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Note de lecture : "Pierre Levy - Cyberculture"

  1. 1. Lauraux Matthieu Groupe A/6, Agence Ecoline L3 Pro TAIS CIAN Promo 2009-2010 Note de Lecture Pierre Levy - « Cyberculture »Editions Odile Jacob / Editions du Conseil de lEurope Novembre 1997
  2. 2. RésuméPremière Partie. Pour définir la cyberculture, il est obligé den revenir à la notion de cyberespace et définit les principaux termes techniquesqui lui sont reliés. Parmi eux le traitement, la mémoire, les transmissions, les interfaces, la programmation, les langages, les logiciels. Plusimportant, il arrive à la définition de lhyperdocument. CD-ROM, contenant une encyclopédie entière, ou page web, où le lecteur devient enpartie auteur, il amène une facilité de consultation, une diversification de représentation et une interaction. Le terme multimédia est aussi unpoint sensible chez Pierre Lévy, mal utilisé au quotidien, il décrit clairement que multimédia représente tous les portails de communicationset non les diverses représentations images/vidéos/textes qui sont plutôt des supports multimodaux.Puis tout aussi technique mais moins matériel, il essaie de définir la virtualité en prenant pour exemple limage. Il passe évidemmentrapidement sur la numérisation de cette image, devenant alors virtuelle. Mais en réfléchissant un peu, limage originale est elle aussi virtuelle,elle nest que représentation ; lobjet numérisé est alors une dématérialisation. Cinq virtualités sortent ensuite de sa réflexion : sens commun,sens philosophique, sens calculabilité informatique, sens dispositif informationnel et sens technologiquement étroit.Il décrit ensuite avec une sorte démerveillement la puissance du Web via deux comportements principaux que lon a vis-à-vis de lui : lachasse et le butinage. Le premier consiste à obtenir une information précise tandis que le second nest quinformations recueillies ici ou là, audétour dune navigation volatile, de pages en pages, de sites en sites. Ayant défini les éléments composant lenvironnement, il définitlenvironnement lui-même, le cyberespace : espace de communication ouvert par linterconnexion mondiale des ordinateurs et des mémoiresinformatiques. Ici, le cyberespace est donc lensemble des réseaux de communications virtuels quil décrit ou en raconte une applicationconcrète comme le mail, les conférences électroniques (forums) voire les collecticiels ou groupwares.Grand point de cette introduction, il faut retenir que le cyberespace a une notion de condition et non de déterminisme. Il nest en rien la causede ses applications, la vraie cause réside en lindividu ou groupe utilisant ce support, tout comme létrier na jamais causé la féodalité, cest lacavalerie lourde, aidée par son invention qui la réellement causée.Deuxième partie. Lidée centrale de sa réflexion est luniversel sans totalité. Le cyberespace amène dabord directement une universalité avecses moyens techniques standards (langages, OS), ses normes instaurées (HTML, CSS, etc). La cyberculture est associée à « luniversel sanstotalité » car tout en offrant ses services ou appliquant son univers à tout un chacun, tant que les individus possèdent machine et connexion, ilnest pas concerné par la totalité puisque la communication est de type « tous-tous », où linternaute est potentiellement auteur ET lecteur. Il yrevient implicitement dans lanalyse dune certaine mondialisation de la musique. Lexemple type quil en tire est la techno à laquelle on peutappliquer la phrase suivante « plus cest universel, mois cest totalisable ». De même pour les arts en général, une œuvre est visible et modifiable partous.Dispositif et non structure (Internet est le support du WWW), le cyberespace est motorisé par trois thèmes : interconnexion, communautésvirtuelles et intelligences collectives. Entre parenthèses, lintelligence collective pond des œuvres collectives en lien avec luniversalité. Notionimportante, il ne se substitue pas à une autre mode de communication et encore mois à la relation réelle, physique, il est complémentaire.Tout comme le téléphone, Internet ne tuera ni ne réduira les relations physiques, il sy ajoute voire les facilite, P. Levy sappuie sur le fait quecelui qui utilise le plus les réseaux virtuels est le plus dynamique et rencontre le plus de personnes.Le cyberespace grandissant, il génère des emplois et donc des formations et savoirs nouveaux, de plus évoluant à une vitesse folle. Ce savoirest particulier puisquil évolue, il na rien dun savoir ou diplôme traditionnel : « les individus et groupe ne sont plus confrontés à des savoirs stables[…] mais à un savoir-flux chaotique ».Troisième partie. Partie qui invite peut-être le plus au débat, il pose les problèmes et les inconnus du cyberespace. Plus quune exposition deproblème, il fait plutôt de la rhétorique. Le marché absolu, la critique des médias qui le considèrent comme dangereux, une terrain pour lebusiness, etc. Lévy exprime son optimisme malgré tout et donc de façon subjective cette vision : « permettre aux être humains de conjuguer leurimaginations et leurs intelligences au service du développement et de lémancipation des personnes est le meilleur usage possible des technologies numériques. »Il revient sur un danger de substitution, du téléphone par lInternet, mais là encore il ré-argumente par « lécriture na pas remplacé la parole » ouque la téléphonie na pas « entraîné de récession des transports ». Le cyberespace namènera pas de perte, il fera partie intégrante de la vie dedemain ou « centre de gravité de la galaxie culturelle de XXIè siècle. »Enfin il parle légitimement dune crainte de voir des modèles, langues uniques se généraliser ou des corps de métiers affaiblis par certainsoutils du cyberespace. Mais il appartient aux minorités et à ces menacés de se faire une place dans ce monde virtuel qui peut savérer il est vraià double tranchant. Lexclusion est aussi un argument des détracteurs, mais comparativement au téléphone, il se démocratise bien plusrapidement et donc sera moins exclusif que celui-ci.
  3. 3. ReflexionEdité en novembre 1997, « Cyberculture » a donc 12 ans. A cette date, Internet nétait en France quà ses balbutiements (environ 100.000foyers connectés, dont le mien) et était dominé par AOL arrivé des Etats-Unis en 1996. En 2009, 63% des français possèdent Internet et uncinquième des foyers du monde (422 millions) y sont connectés, mais avec malheureusement des disparités très importantes avec comme plusmauvais exemple 1% des Indonésiens sur la Toile. Malgré son grand âge relativement à lavancée ahurissante de linformatique et de sonenvironnement, ce rapport na pas ou peu vieilli. Les interfaces par exemple sont toujours dactualité, il citait le tactile, synonyme de science-fiction en 1997, il a subit un boom avec larrivée de liPhone en 2007 puis généralisé aujourdhui sur la plupart des téléphones portables, utilisésur les écrans de plus en plus et remplacera à terme la souris, on commence dailleurs à vivre une transition via Apple et sa Magic Mouse. Onpeut peut-être y ajouter la ralentissement de la loi de Gordon-Moore, les processeurs passant de la loi de fréquence à celle du multi-cœur. Onpeut y ajouter un Internet pouvant malgré tout remplacer le téléphone fixe via Skype, une lettre qui décline face à un courriel généralisé etutilisé par la majorité dentre-nous.La notion de déterminisme ou de conditionnement, bien que Lévy lait établie dans cet ouvrage vieux de 12 ans, nest pas encore acceptée partous en 2009. Internet est encore la cible de nombreux détracteurs. Dernier exemple, Jacques Ségéla a déclaré « Le Net est la plus grande saloperieinventée par les hommes ! » pour défendre Julien Dray, personnalité du PS, touché par des propos via ce support. Le Net, contrairement à ce queSéguéla dit, nest pas la cause des maux de Dray, mais ce sont ses utilisateurs qui le sont. Si quelquun minsulte par téléphone, qui vais-jeincriminer ? Linvention du téléphone ? Non, juste la personne au bout du fil. Internet aide à la communication et donc indirectement à cegenre de propos, sans lui les insultes nauraient surement pas été transmises mais il ny a pas à remettre en question ce qui a déjà fait sespreuves et qui comme tout moyen de communication, nest pas un idéal car ses utilisateurs ne sont eux même pas parfaits. On peut extrapolercette réflexion au pullulement de réseaux sociaux type Facebook. Ce dernier est toujours critiqué ouvertement par de nombreuses personnes,mais comme on voudrait accuser Internet, on accuse Facebook, or Facebook est créé par la communauté virtuelle, cest même unecommunauté virtuelle. Si un évènement dégradant ou autre ressort de Facebook, ce nest pas loutil qui est en cause, mais ceux qui lutilisent.Dans la notion de virtuel, de monde virtuel, la frontière entre substitution et complémentarité a presque été franchie, par une application duWeb appelée Second Life. Sorte de mélange entre jeu et communauté virtuelle (un métavers), nous créons notre personnage, à notre imageou non et parcourons ce « second monde » parti de zéro mais incrémentant objets du réel voire entités du réel. Personnellement, Second Lifene ma pas plu pour son aspect « addiction», mais je lai considéré comment dangereux puisquil ne complète pas les communications actuellesmais crée son propre monde, leur créateurs considèrent « que les utilisateurs considèrent plus Second Life comme une extension de leur monde réel quecomme un simple jeu vidéo ». Moins poussé et plus orienté jeu vidéo, on peut citer WOW (World or Warcraft), connectant les joueurs du mondeentier dans un monde virtuel où il est possible de progresser, communiquer.Terrain pour le business selon Lévy, il a visé juste. En 2008, les transactions en ligne comptent pour 450 milliards deuros (17,1 milliards enFrance avec une augmentation de 33%). Le cyberespace est aujourdhui une plate-forme incontournable de léconomie et du marché actuels.Une majorité écrasante des marques, entreprises, même artisans ont leur site Internet, pas seulement pour se faire connaître et communiquerinternationalement mais pour exercer leur activité en ligne. Cela a bien sûr été grandement facilité par le paiement par carte bancaire sur dessites sécurisés (SSL) liés aux grandes banques ou par des intermédiaires comme Paypal. De là, sont même nés des entreprises spécialisées surla vente par Internet (eBay, Amazon, Pixmania, RueduCommerce, CDiscount, etc).Ceux qui avait peur pour lart en 1997 peuvent se réjouir et sinquiéter à la fois. Lévy avait bien parlé de la dimension bénéfique quauraitInternet comme vitrine des œuvres, avec pour exemple un musée dont les œuvres peuvent être visionnées en ligne mais qui inviterontindéniablement linternaute à venir voir loriginal. Lart sexpose partout sur le Web, linvitation à la découverte musicale, cinématographique,picturale est omniprésente. Un art né de lInternet (Webart ou Net.Art inventé par Pitz Schultz) a même fait son apparition, certains sites,objets de sites sont de vrais œuvres darts. Par contre, il ne pouvait en aucun cas prévoir lavènement du P2P (Peer-to-Peer). Il a été initialisépar Audiogalaxy en 1998 et ouvert en 1999 avec Napster, connu comme symbole du piratage informatique et fermé par les autoritésaméricaines en 2001. Mais des petits nouveaux comme Fastrack (Kazaa), Gnutella (Shareaza), Edonkey (Emule) ou le système BitTorrentont pris le relais. Ce dernier est devenu tellement important quil constituerait entre un quart de la bande-passante dInternet, auquel on peutajouter la part grandissante du streaming (illégal ou non) mesurée actuellement à un tiers de la bande passante totale.Le piratage est sans doute LE problème principal dInternet. Il nuit pour beaucoup à la musique, au cinéma, les chiffres de ventes de CD etDVD lattestent : une baisse de 97% des singles entre 2002 et 2009, de 68% des albums sur la même période, un marché des DVD en baissedès 2006. Quant au cinéma, il est en stagnation. Mais le légal (iTunes, Amazon MP3) fait son chemin petit à petit, « sponsorisé » en Francepar la loi Hadopi, tapant plus sur les doigts du téléchargeur illégal plus que vendant les offres légales. Ma vision est ici nest pas noire oublanche, le téléchargement illégal (TI) entraîne lachat. Une enquête anglaise de Demos a dailleurs constaté que les adeptes du TI on bienplus acheté que les autres (77£ en moyenne contre 44£).De grandes avancés, des dérapages, de nouveaux problèmes, des outils incontournables, Internet na pas ajouté de problèmes ni totalementfacilité la vie quotidienne, il a juste créé sa propre dimension, incrémentée dans notre monde actuel.

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