Rapport sur l’Evaluation de la mise en œuvre de la
Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale à
Toutes Formes d’Excision
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Table des matières
LISTEDES TABLEAUX.......................................................................................
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b) Outilset supports de Communication ........................................................................... 25
c) ...
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Annexe 2 - Liste des personneset groupesinterviewés............................................................. 59
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 Cout total prévisionnel de mise en oeuvre de la SNATFE pour 5 ans ............................
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REMERCIEMENTS
Les Evaluateurs adressent leurs remerciements à tous ceux qui leur ont aidé à réaliser ce travail,
Ministè...
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LISTE DES ACRONYMES ET ABREVIATIONS
CGC Comité de Gestion Communautaire
CNAFE Comité National pour l’Abandon Total de to...
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I. SOMMAIRE EXECUTIF
Le présent document traite l’Evaluation a posteriori externe de la mise en œuvre de la
SNATFE1 . L’...
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Méthodologie de l’évaluation: conformément aux TdR :
-Une analyse documentaire a été effectuée ; des entretiens de group...
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Rendre opérationnel les Bureaux Genre du MPF dans les Régions
Faire un plaidoyer auprès du Ministère des Affaires Musulm...
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II. OBJET DE L’EVALUATION
i. Objet de l’évaluation
L’objet est d’effectuer l’Evaluation externe de la Stratégie Nationa...
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iv. Critères de l’évaluation
L’évaluation de la SNATFE se fera sur la base des principaux critères d’évaluation adoptés...
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néfastes. Pendant 10 ans l’UNFD ne cessait de plaidoyer auprès des preneurs de décisions
pour dénoncer les méfaits de c...
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Composante I : « Communication et mobilisation sociale » -
Objectif spécifique
« Amener 90% de la population à connaîtr...
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Le CNAFE est composé de plusieurs Ministères, dont le Ministère de la Promotion des
Femmes qui assure la Coordination e...
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III. BILAN OU LE FOND DE L’EVALUATION(Background)
Les questions qui se posent c’est de savoir quels sont les objectifs ...
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la population totale de Dikhil ; 82,90% de la Population totale de Tadjourah ; 69,06% de la
Population totale d’Obock e...
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b) Les résultatsescomptés dela composanteI et lesautres extrants(Outcomes)
Sur les 3 résultats attendus énoncés dans le...
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Il faut remarquer que durant la mise en œuvre, les activités de la SNATFE et celles des
Programmes conjoints de l’UNICE...
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Aussi, il faut rappeler que 30% de la population représente près de 281 738 environ,
alors que le nombre d’habitants Dj...
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Nous avons entretenu avec 2 Leaders Communautaires et 1 Imam20
, tout en connaissant
l’intégrité physique des femmes et...
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Graphe 2 Résultats de la composante II :"Education formelle et non formelle"
iii. Composante III : « Mesures d’accompag...
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(Djibouti) et Mouloud (Dikhil) contre 2 Exciseuses, à la suite desquelles, elles étaient
condamnées avec sursis.
Le 2èm...
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2 Insatisfaisants, dont les résultats attendus portent sur l’opérationnalisation d’un Centre de
documentation et l’opér...
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des ressources humaines, à la gestion des projets, au leadership, à la prise de
décision et aux bonnes pratiques de la ...
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-Comités de quartier créé afin d’orienter les femmes victimes de la violence ;
-Noyau des Leaders religieux créé en vue...
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c) Collectesdesdonnées
- Enquêtes sur les petites filles solarisées réalisées (2009).
- Enquêtes sur les complications ...
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vi. Les facteurs affectant les résultats de l’exécution de la SNATFE
a) Les facteursinternesaffectant lesrésultats
Les ...
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b) Les facteurs externesaffectant lesrésultats
Facteurs externes affectant positivement
les résultats
Facteurs externes...
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L’INMP organise des activités de formation, d'information, éducatives, de communication et
de recherches en coopération...
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viii. Résumé du fond de l’Evaluation (Backgroung)
La mise en œuvre des 4 composantes de la SNATFE a abouti à un bilan s...
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dont l’efficacité fut prouvée dans plusieurs pays de l’Afrique sub-saharienne sur la, dans
lesquels l’UNICEF et l’ONG T...
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xi. L’efficience de la mise en œuvre de la SNATFE
Comme dans le cas précédent, la mise en œuvre de la SNATFE est plus o...
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xiii. Impacts de la mise en œuvre de la SNATFE
Les impacts de la mise en œuvre de la SNATFE peuvent être observés sous ...
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Avec la tendance actuelle, par projection, le taux de prévalence des MGF/E avoisinerait le
71, 05% à la fin de cette an...
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-Ensuite, la tendance vers l’abandon de l’infibulation au profit d’un autre type de
MGF la Sunna est démontrée.
Concern...
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« Mes deux jeunes filles ne sont pas excisées et je ne les exciserai jamais !» nous murmura
à voix basse une jeune femm...
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Une double question se pose de savoir :
Pourquoi y a-t-il d’énorme différence sur l’accroissement du nombre des filles ...
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Secundo : l’analyse et l’interprétation des données statistiques sur les MGF depuis 2006,
nous conduisent d’admettre qu...
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Carte 2 Cartographie de l'accroissement du nombre des filles âgées entre 6 et 8 ans non excisées selon les Régions, de
...
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Djibouti Arta Ali-Sabieh Dikhil Obokh Tadjourah
2006 2218 252 449 523 226 526
2012 11890 1349 2406 2802 1212 2822
2015 ...
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L’impact des effets peut être observé dans un temps relativement court à Djibouti ville ou
dans les chefs lieux de Régi...
42
Droits des Femmes, les Droits des Enfants, la Santé de Reproduction, le Microcrédit, l’AGR,
les techniques d’animation,...
43
xiv. Financement et coût total réel de la mise en œuvre de la SNATFE (Juin
2015)
La quasi-totalité du financement de la...
44
IV. APPRECIATIONFINALE (finding)
La mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale de toutes Formes
d’Ex...
45
VI. RECOMMANDATIONS
i. Préalables
Avant de procéder à l’élaboration d’une nouvelle Stratégie, il est souhaitable que le...
46
- Les personnes âgées 28
(surtout les Hommes)
Rationalisationdes stratégies à appliquerselonles Régions
En se référant ...
47
b) Structureorganisationnelle
Le CNAFE
- Elargir la composition du CNAFE par l’amendement du Programme-Conjoint
UNICEF-...
48
- Rééditer le Guide des Imams et des Prédicateurs en version Audio et
Audiovisuel (plus pratique et plus efficace à l’e...
49
Programme. Les campagnes irrégulière, discontinue et par intermittence sont
mauvaises et rarement atteignent les object...
50
Les partenaires
- Uniformiser la forme et l’approche (Management Based Result ou la Gestion
Axée sur les Résultats) des...
51
ANNEXES
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
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UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
UNICEF_Djibouti_MGFC_2015
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UNICEF_Djibouti_MGFC_2015

  1. 1. Rapport sur l’Evaluation de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale à Toutes Formes d’Excision Période : Avril-Juin 2015 Date de présentation : 14 Juin 2015 Date de déposition : 17 Juin 2015 Pays : Djibouti Régions : Djibouti, Tadjourah ; Obokh, Dikhil, Arta et Ali-Sabieh Noms des Evaluateurs : Rakoto Yvon Namelankafatra-Ismaël Abdillahi-FatoumaBarkhat Daoud Bénéficiaire : UNICEF DJIBOUTI
  2. 2. 1 Table des matières LISTEDES TABLEAUX.............................................................................................................. 4 LISTE DES GRAPHES.............................................................................................................. 4 REMERCIEMENTS ................................................................................................................... 5 LISTE DES ACRONYMES ET ABREVIATIONS ......................................................................6 I. SOMMAIRE EXECUTIF .....................................................................................................7 II. OBJET DE L’EVALUATION ............................................................................................. 10 i. Objet de l’évaluation ....................................................................................................... 10 ii. Objectifs de l’évaluation................................................................................................... 10 iii. Portée de l’évaluation...................................................................................................... 10 iv. Critères de l’évaluation.................................................................................................... 11 v. Les intrants à l’Evaluation................................................................................................. 11 vi. Les extrants ou produits de l’évaluation............................................................................ 11 vii. Contexte historico-culturel........................................................................................... 11 viii. La SNATFE................................................................................................................... 12 III. BILAN OU LE FOND DE L’EVALUATION (Background) ............................................ 15 i. Composante I : Communicationet mobilisation sociale...................................................... 15 a) Le degré d’atteinte de l’objectif spécifique.................................................................... 15 b) Les résultats escomptés de la composante I etles autresextrants (Outcomes)................ 17 ii. Composante II : Education formelle et non formelle.......................................................... 18 a) Les degrés d’atteinte des objectifs spécifiques............................................................... 18 b) Les résultats escomptés de la Composante II................................................................. 20 iii. Composante III : « Mesures d’accompagnement»............................................................. 21 a) Les degrés d’atteinte des objectifs spécifiques............................................................... 21 b) Les résultats escomptés de la Composante III................................................................ 22 iv. Composante IV : «Renforcement des capacités institutionnelles »...................................... 22 a) Les degrés d’atteinte des objectifs spécifiques............................................................... 22 b) Les résultats escomptés de la Composante IV................................................................ 22 v. Détails surles Extrants ou produits(Output)..................................................................... 23 a) Les Extrantsdécoulantde l’exécutiondu Programme communautairede promotiondes droits humains (PCPD) ........................................................................................................ 23
  3. 3. 2 b) Outilset supports de Communication ........................................................................... 25 c) Collectes des données.................................................................................................. 26 d) Texteset instrumentsjuridiques nationaux etinternationaux ........................................ 26 e) Etudeset recherches scientifiques................................................................................ 26 vi. Les facteurs affectant les résultats de l’exécution de la SNATFE.......................................... 27 a) Les facteurs internes affectant les résultats................................................................... 27 b) Les facteurs externes affectant les résultats .................................................................. 28 vii. Changements signifiantsidentifiés en cours de la mise en œuvre ................................... 28 a) The Johanniter Assistance International........................................................................ 28 b) InstitutNational Italienpourla promotionde lasanté desPopulationsMigrantesetpourla lutte contre les maladies de la pauvreté ............................................................................... 28 viii. Résumé du fond de l’Evaluation (Backgroung)............................................................... 30 ix. La pertinence du Programme à l’Abandon des MGF/E ....................................................... 30 x. L’efficacité de la mise en œuvre de la SNATFE................................................................... 31 xi. L’efficience de la mise en œuvre de la SNATFE .................................................................. 32 xii. Durabilité ou pérennisation.......................................................................................... 32 xiii. Impacts de la mise en œuvre de la SNATFE.................................................................... 33 a) Les impacts positifs...................................................................................................... 33 b) Les impacts négatifs..................................................................................................... 42 xiv. Financementet coût total réel de la mise enœuvre de la SNATFE (Juin 2015) ................. 43 IV. APPRECIATION FINALE (finding) ............................................................................... 44 V. CONCLUSIONS ............................................................................................................... 44 VI. RECOMMANDATIONS................................................................................................. 45 i. Préalables....................................................................................................................... 45 ii. Recommandations générales ........................................................................................... 45 a) Contenude lafuture la Stratégie Nationale pourl’AbandonTotal àToutesFormes d’Excision............................................................................................................................ 45 b) Structure organisationnelle .......................................................................................... 47 c) Changement du contenu de la Stratégie Nationale en cours d’Exécution......................... 47 iii. Recommandations spécifiques......................................................................................... 47 VII. LECONS A TIRER ........................................................................................................ 50 ANNEXES.................................................................................................................................... 51 Annexe 1- Termesde référence relatifsaurecrutementd’unconsultantpourlaréalisationd’une évaluationde lamise enœuvre de laStratégie Nationale d’AbandonTotal de toute Forme d’Excision............................................................................................................................... 52
  4. 4. 3 Annexe 2 - Liste des personneset groupesinterviewés............................................................. 59 Annexe 3 Emplacements visités............................................................................................... 60 Annexe 4 Liste des documents consultés.................................................................................. 60 Annexe 5 Méthodologie.......................................................................................................... 62 Annexe 6. QUESTIONNAIRE 1 ENTRETIENS DE GROUPES ........................................................... 70 Annexe 7 QUESTIONNAIRE 2 ENTRETIENS DE GROUPES MERES ................................................. 74 Annexe 8QUESTIONNAIRE 3 ENTRETIENS DE GROUPES FILLES................................................... 75 Annexe 9 QUESTIONNAIRE 4ENTRETIEN SEMI-DIRECTIF - EXCISEUSE......................................... 76 Annexe 10 QUESTIONNAIRE 5 – COMITE DE GESTION COMMUNAUTAIRE.................................. 77 Annexe 11 QUESTIONNAIRE 6 – ENTRETIEN SEMI-DIRECTIF - LEADER COMMUNAUTAIRE........... 78 Annexe 12 QUESTIONNAIRE 7- ENTRETIENS DE GROUPES – MINISTERES.................................... 79 Annexe 13 Evolution démographique de la population de Djibouti à partir de 2009.................... 84 Annexe 14- Nombre de la population connaissant les MGF/E par Région ................................... 84 Annexe 15 Estimation de l’évolution des taux de prévalence annuels des MGF/E 2006-2015...... 84 Annexe 16 Coefficient des filles nonexcisée âgées de 12 ans et moins, selon les Régions............ 85 Annexe 17Estimation du nombre desfillesnon-exciséesâgéesentre 6et8 ans,selonlesRégions. .............................................................................................................................................. 85 Annexe 18Coûts totaux annuelsde lamise enœuvre de laSNATFEsupportésparUNICEF et UNFPA ................................................................................................................................... 85 Annexe 19– Biodata du Consultant .......................................................................................... 86 Annexe 20 Matrice d’évaluation .............................................................................................. 87 Annexe 21– Notations du degré d’atteinte des objectifs et du résultat global............................. 90 Annexe22 CODE OF CONDUCT FOR EVALUATION IN THE UNITED NATIONS SYSTEM................... 91
  5. 5. 4 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 Cout total prévisionnel de mise en oeuvre de la SNATFE pour 5 ans .............................. 14 Tableau2 Les Sitesd’interventionduProgramme pourl’AbandonàToutesFormesd’Excision(CGC, Johanitter et INMP) – Source : MPF, 2015 .................................................................................... 17 Tableau3 Estimationdunombre de la populationsensibiliséeàl'abandontotale àtoutesformes d'excisions.................................................................................................................................. 19 Tableau 4 Facteurs internes affectant les résultats de la mise enœuvre de la SNATFE.................... 27 Tableau 5 Facteurs externes affectantla mise en œuvre de la SNATFE........................................... 28 Tableau 6 Bilan de l'évaluation des 4 composantes de la SNATFE .................................................. 30 Tableau 7 La prévision des taux de prévalence MGF/E, fin année 2015 .......................................... 34 Tableau8 Les taux d'accroissementdesfillesnonexciséesâgéesde 6à 8 ans, selonlesRégionsde 2012 à 2015 ............................................................................................................................... 35 Tableau9 Tendance de la situationdesMGF surlesfillesâgéesmoinsde 12 ans dans9 localités de Djibouti – Source : Enquêtes Evaluation de la SNATFE, Avril-Mai 2015. .......................................... 36 Tableau10 Synthèse desrésultatsde lescampagnesde sensibilisationdans6villages –Source : Rapport final duProjet« Promotiondesdroitsde laFemme àtraversl’abandondesMGF/ The Johanniter, Avril 2015 ................................................................................................................. 36 Tableau11 Estimationde l’évolutiondunombre desfillesnonexciséesâgéesentre 6et8 anspar Régionde 2012 à 2015 – Sources : EDIM 2006, PAPFAM2012, EnquêtesAvril-Mai 2015, Calculs,nos soins.......................................................................................................................................... 40 Tableau12 FinancementetcomparaisonduCoûtprévuetcoûtréel de la mise enœuvre de la SNATFE...................................................................................................................................... 43 LISTE DES GRAPHES Graphe 1 La populationconnaissantlesconséquencesdesMGFsurlesfemmesetfillesparVilleou chef lieu de Région ..................................................................................................................... 16 Graphe 2 Résultats de la composante II :"Education formelle et non formelle" .............................. 21 Graphe 3 L'évolutiondutaux de prévalence desMGFà Djibouti de 2006 à 2012 – Sources : EDIM 2006, PAPFAM, 2012, Enquêtes Avril-Mai 2015. Calculs, nos soins................................................. 34 Graphe 5 Evolutiondunombre desfillesnonexciséesâgées entre 6et8 ans par Régionde 2012 à 2015 .......................................................................................................................................... 40
  6. 6. 5 REMERCIEMENTS Les Evaluateurs adressent leurs remerciements à tous ceux qui leur ont aidé à réaliser ce travail, Ministère de la Promotion de la Femme Madame Hasna Barkat Daoud Madame Halo Aboubaker Houmid Madame Fozia Ali Osman Madame Zamzam Hassan UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) MonsieurMoncef Moalla Madame Fathia Omar Hassan Madame Dekha David MonsieurAbdallah Mohamed Youssouf UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population) Madame Amina Abdoulkader MonsieurRobleh Hersi  Ministère de la Promotion de la Femme Madame HasnaBarkatDaoud Madame Halo AboubakerHoumid Madame Fozia Ali Osman Madame Zamzam Hassan MonsieurAhmed Houmed M. Ministère des Affaires Musulmanes Madame Nouria Mohamed Salah Ministère de la Santé  Madame Warhis Ibrahim Union Nationale des Femmes Djiboutiennes Roukiya Ali Djama Mariam Kaka Fatouma Ali Ibrahim MouminAdeuBaded HalimoNour GubahDaranRobleh Sahenha Hassan The Johanniter, International Assistance Madame Hildi Schätti Direction des Statistiques et Etudes Démographiques MonsieurSékoutédiane Konaté, Mme Sarah Houssein, Consultante à l’Appui Technique du Programme Communautaire MGF/E Les CGC, Leaders Communautaires et religieux, parents, groupes des filles et exciseuses des Villes, Quartiers et Villagessuivants : Quartier 4, Balbala 11, Tadjourah, Fantahero, Assamo, Mouloud et de Oueah
  7. 7. 6 LISTE DES ACRONYMES ET ABREVIATIONS CGC Comité de Gestion Communautaire CNAFE Comité National pour l’Abandon Total de toutes Formes d’Excision CNLPTN Comité National de Lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes FNUAP Fonds des Nations Unies pour la population IEC Information, Education et Communication INMP Institut National Italien pour la promotion de la santé des Populations Migrantes et pour la lutte contre les maladies de la pauvreté MPF Ministère de la Promotion de la Femme ONG(s) Organisation(s)Non Gouvernementale(s) RGPH Recensement Général sur la Population et l’Habitat S&E Suivi et Evaluation SNATFE Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale de Toutes Formes d’Excision SNFID Stratégie Nationale d’Intégration de la Femme dans le Développement TDR Termes de références UNFD Union Nationale des Femmes Djiboutiennes UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
  8. 8. 7 I. SOMMAIRE EXECUTIF Le présent document traite l’Evaluation a posteriori externe de la mise en œuvre de la SNATFE1 . L’évaluation s’est déroulée à Djibouti – Ville et dans 5 autres localités, notamment, Tadjoura, Fantahero (Obokh), Oueah, Assamo (Ali-Sabieh), pour une durée de 55 jours, du 30 Mars 2015 au 15 Juin 2015. L’exécution de la SNATFE est financée conjointement par l’UNICEF et le FNUAP ; le Gouvernement Djiboutien a pris en charge les dépenses récurrentes, sous forme en nature (locaux fonctionnels, personnel technique, électricité, eau, communication, etc.). Le CNAFE2 est composé de plusieurs ministères, à savoir le Ministère de la Promotion de la Femme et du Planning Familial qui assure les fonctions de Coordination et S&E3, Chargé des Relations avec le Parlement, Ministère de la Santé, Ministère de la Santé, Ministère de la Justice, Ministère de la Communication, Ministère de l’Economie, et des Finances, Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur, Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, Ministère des Affaires Musulmanes, Ministère de la Jeunesse et des Sports, Ministère des Affaires Etrangères, un représentant des parlementaires, un représentant des élus locaux, une représentante de l’UNFD, six représentants des associations impliquées dans la promotion de l’abandon de toutes formes d’excision, deux représentants des partenaires au développement.(Au moment où ce rapport est rédigé, l’appellation de certains Ministères a changé). L’Evaluation a été dirigée par Rakoto Yvon Namelankafatra assisté par les Evaluateurs Abdillahi Ismaël et Fatouma Barkhat Daoud. L’objectif de l’évaluation, selon les TdR4, c’est de mesurer l’atteinte des objectifs fixés dans la SNATFE. Notamment pour - Voir quels ont été les résultats et objectifs qui ont été atteints et ceux qui n’ont pas été atteints et les raisons pour lesquelles les objectifs n’ont pas été atteints - Tirer des leçons de la mise en œuvre de la stratégie de 2007 à 2011 - Formuler des recommandations pour l’élaboration d’une nouvelle stratégie holistique relative aux normes sociales pour 2014-2018. Les résultats attendus à ce rapport d’évaluation consiste d’apporter des réponses aux questions posées dans les TdR (Cf. TdR en Annexe), suivant des critères d’évaluation bien définis : la pertinence, l’efficacité, l’efficience, la durabilité et l’Impact. 1 Stratégie Nationalepour l’Abandon Totale de Toutes Formes d’Excision 2 Comité National pour l’Abandon Totale de Toutes Formes d’Excision,créé par Décret présidentiel au Mois de Février 2009, in La Nation, Edition N°27, Mercredi 18 Février 2009 ; 3333 Suivi et Evaluation 4 Termes de référence
  9. 9. 8 Méthodologie de l’évaluation: conformément aux TdR : -Une analyse documentaire a été effectuée ; des entretiens de groupes ont été effectués auprès des Parents (essentiellement des mères de famille), des fillettes âgées entre 5 et 12 ans, les membres des CGC5 et les membres de l’UNFD6. Des entretiens de type semi-directif7ont été effectués auprès des Responsables partenaires de la mise en œuvre de la SNATFE, UNICEF et UNFPA ; l’ONG The Johanniter International Assistance ; des exciseuses, leaders communautaires (Chef de village, chefs religieux), etc. -L’Observation afin de voir, in visu, l’état des lieux sur terrain, le mécanisme du fonctionnement de la structure organisationnelle et les rapports entre les parties prenantes. Résultats de l’évaluation et Conclusion de la mise en œuvre de la SNATFE En guise de conclusion, on peut admettre que la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale de toutes Formes d’Excision a escompté un résultat Satisfaisant -La plupart des objectifs spécifiques énoncés dans la SNATFE sont atteints avec une certaine difficulté. Le taux de prévalence des MGF/E des filles âgées moins de 12 ans a sensiblement diminue dans les villages et quartiers visités Recommandations principales Segmenter les cibles et les bénéficiaires directs du Programme pour l’Abandon à toutes formes d’excision Rationaliser les stratégies à appliquer selon les contextes et selon les régions (Une stratégie plus souple et facilement adaptable à différents contextes) Réinsérer les activités importantes non exécutées dans la SNATFE (2007-2011) Elargir la composition du CNAFE par l’amendement du Programme-Conjoint UNICEF- FNUAP. Mettre en place un système de Monitoring et Evaluation, fonctionnel et opérationnel Instituer une organisation formelle de mise en œuvre (Type, Organigramme, TdR des Responsables, Manuel des procédures d’utilisation des matériels et équipements du Programme…) 5 Comité de Gestion Communautaire. 6 Union Nationale des Femmes Djiboutiennes 7 Pourquoi un entretien semi-directif ? Pour deux raisons : il est beaucoup plus souple qu’un entretien formel (qui est rigide et nécessite un ajustement continuel) ; c’est aussi moins couteux, parce que un entretien formel nécessite un temps suffisant (au moins deux mois), un ou plusieurs groupes d’évaluateurs, superviseurs d’enquête et Chef d’évaluation– Il est le mieux adapté au contexte.
  10. 10. 9 Rendre opérationnel les Bureaux Genre du MPF dans les Régions Faire un plaidoyer auprès du Ministère des Affaires Musulmanes leur sollicitant de décréter un Fatwa interdisant la pratique des MGF/E. Augmenter l’effectif des religieux qui prêchent en faveur de l’abandon à toutes formes d’Excisions ; Créer des bureaux (un petit local) des CGC équipés des mobiliers décents pour leur permettre d’assumer leur responsabilité dans une condition normale ; Augmenter le nombre des CGC. Investir un peu plus à la Communication de Masse et à la Communication Impersonnelle Veiller à la régularité et à la continuité de toutes campagnes de sensibilisation jusqu’à l’achèvement du Programme Vulgariser les textes qui répriment la pratique des MGF/E en expliquant aux citoyens leur teneur et leur raison d’être Former les citoyens, les ONG, les Associations, les CGC sur la question comment faire un signalement ou une dénonciation auprès de l’Autorité Judiciaire en cas des MGF/E ; Appliquer la Loi à l’endroit de tous ceux qui commettent l’infraction de MGF/E, tout en préservant l’intérêt de l’enfant de son milieu parental.
  11. 11. 10 II. OBJET DE L’EVALUATION i. Objet de l’évaluation L’objet est d’effectuer l’Evaluation externe de la Stratégie Nationale 2007-2011 avant d’élaborer une nouvelle stratégie. ii. Objectifs de l’évaluation Le Ministère de la Promotion de la Femme avec l’appui technique et financier de l’UNICEF projette d’évaluer la mise en œuvre de la stratégie et de mesurer l’atteinte des objectifs fixés. Notamment pour : - Voir quels ont été les résultats et objectifs qui ont été atteints et ceux qui n’ont pas été atteints et les raisons pour lesquelles les objectifs n’ont pas été atteints - Tirer des leçons de la mise en œuvre de la stratégie de 2007 à 2011 - Formuler des recommandations pour l’élaboration d’une nouvelle stratégie holistique relative aux normes sociales pour 2014-2018. iii. Portée de l’évaluation Les quatre composantes de la SNATFE seront toutes évaluées. Il s’agira de savoir dans quelle proportion la population connaît les conséquences de toutes les formes d’excision sur la santé des femmes et des filles. L’évaluation cherchera à connaitre la perception de la population par rapport au droit des jeunes filles à l’intégrité physique, de estimer le degré d’abandon de la pratique de MGFs. Elle cherchera aussi à savoir si les composantes de droits humains sont intégrées de manière pérenne dans les curricula scolaires. Elle s’intéressera aussi aux aspects juridiques des MGFs. Elle cherchera à savoir la mesure dans laquelle les dispositions juridiques ont été appliquées dans le pays et des appuis juridiques ainsi qu’une prise en charge ont été apporté aux personnes victimes des MGFs. Les mesures dans lesquelles. Enfin l’évaluation cherchera à savoir la mesure dans quelles les dispositifs institutionnels ont été mis en place et fonctionné durant la mise en œuvre de la stratégie et quelle était leurs rôles dans le suivi et la mobilisation des fonds.
  12. 12. 11 iv. Critères de l’évaluation L’évaluation de la SNATFE se fera sur la base des principaux critères d’évaluation adoptés par l’OCDE et qui sont explicités dans les guides d’évaluation de l’UNEG notamment les cinq principaux critères suivants : la pertinence, l’’efficacité, l’efficience, la durabilité et les impacts. v. Les intrants à l’Evaluation Ils sont de deux ordres, les Ressources Humaines, notamment les Consultants, d’une part et les documents écrits (SNATFE, différents Rapports, Thèse de Recherche ; etc.), d’autre part.(Cf. détails en Annexes) vi. Les extrants ou produits de l’évaluation L’évaluation doit produire les éléments suivants : -un rapport initial (inception report) de l’évaluation dans laquelle l’équipe de consultants ou le consultant en chef détaillera sa compréhension des TdR et les propositions de méthodologie pour la réalisation de l’évaluation y compris les méthodes de collecte des données ainsi que les outils qui l’accompagnent. Ce rapport doit comprendre aussi un calendrier d’exécution -Une revue documentaire des sources existantes. -Documents de collecte d’information -Le rapport contenant la méthodologie, les résultats, conclusions et recommandations de l’évaluation. Ce rapport doit respecter les exigences de qualité et le format de rapport d’évaluation appuyée par l’UNICEF. (Le guide d’évaluation de l’UNEG adapté pour l’UNICEF sera remis à l’équipe de consultants) -Le rapport final reflétant les commentaires du comité de pilotage avec les leçons tirées et recommandations pour l’élaboration d’une stratégie holistiques sur les normes sociales vii. Contexte historico-culturel Djibouti figure parmi les Pays qui ont le taux de prévalence des MGF8les plus élevés en Afrique de l’Est: 93,1% en 2006.9 En 1984, un ancien mouvement des femmes qui ont lutté pour l’Indépendance de Djibouti et surtout aux droits de la Femme, devenu plus tard l’UNFD10, pionnière de la lutte contre les MGF, a décidé de créer le Comité National de lutte contre les pratiques traditionnelles 8 Mutilations génitales des femmes et filles 9 Source : EDIM 2006 10 Cf. Préambule de la SNATFE, P. 4.
  13. 13. 12 néfastes. Pendant 10 ans l’UNFD ne cessait de plaidoyer auprès des preneurs de décisions pour dénoncer les méfaits de cette pratique. Suite à ses actions, en 1995, les MGF sont devenues une infraction pénale. Depuis, les dirigeants politiques et la société civile rejoignent cette initiative de l’UNFD. Février 2005, Djibouti a abrité la Conférence sous-régionale pour un consensus politique et religieux sur les mutilations génitales féminines et ratifia, la même année, Le Protocole de Maputu. Cette ratification du Protocole de Maputo et la Signature et ratification des autres Conventions Internationales relatives aux des droits de la Femme et droits des enfants…) poussèrent un peu plus Djibouti de lutter avec détermination les MGF. De nos jours, l’UNFD travaille en étroite collaboration avec des ONGs étrangères, comme « No Peace Without Justice », « Equality Now », Jonanniter et INMP. Ainsi, l’élaboration d’une stratégie nationale commença en 2006, incluant cette fois-ci plusieurs partenaires nationaux et internationaux. viii. La SNATFE La SNATFE s’inscrit dans la mission du MPF et de la SNIFD11, cela dans le cadre des actions menées par le CNLPTN12 regroupant différents Ministères, respectivement, le Ministère de la Santé, Ministère de la Justice et Ministère de l’Education Nationale, d’une part, ainsi que l’UNFD, d’autre part. L’élaboration de la SNATFE est marquée par les appuis technique et financier de l’UNICEF. Le document s’est inspiré de la méthodologie et approche de l’ONG TOSTAN,13 réputée au renforcement des capacités des communautés pour un développement durable dans le respect des droits humains en Afrique Occidentale (Sénégal, Burkina Faso, etc.). La SNATFE prévoit 4 Composantes à l’intérieur de lesquelles se trouvent 1 à 3 Objectifs spécifiques à atteindre ; dont les suivants : 11Stratégie Nationale d’Intégration de la Femme dans le Développement 12Comité National de Lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes 13Tostan, mot Wolof qui signifie « éclosion », est une ONG créée au Sénégal en 1991 ; cette ONG a pour mission de contribuer au renforcement des capacités des communautés pour un développement durable dans le respect des droits humains –Le Programme Tostan est mené dans 8 Pays Africains, dont le Sénégal, Mauritanie, Gambie, Guinée Konakry, Guinée Bissau, Somalie, Soudan, Djibouti et Ma li - in Wikipédia.
  14. 14. 13 Composante I : « Communication et mobilisation sociale » - Objectif spécifique « Amener 90% de la population à connaître les conséquences de toutes les formes d’excision sur la santé des femmes et des filles d’ici 2011 » Composante II« EDUCATION FORMELLE ET NON FORMELLE » Objectifs spécifiques : Amener 30% de la population à abandonner les pratiques de toutes formes d’excision dans les zones d’intervention d’ici 2011. Amener 60% de la population à reconnaître les droits des femmes et des filles à l’intégrité physique d’ici 2011. Intégrer dans au moins 3 classes de cycle moyen un module sur toutes les formes d’excision et l’approche droit d’ici 2011 Composante III «MESURES D’ACCOMPAGNEMENT » Objectifs spécifiques : Assurer un appui juridique et judiciaire à au moins 40% des filles et femmes victimes des pratiques de toutes formes d’excision d’ici 2011. Assurer une prise en charge psychosociale et médicale à au moins 50% des personnes souffrant de séquelles liées aux pratiques de toutes les formes d’excision d’ici 2011. Atteindre au moins 30% de poursuites judiciaires des cas de violation de l’article 333 du Code Pénal d’ici 2011. Composante IV «RENFORCEMENT DES CAPACITES INSTITUTIONNELLES » Objectifs spécifiques : Mettre en place un cadre institutionnel chargé de la mise en œuvre du plan d’action Assurer la coordination et le suivi des actions visant l’abandon total de toutes formes d’excision Mobiliser des ressources pour la réalisation du plan d’action La structure de mise en œuvre est assurée le Comité National pour l’Abandon de toutes formes d’Excision ou CNAFE. Sa création est instituée par un Décret présidentiel du mois de Février 2009.
  15. 15. 14 Le CNAFE est composé de plusieurs Ministères, dont le Ministère de la Promotion des Femmes qui assure la Coordination et le Suivi et Evaluation, le Ministère de la Santé, Ministère des Affaires Musulmanes, Ministère de la Justice, Ministère de l’Education et Ministère de la Jeunesse. – Les rôles et attributions des Responsables sont définis par le Décret précité/ La SNATFE a une dimension nationale, en ce sens son Exécution s’étend sur tout le territoire national (Dans les 5 Régions) : L’Année de démarrage prévue de ce Plan Quinquennal est 2011. Le cout total prévisionnel de sa mise en œuvre a été estimé à 1 256 900 Dollars US. Il est peut être récapitulé dans le tableau ci-dessous par composante: Composants Montanten $ US 1 COMMUNICATION ET MOBILISATION SOCIALE 298 500 2 EDUCATION FORMELLE ET NON FORMELLE 143 500 3 MESURES D’ACCOMPAGNEMENT 227 000 4 RENFORCEMENT DES CAPACITES INSTITUTIONNELLES 587 900 TOTAL 1 256 900 Tableau 1 Cout total prévisionnel de mise en oeuvre de la SNATFE pour 5 ans La stratégie de financement se base sur un développement de partenariat avec les Organisations internationales et Coopérations internationales. Parmi d’autres, on peut citer l’UNICEF, le FNUAP, l’OMS, le PAM, la Coopération française, l’USAID et la Coopération canadienne. Une répartition de contribution et partage de responsabilité entre le Gouvernement Djiboutien et les Partenaires techniques et financiers, ont été définis dans la SNATFE.
  16. 16. 15 III. BILAN OU LE FOND DE L’EVALUATION(Background) Les questions qui se posent c’est de savoir quels sont les objectifs atteints et ceux qui ne le sont pas? Quels sont les Résultats attendus effectivement réalisés? Pourquoi les autres n’ont pas été atteints ? i. Composante I : Communication et mobilisation sociale Rappel de l’énoncé de l’objectif spécifique : « Amener 90% de la population à connaître les conséquences de toutes les formes d’excision sur la santé des femmes et des filles d’ici 2011 » a) Le degréd’atteintede l’objectifspécifique En retenant comme éléments de base de calcul le nombre estimé des personnes sensibilisées par les 29 CGC et les 33 religieux, le nombre des habitants de Djibouti14 et ses 5 Régions en 2015 (âgés plus de 12 ans), le rayon de zone de diffusion de la Radio et de la Télévision : L’objectif spécifique de la Composante I est partiellement atteint, c’est à Djibouti que Programme a dépassé l’objectif initialement fixé ; dans les autres Régions cet objectif n’est pas atteint. Djibouti : 93% Arta : 36% Ali-Sabieh : 30% Dikhil : 38% Obokh : 33% Tadjourah : 34% Les raisons sont nombreuses, mais les plus importantes sont les suivantes ; Les zones desservies par le Programme se limitent dans les zones habitées par la Population ordinaire urbaine et une partie de la Population rurale sédentaire – L’autre partie de la Population rurale sédentaire et toute la Population nomade n’ont jamais été touchées par le Programme MGF. Or il faut préciser que la Population rurale sédentaire et la Population nomade représentent15 : 56,36% de la population totale d’Ali Sabieh ; 72,42% de 14 Voir le nombre d’habitants et structuredémographique de Djibouti par Région en Annexe 15Cf 2ème RGPH 2009.
  17. 17. 16 la population totale de Dikhil ; 82,90% de la Population totale de Tadjourah ; 69,06% de la Population totale d’Obock et 68,71% de la Population totale d’Arta. Le rayon des zones de diffusions de la Radio et de la Télévision se limite au niveau des Chefs lieux des Districts seulement. Le relief de Djibouti caractérisé par les régions montagneuses, ainsi que l’insuffisance des relais de transmission des émissions des stations radiophoniques et de télévisions privent les habitants de ces régions de capter les émissions diffusées. L’insuffisance des animateurs et animatrices en termes d’effectif en fait partie de la cause de non atteintes des objectifs dans certaines régions : Dans l’état actuel le taux d’encadrement est d’une Animatrice (ou Animateur) pour 142 d’individus16 , alors que dans la sensibilisation d’une communauté une Animatrice devrait animer une soixantaine de personnes au maximum, sans amplificateur de voix ou Mégaphone. Au-delà de ce seuil, les résultats et la qualité de la sensibilisation communautaire pourraient être mauvais. Graphe 1 La population connaissant les conséquences des MGF sur les femmes et filles par Ville ou chef lieu de Région 16 78 381 individus/ 551 0 50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000 Nombre Régions Population connaissant les conséquences des MGF/Esur les femmes et filles Connaissance en matière des MGF/E
  18. 18. 17 b) Les résultatsescomptés dela composanteI et lesautres extrants(Outcomes) Sur les 3 résultats attendus énoncés dans le document de la SNATFE : 2 ont connu de succès et 1 satisfaisant.17 Depuis le lancement du Programme en 2008, plus de 67 localités ont bénéficié diverses formes de sensibilisations, de mobilisation sociale ou des études anthropologiques, Djibouti- Ville, 5 Chefs lieux de Région et 58 Villages. (Cf. Tableau 1, les localités bénéficiaires du Programme). La population de Djibouti a pu connaître les conséquences néfastes des MGF sur la santé de la femme avec le CNAFE, par le biais de l’UNFD et ses ramifications dans les villages, du Ministère des Affaires Musulmanes et du Ministère de la Santé. Les exécutions des Programmes conjoints par l’UNICEF et UNFPA ont joué le rôle moteur au financement de la mise en œuvre de la SNATFE Aussi, les actions réalisées par l’ONG the Johanniter International Assistance, ont indéniablement des impacts directs et positifs sur les résultats. Djibouti Arta Ali-Sabieh Dikhil Obokh Tadjourah Q1 et Q2 Manurjog Hol-Hol Marbud Oulma Rauda Q4 Wea Ali-Adé Gora-Bouss Khor-Angar Adailou Q5 Shebeley Assamo Mouloud Fantahero Kalaf Q6 Bahour Galilé Assa eyla Dalay Af Ardo Balbala 11 BahourLoyada DoudoubBalala Sheketti Ororbor Adoyla Balbala 9 Ali Oun Amboukhta Kontali Indai Adbouya Balbala 5 PK 53 GodDacawo Daguedlé Assassan Alaytolie PK 12 Douda Goubetto Mindil Orobor Bolli Hayableh A DasBiyo Dadahalou Firiris Day Hayableh 5 Bondara Sedorre Sagalou Ambuli Hanlé 2 Galafi Wahlé-Daba Daoudayya Medehou Boukboukto Assassan Yoboki Sankal Tableau 2 Les Sites d’intervention du Programme pour l’Abandon à Toutes Formes d’Excision (CGC, Johanitter et INMP) – Source : MPF, 2015 17 Satisfaisant pour le premier résultat attendu : « Les résultats des enquêtes nous permettront d’orienter de manière stratégique etefficace nos actions » ; Succès pour les 2 autres : « Les pairs éducateurs formés créent des réseaux », « Les pairs éducateurs formés sensibiliseront leurs groupes respectifs - Au moins 20% des décideurs politiques et leaders religieux s’engagent pour l’abandon total de toutes formes d’excision »
  19. 19. 18 Il faut remarquer que durant la mise en œuvre, les activités de la SNATFE et celles des Programmes conjoints de l’UNICEF et de l’UNFPA se recoupent dès fois, mais exprimées avec des termes légèrement différents. Par exemple : l’activité N°1 de la Composante I souscrite dans la SNATFE, « les Enquêtes sur la prévalence et l’incidence de toutes formes d’excision » et le PAPFAM dans le Programme Conjoint. ii. Composante II : Education formelle et non formelle a) Les degrésd’atteintedesobjectifsspécifiques Rappel des énoncés des objectifs spécifiques « Amener 30% 18 de la population à abandonner les pratiques de toutes formes d’excision dans les zones d’intervention d’ici 2011 ». « Amener 60% de la population à connaître les droits des femmes et des filles à l’intégrité physique d’ici 2011 ». « Intégrer dans au moins 3 classes de cycle moyen un module sur toutes les formes d’excision et l’approche droit d’ici 2011 » Le Programme pour l’Abandon à toutes formes des MGF a dépassé le 1er objectif de la composante II de la SNTAFE depuis le second semestre 2011. Ainsi à cet égard, La Déclaration publique du 03 Juillet 2011 constitue un évènement, parmi les plus importants dans l’Exécution de la SNATFE, à l’issue de laquelle: -12 localités des Régions de l’intérieur des 5 Villes d’Arta, d’Ali-Sabieh, de Dikhil, de Tadjourah, d’Obokh avec 47 Communautés connectées -15 Communautés des quartiers avec 15 Communautés connectées, ont fait une Déclaration publique devant les Autorités Politiques et Religieuses qu’ils abandonnent définitivement, en toute connaissance de cause, les pratiques de l’excision sur toutes ses formes.
  20. 20. 19 Aussi, il faut rappeler que 30% de la population représente près de 281 738 environ, alors que le nombre d’habitants Djibouti-Ville à elle seule atteindra cette année 496 600. Concernant le 2ème objectif de la Composante II : Le nombre approximatif des personnes sensibilisées et connaissent parfaitement la connaissance des droits des Femmes et des Filles à leurs intégrités est dans l’ordre de 73 262, dont 92, 38% étaient sensibilisés les CGC et 07,62% par Johanniter. – Elles sont réparties dans 60 Villages et Quartiers de Djibouti. Toutefois, ces personnes qui connaissent les droits des Femmes et des Filles à leurs intégrités ne représentent que 07,80% de la population totale, (Cf. Tableau 3) Nbr des villages Nbr individus sensibilisés19 Nbr Hab 2015 % Villes CGC Johanniter CGC Johanniter Djibouti 13 1 26100 496666 5.26 Arta 6 5970 56365 10.59 Ali Sabieh 7 6570 100517 6.54 Dikhil 6 7 13940 117051 11.91 Obokh 7 4 4344 1291 50634 11.12 Tadjourah 7 2 10761 4291 117896 12.77 Sous total 46 14 67685 5582 939129 7.80 Total 60 73262 7.80 Tableau 3 Estimation du nombre de la population sensibilisée à l'abandon totale à toutes formes d'excisions Actuellement, il n’y a pas d’informations exactes, ni sur les villages et quartiers non couverts par le Programme pour l’Abandon total des MGF/E, ni le véritable état de connaissance des gens dans ces zones sur les MGF/E et sur les droits des Femmes ou encore sur les droits des enfants. En se basant sur les échantillons tirés lors de la mission d’évaluation, respectivement du Quartier 4 (Djibouti-ville), Fantahero (Obokh), Oueah (Arta), Assamo (Ali-Sabieh), Mouloud (Dikhil) : 100% des personnes interviewées, en groupes ou individuels, connaissent parfaitement les droits des femmes et filles à l’intégrité physique, quel que soit leur catégorie d’appartenance : Parents, membres des CGC, leaders religieux, chefs de village, Exciseuses…Ces personnes sont capables même de citer des différents cas et d’en donner des explications aux Evaluateurs. Un fait paradoxal est constaté, le fait de connaître les droits des femmes et des filles à l’intégrité physique ne signifie systématiquement pas à l’abandon de la pratique des MGM. 19 Estimation pour certains villages des CGC et sourceprovenant du Rapportd’activité pour Johanniter
  21. 21. 20 Nous avons entretenu avec 2 Leaders Communautaires et 1 Imam20 , tout en connaissant l’intégrité physique des femmes et filles, ils nous ont livré les motifs à base desquels ils approuvent, voire encouragent la pratique des MGF en défendant la Sunna. Le 3ème objectif de la Composante II n’est pas atteint, parce que faute de financement les activités sur l’intégration d’un module sur toutes les formes d’excision (activité dans l’exécution incombe au Ministère de l’Education), n’ont pas pu démarrer. b) Les résultatsescomptésdela ComposanteII Le 1er résultat énoncé est satisfaisant ; le second a connu un succès et le dernier est également un succès 21 . Il faut remarquer, qu’iI n’y a pas des relations de cause à effet entre les activités (N°21,22, 23, 24) de la SNATFE avec le résultat attendu énoncé dans le même document et : « Les communautés reconnaissent les droits des femmes et des filles ». Le succès est dû plutôt aux effets résiduels des actions antérieurement menées au temps du Comité National de Lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes à Djibouti. 20 Entretiens individuelsavec 2 Leaders Communautaires et un Imam : Fantahero, Wéa et Mouloud, le22, 23 et 26 Avril 2015. 21 Satisfaisantpour le 1er Résultat attendu de la Composante II : « Les résultats des enquêtes nous permettront d’orienter de manière stratégique etefficace nos actions » - Succès pour les 2ème et3ème résultats attendus : « Les communautés reconnaissentles droits des femmes etdes filles » /«30% des populations dans les zones d’intervention abandonnenttoutes formes d’excision ».
  22. 22. 21 Graphe 2 Résultats de la composante II :"Education formelle et non formelle" iii. Composante III : « Mesures d’accompagnement » a) Les degrésd’atteintedesobjectifsspécifiques Rappel des énoncés des objectifs spécifiques : « Assurer un appui juridique et judiciaire d’au moins à 40% des filles et femmes victimes des pratiques de toutes formes d’excision d’ici 2011 » « Assurer une prise en charge psychosociale et médicale à au moins 50% des personnes souffrant de séquelles liées aux pratiques de toutes les formes d’excision d’ici 2011 » « Atteindre au moins 30% de poursuites judiciaires des cas de violation de l’article 333 du Code Pénal d’ici 2011 ». Le premier et le troisième objectifs spécifiques ne sont pas atteints. Dans la majorité des cas, tous les différends et litiges sociaux sont réglés par la justice coutumière pour être réglés à l’amiable ; Si aucune des deux parties n’est pas satisfaite de la délibération de la Justice coutumière, l’affaire sera portée devant un Tribunal compétent. Ainsi, il est très rare de voir une exciseuse ou infirmière (ou encore une matrone) traduite en justice pour violation de l’article 333 du Code pénal Djiboutien. De temps en temps, la Justice coutumière préfère choisir l’arrangement entre les deux parties en litige, à l’exceptions de deux cas de poursuites judiciaires engagées par les CGC du Quartier 4 Succès 67% Satisfaisant 33% Insatisfaisant 0% Les résultats de la composante II
  23. 23. 22 (Djibouti) et Mouloud (Dikhil) contre 2 Exciseuses, à la suite desquelles, elles étaient condamnées avec sursis. Le 2ème objectif est en partie atteint. C’est la prise en charge psychosociale qui n’est pas atteint, faute de psychologue à recruter. La plupart des cellules d’écoute créées sont fermées faute de moyen. (Comme celle d’Ali- Sabieh) b) Les résultatsescomptésdela ComposanteIII Les résultats de la composante III sont satisfaisants. iv. Composante IV : «Renforcement des capacités institutionnelles » a) Les degrésd’atteintedesobjectifsspécifiques Enoncés des objectifs spécifiques : « Mettre en place un cadre institutionnel chargé de la mise en œuvre du plan d’action » « Assurer la coordination et le suivi des actions visant l’abandon total de toutes formes d’excision » « Mobiliser des ressources pour la réalisation du plan d’action » Le premier objectif spécifique est atteint, c'est-à-dire celui lié à la Création du CNAFE et ses antennes décentralisées. Le 2ème objectif relatif à la Coordination et le Suivi n’est pas atteint.- La conséquence se présente sous forme du dysfonctionnement de l’organisation du CNAFE. Le dernier objectif spécifique sur la mobilisation des ressources surtout financières est en partie atteint – Les activités planifiées dans les Programmes Conjoints sont réalisées. b) Les résultatsescomptésdela Composante IV L’exécution de la Composante IV a escompté les résultats suivants : 2 satisfaisants, dont le premier porte sur la création du CNAFE et le second, sur la disponibilité des ressources ;
  24. 24. 23 2 Insatisfaisants, dont les résultats attendus portent sur l’opérationnalisation d’un Centre de documentation et l’opérationnalisation du système de Suivi et Evaluation. En effet les activités 48, 49 et 50 de la SNATFE n’ont pas été réalisées. Le Responsable de Suivi et Evaluation du MPF n’est pas réellement impliqué durant la réalisation de la SNATFE. Il convient de rappeler que la SNATFE prévoit en sa dernière page, III 7, la mise en place d’un Système de Suivi et Evaluation dont la responsabilité aurait dû être assumée par le CNAFE, par le biais d’un personnel d’appui. Or, ce Système de Suivi et Evaluation n’est pas fonctionnel, c’est la raison pour laquelle, les retards d’exécution, la non-implication des autres Ministères, les menaces de non-atteintes de certains objectifs spécifiques, n’ont pas été l’objet des mesures correctives ou de solutions tout au long de l’exécution. Cette lacune au niveau du Système de Suivi et Evaluation constitue une grande faiblesse de la mise en œuvre de la SNATFE. Les deux dernières activités programmées n’ont pas encore été prises en compte, parce qu’elles seraient exécutées après la présentation et déposition du présent Rapport d’Evaluation rétrospective. v. Détails sur les Extrants ou produits (Output) Certains Extrants relatés ci-après peuvent ne pas figurer dans la SNATFE dans la mesure où d’autres Organisations Non Gouvernementales y viennent apporter leur contribution postérieurement à son démarrage effectif. a) Les Extrantsdécoulantdel’exécutiondu Programmecommunautairede promotiondes droitshumains(PCPD)22 -33 Centre créés couvrant les 6 régions (y compris Djibouti ville) et répartis entres les 3 communautés linguistiques (Afar, Arabe et Somali). -Facilitateurs formés pour mener des sessions d’éducation de base en langues nationales et qui combine des méthodes innovatrices pédagogiques non formelles avec des traditions africaines telles que les chansons, les sketchs et le dialogue. -Leaders traditionnels et religieux, membres des associations et groupements déjà existants dans la communauté, formés à la gestion financière, matérielle, gestion 22 Source : MPF
  25. 25. 24 des ressources humaines, à la gestion des projets, au leadership, à la prise de décision et aux bonnes pratiques de la mobilisation sociales. -Rencontres intercommunautaires réalisées rassemblant des participants de plusieurs communautés -La Déclaration à l’Abandon Total de toutes Formes d’Excisions prononcée par 99 Communautés bénéficiaires du Programme. -Un Guide juridique sur les violences fondées sur le Genre y compris les MGF/E élaboré et édité avec l’appui du FNUAP -Un Guide des Imams et des Prédicateurs en vue d’accélérer l’abandon des MGF/E et clarifier les notions de la Santé de la reproduction élaboré et édité par MAM avec l’appui du FNUAP -Une stratégie quinquennale globale élaborée avec l’implication des religieux dans la lutte contre les MGF (en collaboration avec le MAM). -Manuel de formation destiné aux leaders religieux élaboré pour la sensibilisation des communautés rurales, en collaboration avec le MAM -Conseillers régionaux, élus locaux, chefs des postes, préfets des régions OPJ, formés et sensibilisés sur l’utilisation du Guide Juridique en collaboration avec la Commission Nationale de droits de l’Homme ; -Groupes d’hommes formés sur la méthode des messages et les procédures judiciaires, MPF et FNUAP en 2013 -Emissions radiophoniques hebdomadaires sur les MGF en langues locales diffusées ; -Cellules d’écoute d’information et d’orientation créées ;
  26. 26. 25 -Comités de quartier créé afin d’orienter les femmes victimes de la violence ; -Noyau des Leaders religieux créé en vue de la participation au dialogue en faveur de l’abandon des MGFs. -Matrones formées sur la prise en charge des accouchements à domicile et sur les méfaits des MGF/Es b) Outilset supports deCommunication - 1 Stratégie de communication pour l’abandon total de toutes formes d’excisions en partenariat élaborée avec l’UNFD - Film de long métrage de 2 H, ayant comme titre « « Guurmad » en langues Afar et Somali, produit de diffusé avec la collaboration de l’association SAMATAR (2013) - Des supports de communication (logo, affiches, autocollants) conçus et produits par le CNAFE ; - 1 site web du Programme Conjoint développé avec UNFD - Documentaires relatant les problèmes occasionnés par les MGF produits et diffusés en Somali et en Afar ; - Affiches, logos et feuillet d’information sur les MGF produits et dupliqués ; - Des articles d’information et interviews sur les la SR et MGF publiés régulièrement - Un Sketch réalisé sur les problèmes occasionnés par les MGFs en différentes langues locales - Un spot « Stop MGF » réalisé.
  27. 27. 26 c) Collectesdesdonnées - Enquêtes sur les petites filles solarisées réalisées (2009). - Enquêtes sur les complications obstétricales réalisées - Enquêtes PAPFAM réalisées (2012) - Enquêtes d’opinions auprès des décideurs politiques, étudiants et leaders religieux face aux méfaits des MGF (2009) - Enquêtes sur les MGFs réalisées auprès des religieux en (2009) d) Texteset instrumentsjuridiquesnationauxetinternationaux - Les article 333 du Code pénal et 7 du Code de la Procédure pénale amendés. -La Résolution 67/146 intitulée « Intensification de l’action mondiale visant à éliminer et à interdire les mutilations génitales féminines » adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies lors de sa 67ème Session le 20 décembre 2012 à New York. e) Etudeset recherchesscientifiques  Enquête anthropologique réalisée par Maria Cristina Manca, intitulée « SOUTIEN AUX PROGRAMMES DJIBOUTIENS POUR LA SANTE DE LA FEMME », en partenariat avec l’INMP, Coopération Italienne, Ministère de la Santé, MPF, MAM en 2014.
  28. 28. 27 vi. Les facteurs affectant les résultats de l’exécution de la SNATFE a) Les facteursinternesaffectant lesrésultats Les facteurs internes affectant les résultats du Programme pour l’Abandon à Toutes formes d’Excision sont de 2 ordres, ceux qui l’affectent positivement et ceux qui l’affectent négativement. On peut les synthétiser dans le tableau ci-dessous : Facteurs internes affectant positivement les résultats Facteurs internes affectant négativement les résultats 1 2 3 4 5 6 L’engagement du Président de la République de Djibouti et autres soutiens politiques (UNFD dispose 5 Femmes Parlementaires). L’établissement des liens entre la SNATFE et les Programmes Conjoints UNICEF et UNFPA, depuis 2008.(appuis techniques et financiers) Implication des religieux (Ministère des Affaires Musulmanes) Implication des Médias, même pas assez (2009). Ressources financières suffisantes (Programme Conjoint) Les effets résiduels des actions menées par l’UNFD avant le démarrage effectif du Programme 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Absence de Coordination Absence de réunion Absence de Suivi et Evaluation ; Lourdeur et lenteur dans la gestion du Programme Insuffisance de fonds ; Equipements matériels insuffisants des CGC Manque d’intégration des hommes ; Pas d’uniformisation des rapports d’activités ; périodicité et objectivité des rapports pas très évidentes ; Insuffisance d’appropriation du Programme du côté gouvernemental ; Déviation du but ultime de la SNATFE dans certaines régions par l’acceptation ou la tolérance sur la pratique de la Sunna. Absence d’une position commune et unique entre les religieux à propos des MGF (Même au sein du Haut Conseil Islamique) situation qui profite les conservateurs partisans à la pratique des MGF. Inexistence de lignes directrices communes entre les CGC : certains membres de CGC sensibilisent les communautés villageoises à leurs manières, souvent en contradiction avec la SNATFE. Tableau 4 Facteurs internes affectant les résultats de la mise en œuvre de la SNATFE
  29. 29. 28 b) Les facteurs externesaffectant lesrésultats Facteurs externes affectant positivement les résultats Facteurs externes affectant négativement les résultats 1 2 3 Les résultats des actions menées par The Johanniter. L’appui de l’INMP aux Programmes sur la Santé de la Femme au Gouvernement Djiboutien. La mise en œuvre des Programmes similaires dans les Pays frontaliers (Ethiopie et Somalie) 1 L’impact des mouvements migratoires des populations des Pays frontaliers sur la pratique des MGF (Somalie et Ethiopie) ; l’inverse est aussi vrai. Tableau 5 Facteurs externes affectant la mise en œuvre de la SNATFE vii. Changements signifiants identifiés en cours de la mise en œuvre Le partenariat entre MPF avec l’ONG Johanniter et l’INMP de la Coopération italienne, en cours d’exécution de la SNATFE, constitue un facteur déterminant à la contribution des résultats escomptés. a) TheJohanniterAssistanceInternational Cette ONG a lancé successivement deux projets, respectivement : « Promotion de la Femme à travers l’abandon des MGF », exécuté dans la région de Dikhil et au Quartier Hayableh de Djibouti-ville (2014): « Promotion des droits de la femme à travers l’abandon des MGF », exécuté au Quartier Hayableh, Mindil, Dagadlé, Dadahalou, Alaytolie, Boll, Orobor, Firiris, Oulma et Sedorre (2015). La particularité de la stratégie de cette ONG réside l’éducation par le biais de l’alphabétisation des femmes et un système de motivation aux bénéficiaires ayant atteint un certain niveau de connaissance (Distribution d’un certificat, etc.) b) Institut National Italienpourla promotiondelasanté desPopulationsMigrantes et pourla lutte contrelesmaladiesde lapauvreté L’intervention de l’INMP a débuté en 2012 et ayant pour but de soutenir les politiques de Gouvernement de Djibouti en matière de Santé de reproduction et de Santé Mère-Enfant.
  30. 30. 29 L’INMP organise des activités de formation, d'information, éducatives, de communication et de recherches en coopération avec le Ministère de la Santé, MPF, MAM, Université de Djibouti et deux Agences des Nations Unies, UNICEF et UNFPA, ainsi que l’UNFD. Les activités de l’INMP sont surtout concentrées dans le secteur de la ville de Djibouti et dans trois Centres de soins (EL Hanan de Houssina, de Dar et Hôpital de Balbala) Néanmoins, la formation et la mise à niveau du Personnel de santé, de la recherche, de l'information de la communauté s’étendent dans tout le Pays. La contribution de l’INMP au Programme à l’Abandon des MGFs peut se résumer en 4 points, dont : - Les cours de perfectionnement et formation dispensés au Personnel de santé (améliorer leur connaissance sur l'identification et le traitement des complications de MGF, le soin intensif néonatal, méthodes pour l'examen cytologique vaginal…). - Les activités de recherches au niveau national (améliorer la connaissance sur l'épidémiologie et les conséquences obstétriques, gynécologiques des MGF). - Les activités de l'information, d'éducation et de communication en partenariat avec les Ministères, les associations et la Société civile. - Organisation des conférences encouragement les changes d'expérience sur les thèmes de projet.
  31. 31. 30 viii. Résumé du fond de l’Evaluation (Backgroung) La mise en œuvre des 4 composantes de la SNATFE a abouti à un bilan suivant : Sur les 10 objectifs spécifiques énoncés, 50% sont atteints Sur les résultats attendus : 4 ont connu de succès, 6 satisfaisants et 3 insatisfaisants. COMPOSANTES OBJECTIFS SPECIFIQUES RESULTATS Atteints Non-atteints I 1 - 2 succès 1 satisfaisant 0 insatisfaisant II 1 2 2 succès 1 satisfaisant 0 insatisfaisant III 1 2 0 succès 2 satisfaisants 2 insatisfaisants IV 2 1 0 succès 2 satisfaisants 1 insatisfaisant Total 5 5 4 succès 6 satisfaisants 3 insatisfaisants Tableau 6 Bilan de l'évaluation des 4 composantes de la SNATFE ix. La pertinence du Programme à l’Abandon des MGF/E La SNATFE répond au besoin du Pays et aux priorités nationales ; il faut rappeler qu’il s’inscrit dans la mission du MPF et de la SNIFD, et dans le cadre des actions menées par le Comité National de Lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes à l’intérieur duquel se regroupent les Départements ministériels tels que la Santé, la Justice, et l’Education Nationale, ainsi que les ONG, en particulier l’UNFD, pionnière de la lutte contre les MGF. Or, les MGF/E est une violation des droits de l’Homme. Etant un Pays ayant ratifié et signé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et plusieurs Instruments juridiques internationaux (Convention sur les Droits de la Femme, Convention sur les Droits des enfants), La République de Djibouti s’est engagé de lutter pour l’abandon à toutes les formes d’excision des Femmes. La SNATFE incorpore en son sein, aussi bien des expériences vécues par l’UNFD en matière de protection des droits de la femme, que des approches de luttes contre les MGF/E
  32. 32. 31 dont l’efficacité fut prouvée dans plusieurs pays de l’Afrique sub-saharienne sur la, dans lesquels l’UNICEF et l’ONG Tostan ont joué des rôles importants. Protéger l’intégrité physique des femmes et filles, mobiliser la communauté sur les conséquences néfastes des MGF/E sur les femmes et les filles, développer l’épanouissement de la valeur humaine, tels sont en quelques lignes les 3 pierres angulaires où se fonde la SNATFE. L’exécution de la SNATFE est substantielle, aussi bien pour la santé des femmes et filles, mais surtout sur la protection de leurs droits et la jouissance des libertés fondamentales. x. L’efficacité de la mise en œuvre de la SNATFE La mise en œuvre de la SNATFE est-elle efficace ? Il faut deux réponses contradictoires à cette question, la première est affirmative et la seconde est négative. Tout d’abord, il s’avère important de rappeler que les MGF/E sont des cultures fortement enracinées chez les peuples qui occupaient la Corne de l’Afrique (La Nubie) et l’Egypte Antique depuis plus de 3000 années Av. J.C. Sachant que « la culture est l’existentialisme profond d’un peuple » comme le disait l’Ethnologue Américain Thomas Mann. Ainsi, en arrivant à faire baisser le taux de prévalence des MGF/E de 14,7 points, à moins de 10 ans du 2006 (Taux de prévalence = 93,1%) à 2012 (Taux de prévalence = 78,4%, on doit dire que la SNATFE est efficace. Par contre, lorsqu’on observe le nombre des objectifs spécifiques atteints des 4 Composantes, les résultats escomptés, le retard du démarrage, l’absence d’une date d’achèvement réelle, le mot «Efficace » n’est pas approprié pour faire appréciation du Bilan d’exécution. C’est dans ce contexte paradoxal, qu’on doit qualifier le résultat de la mise en œuvre de la SNATFE avec les termes : plus ou moins efficace.
  33. 33. 32 xi. L’efficience de la mise en œuvre de la SNATFE Comme dans le cas précédent, la mise en œuvre de la SNATFE est plus ou moins efficiente. Si on se réfère à la baisse apparente du taux de prévalence des MGF avec les ressources et moyens mobilisés, sans aucune ambigüité, on peut dire que l’exécution est efficiente. Les 96,6% des Ressources Humaines employées (soit 598 Animatrices et Animateurs des CGC) sont des bénévoles ; un effectif jugé insuffisant parce que cela implique un taux d’encadrement égal à 1 Animatrice ou Animateur pour 123 individus. Or, pour être efficiente, une séance d’animation d’une communauté villageoise ne doit compter que 60 individus, Au-delà de ce seuil, la qualité de l’animation est mise en cause et nécessitera au moins un amplificateur de voix (Mégaphone) pour l’Animateur/Animatrice. Il mérite d’être souligné que le Personnel technique affecté par les Partenaires techniques et financier à la mise en œuvre de la SNAFTE, a une compétence remarquable; cependant, lors qu’on fait le calcul du ratio : coût total réel/Activités effectivement réalisées, on peut apercevoir que l’exécution de la SNATFE n’est pas efficiente. Une répartition non équilibrée de l’utilisation des ressources est constatée au niveau des 29 CGC. Or, ces derniers sont les acteurs du premier plan, comme le pignon d’une montre qui fait tourner ses aiguilles. xii. Durabilité ou pérennisation La durabilité ou pérennisation du Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision est probable, sous réserve de combler les faiblesses et la prise en compte des recommandations émises dans ce Rapport d’Evaluation. D’abord, comme il a été évoqué plus haut, la politique à l’abandon de la pratique des MGF/E est un besoin, un prioritaire pour Djibouti dont le Gouvernement est fortement engagé – Aussi, c’est une lutte de longue haleine, nécessitant une intervention permanente et régulière, sans relâche – Un grand défi, contre une pratique culturelle antique. – Aussi, le respect des Traités internationaux sur les droits humains oblige. Ensuite, le MPF, le MAM, le Ministère de la Santé et l’UNFD sont déjà présents dans les 5 Chefs lieux de Région, dans plusieurs villages et quartiers par l’intermédiaire respectivement et de leurs Directions régionales et les CGC. En outre, l’UNICEF et l’UNFPA devront poursuivre la mise en œuvre de leur Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision, jusqu’au mois de décembre 2017.
  34. 34. 33 xiii. Impacts de la mise en œuvre de la SNATFE Les impacts de la mise en œuvre de la SNATFE peuvent être observés sous plusieurs niveaux dont les plus importants sont le taux de prévalence et le changement de comportement de la communauté. Ainsi, nous allons voir successivement les impacts positifs et les impacts négatifs. a) Les impactspositifs i. L’évolution dutaux de prévalencedes femmes et des filles victimes des MGF/E Le taux de prévalence des femmes et filles victimes des MGF diminue progressivement dans le temps depuis 2006. Ainsi, s’il était près de 93,1% en 200623, il s’est baissé de 78,4% en 201224, soit une diminution de 14,7 points à l’espace de 7 ans. Carte 1 Cartographie des taux des MGF/E par Région. Source PAPFAM 2012, UNICEF Djibouti. 23 Source : EDIM 2006 24 Source : PAPFAM, 2012
  35. 35. 34 Avec la tendance actuelle, par projection, le taux de prévalence des MGF/E avoisinerait le 71, 05% à la fin de cette année 2015, (Voir Tableau en annexe). Graphe 3 L'évolution du taux de prévalence des MGF à Djibouti de 2006 à 2012 – Sources : EDIM 2006, PAPFAM, 2012, Enquêtes Avril-Mai 2015. Calculs, nos soins. Par Ville, on peut les synthétiser dans le tableau ci-après : Pays Djibouti Arta Ali-Sabieh Dikhil Obokh Tadjourah 71.05 71.14 62.71 63.53 68.78 85.82 77.30 Tableau 7 La prévision des taux de prévalence MGF/E, fin année 2015 ii. L’accroissementdunombredes jeunes filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans -Par ailleurs, des études menées par l’UNFPA tous les 4 ans dans les milieux scolaires, après des visites médicales, nous conduisent d’admettre que : -d’abord, le taux de prévalence diminue dans le temps en fonction des âges des filles : En 2002, sur les filles âgées moins de 25 ans consultées, le taux de prévalence des filles non-excisées est de 2,2% seulement ; en 2006, pour les filles moins de 14 ans, le taux de prévalence des filles non excisées est de 14,2% et en 2012, les filles non excisées âgées entre 6 à 8 ans, atteignent jusqu’à 62,6% des filles consultées. 93.10 90.65 88.2 85.75 83.3 80.85 78.4 75.95 73.5 71.05 - 10.00 20.00 30.00 40.00 50.00 60.00 70.00 80.00 90.00 100.00 Année 2006 Année 2007 Année 2008 Année 2009 Année 2010 Année 2011 Année 2012 Année 2013 Année 2014 Année 2015 TauxdeprévalenceMGF/ENational Année L'Evalution des taux de la prévalence des MGF/E de Djibouti de 2006 à 2015 Courbe de la prévalence des MGF/E
  36. 36. 35 -Ensuite, la tendance vers l’abandon de l’infibulation au profit d’un autre type de MGF la Sunna est démontrée. Concernant les filles qui sont nées après 2008, c'est-à-dire après les années qui suivent le démarrage effectif du Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision, les résultats sont positifs dans la plupart des villes et villages où interviennent les CGC et l’ONG Johanniter ; encourageant dans certains villages, demeure inquiétant sur les restes des villages enclavés dans les montagnes. Si en 2012, les filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans atteignent jusqu’à 62,6% des filles Consultées (Source : UNFPA) – Cette année, les filles non excisées dans cette tranche d’âges avoisinent le 77,89 %, soit un gain de 15,29 points en 3 ans et demi. Le taux d’accroissement des filles non excisées appartenant à cette tranche d’âges est de15,64 % en 3, 5 ans, soit environ 4,46% par an. Cependant, l’accroissement du nombre des filles non excisées appartenant à cette tranche d’âges n’est pas unanime dans les Régions. En 3 ans et demi (de 2012 au 1 er Semestre 2015) : -On a constaté des accroissements élevés des filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans) dans les Régions Dikhil (+34%) et Ali Sabieh (+31%) ; -Des accroissements moyens à Arta (+26%) et à Djibouti Ville (+21%) ; -Par opposition, les taux d’accroissement des filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans sont en reculs à Obokh (-14%) et à Tadjourah (-3%), comme il est synthétisé dans le tableau ci-dessous. Régions Âges 2012 2015 Taux d’accroissement % Djibouti [6 ; 8] 11890 15012 +21 Arta [6 ; 8] 1349 1813 +26 Ali-Sabieh [6 ; 8] 2406 3467 +31 Dikhil [6 ; 8] 2802 4264 +34 Obokh [6 ; 8] 1212 1060 -14 Tadjourah [6 ; 8] 2822 2741 -3 Total 22483 28356 Taux d’accroissement moyen en 3,5 ans : +15,64 Tableau 8 Les taux d'accroissement des filles non excisées âgées de 6 à 8 ans, selon les Régions de 2012 à 2015 Au point de vue qualitative, la baisse du taux de prévalence des MGF/E chez les jeunes filles ne peut signifier qu’une génération de jeunes couples ou de jeunes mères commençaient à abandonner la pratique des MGF et arrivèrent à résister à la pression de leurs parents, grands-mères…pour le moment, ils sont considérés par leur communauté comme des « hors la loi ».
  37. 37. 36 « Mes deux jeunes filles ne sont pas excisées et je ne les exciserai jamais !» nous murmura à voix basse une jeune femme, après une séance de Focus groupe des parents à Oueah, comme si elle avait peur que les autres puissent l’entendre. « Nous sommes 5 mères ici, leurs filles aussi ne sont pas excisées » continua t-elle. iii. La situationdes MGF/E surles filles âgées entre 5 et 12 ans aumois d’avril2015 La synthèse des résultats de notre investigation en Avril 2015 sur un petit échantillon de 5 à 10 filles à chaque localité 25 , peut-être résumée dans le tableau suivant : Localités Tranche d’âges Nombre des filles excisées Quartier 4 (Djibouti Ville) [5 ;12] 0 fille excisée Balbala 11 Idem 0 fille excisée Tadjourah Idem 4 fillesexciséescontre 1non excisée Assamo (Ali-Sabieh) Idem 1 fille excisée contre 8fillesnonexcisées Fantahero (Obokh) Idem 7 fillesexciséescontre 5fillesnonexcisées Mouloud(Dikhil) Idem 0 fille excisée Hawableh Idem 0 fille excisée Boulaos Idem 6 fillesexciséeset1 nonexcisée Oueah (Arta) Idem 3 fillesexciséescontre 6non excisées Tableau 9 Tendance de la situation des MGF sur les filles âgées moins de 12 ans dans 9 localités de Djibouti – Source : Enquêtes Evaluation de la SNATFE, Avril-Mai 2015. Par ailleurs ; d’autres données statistiques émanant de l’ONG The Johanniter confirmera diminution de la pratique des MGF chez les jeunes filles nées après 2008. En voici la synthèse des résultats des campagnes de sensibilisation menées par cette ONG dans 6 villages depuis Avril 2014 : Nom du village Nombre des mères Fillesnonexcisées Alaytolie 33 47 Dadahalou 32 58 Bolli 15 16 Orobor 3 3 Oulma 1 1 Sedorre 1 1 Total 85 mères 126 filles Tableau 10 Synthèse des résultats de les campagnes de sensibilisation dans 6 villages – Source : Rapport final du Projet « Promotion des droits de la Femme à travers l’abandon des MGF/ The Johanniter, Avril 2015 Selon toujours ce rapport, à Firiris par contre, toutes les filles sont excisées. 25 Dans le Quartier 4, une mère s’est déclarée avoir une fille non excisée, mais elle est entrain d’y réfléchir même si son mari ne veut pas que sa fille soit excisée. De même, une mère du village de Fantahero a une fille non excisée, et a dit qu’elle restera non-excisée si on l’apporte des preuves et avantages aux filles non excisées !
  38. 38. 37 Une double question se pose de savoir : Pourquoi y a-t-il d’énorme différence sur l’accroissement du nombre des filles non- excisées entre les Régions ? Quelle serait la probabilité de chance des filles non excisées moins de 12 ans dans les années à venir ? En d’autres termes, sont-elles exposées à des risques d’excision dans le futur ? Primo : Les raisons pourraient être nombreuses, mais les plus déterminantes sont les suivantes : D’abord, chez les Communautés Afars les filles sont excisées à bas âges, quelques semaines après leur naissance. – Or, la Stratégie actuelle ne peut pas être adaptée à ce genre de contexte. L’harmonie d’esprit entre les membres et le compact du groupe comptent sur les résultats, c'est-à-dire cette volonté et solidarité d’agir dans une même direction ; cette qualité est présente dans la Communauté de Balbala 11 et pouvant expliquer la réussite extraordinaire de leur CGC. – Ce qui n’est pas le cas, dans les autres CGC où des fausses notes sont entendues entre les membres. On a remarqué une fausse campagne lancée, selon laquelle la Sunna est autorisée parce qu’elle n’a pas de conséquence néfaste sur la santé de la femme, (Ce qui avait affecté les résultats à Obokh et à Tadjourah). L’équivocité à l’interprétation du Coran à propos des MGF, rend difficile les tâches des Animatrices et Animateurs des CGC sur terrain. – Certains Leaders communautaires ne sont pas impliqués dans le Programme (3 cas sont enregistrés sur lesquels les Leaders Communautaires de 3 villages se sont opposés au Programme : Assamo, Fantahéro et Mouloud).- La discordance à l’interprétation des MGF entre les Imams, en l’occurrence, à propose de la Sunna, constitue un obstacle énorme à la communauté villageoise dans la prise de position ; « Nous sommes des croyants, qu’ils (les Réligieux) s’arrangent entre eux d’abord et parlent d’une même voix, parce que nous ne savons plus qui la quelle des deux tendances devrons nous obéir ? ». Les différences entre les moyens et ressources dont disposent les CGC 26 ont un rapport avec leurs performances ; les CGC ne disposant pas du local et des équipements matériels pour travailler, ont des énormes difficultés pour mettre en exécution leurs activités. L’implication des hommes (Individus de sexe masculin) âgés apporte des effets positifs indéniables pour certaines communautés: cas de Mouloud et Balbala 11 ; ce qui n’était le cas dans les villages de la Régions d’Obokh et de Tadjourah, où les hommes et les garçons adolescents ne sont pas intéressés au Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision. Les filles non excisées dans la plupart des cas sont issues des jeunes couples ou des mères, ayant un niveau éducationnel plus ou moins élevé, c'est-à-dire à Djibouti-ville et dans les Chefs lieux de Région. 26 Cf. Rapportsur l’Evaluation externe du PCPD, 2011,P. 25.
  39. 39. 38 Secundo : l’analyse et l’interprétation des données statistiques sur les MGF depuis 2006, nous conduisent d’admettre que plus on descend du Pyramide des âges des Femmes, plus le nombre des Femmes ou des filles qui n’ont pas subi d’excision augmente ? Toutefois, Il n’est pas impossible que certaines filles âgées moins de 12 ans non excisées les seraient dans l’avenir. La période la plus vulnérable chez les filles Somalis se situe à leur âge d’adolescence ou la période pré-mariage. Aussi, il y a d’autres raisons pouvant expliquer pourquoi certaines ne sont pas encore excisées ; selon les résultats de nos enquêtes, soit parce qu’il n’y a pas d’exciseuse au village ; soit les parents attendent les prochaines vacances pour exciser les leur en Ethiopie ou en Somalie ; soit encore, la mère n’a pas encore d’argent, bien que bon nombre d’exciseuses fassent l’excision gratuitement. Dès fois, c’est la fille elle-même qui sollicite d’être excisée pour des raisons personnelles ou d’un problème de crédulité. Quel sort réserverait l’avenir aux filles moins de 12 ans non-excisées issues des couples mixtes (père Somali et mère Afar ou l’inverse ou tout autre scénario possible : père arabe et mère Afar…) ? Les réponses sont très complexes, mais dans tous les cas, le sort de ces filles dépendront de la capacité des deux parents, ou de l’un des deux de résister à la pression et contraintes exercées par leurs familles ascendantes (de la lignée maternelle ou de la lignée paternelle) ou de la communauté. Un énorme défi.
  40. 40. 39 Carte 2 Cartographie de l'accroissement du nombre des filles âgées entre 6 et 8 ans non excisées selon les Régions, de 2012 à 2015
  41. 41. 40 Djibouti Arta Ali-Sabieh Dikhil Obokh Tadjourah 2006 2218 252 449 523 226 526 2012 11890 1349 2406 2802 1212 2822 2015 15012 1813 3467 4264 1060 2741 Tableau 11 Estimation de l’évolution du nombre des filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans par Région de 2012 à 2015 – Sources : EDIM 2006, PAPFAM 2012, Enquêtes Avril-Mai 2015, Calculs, nos soins. Graphe 4 Evolution du nombre des filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans par Région de 2012 à 2015 iv. Le changementcomportementalde la communauté Certes, depuis ces 5 dernières années, la société Djiboutienne a beaucoup changé, si on parle des MGF ; ce n’est plus un sujet tabou sans être banal non plus. Plus visible en ville, mais encore discret dans les campagnes On peut observer le changement de comportement des gens, non seulement en comparant les données statistiques plus anciennes avec celles les plus récentes, mais aussi à travers des faits positifs dans la société. Actuellement, il n’est plus rare de voir au sein d’une même famille où l’une partie de leurs filles âgées plus de 21 ans sont excisées et l’autres groupes âgés moins de 15 ans ne le sont pas. Ce sont les différents messages contre les MGF/E diffusés à travers les supports médiatiques et les différentes sensibilisations qui ont produit leurs effets. 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 Djibouti Arta Ali-Sabieh Dikhil Obokh Tadjourah Evolution du nombre des filles non excisées âgées entre 6 et 8 ans dans les périodes 2006, 2012 et 2015 2015 2012 2006
  42. 42. 41 L’impact des effets peut être observé dans un temps relativement court à Djibouti ville ou dans les chefs lieux de Région, ou encore chez les familles appartenant à une catégorie socio-professionnelle plus ou moins élevée ou encore chez une famille ayant un niveau éducationnel non négligeable. Dans les villages et faubourgs plus enclavés, le changement est beaucoup plus lent, pour plusieurs raisons : insuffisances des campagnes et sensibilisations, pas de radio ni de télévision pour véhiculer les messages en IEC… Quoi qu’il en soit une nouvelle génération s’émerge, partout, en ville comme en brousse. On entend maintenant de temps en temps un père de famille qui dit à son épouse « qu’on n’excise pas ma fille ! » ou une jeune mère qui s’oppose catégoriquement à la proposition de sa mère, ou de sa grand-mère ou encore desa Belle-mère pour exciser sa fille. Dès fois, un Religieux qui s’était opposé catégoriquement au Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision, a changé d’opinion après avoir effectué des recherches personnelles sur le Coran et sur les MGF/E, tel est le cas du Leader religieux de Tadjourah, devenu actuellement membre le plus actif du CGC de cette ville. Bon nombre des Exciseuses ont déjà abandonné leur métier alors qu’aucun emploi plus intéressant n’est même pas en vu pour le substituer…Certaines parmi elles ont rejoint les CGC de leur quartier : « Dieu a crée l’Homme, en une créature parfaite, qu’aucun individu n’ait le droit ni de rajouter ni d’enlever une partie de son corps », voilà ce que nous a appris une ancienne Exciseuse de Balbala 11. L’ignorance est la cause basique de la résistance au changement de comportement : «Si nous savions depuis longtemps tout ça (Conséquences néfastes des MGS à la santé de des femmes et filles), nous n’aurions jamais dû exciser nos filles… ». Voilà ce que nous disait de temps en temps les mères d’enfants rencontrées. Si la fille n’est pas encore excisée, une simple démangeaison sur la partie sensible de son corps, serait utilisée par les partisans du contre le Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision à troubler les esprits des jeunes couples plus ouverts à une nouvelle valeur culturelle. v. Impactsurl’éducation La mise en œuvre de la SNATFE aurait fait un bon résultat si le Ministère de l’Education et le Ministère de la Jeunesse ont été impliqués dans le Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision c’est aussi combattre l’ignorance, l’analphabétisme et la crédulité. La durabilité des effets repose sur une nouvelle génération consciente des conséquences des MGF, qui éclaircira à leur tour leurs descendants, ainsi se produiront les effets synergiques des sensibilisations... Néanmoins, le Programme a largement contribué à la Communauté de développer le Savoir, la connaissance, l’expérience à tous les acteurs, quel que soient leurs rôles et attributions : la maîtrise des concepts-clés autour des MGF/E, les Droits de l’Homme, les
  43. 43. 42 Droits des Femmes, les Droits des Enfants, la Santé de Reproduction, le Microcrédit, l’AGR, les techniques d’animation, les communications (interpersonnelle ou impersonnelles) …tout cela non seulement du côté théorique, mais également et surtout du côté pratique et pragmatiqu.. b) Les impactsnégatifs Quelques effets revers du Programme ont été constatés dans certains sites, en particulier dans les milieux ruraux, où les membres des CGC en sont particulièrement visés : « Ce Programme vient de l’Occident pour détruire notre culture et on vous paie uniquement pour ça ! » ; ce fait social explique la non adhésion et la réticence de certaine communauté au Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision En outre, un bouleversement de la structure d’une société lignagère est également constaté : il se manifeste à travers d’un conflit de génération. - Une pratique des MGF en clandestinité semble en train de se développer depuis la pénalisation de la pratique des MGF. Lorsque le Climat est plus frais (Octobre – Février) durant les Vacances en particulier, des familles passent les frontières Ethiopiennes ou Somaliennes pour faire exciser leurs filles dans ces deux pays. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il tend à s’amplifier pour échapper à la loi. Enfin, d’autres déviations méritent d’être signalées. Depuis que les Exciseuses étaient sous les projecteurs de la société et de la loi, les matrones et les paramédicaux en prennent le relais et souvent ils s’échappent à toute suspicion et à la vigilance des Autorités. La « Sunna » est devenue l’idéal refuge des partisans de la continuation de la pratique des MGF, en arguant soit à l’interprétation du Coran, soit « c’est la culture de nos Ancêtres depuis la Nuit des Temps ». La médicalisation de l’excision ne fait que changer la forme de la pratique et l’entretient dangereusement dans les villes : maintenant, l’excision se fait dans les Cliniques avec usages des outils et instruments médicaux, d’anesthésie sous la guide d’un paramédical. L’existence de 3 ans minimum aux associations, requise par la Loi pour exercer leur droit se constituer Partie Civile contre un auteur d’infraction de MGF, pourrait entraver la poursuite judiciaire.
  44. 44. 43 xiv. Financement et coût total réel de la mise en œuvre de la SNATFE (Juin 2015) La quasi-totalité du financement de la mise en œuvre de la SNATFE a été supporté conjointement par l’UNICEF et l’UNFPA, soit d’un montant total égal à 3 198 230 $ US pour 7 ans et demi. L’écart entre le budget prévisionnel et le budget réellement décaissé s’explique de manière suivante : - La durée réelle de la mise en œuvre qui s’est prolongée de 2 ans et demi de plus que prévue : - La lenteur de l’exécution (plus l’exécution des activités connait des retards plus le coût augmente dans le temps) ; -D’autres activités non mentionnées dans le document de la SNATFE viennent s’y ajouter postérieurement ; -Calcul erroné de la prévision. PREVU 5 ans REEL 7 ans et demi ECART % RAISONS DES ECARTS Montant $ US 1, 256, 900 3,198, 230 +154,45% Dépassement de la période d’exécution de 2,5 ans de plus que prévue ; La lenteur de l’exécution ; Rajouts d’autres activités postérieures à l’élaboration de la SNATFE; Calcul erroné de la prévision ; UNICEF % - 56,07% - UNFPA % - 43,93% - Gouvernement Djiboutien Non disponible - Tableau 12 Financement et comparaison du Coût prévu et coût réel de la mise en œuvre de la SNATFE
  45. 45. 44 IV. APPRECIATIONFINALE (finding) La mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Abandon Totale de toutes Formes d’Excision a escompté un résultat Satisfaisant – La plupart des objectifs spécifiques énoncés dans la SNATFE sont atteints avec une certaine difficulté. V. CONCLUSIONS Malgré le problème de coordination et du S&E, le taux de prévalence des MGF/E des filles moins de 12 ans diminue sensiblement, c'est-à-dire chez les filles qui sont nées après l’année de démarrage réel du Programme (2008). A titre d’exemple, on peut citer parmi d’autres : dans le Quartier 4, Balbala 11, Mouloud, Hawableh, où aucune fille n’est excisée. Bien sûr qu’on ne peut pas généraliser ces cas, mais le rapport entre la baisse du taux de prévalence des MGF des filles appartenant à la classe d’âge de 2008 et suivant, avec la campagne de sensibilisation faite par les CGC, est établi. Aussi, les résultats des visites médicales systématiques faites par l’UNFPA et le Ministère de la Santé en milieu scolaire tous les 4 ans, ont abouti dans la même conclusion, c'est-à- dire, un abandon progressif de la pratique de l’infibulation au profit de la Sunna. Le PAPFAM 2012, relate les mêmes faits en se référant le nombre des Femmes excisées suivant le Pyramide des âges des Femmes.– Plus on descend des tranches d’âges du Pyramide des âges des femmes, plus le nombre des femmes et filles non excisées augmentent. Le Programme a couvert plus de 60 Villages et Quartiers des 5 Régions de Djibouti (Djibouti-Ville, Ali-Sabieh, Dikhil, Tadjouraj et Obokh), dans lesquels près de 677 000 individus (femmes et hommes) ont pu bénéficier de diverses campagnes de sensibilisation relatives Programme pour l’abandon à toutes formes d’excisions, à travers 551 membres des CGC et 33 religieux. Le MPF a piloté le Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision dans son ensemble. Le cout total de la réalisation est égal 3,198, 230 $ US, dont Contribution de l’UNICEF représente 56,07% du Cout total et celle de l’UNFPA en représente 43,93%.
  46. 46. 45 VI. RECOMMANDATIONS i. Préalables Avant de procéder à l’élaboration d’une nouvelle Stratégie, il est souhaitable que les Parties prenantes procèdent à la réalisation d’un(e) : -Une cartographie et monographie des Chefs lieux des Régions, mettant en relief: les zones intervenues, les zones partiellement achevées et les zones jamais concernées par le Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision, les données statistiques les plus récentes sur la Santé, l’Education, zones de couverture de la Radio et de la Télévision, le nombre des citoyens ayant accès aux Médias publiques. -Un Diagnostic DIRO (Développement Institutionnel et Renforcement Organisationnel) ii. Recommandations générales a) Contenudela futurela StratégieNationalepour l’AbandonTotal àToutesFormes d’Excision Segmentationdes cibles et bénéficiaires directs duProgramme pourl’Abandondes MGF Il serait plus efficace et plus efficient d’orienter les interventions à l’endroit des groupes rationnellement choisis, plus ouverts à d’autres valeurs culturelles et susceptibles de rayonner à leur tour à la communauté l’intérêt et l’avantage à l’Abandon de toutes formes d’excision. A titre d’exemple : - Les jeunes (Collégiens et Collégiennes, Lycéens et Lycéennes et les universitaires) - Les jeunes couples et les jeunes mariés - Les femmes enceintes (nécessaires dans la communauté Afar) - Les Exciseuses27 27 Les expériences des autres pays comme le Mali, par exemple, démontrent l’importance et l’efficacité de l’intégration des Exciseuses dans le Programme : Elles sont les seules personnes qui ont vu le sang couler des filles excisées,entendu leurs cris ;elles ont témoigné la fuite des mères qui ne veulent pas entendre leurs filles pleurées - Une fois intégrée dans le Programme, ces Exciseuses formées reconnaissent les « délits » commis aux filles du village ; et le seul moyen de racheter leurs erreurs c’est de conscientiser la communauté les
  47. 47. 46 - Les personnes âgées 28 (surtout les Hommes) Rationalisationdes stratégies à appliquerselonles Régions En se référant aux expériences vécues, on peut remarquer que les Régions d’Obokh et Tadjourah ont une certaine particularité, d’où la nécessité d’élaborer des stratégies plus adaptées à leur environnement : A titre d’exemple : augmenter le nombre des CGC dans ces Régions ; restructurer leur composition; augmenter la fréquence de sensibilisation ; équiper les membres des CGC des Kits d’animation adéquats ; la catégorie des gens ciblés ; peut-être des techniques de sensibilisation spécifiques à leur communauté, etc. Réinsertiondes activités importantes dans la SNATFEet nonexécutées En rappel, il s’agit des activités suivantes : - Elaboration de messages adaptés au curricula scolaire et programme d’alphabétisation - Intégration des messages dans les curricula scolaires et programme d’alphabétisation - Elaboration des modules de formation destinés aux enseignants (EF/ES)) - Organisation des Ateliers de formations des enseignants (EF/ES) - Organisation des ateliers de sensibilisation des responsables de l’Education Nationale - Création de clubs extrascolaires « pour l’abandon total de toutes formes d’excision » - Mise en place de cellules d’assistance juridique et psychosociale - Prise en charge sanitaire des femmes ayant des séquelles - Collecte et mise à jour des données - Création d’un numéro vert méfaits des MGF, aussi bien à la santé féminine qu’aux droits fondamentaux. Dans la majorité des cas, les anciennes femmes exciseuses sont les éléments les plus motivés au sein d’un Comité villageois 28 L’âge des personnes joueun rôleprépondérant dans une sociétélignagèreoù l’on rencontre la prédominance des aînés sur les cadets.
  48. 48. 47 b) Structureorganisationnelle Le CNAFE - Elargir la composition du CNAFE par l’amendement du Programme-Conjoint UNICEF-FNUAP. - Mettre en place un système de Monitoring et Evaluation, fonctionnel et opérationnel - Instituer une organisation formelle de mise en œuvre (Type, Organigramme, TdR des Responsables, Manuel des procédures d’utilisation des matériels et équipements du Programme…) - Rendre opérationnel les Bureaux Genre du MPF dans les Régions c) Changementducontenude la StratégieNationaleencoursd’Exécution Au cas où des changements interviennent durant l’exécution du Programme (accords signés avec des nouveaux partenaires ou autres cas), et susceptibles de modifier la forme et le fond de la Stratégie dans sa version originelle (sur la date d’achèvement réelle du Programme, les Extrants (Résultats et Produits), les zones d’interventions, les coûts de réalisations, le planning opérationnel initial…), il faut que le CNFAE apporte des modifications au Cadre logique et l’arrête définitivement quelques années précédant l’achèvement réel de l’Exécution du Programme. Les modifications apportées ne devraient pas affecter le But, les Objectifs globaux, les Objectifs spécifiques et les Stratégies initialement fixés dans la Stratégie Nationale. iii. Recommandations spécifiques Les Leaders religieux - Faire un plaidoyer auprès du Ministère des Affaires Musulmanes leur sollicitant de décréter un Fatwa interdisant la pratique des MGF/E. - Augmenter l’effectif des religieux qui prêchent en faveur de l’abandon à toutes formes d’Excisions ;
  49. 49. 48 - Rééditer le Guide des Imams et des Prédicateurs en version Audio et Audiovisuel (plus pratique et plus efficace à l’endroit des gens qui ne savent pas lire) - Augmenter davantage et délocaliser dans les Régions les Conférences prononcées des Imams (Nationaux ou Internationaux) portant à la position de l’ISLAM à la pratique des MGF/E Les CGC - Créer des bureaux (un petit local) des CGC équipés des mobiliers décents pour leur permettre d’assumer leur responsabilité dans une condition normale ; - Augmenter le nombre des CGC. - Appuyer les CGC se trouvant à une stade avancée de s’octroyer un statut d’association et/ou d’ONG. - Introduire des échanges périodiques entre les CGC en vue de partage de points de vue et d’expériences à des différents cas vécus. (entre les plus performants avec ceux qui rencontrent fréquemment de problèmes). - Organiser périodiquement des missions de supervisions-formatives - Réorganiser profondément la composition de certains CGC, dont les membres agissent manifestement outre, sinon contre les axes stratégiques de la SNATFE - Veiller à la répartition équitable des moyens entre les CGC Stratégies de communication - Investir un peu plus à la communication de Masse et impersonnelle (utilisant comme supports médiatiques : la Radio, la Télévision, les Panneaux géants, les Brochures illustrées à distribuer aux groupes cibles, diffusion des Productions Audio et Audiovisuels en langue rationnellement choisie…) Ils ont des effets plus permanents et restent dans le subconscient de ceux (les cibles) qui les captent. Cette stratégie semble le milieu adapté dans un milieu rural où la plupart des n’ont pas assez de temps pour assister une séance d’animation. - Veiller à la régularité et à la continuité de toutes campagnes 29 de sensibilisation (Interpersonnelle ou de Masse) jusqu’à l’achèvement du 29 Les effets des campagnes de sensibilisation menées à une communauté villageoise est semblable aux effets des publicités diffusées à l’endroit des éventuels consommateurs (clients) : Le comportement des hommes ou ses réaction sous les effets d’une campagne se manifestent en 4 phases :1) l’Attention ;2) l’Intérêt ; 3) la Décision et 4) l’Action (ou AIDA)°. Il faut une certaine continuité pour qu’on soit arrivé à la Décision (d’abandonner la pratique des MGF/E dans notre cas) et à l’Action ? Si on lâche la campagne, il n’y aura pas changement de comportement. A la prochaine campagne, les cibles reviendront de nouveau au stade d’Attention ou au state de l’Intérêt
  50. 50. 49 Programme. Les campagnes irrégulière, discontinue et par intermittence sont mauvaises et rarement atteignent les objectifs fixés : le changement du comportement. - Elaborer des messages en IEC dont sa force persuasive et son efficacité sont dûment testées (à un échantillon ayant les mêmes les caractéristiques que les groupes cibles) avant sa diffusion, utilisant les couleurs préférentielles de la communauté et en langue locale, Somali, Afars et Arabe suivant les cas) - Augmenter l’exposition aux groupes qui ne pratiquent pas les MGF/E et sensibiliser aux avantages qui en découlent. -Les messages en IEC devront : a) apporter ou prévoir des réponses aux questions engendrant l’incompréhension et la confusion dans la communauté ; b) contrer un par un les arguments 30 avancés par les partisans de la continuation de la pratique des MGF (Les raisons apparentes et les raisons sous-jacentes ou latentes). Applicationdes testes réglementaires et législatifs réprimantles MGF/E - Vulgariser les textes qui répriment la pratique des MGF/E en expliquant leur teneur et leur raison d’être - Former les citoyens, les ONG, les Associations, les CGC sur la question Comment faire un signalement ou une dénonciation auprès de l’Autorité Judiciaire en cas des MGF/E ; - Appliquer la Loi à l’endroit de tous ceux qui commettent l’infraction de MGF/E, tout en préservant l’intérêt de l’enfant de son milieu parental. 30 Les causes basiques ou structurelles de la pratique tournent autour du respect de culture ancestrale et de la religion musulmane – Mais, derrière il y d’autres causes sous-jacentes où les hommes se cachaient : comme « Une femme non excisée ne reste pas dans son foyer » ou encore « une femme non excisée empêche les hommes de dormir », ou encore, « une femme non excisée rend malade son mari ou son partenaire » ; « Nous les hommes, nous voulons que nos femmes restent vierges le plus longtemps possible ! », etc.
  51. 51. 50 Les partenaires - Uniformiser la forme et l’approche (Management Based Result ou la Gestion Axée sur les Résultats) des dossiers des projets ayant pour but de contribuer au Programme pour l’abandon de toutes formes d’excision ; - Répondre à certaines obligations vis-à-vis de l’organe de Coordination : la production des rapports d’activités… - Introduire des échanges entre les ONGs qui œuvrent dans la lutte contre les MGF/E pour partage d’expériences (entre UNFD et The Johanniter International Assistance par exemple) Autres recommandations - Eliminer tous les facteurs internes affectant négativement les résultats (Détaillés dans le Tableau 4, P 27 du présent rapport) - Retenir l’hypothèse pessimiste lors de la formulation des objectifs spécifiques - Engager des coopérations interrégionales avec les Pays frontaliers dans la lutte contre les MGF/E – Les efforts réalisés pendant plusieurs années à Djibouti peuvent être facilement annihilés par d’autres croyances et opinions apportées par les immigrés venant des autre frontières somaliennes ou éthiopiennes. VII. LECONS A TIRER - L’appropriation du Programme pour l’abandon à toutes formes d’excision est fondamentale à toutes les parties prenantes, dans la mesure où tout le monde demeure redevable du son succès ou de son échec. - L’organisation est un facteur clé de réussite (ou facteur clé de succès); - La réussite durable de la lutte contre les MGF/E se trouve entre les mains d’une nouvelle génération consciente.
  52. 52. 51 ANNEXES

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