“SPORT TO WEB” & “WEB TO SPORT ”
Digital et événements sportifs, 
 on transforme l’essai ? 
 
 
Thèse MBAMCI Part Time 201...
RÉSUMÉ 
La notion de grand événement sportif tel qu’on le pratique aujourd’hui existe depuis                         
l’An...
 
EXECUTIVE SUMMARY 
 
Large­scale sports events have been gathering people and nations since Antiquity, giving           ...
REMERCIEMENTS 
 
Je remercie les nombreux professionnels qui ont accepté de partager leur vision lors                     ...
SOMMAIRE 
 
PARTIE 1 ­ ÉCOSYSTÈME DU SPORT ÉVÉNEMENTIEL 
1.1.  Définitions 
1.2.  Histoire 
1.3.  Contexte 
1.4.  Cible et...
 
PARTIE 3 ­ E­SPORT : LES PURES PLAYERS DU SPORT DIGITAL 
3.1.  Définitions ­ Présentation 
3.2.  Ampleur du phénomène 
3...
 
INTRODUCTION 
 
Quoi de plus immuable, traditionnel et mûrement répété que les Jeux                     
Olympiques ?Et ...
contraintes ? Empreints de cette réalité, et déjà “e­transformés”, à quoi                     
ressemblent vraiment nos év...
PARTIE 1 ­ ÉCOSYSTÈME DU SPORT ÉVÉNEMENTIEL 
 
 
1.1. DÉFINITIONS 
 
Selon le Petit Robert, le sport est une ​“activité ph...
Moyenne des sources (aux variables parfois importantes) relevées. 
 
Cette définition place d’emblée le sujet dans une imp...
population s’adonne de plus en plus au sport, la pratique est globalement en                         
baisse en France. Se...
Historiquement, les Jeux sont instaurés afin de donner une unité au monde                       
hellénique, alors fragmen...
et le cricket. Le cricket a ainsi un statut national dans                     
des pays comme l'Inde ou le Pakistan. 
De m...
1.4. CIBLE ET ACTEURS 
 
On distingue deux catégories de cibles, chacune d’elles ayant des ramifications                  ...
1.5. FINANCEMENT 
 
Selon qu’on parle d’un événement grand public ou d’un événement                   
professionnel, il y...
1.6. RETOMBÉES ÉCONOMIQUES 
 
Les retombées économiques des grands événements sportifs ont de nombreuses                  ...
tournoi devrait rapporter 650 millions de livres [889 millions d’euros] de recettes                       
dont les deux t...
place parmi les compétitions internationales. De bon augure à l'aube des Jeux                       
Olympiques de Rio !”​...
 
 
basée sur des fourchettes d’audiences         
moyennes relevées (avec parfois       
d’importantes variables selon le...
 
1.8. TENDANCE GÉNÉRALE 
 
Plusieurs tendances accompagnent les grands événements sportifs : 
 
Spectacle 
Plus qu’une te...
 
Héroïsme 
La notion d’héroïsme est une composante même du sport, a fortiori d’une                       
compétition. Si...
Cette tendance sera détaillée en partie 2. 
Les maître­mots de cette tendance : partage, expérience, participatif,        ...
Cette tendance de naming ne peut pas s’appliquer aux événements majeurs tels                       
que définis par Antoin...
PARTIE 2 ­ E­TRANSFORMATION DES GRANDS ÉVÉNEMENTS SPORTIFS 
“SPORT TO WEB & WEB TO SPORT” 
 
Une tendance générale chez le...
2.1. UN NOUVEAU MODE DE COMMUNICATION 
 
L’émergence des nouveaux outils digitaux a profondément modifié les liens        ...
 
2.2. DE NOUVEAUX OUTILS 
 
2.2.1. Stades connectés 
 
La question des stades connectés, c’est l’enchantement ou le grand...
de ce qu’est un stade connecté : grâce au MSR (Mobile Sport Report), on connaît                             
le volume des...
la demande n'est pas si forte que ça et ça n’encourage pas les acteurs à équiper                               
les stades...
Pour mieux comprendre, voici la liste des équipements prévus dans le futur                       
Mercedes­Benz Stadium : ...
une part d’embourgeoisement de ce spectacle, ce que les “vrais” fans ne sont                         
pas prêts à tolérer....
 
2.2.2. Plateformes 
 
Le centre névralgique d’un grand événement sportif est son site web, souvent                      ...
 
­ B. un site général BtC  
Dédié aux inscriptions aux événements         
grand public, aux entraînements, résultats,   ...
 
­ un site dédié au ​Dakar 
 
 
 
 
 
 
 
 
­ un site dédié au ​Tour de France à la                 
Voile 
 
 
 
 
 
 
­...
 
 
Les intérêts de ce choix de multiplication des sites sont multiples : 
● Permet des ambiances personnalisées 
● Permet...
Le cas d’ASO n’est pas isolé. C’est un format que l’on retrouve pour la plupart                             
des grands év...
rebondir à chaud sur l’actualité et de faire rayonner chaque événement en                       
dehors du stade.” 
 
Et p...
En revanche plus d’organisateur français dans le top 10 des pages Facebook                       
mais une très forte prés...
notifications sportives dans l’appli Messenger de Facebook. Il faut lutter face à                       
Twitter sur le te...
Si les médias sociaux sont un canal privilégié de communication entre une                       
Marque et ses clients, il...
D’une manière générale, on a basculé il y a 4 ans d’un modèle web centric à un                                 
modèle mob...
trajet jusqu’au stade, le guidage         
dans les gradins jusqu’à sa place, la             
commande de catering, le rep...
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La digitalisation des grands événements sportifs est inégalement menée mais déjà bien entamée. Quels outils investir et quelle vision adopter pour créer des événements sportifs qui dans 10 ans feront coïncider le potentiel technologique, les attentes des fans, sans sacrifier les valeurs du sport ?

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  1. 1. “SPORT TO WEB” & “WEB TO SPORT ” Digital et événements sportifs,   on transforme l’essai ?      Thèse MBAMCI Part Time 2015   MBA spécialisé Marketing et Commerce sur Internet     
  2. 2. RÉSUMÉ  La notion de grand événement sportif tel qu’on le pratique aujourd’hui existe depuis                          l’Antiquité. Nécessaires dans toutes les civilisations, ces spectacles sportifs subliment les                      sociétés en réunissant les citoyens sous leur drapeau pour porter au plus haut l’héroïsme                            de leurs athlètes.  Si aujourd’hui rien, ou presque, n’a changé dans l’approche sportive proposée,                      l’e­transformation en revanche a opéré. L’écosystème de l’industrie du sport ne peut que                          se féliciter de l’arrivée massive de nombreux outils digitaux, allant du stade connecté à                            la réalité virtuelle, en passant par les plateformes web, les médias sociaux, la robotique,                            etc. Ces outils font figure de manne par les opportunités qu’ils génèrent : le                            développement de l’expérience fan, que ce soit au stade ou à distance, notamment via le                              second écran, la collecte de données menant à un CRM de plus en plus personnalisé, ou                                encore l’accès direct aux sportifs, intouchables héros d’hier, individus connectés                    d’aujourd’hui.   Mais si les opportunités sont innombrables, elles ont fait naître de nouvelles contraintes                          qui résonnent comme des condamnations à perpétuité : celle de produire toujours plus                          de contenu, toujours plus innovant, toujours plus visible, de développer sans relâche le                          niveau d’engagement des fans, de veiller en permanence à l’e­réputation d’un                      événement ou de ses acteurs ou encore d’accompagner avec pertinence et discernement                        la mutation des disciplines pour leur permettre d’entrer dans ce nouveau cadre                        numérique.  Certains ne connaissent pas ces problèmes d’adaptation. Pure players du sport, les                        acteurs de l’e­sport réalisent une percée phénoménale, entraînant dans leur sillage un                        intérêt de plus en plus vif de la part des acteurs traditionnels. Au point qu’à défaut de se                                    mettre d’accord sur la définition du “sport”, des ponts sont jetés d’une rive à l’autre pour                                développer (et profiter) de cette nouvelle opportunité économique.  Et demain ? Qu’est­ce que nos acquis d’aujourd’hui, notre modèle de pensée toujours                          plus disruptif, notre insatiable appétit de développement et notre appétence pour la                        chose numérique nous préparent en matière d’événements sportifs ? L’humanité                    va­t­elle “s’augmenter” pour proposer un spectacle encore plus sensationnel ?                    Voudrons­nous et saurons­nous relever les défis lancés par les robots ?   Cette thèse propose une promenade spatio­temporelle autour d’un univers auquel j’ai                      consacré 20 ans de ma vie professionnelle. Et c’est sur cette expérience, couplée à mes                              recherches et à 14 mois de formation digitale au MBAMCI à l’Institut Léonard de Vinci,                              que je me suis appuyée pour produire des recommandations à destination des acteurs                          de l’industrie du sport sur les outils à investir, les compétences RH à rechercher ou                              encore les bases de données à anticiper.  A vos marques, prêts... bonne lecture !    1 
  3. 3.   EXECUTIVE SUMMARY    Large­scale sports events have been gathering people and nations since Antiquity, giving                        them the opportunity to hold high the banner of their nation and glorify their athletes.  Despite the fact that things haven’t really changed in sport itself, digitalization has                          transformed sports business rules over the last years. One cannot ignore web, social                          media, CRM, data science, connected stadiums, virtual reality, and calculation tools have                        deeply impacted the sports events industry. These tools have revealed numerous                      opportunities. It is now possible to considerably increase supporters experience through                      many tools like ‘second screen’, wether fans are in a stadium or at home, to enhance                                and personalize CRM via a better data collection or to have direct access to champions,                              who have become highly connected individuals.  However, the downside is that these opportunities have generated new perpetual                      constraints: it is essential to produce more content, more innovation, more visibility, to                          enhance experience, to engage support and monitor event e­reputation. Disciplines are                      following different paths to enter this digital world, and this must be governed with                            accuracy and vision. Some have no trouble adapting : sport pure­players, e­sport actors,                          are leading the sports economy with no apparent effort, getting more and more attention                            from traditional stakeholders.  But what will it be like tomorrow? How will digitalization change sports events? How our                              growing knowledge, our disruptive way of thinking, our love for digital thing, will lead the                              transformation of sport events ? Will humanity make the choice of ‘self augmentation’ to                            perform better and propose significantly improved sport shows ? Will we accept to fight                            against bots ?  The aim of this thesis is to have a walk in this big industry of sport events, those of                                      yesterday, today and tomorrow, and to make recommendations to sports industry                      stakeholders, enlightening them on what tools they should invest on or how they can                            anticipate databases or human ressources.   It is the result of a 20 years’ relevant professional experience, personal researches and a                              14­months digital training programme at MBAMCI at the Leonard de Vinci Institute.   Ready, steady, enjoy the reading !          2 
  4. 4. REMERCIEMENTS    Je remercie les nombreux professionnels qui ont accepté de partager leur vision lors                          d’interviews aussi riches que sympathiques qui ont nourri mes réflexions et dont                        certaines retranscriptions sont visibles dans cette thèse.    Je remercie également très, très chaleureusement Alexandre Stopnicki et Vincent Montet                      qui ont su me transmettre cette joie de la transformation numérique.    Et enfin, un big hug à toute la promotion Part Time 2015 du MBA MCI, mes amis                                  #Geektamere, sans qui cette aventure n’aurait pas eu la même saveur.    Antoine Aubour  ​Deputy Marketing Director ­ ASO    Lilian Baudard Guillot  ​Head of Marketing & Communications ­ Eurosport    Théo Bayssat  ​Business Development Project Manager ­ ASO    Robin Cassuto  ​Business Development Manager ­ ASO    Matthieu Dallon ​Co­fondateur et directeur d’Oxent, fondateur de   l’ESWC (coupe du monde de e­sport)     Olivier Denis­Massé  ​Directeur délégué ­ Fédération Française de Golf    Veronica Grandi ​Responsable​ du Pôle Digital ­ Fédération Française de Tennis    Boris Helleu  ​Enseignant Chercheur Université de Caen Basse Normandie    Stéphane Hourcq  ​International Senior Sales Manager ­ Netco Sports    Yann Lemort ​SEO Consultant & Formateur agréé    Frédéric Lohnert ​Consultant Stratégie Senior Freelance ­ ex Directeur Conseil   chez Monsieur White, Commercial chez TBWA/TEQUILA    Michel Mimran ​Directeur Marketing du Paris Saint Germain    Eric Novel ​DG Panasonic France    Stéphane Rakoto  ​Responsable de la Communication Digitale   Stade Français Paris    Samir Sirat  ​Chargé de Communication et E­marketing   et enseignant ESG Management School,   Office de Tourisme Rouen vallée de Seine    3 
  5. 5. SOMMAIRE    PARTIE 1 ­ ÉCOSYSTÈME DU SPORT ÉVÉNEMENTIEL  1.1.  Définitions  1.2.  Histoire  1.3.  Contexte  1.4.  Cible et acteurs  1.5.  Financement  1.6.  Retombées économiques  1.7.  Retransmission TV  1.8.  Tendance générale    PARTIE 2 ­ E­TRANSFORMATION DES GRANDS ÉVÉNEMENTS SPORTIFS ­                  « SPORT TO WEB & WEB TO SPORT »  2.1.  Un nouveau mode de communication  2.2.  De nouveaux outils  2.2.1. Stades connectés  2.2.2. Plateformes  2.2.3. Médias sociaux  2.2.4. Applications mobiles  2.2.5. Objets connectés  2.2.6. Live streaming  2.2.7. Réalité virtuelle  2.2.8. Drones  2.2.9. Robots  2.3.  De nouvelles opportunités  2.3.1. Fan expérience  2.3.2. Phénomène du “second écran”  2.3.3. Explosion de l’audience  2.3.4. Big data  2.3.5. Accès aux sportif / “sport réalité”  2.4.  De nouvelles contraintes  2.4.1. Engagement  2.4.2. Création de contenu  2.4.3. Mutations de la discipline sportive  2.4.4. E­réputation    4 
  6. 6.   PARTIE 3 ­ E­SPORT : LES PURES PLAYERS DU SPORT DIGITAL  3.1.  Définitions ­ Présentation  3.2.  Ampleur du phénomène  3.3.  Cible   3.4.  Passerelles entre e­sport et sport traditionnel  3.5.  Evolution à 10 ans    PARTIE 4 ­ QUELLE ÉVOLUTION D’ICI 10 ANS ?  4.1.  Retransmission  4.1.1 Live streaming  4.1.2 Multi­screen  4.1.3 Technologies 4K et 8K  4.1.4 Réalité virtuelle / Technologie 360°  4.2.  Stades et arenas  4.3.  Quelle utilisation du Big Data ?  4.4.  Objets connectés / Wearables  4.5.  Robotique  4.6.  Humanité augmentée  4.7.  Réalité virtuelle / augmentée  4.8.  Drones  4.9.  Hologrammes  4.10.  Participation des fans  4.11.  Commerce  4.12.  Billetterie    PARTIE 5 ­ RECOMMANDATIONS  5.1.  Anticipation  5.2.  Comment mettre en oeuvre sa stratégie digitale ?  5.3. Comment e­transformer ses équipes ?  5.4. Outils à investir ?  5.5. Quelles bases de donnée anticiper ?            5 
  7. 7.   INTRODUCTION    Quoi de plus immuable, traditionnel et mûrement répété que les Jeux                      Olympiques ?Et pourtant, bien plus que les disciplines sportives elles­mêmes, si                      l’organisation de cet événement est une machine bien rodée elle est également                        bien vivante. Et comme toute entité vivante, elle évolue. Une démonstration ?                        Quoi de plus différent que les Jeux tels qu’ils se sont organisés à Olympie il y a                                  3000 ans et les Jeux tels qu’ils se préparent à Rio en 2016 ?  Objets connectés, big data, applications mobiles, seconds écrans, réseaux                  sociaux, réalité virtuelle, autant d’outils que les grecs, mêmes aidés des dieux                        n’auraient jamais pu imaginer. Les perspectives offertes par le digital au                      business du sport sont vastes mais vers où nous conduisent­elles ?    Cette thèse se propose de répondre à une question : “quelles sont les mutations                            déjà opérées et celles à attendre de l’utilisation croissante des leviers digitaux                        sur les grands événements sportifs ?”  Et, de façon sous­jacente, sommes­nous en train de sacrifier l’âme de nos                        événements sur l’autel de l’innovation ?     Si la digitalisation est croissante dans tous les domaines, on peut parler d’une                          digitalisation galopante des événements sportifs. Ceci s’explique notamment par                  le besoin qu’ont les communautés de fans de partager leurs émotions.   Et cette digitalisation s’inscrit dans un secteur en forte progression. Selon une                        étude réalisée par le cabinet Deloitte            en décembre 2015, plus de 70            millions de billets pour des          événements sportifs ont été vendus          en 2015 en Angleterre, soit une            augmentation de 5% par rapport à            2014. Ceci place l’année 2015 en            2ème place derrière l’année record          de 2012 avec les JO qui avaient accueilli 75 millions de spectateurs.    Pour tenter d’apporter une réponse à la question, un état des lieux est                          nécessaire : quels sont les nouveaux outils, pour quelles opportunités et quelles                          6 
  8. 8. contraintes ? Empreints de cette réalité, et déjà “e­transformés”, à quoi                      ressemblent vraiment nos événements sportifs aujourd’hui ? Le e­sport a­t­il la                      légitimité pour s’asseoir à la table des grands ? Et surtout, quelles évolutions                          allons­nous voir surgir d’ici 10 ans ? Allons­nous voir nos événements perdre                        leur âme ou leurs traditions pour répondre aux impératifs de partage,                      d’immédiateté et de contenus générés par le digital ?     Enfin, comment communiquer sur ces grands spectacles en exploitant au mieux                      des outils en constante évolution ? Comment concevoir et mettre en oeuvre une                          stratégie digitale ? Quelles compétences RH intégrer afin de coller à la courbe de                            ce virage numérique ? Comment aborder le Big Data, et quelles bases de                          données anticiper ?    Un florilège de questions qui permettent de poser les bases d’une réflexion. Les                          bases seulement car tout ceci n’étant valable que le temps d’une tendance, les                          évolutions s’enchaînent et induisent un état de veille permanent. Mais les                      contours de demain sont de moins en moins flous, allons­y avec gourmandise !                          Cette thèse est un travail d’investigation et de réflexion, compilant de                      nombreux exemples, permettant une compréhension des enjeux ouverts                par le digital et une vision de l’avenir dans l’univers des grands                        événements sportifs.      7 
  9. 9. PARTIE 1 ­ ÉCOSYSTÈME DU SPORT ÉVÉNEMENTIEL      1.1. DÉFINITIONS    Selon le Petit Robert, le sport est une ​“activité physique exercée dans le sens du                              jeu, de la lutte et de l’effort et dont la pratique suppose un entraînement                            méthodique, le respect de certaines règles et disciplines”.    Définition du sport établie par la Charte Européenne du Sport:  “On entend par “sport” toutes formes d’activités physiques et sportives qui, à                        travers une participation organisée ou non, ont pour objectif l’expression ou                      l’amélioration de la condition physique et psychique, le développement des                    relations sociales ou l’obtention de résultats en compétition de tous niveaux”.    L’introduction de ce sujet a été confiée à une référence mondiale de                        l’organisation d’événements sportifs, ASO, par l’intermédiaire d’Antoine Aubour,                Deputy Marketing Director à qui il a été demandé sa définition d’un grand                          événement sportif : ​“Un grand événement sportif, c’est un événement qui                      répond à des critères restrictifs. C’est un mix d’indicateurs qui peuvent dire d’un                          événement si c’est un “grand événement sportif” : quelles sont les diffusions (en                          local ou dans le monde entier) et les audiences, quelle est la capacité à engager                              des fans sur les volets digitaux, combien de spectateurs ? On mixe ces                          indicateurs et on matche avec l’image de la Marque événement.”   Les grands événements sportifs tels que définis par Antoine Aubour sont par                        exemple le Super Bowl, La FIFA World Cup, les Jeux Olympiques, la Ryder Cup                            ou le Tour de France.    Pour bien comprendre les enjeux de ces grands événements, voici le top 3 des                            chiffres d’audience TV relevés :  1. FIFA World Cup ­ Moyenne d’audience : 3,5 milliards  2. Tour de France ­ Moyenne d’audience : 2,6 milliards  3. JO d’été ­ Moyenne d’audience : 2 milliards    8 
  10. 10. Moyenne des sources (aux variables parfois importantes) relevées.    Cette définition place d’emblée le sujet dans une importante thématique                    business, avant même d’aborder les notions de performances et d’émotions.     Notre périmètre d’étude sera plus vaste bien que globalement basé sur les                        mêmes critères.     Sera considéré ici comme grand événement sportif tout événement sportif                    retransmis en TV et/ou sur internet (garantie de popularité de l’événement),                      faisant intervenir des spectateurs, et ayant un branding fort.     Dans ce périmètre, on distingue deux types d’événements :  ● Les événements principalement destinés aux amateurs : athlètes                amateurs (d’où les professionnels ne sont toutefois pas exclus, c’est le cas                        des marathons notamment)  ● Les événements réservés aux professionnels : athlètes professionnels (où                  sont également conviés un petit nombre d’amateurs invités par                  l’organisation par l’intermédiaire de wild cards comme c’est le cas au golf                        ou sur le Tour de France).    Qu’est­ce qui fait le succès d’un grand événements sportif ? C’est avant tout la                            notion de sport spectacle. On vient au stade, au match, sur les routes du Tour                              du France, pour se divertir, voir des athlètes parfois (souvent ?) considérés                        comme des héros, approcher au plus près du mythe, et dire “j’y étais” voire “j’y                              suis” grâce aux outils digitaux. Et plus le mix performances/popularité du                      spectacle sera important, plus le public sera au rendez­vous et par conséquent                        les médias et donc les sponsors.     Ce business s’appuie sur une tradition bien ancrée (le peuple ne demandait­il                        pas dans l’Antiquité “du pain et des jeux” ?) et peut désormais compter sur un                              courant hygiéniste qui voit le nombre de pratiquants exploser depuis quelques                      années dans les classes sociales les plus aisées. Courant bien suivi et fortement                          encouragé par tous les fabriquants d’objets connectés, alimentant le fantasme                    d’un bien­être issu d’une pratique sportive régulière. Mais si la partie aisée de la                              9 
  11. 11. population s’adonne de plus en plus au sport, la pratique est globalement en                          baisse en France. Selon une enquête Eurobaromètre parue en mars 2014, 48%                        des individus de plus de 15 ans déclaraient faire du sport au moins une fois par                                semaine en 2009 et ils n’étaient plus que 43% en 2014. Au­dessus toutefois de                            la moyenne européenne qui restait stable à 41%. Malgré cette baisse, les                        spectateurs sont toujours aussi nombreux (la moitié de la population mondiale                      regarde la FIFA World Cup à la télévision !) et l’identification aux sportifs                          professionnels est forte et renforce encore davantage la notion de mythe                      lorsqu’on assiste à des épreuves qui impliquent un profond dépassement de soi.      1.2. HISTOIRE    Préhistoire  Les rivalités de clan à clan            constituèrent vraisemblablement le      contexte originel dans lequel une          activité physique préfigurant le sport          a pu naître.  Dans les premiers temps, le “sport”            n’est pas un exercice physique mais            est la conséquence de la réponse à              des besoins vitaux comme chasser          pour se nourrir ou se battre pour se                défendre. Ensuite, peu à peu, les premiers loisirs du chasseur apparaissent, la                        notion de sport est établie : courir, franchir des obstacles naturels sans que le                            hasard ni la nécessité l’y forçat.    Vers 3500 avant J.­C. : des bas­reliefs de la vallée du Nil représentent des                            hommes effectuant des exercices de course et de saut et pratiquant la natation                          et l'équitation.    Antiquité  La pratique du sport est l'une des caractéristiques majeures de la civilisation                        grecque antique.     10 
  12. 12. Historiquement, les Jeux sont instaurés afin de donner une unité au monde                        hellénique, alors fragmenté en cités­états, constamment en guerre. La                  mythologie se mêle à l’histoire, et on explique souvent les événements vécus à                          cette époque comme des conséquences de l’intervention des dieux. Ces Jeux ont                        lieu tous les quatre ans. Cette période de quatre années prend le nom d’                            “Olympiade” et sert même de système de datation: le temps ne se compte pas                            en années, mais en Olympiades. C’est dire l’importance des jeux. Importance qui                        ne se dément pas aujourd’hui.    Moyen­âge  La plupart des sports médiévaux, conçus comme un entraînement à la guerre,                        étaient violents. On voit ainsi s’ajouter à la chasse le tir à l’arc, les joutes, Les                                jeux de balle, et bien sûr les tournois.    Renaissance  La Renaissance redécouvre les vertus éducatives du sport et, de Montaigne à                        Rabelais en passant par Girolamo Mercuriale, tous les auteurs à la base du                          mouvement humaniste intègrent le sport dans l'éducation (par exemple                  Gargantua). C’est la grande époque des joutes équestres et du jeu de paume.    XVIII et XIXèmes siècles  Le XVIIIe siècle voit le déclin du jeu de paume et l'arrivée, ou plutôt le retour,                                des courses hippiques qui s'imposent comme le sport roi des XVIIIe et XIXe                          siècles.      Depuis le XXème siècle  Le XXe siècle est devenu le siècle du spectacle sportif de masse et de la                              démocratisation des loisirs sportifs.  Le football devient ensuite et reste encore aujourd'hui l'incontestable sport                    “numéro un” sur la planète.  Au­delà de ce tableau général coexistent des nuances régionales parfois très                      marquées.  Ainsi, le football tient une place secondaire dans les pays de l'ancien empire                          britannique. En revanche, ils cultivent les autres sports que soutenait jadis la                        bonne société anglaise, du tennis au hockey sur gazon en passant par le rugby                              11 
  13. 13. et le cricket. Le cricket a ainsi un statut national dans                      des pays comme l'Inde ou le Pakistan.  De même, l'Amérique du Nord a donné naissance à                  plusieurs sports, le hockey sur glace et le basket­ball                  au Canada, le baseball et le football américain aux                  États­Unis, parvenant ainsi à échapper à la vague du                  football.        1.3. CONTEXTE      La croissance par an du marché mondial du sport,                  prévue par PwC, était de +3,7% et le CA prévu était                      de 145,3 milliards de dollars pour l’année 2015.    Une belle croissance pour un gigantesque marché,              dont la France sait tirer un bon profit compte tenu du                      nombre d’événements qu’elle accueille. Les 3 années              à venir vont voir se dérouler pas moins de 14                    événements d’envergure internationale, sans        compter tous les événements de récurrence annuelle.    L’infographie ci­contre recense ces événements          “gagnés” qui sont autant de dossiers de candidatures                portés, financés et réussis pour l’hexagone.            L’excellence de ses organisations couplée aux            arguments touristiques font historiquement de la            France une terre d’accueil du sport universellement              reconnue.            12 
  14. 14. 1.4. CIBLE ET ACTEURS    On distingue deux catégories de cibles, chacune d’elles ayant des ramifications                      importantes. Les messages à transmettre sont donc à destinataires multiples et                      doivent être portés sur les canaux adéquats. Ceci suppose une réflexion                      approfondie et anticipée de la stratégie.    ● la cible “business” (BtB et BtC)  ­ Sponsors  ­ Médias  ­ Collectivités  ­ Participants (inscriptions)  ­ Fédérations  ­ Equipementiers    ● la cible spectateurs, BtC  ­ Téléspectateurs  ­ Internautes  ­ Spectateurs (payants ou non)    Cette cible spectateurs est généralement bien segmentée, aujourd’hui souvent                  au moyen de personas afin d’adapter et d’affiner les messages.    Un événement sportif est aussi un écosystème requérant de nombreux acteurs :  ● les sportifs  ● les clubs, les équipes, les fédérations  ● les organisateurs d’événement  ● les sponsors  ● les médias  ● le public  Tous les intérêts sportifs et financiers sont liés.            13 
  15. 15. 1.5. FINANCEMENT    Selon qu’on parle d’un événement grand public ou d’un événement                    professionnel, il y a deux business model principaux :  ● Evénement grand public : les recettes sont principalement basées sur les                      inscriptions et le sponsoring  ● Evénement professionnel : les recettes sont principalement basées sur les                    droits versés par les collectivités accueillant des étapes (Dakar, Tour de                      France), le sponsoring, la billetterie et les droits média et, dans certains                        cas les frais d’inscription des athlètes ou équipes.    Ceci étant dit, chaque événement a son business model bien à lui.    Le modèle économique du Dakar par exemple comporte 3 entrées principales :  ­ Inscriptions des concurrents : 50%  ­ Participation des pays et collectivités : 40%  ­ Sponsoring : 10%    Le Tour de France quant à lui possède un modèle économique unique (un des                            rares événements sportifs sans billetterie), principalement axé sur la cession des                      doits TV (estimation 55% des recettes), le sponsoring (estimation 35% des                      recettes), et les droits d’entrée des villes­étapes (estimation 10% des recettes).    En revanche, le Marathon de Paris repose davantage sur la vente des dossards                          que sur le sponsoring.     A ceci s’ajoutent des recettes d’ “hospitalité” (restauration et merchandising) et                      de produits dérivés pour la plupart des événements.    Les principaux financeurs des grands événements sportifs sont donc les médias,                      les Marques, les collectivités et les participants inscrits.             14 
  16. 16. 1.6. RETOMBÉES ÉCONOMIQUES    Les retombées économiques des grands événements sportifs ont de nombreuses                    origines et expliquent la course aux candidatures que se livrent les pays ou les                            collectivités.  Mais les retombées économiques prévues peinent parfois à équilibrer les                    dépenses dont les seuils fixés explosent dans bien des cas. ​Selon l’article du                          Figaro.fr “Paris 2024 : l'organisation des JO est­elle rentable ?” paru le                        23.06.15: “​pour les JO de 2012, Londres avait avancé 4,8 milliards de budget                          initial qui s'étaient transformés en 11 milliards. Pékin, quatre ans plus tôt, avait                          vu sa prévision de 2,6 milliards d'euros s'envoler à 32 milliards…​” et le Figaro                            d’ajouter : ​“​Pourtant, en juillet 2013, Londres annonçait ​être gagnante                    économiquement avec 11,5 milliards d'euros de retombées économiques, un an                    après les Jeux olympiques de 2012​”  Il est reconnu que les JO s’avèrent peu rentables et sont souvent suivis par des                             1 problèmes liés aux infrastructures. Que faire en effet d’une piste olympique de                        bobsleigh (le débat a été sanglant autour de ce problème à Albertville) ou d’un                            stade si vaste qu’il est impossible de le remplir (le Nid d’oiseau à Pékin qui peine                                à occuper ses 99 000 sièges) ? Mais au­delà des problèmes de rentabilité                          mesurée, les JO restent une magnifique vitrine pour le pays organisateur et ce                          point fait se multiplier les candidatures. En réalité, les retombées, qui sont                        difficilement mesurables, perdurent des années après l’événement, notamment                dans le secteur du tourisme. De plus, c’est le savoir­faire et la crédibilité                          technique (voire technologique) locaux qui sont mis en avant, et là encore, il est                            peu aisé d’en estimer les retombées.    La coupe du monde de rugby, quant à elle, fait partie des événements                          communément reconnus comme étant rentables. Il y a plusieurs explications. La                      première est d’ordre idéologique. Le rugby possède des valeurs très fortes à                        laquelle sponsors et (télé)spectateurs n’ont aucun mal à s’identifier. La dernière                      édition qui s’est jouée en septembre au Royaume Uni est trop proche pour que                            les calculs soient terminés. Mais les prévisions étaient au vert. Courrier                      International, dans son article “​La Coupe du monde de rugby, plus rentable que                          les Jeux olympiques ?” avait sorti la calculette pour annoncer le 17.09.15 : ​“Le                            1  Paris 2024 : L’organisation des JO est­elle rentable ? ­ ​http://www.lefigaro.fr/​ ­ Maxime Brigand ­ 23.06.15    15 
  17. 17. tournoi devrait rapporter 650 millions de livres [889 millions d’euros] de recettes                        dont les deux tiers proviennent des droits de diffusion, explique le journal                        économique. De plus, l’impact économique pour le pays est estimé à 2,2                        milliards de livres [3 milliards d’euros], dont 1,1 milliard de livres [1,5 milliard                          d’euros] profitera au secteur du tourisme et du voyage dans le pays.”    Les grands événements sportifs sont donc aussi synonymes de gros sous et les                          retombées, bien que différentes d’un événement à l’autre peuvent impliquer les                      institutions suivantes :  ● Collectivités :  ­ création d’emplois  ­ travaux (constructions, réhabilitation de structures sportives)  ● Fédérations : création de licenciés (engouement)   ● Médias : vente d’espace publicitaire (4,5 millions de dollars le spot de 30                          secondes pendant le Super Bowl…)  ● Equipementiers sportifs  ● Structures sportives (augmentation de la fréquentation)   ● Créateurs / organisateurs / propriétaires d’événements  ● Sportifs (contrats publicitaires notamment)  ● Agents de sportifs   ● ...        1.7. RETRANSMISSION TV    La nouvelle technologie ne rendra pas les technologies existantes (TV, radio)                      obsolètes, c’est un  choix supplémentaire pour le consommateur.  Frédéric Vaulpré, directeur d’Eurodata TV Worldwide, note que : ​“la saison                      2014/2015 démontre que, même sans JO ni Coupe du Monde de Football, la                          télévision reste le support principal pour suivre en direct les grands rendez­vous                        sportifs. Les autres écrans servent davantage à compléter et enrichir                    l'expérience TV. Le sport ne cesse de battre des records d’audiences et l’offre se                            diversifie : le football se conjugue au féminin et les sports locaux se font une                                16 
  18. 18. place parmi les compétitions internationales. De bon augure à l'aube des Jeux                        Olympiques de Rio !”​. Non, la télé n’est pas morte !  Dans son blog Hell Of Sport, Boris Helleu, Enseignant Chercheur à l’Université de                          Caen Basse Normandie a listé les chiffres marquants d’audience de l’année                      2015:   “​Eurdodata TV Worldwide a révélé en novembre 2015 les principales données du                        Yearly Sport Key Facts. Que faut­il retenir de cette année 2015 ?   Extraits du communiqué :  ● Le football est toujours le sport le plus suivi : dans 20 des 46 pays                              étudiés, un match de foot est en tête des audiences.   ● La finale de la Coupe du Monde féminine (Etats­Unis ­ Japon) a été suivie                            par 22,6 millions d’Américains (23,6% de PDA) sur Fox et par 3,7 millions                          de Japonais dans la région de Kanto sur Fuji TV (38,7% de PDA)  ● En France, le quart de finale France­Allemagne a réuni 4,1 millions de                        téléspectateurs sur W9 (25,3% de PDA). C'est un record d’audience                    historique en France pour une chaîne de la TNT tous programmes                      confondus.  ● Rugby : la finale des All Blacks face à l’Australie a réalisé une part                            d'audience de 96,9 % sur Prime et Sky Sports 1.   ● Le Super Bowl est à nouveau l'évènement sportif le plus suivi de l’année                          aux Etats­Unis : 115 millions de téléspectateurs sur NBC.   ● Boxe: le "combat du siècle" Pacquiao / Mayweather, a réuni le 3 mai                          dernier 8,9 millions de Philippins, réalisant plus de 85% de PDA (diffusion                        en simultané sur 4 chaînes).  ● Le volley féminin en Thaïlande : le match Chine / Thaïlande, comptant                        pour le Grand Prix Mondial de Volley, a rassemblé 8,7 millions de                        téléspectateurs (43,4% de PDA) le 16 juillet sur Channel 7.  ● En Irlande, les sports gaéliques représentent 33% de l’offre sportive                    télévisuelle et 48% de la consommation.”      Le sport ne peut s’envisager qu’en direct et la télévision reste le média le plus                              populaire et le plus évident pour suivre une compétition.  L’infographie ci­dessous donne la mesure des niveaux d’audiences mondiales sur                    les plus grands événements sportifs. Elle est à consulter comme une évaluation     17 
  19. 19.     basée sur des fourchettes d’audiences          moyennes relevées (avec parfois        d’importantes variables selon les        sources) mais son approche reste          représentative de la réalité. Attention,          certains événements ne durent que          quelques heures et d’autres plusieurs          semaines, c’est une donnée à prendre            en considération : il convient d’ajouter            à la popularité de l’événement sa            durée pour appréhender ces chiffres.    A cela s’ajoute toute la panoplie            digitale qui sera détaillées dans les            chapitres suivants.            18 
  20. 20.   1.8. TENDANCE GÉNÉRALE    Plusieurs tendances accompagnent les grands événements sportifs :    Spectacle  Plus qu’une tendance, c’est une réalité pour bon nombre de grands événements,                        le spectacle (autre que celui de la compétition) a pris une place importante.                          Celui­ci s’exprime par les cérémonies d’ouverture ou de fermeture des Jeux                      Olympiques, des coupes du monde de football, ou les concerts accompagnant le                        Super Bowl, etc. Un événements sportif populaire est une grande fête, très                        attendue, qu’il convient d’accueillir dignement.    Bien­être de la population  Une autre tendance est dictée par le contexte économique général qui pousse à                          consommer davantage de spectacles populaires. Le bien­être de la population                    est même régulièrement mesurée par certains indices quand elle gagne une                      coupe du monde ! La notion de “vivre ensemble” est toujours mieux notée après                            une victoire, la population étant réunie sous un même drapeau porté par des                          icônes victorieuses. La réussite sportive populaire a donc un impact politique et                        social important. Mais l’organisation des événements aussi a son importance                    politiquement et c’est une autre des raisons qui poussent les villes ou les pays à                              être candidats.    Dans l’intimité des athlètes  Les événements proposent aux spectateurs d’être de plus en plus voyeuristes                      (présence des caméras dans les vestiaires après un match de foot). Il faut                          surprendre et immerger de plus en plus le spectateur : le sensationnalisme                        prévaut et la morosité conjoncturelle fait naître un besoin de sensations fortes.  Le digital a toute sa place dans cette tendance générale, voire c’est par le digital                              qu’elle peut exister. Les hashtags officiels des événements, les comptes des                      sportifs sur les réseaux sociaux, permettent un accès direct à des informations                        et des contenus autrefois inexistants.          19 
  21. 21.   Héroïsme  La notion d’héroïsme est une composante même du sport, a fortiori d’une                        compétition. Si le sportif amateur a besoin de performances pour se reconnaître,                        voire être reconnu comme un héros, le sportif professionnel se pose en modèle                          dès lors que ses compétences sont reconnues comme supérieures à celles de                        celui qui le supporte.  C’est un courant sur lequel surfent Go Pro et Red Bull. “Be a hero” est le slogan                                  de Go Pro dont les caméras les plus vendues sont la ligne “Hero”. Ils sont                              leaders dans la vidéo virale (​gopro.com regorge de vidéos contributives). Red                      Bull possède même sa chaîne sur Youtube : RedbullTV.  On est dans le partage des expériences, et le nombre de vues potentielles                          galvanise les candidats à l’exhibition.  Il y a les buzz orchestrés par les marques (GoPro) et la communication virale qui                              échappe aux marques, aux organisateurs ou aux athlètes grâce à tous les outils                          de partage actuels. Ceci entraîne de possible problèmes en terme de droits mais                          surtout de maîtrise d’image d’un événement.  L’énorme succès des Mud Day, et avant eux les incontournables Spartan Race                        surfe sur cette vague d’héroïsme en proposant à ses compétiteurs (amateurs)                      des courses d’obstacle qui vont au­delà du dépassement de soi. Epreuves de                        force, progression dans la boue, kilomètres de running, escalade, le programme                      est sévère et attire toujours plus de candidats au très convoité titre de finisher.    Amélioration de l’expérience client  Alors qu’on ne peut repousser les murs d’un stade pour accueillir davantage de                          spectateurs, on peut néanmoins progresser encore et toujours dans l’expérience                    offerte au client, qu’il soit spectateur physique, téléspectateur ou internaute.                    C’est aussi sur son expérience que sera évalué l’événement. Améliorer                    l’expérience client est donc une forte tendance actuelle et une des                      préoccupations majeures des organisateurs. Par conséquent, organisateurs et                diffuseurs proposent de plus en plus d’expériences propres à satisfaire l’appétit                      des spectateurs et mécaniquement, les startups dans le domaine pullulent. C’est                      le cas par exemple d’Omnilive qui, par l’installation de 4 caméras, offre la                          possibilité au téléspectateur d’être son propre réalisateur en choisissant ses                    angles de vue.    20 
  22. 22. Cette tendance sera détaillée en partie 2.  Les maître­mots de cette tendance : partage, expérience, participatif,                  engagement.    Thématiques  Comme dans tous les domaines, il y a des phénomènes de mode. Et ceci se                              vérifie sur les événements destinés aux amateurs qu’il s’agit de séduire, l’offre                        étant pléthorique. Et parmi toutes les thématiques actuelles, et pour n’en choisir                        qu’une afin d’illustrer ce point, on assiste depuis quelques années à l’émergence                        du fun run. Courir, c’est excellent pour la santé, mais c’est aussi pénible,                          fastidieux voire lassant. Ce qu’ont parfaitement compris les Marques et les                      organisateurs qui, pour élargir leur cible à ces sportifs moins motivés, proposent                        de plus en plus d’événements où le plaisir, l’amusement, sont le point central, et                            la course à pied n’est plus qu’un moyen d’accéder à ce plaisir. Si une jeunesse                              décomplexée veut manifester sa joie de vivre en se faisant arroser de pigments                          colorés et finir la fête dans un festival de musique, la Color Run répond à ses                                attentes. Si une famille veut se fondre parmi 6000 runners déguisés en Père                          Noël, elle aura l’embarras du choix parmi toutes les corridas de Noël. La petite                            dernière, à venir le 14 février 2016, la Odlo Cristal Run, proposée par ASO,                            proposera un circuit festif à travers Paris avec à l’arrivée le vin chaud et une fête                                qui se poursuivra dans l’après­midi.  Et bien sûr, par définition, ces événements “fun” sont une mine à contenus tant                            ils sont visuels : photos et vidéos se propagent sur les réseaux, auto­alimentant                          le phénomène.    Côté BtB, une tendance se confirme depuis plusieurs années sur les événements                        de moyenne envergure c’est le “naming”. La vente du nom, de l’identité même                          de l’événement à un sponsor. Ce qui donne en lieu et place de l’Open de France                                (Golf), l’Alstom Open de France ou encore le ​Schneider Electric Marathon de                        Paris.  Open de France est la marque tandis qu’Alstom Open de France en est devenu le                              produit. Un produit à durée de vie aussi limitée que les contrats de sponsoring                            qui lient les deux entreprises. En cas de disparition du sponsor, un autre produit                            sera lancé avec un nouveau sponsor, un nouveau naming.    21 
  23. 23. Cette tendance de naming ne peut pas s’appliquer aux événements majeurs tels                        que définis par Antoine Aubour. Les Jeux Olympiques ne pourront jamais                      s’appeler les “Red Bull Jeux Olympiques” pour la première et évidente raison qui                          est la capitalisation très forte sur le nom, l’identité, l’histoire de l’événement. Le                          Tour de France ne pourra jamais s’appeler le Orange Tour de France. Quelle                          évidence pourrait­on envisager de créer dans les esprits entre Orange et les                        images de nos plus lointains souvenirs de la grande boucle ? La “récupération”                          risquerait de dégoûter les aficionados. La seconde raison, dans une vision plus                        business, est que la place de sponsor­titre est enviée par tous les gros sponsors                            de la compétition et qu’une marque élue pourrait faire se détourner les autres,                          pourtant indispensables à l’existence de tels événements.   Cette notion de naming est aujourd’hui également fortement répandue sur les                      stades et arenas.         MA VISION  Existant depuis la nuit des temps, les grands événements sportifs sont                      nécessaires à l’équilibre des sociétés et des individualités, nourrissant                  autant ceux qui les disputent que ceux qui les soutiennent. Facteurs de                        lien social, miroirs d’un bien­être physique qui s’espère contagieux, ils                    constituent avant tout un formidable ressort économique aux                ramifications parfois denses. Si les événements amateurs sont sensibles                  aux modes, la plupart des événements sportifs sont ancrés dans une                      tradition et une histoire solides. Bien qu’avant tout suivis à la télévision                        (la moitié de la planète y suit la FIFA World Cup et à peu près autant y                                  suit le Tour de France), l’avènement de l’ère digitale a apporté des                        solutions permettant de re­dynamiser des business models jusque­là                centrés sur les médias traditionnels. Et dans la même dynamique,                    l’expérience client a été profondément modifiée et ne cesse de                    s’améliorer, qu’elle soit dans ou hors enceinte sportive, sur place ou a                        distance.      22 
  24. 24. PARTIE 2 ­ E­TRANSFORMATION DES GRANDS ÉVÉNEMENTS SPORTIFS  “SPORT TO WEB & WEB TO SPORT”    Une tendance générale chez les organisateurs des grands événements sportifs                    est l’attachement des mentalités aux modèles traditionnels. Les deux principales                    raisons expliquant cette attitude sont le poids des institutions (les fédérations                      notamment) portant les valeurs d’un sport qu’elles craignent de malmener en                      sortant du sentier habituel, ainsi que l’histoire propre de chaque événement sur                        laquelle on souhaite capitaliser et qu’on ne veut pas prendre le risque d’écorner.                          Ces risques en revanche ne sont pas à la charge des sponsors qui globalement                            montrent une agilité et une créativité digitale bien supérieure à celle des                        organisateurs. Ces derniers sont dans l’ensemble conscients de leur retard, et                      accélèrent le développement des départements “digitaux” afin d’intégrer et                  déployer de nouveaux outils et des profils 3.0.   En face de ces grands événements, il y a deux types de spectateurs : ceux qui                                “consomment” l’événement dans son acceptation traditionnelle, c’est à dire un                    match, des images retransmises, un score, point final. Et puis il y a les                            “consomm’acteurs”, les “spect’acteurs” digitaux convaincus (et pas seulement                les plus jeunes), qui iront chercher tout le contenu supplémentaire avant (le                        chiffre d’affaire en billetterie de l’OL réalisé en ligne représente déjà 70% du                          chiffre d’affaire en billetterie global) , pendant et après le match, qui échangent                          autour de leur passion sur les réseaux. Ces supporters digitaux sont de plus en                            plus nombreux (+15% de VU sur le site web de l’OL entre septembre 2014 et                              septembre 2015).  Pour ces spectateurs digitaux convaincus, l’image reçue est déjà digitale, celle­ci                      étant un mix de l’événement lui­même, des outils qui l’accompagnent et de la                          communication des sponsors. Les événements sont donc déjà “e­transformés”,                  même si ils ont encore une vraie marge de progression, et on s’achemine vers                            un modèle “sport to web & web to sport” : l’événement sportif se vit désormais                              aussi sur le web, et le web et sa panoplie d’outils ouvre de nouvelles                            opportunités qui mènent à l’événement et l’enrichissent. Un cercle vertueux pour                      accompagner une croissance économique reposant sur de nouveaux modèles.      23 
  25. 25. 2.1. UN NOUVEAU MODE DE COMMUNICATION    L’émergence des nouveaux outils digitaux a profondément modifié les liens                    unissant toutes les entités de l’industrie du sport et s’accompagne d’une                      déferlante d’opportunités qui se traduit souvent par une sur­exploitation de la                      cible consommateur.    24 
  26. 26.   2.2. DE NOUVEAUX OUTILS    2.2.1. Stades connectés    La question des stades connectés, c’est l’enchantement ou le grand trouble,                      selon qu’on regarde d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Les américains,                        comme souvent, donnent la tendance et se posent sans doute moins de                        questions que les européens à propos des nouvelles technologies. Ils                    investissent donc massivement sur l’avenir et constituent aujourd’hui LA vitrine                    des stades connectés.  Leur catalogue est plutôt fourni avec une petite dizaine de stades déjà                        opérationnels : Sleep Train Arena (Sacramento), Levi’s Stadium (Santa Clara),                    AT&T Stadium (Arlington), Sun Life Stadium (Miami), Everbank Field                  (Jacksonville), Barclays Center (Brooklyn), Quicken Loans Arena (Cleveland), et                  deux grands stades à venir : Mercedez­Benz Stadium (Atlanta) en 2017, et le BK                            Stadium.  Voir l’infographie réalisée par la Northwestern University’s School of Professional                    Studies Team (Annexe 1).    Et la France ? Seulement 2 stades connectés, à Nice (l’Allianz Riviera) et à Lyon                              (le Grand Stade), ainsi que le Palais Omnisports de Bercy récemment restauré et                          baptisé l’AccorHotels Arena, et une impossibilité de rejoindre un petit 3G au Parc                          des Princes ou même au Stade de France ! La raison est simple et exprimée ici                                avec une certaine amertume par Boris Helleu :  “En France, il n’y a que 3 ans qu’on a commencé à se poser la question des                                  stades connectés. J’ai animé une table ronde sur le sport connecté à l’occasion                          de la manifestation Sport Numericus, qui réunissait les gros acteurs des stades                        en France. La question des stades connectés s'est posée car on savait qu’on                          allait accueillir l'Euro 2016. Et à part Lyon, parmi tous les projets, aucun stade                            connecté n’était prévu. Qu'est­ce qu'un stade 2.0 ? C'est un stade qui va                          permettre à ses fans de se connecter en wifi ou de bénéficier d’une couverture                            3G ou 4G qui tient la route. Et ça veut surtout dire que derrière la technologie                                proposée, c’est toute une installation filaire, c'est un spot wifi a implémenter                        dans le stade. Et on n’a que l'exemple nord américain pour prendre la mesure                              25 
  27. 27. de ce qu’est un stade connecté : grâce au MSR (Mobile Sport Report), on connaît                              le volume des données générées en To à l'occasion d'un événement sportif. Il y                            a parfois des records au­delà de 5 To par match ce qui est énorme si on part du                                    principe qu’une photo Instagram c'est 1 Mo… Avec parfois des pics de                        connexions simultanées en wifi de plus de vingt mille personnes. Aux États­Unis                        on est conscient de ça, et on sait que dans le coût d’un nouveau stade le budget                                  dédié à la techno sera quasiment à 10% du coup du stade. La construction des                              stades les plus récents aux États­Unis ont coûté à peu près un milliard de                            dollars. Le BK Stadium par exemple c’est 150 millions de dollars rien que pour la                              techno : il faut amener la fibre, mettre les écrans, installer les spots wifi, mettre                              les antennes pour les couvertures 3G et 4G et tout ça représente des coûts                            importants. Et en France ce qu'il se passe c’est que tout le monde se regarde                              dans les yeux pour savoir qui va payer. On sent bien qu'il faut faire quelque                              chose qu'il y a une demande mais est­ce que c'est au propriétaire du stade de                              payer ? Au club occupant ? A l'organisateur de l'événement ? Et tout le monde                              conclut que ce n’est pas à lui de payer. Le Grand Stade de Lyon sera connecté,                                et le Stade de France qui a été raillé pendant des années parce qu’il était                              impossible d’envoyer un sms devrait faire des efforts, et voilà à peu près où on                              en est. D’ailleurs du point de vue de l'expérience fan c'est un paradoxe ;                            maintenant la connectivité totale d'un usager est normale : chez soi, au boulot,                          au Starbucks, au McDo sur une petite place publique on a le wifi. Donc on peut                                se connecter partout. Partout, sauf dans un stade qui est l’endroit où le fan a le                                plus besoin d’être connecté, car un match génère de l’émotion. Et les médias                          sociaux c’est le partage de l’émotion. Donc le seul endroit où on ne peut pas                              partager son émotion c’est dans un stade car le wifi est inexistant ou insuffisant.                            Et c'est surtout consternant par rapport à l'accueil des clients étrangers : un                          supporter anglais ou allemand qui a l’habitude du stade connecté, il arrive en                          France et on lui dit qu’il n’y a pas de wifi gratuit et que dans le meilleur des cas il                                        pourra essayer de se connecter sur la 3G ! Et comme il est à l'étranger ça va lui                                    coûter une fortune donc il ne peut pas twitter ou mettre sa photo sur Instagram.                              C'est affolant. Ça s'explique d'une part par la frilosité des acteurs qui ne savent                            pas trop comment financer tout ça et d'autre part par les fans français qui selon                              plusieurs études seraient les moins actifs sur les réseaux sociaux en terme de                          sport. ce qui ne veut pas dire qu'ils ne le soient pas. Ça permet de justifier que                                    26 
  28. 28. la demande n'est pas si forte que ça et ça n’encourage pas les acteurs à équiper                                les stades”.    Même constat pour Laurent Colette, directeur marketing et commercial du FC                      Barcelone, qui affirme que l’on est encore à ​“Jurassik Park” en termes de                          connectivité des enceintes sportives et que le but est aujourd’hui ​“de connecter                        100 % du stade et des alentours”​. Il indique également que ​“la moitié des gens                              au Barça vont au stade et ne consomment aucune boisson ou nourriture,                        souvent parce qu’il y a trop de queue. Le but c’est donc aussi de leur permettre                                de commander et de consommer sans queue”.    A titre d’exemple, et pour tenter d’imaginer les coûts en jeu, il a fallu au Levi’s                                Stadium (70 000 places donc comparable au Stade de France) 650 km de câbles                            de fibre optique, et 680 points d’accès wifi, pour permettre aux fans de se                            connecter à 40 gigabit par seconde…    La solution donc à ce problème de support des coûts serait donc le naming, à                              l’instar du Mercedes­Benz Stadium (75 000 places) qui ouvrira ses portes à                        Atlanta (US) en 2017. L’addition pour Mercedes s’est élevée à 1,2 milliards de                          dollars pour un contrat valide jusqu’en 2042 . L’excellence a un coût… 2   Alors qu’est­ce exactement qu’un stade connecté ? C’est une enceinte sportive                      réunissant tous les ingrédients nécessaires à une communication fluide “Web to                      Sport” et “Sport to Web”. En d’autres termes, il s’agit d’un lieu de spectacles                            offrant une connexion wifi solide et pouvant supporter plusieurs dizaines de                      milliers de connexions simultanées, mais aussi des lieux de vie (restaurant,                      stores, loges, etc.) 2.0. L’idée d’aujourd’hui est, comme pour les grands centres                        commerciaux, d’attirer un public qui restera beaucoup plus longtemps au stade                      que pour le seul match.            2  ​Mercedes­Benz Stadium: Automaker inks naming rights to Atlanta’s $1.2 billion venue ­  http://www.digitaltrends.com/​ ­ Andrew Hard ­ 24.08.15    27 
  29. 29. Pour mieux comprendre, voici la liste des équipements prévus dans le futur                        Mercedes­Benz Stadium :  ● un écran 360° sous le toit rétractable  ● 19 500 m2 d’écrans de scoring  ● 700 points de vente  ● 2000 écrans répartis sur tout le spot  ● fibre optique  ● DAS (antenne)    L’équipement technologique a été confié à IBM qui souhaite procurer aux                      visiteurs une expérience exceptionnelle, de leur arrivée à leur départ, en                      poussant notamment des informations parking à l’arrivée et des notifications de                      trafic au moment du départ . Du côté des Falcon, on n’hésite pas à annoncer                              qu’avec ce “parcours client” sans couture, le MB Stadium fournira la meilleure                        fan expérience au monde.    Certains acteurs de l’industrie du sport à l’inverse de la tendance observée,                        redoutent une digitalisation trop complète du supporter et craignent, par une                      trop grande connexion, de voir 60 000 spectateurs les yeux dans leur                        smartphone et non plus rivés au spectacle sportif.  En France, Veronica Grandi (FFT) nous a confié les questionnements de la                        Fédération quant à la connectivité du nouveau stade Roland Garros                    «​Voulons­nous oui ou non un stade connecté ? Est­ce que Roland Garros y                          perdrait son âme ? Est­ce qu’on veut que les spectateurs regardent le match ou                            qu’ils suivent d’autres matchs ? ​Le problème existe déjà, dans une autre                        mesure, avec les loges. Les spectateurs sont présents dans l’enceinte mais                      beaucoup ne sont pas à leur place».     Aux Pays Bas, c’est un tollé des supporters qu’a dû essuyer le ​PSV Eindhoven                            (en août 2014) lors d’un match contre Breda. Le Club avait mis à la disposition                              du public du Wifi gratuit, ce qui a attisé la colère des fans au point de brandir                                  une banderole “Fuck wifi, support the team” ainsi que des sigles wifi barrés de                            rouge. Pourquoi cette réaction ? Simplement parce que le football est un sport                          populaire, qui se vit avec les tripes, les chants, les palpitations d’un public                          envoûté, et qu’envisager la moitié du public dans son smartphone, c’est accepter                          28 
  30. 30. une part d’embourgeoisement de ce spectacle, ce que les “vrais” fans ne sont                          pas prêts à tolérer. Le stade, c’est chez eux et                    on y joue selon leurs règles. Et, bien qu’un peu                    musclée, la réaction est recevable et en tout                cas comparable à la manière dont est vécue la                  multiplication des loges dans les stades, et la                présence de plus en plus prégnante de cadres                en cravate, modérés dans leurs réactions            puisque souvent en représentation business.    Une réaction qui n’inquiète pas Michel Mimran,              Directeur Marketing du Paris Saint Germain :              “Dans les sciences sociales, il faut beaucoup se                méfier des signaux faibles qui sont ceux qu’on a                  envie d’écouter en se faisant croire que ce sont des signaux forts. Si aujourd’hui                            on faisait un référendum parmi tous les supporters du monde, et notamment en                          Europe, pour savoir s’ils veulent la connectivité ou pas, ces quelques supporters                        du PSV Endhoven feraient figure d’un petit village d’irréductibles noyés dans une                        masse énorme de gens qui n’attendent que ça. Leur réaction n’est pas                        représentative. C’est une réaction de certains supporters qui sont toujours                    caractérisés par un très grand conservatisme. Le fait que les supporters dans un                          Club en Hollande se mobilisent pour dire qu’ils ne veulent pas le wifi c’est Don                              Quichotte contre les moulins à vent.”    Ce débat sur la connectivité des enceintes sportives soulève bien d’autres                      questions que celles liées au coût et renvoie même à l’expression d’une fracture                          sociale s’exprimant dans les prérogatives des classes populaires qui semblent                    bafouées sur leur propre terrain.    Si ces interrogations sont légitimes aujourd’hui, qu’en sera­t­il demain lorsque                    nos bébés connectés seront devenus des supporters de foot ?            29 
  31. 31.   2.2.2. Plateformes    Le centre névralgique d’un grand événement sportif est son site web, souvent                        présenté comme une “plateforme”. C’est par elle que transitent toutes les                      informations, tous les contenus et c’est sur elle que s’articulent les différents                        outils. Les organisateurs l’ont bien compris et même si là encore des progrès                          sont toujours possibles, les usagers savent très bien où et comment trouver les                          informations.     Les questions qui se posent désormais sont de l’ordre de l’optimisation et                        concernent les architectures et l’ergonomie :  ● Comment définir et atteindre les KPI d’audience de son site ?  ● Quels choix effectuer en effet pour présenter plusieurs produits                  (événements) pour un même organisateur ?   ● Comment organiser la visite d’un site web lorsque les cibles sont multiples                        (grand public, équipes professionnelles, sponsors, collectivités, etc.) ?  ● Comment optimiser son référencement ?    Pour répondre à ces problématiques, la plupart des organisateurs possédant                    plusieurs produits ont opté pour une architecture pensée sur plusieurs sites.        Etude de la plateforme ASO et de ses sites satellites :    Il existe 2 sites “généraux” pour ASO et 1 site dédié à chaque événement.      ­ A. un site général BtB   Présentant l’entreprise, ses domaines        d’activité et ses produits, ainsi que les              offres de sponsoring, hospitalité, media et            merchandising : ​www.ASO.fr      30 
  32. 32.   ­ B. un site général BtC   Dédié aux inscriptions aux événements          grand public, aux entraînements, résultats,          etc. ASO Challenges est également une            plateforme communautaire :      www.asochallenges.com      ­ C. Les sites des événements professionnels  accessibles depuis la plateforme principale, via une page dédiée sur la                      plateforme puis un lien sortant.    ­ un site dédié au ​cyclisme sous la bannière                du ​Tour de France et regroupant les 17                épreuves de cyclisme :  www.letour.fr  ASO a capitalisé sur la plus grande              compétition du monde pour promouvoir          ses autres courses cyclistes.    ­ un site dédié à ​l’Alstom Open de France                (Golf)              ­ un site dédié au ​Lacoste Ladies Open              de France ​(Golf)  Les 2 compétitions de golf ont des sites                bien distincts, vraisemblablement vis à vis            des sponsors titre.       31 
  33. 33.   ­ un site dédié au ​Dakar                  ­ un site dédié au ​Tour de France à la                  Voile              ­ D. un site pour chacun des événements “de masse”                                     32 
  34. 34.     Les intérêts de ce choix de multiplication des sites sont multiples :  ● Permet des ambiances personnalisées  ● Permet de cloisonner les univers, en respectant la segmentation de la                      cible. En effet, vouloir faire basculer un fan du Tour de France sur l’Open                            de France n’a rien d’induit ?  ● Permet de mettre en ligne une grande quantité de contenus    D’un point de vue plus technologique, pourquoi autant de sites ?  ● Permet de doper le référencement naturel en respectant la logique et les                        préférences de Google :  ­ thématique unique sur chaque site   ­ liens entrant et sortant pertinents  ­ maillages internes et externes    Cela relève également d’un logique de Marque (produit) qui cherche à éviter la                          confusion au milieu d’autres Marques.     On pourrait se poser la question du référencement naturel déjà excellent sur des                          marques comme le Tour de France ou le Marathon de Paris. Mais justement                          parce que ces marques sont très célèbres, il est essentiel de veiller à sortir                            comme le premier résultat de Google. Et si ceci passe par un Quality Score                            excellent (résultant d’un bon référencement notamment), il convient aussi de                    faire l’achat des bons mots clés. Car outre les informations pratiques, la plupart                          de ces sites contiennent aussi des boutiques. Le développement du nombre de                        VU est donc essentiel au développement du chiffre d’affaires. Et même les                        informations pratiques, dans des cas comme le Tour de France sont essentielles.                        En effet, plus l’information sera claire et rapidement disponible, plus facile sera                        l’accès sur les routes du Tour, plus nombreux sera le public et plus la caravane                              publicitaire sera valorisée…  Mais cet achat de mots clé est souvent lié à la saisonnalité de l’événement.                            Pourquoi acheter “cyclisme” en plein hiver pour le Tour de France ?      33 
  35. 35. Le cas d’ASO n’est pas isolé. C’est un format que l’on retrouve pour la plupart                              des grands événements, y compris chez les médias. Yann Lemort est formel, le                          meilleur des exemples en terme de référencement est celui de l’écosystème de                        l’Equipe : il salue ​“une multitude de sites, avec un excellent maillage interne et                            externe, un contenu mis à jour quotidiennement” contribuant à un                    référencement parfait.    Mais si l’architecture générale est la bonne, ASO souhaiterait faire progresser le                        site ASO Challenges. L’UX est pointé du doigt. L’idée est à terme de proposer un                              parcours plus simple aux membres de la communauté et par conséquent d’éviter                        un grand nombre d’appels téléphoniques de clients perdus. Leurs regards se                      tournent vers Njuko.com dont ils aimeraient s’inspirer pour développer une                    technologie approchante.      2.2.3. Médias sociaux    Principaux canaux investis par les organisateurs, les clubs, les sportifs, les                      médias pour toucher leurs publics, les médias sociaux ont radicalement                    transformé la communication des grands événements sportifs. Le champs des                    possibles s’est considérablement développé, et l’utilisation qui est faite de ses                      réseaux par les professionnels est quotidienne. C’est un fait sans précédent,                      permettant une relation suivie et souvent même personnalisée entre une Marque                      et un consommateur. Une étude réalisée par Sporting News Media montre que                        25% des supporters se servent quotidiennement de Facebook ou Twitter pour                      suivre leur sport favori. Les chiffres sont saisissants : Facebook revendique 650                        millions d’inscrits fans de sport, quand à Twitter, la nomination de Zidane au                          Real Madrid  l’a secoué d’1 million de tweets !  Dans une interview donnée à ecofoot.fr en novembre 2015, ​David Banget, Chief                        Digital Officer de l’Olympique Lyonnais a indiqué : ​“L’objectif principal de nos                        réseaux sociaux est de créer un lien privilégié avec nos supporters. C’est                        essentiel dans la stratégie du club d’avoir un canal de communication direct,                        sans intermédiaire et c’est ce qui est apprécié. L’instantanéité des réseaux                      sociaux est un vrai point fort en terme de communication, nous permettant de                            34 
  36. 36. rebondir à chaud sur l’actualité et de faire rayonner chaque événement en                        dehors du stade.”    Et pour chiffrer ses assertions, Stéphane Rakoto, responsable de la                    communication digitale du Stade Français, nous livre : “un                  post performant sur Facebook fait entre 500 et 1000 likes.                    Sur Twitter, c’est 50 RT”.    Pour juger de l’importance de ces audiences digitales, il a                    été établi un Top 10 des comptes Twitter des événements                    sportifs les plus suivis (source          : SocialBakers) au 11.01.16.        Sans réelle surprise, la FIFA          World Cup y prend deux places            dont la tête du classement,          deux places dont la deuxième          sont occupées par UFC (arts          martiaux libres qui s’appuient        sur une solide stratégie digitale          ­ MMA), le football américain          avec les Collège Game Day          sont à la 6ème place, juste            devant les JO de Londres et le              golf occupe la 10ème place          avec le PGA Tour. Le          savoir­faire français est      doublement présent avec le        Tour de France et Roland          Garros qui occupent      respectivement la troisième et        la huitième place.             35 
  37. 37. En revanche plus d’organisateur français dans le top 10 des pages Facebook                        mais une très forte présence du football et une confirmation de la deuxième                          place pour UFC. Non présents dans le classement Twitter, les X Games (sports                          extrêmes) et Spartan Race (courses d’obstacles) ont bien leurs fans sur                      Facebook.    Acquérir de telles communautés représente une série d’avantages dont chacun a                      sa propre mission dans la stratégie de communication digitale d’un événement                      sportif :  ● Faire du reach sur le(s) site(s) web  ● Créer une nouvelle audience : ne pas se résoudre aux spectateurs et                        téléspectateurs en allant chercher les internautes.  ● Hyper­segmenter sa communication par la collection de données  ● Permettre de suivre l’événement partout, tout le temps en le rendant                      ATAWAD  ● Créer une communauté et développer un sentiment d’appartenance  ● Annualiser l’audience d’un événement ponctuel  ● ...    Parmi les techniques d’animation des réseaux, le live tweet est pratiqué sur                        Twitter, sans doute le réseau le plus “chaud”, le plus instantané, et qui se prête                              le plus à la dimension immédiate d’une compétition sportive. Le live tweet                        permet aux fans le partage d’expérience et d’émotions mais aussi de faire                        monter le hashtag dans le ranking des tendances et donc de ramener des                          téléspectateurs qui étaient ailleurs sur le programme qui “buzze”.  Twitter a ainsi annoncé que les tweets au sujet de la #RWC2015 (coupe du                            monde de rugby) ont généré 6,8 milliards d'impressions. Les 3 moments les plus                          discutés ont été la victoire de la Nouvelle­Zélande en finale contre l'Australie, la                          victoire surprise du Japon contre l'Afrique du Sud et l'élimination de l'Irlande                        contre l'Argentine en quarts de finale.    La compétition se déroule également          entre les réseaux sociaux, et          notamment entre Facebook et Twitter.          On attend ainsi l’arrivée prochaine des              36 
  38. 38. notifications sportives dans l’appli Messenger de Facebook. Il faut lutter face à                        Twitter sur le terrain de l’immédiateté. Un test était déjà en cours en novembre                            2015 avec les MLB World Series.   Et pour bien marquer son ambition d’entrer sur les terres de Twitter, Facebook                          annoncé en janvier 2016 le lancement de son nouveau service : Sport Stadium.                          Cette appli réunira sur une même interface statistiques, commentaires d’experts,                    posts des internautes, mais aussi des            clubs, ligues, etc. ​“Pour débuter, l’appli            Sport Stadium ne sera disponible qu’aux            Etats­Unis, que sur iPhone et          uniquement pour le foot US avant            d’ouvrir au basket, soccer et autres            sports. Pour les européens, il faudra            patienter un peu, même si Facebook a              déjà annoncé que la volonté était de              toucher les Fans de sport du monde              entier (près de 650 millions).”          Sportbuzzbusiness.fr    Au­delà de la segmentation naturelle induite par le fonctionnement de chaque                      réseau (esthétique pour Instagram, immédiat pour Twitter, contenu plus                  informatif pour Facebook, etc.), les Marques jouent sur les cibles d’utilisateurs.   Snapchat par exemple permet de toucher les plus jeunes (​la moitié des                        utilisateurs de l’application ont entre 13 et 17 ans et 31 % ont entre 18 et 24                                  ans), et séduit de plus en plus de Marques, y compris dans le sport. C’est ainsi                                qu’en janvier 2016, la traditionnelle Premier League britannique a fait frémir à                        son tour le petit fantôme en proposant à ses fans de faire leur propre reporting                              du match Newcastle United vs Manchester United (d’autres expériences avaient                    déjà été menées par d’autres ligues, dont la NFL). Pendant 24 heures, tous les                            utilisateurs ont eu l’opportunité de regarder les photos et vidéos de                      snapchatters­reporters qui étaient au match. L’avant, le pendant et                  l’après­match ont ainsi été dévoilés à ces adolescents supporters. De la bière au                          pub jusqu’au pénalty visible selon plusieurs angles selon l’emplacement du                    snapchatter, c’est toute une expérience partagée sur le réseau “clanique”.      37 
  39. 39. Si les médias sociaux sont un canal privilégié de communication entre une                        Marque et ses clients, ils servent également de lien entre les fans, dont les                            échanges produisent un contenu riche et au fort ROI. Sur les grandes courses de                            running par exemple, les informations de timing sont publiées en temps réel sur                          le compte Facebook des participants (UTMB, Marathons, etc.).  Au Marathon de Londres le courant est inversé, ce sont les tweets des followers                            des marathoniens qui sont diffusés sur des écrans géants au moment où les                          coureurs passent (identifiés par une puce RFID).     Les animations de réseaux ne peuvent s’entendre sans la présence d’un ou                        plusieurs community managers, véritables clés de voûte de la communication                    digitale. C’est un rôle qui requiert une parfaite connaissance du produit et des                          valeurs de la “Marque” (sport, fédération, organisateur), une grande agilité, une                      rédaction impeccable, un sens de l’à­propos et de l’humour développés, un                      calme olympien, de la culture générale, de la diplomatie, etc. Il s’agit donc d’un                            poste clé et exigeant, mais qui repose souvent sur de jeunes profils, prêts à                            sacrifier leurs heures de sommeil et de vie privée pour pouvoir répondre et                          animer leur communauté à tout moment.      2.2.4. Applications mobiles    Le contexte du mobile  Il existe différentes qualifications qui définissent l’importance de la stratégie                    mobile dans une stratégie digitale : Mobile First, Mobile Only et même Mobile                          Best, selon qu’on cherche à développer principalement, exclusivement ou de                    façon premium sur le mobile. Il arrive même qu’on puisse être Mobile First et                            Mobile Only en parallèle, selon les cibles visées. Les jeunes ne conçoivent les                          relations avec une Marque qu’au travers de leur mobile, il est donc important                          pour cette cible de développer une stratégie Mobile Only.   Facebook rappelait en 2015 que sur 29 millions d’abonnés français, 22 millions y                          ont accès par le mobile. Il paraîtrait même que Marc Zuckerberg refuse de                          regarder un projet s’il ne lui est pas présenté dans sa version mobile. C’est dire                              si l’enjeu est important. L’entreprise préfère maintenant se présenter comme                    une “entreprise mobile” plutôt qu’un “réseau social”.    38 
  40. 40. D’une manière générale, on a basculé il y a 4 ans d’un modèle web centric à un                                  modèle mobile centric.    Constat renforcé par l’analyse les signaux émis par Google : une pénalité de                          référencement pour les sites non “mobile­friendly”. Par ailleurs, la firme de                      Mountain View a annoncé en 2015 que le seuil de 10 pays dans lesquels la                              consultation sur mobile dépassait la consultation sur desktop avait été atteint.  Les trois années à venir vont donc voir se confirmer cette suprématie du mobile.    Les sponsors en général sont déjà des gros utilisateurs des applications mobiles,                        davantage que les organisateurs et les clubs. Le discours fréquent est “Nous                        travaillons sur une application mobile”. Le soulagement est palpable au Stade                      Français et chez ASO, interrogés sur le sujet, heureux de rentrer enfin dans la                            course. Mais la logique qui voudrait qu’une application mobile adresse un ou des                          besoins existants et identifiés ne semble pas partagée par tous. Le premier                        objectif avoué est de créer du service supplémentaire pour l’utilisateur. Gaming,                      mesures de performances physique, hub permettant l’interaction et l’échange de                    contenus sont les maître­mots. Mais lorsqu’on aborde le sujet de ce que les                          applications mobiles peuvent apporter à la Marque elle­même via le Big Data et                          la collecte possible d’information au travers des applications, ou, pire, le CRM, le                          silence devient gênant… ​“Malheureusement, nous sommes dans l’immédiateté”                déplore Stéphane Rakoto. ​“La difficulté souvent rencontrée est de faire s’asseoir                      à une table des négociations les services marketing, communication et digital et                        évaluer ensemble les objectifs afin de poser des KPI communs”.  Manifestement, le virage est souvent pris assez tard et peut conduire à la                          conception d’applis “de surface” susceptible de plaire aux consommateurs mais                    pas forcément utiles aux Marques, ce qui peut s’avérer regrettable dans un futur                          proche.    Mais d’autres acteurs de l’économie du sport ont pleinement compris les                      énormes avantages à retirer d’une bonne appli mobile. C’est le cas notamment                        du Grand Stade de Lyon (inauguré le 9 janvier 2016) qui a commandé à                            Microsoft et Exakis (société lyonnaise) la conception d’une petite merveille                    d’appli multi­tâche : Parc OL. Prouesse technologique, Parc OL est la première                        appli en France à proposer des services aussi variés que le calcul des temps de                                39 
  41. 41. trajet jusqu’au stade, le guidage          dans les gradins jusqu’à sa place, la              commande de catering, le replay des            temps forts du match, la          dématérialisation des billets,      jusqu’au paiement car elle permet de            recharger la carte MyOL !          Globalement, tous les besoins ont          été adressés et l’application est à la hauteur du 2ème stade connecté français.    Concrètement aujourd’hui, plusieurs technologies associées au mobile comme le                  NFC, RFID, la 4G, le QR code ou la géolocalisation et le beacon, permettent                            d’améliorer l’expérience vécue par les supporters dans un stade et de renforcer                        l’offre de services. L’intérêt du mobile repose également sur la complémentarité                      des devices et permet d’éviter la rupture dans le parcours utilisateur. Un                        spectacle sportif peut ainsi être préparé depuis son desktop et le parcours peut                          se poursuivre sur le mobile dans le stade.    Différents objectifs peuvent être recherchés pour une application mobile :    ● Objectif d’image :   Le Haka en 360° à l’occasion de la Coupe du Monde de Rugby 2015 est un bel                                  exemple. Si la technologie 360° inonde les flux Youtube depuis quelques                      semaines, l’effet “wahou” était à son maximum en septembre 2015 autour de                        cette appli développée par les Neo­Zélandais. Elle proposait l’immersion au sein                      de l’équipe de All Blacks le temps d’un haka. Appli d’expérience (assez fabuleuse                          il est vrai), elle remplit un objectif d’image, montrant la puissance et la cohésion                            d’un redoutable groupe sportif.    ● Objectif commercial :  Seaters est une application répondant à un triple objectif : commercialiser toutes                        les places d’un stade, même en dernière minute, éviter, vis à vis des sponsors                            notamment, les places vides, et tuer le marché noir. Le système remet sur le                              40 

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