Compte-Rendu
Réunion publique Un Monde d’Avance
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Compte Rendu Réunion publique Un Monde d'Avance "Comment rassembler la Gauche ?"

  1. 1.   Compte-Rendu Réunion publique Un Monde d’Avance Comment rassembler la Gauche ?
  2. 2.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     2           Samedi 14 juin, Un Monde d’Avance organisait une réunion publique dans la Salle des Fêtes de la Mairie du XIe arr. de Paris autour de cette question aussi essentielle que d’actualité : « Comment rassembler la Gauche ? ». La thématique choisie n’était évidemment pas anodine. Au regard du contexte politique, il nous apparaissait important d’aborder sans ambages la question du rassemblement de la gauche en invitant des intervenants issus de divers partis de la gauche et de sensibilités et courants socialistes. Autour de Guillaume Balas et Henri Emmanuelli, Pierre Laurent (PDF), David Cormand (EELV), Marie-Noëlle Lienemann (Maintenant La Gauche), Laurent Baumel (Gauche Populaire et initiateur de l’Appel des 100), Jean-Marc Germain et Fanélie Carrey-Conte (initiateur de l’Appel des 100) ainsi que Rémi Demersseman-Pradel (Motion 4) ont ainsi répondu présents à notre invitation. Devant une salle bondée, les différents intervenants ont porté un message convergent : le rassemblement de la gauche est une nécessité qui implique une réorientation de la politique engagée. Retour sur notre initiative et sur les interventions de nos différents invités.     -­‐-­‐-­‐   Sommaire   p.3 Introduction par Guillaume Balas (Un Monde d’Avance) p.6 Intervention de Pierre Laurent (PCF) p.9 Intervention de David Cormand (EELV) p.12 Intervention de Laurent Baumel (Gauche Populaire, Appel des 100) P.16 Henri Emmanuelli (Un Monde d’Avance) p.18 Intervention de Marie-Noëlle Lienemann (Maintenant La Gauche) p.21 Intervention de Rémi Demersseman-Pradel (Motion 4) p.25 Intervention de Fanélie Carrey-Conte (Un Monde d’Avance, Appel des 100) p.28 Intervention de Jean-Marc Germain (Appel des 100) p.31 Revue de presse p.34 Nous contacter
  3. 3.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     3   INTERVENTIONS   INTRODUCTION PAR GUILLAUME BALAS, Député  européen   Secrétaire  général  d’Un  Monde  d’Avance   « Le rassemblement de la gauche, n’est pas un dogme ou une utopie facile pour des discussions internes mais c’est une nécessité politique ». « Pour nous, pour Un Monde d’Avance, nous ne voulons être qu’une chose : nous ne souhaitons même pas survivre à nous-mêmes. Nous voulons être au sein du PS, les inlassables artisans et défenseurs de l’unité de tous ceux, dans toute leur diversité et tout leur parcours, qui croient qu’il faut réorienter la politique du gouvernement, qui croient, que l’unité de la gauche est une condition nécessaire, stratégique pour ce que nous voulons. Nous voulons être un pont entre la sphère socialiste et les autres mouvements de gauche : les camarades communistes, nos camarades d’EELV, des autres mouvements qui existent dans le champ politique et sociétal. »       Pour  visionner  la  vidéo  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/watch?v= bGbTS3fF-­‐mE     Discours   Je  vais  essayer  d’abord  de  définir  pourquoi  cette  initiative.     Nous   sommes   un   courant   du   PS,   Un   Monde   d’Avance,   depuis   2008   et   nous   constatons   aujourd’hui  pour  les  raisons  que  je  vais  énoncer  qu’il  faut  faire  tomber  les  barrières  au  sein  du   PS.   Entre   le   PS   et   les   autres   mouvements   de   gauche   mais   également   entre   la   Gauche   et   la   société,  et  les  électeurs.   Dans  ce  moment,  nous  avons  un  devoir,  comme  d’autres  -­‐  car  d’autres  initiatives  sont  prises   ailleurs  par  des  militants  et  des  responsables  socialistes,  communistes,  verts,  associatifs.    
  4. 4.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     4   Partout  commence  à  se  réveiller  l’idée  que  les  choses  ne  peuvent  pas  rester  en  l’état.  Et  nous   participons  simplement  à  ce  mouvement  général.  Nous  pensons  que  nous  sommes  à  notre  place   aujourd’hui  en  le  faisant.     Alors,  évidemment,  quelques  mots  sur  le  contexte  et  pourquoi  cette  question  que  nous  avons   posé  à  nos  divers  intervenants  ?  Pourquoi  et  comment  rassembler  la  gauche  ?     Quand  le  Premier  Ministre,  quand  le  Premier  Secrétaire  du  PS  disent  qu’il  y  a  un  risque  de  décès   de  la  gauche  dans  les  mois  et  les  années  qui  viennent  et  qu’ils  le  disent  en  étant  à  leur  niveau  de   responsabilité,  on  peut  considérer  que  l’affaire  est  sérieuse.     La   première   réaction   est   d’identifier   pourquoi.   Il   est   certain   que   les   deux   scrutins   que   nous   venons  de  vivre  sont  absolument  majeurs  pour  l’histoire  de  la  gauche  parce  qu’ils  donnent  la   photographie  politique  de  ce  qu’est  le  pays.   Le  PS  s’est  effondré  lors  des  élections  municipales  alors  qu’il  est  le  parti  au  pouvoir.  Et  l’affaire   des   européennes   a   amplifié   de   manière   considérable   cette   impression   en   faisant   un   score   désastreux,  signe  du  rejet  profond  de  la  politique  menée,  une  abstention  massive,  un  score  du   FN  historique…  mais  nous  constatons  que  ce  n’est  pas  pour  autant  qu’il  y  a  un  recours  à  gauche   qui  s’exprime  par  le  biais  des  électeurs.  EELV  fait  un  score  honorable  mais  sans  sursaut  véritable   et  le  FDG  se  trouve  en  difficulté  tout  comme  les  socialistes.    A  partir  de  ce  moment-­‐là,  il  y  a  bien  une  urgence  à  se  parler.  Nous  sommes  convaincus  que  si   les  gens  de  gauche,  qu’ils  soient  dans  des  partis  ou  des  mouvements  syndicaux,  associatifs  ou   autres,  que  si  ceux-­‐là  n’échangent  pas,  alors  oui,  ça  peut  arriver  :  la  gauche  politique  ou  sociale,   sans   que   nous   parlions   de   mort   imminente,   peut   être   relativisée.   En   vue   des   élections   présidentielles,  rien  n’indique  que  la  Gauche  finisse  première  force,  pire,  rien  n’indique  qu’elle   puisse  arriver  jusqu’au  second  tour.     Je   vous   invite   à   observer   qu’aujourd’hui,   au   regard   de   l’état   de   la   droite   également,   rien   n’indique  non  plus  qu’une  droite  républicaine  continue  à  exister.  Il  peut  tout  à  fait  y  avoir  des   alliances   qui   créent   une   droite   nouvelle   qui   pourrait   prendre   le   pouvoir   avec   une   radicalité   politique  dont  on  a  peine  encore  aujourd’hui  à  imaginer.     Les   responsabilités   sont   multiples.   Parce   je   suis   un   élu   du   PS,   un   membre   du   PS,   je   le   dis  :   d’abord   à   cause   de   la   politique   gouvernementale   que   nous   menons   aujourd’hui,   nous   ne   pouvons  pas  nous  abstraire  de  ce  qui  se  passe.     C’est   parce   que   cette   politique   n’arrive   pas   à   convaincre   que   les   électeurs   aujourd’hui   se   détournent   de   nous.   Pourquoi  ?   Parce   que   cette   politique   ne   répond   pas   aux   attentes   qui   avaient  été  suscitées  par  la  campagne  en  2012,  et  notamment,  le  fait  que  si  redressement  il   devait   y   avoir,   la   justice   devait   prévaloir.   De   ce   point   de   vue,   les   Français   n’ont   pas   le   sentiment   que   ces   objectifs   ont   été   remplis.   Et   aussi   parce   qu’il   y   a   une   force   d’incompréhension   sur   les   objectifs,   les   motifs,   le   fonctionnement.   Il   y   a   un   brouillard   aujourd’hui  qui  font  que  les  institutions  publiques  sont  affaiblies.  La  parole  du  politique  est  elle-­‐ même  affaiblie.    
  5. 5.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     5   Alors,  on  aurait  pu  prendre  l’idée  de  faire  un  colloque  intellectuel  pour  aller  chercher  les  raisons   profondes   à   tout   cela.   Mais   on   a   considéré   qu’il   fallait   prendre   la   démocratie   au   sérieux.   En   démocratie,  il  y  a  des  partis  politiques  qui  se  présentent  aux  élections,  qui  ont  une  histoire,  qui   représentent  quelque  chose.  Nous  avons  choisi  de  les,  de  nous  interroger.   Le  rassemblement  de  la  gauche,  n’est  pas  un  dogme  ou  une  utopie  facile  pour  des  discussions   internes  mais  c’est  une  nécessité  politique.     S’il  y  a  un  désaccord  alors  que  le  PS  dirige  le  pays  sur  la  politique  gouvernementale  alors  il  faut   que  cette  politique  soit  modifiée  pour  commencer  à  avoir  des  convergences  utiles.     Il  y  a  eu  aujourd’hui  un  CN    du  PS  aujourd’hui  et  nous  avons  dit  au  Premier  Secrétaire  :  il  ne  peut   pas  y  avoir  de  rassemblement  de  la  gauche  d’un  côté  théorique  sans  prendre  en  compte  ce  que   la  gauche  dit.  Ce  qu’elle  dit  à  l’extérieur  mais  également  au  sein  du  PS,  au  sein  du  Parlement,  au   Sénat  sur  la  politique  gouvernementale.  Il  faut  donc  qu’il  y  ait  réorientation  profonde  de  cette   politique   gouvernementale   si   nous   voulons   que   la   séquence   d’après   puisse   être   au   mieux   utile,   au   pire,   pas   catastrophique   et   que   la   Gauche   puisse   retrouver   tout   son   rôle   dans   le   devenir  du  pays.     Devant  la  crise  du  pays,  devant  les  inquiétudes  des  citoyens,  la  question  que  nous  posons  peut   paraître   décalée   mais   nous   nous   sommes   dit   que   justement,   si   nous   souhaitions   avoir   un   gramme  d’espoir,  il  fallait  la  poser  tout  de  suite.   Nous  savons  que  les  réponses  ne  sont  pas  définitives.     Mais   pour   nous,   pour   Un   Monde   d’Avance,   nous   ne   voulons   être   qu’une   chose.   Nous   ne   souhaitons  même  pas  survivre  à  nous-­‐mêmes.  Nous  voulons  être  au  sein  du  PS,  les  inlassables   artisans  et  défenseurs  de  l’unité  de  tous  ceux,  dans  toute  leur  diversité  et  tout  leur  parcours,   qui  croient  qu’il  faut  réorienter  la  politique  du  gouvernement,  qui  croient,  que  l’unité  de  la   gauche  est  une  condition  nécessaire,  stratégique  pour  ce  que  nous  voulons.  Nous  voulons  être   un   pont   entre   la   sphère   socialiste   et   les   autres   mouvements   de   gauche  :   les   camarades   communistes,   nos   camarades   d’EELV,   des   autres   mouvements   qui   existent   dans   le   champ   politique  et  sociétal.     Nous  ne  voulons  faire  que  cela  et  nous  ferons  tout  cela.  Nous  commencerons  pas  poser  cette   question  aux  militants  socialistes  pour  leur  demander  leur  avis  sur  cette  question  et  exprimer   cette  nécessité  de  réorienter  la  politique  du  gouvernement  pour  les  Français  mais  aussi  pour   permettre  le  rassemblement  de  la  gauche.    
  6. 6.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     6     INTERVENTION DE PIERRE LAURENT, Secrétaire  National  du  PCF,     Président  du  PGE     « Notre désir le plus profond est d’ouvrir une perspective de sortie de crise positive. Pour cela, nous voulons ouvrir un débat sur le diagnostic de la crise, sur les remèdes à porter et les solutions à mettre en œuvre.». « C’est pour ça que je suis ici ce soir mais également partout où ceux qui veulent réfléchir à des politiques alternatives voudront mener ce débat.» « Il faudra des inflexions à la politique menée et j’espère que nous trouverons des convergences pour les obtenir.»     Pour  visionner  les  vidéos  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/wa tch?v=L5NFaIVqmGo  (1/2)   https://www.youtube.com/wa tch?v=1ZriL6_d2x4  (2/2)   Discours   Je  suis  très  heureux  d’être  parmi  vous.  Nous  sommes  nous  aussi  en  Conseil  National  ce  week-­‐ end.     Nous   procédons   nous-­‐mêmes   à   une   évaluation   de   la   situation   et   c’est   avec   beaucoup   de   satisfaction  que  je  vais  tenter  de  répondre  à  la  question  qui  est  posée.     Probablement  je  n’apporterai  pas  toutes  les  solutions  mais  je  souhaiterais  au  moins  essayer.   La   première   chose   qui   paraît   être   une   évidence   mais   qui   provoque   cette   réunion   comme   probablement   beaucoup   d’autres  :   c’est   un   sentiment   de   gravité   devant   la   situation   dans   laquelle  nous  sommes.     Chacun   peut   comprendre   que   ce   qui   s’est   passé   pendant   les   élections   municipales   et   européennes  n’est  pas  un  accident,  ça  n’est  pas  un  résultat  conjoncturel.    
  7. 7.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     7   Les  conditions  sont  réunies  pour  que  le  scénario  catastrophe  continue  de  s’amplifier  si  nous  ne   faisons  rien.     Dans  les  résultats,  il  y  a  un  désaveu  évident  de  la  politique  gouvernementale.  Comme  vous  le   savez,  nous  avons  été  très  critiques  sur  la  politique  gouvernementale  très  tôt.  Nous  avions  le   sentiment  qu’elle  ne  permettrait  pas  de  répondre  aux  défis  sociaux  et  politiques  mais  ceci  étant   dit,  je  voudrais  aussi  dire  que  notre  politique  au  PCF  n’a  jamais  été  de  parier  sur  l’échec.  Je  n’ai   jamais  cru  à  la  thèse  de  l’automatisme  que  de  l’échec  et  du  chaos  naîtrait  l’espoir  et  la  sortie   radieuse  de  la  crise.  La  critique  a  toujours  été  accompagnée  de  propositions  alternatives.     Au-­‐delà   de   cela,   nous   avons   continué   à   travailler   pour   faire   progresser   les   politiques   de   la   gauche  là  où  elle  est  en  responsabilité.     Malheureusement  le  cours  de  la  politique  gouvernementale  n’a  pas  changé  mais  il  s’est  de  notre   point  de  vue  amplifié  dans  le  mauvais  sens.   Nous   allons   entamer   dans   quelques   jours   le   débat   sur   le   pacte   de   responsabilité,   plus   précisément   le   plan   d’économies   et   vous   connaissez   notre   point   de   vue.   Les   résultats   des   élections  marquent  une  accélération  de  la  crise  politique  qui  n’est  pas  nouvelle  et  qui  a  démarré   depuis  10  ans  quand  Jean-­‐Marie  Le  Pen  a  été  qualifié  au  second  tour  de  l’élection  présidentielle.     Le  FN  est  installé  dans  le  paysage  politique  depuis  trop  longtemps.     Il  y  a  effectivement  des  phénomènes  de  crise  politique  qui  sont  extrêmement  préoccupants.  Un   rejet   des   responsables   politiques   au   fil   des   déceptions   qui   ont   à   chaque   fois   suivi   les   espoirs   montants  portés  par  la  société.  Ces  phénomènes  ont  pris  un  tour  dramatique  avec  l’installation   maintenant  à  un  niveau  extrêmement  élevé  des  scores  du  FN.     Donc   la   situation   est   extrêmement   sérieuse.   Notre   désir   le   plus   profond   est   d’ouvrir   une   perspective  de  sortie  de  crise,  de  cette  crise  sociale,  politique  et  économique,  une  sortie  de   crise  positive.  Au  cœur  de  cette  crise,  il  y  a  les  choix  de  la  politique  gouvernementale.     Ces  choix  sont  assis  sur  des  thèses  que  nous  connaissons  :  les  deux  grands  problèmes  de  notre   pays  seraient  le  coût  du  travail  et  le  problème  de  compétitivité.  Au  PCF,  nous  considérons  qu’il  y   a   un   très   grand   problème   lié   au   type   de   croissance   capitaliste   dans   l’inflation   absolument   dramatique   des   prélèvements   sur   les   richesses   créées   et   du   coût   du   capital.   Il   y   a   une   confiscation  et  un  détournement  permanent  d’une  part  croissante  des  richesses  créées  au  profit   de   logiques   de   croissance   financière   qui   handicape   tous   les   ressorts   d’un   développement   économique  harmonieux.     Il   y   a   dans   les   entreprises   des   masses   financières   considérables   utilisées   à   des   politiques   de   croissance  financière  et  des  politiques  de  rentabilité  qui  handicape  le  pays  gravement.  Il  semble   que   nous   ne   serions   pas   capables   une   entreprise   comme   Alstom   d’une   vente   à   la   découpe   menée  par  des  grands  groupes  internationaux.     Il  y  a  en  ce  moment  une  grève  des  cheminots  qui  posent  un  problème  d’investissement  dans  le   ferroviaire  pour  mettre  à  niveau  ce  secteur.  Et  il  semblerait  que  nous  ne  soyns  pas  capables  de   mettre  les  moyens  de  ces  investissements.  Et  on  va  demander  à  la  productivité  des  cheminots  
  8. 8.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     8   d’éponger   la   dette   contractée   par   l’Etat.   Nous   sommes   dans   des   logiques   qui,   si   on   nous   les   maintenons,  mèneront  le  pays  dans  le  mur.     Nous   voulons   ouvrir   un   débat   sur   le   diagnostic   de   la   crise,   sur   les   remèdes   à   porter   et   les   solutions  à  mettre  en  œuvre.  Il  faut  ouvrir  ce  débat  si  on  veut  sortir  de  la  logique  d’échec  social,   économique  et  politique.  Il  faudrait  aussi  ouvrir  le  débat  européen.     Le  problème  c’est  qu’à  chaque  fois  que  la  France  a  eu  l’occasion  d’ouvrir  ce  débat  européen,  nos   dirigeants  n’ont  pas  saisi  ces  occasions.  On  voit  bien  dans  quelle  impasse  cela  nous  enfonce.     La  progression  des  populismes  n’est  pas  que  national  mais  bien  européen.     Il  faut  donc  ouvrir  le  débat  sur  les  politiques  alternatives  aux  politiques  d’austérité.   Nous  voulons  que  le  débat  sur  le  nécessaire  rassemblement  de  la  gauche  se  mette  à  partir  de  ce   débat  du  projet.  C’est  la  seule  solution  pour  construire  ce  chemin.     Personne  ne  peut  avoir  l’illusion  dans  cette  situation  que  nous  réglerons  ce  problème  en  agitant   la   menace   du   Front   National   et   en   disant   que   finalement   il   faudra   que   tout   le   monde   se   rassemble   derrière   François   Hollande   ou   un   candidat   qui   porterait   un   programme   de   même   nature  que  la  politique  menée  actuellement.  Ce  scénario  ne  peut  pas  marcher.     Le   réflexe   républicain   est   désarmé   par   l’ampleur   de   la   politique   actuelle   et   le   désaveu   de   la   politique   gouvernementale.   Si   on   ne   s’attaque   pas   au   débat   en   profondeur   sur   le   sens   de   la   politique  gouvernementale,  nous  ne  parviendrons  pas  à  avancer  dans  ce  sens.     C’est  pour  ça  que  je  suis  ici  ce  soir  mais  également  partout  où  ceux  qui  veulent  réfléchir  à  des   politiques  alternatives  voudront  mener  ce  débat.  Je  suis  engagée  avec  d’autres  forces  dans  le   Front  de  Gauche.  Je  pense  qu’il  a  un  rôle  à  jouer,  qu’il  doit  changer,  modifier  les  choses  et  ces   modifications,  nous  allons  les  porter.  Mais  je  veux  effectivement  ouvrir  un  débat  sans  préalable   avec  tous  ceux  qui  le  voudront.       Nous  devons  tous  saisir  les  occasions  de  dialogue.  Notre  CN  décidera  demain  matin  de  lancer  un   appel   à   l’ouverture   d’un   dialogue   national   sur   ces   enjeux   et   donc   ma   présence   ici   n’est   pas   fortuite.  Elle  n’est  pas  un  coup  pour  un  jour.  Nous  allons  entrer  sérieusement  dans  la  volonté   d’ouvrir  le  débat  avec  l’ambition  de  le  déverrouiller.     Effectivement,  dans  la  situation,  chaque  occasion  perdue  va  se  payer  très  cher.     Il  faut  écouter  ce  qui  se  passe  à  la  SNCF  et  chez  les  cheminots.  La  Gauche  ne  peut  pas  se  dire   qu’elle   n’est   pas   interpelée.   Ne   nous   laissons   pas   attraper   par   les   propagandes   qui   les   présentent   comme   des   preneurs   d’otage.   Intermittents,   débats   budgétaires,   dossier   Alstom,   réforme  territoriale  il  faudra  des  inflexions  et  j’espère  que  nous  trouverons  des  convergences   pour  les  obtenir.     Tout  ce  que  nous  obtiendrons  seront  autant  de  points  marqués  pour  essayer  d’ouvrir  enfin,  une   vraie  perspective  de  gauche.    
  9. 9.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     9     INTERVENTION DE DAVID CORMAND, Président  du  Groupe  EELV  au  CR  de  Haute-­‐Normandie,   Secrétaire  national  adjoint  d’EELV   « Les lois de l’économie dominantes qui ne sont votées par personne sont supérieures aux lois de la République voulues par les représentants de celles et ceux qui ont voté en 2012.» « Les Françaises et les Français ne nous suivront pas uniquement sur le rejet d’une politique. Il faut que l’on se donne les moyens de construire un projet.» « On ne peut pas attendre 2017 pour proposer l’alternative.»       Pour  visionner  les  vidéos  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/watc h?v=ZHNXjHQ04pc   Discours   Bonjour  à  tous,     Je  vous  prie  tout  d’abord  d’excuser  l’absence  d’Emmanuelle  Cosse  car  nous  sommes  nous  aussi   en  conseil  fédéral  de  notre  Parti.   La  question  qui  se  pose  c’est  comment  rassembler  la  Gauche.  Quand  on  pose  cette  question-­‐là,   une  autre  nous  vient  tout  de  suite  à  l’esprit  :  pourquoi  est-­‐elle  divisée  ?     Il  y  a  une  sorte  de  malentendu  entre  la  majorité  qui  se  construit  en  2012  pour  mettre  dehors   N.  Sarkozy  et  ce  qui  a  été  réalisé  par  la  suite.     Il  y  avait  l’attente  d’un  espoir,  d’un  changement.  Mais  assez  vite,  il  y  a  le  TSCG,  le  CICE  et  l’ANI.     Sur   le   TSCG,   il   y   a   eu   un   problème   car   on   n’a   pas   fait   ce   qu’on   avait   dit   qu’on   ferait.   On   intériorise,   en   adoptant   le   TSCG,   le   principe   de   dire   que   les   politiques   d’austérité   sont   compatibles  avec  la  politique  qui  nous  a  porté  au  pouvoir.  
  10. 10.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     10   Concernant  le  CICE,  on  dit  que  pour  que  l’économie  aille  mieux,  il  faut  rendre  de  l’argent  aux   entreprises.   Enfin,  sur  l’ANI,  on  focalise  sur  le  coût  du  travail.  Mais  de  la  même  façon  que  pour  les  exemples   précédents,  ce  sont  des  choses  que  l’on  combat  depuis  des  années  et  que  tout  d’un  coup,  on   intériorise.   Les  lois  de  l’économie  dominantes  qui  ne  sont  votées  par  personne  sont  supérieures  aux  lois  de   la  République  voulues  par  les  représentants  de  celles  et  ceux  qui  ont  voté  en  2012.  Et  ça,  c’est   inacceptable  aux  yeux  des  gens.   Ce  n’est  pas  un  problème  conjoncturel.  Il  y  a  un  croisement  de  crise  jamais  connu.  C’est  vrai   pour  la  France,  c’est  vrai  pour  l’Europe.     (…)  Il  y  a  une  sorte  de  déni  par  rapport  au  vote  FN.  On  le  banalise.  C’est  quelque  chose  qui  est   d’une  nouveauté  incroyable.  Pour  Le  Pen  père,  le  FN  est  un  outil  de  jouissance  personnelle.  Pour   Le   Pen   Fille,   elle   est   en   train   de   construire   quelque   chose   à-­‐même   de   pouvoir   conquérir   le   pouvoir.  Marine  Le  Pen  a  compris  que  pour  gagner  le  deuxième  tour  d’une  élection,  il  fallait  des   réseaux,  une  implantation  locale,  gagner  une  majorité  d’idée  et  c’est  exactement  ce  qui  est  fait   par  le  FN.     Par  rapport  à  cette  coalition,  refaire  le  coup  de  la  coalition  de  rejet,  ça  ne  marchera  pas.  Les   Françaises  et  les  Français  ne  nous  suivront  pas  uniquement  sur  le  rejet  d’une  politique.  Il  faut   que   l’on   se   donne   les   moyens   de   construire   une   coalition   de   projet.   Mais   sur   quelle   histoire   peut-­‐on  la  faire  ?   Je  pense  que  la  Gauche,  on  a  un  problème  d’imaginaire  politique.  Comment  on  se  projette  et   comment  on  projette  nos  concitoyens  dans  un  imaginaire  politique  émancipateur  ?     Pendant  des  décennies  on  s’est  construit  autour  de  l’augmentation  du  pouvoir  d’achat.  On  est   dans  un  système  où  bien  sûr  il  faut  améliorer  le  pouvoir  d’achat  de  ceux  qui  ont  moins  mais  ce   n’est   pas   uniquement   cette   société   de   l’avoir   qui   va   nous   permettre   de   reconstruire   une   majorité  dans  ce  pays.   Ce  qu’il  faut  arriver  à  construire,  c’est  un  autre  imaginaire  politique  où  la  possession  ne  passe   pas  seulement  par  l’imaginaire  de  l’avoir  mais  également  par  l’être.  Et  cette  bataille  idéologique   là,  on  est  en  train  de  la  perdre.   J’ai  parlé  aussi  de  l’impératif  de  se  mettre  d’accord  vers  une  sorte  de  révolution  démocratique   pour   changer   la   Vème   république   et   modifier   les   relations   que   l’on   a   aux   citoyennes   et   citoyens.     Cette  crise  politique  profonde  se  résout  donc  par  ces  différents  points.   Enfin,  on  se  dirige  vers  2017.  Que  va-­‐t-­‐il  se  passer  si  on  ne  s’organise  pas  mieux  ?     Il   y   a   quelque   chose   qui   a   changé   par   rapport   à   d’habitude  quand   la   gauche   se   remet   en   question  et  construit  l’alternative,  c’est  qu’en  général  elle  est  dans  l’opposition.  Or  aujourd’hui,   la   gauche   est   au   pouvoir.   Et   on   ne   peut   pas   attendre   2017   pour   proposer   l’alternative.   Dès  
  11. 11.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     11   maintenant  il  faut  construire  un  rapport  de  force  pour  qu’en  2017,  on  ait  une  chance  de  ne  pas   se  faire  bananer.   Si  on  veut  une  VIème  république  un  jour  où  la  place  des  parlementaires  est  respectée,  je  pense   que  vous  avez,  avec  les  citoyens,  un  laboratoire  formidable  pour  montrer  que  vous  avez  été  élu   avec  un  mandat  et  que  vous  restez  comptable  jusqu’en  2017.   Pour  reconstruire  avec  les  citoyens,  il  y  a  une  sorte  d’exemplarité  à  donner.  C’est  dans  cet  état   d’esprit  que  sont  les  écologistes.     Enfin,   il   y   a   un   autre   laboratoire,   ce   sera   les   Régionales.   Là   aussi,   peut   être   que   des   choses   pourront  être  expérimentées.  
  12. 12.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     12     INTERVENTION DE LAURENT BAUMEL, Député  d'Indre-­‐et-­‐Loire,     Animateur  de  la  Gauche  Populaire,     Initiateur  de  l'appel  des  100       « J’ai envie d’abord de vous dire que je ne suis pas sûr que l’on soit dans la minorité socialiste, ça pourra se vérifier un jour. Et puis, plus sérieusement, je veux vous dire que personne, pas même la direction de notre parti, n’a le monopole du travail de rassemblement de la gauche. Ce travail, il appartient à tous et d’abord à ceux qui sont en situation de le mener.» « Il ne peut y avoir rassemblement autour d’une orientation politique suffisamment partagée.» « La convergence c’est demain dans ce combat parlementaire, que nous allons en faire la première expérience. Les amendements que nous amenons dans l’hémicycle, nous les amenons devant l’ensemble représentation nationale. Et par conséquent, nous créons les conditions devoir avec les uns et les autres s’il est possible de faire ce bout de chemin. (…) si nous y parvenons, je pense que nous aurons franchi une étape qui fera date.»         Pour  visionner  la  vidéo  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/ watch?v=QGN9rcG_pYU   Discours   Merci   pour   cette   initiative   légitime.     Je   le   dis   car   tout   à   l’heure   Jean   Christophe   Cambadélis,   notre  Premier  secrétaire  est  intervenu  au  sujet  rendez-­‐vous  de  ce  soir,    pour  inviter  –  il  visait   notamment  Pierre  Laurent  –  les  directions  des  partis  frères  à  ne  pas  jouer  avec  les  minorités   socialistes.  Mais  je  pense  que  ça  s’adressait  plutôt  à  la  minorité  socialiste.  
  13. 13.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     13   J’ai  envie  d’abord  de  vous  dire  que  je  ne  suis  pas  sûr  que  l’on  soit  dans  la  minorité  socialiste,   ça  pourra  se  vérifier  un  jour.  Et  puis,  plus  sérieusement,  je  veux  vous  dire  que  personne,  pas   même  la  direction  de  notre  parti,  n’a  le  monopole  du  travail  de  rassemblement  de  la  gauche.   Ce  travail,  il  appartient  à  tous  et  d’abord  à  ceux  qui  sont  en  situation  de  le  mener.   Alors,   la   question   que   vous   posez   «  est-­‐ce   que   le   rassemblement   de   la   gauche   est   nécessaire  ?  »,  bien  sûr  elle  est  nécessaire  pour  toutes  les  raisons  structurelles  évoquées  –  je   ne   sais   pas   si   nous   aurons   un   jour   la   proportionnelle,   mais   dans   ce   type   de   scrutin,   le   rassemblement  est  souhaitable  –  mais  aussi  pour  ceux  que  les  uns  et  les  autres  ont  dit  avant   moi.   Un   Front   national   qui   menace,   qui   pourrait   arriver   au   pouvoir,   sinon   seul,   dans   une   coalition  avec  une  droite  dite  parlementaire  qui  aurait  fait  sauter  les  digues.  Henri  Emmanuelli  a   rappelé  que  cela  était  possible.  On  sait,  instruits  par  l’expérience,  que  parmi  les  conditions  qui   peuvent  amener  l’extrême  droite  et  le  populisme  au  pouvoir,    la  division  de  la  gauche  en  fait   partie.       Pour  autant,  ce  qu’ont  dit  les  uns  et  les  autres  avant  moi  est  juste.  Cela  ne  peut  pas  constituer   une  condition  suffisante  du  rassemblement.    Il  ne  peut  y  avoir  rassemblement  autour  d’une   orientation  politique  suffisamment  partagée.  Cela  suppose  que  chacun  fasse  un  mouvement,   que   chacun   se   rende   un   minimum   compatible   avec   ses   partenaires.   C’est   la   responsabilité   principale.   Les   exemples   historiques   ont   été   pris  :   L’union   de   la   gauche,   la   grande   révolution   stratégique  de  François  Mitterrand,  qui  avait  compris  la  nécessité  d’effectuer  ce  rapprochement,   essentiellement  à  l’époque  avec  le  Parti  communiste.  Des  efforts  programmatiques  avaient  été   faits   en   ce   sens.     La   gauche   plurielle   ensuite,   qui   consistait   en   une   feuille   de   route,   reconnaissons-­‐le   pas   très   élaborée,     entre   les   socialistes,   les   écologistes   et   les   communistes.   Mais   il   y   avait   chez   le   chef   de   cette   coalition,   Lionel   Jospin,     au   moins   une   volonté   politique   d’organiser  une  dialectique,  un  dialogue.  A  tel  point  que,  je  le  rappelle  ici,  Lionel  Jospin  tenait   tellement  à  la  gauche  plurielle  que  c’est  ce  qui  l’a  empêché  de  bouger,  après  les  élections  de   2001,  sur  les  questions  d’insécurité.  Il  l’avait  dit,  il  tenait  particulièrement  à  cette  construction   politique    et  il  n’a  pas  voulu  ouvrir,  en  fin  de  mandat,  un  débat  compliqué  à  l’intérieur  de  la   gauche  plurielle.  Bon  je  ne  suis  pas  sûr  à  posteriori  que  la  posture  était  la  bonne,  mais  en  tout   cas,  il  tenait  au  rassemblement  de  la  gauche  comme  une  dimension  essentielle  et  il  faisait  des   efforts,  me  semble-­‐t-­‐il,  dans  ce  sens.     Aujourd’hui,  et  je  le  répète  car  cela  a  été  dit  avant  moi,  la  ligne  politique  qui  a  été  au  centre,   c’est-­‐à-­‐dire   du   gouvernement,   de   la   gauche   au   pouvoir,   ne   permet   pas   à   l’évidence   le   rassemblement  des  forces  de  gauche.     Quelle  est  la  ligne  qui  permettrait  le  rassemblement  ?  J’ai  la  faiblesse  de  penser  que  ce  que  nous   essayons  de  construire,  même  si  nous  n’épuisons  pas  tout  le  panel  des  sujets,  mais  ce  que  nous   essayons  de  construire  avec  ce  que  nous  avons  appelé  «  l’appel  des  100  »,    constitue  au  moins   sur   les   sujets   abordés,     cette   position,   cette   ouverture,   cet   équilibre,     qui   peut   permettre   d’avancer  dans  le  processus  d’un  rassemblement  beaucoup  plus  large.     Que  disons-­‐nous  ?  Je  vais  être  très  court.  Un  :  oui  on  peut  mener  un  effort  de  réduction  des   déficits  qui  sont  aujourd’hui  excessifs  et  menacent  la  souveraineté  financière  de  la  France,  mais   on  ne  peut  pas  mener  cet  effort  à  marche  forcée,  sauf  à  prendre  le  risque  de  casser  la  croissance   et   donc   crée   une   situation   qui   ne   permet   pas   d’atteindre   la   situation   que   nous   nous   fixions  
  14. 14.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     14   d’atteindre.  Et  nous  disons,  nous  ne  pouvons  pas  faire  payer  ce  redressement  par  les  classes   populaires   et   les   classes   moyennes   de   ce   pays.   C’est   ça   la   grande   erreur.   Et   Manuel   Valls,   d’ailleurs  à  sa  manière,  le  reconnaît  aujourd’hui.  Mais  c’est  un  peu  tard.     Nous   disons,   on   peut   aider,   dans   une   alliance   des   productifs,   les   secteurs   productifs   les   plus   exposés  à  la  concurrence,  les  petites  entreprises…  Ceux  qui  incarnent  l’entreprise  au  sens  noble   du   terme,   ceux   qui   créent   de   la   richesse.   Et   que   déverser   41   milliards   sans   garantie   que   cet   argent  n’ira  pas  à  la  distribution  de  dividendes  accrus  pour  les  actionnaires,  sans  garantie  que   ces   montants   iront   à   la   recherche,   à   l’emploi,   à   l’investissement.   Il   faut   une   politique   plus   équilibrée  qui  garderait  une  partie  de  ces  sommes  pour  aider  les  secteurs  productifs  qui  en  ont   besoin  ou  qui  s’engagent  sur  des  financements.  Mais  il  faut  réinjecter  la  moitié  de  ces  aides  vers   une  politique  de  soutien  à  la  demande  :  à  l’investissement  publique  au  pouvoir  d’achat.  Ce  qui   serait  conforme  à  un  objectif  d’efficacité  économique  et  conforme  à  ce  que  l’on  attend  de  la   gauche   lorsqu’elle   gouverne.   La   gauche   lorsqu’elle   gouverne   est   là   d’abord,   non   pas   pour   détériorer  les  conditions  matérielles  des  classes  populaires,    mais  en  principe  pour  les  améliorer.     Et  puis  il  y  a  le  débat  idéologique  et  stratégique.  Je  l’ai  dit  ce  matin  devant  le  conseil  national.   On   peut   comprendre,   dans   une   période   de   chômage   élevé,   qu’un   gouvernement   socialiste   ressente   la   nécessité   d’engager   un   dialogue   avec   le   patronat,   pour   voir   s’il   est   possible   de   mouiller   celui-­‐ci   dans   l’objectif   de   redressement.   Mais   la   social-­‐démocratie   et   le   socialisme   démocratique  ce  n’est  pas  la  subordination  du  travail  au  capital,  ce  n’est  pas  la  subordination   de   la   demande   à   l’offre,   ce   n’est   pas   la   subordination   de   la   justice   sociale   à   l’efficacité   économique.   Ça,   c’est   le   programme   social-­‐libéral,   le   programme   blairiste.   La   social-­‐ démocratie,  c’est  accepter  qu’il  puisse  y  avoir  des  contradictions,  des  tensions.  Et  donc,  c’est   chercher  des  compromis,  des  équilibres,  entre  ce  que  l’on  fait  pour  le  capital  et  pour  le  travail,   entre  ce  que  l’on  fait  pour  l’efficacité  économique  et  ce  que  l’on  fait  pour  la  justice  sociale.     Enfin   à   travers   notre   démarche,   nous   portons   en   effet   une   critique   de   ce   régime   de   la   Ve   République.   Nous   proposons   d’une   certaine   manière   d’essayer   de   sortir   de   ce   régime   par   la   pratique.  Les  débats  sur  la  VIe  République,  sur  le  changement  de  Constitution,  ils  ont  eu  lieu   dans  le  Parti  socialiste.  On  en  connaît  la  difficulté.  La  difficulté  principale  c’est  que  vous  aurez  du   mal  à  trouver  un  candidat  à  la  présidence  de  la  République  qui  fasse  campagne  pour  abaisser   son   pouvoir.   En   revanche,   nous   avons   la   possibilité,   à   travers   cette   expérience,   de   changer   l’esprit  du  régime  de  l’intérieur.  Ce  que  nous  sommes  en  train  de  faire  est  dans  le  fond  assez   simple.  Mais  dans  sa  simplicité  même,  assez  audacieux.    Nous  sommes  des  parlementaires  qui   disons  :  «  après  tout,  nous  sommes  les  législateurs  et  nous  avons  le  droit  constitutionnel  d’aller   demain   dans   l’hémicycle   défendre   une   orientation   contrairement   à   la   pratique   établie   jusqu’ici  ».  Nous  allons  voter  nos  propres  amendements.  Nous  n’allons  pas  simplement  faire  de   la   gesticulation.   Nous   n’allons   pas   seulement   faire,   ce   que   l’on   appelle   dans   le   jargon   parlementaire,   des   amendements   d’appel.   C’est-­‐à-­‐dire   que   nous   acceptons   de   le   retirer   à   la   demande  du  gouvernement.  Nous  allons  défendre  nos  propositions  et  montrer,  ce  faisant  au   pays,   à   l’électorat   de   gauche,   à   tous   ceux   qui   attendent   quelque   chose,   tous   ceux   qui   désespèrent   de   voir     qu’il   se   passe,   nous   allons   leur   montrer   qu’il   existe   des   femmes   et   des   hommes  d’abord  à  l’assemblée,  j’espère  au  Sénat  aussi,  et  demain  plus  largement  lorsque  les   militants  seront  appelés  à  se  prononcer  dans  le  parti,  qu’il  existe  des  hommes  et  des  femmes  qui  
  15. 15.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     15   dans   la   période   veulent   relever   au   sein   du   Parti   socialiste   et   avec,   si   c’est   possible,   nos   partenaires,  l’honneur  et  la  dignité  de  la  gauche  française.   Je   terminerai   par   là.   La   convergence   c’est   demain   dans   ce   combat   parlementaire,   que   nous   allons  en  faire  la  première  expérience.  Les  amendements  que  nous  amenons  dans  l’hémicycle,   nous   les   amenons   devant   l’ensemble   représentation   nationale.   Et   par   conséquent,   nous   créons   les   conditions   devoir   avec   les   uns   et   les   autres   s’il   est   possible   de   faire   ce   bout   de   chemin.   Et   si   nous   y   parvenons,   ce   n’est   pas   acquis   d’avance,   les   complications   politiques   existent  –vous  verrez  le  feuilleton  médiatique  de  la  semaine  autour  de  la  discipline  au  sein  du   groupe  socialiste  –  mais  si  nous  y  parvenons,  je  pense  que  nous  aurons  franchi  une  étape  qui   fera  date.  
  16. 16.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     16   INTERVENTION D’HENRI EMMANUELLI, Député  des  Landes,     Président  du  CG  des  Landes,     Animateur  d’Un  Monde  d’Avance       « C’est l’année de l’anniversaire de Jean Jaurès et entendre dire que la gauche peut mourir m’a beaucoup choqué. Je ne sais pas si la gauche peut mourir ; mais ce que je sais c’est qu’on doit tout faire pour qu’elle vive.» « Pour que la gauche vive il faut qu’elle soit rassemblée. Elle arrive à survivre séparée, mais si on veut qu’elle vive réellement il faut qu’elle soit rassemblée. » « Les militants sont aujourd’hui considérés comme des moutons alors qu’on devrait les considérer comme des citoyens capables d’autonomie. Il faut les remettre au centre du jeu. Je propose que nous lancions une pétition dans le Parti socialiste. »       Pour  visionner  la  vidéo  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/w atch?v=IXp1cI7ZVy8     Discours   Je  voudrais  d’abord  remercier  la  présence  de  Pierre  Laurent.       C’est  l’année  de  l’anniversaire  de  Jean  Jaurès  et  entendre  dire  que  la  gauche  peut  mourir  m’a   beaucoup  choqué.  Je  ne  sais  pas  si  la  gauche  peut  mourir  ;  mais  ce  que  je  sais  c’est  qu’on  doit   tout  faire  pour  qu’elle  vive.  Nous  sommes  dans  une  situation  difficile  sur  le  plan  international  et   en  Europe.  Cette  «  stagflation  »  devient  inquiétante.       En  France  nous  avons  vécu  les  municipales  et  les  européennes.  Les  sympathisants  sont  passés   de   l’étonnement   à   la   sidération.   Pour   que   la   gauche   vive   il   faut   qu’elle   soit   rassemblée.   Elle   arrive  à  survivre  séparée,  mais  si  on  veut  qu’elle  vive  réellement  il  faut  qu’elle  soit  rassemblée.       Je  suis  d’accord  avec  Pierre  Laurent,  nous  ne  pouvons  être  rassemblés  que  sur  des  projets,  pas   seulement  sur  des  effets  de  salle  ou  pour  constituer  des  listes  pour  les  élections.  C’est  à  partir   des  sujets  de  fond,  et  il  y  en  a,  que  l’on  peut  construire  quelque  chose  ensemble.    
  17. 17.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     17     J’ai  bien  entendu  Jean  Christophe  Cambadélis  qui  va  lancer  les  Etats  Généraux  de  la  Gauche.    Il  y   a  juste  un  problème  :  rassembler  la  gauche  implique  que  l’on  change  de  politique.  Avec  la  ligne   actuelle,  je  ne  vois  pas  comment  la  gauche  peut  se  rassembler.       Je  suis  aussi  sidéré  par  le  rôle  qui  est  donné  au  Parlement.  Si  nous  sommes  les  frondeurs,  qui   est  Louis  14  ?  Je  voudrais  remercier  les  camarades  qui  ont  travaillé  pour  essayer  d’infléchir   cette  politique.  Ca  n’est  pas  quelque  chose  de  très  transgressif,  cela  n’est  même  surement  pas   assez  pour  nos  partenaires  de  gauche.  Le  premier  ministre  aurait  mieux  à  faire  que  le  conseiller   principal  d’éducation.  Je  le  dis  comme  je  pense.       Alors  qu’est-­‐ce  qu’on  peut  faire  ?       Les   militants   sont   aujourd’hui   considérés   comme   des   moutons   alors   qu’on   devrait   les   considérer  comme  des  citoyens  capables  d’autonomie.  Il  faut  les  remettre  au  centre  du  jeu.  Je   propose  que  nous  lancions  une  pétition  dans  le  Parti  socialiste.       Il   y   en   a   une   qui   doit   considérer   les   institutions.   Tout   est   bloqué.   Aujourd’hui   ce   n’est   plus   possible  :   ce   système   est   bloqué,   indépendamment   des   personnes   qui   occupent   les   postes   suprêmes.  Les  institutions,  qu’on  a  commencé  à  modifier  en  2001,  ne  peuvent  plus  fonctionner   normalement.   Il   faut   aller   jusqu’au   bout   de   la   réflexion.   Il   faut   demander   à   notre   parti   une   convention  sur  nos  institutions.  Il  faut  que  le  sujet  soit  abordé  et  débattu.  On  verra  bien  si  les   militants  jugent  que  les  parlementaires  ont  trop  de  pouvoirs  ou  pas.       Il  y  a  une  deuxième  pétition  à  faire  également  sur  la  réorientation  de  l’Europe.  Il  faut  que  l’on  ait   un  débat  dans  le  Parti  socialiste.  Il  faut  demander  aux  militants  s’ils  souhaitent,  ou  pas,  qu’il  y  ait   des  conventions  thématiques  sur  des  sujets  comme  celui-­‐là.  Il  faut  qu’on  bouge,  à  l’intérieur  du   parti,  comme  à  l’extérieur,  sinon  on  risque  l’accident.  Il  ne  suffira  de  brandir  les  problèmes  du   FN   ou   de   chercher   le   miracle   dans   le   front   républicain.   Nous   avons   perdu   les   catégories   populaires.   Elles   ne   vont   pas   revenir   de   façon   évidente.   Je   crains   qu’une   partie   des   militants   UMP  soient  ralliés  à  l’alliance  avec  le  FN.  La  bataille  qui  va  se  jouer  à  l’UMP  va  être  celle-­‐là  Ce   sujet  peut  dessiner  une  situation  ultra  dangereuse.       Je   ne   crois   pas   au   rassemblement   contraint   de   la   gauche.    Cela   doit   être   voulu,   souhaité   et   attendu.  Les  élites  préparent  les  esprits  à  la  banalisation  de  l’extrême  droite.  Comme  si  avoir  le   FN  au  second  tour  de  l’élection  était  finalement  quelque  chose  de  banal.       J’espère  que  la  discussion  avec  nos  partenaires  sera  fructueuse  et  qu’elle  pourra  se  poursuivre.  
  18. 18.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     18     INTERVENTION DE MARIE-NOËLLE LIENEMANN, Sénatrice  de  Paris   Animatrice  de  Maintenant  La  Gauche       « L’abstention et le vote FN sont deux miroirs d’une même réalité. Dans l’Histoire, on a vu que nous n’étions pas capable d’affronter de telle crise si la gauche n’est pas rassemblée.» « Nous ne reconstruirons pas la gauche si nous n’avons pas des convergences tangibles à proposer qui éclaire le long terme mais qui répondent aussi à l’urgence sociale et économique.» « L’unité n’est pas uniquement nécessaire pour 2017. Elle est nécessaire ici et maintenant autour d’un pacte de convergence. Si nous sommes unis, nous sommes en condition de changer le rapport de force au sein de la gauche et du pays.»       Pour  visionner  la  vidéo  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/wat ch?v=5cIqSJDny4w   Discours   Merci  à  Un  Monde  d’Avance  d’avoir  initié  cette  rencontre.  Il  y  en  a  beaucoup  en  ce  moment,   mais  elles  sont  toutes  nécessaires.  Nous  sommes  dans  un  contexte  dangereux,  dans  une  crise   qui  vient  de  loin  et  qui  s’est  considérablement  accélérée  depuis  deux  ans.   Le  fait  que  le  FN  soit  en  tête  en  France  ne  doit  en  aucun  cas  être  banalisé.  L’abstention  et  le   vote  FN  sont  deux  miroirs  d’une  même  réalité.  Dans  l’Histoire,  on  a  vu  que  nous  n’étions  pas   capable  d’affronter  de  telle  crise  si  la  gauche  n’est  pas  rassemblée.  On  prend  souvent  l’exemple   du  Front  populaire.  Ce  n’était  pas  qu’un  front  anti  fasciste  mais  également  un  front  de  progrès   social.  Si  on  demande  à  nos  citoyens  de  s’unir  seulement  pour  éviter  qu’au  deuxième  tour  on  ait   le  Fn  face  à  la  droite,  ça  ne  marchera  pas.  En  revanche  la  crise  impose  le  rassemblement  de  la   gauche  très  rapidement.    
  19. 19.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     19   La  question  est  de  savoir  comment  on  peut  réussir  et  dans  quelles  perspectives  ?     Il  y  a  deux  ans  une  majorité  de  français  ont  voté  à  gauche.  Bien  sûr  à  chaque  fois  que  l’on  gagne   on  nous  explique  que  c’est  parce  que  la  droite  est  divisée.  Pourtant  je  ne  vois  pas  par  quelle   réalité  politique  la  gauche  ne  serait  jamais  majoritaire  dans  ce  pays.  La  réalité  est  plus  complexe.   Dans  ce  pays  républicain  il  y  a  toujours  un  équilibre  gauche-­‐droite  instable  :  le  camp  qui  gagne   est  celui  qui  est  le  plus  rassemblé  et  qui  préempte  le  projet  républicain.  Celui  qui  incarne  une   période  historique  et  la  manière  dont  la  France  définit  son  horizon  politique.  Si  Hollande  a  gagné   c’est  que  plusieurs  forces  se  sont  rassemblées  autour  des  engagements  qu’il  avait  pris  avec  les   Français   qui   constituaient   des   raisons   d’espérer,   un   réformisme   pour   voir   autrement   notre   avenir.   Les  élections  de  2012  portaient  en  germes  les  difficultés  que  nous  avons  aujourd’hui.  Nous  ne   sommes   pas   arrivés   au   pouvoir   avec   une   plateforme   qui   rassemble   l’ensemble   des   forces   de   gauche.   Le   club   Gauche   avenir   avait   essayé   de   regarder   tous   les   programmes   pour   voir   si   le   champ  des  convergences  si  il  y  avait  possibilités  d’avoir  une  plateforme  législative  commune.   C’est  la  première  fois  de  l’histoire  que  la  gauche  ne  se  rassemble  pas  dans  un  Gouvernement   pour  gouverner.     Nous   ne   reconstruirons   pas   la   gauche   si   nous   n’avons   pas   des   convergences   tangibles   à   proposer   qui   éclaire   le   long   terme    mais   qui   répondent   aussi   à   l’urgence   sociale   et   économique.   La  gauche  ça  n’est  pas  que  les  partis  politiques.  C’est  aussi  les  syndicats.  Le  monde  du  travail   c’est  la  gauche.  Les  associations  c’est  la  gauche,  toutes  celles  et  tout  ceux  qui  militent  pour  tant   de   causes   que   le   projet   de   la   gauche   fédère.   C’est   aussi   la   gauche   citoyenne,   l’initiative   individuelle  à  celui  qui  prend  sa  part  dans  la  solidarité.  Si  nous  oublions  ces  composantes  de  la   gauche,  nous  risquons  de  passer  à  côté  des  enjeux.  Il  faut  rénover  les  pratiques.  Comment  on   coalise  des  femmes  et  des  hommes  qui  s’engagent  autour  d’objectifs  communs.     Est-­‐ce   normal   que   les   syndicats,   qui   ont   largement   participé   à   la   victoire   d’Hollande,   ont   le   sentiment  de  ne  pas  être  entendu  ?  Systématiquement  leur  donner  tort  cela  commence  à  poser   problème.   Il   faut   trouver   des   occasions,   des   évènements,   des   contenus   qui   nous   rassemblent.    Nous   avons  besoin  d’une  discussion  stratégique  sur  le  contenu  de  notre  rassemblement.  Il  faut  que   cette   discussion   ait   lieu   rapidement.   Nous   devons   sortir   de   la   logique   «  there   is   no   alternative  ».  Nous  ne  sommes  pas  seulement  ceux  qui  râlent.     Quelles  sont  les  thèmes  sur  lesquels  nous  pouvons  converger  ?     Nous  sommes  majoritaires  à  gauche  pour  refuser  les  politiques  d’austérité.  Il  y  a  beaucoup  de   convergences  sur  le  fond  de  ce  qui  faut  faire.     Aussi  sur  les  institutions.  Il  y  a  urgence.  Notre  premier  ministre  que  l’Assemblée  Nationale,  si  on   lui  donnait  trop  de  pouvoirs,  c’était  dangereux.  Moi  je  pense  exactement  l’inverse.  Nous  avions   pris  l’engagement  de  la  proportionnelle.  La  gauche  ne  s’unira  que  si  sa  diversité  est  prise  en   compte   et   représentée.   Le   combat   de   la   proportionnelle   n’est   pas   un   combat   des   minorités,  
  20. 20.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     20   mais   un   combat   que   doit   porter   toute   la   gauche.   Nous   pourrions   travailler   ensemble   à   un   schéma  institutionnel  contemporain  qui  introduise  les  aspirations  nouvelles  à  la  démocratie.     Nous  avons  des  convergences  sur  l’industrie.  Je  pense  à  la  triste  actualité  sur  Alstom.  78%  des   français  souhaitent  une  intervention  publique  dans  le  choix  des  grandes  filières  industrielles.  Il   faut  reprendre  en  main  notre  capacité  à  intervenir  sur  le  champ  industriel  et  sur  sa  mutation.   La   transition   écologique   est   la   plus   compliqué   à   se   décider   entre   nous.   Pour   ma   part,   je   fais   partie  des  gens  très  réservés  sur  le  nucléaire.  Sur  ce  sujet  il  y  a  des  compromis  dynamiques  à   trouver.  Ils  sont  possibles.     Et  enfin,  sur  la  question  européenne,  la  crise  n’est  pas  derrière  nous.  Il  y  aura  d’autres  cracs   bancaires.  Une  nouvelle  étape  de  la  loi  bancaire  doit  voir  le  jour  pour  aller  vers  la  séparation  et   la  maitrise  de  la  finance.     L’unité   n’est   pas   uniquement   nécessaire   pour   2017.   Elle   est   nécessaire   ici   et   maintenant   autour   d’un   pacte   de   convergence.   Si   nous   sommes   unis,   nous   sommes   en   condition   de   changer  le  rapport  de  force  au  sein  de  la  gauche  et  du  pays.  
  21. 21.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     21     INTERVENTION DE REMI DEMERSSEMAN- PRADEL, Animateur  de  la  Motion  4  au  Parti  Socialiste   Porte-­‐parole  de  NVS  –  Nouvelle  Voie  Socialiste     « Si nous voulons rassembler les citoyens de gauche, il faudra d’abord trouver les solutions à l’écoute, la communication et la solidarité, faisant cruellement défaut là où on souffre le plus.» « Nous pouvons maintenir la gauche dans une dynamique de réelle transformation sociale. Nous pouvons le faire et c'est NOTRE responsabilité pour la gauche, pour les français. »       Pour  visionner  la  vidéo   de  l’intervention  :   https://www.youtube.c om/watch?v=CD4B61ffL 5g     Discours   Membre  du  Bureau  National  du  PS,  j‘y  représente  les  militants  de  la  Motion  4,  «  Oser.   Plus  loin,  plus  vite.  »,  qui  ont  choisi  de  s'indigner  derrière  Stéphane  Hessel  avec  lequel   nous  avons  dit,  dès  2012,  que  les  choix  économiques  du  gouvernement  n'allaient  ni  assez   loin  ni  assez  vite  pour  transformer   notre   société.   Je   suis   également   un   simple   militant   puisque  je  ne  suis  pas  élu.  C'est  une  de  nos  spécificités  :  nous  sommes  des  citoyens,  des   ouvriers,  des  enseignants,  des  dirigeants  d'entreprise,  mais  pas  des  professionnels  de  la   politique,  ni  des  élus.  C'est  la  voix  des  simples  citoyens  que  nous  voulons  représenter.       Comment  rassembler  la  gauche  ?  J'aurais  envie  d’abord  d’évoquer  le  malaise  qui  traverse   la   gauche.   Celui   du   militant,   de   l'élu,   du   fonctionnaire.   Le   malaise   du   créateur,   de   l'associatif,  de  l’autoentrepreneur.  Le  malaise  des  étudiants,  des  lycéens,  du  retraité,  de   l'immigré,  du  syndicaliste.  Ce  malaise  c'est  celui  de  l'absence  de  perspective:  aujourd'hui   nos  concitoyens  ont  l'impression  que  le  socialisme  au  pouvoir  se  réduit  à  la  diminution   des  dettes,  sans  perspectives  de  transformation  de  notre  société.   Mais  la  fuite  des  militants  et  des  électeurs  n'est  pas  seulement  celle  de  notre  idéal.  C'est   aussi  celle  de  la  réussite.  La  voie  choisie  plonge  tout  le  monde  dans  l'incertitude,  la  peur  
  22. 22.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     22   l'immigré,  du  syndicaliste.  Ce  malaise  c'est  celui  de  l'absence  de  perspective:  aujourd'hui   nos  concitoyens  ont  l'impression  que  le  socialisme  au  pouvoir  se  réduit  à  la  diminution   des  dettes,  sans  perspectives  de  transformation  de  notre  société.   Mais  la  fuite  des  militants  et  des  électeurs  n'est  pas  seulement  celle  de  notre  idéal.  C'est   aussi  celle  de  la  réussite.  La  voie  choisie  plonge  tout  le  monde  dans  l'incertitude,  la  peur   d'un  échec  pour  notre  vivre  ensemble.  La  réduction  des  budgets  est  une  réduction  des   politiques  publiques  qui  sont  la  base  de  ce  vivre  ensemble.  La  captation  des  richesses  par   quelques-­‐uns,   l'absence   d'une   transformation   économique   impulsée   par   une   politique   active  contre  le  système  financier,  en  est  l'illustration.  Je  rappelle  que  l'année  dernière   500  français  se  sont  enrichis  de  80  milliards  €  tandis  que  900.000  des  nôtres  sont  tombés   sous   le   seuil   de   pauvreté,   que   la   France   a   connu   plusieurs   dizaines   de   milliers   de   chômeurs   supplémentaires   et   que   la   croissance   n'est   pas   revenue.       Face   à   de   tels   résultats,   tout   conseiller   économique   dirait   à   l'Elysée   de   changer   de   politique.  Sauf  si  c'est  un  ancien  de  la  bank  of  America.   Cette   mobilisation,   nous   l'avons   constatée   lors   des   2   votes   qui   viennent   d'avoir   lieu.   Quelle  Tristesse.  Quel  terrible  résultat  !  Avec  ces  2  sanctions,  français  n'ont  pas  dit  qu'ils   ne  comprenaient  pas  la  politique  menée,  mais  qu’ils  la  refusent.  La  non-­‐distribution  des   richesses   depuis   2   ans,   la   séparation   incomplète   des   banques,   la   non-­‐inversion   de   la   courbe  du  chômage,  l’augmentation  de  la  TVA,  l’allongement  de  la  durée  de  cotisation   des  retraites,  le  report  perpétuel  du  retour  à  la  croissance,  etc  ...  D'ailleurs  il  est  triste  de   continuer   à   se   méprendre   ainsi   concernant   la   croissance.   Cela   fait   40   ans   que,   malgré   tous  les  plans,  il  est  impossible  de  retrouver  une  croissance  suffisante  pour  relancer  à  elle   seule   durablement   l’emploi.   Nous   pouvons   donc   enfin   admettre   qu’elle   ne   reviendra   probablement  pas,  apprendre  à  vivre  sans  croissance  économique.  Il  est  temps  d'arrêter   de   croire   que   la   croissance   reviendra,   comme   il   ne   faut   pas   croire   que   les   électeurs   recommenceront   tout   seul   à   voter   à   gauche   lors   d'un   prochain   cycle   électoral.       Nous   vivons   moment   historique   aux   conséquences   pas   anodines.   Les   partis   traditionnels,   et   notamment   le   socialisme   du   PS,   n'incarnent   plus   l'espoir.   La   gauche   n'incarne  plus  l'espoir...  Lors  des  européennes,  seuls  6%  des  électeurs  ont  voté  socialiste.   6%...   Nos   partis   traditionnels   sont   trop   fermés   aux   débats   et   trop   souvent   occupés   à   choisir  des  candidats  ou  négocier  ces  candidats  entre  eux.  Il  ne  faut  pas  oublier  que  «  le   socialisme  c’est  chercher  la  vérité  et  la  dire  ».  C'est  ce  que  les  français  attendent  de  nous   !  Les  français  sont  en  colère,  ils  n'en  peuvent  plus  de  nous  !  Ils  se  sentent  perdus  et  ils   votent  tout  sauf  nous  !  Ils  n'en  peuvent  plus  d'une  politique  qu'ils  ne  reconnaissent  pas,   une   politique   pour   laquelle   ils   n'ont   pas   voté   et   qui   ne   marche   pas.   À  gauche,  en  plus  de  ces  problèmes  de  fond,  nous  avons  également    perdu  la  bataille  de   la   communication   et   de   la   solidarité.  Les   résultats   des   élections   municipales   et   européennes  ont  montré  que  les  idées  développés  par  l'extrême  droite,  relayées  par  une   certaine  droite  et  peu  combattues  par  une  certaine  gauche,  ont  conquis  les  citoyens  à   travers  tous  les  moyens  de  communication.  Le  FN,  avec  2.500  militants  entraînés  à  cet   exercice,  dans  leurs  tracts,  sur  les  marchés,  dans  les  médias,  sur  les  blogs,  sur  les  réseaux  
  23. 23.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     23   sociaux,   ont   diffusé   leurs   idées,   surtout   en   direction   des   jeunes,   juste   comme   des   évidences,   sans   développer   le   moindre   début   de   solution.   Et   ça   a   marché.       Et  nous,  qu’avons-­‐nous  fait  pour  communiquer  en  masse  auprès  de  tous  ces  citoyens  en   déshérence   ?   Auprès   de   tous   ces   jeunes   (et   moins   jeunes   d’ailleurs)   rompus   aux   technologies   nouvelles   de   communication,   auprès   de   tous   les   médias   et   moyens   de   communication  ?  Il  y  a  là  matière  à  réflexion  et  plan  d’actions,  si  nous  voulons  rassembler   la  gauche.    Il   y   a   aussi   des   appels   à   solidarité   qui   ont   été   nombreux.  Des   grèves   devant   les   entreprises   en   danger   de   pertes   massives   d’emplois,   des   mobilisations   syndicales,   des   manifestations   perlées   mais   importantes   d’associations,   …,   tous   appelant   à   l’aide,   au   soutien  et  à  des  mesures  les  touchant  directement.  Aujourd’hui  il  y  a  une  grève  dans  les   transports   (SNCF,   mais   pas   que),   une   mobilisation   importante   des   intermittents   du   spectacle,  …   Et  qu’avons-­‐nous  fait,  que  faisons-­‐nous  pour  nous  porter  à  leur  écoute,  pour  leur  porter   notre  soutien,  notre  solidarité  et  nos  solutions  ?  Nous  débattons  beaucoup  entre  nous,   sans   nous   adresser   vraiment   à   eux,   loin   de   leurs   préoccupations   premières   et   de   leur   demande  d’écoute  et  de  considération.  Il  y  a  là  aussi  matière  à  réflexion  et  plan  d’actions.       Si  nous  ne  nous  attaquons  pas  à  ces  deux  questions,  alors  il  ne  faudra  pas  s’étonner  du   désintérêt  pour  le  politique,  de  l’augmentation  de  l’absentéisme  aux  élections,  du  succès   des   extrêmes,    mais   surtout  du   succès   de   tous   ceux   qui   tiennent   les   pouvoirs   et   ne   veulent  pas  ni  les  remettre  en  cause,  ni  les  partager.  Alors,  si  nous  voulons  changer  la   société  pour  un  autre  développement,  harmonieux  et  plus  distributif  (le  «  bien  vivre  »),  si   nous  voulons  rassembler  les  citoyens  de  gauche,  il  faudra  d’abord  trouver  les  solutions  à   l’écoute,  la  communication  et  la  solidarité,  faisant  cruellement  défaut  là  où  on  souffre  le   plus.     Sur   un   plan   économique   nous   avons   fait   des   propositions   :   accepter   l'absence   d'une   croissance   qui   viendrait   de   l'extérieur   pour   sauver   la   France,   engager   une   démarche   volontariste   de   redistribution   des   richesses   spoliées   par   quelques-­‐uns   au   détriment   de   l'ensemble   de   notre   population,   taxer   le   patrimoine   en   remplacement   des   revenus,   séparer  réellement  les  banques,  permettre  à  la  BCE  de  financer  les  Etats,  redonner  un   rôle   à   la   monnaie,   instaurer   un   revenu   de   base   universel,   répartir   le   travail,   ...       Ce  sont  des  propositions  sur  lesquelles  nous  appelons  à  travailler  toutes  celles  et  ceux   qui  veulent  redonner  à  la  gauche  une  position  de  transformation  de  la  société,  «  faire   société  ».  Nous   sommes   déterminés   à   permettre   tous   les   apports   possibles   à   cette   réflexion,  au  sein  de  toute  la  gauche,  et  nous  apporterons  notre  énergie  dans  ce  travail   fondamental  pour  l'avenir.   Car  tout  cela  constitue  un  programme  de  gauche.  Un  programme  qui  peut  être  mené  par   une   alliance   de   toute   la   gauche.   Nous   sommes,   par   notre   lien   à   Stéphane   Hessel,   très  
  24. 24.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     24     attachés   au   Conseil   National   de   la   Résistance.   Le   CNR   a   été   la   démonstration   qu’un   rassemblement  était  possible,  à  la  suite  d’une  catastrophe.  À  nous  de  le  faire  cette  fois   AVANT   la   catastrophe   démocratique.   Nous   pouvons   réenchanter   la   gauche   !       Il   existe   une   autre   proposition   qui   est   autant   une   demande   de   la   population   qu'une   bonne  logique  dans  le  contexte  actuel  :  nous  devons  changer  rapidement  nos  pratiques.   Organisons   un   vrai   travail   démocratique   ouvert   au-­‐delà   de   nos   partis.   Un   vrai   travail   collaboratif.   C'est   l'attente   des   français.   Les   français   sont   connectés,   en   réseau,   simplement.  J’ai  été  marqué  par  le  résultat  d'un  nouveau  parti  qui,  en  6  mois,  avec  des   pratiques  nouvelles,  a  réuni  8.000  adhérents  et  570.000  voix.  570.000  voix…  C’est  bien  le   signe   que   les   citoyens   sont   intéressés   par   la   politique.   D’ailleurs,   les   mouvements   citoyens   progressent,   comme   «  bleu-­‐blanc-­‐zèbre  »   et   autres.   Cela   confirme   que  les   citoyens  s'intéressent  à  la  politique.  D'une  nouvelle  manière  que  nous  devons  apprendre   pour  que  la  gauche  reste  dans  la  course.   Et  puis,  ne  laissons  plus  les  think-­‐tank  d'experts  et  les  fondations  dire  ce  que  doit  être   notre  politique.  De  la  même  manière  qu’il  faut  défendre  les  services  publics  en  ne  les   confiant   pas   à   des   prestataires   extérieurs,   nos   mouvements   et   partis   politiques   ne   doivent  pas  laisser  à  d'autres  leur  travail  de  réflexion.  Ce  travail  doit  être  réalisé  en  notre   propre   sein,   avec   notre   population   militante   et   au-­‐delà.  Les   partis   ne   sont   pas   des   réserves  de  bras  pour  distribuer  des  tracts,  ce  sont  des  lieux  de  réflexion  et  de  vie  des   idées.       Avec  cette  ouverture  de  la  réflexion  a  l'ensemble  de  la  population,  avec  une  approche   terrain  de  la  solidarité,  avec  également  des  mesures  redistributives  des  richesses,  en   prenant   acte   du   changement   de   monde   qui   est   le   nôtre,   un   monde   sans   croissance   économique,  nous   pouvons   maintenir   la   gauche   dans   une   dynamique   de   réelle   transformation   sociale.   Nous   pouvons   le   faire   et   c'est   NOTRE   responsabilité   pour   la   gauche,  pour  les  français.              
  25. 25.     Compte-­‐Rendu  Réunion  Publique  Un  Monde  d’Avance  «  Comment  rassembler  la  Gauche  ?  »     25     INTERVENTION DE FANELIE CARREY-CONTE, Députée  de  Paris,     Initiatrice  de  l’Appel  des  100   « Pour mettre en œuvre le rassemblement de la gauche, alors il faut changer de politique. Mais au-delà, il faut une réorientation si nous voulons que la gauche survive. La conviction que nous avons, c’est que la politique menée aujourd’hui par le gouvernement n’est pas en mesure d’améliorer la vie des gens. Les solutions apportées sont économiquement inefficaces et socialement injustes. Et si nous voulons, y compris, mener la bataille contre l’extrême droite, il faut que la situation économique s’améliore.» « Il faut que nous arrivions à construire cette dynamique politique sur le fond, sans nous laisser toujours rattraper par la logique institutionnelle de la Ve République. La question de la présidentielle qui a chaque fois nous a divisé, il faudra trouver un moyen d’en sortir par le haut. »         Pour  visionner  la  vidéo  de   l’intervention  :   https://www.youtube.com/ watch?v=MEEt_VcKDTA     Discours   Je  voudrais  essayer  d’apporter  trois  éléments  supplémentaires.     D’abord,  je  voudrais  faire  une  remarque  sur  ce  que  constitue  à  mon  sens  l’urgence  du   rassemblement   de   la   gauche.   Nous   n’avons   pas   assez   pris   la   mesure   du   degré   d’affaiblissement  de  la  gauche  dans  notre  société.  J’ai  récemment  eu  un  échange  avec   un  militant  associatif  des  quartiers  du  93.  Cette  personne-­‐là  se  disait  intéressée  par  la   politique,  par  la  chose  publique,  par  l’engagement,  par  contre  le  clivage  gauche-­‐droite  ne   lui   parlait   plus,   c’était   dépassée.   Cette   personne-­‐là   était   de   gauche   mais   ne   se   reconnaissait  pas  de  ce  camp-­‐là.  On  a  tendance  en  tant  qu’élue,  militante,    à  considérer   que  ce  sont  des  choses  évidentes  et  acquises  dans  la  population.  Malheureusement,  à   cause  du  déplacement  du  curseur  politique  toujours  plus  vers  la  droite,  et  du  discours  qui   consiste  à  dire  qu’une  seule  politique  est  possible,  ce  clivage  s’est  beaucoup  affaibli.  Si   nous  voulons  relancer  une  dynamique  de  rassemblement,  il  faut  une  reconquête  de  ce   que  nous  incarnons  idéologiquement  et  qu’on  s’attèle  ensemble  à  ce  rassemblement  de  

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