LA REHABILITATION DU SERVICE DES POMPES FUNEBRES DE PARIS    EN CENTRE CULTUREL, LE 104                                   ...
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L’histoire des pompes funebres enterrées de nuit et les personnes qui s’étaient suicidées ne pouvaient    des cols blancs ...
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Lignes de force de l’Atelier Novembre                                         •	 Les transparences sur les espaces de fabr...
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A. Les espaces d’accueil                                               ainsi :                                            ...
La rEéalisation commerces de la halle Curial. La symétrie des deux salles de part et           D. Les commerces d’autre de...
éléments techniques d’agencement en disposant dans le sol des               •	 Douze espaces de production au niveau 1 hal...
La rEéalisation    I. Les réesidences                                                      publics, une somme pour l’affec...
fer, tissus, cailloux, mousse de polyuréthane etc.                              usages qui cohabitent sans poser de problè...
La rEéalisation   •	 Amec Spie et Cegelec comme génie électrique ;   •	 Balas Mahey comme génie fluides ;   •	 Otis pour l...
Le role social deéfini par le 104                                            accessibles par tous au rez-de-chaussée. Ils ...
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La réhabilitation du service des pompes funèbres de Paris en centre culturel, le 104
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  • Bonjour, j'aimerai poser quelques questions aux auteurs de ce dossier? car j'effectue mon mémoire sur entre autre le sujet du centquatre et j'aimerai savoir s'il est possible d'avoir accès aux documents officiels que vous citez dans votre analyse du type "pré-programme" ou encore le dossier de consultation des marchés etc etc ..
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La réhabilitation du service des pompes funèbres de Paris en centre culturel, le 104

  1. 1. LA REHABILITATION DU SERVICE DES POMPES FUNEBRES DE PARIS EN CENTRE CULTUREL, LE 104 Aurélie CHARLES Camille COLLOMB Anna DOROSENKO Thomas LE BIHANAR04 - A08
  2. 2. Sommaire Introduction _______________________________________ 5 L’histoire des Pompes FunEbres ________________________ 6 L’architecture et l’entreprise ____________________________________ 6 Les usages _____________________________________________________ 6 La naissance du 104 _________________________________ 12 Le choix d’un centre culturel ___________________________________ 12 Le choix d’une procédure peu conventionnelle ________________ 13 Mise en oeuvre de la procédure _______________________________ 16 Le pré-programme définitif _____________________________________ 16 La REalisation ______________________________________ 20 Lignes de force de l’Atelier Novembre __________________________ 20 Les entités fonctionnelles ______________________________________ 20 Le 1% artistique ________________________________________________ 27 Acteurs du chantier ___________________________________________ 28 Le role et la place du 104 dans la ville ______________ 30 Le rôle social défini par le 104 __________________________________ 30 Les critiques ___________________________________________________ 31 Quel futur pour le quartier _____________________________________ 32 Conclusion ________________________________________ 39 Bibliographie _______________________________________ 40AR04 - A08 3
  3. 3. introduction Le 11 octobre 2008, le cent quatre ouvre ses portes. Après Londres, Madrid et Berlin, Paris inaugure le premier grand centre culturel provenant de la réhabilitation d’anciens bâtiments désaffectés. Centre de création et production artistique, salle de concert et de spectacles, résidence et galeries d’artiste, le 104 est un centre culturel complet et ouvert à tout les arts. Sa mission : être un ensemble architectural inédit où l’art vient à la rencontre de tous les publics. Abritant anciennement une entreprise de pompes funèbres, le lieu a été repensé et réhabilité. Nous pouvons alors nous poser la question suivante : Comment réhabiliter un ensemble conçu pour les usages d’une entreprise de pompes funèbres en un espace réunissant autant de fonctionnalités différentes ? Voici la question à laquelle nous essaierons de répondre tout au long de notre étude. En premier lieu, nous nous intéresserons à l’histoire du lieu, puis nous présenterons les objectifs et les procédures de la maîtrise d’ouvrage, avant de s’intéresser plus précisément à la maîtrise d’œuvre. La dernière partie traitera de l’impact du centre culturel sur le quartier. Pour cela, nous étudierons quelques exemples étrangers. Nous soulèverons aussi dans cette partie les avis divergents à propos du 104.AR04 - A08 5
  4. 4. L’architecture et l’entreprise de plusieurs halles. Les différentes parties du bâtiment sont séparées par des cours à ciel ouvert. Pour donner une unité au bâtiment, il Avant l’installation des pompes funèbres entre la rue d’Aubervilliers a été construit entre les rues d’Aubervilliers et Curial deux façades et la rue Curial, il y avait à cet endroit une trentaine de petites latérales. boucheries et charcuteries dans lesquelles on tuait les bêtes. En 1849, Le bâtiment est composé d’un immense squelette métallique qui toutes ces petites entreprises sont regroupées dans un même lieu. est entouré par une enveloppe de pierre et de brique. La façade C’est l’architecte Lequeux qui est chargé de la construction de cet principale de la rue d’Aubervilliers est construite à partir de pierre abattoir. Cet abattoir disparait quelques années plus tard en 1867 de taille et de moellons taillés et la façade de la rue Curial est lors de l’ouverture de l’abattoir général de la Villette : il se trouvait sur composée de moellons et de briques. Pour ce qui est des différentes le terrain qui abrite aujourd’hui la cité des sciences et de l’industrie. halles composant le bâtiment, leurs structures varient en fonction de leur taille. La grande halle – qui est la plus imposant et qui mesure 15 Le terrain est ensuite racheté en 1870 par l’archevêché de Paris mètres de hauteur – possède une charpente en fer. Les plus petites qui va décider d’y implanter le service des pompes funèbres. La halles – dont la halle principale qui mesure 9 mètres de hauteur – « construction de ce nouveau bâtiment est confiée aux architectes sont composées d’une série de colonnes de fonte entrecroisées par Delebarre de Bay et Godon, sous la direction de Baltard, architecte des arcs en fonte évidée et communiquant entre elles ». Toutes ces de la ville de Paris. Après deux années de travaux, le nouveau différentes halles sont éclairées par des verrières. bâtiment des pompes funèbres est inauguré en 1874. A l’intérieur du bâtiment, on trouvait tout ce qui était nécessaire Lorsqu’il est construit, le bâtiment doit répondre à deux obligations: pour le bon fonctionnement des pompes funèbres : ateliers, écuries, il doit permettre de centraliser et de rationaliser les espaces mais lieux de réception, salle de recueillement, et des logements ouvriers. également les services. L’architecture du bâtiment a donc été Cet établissement fait également référence à l’époque en matière dessinée dans le but de satisfaire à cela. Pour répondre à ce d’hygiène. problème, les architectes disposent d’un terrain de 220 mètres de La description précise des lieux est faite dans la partie « Usages » longueur sur 72 mètres de largeur. située juste après celle-ci. Le bâtiment est construit de la même manière que les gares parisiennes qui ont vu le jour à la même période. Son architecture rappelle En 1905, au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est également celle des abattoirs de la Villette qui se trouvaient non loin à la ville de Paris que revient le monopole des enterrements : le de cet endroit, mais aussi celle des halles qui ont fait la célébrité de service municipal des pompes funèbres est alors créé. Avant, seules Baltard. Il se compose de deux façades – la plus imposante donnant les personnes les plus aisées pouvaient bénéficier d’un enterrement sur la rue d’Aubervilliers et une autre donnant sur la rue Curiale – et digne et de qualité. Par exemple, les femmes divorcées étaient6 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  5. 5. L’histoire des pompes funebres enterrées de nuit et les personnes qui s’étaient suicidées ne pouvaient des cols blancs et des cols bleus. Un col bleu est un membre de la pas bénéficier d’une cérémonie. A partir de 1905, tout le monde peut classe ouvrière qui exécute un travail manuel ; le terme bleu faisant bénéficier d’une cérémonie digne et de qualité, et ce quelque soit référence à la couleur de son habit. Les cols blancs désignent les sa religion, son statut, ou les conditions de sa mort. dirigeants et les cadres. Cette entreprise de pompes funèbres possèdera jusqu’à 1400 En 1986, le monopole municipal sur les pompes funèbres est remis en employés (principalement masculins car il y avait seulement une cause pour la première fois. Il est remis en cause une seconde fois quarantaine de femmes) recrutés sur concours. en 1993 avec la loi Sueur. Cette loi donne plus de liberté aux familles en ce qui concerne les funérailles. Les familles peuvent désormais Après la seconde guerre mondiale, la voiture remplace les chevaux. choisir entre la commune du lieu de mise en bière (la mise en bière Les voitures à cheval disparaissent et entrainent avec elles les corps est l’opération qu’effectuent les pompes funèbres en plaçant le de métiers correspondant : les cochers deviennent chauffeurs, les corps d’un défunt en bière, c’est-à-dire dans son cercueil, avant palefreniers manutentionnaires, les maréchaux-ferrants carrossiers, sa fermeture puis la levée du corps), celle de la dernière résidence les brosseurs cireur mécaniciens, … Un atelier est installé au dessus du défunt, ou celle du lieu d’inhumation. Suite à la fin du monopole des anciennes écuries pour l’entretien et la réalisation des corbillards municipal, des entreprises privées peuvent désormais organiser des sur mesure. La halle Curial devient donc un immense garage ou sont obsèques. Elles offrent d’autres services : les faire-parts, les fleurs, les stockés les 150 voitures Citroën et Renault. A cette période, environ pierres tombales, … L’activité des pompes funèbres municipales 120 convois quittent chaque jour le 104. décline alors progressivement et l’entreprise ferme finalement en 1997. Le bâtiment n’avait pas de morgue et n’accueillait donc pas les défunts ; à l’exception des périodes de guerres. Ces périodes sont Les bâtiments sont menacés de destruction depuis quelques particulièrement difficiles pour les personnes travaillant au 104. Sous années. Pour éviter cela, le maire du XIXe arrondissement demande l’occupation allemande, les porteurs sont parfois obligés d’aller l’inscription des façades et verrières à l’inventaire supplémentaire chercher les corps des fusillés au mont Valérien. Après la libération, des monuments historiques. Il l’obtient en 1995. Il était soutenu dans les corps des déportés morts en camp de concentration transitent sa démarche par Bertrand Delanoë qui en fait un élément phare de par le 104. Cette situation se reproduira plus tard avec les victimes son programme politique avant même d’accéder au siège de la des guerres d’Indochine et d’Algérie. mairie de Paris. En mai 1968, les pompes funèbres ne firent pas la grève mais En 2001, Bertrand Delanoë, à décider de réhabiliter le 104 en fonctionnèrent en autogestion pendant un mois. C’est la fraternisation l’inscrivant dans une démarche de renouvellement urbain.AR04 - A08 7
  6. 6. directeur mais également au siège de l’administration. C’est à cet En 2003, la mairie de Paris confie la maitrise d’œuvre à Jacques endroit que l’on effectuait les commandes par exemple. Pajot et Marc Iseppi pour l’atelier Novembre, dont le projet conserve l’authenticité du site. Derrière ce pavillon, il y a une cour découverte. A gauche de celle-ci, on trouvait un espace couvert dans lequel on disposait les En 2005, la ville de Paris lance un appel à candidature pour trouver échelles permettant la pose des tentures funéraires – les tentures ou le futur directeur du 104. Plus de 150 demandes sont adressées à la catafalques étaient des grandes pièces de tissu que les pompes direction des affaires culturelles. A l’issue de la première sélection, les funèbres installaient jusqu’au début des années 1980 devant les candidats sont invités à rédiger un rapport contenant un trimestre bâtiments où une personne venait de décéder –. A droite, il y avait de programmation prévisionnelle et des indications budgétaires. une cour à ciel ouvert. Au bout de neuf mois de rédaction de dossiers et d’entretiens, les candidatures de Robert Cantarella et de Frédéric Fisbach sont Puis en avançant dans le bâtiment, on accède alors à la grande retenues. halle. Elle servait de remise aux 40 chariots qui étaient destinés au transport des draperies, échelles, cercueils, et autres accessoires Ensuite, vient le temps des travaux. De Mars 2005 à Février 2006, il y a pouvant servir durant un enterrement. A droite, il y avait des locaux une première étape qui consiste à nettoyer le bâti, à dépolluer le site, où étaient entreposés les boiseries, les bronzes, les candélabres, les et à consolider les fondations. Puis il y a les travaux de gros œuvre qui luminaires. Dans ces locaux, on préparait également les luminaires et vont s’achever en juin 2007. Viennent enfin les interventions des corps les cercueils : on les vernissait, on les capitonnait et on les décorait. d’états techniques (réseau chauffage et ventilation, distribution en Ces cercueils étaient aussi fabriqués par des personnes travaillant aux électricité) et secondaires (finitions). Durant la période de travaux, pompes funèbres mais dans un atelier situé à proximité de la voie de l’effectif du personnel montera jusqu’à 250 ouvriers. chemin de fer. Il y avait aussi à côté de celui-ci une annexe permettant l’entretien des scies servant à confectionner les cercueils. A gauche, Les usages on entreposait et on entretenait les tentures, mais également les garnitures de cercueils et les livrées. De chaque côté, au dessus de ces locaux, on trouvait des magasins mais aussi des ateliers comme Lors de sa conception, le bâtiment a été pensé pour offrir les meilleures par exemple des ateliers de décoration et de tapisserie, ou des conditions de travail au personnel des pompes funèbres. ateliers où les brodeuses confectionnaient les tentures. Il y avait Faisons maintenant une visite de ce lieu. également un atelier où l’on fabriquait les tendeurs permettant de fixer les tapisseries. Ensuite, des personnes étaient envoyées pour fixer L’entrée principale, constituée d’un immense porche encadré ces tapisseries aux porches des domiciles des défunts et aux porches par deux portes piétonnes, permettait d’accéder au logement du8 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  7. 7. L’Histoire des pompes funebres des églises .Dans le sous-sol de la grande halle, il y avait un immense constamment dans le bâtiment. On trouvait également des égouts magasin qui contenait 6000 cercueils. qui permettaient l’évacuation des eaux usagés. Enfin, il y avait une séparation entre les lieux où les hommes se reposaient et où les Ensuite, en passant par une cour à ciels ouvert, on accédait à 3 autres animaux évoluaient. C’est une des raisons pour laquelle les écuries halles. A droite de cette cour, il se trouvait un séchoir à air chaud ont été construites dans les sous-sols. De plus, on trouvait à proximité et un atelier de plomberie : les plombiers étaient envoyés dans les des écuries des espaces où les chevaux recevaient des soins : on les familles pour souder les cercueils plombés, par exemple. Les 3 halles lavait, … permettaient d’entreposer les corbillards, les berlines, les chars et les voitures. Dans la halle centrale, une rampe permettait d’accéder aux Ci-après, on trouvera les plans illustrant ce qui est décrit sous-sols où se trouvaient les 18 écuries : elles permettaient d’accueillir précédemment. 300 chevaux. Par cette même halle, on pouvait accéder à la partie supérieure où se trouvaient les greniers à fourrage, à avoine et à paille. Il y avait également les vestiaires des cochers. Puis, en ressortant de ces halles, on arrivait à nouveau dans une cour à ciel ouvert. De chaque côté de cette cour, on trouvait un réservoir d’eau. Ces réservoirs étaient prévus pour éteindre les incendies éventuels qui auraient pu avoir lieu dans le bâtiment. Cependant, ils ne permettront pas de venir à bout de l’incendie qui détruira en partie les greniers à fourrages en 1889. Enfin dans le bâtiment qui donne sur la rue Curial, il y avait la loge du concierge, des logements et des vestiaires pour le personnel, la salle du barbier, une pharmacie, des box pour les chevaux malades. On trouvait également la maréchalerie sur la droite et un préau pour les porteurs sur la partie gauche. La manière dont ce bâtiment a été construit montre que la question de l’hygiène avait une place très importante à cette époque. La présence de cour à ciel ouvert permettait d’avoir de l’air fraisAR04 - A08 9
  8. 8. 10 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  9. 9. L’HIstoire des pompes funebresAR04 - A08 11
  10. 10. Le choix d’un centre culturel du 104, Paris va pouvoir devenir membre de cette sorte de réseau international. Une politique de création d’atelier afin d’accueillir des Tout d’abord, nous pouvons nous poser la question suivante : Pourquoi artistes venant de tous les horizons va être développée. Elle prendra la ville a-t-elle décidé de réhabiliter cet espace atypique de plus de appuie notamment sur le 104. 36 000 m² en immense centre culturel ? « Ce lieu de création, avec artistes en résidence, poste et boulangerie, ne doit « pas seulement exister pour le quartier. L’objectif est plutôt Pour répondre à cela, nous devons nous pencher sur la politique de rivaliser avec New York et Berlin. »  actuelle de la ville de Paris. En effet, l’ancienne municipalité de Jean Christophe Girard Tibéry voulait vendre cet endroit à des promoteurs pour en faire des • Populaire, diverse et créatrice de valeurs : la culture à Paris logements. La vision est peut être un peu trop idyllique. Mais c’est une des raisons pour laquelle on a choisit de placer un centre culturel dans ce quartier A. Le contexte politique du 19ème arrondissement. «  Les nouveaux équipements obéiront à un objectif d’équilibre Voici quelques points de la politique actuelle de la municipalité : dans la répartition de l’offre culturelle à Paris, avec une attention particulière pour les quartiers périphériques de Paris.  • La volonté de faire de Paris une ville ayant une activité culturelle La culture a toute sa place dans un arrondissement populaire, pour importante. notre vie intelligente et au service du Beau aujourd’hui à Paris. » Le projet de réhabilitation du cent quatre est un des projets phares Bertrand Delanoë de la politique de Bertrand Delanoë. Mais ce n’est pas le seul projet Ne pas opposer l’art au social est une préoccupation partagée par entrepris. Il illustre, avec d’autres projets tels que le Grand Palais les participants. Aux tenants du tout-économique qui n’ont cesse rénové, le Théâtre du Rond-point, la Cité de la Mode, l’Echangeur, la d’affirmer que la culture ne sert à rien quand les gens ont faim, Jean- Maison des Métallos, Le Laboratoire, La Poste de la rue du Louvre, la Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond Point, répond que la volonté qu’a Delanoë de faire de paris une ville lumière. culture « est cet élan de vie, de communication, l’envie de jouir, ce • La volonté de créer un espace reconnu dans le monde entier petit ‘plus’ qui fait qu’un possible est ailleurs (…). Nous, les artistes, La reconversion de grand site en centre culturel a déjà eu lieu dans sommes en charge de cette porte qui s’ouvre sur l’évasion ».  plusieurs grandes villes du monde. Ces grands centres organisent des échanges, des partenariats. Maintenant, grâce à la création Extraits du compte rendu de réunion, qui, le mardi 11 décembre 2007,12 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  11. 11. La naissance du 104 réunissait Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond Point, d’arrondissement, Roger MADEC s’accordent à penser que les lignes Frédéric Fisbach et Robert Cantarella, directeurs du 104 et qui avait de force du lieu s’appuieront sur une partie d’équipements culturels pour but de promouvoir la culture dans des quartiers populaires. ayant vocation à être « un lieu de création au service des artistes » et une partie d’espaces réservés au secteur privé. Nous pouvons donc nous apercevoir que le choix d’un centre culturel La Ville de Paris envisage donc de créer un grand équipement à cet endroit-là est en partie la conséquence de l’émergence d’une culturel totalisant plus de 26 000 m2 afin d’offrir aux représentants politique culturelle très active de la ville de Paris de différentes disciplines artistiques des espaces de répétition et de travail permettant de favoriser le développement de leurs projets. Le site abriterait ainsi des locaux à vocation purement artistique B. La formalisation du projet et d’autres types de locaux tels que salles de réunion, locaux administratifs, accueil du public, cafétéria, salle de sport de quartier, Dès les élections de 1995, Bertrand Delanoë, étant candidat, avait halte-garderie, parking, etc. De plus, une partie des espaces pourrait inscrit la création d’un centre culturel à la place des anciennes être dévolue à des activités commerciales qui seront complémentaires pompes funèbres dans son programme. Ceci pour deux raisons  : il de la mission principale de service public culturel. voulait que le lieu revive pour l’ensemble des parisiens et il trouvait que les équipements culturels étaient trop concentrés dans les quartiers riches. Il voulait donc en placer un dans un quartier populaire. Le choix d’une procéEdure peu conventionnelle Pendant deux ans, Bertrand Delanoë réunit une équipe d’urbanistes, d’architectes, d’artistes contemporains, d’artistes du cirque… pour La ville de Paris s’accorde donc sur la création un grand centre élaborer des scénarios. Ceci a aboutit à une collection de textes culturel. C’est cependant sur le montage de l’opération que les avis comprenant d’importantes études sociologiques, économiques, divergent. anthropologiques, sur la réhabilitation des friches en lieu culturel. En effet, pour un projet comme celui-ci, il y a deux manières de Dès le printemps 2001, la nouvelle équipe municipale envisage donc procéder : un projet culturel à l’emplacement des Anciennes Pompes Funèbres de la Ville de Paris. Cette opération est d’ailleurs inscrite dans le • Le 1er schéma est la solution classique où la validation d’un contrat de plan Etat-Région 2000-2006. programme d’opération s’impose avant d’engager la procédure Pendant toute l’année, le cabinet du Maire de Paris, l’adjoint au de sélection d’un maître d’œuvre, maire de Paris chargé de la Culture, Christophe GIRARD et le maire • Le 2ème schéma est moins traditionnel. C’est la procédure diteAR04 - A08 13
  12. 12. des « marchés de définition simultanés ». Cette solution présente notamment l’intérêt d’être plus rapide puisqu’elle permet de retenir comme maître d’œuvre de l’opération l’auteur du programme fonctionnel, architectural et technique retenu à l’issue de la procédure, ce qui permet d’assurer une continuité entre les phases de programmation et les phases de conception du projet. C’est finalement ce dernier schéma qui a été choisi. En raison de nombreuses interrogations sur la nature du montage financier, juridique et programmatique, il a été prévu la passation de trois marchés de définition simultanés. Cette méthode permettait en effet, sur une opération aussi complexe et originale, d’explorer des démarches ou des solutions alternatives par une forte interaction entre des experts et le maître d’ouvrage permettant une finalisation progressive du programme. De plus, cette démarche présentait l’intérêt de se laisser la possibilité de ne pas avoir à procéder à une consultation de maîtrise d’œuvre à l’issue de la procédure et d’assurer ainsi une parfaite continuité entre la phase de conception et la phase de mise en œuvre.14 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  13. 13. La naissance du 104 Voici le calendrier de consultation des 3 équipes de définition lauréates : 19 juillet 2002 Avis de Préinformation JOCE 11 octobre 2002 L’Avis d’Appel Public à la Concurrence : Lancement de consultation en appel d’offres européen restreint 13 et 19 décembre 2002 Commission d’Appel d’Offres ouverture des candidatures 10 février 2003 Commission Technique de sélection des 8 candidatures 20 février 2003 Commission d’Appel d’Offres de sélection des 8 candidatures 4 mars 2003 Lancement de consultation auprès des 8 candidats retenus 17 au 21 mars 2003 Visites individuelles du site. 8 avril 2003 Commission d’Appel d’Offres d’ouverture des 8 offres. 30 avril 2003 Commission Technique de sélection des 3 lauréats 7 mai 2003 Commission d’Appel d’Offres d’attribution des 3 équipes de définition. Juillet 2003 Notification des 3 marchés de définition.AR04 - A08 15
  14. 14. La consultation des 3 marchés de définitions simultanées a été • Préciser le cadre dans lequel devra s’inscrire le programme réalisée en appel d’offres européen restreint. culturel et artistique futur afin d’aboutir à une définition des grandes fonctionnalités des espaces et des équipements du lieu. L’Avis d’Appel Public à la Concurrence mentionnait notamment : « La consultation est ouverte aux équipes constituées en groupement • Initier une première réflexion architecturale et technique dans les limites pressenties de l’opération conduite par la Ville. comprenant au minimum un architecte et un spécialiste de la programmation culturelle, architecturale et technique. L’architecte sera le mandataire du groupement. De plus, il est recommandé Au terme de cette phase, un pré-programme définitif portant sur au groupement candidat de s’adjoindre des compétences les limites et les invariants programmatiques de l’opération était complémentaires en matière de sécurité incendie, de monuments prévu dressé par la Maîtrise d’Ouvrage en terme de fonctionnalités, de contraintes de montage juridico-économique, de contraintes historiques, d’économie de la construction, d’ingénierie juridico- architecturales et techniques. économique, de structures (en particulier métalliques), de technicité en sous-œuvre et de fluides. » Le préE-programme dEéfinitif Mise en œuvre de la procéEdure Toutes les données qui vont suivre sont extraites du pré-programme du 14 janvier 2004. C’est ce préprogramme qui défini les attentes Les études de définition ont été décomposées en deux phases, de la ville. Ce document nous a été fourni par l’atelier Novembre, le selon la méthodologie habituellement conseillée par la Mission maître d’œuvre. Interministérielle pour la Qualité des Construction Publique (MIQCP), la première « ouverte » d’environ 3 mois, la deuxième « individuelle » d’environ 2 mois. A. Le comiteé de pilotage du projet Pendant la première phase « ouverte » d’études, il était ainsi prévu que chaque titulaire soit invité à travailler en étroite collaboration avec les représentants de la Maîtrise d’Ouvrage et soit notamment amené à : • Dresser un bilan des contraintes architecturales et techniques du site.16 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  15. 15. La naissance du 104 COMITE DE PILOTAGE B. Réesumeé du preé-programme COMITE CONSULTATIF ADMINISTRATIF COMITE CONSULTATIF CULTUREL ET TECHNIQUE CO M I T E EXECUT IFInterne Pilote culturel  M. Basualdo Pré sident (Adjoint à la c ulture)  M. Le pré-programme définitif est un document qui, destiné aux trois Girard ateliers d’architecture choisis, rappelle les objectifs de la maîtriseDAJ  M. Spitz (M. Calvat ) Experts culturelsDU  Mme Barbé APSV  M. Brul é d’ouvrage. Il établit ce à quoi ils doivent répondre pour remporter leDPJEV  Mme Duchefdelaville TNS  M. Dubois (Mme Gambard ) EPA Sénart  M. Tirot Adjoint Urb. & Architec ture  M. marché. Emmetrop Mme NouletteDDAEE  M. Yahiel  CaffetDVD  M. Laguet Journaliste  M. HanAPURDPA (AEA)  M. M. Vaquin Franjou (Mme (Melle Blancot Costanza ) ) Maison de la Culture Musique de la Boulang è re   M. M. Pornon Frize Adjoint Jeunes se Mme Auta in  Les éléments du pré-programme doivent être assimilés et ils sont à considérer comme des performances à atteindre tant d’un point de  Th é âtre de l ʼ Arpenteur  M. Lelardoux Mus é e Witt de With  Mme David Adjoint Patrimoine ExterneSDAP  M. Blanchecotte La Belle de Mai EPPGHV   M. M. Foulqui Chougnet é Mme Mazet ier Adjoint Finance s  M. vue fonctionnel, architectural que technique. Des rencontres ont eu lieu entre la maîtrise d’ouvrage, des experts (Mme Chazalette ) Directeur Artistique duPREF. POLICE  Mme Galloo Parcot Sautter Festival d ʼ Aurillac M. Songy culturels et les trois équipes sélectionnées pour la maîtrise d’œuvre(liste non limitative)  Adjoint à la Politique de la Ville  Mme Durlach Con seil Région al  afin de dégager les orientations du projet. COMITE TECHNIQUE Mme de la Gontrie Ma ire du 19ème  M. CONDUCTEUR DʼOPERATION DIRECTION INVESTISSEMENTS Madec DPA Directeur M. Danon DAC inet du Maire Cab  La première partie du document traite des orientations principales se dégageant des ateliers successifs, elle rappelle les objectifs globaux  Agence Grands Projets  M. Braconnier Mme Engel Directrice  Mme Font Sous directeur  M. Hansebout M. Charlanes A M O - COTEBA MANAGEMENT Directeur Opérationnel  M. Boursier Cab inet de M. Girard Mme Perrot Département des Grands  de la ville de paris. Equipements  M. Estrabaud Chef de projet Mme Loll Cab inet de M. Sautte r  M. • Transversalité  : Il convient de ne pas être dans une logique  Programmation  Mme Gourlet Sécurité -Incendie M. Richepain Guer in de cumul des activités, mais d’imbrication de celles-ci afin de  Ingénierie  M. Gibert - M.Sanz Secrétar iat Génér al adjoint  M. M. Dognon Chota rd UTILISATEURS favoriser les échanges. Nature et structure de lʼexploitant actuellement EQUIPES DE DEFINITION non décidé es • Ouverture et adaptabilité  : L’appropriation des lieux doit être rapide et aisée par les équipes artistiques et techniques ainsi que par les publics et usagers. Les locaux auront les capacités à répondre aux nécessités techniques, aux exigences artistiques des projets de natures diverses. Le concept d’ouverture est également inhérent à la volonté d’accueillir et d’associer les publics aux différentes phases de conception et de réalisation des projets sous réserve de l’accord de l’artiste. A ce titre le 104 présentera AR04 - A08 17
  16. 16. des possibilités de perception visuelle, de parcours et de diffusion dispensées tant à l’intérieur du site qu’à l’extérieur dans d’autres en cohérence avec cet objectif. La participation directe aux structures. actions artistiques s’établira, sous des formes variées (spectacles, formation, …) au 104 et hors les murs, grâce aux réseaux actifs à • Transversalité des pratiques : Le lieu doit permettre de susciter toutes les échelles. l’échange de pratique grâce à une proximité immédiate de locaux équipés et adaptables. Il permet de favoriser l’émergence • Prise en compte de la dramaturgie et des caractéristiques des des projets par les relations de voisinage qui s’instaurent, la lieux, grâce à la révélation des qualités remarquables des espaces dramaturgie des lieux qui doit être incitative. L’agencement et des bâtiments du 104. L’objectif est de faire en sorte que le de l’espace doit créer des parcours pour que les projets soient 104 participe de façon évidente à la morphogenèse urbaine du éventuellement visibles et occasionnellement visitables en accord secteur. avec les artistes. • Il est également demandé de proposer une réalisation • Souplesse d’usage et flexibilité  : Permettre une rapidité qui s’appuie sur un principe de montée en puissance. Ce d’appropriation des espaces de fabrication par des équipes de phasage s’attachera à une cohérence interne (fonctionnelle et fabrication successives. architecturale) de réalisation et au respect de l’identité du lieu et du programme culturel à chaque étape du projet. La phase • Objectifs généraux pour les activités économiques : Les activités initiale (le noyau dur) représente un enjeu très important et doit à caractère économique se décomposent en 2 fonctions  : les concourir à la structuration d’une identité signifiante. commerces et le pôle événementiel économique. Elles s’inscrivent en étroite complémentarité des activités artistiques et seront dans leurs contenus et par leur traitement architectural être en parfaite Les objectifs précis de la maîtrise d’ouvrage sont ensuite détaillés : cohérence avec les fonctions de création et de diffusion. • Objectifs de contacts avec le public : L’ensemble du lieu est à considérer comme un vecteur d’échanges et de communication. • Objectifs pour les événements artistiques : Le lieu doit permettre Les circuits doivent être pensés pour inciter la curiosité des passants, de réaliser de façon fréquente et dans des conditions techniques augmenter les échanges et les rencontres. adaptées, des événements artistiques qui ponctuent la vie des activités du 104, d’utiliser toutes les potentialités architecturales, • Objectifs généraux pour les activités artistiques  : Le lieu doit dramaturgiques et urbaines du site pour inscrire de façon explicite permettre de répondre à toutes les séquences du processus de la démarche Arts et Territoires (stratégie de développement du création dès la formulation de la commande, et de se positionner territoire par la culture). comme un partenaire permanent pour des actions de formation18 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  17. 17. La naissance du 104 • Objectif de fréquentation pour le 104 : Le lieu doit favoriser les du site, du personnel technique, type de fonctionnement,…) croisements et les échanges par les voisinages et les confrontations, susciter la curiosité, l’invitation à la démarche artistique «  arts et territoires  », créer des passages entre les comportements et les statuts des personnes en présence au 104, répondre aux nécessités de chaque type d’occupant du 104 : les permanents, les visiteurs… Ce pré-programme a été donné aux 3 équipes. Il a servi de base commune pour la 2ème phase dite « individuelle ». Les équipes ont été amenées ensuite à travailler individuellement à partir de l’hypothèse programmatique retenue et à définir les caractéristiques principales de l’opération à conduire par la Ville notamment : • Le programme architectural et technique de l’opération sur la base du pré-programme définitif. • L’évaluation du coût, du montage et des délais pressentis de l’opération (travaux, équipements techniques, prestations intellectuelles, etc.) • Le périmètre du futur marché de maîtrise d’œuvre (son montant, les modalités de sa détermination, ses buts et performances à atteindre, les différentes phases et délais d’exécution des études). • L’évaluation sommaire des coûts de fonctionnement pendant l’exploitation du centre, (préfiguration des modalités de gestionAR04 - A08 19
  18. 18. Lignes de force de l’Atelier Novembre • Les transparences sur les espaces de fabrication. D’un point de vue fonctionnalité, leurs points forts étaient : Le projet de l’Atelier Novembre a été préféré à celui des deux autres candidats grâce à certaines caractéristiques. Leur proposition était • Clarté des flux par la création de circuits différenciés ( public, à la fois : artistes, livraisons…) • Un lieu où convergent les différentes échelles géographiques : • L’utilisation de la morphologie des anciennes Pompes Funèbres ancré dans son îlot et son quartier, ce lieu doit faire signe aux pour créer une nouvelle localisation des fonctions propres au habitants locaux, aux parisiens du Nord Est et de tout Paris, et plus nouveau centre culturel et donc à satisfaire les pratiques multiples largement son rayonnement devra être international; de la création artistique et de l’administration du site. • Un lieu de rencontres inédites ; En effet, en réponse aux attentes de la Mairie de Paris, ils ont privilégié • Un lieu répondant aux nécessités de chaque étape du processus une démarche globale s’inscrivant dans : de création artistique. • La durée afin d’éviter toute forme d’obsolescence à court L’Atelier Novembre a ainsi fait le choix de respecter l’identité du terme sachant que les pratiques artistiques sont en constante site dans ses fondamentaux (matériaux, modénature, organisation évolution ; spatiale…), de restituer l’intégrité spatiale des Halles, de conserver et mettre en valeur les structures à l’occasion de leur mise en conformité • La continuité spatiale du lieu ; normative. • Une approche nécessairement subtile conditionnée par la mémoire du lieu. En fait, leurs points forts en termes d’architecture et de scénographie étaient les suivants : • La pleine transversalité du site  d’un point de vue spatial et Les entitEés fonctionnelles organisationnel; Les différents usages du bâtiment ont été établis au préalable dans • L’ouverture du 104 sur le quartier ; le cahier des charges de la maîtrise d’ouvrage. Le 104 est un lieu de création et de production artistique. Son originalité provient du fait • Des séquences d’animation le long de la traversée centrale ; que ses 39 000 m2 sont composés d’un ensemble architectural où l’art vient à la rencontre des publics. Ainsi l’art et la culture s’ouvrent20 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  19. 19. La rEéalisation aux spectateurs mais aussi aux passants et aux curieux. Les espaces d’accueil et de travail du 104 ainsi que l’ensemble des programmes, fêtes et événements sont dont pensés dans cette dynamique. Une trentaine de projets artistiques seront développés chaque année, pouvant occasionner la présence simultanée sur le site de près de 200 artistes. Durant la durée de leur séjour, les artistes utiliseront les différents espaces mis à leur disposition en fonction de leurs besoins. Ces espaces pourront être adaptés selon les orientations artistiques choisies et les étapes du travail. Chaque artiste est ainsi libre d’en exploiter la plasticité et de leur donner une destination éphémère et réversible. Nous remarquons donc dans un même lieu des usages ayant peu l’habitude de cohabiter. Pour illustrer cette cohabitation, nous avons établi des plans d’usage du lieu.AR04 - A08 21
  20. 20. 22 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  21. 21. La rEéalisationAR04 - A08 23
  22. 22. A. Les espaces d’accueil ainsi : • Cinq plateaux caractérisés et quatre grands plateaux simples, L’entrée principale est située au niveau de la rue Curial. L’Atelier au niveau de la halle Aubervilliers ; Novembre a donc décidé de lui faire bénéficier d’un traitement particulier pour favoriser la pénétration du site par un public le plus • Huit plateaux simples, de taille plus réduite, regroupés au niveau large possible. Un reprofilage de la cour, un pavage, la création de 1 de la Halle Curial et proches des locaux de production. tympans vitrés de l’extrémité de la Halle Curial ont donc été utilisés Le choix a également été dicté par l’accessibilité. En effet, la majorité pour mettre en valeur cet élément. De plus, pour une question de de ces ateliers ont été situés au rez-de-chaussée. sécurité, des portes ont été créées de part et d’autre du porche. Les plateaux caractérisés ont été aménagés différemment selon L’accès rue d’Aubervilliers a également été mis en valeur par la leur vocation. Ainsi, le plateau «  Grands Volumes  » a nécessité un présence, de part et d’autre de la cour Aubervilliers, du café-presse, renforcement acoustique et un traitement des parois avec possibilité en contact avec la rue et prolongé par un patio, et la salle à manger d’accroche car ce plateau pourra accueillir en plus de la création des artistes. et de la fabrication artistique, des manifestations particulières (terre, L’information sera donnée par des panneaux et de la signalétique. eau, feu…) ne pouvant se dérouler dans les salles de spectacle. En effet, l’Atelier Novembre n’a pas souhaité mettre en place des Le plateau «  Images, photo, cinéma  » a posé quelques soucis comptoirs d’information fixes afin de laisser le lieu dans son concept architecturaux. Il a fallu prendre en compte toutes les contraintes premier de passage parisien. Cependant, pour certaines occasions, imposées par la DAC (laboratoire photo, studios de mixage, plateau il sera possible de disposer des comptoirs mobiles au niveau de la de prise de vues, salle visionnage…) traversée. Les plateaux simples, quant à eux, ont subi des aménagements Il existe quand même un accueil permanent situé dans les loges côté souples pour permettre des travaux de création les plus éclectiques Aubervilliers et côté Curial.Les usages multiples en feront plus que possibles. L’Atelier Novembre a décidé de proposer deux dimension des conciergeries puisque des interventions artistiques pourront être de plateaux : 140m2 et 90m2. envisagées à l’intérieur. C. Les salles de diffusion B. Les plateaux de fabrication artistique L’Atelier Novembre a décidé de disposer les deux salles de diffusion L’Atelier Novembre a réalisé le choix du positionnement des plateaux au cœur du 104, c’est-à-dire à mi-parcours de la traversée centrale, artistiques en essayant d’utiliser au mieux le potentiel structurel et entre les grands plateaux artistiques de la halle Aubervilliers et les volumétrique des bâtiments existants. La répartition s’est alors établie24 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  23. 23. La rEéalisation commerces de la halle Curial. La symétrie des deux salles de part et D. Les commerces d’autre de la nef centrale permet de reconstituer le volume transversal originel par la lecture successive des trois charpentes. L’ouverture Les commerces sont regroupés dans la Halle Curial, de part et latérale des deux salles prolonge cette transversalité souhaitée. d’autre de la placette, accessibles par les deux galeries latérales. Le positionnement des deux salles est aussi justifié par l’accessibilité Ces espaces, destinés à être concédés, ont été livrés « bruts ». Leur des livraisons : hauteur libre de 5m permet d’envisager des mezzanines partielles. • Soit par les galeries latérales connectées aux monte-charges Le café-presse, autre espace prévu concédé, et livré brut, se situe (en liaison avec l’aire de livraisons du sous-sol et les plateaux de au rez-de-chaussée du bâtiment Aubervilliers. En prise directe sur la fabrication des étages) ; rue, il profite, côté 104, de l’espace de la cour-patio sur laquelle il pourra s’étendre. Il pourra également assurer la gestion de l’office • Soit par la cour de l’horloge sur laquelle elles sont en prise de la salle à manger des artistes. directe. Lors de l’inauguration du 104, les commerces n’étaient pas encore ouverts. Ils seront en service que vers la mi 2009. Il y a donc la salle 200 et la salle 400. La salle 200 propose un espace scénique totalement modulable, des gradins rétractables et un gril toute surface. La salle 400 est destinée à la diffusion et se développe E. Les salons sur deux niveaux : L’accès haut de la salle se fait à partir du foyer en contact avec Situés en sous-sol, dans les anciennes écuries souhaitées conservées la nef centrale. On y trouve un espace d’accueil – billetterie et un dans leur aspect, les espaces sont divisés en deux zones distinctes : volume vestiaire ; Le niveau bas de la salle, correspondant à la scène, est au niveau du • L’espace central pouvant accueillir l’aire d’accueil des visiteurs sous-sol. Un déambulatoire périmétrique permet l’accès du public ou avec quelques espaces d’exposants ; des artistes suivant les configurations. Les sanitaires publics, les loges • Les deux parties latérales dédiées aux salons et expositions. des artistes ainsi que les espaces de stockage, viennent se connecter sur cette circulation. L’espace central est libre d’utilisation et d’occupation toute surface. Cette salle propose également un espace de gradins rétractables, Accessible par un escalier depuis la cour Curial et la rampe historique, un gril. il peut être traversé par le public en dehors des manifestations, les espaces adjacents étant fermés. L’Atelier Novembre a ainsi pensé à une possibilité d’accrochage par des cimaises ou inserts au plafonds et murs, de fixation de poteaux supports de structure ou autresAR04 - A08 25
  24. 24. éléments techniques d’agencement en disposant dans le sol des • Douze espaces de production au niveau 1 halle Curial ; douilles. Les parties latérales sont totalement libres d’usage et d’implantation • Six espaces de production dans les pavillons de la cour de de part et d’autre des refends existants. À l’extrémité de ceux-ci, des l’horloge. ouvertures ont été créées pour faciliter la circulation en boucle du public. Chaque aile peut être utilisée dans la totalité ou séparée en quatre zones distinctes et autonomes. G. Les ateliers de fabrication Le public est autorisé à séjourner dans la cour anglaise. Des équipements ont alors été prévus tels que des bancs, de l’éclairage Un atelier métallerie et un atelier menuiserie sont positionnés au et de la diffusion sonore. sous-sol de la halle Aubervilliers. Ils disposent chacun de locaux de Destinés à l’organisation d’expositions, de conventions d’entreprises stockage ou d’espaces annexes nécessaires à leur fonctionnement. ou de petits salons, ces espaces sont prolongés par un «  plateau Un monte-charge pour les grands plateaux Aubervilliers et deux logistique » en contact avec l’aire de livraisons et composé de : monte-charge pour les petits plateaux Curial mettent en relation les • Volumes de stockage ; ateliers avec l’ensemble des niveaux. • Vestiaires et sanitaires pour le personnel ; H. L’encadrement • Local traiteur ; Les locaux de l’encadrement – pilotage s’organisent dans le bâtiment • Espaces bureaux pour la logistique. Aubervilliers sur deux niveaux. L’organisation actuelle propose une bande de services (sanitaires et espaces de reproduction) côté intérieur du 104 et les volumes des bureaux, côté rue Aubervilliers. F. Les locaux de production Des salles de réunion sont réparties de part et d’autre des cours intérieures. Les locaux de production accompagnent les plateaux, avec lesquels Les locaux de formation sont situés dans le niveau des combles du ils sont connectés en réseaux pour leur report d’informations. Leur bâtiment Aubervilliers. localisation se décompose ainsi : Volumes sous rampant, éclairés par des châssis à créer en toiture, l’organisation permet d’y implanter deux salles de réunion et deux • Quatre salles de réunion au niveau 1 halle Curial ; bureaux accompagnés de sanitaires et espace de rangement.26 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  25. 25. La rEéalisation I. Les réesidences publics, une somme pour l’affecter à la réalisation d’une ou plusieurs œuvres d’art contemporain, spécialement conçues pour ce lieu. Les logements de fonction et les studios de passage sont situés dans Maître d’ouvrage du CENTQUATRE, la Ville de Paris a choisi de lancer le bâtiment Curial avec la répartition suivante : pour cet équipement culturel une importante commande publique dans l’esprit du 1% artistique. Si la Ville de Paris n’est pas soumise à • Au niveau 1  : un studio de 31m2 et un appartement T4 de cette règle, elle a souhaité néanmoins cette commande originale, 96m2 ; et privilégié, au regard du caractère pluridisciplinaire du lieu, des œuvres s’écartant par leurs formes de la conception habituelle du • Au niveau combles : deux studios de 23 et 31m2, un appartement 1% : musique, paysage, design, littérature et arts visuels. Cinq artistes T3 de 65m2 et un appartement T4 de 120m2. ont alors proposés une performance : Le volume restreint sous rampant n’a pas permis à l’Atelier Novembre • Coloco  : créateurs d’architectures, paysages, films dans les de disposer d’ascenseur pour desservir ces niveaux. cours anglaises des écuries ; J. Les lieux de passage • Paul Cox, plasticien dans la place centrale des écuries ; • Gérard Pesson, compositeur Enfin, la halle Aubervilliers, la cour de l’horloge, la nef curial, la halle curial et les écuries sont des espaces ouverts de passage. Ils • Christian Prigent, auteur au sein de la Halle Curial Nord sont situés en plein cœur du 104. Ainsi les passants et le public du 104 passent nécessairement par ces lieux. Ces derniers sont donc • Anri Sala, vidéaste, plasticien dans l’ équipés pour recevoir des événements artistiques. Les personnes pourront alors s’attarder pour découvrir une installation ou assister à • Atelier 2 une performance. Ces lieux ont été utilisés dès l’inauguration du 104, Le projet de Paul Cox symbolise bien la politique culturelle de le 11 Octobre 2008. En effet, les œuvres réalisées dans le cadre du 1% l’établissement. Il propose «  Do it yourself  », une maquette du 104 collectif ont été présentées au sein de ces espaces. présentée sur une table suffisamment basse pour permettre d’en atteindre facilement l’intérieur. Une seconde table, de la même taille Le 1% artistique que la première et voisine de celle-ci, est organisée en deux parties: elle comporte une zone de travail vierge, et des casiers contenant Le 1% artistique est une mesure qui consiste à réserver obligatoirement, différents matériaux de construction rangés par genre : blocs de bois à l’occasion de la construction ou de l’extension de certains bâtiments et de plastique, plaques de polypropylène, tiges de métal, fil, fil deAR04 - A08 27
  26. 26. fer, tissus, cailloux, mousse de polyuréthane etc. usages qui cohabitent sans poser de problèmes, ceci permettant Le public et les passants sont invités à construire ses propres installations une occupation de l’espace à la fois par le public du 104 et par les dans la maquette. De bonnes dimensions (510 cm x 170 cm x 50 cm), habitants du quartier. De plus, l’architecture de l’Atelier Novembre elle autorise la participation simultanée de plusieurs constructeurs. est très minimaliste. Ceci est encore dû à la programmation culturelle Les visiteurs peuvent utiliser les matériaux mis à leur disposition, ou du lieu, les artistes ayant la possibilité de transformer le lieu selon leur en apporter d’autres, selon leur convenance. En prenant en photo volonté. leurs réalisations, ils pourront participer à une grande mosaïque participative qui prendra place dans la partie 104 2.0. Acteurs du chantier De nombreuses entreprises font également partie de la maîtrise d’œuvre. L’Atelier Novembre a ainsi intégré dans son équipe de nombreuses sociétés ayant des rôles bien définis : • ABCD pour la programmation ; • Setec Bâtiment comme bureau d’étude technique ; • Changement à vue comme scénographe ; • Cabinet Lamoureux comme acousticien ; • Jean-Claude Drauart comme économiste ; • Hervé Audibert comme éclairagiste ; • L’épicerie commesignalétique ; • Entreprises : Lainé Delau et GTM Bâtiment pour la démolition, la dépollution, le terrassement, les parois moulées, le gros œuvre, Nous avons pu constater que l’architecture avait été régie par la la charpente bois, la charpente métallique, la couverture tuile, la programmation culturelle. Le découpage de l’espace permet des couverture zinc, les verrières et l’étanchéité ;28 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  27. 27. La rEéalisation • Amec Spie et Cegelec comme génie électrique ; • Balas Mahey comme génie fluides ; • Otis pour les appareils élévateurs ; • AMG Fechoz pour les équipements ; • Trouvé pour la rénovation des façades ; • Charpentier de Paris pour les menuiseries extérieures ; • Loison pour la métallerie ; • Vallée et Knauf OBE pour les partitions plafonds ; • Bonnardel pour les menuiseries intérieures ; • France Sol Leclaire pour les finitions.Dans un planning détaillé, chacun savait quand et comment agir pour le bon déroulement du chantier.AR04 - A08 29
  28. 28. Le role social deéfini par le 104 accessibles par tous au rez-de-chaussée. Ils ont également choisi de chauffer les deux halles, c’est-à-dire la « rue ». Ils ont également pour Le 104 a une véritable volonté de lier le quartier au centre culturel. projet de disposer des bancs permettant de s’allonger. La plupart Pour cela, plusieurs actions sont menées en parallèle. des bancs à Paris ont des accoudoirs afin de ne pas permettre à «Ce qu’on souhaite, c’est que le 104 devienne le territoire de tout une personne de dormir dessus. Le 104 a fait le choix inverse. Des le monde, une fonction cruciale dans un quartier à fortes rivalités personnes en difficulté pourront donc passer un bon moment dans territoriale», explique Eve Plenel, à qui cette mission a été confiée. le 104 durant les heures d’ouverture et ceci fait partie de la politique du lieu. Il est par exemple stipulé dans le contrat de l’ensemble des artistes venant en résidence au 104 que ces derniers sont dans l’obligation Dans la même optique, les intervenants d’accueil ont reçu une de créer un lien avec le public lors de leur séjour. Ils peuvent ouvrir formation de médiation sociale. Cette démarche répond à une leur atelier au public, proposer des représentations publiques, aller volonté de promouvoir un mode d’intervention dans les relations dans les milieux scolaires, effectuer des prototypes dans des lycées sociales basé sur la philosophie du dialogue et de la négociation. pro, faire un partenariat avec des associations du quartier… Le 104 veut encourager le réinvestissement et l’humanisation de De même, ce lien avec le public et les habitants du quartier doit l’espace public. De plus, pour conserver un aspect sécuritaire au être établi par l’artiste lui-même. L’équipe du 104 doit permettre une lieu tout en proposant des équipements sociaux, cette médiation est bonne connexion entre les artistes et le public adapté, mais ne doit indispensable. pas choisir et faire les démarches à la place de l’artiste. Enfin, le 104 va mettre en place d’ici 2009, la «  Maison des Petits  » Le 104 a mis en place une autre action sociale. En effet, les employés ouverte aux enfants âgés de 0 à 5 ans. Ce lieu conçu par Matali et les prestataires du 104 ont l’obligation d’avoir 10% de leur effectif Crasset a un objectif d’éveil artistique. Cependant, ce n’est pas la salarial comme personnes « dites en difficulté » sociale et financière. seule mission que s’est fixé le 104 pour ce projet. En effet, basé sur Cela concerne par exemple, les personnes inscrites à l’ANPE. le concept des Maisons vertes chères à Françoise Dolto, la Maison Cette action entre dans des missions d’accompagnement aux des petits se veut un espace d’écoute, de parole, de rencontres, de personnes et de formation. socialisation pour les parents. D’autre part, le 104 est considéré comme une rue mais c’est en fait On peut ainsi voir que le 104 a une ambition bien plus profonde que un passage privé. Le 104 est donc responsable de la sécurité du la production artistique. Pour les deux directeurs du 104 et leur équipe, lieu. Cependant, le 104 a fait le choix de réaliser un aménagement le lieu a surtout une mission d’épanouissement social de la population dit «  social  ». Ils ont fait le choix délibéré de disposer des toilettes du quartier. On comprend alors mieux le choix de l’emplacement30 Aurélie CHARLES - Camille COLLOMB - Anna DOROSENKO - Thomas LE BIHAN
  29. 29. Le role et la place du 104 dans la ville de ce centre culturel. Il n’aurait pu avoir cet usage dans un quartier La deuxième critique concerne l’art en général. Un centre artistique plus aisé de Paris. tel que le 104 ne «  parle  » pas aux habitants de ce quartier populaire. Peut-être qu’effectivement, les habitants du 18e et du 19e arrondissement de Paris, n’ont pas le temps de s’ouvrir à l’art et la Les critiques culturel. Ils ont d’autres soucis en tête. Le 104 n’a de toute façon pas la volonté de toucher que les habitants du quartier dans leur public. Pour les riverains, le 104 est une rue accueillante, chauffée L’ouverture d’un centre culturel de ce type ne peut pas se faire et proposant de l’espace. Ce lieu remplit également une mission sans recevoir un certain nombre de critiques. Trois principales sont de service public avec les magasins qui vont s’ouvrir, la maison des recensées. petits, les ateliers qui permettent de répondre aux besoins de place pour les associations du quartier. En effet, le 104 propose des ateliers La première critique concerne la localisation du centre culturel. dans ce qui est appelé le « Cinq ». Durant 60 heures par semaine, les On a pu remarquer que le 104 a une véritable politique sociale. associations culturelles du quartier peuvent se réunir, répéter avec du Cependant, celle-ci n’est peut-être pas assez mise en valeur. On peut matériel mis à leur disposition pour la somme de 2 euros de l’heure. alors entendre dire que ce centre de production artistique a été situé dans ce quartier pour que ce dernier s’enrichisse et devienne petit à La troisième critique, la plus pertinente est en réalité faite par petit un quartier « branché » de la capitale française. C’est ainsi, qu’a les amateurs d’art qui reprochent au 104 de ne pas être un lieu été taggé sur des murs en face du 104, la phrase suivante : « 104 = d’exposition d’art contemporain. En effet, le 104 est un lieu de guerre des pauvres ». Néanmoins, ce n’est apparemment pas ce que production artistique très lié au quartier et ne veut absolument pas souhaite le 104. De plus, le quartier compte 60% de logements sociaux. devenir un lieu d’exposition. Le lieu paraît donc assez vide et en tant Il sera donc difficile de modifier cette part et c’est donc une barrière que spectateur on peut se rendre dans certains ateliers d’artiste à l’enrichissement du quartier, en tout cas, jusqu’aux prochaines pour voir l’évolution de leur œuvre en construction. Une fois l’œuvre élections. Il faut tout de fois appuyer sur le fait que ces critiques réalisée, elle n’est pas forcément présentée dans les halles. C’est ne proviennent pas des habitants eux-mêmes mais d’associations au choix de l’artiste et ce n’est pas l’objectif du centre culturel. On parisiennes. Selon toute apparence, les habitants du quartier sont comprend donc que cela déroute les amateurs d’art et les « BOBOs » plutôt heureux de pouvoir aller dans ce lieu. Malheureusement, parisiens. les logements sociaux du quartier sont souvent trop petits pour les familles nombreuses qui y habitent et il existe peu d’espaces publics. Le 104 est novateur dans ces choix. C’est pourquoi il inspire autant de Le 104 est donc perçu comme un lieu d’évacuation où les personnes critiques. Une fois que tout le fonctionnement sera mis en place, les ont de l’espace et où les enfants peuvent sauter et courir. personnes comprendront mieux les aspirations du lieu et les critiquesAR04 - A08 31

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