédiat et le paysage plus lointain, distant. Leurs projets mettent donc enplace une grande relation entre les espaces intérieurs et extérieurs, dans une volonté aussi biencontextualiste que démocratique : « […] building should be as public as possible. In my view, the ideal isa building with many different entrances and unlimited accessibility, like a park. » (Carlsen, 2010 : 97).Leurs projets se caractérisent aussi par une recherche d’horizontalité, et le travail des surfaceshorizontales devient souvent l’élément générateur de la continuité intérieur-extérieur. 106
  109. 109. │13│Musée d’art moderne LillehammerCe projet est un bon exemple de réflexion à multiples échelles. Le projet, réalisé en lien avec les jeuxolympiques de 1994, est un agrandissement du musée des beaux-arts de Lillehammer, qui contenaitune collection de peintures romantiques norvégiennes. Les nouveaux lieux devaient contenir desespaces d’expositions temporaires et d’art moderne, ainsi qu’un espace cafétéria et unaccueil/boutique. L’arrangement formel de ces différents éléments programmatiques a permis d’unir ausein d’un même bâtiment un rapport à différentes échelles de contexte : l’espace d’entrée, au rez-de-chaussée, est de forme orthogonale, en lien avec le tracé de la ville et de la place publique jouxtant lebâtiment, alors que les espaces d’expositions temporaires et d’art moderne sont contenus dans desvolumes de formes courbes dialoguant avec les montagnes boisées au loin.C’est vraiment à travers l’expérience que procure le bâtiment que toute la richesse de ce concepts’exprime. Les impressions d’espace à la fois fermé et sans borne, d’interaction avec le milieu, quicaractérise l’espace nordique selon Norberg-Schulz (voir introduction), se manifeste avec grandeéloquence dans ce projet. Ceci s’exprime notamment dans la façon dont l’agrandissement a étéimplanté par rapport au bâtiment existant. Il a été placé en retrait, de façon à créer une cour intérieure,l’ancien et le nouveau étant relié par une passerelle au second niveau. La cour, accessible de la rue,possède à la fois un caractère fermé et ouvert grâce à sa dénivellation. L’espace d’accueil au rez-de-chaussée, entièrement vitré, entretient un rapport avec cette cour de même qu’avec la rue et la placepublique. L’espace cafétéria s’étend sur la place publique à travers un jeu de retrait de la façade deverre. À l’entrée, un escalier à la fois intérieur et extérieur, adapté à la topographie, crée des lieuxinformels pour s’asseoir. Les espaces d’expositions sont éclairés par une douce lumière naturelleprovenant de puits de lumière en partie supérieure et réfléchie par les surfaces courbes. Les fentes lelong de la façade courbe permettent d’apprécier le lien avec les montagnes au loin. Ces espaces sontconnectés latéralement à un large corridor exposant des sculptures et donnant sur la cour intérieure.Ainsi, le projet, dans sa fragmentation spatiale et matérielle entre intérieur et extérieur, permet descontacts multiples et variés avec différentes échelles de contexte tout au long du parcours muséal. 125 107
  110. 110. 126 127108
  111. 111. 128129 109
  112. 112. 130 131110
  113. 113. │14│Musée Peter Dass AlstahaugCe bâtiment est situé sur un site à haute importance historique; on y trouve une église, un archevêchéet un monument du célèbre prêtre et poète Peter Dass, acteur important de la culture norvégienne. Lebut du projet était de construire un musée lui étant dédié. Les architectes ont refusé le site proposé parle client sous prétexte que construire un bâtiment à cet endroit aurait détourné l’attention du sitehistorique. Leur proposition, plutôt radicale, fut de faire une fente dans une falaise de roc adjacente àl’église et d’y intégrer le nouveau bâtiment pour remplacer la matière enlevée. Le volume « flottant »contient les espaces d’expositions et de recherche; sa toiture suit la topographie et s’inclinehumblement devant l’église, en signe de respect envers le passé, alors qu’elle se projette plus enhauteur du côté de la mer, évoquant le futur et donnant au bâtiment un caractère plus expressifapproprié à sa fonction muséale (http://www.snoarc.no/#/projects/13/true/all/image/893/). À l’arrivée surle site, c’est la partie inclinée du projet qui s’offre au visiteur. Un espace libre de deux mètres a étélaissé de chaque côté entre le bâtiment et le « mur » de roc, permettant soit de rejoindre la partiesupérieure du site où se trouve le monument dédié à Peter Dass, soit de rejoindre la mer. L’étroitessede ces espaces intermédiaires crée une tension intérieur-extérieur lorsque perçu de l’intérieur du hallentièrement vitré. Un escalier intérieur, adjacent à celui extérieur, mène au second niveau. Le parcoursmuséal débute du côté où la façade vitrée inclinée donne sur l’église, sur le passé, pour ensuite passerà travers l’exposition qui révèle la vie et les enseignements de Peter Dass, qui sont souvent relié à desproblématiques qui nous affligent encore de nos jours; à l’autre extrémité du projet, l’espace élancé quidonne sur la mer et l’horizon lointain est une invitation à réfléchir sur notre futur. Le projet manifesteainsi une grande interaction avec le paysage à toutes les échelles, en lien avec le contexte historiqueimportant du lieu.Ce projet offre, pour la ville de Québec, un grand potentiel de réflexion sur la manière d’intervenir encontexte historique. 132 111
  114. 114. 133 134112
  115. 115. 135 136113
  116. 116. 137 138114
  117. 117. 139 140115
  118. 118. 141116
  119. 119. │15│Opéra national de Norvège OsloLa globalisation et la création de l’union Européenne a entraîné une certaine crise identitaire sur cecontinent, et plusieurs villes investissent massivement dans de grands projets urbains et architecturauxd’avant-garde qui leurs permettent de générer de nouvelles identités en synchronisant dans l’espacedifférents groupes sociaux, économiques et culturels (Gospodini, 2006, p. 312). Un des exemplesrécents de ce phénomène est la régénération du port de Bjørvika à Oslo, entamée au début des années2000 (Bien que la Norvège ne fasse pas partie de l’union européenne, elle a tout de même été« emportée » par ce phénomène.). La première manifestation concrète de ce grand projet fut laconstruction du nouvel opéra, complété en avril 2008 par la firme norvégienne Snøhetta, à la suite d’unconcours international d’architecture ouvert et anonyme. L’emplacement de l’opéra sur une anciennefriche portuaire industrielle permet à Oslo de projeter une nouvelle image au reste du monde : « TheBjørvika Peninsula is part of a harbor city, historically the meeting point with the rest of the world. Thedividing line between the ground “here” and the water “there” is both a real and a symbolic threshold. »(http://www.snoarc.no/#/projects/15/false/all/image/876/). La plateforme publique qui émerge du fjordcrée une extension du paysage environnant et donne forme à un nouvel élément urbain qui est à la foisbâtiment et topographie. Une variété d’expériences sensorielles est générée tant par le bâtiment lui-même que par la présence des éléments naturels tel le fjord. La découverte du parcours qui va de l’eauvers le niveau supérieur de la toiture révèle des expériences kinesthésiques riches : on rencontre demultiples fractures, marches et failles faisant partie intégrante de la plateforme, et dont la perception enest légèrement brouillée par l’éblouissement causée par la réflexion de la lumière du soleil sur lemarbre; tous ces aspects font écho à l’expérience de marcher sur la neige en hiver, où, ébloui par laréflexion de la lumière, tout nous devient indéfini, flou et illimité. L’intervention contribue ainsi à créernon seulement une image mais surtout une expérience identitaire forte en lien avec les particularités dupays. Cette plateforme riche en expériences sensorielles répond aussi à la volonté de rendre l’opéraaccessible à tous en permettant aux passants de s’approprier le bâtiment, ce qui renverse une certaineconception préétablie voulant qu’un opéra ne soit un lieu accessible qu’à une classe sociale particulière.Ce projet offre un grand potentiel de réflexion pour la ville de Québec en ce qui a trait à la création debâtiment à caractère culturel. 142 117
  120. 120. 143 144118
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  126. 126. CONSTRUIRE EN BOIS 124
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  128. 128. CONSTRUIRE EN BOISExpression matérielle d’une culture/nature nordique « Le Québec, de par son passé et son territoire, est une civilisation du bois. Nous sommes intimement liés aux forêts qui couvrent une si grande partie de notre coin de planète. Depuis les débuts de la colonie, nous avons apprivoisé nos forêts, construit nos maisons avec les arbres et chauffé au bois nos hivers. » (http://www.coalitionbois.org/component/content/article/15-une-coalition-pour-une-culture-du-bois-coalition- bois-quebec)Le bois en tant que matériau de construction a de grands avantages écologiques comparativement àl’acier et au béton, tel que documenté par bon nombre de publications récentes. Au-delà de cesavantages, notons que le bois est un produit local ayant fortement contribué à l’histoire de l’architecturequébécoise et norvégienne, et constitue une manifestation de la relation nature et culture en milieunordique. De nouveaux produits du bois sont en développement et révolutionneront notre manière detravailler l’espace avec ce matériau. Mais, surtout, l’utilisation de ce matériau local s’inscrit dans unenouvelle compréhension approfondie des liens qui unissent le territoire, le paysage et l’architecture, dela forêt à l’aménagement forestier jusqu’à la création d’espaces urbains et architecturaux. Les projetsprésentés dans cette section utilisent tous de manière presqu’exclusive le bois comme matériau deconstruction et, surtout, s’intègrent de manière éloquente au paysage et aux forces de la nature. 126
  129. 129. │16│Bâtiment d’accueil, Stavkirke Borgund Architectes : Askim & LanttoLes églises en bois debout (Stavkirke) de Norvègeoccupent une place importante dans le patrimoinearchitectural norvégien ; celle de Borgund est lamieux conservée d’entre tous. Elle a été construiteil y a plus de 800 ans et démontre le savoir-fairedes constructeurs de l’époque, prouvant que le boisest un matériau de construction durable qui peuttraverser le temps. L’intérieur de ces églises esttrès sombre, seul de petits orifices éclairentl’intérieur tel un ciel noir illuminé par les étoiles, et,aspect intéressant, un espace-transition est présentsur tout le pourtour de l’édifice. Le nouveaubâtiment d’accueil utilise d’une manièrecontemporaine la construction en bois, avec desdétails constructifs sobres adaptés au climatnordique. Par opposition à la verticalité et à laprésence presque monumentale de l’ancienneéglise, le nouveau bâtiment se déploiehorizontalement en un volume bas suivant latopographie. L’articulation en retrait de la façadesud crée un espace-transition entre l’intérieur etl’extérieur et renforce la présence de l’ancienne 151église dans le paysage. L’intérieur, sombre commel’ancienne église, permet de diriger l’attention verscelle-ci. 152 127
  130. 130. 153154155128
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  134. 134. NORWEGIAN WOOD – STAVANGER/SANDNES 132
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  136. 136. NORWEGIAN WOOD – STAVANGER/SANDNESEn 2008, alors qu’elle était élue Capitale culturelle européenne, la ville de Stavanger a présenté« Norwegian wood », un vaste projet visant à faire de Stavanger et de Sandnes (sa ville voisine) unevitrine internationale pour la construction en bois. Stavanger est la ville européenne comportant le plusgrand nombre de structure en bois, et toute la région du Rogaland aux alentours témoigne de ce richehéritage architectural. Alliant tradition et modernité, la série de concours d’architecture s’est dérouléesous le signe de l’innovation et du développement durable. Tous les projets utilisent des matériaux àfaible émission de polluants, ont une faible consommation d’énergie et font preuve d’une utilisationinnovante du bois. La relation intérieur-extérieur de ces projets s’avère par ailleurs particulièrementriche, et c’est surtout cet aspect qui est traité ici.Référence : http://www.arkitektur.no/?nid=58419 160 134
  137. 137. │17│Auberge du Preikestolen Stavanger Architectes : Helen & HardCe projet est un petit hôtel de 24 chambres, situé tout juste à côté du sentier qui mène au Preikestolen,une formation rocheuse surplombant le fjord Lyse qui attire un nombre important de touristes chaqueannée. La forme que prend le bâtiment est directement issue du contexte immédiat de même que duclimat local. En plan, le bâtiment est déformé, « tordu », afin de contourner une formation rocheuseimportante présente du côté nord, créant ainsi du côté sud une ouverture généreuse, en formed’éventail, s’ouvrant vers la lumière du soleil et la vue sur le fjord Lyse. Situé au centre du projet, cetespace accueille l’entrée et la réception. La façade sud est aussi composée d’espaces semi-extérieursensoleillés et à l’abri du vent qui enrichissent l’expérience du site. La forme, qui rappelle un peu celled’une grange, est conçue pour résister aux forts vents de la région. Le tout est construit avec unsystème innovant de panneaux de bois lamellés-croisés, qui offre une liberté spatiale accrue. 161 135
  138. 138. 162 163136
  139. 139. 164 165137
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  141. 141. │18│Lanternern Sandnes Architectes : Atelier Oslo et AWPCe projet est situé sur une petite place publique au centre de la rue piétonne principale de Sandnes,située tout près de Stavanger. La structure évoque subtilement une silhouette de grange, mais lesinnovations structurales de même que les détails particuliers qui la composent lui confèrent un aspectéminemment contemporain. Espace « intermédiaire » à la fois extérieur et protégé, la « lanterne » estun complément à l’espace de la rue complètement ouvert sur l’extérieur et l’espace plus fermécaractéristique des commerces, et constitue ainsi une façon innovatrice de vivre l’espace public enmilieu nordique. La structure est un véritable générateur d’activités dans le centre-ville : elle présenteune acoustique urbaine intéressante pour des petits concerts (http://www.arkitektur.no/?nid=58419) etest activement utilisée par les marchands de la région. 168 139
  142. 142. 169 170140
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  145. 145. │19│Egenes Park Stavanger Architectes : Onix 19. Egenes Park (arch. : Onix) Le site de ce projet de 75 logements jouxte d’une part un quartier résidentiel de Stavanger, composé principalement d’habitations unifamiliales, et, d’autre part, des terrains de soccer. Ce projet représente ainsi un exercice intéressant de densification d’un tissu résidentiel existant de faible densité. L’ensemble est tout d’abord composé d’une série de volumes placés perpendiculairement à l’axe de la rue, qui reprennent le gabarit et l’échelle des maisons situées en face. Un long volume de trois étages de hauteur vient se poser au dessus des quatre volumes bas, en retrait de la rue. Cette composition formelle fragmentée permet ainsi de créer une grande variété d’espaces extérieurs et semi-extérieurs ainsi que de créer une grande perméabilité sur le site. 174 175 143
  146. 146. 176 177144

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