UNIVERSITE PARIS 8 - VINCENNES-SAINT DENIS
ECOLE DOCTORALE DE SCIENCES SOCIALES (ED 401)
CENTRE DE RECHERCHES ET D’ANALYSE...
2
3
Remerciements
Cette thèse a vu le jour grâce à l’appui confiant de nombreux fonctionnaires des différents
ministères afr...
4
Produire du pétrole en zone de conflit :
cas de l’Afrique médiane
Résumé
L’exploration pétrolière sur le continent afric...
5
Producing oil in a confict zones:
The case of central-east Africa
Abstract
Oil exploration has been changing at break-ne...
6
7
Figures....................................................................................................................
8
Les sociétés nationales du Maghreb actives au Sahara........................................... 108
L'implication des Ch...
9
3 Le pétrole du graben Albertine, une stratégie ougandaise différente pour une
même zone...................................
10
4 Afrique de l’Est: une nouvelle géopolitique pétrolière et gazière régionale....... 327
4-1 L'enjeu pétrolier dans un ...
11
Figures
Carte n°1a et 1b: Diversité des sociétés pétrolières actives en Afrique................................... 33
T...
12
Carte n°37: Lac Tanganyika partagé en quatre...................................................................... 321
...
13
14
Introduction
La géographie de l’exploration et la production du pétrole et du gaz sur le continent africain
évolue rapi...
15
économiques et géopolitiques actuelles du continent. L’utilisation de la démarche
géopolitique d’Yves Lacoste est ici é...
16
Mais la probabilité de mettre la main sur un gisement pétrolier a pesé très lourdement dans les
motifs du lancement de ...
17
production. A l’époque, le prix du brut était très bas, à peine 10 dollars le baril (contre-choc
brutal après l’envolée...
18
ces deux zones avant l’arrivée du pétrole, cette matière première a eu ou pourrait avoir des
conséquences aggravantes. ...
19
Congo, pays central de l’Afrique des Grands lacs, vit depuis une vingtaine d’années des
situations conflictuelles de di...
20
de l’ordre de 2,5 milliards de barils en 2012, et l’arrivée de nouvelles sociétés comme Total et
la compagnie chinoise ...
21
Mais cette problématique ne peut se limiter au seul Congo, car ce dernier doit négocier avec
ses voisins pour développe...
22
pétrolier depuis son commencement en 1999 s’est structuré autour de l’armée et des services
de renseignement au Soudan....
23
l’environnement ou des hydrocarbures) et évidemment sur les compagnies pétrolières privées
et publiques. Cela a été com...
24
depuis 2010), et bien évidemment en République démocratique du Congo et en Ouganda où
nous nous sommes rendus à de nomb...
25
La troisième partie que nous avons rédigée sur les problèmes de bassin partagés entre
plusieurs pays et sur l’enclaveme...
26
Partie I : Le pétrole africain, un danger ou une chance
pour le marché mondial des hydrocarbures ?
27
Avant de nous appesantir plus avant sur la région des Grands lacs, cœur géographique de
notre recherche, et plus partic...
28
Lopez dans sa thèse « Géopolitique des hydrocarbures au Nigeria du plan mondial au plan
local » soutenue à l’Institut F...
29
L'exploration et la future exploitation dans les Grands Lacs s'inscrivent dans un contexte bien
particulier, celui d'un...
30
Les études récentes sur les nouvelles zones d'exploration et de futures exploitations sont loin
d'être légion. Hormis q...
31
de la Guinée Conakry jusqu'au Ghana (en passant notamment par les très prometteurs Sierra
Leone et Liberia), de la band...
32
rejointes par des compagnies nouvellement créées, qui ont parfois peu de moyen et peu
d'expertise. Ces sociétés spécula...
33
Carte n°1a et 1b: Diversité des sociétés pétrolières actives en Afrique
Source : Sites internet des sociétés pétrolière...
34
Sources : Sites internet des sociétés mentionnées.
Hors des compagnies pétrolières, un autre acteur a profondément chan...
35
pétrolière est cependant très différente selon les pays. Cela vient principalement de la période
où la production a com...
36
1 La production africaine d’hydrocarbures, des situations très diverses
1-1 Les producteurs de pétrole en Afrique
Avant...
37
République
Démocratique du
Congo
0,025 0,5 1976
Niger 0,20 0,6 2011
Afrique du Sud 0,020 0,5
Mauritanie 0,008 0,2 2006
...
38
Carte n°2: La production pétrolière africaine.
Sources : BP Statistical Review, Benjamin Augé
39
Au-delà des données déjà évoquées, le tableau 1 permet de donner une vision prospective
grâces aux flèches indiquant si...
40
libyennes ne sont pas non plus vouées à rester au même niveau. Si l'onshore du Nigeria est
assez bien radiographié, des...
41
Carte n°3: Pétrole et gaz en Libye.
Source : African Energy, n°206, 1 avril 2011/Benjamin Augé
Hors de la zone ouest, l...
42
faible part de la production provient de l'offshore du pays. De même, les régions sahéliennes
les plus lointaines de la...
43
Carte n°4 : Les blocs pétroliers en Angola
Source : Benjamin Augé, sites internet Total et Sonangol
44
Cette carte montre que la plupart des zones en production sont dans l’offshore mais qu’une
très faible partie des eaux ...
45
dans ce genre de conditions extrêmes. Or actuellement, à l’exception de quelques sociétés
d’Etats asiatiques, elles ne ...
46
l'appel d'offres lancé en 2010 vient seulement de conduire à la signature d’un premier contrat
en mai 2012 avec Dana Pe...
47
pétrolière et de la croissance de sa consommation. Les résultats de ces trois derniers appels
d'offres sont loin d'être...
48
Tableau n°2: Les producteurs africains de gaz
Production/Milliard
de mètres cubes en
2010
Reserves/Trillion
pieds cubes...
49
Carte n°5 : La production gazière en Afrique
Sources : BP Statistical Review, Benjamin Augé
Ce tableau et cette carte m...
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Idalecio Rodriguez de Oliveira  - Petrobras - Lusitania Grupo  - Chariot  Oil  Africa
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Idalecio Rodriguez de Oliveira - Petrobras - Lusitania Grupo - Chariot Oil Africa

449 vues

Publié le

Idalecio Rodriguez de Oliveira - Petrobras - Lusitania Grupo - Chariot Oil

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
449
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
27
Actions
Partages
0
Téléchargements
7
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Idalecio Rodriguez de Oliveira - Petrobras - Lusitania Grupo - Chariot Oil Africa

  1. 1. UNIVERSITE PARIS 8 - VINCENNES-SAINT DENIS ECOLE DOCTORALE DE SCIENCES SOCIALES (ED 401) CENTRE DE RECHERCHES ET D’ANALYSES GEOPOLITIQUES Doctorat en Géographie – Mention Géopolitique Benjamin AUGE Produire du pétrole en zone de conflit : cas de l’Afrique médiane Thèse dirigée par Béatrice Giblin Présentée et soutenue le 20 novembre 2012 Membres du Jury : Béatrice GIBLIN Professeur Université Paris 8 Emmanuel GREGOIRE Directeur de recherche, IRD Géraud MAGRIN Chercheur/HDR, CIRAD (rapporteur) Jean-Yves MOISSERON Chercheur/HDR, IRD Roland POURTIER Professeur émérite Université Paris 1, (rapporteur)
  2. 2. 2
  3. 3. 3 Remerciements Cette thèse a vu le jour grâce à l’appui confiant de nombreux fonctionnaires des différents ministères africains, rencontrés au cours de mes voyages sur le continent. Certains sont devenus des amis, d’autres ont gardé une certaine distance, mais ils ont tous contribué significativement à cette recherche. Je les en remercie chaleureusement. Deux personnes clé ont facilité ce travail : Michel Demaeght en République démocratique du Congo et James Serugo en Ouganda. Leur accueil chez eux pendant plusieurs mois et leur connaissance des arcanes de la politique locale m’ont fait gagner un temps précieux. L’apport de la rédaction d’Indigo au contact de laquelle j’ai énormément appris depuis quatre ans -en particulier auprès de Philippe Vasset- et les discussions et expériences avec les chercheurs du programme Afrique de l’Institut Français des relations internationales et son directeur Alain Antil ont également eu un rôle indéniable dans l’écriture de cette thèse. J’ai également une pensée particulière pour le Professeur des Universités Jean-Claude Daumas, qui a dirigé mon mémoire de master en histoire économique sur la première crise pétrolière. Il m’a donné le goût de la recherche et de l’effort. Je ne saurais trop remercier ma directrice de thèse Béatrice Giblin dont l’approche a été très efficace : grande disponibilité et précision pour me corriger, m’encourageant lorsque cela s’avérait nécessaire et m’aiguillant lorsque manifestement je n’allais pas dans la bonne direction. Je remercie tout particulièrement ma famille, mes frères, et évidemment mes parents André- Marcel et Anny Augé qui m’ont poussé à aller le plus loin possible et m’ont soutenu moralement et financièrement dans un processus long et parfois difficile. Mon ami d’enfance, Richard Vuillemin, a aussi contribué, grâce à sa grande disponibilité, à l’achèvement de ce doctorat. Enfin, la personne la plus méritante est sans nul doute mon épouse Rawaa Kalassina. Elle est restée au fil des années, un soutien indéfectible et une aide formidable pour débloquer des situations inextricables. Rawaa a su faire preuve d’une patience hors pair avec moi, y compris dans les moments de grande tension. Ce doctorat lui est tout naturellement dédié.
  4. 4. 4 Produire du pétrole en zone de conflit : cas de l’Afrique médiane Résumé L’exploration pétrolière sur le continent africain évolue très rapidement depuis la hausse des cours du brut au début des années 2000. On compte désormais une quarantaine d’Etats africains en exploration. Plus aucun obstacle n’arrête les sociétés venues mettre à jour les réserves indispensables à une demande mondiale croissante. En Afrique, les majors occidentales sont rejointes par des compagnies d’Asie, de Russie, du Brésil. Seulement, sur un continent où les conflits sont légion, l’arrivée du pétrole se superpose parfois à des situations déjà instables. Cette thèse se donne comme objectif d’expliquer ce phénomène d’une exploration/exploitation pétrolière exacerbant les tensions préexistantes. Si des exemples de pays pétroliers sont pris sur tout le continent, la focale est mise sur l’Afrique médiane, vaste région alliant l’Afrique des Grands Lacs et l’Afrique de l’Est. Cette région a été marquée dans les années 1990 par deux guerres en République démocratique du Congo. Plusieurs coalitions se sont combattues sur le territoire d’un pays dont les ressources minières sont pillées par les Etats voisins et des milices locales au détriment de l’Etat. L’exploration pétrolière, dans les zones frontalières à l’est du Congo, conduit à de nouveaux litiges avec les belligérants d’hier (Rwanda et Ouganda). Quant au pillage du brut par l’Angola à l’embouchure du fleuve Congo, c’est la rançon du maintien de la famille Kabila au pouvoir. La division du Soudan, en deux Etats en 2011 crée un dangereux précédent : les frontières du 19ème siècle en Afrique ne sont plus intangibles. Or, le rôle du pétrole dans ce processus est loin d’être secondaire. Mots-clés Pétrole • Afrique • Conflit • Frontières • Gaz • République Démocratique du Congo • Ouganda • Soudan • Géopolitique • Représentation
  5. 5. 5 Producing oil in a confict zones: The case of central-east Africa Abstract Oil exploration has been changing at break-neck speed since the oil price began to spike around the year 2000. Exploration is now taking place in around 40 countries on the continent. No barriers or difficulties whatsoever stand in the way of companies turning up to search for new reserves, a key raw material to fuel the continuous growth of the global economy. In Africa, western majors are joined by companies from Asia, Russia and Brazil. But on a continent where conflicts are widespread, oil extraction can superimpose itself on unstable situations. This doctoral thesis aims to explain how oil exploration/production can exacerbate pre-existing tensions. To focus on this particular issue, examples will be cited from across Africa but we will look at greater depth at central-east Africa, a vast area composed of the Great Lakes region and eastern Africa. In the 1990s this region was plagued by two wars that raged in Democratic Republic of Congo. Coalition forces fought over a country whose mineral resources are still being looted by neighboring nations and local militias at the expense of the Congolese government. Oil exploration around the borders of eastern Congo has fuelled new conflicts with former adversaries (Rwanda and Uganda). Elsewhere, the theft of crude by Angola around the mouth of the Congo River has been the price that Joseph Kabila's family has had to pay to remain in power. South Sudan, which broke away from the North in 2011, has created a dangerous precedent; the move demonstrated that the 19th century borders of Africa are not definitive. And the role of oil in the process has been decisive. Key words Oil • Africa • Conflict • Borders • Gas • Democratic Republic of Congo • Uganda • Sudan• Geopolitics
  6. 6. 6
  7. 7. 7 Figures...................................................................................................................................... 11 Introduction............................................................................................................................ 14 Partie I : Le pétrole africain, un danger ou une chance pour le marché mondial des hydrocarbures ?...................................................................................................................... 26 1 La production africaine d’hydrocarbures, des situations très diverses ................ 36 1-1 Les producteurs de pétrole en Afrique................................................................. 36 Les piliers pétroliers.................................................................................................. 39 Les pays pétroliers en stagnation .............................................................................. 44 1-2 Les producteurs de gaz en Afrique ...................................................................... 47 Les exportateurs de gaz............................................................................................. 50 Les producteurs mineurs qui consomment entièrement leur débit............................ 55 2 Les menaces pesant sur la production du continent ............................................... 58 2-1 L'accroissement de la consommation africaine, un défi pour la sécurité énergétique mondiale ?......................................................................................... 58 Un nouveau producteur de pétrole africain, le cas du Ghana.................................... 59 Le problème de frontière maritime avec la Côte d'Ivoire.......................................... 66 2-2 Les tensions géopolitiques liées aux hydrocarbures en Afrique.......................... 71 Les litiges frontaliers................................................................................................. 71 La gestion pacifique entre la Tunisie et la Libye ...................................................... 72 Les zones de développement conjoint....................................................................... 74 Le cas particulier de la péninsule de Bakassi............................................................ 81 Les autres cas de litiges frontaliers liés aux hydrocarbures en suspens.................... 87 2-3 Le Nigeria, une menace persistante sur l'approvisionnement .......d'hydrocarbures mondiale............................................................................................................... 91 La montée progressive des violences........................................................................ 94 Le MEND ou la professionnalisation du combat contre l'Etat et les compagnies .... 97 Les réponses de l'Etat nigérian face aux défis posés par les militants du Delta........ 99 Les causes profondes du militantisme dans le delta du Niger................................. 102 Les tensions géopolitiques liées au pétrole et l'arrivée de Boko Haram................. 105 2-4 L'exploration et la production pétrolière dans le Sahara, un défi sécuritaire ....... et géopolitique........................................................................................................ 107 Le poids des sociétés nationales dans la zone saharienne....................................... 108
  8. 8. 8 Les sociétés nationales du Maghreb actives au Sahara........................................... 108 L'implication des Chinois dans le Sahara................................................................ 113 Comment exporter le brut des zones enclavées ?.................................................... 121 2-5 Le pétrole comme vecteur de financement de conflit........................................ 124 2-6 La gouvernance du secteur pétrolier africain, le cas emblématique du Tchad ........ ............................................................................................................................ 128 Conclusion de la partie I......................................................................................................... 133 Partie II : Le secteur pétrolier en République démocratique du Congo et en Ouganda, une gestion confuse, opaque et présidentialisée................................................................. 137 1 La gouvernance du secteur pétrolier en République démocratique du Congo.. 142 1-1 Le ministère des hydrocarbures, la Cohydro et la présidence ........................... 149 1-2 La difficile entrée de la société italienne ENI.................................................... 156 1-3 La production et l'exploration au Bas-Congo..................................................... 159 Perenco, le pilier du secteur pétrolier au Congo ..................................................... 161 L'exploration au Bas-Congo.................................................................................... 168 Les impôts et obligations des sociétés en exploration............................................. 173 1-4 L'exploration dans le bassin de la Cuvette centrale ........................................... 174 L'enjeu environnemental au Congo en général et dans la cuvette centrale en particulier ............................................................................................................. 175 L'historique de l'exploration de la Cuvette centrale................................................ 179 La cuvette centrale, un bassin pétrolier partagé avec le Congo-Brazzaville........... 186 2 L’histoire tourmentée des blocs congolais du rift est-africain............................. 188 2-1 La véritable « saga » des blocs du lac Albert, côté congolais............................ 190 Un contrat sans décret présidentiel.......................................................................... 194 Le nouveau consortium de Lambert Mende : Divine Inspiration Group ................ 197 L'attribution des blocs du Graben Albertine à des inconnus................................... 200 Caprikat et Foxwhelp, les protégés du pouvoir........................................................ 203 Les autorités congolaises accompagnent Caprikat et Foxwhelp.............................. 206 Tullow et Divine demandent des comptes au pouvoir............................................. 209 2-2 Les défis géographiques de l'exploration pétrolière dans la zone du Graben Albertine............................................................................................................. 211
  9. 9. 9 3 Le pétrole du graben Albertine, une stratégie ougandaise différente pour une même zone......................................................................................................... 224 3-1 Une histoire pétrolière récente........................................................................... 230 3-2 La gouvernance du secteur pétrolier en Ouganda.............................................. 236 Une gestion du secteur pétrolier facilitée par la Norvège. ...................................... 243 Le contrôle présidentiel du secteur pétrolier........................................................... 249 Le rôle des ministres comme porte-voix du président face aux pétroliers.............. 251 Quel rôle joue l'Assemblée nationale dans le pétrole ?........................................... 253 Les nouveaux parlementaires tentent de prendre la main. ...................................... 255 La sécurisation politique et militaire de la zone pétrolière ..................................... 257 Le royaume de Bunyoro cerné ................................................................................ 260 Les problèmes fonciers et environnementaux liés au pétrole ................................. 263 Conclusion de la partie II ....................................................................................................... 268 Partie III : Nouvelle géopolitique pétrolière de l’Afrique de l’Est et litiges frontaliers entre le Congo et ses voisins ................................................................................................ 270 1 Les litiges frontaliers entre le Congo et l'Ouganda sur le lac Albert .................. 274 1-1 La tuerie d'août 2007 et le lancement d'un processus de concertation............... 275 2 Le litige frontalier entre la République démocratique du Congo et l'Angola .... 284 2-1 Des blocs angolais contestés par le Congo ........................................................ 287 2-2 Nouvelles manœuvres dilatoires: la création d'une zone de développement conjoint............................................................................................................... 290 2-3 Le plateau continental, un débat international cachant un problème bilatéral... 293 2-4 Les ambassades américaines mettent à jour la teneur exacte du conflit............ 300 2-5 La négociation du gazoduc de Chevron avec le Congo..................................... 306 3 Les autres bassins sédimentaires partagés entre le Congo et ses voisins. ........... 309 3-1 Le méthane du lac Kivu ..................................................................................... 310 La coopération bilatérale Congo/Rwanda sur le méthane....................................... 317 3-2 Le bassin du lac Tanganyika.............................................................................. 320 La coopération entre les Etats sur le lac Tanganyika.............................................. 325
  10. 10. 10 4 Afrique de l’Est: une nouvelle géopolitique pétrolière et gazière régionale....... 327 4-1 L'enjeu pétrolier dans un Soudan éclaté ............................................................ 328 Les zones de production et les multiples problèmes frontaliers.............................. 332 Les espoirs dans l'exploration pour le Nord............................................................ 336 Les espoirs pétroliers pour le Soudan du Sud. ........................................................ 341 La mainmise d'Omar el Béchir et ses proches sur le secteur pétrolier.................... 342 Les nombreux enjeux pétroliers non réglés depuis l'indépendance du Sud............ 345 Le rôle de la Chine dans le conflit pétrolier entre les deux Soudan........................ 348 Pas un mais des projets d’oléoducs......................................................................... 350 4-2 Les conséquences régionales des découvertes pétrolières ougandaises............. 353 La raffinerie d’Hoïma, quelle taille et pour quel marché ? ..................................... 356 L’exportation du brut ougandais ............................................................................. 359 4-3 Le Kenya comme nouveau hub pétrolier........................................................... 360 L’option d’un oléoduc Lac Albert/Mombasa.......................................................... 362 4-4 Les découvertes gazières au Mozambique, quelles perspectives ?.................... 367 Conclusion de la partie III...................................................................................................... 373 Conclusion............................................................................................................................. 376 Bibliographie et personnes interrogées: ................................................................................. 381 Annexes.................................................................................................................................. 392 Annexe 1 : La declaration de Kaiama, texte fondateur du mouvement de revendication Ijaw dans le delta du Niger............................................................................................................. 392 Annexe 2 : Résolution du parlement ougandais du 10 Octobre 2011 mettant en difficulté le gouvernement sur la question pétrolière. ............................................................................... 396 Annexe n°3 : Principaux évènements au Soudan, d’une independence à l’autre .................. 399
  11. 11. 11 Figures Carte n°1a et 1b: Diversité des sociétés pétrolières actives en Afrique................................... 33 Tableau n°1 : Les producteurs de pétrole africains en 2011 .................................................... 36 Carte n°2: La production pétrolière africaine........................................................................... 38 Carte n°3: Pétrole et gaz en Libye............................................................................................ 41 Carte n°4 : Les blocs pétroliers en Angola............................................................................... 43 Tableau n°2: Les producteurs africains de gaz......................................................................... 48 Carte n°5 : La production gazière en Afrique ......................................................................... 49 Carte n°6 : Gazoducs existants et en projet entre le Maghreb et l'Europe ............................... 51 Carte n°7: Découvertes pétrolières dans l'offshore ghanéen.................................................... 61 Carte n°8: Blocs pétroliers ivoiriens en novembre 2011.......................................................... 70 Carte n°9: Frontière maritime entre la Tunisie et la Libye. ..................................................... 73 Carte n°10: L'AGC entre le Sénégal et la Guinée Bissau. ....................................................... 76 Carte n°11 : ZDC entre Sao Tomé et le Nigeria ...................................................................... 78 Carte n°12 : Péninsule de Bakassi............................................................................................ 82 Carte n°13: Blocs partagés entre le Nigeria et le Cameroun.................................................... 86 Carte n°14: Blocs pétroliers de Juan de Nova.......................................................................... 90 Carte n°15 : Région du delta du Niger au Nigeria ................................................................... 93 Carte n°16: Blocs pétroliers du bassin de Taoudenni en Mauritanie et au Mali.................... 110 Carte n°17: Blocs pétroliers au Niger .................................................................................... 116 Carte n°18 : Exportation et transformation du pétrole nigérien et tchadien........................... 122 Tableau 3 : Ministres en charge du secteur pétrolier depuis la chute de Mobutu Sese Seko. 147 Carte n°19 : Production pétrolière onshore et offshore en RDC............................................ 160 Carte n°20 : Blocs congolais de la Cuvette centrale .............................................................. 181 Carte n°21 : Les quatre lacs congolais partagés avec présence d’hydrocarbures .................. 189 Cartes n°22: Blocs 1 et 2 du graben Albertine....................................................................... 212 Carte n°23 : Blocs 3 et 5 du graben Albertine........................................................................ 213 Carte n°24 : Enclavement de la zone d’exploration du rift est-africain................................. 214 Carte n°25: Falaises et plages autour du lac Albert ............................................................... 218 Carte n°26 : Parc des Virunga dans le bloc d'exploration 5 opéré par Soco et Dominion..... 219 Carte n°27 : Anciennes et nouvelles zones d'activité de l'Armée de résistance du Seigneur en Ouganda. ................................................................................................................................ 227 Carte n°28 : Blocs pétroliers en exploration en Ouganda...................................................... 230 Tableau 4 : Ministres en charge du secteur du pétrole depuis la fin des années 1990........... 238 Carte n°29: Ville d’Hoïma, futur carrefour pétrolier ............................................................. 259 Carte n°30: Bunyoro et les autres royaumes de l’Ouganda ................................................... 260 Carte n°31: Parc de Murchison dans la zone pétrolifère........................................................ 267 Carte n°32: Ile de Rukwanzi disputée entre le Congo et l’Ouganda...................................... 279 Carte n°33 : Zone économique exclusive de la RDC, étouffée par les blocs angolais. ......... 286 Carte n°34 : Blocs pétroliers litigieux entre la RDC et l'Angola ........................................... 289 Carte n°35 : Prétention territoriale maritime de la RDC........................................................ 296 Carte n°36: Proposition de découpage en concessions sur le lac Kivu entre le Congo et le Rwanda................................................................................................................................... 313
  12. 12. 12 Carte n°37: Lac Tanganyika partagé en quatre...................................................................... 321 Carte n°38: Blocs pétroliers et projets d’exportation du brut du Soudan du Sud .................. 333 Carte n°39: Oléoduc kenyan et projet d’extension vers l’Ouganda....................................... 354 Carte n°41: Projets d’oléoducs entre l’Ouganda et le Kenya................................................. 366 Carte n°42: Découvertes gazières au Mozambique/Tanzanie et projets de centrales électriques............................................................................................................................... 369 Schéma n°1 : Les relations entre les Congo et ses voisins..................................................... 372
  13. 13. 13
  14. 14. 14 Introduction La géographie de l’exploration et la production du pétrole et du gaz sur le continent africain évolue rapidement depuis le début des années 2000. Cela est en partie le résultat de l’augmentation de la consommation d’hydrocarbures en Asie et dans les pays producteurs, et des multiples instabilités géopolitiques (Irak, Iran, Venezuela, Arabie Saoudite, Nigeria) qui ont entraîné depuis 2003 une hausse continue des cours du brut (sur les bourses de Londres et New York). Ces cours ont permis d’une part, l’accroissement des budgets d’exploration des plus importantes compagnies pétrolières, celles que l’on appelle les « majors » et d’autre part, la création de nombreuses sociétés, intéressées par la nouvelle rentabilité que le secteur offre. Cette séquence économique a immanquablement entraîné un accroissement de la prise de risque du fait des importantes réserves financières pour les sociétés établies, ainsi qu’une sorte de raison d’exister pour les firmes récemment créées, ou les nouveaux venus comme les Chinois, Indiens, Coréens, Brésiliens et Russe, avides de mettre à jour de nouvelles « frontières » pétrolières que les majors n’ont pas encore découverts. Ce nouveau contexte de consommation et de cours élevés a un impact direct sur le continent africain où l’exploration ne se limite désormais plus aux seuls pays du Maghreb et du golfe de Guinée, mais concerne une quarantaine de pays africains. Cette nouvelle situation a ainsi accru des tensions pour l’appropriation et le contrôle de territoires autrefois considérés par ces mêmes Etats comme peu stratégiques puisque ne présentant pas d’intérêt majeur. Or cette nouvelle phase pétrolière se produit sur un continent africain on le sait non exempt de conflits. Parmi les éléments pouvant exacerber considérablement les conflits sur le continent africain, les ressources naturelles (eaux, minerais, hydrocarbures) sont déterminantes. On sait par exemple que les minerais ont contribué à la création ou du moins à l’allongement de certains conflits: Liberia, Sierra Leone et République démocratique du Congo, Angola. De même pour les guerres civiles en Angola et en République du Congo où les revenus du pétrole ont permis à l’une ou à plusieurs des parties, de se procurer de l’armement et donc d’aggraver les dommages de part et d’autre. Le pétrole a même parfois été la cause principale d’un conflit comme dans la région du delta du Niger depuis les années 1990, ce conflit étant loin d’être terminé. La multiplication des zones d’exploration pétrolière en Afrique, y compris dans des zones contestées, où les frontières ont été mal définies depuis l’indépendance et où des tensions entre communautés ou Etats ont déjà éclaté en conflits, est une des préoccupations
  15. 15. 15 économiques et géopolitiques actuelles du continent. L’utilisation de la démarche géopolitique d’Yves Lacoste est ici éclairante car elle implique l’étude des différents acteurs et leurs luttes de pouvoir pour contrôler des territoires où il y a la présence effective ou supposée d’hydrocarbures. Ces territoires ne sont pas nécessairement l’objet d’un litige pour ce qu’ils renferment car dans la période d’exploration, il est encore impossible de déterminer la présence de ressources, mais ils représentent déjà un potentiel gain politique, économique ou de pouvoir. Un conflit n’est pas forcément un combat entre deux armées officielles comme il y en eut de nombreux au 20ème siècle, y compris pour le contrôle du pétrole. Cela peut être, un conflit entre une armée et des milices, entre une grande compagnie multinationale et des villageois travaillant à proximité de sa zone d’exploitation. Cela peut être aussi un conflit majeur du fait de l’importance, politique, symbolique, économique du territoire objet du litige mais qui peut se dérouler sans violence physique du fait d’une domination diplomatique, économique et militaire d’un acteur sur l’autre comme nous le verrons entre la République démocratique du Congo et l’Angola. C’est un cas plus feutré voire étouffé mais qui n’empêche pas des conséquences importantes. Le conflit représente selon moi les actions ou moyens mis en œuvre dans le but de dominer un adversaire pour s’emparer et contrôler l’objet du dit-conflit. La diplomatie et le chantage, dans le cas de différends entre Etats, peuvent avoir des effets aussi dévastateurs que nombre de combats entre armées. Si le pétrole, dont l’utilisation à l’échelle industrielle a débuté au milieu du 19ème siècle (aux Etats-Unis et à Bakou dans l’actuel Azerbaïdjan), n’a historiquement quasiment jamais été la raison officielle d’une guerre entre armées, il a cependant, dans la réalité été l’un des moteurs de nombres de conflits. L’un des plus anciens est probablement celui entre la Bolivie et le Paraguay lors de ce qu’on appelle la guerre du Chaco entre 1932 et 1935. Les deux pays se sont ainsi combattus causant la mort de centaines de milliers de soldats à la suite de rumeur sur la présence de pétrole dans la région frontalière de Chaco (nord-ouest du Paraguay et sud- est de Bolivie). Cela étant, le pétrole n’était pas la raison première du conflit mais davantage un élément se surajoutant à celui né de frontières mal définies par la puissance colonisatrice espagnole et de problèmes relationnels passés entre les deux nations. Ce cas de figure d’un pétrole, ultime étincelle pour enflammer un conflit dont les réels motifs sont ancrés dans l’histoire d’une région depuis longtemps, se retrouvera souvent dans l’histoire, en particulier en Afrique où le découpage des frontières par les puissances colonisatrices pose souvent problème. En l’occurrence, du pétrole, dans le Chaco, il n’en a finalement pas été découvert à l’époque, et c’est du gaz qui dans la région a commencé à être produit dans les années 1970.
  16. 16. 16 Mais la probabilité de mettre la main sur un gisement pétrolier a pesé très lourdement dans les motifs du lancement de la guerre des années 1930. Après la guerre du Chaco, la seconde guerre mondiale démontre combien le pétrole est devenu un enjeu stratégique puisque principal combustible pour les transports. En 1942, Adolphe Hitler se lance dans la conquête de Bakou pour s’assurer d’un approvisionnement en hydrocarbures, nécessité absolue pour le fonctionnement des blindés et des avions devenus essentiels dans les combats depuis l’entre-deux guerres. Les Soviétiques empêchent alors Hitler d’atteindre Bakou grâce à la longue et meurtrière bataille de Stalingrad. Dans ce dernier cas, ce n’est pas un gisement potentiel en pétrole mais du pétrole produit depuis le 19ème siècle qui est l’objet du conflit. L’accès à cette matière première aurait représenté un avantage considérable pour l’armée allemande. Hors des seuls moments de conflits, posséder de grandes quantités de pétrole comme aux Etats-Unis depuis les années 1850 (en Pennsylvanie, puis au Texas) est un puissant vecteur de croissance économique. Aux Etats-Unis, cela a lourdement contribué à la construction de la puissance du pays. Une énergie bon marché et abondante est capitale dans l’économie d’une nation si celle-ci sait correctement en employer les revenus. Cependant les réserves américaines se sont bien vite avérées insuffisantes, le pays a alors privilégié la diplomatie afin de contrôler de nouvelles zones pétrolières comme en Arabie Saoudite (accord de Quincy en 1945). D’autres conflits pour le contrôle des ressources pétrolières surgissent rapidement après-guerre. En effet, la découverte par la France en 1956 du pétrole et du gaz à Hassi Messaoud et Hassi R’mel en Algérie a certainement contribué à rendre le conflit pour l’indépendance entre le Front de libération nationale (FLN) et l’armée française encore plus violent. L’indépendance suite aux accords d’Evian en 1962 (où dans les discussions préalables les Français avaient proposé la partition du pays avec un Sahara pétrolier français et la côte algérienne, évidemment refusé par la partie algérienne) n’abolit cependant pas tous les privilèges pour l’industrie pétrolière française. Il faut attendre 1965 puis la nationalisation de février 1971 pour que le pays retrouve une réelle souveraineté sur ses hydrocarbures [voir les ouvrages d’Hocine Malti]. La région du Golfe n’a pas non plus été épargnée par les conflits liés au pétrole. Si la guerre Iran/Irak entre 1980 et 1988 n’a, une fois de plus, pas mis en avant le pétrole comme motif (des litiges frontaliers existaient depuis longtemps), le contrôle par Saddam Hussein des régions iraniennes proches de Bassorah (région pétrolière du sud la plus prolifique d’Irak avec l’actuel Kurdistan irakien) avait de toute évidence une visée pétrolière. De même, la première guerre du Golfe de 1990 lors de l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, est en grande partie liée à la nécessité pour l’Irak, surendetté du fait de la guerre qui l’opposa à l’Iran, de trouver des moyens d’accroitre sa
  17. 17. 17 production. A l’époque, le prix du brut était très bas, à peine 10 dollars le baril (contre-choc brutal après l’envolée des prix lors de la révolution iranienne), et les pays prêteurs de l’Irak, en l’occurrence l’Arabie Saoudite et le Koweït avaient refusé d’annuler leur créance vis-à-vis de Bagdad. Quant à la deuxième guerre du golfe (ou troisième, c’est selon, si l’on considère la guerre Iran-Irak comme la première) suite aux événements du 11 septembre 2001, le rôle du pétrole est beaucoup plus discutable. Si les compagnies américaines sont revenues nombreuses dans le pays pendant et après le conflit, qui s’est officiellement arrêté en décembre 2011 avec le retrait des troupes américaines, elles sont loin d’être les seules à avoir obtenu des contrats. La recherche du contrôle du pétrole a été l’une des composantes du conflit mais pas la seule. Dans ce conflit, il ne faut pas négliger de prendre en compte de l’idéologie des néo-conservateurs et de leur représentation du rôle de leader mondial de la démocratie que doivent assumer les Etats-Unis et de donc de leur mission de l’étendre aux Etats qui n’en connaissent pas encore les bienfaits. L’objet de cette thèse n’est pas de comprendre dans quelle mesure le contrôle du pétrole est facteur de conflit, cela a été maintes fois démontré, mais bien de comprendre dans quelle mesure l’exploration puis la découverte de pétrole accroît, aggrave et fait durer des conflits préexistants à son arrivée. Les travaux de Paul Collier et Anke Hoeffler pour la Banque mondiale « Greed and Grievance in Civil War » publié en 2003 et repris par d’autres chercheurs comme Philippe Hugon (Hérodote, 3/2009) ont entre autres démontré à l’aide d’une méthodologie économique quantitative que la présence de matières premières dans une zone en conflit (en l’occurrence la plupart du temps les minerais comme en Sierra Leone et Liberia) aggrave les situations car les matières premières permettent le financement de l’effort de guerre1 . Le cas de l’Angola est à cet égard parlant, les deux principaux partis pendant la guerre civile entre 1975 et 2002 se sont chacun financés par une matière première, le MPLA grâce au pétrole et l’UNITA grâce au diamant et parfois aussi le pétrole. Cependant, les réflexions de Collier se sont bien davantage focalisées sur des pays miniers et non pétroliers. C’est pourquoi l’étude de l’Afrique des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est que nous réunissons ici sous la formule d’Afrique médiane2 est utile car si des conflits existaient dans 1 Les thèses de Collier ont été combattues pour leur simplification par Christine Messiant et Roland Marchal dans « De l'avidité des rebelles », Critique internationale 3/2002 (no 16), p. 58-69. Les deux chercheurs considèrent que le rapport de la Banque mondiale de Collier ne prend pas en compte les dynamiques politiques et sociales de chacun des conflits mentionnés. 2 Cette expression d’Afrique médiane a notamment été utilisée par Yves Lacoste dans la revue Hérodote en 1997 lors d’un numéro intitulé « Géopolitique d’une Afrique médiane » dont le but était d’étudier le rôle et l’influence des pays frontaliers- ou proches- sur la nouvelle République démocratique du Congo. Cette acception permet aussi bien de parler de l’Angola que de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi, Tanzanie mais aussi du Soudan.
  18. 18. 18 ces deux zones avant l’arrivée du pétrole, cette matière première a eu ou pourrait avoir des conséquences aggravantes. On se demande ainsi comment le facteur pétrole se greffe sur une zone déjà conflictuelle. Or le continent africain présente une particularité, très dangereuse dans le cas de l’exploitation du pétrole: les frontières sont très souvent litigieuses car mal délimitées et imprécises, héritage de partages coloniaux que les Etats africains lors de leur indépendance ont décidé ensemble d’assumer. Or, si les imprécisions des traités coloniaux ou des balisages peuvent être surmontées lorsque l’on parle de zones de pêche comme dans les Grands Lacs (Albert, Edouard, Kivu, Tanganyika, Nyassa), l’exploration des hydrocarbures impose de délimiter ces frontières au mètre près. C’est pourquoi la recherche de pétrole est souvent le début des problèmes sérieux, la relative bienveillance passée se transforme vite en une franche hostilité pour s’accaparer ce qui représente l’avenir économique d’un pays ou plutôt parfois d’un régime. Les revenus pétroliers peuvent être l’opportunité de s’émanciper, de devenir réellement indépendant pour certains pays africains, « abonnés » aux aides internationales du FMI, de la Banque mondiale ou des bailleurs bilatéraux depuis l’indépendance. Le pétrole est donc le moyen d’une réelle émancipation économique et donc politique pour les dirigeants dans certaines conditions de gouvernance. Si les conflits africains n’ont pour la plupart rien à voir avec le pétrole, le continent n’a pas pour autant complètement été exempté de conflits liés à cette matière première. Ainsi, bien que la présence de pétrole au Biafra (sud-est du Nigeria), où dans les guerres civiles en Angola ou en République du Congo, n’ait pas été l’élément déclencheur, elle a néanmoins renforcé le conflit en le prolongeant du fait de puissances extérieures avides de le contrôler comme la France dans le cas du Biafra qui a pris le parti des indépendantistes. Le pétrole a pu aussi être le moteur de financement du conflit comme pour l’Angola. Cependant, si ces conflits feront l’objet de développements dans la première partie sur les menaces portant sur la production d’hydrocarbures en Afrique, c’est bien davantage les conséquences des récentes découvertes, notamment en termes de frontières, qui vont nous préoccuper ainsi que l’arrivée de nouveaux acteurs (pays producteurs, compagnies venant de divers horizons). Ces acteurs récents et les changements du secteur pétrolier en Afrique qu’ils accompagnent sont le cœur de notre sujet. Cette Afrique médiane -Grands Lacs et Afrique de l’Est- sera cependant scrutée avec davantage de minutie. Dans ces deux grandes régions, l’exploitation ou l’exploration du pétrole s’est superposée à des situations déjà conflictuelles. La République démocratique du
  19. 19. 19 Congo, pays central de l’Afrique des Grands lacs, vit depuis une vingtaine d’années des situations conflictuelles de différentes natures : dans l’est du pays des conflits ouverts armés avec certains de ses voisins ou avec les milices congolaises que ceux-ci soutiennent, et des situations que l’on pourrait qualifier post-conflictuelle sur le reste de son territoire. Cette instabilité à l’est, mais aussi au sud est fortement entretenue par certains des pays voisins, surtout l’Angola et le Rwanda (l’Ouganda dans une moindre mesure), afin que le grand Congo (2,3 millions de km² et 70 million d’habitants) ne puisse pas profiter du produit de ses immenses richesses naturelles et reste un Etat affaibli. Rappelons que ce pays a connu une sorte d’âge d’or après l’indépendance le 30 juin 1960 où le cuivre ainsi que les autres minerais lui permettaient d’être un centre de rayonnement régional voire continental au niveau économique et culturel. Les élites de toute la région venaient se former dans les universités à Kinshasa ou Lubumbashi comme les Angolais, Gabonais, Congolais de Brazzaville etc…Or, comme nous allons le voir, l’un des moyens les plus efficaces d’empêcher la République démocratique du Congo (RDC) de retrouver ce statut est de lui piller ce qu’il a de plus précieux : ses matières premières. On sait que la RDC a de nombreuses richesses minières, que l’on connait déjà depuis la colonisation belge (fin du 19ème siècle-1960) et qui couvre la quasi-totalité de son territoire : du cuivre dans le Katanga au sud, or et diamant dans la province Orientale au nord, au Kasaï et dans le district de l’Ituri ainsi que coltan, cassitérite dans les provinces des Kivus (liste non exhaustive). Seulement si les conséquences du pillage organisé par le Rwanda et l’Ouganda et du pillage plus sournois, œuvre des fonctionnaires congolais ou hommes d’affaires congolais avec des soutiens étrangers à l’est du territoire ou au sud en Zambie, ont été très précisément étudiés par des rapports de l’ONU (notamment le Mapping de la décennie 1993/2003 sorti en 2010), des articles et ouvrages de chercheurs [Pourtier, 2003, Vircoulon, 2005, Deneault, 2008] et diplomates [Jacquemot, 2009], des rapports fréquents d’organisation non gouvernementales (International Crisis Group, Human Rights Watch, Global Witness), les conséquences de l’exploration et production pétrolière sont largement inconnues. Avant de commencer cette recherche en 2007, seul un journaliste allemand Dominic Johnson avait spécifiquement travaillé sur la question précise du pétrole dans la zone de l’Ituri au Congo et de son implication dans les conflits locaux déjà préexistants qui avait donné lieu à un rapport en 2002. Le reste de l’information disponible sur le pétrole dans cette région se trouvait principalement dans la presse congolaise et ougandaise ainsi que dans les quelques rapports d’activités des sociétés pétrolières Tullow et Heritage Oil, actives du côté ougandais du lac Albert (l’autre partie appartenant au Congo). Avec l’importance des découvertes en Ouganda,
  20. 20. 20 de l’ordre de 2,5 milliards de barils en 2012, et l’arrivée de nouvelles sociétés comme Total et la compagnie chinoise CNOOC, l’intérêt pour cette zone s’est accru. Non seulement les articles des journaux des pays concernés sont de plus en plus fréquents, (certains journalistes à Kampala ne font désormais que couvrir le secteur pétrolier) mais les ONG commencent à rédiger des rapports sur la question des contrats pétroliers (comme Platform) ou sur les conséquences de l’exploration pétrolière. Ce dernier point a été abordé dans le premier rapport écrit sur les conséquences de l’exploration au Congo en dehors de celui de Johnson, et auquel j’ai grandement contribué, de l’International Crisis Group en 2012. L’accélération de ces publications témoigne aussi d’une crainte de plus en plus prégnante de certains analystes concernant l’est du Congo. Les minerais ont été et continuent d’être un facteur très important du prolongement des conflits et de leur autofinancement dans cette région, validant une fois de plus une partie des théories de Paul Collier sur les raisons des conflits et des guerres civiles dans le monde. Le pétrole pourrait aussi être un facteur de déstabilisation supplémentaire dans cette région qui subit depuis 20 ans les pires atrocités. Durant ces cinq années de travail, mon objectif a été d’apporter des éléments de réponse à un thème global qui est celui de la conflictualité de l’exploration et l’exploitation du pétrole et de nous questionner sur les rivalités de pouvoir suscitées par cette matière première. J’ai choisi de répondre plus précisément à cette question de la conflictualité de cette matière première dans un cadre géopolitique d’abord large avec le continent africain puis à un niveau d’analyse davantage circonscrit avec le cas particulier de l’Afrique médiane. La démarche géopolitique est dans ce cas utile car elle permet de comprendre comment les différents acteurs congolais (hommes politiques nationaux, cadres de la fonction publiques, conseillers du président, dirigeants locaux comme les gouverneurs ou députés…) luttent pour s’approprier ces blocs pétroliers congolais territorialement bien délimités. A un autre niveau d’analyse, plus grand, il s’agit de comprendre comment les pays voisins s’ingèrent dans les affaires congolaises afin d’empêcher le Congo de se développer, en matière pétrolière comme dans d’autres secteurs. Même si le pétrole n’a pas encore été découvert dans cette zone est du Congo (les explorations n’en sont qu’à leur début), les champs ougandais qui produiront vers 2016/2017 font déjà rêver. Cela impose de comprendre comment le secteur pétrolier congolais est organisé, qui prend les décisions (l’un des objectifs les plus difficiles de ce travail) et quelles sont les raisons qui poussent ces acteurs à les prendre? Ce travail impose de connaître au plus près les acteurs congolais (ministres, conseillers, députés, cadres de la présidence, du ministère des hydrocarbures, de l’environnement, de l’énergie).
  21. 21. 21 Mais cette problématique ne peut se limiter au seul Congo, car ce dernier doit négocier avec ses voisins pour développer ses ressources pétrolières potentielles. Celles situées à l’est de son territoire sont en partie limitrophes des lacs partagés avec l’Ouganda, le Rwanda (pour le méthane) et le Burundi/Tanzanie/Zambie pour le pétrole. Il s’est donc avéré nécessaire d’étudier la politique pétrolière de ses différents pays en réservant une part beaucoup plus importante à l’Ouganda, seul pays frontalier à avoir jusqu’alors fait des découvertes pétrolières significatives depuis 2006. Une comparaison de ce secteur entre le Congo et l’Ouganda sera donc l’objet de longues analyses. Mais l’étude de la gestion et gouvernance par les gouvernements n’est pas suffisante pour ces bassins frontaliers. L’intérêt des pétroliers pour ces zones partagées a entraîné de nombreuses tensions au sujet du tracé de ces frontières. L’un des objectifs de cette recherche est de décrypter la relation entre le Congo et ses voisins par l’intermédiaire d’un secteur précis qui est celui de la gestion des bassins partagés pétroliers. En se focalisant sur ce sujet unique, il est plus aisé de comprendre comment fonctionne les couples de présidents Kabila/Museveni, Kabila/Kagamé, Kabila/Kikwete. Du côté Atlantique, la totale sujétion du président congolais Kabila à son homologue angolais José Eduardo dos Santos sur la question pétrolière montre bien combien le Congo est encore loin d’avoir recouvert sa souveraineté. Si le cœur géographique du sujet est bien le Congo et ses voisins de l’est et de l’ouest, j’ai fait le choix de faire une place importante dans ma réflexion à la problématique d’exportation du brut. Car en effet, tous les producteurs de la région, ou ceux qui vont le devenir, doivent lutter contre leur enclavement. Cet enjeu est valable pour l’est du Congo mais également pour l’Ouganda et pour le Soudan du Sud. L’indépendance de ce dernier en juillet 2011, seule puissance pétrolière actuelle de la région, change considérablement la donne. La relation tendue que ce nouveau pays entretient avec le régime du président soudanais Omar el Béchir entraîne le Soudan du Sud à regarder de plus en plus vers le sud et principalement vers l’Ouganda et le Kenya afin d’exporter son brut, totalement arrêté suite à un nouveau conflit avec son voisin historique du nord. Autrefois la totalité de son pétrole passait par Port- Soudan, désormais, il faut soit trouver une solution de compromis avec le ministère du pétrole à Khartoum (qu’on attend depuis 2010 et qui aurait été trouvée en août 2012) ou construire d’autres infrastructures vers le sud. Mais en cas d’accord en 2012 entre les deux Soudan, aucune certitude ne sera possible sur la durée de leur entente. Le passif est trop lourd. Le Soudan du Sud fait les frais de sa géographie sans accès à la mer. Il est nécessaire de tenir compte de ce nouveau pays dans l’analyse régionale et expliquer aussi comment le secteur
  22. 22. 22 pétrolier depuis son commencement en 1999 s’est structuré autour de l’armée et des services de renseignement au Soudan. Ce dernier est de plus dans une situation identique à celle du Congo (en cas d’importantes découvertes), le pétrole est venu se rajouter à une situation déjà conflictuelle. Analyser les similitudes et les différences entre les deux cas est intéressant dans une démarche prospective pour le Congo. Les différents projets de tracés d’oléoducs d’exportation des compagnies pétrolières, pour le pétrole ougandais et plus tard congolais et peut être sud-soudanais se terminent au Kenya (Lamu ou Mombasa) ou en Tanzanie (Dar es Salaam), il convient de comprendre quels sont les avantages et les enjeux de ces différents tracés. Cela est d’autant plus intéressant à analyser que le Kenya a fait ses premières découvertes pétrolières au début de l’année 2012 et va donc probablement rentrer dans le club des producteurs à la fin de cette décennie. Dans la même problématique d’enclavement, il est difficile de ne pas dire un mot sur le Mozambique qui a fait depuis 2010 des découvertes gazières gigantesques. Seulement, le Mozambique qui est dépourvu de marché local et même régional, doit réfléchir à l’exportation par liquéfaction et l’approvisionnement des pays asiatiques. Notre sujet s’inscrit donc résolument dans l’Afrique des Grands Lacs mais aussi dans l’Afrique de l’est, sans laquelle rien n’est possible en termes d’exportation et de marché. Concernant le Congo et les problématiques avec ses voisins immédiats de l’Afrique des Grands lacs, j’ai fait le choix de commencer l’analyse avec l’arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir en 1997. Cette étude se termine avec les élections présidentielles de la fin 2011 au Congo que je n’ai pas traité. En effet, pour ce sujet, les conséquences les plus intéressantes de cette élection sont la formation des gouvernements (qui est intervenue seulement en avril 2012) et la nomination des cabinets et des nouvelles personnes influentes. Or, à l’écriture de ces lignes, le nouveau gouvernement et principalement le ministère des hydrocarbures n’a pas encore pris la moindre décision. C’est donc sous les présidences de Laurent mais principalement Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, que le secteur pétrolier sera étudié. La relation du Congo avec les pays frontaliers sera également étudiée pendant les mandats de la famille Kabila. Concernant l’Afrique de l’Est et son lien avec l’Afrique des Grands Lacs pour l’exportation et la question de l’enclavement, dans une démarche d’ouverture et de prospective, j’ai centré cette analyse sur les projets d’oléoducs vers le Kenya, sur les négociations entre le Nord Soudan et le Soudan du Sud et les découvertes au Mozambique. L’étude du secteur pétrolier s’est focalisée sur les acteurs politiques : des ministres, aux conseillers du président, jusqu’aux députés nationaux et provinciaux des régions pétrolières, les cadres de la fonction publique en charge du pétrole (au ministère de l’énergie, de
  23. 23. 23 l’environnement ou des hydrocarbures) et évidemment sur les compagnies pétrolières privées et publiques. Cela a été complété aussi par le travail des ONG et des représentants de la société civile dans les zones d’exploration au Congo comme en Ouganda. Le jeu d’acteurs est compliqué à comprendre au Congo car il a une résonnance éminemment géopolitique, les différents protagonistes jouant une partition parfois très singulière pour leur rang (la hiérarchie ne veut pas dire grand-chose au Congo, un ministre peut n’avoir aucun pouvoir) et fonctionnant davantage en fonction d’intérêts liés à leur province d’origine ou de leur proximité avec le chef. La dimension de sujétion à l’extérieur est également à prendre en compte. Au sein du pouvoir congolais, il est nécessaire de savoir qui a des accointances avec l’Angola, avec le Rwanda ou avec l’Ouganda. Les choix de politique nationale sont intrinsèquement liés à l’influence de ces trois pays ayant des intérêts importants au Congo. Cela explique d’avoir privilégié l’étude des lieux de pouvoir et d’avoir passé la plus grande partie du temps des terrains d’enquêtes à tenter d’approcher puis de nouer des liens de confiance avec ces personnes et acteurs de haut niveau, qui pour certains ne désirent pas parler et sont difficiles à interroger. Afin d’apporter des éléments de réponse à la problématique de la conflictualité pétrolière sur des zones déjà instables, j’ai d’abord souhaité commencer par une partie introductive sur ce qu’est le pétrole en Afrique. L’axe de cette première partie a été de privilégier les cas de litiges en répondant à cette question, quelles sont les menaces qui pèsent sur la production pétrolière et gazière africaine ? Le continent étant un formidable pourvoyeur d’énergie pour le marché mondial, va-t-il continuer à le rester, malgré ses conflits multiples dans le delta du Niger au Nigeria, les guerres civiles passées (Congo Brazzaville, Angola), les nationalismes pétroliers conduisant à la baisse de la production (Algérie) ? De même, la multiplication des conflits frontaliers liés à l’exploration de cette matière première, peuvent-ils dégénérés et quels sont les moyens à la disposition des Etats pour les régler ? Enfin, la faible consommation du continent et donc sa très grande capacité d’exportation (7 barils sur 10 sont exportés hors de l’Afrique) représente-t-elle une tendance qui va durer ? Cette première partie repose d’une part, sur les travaux de chercheurs qui se sont intéressés au pétrole en Afrique mais surtout sur mes enquêtes de terrain depuis 2007 sur le continent africain. D’abord dans le cadre du master où nous sommes restés plusieurs mois en Mauritanie pour étudier les conséquences de l’exploitation pétrolière qui avait commencé en février 2006, ensuite dans le cadre du doctorat où nous nous sommes rendus à nouveau en Mauritanie, au Mali, au Sénégal pour l’exploration pétrolière, ainsi qu’au Ghana (producteur
  24. 24. 24 depuis 2010), et bien évidemment en République démocratique du Congo et en Ouganda où nous nous sommes rendus à de nombreuses reprises et en Afrique du Sud pour les multiples sommets pétroliers. Ces terrains nous ont permis de rencontrer les acteurs de ce secteur ainsi que de visiter les installations pétrolières notamment en Ouganda où nous avons pu nous rendre aux abords du lac Albert (ce qui est désormais quasiment impossible pour les chercheurs). Autre source majeure d’informations depuis l’été 2008, mon travail comme principal rédacteur de la lettre d’informations Africa Energy Intelligence qui délivre toutes les deux semaines le résultat d’investigations poussées sur les secteurs du pétrole, gaz et électricité en Afrique. Cette fonction m’a permis grâce aux sommets pétroliers (très bons moyens de rencontrer des cadres de pays marginaux dans le pétrole comme la Somalie, Sao Tomé, la Gambie..) puis lors de très fréquentes entrevues privées, d’enrichir un réseau de sources dans une trentaine de pays africains, notamment avec des cadres de ministères et hommes politiques en charge des secteurs de l’énergie et du pétrole. Cette connaissance de chacun des pays africains dans ces secteurs précis s’est avérée précieuse afin de brosser un tableau le plus fidèle possible de la réalité car basée sur des entretiens très fréquents (plusieurs par semaine pour certains pays) avec les fonctionnaires et hommes politiques qui prennent les décisions dans leur pays. Ces conversations m’ont permis d’être en permanence en prise avec le terrain. Je ne citerai que très rarement mes interlocuteurs, les conversations ayant été acceptées quasiment à chaque fois en échange d’un anonymat total. Ce réseau de sources fidèles ainsi que les nombreux voyages effectués pour Africa Energy Intelligence ou dans le cadre du doctorat m’a aussi permis de rédiger les deux autres parties de cette thèse sur lesquelles la littérature est peu prolifique. Notre deuxième partie sur la gouvernance du pétrole au Congo et en Ouganda et sur les explorations en cours a été presque entièrement basée sur des entretiens et l’observation sur le terrain. Certains cadres du secteur ont parfois écrit de livres très intéressants en particulier en Ouganda comme l’ex responsable du ministère de l’énergie en charge de l’exploration/production Reuben Kashambuzi, mais leur diffusion ne dépasse pas le cadre du pays, se les procurer et apprendre même leur existence a donc pris du temps. Le plus chronophage a été de comprendre qui a le pouvoir et pourquoi les décisions dans le secteur pétrolier sont prises, en effet les titres officiels n’ont que peu de valeur au Congo. L’Ouganda n’est d’ailleurs pas exempt non plus de ce type de fonctionnement parallèle comme on le verra et ce, même si ses cadres pétroliers ont très rapidement appris alors même que le pays n’a jamais rien produit, contrairement au Congo.
  25. 25. 25 La troisième partie que nous avons rédigée sur les problèmes de bassin partagés entre plusieurs pays et sur l’enclavement pétrolier de région en conflits: l’Afrique des Grands Lacs et par extension de celui de l’Afrique de l’Est, a été aussi principalement traitée en nouant des relations particulières avec des fonctionnaires, hommes politiques et militaires en Angola, au Soudan et Soudan du Sud, au Kenya et en Tanzanie. Ces derniers s’ajoutant à ceux que nous avions déjà au Congo et en Ouganda, dont l’aide a été une nouvelle fois précieuse et décisive.
  26. 26. 26 Partie I : Le pétrole africain, un danger ou une chance pour le marché mondial des hydrocarbures ?
  27. 27. 27 Avant de nous appesantir plus avant sur la région des Grands lacs, cœur géographique de notre recherche, et plus particulièrement sur la question de l'exploration/exploitation pétrolière et gazière, il est indispensable de faire un point sur l'industrie pétrolière sur un plan plus large, à l'échelle du continent africain. Sur ce sujet, nous ne partons pas de rien, beaucoup de recherches ont donné lieu à la publication de travaux académiques ou d’ouvrages de journalistes d’investigation. Cependant, cette ressource bibliographique est principalement focalisée sur les producteurs anciens. Plusieurs chercheurs se sont intéressés aux conséquences de l'exploitation pétrolière dans un pays en particulier, thème plus particulièrement étudié depuis les années 1990. On peut faire état de certains doctorats qui sont encore fréquemment cités aujourd'hui, c'est le cas de celui de Douglas Yates sur le Gabon « The Rentier State in Africa: Oil Rent Dependency and Neocolonialism in the Republic of Gabon » soutenu en 1996. Yates y montre les effets pervers de la manne pétrolière dans un pays qui n'a pas réussi à diversifier son économie et qui n'a eu que trois présidents depuis l'indépendance en 1960 (deux seulement lors la rédaction de son doctorat). On peut également citer le travail de Géraud Magrin sur « Le sud du Tchad en mutation. Des champs de coton aux sirènes de l'or noir », soutenu en 2001. Magrin met l'accent sur les mutations profondes d'une région autrefois agricole où la production de coton était importante et sa lente transformation lors du développement de l'exploitation pétrolière, qui a commencé en 2003. Il y a aussi les travaux de Nicolas Donner sur le thème « l'Exploitation pétrolière et dynamiques géographiques dans les territoires insulaires du golfe de Guinée ». Ses articles rendent compte de l’exploitation du pétrole en Guinée équatoriale et de l’exploration à Sao Tomé et Principe3 . Le pétrole en Guinée équatoriale qui est exploité depuis 1993 a permis d’accentuer le pouvoir de son président Teodoro Obiang Nguema depuis 1979. Ce dernier a ainsi trouvé les moyens de durcir son emprise sur un pays auparavant parmi les plus pauvres du continent africain. Concernant le plus gros producteur africain, le Nigeria, la thèse de Kathryn Nwajiaku « Oil politics and identity transformation in Nigeria: the case of the Ijaw of the Niger Delta » soutenue en 2005 sur le groupe ethnique des Ijaw du delta du Niger a donné un éclairage unique sur la stratégie d'un groupe ethnique dans l'appropriation d'une ressource qui bouleverse son quotidien en terme environnemental et financier. Tous les moyens sont mis en œuvre pour capter une partie des revenus grâce à la création d'Etat (comme Bayelsa d'où vient l'actuel président du Nigeria Goodluck Jonathan) et de gouvernements locaux. Un autre groupe ethnique dominant du delta du Niger, les Ibo, a été décrite par Philipe Sébille- 3 Nicolas Donner, « Notes sur la dimension immunitaire des enclaves pétrolières », EchoGéo [En ligne], numéro 17 ou du même auteur « The Myth of the Oil Curse: Exploitation and Diversion in Equatorial Guine »a, Afro- Hispanic Review, vol.28, n°2, 2009.
  28. 28. 28 Lopez dans sa thèse « Géopolitique des hydrocarbures au Nigeria du plan mondial au plan local » soutenue à l’Institut Français de Géopolitique en 2009. D’autres chercheurs ont travaillé sur la question pétrolière d'un point de vue plus régional comme Ricardo Soares de Oliveira avec le golfe de Guinée : « Oil and politics in the Gulf of Guinea », ouvrage paru en 2007 et directement inspiré de ces travaux de doctorat. Il y explique notamment combien les pays de cette zone allant du Nigeria à l'Angola sont ultra dépendants de la manne pétrolière et que cette dernière renforce les moyens de leurs dirigeants pour se maintenir au pouvoir. Deux ouvrages de référence de journalistes d'investigation sortis en 2007 ont également beaucoup apporté au sujet avec cette fois-ci une vision davantage continentale. C’est d'abord le cas du livre de John Ghazvinian “Untapped, the scramble for Africa's oil” ainsi que de “Poisoned Wells, the dirty politics of african oil” écrit par Nicholas Shaxson. Grâce à leurs nombreuses enquêtes de terrains, ces deux auteurs ont permis une approche instructive et très détaillée des conséquences du pétrole à l’échelle de l’Afrique. Ghazvinian est encore aujourd'hui l'un des rares auteurs à avoir pu montrer la particularité et la spécificité de chacun des producteurs ou futurs producteurs, grâce à des séjours sur place, y compris dans les zones difficiles (sud du Soudan de l'époque, delta du Niger, Guinée équatoriale, Cabinda en Angola). Chacun de ces pays est différent du fait de son histoire, de l'état de son administration après l'indépendance (les colonies britanniques et françaises ont davantage fait participer "les locaux" à l'administration contrairement aux colonies portugaises où ils en ont été davantage écartés4 ). La spécificité géographique peut jouer également, Ghazvinian parle par exemple très longuement de l'enclave de Cabinda qui appartient à l'Angola mais dont le territoire, riche en brut, aiguise les tentations indépendantistes... Citons également les travaux de l'économiste Duncan Clarke qui anime chaque année depuis vingt ans le plus important sommet pétrolier du continent au Cap en Afrique du Sud, l'Africa Oil Week. Clarke a fait paraître en 2008 un ouvrage sur l'histoire de l'exploration et la production pétrolière « Crude continent, the struggle for Africa's oil prize ». Ce livre qui se veut assez exhaustif est une sorte de tableau de la situation pétrolière actuelle du continent. Clarke donne sa vision des compagnies pétrolières et de leur stratégie selon leur taille et leur provenance. L’ouvrage est très instructif pour comprendre les différences et stratégies des divers acteurs pétroliers. On compte aujourd’hui plus d’une centaine de sociétés pétrolières en activité dans une quarantaine de pays africains. 4 Voir Ghazvinian ainsi que conversations personnels avec des cadres angolais et mozambicains de la fonction publique.
  29. 29. 29 L'exploration et la future exploitation dans les Grands Lacs s'inscrivent dans un contexte bien particulier, celui d'une Afrique où les producteurs sont déjà nombreux (19) et parfois très anciens (fin des années 1950 pour le Nigeria, l'Algérie, le Gabon). Ils ont tous une histoire particulière et un lien singulier avec le secteur pétrolier. Ce dernier peut être ultra dominant et destructeur pour les autres secteurs économiques qui ont peu à peu dépéri, c'est le cas de la plupart des Etats africains qui n'ont dans l'ensemble jamais réussi le pari de la diversification économique avec un budget alimenté jusqu’à 80% par des recettes pétrolières (cas du Nigeria, République du Congo et Gabon). Ce secteur peut-être également mineur ou représenter un parmi d'autres: cas de l'Afrique du Sud, Mauritanie ou Tunisie par exemple, tous ces pays consommant bien davantage que leur production. Dans ces derniers cas, il n'y a pas eu de bouleversement, l'économie n'ayant pas été transformée après l'arrivée de cette ressource. Evidemment, dans cette première partie, nous allons bien davantage nous concentrer sur le premier cas des pays exportateurs d'hydrocarbures. La problématique de cette partie consiste à se demander quelles sont les menaces qui pèsent sur la production de pétrole et de gaz du continent africain, qui pourvoit à la production d'un baril sur huit consommés par l'économie mondiale chaque jour ainsi que près de 11% des besoins en gaz. La thématique de la production en zone de conflit, fil rouge de la démonstration de ce doctorat est applicable à de nombreux producteurs africains. Cette conflictualité du pétrole n’implique pas que des Etats soient toujours en guerre ouverte (cela a très rarement été le cas dans l’histoire pétrolière) mais l’exploitation entraîne la multiplication de différends entre acteurs de différents niveaux. Cette situation pétrolière nouvelle où le niveau des cours excitent les compagnies ainsi que les responsables du secteur sur place seraient parfois en Afrique dans un environnement déjà difficile voire en instabilité préexistante (nous le verrons avec l’Afrique des Grands lacs et l’Afrique de l’est dans la deuxième et troisième partie). Les conflits actuels liés à l’exploitation de cette ressource si spéciale sont bien évidemment de diverses natures. Les hydrocarbures peuvent être la cause de litiges frontaliers entre Etats (Grands Lacs, Nigeria/Cameroun etc…), la captation des revenus du pétrole peut aussi conduire à un jeu violent entre acteurs locaux, régionaux et fédéraux ainsi qu’avec les compagnies comme au Nigeria avec comme conséquence une atomisation du pouvoir ; le pétrole peut conduire au renforcement du pouvoir de dirigeants autocrates comme en Guinée équatoriale (qui devienne tout d’un coup fréquentable auprès des nouveaux clients : les Etats-Unis), l'arrivée de nouveaux acteurs dans ce secteur comme les sociétés d’Etat asiatiques peut s’avérer aussi une source de conflit avec les cadres nationaux du secteur comme ceux des ministères (Niger, Tchad, Soudan/Soudan du Sud).
  30. 30. 30 Les études récentes sur les nouvelles zones d'exploration et de futures exploitations sont loin d'être légion. Hormis qui nous avons déjà cités, les doctorats et travaux académiques se focalisent principalement sur les anciennes zones productrices comme le Gabon, le Nigeria, l’Algérie qui produisent depuis la fin des années 1950. Et pourtant, la géopolitique pétrolière et gazière du continent a beaucoup évolué ces dix dernières années. A cela deux causes principales. La première est d’ordre économique : le marché pétrolier mondial s'est métamorphosé depuis la fin des années 1990. En 1998, les cours étaient au plus bas avec un baril à 10 dollars à peine. A partir de 1998, grâce au respect des quotas de l'Organisation des pays explorateurs de pétrole (OPEP), le baril a fluctué entre 22 et 28 dollars. A partir de 2003, une nouvelle séquence économique s'ouvre. Grâce à une croissance de la demande et de multiples conflits géopolitiques (Iran, Irak, Arabie Saoudite, Venezuela, Nigeria, etc…), le baril est parti de 28,1 dollars en 2003 pour atteindre 36,5 dollars en 2004, 50,6 en 2005, 61,1 en 2006, 69,1 en 2007, 94,4 en 2008 (avec un pic historique à 147 dollars le 11 juillet) avant de redescendre ponctuellement à 61,1 en 2009 et remonter finalement à 76 en 2010. Ces cours à la hausse ont eu comme principale conséquence de modifier en profondeur la géopolitique des zones d'exploration dans le monde. Les budgets d'explorations des sociétés pétrolières ont encouragé la recherche dans des bassins sédimentaires peu connues et plus instables comme dans l’Afrique des Grands Lacs afin d'ouvrir de nouvelles perspectives de découvertes. La ruée spécifique sur le pétrole africain et donc de la conquête de zones particulièrement difficiles est aussi la conséquence de la politique énergétique des Etats-Unis mise en place après le 11 septembre 2001. Dans un souci de rééquilibrer la politique énergétique de son pays, l'administration Bush, fortement poussée par le vice-président Dick Cheney, a misé sur l'Afrique afin de moins dépendre du golfe Persique d’où venait la quasi-totalité des terroristes du 11 septembre. Les prévisions du National Intelligence Council, indiquent que les Etats- Unis (plus grand consommateur du monde) pourraient faire passer le volume de leur importation africaine de 16% en 2001 à 25% d’ici à 2015. Cela laisse donc pour les compagnies américaines et étrangères de grands espoirs d’achats de cargaison de la part des Américains venant d’Afrique. La conjugaison d’importants moyens financiers de la part des pétroliers et la nouvelle importance géopolitique de l’Afrique pour les puissances comme les Etats-Unis entraînent une multiplication des découvertes dans des zones considérées encore récemment par les majors, comme marginales voire inintéressantes. C'est le cas de l'offshore ouest-africain allant
  31. 31. 31 de la Guinée Conakry jusqu'au Ghana (en passant notamment par les très prometteurs Sierra Leone et Liberia), de la bande sahélienne : de la Mauritanie au Soudan en passant par le Niger et le Tchad, de l'Afrique des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda, Burundi) ou de l'offshore d'Afrique de l'Est (Kenya, Tanzanie, Mozambique). Ces zones ne sont quasiment pas étudiées, elles requièrent donc qu'on y prête une attention toute particulière dans cette première partie (l’Afrique de l’Est sera principalement couverte lors de la 3ème partie). Hors de ces nouvelles zones sur lesquelles il faut s'appesantir, il semble utile de revenir sur ce que représentent actuellement les producteurs historiques car ils comptent toujours pour une part majoritaire du débit pétrolier et gazier du continent. Par historique, nous faisons référence au Nigeria, Gabon, Angola, République du Congo, Algérie et Libye. Mais au lieu de les traiter les uns après les autres, nous chercherons à chaque fois à mettre en valeur un axe particulier afin de comprendre leur spécificité face à la problématique de fond : produire en zone de conflit. Les conflits peuvent être localisés comme c'est le cas avec le delta du Niger où des militants combattent l'Etat ainsi que les compagnies pétrolières. Cela peut également être un conflit poussé par un nationalisme pétrolier fort qui met en danger la production de long terme comme en Algérie, ou bien des conflits de frontières pour l'appropriation des hydrocarbures (l'Afrique en connait ou en a connu de nombreux), ou encore des conflits entre compagnies pétrolières. A ce titre, l’arrivée de la Chine est un exemple intéressant, elle a pu être considérée comme un danger pour les major pétrolières occidentales mais peu à peu, elle devient grâce à ces trois sociétés étatiques, un acteur "presque" (elles opèrent encore dans des zones où les autres ne veulent plus aller) comme les autres. Si la géographie de l'exploration a changé, les acteurs pétroliers aussi se sont diversifiés. Les majors occidentales sont toujours massivement sur le terrain africain depuis le début du 20ème siècle. Elles continuent d'avoir un rôle clé pour mener des projets d'importance au Nigeria, Angola, Algérie, Congo-Brazzaville, Gabon, et sont toujours largement les premiers producteurs en volume sur le continent africain. Elles sont cependant rejointes depuis les années 1980, par des sociétés intermédiaires qui ont un rôle de pionnier, elles prennent d'avantage de risques dans leur stratégie que les firmes géantes. Cela peut d'ailleurs être payant comme au Ghana et en Ouganda avec les découvertes de Tullow Oil. Ce type d'acteur qui produit déjà, a de l'expertise et une importante surface financière (où au moins la confiance des marchés pour lever des fonds) mais il ne peut entreprendre des projets gigantesques à lui tout seul. Il doit se résoudre à travailler à un moment du développement de son projet, en coopération avec des majors. Les sociétés intermédiaires sont elles-mêmes
  32. 32. 32 rejointes par des compagnies nouvellement créées, qui ont parfois peu de moyen et peu d'expertise. Ces sociétés spéculatives sont intéressantes car elles parviennent parfois à obtenir de très bon permis d'exploration. Les majors ou groupes intermédiaires sont contraints de négocier avec elles en cas de découvertes à proximité de leur blocs. Hors de la simple question de la taille et de l'expertise des sociétés, la nationalité d'origine est importante à analyser. Si jusqu'aux années 1980/90, les sociétés venaient quasi-exclusivement d'Occident c'est-à-dire Etats-Unis, Canada, Europe et Australie, cela n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Les sociétés indiennes, chinoises, malaisiennes, coréennes, brésiliennes, argentines, et russes ont pris une part considérable dans l'exploration du pétrole africain. Si c'est principalement les sociétés étatiques de ces pays qui sont actives, ces Etats en très forte croissance économique ont aussi des compagnies privées sur le continent. La présence chinoise doit encore être cependant mise à part dans l'analyse. Les sociétés de ce pays, principalement publiques, ont consenti des milliards de dollars d'investissement depuis le milieu des années 1990 et ont permis à des pays comme le Soudan ou le Niger de devenir producteurs, alors même que le potentiel de leur sous-sol était connu depuis longtemps, grâce aux majors occidentales. Cependant, aucune de ces sociétés venant d'Europe et des Etats-Unis n'a voulu se lancer dans le développement des gisements pour des questions de risques politiques ou et d'enclavement géographique. Enfin, tous ces acteurs sont rejoints par l'entrée des sociétés africaines nationales dans l'exploration dans leur pays d’origine, dans d'autres pays africains ou même en dehors du continent (cas de la Sonangol angolaise présente en Iran, Irak et Venezuela ou de la Sonatrach algérienne en Colombie). Des sociétés privées africaines se développent aussi principalement au Nigeria avec des visées d’abord nationales puis régionales (cas d’Oando, MRS ou de Taleveras), très actives en Afrique de l’Ouest.
  33. 33. 33 Carte n°1a et 1b: Diversité des sociétés pétrolières actives en Afrique Source : Sites internet des sociétés pétrolières mentionnées.
  34. 34. 34 Sources : Sites internet des sociétés mentionnées. Hors des compagnies pétrolières, un autre acteur a profondément changé en Afrique: l'Etat. Avec dix-neuf producteurs de pétrole et neuf de gaz, ainsi que plus de quarante nations en exploration, le continent africain est "cerné" par les opérateurs du secteur. La gouvernance
  35. 35. 35 pétrolière est cependant très différente selon les pays. Cela vient principalement de la période où la production a commencé. Au début des années 1950 par exemple, aucun de ces pays n'étaient indépendants et l’organisation d'administrations en charge du secteur a pris du temps à se former, voire n'a jamais réussir à se structurer. D’où une importante présidentialisation des décisions. A l'opposé, on peut prendre le cas du Ghana où la production de pétrole n'a commencé qu'en 2010. Ce pays a eu le loisir de s’inspirer des différents modèles de gouvernance afin d'éviter certains contre-exemples. Le Ghana, ayant déjà un système politique parmi les plus démocratiques en Afrique, a pu également profiter de l'aide d'organismes tels que les bailleurs de fonds ou de la coopération norvégienne pour former ses cadres à des pratiques optimales dans le secteur pétrolier. Nous nous proposons de commencer cette partie par une étude globale de l'exploration et la production en Afrique. Ce sera l'occasion de se pencher sur le poids du continent dans la production et consommation mondiale ainsi que sur les espoirs de découvertes futures pour répondre à l'accroissement de la demande. Les acteurs pétroliers sont très divers et leur poids diplomatique et économique est loin d’être identique. Pour répondre à la problématique centrale, de la production en zone de conflit, nous poursuivrons par l’étude des différentes menaces qui ont pesé ou pèsent sur la production du continent, que cela soit lié à des conflits de frontières (Ghana/Côte d’Ivoire) des conflits internes géopolitiques (delta du Niger au Nigeria) ou des guerres civiles qui ont été permises, allongées et davantage meurtrière grâce ou pour l’argent du pétrole (Congo-Brazzaville, Biafra, Angola). Nous ne prétendons pas que le continent africain n’a que des producteurs pétroliers et gaziers en conflit, cependant, cette ressource est aujourd’hui un puissant stimulateur de litige territorial et parfois légal, ainsi que de violence. Cela s’explique par la puissance de la représentation du pétrole chez les élites comme chez les populations. Il faut chercher à le contrôler à tout prix, y compris s’il ne nous appartient pas. A ce titre, cette ressource représente une incarnation parfaite de l’étude géopolitique : lutte de pouvoir sur ou pour le contrôle d’un territoire.
  36. 36. 36 1 La production africaine d’hydrocarbures, des situations très diverses 1-1 Les producteurs de pétrole en Afrique Avant de détailler les différences entre les Etats producteurs, analysons le tableau ci-dessous qui regroupe le débit quotidien, les réserves et l'année de première production des nations africaines. Tableau n°1 : Les producteurs de pétrole africains en 2011 Production/Millions barils par jour (2011) Reserves/milliards de barils Année du premier baril exporté Nigeria 2,4 37,2 1958 Angola 1,8 13,5 1959 Libye 1,6 46,4 1961 Algérie 1,8 12,2 1958 Egypte 0,7 4,5 1910 Soudan du Sud 0,35 6,7 1999 République du Congo 0,29 1,9 1967 Guinée équatoriale 0,27 1,7 1993 Gabon 0,24 3,7 1957 Tchad 0,12 1,5 2003 Soudan (Khartoum) 0,1 1 à 2 1999 Ghana 0,8 1 à 2 2010 Tunisie 0,080 0,4 Cameroun 0,073 0,5 1977 Côte d’Ivoire 0,034 0,5 1982/
  37. 37. 37 République Démocratique du Congo 0,025 0,5 1976 Niger 0,20 0,6 2011 Afrique du Sud 0,020 0,5 Mauritanie 0,008 0,2 2006 Total 10 132 / Sources : BP Statistical Review of World Energy 2011/Benjamin Augé
  38. 38. 38 Carte n°2: La production pétrolière africaine. Sources : BP Statistical Review, Benjamin Augé
  39. 39. 39 Au-delà des données déjà évoquées, le tableau 1 permet de donner une vision prospective grâces aux flèches indiquant si la production des différents pays stagne, diminue ou s'accroît. Cette carte permet de localiser tous les producteurs ainsi que de mesure leur importance. Il n'est pas question ici de faire un développement sur chacun des producteurs mais d'expliquer les grandes tendances en prenant quelques pays clés. La première remarque est que l'Afrique compte pour près de 9,5% des réserves du monde en pétrole soit 132 des 1382 milliards de barils actuellement mis à jour. C'est finalement assez peu. Ce pourcentage est à peu près le même depuis trente ans. En 1980, le continent ne comptait que 53,4 milliards de barils de réserve sur un volume global de 667. L'Afrique pesait alors 9% des réserves mondiales. On peut en conclure qu’historiquement les découvertes sur le continent Africain se sont fait au même rythme que celles dans les autres zones du globe car la part du continent n'a jamais diminuée alors que les réserves mondiales ont été multipliées par deux. Cela démontre un intérêt des compagnies pétrolières depuis fort longtemps pour l'Afrique : des moyens importants y ont été investis. Ce que l'on voit aussi dans ce tableau et la carte, c'est la très grande hétérogénéité des cas. Une multitude d'Etats produisent quelques dizaines de milliers de barils par jour et seuls quatre sont au-dessus d'un million de barils par jour : Nigeria, Angola, Algérie, Libye. Les piliers pétroliers Les deux piliers pétroliers africains devraient rester la Libye et le Nigeria. A eux deux, ils renferment les 2/3 des réserves totales de pétrole avec 83 sur 132 milliards de barils. L'Angola arrive en troisième position et peut, grâce à ses découvertes récentes, monter sensiblement, sans toutefois espérer rejoindre la Libye ni le Nigeria dans le court et moyen terme. Ces deux derniers produisent d'ailleurs assez peu compte tenu de leur réserve. Pour le Nigeria, les défis sécuritaires dans la région de production, le delta du Niger, expliquent largement ce débit assez bas (2,4 millions b/j), la Libye a quant à elle souffert des embargos américains des années 1980 à 2004 et sanctions onusiennes entre 1993 et 1999. Dans le cas nigérian, la sécurité est loin d'être rétablie (nous y reviendrons plus tard), et pour la Libye, plus aucune sanction n'est en place mais les défis des nouvelles autorités qui ont pris le pouvoir à la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011 sont immenses et il est difficile de se prononcer si tôt sur sa politique pétrolière. Ces deux pays peuvent être considérés comme l'Arabie Saoudite et l'Iran d'Afrique et ils seront probablement les derniers à produire sur le continent. Des découvertes importantes sont évidemment à prévoir ailleurs encore, mais elles ne permettront probablement pas de rivaliser avec celles des deux géants. De plus, les réserves nigérianes et
  40. 40. 40 libyennes ne sont pas non plus vouées à rester au même niveau. Si l'onshore du Nigeria est assez bien radiographié, des milliers de forage depuis les années 1950 ont été effectués, des découvertes sont encore possibles dans l'offshore profond permettant d'accroitre encore les réserves. La croissance de la production dépend de la sécurité mais atteindre 3 voire 4 millions de b/j serait tout à fait faisable en cas de longue période de calme dans le Delta (zone de production). Quant à la Libye, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, seule une petite partie de son territoire est en production, et son territoire est loin d’avoir été entièrement radiographié.
  41. 41. 41 Carte n°3: Pétrole et gaz en Libye. Source : African Energy, n°206, 1 avril 2011/Benjamin Augé Hors de la zone ouest, l'offshore libyen est encore assez mal connu. Des blocs ont été attribués notamment à des sociétés occidentales après 2004 mais davantage de temps est nécessaire pour avoir une vision du potentiel des eaux territoriales libyennes. Actuellement une très
  42. 42. 42 faible part de la production provient de l'offshore du pays. De même, les régions sahéliennes les plus lointaines de la côte, frontalières avec le Tchad et le Soudan, sont également mal connues. La Libye a besoin d'investissements lourds sur le long terme pour mettre en production ce qui a été déjà découvert et améliorer le taux de récupération5 . Son cas est à rapprocher de celui de l'Irak avant la guerre de 2003. Les découvertes étaient déjà immenses mais le manque d'investissements et l'usage de technologie vieillissante faisaient stagner la production aux alentours des 2 millions de b/j alors que les réserves étaient de 115 milliards de barils6 . Avant la chute de Kadhafi en 2011, la production libyenne était aux alentours de 1,6 million b/j, mais en 1970, alors que les découvertes étaient beaucoup moins importantes qu'aujourd'hui, la production atteignait 3,3 millions de b/j7 . Revenons à nouveau au tableau 1, en particulier sur le cas du potentiel de l'Angola. La guerre civile de 1974 à 2002 a lourdement pénalisé ce pays. La mort de Jonas Savimbi en 2002, le chef de d'un des deux mouvements l'UNITA, a d'ailleurs coïncidé avec le début d'une croissance rapide de la production, passé de 740 000 b/j à 1,8 million en l'espace de huit ans. Les découvertes en offshore très profond vont faire croitre la production du pays au-delà des 2 millions de barils d'ici à 2014. Les mises en développement des seuls projets de Total dans le bloc 17 (voir carte ci-dessous) se succèdent rapidement : Girassol (240 000 b/j) en 2001, Dalia (250 000 b/j) en 2006 Pazflor (220 000 b/j) le 22 novembre 2011, CLOV (160 000 b/j) en 2014. 5 Le taux de récupération correspond au pourcentage d'huile que la société opératrice peut effectivement extraire de la poche pétrolière. Ce taux est en moyenne entre 30 et 40% dans le monde. Cependant, il peut descendre en cas d'utilisation de technique ancienne. La Libye du fait des embargos et du manque de pièces de rechange a dû se débrouiller avec peu de moyen : les taux de récupération sont assez faibles sur la plupart des champs. 6 BP Statistical Review of World Energy, 2011. 7 BP Statistical Review of World Energy, 2010.
  43. 43. 43 Carte n°4 : Les blocs pétroliers en Angola Source : Benjamin Augé, sites internet Total et Sonangol
  44. 44. 44 Cette carte montre que la plupart des zones en production sont dans l’offshore mais qu’une très faible partie des eaux territoriales du pays est encore en exploitation. Outre ces trois cas particuliers dont les réserves et la production devraient mécaniquement s'accroître dans les prochaines années, sauf en cas de problème géopolitique, dont on parlera plus tard, d'autres pays peuvent voir leur production s'accélérer également. C'est d'abord le cas du République du Congo (Brazzaville). Cette dernière a vu sa production doubler entre 1990 et 2010, passant de 150 000 à 292 000 b/j. Plusieurs projets sont actuellement en développement et devraient permettre au pays de stabiliser voire d’accroître le débit actuel. Les deux nouveaux producteurs, à savoir le Ghana en 2010 et le Niger en 2011 vont également voir leur production s’apprécier. De 80 000 b/j en 2012, on peut estimer qu'avec les découvertes déjà effectuées, la production ghanéenne pourra atteindre autour de 200 000 b/j au milieu à la fin de cette décennie. Quant au Niger, la production actuelle:20 000 b/j, sert uniquement à l'approvisionnement d'une raffinerie à Zinder (deuxième plus grande ville du pays), l'excédent venant des champs du permis d'Agadem devrait être exporté par le Tchad et la Cameroun d'ici à 2 ou 3 ans8 . Les nigériens du ministère du pétrole comptent atteindre entre 60 et 100 000 b/j d’ici à la fin de la décennie. Enfin, l'arrivée de l'Ouganda dans le club des producteurs d'ici à 2016/2017 (voir partie II) permettra vers 2020 d'atteindre un plateau de 250 000 b/j supplémentaires en faveur du continent. Ce dernier est un bon exemple de découverte récente significative. Près de 2,5 milliards de barils ont été découverts dans une zone autrefois totalement oubliée des majors qui n'y ont jamais vraiment cru. Les pays pétroliers en stagnation Outre la bonne situation de certains producteurs pétroliers anciens, et l'arrivée de nouveaux avec des gisements de taille conséquente, d'autres cas africains ont un avenir beaucoup moins optimiste. C’est d’abord le cas du Gabon: en 2010, ce pays produisait une moyenne de 245 000 b/j alors qu'au pic de sa production en 1996, il atteignait 356 000 b/j. Cette baisse de volume risque de se poursuivre, une grande partie de ses champs sont matures et ont désormais une durée de vie comptée. Dès 2010, le Gabon a lancé des discussions pour octroyer des licences en offshore très profond mais à la mi-2012, aucune société n'avait encore signé le moindre contrat ferme. La raison majeure réside dans la profondeur d'eau de cette zone, entre 2000 et 3000 mètres. Cette particularité nécessite l'intérêt des majors, seul type de sociétés capables technologiquement et financièrement de mener des explorations 8 Africa Energy Intelligence, n°643, 12 janvier 2011.
  45. 45. 45 dans ce genre de conditions extrêmes. Or actuellement, à l’exception de quelques sociétés d’Etats asiatiques, elles ne se sont pas vraiment mobilisées pour venir négocier à Libreville. L’intérêt du Gabon pour les pétroliers réside dans le fait qu'il consomme très peu de brut, soit 13 000 b/j, du fait de sa très faible population : 1,7 million d’habitants. Il peut donc exporter plus de 80% de sa production, même si celle-ci est déclinante. L’une des autres particularités peu appréciée du Gabon du point de vue des compagnies étrangères, réside dans ses syndicats pétroliers. Le plus puissant d'entre eux, l'Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) peut entrainer des grèves qui se terminent parfois par l'arrêt de la production (cas en avril 2011). Il réclame des augmentations de salaire ou comme plus récemment, l'expulsion des salariés étrangers pour réattribuer des emplois aux locaux. Le Gabon est déjà le pays africain avec la législation la plus sévère à ce sujet : plus de 90% des emplois du secteur doivent être occupés par des Gabonais. Ces dispositions datant de 1968 et 1975 n'ont pourtant jamais été appliquées à la lettre, au plus grand plaisir des sociétés pétrolières. Selon le dernier recensement de novembre 2011 que nous avons pu obtenir auprès de l'ONEP, sur 9 000 salariés, 2 888 sont étrangers. Or ce n'est pas principalement les postes d'expatriés venant d'Europe et des Etats-Unis qui sont visés par ces revendications mais bien davantage des postes non qualifiés occupés par des Africains, le plus souvent venant du Cameroun ou du Congo. Les pays frontaliers avec le Gabon ont une main d'œuvre abondante qui accepte des salaires très bas, en tout cas moins élevés que si ces emplois étaient proposés à des Gabonais. L'ONEP lutte pour que ces emplois, peu qualifiés, soient réservés aux seuls Gabonais. Cela risque mécaniquement d’accroître la masse salariale au grand dam des sociétés pétrolières. Les multiples grèves orchestrées par l'ONEP depuis le début de l'année 2011 ont en tout cas forcé le président gabonais Ali Bongo à durcir les procédures de visa pour les étrangers. Cette puissance de l’ONEP a entraîné plusieurs compagnies à se détourner du pays9 . Dans la même région en Afrique centrale, le cas du Cameroun est également inquiétant. Produisant, en 1985, 181 000 b/j, il plafonnait en 2010 à seulement 73 000 b/j. Le manque d'opportunité et de champs porteurs a même conduit en 2010 Total à quitter le pays, la major a vendu la totalité de ses actifs à la petite société familiale française Perenco10 . Le pays compte actuellement sur les explorations sur la péninsule de Bakassi que le Nigeria lui a officiellement rétrocédé en 2008. Cette zone frontalière avec le Nigeria pourrait regorger de pétrole, mais cela prendra beaucoup de temps afin déterminer les éventuelles réserves car 9 Conversations privées avec plusieurs d’entre eux en Afrique du Sud. 10 Africa Energy Intelligence, n°640, 24 décembre 2010. L'histoire et le parcours de la société Perenco seront décrits lors de la deuxième partie sur l'Afrique des Grands lacs.
  46. 46. 46 l'appel d'offres lancé en 2010 vient seulement de conduire à la signature d’un premier contrat en mai 2012 avec Dana Petroleum (rachetée en 2010 par la société d’Etat coréenne KNOC). Un autre cas de producteur en chute libre est celui de l'Egypte. Ce dernier produisait 924 000 b/j en 1994 et se retrouve désormais avec un débit de seulement 735 000 b/j (entièrement consommé pour les besoins locaux d'ailleurs). On verra qu'en matière de gaz les opportunités sont encore possibles, mais concernant la production pétrolière, les chances de succès pour redresser la barre semblent très réduites. Des découvertes sont toujours effectuées dans le golfe de Suez, la péninsule du Sinaï et les zones désertiques mais celles-ci couvriront au mieux les baisses des champs déjà en exploitation. L'Algérie est également un cas préoccupant. Etant l'un des quatre plus importants producteurs du continent et le plus ancien d'entre eux (hors de l'Egypte), l'Algérie a une longue histoire pétrolière. Cependant, depuis 2004, la production diminue pour des questions majoritairement liées au régime fiscal influencé par un nationalisme pétrolier assez fort. La loi pétrolière de 2005, amendée en 2006 a en effet obligé la société nationale Sonatrach à prendre 51% de tous les champs du pays. Cela implique que les compagnies étrangères ne peuvent obtenir au mieux que 49% des permis, en cas de succès lors d'un appel d'offres11 . Cette mesure a conduit à un important désinvestissement des sociétés déjà présentes dans le pays et un ralentissement des arrivées de nouveaux pétroliers. Outre cette question de participation, les sociétés pétrolières qui produisent en Algérie doivent depuis cette nouvelle loi, s'acquitter de 50% de taxe sur leurs bénéfices exceptionnels lorsque le prix du baril dépasse les 30 dollars (ce qui est chaque année le cas depuis 2003). Les sociétés étrangères engagées dans le pays n'investissent pas autant qu'elles le souhaiteraient du fait de la part imposée pour la Sonatrach, et très peu de nouvelles compagnies rentrent dans l'exploration. La conséquence est immédiate, la production pétrolière est passée de 2 millions b/j à 1,8 alors que la consommation, à l'inverse, passait de 250 000 b/j à 327 000. De même pour le débit gazier, entre 2005 et 2011, il est passé de 88,2 milliards m3 à 78, alors que dans le même temps la consommation a crû de 23,2 à 28,9 milliards m3. De plus, les trois derniers appels d'offres lancés depuis 2006 ont été des échecs. Le dernier, datant de mars 2011, a donné lieu à seulement quatre offres pour 10 blocs proposés. Or, la situation est périlleuse. Engagée dans de nouveaux projets de livraison pour le gazoduc Medgaz (8 milliards de mètres cubes), et bientôt peut-être pour Galsi (8 milliards m3) dont nous allons parler plus en détails, l'Algérie sera prochainement dans l'impossibilité d'honorer ses promesses de livraison du fait de la stagnation des productions gazière et 11 KPMG, Algeria hydrocarbon guide, 2007.
  47. 47. 47 pétrolière et de la croissance de sa consommation. Les résultats de ces trois derniers appels d'offres sont loin d'être anecdotiques. Ils conditionnent le futur pétrolier et donc économique du pays car sans nouvelle exploration, il est à prévoir que la production continue à diminuer. Le cas de la Mauritanie est beaucoup moins crucial, en termes de poids pétrolier, que les précédents. Seulement, il est symptomatique de la difficulté qu'ont les géologues, même s'ils appartiennent à de grandes sociétés, de prévoir la production future de gisements nouvellement découverts. La firme australienne Woodside qui a mis à jour le gisement de Chinguetti à 70 kilomètres des côtes en 2001 avait prévu une production de 75 000 b/j. Seulement, lors de son lancement en février 2006, le champ n'a jamais dépassé les 40 000 b/j et son débit est très vite tombé en dessous des 10 000 b/j12 . Début 2012, il plafonne à 7000 b/j. Les autres découvertes n'ont toujours pas été mises en développement. Seulement, le pays n'a jamais vraiment contribué à une part importante du volume pétrolier produit sur le continent. La Mauritanie reste cependant une déception. 1-2 Les producteurs de gaz en Afrique Les importantes nations gazières en Afrique sont assez peu nombreuses, comparés aux acteurs du secteur pétrolier. Cinq pays : l'Algérie, l'Egypte, le Nigeria, la Libye et la Guinée équatoriale représentent 80% du débit gazier africain. Or, s'il y a d'autres producteurs, c'est uniquement ces cinq derniers qui exportent une partie de leur production. Les autres consomment la quasi-totalité de leur production pour assouvir leurs propres besoins énergétiques. Le tableau 2 ci-dessous montre le poids des principaux producteurs gaziers. 12 Voir Benjamin Augé, 2007. "Les Enjeux géopolitiques du pétrole en République islamique de Mauritanie". Mémoire de master 2, Université Paris 8, Saint-Denis.
  48. 48. 48 Tableau n°2: Les producteurs africains de gaz Production/Milliard de mètres cubes en 2010 Reserves/Trillion pieds cubes Première année de production. Algérie 80.4 159,4 60' Egypte 61.3 78 60' Libye 15.8 54,7 1971 Nigeria 33.6 186,9 60' Les autres (Principalement Guinée équatoriale, Tunisie, Tanzanie, Mozambique, Afrique du Sud) 17.8 45 / Sources: BP Statistical Review of world Energy 2011, Benjamin Augé
  49. 49. 49 Carte n°5 : La production gazière en Afrique Sources : BP Statistical Review, Benjamin Augé Ce tableau et cette carte montrent la grande prééminence de l'Algérie et du Nigeria qui devraient rester de par leurs réserves respectives les grands producteurs du continent. Et

×