LE BIOHACKING OU <br />L’AMATEURISME EN BIOTECHNOLOGIE ?<br />Plan :<br />Introduction :<br />I°) les apports possibles<br...
Biopunk,Biohacking
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Biopunk,Biohacking

  1. 1. LE BIOHACKING OU <br />L’AMATEURISME EN BIOTECHNOLOGIE ?<br />Plan :<br />Introduction :<br />I°) les apports possibles<br />• DIY et web 2.0<br />• Communauté Multi-compétente<br />• Espoir scientifique<br />II°) les dérives (et limites?) possibles<br />• Problèmes éthiques<br />• Problèmes de contrôle :<br />• Enjeux économiques :<br />Conclusion :<br />Introduction :<br />Avec l’émergence des médias qui permettent « la participation du public », on voit apparaitre, une sous culture, celle des hackers dont on ignorait l’existence mais qui aujourd’hui fait parler d’elle grâce au web 2 .0 . Le hacker est un individu qui bidouille et bricole les outils fournis par les évolutions et l’émergence de pratiques sociales. Souvent associé au piratage comme en informatique, par exemple, il appartient à la catégorie d’individu expérimentant les possibilités d’évolutions et de créations dans de nombreux domaines innovants. Dès lors, on voit s’ériger une sphère nouvelle, celle des bio hackers qui exploitent et expérimentent les propriétés de l’ADN et du vivant.<br /> Ces pratiques, aussi communément appelées Do It Yourself bio ou bio punk, font sensation en séduisant de plus en plus d’individus. Elles trouvent leurs sources dans l’expérimentation et exploitent le champ du possible à l’aide des outils fournis par la science et la biotechnologie. La biotechnologie, ou « technologie de bioconversion » est issue d’un syncrétisme entre, la biologie, la science des êtres vivants et d'autres disciplines telles que la microbiologie, la génétique, la biologie moléculaire, l‘informatique… Les biotechnologies sont apparues à la fin du XXe siècle et sont déjà présentes dans de nombreux domaines tels que la médecine, l’agriculture ou dans certains cas, l’industrie chimique. Ces innovations sont avant tout basées sur les principes de la transgénèse (mutation génétique) mais pourraient encore évoluer grâce aux progrès des nanotechnologies et de la bio-informatique. Dans le cadre officiel et gouvernemental, cette forme de convergence suscite déjà des polémiques d’ordre éthique chez le public notamment à cause de la notion de « brevetage du vivant ». Mais les évolutions et innovations possibles et envisageables ne sont pas négligeables et participent à scander le débat en deux (ex : vaccins pour la santé). <br />Contrairement aux idées reçus, le bio hacker n’est pas réductible aux propos déviants sur l’amateurisme irresponsable car c’est un mouvement composite. Il semble y avoir des revendications chez ces individus, des revendications anticonformistes allant jusqu'à l’expérimentation comme « revendication anti consumériste ». En effet, si l’on réduit ces pratiques au notions d’irresponsabilités et d’amateurisme, il semble légitime de rappeler les dégâts et les polémiques provoquées par Monsanto et certaines grandes firmes pharmaceutiques, qui manipulent la génétique et l’expérimentent sur les populations à des fins économiques. Afin d’éviter ce genre de pratique, les bio punks divulguent leurs connaissances de l'ADN sur la Toile, pour éviter que ce savoir fasse l'objet d'un monopole de la part des grandes entreprises. En cela, ces individus ne s’opposent pas à la nouvelle ère biotechnologique, bien au contraire, ils peuvent permettre d’accélérer les processus d’innovation scientifique en expérimentant et en faisant circuler leurs recherches et leurs découvertes.<br />Alors, pratique activiste, pratiques en lien avec les fondements et l’éthique scientifique ou, pratiques douteuses et dangereuses ? Quels est l’éventail des possibilités éthiques et performatives du bio hacking ? <br />Pour répondre à cette question nous allons étudier et approfondir le sujet en deux grands points. <br />Dans un premier temps, les apports possibles grâce à l’émergence du Web2.0 et au mouvement « Do It Yourself », en passant par les communautés et les grands noms formés autour de cet univers.<br />Dans un second temps, nous tenterons de vous exposer les dérives possibles de ce mouvement au niveau éthique et au niveau du contrôle, tout en finissant par les enjeux économiques.<br />I°) les apports possibles<br />• DIY et web 2.0<br />Depuis la naissance du web 2.0, on voit apparaitre des portails et des sites étiqueté Bio hacking proposant des documents, des liens ou l’achat de logiciel libre pour détenir les clefs du savoir et devenir bio hacker. Les nouveaux biologistes commencent à explorer les moyens d’effectuer les opérations de base sur l’ADN à l’aide d’un matériel à bas prix. <br />Ces progrès découlent de l’émergence même du web 2.0 qui «se caractérise principalement par la prise de pouvoir des internautes ». Avec l’émergence de plateformes, de blog et de forum, on accélère les processus d’échanges qui s’élargissent à l’échelle planétaire. Le web 2.0 devient « un socle d'échanges entre les utilisateurs, les services ou les applications en ligne» (Tim O'Reilly ; What is Web 2.0 ?) . Les usagers génèrent leur propre contenu, ce qui permet de développer leur rôle créatif et expressif. En d’autres termes, les principes de cette nouvelle distribution médiatique permettraient de mettre en avant l’intelligence collective et d’éviter la domination des grosses entreprises sur l’information. <br />Les pratiques qui émergent avec le mouvement militant du DIY ont une visée avant tout émancipatrice et généralement s’accompagne d’une idéologie alternative permettant de contrer les logiques de consommation capitalistes. Ce mouvement est sans doute apparu avec le mouvement punk des années 70 qui rejetait la nécessité de consommer et d’acheter des choses au profit d’une exploitation complète des systèmes ou procédés existant. Les fondements anarchiques de cette communauté sont à appréhender comme une proclamation d’indépendance et d’objection vis-à-vis de l’industrie et des grands groupes commerciaux. Le DIY prône la création et l’autodidactie, pousse les individus à faire un maximum de choses par eux-mêmes en recherchant la gratuité ou les prix faible, par opposition a la marchandisation dominante. Afin d’aplanir la hiérarchie du savoir, les bio punks ou bio hackers cherchent à briser les barrières institutionnelles ou industrielles et rendre la science aux citoyens. En diffusant leurs travaux et leurs recherches en open-source, ces individus espèrent voir fleurir de nouveau projets et devancer les firmes industrielles de biotechnologie et les multinationales.<br />• Communauté Multicompétante<br />La notion d’amateurisme régulièrement recensée semble erronée car la frontière entre le cadre académique et le cadre privé ressort de ces pratiques. En outre, la circulation de connaissance poussée prouve bien l’absence d’amateurisme et la volonté quasi-idéologique de démocratiser le savoir. Le militantisme à la sauce DIY est rapidement devenu une vraie communauté multicompétante en quête d’innovation. Il s’agit en fait d’une communauté composite « underground » d’intérêt commun. Réunis autour de leur passion pour la biologie moléculaire, les bio hackers promeuvent tous la même culture commune : celle d’un open-source génétique, où aucun gène ni génome n’est déposé sous licence mais doit rester libre d’accès pour tout un chacun. Cette communauté se compose d’une diversité d’ambition et peut rassembler des biologistes diplômés ou autres spécialistes ou des individus « autodidactes ». Leur but étant de mener leurs recherches librement, à l’écart des laboratoires officiels. Ces communautés se réunissent parfois en petit comité (DNA extraction Party ; Etats Unis) ou alors effectue leurs expérimentations de manière individuelle, chez eux, grâce aux open-source trouvés sur Internet. <br />Plus intéressant encore, sont les sites qui vous propose des « cours » afin de devenir soit même un apprenti Frankenstein au fin fond de votre garage (voir vidéo : DNA extraction). Il s'agit de matériel pour la plupart du temps recyclé, réparé. Dans l'article d'Yves Eudes, Kay Aull raconte comment elle s'est procuré son thermocycleur pour récuperer l'adn : " Neuf, il coûte 4000 dollars (environ 2800 euros). Je l'ai acheté d'occasion, sur le site d'enchères eBay, pour 59 dollars. Il était cassé, je l'ai réparé." . Elle explique que " Ces machines sont assez simples. Si elles sont chères, c'est parce que les seuls clients sont des entreprises et des universités avec de gros budgets. Du coup, les fabricants se prennent des marges bénéficiaires gigantesques." .<br />Du coup, ce genre de pratique, attire l’attention d’une poigné d’amateur curieux de découvrir ce passe temps à la fois instructif et ludique. C’est d’ailleurs cela que pointe du doigt les autorités, qui établissent une relation étroite entre amateurisme en biotechnologie et possibilités de bio erreur voir de bioterrorisme. En d’autres termes, ces pratiques attirent des individus venus de divers horizon  tels que des informaticiens, des biologistes, ou des artistes par exemple. <br />•Bio Art<br />Le bio-art est un courant dont le terme est apparu dans la presse pour caractériser le travail de certains artistes. <br />Eduardo Kac : Tout commence par un lapin vert fluo d’ Eduardo Kac, un artiste brésilien vivant aux États-Unis. Génétiquement croisé avec une méduse, il a la propriété d’avoir le bout des pattes, les oreilles et les yeux qui brillent si on l’éclaire à la lumière ultraviolette. C’est pour ce don " unique" que Kac a voulu en faire le centre d’une de ses œuvres et qu’il a persévérer dans le domaine de la manipulation génétique.<br />Natalie Jeremijenko ; est un ingénieur et techno artiste. Elle est actuellement professeur adjoint au Département des arts visuels à l’université de San Diego, où elle dirige la conception expérimentale de laboratoire. Artiste qui travaille à l’intersection de l’art contemporain, de la science et de l’ingénierie en biotechnologie.<br /> George Gessert : peintre qui a délaissé ses pinceaux et qui pratique désormais l’hybridation poussée de plantes. Il espère que le bio-art renforcera notre sensibilité écologique et mettra fin à la tradition occidentale de faire systématiquement de l’homme le centre de l’art. « Cet anthropocentrisme nous coupe des animaux et des plantes », déclare Gessert. « La génétique, en revanche, souligne les similitudes de toutes les vies. »<br /> <br />Oron Catts et Ionat Zurr : sont des artistes qui collaborent avec des scientifiques afin d’élaborer leurs œuvres. Ils se servent de la culture de tissu pour faire pousser des sculptures « semi-vivantes » ; ils élèvent des petites vestes de cuir « sans victimes », des « steaks de grenouille», ou des ailes de porc entre autres.<br /> Tout cela nous amène alors à réfléchir sur le rôle social des hackers, qui par leur volonté de donner le libre accès aux connaissances d'une classe sociale d'élite, participent à la remise en question des identités : qu'est ce qu'un scientifique ? Est-ce seulement la connaissance qui détermine son statut ? Ses découvertes ? L'ordre social remis en question va alors s'étendre lorsque les artistes vont expérimenter les méthodes du bio-hacking, et ce dans une volonté artistique, et pas forcément scientifique dans le sens ou règne l'importance de la découverte. <br />• Espoir scientifique :<br />Le bio hacker a la volonté d’exploiter toutes les possibilités liées aux sciences génétiques ; voir s’il n’existe pas des alternatives permettant la découverte et l’innovation en matière de biotechnologie. Il ne faut donc pas forcement associer ces pratiques à la notion de danger public. Car ces innovations peuvent influer de manière positive dans divers domaine tel que la santé, les technologies ou autres, permettant ainsi, d’améliorer les conditions de vie humaine. Ainsi, Kay Aull, s’est génotypée elle-même pour savoir si elle portait le gène de l’hémochromatose qui affectait son père. Les portes ouvertes vers la bio innovation sont nombreuses. Aujourd’hui déjà, on espère bientôt trouver les moyens de soigner le cancer, le SIDA. On compte déjà des découvertes intéressantes faites par les bio-hackers. Catherine Arull, à inventé un compteur biologique qui permet de compter en binaire, Jonathan Cline : Appareil qui mesure état métabolique de « Ketosis » (cétose, qui analyse le métabolisme, pouvant remplacer de manière plus efficace un test d'alcoolémie), et également, Rizgat Nella, qui à inventé un logiciel contrôlé pour étudier les formes de vie.<br />Même si aujourd'hui l'action des bio-hacker nous semble floue ou limité, les découvertes de ces derniers tendent tout de même à prouver qu'il y a réellement des possibilités d'innovation liées aux pratiques du bio-hacking. La visibilité qu'ils tendent à avoir sur le net prouve l'envie du mouvement de s'étendre davantage, de prouver également que dans un futur proche le bio-hacking pourrait devenir une pratique aussi courante et usitée qu'un loisir. On peut citer l'astrophysicien Freeman Dyson dans la New York Review of Books de juillet 2007 : “Concevoir des génomes deviendra une activité personnelle, une nouvelle forme d’art comme la peinture ou la sculpture. (…) L’étape finale dans la domestication de la biotechnologie sera la création de jeux biotechs, conçus comme des jeux vidéos pour les enfants à partir de la maternelle, mais joués avec de vrais oeufs et de vraies graines au lieu d’images sur un écran. Le gagnant sera le gamin qui créera les graines engendrant le cactus le plus épineux, ou celui dont l’oeuf donnera naissance au dinosaure le plus mignon.”. Ainsi, nait chez les bio-hackers l'utopie qu'un jour peu être, M. ou Mme Toutlemonde pourrait trouver une nouvelle bactérie, un médicament, une innovation quelconque dans son garage, un dimanche après-midi.<br />Toutefois il nous parait judicieux de modérer ces utopies mises en place par l'idéologie du bio-hacking. Car à partir du moment où le bio-hacker va travailler chez lui, se pose évidemment le problème de la sécurité : sa propre sécurité et celle de son entourage.<br />II°) les dérives et limites possibles<br />• Problèmes éthiques<br />Les dérives à la Monsanto en matière de biotechnologie, établissent des débats publics multipolaires .D’un côté on promeut ce genre d’activité à des fins de productivités et de l’autre, on déplore le manque d’honnêteté et l’irresponsabilité de la firme, qui aurait fait circuler ces OGM sans mesurer l’impact sanitaire sur les populations ou alors en les ignorants. C’est ce genre de pratique consumériste que dénonce le mouvement bio punk qui milite contre la détention de données publiques. Cependant, répandre certaines données pourrais s’avérer être un acte aussi irresponsable. Car, certaines expérimentations peuvent mener vers des erreurs ou vers des risques pour les populations : en cela, la maitrise d’une certaine éthique morale de responsabilisation est indispensable, car même si ce genre de pratique vise à aller à l’encontre du despotisme de certaines multinationales, elle peut aussi leur fournir les clefs d’un résultats désastreux et contre nature. Afin d’éviter ce genre de retournement de situations, grand nombre de cyberpunk s’interrogent sur les questions écologiques permettant de régler les problèmes actuels, en évitant les rives d’une innovation pouvant être utilisée à des fins économiques.<br />De plus, ces pratique suscitent des polémiques par le fait qu’il s’agisse de manipulation effectuer sur des organismes vivants, et donc qu’il s’attaquent à la plupart de temps à des cobayes (animaux, plantes, humains). Appliquée à la biotechnologie, les pratiques du DIY posent de nombreuses questions d’ordre déontologique et particulièrement lorsqu’il s’agit de manipulation génétique effectuées sur le vivant. En effet, nombreuses sont les personnes qui voient en ces pratiques des problèmes d’ordre moral et éthique. A partir de ces constations, la licence Open Source qu'envie tant la biologie à l'informatique devient alors une revendication source de ces mêmes problèmes éthiques : Peut-on faire la distinction entre vie bactériologique et une machine ? Y'en a-t-il seulement une dans les manipulations biologiques?<br />• Problème de contrôle :<br />La génétique en open-source pourrait-elle provoquer des catastrophes bioécologiques ?<br />Tout savoir est-il bon à diffuser ? Il semble se mettre en place des enjeux en termes de relation au monde vivant pouvant créer des problèmes de sécurité et des problèmes de modification de l’évolution biologique. En effet, certains bio punk ne se limitent pas à la transmission de donnés et vont parfois jusqu’a lâcher leurs prototypes et cobayes dans la nature. C’est le cas par exemple de Eric Engelhard, jeune scientifique californien qui lâcha des abeilles génétiquement modifiés, à l’encontre de toute légalité, dans l’écosystème. De plus, l’accès facile aux données suscite les craintes de la société, car elles peuvent être utilisées de manière irresponsable. <br />En effet, elles peuvent être utilisées et appliquées de manières dangereuses si on ne prend pas en compte tout les paramètres d’évolutions de ces organismes au sein de l’écosystème. D’ailleurs selon Jim Collins, professeur d’ingénierie biomédicale à l’Université de Boston, les challenges actuels autour de la biologie synthétique échappent à toute régulation de biosécurité, et pourraient provoquer des incidents sur les chercheurs et leur entourage. Pour Nicolas Bécard, chargé de mission appartenant au Secrétariat de la Défense Nationale Française, le contrôle des usagers apparait très compliqué. Pour lui, les particuliers et industriels doivent être formé à la vigilance, et il s’agit d’abord de responsabiliser les chercheurs en incluant dans les cursus des préventions sur la bio sûreté et la biosécurité.Par contre, selon Gérard Lambert, docteur en médecine et journaliste scientifique il est beaucoup plus plausible que le danger vienne de l’industrie plutôt que du bio hacking qui ne semble pas être une source de risque importante. Néanmoins, il semble bien pour lui qu’une nouvelle révolution industrielle soit en marche . Nicolas Bécard et Jean Pascal Zenders quant a eux, estime que certes la biologie synthétique présente des risques, mais le plus grand risque reste d’origine naturelle et qu’il ne faut pas perdre de vue tous les bénéfices.<br />Une conclusion quasi unanime est qu’aujourd’hui on ne sait pas encore faire beaucoup de chose avec les biotechnologies et donc qu’il faut modérer le débat en évitant de diaboliser ce genre de pratique et d’en négliger les bénéfices. Il est donc nécessaire de faire preuve d’humilité et de s’informer de toutes les innovations afin d’éviter les débordements par les industries ou par des individus sans scrupule. En d’autres termes, nous devons envisager une longue période de gestation et de prévention mais aucune autorité n’est spécifiquement responsable du contrôle de ce domaine. Toutefois, aux USA, on s'aperçoit de manière flagrante que la législation empiète considérablement sur les libertés individuelles. L'affaire Steve Kurtz en est un bon exemple, posant le problème de l'évolution des communications, notamment dans son aspect sécuritaire.<br />Steve Kurtz, professeur et membre fondateur de l'association Critical Art Ensemble s'est fait arrêté par le FBI, s'est vu confisquer son matériel et s'est retrouvé accusé de bioterrorisme. Toutefois cette accusation à fait échec suite à l'attestation du caractère inoffensif de ses recherches. On l'a alors inculpé pour « mail-faud », lui reprochant d’avoir illégalement reçu d’amis scientifiques des cultures de bactéries inoffensives qu’il aurait ensuite stockées chez lui pour son projet. L'Etat à eu recours à cette accusation de « mail-fraud » et de « wire-fraud » pour transformer ce délit d'offense civile en poursuite fédérale. Il semblerait que les raisons d'un tel acharnement et de ce revirement soient liées à une volonté de l'Etat américain de donner l'exemple, à la fois au niveau des opinions contre les intérêts américains (laboratoires, corporate science, augmentation du budget militaire en recherche biologique...) et à la fois pour donner une punition pour utilisation des circuits non officiels scientifiques. Le mouvement Critical Art Ensemble tentera de montrer que le gouvernement exploiterait la crainte du " bioterrorisme" chez le public, pour justifier les coûts des programmes de guerre biologique (argent qui pourrait être utilisé à la lutte contre les maladies par exemple). En 2008, Steve Kurtz à eu gain de cause après l'échec des accusations du FBI. Cette affaire permet de mettre en évidence l'action répressible, mais également le conflit qui découle des enjeux économiques liés au biohacking.<br />• Enjeux économiques :<br />L'affaire Kurtz met donc en évidence l'investissement des Etats Unis (plus de 55 milliards de dollars) dans la lutte contre le bioterrorisme depuis 2001. La peur de l’erreur biotechnologique est considérable dans ce pays où les pratiques de Bio hacking sont les plus nombreuses. <br />Il faut dire que l'acquisition rapide des connaissances scientifiques en biologie et le couplage avec la robotique et l'informatique, la concentration des sociétés de la bio-industrie entraînent un bouleversement des conditions socio-économiques mondiales. En effet, l’intérêt des biotechnologies couvre de nombreux champs de l’économie avec le nucléaire en tête. <br />Les notions de brevetage du vivant posent des questions d’ordre éthiques, pourtant ces questions ne sont pas récentes selon Franz Manni, journaliste du Monde diplomatique, qui rappel l’inauguration de Louis Pasteur et de sa souche de levure de bière datant de 1873. Mais selon lui, les évolutions rapides en la matière risquent d’amplifier la controverse.  «  Considérant le génome comme un patrimoine commun de l’humanité,  «  les opposants aux brevets estiment que les mécanismes cellulaires et l’information génétique doivent demeurer libres de droits ». Concernant les enjeux de propriété intellectuelle il semble coexister différentes modalités tel que le brevet, le copyleft, le domaine public ou une législation propre.<br />De plus, rappelons qu'un autre problème que pose les brevets est qu'ils protègent un produit final, mais également toutes les technologies qui ont permis de le produire. Ce qui fait que les scientifiques se retrouvent bloqués dans la négociation de chaque pièce de propriété intellectuelle, et ne peuvent pas toujours commercialiser le fruit de leurs recherches. Bryan Bishop, au sein du DIYBio fait remarquer que « dans la biomédecine, le fait de travailler dans ce système propriétaire couteux à des répercutions sociales importantes »,  « les forces du marché auront toujours tendance à diriger les grand acteurs du secteur à investir là ou ils sont susceptibles de rentabiliser leurs investissements. Et souvent, il n'est pas très bénéfique commercialement à l'industrie biomédicale de dévouer des recherches significatives pour dresser les besoins médicaux et sociaux, tels que des médicaments pour des épidémies courantes telles que la tuberculose ou la malaria ». Le biologiste Jay Keasling s'est rendu compte des répercutions sociales du système des brevets. Lui et son équipe ont reprogrammé un code génétique d'une cellule en lui insérant des cellules d'une plante créant un micro-organisme appelé artesemisinin, un puissant agent anti-malaria. Cette manipulation réduit le cout de production de l'artesemisinin à quelques centimes par dose, d'autant qu'il a offert le procédé gratuitement à ses collègues. Or, il souhaitait s'assurer que les patients bénéficient de cette réduction de cout, et à du collaborer avec Universitaires, Laboratoires, pour s'assurer que personne ne profite de son nouveau procédé, lui y compris. Cette anecdote illustre la problématique de l'exploitation de l'œuvre intellectuelle, si Kealsing n'eu pas été aussi philanthrope, une entreprise aurait pu générer de nombreux bénéfices en faisant payer de grosses sommes aux patients. Un autre exemple de l'utilisation abusive de brevets est le « patent-troll », qui consiste à ce qu'une personne ou une entreprise achète un brevet et exploite la propriété intellectuelle pour intenter des procès à d'autres firmes, augmenter les droits du brevet, bref, le rentabiliser sans se soucier des répercutions pour l'idéologie scientifique. Les tensions se situent entre les organismes privés, et la volonté des bio-hackers de rendre la connaissance publique. Comme on peut s'en douter, le manque à gagner pour les organismes privés est évident.<br />Conclusion :<br />De ce fait, les pratiques biohacking tiennent une posture ambivalente. Même si nous reconnaissons que ce mouvement est encore embryonnaire ; a ce stade de développement, le bio hacking engage avant tout la responsabilité personnelle du chercheur. <br />Les films d'anticipations ont déjà débattu des diverses possibilités d'application de la biologie synthétique. Peut être que, comme le disait célèbre astrophysicien Freeman Dyson, dans l’avenir,  « Concevoir des génomes deviendra une activité personnelle, une nouvelle forme d’art comme la peinture ou la sculpture. » .Ainsi, on peut entrevoir dans la dimension politique des modifications aux fondements premiers des pratiques biotechnologiques .Mais aussi, sans doute une alternative nouvelle aux conditions déontologiques des pratiques scientifiques.<br />Sources et Documents Annexes<br />(Bibliographique, webographie)<br />• Tim O'Reilly «  What is Web 2.0 ? »<br />•Joël de Rosnay : Masse média<br />• LE MONDE MAGAZINE, 04.09.09, 14h26, Envoyé spécial à San Francisco<br />• http://vivagora.org/ <br />• www.diybio.org <br />• http://delicious.com/<br />• http://www.transfert.net/Les-explications-genetiques-sont<br />• http://www.internetactu.net/2008/10/15/biohacking-a-lecole-des-apprentis-sorciers/<br />• http://perso.telecom-paristech.fr/~jenzri/<br />Documents /photos<br />

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