éTude sur l'emoloi informel en tunisie

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éTude sur l'emoloi informel en tunisie

  1. 1. L’EMPLOI INFORMEL EN TUNISIERapport d’étudeJuin 2013
  2. 2. 2Table des matièresSynthèse de l’étude........................................................................................................................... 41. Cadre, Objectifs et Approche Méthodologique de l’Etude........................................................... 61.1 Introduction............................................................................................................................. 61.2 Origine de l’enquête................................................................................................................ 61.3 Institutions impliquées dans l’enquête................................................................................... 71.4 Objectifs de l’enquête............................................................................................................. 72. Organisation et Exécution de l’Enquête........................................................................................ 82.1. Couverture de l’enquête........................................................................................................ 82.2. Sélection de l’échantillon....................................................................................................... 82.3. Traitement et analyse des données....................................................................................... 92.4. Limite de l’enquête et contraintes rencontrées .................................................................. 103. Profil des personnes interrogées ................................................................................................ 113.1. Un cadre familial élargi......................................................................................................... 123.2. Un faible niveau d’instruction.............................................................................................. 133.3. Une situation jugée non précaire vis-à-vis de l’emploi informel ......................................... 153.4 La recherche d’un autre emploi............................................................................................ 153.5 Le rejet et ses raisons d’une offre d’emploi.......................................................................... 193.6 Méconnaissance des démarches d’inscription ..................................................................... 194. Situation et expérience professionnelle antérieure.................................................................... 204.1 Caractéristiques antérieures des emplois informels............................................................. 204.2 Statut professionnel antérieur.............................................................................................. 205. Situation professionnelle actuelle............................................................................................... 235.1 Les secteurs des activités informelles interrogées................................................................ 235.2 L’auto emploi informel (indépendant / employeur)............................................................. 295.3. Les employés........................................................................................................................ 325.4 Les difficultés du métier de l’employé et les changements souhaités ................................. 336. Perception vis-à-vis de la situation actuelle et des structures officielles ................................... 34
  3. 3. 37. Les travailleurs informel et la perception de la couverture sociale............................................ 408. Linformalité chez les employeurs et les indépendants.............................................................. 459. Perception globale des travailleurs informels vis-à-vis de leurs situations ................................ 4810. Perception générale de la situation en Tunisie......................................................................... 5111. Annexe....................................................................................................................................... 55
  4. 4. 4Synthèse de l’étudeConscient de la situation de manque des données sur l’emploi informel, l’Association Tunisiennede la Gestion et la Stabilité Sociale (TAMSS), en collaboration avec différents partenairesimpliqués dans le développement du secteur informel : Global Fairness Initiative (GFI), Partnersfor Democratic Change et le Ministère Tunisien de la formation professionnelle et de l’emploi, ainitié ladite enquête dans le cadre du projet TILI (Tunisia Inclusive Labor Initiative). GFI ademandé l’expertise du bureau ISTIS pour mener l’enquête sur l’emploi informel dont onprésente ici les points frappant issus des résultats obtenus.Pour ce qui est des caractéristiques générales des interviewés, les résultats de l’enquête ontmontré que 66,2% sont des hommes contre 33,8% de femmes.Concernant le niveau d’instruction, on constate un taux d’analphabétisme qui estrelativement important puisqu’il se situe à l’ordre de 11,2% contre seulement 11,3% pourcelui du supérieur.Presque une personne sur dix (8,1%) est diplômée du supérieur (ingénieur, maitrisard ettechnicien supérieur) et exerce un emploi informel. Un tel constat peut être expliquédifféremment. Premièrement, l’élévation du niveau d’instruction ne semble pas constituerun obstacle pour exercer un emploi dans l’informel. En second lieu, il semble que l’état n’apas créé suffisamment d’emplois publics pour les diplômés du supérieur et/ou la politiqueadoptée depuis quelques années n’a pas cherché à développer un véritable secteur privéindépendant afin d’encourager la créativité entrepreneuriale de beaucoup de diplômés dusupérieur.Cette dernière explication avancée est confirmée par l’observation des taux d’insatisfactionvis-à-vis des performances du gouvernement provisoire qui sont très élevés : 92,7% pour lestechniciens supérieurs et 68,1% pour les maitrisards.Sur base des résultats, le secteur de lagriculture emploi la plupart des personnes avec30,6%, suivi par le secteur d’activité du commerce, mécanique auto et articles domestiquesde l’industrie avec un taux de 28,6%.Les travailleurs informels ne sont pas, dans une large mesure, informés sur les programmesd’insertion professionnelle et encore moins sur ce qui est insertion professionnel.Cela implique qu’une campagne de sensibilisation devra être menée pour infléchir l’attitudedes travailleurs informels tunisiens en faveur de ces programmes ou tout autre moyen deformation permettant l’accès à un travail formel.Le choix personnel (49,2%) et le besoin d’argent (48,5%) constituent, pour l’ensemble destravailleurs informels, les deux principaux facteurs qui les ont poussés à exercer l’activité oul’emploi actuel.Les indépendants informels entreprennent souvent à un âge relativement jeune. L’entréeprécoce dans l’activité pourrait s’expliquer par le fait que le statut d’indépendant informelne requiert généralement ni formation préalable, ni moyens matériels et financiersimportants.
  5. 5. 5La grande majorité des employés1(82,1%) ont utilisé les relations personnelles et/oufamiliales pour pouvoir accéder à leurs emplois actuels.Seulement 5,2% des employés ont une autre activité professionnelle en dehors de celleexercée actuellement. Ainsi, on atteste limportance du secteur informel en tant que uniquesource de revenus et, par conséquent il constitue le levier qui contribue à lamélioration desconditions de vie.Plus que 8 personnes sur dix (85,3%) des employés interrogées n’ont aucune indemnité :77,7% de ces personnes ont un revenu mensuel moyen inférieur à 200 Dinars.Presque la totalité des salariés n’ont pas de contrat de travail (97,6%).Concernant le degré de confiance en l’avenir, En moyenne, 22,7% des personnes interrogéesestiment que l’avenir est médiocre et 64,7% déclarent qu’il est moyen contre seulement12,6% qui pensent qu’il est bon. La région où le taux de réponse "Bon" est nettementsupérieur à la moyenne (12,6%) est Médenine (28,1%). Ce constat peut probablement êtreexpliqué par les caractéristiques spécifiques des activités informelles de cette région (leséchanges commerciaux illégaux avec la Lybie, …).Ceci nous donne un bref aperçu de ce qui se passe dans le secteur informel. Les détails del’information seront largement repris dans les sections qui vont suivre.1Les employés sont les salariés, les aides-familiaux et les apprentis.
  6. 6. 61. Cadre, Objectifs et Approche Méthodologique de l’Etude1.1 IntroductionLe travail informel en Tunisie fait partie de la réalité et des habitudes de la population. Il est enpleine expansion depuis déjà quelques années et sans doute accentuée depuis la révolution du14 Janvier 2011. Selon toute vraisemblance, le nombre de travailleurs dans l’informel va croîtredurant cette période difficile, post-révolution, dans la mesure où l’emploi informel joue un rôlede tampon en assurant aux ménages une source alternative de revenus.L’étendue et la source d’informations relatives aux activités économiques du secteur informelainsi que leur impact dans la croissance économique restent mal ou peu comprises, tandis que lataille dudit secteur reste toujours un défi de développement économique. Le phénomène del’informalité provoque ainsi de vraies difficultés.On ne peut comprendre l’emploi informel en Tunisie sans mesurer sa diversité : le phénomènetouche de nombreux secteurs – BTP, commerce, services et agriculture – et prend différentesformes – entreprises non immatriculées, travail soi-disant indépendant et sous-déclaration desrevenus. Si certains choisissent délibérément de quitter le système formel, d’autres sont obligésde recourir au travail informel pour vivre.La présente enquête sur l’emploi informel en Tunisie est la première du genre à être exécutée eta connu les grands défis de manque de référence pouvant faciliter la comparabilité. L’autre granddéfi qu’il faut soulever se rapporte à l’absence d’une définition claire de l’emploi informel, ce quiamène les gens à l’assimiler aux activités qui sont faites sans enregistrement, sans payer decotisation, sans couverture sociale, … toutes ces activités qui échappent au contrôle, à laréglementation, à la comptabilité de l’Etat.La définition théorique de l’emploi informel retient pas mal de ces caractéristiques. En effet, enlangage courant, ce terme est utilisé pour designer des activités illicites ou illégales d’individusqui agissent, seuls ou forcés, dans un but d’évasion fiscale ou de contournement de la législation.Il convient cependant de noter que cette définition peut s’élargir à d’autres caractéristiquesentre autre la précarité du milieu de travail, la prédominance des relations familiales (faible tauxde salarisation) et le faible niveau de qualification de la main d’œuvre et la quasi absence d’unecomptabilité.1.2 Origine de l’enquêteL’idée de mener une enquête sur l’emploi informel en Tunisie fut dictée par le manque crucialdes données fiables sur ce secteur peu ou mal connu alors qu’il occupe une partie importante dela population tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Par ailleurs, toutes les informationsdisponibles à ce jour se basent sur des estimations sommaires faites le plus souvent à la hâte enfonction de la nature et de l’urgence de la demande du moment. Le FMI, comme lUtica, oulAgence Nationale de l’Emploi et du Travail Indépendant (ANETI), en passant par lInstitutnational de la statistique (INS) chacun dispose de son estimation quant à lampleur de cephénomène. La seule source valable, aujourd’hui, sur le secteur informel est celle présentée par
  7. 7. 7Nidhal Ben Cheikh2estimant le nombre de travailleurs informels à 961 mille personnes en 2010,soit 37% des travailleurs dans le secteur privé.Le déficit de connaissances vis-à-vis du secteur de l’informel constitue un frein pour lesorganismes chargés de développement et ne permet pas de fournir les outils adaptés pour aiderces populations à sortir de l’informel.1.3 Institutions impliquées dans l’enquêteConscient de cette situation, l’Association Tunisienne de la Gestion et la Stabilité Sociale(TAMSS), en collaboration avec différents partenaires impliqués dans le développement dusecteur informel : Global Fairness Initiative, Partners for Democratic Change et le MinistèreTunisien de la formation professionnelle et de l’emploi a initié "lenquête sur lemploi informel".Notons également d’autres institutions considérées comme principaux consommateurs et ouutilisateurs de premier plan des données à produire. Il s’agit entre autre de l’INS et du Ministèredes Finances. Cependant, lors l’analyse des données, quelques universitaires ont été approchésde part leur expertise dans les différents thèmes d’analyse.Cette enquête a été donc conçue pour produire les données fiables susceptibles d’informer lesdécideurs politiques pour un meilleur ciblage des interventions visant la réalisation des objectifsde développement de moyen et long terme.1.4 Objectifs de l’enquêteDans le contexte actuel de la Tunisie, l’enquête sur l’emploi informel se propose de récolter del’information fiable, d’étudier et d’analyser la structure ainsi que la dynamique de l’emploiinformel, particulièrement en termes de création d’emploi et de création des richesses. Ce genred’information et d’analyse est de nature à faciliter l’amélioration des politiques et desinterventions du cadre national de lutte contre la précarité de l’emploi, le chômage et lapauvreté.L’objectif principal de cette étude est de fournir des informations statistiques sur l’opinion destravailleurs dans l’informel sur leurs Connaissances, leurs Attitudes et leurs Pratiques vis-à-vis dutravail informel et des difficultés d’accès à un travail formel. Cette enquête essaye d’apporter leséclairages nécessaires sur :Les caractéristiques sociodémographiques des travailleurs informels.Les caractéristiques des ménages des travailleurs informels : nombre d’actifs, nombre desans-emploi, possession des biens d’équipement …Les qualifications des travailleurs informels et leur niveau d’éducation.La situation professionnelle actuelle : durée et type d’activité, permanence dans l’activitépratiquée, satisfaction vis-à-vis de la situation actuelle, recherche d’emploi permanentdans le secteur formel, prédisposition et conditions salariales pour accepter un emploiformel.L’expérience professionnelle antérieure : chômage (durée), type d’activité éventuelle,changement d’emplois...2Colloque International sur l’Extension de la Protection Sociale du 18 au 19 Octobre 2012 – Skhirat - Maroc
  8. 8. 8L’attitude et la perception des travailleurs informels vis-à-vis de l’adhésion aux structuresofficielles (CNSS, CNAM, UGTT…).Les représentations sociales des travailleurs informels du rôle de l’Etat et des structurespublics.Les limites des horizons de connaissance des travailleurs informels vis-à-vis desprogrammes d’insertion professionnels.Les mouvements migratoires des travailleurs informels.Les obstacles perçus par les travailleurs informels sur la formalisation dans l’emploi.La volonté à participer à une formation qualifiante et les barrières sociales, économiqueset culturelles à accéder à une qualification.Permettre aux planificateurs et autres décideurs de disposer d’informations en vue de lamise en place de politiques et de stratégies de développement du secteur informelnotamment dans le cadre de la réduction de la pauvreté2. Organisation et Exécution de l’Enquête2.1. Couverture de l’enquêteComme nous l’avons évoqué plus haut, l’appréhension de l’emploi informel en Tunisie, se heurteà un grand défi majeur de la définition claire et de délimitation des activités économiques quirentrent dans ce secteur.Les régions d’enquête se sont précisés au fil des entretiens avec les institutions et les acteursassociatifs. Le premier critère de choix dans la sélection des régions a été la concentration detravailleurs indépendants informels ainsi qu’un taux élevé d’habitation et de chômage. Ensélectionnant des régions avec une forte concentration du phénomène, on s’intéresse à desterritoires où le secteur informel occupe une place structurante car il représente l’essentiel del’activité ainsi qu’une part non négligeable des revenus.Dans notre cas d’étude, les individus retenus qualifiés d’employés informels remplissent de façonnon cumulative, la majorité des critères qui définissent l’emploi informel. Ces individus étantinterviewés dans les lieux de travail en milieu rural, dans les marchés ou sur les axes routiers(souvent des quartiers spontanés) en milieu urbain ainsi que ceux opérant à domicile en dehorsdes endroits précités.2.2. Sélection de l’échantillonLa seule source valable, aujourd’hui, sur le secteur informel est celle présentée par Nidhal BenCheikh 3estimant le nombre de travailleurs informels à 961 mille personnes en 2010, soit 37%des travailleurs dans le secteur privé.L’univers de l’enquête est donc défini par les 961 mille personnes, et l’unité d’observationstatistique est le travailleur informel. Léchantillon est représentatif de toutes les unités incluses3Nidhal Ben Cheikh écrit dans La Presse du 2 janvier 2013 : «Sen dégagent des résultats inquiétants rien que pourlannée 2010 : 37% des emplois occupés dans le secteur privé sont informels correspondant à une population de961.000 personnes. Comparé au secteur privé non agricole où le taux demplois informels est de lordre de 33% soitune population de 665.000 occupés, les niveaux demplois informels sont de loin plus élevés au niveau du secteur privéagricole qui affiche un taux préoccupant de 52%.
  9. 9. 9dans la base de sondage. Donc, les inférences se sont faites seulement sur les unités dans leszones qui ont été couvertes par le sondage.La théorie des sondages utilise des méthodes statistiques avancées pour calculer un poids (oupondération) à chaque individu et rendre la répartition de l’échantillon comparable à celle de lapopulation totale par rapport à certaines variables clés (appelée variables auxiliaires). Lescoefficients de redressement seront affectés aux individus ayant participé à l’enquête. Le calculdes coefficients de redressement s’effectue après la phase de saisie et d’apurement des données.Par ailleurs, vu le manque flagrant des ressources disponibles pour l’enquête sur l’emploiinformel, la taille de léchantillon maximale a été établie à approximativement 1200 unités.En effet, la taille de léchantillon pour une enquête est déterminée par la précision exigée pourles principales estimations de lenquête pour chaque domaine, aussi bien que par les ressources(financières et humaines) et les contraintes opérationnelles. Lexactitude des résultats delenquête dépend à la fois de lerreur déchantillonnage, et des erreurs non dues àl´échantillonnage. Par conséquent, il est important que la taille de léchantillon totale soit géréeafin d’obtenir des données d’une bonne qualité et pour maintenir des contrôles opérationnels.Ainsi, la taille de léchantillon maximale est principalement déterminée par le niveau deressources disponibles afin de pouvoir assurer le contrôle de la qualité pendant la collecte desdonnées.2.3. Traitement et analyse des donnéesVingt enquêteurs et trois coordinateurs ont été mobilisés pour la réalisation de cette enquête quis’est déroulée du 14 au 30 Avril. La formation préalable des enquêteurs a été effectuée aubureau d’ISTIS à Tunis en présence de deux responsables de Global Fairness Initiative. La saisiedes données a débuté à la fin de la première semaine du mois de Mai, presque une semaineaprès la collecte des données de l’enquête sur le terrain et terminée le 25/05/2013, dans leslocaux du bureau d’ISTIS. La saisie des données a été réalisée en utilisant le programme CSPro. Leprogramme est un système de saisie de données interactif qui peut contrôler l’acceptabilité descodes des réponses, suivre les sauts et les filtres dans le questionnaire et contrôler la cohérencedes données au fur et à mesure qu’elles sont introduites. CSPro ressemble à un éditeur debureau assisté par ordinateur. CSPro ne permettra de saisir aucune donnée qu’il juge en dehorsde l’étendue.L’équipe de saisie des données était composée par 3 agents de saisie, d’un superviseur et d’unepersonne chargée de la vérification. Cette équipe est dirigée par le programmeur. En cas d’unproblème relatif au travail de saisie, l’opérateur de saisie devait d’abord s’adresser ausuperviseur. Dans le cas où aucune solution n’est trouvée, ils pourraient ensemble consulter leprogrammeur.Les questionnaires ont été saisis par région administratif. Les données, pour chaque région, ontété introduites dans un fichier de données séparé, sur le disque dur de l’ordinateur, plutôt quedans un seul grand fichier. Il en est ainsi afin de se protéger contre les grandes pertes de donnéescausées par une défaillance du logiciel ou du matériel. Avant que la région n’arrive à la saisie, lafarde des questionnaires devait d’abord être vérifié et bien ordonné. Un double saisi de tous lesquestionnaires a été effectué pour vérifier les erreurs.
  10. 10. 10Pour ce qui est du contrôle de qualité et de l’édition des données, l’opération s’est déroulée enmême temps que la saisie de données. En cas d’incohérences, les questionnaires étaient revus etles questions recodées quand les réponses correctes pouvaient être déterminées.2.4. Limite de l’enquête et contraintes rencontréesL’enquête sur l’emploi informel en Tunisie telle que nous l’avons conçue peut être considéréecomme étant la première du genre.L’absence d’une définition claire de l’emploi informel adaptée pour le cas de la Tunisie reste ungrand défi à relever. Enfin, l’approche méthodologique mérite d’être raffinée pour les enquêtesultérieures du genre.S’agissant des contraintes, certaines sont d’ordre structurelles, d’autres étant conjoncturelles.Bien que l’enquête a été bien perçue par l’ensemble des interviewés, il est à signaler que lecontact a été quelque peu difficile dans les quartiers populaires où l’on s’interroge beaucoup surles avantages d’une telle investigation et s’il n’y a pas « d’engagement » de leurs parts suite àleurs réponses. Par ailleurs, l’interview des salariés sur leurs lieux de travail a été assez délicatesurtout en présence des employeurs dont quelques uns tentent de cacher la situation irrégulièrede leurs employés vis-à-vis de la CNSS. Enfin, l’expérience sur terrain a montré que pas mald’activités informelles en milieu rural ouvrent certains jours de la semaine (jours du marché). Parailleurs, la coïncidence de la période de l’enquête avec celle des revendications socialesintensives a eu comme conséquence l’allongement du calendrier des activités de terrain (avecdes implications budgétaires non moindres).La majorité des personnes enquêtées a répondu avec aisance aux différentes questions duquestionnaire tout en saisissant la portée de celles-ci. Cependant, certaines questions ont suscitédes réactions diverses. On en cite quelques unes (Cf. annexe 1, questionnaire de l’enquête) : Réticence à déclarer le revenu Réticence des employeurs à fournir le nombre des employés (D18) Connaissance des personnes qui travaillent dans des petits boulots (E38a) Partie F. Perception générale de la situation en Tunisie : réticence à s’impliquer, à donnerun jugement sur les performances de gouvernement provisoire (F5) et à confirmer ounon l’intention de participer aux prochaines élections (F7), ce qui a amené quelquesenquêtés à refuser de communiquer leurs numéros de téléphone.
  11. 11. 113. Profil des personnes interrogéesL’enquête a été réalisée auprès de 1203 personnes des deux sexes, âgées de 15 ans et plus etexerçant un emploi informel, c’est-à-dire les personnes non affiliées à la CNSS essentiellement,qu’elles soient des indépendants, des employeurs ou des salariés. Les actifs en chômage sont dece fait écartés du champ de l’enquête, ainsi que les ouvriers des chantiers de développement.Le tableau 1 ci-dessous indique que parmi les 1203 entretiens, 19,2% ont été réalisés sur ledistrict de Tunis (Ariana, Ben Arous, La Manouba et Tunis), 15,6% sur le gouvernorat du Kef,15,2% sur Kasserine, 18,5% sur Gafsa, 18 % sur Sfax et enfin 13,5% sur Médenine. Plus des deux-tiers (70,3%) des interviewés sont originaires de la délégation où ils ont été interrogés.Répartition de l’échantillon de l’étude selon la régionDistrict de Tunis Le Kef Kasserine Gafsa Sfax MédenineEffectif 231 188 183 222 217 162Pourcentage 19,2% 15,63% 15,21% 18,45% 18,04% 13,47%Tableau 1De même, les résultats de cette enquête ont révélé que 66,2% des personnes interrogées sontdes hommes et 33,8% des femmes. Notons que la proportion des femmes actives occupéessélève, selon les données de lINS, à 25% dans tous les secteurs. Ce qui indique une présenceplus forte des femmes dans le secteur informel par rapport à lensemble des secteurs.En examinant la structure de la population active occupée exerçant dans le secteur informelselon l’âge (cf. Graphique 1 ci-après), on remarque que cette population est relativement jeune.Plus précisément, le taux relativement est relativement élevé des actifs occupés dans l’informelayant un âge inférieur ou égal à 39 ans (68,6%). Cette forte présence des jeunes est observéeaussi bien dans les villes que dans les campagnes. Ce même graphique 1 montre que lespersonnes âgées de moins de 20 ans ne constituent que 3,5% de la population active informelle,33,7% sont âgées entre 20 et 29 ans, 31,4% ont pour âge entre 30 et 39 ans, 20,8% ont entre 40et 49 ans et 10,6% ont 50 ans et plus. Ainsi, les résultats de l’enquête révèlent que la moyenned’âge des deux-tiers de la population des travailleurs informels est de l’ordre de 30 ans.Graphique 10%10%20%30%40%50%Moins de 20 ans 20-29 30-39 40-49 50 ans et plus3,5%33,7%31,4%20,8%10,6%Répartition par tranche dâge
  12. 12. 12Concernant les revenus mensuels des ménages des travailleurs informels, le graphique 2 ci-dessous résume les informations collectées de l’enquête qui permettent d’obtenir une vue surles niveaux et sur la répartition des revenus des travailleurs informels en Tunisie.Graphique 2Il ressort ainsi de cette étude, que plus des deux-tiers (72,4%) des ménages des travailleursinformels perçoivent un revenu mensuel inférieur à 600 DT. Par ailleurs, l’examen de la structuredes tranches de revenus selon la source des données montre que seulement 5.9% des ménagesont un revenu mensuel supérieur ou égal à 1000 DT.3.1. Un cadre familial élargiL’environnement familial des travailleurs informels abonde. En effet, en ce qui concerne l’étatmatrimonial, il apparaît que plus que la moitié (50,8%) de l’ensemble des travailleurs informelssont mariées contre 45,9% qui sont des célibataires. Les familles sont nombreuses : presque lequart vivent dans des ménages composés de quatre (25,7%) ou cinq (22,8%) individus. Seulement2,9% des personnes interrogées n’ont pas, ou plus, d’enfant à charge, en revanche, 20,9% ont aumoins trois enfants à charge. Loin de se résumer à la seule cellule familiale nucléaire, 23,6% ontau moins une personne de proches à charge dans la famille. Ainsi, il est difficile d’appréhenderpleinement le secteur informel si on déconnecte ces travailleurs de leur environnement familial.Presque la moitié des personnes interrogées (44,3%) vivent dans des familles où une seulepersonne est active, en revanche, la proportion de familles où deux personnes sont actives est del’ordre de 36,8%. A souligner que parmi ces personnes, on retrouve presque le quart (23,9%) despersonnes qui vivent dans des familles où une personne est à la recherche d’un emploi, c’est-à-dire qu’il est chômeur.14,435,722,315,06,75,9< 200 DT[ 200 - 399 ][ 400 - 599 ][ 600 - 799 ][ 800 - 999 ]1000 DT et plusRépartition des travailleurs informels selon le revenu mensueldu ménage (en %)
  13. 13. 13Au-delà du fait que les taux des travailleurs informels sont sensiblement plus élevés chez leshommes que chez les femmes, des disparités en matière d’activité actuelle principale du conjointse constatent aussi. Le graphique 3 ci-dessous donne la répartition des principales actuellesactivités du conjoint, et montre que les activités femme au foyer et salarié(e) affichent les tauxles plus élevés.Graphique 33.2. Un faible niveau d’instructionIl est très intéressant d’aborder le sujet du niveau d’instruction des travailleurs informels pourpouvoir analyser les problèmes d’intégration dans le formel. Ainsi, dans le cadre de la présenteenquête, pour chaque travailleur informel enquêté, des informations sur le niveau d’instruction,sur l’alphabétisation et sur le diplôme le plus élevé ont été collectées.Des données de l’enquête analysées apportent des éléments d’éclairage sur l’alphabétisation etle niveau d’instruction des actifs occupés dans le secteur informel. En effet, à partir de ladistribution des travailleurs informels selon le niveau d’instruction (Cf. Graphique 4), on constateque le niveau d’éducation est très faible puisque 51,5% de la population sondée ont un niveauinférieur ou égal au primaire. De plus, presque un travailleur sur dix (11,2%) n’a pas été scolarisé.En revanche, seulement 37,3% sont allés dans un collège et/ou un lycée général, et 11,3% ont unniveau supérieur.Graphique 448,712,53,90,82,328,21,61,9Pas de conjointSalarié(e)Travailleur IndépendantPatronA la recherche dun emploiFemme au foyerRetraité(e)InvalideActivité actuelle principale du conjoint (en %)Non scolarisé11,2%Primaire 40,2%Secondaire37,3%Supérieur 11,3%Répartition des travailleurs informels selon le niveau dinstruction
  14. 14. 14Si l’on examine l’emploi informel selon le diplôme (Cf. Tableau 2) force est de constater que lamajorité (plus que les deux-tiers en moyenne, 68%) des travailleurs opérant dans le secteurinformel ne possèdent aucun diplôme. La possession d’un diplôme varie évidemment selon lescaractéristiques démographiques et socioprofessionnelles des enquêtés. Le taux général de nonpossession de diplôme est légèrement supérieur du coté des femmes (69,3%) contre ceux deshommes (65,2%).Le tableau 2 ci-dessous donne la répartition des travailleurs informels selon le type de diplôme eten fonction de la région où le travailleur informel exerce son emploi. L’analyse des donnéesrecueillies de l’enquête et résumées dans ce tableau 2 montre que le taux observé des nondiplômés le plus élevé (73,15%) est celui du District de Tunis suivi de celui d’El Kef (69,98%). Enparticulier, le premier taux peut être expliqué par le fait que l’emploi informel des non diplômésest très présent en ville pour plusieurs raisons : crises économiques, déclin de travaux formels,chômage, urbanisation, taille importante des activités informelles non localisées, etc. En plus, letravail informel a une fonction sociale et culturelle. Ainsi, on peut dire que les travailleursinformels non diplômés occupent une place prépondérante dans la population des travailleurs dusecteur informel, c’est-à-dire que la déqualification de ces travailleurs les oblige à travailler d’unemanière informelle.EnsembleDistrict deTunisEl Kef Sfax Kasserine Gafsa MédeninePas de diplôme 68,0 73,2 70,0 65,7 60,3 64,9 61,8Certificat daptitudeprofessionnelle (CAP) 4,7 6,6 0,4 4,0 7,3 1,6 9,5Brevet de technicienprofessionnel (BTP) 2,5 4,4 3,9 - 1,0 1,9 2,7Brevet de techniciensupérieur (BTS) 2,2 2,2 0,3 0,6 10,5 - 3,5Diplôme de formationprofessionnelle (DFP) 13,1 7,7 18,1 11,4 8,6 27,7 17,3Technicien Supérieur 2,8 1,3 5,6 5,7 0,1 1,1 2,0Maîtrise 4,8 2,4 1,8 10,1 10,0 1,6 1,8Ingénieur 39,0 - - 1,4 - - 0,8Autre 1,5 2,3 - 1,0 2,2 1,2 0,5Tableau 2Concernant la formation professionnelle, son rôle en tant que facteur de régulation du marchédu travail informel est très réduit. Selon les résultats de l’enquête, les travailleurs de l’informelqui ont fréquenté les établissements de la formation professionnelle constituent une proportionassez importante, environ 22,6% au niveau national. Ainsi, on peut affirmer que, sur base desrésultats de lenquête, les diplômés de la formation professionnelle sont assez préférés par lesemployeurs du secteur informel avec plus de 31,2% des employés dans la région de Gafsa.Par ailleurs, on observe qu’en général presque une personne sur dix (8,1%) est diplômée dusupérieur (ingénieur (0,4%), maîtrisard (4,8%) avec un taux largement supérieur à la moyennegénérale dans les deux régions de Sfax (10,1%) et Médenine (10%), et technicien supérieur(2,8%)) et exerce un emploi informel.
  15. 15. 153.3. Une situation jugée non précaire vis-à-vis de l’emploi informelNous avons cherché à recueillir l’information à la question « êtes-vous à la recherche d’un autreemploi ? » afin de pouvoir croiser cette information avec le degré de satisfaction sur la situationactuelle d’emploi. Les données du tableau 3 montrent qu’en moyenne presque 4 personnes surdix (35,4%) répondent par l’affirmative (52,3% et 43,5% pour les régions de Gafsa et Sfaxrespectivement). Ces résultats expriment ainsi une sorte d’insatisfaction non prononcée àexercer un emploi dans le secteur informel. Toutefois, ce jugement, en moyenne, semble être endésaccord avec l’hypothèse selon laquelle le travail précaire est un trait caractéristique del’emploi informel. Ces résultats sont restés presque inchangés lorsqu’ils ont été croisés avec lecaractère sexe. Nous reviendrons plus en détail sur cet aspect dans les sections qui suivent.3.4 La recherche d’un autre emploiLa tendance générale exprimée par le fait que presque quatre personnes sur dix désirent avoir unnouvel emploi nous a conduit à mieux explorer les réponses des individus de la population destravailleurs informels exprimant le souhait d’avoir un nouvel emploi. Les réponses de ces derniersont été croisées avec d’autres caractères. Les données du tableau 4 ci-dessous résument cesanalyses.Etes-vous à la recherche dun emploi ? (en %)District de Tunis El Kef Sfax Kasserine Médenine GafsaOui 23,04 43,49 28,08 19,58 11,43 52,3Non 76,96 56,51 71,92 80,42 88,57 47,7< 200 DT [200 - 399] [400 à 599] [600 à 799] [800 à 999]  1000 DTOui 39,04 36,56 30,88 32,45 39,06 39,35Non 60,96 63,44 69,12 67,55 60,94 60,65< 20 ans [20-29] [30-39] [40-49]  50 ansOui 58,9 50,48 35,04 19,58 11,43Non 41,1 49,52 64,96 80,42 88,57Néant Primaire Secondaire SupérieurOui 16,56 32,64 37,17 57,81Non 83,44 67,36 62,83 42,19Tableau 3En premier lieu, selon la région, on peut remarquer qu’i y a presque une parité des deux tauxpour les travailleurs informels des deux régions de Gafsa et du Kef. Cependant, presqu’unemoyenne de huit personnes sur dix qui n’est pas à la recherche d’un autre emploi, et ce pour lesquatre autres régions (District de Tunis, Sfax, Kasserine et Médenine).Pour ce qui du caractère revenu mensuel, on peut affirmer que ce dernier n’a pas eu d’impact surla variable recherche d’un autre emploi puisque les données semblent attester le constat général,à savoir que presque deux personnes sur 3 ne sont pas à la recherche d’un autre emploi. On peutainsi affirmer que le travail informel est, en grande majorité, la seule activité génératrice derevenus pratiquée par les travailleurs informels.Cependant, une certaine logique est confirmée en observant des disparités des réponses suite aucroisement avec le caractère tranche d’âge. Au-delà de l’âge de 40 ans, plus d’une personne surdeux n’est plus à la recherche d’un autre emploi (80,4% pour la tranche d’âge entre 40 et 49 ans,et 88,6% pour la tranche d’âge 50 ans et plus). Pour la tranche d’âge, 20 à 29 ans, seulement unepersonne sur deux est à la recherche d’un autre emploi, et en revanche les réponses presque serenversent en passant de la tranche d’âge moins de 20 ans à celle entre 30 et 39 ans. En effet,
  16. 16. 16pour les travailleurs informels ayant moins de 20 ans, 58,9% de ces derniers sont à la recherched’un nouvel emploi.Enfin, on souligne que parmi les personnes qui sont à la recherche d’un autre emploi, on retrouvepresque l’intégralité des personnes non scolarisées (83,4%) pour qui le secteur informel est laseule possibilité de travailler. A l’opposé, 57,8% de ceux qui ont un niveau d’instruction dusupérieur sont à la recherche d’un autre emploi, et sont par conséquent insatisfaits de leursituation d’emploi actuelle.Le graphique 5 ci-dessous montre la corrélation entre les deux variables recherche d’un autreemploi et le type de diplôme possédé par le travailleur informel. Malgré que le nombre detravailleurs informels qui sont en possession de diplôme d’ingénieur soit relativement faible, onconstate que plus de 9 personnes sur 10 parmi ces derniers sont à la recherche d’un autreemploi. A l’opposé, presque toutes les autres proportions sont en adéquation avec le constatgénéral.Graphique 5Interrogées sur le type de contrat d’emploi recherché, les réponses des travailleurs informels dela population qui est à la recherche d’un nouvel emploi sont résumées dans le graphique 6suivant.Graphique 6A partir des résultats résumés dans le graphique 6 ci-dessus, on peut constater que plus de troispersonnes sur quatre (76,5%) expriment le souhait d’avoir un emploi avec une couverturePas dediplômeCAP BTP BTS DFP Tech.SupérieurMaîtrise Ingénieur Autre30,051,1 50,944,936,457,069,49,935,970,048,9 49,155,163,643,030,690,164,1Etes-vous à la recherche dun emploi ? (en %)Oui NonCDAvSaAu51,776,578,93,748,323,521,196,3Type de contrat demploi recherché (en %)Non Oui
  17. 17. 17sociale. En revanche, une seule personne sur deux espère avoir un contrat de travail avec unedurée déterminée (CDD) et/ou un contrat de travail avec une durée indéterminée (CDI). Un telconstat de parité entre les vœux peut bien être expliqué par une mauvaise connaissance de cetype de contrat. Par ailleurs, il est bien entendu assez logique de rechercher un emploi avec unsalaire plus élevé (78,9%). Toutefois, on remarque que la couverture sociale n’a pas de poidsaussi important dans le souhait des travailleurs informels puisque seulement près du quart(23,5%) de la population souhaite avoir un contrat de travail avec une couverture sociale.En faisant le croisement des résultats résumés dans le graphique 6 ci-dessus avec le caractèresexe, les réponses recueillies suite à notre enquête sont résumés dans le tableau 4 ci-dessous.Type de contrat de travail recherché (en %)CDD, CDI Avec CNSS Salaire plus élevé AutreOui Non Oui Non Oui Non Oui NonHomme 55,2 44,8 75,8 24,2 79,6 20,4 1,0 99,0Femme 44,5 55,5 77,8 22,2 77,6 22,4 9,4 90,6Tableau 4Les différentes proportions résumées dans le tableau 5 ci-dessus sont en conformité avec lesrésultats du graphique 6.Par ailleurs, on peut affirmer que les chantiers de l’Etat (Hadhaer) n’ont presque pas enregistréune adhésion de la part des travailleurs informels. En effet, les résultats de l’enquête (voirGraphique 7) révèlent que presque 9 personnes sur dix (89,6%) n’ont pas eu l’occasion des’inscrire dans les chantiers de l’Etat (Hadhaer). Ce constat conforte probablement l’idée de laprécarité de ces emplois.Graphique 7Oui10,4%Non 89,6%Avez-vous essayé de vous inscrire dans les chantiers de lEtat ?
  18. 18. 18Interrogées sur le degré de connaissance vis-à-vis des programmes d’insertion professionnelle,l’idée des travailleurs informels sur ces programmes est plutôt faible (voir Graphique 8), puisquepresque de 7 personnes sur dix (68,6%) des travailleurs informels n’ont presque pas d’idée surces programmes d’insertion professionnelle. Ainsi, on peut bien affirmer que les travailleursinformels ne sont pas, dans une large mesure, informés sur les programmes d’insertionprofessionnelle.Graphique 8Interrogées sur le besoin de faire une formation afin d’accéder à un travail meilleur, les résultatsde l’enquête ont révélé que presque 9 personnes sur 10 (88,5%) ne sentent pas le besoin departiciper à une formation professionnelle afin de maximiser les chances d’accéder à un travailmeilleur. Le graphique 9 ci-dessous résume ces résultats. Il est à souligner qu’on retrouvepresque les taux de réponses négatives à cette dernière question lorsqu’on croise les résultats dugraphique 9 avec le caractère sexe : 89,37% pour les hommes contre 86,64% pour les femmes.Graphique 9IdéeMoyenne26%Idée Faible69%Bonne idée5%Quelle est votre connaissance des programmes dinsertionprofessionnelle ?Oui11,6%Non88,4%Avez-vous envie de faire une formation pour accéder à un travaimeilleur ?
  19. 19. 193.5 Le rejet et ses raisons d’une offre d’emploiInterrogées sur les deux questions s’ils ont déjà eu l’occasion de rejeter une offre d’emploidurant la période de recherche d’un nouvel emploi, et les raisons éventuelles de ce rejet, lesréponses des travailleurs informels de la population qui sont à la recherche d’emploi nousindiquent que presque 8 personne sur dix (79,6%) n’ont pas rejeté l’offre contre seulement20,4% qui ont répondu par l’affirmation. En cherchant à connaitre les raisons d’un tel rejet (bassalaire, le lieu de travail est loin, absence de contrat, absence de CNSS et de couverture sociale,etc.) les réponses des interviewés n’ont pas mis en évidence des disparités entre ces dernièresraisons. En effet, presque la totalité des personnes concernées a exprimé d’autres raisons quecelles évoquées dans le questionnaire (les taux de réponse négative varient entre 89,4% et99,3%).3.6 Méconnaissance des démarches d’inscriptionLa grande majorité (plus que 90% en moyenne) des travailleurs informels à la recherche d’unnouvel emploi ignorent les démarches à effectuer pour formaliser l’activité. Ils n’ont presqueaucune connaissance des différents moyens de recherche d’emploi. Assez logiquement,l’ignorance concernant l’inscription et les contacts avec les autorités s’occupant de l’emploi esttrès significative. Ainsi, on peut affirmer que les travailleurs informels ne sont pas, dans une largemesure, informés des différentes procédures administratives du pays. Par ailleurs, les résultatsde l’enquête révèlent que la proportion ne varie pas selon les différents caractères, à savoir, lesexe, la tranche d’âge, la possession d’un diplôme, le niveau du revenu mensuel du ménage, etc.Toutefois, la seule démarche qui parait être le moyen le plus utilisé est celle du contact par desproches ou amis : ainsi 24,7% des travailleurs informels à la recherche d’un nouvel emploiutilisent cette dernière démarche.Graphique 1013,84,98,04,8 4,78,124,786,295,192,095,2 95,391,975,30,020,040,060,080,0100,0Enregistrementaux bureauxdemploiContact desautorités localesCandidature àdes concoursEnvoi deréponse à desoffres demploiDépôt decandidaturesspontanéesConsultationdes offresdemploi parInternetContact par desproches ou amisMoyens de recherche demploi (en %)Oui Non
  20. 20. 204. Situation et expérience professionnelle antérieure4.1 Caractéristiques antérieures des emplois informelsLorsque les personnes enquêtées sont interrogées sur leur situation professionnelle antérieure(emploi, chômage, étude, formation et autre inactif), plus de la moitié de la population observée(51,3%) était dans une situation d’emploi. A l’opposé, 27,9% de la population était en chômage.Entre ces deux situations, trois groupes d’importance plus réduite se dessinent : le premier(8,9%) correspond à la situation d’étude, le second (6,3%) concerne la formation, et enfin letroisième (5,9%) correspond à toutes les autres situations d’inactivités. Les résultats de l’enquêteont révélés les résultats qui sont résumés dans le tableau 5 suivant.Situation professionnelle antérieure (en %)Masculin Féminin TotalEn emploi 62,38 29,58 51,31En chômage 21,01 41,52 27,94En étude 6,59 12,45 8,56En formation 6,96 5,06 6,32Autre Inactif 3,06 11,39 5,88Tableau 54.2 Statut professionnel antérieurParallèlement, et lorsqu’on demande à chacun de ceux qui se trouvaient en emploi de seprononcer sur les deux aspects suivants : en premier lieu sur son statut (permanent, occasionnel,stage, …), et en second lieu sur la situation professionnelle (patron, indépendant, salariépermanent, …), les résultats de l’enquête ont révélé les constats résumés dans les deuxgraphiques 11 et 12 ci-dessous.Graphique 11 Graphique 12Graphique 4Plus des deux tiers (67,4%) des travailleurs informels occupaient des postes de travail à titreoccasionnel. Seulement le cinquième de la population étudiée (21,9%) était en emploipermanent et 3,3% étaient en apprentissage. Le graphique 12 ci-dessous exprime une analyseplus fine du statut professionnelle antérieure du travailleur informel. En effet, environ 55%étaient des salariés occasionnels contre un taux de 21,1% pour les salariés permanents.Autrement dit, la proportion de statut professionnel antérieur de salarié occasionnel est plus quele double de celle de salarié permanent. Ce fait exprime ainsi la précarité de la situationantérieure des travailleurs informel qui pourra durer probablement dans le temps. Par ailleurs,21,967,41,5 3,3 5,901530456075Permanent Occasionnel Stage Apprentissage AutreStatut professionnel antérieur21,1%54,8%0,8% 13,6% 4,9%4,8%Situation professionnelle antérieureSalarié permanant Salarié occasionnelPatron avec salariés IndépendantAide familial Apprenti
  21. 21. 21seulement 13,6% des sondés étaient des indépendants et le taux de patrons avec salariés neconstitue que 0,8% de la population étudiée.Les travailleurs informels qui étaient en chômage avant doccuper lemploi actuel sont restésdans leur majorité (70,7%) pendant plus de deux ans à la recherche dun emploi. Ceux quidéclarent que la durée de chômage a duré entre une et deux années représentent environ 17%.Graphique 13Les entreprises embauchent les salariés majoritairement avec des contrats à durée limitée, soiten contrats à durée déterminée (CDD), soit en SIVP. Le stock de ces contrats reste cependantminoritaire. En effet, seulement 7,4% de l’ensemble des salariés des travailleurs informels sonten possession de contrat de travail. Parmi ces derniers, 47,2% déclarent qu’ils sont en possessionde contrat à durée déterminée (CDD). Les CDD, bien que minoritaires en termes de stock, sontutilisés par la très grande majorité des employeurs puisqu’ils jouent un rôle multidimensionneldans la gestion de la main-d’œuvre, dans un environnement d’information imparfaite surl’évolution de l’activité et de l’adaptation des salariés à l’activité. Du côté des salariés, occuper unCDD est une étape très fréquente en début de carrière professionnelle et constitue souvent untremplin vers des emplois stables. A l’opposé, 22,2% de cette population indiquent qu’elles sonten possession d’un contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Enfin, seulement 15,9% de cespersonnes étaient en stage d’initiation à la vie professionnelle (SIVP), qui n’est pas un contrat detravail, et 14,7% étaient en possession d’autres types de contrat ou d’accord. Les graphiques 14et 15 ci-dessous illustrent tous les résultats que nous venons de commenter.Graphique 14Graphique 15Le graphique 16 ci-dessous montre que les six régions ne partagent pas de la même manière cecaractère non formel des relations de travail entre employeurs et employés avec des extrêmes àInférieur à 6 mois7,2%Entre 6 et 12 mois5,2%Entre 12 et 24 mois17,0%24 mois et plus70,7%Répartition des travailleurs informels qui était au chômage selon ladurée de chômageAveccontrat7,4%Sanscontrat92,7%Répartition des salariés par possession decontratSIVP15,9%CDD47,2%CDI22,2%AUTRE14,7%Répartition des salariés par type decontrat
  22. 22. 22Sfax et Kasserine où le seul type de contrat est un CDD, et à El Kef où toutes les personnesconcernées ne disposaient pas réellement de contrat de travail mais plutôt sous forme de stage(SIVP). En revanche, on observe que dans la région de Gafsa la majorité (82,5%) de cettepopulation dispose d’un contrat de type CDD. Un tel résultat peut être expliqué par l’effortconsidérable joué par la plus grande société de cette région, à savoir la compagnie desphosphates de Gafsa (CPG), ainsi que la forte résistance des autorités syndicales afin d’absorberun plus grand nombre de chômeurs et par suite réduire l’emploi informel. Enfin, une sorte dediversité de relations entre employeurs et employés est assez significative dans la région dudistrict de Tunis.Graphique 16Comme l’illustre le graphique 17 ci-après, les résultats de cette enquête révèlent aussi que lesfemmes salariées parmi les travailleurs informels qui avaient un SIVP sont majoritaires (64,61%)contre seulement 1,69% d’hommes. A l’opposé, le taux de féminisation des CDD ne représenteque presque le sixième (9,97% contre 58,06%) de celui des hommes salariés parmi les travailleursinformels qui avaient un CDD. De même, on constate que la proportion d’hommes salariés parmiles travailleurs informels qui avaient un CDI est presque le double (24,8% contre 13,19%) de celledes femmes de la même catégorie.Graphique 17District deTunisEl Kef Sfax Kasserine Médenine Gafsa22,1%100% 100%49,7%82,5%22,1%100%8,3%17,5%28,7%42,0%27,2%Part de chaque type de contrat de travail parmi les emplois salariés du secteurinformel en fonction de la régionAutreCDISIVPCDDFéminin Masculin64,61,710,058,113,224,812,2 15,5Répartition des types de contrats selon le sexe (en %)SIVPCDDCDIAutre
  23. 23. 235. Situation professionnelle actuelle5.1 Les secteurs des activités informelles interrogéesLes résultats obtenus de cette enquête montrent aussi que l’emploi informel occupe une placeimportante tant en milieu rural qu’en milieu urbain. En effet, presque les deux tiers despersonnes interrogées (67,8%) exercent leur emploi en milieu urbain contre une proportion de32,2% de la population étudiée qui travaille en milieu rural. Ces proportions ne dépendentpresque pas de l’appartenance sexuelle (genre) des travailleurs informels.La répartition de l’offre d’emplois par branches d’activités économiques est une donnéefondamentale pour pouvoir dégager les branches les plus créatrices d’emplois. Le tableau 6 ci-dessous donne les secteurs des activités demployés travaillant dans le secteur informel. Ilindique aussi la proportion des employés informels ainsi que leur appartenance spatiale (parrégion). Il ressort de ce même tableau 6 que les activités informelles sont avant tout des activitéscommerciales et agricoles. Plus précisément, les résultats indiquent que pour les trois régions,District de Tunis, Kasserine et Gafsa, les activités les plus couramment pratiquées sont celles ducommerce, de la réparation automobile et les ventes des articles domestiques tandis qu’à Sfax, ElKef et Médenine, l’activité agriculture prédomine.Par ailleurs, il est à signaler qu’à partir des données du Tableau 6 ci-dessous que les activités dutransport, hôtellerie et restaurants constituent des activités relativement pratiquées par lestravailleurs informels et constituent ainsi des pôles d’attraction pour les travailleurs informels.Elles assurent respectivement 9,5% et 6% de l’emploi informel. De même, les branches "servicespersonnels" (3,5%) et "industries agricoles et alimentaires" (2,6%) constituent-elles aussi unesource non négligeable d’emplois informels.Enfin, au vu d’ensemble des proportions résumées dans le tableau 6 ci-dessous, on peut affirmerque la répartition des travailleurs informels met en évidence des différences assez significativesen fonction des régions, ce qui explique la diversité régionale des activités informelles.Secteurs des activités informelles interrogées (en %)Districtde TunisEl Kef Sfax Kasserine Médenine Gafsa EnsembleAgriculture 19,1 35,7 34,6 30,3 50,4 23,5 30,6Industries agricoles et alimentaires 2,8 3,1 1,8 3,8 2,1 2,0 2,6Industries textile, habillement, cuir et chaussure 2,7 0,9 2,6 2,2 1,1 6,9 2,4Travail du bois et fabrication darticles en bois 1,2 1,7 1,8 1,0 1,1 1,4 1,4Métallurgie et travail des métaux 2,3 1,1 1,4 1,6 1,6 2,1 1,7Autres industries 4,4 1,1 2,5 1,6 1,1 1,3 2,6Construction 1,7 2,1 2,0 0,8 1,3 1,5 1,7Commerce, réparation de véhicules et articlesdomestique 31,9 29,3 25,7 34,1 19,1 30,3 28,6Hôtels et restaurants 7,7 6,0 5,0 4,7 4,5 5,3 6,0Transports 9,1 9,9 9,8 10,9 7,4 11,5 9,5Communications 1,9 1,5 1,9 1,4 2,0 2,0 1,8Services personnels 4,6 3,1 2,6 3,4 2,6 4,9 3,5Autres services 10,7 4,7 8,3 4,2 5,8 7,3 7,8Total 100 100 100 100 100 100 100Tableau 6
  24. 24. 24Pour le secteur d’activité de l’agriculture, les résultats ont indiqué également que le nombred’hommes s’élève à 29,7% contre 32,3% de femmes. En revanche, pour le secteur d’activité ducommerce, de la réparation automobile et ventes des articles domestiques le pourcentage deshommes s’élève à 34,4% contre seulement 17,1% de femmes.Les résultats indiquent, par ailleurs, que la proportion des employés ayant un niveau supérieurn’est que de l’ordre 11,8% pour le premier secteur d’activité, contre 32,3% pour le deuxièmesecteur.Les femmes sont assez peu présentes dans le secteur "commerce, mécanique auto, et articlesdomestique", avec une part de 17,1%. Par ailleurs, ce taux est de l’ordre de 9,2% pour la branche"Hôtels et restaurants" et régresse à 0,1% au niveau de la branche " Métallurgie et travail desmétaux".Concernant les jeunes de moins de 20 ans, ils occupent à hauteur de 46% des emplois informelsdu secteur "agriculture" contre 40,1% pour les personnes âgées de 50 ans et plus. Les jeunes sontrelativement nombreux dans la branche "commerce, mécanique auto, et articles domestique"(32,6%). Par contre, ils sont peu présents dans la branche " Industries textile, habillement, cuir etchaussure ", avec une proportion de 0,3%.Secteurs des activités Non scolarisé Primaire Secondaire SupérieurAgriculture 51,0% 39,3% 20,7% 11,8%Commerce, mécanique auto, et articles domestique 17,1% 27,5% 32,0% 32,3%Autres 31,9% 33,2% 47,3% 55,9%< 20 ans 20-29 30-39 40-49  50 ansAgriculture 46,0% 20,4% 33,4% 35,0% 40,5%Commerce, mécanique auto, et articles domestique 31,1% 32,6% 27,7% 26,8% 20,7%Autres 23,0% 47,0% 38,8% 38,2% 38,9%Masculin FémininAgriculture 29,7% 32,3%Commerce, mécanique auto, et articles domestique 34,4% 17,1%Autres 35,9% 50,6%Tableau 7Concernant la répartition des travailleurs informels selon la caractéristique du lieu d’exercice deleurs activités, le tableau 8 ci-dessus résume les résultats obtenus de l’enquête. Il indique aussiles proportions des endroits d’exercice des activités informelles des acteurs selon l’appartenancesexuelle (genre).Lieu de travail (en %)GenreMasculin Féminin TotalEtablissement 31,8% 38,8% 34,2%Domicile 3,7% 21,3% 9,6%Un marché fixe 2,2% 1,0% 1,8%Marché éventaire en plein air 3,5% 0,1% 2,4%Chantier 1,9% 0,0% 1,3%Ambulant 28,1% 25,0% 27,0%Champs agricoles 18,7% 0,9% 12,7%Autre 10,1% 12,9% 11,0%Total 100% 100% 100%Tableau 8
  25. 25. 25Les résultats résumés dans le tableau 8 indiquent que le principal lieu d’activité estl’établissement (34,2%). Viennent ensuite la rue (ambulant avec une proportion de 27,1%), leschamps agricoles (12,7%) et le domicile (9,6%). En revanche, seulement 1,3% des travailleursinformels exercent leurs activités dans des chantiers et 1,8% sur des marchés fixes. En revanche,27 % des travailleurs informels exercent leurs activités sans lieux fixes (postes improvisés etambulants sur voies publiques ou marchés). Les résultats de ce même tableau 8 indiquentégalement que les femmes focalisent leur activité beaucoup plus dans les établissements (38,8%contre une moyenne générale de 34,2%), en tant que marchands ambulants (25%) et à domicile(21,3%).Par ailleurs, les résultats de lenquête indiquent que près de 80% des travailleurs informels ontcommencé leur activité à partir des années 2000. Ce constat confirme les difficultés structurellessocio-économiques déclenchées au début des années 2000 caractérisées par les déséquilibres dumarché de lemploi et les limites structurelles de léconomie tunisienne qui, malgré desperformances enregistrées au niveau macroéconomiques, narrivait plus à répondre à unedemande demplois de plus en plus importantes. Un marché demploi exclusif a pris de lampleuret le secteur informel est devenu le seul refuge à une demande additionnelle de plus en plusexigeante.Graphique 18L’Enquête sur l’emploi informel s’est également intéressée à connaître si les heuressupplémentaires sont payées ou non. Il en ressort des réponses des interviewées que presquepour 9 personnes sur dix (89,2%) ces heures supplémentaires ne sont pas payées. Analyséesselon les différents caractères : tranche d’âge, genre, lieu de travail, niveau d’instruction etpossession de diplôme, etc., la tendance générale ne montre pas de variation notable àl’exception du caractère niveau scolaire où les réponses positives et négatives sont de l’ordre dutiers et des deux-tiers (32,3% des sondés ont été payés pour les heures supplémentaires contre67,7% de personnes non payées).1,2 1,0 4,713,340,239,50510152025303540455055Avant 1970 1970-1979 1980-1989 1990-1999 2000-2009 2010 et aprèsRépartition des travailleurs informels selon lannée du débutdactivitéMasculin Féminin Totalen %
  26. 26. 26Nous avons aussi sondé sur la question si les travailleurs informels ont le droit à des congés et àdes repos en week-end. Les résultats de l’Enquête ont révélé les résultats résumés dans legraphique suivant.Graphique 19Les réponses des sondés (cf. Graphique 19) montrent que presque 3 individus sur dix (27,4%)n’ont jamais eu des congés et/ou des jours de repos, contre seulement 16,2% de la populationdes travailleurs informels qui ont eu tout le temps le droit à des congés et/ou de jours de repos.Toutefois, il convient de signaler que les réponses à cette dernière question ont révélé quepresque deux jeunes travailleurs informels âgés de moins de 20 ans sur trois (64,4%) n’ont jamaiseu des congés et/ou des jours de repos. Enfin, nous avons aussi analysé ces réponses avecd’autres caractères, et les résultats n’ont pas prouvé des différences significatives avec latendance générale.Le rythme des rentrées d’argent provenant de ces activités varie en fonction de nombreuxfacteurs (l’activité, le cycle, le moment de l’année, etc. …). Les règlements sont généralementjournaliers ou hebdomadaires. Le graphique 20 ci-dessous donne le revenu moyen mensuel dutravailleur informel pour l’année 2013 et pour la période d’avant 2011 (avant la révolution du 14janvier 2011). Il est à remarquer que presque une personne sur 2 (48,9% pour l’année 2013 et44,7% pour la période d’avant 2011) dispose d’un revenu mensuel moyen entre 200 et 399Dinars. En revanche, en moyenne seulement : 0,7% pour l’année 2013 et 0,9% pour la périoded’avant 2011, des travailleurs informels perçoivent un salaire supérieur ou égal à 1000 Dinars.Enfin, presque le tiers (28 % et 30,5%) de la population étudiée a un salaire mensuel moyeninférieur à 200 Dinars pour les deux périodes. Ainsi, on peut constater que le rythme des rentréesd’argent n’a pas été affecté par la révolution du 14 janvier 2011.Graphique 20Jamais27%Rarement31%Parfois26%Tout le temps16%Avez-vous le droit au congé ou à des jours de repos28,048,916,84,31,4 0,730,544,718,94,01,2 0,90,010,020,030,040,050,060,0< 200 DT [ 200 - 399 ] [ 400 - 599 ] [ 600 - 799 ] [ 800 - 999 ] 1000 et plusDistribution du revenu moyen en 2013 et avant 2011 (en %)2013 avant 2011
  27. 27. 27Le tableau 9 ci-dessous donne les proportions du revenu mensuel moyen pour l’année 2013 parsexe et par tranche d’âge. A partir de ces données, nous constatons les faits saillants suivants.L’écart de revenu mensuel moyen entre les hommes et les femmes est assez significatif. Presquela moitié des femmes (46,9%) perçoivent un salaire mensuel moyen inférieur ou égal à 200 Dinarscontre seulement 22,8% pour les hommes. Cependant, presque un homme sur deux (48,8%)perçoit un salaire mensuel moyen entre 200 et 399 Dinars. Aucune femme n’a un revenu moyensupérieur à 1000 Dinars par mois, en revanche la proportion d’hommes dont le salaire mensuelmoyen dépassant 1000 Dinars est de l’ordre de 1,3%.Les résultats résumés dans ce même tableau 9 indiquent que les jeunes gens, c’est-à-dire ceuxqui ont moins de 20 ans, sont les moins payés (58,43% pour les hommes et 41,31% pour lesfemmes). Par ailleurs, nous constatons que la distribution la plus répartie est celle qui correspondà la tranche d’âge 30 à 39 ans.Genre Tranche d’âgeMasculin Féminin < 20 ans 20-29 30-39 40-49 50 ans et plus< 200 DT 22,8 46,9 58,4 35,2 28,7 24,2 27,2[200 - 399] 48,8 35,7 41,3 48,9 43,5 42,6 42,4[400 - 599] 20,6 15,2 0,3 13,9 20,1 24,4 22,6[600 - 799] 5,0 1,8 - 1,9 3,3 6,6 6,7[800 - 999] 1,6 0,4 - 0,1 1,9 1,9 1,1[1000 - 1199] 0,5 - - - 0,7 0,3 -[1200 - 1499] 0,7 - - - 1,5 - -1500 et plus 0,1 - - - 0,3 - -Tableau 9Interrogés sur leur avis si l’activité ou l’emploi occupé réponde à leurs besoins, les travailleursinformels ont une opinion plutôt insuffisante à hauteur respectivement de 23,8% et 41,9%.Toutefois, 28 % des travailleurs informels l’estiment tout de même moyennement suffisantes (cf.Graphique 21).Graphique 21Le choix personnel (49,2%) et le besoin d’argent (48,5%) constituent, pour l’ensemble destravailleurs informels, les deux principaux facteurs qui les en poussés à exercer l’activité ouPas du tout suffisant Plutôt insuffisant MoyennementsuffisantPlutôt suffisant Largement suffisant01020304050Lemploi couvre t-il vos besoins ? (en %) Ensemble < 200 [200 - 399][400 - 599] [600 - 799] [800 - 999]1000 et plus
  28. 28. 28l’emploi actuel. Le graphique 22 ci-dessous résume les réponses des différents sondés sur lesdifférentes raisons qui les ont poussés à recourir à l’activité ou l’emploi informel.Graphique 22Interrogés sur leurs avis s’il y a une adéquation entre la formation de base et l’emploi occupéactuellement, 38,9% des sondés répondent positivement contre 61,1% qui jugent qu’il y a plutôtune inadéquation entre la formation de base et l’emploi occupé actuellement. Par ailleurs, letableau 10 suivant donne la répartition des acteurs selon le jugement d’adéquation oud’inadéquation entre formation de base et emploi actuel occupé, ainsi que les caractéristiquessociodémographiques, socioéconomiques et les aptitudes en éducation. Selon les données de cetableau 10, force de constater que l’emploi informel est relativement un refuge privilégié pour lespersonnes âgés de moins de 20 ans (adéquation avec un taux de 63,5%), pour les non diplômés.Caractéristiques du travailleurinformelRépartition du travailleur informel selon l’adéquation oul’inadéquation entre formation de base et emploi actuelAdéquation InadéquationGenreMasculin 44,2 28,4Féminin 55,8 71,6Tranche d’âge< 20 ans 63,5 36,5Entre 20 et 29 ans 32,6 67,4Entre 30 et 39 ans 44,7 55,4Entre 40 et 50 ans 39,6 60,450 ans et plus 32,4 67,7RégionDistrict de Tunis 33,7 66,3El Kef 50,2 49,8Sfax 47,8 52,2Kasserine 16,1 83,9Médenine 46,3 53,7Gafsa 28,7 71,3Niveau d’éducationNéant 33,5 66,5Primaire 44,1 55,9Secondaire 39,4 60,6Supérieur 23,9 76,2DiplômePas de diplôme 34,1 65,9CAP 55,0 45,0BTP 46,5 53,5BTS 49,1 50,9DFP 67,0 33,0Technicien supérieur 25,4 74,6Maîtrise 19,2 80,8Ingénieur 90,1 9,9Tableau 1050,8 51,5 81,6 90,0 98,8 96,6choix personnel Besoin dargent Impossibilitédaccéder à unemploi privé oupublicIntérêt à cet emploi Obligé Pass-tempsPourquoi avez-vous recours à cet emploi ? (en %)OuiNon
  29. 29. 295.2 L’auto emploi informel (indépendant / employeur)L’objet de cette section est d’approfondir l’analyse de l’emploi informel en étudiant lescaractéristiques propres à une sous-population de la population d’étude, à savoir celle de l’autoemploi (indépendants et employeurs informels). Pour ce faire, nous avons posé la question quipermette de classer tous les interviewées selon leurs situations actuelles d’emploi. Le graphique23 ci-dessous résume la répartition des sondés selon la situation d’emploi actuelle.Graphique 23Lanalyse des formes demploi dans le secteur informel (Cf. Graphique 23 ci-dessus) fait ressortirla prédominance de lauto emploi ("indépendants" et "employeurs informels") avec une part de39,5% de lensemble de lemploi informel, dont 31,4% dindépendants, et seulement 4,8% et3,2% demployeurs et d’aides familials. Les employeurs informels se définissent, comme étantdes personnes qui exploitent leurs unités de production informelles pour leur propre compte etqui emploient un ou plusieurs salariés.Un autre trait caractéristique du secteur informel est que les unités de production sont, enmajorité, composées d’une seule personne (47,9%). Les unités de production informelles ayantquatre personnes et plus ne forment que 8,7%. Enfin, les unités de production informelles ayant2 et 3 personnes respectivement constituent 34,4% et 9% de l’ensemble des unités du secteur.L’examen du profil sociodémographique des personnes occupées permet de dégager lesprincipales caractéristiques suivantes données par le tableau 11 suivant.Quelle est votre situationactuelle ?Genre Tranche d’âgeMasculin Féminin < 20 ans 20-29 30-39 40-49 50 ans et plusPatron avec des employés 5,9 2,8 0,0 1,5 5,8 9,5 5,0Indépendant 36,2 22,1 13,1 13,7 28,3 53,1 60,7Salarié permanent 19,7 16,1 9,3 25,0 19,8 13,5 7,0Salarié occasionnel 35,0 50,9 71,1 51,1 42,8 20,9 27,2Apprenti 1,5 2,0 6,1 3,9 0,4 0,0 0,0Aide familial 1,7 6,1 0,4 4,9 2,9 3,0 0,1Tableau 11 Environ 30,9% de la population d’auto emploi informel sont occupées par des femmes. Du point de vue âge, les jeunes de moins de 39 ans sont très représentés dans lapopulation des indépendants / employeurs informels. Les indépendants / employeurs de moins de 20 ans ne constituent que 13,1% Le lieu de travail des indépendants / employeurs est en général le cadre familial Près de 4 personnes sur dix ont un niveau d’instruction ne dépassant pas le primaire. L’examen des répartitions des indépendants / employeurs informels selon la formationmontre que les diplômés de niveau supérieur pourraient avoir moins d’incitation àPatron avec desemployés5%Indépendant31%Salarié permanent19%Salarié occasionnel40%Apprenti2%Aide familial3%Quelle est votre situation actuelle ?
  30. 30. 30accéder à ce statut. Seuls 0,7% des patrons avec employés informels disposent d’undiplôme de niveau supérieur, alors que 34,1% d’indépendants n’en ont aucun.L’entrée dans l’activité informelle pourrait s’expliquer par le fait que le statut d’indépendantinformel ne requiert généralement ni formation préalable, ni moyens matériels et financiersimportants. Ceci peut être constaté lorsque nous avons posé la question : « quel était votrecapital de départ ? ». Les réponses de l’enquête ont révélé les données résumées dans legraphique 24 suivant.Graphique 24La lecture de la distribution du capital initial selon le genre et le niveau scolaire montre que pourla tranche de capital de moins de 1000 Dinars, les deux taux d’indépendants de niveau scolaire« Néant » et « Primaire », à 62,3% et 59,2% respectivement, dépassent légèrement la moyennegénérale (56%).Quel est votrecapital initial ?EnsembleGenre Niveau scolaireMasculin Féminin Néant Primaire Secondaire SupérieurMoins de 1000DT 56,0% 56,3% 54,1% 62,3% 59,2% 50,3% 40,8%De 1000 à 2999DT 19,0% 16,4% 28,7% 18,0% 21,1% 16,3% 26,1%De 3000 à 4999DT 7,0% 7,0% 5,1% 10,5% 4,7% 7,3% 7,7%5000DT et plus 18,0% 20,3% 12,1% 9,2% 15,1% 26,1% 25,4%Tableau 12D’après le graphique 25 ci-dessous, la majorité des indépendants / employeurs du secteurinformel (79,4%) déclarent avoir recours à l’épargne personnelle ou familiale (héritage) commemoyen financier pour démarrer leur activité actuelle. Seuls 12% des individus sondés déclarentutiliser le prêt de la famille ou d’amis pour une telle action. Ce constat conforte bien l’hypothèseselon laquelle le statut d’indépendant informel ne requiert généralement pas de moyensmatériels et financiers importants.Graphique 25< 1000 DT56%[ 1000 - 2999 ] DT19%[ 3000 - 4999 ] DT7%5000 DT et plus18%Quel est votre capital initial ?79,49,812,03,420,690,288,096,6Epargne personnelle ou familiale(héritage)Crédit bancaire, crédit fournisseur oupréteur professionnelPrêt de la famille ou damisAssociation de microcréditQuelle est votre source du capital initial ? (en %) Oui Non
  31. 31. 31Tous les opérateurs économiques ont besoin d’un environnement favorable aux affaires pourmieux opérer et orienter leurs décisions d’investissement. En demandant aux indépendants /employeurs de se prononcer sur la qualité de l’environnement des affaires dans le secteurd’activité, les réponses recueillies lors de l’enquête attestent que les indépendants / employeursont une opinion plutôt mauvaise (49,5%) contre seulement 4,5% qui déclarent quel’environnement des affaires est bon. Ainsi, à lexception de la région de Sfax où ce même taux demauvaise appréciation (33,1%) est largement inférieur à la moyenne générale, on peut bienaffirmer que les tous les indépendants / employeurs sont plutôt mécontents du climat desaffaires dans ce temps, et ce indépendamment de leur âge, sexe, lieu de travail et niveau descolarité.Les différents indépendants / employeurs du secteur informel enquêtés ont révélé plusieursdifficultés ou contraintes rencontrées dans leurs activités, et qui peuvent par la suite bloquerleurs activités à différents niveaux. Ainsi, l’enquête a pu révéler que la grande partie desopérateurs informels (22,2%) évoque comme premier problème principal le coût élevé delapprovisionnement. La seconde contrainte citée par 19,9% indépendants / employeursconcerne le nombre restreint de clients, et enfin en troisième position le problème de la forteconcurrence indiqué par une proportion de 16,2% des sondés.Concernant les problèmes d’accident de travail, lorsque nous avons demandé aux indépendants /employeurs de se prononcer sur la question : « Qu’est ce qui se passe quand les employés sontblessés au travail? », les réponses recueillies lors de l’enquête ont révélé les constats suivants : Presque 2 personnes sur trois (61,2%) disent qu’ils se chargent de la totalité des dépensesmédicales, en revanche seulement 11,9% prennent en charge une partie des dépensesmédicales. environ 25 % déclarent qu’ils ne payent rien. Enfin seulement 1,3% déclarent que les dépenses médicales sont prises en charge parl’Etat.Il convient de signaler que lorsque nous avons ventilé ces dernières réponses avec différentscaractères, nous n’avons pas observé de différences à signaler à part le critère âge où nous avonsjugé utile de résumer ces réponses dans le tableau 13 ci-dessous.Quelle est votre situation actuelle ? Tranche d’âge< 20 ans 20-29 30-39 40-49 50 ans et plusJe me charge des dépenses médicales 6,6 61,1 69,8 82,3Je me charge dune partie des dépenses médicales 30,7 6,2 14,9 0,0Je ne paye rien 56,7 31,3 13,7 17,7Cest lEtat qui se charge de ça 6,1 0,0 1,6 0,0Autre 0,0 1,4 0,0 0,0Tableau 13
  32. 32. 325.3. Les employésL’employé, dit aussi salarié, se définit comme étant toute personne qui s’engage à mettre sonactivité professionnelle, moyennant une rémunération, sous la direction d’une autre personne.Pour notre échantillon, nous avons distingué deux types de salariés : les salariés permanents(18,5%) et les salariés occasionnels (40,38%). On constate que les salariés permanents sont assezreprésentés dans l’échantillon de l’étude malgré la tendance à les considérer comme minoritairedans l’emploi informel.Devant le développement du travail indépendant pour propre compte et la forte présence desunités de petite taille, le salariat reste peu répandu dans le secteur informel. Le taux de présencede salariés permanents du secteur informel est de l’ordre de 18,5%, contre un taux assez élevé(40,4%) de salariés occasionnels.Par ailleurs, la précarité de l’emploi n’encourage pas les salariés informels à prendre uneresponsabilité familiale. Ceci peut justifier qu’une grande partie de ces derniers sont descélibataires. La jeunesse des salariés informels et l’élévation de l’âge au premier mariage sont àconsidérer pour expliquer la prédominance des célibataires parmi les salariés informels.Les différents employés du secteur informel enquêtés ont révélé plusieurs moyens utilisés pouraccéder à leurs emplois actuels. Le graphique 26 suivant illustre les différentes réponsesrecueillies.Graphique 26Ce graphique 26 relate donc le fait que les relations personnelles et/ou familiales constituentpour une grande majorité (82,1%) d’employés le moyen qui a été utilisé pour accéder à l’emploiactuel et seulement 2,3% des employés ont obtenu leur emploi race au bureau de lemploi. Parailleurs, la ventilation par sexe, tranche d’âge, lieu de résidence, etc., indique que les tauxobtenus restent presque identiques, à l’exception du caractère type de diplôme en possession oùles avis de ceux qui possèdent soit un BTS soit DFP sont presque partagés pour le moyen« contact direct avec les entreprises ». Seulement 5,2% des employés ont une autre activitéprofessionnelle en dehors de celles qui sont exercées actuellement. Ce taux est tellementnégligeable qu’on ne peut en prendre en considération pour d’autres analyses. Ainsi, on peutattester limportance du secteur informel en tant que unique source de revenus et, par2,382,115,50,597,717,984,599,5bureau demploi Relations personnelles /familialesContact direct avec lesentreprisesAutrePar quel moyen avez-vous accédé à votre emploi actuel ? (en %)Oui Non
  33. 33. 33conséquent il constitue le levier qui contribue à subvenir aux besoins essentiels des employésinformels.Afin de soutenir ce dernier constat, nous avons demandé aux employés s’ils possèdent d’autressources de revenus. Environ 85,3% des employés interrogées ont déclaré n’avoir aucuneindemnité : 77,7% de ces personnes ont un revenu mensuel moyen inférieur à 200 Dinars. Enrevanche, 10,2% déclarent quils ont des activités complémentaires leur permettent de générerdes revenus supplémentaires (21,2% de cette catégorie ont moins de 20 ans). Enfin, seulement2,3% et 2,2% des employés déclarent qu’ils perçoivent respectivement des indemnités familiales(transfert) et des indemnités sociales. En général, presque la totalité des salariés n’ont pas decontrat de travail (97,6%). Ce taux décroît légèrement seulement pour ceux qui ont un niveau dusupérieur ou chez les techniciens supérieurs et les diplômes de le formation professionnelle.5.4 Les difficultés du métier de l’employé et les changements souhaitésLenquête s’est également penchée sur un certain nombre de changements souhaités de la partdes travailleurs informels ainsi que les différentes difficultés rencontrées dans leurs emplois.Comme l’illustre le graphique 27 ci-dessous, le principal souhait des employés est d’avoir unsalaire plus élevé (68,1% sont probablement insatisfait du revenu mensuel moyen). Les avis sontpresque partagés pour l’aspect sécurité sociale et médicale (54,9% sont pour contre 45,1% quipensent qu’un tel aspect de changement n’est aussi important). Ce constat peut être expliquépar une méconnaissance des avantages de la couverture sociale et médicale. En revanche,seulement 31,7% des enquêtés souhaitent avoir un contrat et une stabilité. Enfin, presque uneseule personne sur quatre (23,3%) espère changer les conditions de travail dans le but d’uneamélioration de ces dernières.Graphique 27Les résultats de létude ont révélé aussi que presque seulement une personne sur dix (11,6%) arencontré des difficultés dans son travail. Pour résoudre ces difficultés, seulement 3,9% dessondés ayant eu des difficultés dans le travail ont fait appel à des organismes.68,15,131,754,923,36,131,994,968,345,176,793,9Salaire plus elevéPlus de temps de reposContrat et stabilitéSécurité sociale et médicaleAmélioration des conditions de travailAmélioration des relations et récompenses des effortsQuels sont les aspects à changer pour cet emploi ? Oui Non
  34. 34. 346. Perception vis-à-vis de la situation actuelle et des structures officiellesRésultat attendu, la quasi-totalité des personnes interrogées nappartient à aucune association.La méconnaissance des activités de la société civile représente le principal obstacle à ladhésiondes travailleurs informels à des associations.Graphique 28 Graphique 29Le même résultat concernant lappartenance à un syndicat, plus de 99% ne sont pas syndiquéscar en majorité mal informés de leurs droits.Graphique 30 Graphique 31Oui1,5%Non98,5%Appartenez-vous à uneassociation16,7%68,4%7,9%2,4%3,7%0,9%Préfère évoluerindépendamment des autresNe connait aucune associationNe pense pas que lassociationpuisse aider les membresLes associations ne sont pasbien géréesNa pas assez de fondsAutreRaison de non appartenance à uneassociationOui0,6%Non99,4%Appartenez-vous à un syndicat66,0%32,5%1,5%Pas du tout informéMoyennement informéBien informéAvez-vous connaissance des loisprotégeant les ouvriers
  35. 35. 35Plus de 9 personnes sur 10 ne connaissent pas la réglementation concernant le salaire minimumgarantit.Graphique 32 Graphique 33Les mêmes proportions se retrouvent au niveau du degré de connaissance vis-à-vis des contratsde travail et du rôle de linspection du travail.Graphique 34 Graphique 35Même si lactivité informelle est jugée rentable par une proportion non négligeable, plus de lamoitié des travailleurs informels préfèrent avoir un emploi salarié et arrêter son activité. ENrevanche, près de 29% voudrait bien développer leurs activités pour en faire une entrepriseformelle.Graphique 36Oui10,0%Non90,0%Avez-vous idée sur la loi concernantle SMIGOui5,6%Non94,4%Avez-vous idée sur la loi concernantle SMAGOui8,5%Non91,5%Avez-vous idée sur la loi desdifférents contrats de travailOui5,6%Non94,4%Avez-vous idée sur la loi concernantle rôle de linspection du travail51,66,628,512,31,00 10 20 30 40 50 60Préfèrerait trouver un emploi salarié et arrêter…Aimerait trouver un emploi salarié et…Aimerait développer suffisamment son activité…Ne sait pas trop, cela ne dépend pas vraiment…AutreComment envisagez-vous votre aveniren %
  36. 36. 36Concernant les attentes des travailleurs informels vis-à-vis des autorités locales, plus de 30%déclarent quils nattendent rien du tout, ce qui dénote dune perte de confiance du citoyen àlencontre de ladministration locale. Parallèlement plus de 20% affirment que les autoritéslocales doivent aider les travailleurs informels à avoir un emploi formel et près de 15%demandent aux autorités de faciliter laccès à des crédits pour régulariser leurs situations etrendre les activités formelles.Graphique 370 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34Nattend rien du tout des autoritésEncadrer les compétencesCoordonner et encourager les nouveaux promoteursFournir un milieu socialAvoir une subvention mensuelle dincapacitéForunir des aides saisonnièresFaciliter laccès à un crédit pour faire un projetRecruter dans la fonction publiqueFournir des aides financièresAider à avoir une émancipation juridiqueFournir des logementsAider à avoir un travail officielRenforcer le soutien et la sécuritéFaciliter les procédures administrativesFaciliter lintégration dans les chantiersFournir la matière premièreDéfendre les employeursFaire connaitre les produits locaux et les…Avoir des locaux pour le travailRéduire la concurrenceOrganiser les secteursAttentes vis-à-vis des autorités localesMasculinFemininEnsembleen %
  37. 37. 37Au moment de lenquête, lactivité informelle est jugée rentable par 56% des personnesinterrogées, cette proportion remonte à 64% chez les femmes et 52% chez les hommes.Graphique 38La rentabilité des activités informelles décroit avec lâge du travailleur (76% chez les moins de 20ans, contre 41% chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Les activités informelle sont estiméesplus rentables dans les régions Est du pays et dans la capitale.Jugement sur la rentabilité de l’activité selon l’âgeMoins de20 ans20-29 30-39 40-49 50 ans etplusNest pas rentable 9,0 8,3 8,0 7,1 20,4Permet juste de couvrir les charges 14,9 32,8 33,0 40,3 38,7Est rentable 76,1 58,9 59,0 52,6 40,9Tableau 10Jugement sur la rentabilité de l’activité selon la régionDistrictde TunisNord-OuestCentre-EstCentre-OuestSud-Est Sud-OuestNest pas rentable 15,5 9,9 3,8 10,6 1,3 10,3Permet juste de couvrir les charges 29,4 50,3 31,4 35,3 35,4 35,7Est rentable 55,1 39,8 64,8 54,1 63,3 54,0Tableau 15Selon le niveau déducation, le jugement sur la rentabilité des activités informelles semblenuancé. En revanche lactivité informelle devient de plus en rentables chez les personnes ayantdes revenus relativement faible. En effet, plus de 77% des personnes ayant un revenu inférieur à200 dinars par mois estiment leur activité rentable, en revanche ceux qui ont un revenu élevé(1000 dinars et plus) ne sont pas nombreux à juger leur activité informelle rentable (16,7%).56,3 52,364,234,4 37,428,59,3 10,3 7,40%10%20%30%40%50%60%70%80%90%100%Ensemble Masculin FémininJugement sur la rentabilité de l’activité selon le genreNest pas rentablePermet juste de couvrir leschargesEst rentable
  38. 38. 38Jugement sur la rentabilité del’activité selon le niveaud’éducationNéant Primaire Secondaire SupérieurNest pas rentable 19,3 7,1 7,9 11,9Permet juste de couvrir les charges 27,9 31,0 38,3 40,0Est rentable 52,8 61,9 53,8 48,1Jugement sur la rentabilité del’activité selon le revenu duménageInférieurà 200 DTDe 200 à399 DTDe 400 à 599DTDe 600 à799 DTDe 800 à999 DT1000 DTet plusNest pas rentable 9,4 4,7 7,4 11,6 25,0 20,4Permet juste de couvrir les charges 13,4 31,9 41,1 39,1 35,1 62,9Est rentable 77,2 63,4 51,5 49,3 39,9 16,7Tableau 16Les réponses des interviewés en fonction de leur qualification montre aussi que ceux qui nontpas de diplôme sont relativement satisfait de la rentabilité de leurs activités, néanmoins ils nesont pas les seuls à avoir ce jugement, les diplômés de lenseignement supérieur, à lexceptiondes ingénieurs, trouvent dans leur moitié que lactivité informelle quils pratiquent est rentable.Jugement sur la rentabilité de l’activité selon la qualificationGraphique 39Le jugement sur la rentabilité de lactivité reste évidemment subjectif, et dépend essentiellementde lopinion de lintéressé sur sa situation personnelle. En effet, même si les réponses indiquéesmontrent que lactivité permet de dépasser les besoins essentiels, les réponses sur lesinvestissements réalisés au cours des 5 dernières années semblent plus indicatives. La proportionde travailleurs informels ayant réalisé un investissement est très faible. Ce qui dénote de lafaiblesse du pouvoir dachat des travailleurs informels et de la limite des activités à subveniruniquement aux besoins essentiels.Durant les 5 dernières années, avez-vous fait un investissement ?61,351,335,1 41 43,3 48,6 53,69,951,430,841,150,6 44 43,5 30,437,590,139,77,9 7,614,3 15 13,2218,908,90%10%20%30%40%50%60%70%80%90%100%Pas de diplôme CertificatdaptitudeprofessionnelleCAPBrevettechnicienprofessionnelBTPBrevettechniciensupérieur BTSDiplôme deformationprofessionnelleTechnicienSupérieurMaîtrise Ingénieur AutreEst rentable Permet juste de couvrir les charges Nest pas rentable
  39. 39. 39Bâtir ou extension de lamaisonAcquisition dun moyende transportAcquisition dun moyen detransport de marchandisesOui 13,4 4,5 1,6Non 86,6 95,5 98,4Tableau 17Par ailleurs, les résultats montrent que le tiers des travailleurs informels possède un comptebancaire ou postal. Le taux de possession dun compte bancaire ou postal est plus élevé chez lespersonnes ayant un niveau supérieur et ceux qui appartiennent à des ménages ayant un revenusupérieur à 800 dinars par mois.Possédez-vous un compte bancaire ou postal ?Oui Non, car la procéduredouverture duncompte est compliquéeNon car lorganismenoffre pas de servicesintéressantsNon, car je naipas confianceNon, pourautre raisonEnsemble 32,9 1,9 2,7 3,5 59,0GenreMasculin 33,1 2,1 2,8 3,3 58,7Féminin 32,3 1,7 2,4 3,9 59,8AgeMoins de 20 ans 15,8 0,0 0,0 3,0 81,220-29 38,9 1,1 3,0 3,0 53,930-39 34,0 2,9 2,9 4,6 55,540-49 26,9 2,1 2,2 2,4 66,350 ans et plus 27,7 1,9 2,6 4,0 63,8RégionDTunis et Nord Est 28,0 2,9 3,7 4,3 61,1Nord-Ouest 39,7 0,5 0,0 0,0 59,8Centre-Est 38,2 0,2 0,0 0,6 61,0Centre-Ouest 54,7 4,8 5,1 10,7 24,7Sud-Est 16,1 1,9 3,4 4,4 74,3Sud-Ouest 17,8 1,6 9,1 3,9 67,5Niveau d’éducationNéant 17,9 3,8 2,4 4,1 71,9Primaire 22,8 2,5 2,6 3,5 68,7Secondaire 38,2 1,1 3,3 3,6 53,9Supérieur 66,5 0,8 1,2 2,7 28,9Revenu du ménageInférieur à 200 DT 27,4 2,1 1,9 5,3 63,3De 200 à 399 DT 20,3 2,3 1,5 3,0 73,0De 400 à 599 DT 31,0 1,4 2,8 3,1 61,7De 600 à 799 DT 41,6 0,7 6,3 3,4 48,0De 800 à 999 DT 58,5 1,0 4,2 7,2 29,11000 DT et plus 78,4 6,0 0,0 0,0 15,6Tableau 18
  40. 40. 407. Les travailleurs informel et la perception de la couverture socialeUniquement 7% des travailleurs informels possèdent un carnet de soin Blanc et ceux quidisposent dun carnet de soin Jaune représentent seulement 10%. Parallèlement, ceux qui sontcouvert par leurs conjoints représentent 18,5% de lensemble des travailleurs informels, ce tauxsélève à 28,1% chez les femmes.Possédez-vous un carnet de soin Blanc Possédez-vous un carnet de soin JauneGraphique 40 Graphique 41Votre conjoint possède-t-il un carnet de soin ?Graphique 42Plus de 8 personnes sur 10 ignorent complètement les systèmes de couverture sociale. Il sagit icide lun des principaux obstacles à la formalité : la méconnaissance totale des droits et obligationvis-à-vis du système de couverture sociale qui a été créé depuis la fin des années 50, cest à direau lendemain de lindépendance.Oui7%Non93%Oui12%Non88%0%10%20%30%40%50%60%70%80%90%100%Masculin Feminin Ensemble13,928,118,586,171,981,5NonOui
  41. 41. 41Graphique 43Avez-vous une idée sur les différents systèmes de la couverture socialeOui Non Oui NonGenre Revenu des ménagesMasculin 15,7 84,3 Inférieur à 200 DT 3,5 96,5Féminin 26,7 73,3 De 200 à 399 DT 10,4 89,6Age De 400 à 599 DT 23.9 76.1Moins de 20 ans 15,3 84,7 De 600 à 799 DT 34,5 65,520-29 23,4 76,6 De 800 à 999 DT 34,8 65,230-39 18,4 81,6 1000 DT et plus 40,3 59,740-49 21,3 78,7 Qualification50 ans et plus 7,6 92,4 Pas de diplôme 13,4 86,6Région Certificat daptitude professionnelle CAP 29.9 70.1DTunis et Nord Est 13,1 86,9 Brevet technicien professionnel BTP 31,7 68,3Nord-Ouest 22,9 77,1 Brevet technicien supérieur BTS 28,5 71,6Centre-Est 34,3 65,7 Diplôme de formation professionnelle 22,8 77,2Centre-Ouest 11,7 88,3 Technicien Supérieur 55,2 44,8Sud-Est 14,9 85,1 Maîtrise 51,0 49,0Sud-Ouest 9,3 90,7 Ingénieur 90,1 9,9Niveau d’éducation Autre 10.5 89.5Néant 4,9 95,1 Lieu de travailPrimaire 13,5 86,5 Etablissement 26,0 74,0Secondaire 21,6 78,4 Domicile 15,0 85,0Supérieur 48,0 52,0 Un marché fixe 24,1 75,9Marché éventaire en plein air 0,0 100,0Chantier 18,7 81,3Ambulant 14,6 85,4Champs agricole 15,3 84,7Autre 23,3 76,7Tableau 19Tous ceux qui ont été interrogés ne sont pas affiliés à la CNSS, les raisons de la non affiliation sontdiverses, néanmoins deux modalités sont plus fréquentes, il sagit de la non déclaration parlemployeur ou lobstacle du montant des charges jugé élevé.Oui19%Non81%Avez-vous une idée sur les différents systèmes dela couverture sociale
  42. 42. 42Graphique 44Les travailleurs informels sont tout de même conscient des avantages de la couverture sociale, ilsne savent pas comment procéder.Graphique 45 Graphique 46Ceux qui sont prêts à cotiser à la CNSS représentent le quart des travailleurs informels, ce quinest pas négligeable. Les montants moyens des primes proposées sélèvent à 26 dinarsmensuellement, 30 dinars trimestriellement ou 91 annuellement.Ceux qui sont conscient des risques de maladies représentent 70%.Graphique 47 Graphique 4858,02,02,942,917,812,142,098,097,157,182,287,90% 20% 40% 60% 80% 100%Lemployeur ne la pas inscritProcédures assez compliquéesNon satisfait des services fournis par la sécurité…Charges elevéesNe voit pas dintérêtNa pas reçu de proposition pour sinscrire à la…Pourquoi vous nêtes pas affilié à la CNSS?Oui NonOui74%Non26%Etes-vous conscient des avantages de lacouverture socialeOui12%Non88%Si vous désirez vous affilier à la CNSSconnaissez-vous les procéduresOui25%Non75%Etes-vous prêt à payer un montant global à laCNSS33,252,014,80102030405060Mensuellement Trimestriellement AnnuellementQuelle périodicité de payement préférez-vous
  43. 43. 43Montant moyen de la prime à payer (en dinars)Masculin Féminin EnsembleMensuellement 27 20 26Trimestriellement 40 30 38Annuellement 116 35 91Tableau 20Avez-vous des craintes des risques de maladies pour vous et votre familleGraphique 49La relation des travailleurs informels avec ladministration semble timide, près de 32% sontinscrits à la municipalité, 24% à la délégation, 5% chez les impôts et 2% chez dautresadministrations.Etes-vous inscrit?à la municipalité à la délégation à la direction desimpôtsà dautresadministrationsOui 31,7 24,4 5,2 2,2Non 68,3 75,6 94,8 97,8Tableau 21Lignorance du mode payement des impôts est quasi-totale, et ce quelque soit lâge, la région etle niveau de qualification.70,0 68,1 73,184,863,9 70,378,766,9 73,089,3 93,418,136,492,930,0 31,9 26,915,236,1 29,721,333,1 27,010,7 6,681,963,67,10%10%20%30%40%50%60%70%80%90%100%Oui Non
  44. 44. 44Avez-vous idée sur le mode de payement des impôtsOui Non Oui NonEnsemble Revenu des ménages10,5 89,5 Inférieur à 200 DT 3,0 97,0Genre De 200 à 399 DT 7.2 92.8Masculin 13,7 86,3 De 400 à 599 DT 10,7 89,3Féminin 4,3 95,7 De 600 à 799 DT 12,5 87,5Age De 800 à 999 DT 17.2 82.8Moins de 20 ans 4,0 96,0 1000 DT et plus 35,5 64,520-29 5,6 94,4 Qualification30-39 13,3 86,7 Pas de diplôme 7,8 92,240-49 13,7 86,3 Certificat daptitude professionnelle CAP 19,5 80,550 ans et plus 14,0 86,0 Brevet technicien professionnel BTP 22,2 77,8Région Brevet technicien supérieur BTS 22.9 77.1DTunis et Nord Est 12,1 87,9 Diplôme de formation professionnelle 16,2 83,8Nord-Ouest 17,3 82,7 Technicien Supérieur 7,8 92,2Centre-Est 6,1 93,9 Maîtrise 10,5 89,5Centre-Ouest 5,5 94,5 Ingénieur 93,4 6,6Sud-Est 11,9 88,1 Autre 0,0 100,0Sud-Ouest 9,8 90,2 Lieu de travailNiveau d’éducation Etablissement 16.0 84.0Néant 5,9 94,1 Domicile 1,8 98,2Primaire 11,6 88,4 Un marché fixe 24,4 75,6Secondaire 10,1 89,9 Marché éventaire en plein air 10,4 89,6Supérieur 12,8 87,2 Chantier 7,3 92,7Ambulant 2,1 97,9Champs agricole 16,2 83,8Autre 13,6 86,4Tableau 22Concernant le paiement des impôts (municipales et taxes), uniquement 8% déclarent quilssacquittent de leurs impôts, la majorité juge le montant des impôts élevé ou évoquent dautresraisons.Graphique 50 Graphique 51Oui8%Non92%Payez-vous vos impôts29,81,45,29,953,7Montant élevéLes fréquences de paiement ne…Je nai pas assez confiance dans…Problème de procéduresAutrePourquoi vous ne payez pas vos impôtsen %
  45. 45. 458. Linformalité chez les employeurs et les indépendantsPrès de 70 des travailleurs informels indépendants ou employeurs nont pas de patente. Lepourcentage de ceux qui dispose dune patente évolue avec le niveau de revenu du ménage.Avez-vous une patente ?Oui Non Oui NonEnsemble Revenu des ménages30,1 69,9 Inférieur à 200 DT 13,8 86,2Genre De 200 à 399 DT 25.0 75.0Masculin 31,2 68,8 De 400 à 599 DT 37,1 62,9Féminin 26,3 73,7 De 600 à 799 DT 42,8 57,2Age De 800 à 999 DT 45.9 54.1Moins de 20 ans 30,7 69,3 1000 DT et plus 46,2 53,820-29 21,2 78,8 Qualification30-39 34,6 65,4 Pas de diplôme 24,1 75,940-49 28,6 71,4 Certificat daptitude professionnelle CAP 42,7 57,350 ans et plus 32,1 67,9 Brevet technicien professionnel BTP 62,4 37,6Région Brevet technicien supérieur BTS 25.7 74.3DTunis et Nord Est 28,3 71,7 Diplôme de formation professionnelle 47,8 52,2Nord-Ouest 68,1 31,9 Technicien Supérieur 39,2 60,8Centre-Est 26,9 73,1 Maîtrise 25,6 74,4Centre-Ouest 20,2 79,8 Ingénieur 9,9 90,1Sud-Est 19,8 80,2 Autre 34,8 65,2Sud-Ouest 48,3 51,7 Lieu de travailNiveau d’éducation Etablissement 61.5 38.5Néant 6,4 93,6 Domicile 4,2 95,8Primaire 33,5 66,5 Un marché fixe 44,5 55,5Secondaire 36,8 63,2 Marché éventaire en plein air 34,5 65,5Supérieur 25,6 74,4 Chantier 17,8 82,2Ambulant 2,7 97,3Champs agricole 21,8 78,2Autre 39,7 60,3Tableau 23Plus de 90% de ceux qui nont pas de patente, nont pas essayé den avoir, car ils jugent que leursactivités ne nécessitent pas une patente (59,6%) ou quils ne peuvent pas les impôts (16,7%).

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