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Quant à la motivation de lauteur, le pourquoidune telle prise de risques pour si peu dadhésion -domination impériale oblig...
LA RÉVOLUTION FRANÇAJSEIl faut bien commencer par un commencement,or lHistoire na ni début ni fin. Cest dailleurslespoir, ...
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LE MYfHE DE I.:ÉGALITÉ FRATEIUIELLEE nfin, à ceux qui verraient encore dans laRévolution la naissance de légalité et de la...
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dans le droit fil de la D éclaration universelle desdroits de lH omme portée par lON .Nouvelle Église de la soumission et ...
abandon né?»), ce qui revient purement etsimplement à nier lÉglise et à professer son mépris.Ainsi, par Vatican II, Monsei...
• 1Fédération française du Droit Humain...) aime àse décrire comme une association essentieLlementphilosophique et philant...
plus ou moins de bonheur, le cautère humaniste surla botte de loppression économique dont chacunsait quelle est plus de fe...
La stratégie du pouvoir bourgeois étant alors,appuyée à la fois sur le mensonge progressiste et lastupidité réactionnaire,...
LA MÉCANIQUE RÉVOLUTIONNAIREDerrière la mythologie révolutionnaire du bientriomphant du mal,se déploie la mécanique beauco...
PETITE GÉNÉALOGIE DE LA BANQUE:AU DÉBUT ÉTAIT LE DONDabord tout commence par la société du don.Du don et du contre-don, de...
DE LARGE T À LIDÉE DU PRÊTI.:argent accumulé, né de léchange m archand,amène nécessairement à son tour lidée du prêt.Et da...
•,LE PRÊT AUTORISÉ CHEZ LES CHRETIENSMais les choses ne sont évidemment pas silinéaires.Parallèlement à ce système dinterd...
duira un pouvoir de domination sur le monde sanscommune mesure avec les expériences précédentes,italiennes ou germaniques....
Les politiques, dans cette logique, devenant deplus en plus le personnel communiquant payé parle pouvoir occulte bancaire ...
•PRÊTER DE LARGE TQUON A DE MOIN El" ~101 SU n contrôle et une modération de la fuite enavant de prêts bancaires, sans com...
DE I.A BANQUE ACCÉLÉRAT EUR DEDÉVELOPPEMENT À lA BANQUE PARASITE:FIN DES POLITIQUES SOCIALES,INTÉRÊT DE lA DEITE, RACKET D...
LE SECOND SAUT DE I.:EMPIRE :DE LA CITY À WALL STREET ET DE I.:EMPIREANGLAIS À I.:IMPÉRIALISME US, SOITI.:ESCROQUERJE DU D...
, ~ ·1913, CREATION DE LA RESERVE FEDERALEAMÉRICAJNE... ET DE I.:IMPÔTSUR LE REVENU DU TRAVAJLCoup de force et magistrale ...
lon sait que le nombre de chômeurs en Amérique,malgré un «New Deal » qui aura surtout considéra-blement aggravé les défici...
daprès le magazine Forbes, lhomme le plus richedu monde serait Bill Gates crédité- grâce à sasociété Microsoft, géant mond...
u ne association de petits propriétaires et de petitsp roducteurs libérés du joug des mo narchiesinégalitaires dEu rope, e...
Les présidents américain depuis cette date devanttous être considérés, de Woodrow Wilson jusquàBarack Obama, en passant pa...
raisons qui leur incombent, peuvent geler et détruirelauthenticité de la liberté économique. Ainsi sommesnous devenus un d...
tentative de mettre hors détat de nuire la dominationoligarchique et privée de largent, par la socialisationintégrale des ...
E n accord avec le droit musulman, la financeislamique, qui se chiffre à 700 milliards de dollars surle marché mondial, es...
son pouvoir du droit de prêt à intérêt, lui-mêmegaranti par le mensonge ct la violence.Une oligarchie nayant même plus à s...
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  1. 1. A tous ceux qui mont aidé• Aet quz se reconnartront.Il est évident que la carrière de polémiste estinfiniment moins capitonnée que celle de poèteélégiaque ou de romancier mondain. Le pamphletconduit mrement à la fortune, encore moins auxhonneurs. Son plus clair bénéfice est une longue suitede démêlés avec La Justice et lopinion. De manièreinvariable, lécrivain de combat doit subir lesreniements, les coups de ceux-/à quil croit défendre, etquen fait iL défend. Quels que soient son temps, sonparti, quiLsappelle Marat, Courier, Carrel, Veuillot,Vallès, Rochefort, Dmmont, Bloy, Tailhade, Zola,Cassagnac, jouveneL, Daudet, Maurras, son sort estrégLé, pLus ou moins tragiquement, égaLement ingrat.Doù vient donc que toujours, en dépit de tout et detous, il se trouvera des homrnes qui, dédaigneux desfacilités de la vie, se consacreront en connaissance decause à La plus redoutable des tâches humaines, qui estdejeter laLarme auxjours de grandpériL, et, siL lefaut,de crier malheur sur Les contemporains?Cest que le monde littéraire nest pas entièrementcomposé de littérateurs. Il se trouve des hommes qui nese réfugient pas dans leur œuvre... Ces hommes se5
  2. 2. DU MÊ~I E AUTEUREssaisLes Mouvements de mode expliqués aux parents,Robert LAffont, 1984 (en collaboration avec H ector Obalket Alexandre Pasche).La C réation de mode, S./.5., 1987.Sociologie du dragueur, Editions Blanche, 1996.Vers la féminisation ?, Editions Blanche, 1999.Jusquoù va-t-on descendre?, Éditions Blanche, 2002.Socrate à Saint-Tropez, Editions Blanche, 2003.RomansLa Vie dun vaurien, Editions Blanc/te, 200 1.Misères du désir, Editions Blanche, 2004.,Chute !, Editions Blanche, 2006.Films de court mEtrageChouabadaballet, une dispute amoureuseessuie-glaces, Editions Soral, 1990.entre deuxLes Rameurs, misère affective ct culture physique àCarrière-sur-Seine, Agatfilms, 1993.Film de long mEtrageConfession dun dragueur, Flach films, 200 1.© Éditions Blanche, Paris, 20Il!SB : 9782846282482lmprimt ~~~ Franc~•Alain SORALCOMPRENDREl:EMPIREDemain la gouvernance globaleou la révolte des N ations?ESSAICollection dirigée par Franck Spengler20IlEDITIONS BLAl"CHE38, rue La CondamineP ARIS 17e
  3. 3. battent. Ils se battent parce que sils ne se battaient pas,nu/ne se battrait à leur place. Et pourquoi se battent-ils? Par devoir civique, assurément, mais encore etsurtout pour lhonneur de leur profession. Seuls etdésannés, ils vont au cœur de la bataille parce quilsobéissent à leur mission. Ils se mentiraient à eux-mêmes, sils renonçaient au combat.Henri Béraud* * *Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentisfrôlé par un Etre mystérieux quejavais toujours désiréconnaître, et que je reconnus tout de suite, quoique jene leusse jamais vu. Ii y avait sans doute chez lui,relativement à moi, un désir analogue, car il mefit, enpassant, un clignement doeil significatifauquelje mehâtai dobéir. Jele suivis attentivement, et bientôt jedescendis derrière lui dans une demeure souterraine,éblouissante, oii éclatait un luxe dont aucune deshabitations supérieures de Paris ne poun·aitfournir unexemple approchant. Il me parut singulier que jeussepu passersi souvent à côté de ce prestigieux repaire sansen deviner lentrée. Là régnait une atmosphèreexquise,quoique capiteuse, qui faisait oublier presqueinstantanément toutes les fastidieuses horreurs de lavie; on y respirait une béatitude sombre, analogue àcelle que durent éprouver les mangeurs de lotus quand,débarquant dans une île enchantée, éclairée des lueursdune éternelle après-midi, ils sentirent naître en eux,aux sons assoupissants des mélodieuses cascades, le désirde ne jamais revoir leurs pénates, leurs femmes, leurs6enfants, et de nejamais remonter sur les hautes lamesde la mer.lJ y avait là des visages étranges dhommes et defemmes, marqués dune beautéfatale, quil me semblaitavoirvusdéjà àdesépoques et dans despaysdont il métaitimpossibledemesouvenirexactement, et quiminspiraientplutôt une sympathiefraternelle que cette crainte qui naîtordinairement à laspect de linconnu. Sije voulais essayerdedéfinirdunemanièrequelconquelexpressionsingulièrede leurs regards, je dirais que jamais je ne vis dyeuxbnïlant plus énergiquement de lhorreur de lennui et dudésir immortel de se sentir vivre.Mon hôte et moi, nous étions déjà, en nous asseyat1t,de vieux et pmfaits amis. Nous mangeâmes, nous bûmesoutre mesure de toutes sortes de vins extraordinaires, et,chose non moins extraordinaire, il me semblait, aprèsplusieurs heures, que je nétais pas plus ivre que lui.Cependant le jeu, ce plaisir surhumain, avait coupé àdivers intervalles nosfréquentes libations, etje dois direquejavaisjoué et perdu mon âme, en partie liée, avecune insouciance et une légèreté héroïques. [;âme est unechose si impalpable, si souvent inutile et quelquefois si"" 0 , , • 1genallle, que1e n eprouvat, quant a cette perte, qu unpett moins démotion que si javais égaré, dans unepromenade, ma carte de visite.Nous fumâmes longuement quelques cigares dontla saveur et le paifum incomparables donnaient àlâme la nostalgie de pays et de bonheurs inconnus, et,enivré de toutes ces délices, josai, dans un accès defamiliarité qui ne parut pas lui déplaire, mécriet; enmemparant dune coupe pleine jusquau bord:«A votre immortelle santé, vieux Bouc1»Nous causâmes aussi de lunivers, de sa création et desafuture destruction; de la grande idée du siècle, cest-à-7
  4. 4. dire du progrès et de la pe,fectibilité, et, en général, detoutes les formes de linfatuation humaine. Sur cesujet-là, Son Altesse ne tarissait pas en plaisanterieslégères et irréfutables, et elle sexprimait avec unesuavitéde diction et une tranquillitédans la drôlerie queje naitrouvées dans aucun des plus célèbres causeurs delhumanité. Elle mexpliqtta labsurdité des différentesphilosophies qui avaient jusquà présent pris possessiondu ce1veau humain, et daigna même mefaire confidencede quelques principes fondamentaux dont il ne meconvient pas de partager les bénéficeset la propriété avecqui que ce soit. Elle ne se plaignit en aucunefaçon de lamauvaiseréputation dont ellejouit danstoutes lespartiesdu monde, massura quelle était, elle-même, la personnela plus intéressée à la destruction de la superstition, etmavoua quelle navait eu pew; relativement à sonpropre pouvoir, quune seule fois, cétait le jour où elleavait entendu tm prédicateur, plussubtilquesesconfrères,sécrier en chaire: «Mes chers frères, noubliez jamais,quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, quela plus belle des ruses du diable est de vous persuaderquii nexiste pas!»Le souvenir de ce célèbre orateur nous conduisitnaturellement vers le sujet des académies, et monétrange convive maffirma quil ne dédaignait pas, enbeaucoup de cas, dinspirer la plume, la parole et laconscience des pédagogues, et quil assistait presquetoujours en personne, quoique invisible, à toutes lesséances académiques.Encouragé par tant de bontés, je lui demandai desnouvelles de Dieu, et sil Lavait vu récemment. Il merépondit, avec une insouciance nuancée dune certainetristesse: «Nous nous saluons quand nous nous t·encon-trons, mais comme deux vieux gentilshommes, en qui8une politesse innée ne saurait éteindre tollt à fait lesouvenir danciennes rancunes. »Il est douteux que Son Altesseaitjamais donné une silongue audience à un simple mortel, et je craignaisdabuse1: Enfin, comme laube fnssonnante blanchissaitles vitres, ce célèbre personnage, chanté par tant de poèteset servi par tant de philosophes qui travaillent à sa gloiresans le savoù; me dit: «Je veux que vous gardiez de moiun bon souvenù; et vous prouver que Moi, dont on dittant de mal, jesuis quelquefoisbon diable, pourmeservirdune de vos locutions vulgaires. Afin de compenser laperte in·émédiable que vous avez faite de votre âme, jevous donne lenjeu que vous auriez gagné si le sort avaitété pour vous, cest-à-dire la possibilité de soulager et de. vaincre, pendant toute votre vie, cette bizarreaffection delEnnuz~ qui est la source de toutes vos maladieset de tousvos misérablesprogrès. jamais un désir ne seraformé parvotiS, queje ne votiS aide à le réaliser; votiS régnerez survos vulgairessemblables; vousserezfoumi deJlatten.es etmême dadorations; largent, lor, les diamants, les palaisféenques, viendront vous chercher et votf.S prieront de lesaccepte!; sansque vott.S ayezfait un effort pour lesgag11et~·votf.S changerez de patrie et de contrée aussi souvent quevotre fantaisie vous lordonnera; vous vous soûlerez devoluptés, sans lassitude, dans des pays_ charmants où ilfaittoujours chaud et où lesfemmes sentent aussi bon que lesfleurs, - et caetera, et caetera... », ajouta-t-il en se levantet en me congédiant avec un bon sourire.Si ce neût été la crainte de mhumilierdevant uneaussi grande assemblée, je serais volontiers tombé auxpieds de ce joueur généreux, pour le remercier de soninouïe mut1ijicence. Mais peu à peu, après queje leusquitté, lincurable défiance rentra dans mon sein; jenosais plus croire à un si pmdigieux bonheur, et, en me9
  5. 5. couchant, faisant encore ma prière par un restedhabitude imbécile, je répétais dans un demi-sommeil«Mon Dieu/ Seigneur, mon Dieu/faites que le diableme tienne sa parole/»C harles BaudelaireSpleen de Paris, Lejoueur généreux* * *Tu casses des cailloux, vieillard, sur le chemin;Ton feutre humble et troué souvre à lair qui lemouille;Sous la pluie et le temps ton crâne nu se rouille;Le chaud est ton tyran, lefroid est ton bourreau;Ton vieux corpsgrelottant tremble sous ton san·au;Ta cahute, au niveau du fossé de la route,Offre son toit de mousse à la chèvre qui broute;Tu gagnes dans tonjom-juste assez de pain noirPour manger le matin et pourjeûner le soir;Et, fantôme suspect devant qui lon recule,Regardé de tt·avers quand vient le crépuscule,Pauvre au point dalarmer les allants et venants,Frère sombre et pensifdes arbresfrissonnants,Tu laisses choir tes ans ainsi queux leurfeuillage;Autrefois, homme almS dans la force de lâge,Quand tu vis que lEurope implacable venait,Et menaçait Paris et notre aube qui naît,Et, mer dhommes, roulait vers la France effarée,Et le Russe et le Hun sur la terre sacréeSe ruer, et le nord revomir Attila,Tu te levas, tu pris tafourche; en ces temps-là,Tu fus, devant les t·ois qui tenaient la campagne,JOUn des grands paysans de la grande Champagne.Cest bien. Mais, vois, là-bas, le long du vert sillon,Une calèche an·ive, et, comme un tourbillon,Dans la poudre du soÙ quà ton front tu secoues,Mêle léclaù· du fouet au tonnerre des roues.Un homme y dort. Vieillard, chapeau bas1Ce passantFit safortune à lheure où tu versais ton sang;Iljouait à la baisse, et montait à mesut·eQue notre chute était plus profonde et plus sûre;Ilfallait u11 vautour à nos morts; illefut;Ilfit, travailleur âpre et toujours à laffût,Suer à nos malheurs des châteaux et des rentes;Moscou remplit ses prés de meules odorantes;Pour lui, Leipsick payait des chiens et des valets,.Et la Bérésina charriait tm palais;Pour luz~ pour que cet homme ait desfleurs,des chatmilles,Des parcs dans Paris même ouvrant leurs la1gesgrilles,Desjardins où lon voit le cygne errer sur leau,Un million joyeux sortit de Waterloo;Si bien que du désastre il afait sa victoire,Et que, pour la mange1; et la tordre, et la boù·e,Ce Shaylock, avec le sabre de Bluche1;A coupé sm· la France une livre de chaù:01; de vous deux, cest toi quon hait, lui quon vénère;Vieillard, tu nes quun gueux, et ce millionnaire,Cest lhonnête homme. Allons, debout, et chapeaubas!Victor HugoLe travailleur et lejoueur en Bourse
  6. 6. INTRODUCTION :COMPRENDRE L:EMPIREDéjà comprendre le titre.Composé, comme Sociologie du dragueur, detextes courts senchaînant logiquement pourraconter ce combat didées quest lHistoire, sansomettre de resituer ces idées dans lHistoire qui lesa vu naître, Comprendre lEmpire aurait tout aussibien pu sintituler : Sociologie de la domination ouSociologie du mensonge, tant Empire et dominationpar le mensonge sont liés.Peu universitaire dans sa forme, par respect pourle lecteur, mais fruit de cinquante années dexpé-riences combinant lectures et engagement sanslequel il nest point de compréhension véritable, cetessai pédagogique récapitule le parcours complet -allant de la Tradition au marxisme et du marxismeà la Tradition - qui seul permet la mise à jour duprocessus de domination oligarchique engagédepuis plus de deux siècles en Occident.13
  7. 7. Quant à la motivation de lauteur, le pourquoidune telle prise de risques pour si peu dadhésion -domination impériale oblige - peut-être une enviedentrer dans la légende plus forte que celle dentrerdans la carrière ? I..:ivresse de la vérité qui finit parsimposer comme une religion ? Cet ennui mortelaussi quon ressent à force de ne côtoyer danslOlympe que des salauds, des soumis et des cons.En résumé, une tournure desprit qui me dépasse,m ais qui fait q ue je ne parviens pas, malgré lesleçons de la vie et les déceptions, à me résoudrecomme tant d autres laissés sur le bord de la route,à ce cynisme délite qui conduit au mépris dupeuple et du bien commun.1.DIEU ET LA RAISONLa République française est invincible comme laRaison, elle est immortelle comme la vérité. Quand laliberté a fait une conquête telle que la France, nullepuissance humaine ne peut len chasser.Maximilien de RobespierrePartout où la bourgeoisie est parvenue à dominer,elle a détntit toutes les conditionsféodales, patriarcales,idylliques. Impitoyable, elle a déchiré les liensmulticolores de la féodalité qui attachaient lhomme àson supén.eur naturel, pour ne laisser subsister dautrelien entre lhomme et lhomme que lintérêt tout nu,linexorable "paiement comptant". Fnssons sacrés etpieuses ferveurs, enthousiasme chevaleresque,mélancolie béotienne, elle a noyé tout cela dans leauglaciale du calcul égoïste.Karl Marx15
  8. 8. LA RÉVOLUTION FRANÇAJSEIl faut bien commencer par un commencement,or lHistoire na ni début ni fin. Cest dailleurslespoir, le seul, en période daccumulation desdéfaites: liquidation du gaullisme, disparition duPCF, victoire du «oui » à Maastricht, élection deN icolas le perir, montée en puissance du CRIF...O n peut être mené 15 à 0, personne jamais ne siffiela fi n du match ct lécrasant gagnant du momentpeut devenir le perdant de demain; un jour élu,lautre martyr...C est sans doute ce q ue Nietzsche, raillant lestenants naïfs et brutaux dun «sens de lHistoire »jalonné de Raison (boucheries napoléoniennes), deLumières (hécatombe industrielle de Verdun) et deProgrès (atomisation technicienne dHiroshima)appelait «léternel retour». .. .Léternel retour qui . . . .n est pas un concept ma1s une mtultlon, unconstat.Mais si lHistoire ne finit jamais, comme lasuccession des buts dans un match sans fin, il y ades «moments», des bornes, des sauts qualitatifs(Soljenitsyne parle de «nœuds»), des temps où,si tour ne change pas, contrairement à ce que16pclaironnent les vainqueurs du moment, tout sepoursuit dune autre façon.Er comme nous sommes en France ct français,cette histoire ne commence pas par lItalie des Borgia,lAngleterre de Cromwell, même si quelque chose denotre modernité se joue déjà ici et là, mais par cetautre grand moment quest la Révolution française.Pas la mythologie révolutionnaire, ce début duroman national qui, nécessairement, comme chaquefois quil sagir dinstiller dans lesprit du peuple sasoumission à un ordre nouveau, en fair une lutte dubien, lumineux, progressiste contre le mal, obscu-rantiste, absolutiste; soit la Révolution françaisedans le «sens de lhistoire» vue par Jules Michelet,mais pour le dire encore plus simplement : quandDieu fut politiquement vaincu par la Raison.CATHOLICISME, IDEOLOGIE DE LA OBLESSE ETRAJSON, RELIGION DE LA BOURGEOISIEPar Raison, il ne faut pas entendre le rationalismequi prévautdanslessciencesexactes (mathématiques,physique) ce qui reviendrait à dire que, par laRévolution française, le vieux monde des vieillescroyances religieuses fur logiquement vaincu,dépassé par Je monde nouveau de la vérité dessciences. Une vision q ui renvoie au positivismedAuguste Comte et à laquelle la boucherie de laPremière G uerre mondiale mit un terme par ledésenchantement existentialiste..L H istoire nous démontrant que derrière la pré-tention à la scientificité des sciences humaines,sociologie, économie... se cache toujours lidéologie17
  9. 9. des vainqueurs. Et que plus cette idéologie se parede scientificité - le «socialisme scientifique» rayon-nant sous Staline en fut le plus bel exemple - pluscette raison scientifique ct son «Sens de lHistoire »génèrent de folies dans les actes : du génocide ven-déen à la Révolution culturelle chinoise.Par victoire politique de la Raison politiqueentendons : quand une idéologie de domination, laRaison bourgeoise commerçante et rationaliste, soitla nouvelle religion toute neuve et fervente de laclasse montante, vainquit le catholicisme, cetteidéologie de la royauté usée par mille ans de pouvoir,à laquelle la noblesse elle-même ne croyait plus.vra1ment.Personne, à par le postillonnant Mélenchonpeut-être, naurait larrogance aujourdhui, avec lerecul, de prétendre quil sagissait de la lumière faceaux ténèbres, mais cest pourtant ce quil fallaitcroire à lépoque pour tenter cette grande aventureet entreprendre ce grand bouleversement. Puiserdans cene croyance la conviction, et la violencenécessaire, pour mettre à bas, dans le meurtre et lesang, le monde ancien, usé et finalement si faible duroi catholique...LE MYrHE DE I.:.ABSOLUTISME ROYALA ceux qui croient encore à !«absolutisme royal »,nous rappelons lexistence des «corps intermédiaires».Comme nous le elit IEnl.)rclopédie Universalis :~L:.ancienne France était, depuis le Moyen Age, composéede groupes dindividus appelés corps : collèges,communautés, associations de gens ayant même métier/8ou même fonction dans La nation, et réunis à la foispour la préservation de leurs intérêts particuliers etcelle du bien commun. Ces corps existaient avec lapermission du souverain et lui étaient subordonnés,bien que leur existence fût souvent antén.eure àlinstauration de son pouvoir; cétaient les parlements,cours et conseils souverains, corps de médecins oudavocats, corporations et métiers, compagnies decommerce ou dindustn·e. Ils possédaient leurs propreslois et statuts, ce qui ne les dispensait pas dobéir auxlois générales, et des Libertés et pn.vilèges qui lesgarantissaient contre tarbitraire et le despotisme. Entant que personne morale, un c01ps pouvait posséderdes biens ou intenter un procès pourfaire t·especter sescoutumes; il avait un rang dans la société, auquelétaient attachés honneurs et dignités...LE MYfHE DE l:UNAllJMITÉ DU PEUPLERÉVOLUTIONNAIREA ceux qui croient encore au discrédit et à laréprobation populaire unanime, nous rappelons les«Chouans».Soit tous ces paysans de Bretagne, du Maine, deNormandie, de lAnjou, de lAveyron, de la Lozère,de Vendée et du Poitou qui, pour sopposer aunouvel ordre révolutionnaire et républicain,rejoignirent larmée catholique et royale parce quede lancien ordre, bien que du petit peuple, ils setrouvaient fort bien...19
  10. 10. LE MYfHE DE I.:ÉGALITÉ FRATEIUIELLEE nfin, à ceux qui verraient encore dans laRévolution la naissance de légalité et de la fraternitéréelles, nous rappelons la « loi Le C hapelier».Soit lavènement aussi, dans le dos des «droits delhomme» mais sur le dos du petit peuple du travail,du plus brutal libéralisme économique l La loiLe Chapelier, promulguée en France deux ansseulement après la prise de la Bastille, proscrivantles organisations ouvrières et les rassemblements depaysans. Interdisant, de fait, les grèves et laconstitution des syndicats, ainsi que les entreprisesnon lucratives comme les mutuelles. Ne visant niles clubs patronaux, ni les trusts, ni les ententesm onopolistiques qui ne furent jamais inquiétés, elleprovoque, dès 1800 chez les ouvriers charpentiers,la formation de ligues privées de défense et de grèvessauvages, quelle permet de réprimer jusquàNapoléon III.. .LE CATHOLICISME DÉTAT OU NOS ANCIENSDROITS DE t:HOMME: TRÈVE DE DIEU, DÉFENSEDE LA VEUVE ET DE I.:ORPHELIN, GUERRE JUSTED e plus, contrairem ent à ce quil est aussidusage de croire dans nos milieux du conformismelibre penseur, la religion catholique, certes idéologiedu pouvoir royal, ne fut pas seulement mensonge,tartuferie ct pure trahison du C hrist dans sa collusionavec lautorité..LÉglisc était aussi atténuation de la violenceconsubstantielle au pouvoir, comme aujourdhui20nos «droits de lhomme »- religion de la bourgeoi-sie - sefforcent datténuer les violences du libéra-lisme bourgeois sans jamais, non plus, le remettre.en questton.Cet effort dadoucissement de la violence,intrinsèque au pouvoir par lEglise, au côté dupouvoir royal, ce fut, par exemple, à partir duxesiècle, « la paix et la trêve de Dieu ». Unmouvement spirituel et moral qui sefforçait delimiter dans le temps et dans ses conséquences, lesactivités guerrières. Son but étant de mettre unterme aux guerres privées entre seigneurs dont lespauvres - ainsi sont désig nés ceux qui ne peuventpas se défendre - étaient les premières victimes. Un. mouvement de pacification initié par lEglise quireçoit finalement lappui du pouvoir royal et de lahaute noblesse pour devenir, dans toute la chevalerie,la fameuse morale chrétienne de la «défense de laveuve et de lorphelin ».Dans un même esprit, mais à un niveau socialsupérieur, la volonté des papes fut également delimiter les affrontements entre princes chrétiens,sefforçant dorienter leur ferveur guerrière àlextérieur de lespace européen, notamment vers lesoutien à lEmpire romain dOrient par lescroisades.Un autre exemple encore du rôle authentique-,ment pacificateur et chrétien de lEglise est la théoriede la «guerre juste » élaborée par Saint Thom asdAquin. En gros une guerre était considérée comme,juste par lEglise, si et seulement si :- tous les moyens pour léviter ont été entrepris;- si le résultat quon peut en attendre sur le plandu bien est meilleur que la situation initiale;21
  11. 11. -si son but est donc le bien commun et non pasun quelconque but caché;- et enfin, et surtout, si cette guerre restelimitée.En effet, et comme nous le rappellera plus tardCarl Schmitt, pas de «guerre totale» sous lAncienrégime des rois très catholiques.Souvenons-nous dailleurs, plus près de nous, du,rôle joué encore par lEglise dans ses tentatives demédiation pour éviter la Première Guerre mondiale.Tentative notamment de paix séparée avec lAutrichequi fut rejetée par les alliés, Clémenceau en tête, quivoulaiem tous la destruction complète des E mpirescentraux.. .FIN DE I..:OMNIPOTENCE CATHOLIQUE ETGUERRES DE RELIGIONSUn double mouvement de pacification, des noblesenvers les pauvres et des nobles entre eux, sanslequel on peut estimer que lOccident du MoyenAAge, rongé par la multitude des guerres minusculeset imestines, naurait pas connu lessor qui fut lesien. Cest d ailleurs la Guerre de Cent ans,et surtout les gu erres de religions -soit la fin delomnipotence catholique- q ui mettra un termeà cette période de paix dont le modèle de,gouvernement, selon lEglise, fut le règne de SaintLouis.22LA RIVALITÉ CROISSANTE DU ROIET DE LA 1 OBLESSEEn fait, il ressort de mille ans de règne et decollaboration du pouvoir royal et de lÉg lise, un rôleglobal de pacification et d·administration de laFrance. Un partage des pouvoirs où le roi ct lÉglisefu rent souvent les deux recours des pauvres face auxabus de la noblesse. Les rois de France ayantdailleurs progressivemem affirmés et renforcés leurpouvoir, auprès de leurs sujets, en prenant la défensedes petits contre les grands. Ce qui expliquenotamment la précocité de labolition du servage enFraHce, le roi ayant tout intérêt, face à la noblesseterrienne ct ses serfs, à être le suzerain du plusgrand nombre dhommes libres.Une histoire intérieure de la monarchie françaisequi, contrairement à la mythologie révolutionnaireet républicaine, se résuma souvent à un affrontementdu pouvoi r royal contre la noblesse qui tentait elle soit de restaurer, soit daugmenter ses privilèges. Etlon peut même dire que cest cene incapacité de lamonarchie à éliminer cette noblesse parasitaire,plus le choix, à partir du règne de Louis XIV, des·appuyer sur la bourgeoisie pour atteindre ce but(de Colbert à Turgot) plutôt que de la réformer àlanglaise, qui aboutira à la Révolution.JAlvWS CHANGEME T E FUT VOULUPAR LE PEUPLEPour continuer de détricoter le roman national,ajoutons que jamais changement ne fur désiré par Je23
  12. 12. peuple, et que rien nest plus mensonger que lascène finale du fil m de Tavernier, Que La fêtecommence, où lon veut nous faire croire, enfaisant passer des paysans devant un carrosse enflammes, à une haine du petit peuple paysan pourle pouvoir royal. Car dans une France agricole àplus de 80% (elle le restera jusquau milieu duxxe siècle), le peuple cest la paysannerie et lapaysannerie est tout sau f révolutionnaire. Plutôtencline à respecter lautorité sacrée, donc lecatholicisme et le roi, le peuple paysan, au gré desplus ou moins mauvaises récoltes, a tout au plusdes colères, des jacq ucries sporadiques souventtournées vers le parasitisme local, mais sans projetrévolutionnaire pensé et théorisé. Face aux abusde la noblesse, sa phrase nest pas : «Mort autyran », mais au contraire: «Si le bon roi savait».D ans les faits, comme avec Tavernier - typiquede cette bourgeoisie de gauche de culture trotskistequi travestit chaque fois la voix du peuple sans enêtre - tout sc joue dans les villes, dans les salons,dans les clubs, à Paris...LE PEUPLE CEST LE TIERS-ÉTATMAIS LE TIERS-ETAT CEST LA BOURGEOISIEA Paris où les théoriciens de la révolutionpeuvent dire, en toute Raison, que le peuple cestle Tiers-Etat, cest-à-dire ni la noblesse ni le clergé,effectivement deux classes non productives, doncparasttatres.Seulement, si du Tiers-État on retranche lapaysannerie fidèle au roi, soumise à Dieu et en24rien révolutionnaire, alors de ce peuple ne reste, parce tour de passe-passe, que la bourgeoisie. Soit cenefraction de classe minuscule, pas plus nombreuseque la noblesse qui pèse, comme tout pouvoir, unpour cent de la population globale, mais qui parleau nom du peuple: juges, avocats, clercs, richesnon-terriens dans la coulisse. Une fraction de classequi n est plus du peuple depuis longtemps, mais quipossède toute les cartes et une partie des clefs, déjà,pour exercer les pleins pouvoirs...COMMENT I:AR.ISTOCRATIESEST T UÉE ELLE-MÊMEMais si la bourgeoisie révolutionnaire pu tuerDieu, la noblesse et le roi si facilement, cest que cetravail de destruction avait été fait de lintérieur etque laristocratie sétait déjà tuée elle-même.Dabord par lEdit de la Paulette, qui fait entrerle ver bourgeois, sous le nom de noblesse de robe,dans le fruit aristocratique par la vénalité descharges. D écision qui m arque le début de la prisedu pouvoir de largent et des services sur celui de lagrande propriété foncière et de la fonction militaire;soit le début de la remise en cause du pouvoir delaristocratie.E nsuite sous Louis XIV, par la logique et lastratégie politique de Versailles, où le pouvoir royal,marqué par la Fronde des princes et pour jugulerlopposition de la noblesse, choisit, plutôt que detenter de la réformer, de la pousser dans sa fonctionparasitaire, au risque de sen remettre exclusivementdésormais à la bourgeoisie daffaires (de Colbert à25
  13. 13. Necker), tout en délégitimant auprès du peuplelordre aristocratique.Un double suicide pratique auquel il faut ajouterle suicide idéologique quest ladhésion, par toute lahaute noblesse cultivée, roi y compris, aux idées delEncyclopédie. Autant didées nouvelles qui trans-forment en profondeur la vieille noblesse françaiseen une intelligentsia très bien décrite par GeorgesSorel dans Les Illusions du Progrès. Une aristocratiede salon de plus en plus détachée de la mécaniqueconcrète dun pouvoir depuis trop longtemps héré-ditaire, et qui ne comprend plus - comme plus tardlintelligentsia russe pré-révolutionnaire, elle aussisouvent issue de la noblesse - q uen préférant lecharme de la dialectique pour esprits fin à lobscurescolastiq ue, elle ne fait pas quun choix intellectuelet esthétiq ue, elle scie aussi la branche sur laquelleelle est assise.Car, quand le catholicisme nest plus comprispar la noblesse comme idéologie de domination etordre du monde, mais comme sujet de débatphilosophique (débat certes passionnant, mais ôcombien dangereux, amené tout en douceur par legénie de nos philosophes chrétiens du xvnc et duXVIIIe siècle, de Pascal à Rousseau en passant parVoltaire, génies de plus en plus philosophes mais demoins en moins catholiq ues); quand une idéologiedordre et de domination tombe dans le piège de laquestion de la vérité, au fi nal, cest la classedominante q uelle soutend et quelle légitime,quelle remet toute entière en cause pour la laissernue, face aux forces productives, dans la frivolité deson parastttsme...26LES TROIS MORTS DE !.:ÉGLISE CATHOLIQUEAinsi la bourgeoisie révolutionnaire tue Dieu etavec elle une aristocratie qui, sans en prendreconscience, a déjà renoncé à elle-même. A ce stade, on aurait pu penser que lEglise,libérée du pouvoir royal puisse redevenir la religiondes pauvres et des premiers chrétiens. Mais poursauver ses privilèges terrestres, et parce que labourgeoisie, après la radicalité robespierriste deA«lErre suprême», se rend compte aussi quil valaitmieux, pour un temps, compter encore avec elle, leclergé entra dans un lent processus de soumission etde collaboration avec lordre bourgeois.Progressive soumission et collaboration quitueront le catholicisme une deuxième fois, delintérieur cette fois, pour faire de lui - et malgréune opposition interne exprimée par la trèsrespectable «doctrine sociale de 1église» - unmoralisme bourgeois de droite, finalementcomplémentaire, dans la mascarade démocratiquebipartite, du moralisme bourgeois de gauche incarné,lui, par la pensée maçonnique.Cest ce catholicisme de la bigoterie de province,devenu idéologie de droite de la TroisièmeRépublique qui faisait, à juste titre, hurler de colèreet crier à la trahison ce grand catholique du Moyen"Age et des catacombes quétait Léon Bloy.Abandonné par le pouvoir, détruit de lintérieur,la troisième mort du catholicisme, surviendra enfinlors du concile Vatican Il. Une soumission cene foisnon plus seulement pratique et politique maisthéologique (dans lHistoire la théorie suit toujoursla pratique) au moralisme syncrétiste de gauche,27
  14. 14. dans le droit fil de la D éclaration universelle desdroits de lH omme portée par lON .Nouvelle Église de la soumission et durenoncement dont la revue Golias, des prélats d ucalibre du cardinal Lustiger ou monseigneur Gaillotsont la conséquence et lillustration .. .VATICAN II OU LAPPEL ALA FRATERNITE UNIVERSELLEInitié par le Pape Jean XXIII et se voulant uneouverture au monde moderne, de fait de plus enplus antireligieux, on peut comparer Vatican Il -2 pour faire moderne, comme à la même époqueParly 2 ou Vélizy 2 -à la Perestroïka de Gorbatchev.Une profonde remise en question de soi-mêm e et. . , ,une concessiOn aux autres, Interpretees non pascomme généreuse ouverture, mais comme un aveude faiblesse qui prélude à leffondrement.D omination du m ondialisme capitalisteaméricano-protestant, culpabilité envers les juifspersécutés par le régime National-socialisteallemand, Vatican II, au delà de lalibi pastoral etdoctrinal, doit se comprend;e très littéralementcomme la soumission de lEglise catholiq ue aunouveau rapport de force issu de la D euxièmeG uerre mondiale, à lintérieur du camp occidental.Au-delà dune main tendue aux bouddhistes etaux hindous sans conséquence, puisque que horsde la sphère monothéiste méditerranéenne ; à côtédune déclaration fraternelle, déjà plus politique,adressée aux musulmans en pleine décolonisation(ceci expliquant en partie cela) pour leur croyance28au même D ieu abrahamiq ue et pour leur dévotionmariale, ct ce malgré leur non reconnaissance dela d ivinité du C hrist ; le g ros morceau deVatican II est sans conteste la déclaration selonlaquelle «avec ceux qui, baptisés, shonorent du nomde chrétiens, mais ne professent pas intégralement lafoiou ne conservent pas lunité de la communion avec lesuccesseur de Pierre, LEglise se sait unie par de multi-ples rapports». Déclaration qui revient explicitementà renoncer, sur le plan théologique, à sopposer à laRéforme protestante.P ire encore, dans cet esprit de cohabitationfraternelle masquant, en réalité, une pure redditionthéologique, est la déclaration selon laquelle, aun om des persécutions subies par les juifs à traverslHistoire, lEglise renonce par son action à opposerla Nouvelle Alliance à lAncienne. U ne NouvelleAlliance accomplie pourtant explicitement par laPassion du C hrist pour la dépasser et labolir.Un renoncement doctrinal pour raisons politiquesqui revient en fait, par une théologie de contrebande,à admettre leur coexistence. Et comme les juifs, dansle mêm e temps, ne reconnaissent pas, eux, laN ouvelle Alliance qui nous ferait tous juifs, cettedéclaration de <<fraternité universelle» aux relentsm açonnique revient, en bonne logique, à fairepurement et simplement du catholicisme, un sous-produit du judaïsme en plus non reconnu par lui !Ainsi, par Vatican II, les catholiques sont-ils tenusde reconnaître les juifs comme leurs «frères ainés»dans lEglise, tandis que les juifs, eux, continuent deconsidérer le C hrist, au mieux comme un rabbiapostat ayant abjuré sur la C roix («Eli, EIL~ Lamasabachthani » : «Dieu, Dieu, pourq uoi m as-ru29
  15. 15. abandon né?»), ce qui revient purement etsimplement à nier lÉglise et à professer son mépris.Ainsi, par Vatican II, Monseigneur Lustiger,converti au catholicisme en 1940 (période deconversion pour le moins ambiguë) sera porté, pourson dernier repos dans la cathédrale N otre-Dame deParis, non plus par la lecture du Notre Père, m ais parcelle du Kaddish. La messe est dite. ..,LES SOUFFRANCES ET LE DECLIN DE LABOURGEOISIE CATHOLIQUEComme en témoigne lœuvre de Bernanos devenueparfaitement incompréhensible aux générationsissues du libertarisme post-soixante-huitard ; commelexpriment ses romans mettant inlassablement enscène la collision du catholicisme et de la penséebourgeoise dans un tourment moral insoluble, cettereligion passionnée, sacrificielle- non pas du livre etde la lettre, mais de lesprit et de lincarnation - estincompatible avec lesprit bourgeois, lui, parfaitementjudéo-protestant.Par sa foi de lhumilité et du don, le catholiquebourgeois, à moins quil ne se convertisse à la« modernité», sera toujours un bourgeois mal àlaise, luttant contre lui-même et dont la soumissionau monde marchand de légoïsme et du calcul nepeut mener quau renoncement à sa foi, ou à soninadaptation.Voilà pourquoi le catholicisme authentiq ue,résiduel, nest plus aujourdhui quune pratiquemarginale de déclassés nommés «intégristes » par lenouveau pouvoir, tout simplement parce quils30sefforcent de rester des catholiques intègres dansun monde ayant programmé sa désintégration.O n peut bien ûr se perdre en conjectures sur ccquaurait pu devenir ou redevenir lÉglise si elleavait choisi après le roi la rupture totale avec unmonde bourgeois si éloigné delle.Mais, face au poids d u réel, que pouvait fairecette institution forcément usée et compromise parmille ans de partage du pouvoir royal, face àlidéologie toute neuve de la Raison et des Lumièresqui, elle, pouvait tout promettre pour ne lavoirjamais exercé?Que pouvait faire, dans un monde de plus enplus matérialiste et technicien, une religion quinavait que le ciel pour promesse et lhumilité pou rvecteur, quand la nouvelle religion de la fraternitéuniverselle et de lélection en douce promettait elle au nom de la raison même, le paradis sur terre parla démocratie de la liberté et de légalité?.. ,LAIC!TE = FRA C-MAÇONNERIEEn bonne logiq ue. le contraire de la religion cestla laïcité. Mais dans la réalité historique, politique,le combat anticlérical, mené exclusivement contre lareligion catholiq ue, fut le fait dune autre église:celle d u «grand architecte de lunivers ,, et de lafranc-maçon ncrie.Apparue en Grande-Bretagne au XVIIe siècle ctintroduite en France au siècle de la Révolution lafranc-maçonnerie française, au-delà de la diversitéde ses chapelles (G rand Orient de France, GrandeLoge de France, Grande Loge nationale française,31
  16. 16. • 1Fédération française du Droit Humain...) aime àse décrire comme une association essentieLlementphilosophique et philanthropique et comme unsystème de morale propagé de façon initiatique et par•cooptatton.Dans les faits, elle est une contre-Église,,alternative à lEglise catholique. Menace très tôtidentifiée par le pape C lément XII qui, dés 1738, lacondamne par la bulle In eminenti apostolatusspecula. Une action sans effet, puisque aucune bullene pouvait avoir valeur de loi dans le royaume deFrance sans être enregistrée par le Parlement ; ceque le dit parlement, déjà largement maçon àlépoque, se garda bien de fai re.Et même si la maçonnerie prérévolutionnaireput compter au départ de nombreux aristocrates,- Philippe Egalité qui vota la mort du roi (et quiétait fort probablement lhomme des Anglais) fut undes premiers grand maître du Grand Orient. Mêmesi la maçonnerie prérévolutionnaire comptait ausside nombreux prêtres, son humanisme sociétal,inspirateur de notre Déclaration des droitsde lhommeet du citoyen,en attendant la «D éclaration universelledes droits de lH omme», était directement enconcurrence avec lordre catholique et lamonarchie...MAÇONNERI E DH IER ET DAUJOURDH UIQuoi que lon pense de la maçonnerie, il est évi-dent que si être maçon sous Louis XV, commeCasanova ou Mozart, était la marque dun espritlibre ou idéaliste qui cherchait à saffranchir du pou-32,voir en place (celui de lEglise ct du roi), être maçonà partir de la République cest être du pouvoir.Un pouvoir qui culminera sous la TroisièmeRépublique par la loide 1905 - loidite de« séparation, ,des Eglises et de lEtat » - mais, en réalité, ladépossession du dernier bastion spirituel et politique,resté aux mains de lEglise catholique quétaitléducation des enfants. Une charge de formater lesesprits et les âmes, cruciale pour la domination,dorénavant confiée aux instituteurs laïquards deculture ou dobédience largement maçonnique.Ajoutons, pour nous faire une idée encore plusprécise de cet humanisme maçonnique f aitdoccultisme et de cooptation initiatique, que.lInternationale communiste interdit, dès 1922, ladouble appartenance loge et Parti. I.:appartenance àla franc-maçonnerie étant considérée alors par lescommunistes comme une trahison de classe.Une interdiction qui vaudra à tous ces maçons,privés de communisme, de finir socialistes au GrandOrient de France.Ajoutons enfin que la maçonnerie européenneest à lorigine, à la même époque, de la Société desNations, comme après guerre de 10 TU, elle mêmeprodrome du futur gouvernement mondial. ..LA MAÇONNERIE, CLERGÉOCCULTE DE LA RÉPUBLIQUEComme !e pouvoir royal, militaire etéconomique,confiait à lEglise les domaines complémentaires duspirituel et de lidée, le pouvoir bourgeois a doncaussi son clergé, chargé dappliquer lui aussi, avec33
  17. 17. plus ou moins de bonheur, le cautère humaniste surla botte de loppression économique dont chacunsait quelle est plus de fer que de bois.Une maçonnerie élevée sur les cendres de lancien,pouvoir de lEglise devenue, de fa it, la nouvellereligion du pouvoir, le clergé de la Républiquebourgeoise et, au plan international, le nouvel ordredes jésuites de la République mondiale.Un ordre occulte passé peu à peu, du xvmeauxxe siècle, de la maçonnerie symboliste et grandiosedun Rudyard Kipling (exprimée dans son poèmeSi..., sachevant par le fameux vers Tu seras unhomme mon fils/) à celle bien peu philosophique etencore moins laïque dun AJain Bauer, ancien grandmaître du Grand Orient, aujourdhui en charge desquestions de sécurité au côté de Nicolas Sarkozy.,Mais à la différence du pouvoir de lEglise,officielle au côté du roi, ce pouvoir maçonniquedans la République a toujours été nié, caché,honteux. On doit se demander pourquoi.Sans doute parce que la démocratie dAgora,la République dégalité citoyenne est, à lévidence,aux antipodes dune philosophie philanthropiqueocculte propagée defaçon initiatique et par cooptation,qui plus est à travers les frontières et par dessus lesclasses.Et ce nest peut-être pas un hasard si le symbolede ces farouches bâtisseurs de démocratie laïque etrépublicaine nest pas, comme on serait en droit desy attendre, le panthéon des Grecs, mais plusétrangement, le temple de Salomon ...34MAÇONNERIE DHIER ET DAUJOURDHUI :,CFR, TRILATERALE, BILDERBERG...Aujourdhui, à lheure du mondialisme, la maçon-nerie française traditionnelle, à laffairisme provincialet moyen-bourgeois, est sans doute en déclin, non pasquant aux nombres de ses initiés, mais quant à soninfluence sur la marche de la République.Et cest sans doute parce que, désormais, lesdécisions qui concernent notre Nation se décidentau niveau mondial dans ces nouvelles maçonneriespour lhyperclasse que sont les think tanks styleBilderberg, CFR et Trilatérale, que la plupart de nosgrands médias respectables- et plus seulement leCrapouillot -sortent de plus en plus souvent desdossiers sur le scandale que constitue effectivementle pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnanten douce sur la démocratie française.Courageux médias osant enfin sattaquer au pou-voir qui les paie maintenant quil est ailleurs..., ,DIEU OU UNE SOCIETE DE CLASSESSMS LUITE DES CLASSESAvec la mort de Dieu, pour la bourgeoisie delégalitarisme abstrait et formel, vint le début desproblèmes. Car dans ce monde sans paradis et sansciel de limmanence absolue surgit inéluctablementce que C harles Péguy appelait le « luttisme declasse». Soit la fin de la croyance populaire en unordre divin ; la fin de léquilibre aussi des corpsintermédiaires et de la solidarité verticale des0corporatismes.35
  18. 18. La stratégie du pouvoir bourgeois étant alors,appuyée à la fois sur le mensonge progressiste et lastupidité réactionnaire, de nous présenter un mondefait de deux camps: à gauche, le bien, le Progrès; àdroite le mal, la Réaction, ancêtre de tous lesfascismes. Les esprits libres parvenant, au mieux, àsaisir que, le pouvoir produisant mythification duvainqueuret diabolisation du vaincu, le plus méchantdes deux nest pas forcément celui quon croit.Mais quon choisisse de se soumettre à lordrenouveau ou quon lui oppose une virile critique à laLouis de Bonald ou Joseph de Maistre, lessentielpour la domination bourgeoise est que touscontinuent de penser, comme en sport, quil ny aque deux camps, deux équipes : gauche et droite,progressistes du côté des pauvres, des petits;réactionnaires du côté des riches et des gros.Soit, comme le dit Arlette qui a bien mérité duSystème du haut de son utile naïveté : «des patrons etdes travailleurs>), Même si, à y regarder de plus prèsavec les lunette de Marx, ces patrons sont parfois destravailleurs et ces travailleurs des petits rentiers...RÉACTIONNAJRES, CONSERVATEURS,PROGRESSISTES ET LŒÉRAUXUne mythologie du combat progressistes 1réac-tionnaires - pitch de tout le roman national - quicache la complexité des luttes et à qui elle profite.Car, chez les progressistes, il existe en réalitédeux camps opposés :- les progressistes de gauche, populaires etsociaux, inspirés par Rousseau;36- les progressistes de droite, bourgeois ct libéraux,inspirés par Voltaire.Progressistes qui croientetespèrent en la modernité,mais pour des raisons diamétralement opposées:- les premiers en attendant légalité et la fraternitécitoyennes effectives par le plus juste partage du tra-vail et des richesses;- les seconds, légalité en droit et la libertédentreprendre; soit le droit dexploiter sans entraves,libérés des interdits moraux de lAncien régime portantsur largent. ~..:égoïsme des uns, selon le credo libéralrarement démontré, faisant la prospérité des autres.De même, chez les réactionnaires deux campségalement :- ceux qui veulent conserver leurs privilègesdarrogance et de parasitisme au nom du droit divin ;-ceux qui, face à la déferlante libérale et à sa vio-lence sociale (inaugurée dès le lendemain de la Révo-lution par la loi Le Chapelier) veulent conserver cequil y avait de bon, de mesuré et dhumain dans latradition.Conservatisme de gauche qui donnera la révoltedes Luddites en Angleterre, celle des Canuts enFrance et qui fut la cause, pour partie, de linsurrec-tion vendéenne.Une droite anri-libérale rejoignant la gauche radi-cale dans sa critique dun certain progrès, et quonretrouvera un dem i siècle plus tard dans le syndica-lisme révolutionnaire, les pensées de Pierre-JosephProudhon et de Georges Sorel. Et encore moins d unsiècle plus tard en Allemagne dans la Révolutionconservatrice dun Ernst N iekisch, trop souventconfondue avec le National-socialisme ...37
  19. 19. LA MÉCANIQUE RÉVOLUTIONNAIREDerrière la mythologie révolutionnaire du bientriomphant du mal,se déploie la mécanique beaucoupmoins binaire mais récurrente de la Révolution.Mécanique très bien décrite par le Soljenitsyne dela deuxième période (celle du retour dexil et de DeuxSièclesensemble) à propos de la Révolution russe. Unemécanique faite de manipulation, de liquidation etde récupération que nous reverrons encore à lœuvreen Afrique au moment de la décolonisation.Soit, pour revenir à la matricielle Révolutionfrançaise, non plus telle que la présente le romannational, mais vue de la coulisse :Faire faire le sale boulot par les progressistes degauche (Robespierre et Saint Just) afin de liquider lesréactionnaires de droite: la noblesse terrienne puis lepouvoir royal accrochés à leurs privilèges héréditaires.Afin que les progressistes de droite - en réalité labourgeoisie dargent déjà aux affaires-, une foisdébarrassé des progressistes de gauche (liquidationde Robespierre et Saint Just) puissent enfin niquertout le monde: spolier la noblesse et mettre lesanciens serfs, futurs prolétaires, au boulot!Les premiers, idéalistes montagnards, quicroyaient aux idées, découvrant un peu tard, enmontant à léchafaud, que leurs compagnons deroute, Girondins et autres affairistes tapis danslombre, ne croyaient quau pognon.Ou, dit plus simplement encore : découvrant,mais un peu tard, derrière la mythologie bipartitedu bien de gauche luttant contre le mal de droite, lasournoise victoire de la Banque...2.DIEU, LA RAISON ET LA BANQUE1/ est appréciable que le peuple de cette nation necomprenne rien au système bancaire et monétaire, carsi tel était le cas, je pense que nous serions confrontés àune révolution avant demain matin.Henry Fordfe ne suis quun banquierfoisant le travail de Dieu.Lloyd BlankfeinPDG de la banque Goldman Sachs39
  20. 20. PETITE GÉNÉALOGIE DE LA BANQUE:AU DÉBUT ÉTAIT LE DONDabord tout commence par la société du don.Du don et du contre-don, de léchange, où la notionde prêt intéressé - à lopposé du prêt pour le pres-tige : «je donne donc je suis» -est inconcevable.Ce sont les sociétés dites «primitives», avec leurfonctionnement découvert par Robert H arry Lowie(le potlatch, léchange symboliq ue non utilitaire)étudiées par Marcel Mauss, et qui rend toutelogiq ue libérale impensable.D es sociétés qui on t fonctionné partout,pendant des millénaires, dont Pierre C lastres nousfait léloge à travers son observation des indiensdAmériq ue, «ces perdants magnifiques» quivivaient encore su r ce principe il y u n siècle etdemi. Sociétés dont Jean-Claude Michéa faitremarquer q uelles sont les seules durables, quandla société dite <d ibérale », fondée sur le principeinverse - leprêtàintérêtdelindividuégoïste- n existe,au mieux, que depuis deux siècles et a généré, fortlogiquement, plus de violence et d instabilitéquaucune autre organisation sociale avant elle.. .40DE LA SOCIÉTÉ DU DON , ,A LA SOCIETE DE I.:ARGE TIl faut ensuite comprendre comment les sociétéshumaines ont pu passer du don pour le prestige auprêt pour lintérêt. De lélégance à la laideur, de lanoblesse à lusure.Sans doute le développement inéluctable desforces productives, dû à lhomo sapiens et à lhomofaber - a u génie inven tif et technicien delhomme- a-t-il permis à lhumanité de passerprogressivem ent d une société de la strictesurvie- on mange tout ce quon produit - à lasociété de production dexcédents. Excéden tsdartefacts: agriculture (et non plus cueillette)objets m anufacturés (outils, poteries.. .) q ue lonpeut dès lo rs échanger sur un m arché, pour raisonsutilitaires, soit le début du commerce.D es échanges qui samplifient et se généralisentet qui, après la phase première d u troc, amènentnécessairement lidée pratique dun moyen abstraitet polyvalent déchange généralisé: la monnaie.Et q ui dit monnaie dit argent : idée daccumula-tion de richesses pour la richesse. U ne accumula-tion qui peut, dès lors, sur un champ sociallui-même modifié et déspiritualisé par cc processus,venir concurrencer le prestige du don et finir, fatale-ment, par le remplacer.Une prise de pouvoir par largent contre leprestige de lautorité fort bien montrée, par exemple,dans le très beau film sur la fin dune certainearistocratie indienne- dInde cette fois: Le Salondu musique de Satyajit Ray.41
  21. 21. DE LARGE T À LIDÉE DU PRÊTI.:argent accumulé, né de léchange m archand,amène nécessairement à son tour lidée du prêt.Et dans une société marchande daccumulation,plus du prêt gratuit pour le prestige et le plaisir deléchange, où la domination symboliq ue provient delélégance et de la magnanimité du prêteur (méca-nisme toujours vivace dans la sphère intime et privé,q uand deux mâles saffrontent pou r le prestige depayer laddition au restaurant), mais du prêt pour ladomination matérielle par largent ; soit le pouvoirvil au-dessus du prestige ...LE PRÊT À INTÉRÊT INTERDIT, MAIS AUTORISE A LA MARGEEncore un pied dans les sociétés traditionnellesde la noblesse et du don, les sociétés à la foismarchandes, mais toujours religieuses- soit, parexemple, nos monarchies chrétiennes du MoyenÂge- ont encore la conscience que le prestige social,pour que la société demeure à limage de Dieu, doitvenir de la noblesse dattitude et dâme.Ainsi interdisent-elles, pour raison religieuse,cest-à-dire spirituelle et morale, le prêt à intérêt...Mais comme le développement du commerce etdes échanges à cette même période - disons à partirdu xmesiècle - rend aussi le prêt nécessaire à sondéveloppement, et quil ne peut plus y avoir, dansune société de commerce et dargent, de prêt sansintérêt - le prêt d argent sans intérêt nayant,littéralement «aucun intérêt » - lEglise, à la fois42spirituelle et pratique, cest à dire sociale, autorise ceprêt, mais à la marge.E lle confie donc cette pratique à la fois ignoble ctnécessaire - tout à la fois sociale matériellement etantisociale spirituellement - à une caste maudite,maintenue hors de la société de Dieu, par quicirculera largent, m ais à qui ont se gardera bien,pour quelle ne vienne pas menacer, avec sonaccumulation de profit, lordre social fondé sur leprestige et la dépense, de lui octroyer aucun droitpolitique.Ainsi existera-t-il, pendant quelques siècles, unesociété double, lune officielle, prestigieuse et som p-tuaire, ayant le pouvoir par la noblesse et la terre,m ais sappuyant en douce sur une caste cachée, offi-cieuse et m audite, accumulant progressivementdans lhumiliation la richesse de lusure; énormemoyen par ailleurs de corruption et de dom ination.Et cest par cet acide matériel de la tentation,rongeant de plus en plus la société spirituelle,quarrivera fatalement le moment de la destructiondu Prince, par labolition des privilèges héréditaires,de la noblesse et légalité citoyenne. Egalité citoyenneratifiant dans les faits le pouvoir exclusifde largent,et par laquelle la Banque, peu à peu, prendra lespleins pouvoirs.Ce moment étant précisément celui de laRévolution française où Robespierre tue le roi, puisla Banque tue Robespierre. Soit une révolution,au -delà de l habillage formel égalitaire, auxmotivations cachées parfaitement antisociales etantipopulaires...43
  22. 22. •,LE PRÊT AUTORISÉ CHEZ LES CHRETIENSMais les choses ne sont évidemment pas silinéaires.Parallèlement à ce système dinterdit autorisé à lamarge par les sociétés très chrétiennes, se développentdautres métastases et dautres logiques de laBanque.Ce sera par exemple la Renaissance italienneavec ses papes banquiers, oxymore théologiquementhérétique qui, notamment avec les Borgia, porteradurablement atteinte à la respectabilité de la catho-licité et entraînera, en partie, la Réforme.Soit le protestantisme sous sa forme spiritualisteet populaire de retour à la pureté originellechrétienne. Jésus étant par excellence lincarnationoccidentale du don et de lordre social par léchangedésintéressé.Ce sera, autre réponse mais inverse, lamodification théologique de la Réforme, comprisecette fois comme adaptation des valeurs chrétiennesà la société du commerce et de lintérêt.Soit le protestantisme, non pas comme refus dupapism e décadent et ostentatoire - ce quil futaussi - mais le protestantisme tel que le définit MaxWeber, comme éthique du capitalisme naissant oùle bourgeois, encore religieux, accumule la richessect ne senrichit pas encore pour lui-même, m aispour la plus grande gloire de Dieu.44LA LOGIQUE VICTOIRE DE LA RÉFORMEPROTESTANTE SUR LA TRA SGRESSIONCATH OLIQUE, OU DE VENISE A LA CITYLa solution protestante, adaptant la théologie àla pratique plutôt que de la bafouer outrageusementcomme les papes banquiers catholiques, triompheralogiquement dans le temps.Ainsi, la banque chrétienne, initialement catho-lique ct italienne, sombrera dans le crime fam ilialet lépopée tragique, tandis que lindustrieuse prati-que protestante ct bourgeoise triomphera pourdevenir monde, dabord dans le monde réforméallemand, puis dans le monde occidental tout entier,.via le puritanisme anglo-saxon.Nous en sommes d ailleurs toujou rs làaujourd hui, où deux principes bancaires coexistenten Occident, lun protestant et de forme plutôt ascé-tique et entrepreneurial ; lautre plus difficilementnommable et plus spéculatif. Principes tantôt alliés,Atantot concurrents...JONCTION DE LA BA QUE ET DE LA COURONNEDANGLETERRE : .:-.IAJSSA CE DE CEMPIRED eux principes contraires qui, alliés, produisentdévidence un énorme saut qualitatif.Cc sera lalliance de la noblesse et de la banquehistoriquement effectu ée, cette fois, par la couronnedAngleterre. Alliance et saut qualitatif que nouspouvons poser, au sens où nous lentendons, commeacte de naissance de lEmpire.Alliance de la Couronne et de la Banque qui pro-45
  23. 23. duira un pouvoir de domination sur le monde sanscommune mesure avec les expériences précédentes,italiennes ou germaniques. La force de modificationsur la marche du monde de la Compagnie des Indesorientales allant très au-delà de la théologie réforméeet de lépopée familiale des Borgia...Un pouvoir impérial qui samplifiera encore, nousle verrons, en passant de la Couronne et de la City, àWall Street et aux Etats-Unis dAmérique commelévoque souvent, de façon obscure et contradictoire,le populiste américain Lyndon LaRouche...BANQUE ET POUVOIR POLITIQUE, LAPROGRESSIVE INVERSON DU RAPPORT DE FORCEDans le système monarchique catholique, labanque se trouve donc à côté du pouvoir, tenue enrespect. Brutalement remise à sa place parfois,comme sous le règne de Saint Louis, mais ledéstabilisant parfois aussi, comme à la fin du règnede Louis XVI.Avec le système m onarchique puritain anglais,au contraire, la banque partage le pouvoir, donnantà cette alliance a priori contre nature, une stabilité etune puissance inégalées.Un pouvoir décuplé pour le Prince, mais aussiun risque de voir sinverser le rapport de force.Un rapport de force établit par le pouvoir régalien- dabord aux mains du Prince - de battre monnaie.Le contrôle de la monnaie étant, dans un monde demoins en moins terrien et de plus en plus capitaliste,la clef de la domination économique et politique àtravers la politique des banques centrales.46Dès lors le travail de la Banque, à lintérieur dece pouvoir partagé et non visible au commun desmortels, sera d inverser le rapport de force,notamment en sefforçant de prendre le contrôle dela monnaie. Une prise de pouvoir historiquementratifiée par la privatisation des banques centrales.U ne prise de pouvoir nommée par les médiascomplices «indépendance», pour signifier quellessont parvenues à échapper, en fin de course, aupouvoir régalien du Prince; soit à tout pouvoir et àtout contrôle politique ...ABSTRACTION ET LOGIQUEASOCIALE DE LA BANQUELa Banque sémancipant progressivement detout pouvoir politique pour devenir, en réalité, lepouvoir politique caché sexerçant à travers lapolitique des banques centrales (masse monétaire,taux dintérêt...), la Banque se libère aussilogiquement de tout frein social.La responsabilité de tenir compte des effets sociauxet humains des politiques bancaires (spéculation,désindustrialisation, délocalisation, chôm age...)incombant toujours, officiellement et médiatique-ment, au Prince et aux représentants politiques.Un processus de domination des banques, deleur vision abstraite et asociale du monde deléchange qui explique, à lui seul, la violence socialeet linégalité sociale aggravée qui accompagneparadoxalement laccroissement des richesses, ainsique limpuissance croissante des politiques, enréalité sans pouvoir, à résoudre la Crise.47
  24. 24. Les politiques, dans cette logique, devenant deplus en plus le personnel communiquant payé parle pouvoir occulte bancaire (soit Ben Bernankederrière et au-dessus de Barack Obama) pourprendre les coups à sa place et mentir au peuple enne parlant jamais des causes réelles et bancaires dela Crise.Une remarque valable en France aussi bien pourIUMP que pour le NPA.La Banque, intrinsèquement fondée surlabstraction du chiffre au détriment de lhumain(spéculation), libérée de tout frein politique et social(indépendance des banques centrales) et protégéede surcroît par son invisibilité politiqueet médiatique(domination de largent sur le politique et lesmédias) devenant progressivement - compte tenude sa logique même - pure prédation et pureviolence.Une violence assumée et encore accrue parlidéologie de ses dirigeants et cadres, majoritaire-ment formés à linégalitarisme méprisant de lAn-.cten testament. ..PETITE GÉ ÉALOGIE DE LA BANQUE, SUITE :DU PRÊT PRODUCTIF AU RACKET PUR ET SIMPLELa Banque comme force et principe impérialna donc rien à voir, au final, avec la banque dedépôt et de prêt du coin de la rue, son ancêtre etson origine dévoyée.Un dévoiement dont on peut marquer lesétapes successives comme autant de sauts...48DABORD PRÊTER DE LARGE T QUON AL:argent prêté aux uns par la banquedinvestissement et de dépôt correspond à de largentdéposé par dautres, et le taux dintérêt rembourséen plus du capital - soit de la masse monétaire crééeen plus que celle déjà en circulation - correspondégalement à la création de richesse réelle duneentreprise aidée par cet investissement productif. ..ENSUITE PRÊTER DE LAGE T QUO A.. .EN PARTIEI..:argent réellement présent en banque ne risquantpas dêtre retiréen même temps par tous les déposants,la tentation devient rapidement grande de prêter plusque les sommes effectivement en dépôt.Naîtalors le« multiplicateur», soit une fabricationdargent scriptural mais toujours dévolu àlinvestissement productif. Argent temporairementfictif, mais devenant réel au final par la création derichesses (valeur ajoutée) due à linvestissementproductif.Un mécanisme de fu ite en avant peu dangereuxà deux conditions.Un. Que léconomie se trouve dans une phase dedéveloppement et de croissance illimitées, commecétait le cas au moment de linvention de cettepratique à la Renaissance.Deux. Quune autorité politique au-dessus de laBanque régule et limite cette pratique au regard dela croissance et du développement économique réel,et pas seulement scriptural et spéculatif...49
  25. 25. •PRÊTER DE LARGE TQUON A DE MOIN El" ~101 SU n contrôle et une modération de la fuite enavant de prêts bancaires, sans commune mesureavec les dépôts, appelés « réserve fractionnaire».Une réserve fractionnaire imposée aux banquespar le politique, mais q ui, par la force des choses etcompte tenu de lévolution du rapport de force entrele politique et largent, aura tendance au cours dutemps à tendre progressivement vers zéro...PRÊTER DE I.:ARGENT QUI NEXISTE PAS, .MAIS TOUJOURS CO TRE T TERETSuite à ce lent processus de dégénérescence et deprise de pouvoir - lun étant permis par lautre - laBanq ue devient donc progressivement une pureentreprise de racket et de dépossession.En effet, la masse monétaire mise en circulationpar les banques étant toujours su périeure à lacroissance possible (création de valeur ajoutée) et letaux dintérêt, lui, mécaniquement impossible àrembourser. Ce prêt dargent, fictif, mais que seulesles banques ont le pouvoir de prêter, équivaut donc,à travers la garantie hypothécaire sur loutil detravail ct les biens, à une lente captation de toutesles richesses privées par la Banque.La Banque devenant ainsi progressivementpropriétaire de tout, sans jamais rien produire, et avecde la fa usse monnaie pour seule mise de fonds!Nous touchons là à ce que nous pouvons appelerà la fois le génie et le vrai secret bancaire...50PRÊTERDE LARGENT QUI NEX1STE PAS,MAlSTOUJOURS CONTRE INTÉRÊT ET QUON ESTLE SEULÀ POUVOIR PRÊTER, YCOMPRIS AUX ÉTATSCe processus dendettem ent voulu, fatal etgénéralisé, dabord appliqué au monde de lentrepriseprivée, connaîtra encore un saut qualitatif avec laprivatisation des banques centrales dans toutlOccident.Privatisation des banques centrales correspondantà lultime dépossession du Prince et du politiqued un pouvoir régalien fondamental. Un pouvoir quiétait celui de fa ire émettre par la banque nation ale,,sous contrôle de lEtat, une m asse dargent pour les. grandsinvestissementspublics (Plan,développementdes infrastructures, politiques sociales ...) prêtée à,lEtat à taux zéro.Cette m asse dargent créée de toutes pièces, mais,garantie par lEtat en bons du Trésor devenant,comme à la période vertueuse de la banque de dépôtet dinvestissement, richesse réelle à terme, absorbantcette masse monétaire supplém entaire, par laproduction de richesses effectivement permises etproduites par ces investissem ents publics; soit dudéveloppement, et non de linflation.Pure inflation en effet si le pouvoir politique1 pardémagogie électorale, se met à abuser de la plancheà billets. Raison invoquée pour privatiser le systèmesans rien y changer, sinon réserver ce droit dabuseraux seules banques privées...51
  26. 26. DE I.A BANQUE ACCÉLÉRAT EUR DEDÉVELOPPEMENT À lA BANQUE PARASITE:FIN DES POLITIQUES SOCIALES,INTÉRÊT DE lA DEITE, RACKET DES BANQUESET TRAHISON DES POLITIQUESOr, avec la privatisation des banques centrales,imposée à linsu des peuples maintenus danslignorance complète des processus bancaires, lesEtats se voient tous désormais dans lobligationdemprunter largent nécessaire à leur développementsur le marché privé, avec intérêt.Pour la France ce sera: ,La fin du droit de prêt à lEtat à taux zéro par laBanque de France. Décision prise le 3 janvier 1973sous la présidence de Georges Pompidou {anciendirecteur de la banque Rothschild). Une décision etune dépossession du pouvoir régalien de lÉtat quiavaient nécessité, au préalable, léviction duGénéral de Gaulle.Pour lEurope:La création de la Banque centrale européenne(volet bancaire de IUE), imposant en douce - parlarticle 104 des accords de Maastrich, rebaptiséarticle 123 dans le Traité de Lisbonne- cette mêmeinterdiction à toutes les anciennes banques nationalesdes membres de lUnion européenne. Et ce au nom,bien sûr, de la rigueur économique et de la fraternitédes peuples.Un taux dintérêt, payé désormais pour les inves-tissements publics nécessaires au développement,qui est le vrai nom de la dette et de la politique dela dette. ,Un racket privé imposé aux Etats sur le dos des52peuples avec la complicité silencieuse des politiques;y compris du bouillonnant Besancenot qui sait fortbien quil ne doit jamais aborder ce sujet sil veutcontinuer à passer chez Drucker.Un racket bancaire à léchelle des Etats, et sur ledos des peuples, qui est la première raison de la fin,de lEtat providence au tournant des années 1970.La raison majeure de la fin de toutes les politiquessociales de développement quon appelle la Crise.Le paiement de lintérêt de la dette - en réalité purracket de la Banque absorbant désormais toutlargent normalement dévolu au développement etau social - étant exactement égal, en France, à latotalité de limpôt sur le revenu du travail.Une équivalence que lon doit comprendre,au-delà du symbole, comme une pure équation ...LA DEITE, SOIT LA CAPTATION PROGRESSIVE DETOUTE LA RICHESSE DE [ÉTAT PAR LA BANQUE,Cette obligation pour les Etats demprunter delargent sur le marché privé, avec taux dintérêtcontre garantie en bons du Trésor, produit au niveaudes Nations occidentales la même conséquence quela garantie hypothécaire pour le monde privé desaffaires. Soit, à travers une dette toujours grandis-sante et structurellement inremboursable, et par cemême processus de racket et de dépossession, letransfert progressif (notamment par les privatisa-,tions) de toute la richesse de lEtat dans les mains dela Banque, pourtant pur parasite...53
  27. 27. LE SECOND SAUT DE I.:EMPIRE :DE LA CITY À WALL STREET ET DE I.:EMPIREANGLAIS À I.:IMPÉRIALISME US, SOITI.:ESCROQUERJE DU DOLLARAinsi, de lItalie des Borgia à une certaine Améri-que de Wall Street, en passant par la City de Londres,la Banque, comprise comme processus de concentra-tion et vision du monde, a-t-elle pris progressivementles pleins pouvoirs sur les nations dOccident. ,Pouvoir occulte mais bien réel piloté des Etats-Unis par Wall Street, et qui seul peut expliquer la,réponse des Etats occidentaux au dernier crackfinancier. Soit, plutôt que la liquidation de cesprédateurs ct parasites bancaires en faillite, letransfert de leur dette aux peuples et leurrenflouement par des masses encore accrues defausse monnaie toujours dévolue à la spéculation,quand cette masse de fausse monnaie à usagespéculatif, destructrice déconomie, est la raisonmême de la C rise...LE PROGRESSIF DÉCOUPLAGE DU DOLLAR DET OUT CONTRÔLE POLITIQUE ET DE TOUTERÉALITE ÉCONOMIQUE, ET SES CONSÉQUENCESUne prise de pouvoir total de la Banque sur lepolitique et les peuples dOccident, fondée sur undécouplage total de la finance et du dollar davectoute réalité économique, effectuée en plusieursétapes, et aux multiples conséquences.. .541913, CREATION DE LA RESERVE FEDERALE AMERJCAJ E,En 19 10, le Congrès des Etats-Unis pour en finiravec le pouvoir financier qui, déjà, déstabilise léco-nomie du pays (panique bancaire de 1907), organiseune réunion secrète des grands banquiers améri-cains et occidentaux (Rockefeller, J.P. Morgan,Vanderlip... mais aussi lEuropéen Rothschild àtravers Paul Warburg...) afin de mettre les banquessous contrôle. Démarche qui revient, selon la célè-bre formule initialement due à Karl Marx, à confierau renard la garde du poulailler ! Le résultat ne sefait pas attendre, cest le 22 décembre 1913, soit unan à peine avant la Première Guerre mondiale etsous la présidence de Woodrow Wilson - falotecréature financée par la Banque- la création de laRéserve fédérale américaine.Une Banque des banques qui, contrairement àcc que son nom indiq ue de façon parfa itementmensongère, nest ni une réserve, ni fédérale, nimême spécialement américaine (lEurope: la City,lAllemagne et la France y étant représentées), maisun cartel mondial des douze plus grandes banquesprivées (Barings, H ambros, Lazard, Erlanger,Schroder, Seligman, Speyer, Mallet, Rothschild,Morgan, Rockefeller...) travaillant de concert etayant désormais la haute main sur le dollar, devenumonnaie mondiale...55
  28. 28. , ~ ·1913, CREATION DE LA RESERVE FEDERALEAMÉRICAJNE... ET DE I.:IMPÔTSUR LE REVENU DU TRAVAJLCoup de force et magistrale arnaque accompagnés,et ce nest pas un hasard, de la création dans le mêmetemps de limpôt sur le revenu du travail. Le paiement/de lintérêt de la dette par les Etats, désormais interditdemprunt à taux zéro pour leurs investissementsproductifs, étant la cause mécanique, dans le même/temps, de la mise en place par lEtat de cet impôt sur letravail.Un impôt sur le revenu du travail - déguisé enimpôt social par sa progressivité- qui sert purementet simplement à payer lintérêt de la Banque. Soit,/par la médiation du Trésor public et de lEtat, leracket de la Banque prédatrice sur le produit dutravail citoyen.. ., ,1914-1918, CREDIT ILLIMITE...POUR LA PREMIÈRE GUERRE MO DIALEUne prise de pouvoir par la Banque régnantdésormais librement sur le dollar, responsable entreautres des cinq années que va durer la PremièreG uerre mondiale, puisque sans cette offre massivedefausse monnaie - remboursableavecintérêts -lesbelligérants {France, Allemagne, Angleterre...)dans limpossibilité demprunter du vrai argentselon le système antérieur, se seraient retrouvés, de1avis de tous les experts, en cessation de paiementet obligés de déposer les armes au moins deuxannées plus tôt...561920-1929, DE LA FAUSSE PROSPÉRITÉ À CRÉDITÀ LA GRANDE DÉPRESSIONUne prise de pouvoir par la Banque régnantdésormais librement sur le dollar, égalementresponsable de la fausse prospérité des années 1920et de la crise qui en résulta logiquement en 1929.Soit la mise en place, par le crédit et lendettementde masse, de la stratégie bancaire de la «bulle».Une stratégie denrichissement et de captationdes richesses par la Crise provoquée qui entraînerala Grande Dépression. Soit la faillite de millions depetits propriétaires et de petits entrepreneurs poussésà la spéculation, entraînant le chômage de dizainespc millions de salariés jetés sur les routes, et cc auseul profit de la Banque qui organisa la crise etramassa la mise...1933- 1938, DE LA FAUSSE SOLUTIO DUNEW-DEAL À LA VRAIE SOLUTION PAR LADEUXIEME GUERRE MONDIALEUne logique perverse dun coût social terribledont le Président Roosevelt- lui-même souscontrôle de la Banque comme son prédécesseur,notamment via son financier et conseiller, lespéculateur Bernard Baruch - sefforcera, dans leslimites de son faible pouvoir, de limiter les effetsnéfastes par le «New Deal».Une grande dépression qui sera, en réalité,solutionnée par la nouvelle guerre à crédit -dun montant encore plus faramineux que la précé-dente - que sera la Deuxième Guerre mondiale, si57
  29. 29. lon sait que le nombre de chômeurs en Amérique,malgré un «New Deal » qui aura surtout considéra-blement aggravé les déficits publics- toujours auprofit de la Banque - était encore de onze millionsen 1938...1945, LE BRlCOLAGE DE BRETION WOODSEn 1945, la fiction de létalon-or, garantissant enthéorie la valeur du dollar papier, est tellementintenable, compte tenu de la fausse monnaielégalement mise en circulation par la FED, que JohnMaynard Keynes - également hommede loligarchiemais brillant économiste - se voit sollicité pourremettre un peu dordre dans le système et luiredonner un semblant de crédibilité.Ce seront les accords de Brenon Woods, parlesquels Keynes tentera de limiter la fuite en avantde la planche à billets par le «Bankor», soit lidéedun étalon mobile. Tentative à mi-chemin du strictétalon-or et de la fausse monnaie papier, inscritedans la logique de la FED, qui sera un échec, maisqui permettra aux accords de Breton Woods, souscouvert de remise en ordre du système monétaireinternational dépendant du dollar, détendre enréalité le règne de la finance américaine sur le restedu monde, à travers la création de la Banquemondiale et du Fond monétaire international.. .581971 -1973, FIN DE TOUTE RÉFÉRENCE À I.:OR ETMISE EN PLACE DU PÉTRODOLLAREn 1971, le décrochage entre les stocks doraméricain et la masse monétaire est devenu tel queles USA, forts désormais de leur seule crédibilitémilitaire (que lon peut aussi appeler menace)annoncent au reste du monde, cene fois par la voixde leur président Nixon, que le dollar, jusqualorsconvertible en or pour les nations étrangères, seradorénavant non convertible et adossé à... rien !Et en 1973, pour contraindre les autres nations àutiliser quand même cette fausse monnaie commemonnaie de réserve, un système de changes flottants~st mis en place, étalonné cette fois sur le pétrole.Dans les faits, ce sera - par un accord de protec-tion militaire avec lArabie saoudite (accord liantdésormais la Banque au waabisme du futur BenLaden ...) - linstauration du «pétrodollar». Soitun système imposant désormais aux nations dumonde, via lOPEP (Organisation des pays exporta-teurs de pétrole) de payer leur commande de pétroleen dollars.Une méthode efficace pour contraindre lesnations à garder, et même à augmenter leur stock debillets verts, pourtant étalonnés sur rien etconvertibles en rien, sinon en pétrole...2010, LA FED, DE TRÈS LOIN LA PLUS GRANDEFORTUNE PRIVÉE ET CACHÉE DU MONDE, NETDIMPÔT ET SANS RlE PRODUIRE1Pour donner au lecteur un ordre de grandeur:59
  30. 30. daprès le magazine Forbes, lhomme le plus richedu monde serait Bill Gates crédité- grâce à sasociété Microsoft, géant mondial de linformati-que - dune fortune de 50 milliards de dollars. Or ilfaut savoir que les seuls intérêts perçus par la FEDsélèvent, annuellement, à 2 500 milliards de dollars.Soit 50 fois la fortune de Bill Gates chaque année,et ce net dimpôts et sans rien créer ni produire, si cenest de la fa usse monnaie!Une super fortUne que se partage le cartel desdouze banquiers internationaux cachés derrière laFED, et qui laisse loin derrière tous les autres compé-titeurs, Sultan du Bahreïn, Reine dAngleterre...ce que se garde bien de révéler le magazine Forbes !LA FED, SOIT LA BONNE FORTUNE DEI..:OUGARCHIE BANCAlRE MONDIALE,MAIS LA PERTE DU POUVOIR DACHATPOURTOUS LES AUTRES, Y COMPRISLE PEUPLE AMÉRICAINPour qui a bien compris la mécanique: plus laRéserve fédérale prête dargent, plus elle fait deprofits et plus elle creuse les déficits publics, à,commencer par son premier emprunteur, lEtataméricain. Ainsi la dette américaine, déjà de1000 milliards de dollars en 1971 est-elle passée, viacette fuite en avant voulue et encouragée, à plus de50000 milliards de dollars en 2010.Et les deux causes majeures demprunts publicsétant les crises et les guerres, on devine le rôle quaaussi joué la FED, depuis 1913, dans la survenue de, ces evenements.60Pendant ce temps, cette création de fa ussemonnaie entraînant une dévaluation constante dela valeur de largent, les détenteurs de dollars, àcommencer par le peuple américain, ont vu depuislannée 1913 leur argent perdre 90% de sa valeur etleur pouvoir dachat baisser dautant.Une baisse constante compensée par la haussevertigineuse de leur consommation à crédit auprèsdes banques...LES RÉSISTANCES À LA BANQUE ,A I..:INTERIEUR DE I..:EMPIREMais partout, cette lente et discrète prise depouvoir de la Banque ne sest pas faite sans résistance.Y compris en Amérique où saffrontent dès ledépartdeux conceptions opposées de la démocratie . .amencame.Dun côté lEmpire du libre échange à la conquêtedu monde, de lautre une nation libre de petits pro-ducteurs...LE COMBAT PERDU DES POPULISTES A1ifÉRICAINSCONTRE LA BANQUEAinsi peut-on opérer, selon les périodes et lesprésidents au pouvoir, une double lecture delAmérique des pères fondateurs.Dun côté sa conception populiste - réhabilitée àgauche par Christopher Lasch, dans les années1960, et saluée récemment par Jean-Claude Michéaen France - qui fait de la démocratie américaine61
  31. 31. u ne association de petits propriétaires et de petitsp roducteurs libérés du joug des mo narchiesinégalitaires dEu rope, et particulièrement de laCouronne d Angleterre et de sa City.Une Nation de citoyens entrepreneurs financéspar la mutualisation de leur fonds propres, etappuyés sur une solide éthique protestante issue duréformisme originaire petit bourgeois allemand.C est la démocratie américaine à laquelle seréfère notamment aujourdhui le publiciste dissidentAlex Jones. Cette Amérique idéale des cow-boys ctdes westerns de John Ford, fina ncés cyniquementpar H ollywood et la Banque pour cacher lautreAmérique.Celle de la continuation du processus impérialanglais à une échelle supérieure. Soit lAmérique dumessianisme conquérant ang lo-saxon puritain,appuyé cette fois sur le message sanguinaire etméprisant de lAncien testament du Deutéronome,afin détendre cette domination à la totalité dumonde par la puissance de la Banque et lidéologiedu libre échange.Deux Amérique en fait.L.Amérique populiste et isolationniste du M iddleWest et des natifs, luttant contre lAmérique impérialemondialiste des élites des côtes Est et Ouest, du NewYork de Wall Street et du Los Angeles dH ollywood.Deux Amériques se revendiquant, en apparence,du même libéralisme et de la même Bible, mais sansy voir du tout la m ême chose. Le libéralismepopuliste de lune étant, dans les idées et dans lesfaits, lexact contraire du libéralisme impérial delautre...621832-1835, LE COMBAT E~TRE LA DÉMOCRATIEET LA BANQUE OU l:EMBLÉMATIQUE,PRESIDENT JACKSOCe com bat interne, sou vent secret ct bienévidemment caché entre la Banque et lAmérique~itoycn ne, jalonne toute lhistoire politique desEtats-Unis dès son combat pour lindépendance.Il explique aussi la plupart des tentatives dedéstabilisation et dassassinat des présidents enexercice - à commencer par celui du présidentLincoln - selon quils se sont soumis ou ont tentéde résister à la puissance de la Banquc.Pour exemple, un président typique du courantI?Opulistc américain (pour renforcer son assise poli-tique contre les puissances dargent, il multiplierapar sept le nombre des électeurs citoyens améri-cains), le président Andrew Jackson opposera pardeux fois son veto, en 1832 puis en 1835, à la recon-duction de la Banque centrale, ancêtre de la FED,créée dès 1781 par son prédécesseur pro-Banque,Alexander H amilton.U ne opposition acharnée à la prise de contrôlede la démocratie américaine par la Banque quivalut très certainem ent à Jackson la tentatived assassinat à laquelle il réchappa de justesse le 30janvier 1835, mais un combat qui était pour lui sicrucial quil fera graver comme épitaphe: «}aivaincu la Banque» sur sa pierre tombale!Une résistance aux puissances dargent, de lapart de présidents souvent issus de milieux modestes,devenue quasi im possible - pour ne pas direimpensable - depuis la création de la FED en 1913, lavec la complicité du Congrès.63
  32. 32. Les présidents américain depuis cette date devanttous être considérés, de Woodrow Wilson jusquàBarack Obama, en passant par les très surévaluésRoosevelt et Eisenhower, comme de purs «obligés »de la Banque. ,Le pouvoir du président des Etats-Unis, quant àcette institution, se limitant au droit de choisir leprésident de la FED parmi six noms soumis par lecartel! Un pouvoir dont le dernier président Obamanosera même pas user puisque, malgré son bilancatastrophique au regard de léconomie améri-caine, il reconduira purement et simplement leprésident sortant, précédemment nommé par Geor-ges Bush, Ben Bcrnanke, lui-même successeurdAlan G reenspan.1920-1922, LE CRI D.ALARME DHENRY FORDUne fois gagné ce combat contre lAmérique despetits propriétaires, la Banque, poussée par salogique, va devoir mener un autre combat, cette foisà un niveau supérieur.Ce sera le combat du capitalisme bancaire,purement spéculatif, incarné désormais par la FEDet Wall Street, contre le capitalisme entrepreneurialet industriel anglo-saxon, incarné notamment parH enri Ford.Une lutte pour la domination capitaliste quiatteindra son apogée au lendemain de la PremièreGuerre mondiale opposant, selon H enri Ford, leplus grand entrepreneur industriel américain delépoque, léthique protestante du capitalismedentreprise anglo-saxon, décrit par Max Weber, au64capitalisme de pure spéculation, abstrait etcosmopolite, décrit par Karl Marx.Ce combat frontal, typique du climat de lentre-Deux-guerre, sexprimera notamment à travers lapublication dun livre constitué darticles parusentre 1920 et 1922 dans le journal dH enri Ford, TheDearbom lndependent, au titre évocateur : Le juifinternational.Un combat entre deuxconceptions de 1Amériqueet du capitalisme- selon H enri Ford - qui sesoldera par la défaite de ce dernier, sa rétractation etses excuses publiques. Le grand entrepreneur anglo-saxon sabstena nt, à partir de 1927, de toutcommentaire politique et saffiliant même, pour.faire amende honorable, à une loge maçonniquerépondant au doux nom de «Palestinia »...1924, LE REPENTIRTARDIF DEWOODROW WILSONCelui qui, plus quaucun autre, dut son électionà sa soumission à la Banque, le Président WoodrowWilson, fera, au seuil de sa vie, ce commentaire sanséquivoque à propos de la création dont il savaitporter une responsabilité écrasante devant lHistoireet le peuple américain.je suis un homme des plus malheureux. jaiinconsciemment ruiné mon pays. Notre grande nationindustrielle, déclare-t-il à propos de la FED, estdésormais contrôlée par leur système de crédit. Notresystème de crédit est pn·vatisé, cest pourquoi la croissancedu pays ainsi que toutes nos activitéssont entre les maimdune poignée dhommes qui, si nécessaire, pour des65
  33. 33. raisons qui leur incombent, peuvent geler et détruirelauthenticité de la liberté économique. Ainsi sommesnous devenus un des plus mal gouvernés, des pluscontrôléset desplussoumisdesgouvernementsdu mondecivilisé. IL ne sagit plus dun gouvernement dopinionlibre ni dtm gouvernement de conviction élu à lamajorité, maisdun gouvernementsoumis à La volontéetà lafenneté dun petit groupe dhommes dominants.Difficile dêtre plus explicite sur le jugement queportait cet homme au seuil de sa vie sur sonœuvre...1963-1969, L:ASSASSINAT DU PRÉSIDENT KENNEDYET LA LIQUIDATION DU GÉNÉRAL DE GAULLEA ce jour seul président américain de religioncatholique, John-Fitzgerald Kennedy, conscientlui aussi du pouvoir antidémocratique et antisocialde la Banque (et qui, contrairement à sesprédécesseurs, était né suffisamment riche pour nepas lui devoir son élection), tentera, commeLincoln et Jackson, de mettre un terme à sesprivilèges indus.Ainsi, en juin 1963, signe-t-il lExecutive Order11110, décret présidentiel qui, pour se débarrasserde la FED, impose un nouveau système adossant ledollar à largent métal. Aussitôt sont mis encirculation pour plus de 4 milliards de dollars enbillets de 2 et 5 dollars, et autant de billets de 10 et20 dollars sont imprimés. Le 22 novembre de lamême année, Kennedy est assassiné, le décretEO 11110 aussitôt annulé par son successeur et lesbillets de 2 et 5 dollars retirés de la circulation.66Un lien évident entre la mort du présidentKennedy et sa tentative de reprendre le pouvoir surla Banque, qui fait si peur aux élites américainesque même Oliver Stone, dans son film JFK, segarde bien de seulement lévoquer!Cest cene même opposition à la Banque quivaudra aussi, sans doute, au général de Gaulle sonéviction du pouvoir en 1969. Lui qui, voyant lecoup de 1971 venir, avait pris la tête des non-a1ignés pourexiger de1Amériquequelle rembourseen or, comme les accords internationaux leprévoyaient encore, leurs stocks de dollars...LES RÉSISTANCES À lA BANQUEÀ L:EXTÉRIEUR DE I.:EMPIRECe rapide panorama effectué du combat à mortlivré par la Banque contre la démocratie au cœurmême de lEmpire, il nous faut évoquer maintenantles tentatives de lui opposer un modèle alternatifdegestion ct de société, à lextérieur de celui-ci...LA TENTATIVE SOVIÉTIQUE DE RETOUR AUPRINCIPE CHRÉTIEN DU DON ET DE L:ÉCHANGEI..:étudc critique du Capital proposée par KarlMarx, au sommet duquel trône la dominationbancaire, va servir de base théorique et politiquemajeure aux tentatives déchapper, au tournant duxxe siècle, à ce que nous pouvons appeler le règnede la Banque.Le communisme soviétique étant, en théorie, la67
  34. 34. tentative de mettre hors détat de nuire la dominationoligarchique et privée de largent, par la socialisationintégrale des moyens de productions sous contrôle,public de lEtat.Ainsi le communisme, qui fait primer le collectifet léchange non marchand sur l intérêt égoïsteau cœur de la logique libérale, est-il un retour,m algré son ami-relig iosité affirmée, à la mentalitéchrétienne. Une parenté évidente du communismeet du message du C hrist - souvent mal identifiéepar les spiritualistes à cause de leur mauvaisecompréhension de ce que Marx entendait parmatérialisme etqui na rien à voiravec le matérialismebourgeois - qui est lexplication majeure de lagrande séduction quopéra le communisme sur lespeuples dEurope, y compris le peuple russeorthodoxe, notamment Tolstoï.Peuples dEurope soumis en moins dun siècle- leXIXe- à lindividualisme matérialiste et marchandpar la révolution industrielle, mais restés attachés àplus de quinze sièclesde règne des valeurs chrétiennes,sous les monarchies théocratiques.Finalité chrétienne du communisme, par lasociété de léchange désintéressé et du partage;mentalité éminemment chrétienne des masses com-munistes militantes, pour lesquelles lidéal commu-niste devint la nouvelle religion face à légoïsmebourgeois. Une double aspiration qui doit êtrenuancée dans les faits par deux autres facteurs,contradictoires et concomitants, évoqués notam-ment par Soljenitsyne dans Deux Siècles ensemble.Un. Le financement assez peu chrétien de larévolution bolchevique russe, moteur de tout leprocessus du socialisme réel, par des banquiers68new-yorkais souvent issus de la communautéashkénaze émigrée dEurope de lEst.D eux. I..:encadrement, à travers lappareil desPartis de toutes les révolutions communistes enaction dans lEurope chrétienne, délites juives pourleur très grande majorité, et souvent animées dunmessianisme vengeur - parfaitement exprimé parLéon Trotski dans Leur morale et la nôtre - typiquedes valeurs de la Thora et du Talmud, mais auxantipodes des valeurs chrétiennes. ..LE COMMUNISME, AUT HENTIQUE, , ,IDEOLOGIE JUDEO-CHRETIE N EMaintenant que la messe du socialisme réel estdite, avec le recul du temps et laccès aux archivesautorisé par lécroulement de lURSS, on peutobjectivem ent qualifier lépopée communisteeuropéenne au XXC siècle de « judéo-chrétienne » :juive en haut pour la volonté de domination,chrétienne en bas pour lespoir du partage...DERNIER BASTION DE RÉSISTANCE DANS LEMONDE MO 10 THÉISTE POST-MÉDITÉRRANÉEN :LA FINANCE ISLAlvHQUESuite à lécroulement de lURSS ct à la faillite ducommunisme, lOccident sest donc retrouvé ànouveau, au tournant des années 1990, sous ladomination totale de la Banque et du Marché. Leseul bémol dans ce monde monothéiste post-méditerranéen étant désormais la finance islamique.69
  35. 35. E n accord avec le droit musulman, la financeislamique, qui se chiffre à 700 milliards de dollars surle marché mondial, est basée sur deux principes:- linterdiction de lusure (prêt à intérêt horsinvestissement productif) ;- et la responsabilité sociale de linvestissem ent(développement).Une finance éthique qui soumet donc larentabilité dun investissement à la valeur morale etsociale du projet concret q ui lui est associé.Ainsi lislam interdit-il les transactions fondées surla pure spéculation (gharar), soit le principe inverse dela finance désormais pratiquée à Wall Street..Une finance islamique dont les limitations impo-sées au crédit comme au profit ne sont pas sansrappeler les interdits moraux qui avaient cours, il y aquelq ues siècles encore, dans lEurope monarchiqueet chrétienne guidée par les principes de Saint ThomasdAquin et les enseignements dAristote.Une finance islamique qui représente donc unerésistance spirituelle à la toute puissance de largent,et qui justifie à elle seule le sourd combat que livreactuellement la Banque au monde musulman afinde le soumettre- comme avant lui les mondescatholiques et soviétiq ues- à la toute puissance desa domination...CONCLUSION UN:lA RÉVOLTE CONTRE lA BANQUE CEST lA MORTQue ce soit à lintérieur de lEmpire : Lincoln,Jackson, Kennedy... ou à lextérieur: de Gaule,Saddam Hussein et demain, qui sait, Ahmadinejad70ou C havez? .. . lHistoire nous apprend quequiconque veut défier la Banque doit sattendre à lepayer cher. Le payer de sa propre vie, sil estaméricain et, sil ne fait pas partie de la coalition, àvoir en prime son pays rattaché à laxe du mal !E n 1942, quand les états-majors US, britanniqueset soviétiques décidèrent de se réunir en secret pou rcoordonner leur gu erre contre Hitler, ils le firentdans les locaux de la Federal Reserve Bank deNew York, et il nest pas exagéré de résumer lapolitiq ue mondiale du xxe siècle à une perpétuellediabolisation des opposant à la Banque, elle-mêmegarantie en dernière instance par la puissancemilitaire américaine.Ainsi, quand Saddam Hussein envisagea, en2003, de libeller ses ventes de pétrole en euro- ccq ui équivalait à remettre en cause le statut du dollarà travers le pétrodollar - larmée am éricaine, sous lefaux prétexte des fameuses «armes de destructionmassive », écrasa son pays sous les bombes, etlOPEP, comprenant aussitôt le m essage, retiral«curopétrole » de son ordre du jour. Quant àSaddam H ussein, il finira pendu comme lesdignitaires nazis.Protéger le statut du dollar et, derrière lui, leprivilège de la FED, telle est en dernière instance lamission ultime de larmée impériale américaine...CO CLUSION DEUX:lA BANQUE PUR PRIVILÈGE ET POUVOIR ABSOLULa Banque ainsi analysée et définie doit donc secomprendre comme une nouvelle aristocratie tenant71
  36. 36. son pouvoir du droit de prêt à intérêt, lui-mêmegaranti par le mensonge ct la violence.Une oligarchie nayant même plus à son actif ledéveloppement de léconomie, comme durant laRenaissance, mais devenu frein à toute création derichesse sous le règne de la FED et de Goldman Sachs.Un pur parasitisme et un pur privilège auto-octroyé, non plus au nom de Dieu, mais de lapseudo-rationalité économique et de la magie deschiffres qui font de cette oligarchie financière etmondiale de la rente sur le travail humain généralisé,lexact équivalent, par largent et la possessionexclusive du crédit, de ce q ue furent les noblesvivant sur le travail agricole des serfs par la possessionde la terre, au nom du privilège de droit divin.Pilotés de N ew York, habités dune idéologiefaite de volonté de puissance, de violencedestructrice et de mépris social puisé à lAncientestament, cest cette vision du monde et ceprocessus que nous appelons: Empire.CONCLUSIO TROIS:LEMPIRE NA PAS DE LIEUHier Italie, Angleterre... aujourdhui USA,demain Jérusalem ou Pékin? I.:oligarchiemondialiste, pas plus que le principe bancaire dontelle tire sa dynamique et son pouvoir, n a deterritoire ou de lieu.Comme le bernard lhermite, le coucou oulasticot dans son from age, cette aristocratie nomadeet sans noblesse se niche partout où il y a de larichesse à capter et du profit à fai re...72CONCLUSION QUAT RE:LA BANQUE DABORD DESTRUCTRICE DU DIEUCATHOLIQUE PUIS DE LA RAISO l HUMA !STEDabord ami-catholique et sappuyant sur laRaison pourtriompherdes monarchies théocratiqueseuropéennes, la Banque, poursuivant sa fuite enavant prédatrice, est vouée à se montrer de plus enplusanti- humanisteàmesuredeson développement :légalité citoyen ne étant au fond aussi contraire à sesprincipes que la charité chrétienne.Tournant progressivement le dos à la Raison ctaux Lumières qui navaient été, en fait, que lesprétextes transitoires à sa dom ination, la Banque enest aujourdhui explicitement au stade de liquidationdes démocraties bourgeoises libérales, qui lui avaientpermis de triompher de la société précédente d u roiet du Dieu chrétien ...CO CLUSION CINQ:LA BANQUE CO~IME FATALE FUITE E1 AVANTContrainte, par sa logique même de déséquilibre,à rechercher de nouveaux espaces de prédation, laBanque est désormais vouée à la conquête dumonde non monothéiste et non chrétien, tels quelInde ou la Chine.Une fuite en avant obligeant ce système dedomination, mûri en Occident, à se confronterdésormais à lespace eurasiatique, soit pour ledominer, comme lAmérique le Japon après 1945,soit pour se soumettre à lui, comme ça pourraitdevenir le cas avec la Chine.73

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