L'Economie Collaborative : L'Innovation au Service De La Transformation

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Article featuring Jeremiah Owyang written in French for Private Equity Magazine by Aurelia Ammour in July 2015

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L'Economie Collaborative : L'Innovation au Service De La Transformation

  1. 1. PRIVATE EQUITYMAGAZINE | Juillet / Août 2015 | numéro 107 |16 L E F O C U S Uber propose un service à la demande de voiture utilisé dans le monde entier. Sur l’iPhone, un clic suffit pour commander un chauffeur privé. Catégorie : transport Création : 2009 Licorne depuis 2013 Dernière valorisation : 40 Md$ RN estimé (2015) : 415 M$ Stade : série E Investisseurs : First Round ­Capital, Benchmark Capital, Menlo ­Ventures, TPG Growth, Fidelity Investments… À SAVOIR : Uber a effectué 140 mil- lions de trajets en 2014, sans être propriétaire de taxis ou de VTC. Lyft offre également un service sur demande de voitures à des prix abordables. Catégorie : transport Création : 2012 Licorne depuis 2014 Dernière valorisation : 2,5 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série B Investisseurs : Rakuten, Fortress Investment Group, SV Angel… Chegg est une société de location de manuels scolaires en ligne offrant des services à des universités et des lycées aux États-Unis Catégorie : éducation Création : 2005 Licorne en 2013 Dernière valorisation : 678 $ (à fin juin) RN estimé (2015) : NC Stade : série F Investisseurs : Insight Venture Partners, KPCB eBay est la plus importante place de marché en ligne au monde. Elle permet aux particuliers et aux entreprises de vendre et d’acheter des produits et services. Catégorie : vente-achat de ­produits et services Création : 1995 Licorne en 1998 Dernière valorisation : 74,8 Md$ (à fin juin) RN estimé (2015) : 21,5 Md$ Stade : IPO Instacart est un service de livraison qui permet de commander sim- plement de l’épicerie incluant les produits frais et de la maison auprès de magasins locaux, et qui livre dans la journée. Catégorie : livraison locale Création : 2012 Licorne depuis 2015 Dernière valorisation : 2 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série C Investisseurs : Khosla Ventures, Sequoia Capital, Andreessen Horowitz, KPCB… Lending Club est la plus grande place de marché de crédit en ligne au monde facilitant les prêts personnels, les prêts et financements aux entreprises. Catégorie : services financiers Création : 2005 Licorne en 2015 Dernière valorisation : 1,6 Md$ (à fin juin) RN estimé (2015) : NC Stade : IPO Investisseurs : Northwest Venture Partners, Morgenthaler Ventures, Foundation Capital, Union Square Ventures, Google Capital À SAVOIR : Lending Club a facilité plus de 7 milliards de prêts de parti- culier a particulier aux Etats Unis, n’a pas de banque, de succursales et de distributeurs d’argent. HomeAway est une place de marché communautaire entre particuliers pour louer des lieux de vacances dans le monde entier. Catégorie : hospitalité Création : 2005 Licorne depuis 2010 Dernière valorisation : 2,9 Md$ (à fin juin) RN estimé (2015) : 500 M$ Stade : IPO Investisseurs : Sequoia Capital, Greylock Partners, Andreessen Horowitz… Etsy est une place de marché de vente et d’achat d’articles vintage et faits main. Catégorie : e-commerce Création : 2006 Licorne en 2013 Dernière valorisation : 1,5 Md$ (à fin juin) RN estimé (2015) : 392 M$ Stade : IPO Investisseurs : Index Ventures, Union Square Ventures À SAVOIR : Etsy compte aujourd’hui 19 millions d’acheteurs dans le monde, et ne dispose pas d’usines ni de magasins. WeWork est une plateforme pour les créateurs qui fournit l’espace, la communauté et les services dont on a besoin pour la vie professionnelle. Catégorie : espace professionnel Création : 2010 Licorne depuis 2014 Dernière valorisation : 5 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série E Investisseurs : Fidelity Investments, JPMorgan Chase & Co, Harvard Management Company, Benchmark Capital… Funding Circle permet aux épargnants de prêter de l’argent directement aux petites et moyennes entreprises. Catégorie : crowdfunding Création : 2010 Licorne depuis 2014 Dernière valorisation : 1 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série E Investisseurs : Index Ventures, Accel Partners, Union Square Ventures Prosper est une place de marché pour le crédit à la consommation qui met en contact des personnes voulant emprunter avec celles qui veulent investir. Catégorie : services financiers Création : 2006 Licorne depuis 2014 Dernière valorisation : 1,7 Md$ RN estimé (2015) : 180 M$ Stade : série D Investisseurs : DAG Ventures, Meritech Capital Partners, Tomorrow Ventures, Sequoia Capital, Francisco Partners Airbnb est une place de marché communautaire entre particuliers pour louer, découvrir et réserver des espaces uniques dans le monde. Catégorie : hospitalité Création : 2008 Licorne depuis 2011 Dernière valorisation : 25,5 Md$ RN estimé (2015) : 850 M$ Stade : série E Investisseurs : General Atlantic Inc., Hillhouse Capital Group Tiger Global Management, Sequoia ­Capital, Greylock Partners, Andreessen Horowitz… À SAVOIR : Airbnb a plus de 23 mil­lions d’hôtes dans le monde, n’est propriétaire ni des biens loués ni des lits. Licorne : start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Nombre de licornes décernées : 11 aux États-Unis 1 en Grande-Bretagne 1 en Inde 1 en Chine 1 en Australie 1 en Nouvelle-Zélande Les licornes à travers le monde
  2. 2. | numéro 107 | Juillet / Août 2015 | PRIVATE EQUITYMAGAZINE 17 L E F O C U S L’économiecollaborative Pourquoi cette nouvelle économie fait-elle partie de notre quotidien ? Quels sont les secteurs les plus innovants et « disrupteurs » ? Quels sont les plus gros succès ? Comment ces acteurs innovent-ils et « disruptent » les industries ? Quels sont les nouveaux secteurs prometteurs ? Comment les acteurs traditionnels réagissent-ils ? Qui sont les VCs investisseurs dans l’économie collaborative ? Par Aurélia Ammour, iVentures Consulting (San Francisco, Paris) l’innovationauservicedelatransformation L ’économie collaborative fait aujourd’hui partie de notre quotidien. Elle change progressivement notre manière de consommer et de vivre. Elle est au- jourd’hui une commodité dont on ne saurait se passer. Elle s’exerce au travers de la location, du recyclage, de l’échange, du prêt, de la revente, ou encore de la donation entre particuliers ou sociétés. De nouveaux modèles économiques sont nés grâce aux innovations technologiques, qui ont bouleversé et secoué les industries et leurs acteurs traditionnels. Tel est le cas d’Uber, de BlaBlaCar et d’Airbnb dans les domaines du transport et de l’hospitalité. L’économie collaborative touche désormais une douzaine de secteurs aussi divers que les trans- ports, l’hospitalité, la finance, les services, le sec- teur public, la santé et bien d’autres. Parmi les éléments qui ont favorisé l’émergence de nouveaux services innovants, à la fois compéti- tifs et souvent de meilleure qualité que les services traditionnels, on relève : - des facteurs technologiques : montée des tech- nologies liées aux réseaux sociaux, technologies mobiles et systèmes de paiement ; - des facteurs économiques : limite du pouvoir d’achat, chômage, disparités économiques, limite des ressources naturelles, excès d’inventaires ou inventaires non utilisés, inaccessibilité au luxe, ­afflux de financements par les VCs ; - des facteurs sociaux : densité de population, re- cyclabilité, style de vie indépendant, ­altruisme… Une étude récente de l’ING sur l’économie colla- borative indique ce qui influence les consomma- teurs européens et américains : 1. économie d’argent 2. impact sur l’environnement 3. facilité pour arrondir ses fins de mois 4. création de communautés L’économie de partage est en outre surnommée « The access economy » et « The on-demand eco- nomy » car nous vivons dans une ­société qui ••• Ola est une plateforme indienne de réservation de taxi sur mobile. Catégorie : transport Création : 2011 Licorne depuis 2014 Dernière valorisation : 1 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série E Investisseurs : Tiger Global ­Management, Sequoia Capital, DST Global Solutions… Kuaidi Dache est une plateforme chinoise de réservation de taxi sur mobile. Catégorie : transport Création : 2012 Licorne depuis 2015 Dernière valorisation : 8,8 Md$ Revenus net estimés (2015) : NC Stade : série D Investisseurs : eHi, Soft Bank Corporation Freelancer.com est la place de ­marché leader en freelance à ­destination des petites entreprises. Catégorie : emploi / outsourcing Création : 2009 Licorne en 2013 Dernière valorisation : 571 M$ (à fin juin) RN estimé (2015) : NC Stade : IPO TradeMe est une place de marché et une plateforme de publicité leader en Nouvelle-Zélande, couvrant les ventes aux enchères et les ventes à prix fixes pour les marchandises d’occasion ou neuves. Catégorie : vente-achat de produits Création : 1999 Licorne en 2012 Dernière valorisation : 1,36 Md$ (à fin juin) RN estimé (2015) : NC Stade : IPO TransferWise est un service de transfert d’argent de particulier à particulier destiné aux étudiants et entreprises étrangères pour leurs échanges au niveau mondial. Catégorie : services financiers Création : 2010 Licorne depuis 2015 Dernière valorisation : 1 Md$ RN estimé (2015) : NC Stade : série C Investisseurs : Index Ventures, Valar Ventures, Richard Branson
  3. 3. PRIVATE EQUITYMAGAZINE | Juillet / Août 2015 | numéro 107 |18 L E F O C U S sait ce qu’elle veut, à quel moment elle le veut, et est prête à payer pour cela. En innovant, les « disrupteurs » répondent à des besoins aujourd’hui mal satisfaits, dus aux im- perfections chez les acteurs en place, et se posi- tionnent sur la notion de commodité. Comman- der un chauffeur à deux heures du matin, louer un appartement où que ce soit dans le monde ou emprunter de l’argent à un particulier n’a jamais été simple. Ces innovateurs profitent aussi du manque de régulation dans les industries concer- nées pour se développer et s’imposer. Les 9 secteurs qui font l’objet de disruption Transport C’est le secteur le plus impacté. Uber, RelayRide, Sidecar, BlaBlaCar et bien d’autres proposent d’accéder sur demande à des voitures ou d’effec- tuer un trajet en tant que service. Les taxis crient au scandale, leur monopole est touché. Les loueurs de voitures réagissent plus positivement, soit par l’acquisition de socié- tés qui proposent ces services (Zipcar, racheté par Avis Budget), soit par la mise en place de ce type de service (Hertz on Demand). Sur d’autres modes alternatifs, certaines sociétés de transport font aussi des acquisitions (SNCF, OuiCar). Hospitalité Les start-up qui ont vu le jour permettent aux particuliers de louer leur appartement ou une chambre (Airbnb, HomeAway ou, en haut de gamme, Onefinestay…), d’accueillir sur leur ca- napé des personnes en faisant partie d’une com- munauté (couchsurfing), ou encore de partager une chambre d’hôtel (Easynest). Les acteurs importants de l’hôtellerie s’appuient plus que jamais sur les lobbyistes pour qu’ils les aident à protéger leur business et assurer la sécu- rité du public et des consommateurs… et à com- battre la tendance. Banque et services financiers  Au lieu d’aller voir leur banque et autres orga- nismes financiers pour obtenir un prêt ou un fi- nancement, les particuliers et les entreprises américaines peuvent, grâce à des sociétés comme Lending Club ou Prosper, obtenir un prêt au- près de particuliers et de sociétés. Ce type de ser- vice vient d’arriver en France avec Prêt d’Union, qui vient de lever 34 millions de dollars. Depuis plusieurs années, il est également pos- sible de lever de l’argent pour financer ses pro- jets via des plateformes de crowdfunding telles que Kickstarter et Indiegogo. Les banques et les services financiers commencent à s’inquiéter en voyant de plus en plus les particuliers et socié- tés utiliser ces services. Cela a aussi des impli- cations sur les verticaux qui nécessitent des fi- nancements (immobilier, industrie automobile, éducation…). Santé De nouveaux acteurs se positionnent, comme CoHealo et HelpAround. CoHealo est, pour les hôpitaux, une sorte de Airbnb qui leur permet de partager matériels et équipements. HelpAround est fascinant pour les diabétiques eux-mêmes, puisqu’ils peuvent partager des produits dont ils ont besoin au lieu d’être obligés de se rendre dans les ­structures médicales traditionnelles : les diabétiques doivent en effet transporter, lors de leurs déplacements, jusqu’à une douzaine ­d’accessoires, de l’insuline, des moniteurs… qu’ils oublient la plupart du temps. Avec ­HelpAround, ils peuvent désormais se tourner les uns vers les autres pour obtenir ces produits. Énergie Quelques acteurs prometteurs apparaissent également dans le secteur de l’énergie. Par exemple, Mosaic et Vandebron. Mosaic est une plateforme entre particuliers de prêts pour l’énergie solaire. Elle permet à des milliers de personnes d’avoir accès à des prêts abordables, donne aux investisseurs la possibilité d’investir dans les énergies renouvelables, et permet ainsi aux partisans de ces énergies de communiquer sur leur bien-fondé auprès de leur communauté. Vandebron, en Hollande, propose aux consom- mateurs d’acheter directement leur électricité à des producteurs indépendants, sans passer par un fournisseur d’énergie. Actuellement, 12 pro- ducteurs fournissent de l’énergie à 20 000 foyers. Les nouveaux secteurs prometteurs de l’économie collaborative Secteurs pour lesquels la disruption peut avoir un impact à moyen et long terme si les utilisateurs s’approprient de manière massive ces nouveaux services Mode & luxe Ebay s’est, le premier, ouvert à la mode en in- vitant ses utilisateurs à vendre leurs vêtements d’occasion ou neufs. Depuis, des acteurs comme Vestiaire Collective, Videdressing ou l’americain Poshmark ont mis en place, pour revendre leurs vêtements, des places de marché communau- taires et inspirationnelles dédiées aux fashionis- tas. De plus, ces sociétés intègrent une prestation de vérification de l’authenticité des produits. D’autres modèles commencent à voir le jour : Rentez-vous, par exemple, pour la location de vêtements de designers entre particuliers. Ces places de marché ont un impact sur la ma- nière de consommer la mode (neuf contre occa- sion). L’achat d’un produit d’occasion peut, dans certains cas, pour des raisons de prix et de dis- ponibilité, se substituer à l’achat d’un produit neuf. Elles permettent aussi de donner accès à des produits auxquels les fashionistas n’auraient jamais pu accéder au coût du neuf. Les distribu- teurs et les marques vendant des produits neufs peuvent progressivement perdre des ventes au profit de ces plateformes alternatives. Recrutement Parmi les premiers modèles créés, se trouvent les places de marché permettant de recruter Jeremiah Owyang, fondateur de Crowd Companies, expert en économie collaborative des ­compétences diverses, manuelles ou intel- lectuelles, et ce pour des missions ponctuelles. Y figurent des acteurs tels que Elance, oDesk, et même TaskRabbit et RedBeacon, mais ­aussi des acteurs internationaux couvrant des compé- tences spécifiques de niveau supérieur, comme ­Freelance.com et PopExperts. À noter que les agences de travail temporaires (Kelly Services, Manpower…), les régies et les sociétés de conseil, ainsi que les sites locaux comme Craiglist ou Leboncoin sont impactés progressivement par le développement de ces plateformes. Location de bureaux Les entreprises qui disposent d’espace, de bu- reaux et de salles de réunion en trop peuvent aujourd’hui les proposer à la location à toutes personnes et sociétés intéressées, via des places de marché comme Sharedesk, LiquidSpace, Pi- votdesk afin de générer des revenus supplémen- taires et de nouveaux contacts. Les entreprises traditionnelles de gestion de biens, les agents immobiliers, les sociétés de loca- tion de bureaux temporaires, et les services d’hô- tel qui louent des salles de réunion commencent à être touchés par le succès de ces plateformes. Restauration De nouvelles start-up émergent, offrant aux par- ticuliers la possibilité de transformer leur cuisine en restaurant. Feastly est la première communau- té qui regroupe aux États-Unis des chefs et des « foodies » recherchant une expérience de repas ••• DR
  4. 4. | numéro 107 | Juillet / Août 2015 | PRIVATE EQUITYMAGAZINE 19 L E F O C U S unique servi dans la maison d’un chef. Cette ac- tivité aujourd’hui naissante pourrait avoir un im- pact sur les restaurants si les intéressés sont en mesure d’organiser des événements culinaires dans leur maison, des parcs ou des bureaux, en contournant les restaurants traditionnels. Design Graphistes et webdesigners peuvent maintenant s’appuyer sur des places de marché telles que crowdSPRING et 99designs pour se connecter à de potentiels acheteurs. Pour chaque demande, chaque graphiste soumet une maquette, et seul celui qui est retenu sera rémunéré. Même si le travail avec des designers freelance a toujours existé, le succès de ces plateformes pour- rait réduire à terme les revenus des agences de communication et design. Grande consommation Au lieu d’acheter un certain nombre de produits, les consommateurs peuvent les partager ou bien se donner des produits (transport, matériel, pro- duits saisonniers…). Une place de marché telle que Yerdle (plateforme de donation-achat gra- tuit de produits) ou une plateforme de discussion comme Nextdoor, dédiée aux communautés de voisinage, permettent de s’entraider et réduire les dépenses de chacun. Les distributeurs et les fabri- cants pourraient être affectés à long terme par ce changement d’habitude de consommation. Parmi plus de 200 sociétés – start-up de l’économie collaborative, 17 sont évaluées à plus de 1 md$ : 10 licornes et 7 ipo 70 % de ces sociétés valorisées plus de 1 milliard sont basées aux États-Unis, et touchent princi- palement les secteurs du transport, de la finance, du voyage et des biens de consommation. « Licorne » est le nom donné en 2013 par Aileen Lee, fondatrice de Cowboy Ventures, aux sociétés technologiques non cotées dépassant 1 Md$ de valorisation. À partir d’une valorisation de 10 mil- liards de dollars, on les nomme « super licornes ». Parmi les 10 licornes de l’économie collaborative se trouvent quatre sociétés de service de transport et trois de service de prêt (voir carte page 16). Le rachat de start-up innovantes de l’économie colla- borative par des acteurs traditionnels représente une vraie opportunité de développement, voire de survie. Face à l’adoption massive de ces ser- vices innovants et collaboratifs, les acteurs tradi- tionnels de tous ces secteurs subissent une pres- sion qui les amène à reconsidérer leur rôle, parfois à se réinventer en créant des services innovants et en intégrant de nouveaux modèles s’ils ne veulent pas, comme l’affirme Maurice Lévy, président du groupe Publicis, se faire un jour « Uberiser ». Réactions et scénarios des acteurs traditionnels  1. Ignorer et espérer que ça ne va pas durer. Un comportement qui a pour conséquence de se ­retrouver derrière ceux qui ont innové. 2. Se battre avec les lois et les lobbys. Une forte volonté de se protéger en faisant appel à des hommes de loi expérimentés et des lobbyistes. Les coûts sont très élevés, et il est difficile d’inter- rompre le processus. 3. Mettre en place du marketing et des ventes agressives. Une démarche également très oné- reuse, risquée pour la société, et irréversible. 4. Acquérir une start-up ou prendre une partici- pation dans l’une d’elles. Vu les valorisations des plus grosses start-up, les acquisitions risquent d’être très chères. Les premiers à sauter le pas sont des acteurs du transport et de l’hospitalité, comme Avis Budget avec Zipcar, racheté pour 491 millions de dollars en 2013, Enterprise et Igo en 2013, SNCF avec OuiCar cette année (prise de participation : 75 %) ou Hyatt avec une participa- tion dans Onefinestay (le Airbnb du luxe). 5. Créer ex nihilo sa propre place de marché ou son service collaboratif. L’industrie du transport semble encore une fois la plus réactive. BMW a lancé en 2011 DriveNow, qui permet à ses clients de s’abonner pour l’utilisation occasionnelle d’une voiture de la société BMW dans certaines villes (450 000 utilisateurs, activité rentable). Ford, Toyota et General Motors expérimentent aujourd’hui ce type de service. SNCF a aussi lan- cé, fin 2014, son service de covoiturage Idvroom. Il est également possible de s’appuyer sur une communauté pour satisfaire un service spécifique. Ainsi, Amazon propose un nouveau service de li- vraison On My Way, Bouygues Immobilier vient d’inaugurer fin juin son premier espace collabo- ratif à Issy-les-Moulineaux, Nextdoor, et Ikea a ­lancé en Norvège une place de marché pour que ses clients y vendent leurs meubles d’occasion. Google vient également de créer RideWith, un service de covoiturage entre particuliers à mi-­ chemin entre Uber et BlaBlaCar, en s’appuyant sur l’une de ses acquisitions, Waze (application de trafic et de navigation communautaire). 6. Réaliser un partenariat avec une start-up. La marque Patagonia a organisé un partenariat afin d’encourager les consommateurs à acheter des produits d’occasion de la marque via eBay. Le dis- tributeur Nordstrom distribue et met en avant sur son site les produits de Etsy. Les chaînes de restauration rapide McDonald’s et Chipotle ont conclu un partenariat avec Postmates pour livrer leurs produits. 7. Sponsoriser une start-up. De plus en plus de marques sponsorisent des initiatives collabora- tives telles que la banque Barclays et les vélos San- tander Cycles (l’équivalent de Velib’ à Londres), NBC et la plateforme Yerdle (place de marché d’achat gratuit entre particuliers). Un potentiel économique conséquent à considérer d’urgence Le cabinet PwC prédit que l’économie collabora- tive passera de 15 milliards de dollars à 335 mil- liards de revenus en dix ans. L’économie collaborative n’est donc plus une tendance, mais un phénomène économique qui se structure (investissements, emploi…) et se ré- gule progressivement, sur lequel toutes les parties prenantes – investisseurs, industriels, start-up – doivent désormais investir leur temps et leur ar- gent. Si les secteurs du transport, de l’hospitali- té et les services financiers ont ouvert la porte, il reste encore beaucoup à imaginer, à faire et à ex- périmenter dans de nombreux domaines. n Aurelia Ammour Sources : Crowd Companies / Jeremiah Owyang, Ventures Beat Profile, PwC (The Sharing Economy), ING (European Sharing Economy Report), Ouishare, Wall Street Journal, Forbes, Business Insider, Skift, Mobilequi- tyinc, New York Times, The Economic Time, Bloomberg, Thestreet.com, Yahoo! Finance. Dans le top des VCs de l’économie ­collaborative, pas de surprises : on re- trouve les prestigieux et renommés VCs en majorité améri- cains, avec d’un côté les fonds d’amor- çage, accéléra- teurs et regroupe- ments de business angels tels que SV ­Angel, 500 start-up, The Founders, etc. ­ainsi que les gros VCs comme Index Ven- tures, Andreessen Horowitz ou KPCB. 20 10 0 18 3 4 4 4 3 4 4 17 16 14 12 9 7 nombre de start-up de l’éco. collab. en portefeuille valorisées + de 1 Md$ nombre de sociétés de l’éco. collab. en portefeuille les principaux VCs du club des licornes de l’économie collaborative

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