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Un feu baroque pour l’extase de Saint Philippe Néri dans l'Osservatore Romano - Philippe Casanova
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Un feu baroque pour l’extase de Saint Philippe Néri
ALICIA ET AUDREY ADAMCZAK
A l’occasion de la célébration du 500e anniversaire de la naissance de Saint Philippe Néri, le peintre français Philippe Casanova a présenté une toile monumentale intitulée Saint Philippe Néri en extase. Officiellement dévoilée le 26 mai 2015, jour de la fête du saint ouvrant l’an- née jubilaire, le tableau prend place dans le corridor borrominien attenant au jardin des orangers de l’église romaine de Santa Maria in Vallicella dite Chiesa Nuova.

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  1. 1. 1,00 € Numéros précédents 2,00 € L’OSSERVATORE ROMANO EDITION HEBDOMADAIRE Unicuique suum EN LANGUE FRANÇAISE Non praevalebunt LXVIe année, numéro 31 (3.391) Cité du Vatican jeudi 30 juillet 2015 A l’Angelus du 26 juillet le Pape François a ouvert les inscriptions aux JMJ de Cracovie Ce sont les jeunes A propos de l’ouvrage de l’historien français Alain Besançon L’intelligence a-t-elle abandonné l’Eglise? Changements climatiques et esclavages modernes DANS CE NUMÉRO Page 2: Message à un congrès sur les activités minières. Page 4: Lettre pontificale au recteur majeur des salésiens. Page 5: Congrès de l’Internatio- nal Council of Christians and Jews pour le 50e anniversaire de «Nostra ae- tate». Page 6: Discours au Renouveau dans l’Esprit Saint. Page 7: Proposi- tions des mouvements populaires aux maires du monde. Page 11: 50e anni- versaire du groupe de travail entre l’Eglise catholique et le Conseil œcumé- nique des Eglises. Intervention sur la protection des personnes âgées. Pro- mulgation de décrets. Page 12: Réflexion du cardinal Parolin sur «Laudato si’». Décès du cardinal Giacomo Biffi. Page 13: Concession de la commu- nion ecclésiastique à Grégoire Pierre XX Ghabroyan. Décès du cardinal William Wakefield Baum. Pages 14 et 15: Informations. Page 16: L’extase de saint Philippe Néri dans une peinture de Philippe Casanova. La tristes- se du saint heureux, par Paolo Vian. Prendre soin de l’environnement est un geste d’écologie humaine. C’est ce qu’a affirmé le Pape Fran- çois aux plus de soixante maires de métropoles réunis dans l’aula nuova du synode le 21 juillet, sur le thème «Modern Slavery and Climate Change: the Commitment of the Cities», organisé par l’Aca- démie pontificale des sciences so- ciales pour discuter de la crise du climat et des nouvelles formes d’esclavage. Le discours du Pape est accompagné des réflexions de Silvina Perez et Nicolas Gori. PAGES 8 À 10 Moins de vingt-quatre heures après le clic du Pape François, les «macro- groupes» qui ont commencé à s’ins- crire à la Journée mondiale de la jeunesse à Cracovie sont déjà 240. Dans le détail — expliquent les ges- tionnaires du portail qui lui est con- sacré — il s'agit d’environ quarante- cinq mille personnes et de trois cents volontaires. C’est ainsi qu’a com- mencé, avec un grand enthousiasme, le compte à rebours. Dans un an exactement — du 26 au 31 juillet 2016 — les nouvelles générations se rassembleront à Cracovie pour les trente-et-unièmes JMJ. Elles se ras- sembleront autour du Pape, premier inscrit comme pèlerin à la rencontre qui, sur sa décision, se déroulera sous le signe de la miséricorde. A vingt-cinq ans de distance, les JMJ reviendront donc en Pologne, sur la terre du Pape qui en eut l’idée (même si le Pape Wojtyła aimait à répéter: «Ce sont les jeunes eux- mêmes qui ont inventé les JMJ»). En 1991, à Częstochowa, le vent fort de la foi annoncée aux jeunes et par les jeunes souffla au-delà du rideau de fer et les nouvelles générations chré- tiennes de l’est et de l’ouest vécurent leur première grande rencontre après la chute du Mur de Berlin. Convo- quée par le Pape Wojtyła qui reve- nait dans son pays natal, pour la première fois, les JMJ comptèrent une participation bien supérieure au million de personnes. La semence de l’idée d’une jour- née de la jeunesse fut lancée au cours de l’année sainte de la rédemption, quand Jean-Paul II, en rencontrant les jeunes le dimanche des Rameaux, leur donna la grande croix de bois qui avait été dressée à Saint-Pierre. Le dimanche des Ra- meaux resta la date de référence d’un rendez-vous qui fut tout d’abord fixé au niveau diocésain et qui ensuite, en 1987, avec les JMJ de Buenos Aires, devint également mondial. LUCETTA SCARAFFIA A lain Besançon, l’un des penseurs catholiques les plus intelligents de notre temps, vient de rassembler dans un livre (Problèmes religieux contem- porains, Paris, de Fallois, 2015, 278 pp., 22,00 euros) plusieurs essais dans lesquels il réfléchit sur les principaux problèmes que l’Eglise doit affronter: les relations avec le monde orthodoxe, avec le commu- nisme, avec l’islam, la Shoah, le célibat des prêtres, auxquels s’ajoutent des question plus spéci- fiquement culturelles, comme la relation avec l’art religieux, avec la science des religions et l’actuelle «géographie» de l’enfer. Mais, bien qu’il s’agisse dans tous les cas d’écrits perspicaces et riches de réflexions nouvelles et très stimulantes, son point de vue peut, dans un certain sens, être ré- sumé dans l’essai qu’il a placé au cœur du livre et dans lequel il se demande si l’intelligence a aban- donné l’Eglise latine. L’auteur cherche ici à trouver une réponse à ce qu’il dénonce chez les autres intervenants: il désire ainsi com- prendre le motif pour lequel a di- minué, dans les hiérarchies ecclé- siastiques qui représentent publi- quement le point de vue de l’Egli- se, la capacité de comprendre les problèmes du monde dans lequel elles vivent. Pour être persuasive — écrit Alain Besançon — l’Eglise doit être intelligente: c’est-à-dire qu’elle doit comprendre les phénomènes auxquels elle est confrontée, com- prendre la réalité. En reparcourant les faits historiques, le chercheur français remarque que d’une situa- tion de longue prédomination cul- turelle, le clergé s’est trouvé pro- gressivement marginalisé et mis de côté en faveur des laïcs. Et même si, encore à l’heure actuelle, de nombreux ecclésiastiques «se tien- nent au courant» — note-t-il ensui- te — aujourd’hui parmi eux «l’énergie créatrice devient rare». A partir de la patrologie — SUITE À LA PAGE 4 SUITE À LA PAGE 3 Le Concile de Trente
  2. 2. page 2 L’OSSERVATORE ROMANO jeudi 30 juillet 2015, numéro 31 Message du Pape à une rencontre de justice et paix Le cri de douleur des peuples miniers A l’occasion de la rencontre des représentants de communautés affectées par les activités minières, organisée à Rome du 17 au 19 juillet par le Conseil pontifical justice et paix, le Pape François a envoyé le message suivant, qui a été lu lors de l’ouverture des travaux: A mon vénéré frère le cardinal PETER KODWO APPIAH TURKSON Président du Conseil pontifical justice et paix Monsieur le cardinal, Je suis heureux de faire parvenir mon salut et mes encouragements aux participants à la rencontre des représentants de communautés affec- tées par des activités minières, orga- nisée par le Conseil pontifical justice et paix en collaboration avec le ré- seau latino-américain Iglesias y Mine- ría sur le thème «Unis à Dieu nous entendons un cri». Vous provenez de situations diffé- rentes et vous faites l’expérience de diverses façons des répercussions des activités minières, que celles-ci soient menées par de grandes compagnies industrielles, par des artisans ou par des agents informels. Vous avez vou- lu vous réunir à Rome, au cours de cette journée de réflexion liée à un passage de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (cf. nn. 187-190), pour faire retentir le cri des nom- breuses personnes, familles et com- munautés qui souffrent directement ou indirectement des conséquences trop souvent négatives des activités minières. Un cri pour les terrains perdus; un cri pour l’extraction de richesses du sol qui, paradoxale- ment, n’a pas produit de richesses pour les populations locales restées pauvres; un cri de douleur en réac- tion aux violences, aux menaces et à la corruption; un cri d’indignation et d’appel à l’aide pour les violations des droits humains, foulés aux pieds de façon éclatante ou insidieuse en ce qui concerne la santé des popula- tions, les conditions de travail, par- fois l’esclavage et le trafic de person- nes qui alimente le phénomène tra- gique de la prostitution; un cri de tristesse et d’impuissance pour la pollution des eaux, de l’air et des sols; un cri d’incompréhension pour l’absence de processus d’inclusion et de soutien de la part des autorités civiles, locales et nationales, qui ont le devoir fondamental de promou- voir le bien commun. Les minéraux et, plus générale- ment, les richesses du sol et du sous- sol, constituent un don précieux de Dieu, dont l’humanité fait usage de- puis des millénaires (cf. Jb 28, 1-10). De fait, les minéraux sont fonda- mentaux pour de nombreux secteurs de la vie et de l’activité humaine. Dans l’encyclique Laudato si’, j’ai voulu adresser un appel pressant à collaborer pour prendre soin de no- tre maison commune, en luttant con- tre les conséquences dramatiques de la dégradation de l’environnement dans la vie des plus pauvres et des exclus, et en avançant vers un déve- loppement intégral, inclusif et dura- ble (cf. n. 13). Tout le secteur minier est sans aucun doute appelé à ac- complir un changement radical de modèle pour améliorer la situation dans de nombreux pays. A cela peu- vent apporter leur contribution les gouvernements des pays d’origine des sociétés multinationales et de ceux où elles opèrent, les entrepre- neurs et les investisseurs, les autori- tés locales qui surveillent le dévelop- pement des opérations minières, les ouvriers et leurs représentants, les fi- lières d’approvisionnement interna- tionales avec les divers intermédiai- res et ceux qui opèrent sur les mar- chés de ces matières, les consomma- teurs de marchandises pour la réali- sation desquelles on s’est servi de minéraux. Toutes ces personnes sont appelées à adopter un comporte- ment inspiré par le fait que nous constituons une unique famille humai- ne: «Tout est lié, et la protection au- thentique de notre propre vie com- me de nos relations avec la nature est inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres» (ibid., n. 70). J’encourage les communautés re- présentées lors de cette rencontre à réfléchir sur la façon dont elles peu- vent interagir de manière constructi- ve avec tous les autres acteurs con- cernés, dans un dialogue sincère et respectueux. Je souhaite que cette occasion puisse contribuer à une plus grande conscience et responsa- bilité sur ces thèmes: c’est en partant de la dignité humaine que se crée la culture nécessaire pour affronter la crise actuelle. Je prie le Seigneur pour que votre travail de ces derniers jours soit ri- che de fruits, et pour que ces fruits puissent être partagés avec tous ceux qui en ont besoin. Je vous demande s’il vous plaît de prier pour moi et je vous bénis avec affection, ainsi que vos communautés d’appartenance et vos familles. Du Vatican, le 17 juillet FRANÇOIS Marqués dans leur chair Heritier Wembo Nyama, artisan provenant de la République démo- cratique du Congo, montre aux journalistes les signes des violences subies pour avoir manifesté contre l’occupation légalisée de sa région par une compagnie d’extraction mi- nière qui, en laissant tous les habi- tants sans travail, a réduit à la misè- re toute une communauté. C’est la confirmation tragique, concrète, im- pressionnante de ce que vient de déclarer le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical justice et paix: «Plusieurs personnes qui partici- pent à cette rencontre ont reçu des pressions et des intimidations ces jours deniers» et ceux qui sont ve- nus à Rome pour participer à la rencontre portent en eux «le cri de ceux qui n’ont pas pu venir, des zo- nes et des situations qui ne sont pas représentées et qui échappent sou- vent à l’œil des experts et des com- mentateurs». Le prélat s’est fait l’écho du «cri déchirant provenant des zones où l’on prospecte et où l’on extrait des minéraux», en présentant le con- grès qui, à l’initiative du Conseil pontifical justice et paix, a réuni à Rome (au Salesianum) une trentai- ne de représentants de communau- tés affectées par des activités miniè- res provenant de pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Les travaux ont également été présentés aux journalistes par le missionnaire combonien Dario Bossi et des re- présentants de communautés loca- les provenant d’Inde, du Chili et du Brésil, à la salle de presse du Saint-Siège dans la matinée du ven- dredi 17 juillet. Comme l’a expliqué le cardinal Turkson, la réunion actuelle est un rendez-vous en préparation au con- grès qui, en septembre prochain, réunira les dirigeants d’une vingtai- ne de compagnies minières et les membres des congrégations reli- gieuses engagées dans les diverses zones intéressées, qui s’étaient déjà rencontrés une première fois en 2013. L’intention est de favoriser une prise de conscience et un change- ment de mentalités, précisément parmi les dirigeants des entreprises qui influencent si durement les ter- ritoires et les vies de populations entières. Un problème qui ne con- naît pas de frontières. Les récits de ceux qui sont intervenus à la confé- rence de presse en témoignent: agressions, violences, intimidations, parfois également homicides, appa- raissent comme des pratiques com- munes pour garantir aux diverses compagnies l’exploitation des terri- toires qui, en outre, à cause de l’ac- tivité d’extraction, voient l’épuise- ment ou la disparition des nappes phréatiques, la contamination des terrains, la mise en danger de la production alimentaire. D’où, a déclaré le prélat, l’enga- gement direct du Saint-Siège qui veut élever le débat du niveau local au niveau international, car «on ne peut pas laisser l’indifférence, le cy- nisme et l’impunité se poursuivre». Et, citant Laudato si’, il a conclu: «Il est moralement inacceptable, politiquement dangereux, insoute- nable au niveau de l’environnement et économiquement injustifiable que “les peuples en développement continuent d’alimenter le dévelop- pement des pays les plus riches au prix de leur présent et de leur ave- nir”». Mine de diamants au Ghana
  3. 3. numéro 31, jeudi 30 juillet 2015 L’OSSERVATORE ROMANO page 3 Angelus du 26 juillet Le jubilé de la jeunesse Chers frères et sœurs, bonjour, L’Evangile de ce dimanche (Jn 6, 1- 15) présente le grand signe de la multiplication des pains, dans le ré- cit de l’évangéliste Jean. Jésus se trouve sur la rive du lac de Galilée et est entouré d’une «grande foule», attirée par les «signes qu’il opérait sur les malades» (v. 2). En lui agit la puissance miséricordieuse de Dieu, qui guérit de tout mal du corps et de l’esprit. Mais Jésus n’est pas seu- lement guérisseur, il est aussi maître: en effet, il gravit la montagne et s’as- seoit, dans l’attitude typique du maî- tre lorsqu’il enseigne: il monte sur cette «chaire» naturelle créée par son Père céleste. A ce moment là, Jésus qui sait bien ce qu’il s’apprête à faire, met ses disciples à l’épreuve. Que faire pour rassasier tous ces gens? Philippe, l’un des Douze, fait un calcul rapide: en organisant une collecte, l’on pourra rassembler au maximum deux cents sous pour acheter du pain, ce qui ne suffirait toutefois pas à rassasier cinq mille personnes. Les disciples réfléchissent en ter- mes de «marché», mais Jésus substi- tue une autre logique à la logique de l’achat, celle du don. C’est alors qu’André, un autre des apôtres, frè- re de Simon Pierre, présente un en- fant qui met à disposition tout ce qu’il a: cinq pains et deux poissons; mais bien sûr — dit André — cela ne représente rien pour cette foule (cf. v. 9). Mais Jésus attendait précisé- ment cela. Il commande aux disci- ples de faire asseoir les gens, puis prit ces pains et ces deux poissons, rendit grâce au Père et les distribua (cf. v. 11). Ces gestes anticipent ceux de la Dernière Cène, qui donnent au pain de Jésus sa signification la plus vraie. Le pain de Dieu est Jésus lui-même. En faisant la com- munion avec lui, nous recevons sa vie en nous et devenons enfants du Père céleste et frères entre nous. En faisant la communion, nous rencon- trons Jésus réellement vivant et res- suscité! Participer à l’Eucharistie si- gnifie entrer dans la logique de Jé- sus, la logique de la gratuité, du partage. Et même si nous sommes pauvres, nous pouvons donner quel- que chose. «Faire la communion» si- gnifie aussi puiser dans le Christ la grâce qui nous rend capables de par- tager avec les autres ce que nous sommes et ce que nous avons. La foule est frappée par le prodi- ge de la multiplication des pains; mais le don que Jésus offre est la plénitude de vie pour l’homme affamé. Jésus rassasie non seulement la faim matérielle, mais également la faim plus profonde, la faim de sens de la vie, la faim de Dieu. Face à la souf- france, à la solitude, à la pauvreté et aux difficultés de tant de gens, que pouvons-nous faire? Se plaindre ne résout rien, mais nous pouvons offrir ce peu que nous avons, comme le garçon de l’Evangile. Nous avons certainement quelques heures de temps, quelques talents, quelques compétences... Qui parmi nous n’a pas ses «cinq pains et ses deux pois- sons»? Nous en avons tous! Si nous sommes disposés à les mettre entre les mains du Seigneur, ils suffiront à faire qu’il y ait dans le monde un peu plus d’amour, de paix, de justi- ce et surtout de joie. Comme la joie dans le monde est nécessaire! Dieu est capable de multiplier nos gestes de solidarité les plus petits et de nous faire participer à son don. Que notre prière soutienne l’enga- gement commun afin que ne man- que jamais à personne le Pain du ciel qui donne la vie éternelle et le nécessaire pour une vie digne, et que s’affirme la logique du partage et de l’amour. Puisse la Vierge Marie nous accompagner de son intercession maternelle. A l’issue de l’Angelus, le Saint-Père a ajouté les paroles suivantes: Chers frères et sœurs, Aujourd’hui s’ouvrent les inscrip- tions pour les trente-et-unième Jour- nées mondiales de la jeunesse, qui se dérouleront l’an prochain en Polo- gne. J’ai voulu ouvrir moi-même les inscriptions et pour cela j’ai fait ve- nir à côté de moi un jeune garçon et une jeune fille, afin qu’ils soient avec moi au moment d’ouvrir les inscrip- tions, ici devant vous. Voilà, je me suis inscrit aux Journées en tant que pèlerin par le biais de ce dispositif électronique. Célébrées durant l’an- née de la Miséricorde, ces Journées seront, dans un certain sens, un jubi- lé de la jeunesse, appelées à réfléchir sur le thème «Heureux les miséricor- dieux, car ils obtiendront miséricor- de» (Mt 5, 7). J’invite les jeunes du monde entier à vivre ce pèlerinage aussi bien en se rendant à Cracovie qu’en participant à ce moment de grâce dans leurs communautés res- pectives. D’ici quelques jours, ce sera le deuxième anniversaire de l’enlève- ment en Syrie du père Paolo Dall’Oglio. J’adresse un appel ferme et pressant pour la libération de ce religieux apprécié. Je ne peux ou- blier également les évêques ortho- doxes enlevés en Syrie et toutes les autres personnes qui, dans les zones de conflit, ont été séquestrées. Je souhaite un engagement renouvelé des autorités locales compétentes et internationales, afin que l’on rende au plus tôt la liberté à nos frères. Avec affection et participation à leurs souffrances, nous voulons les rappeler dans la prière et prions tous ensemble la Vierge: Je vous salue Marie... Je vous salue tous, pèlerins venus d’Italie et d’autres pays. Aujourd’hui 26 juillet, l’Eglise célèbre les saints Joachim et Anne, parents de la bien- heureuse Vierge Marie et par consé- quent les grands-parents de Jésus. En cette occasion, je voudrais saluer toutes les grand-mères et tous les grand-pères, en les remerciant pour leur précieuse présence dans les fa- milles et pour les nouvelles généra- tions. Pour tous les grands-parents vivants, mais également pour ceux qui nous regardent du Ciel, saluons et applaudissons bien fort... Je vous souhaite à tous un bon di- manche. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir! SUITE DE LA PAGE 1 D’une année sainte à l’autre: à Cracovie on célébrera un véritable jubilé des jeunes au niveau mon- dial. C'est ce qu’a rappelé le Pape à l’Angelus et c’est ce que souligne également le cardinal Stanisław Ryłko, président du Conseil ponti- fical pour les laïcs, dans le message publié sur le site du dicastère. En effet, le thème des JMJ, «Heureux les miséricodieux, car ils obtien- dront miséricorde», s’insère pleine- ment dans le cadre de l’année sain- te extraordinaire qui s’ouvrira le 8 décembre prochain. A Cracovie, les jeunes, explique le prélat en citant Misericordiae vultus, seront appelés à réfléchir sur le thème de la «misé- ricorde comme idéal de vie et com- me critère de crédibilité de notre foi», à redécouvrir «le visage misé- ricordieux de Dieu, qui s’est mani- festé dans le visage de Jésus Christ», à diffuser «un message d’espérance». C’est ainsi que sera complété un triptyque de JMJ consacré à la relec- ture du message des béatitudes évangéliques. En 2014, à Rio — le thème central était: «Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux» —, François encouragea chaque jeune en disant: «Ecoute, lis les Béatitudes parce qu’elles te font du bien». Cette an- née, la trentième journée célébrée au niveau diocésain a proposé une méditation sur le thème «Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu». En 2016, le centre sera la miséricorde. Cela sera également le fil qui re- liera le rendez-vous polonais à la fi- gure et à la spiritualité de saint Jean-Paul II. En effet, les jeunes du monde entier, explique le cardinal Ryłko, seront appelés à se rassem- bler dans ce sanctuaire de la Divine miséricorde, qui fut inauguré à Łagiewniki en 2002 par le Pape Wojtyła: «Ils pourront suivre un programme spécial qui prévoit la méditation des paraboles évangéli- ques sur la Divine miséricorde et la récitation du chapelet à la Divine miséricorde. Enfin, ils pourront franchir la porte sainte du jubilé». Dans le sanctuaire sera également installé un grand «Centre de la mi- séricorde» avec de nombreux con- fessionnaux, où les participants au- ront la possibilité de pratiquer le sacrement de la réconciliation. Une porte sainte symbolique sera aussi installée sur le Campus misercor- diae, le lieu du grand rassemble- ment de clôture, un terrain à envi- ron dix kilomètres du centre de la ville, où il est prévu que le Pape participe à la veillée de prière du samedi 30 juillet et, le jour suivant, célèbre la Messe finale. Mais la Pologne deviendra un grand «camp de la miséricorde»: chacun des diocèses appelés à ac- cueillir les pèlerins provenant du monde entier sera relié à un lieu bi- blique (Béthanie, Cana, Gethséma- ni, et ainsi de suite) et sera caracté- risé par un approfondissement par- ticulier du thème de la miséricorde. Bielsko-Żywiec, par exemple, sera le Mont des béatitudes et, de ce lieu, on regardera en particulier Auschwitz, pour «prier et réfléchir sur le sens de la souffrance et du mal». Ce sont les jeunes
  4. 4. page 4 L’OSSERVATORE ROMANO jeudi 30 juillet 2015, numéro 31 Lettre pontificale au recteur majeur des salésiens à l’occasion du bicentenaire de la naissance de don Bosco De nouvelles frontières éducatives Un saint en «sortie», missionnaire, infatigable, courageux, fidèle à Dieu et aux jeunes. Les adjectifs décrivant la figure de saint Jean Bosco sont infinis dans le message du Pape François au recteur majeur des salé- siens, Ángel Fernández Artime, pour le bicentenaire de la naissance de son fondateur. Le texte, daté de fa- çon significative du 24 juin, solenni- té de saint Jean-Baptiste et fête de don Bosco, est parvenu à la famille salésienne au lendemain de la visite pastorale du Souverain Pontife à Tu- rin, les 21 et 22 juin derniers. Dans la lettre, le saint est défini comme un homme courageux, capa- ble de prendre des décisions diffici- les et parfois à contre-courant, com- me celle de vouloir se consacrer aux jeunes pauvres, pour réaliser un «vaste mouvement de pauvres pour les pauvres». Tout comme «le choix d’élargir ce service au-delà des fron- tières de langue, de race, de culture et de religion, grâce à un inlassable élan missionnaire» a été prophétique et précurseur de l’actuelle société multiculturelle et mondialisée. La charité et l’Evangile pour don Bosco n’avaient pas de frontières ou de li- mites imposées par la raison humai- ne. Il se consacra au projet d’évan- gélisation et de promotion humaine avec un style particulier, celui de l’«accueil joyeux et de la sympathie, dans la rencontre personnelle et dans l’accompagnement de chacun». En résumé, écrit le Souverain Ponti- fe, le fondateur des salésiens «vécut une grande passion pour le salut de la jeunesse, en se manifestant com- me témoin crédible de Jésus Christ et annonciateur de génie de son Evangile, en communion profonde avec l’Eglise, en particulier avec le Pape». Son secret pour conduire une mis- sion aussi difficile était la prière et l’union avec Dieu, alimentées par la dévotion «forte et tendre» à la Vier- ge, invoquée par celui-ci comme Im- maculée et Auxiliatrice. Le saint a été favorisé également par des «ex- périences mystiques» et par le «don des miracles pour ses jeunes». Il fit également participer à cette œuvre caritative sainte Marie-Dominique Mazzarello et rechercha la coopéra- tion des laïcs, «en générant cette fa- mille salésienne qui, en tant que grand arbre, a reçu et développé son héritage». Une famille qui, encore au- jourd’hui, s’ouvre «vers de nouvelles frontières éducatives et missionnai- res, parcourant les voies des nou- veaux moyens de communication so- ciale et celles de l’éducation intercul- turelle auprès de peuples de reli- gions diverses, ou de pays en voie de développement, ou de lieux mar- qués par la migration». En effet, ce qui constituait les défis de Turin au XIXe siècle et que don Bosco affronta sans crainte, «a aujourd’hui revêtu une dimension mondiale: idôlatrie de l’argent, inégalité qui génère la violence, la colonisation idéologique et les défis culturels liés aux contex- tes urbains». Certains de ces aspects, souligne le Souverain Pontife, «tou- chent plus directement le monde des jeunes, comme la diffusion d’inter- net». Tout cela invite les fils et les filles de don Bosco «à travailler en SUITE À LA PAGE 5 SUITE DE LA PAGE 1 L’intelligence a-t-elle abandonné l’Eglise? Alain Besançon rappelle que la série latine des pères de l’Eglise publiée par J.-P. Migne à la moitié du XIXe siècle compte à elle seule 217 volu- mes, imprimés sur deux colonnes très serrées, qui comprennent des écrivains et des textes remontant jus- qu’au début du XIIIe siècle — on peut constater la richesse de la cul- ture chrétienne. Cette situation naît du fait qu’«il n’y ait aucun auteur qui comprenne par sa pensée la tota- lité de la foi, telle qu’elle existe dans le sensus fidei des fidèles, dans l’auto- rité de l’Eglise hiérarchique, et dans les écrits canoniques. Au point que les hérésies naissent souvent d’une tentative d’apporter une explication rationnelle à la foi». Mais ce n’est pas pour autant que les chrétiens s’opposent à la culture, au contraire: ils «acceptent leur irra- tionalité de fond, et prétendent que ces mystères, au lieu de bloquer la raison, constituent pour celle-ci une lumière obscure et une invitation à se dépasser sans cesse». Ce fut au- tour du XIVe siècle que la merveilleu- se construction théologique élevée par les meilleurs esprits menaça de s’effondrer: d’une part, après la gifle d’Anagni, l’organisation ecclésias- tique commença à se miner à sa ba- se, de l’autre, la solide cathédrale théorique construite par Thomas d’Aquin fut mise en doute par les ockhamistes qui séparèrent la foi de la philosophie, pour la rapprocher de l’expérience. Plus tard, le mouvement de la de- votio moderne, dans lequel la volon- maîtresse de l’Ecriture Sainte, en fixant définitivement la liste des li- vres canoniques qui la composent et en en confirmant l’inspiration. Le culte est réorienté vers les sacre- ments, en particulier vers l’Eucharis- tie, mais la Bible perd du terrain dans la culture française, italienne, espagnole, à l’inverse de ce qui ce produit dans la culture allemande et anglaise, ayant pour conséquence un appauvrissement culturel certain dans le monde catholique. A cela s’ajoutent la fidélité à la doctrine scholastique et la censure, à laquelle appartient l’Index des livres interdits: toutes ces mesures ont eu pour effet de rendre la pensée stéri- le, en particulier dans les séminaires et dans tous les lieux de formation des prêtres. A cet effet s’ajoute celui d’une centralisation graduelle, qui s’accentuera plus tard, avec la sépa- ration progressive entre l’Etat et l’Eglise voulue par la sécularisation. Après le Concile de Trente, les clercs se sont réservés la fonction de penser aux choses les plus élevées, mais ils n’ont plus le désir et l’élan nécessaires: «Quand arrive-t-il que mise à l’abri du débat, par peur, iso- lement, incompréhension». En défi- nitive, il n’importe plus à l’institu- tion ecclésiastique de compter tou- jours moins et elle se complaît d’elle-même. Devons-nous donc nous étonner si l’Eglise a au- jourd’hui des difficultés à se faire entendre? Il ne reste à présent aux chrétiens que la force de la vérité et la capacité de persuasion, comme à l’époque des apôtres: mais pour per- suader — réaffirme Alain Besançon, il vaut mieux être intelligents. té tend à prévaloir sur la raison, commença à influencer la religiosité populaire: la spécula- tion intellectuelle, qui renonce à «voir Dieu», commence à construire un savoir certain et cu- mulatif qui s’édifiera ensuite comme science, alors que la religion de- vient le lieu de l’amour désintéressé, vit dans l’émotion qui pousse à se tourner davantage vers la prière que vers l’étude des textes sa- crés. La Bible commen- ce alors à devenir, dans l’esprit des nouveaux lecteurs, une source d’accusations contre l’institution ecclésias- tique, qui perd de l’au- torité. Ce n’est qu’avec le Concile de Trente que l’Eglise redeviendra ceux qui en avaient re- çu la mission cessent de penser?», se demande Alain Besançon. Et il répond en notant que les différences aigui- saient l’intelligence, alors que l’uniformité pousse à l’assoupisse- ment. La conséquence en a été qu’à l’époque moderne, le peuple chrétien tout entier a fi- ni par se limiter à la tâ- che de conserver la foi, en se contentant de l’enseignement catéchis- tique. C’est l’indifférence qui prévaut alors: l’Eglise devient indiffé- rente au mouvement des idées au moment même où celui-ci de- vient indifférent à cette dernière. La pensée ca- tholique — écrit l’histo- rien français — «s’est Alain Besançon
  5. 5. numéro 31, jeudi 30 juillet 2015 L’OSSERVATORE ROMANO page 5 50e anniversaire de «Nostra aetate» Racines juives Dans la matinée du mardi 30 juin, le Pape François a reçu en audience dans la salle Clémentine, les participants à un congrès international organisé par l’International Council of Christians and Jews. A cette occasion, il leur a adressé le discours suivant: qu’entre nous se sont développées toujours davantage la confiance et la fraternité. Nous ne sommes plus des étrangers, mais des amis et des frè- res. Nous confessons, bien qu’avec des perspectives différentes, le même Dieu, Créateur de l’univers et Sei- gneur de l’histoire. Et lui, dans son infinie bonté et sagesse, bénit tou- jours notre engagement de dialogue. Les chrétiens, tous les chrétiens, ont des racines juives. C’est pour- quoi, dès sa naissance, l’International Council of Christians and Jews a ac- cueilli les diverses confessions chré- tiennes. Chacune d’elles, de la ma- nière qui lui est propre, s’approche du judaïsme, qui, à son tour, est ca- ractérisé par divers courants et sen- sibilités. Les confessions chrétiennes trouvent leur unité dans le Christ; le judaïsme trouve son unité dans la Torah. Les chrétiens croient que Jé- sus Christ est la Parole de Dieu qui s’est faite chair dans le monde; pour les juifs, la Parole de Dieu est sur- tout présente dans la Torah. Ces deux traditions de foi ont pour fon- dement le Dieu unique, le Dieu de l’Alliance, qui se révèle aux hommes à travers sa Parole. Dans la recher- che d’une juste attitude envers Dieu, les chrétiens s’adressent au Christ comme source de vie nouvelle, les juifs à l’enseignement de la Torah. Ce type de réflexion théologique sur la relation entre judaïsme et christia- nisme commence précisément à par- tir de Nostra aetate (cf. n. 4) et, sur ce solide fondement, peut être et doit être ultérieurement développé. Dans la réflexion sur le judaïsme, le Concile Vatican II a tenu compte des dix thèses de Seelisberg, élabo- rées dans cette localité suisse, des thèses liées à la fondation de l’Inter- national Council of Christians and Jews. On peut dire qu’il existait déjà in nuce une première idée de la col- laboration entre votre organisation et l’Eglise catholique. Cette coopéra- tion a été lancée officiellement après le Concile, et en particulier après l’institution de notre «Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme», en 1947. Cette Commis- sion du Saint-Siège suit toujours avec un grand intérêt les activités de votre organisation, en particulier les congrès internationaux annuels, qui apportent une contribution impor- tante au dialogue juif-chrétien. Chers frères, je vous remercie tous de cette visite et je forme les meil- leurs vœux pour votre congrès. Que le Seigneur vous bénisse et vous protège dans sa paix. S’il vous plaît, je vous demande de prier pour moi. Et je vous invite tous à demander la bénédiction de Dieu notre Père. Je la prononcerai dans ma langue ma- ternelle. Message au recteur majeur des salésiens SUITE DE LA PAGE 4 Chers frères, Je me réjouis que cette année, vous ayez organisé votre congrès à Rome, la ville où sont ensevelis les apôtres Pierre et Paul. Tous les deux sont, pour tous les chrétiens, des points de référence essentiels: ils sont com- me les «colonnes» de l’Eglise. Et ici, à Rome, se trouve la communauté juive la plus antique d’Europe occi- dentale, dont les origines remontent à l’époque des Maccabées. Chrétiens et juifs vivent donc à Rome, ensem- ble, depuis presque deux mille ans, bien que leurs relations au cours de l’histoire n’aient pas été exemptes de tensions. Un véritable dialogue fraternel a pu se développer à partir du Concile Vatican II, après la promulgation de la Déclaration Nostra aetate. Ce do- cument représente en effet le «oui» définitif aux racines juives du chris- tianisme, et le «non» irrévocable à l’antisémitisme. En célébrant le cin- quantième anniversaire de Nostra ae- tate, nous pouvons constater les fruits abondants qu’il a produits et établir avec gratitude un bilan du dialogue juif-catholique. Nous pou- vons exprimer ainsi notre action de grâce à Dieu pour tout ce qui a été réalisé de bon en termes d’amitié et de compréhension réciproque au cours de ces cinquante années, car son Esprit Saint a accompagné nos efforts de dialogue. Notre division humaine, notre méfiance et notre or- gueil ont été surmontés grâce à l’Es- prit de Dieu tout-puissant, si bien considérant, à côté des blessures, les ressources que l’Esprit Saint sus- cite dans des situations de crise». C’est pourquoi la famille salésienne est appelée «à faire refleurir la créa- tivité charismatique à l’intérieur et au dehors des institutions éducati- ves», en se plaçant «avec dévoue- ment apostolique sur les sentiers des jeunes, particulièrement de ceux des périphéries». Le Pape souhaite que don Bosco aide la famille salésienne «à ne pas décevoir les aspirations profondes des jeunes: le besoin de vie, d’ou- verture, de joie, de liberté, d’avenir; le désir de collaborer à la construc- tion d’un monde plus juste et fra- ternel, au développement pour tous les peuples, à la protection de la nature et des domaines de la vie». Et il souhaite que les salésiens soient capables d’aider les jeunes «à expérimenter le fait qu’il n’y a que dans la vie de grâce, c’est-à-dire dans l’amitié avec le Christ, que se réalisent les idéaux les plus authen- tiques». Le Souverain Pontife confie ensuite deux tâches à tous les en- fants de don Bosco: «Eduquer se- lon l’anthropologie chrétienne au langage des nouveaux moyens de communication et des réseaux so- ciaux», qui façonne en profondeur «les codes culturels des jeunes, et donc la vision de la réalité humaine et religieuse»; et promouvoir «des formes de bénévolat social, en ne se résignant pas aux idéologies qui privilégient le marché et la produc- tion à la dignité de la personne et à la valeur du travail». Par ailleurs, le fait d’être des éducateurs qui «évangélisent est un don de la na- ture et de grâce mais est aussi le fruit de formation, d’étude, de ré- flexion, de prière et d’ascèse». Face à l’«urgence éducative», la famille salésienne est invitée «à fa- voriser une alliance éducative effica- ce entre les différentes agences reli- gieuses et laïques» pour marcher «avec la diversité des charismes en faveur de la jeunesse dans les diffé- rents continents». Le Pape rappelle en particulier «la nécessité incon- tournable d’impliquer les familles des jeunes. Il ne peut y avoir en ef- fet de pastorale des jeunes efficace sans une pastorale familiale vala- ble». Le salésien, dans la ligne tra- cée par son fondateur, doit faire sienne la «tendresse», caractéris- tique d’une pédagogie entendue comme «amour manifesté et perçu, dans lequel se révèlent la sympa- thie, l’affection, la compréhension et la participation à la vie de l’au- tre». Dans le domaine éducatif, le saint affirmait qu’il ne «suffit pas d’aimer, mais qu’il est nécessaire que l’amour de l’éducateur s’expri- me par des gestes concrets et effica- ces». Le salésien doit également res- pecter certains traits distinctifs de la «pratique éducative» de don Bosco, que le Pape énumère: environne- ment familial; présence de l’éduca- teur comme père, maître et ami du jeune, exprimé par un terme clas- sique de la pédagogie salésienne: l’assistance; climat de joie et de fê- te; vaste espace offert au chant, à la musique et au théâtre; importance du jeu, de la cour de récréation, des promenades et du sport. Mais le sa- lésien ne se limite pas à cela, celui- ci est un éducateur qui «fait tou- jours résonner la première annonce, la belle nouvelle qui directement ou indirectement, ne doit jamais man- quer: “Jésus Christ t’aime, il a don- né sa vie pour te sauver et à présent il est vivant à tes côtés tous les jours, pour t’illuminer, pour te ren- forcer, pour te libérer”», comme on le lit dans Evangelii gaudium, au numéro 164. Etre des disciples fidè- les à don Bosco requiert donc «de renouveler le choix catéchétique que fut son engagement permanent, à comprendre aujourd’hui dans la mission d’une nouvelle évangélisa- tion». Cette catéchèse évangélisatri- ce «mérite la première place dans les institutions salésiennes et doit être réalisée avec une compétence théologique et pédagogique et avec un témoignage transparent de l’éducateur». Enfin, le Souverain Pontife ex- horte les salésiens à redécouvrir l’importance du témoignage de don Bosco: «le christianisme est source de bonheur, parce qu’il est l’Evan- gile de l’amour».
  6. 6. page 6 L’OSSERVATORE ROMANO jeudi 30 juillet 2015, numéro 31 Discours au Renouveau dans l’Esprit Saint Qui sommes-nous pour nous diviser? Un encouragement à travailler pour «la recherche de l’unité du corps du Christ» et une invitation à vivre les responsabilités comme un service ont été adressés par le Pape François aux membres du Renouveau dans l’Esprit Saint réunis dans l’après-midi du vendredi 3 juillet, sur la place Saint- Pierre. Très chers frères et sœurs, Bon après-midi et bienvenue! Que l’eau aussi soit la bienvenue parce que c’est le Seigneur qui l’a faite. J’apprécie beaucoup la réponse que vous avez donnée à l’invitation que je vous ai adressée au mois de jan- vier, à nous rencontrer ici place Saint-Pierre. Merci pour cette ré- ponse enthousiaste et chaleureuse. L’année dernière, au stade, j’ai par- tagé avec tous ceux qui étaient pré- sents quelques réflexions que j’aime- rais rappeler aujourd’hui — parce qu’il est toujours bon de rappeler la mémoire —: l’identité du Renouveau charismatique catholique, à partir de laquelle est née l’association du Re- nouveau dans l’Esprit. Je le ferai avec les paroles du cardinal Léon- Joseph Suenens, grand protecteur du Renouveau charismatique, tel qu’il le décrit dans le second livre de ses mémoires. Tout d’abord, il rap- pelle en ce lieu la figure extraordi- naire d’une femme qui a beaucoup fait au début du Renouveau charis- matique; c’était sa collaboratrice, qui jouissait aussi de la confiance et de l’affection du Pape Paul VI. Je fais allusion à Veronica O’Brien: c’est el- le qui demanda au cardinal d’aller aux Etats-Unis voir ce qui se passait, pour voir de ses yeux ce qu’elle considérait comme l’œuvre de l’Es- prit Saint. C’est ainsi que le cardinal Suenens connut le Renouveau cha- rismatique, qu’il définit comme un «flot de grâce» et il a été la person- ne clé pour le garder dans l’Eglise. Le Pape Paul VI, lors de la messe du lundi de Pentecôte en 1975, le remer- cia par ces mots: «Au nom du Sei- gneur, je vous remercie d’avoir ap- porté le Renouveau charismatique dans le cœur de l’Eglise». Il ne s’agit pas d’une nouveauté datant d’il y a quelques années, le Renou- veau charismatique possède cette longue histoire et dans l’homélie de cette Messe, le cardinal déclara: «Puisse le Renouveau charismatique disparaître en tant que tel et se transformer en une grâce de Pente- côte pour toute l’Eglise: pour être fi- dèle à son origine, le fleuve doit se perdre dans l’océan». Le fleuve doit se perdre dans l’océan. Oui, si le fleuve s’arrête, l’eau croupit; si le Renouveau, ce courant de grâce, ne finit pas dans l’océan de Dieu, dans l’amour de Dieu, il travaille pour lui-même et cela ne vient pas de Jé- sus Christ, cela vient du malin, du père du mensonge. Le Renouveau va, vient de Dieu et va à Dieu. Le Pape Paul VI l’a béni pour ce- la. Le cardinal poursuit en disant: «L’erreur première à éviter est celle d’inclure le Renouveau charisma- tique dans la catégorie des mouve- ments. Ce n’est pas un mouvement spécifique, le Renouveau n’est pas un mouvement au sens sociologique commun, il n’a pas de fondateurs, il n’est pas homogène et il inclut une grande variété de réalités, c’est un courant de grâce, un souffle rénova- teur de l’Esprit pour tous les mem- bres de l’Eglise, laïcs, religieux, prê- tres et évêques. C’est un défi pour nous tous. On ne fait pas partie du Renouveau; c’est plutôt le Renou- veau qui devient une partie de nous, à condition que nous acceptions la grâce qu’il nous offre». Ici, le cardi- nal Suenens parle de l’œuvre souve- raine de l’Esprit qui, sans fondateurs humains, suscita ce courant de grâce en 1967. Des hommes et des femmes renouvelés qui, après avoir reçu la grâce du baptême dans l’Esprit, comme fruit de cette grâce, ont don- né vie à des associations, des com- munautés d’alliance, des écoles de formation, des écoles d’évangélisa- tion, des congrégations religieuses, des communautés œcuméniques, des communautés d’aide aux pauvres et aux personnes dans le besoin. Je me suis moi-même rendu dans la communauté de Kkottongnae, lors de mon voyage en Corée, et je leur ai aussi rendu visite aux Philip- pines. Ce courant de grâce a deux organismes internationaux reconnus par le Saint-Siège, qui sont à son service et au service de toutes ses ex- pressions dans le monde entier: «ICCRS» et «Fraternité catholique». Voilà un peu l’histoire, la racine. Au stade, l’année dernière, j’ai parlé de l’unité dans la diversité. J’ai donné l’exemple de l’orchestre. Dans Evangelii gaudium, j’ai parlé de la sphère et du polyèdre. Il ne suffit pas de parler d’unité, ce n’est pas n’importe quelle unité. Ce n’est pas une uniformité. Dit comme cela, on peut le comprendre comme unité d’une sphère où tous les points sont équidistants du centre et il n’y a pas de différences entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre, ce qui reflète la convergence de toutes les parties qui gardent dans celui-ci leur originalité et tels sont les charis- mes, dans l’unité mais dans la diver- sité. Unité dans la diversité. La dis- tinction est importante parce que nous parlons de l’œuvre de l’Esprit Saint, et non de la nôtre. Unité dans la diversité d’expression de la réalité, autant que l’Esprit Saint a voulu en susciter. Il est aussi nécessaire de rappeler que le tout, c’est-à-dire cet- te unité, est plus que la partie, et la partie ne peut prétendre être le tout. On ne peut pas dire, par exemple: «Nous sommes le courant appelé Renouveau charismatique catholique et vous, non». On ne peut pas dire cela. S’il vous plaît, frères, c’est ain- si, cela ne vient pas de l’Esprit; l’Es- prit Saint souffle où il veut, quand il veut et comme il veut. Unité dans la diversité et dans la vérité qui est Jé- sus lui-même. Quel est le signe com- mun à ceux qui sont nés une nou- velle fois de ce courant de grâce? Se convertir en des hommes et des fem- mes nouveaux, tel est le baptême dans l’Esprit. Je vous demande de li- re Jean 3, versets 7 et 8: Jésus à Ni- codème, la renaissance dans l’Esprit. Il y a un autre point qu’il est im- portant de clarifier, dans ce courant de grâce: ceux qui guident. Il existe, chers frères et sœurs, une grande tentation pour les responsables — je le répète, je préfère le terme de ser- viteurs, qui servent —; et cette tenta- tion pour les serviteurs vient du dé- mon, la tentation de se croire indis- pensables, quelle que soit la charge. Le démon les pousse à vouloir être ceux qui commandent, ceux qui sont au centre et ainsi, pas à pas, ils glis- sent dans l’autoritarisme, dans le culte de la personnalité et ne laissent pas vivre les communautés renouve- lées dans l’Esprit. Cette tentation rend «éternelle» la position de ceux qui se considèrent irremplaçables, une position qui revêt toujours une certaine forme de pouvoir ou de do- mination sur les autres. C’est bien clair: seul l’Esprit Saint est irrempla- çable dans l’Eglise, et Jésus est l’unique Seigneur. Je vous le deman- de: qui est le seul qui soit irrempla- çable dans l’Eglise? [la place: l’Es- prit Saint!] Et qui est l’unique Sei- gneur? [la place: Jésus!]. Disons que le Seigneur Jésus est le Seigneur, lo- uons Jésus, fort! Jésus est le Sei- gneur! Il n’y en a pas d’autres. En ce sens, il y a eu des affaires tristes. Il faut instaurer une limite aux char- ges qui, en réalité, sont des services. Un service important des responsa- bles, des responsables laïcs, est de faire grandir, mûrir spirituellement et pastoralement ceux qui prendront leur place à la fin de leur service. Il est nécessaire que tous les services dans l’Eglise aient une échéance, il n’y a pas de responsables à vie dans l’Eglise. Cela se produit dans cer- tains pays où existe la dictature. «Apprenez de moi qui suis doux et humble de cœur», dit Jésus. Cette tentation, qui vient du diable, te fait passer de serviteur à patron, tu t’ap- propries cette communauté, ce grou- pe. Cette tentation te fait aussi glis- ser dans la vanité. Et il y a beau- coup de personnes — nous avons en- tendu ces deux témoignages, du couple et celle d’Ugo — tant de ten- tations poussent à faire souffrir la communauté et empêchent de faire le bien, et elles deviennent une orga- nisation qui ressemble à une ONG; et le pouvoir nous conduit — excusez- moi, mais je le dis: combien de res- ponsables deviennent des paons? — le pouvoir conduit à la vanité! Et puis tu te sens capable de faire n’im- porte quoi, tu peux glisser dans les affaires parce que le diable entre toujours par le portefeuille: c’est la porte d’entrée. Pour les fondateurs qui ont reçu de l’Esprit Saint le charisme de fon- dation, c’est autre chose. Ceux-ci, pour l’avoir reçu, ont l’obligation d’en prendre soin en le faisant mûrir dans leurs communautés et associa- tions. Les fondateurs le restent à vie, c’est-à-dire que ce sont ceux qui ins- pirent, qui donnent de l’inspiration, mais ils laissent les choses se faire. J’ai connu à Buenos Aires un bon fondateur qui, à un certain point, est devenu spontanément l’assesseur, et il laissait les autres être les responsa- bles. Ce courant de grâce nous pousse vers l’avant dans un cheminement d’Eglise qui, en Italie, a donné beaucoup de fruits, je vous en re- mercie. Je vous encourage à avancer. Je demande votre importante contri- bution en particulier pour vous en- gager à partager avec tous, dans l’Eglise, le baptême que vous avez reçu. Vous avez vécu cette expérien- ce, partagez-la dans l’Eglise. Et tel est le service très important, le plus important que l’on puisse donner à tout le monde dans l’Eglise. Aider le peuple de Dieu dans la rencontre personnelle avec Jésus Christ, qui nous transforme en hommes et fem- mes nouveaux, dans des petits grou- pes, humbles mais efficaces parce que c’est l’Esprit qui œuvre. N’ayez pas tant à l’esprit d’organiser de grands rassemblements qui souvent se terminent là, mais plutôt des rela- tions «artisanales», qui découlent du témoignage, en famille, au travail, dans la vie sociale, dans les parois- ses, dans les groupes de prière, avec tous! Et ici, je vous demande de prendre l’initiative de créer des liens de confiance et de coopération avec les évêques qui ont la responsabilité pastorale de guider le corps du Christ, y compris le Renouveau cha- rismatique. Commencez à prendre des initiatives nécessaires afin que toutes les réalités charismatiques ita- liennes nées de ce courant de grâce puissent s’unir par ces liens de con- fiance et de coopération directement avec leurs évêques, là où elles se trouvent. Il y a un autre signe fort de l’Es- prit dans le Renouveau charisma- tique: la recherche de l’unité du corps du Christ. Vous, les charisma- tiques, avez une grâce spéciale pour prier et travailler pour l’unité des
  7. 7. numéro 31, jeudi 30 juillet 2015 L’OSSERVATORE ROMANO page 7 chrétiens, parce que le courant de grâce traverse toutes les Eglises chré- tiennes. L’unité des chrétiens est l’œuvre de l’Esprit Saint et nous de- vons prier ensemble. L’œcuménisme spirituel, l’œcuménisme de la prière. «Mais, Père, puis-je prier avec un évangélique, avec un orthodoxe, avec un luthérien? — Tu le dois, tu le dois! Vous avez reçu le même baptême». Nous avons tous reçu le même baptême, nous allons tous sur la route de Jésus, nous voulons Jé- sus. Nous avons tous fait ces divi- sions dans l’histoire, pour de nom- breuses raisons, mais qui ne sont pas bonnes. Mais maintenant, nous nous trouvons au moment où l’Esprit nous fait penser que ces divisions ne vont pas, que ces divisions sont un contre-témoignage, et nous devons tout faire pour aller de l’avant ensemble: l’œcuménisme spirituel, l’œcuménisme de la prière, l’œcumé- nisme du travail, mais de la charité ensemble, l’œcuménisme de la lectu- re de la Bible ensemble… Aller ensemble vers l’unité. «Mais, Père, pour cela nous devons signer un do- cument? — Mais laisse-toi pousser par l’Esprit Saint, prie, travaille, ai- me et puis l’Esprit fera le reste!». Ce courant de grâce traverse tou- tes les confessions chrétiennes, nous tous qui croyons dans le Christ. L’unité avant tout dans la prière. Le travail pour l’unité des chrétiens commence par la prière. Prier ensemble. Unité, parce que le sang des mar- tyrs d’aujourd’hui fait que nous sommes un. Il y a l’œcuménisme du sang. Nous savons que quand ceux qui haïssent Jésus Christ tuent un chrétien, avant de le tuer, ils ne lui demandent pas: «Mais es-tu luthé- rien, es-tu orthodoxe, es-tu évangé- lique, es-tu baptiste, es-tu méthodis- te?» Tu es chrétien! Et ils lui cou- pent la tête. Il ne confondent pas, ils savent qu’il y a une racine, là, qui nous donne vie à tous et qui s’appel- le Jésus Christ, et qu’il y a l’Esprit Saint qui nous conduit à l’unité! Ceux qui haïssent Jésus Christ, gui- dés par le malin, ne se trompent pas, ils savent et c’est pour cela qu’ils tuent sans poser de questions. Et c’est quelque chose que je vous confie, peut-être vous ai-je déjà ra- conté cela, mais c’est une histoire vraie. C’est une histoire vraie. Dans une ville d’Allemagne, à Hambourg, il y avait un curé de paroisse qui étudiait des écrits pour faire avancer la cause de béatification d’un prêtre tué par le nazisme, guillotiné. Le motif? Il enseignait le catéchisme aux enfants. Et tout en étudiant, il a découvert qu’après lui, cinq minutes après, un pasteur luthérien avait été guillotiné pour le même motif. Et leur sang à tous les deux s’est mêlé: tous les deux martyrs, tous les deux martyrs. C’est l’œcuménisme du sang. Si l’ennemi nous unit dans la mort, qui sommes-nous pour nous diviser dans la vie? Laissons entrer l’Esprit, prions pour avancer tous ensemble. «Mais il y a des différen- ces!». Laissons-les de côté, marchons avec ce que nous avons en commun, et qui est suffisant: il y a la Sainte Trinité, il y a le baptême. Avançons, avec la force de l’Esprit Saint. Il y a quelques mois, il y a eu ces vingt-trois Egyptiens coptes qui ont aussi été égorgés sur une plage de Libye; et à ce moment-là, ils pro- nonçaient le nom de Jésus. «Mais ils ne sont pas catholiques…». Mais ils sont chrétiens, ce sont des frères, ce sont nos martyrs! L’œcuménisme du sang. Il y a cinquante ans, le bien- heureux Paul VI, lors de la canonisa- tion des jeunes martyrs d’Ouganda, s’est référé au fait que pour la même raison, leurs compagnons catéchistes anglicans avaient aussi versé leur sang. C’étaient des chrétiens, c’étaient des martyrs. Excusez-moi, ne vous scandalisez pas, ce sont nos martyrs! Parce qu’ils ont donné leur vie pour le Christ et cela est l’œcu- ménisme du sang. Prier en faisant mémoire de nos martyrs communs. Unité dans le travail pour les pau- vres et les personnes dans le besoin, qui ont aussi besoin du baptême dans l’Esprit Saint. Il serait très beau d’organiser des séminaires de vie dans l’Esprit, avec d’autres réali- tés charismatiques chrétiennes, pour nos frères et sœurs qui vivent dans la rue: eux aussi, portent en eux l’Esprit qui pousse pour que quel- qu’un ouvre tout grand la porte de l’extérieur. Il ne pleut plus, semble-t-il. La chaleur est passée. Le Seigneur est bon, avant, il nous donne la chaleur, et puis une belle douche! Il est avec nous. Laissez-vous guider par l’Es- prit Saint, par ce courant de grâce qui avance et qui cherche toujours l’unité. Personne n’est le patron. Un seul Seigneur. Qui est-ce? [les fidè- les répondent: Jésus!] Jésus est le Seigneur! Je vous rappelle: le Re- nouveau charismatique est une grâce de Pentecôte pour toute l’Eglise. D’accord? [les fidèles: Oui!] Si quel- qu’un n’est pas d’accord, qu’il lève la main! L’unité dans la diversité de l’Es- prit, pas n’importe quelle unité, la sphère et le polyèdre, souvenez-vous bien de cela. L’expérience commune du baptême de l’Esprit Saint et le lien fraternel et direct avec l’évêque diocésain, parce que le tout est plus que la partie. Ensuite, unité du corps du Christ: prier avec les autres chrétiens, travailler avec les autres chrétiens pour les pauvres et les per- sonnes démunies. Nous avons tous le même baptême. Organiser des sé- minaires de vie dans l’Esprit pour nos frères qui vivent dans la rue, et aussi pour nos frères marginalisés par toutes les souffrances de la vie. Je me permets de rappeler le témoi- gnage d’Ugo. Le Seigneur l’a appelé précisément parce que l’Esprit Saint lui a fait voir la joie de suivre Jésus. Organiser des séminaires de vie dans l’Esprit Saint pour les personnes qui vivent dans la rue. Et puis, si le Seigneur nous prête vie, je vous attends tous ensemble à la rencontre de l’ICCRS et de la Fra- ternité catholique qu’ils sont déjà en train d’organiser, vous tous et tous ceux qui veulent venir à la Pentecôte 2017 — ce n’est pas très loin! — ici, place Saint-Pierre, pour célébrer le jubilé d’or de ce courant de grâce. Une chance pour l’Eglise, comme l’a dit le bienheureux Paul VI dans la basilique Saint-Pierre, en 1975. Nous nous réunirons pour rendre grâce à l’Esprit Saint pour le don de ce cou- rant de grâce qui est pour l’Eglise et pour le monde, et pour célébrer les merveilles que l’Esprit Saint a faites au cours de ces cinquante dernières années, en changeant la vie de mil- lions de chrétiens. Encore merci d’avoir répondu avec joie à mon invitation. Que Jé- sus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous protège. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi, parce que j’en ai besoin, merci! Propositions des mouvements populaires aux maires du monde Un décalogue pour bâtir des villes nouvelles MAURIZIO FONTANA Dix propositions pour construire des villes nouvelles, sans esclaves ni exclus. Telle est la sollicitation que les représentants des mouvements populaires ont adressée aux maires provenant d’une soixantaine de vil- les du monde entier, qui se sont réunis ces derniers jours au Vatican à l’initiative de l’Académie pontifi- cale des sciences sociales. Le sym- posium a conduit à une déclaration commune d’intentions qui trouvera sa définition officielle en septembre, au siège des Nations unies: une al- liance urbaine pour le développe- ment durable des villes et la lutte contre les formes modernes d’escla- vage. Cet engagement a été soutenu également par le message des mou- vements populaires. Il a été lu par Charo Castelló, du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens, qui a rappelé que dans toute agglo- mération urbaine, «deux villes co- existent». Il faut bien lire: «coexis- tent» et non pas «vivent côte à cô- te», «parce que l’une écrase l’au- tre». Une image dans laquelle se reflète la triste réalité de personnes contraintes d’abandonner leurs campagnes à cause des change- ments climatiques et des catastro- phes liées à l’environnement, des hommes et des femmes écartés du marché du travail, jetés dans les pé- riphéries comme des déchets hu- mains et en proie aux pires formes de précarité et d’exploitation. Pour indiquer des éléments de réponse concrète, les mouvements populai- res ont fait référence à leur récente Lettre de Santa Cruz, la résolution finale issue de la deuxième rencon- tre mondiale, qui s’est déroulée en Bolivie du 7 au 9 juillet à l’occasion de la visite du Pape François. Com- me pour ce document remis au Souverain Pontife, l’appel adressé aux maires est lui aussi composé de dix points. Avant tout, il est suggé- ré au pouvoir politique d’«écouter le cri des pauvres», qui, bien qu’étant la majorité, n’accèdent ja- mais aux charges publiques. Au lieu de réprimer les protestations, que l’on pense à des mécanismes de consultation et de participation. Deuxièmement, donner la priorité aux périphéries, en investissant dans des infrastructures adéquates en vue de garantir les droits fonda- mentaux qui sont en revanche trop souvent niés: eau, nettoyage urbain, routes, illumination, espaces collec- tifs. Troisièmement, que l’on trouve un toit pour tous: «C’est un scan- dale — affirment les mouvements populaires — qu’il y ait des familles sans maison et des maisons sans fa- mille». Figure ensuite un appel en faveur de l’hospitalité aux migrants et aux réfugiés, parce qu’«être un migrant n’est pas un crime: ce qui est criminel, ce sont les causes qui obligent une personne à émigrer». Cinquièmement: l’engagement en vue de transports publics efficaces et écologiques. Et encore: donner une reconnais- sance à l’économie populaire et en- courager les entreprises de recycla- ge. Huitièmement: garantir une vé- ritable intégration entre campagne et ville, parce que «la traite se nourrit également du déracinement rural», tandis que la production de nourriture saine est un bien pour tous. Et cet aspect rentre également dans le point suivant, qui peut se résumer à la recherche d’un vérita- ble changement culturel. Les mou- vements populaires l’appellent «culture populaire écologique». Et ils utilisent le terme «écologie» dans son sens large et intégral, af- firmé par le Pape dans Laudato si’: environnement et humanité sont un tout, c’est pourquoi il faut limiter «le consumérisme» et soutenir une «culture de la solidarité». Enfin, au point numéro dix, se trouve un autre des enseignements récurrents de François: l’attention privilégiée aux enfants et aux per- sonnes âgées, principales victimes de la culture du rebut. La dernière exhortation aux mai- res, hors décalogue, résume l’esprit de l’intervention des mouvements populaires: «Nous vous demandons une vocation au service, au coura- ge, à l’engagement financier pour les exclus. Sans exclusion, il n’y a pas d’esclavage». Comme l’a dit le Pape lui-même aux mouvements populaires en Bolivie, il faut «un changement de structures» pour surmonter un modèle économique et social «qui exclut, dégrade et tue», et avec l’objectif d’identifier une alternative humaine à la mon- dialisation qui exclut», en élaborant un programme social fondé sur la fraternité et la justice.
  8. 8. numéro 31, jeudi 30 juillet 2015 L’OSSERVATORE ROMANO pages 8/9 Le Pape intervient à la rencontre sur les changements climatiques et les esclavages modernes Ecologie totale Prendre soin de l’environnement est un geste d’écologie humaine. C’est ce qu’a affirmé le Pape François aux maires réunis dans l’aula nuova du synode dans l’après-midi du 21 juillet, durant la rencontre sur le thème «Modern Slavery and Climate Change: the Commitment of the Cities», organisé par l’Académie pontificale des sciences sociales pour discuter de la crise du climat et des nouvelles formes d’esclavage. Le Souverain Pontife a prononcé un discours improvisé en langue espagnole, dont nous publions la traduction. Parmi les personnes présentes, plus d’une soixantaine de maires provenant du monde entier, le cardinal Montenegro, le cardinal Hummes, S.Exc. Mgr Gallagher, secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences sociales, et Mgr Wells, assesseur de la secrétairerie d’Etat. A l’issue de la rencontre, le Pape a signé la déclaration finale. Je me permets de parler en espagnol. Bonsoir, bienvenue. Je vous remercie sincèrement de tout cœur pour le travail que vous avez ac- compli. Il est vrai que tout tournait au- tour du thème de la préservation de l’environnement, de cette culture de la préservation de l’environnement, néan- moins cette culture de la préservation de l’environnement n’est pas unique- ment un comportement — je le dis dans le vrai sens du terme — «vert», c’est bien davantage. Prendre soin de l’envi- ronnement signifie avoir une attitude d’écologie humaine. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas dire que la per- sonne se trouve ici et que la création, l’environnement, se trouvent là. L’éco- logie est totale, elle est humaine. Et c’est ce que j’ai voulu exprimer dans l’encyclique Laudato si’: que l’on ne peut séparer l’homme du reste; il existe une relation qui influence de manière réciproque, que ce soit celle de l’envi- ronnement sur la personne ou celle de la personne selon la manière dont elle traite l’environnement; et également de l’effet rebond pour l’homme lorsque l’environnement est maltraité. C’est pourquoi à une question que l’on m’a posée, j’ai répondu: «Non, ce n’est pas une encyclique “verte”, c’est une ency- clique sociale». Car dans la société, dans la vie sociale de l’homme, nous ne pouvons pas faire abstraction de la pré- servation de l’environnement. De plus, la préservation de l’environnement est un comportement social, qui nous so- cialise dans un sens ou dans un autre — chacun peut lui donner la valeur qu’il souhaite — et qui d’un autre côté nous fait recevoir — j’aime l’expression ita- lienne, lorsqu’il est question de l’envi- ronnement —, de la Création, de ce qui nous a été offert en don, c’est-à-dire l’environnement. D’un autre côté, pourquoi cette invi- tation, qui me semble être une idée de l’Académie pontificale des sciences, de Mgr Sánchez Sorondo, très féconde, d’inviter les maires des grandes villes et des moins grandes, de les inviter ici pour parler de cela? Parce que l’une des choses que l’on remarque le plus lorsque l’on ne prend pas soin de l’en- vironnement est la croissance démesu- rée des villes. C’est un phénomène mondial. C’est comme si les têtes, les grandes villes, se faisaient grandes, mais à chaque fois avec des cordons de pauvreté et de misère plus grands, où les gens souffrent des effets de la négli- gence de l’environnement. C’est dans ce sens que le phénomène migratoire est impliqué. Pourquoi les gens vont-ils dans les grandes villes, dans les cor- dons des grandes villes — «villas mise- ria», les baraques, les favelas? Pourquoi font-ils cela? Simplement parce que le monde rural ne leur donne pas d’op- portunité. Et là réside un point présent dans l’encyclique — et avec beaucoup de respect, mais cela doit être dénoncé néanmoins —, l’idolâtrie de la techno- cratie. La technocratie conduit à détrui- re le travail, elle crée du chômage. Les phénomènes de chômage sont très im- portants et les personnes sont contrain- tes à émigrer, à la recherche de nou- veaux horizons. Le grand nombre de chômeurs est alarmant. Je n’ai pas les statistiques, mais dans certains pays d’Europe, surtout chez les jeunes, le chômage des jeunes — des moins de 25 ans — dépasse les 40% et dans certains pays, l’on arrive à 50%. Entre les 40, 47 — je pense à d’autres pays — et les 50%. Je pense à d’autres statistiques sérieuses données par les chefs de gouvernement, par les chefs d’Etat directement. Et si l’on projette cela dans l’avenir, nous voyons un fantôme, en d’autres termes quel avenir une jeunesse au chômage peut-elle envisager aujourd’hui. Que reste-t-il à cette jeunesse: ou bien les dépendances, l’ennui, le fait de ne pas savoir quoi faire de leur vie — une vie privée de sens, très dure, le suicide des jeunes — les statistiques de suicide chez les jeunes n’ont pas encore été publiées dans leur totalité — ou la recherche d’autres horizons, dans des projets de guérilla également, d’un idéal de vie. D’un autre côté, la santé est en jeu. La quantité de «maladies rares», c’est ainsi qu’on les appelle, qui proviennent de nombreux éléments utilisés pour fer- tiliser les champs — ou allons savoir, l’on ne connaît pas encore bien la cause — mais qui, quoi qu’il en soit, résultent d’un excès de technicisation. Parmi les plus grands problèmes en jeu, il y a ceux de l’oxygène et de l’eau. C’est-à- dire la désertification de grandes zones pour la déforestation. J’ai à côté de moi le cardinal-archevêque chargé de l’Ama- zonie brésilienne, qui peut dire ce que signifie une déforestation aujourd’hui en Amazonie, qui est le poumon du monde. Le Congo, l’Amazonie sont les grands poumons du monde. La défo- restation dans ma patrie depuis quel- ques années... il y a 8, 9 ans, je me rap- pelle que le gouvernement fédéral a fait un procès dans une province pour stopper la déforestation qui frappait la population. Que se passe-t-il lorsque tous ces phénomènes de technicisation excessi- ve, sans préservation de l’environne- ment, au-delà des phénomènes natu- rels, incident sur la migration? Ne pas avoir de travail et puis la traite des per- sonnes. Le travail au noir est de plus en plus fréquent, c’est un travail sans contrat, un travail «organisé sous la ta- ble». Comme il s’est accru! Le travail au noir est très répandu, et cela signifie qu’une personne ne gagne pas suffi- samment pour vivre. Cela peut provo- quer des délits, tout ce qui se produit dans une grande ville à cause de ces migrations provoquées par la technici- sation excessive. Je me réfère surtout à l’environnement agricole et aussi à la traite des personnes dans le travail mi- nier. L’esclavage minier est répandu et important. Et cela signifie l’utilisation de certains éléments de traitement des minéraux — arsenic, cyanure... — qui provoquent des maladies à la popula- tion. En cela, il y a une très grande res- ponsabilité. Tout rebondit, tout revient en arrière, tout... C’est l’effet rebond contre la même personne. Cela peut être la traite des êtres humains pour le travail esclavagiste, la prostitution, qui sont sources de travail, pour pouvoir survivre aujourd’hui. C’est pourquoi je suis content que vous ayez réfléchi à ces phénomènes — j’en ai mentionné quelques-uns, pas plus — qui frappent les grandes villes. Je dirais en fin de compte que les Na- tions unies devraient s’occuper de cela. Je place beaucoup d’espoir dans le sommet de Paris de novembre pro- chain: que l’on arrive à un accord fon- damental et de base. J’ai beaucoup d’espoir. Toutefois, les Nations unies doivent s’intéresser avec beaucoup de force à ce phénomène, surtout de la traite des personnes provoquée par ce phénomène environnemental, l’exploi- tation des gens. J’ai reçu il y a quelques mois une dé- légation de femmes des Nations unies, chargées du problème de l’exploitation sexuelle des enfants dans les pays en guerre. Les enfants comme objet d’ex- ploitation. C’est un autre phénomène. Et les guerres sont aussi un élément de déséquilibre de l’environnement. Je voudrais enfin terminer avec une réflexion, qui n’est pas la mienne, mais celle du théologien et philosophe Ro- mano Guardini, qui parle des deux for- mes d’«inculture»: l’inculture que Dieu nous a laissée, afin que nous la trans- formions en culture, et pour cela il nous a donné la mission de prendre soin, de faire grandir et de dominer la terre; et la seconde inculture, lorsque l’homme ne respecte pas cette relation avec la terre, n’en prend pas soin — c’est très clair dans le récit biblique, qui est une littérature de type mystique. Quand il n’en prend pas soin, l’homme s’empare de cette culture et commence à la faire dévier. En d’autres termes, l’inculture: il la fait dévier, en perd le contrôle et donne lieu à une seconde forme d’inculture: l’énergie atomique est bonne, elle peut aider. Jusque là tout va bien, mais pensons à Hiroshima et à Nagasaki. C’est-à-dire que l’on crée le désastre et la destruction, pour pren- dre un vieil exemple. Aujourd’hui, dans toutes les formes d’inculture, comme celles que nous avons traitées, cette se- conde forme est celle qui détruit l’hom- me. Un rabbin du Moyen Age, plus ou moins de l’époque de saint Thomas d’Aquin — sans doute quelqu’un me l’a-t-il déjà entendu dire — expliquait dans un «midrash» le problème de la Tour de Babel à ses «paroissiens» dans la synagogue et disait que pour cons- truire la Tour de Babel, il avait fallu beaucoup de temps et beaucoup de tra- vail, surtout pour réaliser les briques. Il fallait préparer la boue, chercher la paille, en faire des blocs, les couper, les faire sécher, puis les mettre au four, les Rendez-vous au Palais de verre à New York Une alliance urbaine pour un développement durable Des maires du monde entier se réunissent au Vatican Protéger l’environnement et la vie SILVINA PÉREZ De la Cité du Vatican à New York: l’alliance urbaine des maires pour le développement durable est née. Le baptême officiel aura lieu aux Nations unies le 24 septembre prochain, la veille de la visite du Pape François au Palais de verre. Tel est le résultat prin- cipal des deux journées qui ont eu lieu les 21 et 22 juillet, à l’initiative de l’Académie pontificale des sciences so- ciales, en vue d’identifier des réponses adéquates à la dégradation de l’envi- ronnement et aux phénomènes d’ex- ploitation de l’être humain qui y sont liés. Au terme de la première journée des travaux, le mardi 21 juillet, les maires présents au Vatican pour discuter du trafic d’êtres humains et de la protec- tion de l’environnement ont signé un document de conclusion qui engage les signataires à un contrôle «coura- geux» en vue de la sauvegarde de la création et en faveur des personnes le plus dans le besoin. L’intention des administrateurs lo- caux de rendre les villes plus inclusi- ves, sûres, et écologiques, et de com- battre les nouvelles formes d’esclavage a été le premier résultat de ce som- met. Il s’agit d’une déclaration qui rassemble l’écologie pour l’environne- ment et l’écologie humaine. François a par ailleurs demandé aux maires d’être des «semeurs de changement». En ouvrant les travaux de la deuxième journée des travaux, le di- recteur du réseau sur le développe- ment durable des Nations unies, M. Jeffrey Sachs, a souligné l’engagement du Palais de verre. Pour la prochaine assemblée générale de septembre, a-t- il dit, «ont été fixés dix-sept objectifs concrets et réalisables, parmi lesquels: mettre fin à la pauvreté extrême, ga- rantir des soins et l’accès à l’instruc- tion secondaire pour tous, contrôler les changements climatiques en par- NICOLA GORI L’air qui devient irrespirable à cause de la pollution et les es- paces verts qui laissent la place à la désertification; la chaleur qui devient insupportable et qui est suivie d’orages qui sem- blent des tempêtes. Tels sont certains des signes d’une dégra- dation évidente et progressive de l’environnement. Mais on ne met pas toujours en évidence qu’aux transformations du climat sont liés des phénomènes comme les migrations qui exposent des millions de personnes au risque de tomber dans les mailles des trafiquants d’êtres humains. C’est précisément le lien entre changements climatiques et esclavage moderne qui est au centre de la rencontre qui, le mardi 21 juillet, a réuni au Vatican, dans l’aula nuova du synode, des maires provenant de tous les continents. Une rencontre qui possède un écho mondial, parce que pour la première fois, se confrontent sur ce thème plus de soixante premiers citoyens de toute la planète: de ceux des mégalopoles sud-américaines, comme Buenos Aires, Mexico, Rio de Janeiro, São Paulo et Bogotá, à ceux de villes euro- péennes comme Rome, Bologne, Florence, Madrid, Man- chester, Milan, Paris, Stockholm et Cracovie; du maire d’une ville multiethnique comme Johannesbourg à celui d’une capi- tale du Moyen-Orient chargée d’histoire comme Téhéran; des représentants de métropoles modernes des Etats-Unis (New York, La Nouvelle-Orléans, San Francisco et Seattle) jusqu’à la première citoyenne de Lampedusa, petite île, mais au cen- tre des grandes routes migratoires. Il s’agit de problématiques mondiales, qui frappent tout le monde, sans distinctions, des capitales du nord à celles du sud, des plus développées à celles qui ne le sont pas encore. Qui d’autre, donc, mieux que les maires, qui sont davantage en contact direct avec les personnes, peut faire quelque chose pour changer cette situation? Telle est la conviction de l’Aca- démie pontificale des sciences sociales qui a organisé la ren- contre, à laquelle a également participé le Pape François dans l’après-midi du mardi. C’est aussi la conviction du chancelier, S.Exc. Mgr Sánchez Sorondo, qui en souhaitant la bienvenue aux participants, a rappelé que l’encyclique fait référence aux effets des changements climatiques qui se répercutent sur les populations les plus désavantagées. Le prélat a fait remarquer que ce sont précisément les maires, les gouvernants qui sont les plus proches des gens. Et, étant donné que la plupart de l’humanité se concentre dans les zones urbaines, avec une tendance destinée à augmenter, les villes et leurs habitants peuvent jouer un rôle fondamental pour le bien commun. Il existe ensuite, a-t-il expliqué, un lien entre environnement naturel et environnement humain. En effet, le réchauffement mondial est facteur de pauvreté et de migrations forcées, ter- rain fertile à la traite des êtres humains, le travail d’esclave, la prostitution et le trafic d’organes. En présentant la rencontre, Mgr Sánchez Sorondo a rappelé que plus de trente millions de personnes sont actuellement victimes de l’esclavage mo- derne, comme marchandise d’échange générant un chiffre d’affaires atteignant 150 milliards de dollars par an. Le prélat a ensuite souligné que les pauvres et les exclus influent de fa- SUITE À LA PAGE 10 SUITE À LA PAGE 10 SUITE À LA PAGE 10
  9. 9. page 10 L’OSSERVATORE ROMANO jeudi 30 juillet 2015, numéro 31 Intervention du Pape cuir... Une brique était un bijou, elle avait énormément de valeur. Et ils montaient la brique pour la mettre sur la tour. Lorsqu’une brique tom- bait, c’était un problème très grave et le coupable, celui qui avait négli- gé le travail et avait laissé tomber la brique, était puni. Lorsque tombait un ouvrier, l’un de ceux qui travail- laient à la construction, ce n’était pas grave. Tel est le drame de la se- conde forme d’inculture: l’homme créateur d’inculture et non de cultu- re; l’homme créateur d’inculture car il ne prend pas soin de l’environne- ment. Et pourquoi cette invitation de l’Académie pontificale des sciences aux maires des villes? Parce que, mê- me si cette conscience sort du centre vers les périphéries, le travail le plus sérieux et le plus profond se fait des périphéries vers le centre, c’est-à-dire de vous vers la conscience de l’hu- manité. Le Saint-Siège, ou tel ou tel pays, pourra faire un beau discours aux Nations unies, mais si le travail SUITE DE LA PAGE 8 Rencontre des maires au Vatican çon minimale sur les altérations du climat, mais sont ceux qui sont le plus exposés aux changements clima- tiques provoqués par l’homme. Le chancelier a ensuite souligné que le Pape a adopté une position ferme contre l’esclavage moderne, et qu’il a invité à plusieurs reprises à rejeter toute forme de privation de la liberté personnelle ou d’une partie du corps à des fins d’exploitation. L’évêque a également rappelé la date du 2 dé- cembre 2014, lorsque le Pape et les responsables des religions musulma- ne, hindouiste, bouddhiste et juive ont signé, à la Casina Pie IV, une dé- claration commune contre l’esclavage moderne pour réaffirmer l’engage- ment en vue d’œuvrer ensemble, tant pour éliminer ce crime contre l’huma- nité que pour redonner leur dignité et leur liberté aux victimes. Le 28 avril également, au cours d’une ren- contre, toujours à la Casina Pie IV, les Académies pontificales, avec l’ONU et les responsables religieux, se sont en- gagées à affronter ces deux urgences mondiales. Le prélat a également présenté les cardinaux Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigente, en première ligne dans l’accueil des immigrés, et Cláudio Hummes, préfet émérite de la Congrégation pour le clergé, en- gagé en faveur de la protection des populations d’Amazonie. Mme Valeria Mazza a ensuite pris la parole, en introduisant les travaux et en exprimant l’intention commune d’aider le Pape François dans son programme visant à déraciner les nouvelles formes d’esclavage et d’améliorer la crise climatique. Toutes deux conséquences d’activités humai- nes irresponsables. En tant que fem- me, mère, épouse et citoyenne, elle s’est dite convaincue qu’il s’agit réel- lement d’urgences de notre univers mondialisé que nous sommes morale- ment obligés de changer, et qu’au- jourd’hui, nous avons tous les mo- yens de le faire. La présidente de l’Académie pontificale des sciences, Mme Margaret Archer, a ensuite re- lancé l’importance de l’intégration dans la société des victimes de la trai- te, sans discriminations, et même en offrant un programme de réinsertion dans chaque pays qui prévoit une as- sistance médicale, l’enseignement de la langue, un accès à la formation professionnelle, un logement, en utili- sant au maximum les associations de bénévolat. La présidente a également souli- gné qu’il est opportun d’encourager ceux qui ont été aidés à sortir de l’esclavage de la traite, pour qu’ils soutiennent ceux qui en sont encore victimes. Puis a eu lieu le témoignage direct des maires qui, entre autres, ont an- noncé des mesures pour limiter les dégâts des changements climatiques: comme celle proposée par Bill de Blasio, de New York, qui a fixé comme objectif intermédiaire la ré- duction de 40% d’ici 2030 des émis- sions des gaz à effet de serre. Le gouverneur de Californie, M. Jerry Brown, a également dénoncé le fait que ceux qui nient la réalité du ré- chauffement planétaire bombardent l’opinion publique à travers la pro- pagande et en mettant des person- nes malléables à des postes de res- ponsabilité, au lieu de véritables ex- perts en matière d’environnement. La maire de Madrid, Mme Manuela Carmena, a parlé de la nécessité d’une classe politique qui soit un exemple pour la société et a déclaré que la lutte pour les droits humains passe également à travers la lutte contre la corruption. Pour poursuivre le discours d’in- troduction, un autre rendez-vous a eu lieu dans la matinée du mercredi 22 juillet, à la Casina Pie IV, organisé en collaboration avec les Nations unies sur le thème: Prosperity, peo- ple, and planet: achieving sustaina- ble development in our cities». SUITE DE LA PAGE 8 ne part pas des périphéries vers le centre, il n’a pas d’effet. D’où la res- ponsabilité des maires des villes. C’est pour cela que je vous remer- cie vraiment beaucoup de vous être réunis comme périphéries qui pren- nent très au sérieux ce problème. Chacun d’entre vous a dans sa ville des choses comme celles dont j’ai parlé et que vous devez gouverner, résoudre, et ainsi de suite. Je vous remercie de votre collaboration. Mgr Sánchez Sorondo m’a dit que beau- coup d’entre vous sont intervenus et que tout cela est très riche. Je vous remercie et je demande au Seigneur qu’il nous donne la grâce de pouvoir prendre conscience de ce problème de destruction que nous sommes nous-mêmes en train de dé- velopper en ne prenant pas soin de l’écologie humaine, en n’ayant pas de conscience écologique comme celle qui fut donnée au principe pour transformer la première incul- ture en culture et s’arrêter là, et ne pas transformer cette culture en in- culture. Un grand merci. Prochain rendez-vous à New-York SUITE DE LA PAGE 8 tant des villes». Pour leur part, les maires ont ap- porté le témoignage direct de leur activité administrative et de leurs choix en matière de climat. «L’en- cyclique du Pape François — a dit mercredi matin Bill de Blasio, mai- re de New York — n’est pas un ap- pel aux armes, mais un appel à la raison. Nous sommes ici au- jourd’hui pour le mettre en pra- tique; en tant que maires, nous avons plus d’instruments que ce que nous pensons. Si l’on ne s’ap- plique pas, alors on ne fait pas as- sez». Le maire de New York a éga- lement souligné la nécessité de susciter une pensée critique en ma- tière d’environnement: «Seule la perception qu’ont les personnes de l’urgence de résoudre le problème pourra nous sauver», a-t-il conclu. Le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a parlé des initiatives entreprises dans son Etat, où ont été adoptées des normes plus ri- goureuses en ce qui concerne le contrôle des émissions de gaz à ef- fet de serre. Jerry Brown a invité ses maires à ne pas être accommo- dants à l’égard des personnes qui nient le réchauffement de la planè- te. Le lien entre esclavage et chan- gements climatiques a été en revan- che au centre de l’intervention du maire de Kochi, Tony Chammany: des années de sécheresse provoquée par le réchauffement planétaire en Inde ont poussé des millions d’agriculteurs appauvris dans les villes, les transformant en victimes des «obscurs seigneurs de l’esclava- ge et de l’exploitation». Parmi les interventions, figurait également celle de Giusi Nicolini, maire de Lampedusa, qui a rappelé le voyage du Pape sur l’île sicilien- ne, en soulignant que depuis ce jour, l’Europe a ouvert les yeux sur ce problème, mais qu’elle n’a pas encore affronté la question des flux migratoires de façon adéquate. Mme Nicolini a défini «risible» l’accord européen sur la répartition des migrants dans les divers pays de l’Union. «Le Pape François croit dans no- tre rôle et dans notre œuvre à nous, maires, et nous pousse dans le même temps à croire en nos po- tentialités, en nous appelant à assu- mer un engagement concret et des responsabilités précises», a com- menté en marge des travaux le pré- sident de l’Association nationale des communes italiennes, Piero Fassino. La déclaration souscrite par les maires — a commenté Eduardo Ac- castello, maire de Villa María, en Argentine — reconnaît l’orientation et l’autorité spirituelle du Pape François, qui nous rappelle qu’«il n’y a pas de respect de soi et de l’environnement s’il n’y a pas de respect pour les autres». Après la rencontre de mardi après-midi dans la salle du Synode avec le Pape, les plus de soixante maires du monde entier se sont re- trouvés dans l’après-midi du mer- credi dans la Casina Pie IV, siège de l’Académie qui a organisé le sommet, pour un deuxième rendez- vous, plus restreint, au cours du- quel ils ont tiré les conclusions en établissant certains points centraux. De l’approfondissement du thème des travaux — «Villes durables: ren- forcer les peuples, faciliter la pros- périté et protéger la planète» — est née une déclaration commune, dans laquelle les signataires s’enga- gent «à travailler au succès des ob- jectifs de développement dans les villes et dans les domaines respec- tifs de responsabilité, et à coopérer avec les autres dans le monde pour aider toutes les villes à respecter les nouveaux objectifs avec succès» A cette fin, ils ont décidé de com- mencer immédiatement «à travail- ler ensemble» et à créer une coali- tion «entre villes au sein d’une Al- liance urbaine pour les objectifs du développement durable», qui «sera ouverte, volontaire, et participati- ve». Il s’agit en pratique de formu- ler un «programme commun» pour parvenir à un «accord mondial» sur les objectifs de développement, dont le premier est la fin de la pauvreté extrême et de la faim. Au cours des interventions de la journée de mercredi, certains pre- miers citoyens ont mis l’accent pré- cisément sur la nécessité d’une ac- tion coordonnée. Après une intro- duction de l’économiste américain Jeffrey Sachs, ont pris la parole les maires de Séoul (Corée du sud), Bogotá (Colombie), Gabororne (Botswana), Stockholm (Suède), Johannesbourg (Afrique du sud), San Francisco et La Nouvelle Or- léans (Etats-Unis d’Amérique) et Porto Allegre. Tous ont décrit une situation so- cio-environnementale préoccupan- te. Selon Park Wonsoon, adminis- trateur de la capitale coréenne, en 2014, près de vingt millions de per- sonnes ont été contraintes de fuir de leur maison à cause de catastro- phes naturelles. Des tremblements de terre et des éruptions volcani- ques ont provoqué le déplacement forcé de 1,7 millions de personnes. La grande majorité des exodes a été provoquée par des catastrophes météorologiques, en particulier des ouragans et des inondations. Aujourd’hui, lui a fait écho Ka- giso Thutlwe, maire de Gaborone, la probabilité pour une personne d’être contrainte à se déplacer est de 60% plus élevée par rapport à 1970 et les changements climatiques provoqueront des phénomènes tou- jours plus extrêmes. Ce sont des réalités qui n’épargneront pas les régions développées: au Japon, le typhon Halong en août 2014 a con- traint plus d’un demi-million de personnes à abandonner leurs loge- ments. «Le Pape François a fait appel aux maires afin qu’ils assument la direction en vue de surmonter les crises croissantes d’exclusion socia- le, de marginalisation, de dégrada- tion de l’environnement», affirme la déclaration. Par conséquent — poursuit-il — «nous, maires, et au- tres participants au Symposium, avons écouté cet appel. Nous re- connaissons les terribles menaces qui pèsent sur les futures généra- tions. Nous devons agir immédiate- ment», tel a été l’impératif en con- clusion.
  10. 10. numéro 31, jeudi 30 juillet 2015 L’OSSERVATORE ROMANO page 11 Congrégation pour les causes des saints Promulgation de décrets Intervention du Saint-Siège La protection des droits des personnes âgées A notre époque, le nombre d’en- fants diminue tandis que le nom- bre de personnes âgées est en co- nstante augmentation. L’on estime qu’actuellement, au moins sept cent millions de personnes — dix pour cent de la population mon- diale — ont plus de soixante ans, et en 2050, ce chiffre aura doublé. «Ce déséquilibre est un grand défi pour la société contemporaine», qu’il convient d’affronter dès à présent, et surtout en ce qui con- cerne les systèmes de santé et la prévention sociale. Tel est le point crucial de l’in- tervention de la délégation du Saint Siège aux Nations unies à la 66e session de l’Open-Ended Wor- king Group on Ageing General Dis- cussion, le 21 juillet (le texte inté- gral est disponible sur le site de notre journal). La délégation «res- te engagée dans la promotion et dans la protection des droits de l’homme et de la dignité de la per- sonne âgée, de même que dans l’élimination de toutes les formes de discrimination fondées sur l’âge». Et cette discussion «est particulièrement pertinente à une époque où la personne âgée est abandonnée, pas seulement dans l’instabilité matérielle, mais égale- ment du fait qu’elle est considérée comme un poids pour la société. Comme l’a dit le Pape François, «il est cruel de voir que la person- ne âgée est rejetée... Personne n’a le courage de le dire ouvertement, mais c’est le cas!». Pour faire face à l’urgence, le Saint-Siège souligne la nécessité de «promouvoir une attitude ou- verte à l’acceptation et à l’appré- ciation de la personne âgée» et de «mieux intégrer les personnes âgées dans la société». L’idéal se- rait encore que «la personne âgée puisse rester dans sa famille, avec la garantie d’une assistance sociale effective pour les principaux be- soins que l’âge ou la maladie com- porte». Le problème — affirme la délé- gation du Saint-Siège — est qu’il n’y a pas encore d’accord interna- tional qui établisse précisément la façon de protéger les droits de la personne âgée. «Certains ont pro- posé d’établir de nouveaux méca- nismes similaires à la Convention des droits des personnes porteuses de handicap; d’autres ont souligné le besoin de développer les enga- gements que les Etats ont déjà pris à ce sujet; d’autres encore pe- nsent que le Madrid International Plan for Action on Ageing contient déjà les mesures que nous devons adopter pour protéger les droits de la personne âgée». Mais le point le plus important — souligne le Saint-Siège — est qu’une «ap- proche basée uniquement sur le respect des droits de l’homme ne sera pas suffisante si elle n’est pas renforcée par des politiques et des programmes» qui combattent les discriminations à la racine. François revient sur le scandale de la division des chrétiens Un dialogue qui doit se poursuivre Un appel à poursuivre le dialogue pour surmonter les incompréhensions et les divisions a été lancé par le Pape François dans le message pour le cinquantième anniversaire de l’institution du groupe de travail entre l’Eglise catholique et le Conseil œcuménique des Eglises. Le texte a été lu par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, au cours du congrès qui s’est tenu le mardi 23 juin, au centre Pro Unione, à Rome. tes que les idées (cf. n. 233). Le groupe de travail mixte doit viser à affronter les préoccupations réelles des Eglises à travers le monde. Ain- si, il sera davantage capable de pro- poser des mesures de collaboration visant non seulement à rapprocher davantage les Eglises, mais aussi à assurer qu’elles offrent une diakonia efficace, conforme aux besoins des personnes. En remplissant cette tâche, le groupe de travail mixte se distingue par son caractère et ses objectifs. Les neuf rapports présentés jusqu’à pré- sent témoignent de la compréhen- sion et de la reconnaissance crois- santes des liens de fraternité et de réconciliation qui, dans le contexte changeant du christianisme dans le monde moderne, soutiennent les chrétiens dans leur témoignage et leur mission commune d’évangélisa- tion. Nous devons reconnaître toute- fois qu’en dépit des nombreuses réa- lisations œcuméniques de ce dernier demi-siècle, la mission et le témoi- gnage chrétiens souffrent encore à cause de nos divisions. Les désac- cords sur divers sujets — en particu- lier sur des questions anthropologi- ques, éthiques et sociales, ainsi que des questions liées à la compréhen- sion de la nature et des conditions de l’unité que nous recherchons — exigent encore des efforts intenses. Notre dialogue doit continuer! J’en- courage le groupe de travail mixte à poursuivre sa discussion sur les questions œcuméniques fondamen- tales et, dans le même temps, à pro- mouvoir des modalités pour que les chrétiens puissent témoigner ensem- ble de la communion, réelle, bien qu’imparfaite, que partagent tous les baptisés. Soyons toujours certains que l’Esprit Saint continuera d’assis- ter et de guider notre chemin, de manières souvent nouvelles et par- fois inattendues. De la même façon, cet anniversai- re est l’occasion d’exprimer notre gratitude à l’égard de tous ceux qui, au cours des cinquante dernières an- nées, ont servi inlassablement la cause de l’unité chrétienne et promu la proclamation joyeuse de l’Evangi- le (cf. Mt 28, 18-20). Unissons-nous pour implorer notre Père céleste, afin qu’il nous accorde, au moyen de Jésus Christ notre Rédempteur, et dans la puissance de l’Esprit Saint, le don de l’unité pleine et vi- sible entre tous les chrétiens, de sor- te que l’Eglise devienne toujours plus un signe d’espérance pour le monde et un instrument de réconci- liation pour tous les peuples. FRANÇOIS Dans l’après-midi du 16 juillet 2015, le Saint-Père François a reçu en audience S.Em. le cardinal An- gelo Amato, S.D.B., préfet de la Congrégation pour les causes des saints. Au cours de l’audience, le Saint-Père a autorisé la Congréga- tion à promulguer les décrets con- cernant les vertus héroïques: — du serviteur de Dieu André Szeptyckyj (dans le siècle: Romain Alexandre Marie), de l’Ordre de Saint-Basile, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens, métropolite de Halyč; né le 29 juillet 1865 à Prylbyci (Ukraine) et mort à Lviv (Ukraine) le 1er novembre 1944; — du serviteur de Dieu Giusep- pe Carraro, évêque de Vérone; né à Mira (Italie) le 26 juin 1899 et mort à Vérone (Italie) le 30 décem- bre 1980; — du serviteur de Dieu Augustin Ramírez Barba, prêtre diocésain, fondateur de la Congrégation des Sœurs servantes de la Miséricorde; né le 27 août 1881 à San Miguel el Alto (Mexique) et mort à Tepati- tlán (Mexique) le 4 juillet 1967; — du serviteur de Dieu Simpli- cien de la Nativité (dans le siècle: Aniello Francesco Saverio Mares- ca), prêtre profès de l’Ordre des Frères mineurs, fondateur de la Congrégation des Sœurs francis- caines des Sacré-Cœurs; né à Meta di Sorrento (Italie) le 11 mai 1827 et mort à Rome (Italie) le 25 mai 1898; — de la servante de Dieu Marie du Refuge Aguilar y Torres, veuve Cancino, fondatrice de la Congré- gation des Sœurs mercédaires du Très Saint Sacrement; née à San Miguel de Allende (Mexique) le 21 septembre 1866 et morte à Mexico (Mexique) le 24 avril 1937; — de la servante de Dieu Marie- Thérèse Dupouy Bordes, religieuse professe de la Société du Sacré- Cœur de Jésus, fondatrice de la Congrégation des Missionaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie; née à Saint Pierre d’Irube (France) le 6 mai 1873 et morte à San Se- bastián (Espagne) le 26 mai 1953; — de la servante de Dieu Elisa Miceli, fondatrice de l’Institut des Sœurs catéchistes rurales du Sacré- Cœur; née à Longobardi (Italie) le 12 avril 1904 et morte à Frascati (Italie) le 19 avril 1976; — de la servante de Dieu Isabel- la Méndez Herrero (en religion: Isabella de Marie Immaculée), sœur professe de la Congrégation des Servantes de Saint-Joseph; née à Castellanos de Moriscos (Espa- gne) le 30 août 1924 et morte à Sa- lamanque (Espagne) le 28 décem- bre 1953. A l’attention du Révérend OLAV FYKSE TVEIT, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises Le cinquantième anniversaire du groupe de travail mixte entre l’Egli- se catholique et le Conseil œcumé- nique des Eglises est une occasion de rendre grâce à Dieu Tout-Puis- sant pour la relation œcuménique importante que nous vivons au- jourd’hui. C’est donc également un moment d’action de grâce au Sei- gneur pour tout ce que le mouve- ment œcuménique a réalisé depuis ses débuts, il y a plus de cent ans, inspiré par le désir de cette unité que le Christ a voulue pour son corps, l’Eglise, et par un sentiment naissant de tristesse pour le scandale de la division entre les chrétiens. Depuis son institution en 1965, le groupe de travail mixte a promu les conditions nécessaires en vue d’un plus grand témoignage commun de l’Eglise catholique et des Eglises et communautés ecclésiales du Conseil œcuménique des Eglises. En réflé- chissant sur ces cinquante dernières années, nous devrions être encoura- gés par la collaboration favorisée par le groupe de travail mixte, non seulement à propos des questions œcuméniques, mais aussi dans les domaines du dialogue interreligieux, de la paix et de la justice sociale, ainsi que dans les œuvres caritatives et dans les aides humanitaires. Le groupe de travail mixte ne devrait pas être un groupe introspectif. Il doit en revanche devenir toujours plus un «groupe d’experts», ouvert à toutes les occasions et à tous les défis que les Eglises doivent affron- ter aujourd’hui dans leur mission d’accompagner l’humanité souffran- te sur le chemin du Royaume, en imprégnant la société et la culture des vérités et des valeurs de l’Evan- gile. Dans mon exhortation aposto- lique Evangelii Gaudium, j’ai observé que les réalités sont plus importan-

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