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DISCOURS D’OUvERTURE                                      Isabelle Autissier, Présidente du                               ...
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© PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 7
INTERvENTION 1                          Emplois verts et éco-activités,                                                   ...
2,9 %                   En France comme en Europe, ce sont les activités de protection de l’environnement                 ...
32 100 EMPLOIS                                                                                                           4...
TAbLE RONDE 1                                        La transition écologique de l’économie                               ...
Dans la lutte                    Enfin, pour terminer, Khalida Bouzar a délivré les messages clés de l’étude :            ...
Le Grenelle de    Jean-Philippe Teboul, directeur d’Orientation Durable, s’est exprimé sur l’important                    ...
INTERvENTION 2                                   La transition écologique                                                 ...
© PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceIntervention de Dominique Méda, Professeure de sociologie à l’Unioversité Paris-Dauphine....
Le débat doit                     (continuer à produire avec un moindre impact sur l’environnement) et la loi de Kuznets  ...
INTERvENTION 3                                     Focus sur l’économie verte, point                                      ...
© PaUlIne dame PoUR le WWF FRance               Elise Buckle du WWF International.Synthèse des échanges du Green Forum 201...
Le WWF rappelle que les pays développés sont en effet encore bien loin de tenir lapromesse faite à Copenhague d’apporter 1...
INTERvENTION 4                                       Quels enseignements tirer des                                        ...
Le rôle                   de R&D et un centre de formation innovant dédié à la reconversion de 2 500 salariés,            ...
TAbLE RONDE 2                                        Syndicats, patronats et pouvoirs                                     ...
L’anticipation                     collective durable. A ce sujet la région s’est fixé l’objectif « provocateur » du « 100...
LE GRAND TÉMOIN                       DE LA jOURNÉE  Jean-Philippe Teboul, Directeur d’Orientation Durable        L’ennemi...
Extraits du premier Baromètre des emplois de la croissance verte et du développementdurable, réalisé en septembre 2011 par...
Synthèse Green Forum 2011
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D’ici à 2030, l’humanité aura besoin de la capacité de deux planètes Terre pour absorber ses émissions de CO2 et suivre le rythme de l’exploitation des ressources naturelles si nous conservons notre rythme de développement actuel.
Notre modèle de développement montre ses limites et la transformation écologique de l’économie, de nos emplois et plus largement de notre société
est aujourd’hui une nécessité.

Cette mutation est d’ores et déjà enclenchée comme en témoignent l’explosion des « green technologies », la prise de conscience citoyenne mondiale ou encore l’intégration systématique de la protection de l’environnement par les grandes entreprises et les acteurs institutionnels dans leur stratégie.
Néanmoins, cette transition économique est souvent décriée comme destructrice d’activités économiques et d’emplois, voir de régressions sociales. Dans un contexte de crise économique, sociale et écologique qui ne cesse de croître, et avec la conscience aigüe que tout est lié, le WWF France a souhaité engager cette réflexion en réunissant l’ensemble des acteurs concernés les 6 et 7 octobre 2011 dans le cadre du 1er Green Forum WWF
(anciennement Université de la rentrée du WWF France) dont le thème était

« La (re) conversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? »

Afin de répondre à cette question stratégique pour les années à venir, le WWF a réuni l’ensemble des acteurs concernés. Economistes, sociologues, experts, syndicalistes, journalistes, responsables d’ONG, élus, banquiers et industriels afin d’échanger et de débattre, en interaction avec le public, pour proposer des solutions concrètes et durables à une transition écologique de l’économie permettant l’émergence de nouveaux emplois.
Le Green Forum est une action commune et transversale qui a pour objectif, à l’aube d’élections déterminantes pour la France, de nourrir la réflexion des futurs candidats en leur apportant le fruit de cette réflexion concertée.

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Synthèse Green Forum 2011

  1. 1. GREENFORUM2011La (re) conversion écologique de l’économiesera-t-elle source d’emplois ?SYNTHÈSE DES ÉCHANGES DU GREEN FORUM 2011 / 06 / 07 octobre
  2. 2. WWFLe WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnementdans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de 5 millions de membres, leWWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire unavenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, enassurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables et en faisant la promotion de laréduction de la pollution et du gaspillage.En 2011, le WWF fête ses 50 ans.Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante.Avec ses bénévoles et le soutien de ses 180 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes poursauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, formerles décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique et éduquer lesjeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable il ne peut passer que par le respect de chacuneet chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action. Depuisdécembre 2009, la navigatrice Isabelle Autissier est présidente du WWF France.REMERCIEMENTS :Isabelle Autissier , Présidente du WWF France et Serge Orru, Directeur Général du WWF Franceremercient l’ensemble des intervenants, les participants, les animateurs des tables rondes ainsi queles partenaires du Green Forum 2011,Et enfin, Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable,des transports et du logement pour avoir accordé son haut patronage à cet évènement.© Concept & design by © ArthurSteenHorneAdamson© 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature (Formerly WorldWildlife Fund)® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks / “WWF” & “Pour uneplanète vivante” sont des marques déposées.WWF France. 1 carrefour de Longchamp. 75016 Paris. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 2
  3. 3. SOMMAIREDISCOURS D’INTRODUCTION pAR ISAbELLE AUTISSIER, pRÉSIDENTE DU wwF FRANCE 5EMpLOIS vERTS ET ÉCO-ACTIvITÉS, DÉFINITIONS ET GRANDES TENDANCES 8LA TRANSITION ÉCOLOGIqUE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, LES NOUvELLES OppORTUNITÉS ET EMpLOIS ASSOCIÉS 11LA TRANSITION ÉCOLOGIqUE, UN DÉFI pOUR LE TRAvAIL ET L’EMpLOI 14FOCUS SUR L’ÉCONOMIE vERTE, pOINT SUR LE G20 MINISTÉRIEL SUR L’EMpLOI, 17pERSpECTIvES pOUR LE SOMMET DES CHEFS D’ETAT à CANNESqUELS ENSEIGNEMENTS TIRER DES RECONvERSIONS ÉCONOMIqUES vERTUEUSES, vERTES ET pORTEUSES 20D’EMpLOIS RÉUSSIES ?SYNDICATS, pATRONATS ET pOUvOIRS pUbLICS, COMMENT ANTICIpENT-ILS LA MUTATION DE L’ÉCONOMIE 22AFIN DE pRÉpARER L’AvENIR DES EMpLOIS ?LE GRAND TÉMOIN DE LA jOURNÉE 24L’INNOvATION SOUS TOUTES SES FORMES, bASE D’UNE NOUvELLE ÉCONOMIE ET DES EMpLOIS ASSOCIÉS 26LA TRANSITION SOCIAL-ÉCOLOGIqUE, COMMENT ? DÉCOUpLAGES, NOUvELLES MESURES DU bIEN-êTRE 31ET jUSTICE ENvIRONNEMENTALECOMMENT LES ENTREpRISES DU SECTEUR DES TRANSpORTS DOIvENT-ELLES ANTICIpER LA TRANSITION 36ÉCOLOGIqUE DE L’ÉCONOMIE AFIN DE SURvIvRE ET D’ASSURER UN EMpLOI à LEURS SALARIÉS ?DISCOURS DE CLôTURE pAR SERGE ORRU, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU wwF FRANCE 40pRÉSENTATION DE L’INSTITUT DE FORMATION DU wwF FRANCE 42 Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 3
  4. 4. INTRODUCTION D’ici à 2030, l’humanité aura besoin de la capacité de deux planètes Terre pour absorber ses émissions de CO2 et suivre le rythme de l’exploitation des ressources naturelles si nous conservons notre rythme de développement actuel1. Notre modèle de développement montre ses limites et la transformation écologique de l’économie, de nos emplois et plus largement de notre société est aujourd’hui une nécessité. Cette mutation est d’ores et déjà enclenchée comme en témoignent l’explosion des « green technologies », la prise de conscience citoyenne mondiale ou encore l’intégration systématique de la protection de l’environnement par les grandes entreprises et les acteurs institutionnels dans leur stratégie. Néanmoins, cette transition économique est souvent décriée comme destructrice d’activités économiques et d’emplois, voir de régressions sociales. Dans un contexte de crise économique, sociale et écologique qui ne cesse de croître, et avec la conscience aigüe que tout est lié, le WWF France a souhaité engager cette réflexion en réunissant l’ensemble des acteurs concernés les 6 et 7 octobre 2011 dans le cadre du 1er Green Forum WWF (anciennement Université de la rentrée du WWF France) dont le thème était « La (re) conversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? » Afin de répondre à cette question stratégique pour les années à venir, le WWF a réuni l’ensemble des acteurs concernés. Economistes, sociologues, experts, syndicalistes, journalistes, responsables d’ONG, élus, banquiers et industriels afin d’échanger et de débattre, en interaction avec le public, pour proposer des solutions concrètes et durables à une transition écologique de l’économie permettant l’émergence de nouveaux emplois. Le Green Forum est une action commune et transversale qui a pour objectif, à l’aube d’élections déterminantes pour la France, de nourrir la réflexion des futurs candidats en leur apportant le fruit de cette réflexion concertée.1. Rapport «Planète vivante 2010» du WWF International. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 4
  5. 5. DISCOURS D’OUvERTURE Isabelle Autissier, Présidente du WWF France, a ouvert la deuxième édition du Green Forum en rappelant l’attachement de l’ONG à réunir femmes et hommes et à les fédérer pour tenter de redessiner les contours d’un monde où l’humanité serait réconciliée avec la nature. Le péril climatique, les pollutions de l’air, de l’eau et de la terre, la nécessité de réduire l’empreinte écologique de l’homme, sont désormais admis par un grand nombre : « Le débat sur les constats est en grande partie derrière nous, nous savons maintenant que le temps du monde fini a commencé ». La question est donc de savoir comment, chacun à son niveau (institutions, politiques, citoyens et entreprises), nous pourrons créer une nouvelle façon de produire et de consommer, et dissocier ainsi la création de richesse de la dégradation de l’environnement. Ce changement majeur nous pousse à chercher des solutions techniques qui nous permettront de traduire cette prise de conscience collective dans des faits. Quel rythme pouvons-nous imposer à cette reconversion ? Avec quels outils et avec quel investissement comptons-nous opérer ? Quelle formation et quelles politiques de R&D devrons-nous imaginer pour réussir ?Mettre la question Le WWF considère que l’écologie est avant tout la question de l’homme car il ne peut y avoir un homme en bonne santé sur une planète malade sachant que les atteintes à l’environnement de l’emploi au se traduisent avant tout par des atteintes aux droits humains en général, le droit d’avoir accès à une eau potable, un air pur, et aux droits politiques en particulier : nous constatons cœur du Green les risques que les crises écologiques peuvent faire peser sur les démocraties. Mettre la question de l’emploi au cœur du Green Forum, cibler ces débats sur l’environnement et Forum souligne le social, souligne l’importance que le WWF attribue au lien entre l’homme, citoyen de la planète, et l’environnement. Depuis qu’une nouvelle crise économique montre ses effets, ce l’importance que lien est d’autant plus crucial : « bien que le social soit l’un des fondements du développement durable, on a encore tendance à les opposer, à parler d’économie dans un premier temps, et le wwF attribue d’écologie, éventuellement et toujours après ». Depuis cette année le WWF a lancé le programme Univers-cité2, composé d’un cycle au lien entre d’évènements qui explore les modèles économiques et sociaux de demain en associant à la réflexion toutes les composantes de la société. Au cours de cette première année, les thèmes l’homme, citoyen abordés sont l’économie verte, l’innovation et à la création d’un futur économique durable. C’est dans ce cadre que s’inscrit le Green Forum. Les questions qui structureront les deux de la planète, et journées de débats concernent des cycles importants de formation et de transformation de l’économie. Dans ce contexte la variable temps est centrale : il ne s’agit pas d’attendre l’environnement les conséquences, il s’agit de se dire aujourd’hui, maintenant, tout de suite, comment faire pour que dans 20 ou 30 ans notre futur soit plus durable ? Pour Isabelle Autissier le changement ne se fera pas du jour au lendemain, des solutions toutes faites n’existent pas. Ce qui nous permettra d’inventer une nouvelle économie à la fois plus verte et plus vertueuse, mais aussi créatrice d’emplois, sera la confrontation des idées, au travers des débats citoyens, des rencontres, des projets tels que les débats des deux prochains jours. Grâce à la multiplication de ces occasions d’échange, par l’approche pragmatique des solutions qui existent déjà et qui ont fait leurs preuves en France et dans le monde, et grâce à l’imagination de ce que nous pouvons construire demain, nous allons véritablement créer les conditions et les outils pour une nouvelle économie verte. Le WWF est particulièrement fier et heureux de contribuer au débat, tout en permettant à un large public de se questionner, de discuter et de participer, pour qu’ensemble, nous puissions enrichir la réflexion autour de ce qui peut être un avenir économique plus vert et plus vertueux, qui se soucie des hommes et de l’emploi des hommes. Isabelle Autissier a enfin remercié tous les intervenants et les participants et leur a souhaité des échanges constructifs et fructueux.2. Pour plus d’informations sur le programme Univers-cité voir pages 42 et 43. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 5
  6. 6. INvENTER UN AvENIR DURAbLE Le changement ne se fera pas du jour au lendemain, des solutions toutes faites n’existent pas. Ce qui nous permettra d’inventer une nouvelle économie à la fois plus verte et plus vertueuse, mais aussi créatrice d’emplois, sera la confrontation des idées, au travers des débats citoyens, des rencontres, des projets communs.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 6
  7. 7. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 7
  8. 8. INTERvENTION 1 Emplois verts et éco-activités, définitions et grandes tendancesPierre Greffet, Chef du bureau de l’économie, des risques et des perceptions de l’environnement de l’Observatoirenational des emplois et métiers liés à la croissance verte 427.000 Pierre Greffet, a eu pour mission de rappeler les définitions d’emplois verts, d’éco- activités et d’activités vertes, afin de s’assurer qu’il n’y a pas de confusion dans les termes employés. Pour quantifier et suivre l’impact réel de l’économie verte sur l’emploi, le c’est le nombre ministère de l’Ecologie a créé, au printemps 2010, l’Observatoire national des emplois et métiers liés à la croissance verte. L’Observatoire est animé par le service de l’observation d’emplois verts et des statistiques (SOeS) et il regroupe des représentants des ministères, de l’INSEE3, de l’ADEME 4, de l’AFPA 5, du CNFPT6, du CÉREQ7, des observatoires régionaux de l’emploi évalué en 2009 et de la formation (OREF), de Pôle emploi et bientôt des branches professionnelles. Pierre Greffet constate une profusion d’études en la matière et une conséquente bataille des chiffres : au cours des dernières années, trois études prévisionnelles portant sur les emplois verts ont donné lieu à des résultats très différents : - D’après Philippe Quirion, auteur d’une recherche8 menée pour le WWF France (voir table ronde suivante) qui évalue les créations et destructions d’emplois relatives à une stratégie axée sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, le montant des emplois créés d’ici à 2020 serait de 684.000 emplois nets. - L’étude9 du Boston Consulting Group (BCG) qui visait à évaluer les créations d’emplois à attendre du Grenelle de l’environnement à l’horizon 2020 a abouti au chiffre de 600.000 emplois bruts crées (les destructions d’emplois ne sont pas comptabilisées). - Enfin, dans le rapport annuel10 de 2008 de l’ADEME, estimant la création des emplois dans les activités liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables à l’horizon 2012, il s’agirait d’un chiffre plus modeste : 218.000 emplois directs. A propos d’économie verte, Pierre Greffet propose de retenir la définition du Programme des Nations Unies pour l’Environnement « L’économie verte est une économie qui engendre une amélioration du bien-être humain et de la justice sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. Celle-ci est donc un objectif tandis que la croissance verte est le chemin pour y parvenir. » Les emplois verts sont des métiers dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement. Souvent on parle aussi d’emplois dans les éco-activités, pour éco-activités on entend les activités visant à produire des biens et des services dans le domaine de la protection de l’environnement ou de la gestion des ressources naturelles. Seuls les emplois directs sont comptabilisés comme éco-activités (unité de comptage = équivalent temps plein). Il s’agit du périmètre de référence établi au niveau européen (Eurostat) pour le suivi de long terme des emplois « verts » et qui permet des comparaisons internationales. L’Observatoire a évalué en 2009 à 427.000 le nombre d’emplois verts et à 64,4 Md€ le volume de production de ce secteur.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 8
  9. 9. 2,9 % En France comme en Europe, ce sont les activités de protection de l’environnement qui représentent la part la plus importante des emplois environnementaux. Il faudra pourtant attendre 2013 (date d’application d’une nomenclature sur les éco-activités) et C’est la l’uniformisation des études pour obtenir les premiers chiffres de comparaison entre les pays. Sur cette période, il est interessant de noter que le sous-domaine le plus générateur d’emplois progression de est celui des énergies renouvelables. On constate que « Les éco-activités ont augmenté plus rapidement que l’emploi en général et sont plus robustes », d’après les analyses du SOeS,l’emploi vert sur le le marché de l’emploi vert affiche une progression depuis 1997 de 2.9% contre 0.6% pour l’ensemble de l’emploi. marché contre Pour élargir le périmètre, en prenant en considération tous les métiers liés à l’économie 0,2 % pour verte, Pierre Greffet a évoqué les 953.000 emplois comptabilisés par l’Observatoire en 2009, regroupant les éco-activités et les activités vertes. « Les activités vertes sont un l’ensemble de halo autour du noyau dur des éco-activités et sont en constante évolution, en fonction de l’avancée des technologies ». Ce deuxième niveau d’activités « périphériques » comprend l’emploi un ensemble d’activités dont la finalité n’est pas environnementale mais produisant des biens et services (produits) favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles. Ces activités sont rattachées aux domaines suivants : production et distribution d’eau, gestion des espaces verts, transports (construction d’infrastructures ferroviaires, fabrication de matériels ferroviaires roulants…), autres activités (travaux d’isolation, d’étanchéité, fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation, etc). POuR ALLER PLuS LOIN http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Les-metiers-de-l-economie-verte-.html http://www.developpement-durable.gouv.fr/L-observatoire-national-des,18551.html « Activités, emplois et métiers liés à la croissance verte », Etudes et documents n° 43, juin 2011 : téléchargeable sur http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ ED43.pdf LE TWEET 953 000 Emplois de l’économie verte en 2009 #GreenForum20113. InSee : Institut national de la statistique et des études économiques.4. ademe : agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.5. aFPa : association nationale pour la formation professionnelle des adultes.6. cnFPT : centre national de la fonction publique territoriale.7. CÉREQ : Centre d’études et de recherches sur les qualifications.8. « -30% de co2 = + 684 000 emplois », etude de Philippe Quirion pour le WWF en 2008, en libre accès sur : www.etatsgenerauxemploiecologie.net/wp-content/uploads/2010/11/1-Rapport-WWF-RedUcTIon-GeS-et-emPloI-en-FRance.pdf9. etude du Boston consulting Group en 2009 : « Réflexions sur le portefeuille de mesures Grenelle environnement.10. «Marchés, emplois et enjeu énergétiques des activités liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables : situation 2006-2007-perspectives 2012 », 2008, etude réalisée par la société In numeri pour le compte de l’ademe. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 9
  10. 10. 32 100 EMPLOIS 43 000 EMPLOIS Production et distribution deau Gestion des espaces verts 56 600 EMPLOIS 323 000 EMPLOIS 128 200 EMPLOIS Autres activités Transports (Grenelle) 112 800 EMPLOIS 257 700 EMPLOIS construction construction dinfrastructures (isolation des ouvertures, ferroviaires étanchéification…) fabricationde matériels fabrication de produits industriels ferroviaires roulants (chaudière à condensation, lampes fluocompactes…) Protection de lenvironnement air, eau, déchets, sols,biodiversité 953 300= Gestion des ressources gestion durable de leau, récupération, maîtrise de lénergie, énergies renouvelables 427 000 éco-activités Activités transversales services généraux publics, recherche et développement, ingénierie + 526 300 activités vertes Activités « périphériques » favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles « périphériques » en 2009 Source : Service de l’Observation et des statistiques. 427 000 3 % INGÉNIERIE éco-activités 4%R&D par domaine en 2009 7 % SERVICES GÉNÉRAUX PUBLIC 21 % DÉCHETS 2 % GESTION DES RESSOURCES EN EAU 5 % MAITRISE DE L’ÉNERGIE 7 % RECUPÉRATION 12 % 22 % ÉNERGIES RENOUVELABLES EAUX USÉES 1 % DÉCHETS RADIOACTIFS 2 % POLLUTION DE L’AIR 3 % NATURE / PAYSAGE / BIODIVERSITÉ 7 % RÉHABILITATION 4 % BRUIT DES SOLS ET DES EAUXSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 10
  11. 11. TAbLE RONDE 1 La transition écologique de l’économie mondiale, les nouvelles opportunités et emplois associés Khalida Bouzar, Directeur adjoint du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, division technologie, industrie et économie (PNUE) Philippe Quirion, Economiste, chargé de recherche au CNRS Thierry Dedieu, Secrétaire confédéral en charge des questions européennes pour la Confédération Européenne des Syndicats et la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) Débat animé par Nathalie Croisé La France fait Khalida Bouzar a présenté les résultats d’une étude11 des Nations Unies sur le verdissement de l’économie mondiale d’ici à 2050. Ce verdissement nécessiterait un partie des pays investissement à hauteur de 2 % du PIB mondial, soit 1347 milliards de dollars dans 10 secteurs clés : agriculture, logement, énergie, pêche, foresterie, industrie, tourisme, qui ont le plus transport, déchets, eau. Selon les analystes du PNUE, l’économie actuelle a montré ses limites et un « verdissement » de l’économie apparait comme l’alternative acceptable investi dans socialement et écologiquement, fondée sur un nouveau paradigme économique où la richesse matérielle ne s’accompagnerait pas inévitablement d’une augmentation l’économie verte des risques environnementaux, de la pénurie de ressources et de la persistance des disparités sociales. Ce nouveau scénario réduirait l’impact écologique de moitié d’ici 2050 en réduisant la demande en énergie de 20% et la demande en eau de 13% et offrirait une croissance à long terme (sur la période 2011- 2050) au moins égale à celle d’un scénario de statu quo optimiste. Ce verdissement de l’économie entraînerait la création d’emplois supplémentaires en particulier dans les secteurs de l’agriculture (4% en 10 ans), du bâtiment (entre 2 et 3,5 millions en Europe et aux Etats-Unis d’ici 2050), de la forêt (20% d’ici 2050), du transport (10% d’ici 2050) et des énergies renouvelables (20% d’ici 2050). Cependant, il induirait inévitablement des pertes d’emplois dans certains secteurs où les ressources sont en grave déclin, comme la pêche. La mutation conduirait à une perte de revenus et d’emplois à court et moyen terme afin de reconstituer les réserves naturelles, pour éviter une perte définitive de revenus et d’emplois dans ces mêmes secteurs. Dans de tels cas, des dispositions transitoires sont nécessaires afin de protéger les travailleurs des impacts négatifs de cette transition. Ces mesures pourraient par exemple être financées par les subventions autrefois allouées à ces secteurs. Pour centrer davantage sur la France et son plan de relance verte, Khalida Bouzar a rappelé que « la France avait été très prompte à mettre en place ce plan, et y a même consacré plus que l’enveloppe des 26 milliards d’euros prévus » Selon le PNUE, la France fait partie, avec la Corée, la Chine et les Etats-Unis, des pays qui ont le plus investi dans l’économie verte et les emplois verts escomptés s’élèveraient à plus de 500.000 emplois.11. « Vers une économie verte : Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté - Synthèse à l’intention des décideurs », 2011, PnUe, à télécharger sur : http://www.unep.org/greeneconomy/Portals/88/documents/ger/GeR_synthesis_fr.pdf Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 11
  12. 12. Dans la lutte Enfin, pour terminer, Khalida Bouzar a délivré les messages clés de l’étude : • la nécessité de mettre en place un agenda de croissance durable et de création contre le d’emplois dans les pays industrialisés et en voie de développement ; changement • le rôle primordial des décideurs politiques, pour la mise en place de cadres règlementaires, fiscaux, et incitatifs ; climatique, • l’importance des investissements privés dans le financement de ce verdissement de l’économie certains secteurs • le rôle que les consommateurs et la société civile ont également à jouer dans cette transition. seront touchés Phillipe Quirion, auteur d’une étude menée pour le WWF France dans le cadre des Etats comme celui généraux Emploi/Écologie (-30% de CO2 = + 684 000 emplois) aboutissant au chiffre de 684.000 emplois créés, a rappelé que son travail était prospectif à l’horizon 2020 et des transports ne représentait pas le nombre d’emplois verts en 2009. Selon le scénario de sortie du nucléaire présenté en septembre 2011 par l’association négaWatt12, ces emplois pourraient et d’autres être créés dans les domaines des énergies renouvelables, de l’amélioration énergétique du bâtiment et des transports. Il s’agit d’emplois nets, c’est à dire directs et indirects, tenant au contraire compte aussi des emplois détruits, notamment dans le secteur du nucléaire ou de la filière automobile. bénéficieront « Comment fait-on pour anticiper les créations d’emplois alors que les choix sont surtout politiques, comme par exemple le développement de l’éolien off-shore ou le quasi arrêt du de création photovoltaïque ? » a questionné Nathalie Croisé. « Je suis contre la politique en accordéon de la France qui empêche la création d’une filière nationale », a répondu Philippe Quirion. d’emplois comme « Prenons exemple sur l’Allemagne, qui développe la filière des énergies renouvelables électriques depuis 20 ans en s’appuyant sur une politique de tarif d’achat garanti ; Ou les énergies le Danemark, qui a su développer l’éolien grâce à une politique de la demande alors que d’autres pays ont échoué dans ce secteur avec une politique de l’offre ». renouvelables « Il n’y a pas de baguette magique ni de miracle ! » poursuit Thierry Dedieu. « Dans la lutte contre le changement climatique, certains secteurs seront touchés comme les transports et d’autres au contraire bénéficieront de création d’emplois comme les énergies renouvelables. Dans certains secteurs, comme le bâtiment, ce sera plus diffus. Il n’y aura pas d’emplois nouveaux mais des adaptations ». Thierry Dedieu a réaffirmé ses craintes concernant les politiques de l’emploi. « Je regrette qu’après le plan de relance, nous soyons soumis aujourd’hui à un plan de rigueur. On va dans le mur ! Les travailleurs ont besoin d’être rassurés sur la qualité des emplois, par des anticipations politiques et la valorisation de leur métier ». Pour finir, les intervenants ont tous reconnus que la transition écologique de l’économie sera porteuse d’emplois et qu’intégrer l’écologie dans les logiques de marchés est une nécessité pour développer des modèles économiques durables. Pour réussir la transition écologique ils ont mis en avant la nécessité d’une amélioration des structures et des processus de dialogue social et ils ont enfin souligné que les pays développés doivent fournir des efforts pour aider les pays en voie de développement à suivre cette dynamique. ECHANGES AVEC LA SALLE Cette table ronde a suscité de nombreuses questions et des échanges vifs avec le public. « Où se renseigner sur les formations aux emplois verts ? », a demandé une journaliste dans la salle en affirmant que « Certainement pas au Pôle Emploi en tout cas ! ». La représentante de Pôle Emploi a ensuite pris la parole. « Depuis deux ans, nous menons une politique active, avec le ministère de l’Ecologie, qui se traduit par des offres de services réels ! Nous avons mené une grande enquête auprès des demandeurs d’emplois et depuis trois mois, nous les réorientons vers des éco-activités, comme la gestion des déchets, du recyclage ou de l’assainissement, qui souffrent encore d’un déficit d’image et pour lesquels il y a plus d’offres que de demandes. Nous avons un rôle à la fois pédagogique et d’anticipation ».12. Pour télécharger le dossier de synthèse du scenario négaWatt : http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 12
  13. 13. Le Grenelle de Jean-Philippe Teboul, directeur d’Orientation Durable, s’est exprimé sur l’important décalage qui existe entre la formation et le marché du travail : « Il y a un mythel’environnement de la spécialisation en développement durable. Mais personne ne recrute sous cette étiquette dans les entreprises ! ». « Pourquoi n’y a t-il pas d’éducation au développement a créé une durable ? Il faut considérer l’individu dans tout son temps de vie et pas seulement au cours de sa période d’employabilité. Dans le scénario négaWatt, il est question de dynamique sobriété dans les comportements », a demandé une personne du public. « La sobriété n’est pas seulement individuelle, elle est aussi collective ! », a insisté Philippe Quirion. positive, riche « Les syndicats doivent-ils renforcer leur rôle en tant que contre pouvoir afin que la tran- sition écologique soit mieux anticipée par les pouvoirs publics et par les entreprises ? » en échanges a-t-on demandé à Thierry Dedieu. « Nous essayons de peser le plus possible sur les chefs d’Etat, de travailler ensemble et en synergie. Mais il faut être lucide sur ce que l’on peut faire en France. Nous n’avons pas la même tradition de dialogue social que l’Allemagne ou les pays scandinaves. En cela, le Grenelle de l’environnement a créé une dynamique positive, riche en échanges ». POuR ALLER PLuS LOIN www.unep.org/greeneconomy : présente les résultats du rapport évoqué par Khalida Bouzar menée dans 10 secteurs de l’économie avec la contribution de plus de 1000 experts. « -30% de CO2 = + 684 000 emplois », 2008, Philippe Quirion pour le WWF, étude en libre accès sur : www.etatsgenerauxemploiecologie.net/wp-content/uploads/2010/11/1-Rapport- WWF-REDUCTION-GES-et-EMPLOI-en-FRANCE.pdf LE TWEET P. Quirion rappelle que les ENR et l’efficacité énergétique bénéficient de la plus forte intensité en emplois #greenforum2011 Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 13
  14. 14. INTERvENTION 2 La transition écologique un défi pour le travail et l’emploiDominique Méda, Professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine.pour de nombreux Dans son intervention Dominique Meda, nous a davantage proposé des pistes de réflexion que des réponses figées. « Toutes les avancées écologiques ont longtemps été vues comme spécialistes, mauvaises pour les entreprises et l’emploi », a-t-elle affirmé en préambule, « Même Barack Obama a récemment renoncé à des mesures de protection de l’environnement au ne pas prendre nom de l’emploi ». Malgré cela, la sociologue reconnaît qu’aujourd’hui on oppose de moins en moins économie et écologie, désormais on les envisage même comme deux notions tout de suite complémentaires : la reconversion écologique est perçue en effet comme le déclencheur de croissance dont nos économies ont besoin. Cette argumentation est d’ailleurs adoptée par le chemin de la l’OCDE13, la Banque Mondiale et les syndicats : « De nombreux spécialistes s’accordent sur l’idée que ne pas prendre tout de suite le chemin de la croissance verte est une perte croissance verte de croissance potentielle. C’est une position plus encourageante que le catastrophisme précédent ». est une perte Dominique Méda a résumé ainsi les principaux problèmes que peut rencontrer la de croissance transition écologique : • le risque que les emplois détruits soient plus nombreux que ceux créés n’est pas potentielle formellement exclu ; • le problème de temporalité entre le court terme et le long terme dans la prise de décision ; • le risque en période de crise de perdre à la fois sur l’emploi et l’environnement avec une accélération de la désindustrialisation en Europe. Pourtant, elle a réaffirmé qu’une dynamique vertueuse peut se mettre en place en s’interrogeant sur deux points essentiels : les processus de transition et les politiques d’emploi. Au sujet des processus de transition, la sociologue lance une série de questions. « Doit-on attendre un accord international ou européen ou doit-on se lancer seul ? Comment coordonner l’action européenne, alors que nous n’avons pas d’outils ? Quels objectifs faut-il se donner ? Simplement une réduction des émissions de gaz à effet de serre ou une remise en question de notre mode de production et de l’évaluation de nos richesses ? Avec quels outils et quel budget ? ». Pour Dominique Méda, ces questions doivent impérativement être débattues collectivement. Concernant les politiques d’emploi, elle prône une anticipation de la reconversion de l’emploi en mettant en place des outils comme les bilans de compétence et les plateformes de mobilité locale. Cette anticipation pourrait être financée par un fond européen, à l’image du fond d’ajustement à la mondialisation. Elle regrette que les emplois verts soient trop souvent précaires et peu attractifs et que les besoins en compétences ne soient pas non plus anticipés. Enfin, elle s’interroge sur le paradigme de la flexisécurité. Ce néologisme qui allie flexibilité et sécurité et domine les politiques de l’emploi recouvre, selon elle, davantage de flexibilité que de sécurité. Elle a aussi dénoncé les outils qui permettent de supprimer facilement des emplois tels que les plans de départs volontaires ou la rupture conventionnelle : « Il faut revoir radicalement nos politiques d’emploi ». « Pourrait-on avoir le beurre et l’argent du beurre ? », s’interroge finalement Dominique Méda, et concilier ainsi croissance propre et emploi durable ? Pour répondre à cette question, elle évoque le travail du Britannique Tim Jackson, auteur de Prospérité sans croissance. Selon lui la réduction prévue de 85% des gaz à effet de serre en 2050 est impossible si la croissance continue, mettant à mal la théorie du découplage économique 13. ocde : organisation de coopération et de développement économiques.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 14
  15. 15. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceIntervention de Dominique Méda, Professeure de sociologie à l’Unioversité Paris-Dauphine. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 15
  16. 16. Le débat doit (continuer à produire avec un moindre impact sur l’environnement) et la loi de Kuznets (plus les pays sont riches plus ils s’occupent d’écologie). Tim Jackson ne propose pas avoir lieu dans le chemin de la décroissance mais plutôt un changement radical des comportements. Dominique Méda évoque la difficulté de mise en application de cette thèse essentiellement des conférences pour des raisons anthropologiques : « Depuis le 18ème siècle, on a recherché l’abondance, ce qui a eu pour effet d’augmenter notre confort. Mais cet objectif a également joué un citoyennes rôle fondamental pour la société. Les individus sont liés par l’échange économique et la coopération au sein du travail. La recherche collective d’une production toujours plus pour recréer grande permet d’avoir une société plus solide et plus stable évitant les conflits. Renoncer à cela c’est s’exposer à un risque de conflits et de violences ». du lien social « Un choc sur la croissance entraînerait un choc sur l’emploi. Pour accommoder ce choc, Jackson propose de diminuer le temps de travail et les gains de productivité ». Cette thèse est reprise par la NEF14 qui affirme que 21 heures de travail hebdomadaire est la seule durée acceptable si nous voulons atteindre l’objectif de 85% de réduction de nos émissions à effet de serre en 2050. La sociologue voit dans ces travaux l’occasion de creuser le « concept de travail » et de lui donner un sens nouveau, avec moins de pression de rentabilité, notamment dans des secteurs des relations avec autrui comme les soins aux enfants, l’hôpital et l’éducation. Dominique Méda a conclut son intervention en évoquant deux aspects à ne pas négliger dans le contexte de la transition écologique : les nouveaux indicateurs et la concertation. « Le PIB n’est pas un bon indicateur pour mesurer l’état de développement et le bien-être d’un pays. Il en faut d’autres comme la mesure de l’état du patrimoine naturel et de la cohésion sociale. Le débat doit avoir lieu dans des conférences citoyennes, pour recréer du lien social ». ECHANGES AVEC LA SALLE Cette intervention a suscité de nombreuses questions dans la salle et par SMS. A une question du public sur l’anticipation des formations vers de nouveaux métiers, Dominique Méda a répondu « Oui, il faut prendre de l’avance. Mais le problème, qui n’est pas uniquement français, c’est que pour réaliser ces formations il n’y a pas de financements disponibles et les politiques sont cloisonnées, alors que peu ou prou, tous les métiers seront touchés à plus au moins long terme.» « Les hommes et les femmes politiques françaises ont-ils une culture écologique suffisante pour assurer cette transition ? » A cette question, Dominique Méda a répondu « Non, mais ça vient ! Il est vrai que nous avons du retard par rapport à des pays voisins comme la Belgique qui met en place des programmes comme “Les Villes en transition” (la transition en question est le passage de la dépendance au pétrole à la résilience locale). Les populations locales sont invitées à créer un avenir moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques qui nous menacent, en agissant dès maintenant pour reconstruire une économie locale vigoureuse et soutenable, retrouver un degré de résilience par la relocalisation des activités et par l’acquisition des qualifications qui deviendront nécessaires ». POuR ALLER PLuS LOIN Dominique Méda, Thomas Coutrot, David Flacher, Pour en finir avec ce vieux monde, les chemins de la transition, éd. Utopia, 2011. Philippe Askenazy, Gilbert Cette, Arnaud Sylvain, Le partage de la valeur ajoutée, éd. La Découverte, 2011. Tim Jackson, Prospérité sans croissance, éd. De Boeck, 2010. Pour accéder aux travaux de l’OCDE sur la croissance verte : http://www.oecd.org/document/46/0,374fr_2649_37465_44076206_1_1_1_37465,00.html LE TWEET DMeda rappelle que l’abondance de biens s’est imposée comme mode de pacification des relations sociales #greenforum2011 14. neF : new economic Fundation, think-tank independent anglais : http://www.neweconomics.org/Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 16
  17. 17. INTERvENTION 3 Focus sur l’économie verte, point sur le G20 ministériel sur l’emploi et perspectives pour le sommet des Chefs d’Etat à CannesElise Buckle, Responsable des campagnes G20 et Rio +20 au WWF International D’ici 2050 Dans son Focus sur l’économie verte Elise Buckle débute son intervention en rappelant le rôle de lobby qu’assure le WWF auprès du gouvernement français et des institutions il est internationales dans les grands rendez-vous comme à l’occasion du sommet du G20 qui se réunira à Cannes, les 3 et 4 novembre 2011. « La tâche est difficile, car ce sommet a lieu dans un contexte sécuritaire. De plus en plus de décisions se tiennent à huis vraisemblable clos, sans participation de la société civile », a-t-elle expliqué. « Nous souhaitons par ailleurs que le G20 s’empare de la crise climatique et humanitaire et pas seulement que les financière. La résolution de cette crise requiert des solutions audacieuses et innovantes pour s’engager vers un modèle de société équitable et sobre en carbone. Elise Buckle émissions liées regrette le manque de détermination politique : « J’ai l’image d’une planète malade, comme un grand fumeur très atteint à qui on donnerait des cigarettes gratuites. Il ne aux transports pourra pas y avoir d’emplois sur une planète morte ! ». maritimes Elise Buckle a par ailleurs présenté deux propositions fortes en lien avec les modes de financements innovants que le WWF International porte auprès des gouvernements : augmenteront • la taxation des carburants dans les secteurs des transports maritimes et aériens de 150 à 250 % • la taxation des transactions financières des marchés. Représentant près de 90% du PIB global, les pays du G20 ont en effet la possibilité d’insuffler une nouvelle dynamique économique mondiale. Précarité, chômage, insécurité environnementale, accès limité aux ressources vitales : les solutions pour y remédier sont à portée de main, pour peu qu’une volonté politique forte se dégage de ce sommet majeur. Concernant la taxation des carburants des secteurs maritimes et aériens, le WWF rappelle que le G20 a l’opportunité de dégager un potentiel de redéploiement et d’investissements massifs dans les emplois verts et les solutions innovantes en faveur d’une économie durable et socialement équitable en décidant de réguler les secteurs maritime et aérien. Jusqu’à aujourd’hui, les carburants utilisés par ces secteurs ont été en grande partie exemptés de toute taxation. De plus, les émissions liées aux transports maritimes internationaux représentent environ 3% des émissions mondiales, soit plus que les émissions de l’Allemagne et environ deux fois plus que celles de l’Australie. Par ailleurs, il est vraisemblable que les émissions de ce secteur augmenteront de 150 à 250% d’ici 2050. Le secteur aérien pourrait quant à lui voir ses émissions augmenter de façon encore plus spectaculaire. Un accord sur une taxation financière des carburants utilisés dans les transports maritimes et aériens génèrerait alors des dizaines de milliards de dollars par an pour soutenir un développement durable et sobre en carbone. Selon le Groupe de haut niveau sur le financement du changement climatique (AGF)15 mis en place par les Nations Unies, plus de 12 milliards de dollars pourraient être générés par la mise en place d’une taxe sur le secteur maritime et 6 milliards sur le secteur aérien, avec un prix du carbone estimé à 25 dollars la tonne de CO2. L’impact serait minime (concernant le secteur maritime, moins de 0,2% d’augmentation du prix des biens transportés par bateau). Ces financements viendraient alors abonder le Fonds Verts pour le Climat, dont la création a été décidée en décembre 2010 à Cancun.15. http://www.un.org/wcm/content/site/climatechange/pages/financeadvisorygroup Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 17
  18. 18. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRance Elise Buckle du WWF International.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 18
  19. 19. Le WWF rappelle que les pays développés sont en effet encore bien loin de tenir lapromesse faite à Copenhague d’apporter 100 milliards de dollars par an pour l’adaptationet la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.La seconde taxe pourrait concerner les transactions financières. Celle-ci représente uneopportunité sans précédent pour répondre à la crise écologique, économique et sociale.En effet, les acteurs financiers sont eux aussi sous-taxés dans la plupart des pays. Ilsbénéficient pourtant de la mondialisation tout en engendrant des risques systémiquesconsidérables pour l’économie mondiale et la stabilité sociale et politique des paysen crise. Une telle taxe sur les transactions financières participerait à la régulationdu secteur financier et lèverait les revenus nécessaires au financement des bienspublics mondiaux, tels que la lutte contre le changement climatique, la réduction de lapauvreté ou encore la protection de la biodiversité. Elise Buckle a rappelé que cette taxepourrait générer jusqu’à 400 milliards de dollars par an. Ces leviers permettraient desfinancements innovants en direction de la santé, de l’eau et de l’alimentation, « Ce soclede protection sociale est la condition sine qua non du changement ». Ils serviraientaussi à financer les emplois verts, en investissant massivement dans les nouveauxemplois, la formation professionnelle et le verdissement des emplois existants.Mandatés par le G20, le FMI est arrivé à la conclusion que la mise en place techniquede différentes taxes sur les transactions financières est tout à fait faisable et existe déjàdans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du sud, enInde, en Corée, en Chine et à Taiwan.ECHANGES AVEC LA SALLE« Pourquoi ne pas taxer toutes les transactions financières, même les retraits decartes bleues ? », a demandé une personne du public. « Nous préférons une approchepragmatique qui taxerait plutôt les gros volumes de transaction et non le consommateurlambda », a répondu Elise Buckle.« Qu’attendez-vous concrètement de la taxe maritime et aérienne ?», a questionné lepublic. « Nous voulons envoyer un signal fort aux politiques avant la conférence surle climat qui aura lieu en décembre 2011 à Durban, en Afrique du Sud. Ce sera plusdifficile pour le secteur aérien car si l’Europe s’est engagée, la question est de savoir siles autres pays vont la suivre », a répondu la responsable du WWF.LE TWEETE Buckle il n’y a pas d’emplois verts sur une planète morte #WWF #greenforum2011 Mise à jour actualité du G20 à Cannes : un bon départ pour les financements innovants pour le climat et le développement, mais encore du chemin jusqu’à Durban. Pour Elise Buckle « la Présidence française du G20 a eu le mérite de garder la question du climat à l’agenda du G20 et de faire de la taxe sur les transactions financières sa priorité, avec le soutien de l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil, l’Ethiopie, l’Union Africaine et l’Argentine, mais beaucoup de chemin reste à parcourir avant que ces financements innovants soient concrètement mis en place. Le WWF demande aux pays du G20 d’agir d’urgence pour que le Fond Vert pour le climat, qui sera discuté lors du prochain sommet de Durban (décembre 2011), soit rapidement mis en place et alimenté par les financements innovants. » « Le sommet du Durban doit mettre en place un programme de travail de long terme sur les financements innovants car ils représentent un outil absolument nécessaire pour financer la reconversion dans les pays pauvres » ajoute Tasneem Essop, Leader sur le Climat pour le WWF-Afrique du Sud. « Le sommet du G20 de Los Cabos (Mexico) qui aura lieu juste après Rio+20 doit faire de l’économie verte et des financements innovants pour le climat et le développement ses grandes priorités pour 2012 », conclut Vanessa Perez Cirera, Directrice des politiques climatiques pour le WWF Mexique. Source : Communiqué de presse du WWF France, 4 novembre 2011. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 19
  20. 20. INTERvENTION 4 Quels enseignements tirer des reconversions économiques vertueuses, vertes et porteuses d’emplois réussies ?Alain Mestre, Responsable développement durable au sein du cabinet Syndex16 340 000 Depuis 2007, le cabinet Syndex a piloté trois études au niveau européen sur le lien entre une économie décarbonée et l’évolution de l’emploi. nouveaux emplois La première étude : « Impact sur l’emploi du changement climatique et des mesures de réductions des émissions de CO2 dans l’UE à l’horizon 2030 » a été réalisée en 2006-2007, on été créés conjointement pour la direction générale environnement de la Commission Européenne et la Confédération Européenne des Syndicats. L’objectif était de modéliser l’impact sur en Allemagne l’emploi des réductions des émissions de gaz à effet de serre de 40 % à horizon 2030 afin de construire des outils opérationnels pour chaque secteur d’activité. Les conclusions en 2010 dans montrent qu’il n’y aura globalement pas de destruction d’emplois mais une hausse de 1,5%, recouvrant des modifications considérables de l’offre et de la demande d’embauche le secteur du et de qualifications sectorielles et intersectorielles. bâtiment La deuxième étude : « Dérèglements climatiques, nouvelles politiques industrielles et sorties de crise » de 2009, avait pour objectif de préparer des outils dans le cadre du Sommet de Copenhague sur les changements climatiques et était destinée à la négociation entre la CES17 et les acteurs travaillant sur les politiques climatiques volontaristes. Les conclusions montrent que la contrainte carbone représente une menace pour l’emploi des secteurs du raffinage, de la sidérurgie, de l’aluminium, de la cimenterie, de la chimie et des matériaux de construction. En revanche, les biens d’équipements mécaniques et électriques et les machines connaitraient une croissance nette. La production d’électricité connaitrait une croissance modérée de l’emploi, tandis que, dans le secteur de l’automobile, s’opérerait une mutation des emplois par la transition vers une économie bas carbone. L’étude préconise d’instaurer des instruments européens appropriés avec l’implication des partenaires sociaux, tels des dispositifs d’anticipation des transitions socio-économiques au niveau des entreprises, des secteurs et des territoires ainsi que des programmes de formation adaptés. La dernière étude : « Initiatives impliquant les partenaires sociaux en Europe sur les politiques du changement climatique et l’emploi », a été réalisée conjointement avec les partenaires sociaux européens en 2010-2011. L’étude présente de nombreux exemples de projets menés à bien, au niveau européen. En Allemagne, dans le secteur du bâtiment, « l’Alliance pour l’emploi et l’environnement », initiative lancée par la confédération syndicale DGB18 a proposé un programme de rénovation de 300.000 appartements par an qui a donné lieu à la création de 221 000 emplois verts en 2008 et 340.000 en 2010. « Ce qui est difficile en France a été possible en Allemagne où existent une formation professionnelle innovante et une synergie entre tous les acteurs du bâtiment », a expliqué Alain Mestre, rappelant que l’importance du marché noir en France fausse les plans de formation de ce secteur car les salariés non déclarés ne peuvent pas bénéficier de formations. Au Danemark, les chantiers navals de Lindoe du groupe danois Maersk sont un autre exemple de réussite qui illustre le rôle des partenaires sociaux dans la politique industrielle bas carbone. La fermeture des chantiers sera effective en mars 2012 privant normalement 2500 personnes de leur emploi. Afin de reconvertir les salariés vers des emplois dans les secteurs des éoliennes off-shore et des énergies marines, un partenariat public-privé a été signé. La structure créée et dénommée LORC18 est à la fois un centre16. Syndex est un cabinet d’experts qui travaille depuis quarante ans au service des représentants des salariés. Il mène notamment des études prospectives avec les partenaires sociaux.17. confédération européenne des syndicats.18. dGB : deutscher Gewerkschaftsbund (confédération allemande des syndicats) est la confédération syndicale majeure du pays. Ses 8 syndicats adhérents représentent plus de 7 millions d’adhérents. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 20
  21. 21. Le rôle de R&D et un centre de formation innovant dédié à la reconversion de 2 500 salariés, en coopération étroite avec les partenaires sociaux19. L’accord a été accepté par les des partenaires syndicats car il prévoit la reconversion de tous les salariés pour maintenir ainsi le volume d’emplois des chantiers navals d’avant fermeture. Aujourd’hui, 500 personnes sociaux est sont déjà converties et opérationnelles. incontournable ECHANGES AVEC LA SALLE « Quelle est la potion magique pour que ça marche ? » a demandé Grégoire dans une Even, du WWF et coordinateur du Green Forum. « Il faut que tout le monde joue le jeu : les organisations syndicales, les dirigeants d’entreprises, mais aussi reconversion les organisations sectorielles patronales, les partenaires sociaux, les services publics, les différents niveaux hiérarchiques. Mais il faut aussi une carotte pour économique motiver ! Que le verdissement représente des avantages pour les salariés », a expliqué Alain Mestre. « La crise systémique qui est devant nous nécessite des réussie  politiques volontaristes de conversion de filières. Tous ces exemples soulignent le rôle incontournable des partenaires sociaux à la fois dans la mise en place de politiques d’efficience énergétique et les reconversions économiques réussies. » « J’ai une question naïve : ça marche mieux dans les pays décentralisés ? » a demandé Jean-Stéphane Devisse, directeur des programmes du WWF. « Oui » a répondu Alain Mestre, « Notre système de production français est fondé sur des branches et des secteurs alors que la mise en œuvre et le suivi de la transition doit se faire à un niveau territorial ». « Existent-ils déjà des chartes ou labels qui garantissent la qualité des formations au niveau européen en ce qui concerne la formation continue et initiale dans le secteur des métiers verts ou verdissants ? ». « Non », a répondu Alain Mestre à cette question SMS. « Il y a des discussions au niveau européen mais pas de labels ni de certifications. La formation est assurée par les industriels et fait partie de la concurrence ! Elle est considérée comme un potentiel de compétitivité et du coup capitalisée plutôt que partagée, ce qui représente un frein à la transmission des compétences intra et intersectorielles. Comme nous l’avons vu dans la deuxième étude, il est nécessaire de définir et mettre en œuvre une démarche intégrée d’anticipation socio-économique telle que des dispositifs et outils appropriés de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences) pour optimiser la gestion de la transition sociale accompagnant les nouveaux métiers et qualifications des salariés engendrées par les nouvelles filières technologiques « produit-process » bas carbone, et tout particulièrement les filières de formation de base et continue adéquates. » répond Alain Mestre. Enfin, à la question « La reconversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? », Alain Mestre a répondu « Oui… et non ! ». POuR ALLER PLuS LOIN Pour accéder au dernier rapport de Syndex qui analyse cinq cas visant à la fois une meilleure utilisation des ressources et la création d’emplois « verts » : http://www.syndex.fr/Transition-verte LE TWEET AMestre la crise systémique qui est devant nous nécessite des politiques volontaristes de conversion de filières #greenforum2011 #syndex19. loRc : lindoe offshore Renewable centre.20. les organisations syndicales metalWorkers Unions et 3F participent au loRc council, organe consultatif. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 21
  22. 22. TAbLE RONDE 2 Syndicats, patronats et pouvoirs publics, comment anticipent-ils la mutation de l’économie afin de préparer l’avenir des emplois ?Hélène Bégon, Sous-directrice de l’intégration des démarches de développement durable par les acteurs économiques,Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL)Joëlle Remoissenet, Conseillère régionale Pays de Loire, commission éducation et apprentissageChristine Dupuis, Secrétaire nationale, chargée de l’emploi, du développement durable et de la mixité professionnellede l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA)Sandrine Bourgogne, Secrétaire générale adjointe, Confédération générale du patronat des petites et moyennesentreprises (CGPME)Jacky Fayolle, Directeur du centre études & prospectives, Groupe AlphaDébat animé par Guillaume Duval, du magazine Alternatives Economiques. les métiers de la Guillaume Duval a demandé à l’auditoire s’il avait le sentiment que les parties prenantes réunies pour ce débat, syndicat-patronnat-pouvoirs publics, travaillaient suffisamment biodiversité et du ensemble pour préparer la transition écologique et la mutation économique. Les réponses du public se penchaient plutôt vers le non : « Vous allez devoir convaincre! » a résumé génie écologique l’animateur. Hélène Bégon a rappelé que le rôle du ministère de l’Ecologie n’était pas de convaincre vont émerger mais de donner un Plan21 pour l’économie verte, qui est une conséquence du Grenelle. « Ce Plan, c’est une gouvernance, qui réunit autour de la table toutes les parties prenantes pour établir un état des lieux, les actions à mener et les formations à mettre en place », a précisé Hélène Bégon. La représentante du ministère a donné trois exemples d’actions en cours. Premièrement, l’accent a été mis sur les métiers de la biodiversité et du génie écologique : « Nous pensons que ces métiers vont émerger ». Des études sur le secteur de la production d’électricité ont également été menées aboutissant à des préconisations pour adapter les formations du CNAM22. Enfin, le BTS Tourisme a été modifié pour y ajouter des compétences liées à l’économie verte. Cette démarche a pu aboutir grâce à une action conjointe avec l’Education nationale. « L’essentiel n’est pas spectaculaire. Nos actions vers l’économie verte à travers ce Plan ne vont pas révolutionner le marché de l’emploi, mais la somme de toutes ces petites avancées est importante ». Elle a souligné en outre que ce plan pour l’économie verte n’a pas besoin d’un budget faramineux, il s’agit davantage d’une question de conscience et de volonté. « On met autour de la table des grosses têtes qui chauffent et qui donnent de leur temps ! ». Hélène Bégon partage l’idée qu’il est difficile de prouver que la reconversion écologique créera des emplois, en revanche elle est persuadée que cette nouvelle économie vertueuse et durable apportera du bien-être et qu’il est indispensable d’évaluer le risque de perdre des emplois. « On évolue plus vite dans nos têtes que dans les faits. La mutation est irréversible, et si on la prépare, ça se passera mieux ». Joëlle Remoissenet a insisté quant à elle sur le décalage entre les beaux discours et la réalité. Les objectifs affichés du Grenelle I de création d’emplois dans les secteurs du bâtiment, des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique et du photovoltaïque n’ont pas été remplis. On assiste plutôt à des licenciements et des rétractations de commandes dans des secteurs durement touchés. « Il faut une volonté politique forte, sinon on ne fait rien ! ». Joëlle Remoissenet a présenté trois exemples d’actions des Pays de Loire : 1) la rénovation dans le sens de l’efficacité énergétique de tous les lycées de la région, 115 lycées, dotée d’un budget de 460 millions d’euros, a pour but l’amélioration énergétique des bâtiments, selon l’objectif des 3 x 30 : 30% d’économie d’énergie, 30% de diminution de gaz à effet de serre et 30% d’énergies renouvelables (pédagogie de l’exemple). 2) La reconversion de l’entreprise Bénéteau est quant à elle un bel exemple de reconversion économique concertée et de synergie dans l’action du privé et du public. Le constructeur de bateaux s’est diversifié dans de nouvelles techniques de constructions modulaires BBC (Bâtiment Basse Consommation, dont le label sera obligatoire dès 2012), exploitable par exemple dans la construction des internats. 3) La restauration21. «Plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte» en 2010. ce plan, mis en place dans le cadre du Pacte de Solidarité ecologique initié par le Grenelleenvironnement, contribue au développement de nouveaux emplois et à l’évolution des métiers liés à la croissance verte.22. cnam : conservatoire national des arts et métiers. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 22
  23. 23. L’anticipation collective durable. A ce sujet la région s’est fixé l’objectif « provocateur » du « 100% bio dans les cantines » et 42 établissements sont déjà concernés. Cela répond à un triple permet de enjeu de solidarité, de santé et d’environnement. La conseillère régionale a insisté sur l’investissement supplémentaire que doit fournir l’Etat, en particulier pour aider les prévoir plusieurs PME. « Notre économie est à bout de souffle mais on continue quand même ! Nous devons créer une économie sociale et remettre l’humain et la nature au cœur de scénarios et pose l’économie », a-t-elle conclu. Le bilan de Christine Dupuis est plutôt mitigé, si l’économie verte est très importante les bases d’un pour son syndicat en termes de bien-être et de croissance, ce ne sont pas les emplois verts de demain qui résoudront la crise économique actuelle. « C’est la raison pour dialogue social laquelle nous travaillons beaucoup sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, au niveau des territoires. Cette démarche est au cœur du projet de plus détendu l’UNSA. Nous pensons que lorsque tous les acteurs se mettent autour de la table : Pôle Emploi, la Région, le Préfet, les organisations patronales et syndicales et décident de mener des actions, les résultats sont favorables pour les salariés ». Bénéteau est une expérience exemplaire dont son syndicat était partie prenante, en revanche, le cas d’une entreprise de fabrication de matelas de Troyes, sur le point de fermer ses portes, illustre le cas inverse. Rien n’a été anticipé pour proposer une solution de reclassement aux 900 salariés concernés. La solution de la reconversion de l’entreprise en recyclage de matelas a été proposée trop tardivement pour envisager une solution optimale. Elle pointe ainsi du doigt l’importance de l’anticipation dans le cadre d’une reconversion qui intègre les partenaires sociaux. L’anticipation permet de prévoir et d’explorer plusieurs scénarios possibles et pose les bases d’un dialogue social plus détendu entre les différents acteurs. Sandrine Bourgogne, a rappelé que 97% des entreprises en France ont moins de 10 salariés. « A l’image de l’Europe, les emplois créés le sont surtout dans les PME et ce sont des emplois qui se maintiennent ». En effet, au cours des 20 dernières années, 80% des emplois créés l’étaient dans les très petites entreprises. La création de nouveaux emplois verts pour la plupart des chefs de petites entreprises est vécue comme une contrainte. « Notre rôle est de positiver et de leur prouver qu’il y a des opportunités en termes d’emplois. Pour ce faire, il y a le Plan Métiers Grenelle 1 que nous avons suivi et qui est un mouvement fort. Mais ce n’est pas suffisant. Pour les aider à s’investir, il faut également mettre l’accent sur leurs branches professionnelles, qui sont souvent les premiers prescripteurs de ces petites entreprises, il faut avoir aussi une approche plus transversale sur les formations ». Dernier intervenant à prendre la parole, Jacky Fayolle est revenu sur une étude récente23 diffusée par le CEREQ24 portant sur la « bulle des formations environnementales », qui conclue au trop grand nombre de ces formations et au risque beaucoup plus élevé pour ces diplômés de se retrouver durablement au chômage. « Cela pose un problème fondamental, si ces formations produisent des chômeurs, que les diplômes ne correspondent pas à la demande. Nous n’avons pas besoin de petits métiers environnementaux mais uniquement de métiers hautement qualifiés ». Jacky Fayolle a mis en avant le fait que la France était en avance avec son plan de mobilisation pour le verdissement des emplois. « En revanche, le mariage de la compétitivité économique et de la vertu écologique n’est pas gagné d’avance », a t-il conclu. ECHANGES AVEC LA SALLE Une étudiante en master développement durable est intervenue pour défendre sa compétence technique. « Les emplois verts sont parfois nébuleux pour les salariés qui sont réservés et pensent que cela signifie pour eux la perte de leur emploi », a expliqué Christine Dupuis. « Pourquoi, en 2008, on disait que la crise était une opportunité et qu’aujourd’hui, on dit que c’est un frein ? », s’est interrogée une personne du public. « Pour que la crise nous permette de rebondir, elle doit tomber sur un corps résilient. Ce n’est pas le cas aujourd’hui », a répondu Hélène Bégon. LE TWEET SBourgogne #CGPME 97% des entreprises en France ont moins de 10 salaries. C’est 80% des créations d’emplois #greenforum201123. etienne campens, olivier aznar, Thibaud mazerm, « la bulle des formations environnementales », Bref du ceReQ, n°289, juillet 2011.24. CÉREQ : Centre d’études et de recherches sur les qualifications. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 23
  24. 24. LE GRAND TÉMOIN DE LA jOURNÉE Jean-Philippe Teboul, Directeur d’Orientation Durable L’ennemi du « Tout n’est qu’une question de point de vue ». Le dynamisme et l’humour de Jean-Philippe Teboul ont clôt la journée. Le directeur d’Orientation Durable, dont la mission est de développement mettre en relation demandeurs d’emploi et recruteurs dans les métiers du développement durable, a résumé les différentes interventions en livrant son analyse. durable c’est le Il est tout d’abord revenu sur la notion floue de métiers verts en expliquant que chaque employeur a sa notion de développement durable. « Si vous parlez de développement« court-termisme » durable à un entrepreneur en BTP, il va penser à ce qui l’intéresse, c’est à dire les marchés publics, alors qu’un banquier sera intéressé par l’investissement socialement responsable, qui représentait 52 milliards d’euros l’an dernier. Le même mot n’a pas le même sens suivant la personne à qui l’on s’adresse et un demandeur d’emploi doit donc adapter son discours ». « Il faut sauver le soldat social ! » a plaisanté Jean-Philippe Teboul pour résumer un autre thème, cher aux syndicats, pour qui l’amélioration environnementale de la pratique industrielle ne peut se faire au détriment du social. « La production supplémentaire d’une tonne de CO2 affecte la planète entière, alors qu’un désastre social touchant tout le monde est perçu de façon très indirecte ». Les actionnaires s’intéressent principalement à la qualité environnementale au détriment de la qualité sociale. Le principal espoir vient alors du consommateur, pense Jean-Philippe Teboul. « A l’avenir, nous aurons tous les outils pour comparer la qualité sociale de deux produits, nous avons donc l’espoir que le social rattrape l’environnemental ». Jean-Philippe Teboul a terminé sur une note d’optimisme en constatant que tous les intervenants, qu’ils soient syndicats, ONG, petites et grandes entreprises, administrations nationales et internationales, sont tombés d’accords sur plusieurs points importants : - La nécessité que l’ensemble des parties prenantes soient impliquées dans les problèmes ; - La question de l’emploi est davantage une question de configuration que de volume ; - L’importance de la reconversion écologique de l’économie ne doit pas se faire au détriment du social. Pour revenir sur le facteur temps largement évoqué, Jean-Philippe Teboul a rappelé que de nombreux projets d’éco-conception avaient été stoppés faute de trésorerie et qu’il était difficile dans les grands groupes, souvent détenus par des actionnaires, de mettre en place des projets à long terme alors qu’ils risquaient d’être revendus plusieurs fois dans les années suivantes. Enfin, « L’ennemi du développement durable a été trouvé » a t-il affirmé. « Ce ne sont pas les gouvernements des pays riches, ni les multinationales, mais le court-termisme ». Comme l’ont souligné la quasi-totalité des intervenants «Le développement durable nécessite non pas une vision à 3 ou 6 mois mais à 5 ou 10 ans. Les enjeux du développement durable demandent de façon impérative que les décideurs réfléchissent à long terme et seules les collectivités ont une réflexion sur plus de cinq ans tandis que les entreprises ont une vision à cinq mois ». A la question centrale du Green Forum, la reconversion économique sera-t-elle source d’emplois, il a répondu « Oui, trois fois oui. Le gros gisement d’emplois est toujours du côté environnemental, car il y a des raisons d’embaucher et des raisons d’investir ». Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 24
  25. 25. Extraits du premier Baromètre des emplois de la croissance verte et du développementdurable, réalisé en septembre 2011 par Orientation Durable.Le baromètre est un diagnostic établi après examen des offres en ligne d’unecinquantaine de sites internet consacrés au marché de l’emploi.1292 offresd’emplois verts. Répartition par familles de fonctions 5% 9% COLLECTIVITÉS ET ONG EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE 8% INTÉGRATION DU DD DANS DES MÉTIERS CLASSIQUES 78 % ÉNERGIES RENOUVELABLES Source : Cabinet Orientation Durable. Baromêtre des métiers, septembre 2011. http://www.orientationdurable.com/wp-content/uploads/2011/11/Barometre-complet.pdf Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 25

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