These Master Management ESCT

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Importance du Management dans l'accompagnement de la profession vétérinaire française

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These Master Management ESCT

  1. 1. THESE DE MASTER EN MANAGEMENT DE LA SANTEImportance des disciplines managériales dans laccompagnement de lévolution de la profession vétérinaire présentée par Dominique BECHU et soutenue plubliquement le 4 janvier 2010 devant le jury composé de : Pr. Françoise LE-DEIST Directeur de Thèse, Responsable des MS Management Santé, Professeur en Management des Ressources Humaines à lESCT M. Thomas GUERA Co-Directeur de Thèse, Professeur en Comptabilité et Stratégie Financière à lESCT Dr. Jacques GUERIN Vétérinaire, Représentant du Conseil Supérieur de lOrdre Vétérinaire Dr. Bruno DUHAUTOIS Vétérinaire, Consultant en Management
  2. 2. INTRODUCTION..................................................................................................................................................11. SITUATION DU VETERINAIRE FRANÇAIS EN 2009 ....................................................................................71.1. Analyse des contraintes déontologiques et éthiques .............................................................................9 1.1.1. De la naissance de la médecine vétérinaire en France à sa réglementation. ........................................9 1.1.2. Vétérinaire : une profession libérale réglementée ................................................................................10 1.1.3. Les contraintes du Code de Déontologie..............................................................................................13 1.1.4. De l’importance de la prestation de serment et de l’image sociétale dans la manière d’exercer..........141.2. Analyse des données sociodémographiques ........................................................................................16 1.2.1. Types d’exercice ...................................................................................................................................16 1.2.2. Modes d’exercice ..................................................................................................................................17 1.2.3. Structures libérales d’exercice ..............................................................................................................20 1.2.4. Structures des actifs au sein des entreprises libérales vétérinaires et répartition ................................23 1.2.5. Projection sociodémographique sur les prochaines années.................................................................261.3. Analyse des données économiques et contraintes pour la profession ..............................................30 1.3.1. Poids socio-économique de l’entreprise libérale vétérinaire.................................................................30 1.3.2. Répartition du chiffre d’affaires de la profession selon l’activité ...........................................................31 1.3.3. Evolution des revenus des libéraux vétérinaires (sources croisées ARAPL, CARPV et SNVEL). .......32 1.3.4. Evolution des connaissances et des plateaux techniques....................................................................351.4. L’arrivée de la Directive Services en 2010 ..............................................................................................39 1.4.1. Une Directive en préparation depuis plusieurs décennies....................................................................39 1.4.2. Une profession non préparée. ..............................................................................................................41 1.4.3. Des modalités de transposition longues et complexes .........................................................................431.5. Vers une profession en pleine mutation .................................................................................................50
  3. 3. 2. VERS UNE EVOLUTION ENTREPRENEURIALE DE LA PROFESSION VETERINAIRE ..........................552.1. Changements structurels : vers la constitution de réseaux .................................................................57 2.1.1. Une nouvelle organisation destinée à répondre aux besoins sociétaux et à l’optimisation économique des structures .................................................................................................................................................57 2.1.2. Les différents schémas possibles de réseaux ......................................................................................60 2.1.3. Les conséquences des regroupements en réseau ...............................................................................672.2. La communication commerciale, nouvelle donne pour les acteurs du circuit ...................................70 2.2.1. L’arrivée crainte de la communication commerciale dans la profession...............................................70 2.2.2. La gestion de la communication au sein des structures vétérinaires....................................................722.3. Le client au cœur du système..................................................................................................................82 2.3.1. Evolution du marché vétérinaire ...........................................................................................................82 2.3.2. Importance de la valeur perçue par les clients et analyse de leur fidélité.............................................86 2.3.3. Vers des entreprises vétérinaires orientées client ................................................................................892.4. Importance du management dans l’évolution entrepreneuriale de la profession vétérinaire ...........93 2.4.1 Intégration d’une chaîne de valeur.........................................................................................................94 2.4.2. L’acquisition de compétences managériales porteuses de performance durable ................................95 2.4.3. Apport du développement d’outils managériaux dans les structures vétérinaires ................................972.5. Intégration du management dans la culture vétérinaire et son parcours de formation...................104 2.5.1. Une évolution professionnelle accompagnée par l’intégration de valeurs entrepreneuriales ............104 2.5.2. L’intégration de l’esprit d’entreprise dans la formation vétérinaire......................................................107 2.5.3. La création d’un fond de dotations comme structure de portage à la création de chaire en management dans les écoles vétérinaires....................................................................................................117CONCLUSION : VERS UNE ENTREPRISE VETERINAIRE A REINVENTER….. .........................................121BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………………………………… 125TABLES………………………………………………………………………………………………………………… 131
  4. 4. INTRODUCTION Depuis sa création, il y 250 ans, et spécialement ces cinquante dernières années, le contexte de l’exercice professionnel vétérinaire a considérablement évolué. D’abord Docteur du cheval et de l’animal de rente, puis du chien et du chat et, enfin, des nouveaux animaux de compagnie (chinchilla, caméléon…), les champs d’action et les responsabilités des vétérinaires ont subi des mutations profondes liées tant aux modifications ayant affecté la géographie de l’élevage qu’au développement exponentiel de la place de l’animal de compagnie au sein des foyers. Les dernières statistiques publiées révèlent plus de 6 500 entreprises vétérinaires libérales sur le territoire français faisant vivre près de 9 800 vétérinaires libéraux, un peu plus de 4 000 vétérinaires salariés et 14 000 employés non vétérinaires. La moyenne pour chaque structure se situe aux alentours de 2,2 diplômés vétérinaires et environ 2,3 non vétérinaires positionnant les structures vétérinaires libérales dans le registre des Très Petites Entreprises (moins de 5 salariés). Si le nombre de praticiens libéraux a augmenté de près de 20% sur le territoire français ces dix dernières années, la plus grande part de cette augmentation s’est concentrée sur une forte croissance de l’activité en clientèle dite canine (effectifs multipliés par 2,75 en 16 ans). Parallèlement, le secteur dit de l’activité rurale (soins aux animaux de ferme) a perdu, entre 2002 et 2008, près d’un tiers de ces effectifs, mettant sérieusement en danger le maintien d’un maillage sanitaire territorial efficace. D’autre part, la profession vétérinaire, comme beaucoup de professions libérales réglementées, ne cesse de se féminiser. En 2009, plus d’un praticien sur trois est une femme. Les femmes représenteront plus de la moitié de la profession dans 15 ans. Elles comptent aujourd’hui pour 82% des étudiants dans les écoles, 71% des praticiens salariés, 50% des praticiens canins, 63% des nouveaux inscrits à l’Ordre chaque année. Depuis quinze ans, le nombre de vétérinaires salariés en exercice ne cesse de croître. La progression est spectaculaire. De 552 en 1994, 2 852 en 2002, ils sont près de 4000 en 2009 (un effectif multiplié par 7 en 15 ans) ! Difficile de ne pas effectuer de parallèle entre l’augmentation du salariat vétérinaire et la féminisation de la profession tant les deux phénomènes suivent des courbes similaires. 1
  5. 5. En 2009, les femmes représentent 71% des praticiens salariés alors qu’en 1994, elles n’étaient que 40%. Elles exercent essentiellement en activité canine en Ile-de-France ou en Rhône-Alpes, alors que leurs confrères optent pour une activité mixte en Bretagne ou dans les Pays-de-la-Loire. Parmi les salariés vétérinaires, 41% travaillent à temps partiel (dont 82% de femmes travaillant en moyenne 138 heures par semaine) et ne travaillent en majorité que trois ou quatre jour par semaine par choix de préservation de l’entité familiale et de leur temps personnel. Féminisation et salariat croissant modifient les modes d’exercice et ont des impacts importants sur la vision du métier. Le dernier sondage effectué à l’automne 2009 par Direct Médica1 corrobore l’idée d’une installation des praticiens dans le salariat. 41% d’entre aux exercent avec ce statut depuis plus de cinq ans et 10% depuis plus de 10 ans. L’idée de s’installer à son compte dans un futur proche est partagée (49%) et son échéance est en tout cas repoussée à un avenir lointain (pour 22% des interrogés) avec, si cela se produit, la volonté de la faire sous forme d’association (76%). Un tiers des salariés2 affirment, eux, ne pas vouloir s’installer. Ce refus d’accession au statut libéral, et la forte propension à l’installation, depuis quelques années, dans le salariat, révélé par l’enquête de branche 2009, pourrait bien devenir pérenne et modifier considérablement et rapidement le visage de l’exercice vétérinaire. Mise en résonance avec la moyenne d’âge des salariés située autour de 34 ans, celle des vétérinaires libéraux les employant est de 46 ans (source : CSOV 2009) et laisse envisager un taux de départ des employeurs en retraite rapide d’ici les cinq prochaines années, qui devrait s’amplifier dans les dix ans à venir. D’ici 2018, avec 5000 nouveaux diplômés français et 1850 diplômés étrangers (qui ne s’installeront peut être pas en libéral mais resteront pour partie salariés) et 3 700 vétérinaires libéraux qui auront, eux, fait valoir leurs droits à la retraite, quelques perturbations sur le solde démographique sont à prévoir. Dans La Semaine Vétérinaire n°1383 du 4 décembre dernier, Jean-Pierre Kieffer, Président du Syndicat des Vétérinaires de la région parisienne et promoteur de la convention collective des vétérinaires salariés signée en 2006, explique ce qui motiverait la retenue des jeunes vétérinaires : « Parce que s’installer comporte effectivement certains risques qu’ils n’ont pas envie de prendre, un investissement financier lourd, même pour un rachat de parts, et le marché est de surcroît encombré» dans certaines régions et en particulier en activité canine qui attire énormément de jeunes femmes. Cela est un frein supplémentaire à l’installation qui se fait de plus en plus tard « en moyenne à 31 ans et après au moins 7 ans de salariat » comme l’a souligné François Courouble, Président de la Caisse Autonome de Retraites et de Prévoyance des Vétérinaires (CARPV), lors du dernier congrès professionnel (AFVAC, fin novembre 2009). S’installer en libérale n’est effectivement pas neutre et nécessite des investissements de plus en plus lourds. En clientèle dite canine, le principe de l’offre et de la demande a poussé très fortement ces dernières années le développement de plateaux techniques de haute technologie et l’émergence croissante des spécialisations sur le modèle de la médecine humaine. Ajoutées à la mise en place de nouvelles obligations réglementaires mais également l’avancée des sciences médicales et chirurgicales, le développement et la sophistication des techniques, en particulier à l’usage des animaux de compagnie, ont engendré la complexité de l’environnement du vétérinaire moderne au travers de l’acquisition onéreuse de matériels technologiques de pointe. Celui-ci doit, par ailleurs, compléter ses connaissances dans de nombreuses disciplines complémentaires qu’il ne peut aujourd’hui plus ignorer.1 Fontenelle N., Les praticiens salariés sont plutôt contents de leur sort, La Semaine Vétérinaire n°1383 du 4 décembre 2009,p.28-292 CARPV – Valovet, Enquête salariat, communication orale Rencontres Nationales Vétérinaires, Nice 2009. 2
  6. 6. Autant d’investissements, tant en formation humaine qu’en matériels, qui pèsent sur l’économie des très petites entreprises libérales vétérinaires. La rentabilisation de matériels modernes, considérés aujourd’hui comme indispensables à une prise en charge efficace et de qualité, devient, pour certaines structures, impossible du fait de leur trop petite taille et d’une fréquentation insuffisante. Pour d’autres, elle alourdit considérablement l’économie structurelle. Le vétérinaire rural, moins soumis à cette pression technologique, s’est par contre vu obligé, depuis quelques années, à modifier considérablement son exercice. Il est passé de la médecine individuelle à des missions de suivi sanitaire et de technique des élevages à visée préventive, en se réorientant vers des missions d’audit et de conseil. Afin de prendre en charge de manière efficace la sophistication croissante de l’élevage, les entrepreneurs agricoles sortent aujourd’hui d’Ecoles d’Ingénieurs. La baisse constante de leurs revenus (-20% en 20093 pour les éleveurs laitiers, +17 et 22% respectivement pour les éleveurs bovins et ovins mais s’inscrivant après deux années de fortes baisses cumulées à -52% et -37%) les amène à dégager, tous secteurs confondus, une moyenne à 14 600 € net par an (le plus bas niveau enregistré depuis 30 ans) ! Acculés par les outils de régulation de la Politique Agricole Commune, ils recherchent avant tout de leur vétérinaire des services à forte valeur ajoutée dans une approche coût/bénéfice optimisée, rentable et innovante. Cela a imposé aux vétérinaires ruraux un engagement et investissement importants en formation à la performance technique, à la maîtrise des systèmes d’information permettant les suivis de troupeaux, à la maîtrise des coûts de production afin de s’adapter aux besoins de leurs clients. En 2009, l’activité libérale vétérinaire a la rentabilité (~27%), le bénéfice (~62 k€) et les revenus (~55 k€) les plus faibles des professions libérales de santé. Ces résultats sont, en partie, dus à la faible profitabilité (bénéfices non commerciaux/Recettes) de l’activité où, en plus du coût croissant des plateaux techniques, de l’investissement en formations, la TVA imposée à la profession depuis 1992 et non récupérée par le client limite fortement son pouvoir d’achat. Courant 2008, au constat de l’ensemble de ces éléments inscrivant la profession dans un début de paupérisation, face également aux difficultés rencontrées par les vétérinaires dans leurs rapports redessinés et parfois fragiles avec un environnement en voie d’évolution par rapport à l’acte de médecine animale et celles plus spécifiques, mises en exergue dans le milieu rural au moment des premières campagnes Fièvre Catarrhale Ovine en 2007-2008 (problèmes de certification de vaccination, conflits avec les organismes agricoles et les groupements de production…), le Premier Ministre, François Fillon, et le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, ont confié au Sénateur Charles Guéné, une mission d’évaluation « sur la place du vétérinaire libéral et son rôle dans le système français de surveillance et de gestion des risques tout au long de la filière animale ». Cette dernière avait pour objet « de proposer des actions à conduire ou des mesures législatives ou réglementaires appropriées pour contribuer au développement économiques des entreprises vétérinaires libérales, sans que cela soit contraire à l’intérêt général et dans un objectif de concurrence juste entre les différents acteurs4 ». Il lui est également demandé d’apprécier les conséquences pour la profession de l’application de la Directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles et de la Directive 2006/123/CE relative aux services dans le marché intérieur. En effet, la Directive Services 2006/123/CE, qui s’inscrit dans l’initiative communautaire ayant pour objet la simplification de la législation pour la création d’un marché intérieur par l’élimination des obstacles juridiques et administratifs au développement des activités de3 Roquette G., Paysans : la grande chute, Valeurs actuelles n°3812 du 17 au 23 décembre 2009, p.324 Fillon F., Lettre de mission au Sénateur Charles Guéné, Paris, 24 juin 2008. 3
  7. 7. services, aura un impact important sur la profession vétérinaire dès son entrée en vigueur en 2010. Elle engendrera de répercussions de plusieurs ordres dont les trois principales, interdites et réglementées jusque là par le Code de Déontologie, concernent : l’abandon d’unicité du domicile professionnel d’exercice, l’ouverture du capital des structures vétérinaires hors profession, l’accès à la communication commerciale. Pour répondre à ces nouveaux enjeux, la profession va devoir évoluer. Dans son rapport « une profession vétérinaire de XXIème siècle », rendu fin 2008, le Sénateur Guéné prône, pour ce faire, les montages de structures en réseau « qui permettraient : de réunir une polyvalence de compétences ; d’organiser les complémentarités fondées sur l’échange du savoir-faire et la mutualisation de moyens matériels et humains ; d’optimiser les ressources organisationnelles et financières nécessaires. » Mettant en avant le fait que le statut juridique des sociétés vétérinaires, tel que régi aujourd’hui par le Code de Déontologie, ne leur permet pas de composer entre elles dans la mise en commun de tout ou partie d’un ou plusieurs segments d’activités pour lesquelles une synergie serait profitable aux services apportés aux clients et qu’elles se trouvent en outre limitées quant aux nombre d’exercice professionnel à trois domiciles, le rapport Guéné préconise fortement la mise en avant du décret d’application de la loi MURCEF du 11 décembre 2001 autorisant la possibilité de créer, au sein de la profession vétérinaire, à très court terme, des Sociétés de Participations Financières de Professions Libérales (SPFPL) ou Holdings. L’ouvrage de Bruno Duhautois, publié en novembre 20095, va jusqu’à en décliner toutes les facettes de montage dans leurs avantages et inconvénients juridiques comme financiers. L’avenir de la vétérinaire sera donc sûrement composé rapidement d’un paysage différencié porté par l’émergence de nouvelles structures en réseaux. Qu’elles soient de compétences ou de moyens (humains et/ou financiers), ces dernières redessineront sans nul doute pour partie l’activité à la fois au niveau organisationnel mais également conjoncturel. Parce qu’il n’a pas reçu de formation ad hoc, que l’ensemble du cursus actuel est essentiellement ancré sur l’apprentissage et le maintien des connaissances en conformité avec les données acquises des sciences cliniques, pré-cliniques et para-cliniques autour de l’animal, le praticien libéral n’a pas toujours conscience qu’il est aussi un "chef dentreprise". Il l’apprend au fil du temps, parfois à ses dépends. Les contraintes réglementaires applicables à toute entreprise lui paraissent d’ailleurs le plus souvent complètement démesurées à mettre en œuvre au sein de sa Toute Petite Entreprise (TPE) mais leur méconnaissance et surtout leur non application peuvent parfois se révéler lourdes de conséquences pour lui comme pour sa structure. En sus de l’attention à porter à l’exercice des ses capacités médicales et chirurgicales, le vétérinaire libéral est donc, qu’il le souhaite ou pas, non seulement un Président Directeur Général, il est aussi un Directeur des Ressources Humaines, un Directeur Marketing, un Directeur financier, un responsable Hygiène et Sécurité…. Il est chaque jour soumis dans l’exercice de ses fonctions, bien qu’il n’y soit que peu préparé, à des enjeux managériaux. Son environnement actuel le soumettant à différents jeux de pressions, (sociodémographiques, économiques et dernièrement législatifs) devrait le pousser rapidement vers une réorganisation, ou en tout cas une évolution (portée pour partie par l’arrivée, demain, de la Directive Services). Mais ne nous y trompons pas ! Laccompagnement au changement de la profession, que ce soit dans le cadre du maintien ou du développement d’une activité entrepreneuriale, ou5 Duhautois B., L’entreprise vétérinaire réinventée : du cabinet au réseau », Editions MedCom, novembre 2009. 4
  8. 8. bien vers des montages en réseau, ne peut s’effectuer sans intégrer un minimum de prisede conscience managériale. Gérer une structure de quatre à cinq personnes partagéeentre deux associés est une chose, être partie prenante dans un réseau de dix à quinzestructures partageant moyens, compétences et peut être même personnels ne peutpasser sans une véritable intégration de la fonction de « chef d’entreprise ».Pour maintenir son activité ou apprendre à sinscrire rapidement et efficacement dans cenouveau paysage de la libre concurrence et devenir un entrepreneur à part entière,planifiant, organisant, dirigeant et contrôlant son développement afin de construire unenvironnement porteur de performance durable, le vétérinaire libéral gagnera à intégreret développer des compétences managériales.En l’état actuel des choses, nous sommes donc amenés à nous interroger sur le deveniret l’évolution de la profession vétérinaire.Notre question de recherche est donc : Comment développer l’activité etaccompagner l’évolution de la profession libérale vétérinaire soumise à des jeux depressions à la fois sociodémographiques, économiques et législatives ?Cela soulève la problématique suivante : Le développement des disciplinesmanagériales dans les structures vétérinaires peut être un outil de développementéconomique efficace.avec comme hypothèse le fait que : La formation en management des vétérinairespeut accompagner l’évolution de la profession.Après avoir posé les différents éléments contextuels pesant sur la profession, nous nousproposons, dans ce travail d’études et de recherches, au travers d’une analysebibliographique fouillée, de diverses enquêtes de terrain (une étude qualitative et deuxenquêtes quantitatives), d’entretiens d’experts, d’étudier en quoi la Directive Servicesportera l’émergence de nouvelles entités bouleversant vraisemblablement les modesd’exercice de la profession vétérinaire. Nous nous interrogerons plus spécifiquement surl’intégration progressive du management comme outil d’aide au développement de cesnouvelles structures ou tout simplement de maintien d’activité au sein des plus petites.Face à la nouvelle pression concurrentielle, à la différenciation et segmentation desservices, à l’augmentation des contraintes réglementaires, au développement desspécialisations, au coût sans cesse croissant des plateaux techniques, commentaccompagner, dynamiser une profession dont les fondamentaux sont de plus enplus menacés tant au niveau européen qu’à l’intérieur, et dont l’utilité prégnanten’est pourtant plus à démontrer pour la société ?« Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu’elles ne deviennentévidentes » (Théodore Lewitt).Ne sont-elles pas déjà évidentes ? 5
  9. 9. 6
  10. 10. « Il y a toujours mille soleils à l’envers des nuages » Proverbe indien 1. SITUATION DU VETERINAIRE FRANÇAIS EN 2009 La profession vétérinaire est à la croisée des chemins ! Soumis à de nombreux jeux de pressions : économiques et sociodémographiques, l’exercice libéral se trouve depuis quelques années bousculé. La mise en application, début 2010 de la Directive Services6 européenne 2006/123/CE destinée à pousser à la réalisation d’un marché intérieur des services et à la protection renforcée des consommateurs (en ne faussant pas la concurrence) conduite conformément au respect du principe d’une économie de marché (articles 3, 4, 10, 14 du Traité de Rome) va engendrer une dérèglementation de la profession en l’ouvrant à la libre concurrence. Elle se trouvera donc dès demain engagée vers le chemin de ce que certains appellent « une inévitable évolution » et d’autres « une véritable révolution». Schéma 1 : Boussole des jeux de pression contraignant la profession vétérinaire (source : Béchu D., 2009)6 La DS s’inscrit dans la droite ligne du Traité de Rome de 1957 et de la stratégie de croissance économique de Lisbonne. 7
  11. 11. Il ne fait de doute pour personne que la profession vétérinaire a beaucoup évolué cesdernières années.Elle a su s’adapter tant à l’essor économique, relativement récent en Europe, au travers dela révolution agricole, en captant les nouveaux marchés des ruminants et de l’élevageintensif de porcs et de volailles qu’à l’émergence sans cesse croissante de l’animal decompagnie dans nos foyers.Les praticiens canins rencontrent depuis peu les mêmes difficultés que celles qui avaientmarqué dans les années 80 les vétérinaires mixtes et ruraux.7.Constitués en de nombreuses structures de petite taille, ils commencent à souffrir de leurbaisse de revenus et des exigences de leur clientèle. Le regroupement des structures enzone rurale et leur réorganisation ont permis d’optimiser les synergies et les compétences,d’offrir une meilleure qualité de services, de mieux prendre en charge les missions deservice public (campagnes de prophylaxie entre autres), d’assurer une continuité de soins etde services tout en améliorant la qualité de vie des libéraux (temps et revenus).Contraintes éthiques et déontologiques, féminisation grandissante, développement dusalariat au dépens des praticiens libéraux, développement des sociétés dexercice libéral,installation galopante des diplômes étrangers, une des plus faibles rentabilités desprofessions libérales sont autant de caractéristiques qui définissent le contexte du vétérinairelibéral en 2009.Lanalyse du contexte de la profession vétérinaire en 2009 permet de poser les basesdune réflexion de fond quant à lévolution nécessaire du métier de vétérinaire pour lesannées à venir. Une évolution qui pourrait bien pousser vers l’apparition obligée deregroupements de moyens (financiers et/ou humains) ?7 Duhautois B., L’entreprise vétérinaire réinventée : du cabinet au réseau, Editions MedCom, novembre 2009. 8
  12. 12. « Toute activité orientée selon léthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées : léthique de responsabilité ou léthique de conviction » Max Weber1.1. Analyse des contraintes déontologiques et éthiques1.1.1. De la naissance de la médecine vétérinaire en France à sa réglementation.L’enseignement et les disciplines vétérinaires sont à la veille de leur 250ième anniversaire quisera fêté à Lyon en 2011.Depuis des siècles, lêtre humain se préoccupe de la guérison des maladies chez l’animal.Toutefois, la médecine vétérinaire n’est devenue une profession officielle qu’au 18ième siècleavec louverture des premières Ecoles Royales Vétérinaires en France, à Lyon (1761) et àAlfort (1766).La "médecine vétérinaire" est donc née en France, sous l’impulsion de Claude Bourgelat,écuyer du Roi et par décision royale de Louis XV, en 1761. Beaucoup lignorent sans doute,mais notre pays est le véritable berceau de la médecine des animaux !De lécole lyonnaise et de sa petite sœur alforienne, édifiée également par le fondateur delArt vétérinaire quatre ans plus tard, sont partis, pendant toute la fin du XVIIIe siècle,danciens élèves qui, à leur tour firent bâtir des Ecoles semblables dans tous les paysdEurope et du monde.L’école vétérinaire de Toulouse verra le jour en 1828. Celle de Nantes, plus tard, en 1979.Dès 1875, les vétérinaires français se regroupent au sein d’un organisme représentatif, leGrand Conseil des Vétérinaires Civils de France dont la mission première sera d’édicter lesrègles de déontologie et de veiller aux intérêts de la profession8.La Loi du 21 juillet 1881 (article 12) met en place la reconnaissance exclusive du diplôme devétérinaire délivré par les Ecoles Vétérinaires : « L’exercice de la médecine vétérinaire dansles maladies contagieuses des animaux est interdit à quiconque n’est pas pourvu du diplômede vétérinaire ». Si ce diplôme permet l’exercice de la médecine vétérinaire pour lesmaladies contagieuses des animaux, les éléments encadrant l’ensemble des soins portésaux animaux restent partiels car la pratique de soins par les empiriques n’est pas interdite endehors des maladies contagieuses9.C’est seulement au travers de la Loi du 31 juillet 1923 qu’apparaît la reconnaissanceexclusive du diplôme d’Etat de Docteur Vétérinaire délivré par les Ecoles NationalesVétérinaires. Cette loi réserve l’exercice de la profession aux seuls titulaires du Doctorat demédecine vétérinaire.Par arrêté du 17 juin 1938, les vétérinaires diplômés se voient confier le monopole de lamédecine et de la chirurgie des animaux. Cette loi fait émerger une réelle volonté d’organiserla profession et la nécessité d’instaurer des règles éthiques et déontologiques à respecterpar tous les professionnels dans l’objectif d’assurer un « bon ordre » au sein de laprofession.En 1940, le gouvernement de Vichy impose d’organiser les professions en OrdresProfessionnels. Le Syndicat National des Vétérinaires de France, créé début du XXe proposealors de créer un Ordre des Vétérinaires qui puisse se positionner comme garant « del’honneur et de la morale », l’objet du Syndicat étant ancré sur la défense des intérêtsmatériels de la profession. L’Ordre des Vétérinaires est donc créé par Ordonnance du18 février 1942. L’Ordre des Vétérinaires, auquel l’adhésion est obligatoire, a principalementpour mission la surveillance de l’exercice de la médecine et de la chirurgie des animaux et8 Clouet M. H., Le code de déontologie, La Revue de l’Ordre des vétérinaires, 1er trimestre 1982, 58, 5-13.9 Bianchetti V., 50 ans de l’Ordre, La Revue de l’Ordre des vétérinaires, 2ème trimestre 1997, 67-69. 9
  13. 13. l’examen des problèmes s’y rapportant. Les membres du Conseil Supérieur et des ConseilsRégionaux sont nommés directement par le gouvernement10. Les Syndicats sont dissouts.En 1945, après référendum auprès de l’ensemble de la profession, il sera décidé dereconstituer le syndicat avec adhésion facultative et de se doter d’une organisation ordinaleavec adhésion obligatoire. La séparation de la fonction syndicale et de la notion d’Ordrepermet d’éviter la confusion entre la défense des intérêts matériels d’une part et ladéontologie professionnelle d’autre part. Ce choix reçoit l’approbation du Ministre del’Agriculture qui charge le CSO d’élaborer les deux projets de loi devant définir les statuts del’Ordre et du syndicat11.Par Décret 47-1564 du 23 août 1947 (JO du 24 août 47, p.8345) intitulé « Loi relative àl’Institution d’un Ordre National des Vétérinaires », l’Ordre des Vétérinaires se met en placesur des bases nouvelles, démocratiques et modernes, après avoir été librement accepté parl’ensemble de la profession. Les membres du Conseil Supérieur et des Conseils Régionauxsont désormais élus par leurs pairs. Cet Ordre régit depuis l’ensemble de la profession dansson exercice. Ses missions sont de servir les intérêts moraux, maintenir une éthique et unedéontologie professionnelle qu’il administre et réglemente. Il sanctionne les fautes commisespar l’un ou par l’autre de ses membres et met en place des structures et des moyens d’unegarantie de nature sociale (telle que la Caisse Autonome de Retraite de la ProfessionVétérinaire : CARPV).Il marque alors l’appartenance des vétérinaires à une profession libérale réglementée.Il sera réorganisé par décret n°63-67 du 25 janvier 1963, remplacé et supplanté pardifférents textes avant d’être recodifié et intégré définitivement dans le Code rural (articlesR.*242-1 à R.*242-31) qui réglemente l’ensemble.1.1.2. Vétérinaire : une profession libérale réglementéeEn droit français, il n’existe aucune définition légale, générale et positive de la professionlibérale. La profession libérale apparaît comme la « profession, exercée à titre indépendant,qui n’est ni agricole, ni commerciale, ni artisanale ».L’UNAPL (Union nationale des professions libérales) a néanmoins donné, en 2002, unedéfinition du professionnel libéral : « C’est celui dont la fonction sociale est d’apporter à despersonnes physiques ou morales qui l’ont librement choisi, des services non commerciauxsous des formes juridiquement, économiquement et politiquement indépendantes, et qui,dans le cadre d’une déontologie garantissant le respect du secret professionnel et d’unecompétence reconnue, demeure personnellement responsable de ses actes ».En 2005, la CNCPL (Commission Nationale de Concertation des Professions Libérales) aproposé une nouvelle définition : « Est considérée comme libérale, toute personne physiqueou morale, exerçant, en toute indépendance, à titre individuel ou sous forme sociale, uneactivité civile par nature, qui s’analyse en une prestation de services à caractère intellectuelexigeant un niveau élevé de connaissances spécialisées et qui implique que la personnephysique ou morale exerce son art ou sa science dans le respect des règles d’éthique, deconfidentialité et de responsabilité professionnelle ».A ce jour, la seule définition légale de la profession libérale est celle que donne la Directiveeuropéenne relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles : (Directiven° 2005/36/CE du 7 septembre 2005, Considérant n° 43) : « La profession libérale désignetoute profession exercée sur la base de qualifications professionnelles appropriées, à10 Lapras M., L’Ordre, l’Anniversaire et la Souvenance, La Revue de l’Ordre des Vétérinaires, 4ème trimestre 1997,158-160.11 Saint-Cyr J., Quentin M., L’Ordre National des vétérinaires, Regards sur la France / Vétérinaires de France.Paris, SPEI, édition du bicentenaire, Octobre 1965, 147-153. 10
  14. 14. titre personnel, sous sa propre responsabilité et de façon professionnellementindépendante, en offrant des services intellectuels et conceptuels dans l’intérêt duclient et du public ».Des règles spécifiques caractérisent l’activité de toute profession libérale. Il s’agit del’indépendance, de la responsabilité professionnelle, du secret professionnel et de laformation continue.Ces spécificités garantissent la qualité des pratiques des professions libérales et contribuentau lien de confiance qui existe entre le professionnel et l’usager.L’indépendance garantit la liberté de jugement du professionnel libéral et, par conséquent,un service répondant aux seuls intérêts du client ou patient, indépendamment de touteinfluence extérieure.Le professionnel libéral engage sa responsabilité personnelle du fait de ses actes. Saresponsabilité peut être civile et/ou pénale. Il s’expose également à des sanctions judiciaireset/ou disciplinaires en cas de non-respect des obligations mises à sa charge par la loi ou sonorganisme professionnel. C’est une garantie de la qualité de ses prestations et desprocédures mises en œuvre au cours de son activité au bénéfice de ses usagers.Le professionnel libéral est tenu au secret professionnel. Il ne peut divulguer les faits dont il aconnaissance à l’occasion de son exercice professionnel, sous peine de s’exposer à dessanctions d’ordre pénal et/ou disciplinaire. Le respect du secret est la base de la confiancequi unit le professionnel à ses clients ou patients ; il leur garantit aussi un servicepersonnalisé, adapté à leurs besoins et leurs attentes.L’actualisation des connaissances professionnelles est une exigence pour les professionslibérales qui sont même, pour nombre d’entre elles, tenues à une formation professionnellecontinue. Par l’entretien et la mise à jour de leurs connaissances, les professionslibérales offrent aux usagers des services efficaces et de qualité.Les professions libérales les plus connues sont les professions réglementées. Elles sontrégies par des conditions de diplôme, d’inscription, des règles d’exercice et déontologiquesqui leur sont propres. La plupart sont organisées en ordres professionnels, dont la principalemission est de veiller au respect de ces règles et de prendre, le cas échéant, des sanctionsdisciplinaires.Tel est le cas de la profession vétérinaire !La profession vétérinaire est donc règlementée et, de ce fait, protégée. Pour pouvoir exerceren tant que Docteur Vétérinaire et à son compte, il faut être à la fois diplômé et autorisérèglementairement cest-à-dire être inscrit au Tableau de l’Ordre. Un non vétérinaire ne peutpas la concurrencer en pratiquant des actes vétérinaires : c’est de l’exercice illégal.La loi a fixé un monopole vétérinaire pour protéger la santé animale et la santépublique. Le bénéfice est considérable pour le client. Il sait, de fait, qu’il peut faireconfiance spontanément au professionnel qu’est le vétérinaire et que le service rendusera réellement de qualité.C’est parce que chaque vétérinaire est tenu de respecter le Code de Déontologie quel’ensemble de la profession bénéficie de la confiance des clients et mérite le monopoled’exercice de la médecine vétérinaire.Le Code de Déontologie (Code Rural) constitue donc un véritable cahier des charges de laprofession aux bénéfices de l’usager et lui garantissant une relation avec : un professionnel qui agit en toute indépendance, respecte le secret professionnel, est responsable de ses décisions et de ses actes, apporte le plus grand soin à la certification, 11
  15. 15. un professionnel qui a le devoir de l’informer avec toute la clarté nécessaire et d’obtenir ce que l’on appelle son consentement éclairé avant l’engagement dans tout acte ou service, un professionnel qui respecte ses choix, ses besoins et ses attentes, un professionnel compétent, qui entretient ses connaissances de façon continue, qui a le devoir de référer le cas à un confrère plus spécialisé si nécessaire, un professionnel qui assure la continuité des soins aux animaux qui lui sont confiés, soit par lui-même ou par l’intermédiaire d’un de ses confrères, un professionnel qui contribue à garantir une permanence des soins pour accueillir les clients en situation d’urgences, un professionnel qui participe activement au maillage du territoire, pour la surveillance sanitaire des animaux et un rôle de sentinelle vis-à-vis des maladies émergentes, un professionnel qui a le sens de la confraternité et de l’éthique auxquels il doit répondre. Afin de veiller à l’éthique professionnelle, l’Ordre des Vétérinaires s’est fixé cinq grandes missions. Tableau 1 : Les 5 missions de l’Ordre des Vétérinaires- Mission administrative : • Tenue à jour la liste des personnes physiques ou morales habilitées à exercer (c’est le Tableau de l’Ordre). • Vérification de la conformité au Code de Déontologie des contrats conclus entre vétérinaires ou entre vétérinaires et clients. • Conseil pour les vétérinaires (éthique, juridique, déontologique).- Mission règlementaire : • Participation à l’élaboration des textes légaux et règlementaires concernant la profession. • Code de Déontologie : proposition au ministère de l’Agriculture qui, après une large concertation, élabore un texte final qui est transmis au Conseil d’Etat, lequel décide en dernier ressort. Le Code de Déontologie est validé par décret en Conseil d’Etat et il est intégré à la partie règlementaire du Code Rural (articles R.242-32 à R.242-84).- Mission disciplinaire : • Faire respecter le Code de Déontologie et réprimer les manquements à l’honneur, à la moralité et à la discipline de la profession. Les chambres disciplinaires sont présidées par un magistrat de l’Ordre judiciaire, garant des procédures et de la règle de droit. • Rôle de conciliation pour examiner les conflits et les résoudre à l’amiable entre confrères, entre clients et confrères, entre associés ou employeurs et salariés.- Mission de représentation de la profession : • Seule organisation à représenter l’ensemble de la profession, l’Ordre est l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics et des usagers. • L’Ordre communique auprès du grand public pour valoriser l’image de la profession. • L’Ordre peut se porter partie civile dans une procédure en justice.- Mission sociale : • L’Ordre est à l’origine de la création de la Caisse Autonome de Retraites et de Prévoyance des Vétérinaires (CARPV). • Participation avec d’autres organismes professionnels à la solidarité entre vétérinaires (Vétos- Entraide, Association Centrale d’entraide Vétérinaire, …). 12
  16. 16. 1.1.3. Les contraintes du Code de DéontologieLactuel Code Déontologie Vétérinaire instaure des contraintes fortes et fondamentales : Sur les formes structurelles du lieu dexercice : Art R 242-53 : « … Un groupe de vétérinaires ayant pour but lexercice professionnel en commun ne peut avoir plus de 3 domiciles professionnels dexercice… » Art. 242-56: « … Il est interdit au vétérinaire détablir son domicile professionnel dexercice … même à titre occasionnel, dans des établissements commerciaux…. » Art R242-58 : « Lactivité de vétérinaire consultant ou de vétérinaire itinérant dans un même lieu dexercice ne peut quêtre occasionnel et ne doit pas constituer une activité régulière. » Art R 242-64: « Chaque vétérinaire exerçant seul ou en association ne peut avoir plus de 2 vétérinaires salariés ou collaborateurs à temps plein. » Art 242-66: « … Il est interdit de faire gérer de façon permanente un domicile professionnel dexercice par un confrère ou dy faire assurer un service de clientèle. La location de clientèle est interdite. » Sur les actions de communication : Art R 242-76: « …Le vétérinaire peut adresser à chacun de ses clients ayant fait appel à ses services depuis moins dune année un courrier pour linformer de lutilité dune intervention de médecine préventive ou dun traitement systématique. … Ces courriers doivent être datés et mentionner à la fois le nom de lauteur et du destinataire. » Art R 242-72: « Toute information destinée au public doit être impersonnelle… Laccès aux informations dun site personnel à caractère professionnel relatif à lexercice vétérinaire doit être privée et déclarée au CRO… Lattribution de codes daccès doit être réservé aux clients du vétérinaire et réalisée au cours dune consultation. » Sur la nature des soins (continuité de soins et lobligation de moyens) : Art 242-48 § IV: « Le vétérinaire assure lui-même ou par lintermédiaire dun de ses confrères la continuité des soins aux animaux qui lui sont confiés. » Art 242-48 § VI: « Le vétérinaire doit répondre dans les limites de ses possibilités à tout appel qui lui est adressé pour apporter des soins durgence à un animal. Sil ne peut répondre à cette demande, il doit indiquer le nom dun confrère susceptible dy répondre. »A retenirLa France est le berceau de la médecine vétérinaire. Elle y fut créée en 1761 à Lyon(avec la première école vétérinaire dont les anciens élèves essaimèrent dans tous lespays dEurope et du monde pour y faire bâtir des Ecoles semblables).La volonté d’organisation de la profession et la nécessité d’y instaurer des règleséthiques et déontologiques date de 1875. La Loi relative à l’Institution d’un OrdreNational des Vétérinaires sous la forme moderne qui est toujours la sienne à ce journe date que de 1947. 13
  17. 17. Le vétérinaire exerce une profession libérale réglementée. A ce titre, le Code deDéontologie le contraint à : ne pas employer plus de 2 vétérinaires salariés ou collaborateurs à temps plein, à ne pas avoir plus de 3 domiciles professionnels dexercice, à ne pas pouvoir consulter que partiellement et non régulièrement dans dautres structures que la sienne, à n’informer le public que de façon impersonnelle, à devoir répondre de ses actions de communication (publicité interdite), à une obligation de continuité de soin et dobligation de moyens, à assurer, en cas d’incapacité ou d’impossibilité, la délégation de ses actes médicaux à un confrère susceptible d’y répondre.1.1.4. De l’importance de la prestation de serment et de l’image sociétale dans lamanière d’exercerAucune formule adaptée n’était prévue par l’Ordre pour la prestation solennelle d’un sermentpermettant aux vétérinaires diplômés d’affirmer leur volonté de respecter éthique et moraledans la cadre de leur exercice professionnel. Aussi en 1977, sous l’impulsion duprofesseur Godfrain, prendra place au sein de la profession une formule inspirée duRèglement des Etudes des Ecoles Royales Vétérinaires rédigée en 1777 par ClaudeBourgelat, fondateur de l’enseignement vétérinaire. Nommé donc « Serment deBourgelat », cette formule constitue une règle de conduite, très digne et très noble, qui estdepuis imposée à l’occasion d’une cérémonie de prestation officielle pour tout vétérinaireentrant dans la vie active libérale.Il est ainsi composé : « Toujours imbus des principes d’honnêteté qu’ils auront puisés et dontils auront vu des exemples dans les Ecoles, ils ne s’en écarteront jamais. Ils distingueront lepauvre du riche. Ils ne mettront point à un trop haut prix des talents qu’ils ne devrontqu’à la bienfaisance et à la générosité de leur patrie. Enfin ils prouveront par leurconduite qu’ils sont tous également convaincus que la fortune consiste moins dans lebien que l’on a que dans celui que l’on peut faire », auquel se rajoutent les élémentssuivants :Je promets et je jure devant mes pairs de conformer ma conduite professionnelle aux règlesprescrites par le Code de déontologie et d’en observer en toute circonstance les principes decorrection et de droiture. Je fais le serment d’avoir à tout moment et en tout lieu le souciconstant de la dignité et de l’honneur de la profession vétérinaire. »Les vétérinaires libéraux, au travers de ce serment, s’engagent, non pas le seul jour dit deleur prestation, mais tout au long de leur exercice professionnel, à ne point monnayer à untrop haut prix leurs talents relatifs à l’Art de leur exercice. La plupart en restera marquée etpartagée entre générosité et principe de réalité.Tiraillée dans ce rapport de force permanent entre identité altruiste venant en aide en toutecirconstance aux animaux malades (tel qu’il est perçu dans l’inconscient collectif du grandpublic), reconnaissance sociale et affective de clients (de plus en plus exigeants etdemandeurs au demeurant) et équilibre financier, la profession souffre de plus en plus dece décalage entre vocation et sacerdoce.Cette relation duale du soignant sauveur au grand cœur généreux contraint (ou rendpudiques et incertains éthiquement) celles et ceux qui ont choisi ce métier et auraient latentation de l’officier comme de vrais chefs d’entreprise. « Souvent est stigmatisél’enseignement vétérinaire (qui doit s’occuper de tout avec des moyens limités), de ne pasavoir permis à ses élèves durant leur cursus de concilier l’idéal et la réalité, de ne pas faired’eux à la fois des êtres humains remarquables et des chefs d’entreprise particulièrement 14
  18. 18. agressifs 12». De leur apprendre à faire des concessions sans compromissions sur leur rêved’enfant ou d’adolescent. Car la motivation des jeunes à s’orienter vers la professionvétérinaire s’inscrit sur ce qu’ils appellent eux-mêmes13 « une vocation » qui nait vers 9 anspour les filles et 14 ans pour les garçons. Elle se forge dans « un amour précoce pour lesanimaux » et l’image qu’ils ont eue du vétérinaire de famille « un homme ou une femme quisait écouter, est serviable et ne compte pas son investissement personnel ».On comprend que de cette imprégnation d’image cultivée de l’amour sans fin du vétérinairepour les animaux ajouté à un cursus ne préparant pas ou peu aux fonctions de chefd’entreprise, un serment imposant d’être « convaincus que la fortune consiste moins dans lebien que l’on a que dans celui que l’on peut faire » et un ensemble de contraintesdéontologiques et éthiques, les vétérinaires aient quelques difficultés à trouver congruenceavec les réalités de leur quotidien professionnel : vivre honorablement et sans culpabilitéd’un métier qui leur a demandé 7 ans d’études difficiles ! On comprend aussi que certainsbasculent dans la démotivation ou le burn-out en s’étant inscrits comme des « professionnelsqui ont pris l’habitude de faire face à leurs nouvelles difficultés économiques en compensantsur un autre niveau de récompense qui est celui de s’engager et d’exercer avec conscienceet probité leur activité (les efforts servant à conserver l’estime de soi par l’image que l’on ade soi-même) 14». Nous reviendrons sur l’analyse de ces éléments dans la dernière partie denotre travail consacré à la formation.12 Jourdan T., Le Vétérinaire et l’argent, une relation passionnée ?, Rapport Vétos Entraide 2008, p.513 Sans P., Motivations et représentations des étudiants vétérinaires : résultat du suivi de la promotion 2005,présentation orale RNV 2009.14 Jourdan T., Le Vétérinaire et l’argent, une relation passionnée ?, Rapport Vétos Entraide 2008,point III. C. Modèle du déséquilibre efforts/récompenses, p.7 15
  19. 19. « Lémotion cesse où lanalyse et la pensée interviennent. » Max Jacob1.2. Analyse des données sociodémographiques1.2.1. Types d’exerciceLe 23 février 209, on répertorie (source : CSOV, février 2009) 15 438 vétérinaires inscrits àl’Ordre dont 13 585 (88%) sont des praticiens répartis sur plus de 6000 structures d’exercice: 57,4% en canine (8860) 20,1% en mixte (3108) 8,4% en bovine [rurale traditionnelle (2,2%), bovins laitiers (4%), bovins allaitants (2,2%)] 3,8% en équine (585) 1,2% en porcs, volailles (179)Schéma 2 : Répartition des types d’exercice au sein de la profession libérale vétérinaire (d’après source : CSOV, février 2009) 1,2% Canine 3,8% 9,1% Mixte 8,4% Bovine 57,4% Equine 20,1% Porcs/Volailles AutresLa répartition du type d’activité en fonction des structures a été publiée dans la dernièreenquête de branche15 de la profession de novembre 2009 et confirme la prédominance del’activité canine qu’elle soit exercée seule ou associée à d’autres types d’exercices tels quel’activité mixte canine-équine, canine-rurale ou les trois en même temps.Tableau 2 : Répartition des types d’activités au niveau des cabinets vétérinaires (d’après source : Enquête de branche Institut I+C 2009) Nombre de cabinets vétérinaires Nombre Répartition selon leur activité de cabinets en % Cabinets canins Canine à plus de 80% 3700 62% Industrielle à plus de 80% 50 1% Autres cabinets Rurale à plus de 80% 400 7% Equine à plus de 80% 50 1% Mixte canine-équine < 50 0,5 % Cabinets mixtes Mixte canine-rurale 950 15,5 % Mixte canine-industrielle < 50 < 0,5 % Mixte canine-équine-rurale 800 13 %15 Chiffres à prendre avec réserve comparés aux statistiques officielles du CSOV du fait de l’extrapolation qui ena été faite à partir d’un échantillon de 692 répondants. Ce sont les ordres de grandeur qui sont intéressants. 16
  20. 20. 1.2.2. Modes d’exerciceConcernant le mode dexercice des vétérinaires inscrits à l’Ordre, on compte (source :CSOV, février 2009) : 64% d’entre eux sont des libéraux; avec un âge moyen de 46 ans et comprenant 26% de femmes (contre 39% dans l’ensemble de la profession, toutes activités confondues). Parmi eux, 39% sont associés (5970). 26% sont salariés de ces vétérinaires libéraux, avec un âge moyen de 32 ans et comprenant 71% de femmesSur la période 1996-2008, lévolution démographique se caractérise par une augmentationimportante du nombre de vétérinaires (tous secteurs d’activités confondus): Le nombre de vétérinaires du public et du privé a augmenté de + 48%. Le nombre de praticiens a augmenté, lui, de + 40%. La progression du nombre de libéraux (+18%) rapportée à l’évolution globale du nombre de diplômes est néanmoins en diminution (de 85% en 1996 à 70% en 2008 de l’ensemble des praticiens).Répartition par régionPrès du tiers des cabinets vétérinaires sont dans des grandes régions (Ile-de-Franceavant tout, puis Rhône-Alpes et PACA) à forte activité canine.On note également une forte concentration de cabinets dans les régions à fort potentield’élevages bovins ou industriels (porcs et/ou volailles) comme l’Ouest (Bretagne, Pays de laLoire) ainsi que dans le Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées) où persiste de l’élevage plustraditionnel. Les cinq plus grosses régions en nombre de vétérinaires inscrits à l’Ordre (Île-de-France, Rhône-Alpes, PACA-Corse, Pays-de-Loire et Bretagne) concentrent près de lamoitié (46%) des effectifs vétérinaires français.Schéma 3 : Répartition des entreprises libérales vétérinaires par région (source : OPCA PL-OMPL 2007)La proportion de femmes est très fortement marquée dans les trois plus grosses régionsordinales en nombre de vétérinaires inscrits (représentant un tiers de la population totale devétérinaires). Elles y représentent successivement : près de 48% des inscrits en région Ile-de-France, 42% en Rhône-Alpes, 43% en Provence Alpes Cote dAzur-Corse. 17
  21. 21. Il n’est sûrement pas neutre de noter que ces trois mêmes régions représentent un peu plusd’un tiers du nombre de salariés vétérinaires inscrits à l’Ordre et bénéficient d’une clientèlefortement ancrée sur de l’activité canine.De manière plus générale, alors que les femmes exercent essentiellement en activitécanine en Ile-de-France et Rhône-Alpes, leurs confrères optent plutôt pour une activitémixte en Bretagne ou dans les Pays-de-la-Loire.Répartition selon âge et sexeEn 2009, lâge moyen des vétérinaires inscrits à l’Ordre est de 42,9 ans (femmes : 37,2 anset hommes : 46,5 ans).Schéma 4 : Pyramide des âges de l’ensemble des vétérinaires en exercice au 23/02/09 (source : CSOV, février 2009)La profession s’est très fortement féminisée depuis le début des années 80 avec unpourcentage qui semble néanmoins stagner depuis 2006 autour de 63% de femmesnouvellement inscrites chaque année à l’Ordre.Schéma 5 : Evolution du nombre de nouveaux diplômés enregistrés par an et par sexe (source : CSOV, février 2009) 18
  22. 22. Répartition selon lécole dorigineLa proportion de vétérinaires de formation étrangère exerçant en France est de lordre de24% en 2008, la faculté vétérinaire de Liège étant devenue depuis 2003 la première écolevétérinaire fournisseur de nouveaux inscrits à l’exercice vétérinaire en France loin devant les4 écoles françaises.Schéma 6 : Evolution du nombre de nouveaux diplômés enregistrés par école et par an (source : CSOV, février 2009)Les modifications successives du cursus vétérinaire français, l’augmentation du niveau deses barrières d’entrée, associés à l’engouement des français pour la Belgique ontprogressivement poussé les jeunes intéressés par ce métier à aller suivre leur cursus del’autre côté de la frontière avant de revenir s’installer en France. Le nombre de diplômésbelges enregistrés à l’Ordre en 2008 est à ce titre significatif puisqu’il représentait plus d’untiers de l’ensemble des diplômes.Schéma 7 : Diplômes enregistrés pour l’année 2008 par école d’origine (source : CSOV, février 2009) 13% BELG 35% AUTR 14% ENVA ENVL ENVN 13% ENVT 14% 11%A retenirIl y a 15 438 vétérinaires inscrits à l’Ordre fin février 2009. Plus des 4/5ième exercentcomme praticiens et près des 2/3 sont des libéraux (dont 26% de femmes). Parmi eux,près de 40% sont associés. Leur âge moyen est de proche de 46 ans. 26% sontsalariés de ces vétérinaires libéraux.La pratique libérale vétérinaire est animée par une forte prédominance de la canine(57,4%) contre 20% pour l’exercice dit en mixte, 2,2% en rurale pure et 3,8% en équine.Près d’1/3 des structures vétérinaires sont concentrées dans 3 régions (Ile-de-France,Rhône-Alpes et PACA) à forte activité canine.Ces 30 dernières années, la profession n’a cessé de se féminiser. Les femmesreprésentent près de 2/3 des nouveaux entrants dans la profession chaque année.L’entrée des diplômes étrangers est de plus en plus importante. En 2008, surl’ensemble des vétérinaires inscrits à l’Ordre et exerçant sur le territoire français, 35%avaient obtenu leur diplôme en Belgique et 11% dans d’autres pays étrangers. 19
  23. 23. 1.2.3. Structures libérales d’exerciceQuelques données juridiques.Les vétérinaires libéraux sont contraints déontologiquement au travers de l’article R 242-53.« Une personne physique exerçant la profession ne peut avoir qu’un seul domicileprofessionnel d’exercice ». « Un groupe de vétérinaires ayant pour but l’exerciceprofessionnel en commun ne peut avoir plus de trois domiciles professionnels d’exercice. Enaucun cas, le nombre de domiciles professionnels d’exercice ne peut excéder le nombre devétérinaires associés ». Un vétérinaire libéral exerce dans un seul domicileprofessionnel d’exercice (DPE) et ne peut, en cas d’exercice sous forme d’association,être engagé dans plus de trois DPE.Chaque praticien peut trouver une structure juridique adaptée à ses besoins et attentespersonnelles et/ou économiques, à son mode d’exercice (seul ou associé), à la technicité deson plateau technique et un Domicile Professionnel d’Exercice où exercer son activité.Le vétérinaire libéral exerce dans un cabinet, une clinique ou un centre hospitalier. Ladénomination de ces structures d’exercice est soumise à un certain nombre de contraintestechniques et à la présence d’un personnel qualifié.S’il exerce seul : - lexercice en nom propre ou entreprise personnelle - la société dexercice libérale unipersonnelle.S’il exerce à plusieurs :Les regroupements de vétérinaires se font essentiellement à ce jour sous forme de sociétésde personnes. Association de moyens S’il veut mettre en commun son matériel mais garder son indépendance pour son exercice : - lindivision, - la Société Civile de Moyens : SCM - les Sociétés Commerciales : SARL, SA, SAS, SCA (en pratique vétérinaire, ces sociétés ne sont possibles que comme associations de moyens et non comme association d’exercice) Association d’exercice Sil souhaite partager son exercice avec dautres confrères : - la Société en Participation : SEP - la Société de Fait : SDF - la Société Civile Professionnelle : SCP - les Sociétés dExercice Libéral (SEL), dérivées des Sociétés Commerciales (accessibles pour les vétérinaires seulement depuis le 31 décembre 1990, date de la loi qui a instituées). Association de capitaux prévue par la loi MURCEF (n°2001-1168 du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financière) qui ne sont à ce jour toujours pas autorisées et en attente du vote du décret d’application (ce qui ne devrait plus tarder dans la droite ligne de l’application de la Directive Services européenne).Les contrats d’association et les statuts des sociétés doivent : être constatés par écrit, prévoir l’indépendance professionnelle des associés, mentionner les conditions de retrait des associés, être communiqués au Conseil Régional de l’Ordre pour validation. 20
  24. 24. Cependant, définir la forme juridique de son exercice est un choix essentiel sur le plandes conséquences fiscales, patrimoniales et organisationnelles.Avec le développement croissant, ces dernières années, de la vente daliments et demédicaments hors prescription (porteurs de revenus non négligeables, Cf. partie1.2.2. Répartition du chiffre d’affaires de la profession selon l’activité), le vétérinaire 2009s’est progressivement éloigné de lesprit dans lequel lactuel Code de Déontologie l’avaitpourtant contraint, recommandant le régime des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) carselon l’article R 242-62 : « toute activité commerciale [lui] est [normalement] interdite dansles lieux dexercice… ».Le praticien vétérinaire peut relever de différents régimes d’imposition à l’impôt sur le revenuselon les actes concernés et le mode d’exercice de son activité. D’après l’article 92-1 duCode Général des Impôts (CGI), « sont considérés comme provenant de l’exercice d’uneprofession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciauxles bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n’ont pas laqualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profitne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ».Si lon sen tient à larticle R. 242-62 du Code de Déontologie Vétérinaire, toute lactivité duvétérinaire doit donc être considérée comme relevant de ce régime du BNC tant quelactivité intellectuelle demeure prépondérante, ce que précise ce même article R. 242-62: prestations de soins nécessaires au diagnostic, à la prévention ou au traitement, ou toutevente de médicaments ou daliments délivrés à cette occasion et formalisée par unerédaction dordonnance.Mais bien que le vétérinaire praticien soit juridiquement non commerçant selon larticleR. 242-62 du Code de Déontologie Vétérinaire, il est considéré pour certains actescomme commerçant du point de vue fiscal, notamment lors de : ventes de médicaments non consécutives à létablissement dune ordonnance ventes de produits autres que médicaments: aliments, accessoires, produits… prestations non thérapeutiques: toilettage, pension, gardiennage…Ainsi ces actes relèvent fiscalement du régime des Bénéfices Industriels etCommerciaux (BIC) définis par le CGI: « Sont considérés comme Bénéfices Industriels etCommerciaux les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de lexercicedune profession commerciale, industrielle ou artisanale ».Ainsi, compte tenu de cette collusion entre obligation ordinale et contrainte fiscale, levétérinaire praticien doit traiter séparément chaque catégorie de bénéfices en les ventilanten BNC et BIC. Il existe cependant une tolérance de ladministration fiscale: si la proportionde BIC est inférieure à 25% (selon le mémento Lefebvre BNC 1209) du montant total desrecettes (10% en SCP), la totalité des revenus peut être déclarée dans la catégorie desBNC. Bien évidemment, cette frontière peut être lobjet de requalification par le fisc,notamment pour certains actes relevant des BIC pouvant être considérés à tort par levétérinaire comme liés plus ou moins directement à un acte médical. Cest le cas des ventesde certains médicaments et daliments, des ventes réalisées par renouvellement et desventes annexes.Il y a 3 circonstances possibles de passage de BNC en BIC : par requalification de ladministration fiscale : estimation de dépassement du seuil des 25 % (10% en SCP) de vente commerciale, par décision de gestion du vétérinaire, lorsquil constate que ses ventes commerciales (médicaments hors prescription, aliments …) progressent au-delà du seuil fatidique; lors de changement de structure juridique, le choix de cette dernière étant déterminant pour l’application du régime fiscal. 21
  25. 25. Si la forme juridique de regroupement la plus répandue reste encore la Société CivileProfessionnelle (SCP), c’est l’exploitation en commun sous forme de Société d’ExerciceLibéral qui progresse le plus rapidement (+385% en 5 ans). Instrument juridique etfinancier intéressant, ce mode d’exercice a suscité un fort engouement, en particulierdepuis début 2000. Les SEL permettent aux vétérinaires d’exercer leur activité sous la formede sociétés d’exercice. A ce titre, elles sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) commeles sociétés commerciales de droit commun, et présentent des avantages non négligeablesen matière de fiscalité malgré l’assujettissement de leurs dividendes aux cotisations sociales.Elles facilitent, entre structures, les prises de participations croisées et évitent lesventilations parfois délicates d’actes à déclarer fiscalement en BNC ou BIC.Aujourdhui, seules les associations de moyens et dexercice sont autorisées. L’entrée envigueur en 2010 de la Directive Services, destinée à porter l’Europe vers la libéralisation d’unvéritable marché intérieur de services devrait en toute logique pousser la législationfrançaise à autoriser assez rapidement la mise en place des associations dites de capitaux(Sociétés de Participations Financières des Professions Libérales : SPFPL) à partir desSociétés d’Exercice Libéral. Ceci ne devrait que renforcer leur essor au sein de la profession(comme cela a d’ailleurs été observé pour les pharmaciens, les médecins de Laboratoired’Analyses Biologiques et Médicales…).L’intronisation des SPFPL (ou holding) devrait permettre de résoudre les difficultés de sortiedes SEL et la non déductibilité des intérêts d’emprunt pour le repreneur de parts. Elleviendra en interface entre la SEL et l’acquéreur, pour faire le plein de déduction fiscale.L’acquéreur de parts de SEL pourra constituer une SPFPL qui contractera l’emprunt à saplace. Il profitera alors d’un effet de levier extrêmement puissant qui tient au fait que laSPFPL (société mère) impute les coûts d’acquisition des titres et les intérêts d’emprunt surles dividendes versés par la SEL (société fille) et qu’elle est assujettie à un régime fiscal defaveur, l’Impôt sur les Sociétés (IS), qui la rend peu imposable. La holding ne paie ni impôts,ni charges sociales sur les dividendes versés par la SEL qui permettront de rembourserl’emprunt contracté par la SPFPL. Ces éléments ont été présentés et fortement étayés dansl’ouvrage de Bruno Duhautois, « L’entreprise vétérinaire réinventée »16 y présentant toutesles modalités juridiques, financières et d’intérêt fiscal. Les SPFPL, si elles sont autorisées,pourraient accompagner favorablement l’évolution de la profession vétérinaire dansdes montages de réseaux.Données sociodémographiques.Les structures libérales vétérinaires, toutes catégories confondues, cest-à-dire cabinets,cliniques et centres hospitaliers vétérinaires (CHV), sont au nombre de 6.756 fin 2008. 3.881 structures fonctionnent avec un exercice individuel (soit presque 4/10ième des vétérinaires libéraux) 2.875 sont en exercice à plusieurs diplômes vétérinaires. D’après la dernière enquête de branche parue en novembre 2009, près de la moitié des structures (43%) ne compteraient qu’un seul associé, 34% 2 associés et seulement 23% fonctionnent sur des modalités de 3 associés et plus.La répartition juridique de ces 2.875 sociétés se formalise : pour 50% en Société Civile Professionnelle (1.452) pour 27 % en SELARL (780). Elles nétaient que 161 en 2003 (1% des sociétés) ! pour 20% en Société De Fait (591) pour 1% en Sociétés Civile de Moyens (31) pour 1% en SELAS (20) …et 1 seule SELAFA.16 Duhautois B., L’entreprise vétérinaire réinventée : du cabinet au réseau », Editions MedCom, novembre 2009,chapitre 5, p.91-106 22
  26. 26. Sur la période 1996-2008, ces structures libérales vétérinaires sont en progression de 12%,alors que le nombre de praticiens a progressé lui de 40% (fait marquant lié à la féminisationet au développement croissant du salariat vétérinaire).A retenirSelon larticle R. 242-62 du Code de Déontologie Vétérinaire, « toute activitécommerciale [étant] interdite dans les lieux dexercice… », le vétérinaire praticien estdonc perçu comme juridiquement non commerçant (activité BNC).Néanmoins, fiscalement, les ventes hors ordonnances, les aliments et prestations nonthérapeutiques sont considérées comme BIC et ne doivent pas dépasser en recettes10% en SCP sous peine de requalification de ladministration fiscale.Seules les SEL sont soumises de fait à lapplication du régime fiscal en BIC; certainesformes juridiques (SCP, SDF…) peuvent y opter.Instrument juridique et financier intéressant, l’exercice en SEL a suscité un fortengouement, en particulier depuis début 2000. Leur nombre a été multiplié par près de5 en 5 ans et représente aujourdhui 1/7 de lensemble des établissementsvétérinaires.Outils d’investissement patrimonial et d’intérêt fiscal par l’effet de levier qu’ellesoffrent via l’impôt sur les sociétés, les SEL devraient, poussées par la DirectiveServices, pouvoir rapidement évoluer vers des SPFPL.L’exercice en « solo » reste très répandu dans la profession vétérinaire (presque4/10ième des libéraux et près de 6/10ième des structures).Pour ceux exerçant sous forme d’associations, près de la moitié des structures (43%)ne compteraient qu’un seul associé, 34% 2 associés et seulement 23% fonctionnent à3 associés et plus.Concernant l’exercice en association, la Société Civile Professionnelle reste encore laforme juridique d’exercice majoritaire (50%)1.2.4. Structures des actifs au sein des entreprises libérales vétérinaires et répartitionCes structures libérales emploient (d’après source UNEDIC 2008) : 9.994 vétérinaires libéraux (titulaires, associés ou collaborateurs) 3.929 vétérinaires salariés (10 fois plus qu’il y a 25 ans) 14.765 employés non vétérinaires.Chiffre sensiblement identique (bien que légèrement supérieur) à celui pointé par la dernièreenquête de branche de la profession faisant état de 27 500 actifs (cette dernière arrondit lesdonnées chiffrées) au 31 décembre 2008 et affichant une répartition de plus de 2/3 defemmes (69%) pour 31% d’hommes.Répartition des ressources humaines au sein des structuresLes entreprises vétérinaires sont surtout composées (51%) de salariés nonvétérinaires dont 97% sont des femmes. Ramenés au nombre total d’actifs au sein de laprofession (toutes catégories confondues), les vétérinaires libéraux représentent 65% (dont26%, rappelons-le, sont des femmes) alors que les vétérinaires salariés représentent à peuprès 15% des actifs (avec 71% de femmes). 23
  27. 27. Schéma 8 : Répartition des postes occupées dans l’entreprise libérale vétérinaire selon les différentes catégories (d’après source : Enquête de branche I+C 2009) 1% Bénévoles 200 personnes Vétérinaires salariés 4.000 personnes Autres salariés (non vétérinaires) 14.000 personnes 15% Vétérinaires libéraux 51% 9.300 personnes 34%Il est à noter de très fortes disparités de la répartition des actifs par sexe. Alors que 74%des vétérinaires libéraux sont des hommes, les postes de vétérinaires salariés sontpar contre eux occupés à 71% par des femmes.Schéma 9 : Structure des actifs selon les catégories professionnelles (source : Enquête de branche I+C 2009) 24
  28. 28. Concernant les employés non vétérinaires, 41% des salariés de cabinets vétérinairessont dans des cabinets de 3 à 5 salariés ETP (Equivalent Temps Plein) contre 26% pourl’ensemble des salariés des professions libérales. Inversement, seuls 3% des salariéstravaillent dans des structures vétérinaires de plus de 10 salariés contre 24% pourl’ensemble des salariés des professions libérales.Schéma 10 : Répartition des entreprises et des salariés du secteur vétérinaire / autres professions libérales (d’après source : OMPL 2007)Ramené au nombre de structures libérales vétérinaires sur le territoire français et prenant encompte le mode d’exercice retenu (individuel ou en association) ainsi que la répartition desactifs détenant un diplôme de docteur vétérinaire au sein de ces entreprises, le nombre depraticiens par structure reste très faible malgré une évolution nette constatée sur les12 dernières années (essentiellement notable sur le nombre de vétérinairessalariés/structure ayant subit une inflation de plus de 50% alors que dans le même temps lenombre de vétérinaire libéraux/structure n’a augmenté lui que de 5%).En 2008, les structures emploient en moyenne 0,65 vétérinaires salariés, 2,20 nonvétérinaires pour 1,56 libéral.Tableau 3 : Comparatifs des caractéristiques moyennes de la répartition des actifs des structures libérales entre 1996 et 2008 (d’après source : CSOV 2008) 1996 2008Nb de diplômes vétérinaires/structure 1,76 2,21Nb de vétérinaires libéraux/structure 1,48 1,56Nb de vétérinaires salariés/structure 0,28 0,65Non vétérinaire/vétérinaire /structure 0,99 2,29Nb total vétérinaires + non vétérinaires 3,50 4,50Notons qu’un tiers des entreprises vétérinaires nemploient aucun salarié nonvétérinaire. 25
  29. 29. A retenirLes structures libérales vétérinaires représentent près de 28 000 actifs dont plus de lamoitié (51%) sont des femmes non vétérinaires.Les praticiens libéraux représentent 34% des effectifs de l’entreprise libéralevétérinaire et sont pour les deux tiers des hommes.A contrario, les postes de vétérinaires salariés sont occupés par des femmes (71%).Le salariat séduit de plus en plus les jeunes femmes vétérinaires. Sur les 12 dernièresannées, il a augmenté de plus de 50% par structure (le nombre de vétérinaires libérauxn’a subi, lui, qu’une très faible inflation)Avec une moyenne nationale d’exercice de 4,5 personnes par structure, l’entrepriselibérale vétérinaire se positionne dans le registre des Très Petites Entreprises (TPE).1.2.5. Projection sociodémographique sur les prochaines annéesLa comparaison des résultats des enquêtes de branche menées en 1999 par l’Institut I+C,en 2004 par l’OMPL, puis en 2009, ainsi que l’analyse de l’ensemble des données externes(CARPV, ARAPL, Valovet…) permettent de noter les évolutions marquantes quant larépartition des ressources humaines au sein des structures libérales vétérinaires.Au cours de ces 15 dernières années17, c’est le nombre de salariés non vétérinairesqui a le plus augmenté. De 552 en 1994, il est passé à 2852 en 2002 et près de 4 000 en2009 (effectif multiplié par 7). Parallèlement, alors qu’on observe un vieillissement de la population des salariés nonvétérinaires et une augmentation concomitante de l’ancienneté, il est à noter l’identique chezles salariés vétérinaires. Alors que 87% d’entre aux avaient mois de 35 ans en 1998, ils nesont aujourd’hui que 79%. Le pourcentage de salariés ayant plus de 8 ans d’anciennetédans les structures a pris 3 points en 10 ans (passage de 8% à 11%) attestant d’unetendance à l’installation progressive dans le statut de salarié. On note également, dufait d’une forte féminisation de la profession, une augmentation très nette du nombre desalariées vétérinaires femmes qui choisissent l’option du temps partiel. Parmi les salariésvétérinaires, 41% travaillent à temps partiel (dont 82% de femmes) et ne travaillent enmajorité que trois ou quatre jour par semaine.Schéma 11 : Evolution de la population des salariés au sein des structures vétérinaires (source : Enquête de branche I+C 2009)17 Fontenelle N., Enquête Direct Medica automne 2009, La Semaine Vétérinaire n°1383 du 4 décembre 2009,p.27 26
  30. 30. La profession s’est considérablement féminisée, en particulier les 20 dernièresannées.Schéma 12 : Représentation des femmes en 2009 dans la professionLeur concentration dans les trois plus grosses régions ordinales en nombre de vétérinairesinscrits n’est sûrement pas un hasard. Elles y représentent près de la moitié des effectifsd’inscrits.Il n’est sûrement pas neutre de noter que ces trois mêmes régions représentent un peu plusd’un tiers du nombre de salariés vétérinaires inscrits à l’Ordre et bénéficient d’une clientèlefortement ancrée sur de l’activité canine (corroborant l’ensemble des données analyséesquant à l’émergence du salariat vétérinaire féminin dans les structures libéralesorientées de plus en plus vers une forte activité canine).Si en 2009, plus d’un praticien sur trois est une femme, les prévisions à 15 ans annoncentque plus de la moitié des effectifs y seront de sexe féminin18 laissant présager une futureinversion de la majorité entre les hommes et les femmes sur les effectifs totaux desvétérinaires en activité19.La progression de femmes installées en tant que libérales est plus faible (23,6% desvétérinaires libéraux installés en 2006 sont des femmes, 26% en 2009) que celle observéeen tant que salariées de vétérinaires (en 2006, 65% des salariés, assistants ou remplaçantssont des femmes, 71% en 2009). Si les femmes semblent rester plus longtemps salariées decabinets ou cliniques, elles finissent néanmoins souvent par s’installer à leur compte. Seulesmais plus souvent en association, elles le font par contre plus tard que leurs confrères20.Ceci ne restera néanmoins peut être pas un fait acquis car pour la première fois en 2008, laCaisse Autonome de Retraite et de Prévoyance Vétérinaire (CARPV) a noté parmi sesnouveaux adhérents 53.1% de praticiennes nouvellement libérales.18 Devos N., Les femmes ont mis 200 ans à s’imposer dans la profession, La Semaine Vétérinaire n°1371,Septembre 2009, p.29-3219 Jeanney M., Féminisation en secteur libéral : un nouveau cap franchi en 2008, La Dépêche Vétérinaire n°1025,Mars 2009, p.220 Poubanne Y., La féminisation de la profession vétérinaire, La Revue de l’Ordre des Vétérinaires n°31,Novembre 2007, p.16-17 27
  31. 31. Si elles sont très largement présentes en activité canine, elles constituent 12,2% des mixtesà dominante rurale, 8,7% des ruraux purs et 35,7% des équins purs. Elles s’orientent doncégalement progressivement vers un exercice tourné autour des gros animaux. Un jeunepraticien rural sur quatre est une jeune femme alors que chez les plus de 40 ans ce rapportest de une pour 25 hommes21 !Ces tendances ne sont pas le seul fruit d’une préférence des jeunes pour un type d’exercice.Elles sont aussi influencées par des données démographiques plus générales, telles que ladiminution du nombre d’agriculteurs (soumis à une intensification de l’élevage et une baissede leurs revenus) et la hausse du nombre d’animaux de compagnie en France. Le nombrede ménage avec chien est passé de 4,2 millions en 1967 à plus de 8 millions en 2006(source FACCO, chambre syndicale des fabricants d’aliments pour animaux de compagnie,2009). On compte aujourd’hui plus de 10 millions de chats.Liée à l’attirance croissante pour la vie citadine, au succès des animaux de compagnie etpeut être aussi donc à la féminisation importante de la profession, l’activité canine a vu seseffectifs plus que doubler en 16 ans (multipliés par 2,75 d’après les sources du CSOV 2008),alors que dans le même temps les effectifs de vétérinaires mixtes et ruraux n’ont augmentéque de 6%. Cette tendance s’est accrue depuis 2002, date depuis laquelle le secteur mixte-rurale recule et perd chaque année des effectifs avec une diminution de 34% entre 2002 et2008. Notons parallèlement la montée en puissance de l’activité équine dont les effectifs ontété multipliés par 4 en 16 ans. Le travail en rurale, prenant physiquement et très contraignantséduit de moins en moins les jeunes, issus eux-mêmes le plus souvent de milieux urbains.Cela n’est pas sans poser des questions de fond quant au maintien d’un maillageterritorial cohérent destiné à pérenniser un réseau de veille sanitaire performant.L’ensemble semble également influencé par l’enseignement dispensé jusque là dans lesécoles22 françaises ayant plus volontiers intégré le développement de la médecine desanimaux de compagnie, de sport ou de loisirs et les jeux de spécialisations qui y sontassociées (chirurgie, ophtalmologie, cardiologie, cancérologie, dermatologie ou éthologie)séduisantes intellectuellement et orientant donc progressivement les jeunes vers ce qu’ilsconnaissent le mieux (ou ont le mieux développé dans leur cursus) cest-à-dire la pratiquecanine, l’équine ou dans le meilleur des cas l’activité mixte. Nous reviendrons sur ceséléments dans la dernière partie de notre analyse concernant l’influence que peut avoir laformation sur la manière d’exercer sa carrière professionnelle.En dehors des aspects liés à la féminisation de la profession, à l’augmentation du salariat età la prédominance de plus en plus marquée pour l’exercice en canine, selon le SyndicatNational des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL) et la Caisse Autonome de Retraite desPraticiens Vétérinaires (CARPV), la balance démographique sur la période 2008-2018devrait faire apparaître un solde moyen de 3250 vétérinaires supplémentaires23 prenanten compte : les 3700 vétérinaires (dont 2700 cotisants CARPV) qui partiront à la retraite, les 5000 diplômés supplémentaires issus des écoles françaises, et les 1850 diplômés supplémentaires issus des facultés étrangères (dont 1200 belges).21 Bost F. & Vandaele E., Féminisation, données et tendances, Symposium « Les femmes vétérinaires : avenir del’Homo veterinarius ? », Congrès AFVAC Bordeaux 200622 Langford C., Origines, motivations et souhaits d’orientation professionnelle des étudiants vétérinaires, Thèse09/TOU3/4059, 2009, p.2323 Jeanney M., 2000 à 3000 praticiens vétérinaires de plus dans 10 ans, La Dépêche Vétérinaire n°1002, Octobre2008, p.4 28
  32. 32. A retenirCes 10 dernières années, au sein de structures libérales vétérinaires, c’est le nombrede salariés non vétérinaires qui a le plus augmenté. Les vétérinaires libéraux n’ontpas augmenté de plus de 15%.Le nombre de salariés vétérinaires a globalement progressé de plus de 20% avec uneaugmentation de l’ancienneté attestant d’une tendance à l’installation progressivedans ce type de statut.La profession vétérinaire ne cesse de se féminiser: les femmes représentent 7/10ièmedes salariés dans les structures libérales vétérinaires et 8/10ième des étudiants dansles écoles vétérinaires françaises.En 2009, 1/3 des praticiens sont des femmes. Dans 15 ans, elles représenteront plusde la moitié des effectifs.Si elles représentent 50% des praticiens canins, certaines (minoritaires) ont fait lechoix de travailler au contact de gros animaux (12,2% des mixtes à dominante ruralesont de sexe féminin, 8,7% des ruraux purs et 35,7% des équins purs).La projection démographique à 10 ans fait apparaître une augmentation de +20% dunombre de vétérinaires en exercice, dont 60% auront obtenu leur diplôme à l’étranger. 29
  33. 33. « Lorsque la mémoire était la seule écriture, lhomme chantait. Lorsque lécriture naquit, il baissa la voix. Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut. » Robert Sabatier1.3. Analyse des données économiques et contraintes pour la profession1.3.1. Poids socio-économique de l’entreprise libérale vétérinaireLe profil socio-économique des entreprises vétérinaires et leur poids par rapport àlensemble des professions libérales ont été étudiés en 2004 par lObservatoire des Métiersdes Professions Libérales dans son portrait de branche de la profession vétérinaire rapportémi 2007.Part des entreprises et des effectifs salariésLe secteur vétérinaire représente 2% des entreprises des « activités liées à la santé24 » et1% de l’ensemble des entreprises libérales recensées par la DCASPL (Direction duCommerce, de lArtisanat, des Services et des Professions libérales). Les cabinetsvétérinaires représentent 0,2% de l’ensemble des entreprises privées en France. Avec sesun peu plus de 15 000 salariés, l’entreprise vétérinaire compte 5% des effectifs des« activités liées à la santé » et 1% des effectifs salariés de l’ensemble des professionslibérales. Les salariés de la branche des cabinets vétérinaires représentent 0,6% del’ensemble des salariés des entreprises privées.Chiffre d’affaires et valeur ajoutéeLe chiffre d’affaires des cabinets vétérinaires selon la DCASPL représente 2 milliards d’eurossoit 312 500 euros par entreprise. Il provient à 42% des structures de 1 à 3 salariés et à42% des structures de 4 à 9 salariés.Les cabinets vétérinaires représentent 3% du chiffre d’affaires généré par les « activités liéesà la santé » et 1% du chiffre d’affaires global des entreprises libérales.Le taux de valeur ajoutée ramené au chiffre d’affaires (49%) est identique à la moyenne desactivités liées à la santé (49%) et de l’ensemble des entreprises libérales (51%). Par rapportà la valeur ajoutée totale des entreprises privées, le poids est de 0,1%.Schéma 13 : Répartition du Chiffre d’Affaires par taille d’entreprise (source : DCASPL 2004)24 Comprend la pharmacie, la pratique médicale, la pratique dentaire, les activités des auxiliaires médicaux, lesLaboratoires d’analyses biologiques et médicales, et les activités vétérinaires. 30

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