ARCHITECTURE FR.- VIOLLET LE DUC 7

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ARCHITECTURE FR.- VIOLLET LE DUC 7

  1. 1. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DILARCHITECTURE FRANÇAISE DU XI AU XV! SIÈCLE VII Droits de traductloa et de reproducllon réservé»
  2. 2. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DELARCHITECTURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLE PAR E. VIOLLET- LE - DUC ARCHITECTE TOME SEPTIÈME PARIS LIBRAIRIES - IMPRIMERIES RÉUNIES TTfrE MAISON MOBEL 5, EUE SAINT - BENOIT, 5
  3. 3. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DK LARCHITECTURE FRANÇAISE DU XT AU XVIe SIÈCLE PALAIS,s. m. Cest la maison royale ou suzeraine, le lieu où le suze-rain rend la justice. Aussi ce qui distingue particulièrement le palais,cest la éas«7/jMe, grande salle qui toujours en lail la partie princi- la pale. Le Palais, au moyen à^e, est, a dater des Carlovingieiis, placédans la capitale du suzerain, cest sa résidencejusque vers le xic sie-cle. Cependantles rois mérovingiens ont possède des palais dans lescampagijesou a proximité «lesville-. Iles premiers palais el.iieiil a peuprès élevéssur le modèle des nï(<r gallo-romaines, quelquefois mêmedans les restes de cesétablissements.Lesp;dai- de Yerberie, de l.om-piègne, de Chelles, de Noisy, de Braisne, dAtligiiy, nétaient que devéritables villa. « Lhabitation royale navait rien de laspect militaire des châteaux« du moyen âge : cétait un vastebâtiment entouré de portiques dar-" chitecture romaine, quelquefois construit en bois poli avec soin et« orné de sculptures qui ne manquaient pas délégance. Autour du« principal corps de logis se trouvaient disposés,par ordre, les loge-- menls des ofticiers du palais, suit barbares, soit romains dorigine,« et ceux des chefsde bande qui, selon la coutume germanique, sé-«"taient mis avec leurs guerriers dans lu truste du roi, cest-à-dire, MJUS « un engagementspécial de vasselage de fidélité. Dautres maisons et- de moindre apparenceétaient occupéespar un grand nombre de fa-" milles qui exerçaient,hommeset femmes,toutes sortes de métiers...» La plupart de ces familles étaient gauloises, néessur la portion du* sol que le roi sétait adjugé comme part de conquête, ou transpor- vn. - 1
  4. 4. [ PALAIS ] - 2 -< féesviolemment quelques de villesvoisinespour coloniser do- le" maineroyal ; mai- si lon en juge par la physionomiedesnomspro-« près,il y avaitaussiparmiellesdesGermains dautresbarbares et«<dont lespères étaientvenusen Gaule, comme ouvriersou gensde. service,a la suite desbandesconquérantes. Dailleurs,quelle que " tut leur origine, ou leur genredindustrie, ces familles étaient pla- " rées au mêmeranget désignées le mêmenom, par celui de h.les par" en languetudesque, en languelatine par celui de fîscalins,cesl- " et« à-dire attachées au fisc. Des bâtiments dexploitation agricole, des<.haras, des étables, des bergeries et des granges, les masures des cultivateurs et les cabane des M-rfs du domaine complétaient le vil- -<"lage rnyal. qui ressemblaitparfaitement,quoique sur une plus.. grandeéchelle,aux villagesde lancienneGermanie1... Des haies »vives,des murs de pierres sèches,des fossés,entouraient cet ensemblede hàtimeiiK et tonnaient quelquefois plusieurs enceintes, suivantlusagedes peuple* i|u Nord. Laivh ileclure des bâtiments participaitde-,diversesinfluences sous lesquelles on les avait élevés: cétait unmélangede Iradilioiis gallo-romaineset de constructions de bois éle-vées avec un certain art, peintes de couleurs brillantes. Des granges,des hangar>. des celliers énormes, contenaient des provisions amas- séespendant plusieurs mois, et que les princes barbares venaient con- sommer aec leurs leudes. Lorsque tout était vide, ils se transpor-laienl dans un autre domaine. Ces palais, bâtis sur la lisière desgrandes furets, retentissaient des cris des chasseurs et du fracas dor-gies qui se pruluii^eaient souvent pendant plusieurs jours. Les Carlo- indiens conservèn-nt encore cet usage de vivre dans les palais de cam-pagne. et Charlemagneen possédait un grand nombre -. Mais alors lavie en commun était remplacéepar une sorte détiquette; les palaisressemblaientdavantagea une cour; de beauxjardins les entouraient,cultives avec soin ; les enceintes étaient mieux marquées. Toutefois lagrande salle, la basilique, formait toujours la partie principale du do-maine. Voici fig. 1) un aperçu de lensemble de ces palais carlovin-giens. Charlemagneavait fait entièrement rebâtir le palais de Verberie,près de Compiègne.Il en restait encore de nombreux fragments dansle dernier siècle, si lon en croit le P. Carlier3. Daprès cet auteur,Charlemagneaurait bâti la tour du Pnedium,cest-à-dire le donjon do-minant le domaine, tour dont les soubassements étaient encore visi-bles de son temps.Il aurait fait construirele principal corpsde logis 1 /,v il i/.-s/ciuyis- mérovingiens, AugustinThierry, récit 1". par CharliMiia/iiavait aussides palaisdansdes villes, celui dAix entre autres,qui "c | ->.iit pour très-beau. " Karles ne torna pas i Saint-Pullc in n lir " Nan Sunl.iLii- |.liiiiiT, <|i fu ili- marbre bis. " (La Chantondts Saxons,cli. L.) 1Ili-t itnduché Valois, leP.Carlier, dAndrezy, t. F, Jl, jfjg de par prieur 1761, liv p
  5. 5. - 6 [ VALAIS]« édificeimmense ainsiquela chapelle palais, qui, « conservait », duencorele nom de chapelleCharlemagne xivesiècle.» au « Ce palais, dit le V. Carlier, tenait a plusieurs dépendances,qui formaient comme autant de châteaux particuliers, dont chacun avait sadestination... Le palais de Verberie avait son aspect au midi ; les édifices qui le composaient sétendaient de loccident à lorient, sur une ligne de 240 toises. Un corps de logis très-vaste,où se te- naient les assembléesgénérales, les parlements, les conseils, etc., mallobergium terminait à loccident cette étendue de bâtiments, de , même que la chapelleù lorient. La chapelle et la salle dassemblée formaient comme deux ailes, qui accompagnaientune longue suite déditices de différentes formes et de différentes grandeurs. Au centre de toute cette étendue paraissaitun magnifique corps de logis dune hauteur excessive,composé de deux grands étages... Jai tiré ces notices, ajoute Carlier, de quelquesrestesde lancien palais et dun 1 Mallobergium, malbergium,maison desplaids, lieu où lon rendait la justice. (Voje*du Gange,
  6. 6. [ PALAIS ] -4 -« titre du règnedeFrançois qui permet démolition diffé- Ier, la des" rentes partiesde cepalais.Cesparties bâtiment de avaient m- été« cendiées sous le règne infortuné de Charles VI, un >iècle aupara-<" ;mt. » Cene fut quaprèsles invasionsdes Normandsque ces résidencesse convertirent en forteresses,et constituèrent les premiers châteauxfrodaux. iVoy. CHATEAU.) La résidencedes rois de France, dans lîle de la Cité, à Paris, étaitdésigné*te le nom du Palaispar excelllence, sous tandis quon disait lechâteau du Louvre, le château de Vincennes. Tous les seigneurs suze-rains possédaient palais dans la capitale de leur seigneurie.A unTroyesétait !""palaisdescomtesde Champagne, Poitiers celui des àcomtes de Poitiers, à Dijon celui des ducs de Bourgogne. Cependant,à dater du xr siècle, conformément aux habitudes des seigneurs dumoyenà^e, h-palaisétait ou fortifié ou entouré dune enceinte for-litiée; maisgénéralement occupaitune surface il plusétenduequeleschâteaux campagne, composait servicesplus variés, et lais- rie se de^ait quelques-unes ses de dépendances accessibles public. Il en était audemêmepour lesrésidences urbaines évèques, prenaientaussi des quile nom de palais,et qui nétaient pas absolument ferméesau public»conum1le châteauféodal. Plusieurs de nos anciens,palais épiscopauxde France conservent ainsi des servitudes qui datent de plusieurssiècles. Les cours, plaids, parlements, les tribunaux de lofficialité, setenaient dans les palais du suzerain ou de lévèque : il était donc né-cessairede permettre au public de sy rendre en maintes occasions.La partie essentielle du palais est toujours la grande salle, vaste es-pace couvert qui servait à tenir les cours plénières, dans laquelle onconvoquait les vassaux,on donnait des banquets et des fêtes. De lon-guesgaleries accompagnaienttoujours la grande salle ; elles servaientde promenoirs.Puis venaitla chapelle,assez vastepour contenir unenombreuse assistance puis les appartements du seigneur, les loge- ;ments des familiers, le trésor, le dépôt des chartes ; puis enfin lesbâtiments pour les hommes darmes, des cuisines, des celliers, desmagasins,des prisons,des écuries,des préaux,et presquetoujoursun jardin. Une tour principale ou donjon couronnait cette réunionde bâtiments, disposésdailleurs irrégulièrement et suivant lesbesoins. La plupart de cespalais navaient été bâtis dun seul jet, mais passétaient accrus à peu,enraisonde la richesse de limportance peu oudes seigneurs auxquels ils servaientde résidence. Le palais des rois à Paris, dans lequel ces souverains tinrent leurcour, depuisles Capétiens jusquàCharles présentaitainsi, au com- V,mencement xne siècle, réunionde bâtiments du une dont lesplusan-ciens remontaient à lépoque de saint Louis, et les derniers dataient durègne de Philippe le Bel. Des fouilles récemment faites dans lenceintedu palais de Paris ont mis au jour quelques restes de constructions
  7. 7. -5 - [ PALAIS ]gallo-romaines, notamment du côté de la rue de la Barillerie ; mais danslensemble des bâtiments il ne reste rien dapparent qui soit antérieurau règne de Louis IX. Depuis CharlesV, le Palais fut exclusivementaffecté au service de la justice, et les rois ne lhabitèrent plus. Ce suu-verain y fit faire quelques travaux intérieurs, ainsi que Louis XI;mais Louis XII laugmenta en construisant le bâtiment destiné à lachambredescomptes, qui setrouvait occuper,placede la Sainte- etChapelle, lemplacementaffectéaujourdhuià lhôtel du préfet de po-lice. Nous donnons (fig. -2)P plan du Palais de Paris à rez-de-chaus-sée,tel quil existait au commencementdu xvi" siècle. Des constructions de saint Louis, il ne restait plus alors, commeaujourdhui encore, que la Sainte-Chapelle le enrp-< bâtiment 1$ A, decompris entre les deux tours du quai de lHorloge, cl la loiir carréedu coin G, dont les substructions paraissent même appartenir à uneépoque plus ancienne. Le bâtiment D, affecté aux cuisines, est un peupostérieur au règne de saint Louis. Peut-être lenceinte E, avec le>portes F, qui existaientsur la rue de la Barillerie, et qui, au xiv siècle,donnaient encore sur un fossé, avaient-elles été élevées par Louis IX,ainsi que le donjon G, dit tour de Montgomery, et qui subsistajusquevers le milieu du dernier siècle2? Philippe le Bel fit construire les galeries H, la grande salle I, lesportiques K et le logis L, « tres-sumpleux et magnifiques ouvrages »,dit Gorrozet3, qui les a encore vus tout entiers, bâtis sous la directionde « messire Enguerrand de Marigny, comte de Longueville et géné-« rai des finances, et voyez (ajoute le même auteur) quels hommes on« employoit jadis à tels états plustost que des affamez,et des hommes« qui ne demandentque piller largent du prince. » Enguerrand deMarigny nen fut pas moins pendu, comme chacun sait, ce qui enlèvequelque chose au sens moral de la remarque du bon Parisien Cor-rozet. Les bâtiment* de la chambredes comptes, commencéspar Louis XIet achevéespar Louis XII, étaient en M. En N, était une poterne avectournelles, dont nous avons encore vu les restes intéressants il y aquatre ans. Cette poterne et lenceinte 0, avec quais, dataient duxive siècle. Quant à lenceinte E, ses traces étaient visibles dans desmaisonsparticulières avant la construction du bâtiment actuel de lapolice correctionnelle, ainsi que le constate un plan relevé avec leplus grand soin par M. Berty, et accompagnéde renseignements bien 1 Ce fut dans cette tour que Montgomery fut enfermé après le tournoi qui fut si fatalà Henri 11. 1 Ainsi que le constatent deux dessins fort curieux, représentant les démolitions duPalaisavant la constructionde la façadeactuelle sur la cour du May. Ces dessin?, quiappartenaient à M. Lassus,ont été lithographies pour faire partie dune monographie duPalais na pasété publiée. qui 1 Antiquitésde Paris
  8. 8. [ PALAlbJ G-précieux1. une En était chapelle sousvocable Mi P placée le desaint »Voy. VffisJ. topogr. archéof lâne. et de Paris, MMA. Lenoir Bwty par eU. iTeuille .V).
  9. 9. - 7 - [ PALAIS ]chel, en H le pont aux Changeurs,et en S le pont aux Meuniers, ou l<îGrand-Pont. T, le jardin, les treilles du roi, séparé dune petite île En(île auxVaches)par un bras de la Seine. Là était le bâtiment desétuves.De ce vasteensemblede logis et monuments, il reste encore aujour-dhui : la Sainte-Chapelle,privée seulement de son annexeV à troisétages,servant de sacristie et de trésor des chartes; le rez-de-chaus-sée de la grande salle, tel quele donne notre plan; une partie notabledesparties la partieintérieure bâtimentdescuisines de la K; du etsalle B, ainsi que les quatre tours sur le quai de lHorloge; le logis Ldans toute sa hauteur. Cétait dans la cour X quétait planté le may.Cette réunion de monuments, tous dune bonne architecture, présen-tait au centre de la Cité laspect le plus saisissant. Nous avons essayéden donner une idée dans la vue cavalière (tig. 3j prise de la pointede I ile en aval . Les étrangers qui visitaient la capitale semei eillaionl.fort de la beauté des bâtiments du Palais,principalement de leffet dela cour du May, qui, en entrant parla porte donnant sur la rue de laBarillerie, présentait une réunion dédifices plantés de la manière laplus piltoresque. Le grand perron, qui donnait au premier ela^e de lagalerie dEnguerrand ; celui de droite, qui moulait sur la (errassecommuniquant à la grande salle; les parois de celle-ci avec ses fenê-tres à meneaux ; le gros donjon de Montgomery, dont la toiture parais-sait au-dessusdes combles de la grande galerie, la Sainte-Chapelleavec son trésor, formaient réellement un bel ensemble, quoique peusymétrique. Si lon tournait à gauche vers la chapelle Saint-Michel,on découvrait la façadeélégantede la Chambredes comptes avec songracieuxescalier couvert, puis lescalier de la Sainte-Chapellebâti parLouis XII, puis le gros donjon relégué au fond de la cour. En longeantla Chambre des comptes, on passait dans les jardins du Palais, et Tonvoyait se développer la façade mouvementée du logis, dont il reste en-core aujourdhui loule une portion. A chaque pas, cétait un aspectnouveau, une surprise, et la variété de toutes ces constructions con-tribuait à augmenter leur étendue. Il y a bien loin de ce palais auxbâtissesglacialeset ennuyeuses par leur monotonie, auxquelles noussommes habitués depuis le grand siècle. Cest dans ce palais que Charles V recul et logea lempereurCharles IV, probablement dans des bâtiments qui occupaient lempla-cement affectéplus tard à la Chambre des comptes... <« Lors, tist le« roy lever lempereur, à tout sa chayere, et, contremont les degré/.« porter en sa chambre (lempereur était goutteux;, et aloit le roy, Vnvez le graml plan de Paris à vol doiseau, par Mérian, et la tapisserie île lHùlt-lil. ville; la Topographie la Gaule,par Mérian; Livre troisième dp lu Cosmogr.utn- dei-erselle, SébastienMunster et Belleforest, 1665; le plan de Gomboust; lSuvre dIsraëlSlestre; la Topographie la France,Bibl. nat ; lSuvre de Pérellc (vue du pont lu deChange)Ilist. pittor. du Palaisde.Justice,par Sauvan Schmit, IH-J.j lItinéraire arch. ; et ;<lefarts, par M. le baronde Guilhermy.
  10. 10. [ PALAIS ] - 8 -c, costé, menoit roydeslloiuniains sa sénestre dun i-t le à main, et it " «s i L !^^: r J "--"-*" I« ainssy le convoyaen sa chambrede bois dIrlande, qui regarde sus« les jardins et vers la saincte Chapelle, quil avoit fait richement ap-« pareiller, et toutes les autres chambresderrière, laissapour Tern-
  11. 11. - y - [ lALAlSJ et son filz ; et il fu logiés es chambreset galatois que son« père le roy Jehan fist faire . » II est certainquecespalais,cesgrandes résidences seigneuriales, aumoyen Age,sélevaientsuccessivement. Suivant une habitude que nousvoyons encore observée en Orient, chaque prince ajoutait aux bâti-ments quil trouvait debout, un logis, une salle, suivant h-s goût?,oules besoins du moment. 11ny avait pas de piojvt densemble suiviméthodiquement, exécuté par fractions, et, loin de se conformerà une disposition unique, les seigneurs qui faisaient ajouter quelquelogis à la demeure de leurs prédécesseurs,prétendaient donner àlSuvre nouvelle un caractère particulier; ils marquaient ainsi leurpassage,laissaient lempreinte de leur époque en bâtissant un logistout neuf, suivant le goût du jour, plutôt que dapproprier danciensbâtiments. Os nsidfiirt> pnM-ntent donc de la variété non-seule-ment dans les parties qui les composent,mais aussi entre elles, et sileur programmeest le même,la manière dont il a été interprété diffère/dans chaque province. Ici la chapelleprend une importance considé-rable, là elle se réduit aux proportions dun oratoire. Dans tel palais,le donjon est un ouvrage de défenseimportant ; dans tel autre, il neconsiste quen une bâtisse un peu plus épaisse et un peu plus élevéeque le reste du logis. Seule la grand salle occupe toujours une vaste/surface,car cest là une partie essentielle, cest le signe de la juridic-tion seigneuriale, le lieu des grandes assemblées ; comme dans b-s-châteaux, elle possède un large perron et sélève sur des celliers voû-tés. A Troyes, par exemple,le palais des comtesde Champagne, accoléà légliseSaint-Etienne, lui servait chapelle, qui de navait,relative-ment à lédifice religieux, quune étendue assezmédiocre ; sesloge-ments étaient peu nombreux, mais la grand salle avait 52 mètres delongueur sur 20 mètres environ de largeur. Une tour carrée, accolée-au tlanc nord de léglise et dépendant de celle-ci, servait de trésor etde donjon. Les pièces destinées à lhabitation, renfermées dans unpremier étage sur rez-de-chausséevoûté, étaient placées en enfilade-sur lun des lianes de la grand salle et devant léglise du côté ouest;elles donnaient sur un bras de la Seine. Un jardin du côté du midi etune place du côté septentrional bornaient le palais ; cétait sur cetteplaceque sétendaitle large perron servantdentréeprincipale à lagrand salle2.Du reste, le palais de Troyes cessadêtre la demeure descomtes de Champagne 1220; ceux-ci préférèrent établir leur rési- dèsdence à Provins. Le palais des comtes de Poitiers est un de ceux qui, en France, ontconservepeut-être les plus beauxrestes. Bâti sur des ruines romainespar les Carlovingiens,puis détruit à plusieurs reprises, il fut réédifié 1Christine Pisan, Livredes de le faictset bonnes meurs sage Charles, du roy chap.xxsvrii. 1"Voyez plandece palaisdansle Voyage le archéol.dansle département lAube* depar A. F. Arnaud(I837j. Cepalaisest entièrementrasé. vu. - 2
  12. 12. PL1S] - l» -parGuillaume Grand commencement siècle; cette le au du Me dereconstructionil ne reste rien. On attribue à Guy Geoffroy,1"Guillaume, construction la grandsallequenousvoyons la de aujour-dhui: mai-cettesalleprésentant lescaractères larchitecture tous decivilede la tin du xucsiècle, GuyGeoffroy et étantmort en 1086, faut illui trouver un autre fondateur.Le palaisde Poitiers fut brûlé en 1346par les Anglais,puis réparé en 13!i:> Jean,duc de Berryet comte parde Poitou. Ceprince,frère du roi Charles tit rebâtir le pignon de la V.grand salle, décore dune immense cheminée (voy. CIIKMIMÔI-:, .» fig.et l(i , et le donjonqui existeencore,quoiquetrès-mutilé,et qui sertaujourdhui de cour dassises. Cette magnifique construction se com-posedun gros corps de logis barlong,à trois étagesvoûtés,flanquéde quatre tours rondesaux angleset couronnéde mâchicoulis, cré-neaux et combles. Nousdonnons tig. ) le plan despartiesencoreexistantes palais du de Poitiers. En A est la grand salle, 4* enl! ledonjon. Dautres logisexis- taient en C, mais il nen reste plus que quelques traces. La muraille de la ville gallo-romaine passait en R et servait de soubassement à la grand salle, dont lentrée était en D. Une déviation de voie pu- blique, ou peut-être lorientation, avait dû faire planter le donjon de biais,ainsiquelindiquele plan. Ce donjon du palais affecte une disposition particulière qui nest point celle que nous observons dans les donjons de châteaux,les- quels ne présentent quune tour ou un amas de logis fortement défendus desouvrages par impor- tants, comme lest, par exemple, celui du château de Pierrefonds. Le donjon du Palais de Poitiers est à lui seul un petit château, possédant une grand salle à cha- que étage et des chambres dans lestours.Il affecte apparence une de forteresse, mais il nest réelle- entquungroslogis éclairé delarges par baies nétaitnullement etpropreladéfense rapproche a ;il se delarchitecture etles civile, tours, «Cest M. de là, dit r.h. Chergê, r.nide voyageur que dans son du a Poitiers,se. iruuvetour la historique deMaubeigeon audiences couverts, IMall.h^j, enlieux Mallo-
  13. 13. - I1- [ PALAIS]les mâchicoulis, ne sont là quun appareil féodal. Nous donnons(fig. S une élévation donjondu palaisde Poitiers,faite sur lun dudespetits côtés. Aujourdhui les constructionsdes tours sont déra-séesau niveauN; cependant seizestatues été conservées les ont surleurs culs-de-lampe, quoique fort mutilées. Ces statues surit revêtuesde lhabit civil du commencement du xv siècle. Lartiste a-t-il voulureprésenter comtesdu Poitou?Cestcequil est difficile de savoir. les(Juoi quil en soit, elles sont dun beautravail. La coupe lransersaledu donjon, faite sur la ligne BGdu plan (fi},.6), montre les deux sallesinférieures, avec leurs voûtes reposant sur une épine de trois piliers,puis le secondétage ne formant plus quune grand salle >ans piliers.ku-dessus setrouvent le galetas et les chemins de ronde desservantles mâchicoulis. Un escalier à vis compris dans une tour carrée,autrefois englobée dans les logis bâtis entre ce donjon et la grandsalle, permet darriver aux trois étagespar un couloir détourné, ainsique lindique le plan. Les palais des seigneurs suzerains laïques forment au milieu desvilles où ils sont situés une sorte doppidum, de lieu à la fois fortifié etsacré,comme était lacropole des villes grecques,(/est dans le palaissuzerain que sont conservées les reliques les plus précieuses et les plusvénérées parle peuple; cest là que sont déposés les chartes, les tré-sors ; cest là que se tiennent les cours plénières, que siègentles parle-ments, que se passent les fêtes à loccasion du mariage des princes,des traités. Quant aux palais des évèques,ils ont un autre caractèrequi mérite de fixer lattention des archéologues. Situés dans le voisi-nagedes cathédrales(ce qui est naturel/, ils sont presque toujouisbâtis le long des murailles ou sur les murailles mêmes de la cité, etpeuvent contribuer à leur défense au besoin. Ce fait est trop généralpour quil nait pasune origine commune. En premier lieu, il prouve-lait ceci : cest que le> evêchesse sont établis, primitivement, surquelque castellum tenant aux murs desvilles gallo-romaines; en secondlieu, que la construction de ces palais à dû précéder la constructiondes cathédraleset déterminer leur emplacement.En effet, on ne sex-pliquerait pas comment la plupart de nos plus anciennescathédrales,«bergium), où, dèslorigine,et sousChai-lnu^m, lieu luivuttenuesle* audiences pu-« bliqueset rendue la justice, et dont relevèrent di-piii>tous les fiefs capitauxde la pro-«vince Cefut dans palais Poitiersquele dauphin, deFrance, proclamé ..... le de lïls fut" roi sousle nom de Charles (oct. 1422); ce fut là enruiv que lut interrogée,par les VII" docteursles plus habiles,JeannedAre, la Pucelle(mars U"29j; ce fut là que sassem-" blèrent les parlementsde Paris et de Bordeaux,au moment où la France presque« entière était anglaise..... » Si un monument est historique, cest bien celui-là. 1 En effet, les saillies des ornements entourant les fenêtres, les statues décorant lescjlindres des tours, auraient jtiné beaucoup le service des mâchicoulis, si lon eût vouluen faire usage en cas dattaque. M. de Mèiindol a bien voulu nous communiquer lexcel-lent travail quil a fait sur le palais de Poitiers,et cest daprèsses relevéstrès-exactsqu^nos dessins ont été réduits.
  14. 14. l PALAIS ] - 12 -rebâties plusieurs toujours le même fois, sur emplacement, les depuisvu et vin siècles, cellesde Paris, de Meaux, Bourges, de dAmiens,de m -J laTSoissons, Beauvais, Laon, de Senlis, de Noyon, de Langres. de dedAuxerre, Mans, du dEvreux, Narbonne, de dAlby, dAngoulême, dePoitiers, de Carcassonne, Limoges, et tant dautres, sélèventplutôt de
  15. 15. 13 - L PALAIS Jprès des anciens remparts quau milieu même de lenceinte des cités.Les villes gallo-romainespossédaient,ou un capitule, ou au moins uncastellum, long dun des fronts des remparts, comme sont encorenos lecitadelles modernes;cest au milieude ce capitole gallo-romain, oudansun de cesréduitsvoisins remparts, simplantent pre- des que lesmiersévêchés. Noublions quàla fin duM"siècle, lesévèques pas «fiaient chefs les naturels villes quilsadministraient des ; le peuple
  16. 16. [ PALAIS ] - H-dans lintérieur chaque ; quilsle représentaient des de cité auprèsbarbares quils étaientsesmagistrats dedans, protecteurs ; en ses audehors *. » Lepalais épiscopal la cathédrale bâti, sélèvecôté et chaque à ; foisquelacathédrale rebâtitàneuf,il estrarequele palais se épiscopalnesoitpoint reconstruit même en temps. il nousreste Or quelquesplansdévéchés ue siècleet mêmedu xie. Cesplansprésententunedis- dupositionà peu près uniforme: une grand salle,une chapelle, unetour ou donjon, desdépendances mixtes entre le palaiset la cathé-fir.vle, deslogisqui, probablement, et avaient dimportance, peu puis-quon nen trouvepas de traces.Le signereprésentatif pouvoir duépiscopal, la fois religieuxet civil dansles premierssiècles moyen à du;V-if.cest la grand salle, curie canonique et civile, au besoin forte-resse,qui devientplus tard lofticialilé et la sallesynodale. LévêchédeParis,reconstruitpar lévêque Mauricede Sully, vers 11GO, conservaitencore ce caractère; il ne faisait dailleurs que remplacer un palaisplus ancien dont les fondations, découvertes par nous en 1843et 1816, peuvent passer pour une structure gallo-romaine. CétaiHarésidence dont parle Grégoire de Tours, et qui existait de son temps.Dans la chapelle palatine épiscopale, dont nous avons vu encore lesrestes en 1830,on lisait cette inscription rapportée parle P. Dubreul- :« fftee basilica(la chapelle) cunsecratn a Domi.no est Mauritio Parisiensiepisco/jo, honorebeat/rMmHP,beatorum in martynun Dionysii, Vincentii,.Wnitritii, tt «iiiiiiinii sonr-tortim. Or, ce palais reconstruit par Maurice »de Sully se conduisait dune grand salle, avec bâtiments tenant auchSur de la cathédrale, quil réédiliait en même temps, et dune cha-jMHe.Deslogement^privés du prélat, nulle trace. Voici (fig. 7) le piandu rez-de-chaussrr de ce palais epismpal du xile siècle. En A était la chapelle,en B, le donjon, en G la grand salle,qui alorsne sétendait pas au delà du mur pignon D. Le cha-ur de la cathédrale,rebàli par .Maurice de Sully, est en E; la salle F servait de trésor aupremier étage, avec escalier de communication entre le palais et lecbii-ur,et de sacristieau rez-de-chaussée. grand salle au premier Laétageformait un seul vaisseau voûté. Ici la muraille gallo-romaine dela cité passe en M, sous la cathédrale et au delà de son abside, et encreusant les fondations de la nouvelle sacristie, nous avons retrouvéune substruction de la même époqueen G et en P. Il semblerait doncquelesévèques Parisavaient de profitédun saillantformépar lesdéfenses la cité,dune-odede castv/lum, y enfermer palais de pour leépiscopal. mur méridionalde la grandsalle était mêmebâti sur les Lefondements lenceinte de gallo-romaine,fut encore et crénelé Mau- parricede Sully.Alors,dit le P. Dubreul, levesque lessiensalloient « et«dela grande à la grande salle église cathédrale) unegallerie <la par 1Guizot,Hixt.de lu ,-i,iln,,ii. France, en MUleçon. Le Théâtre aiitijiiitv* deParis,,101:2, 43. des p
  17. 17. - 15 - [ PALAIS]« (laileF), laquelle messieurs Ponchers les successeurs evesques (du siècle; depuisquittéeauxchanoines y mettentlesreliques ont qui 7 "« et les plus beauxornemens.DepuismessirePierre dOrgemont (com-« mencemenl xvesiècle),fit baslir le secondcorps dhostel qui a du<"veuë tant sur le jardin que sur le lieu dict (cest le bâtiment H).
  18. 18. |î PALAIS ] - 16 -«Longtemps messire après Estienne Poncher de (commencement du« XVIe siècle), centdeuxième evesque Paris,lit (édifierle bastiment de«joignantle vieil, lequelestvis àvis de léglise,où est à présentla« geolleet autresdemeures (cestle corpsde logis doubléen K). Mes-« sire François de Poncher, son neveuet successeur,fit bastir le troi-« sièmecorpsdhostel,qui estderrièrela chapelle(cestle logisL). En« ce lieu auparavant estoientles écurieset quelques maisonnettes où« demeuroient les quatre chanoinesde la bassechapelle » La cha-pelle avaiten effet,deuxétages, commecelle de Meaux,et plus tardcelle de Reims. Les constructions 0 dataient seulement du xvne siècle,et en H étaient des logis qui furent cédésà lHôtel-Dieu. Le pont auxDoubles fut élevéplus tard, après tous ces bâtiments.Les évèques Sde Paris navaientpasque cespalaisne renfermantpendantplusieurssièclesquunegrandesalle.Huguesde Besancon, 1326,avait son enhôtel rue des Amandiers. Guillaume de Chanac, son successeur, lo-geait dans la rue de Bièvre, et donna -on logis pour la fondation ducollège de Chanac ou de Saint-Michel. Pierre d (Irgemont, qui bâtitlannexe K a la grand salle du palais épiscopal, hérita de lhôtel desTournelles qui appartenait au chancelier dOrgemont, son père, et levendit au duc de Berry, dont il était le chancelier. Girard de Montagneavait une maison rue des Marmouset- et une autre rue Saint-André-des-Ars Le long de la rivière et derrière labside de la cathédralesétendaient des jardins qui touchaient au cloître du chapitre bâtivers Je nord-est. La grand salle crénelée du x/r -ircle, avec sonannexe élevée par Pierre dOrgemont au commencement du xve siècle,son donjon et sa chapelle à deux étages, avaient fort grand air du côtede la rivière, ainsi que le fait voir la perspective (tig. 8 prise dupoint V-, avant les adjonctions 0 et la construction du pont auxDoubles. Tu des palais episcopauxles plus anciens, celui dAngers, construitvers la lin du xie siècle, conserve encore sa grand salle romane dunbeau slvle voy. SALLE), des dépendances et assezconsidérables quidatent de la mêmeépoque.Des travaux récents,dirigés par larchi-tecte diocésain, Joly Leterme.ont fait reparaître une partie des M.logement- entourant celle grand -allé1*,qui est mise en communica-tion directeavec bras croix norddela cathédrale. remarque le de Onmêmecertaine- portions de murs de ce palais qui ont tout à fait le 1 Sauvai, livr. VII. " V,,v.-z tapisserie lHùtelde ville; le Pl.mde Gomboust; prandPlande Paris la ,|c leà vol doiseau, M^iui,; 1rsVUe< de dIsraëlSylvestre, de Pérelle; Plande la Cité celle lede JabbéDelagrive; plans coupes les et déposés Archives aux nationales, dont et . A.Borly eu ruMi-.Miu-e nous a de communiquercalques; gravure parvis des une duNotre-Dame, L an Merlcn,qui montre i oiimnnement bâtiment par le du H Voyez le tome il.?1M/"c/iidrture et domestiqueMM. dans II ch-ilt de Verdict Cat- ettois, page-2d,le plan du palai- épi-eupal.
  19. 19. - 17 [ PALAIS1caractère la structure gallo-romaine bas temps, et qui pour- de desraient bien avoir appartenu, ainsi que lobserve M. le docteur C;illois,à la demeure lancienmaire du palaisde Neuslrie,Kainfroy, au- querait faitconstruire Angers, lemplacement capitule. lev.Vhé à sur du Ade Meaux,il existeunechapelleà deux,étages, la seconde de moitiédu xne siècle,ayantles plus grandsrapports avec celle de lancienévèchéde Paris.,et létage intérieur de la grand salle. Ce rez-de- vii. - 3
  20. 20. [ VALAIS ] - 18 -chaussée,comme dela grand dupalais celui salle épiscopal Paris, desecompose deux voûtées. palais Meaux également de nefs Le de estbâtia proximité remparts des gallo-romains. A Soissons, lévéché re-pose une sur partie lamuraille de antique, des mais constructions delancienpalais, ne restequunetourelledu commencement il duxm siècle quelque-, et siibslructious même delà époque. Béarnais, A le palais épiscopal joignait lancienne fortitication ro- maine, et une tourelle datant du xnie siècle flanquait même le vieux mur romain . A Reims, létage inférieur de la grand salle date du com- mencement du xive siècle, et la chapelle à deux étages, du milieu du xme siècle (voy. CHAPELLE). Auxerre, lun A de> pignons de la grande salle existe encore, et date i . - *- » du milieu du xme siècle, |__| " * comme chSurdelacathé- le , . *" drale; une galerie du xne >iecle repose sur lancien min de la ville gallo-romaine. A Rouen, on trouve égale- ment des restes assez consi- dérables du xiue siècle, et notamment lun des pignons de la grand salle. A Laon, lassemblage des bâtiments de lévéché (aujourdhui pa- lais de justice) est des plus intéressants à étudier. Ce " palaisfut reconstruitaprès lincendie de 111:2, qui dé- truisit lancienne cathédrale el les bâtiments emirounants En ettet, on retrouve dans lévéché de Laoïi des parties de bâtiments qui appartiennent au style de la pre- mière moitié du xue siècle, notamment la chapelle A tig. !») et les r«ti-ps de lo^i-, B. Quant u la grand salle G, élevée sur un rez-de- rli.ms-.eedoublé dun portique du côté de la cathédrale, sa construc- li"" (-l due ., |eeque Garnier (12-i.j . La grand salle séclaire sur la courOel MU- campagne.Le portique intérieur fut remanié à une l,t Celte t..mi.-ll..> en .; ". Voy. lArciiit. cir. et dom. de MM. Verdier et Gallois»
  21. 21. _ 19 - [ PALAIS ]époque ancienne déjà.Lesarcsfurentreconstruits, appuis fe- les desnêtresbaissés;on a la preuvede ce remaniement observantlar- encadeunique de retour E dont la courbureet lornementationprimi-tives sontconservées.Laspectde ce grandcorpsde logis, sur lexté-térieur, devait être fort beauavant les mutilations qui en ont altéré lecaractère. Cette façade, qui domine la muraille de la ville passant pa-rallèlement à quelquesmètres de sa base, est flanquée de trois tou-relles portées sur des contre-forts, et entre lesquellessouvrent les fe-nêtresdela grandsalleau premierétage.Le couronnement,autrefoiscrénelé,pouvait au besoin servirde seconde défensepar-dessus lesremparts de la cité, dominant un escarpement abrupt. Voici (tig. 10)une vue de cette façade, extérieure prise du point P. Au xvesiècle, lesévèqucsde Laon (voy. le plan, fig. 9) élevèrent les deux corps delogis F et G. Une porte fortifiée était ouverte en K. Le portique occupant une moitié de la longueur de la grand salledu côté de la cour donne à ce palais épiscopalune physionomie par-ticulière. Cette galerie, exposée au midi sur un plateau où la tempé-rature est habituellement froide, servait de promenoir, et contribuaità lagrément de lhabitation. Le palais épiscopalde Laon, comme ceuxque nous venons de décrire précédemment,nen était pas moins unlieu fortifié très-bien situé, facile à garder et àdéfendre. Nous voyonsque le palais archiépiscopal de Narbonne, dans le Languedoc, bienque rebâti à la fin du xne siècle et pendant le xiv", est encore une vé-rilable place forte élevéeprobablement sur lemplacement du capitolede la ville romaine. Cest aprèsle palais des papes, en France,la con-struction la plus importante qui nous reste des nombreuses rési-dences occupées lesprincesde lÉglise. par Le palais archiépiscopalde Narbonne est réuni à la cathédrale ac-tuelle, fondée en 12~2,par un cloître bâti par larchevêquePierre dela Jugée, dans la secondemoitié du xn" siècle.Déjà, en 1308,la grossetour carrée du palais, servant de donjon, avait été construite par lar-chevêque Gilles. Pierre de la Jugée éleva entre le cloître et cette tourîles bâtiments considérables qui subsistent encore en grande,partie,et qui comprennent plusieurs tours rondes, des logis, une grandsalle et une autre tour carrée formant pendantavec le donjon. Cepen-dant, au milieu de ces constructions du xive siècle, on retrouve encoreune tour romane fort ancienne,et une belle porte du commencementdu xne siècle. Lesarchevêques Narbonne de furent, il est vrai, pendantune partiedu moyenâge,des seigneurspuissants, leur palaisacquit, dès le etxie siècle, une importance en rapport avec leur fortune. En 1096,lar-chevêqueDalmatius prit le titre de primat des Gaules.La ville de Nar-bonne avait dailleurs conservé en partie, comme beaucoup de villesdu Midi, sonadministrationmunicipaleromaine. La commune possédait jusquau xne siècle des conseillers qui pre-naient le litre de nobilesviri ou probi domines. Alors on les appela con-
  22. 22. [ PALAIS ] - 20 -suis,ouplutôtcossouls. mmuunetil en 110G traité de oom- Cette uninerceavec république Gènes, plustard avec la de et Pisé,Marseille,Rhodes, En 1212. <"!<". Armand Amalarir. légatdu pape archevêque et de Narbonne, déclara se duc,etle vicomte rendithommage. lui Alorsla ville était sousla juridiction de trois seigneurs, larchevêque, Ifivicomteet labbé de Saint-Paul; en 1232,cestrois personnages con-firmèrentles franchises coutumes la commune. et de Cependant, en1234, consusde Narhonneinvoquentle secoursdes consuls de les
  23. 23. - 21 [ PALAIS]Nîmescontre larchevêque,et en 1255 magistrats municipaux ordon- lesiniit que les coutumes de la ville seront traduites du latin en roman,afin de les mettre à lu portée de tous. Les vicomtes, moins puissantsque les archevêques, inclinent à protéger les prérogatives desNarbon-nais, et cest en présence de cette lutte croissante contre le pouvoirdes seigneurs archevêques,que Gilles Ascelin construit, en 1318,lénorme tour encore intacte aujourdhui, et que ses successeurs font,.de leur résidence, un véritable château-fort, se reliant à la cathédralefortifiée elle-même . Ce mélange darchitecture militaire, religieuse et civile, fait donctlu palais archiépiscopalde Narbonneun édifice des plus intéressantsa connaître. Disonsdabord quil ne faut paschercher là des influencesde lart italien du xrvc siècle; cet édifice est bien français, et plutôtfrançais septentrional que languedocien. Ses combles étaient aigus,ainsi que le prouvent plusieurs des pignons existants ; la constructiondes voûtes,les sectionsdes piles, le cloître et ses détails, la forme des /mètres, les dispositions défensives,et jusquà lappareil, appartien-nent à larchitecture du domaine royal ; et le palais archiépiscopalde.Narbonne dautant plus curieux à étudier, quil dut servir de point estde départ pour construire le palais des papesà Avignon, dont nousnous occuperons tout à lheure. Voici (fig. 11)le plan du palais des archevêques Narbonne, à rez- dede-chaussée. En A, est la cathédrale, commencée, comme nous lavonsdit, en 1272,sur un plan français (voy. CATHÉDRALE, W . tnc place fig.fort ancienne2,et qui, très-vraisemblablement, occupe lemplacementdu forum et de la ville romaine, est en B. Les fondations du capitoleantique commandèrent les dispositions des bâtiments,qui se contour-nent en partant de langle G jusquà la cathédrale. En D, e>t une tourromane, et en E, des bâtiments dont quelques parties appartiennentau xne siècle. La grosse tour carrée, bâtie par Gilles Ascelin en 1318,est en F. Elle est plantée sur la place, en face de la tour du vicomte,beaucoupplus basse; elle dominait par conséquent la tour du sei-gneur laïque et le canal se reliant au port, lequel passe à 10 mètresenviron du point G. De la place B au cloître G, le terrain sélève de.") mètres environ. On entrait dans la cour H du palais, en passantsousun arc I, en prenant une rue K bordée de bâtiments fortifiés, et enfranchissant le grand porche voûté L. En 0, était la salle des gardes,communiquant au rez-de-chaussée de la tour dite Saint-Martial, U,par un emmarchement intérieur. Toutes cesdispositions sont à peuprès intactes. En passantde la rue K, sous une arcade P fortifiée, onarrive à un degré Q qui monte au cloître, lequel communique à la ca-thédrale par une porte R. 1 Nous devoni ces renseignements historiques à M. Tournai, conservateur du Musé»de Narbonne. 1 Dite aujourdhui la place aux Herbes.
  24. 24. [ PALAIS ] - 22 - DelacourH,endescendant le degré terminé un cielouvert S, parS et prenantgauche souterrain sous grand V, à un passant le logisonarrivail une à poterne donnant unfossé séparait T. dans qui toutle frontabdunjardin,fui-mani ouvrage avancé. prand «V est, Le !<" à rez-de-chaussée,occupé par des celliers disposés sous la grand salle. De la cour H, on montait aux appartements par un escalier X, détruit aujourdhui . En (/, d étaient des portiques, et en Z un bâti- ment en retraite qui réunissait la grossetour à la tour Saint-Martial. Cette dernière partie, dont on ne voyait que des fragments en 1H47, 1 Cet escalierfut détruit vers 1620, remplacépar un bel escalier et placédansla tour Y.Cest de 16iOà 1634que furent élevées nouvelles de façades dans la cour, et que furentarrangés grandsappartements les actuellement occupés partiepar le musée la ville. en deNous avons retrouvé les traces des fondations de lescalier X-
  25. 25. - 23 - [ PALAIS Jenclavéedansdesconstructions beaucoup plus rérentes, a été rasée pour faire placeau nouveau bâtimentde lHôtel de ville. Mais ayant«>lé chargéde diriger cette dernière construction, nous avonspu con-stater la dispositiondesgrandscontre-fortsavecmâchicoulis et du M,petit corpsde garde N avec sa poternen. Les bâtimentsp, dits de laMadeleine,sont les plus anciens. Ils se composentdun rez-de-chaus-sée voûté et dune grande salle t, également voûtée, sous une bellechapelledisposéeau premier étage; cette salle t communiquait avecle passage de lAncre par deuxportes VV. Cesportes VV devaient ditpermettre au public dentrer dans la salle t, qui servait de chapelle basse. Une cour de communs était disposé» »-n/// avec un petit logis /" fortifié. Lenceinte de larchevêché allait se joindre à celle de la cathédrale par un mur f, égalementfortifié. En <y,estune grande salle capitulaire. Labside de la cathédrale continuait les défenses de ce ciilé /"par une suite de tourelles créneléesréunies par des arcs sur- montés de créneaux,ainsi que les couronnements des chapelles. (.»" palais présentait donc un ensemblede défenses formidables dominées par lénorme tour carrée F, formant saillie. Examinons maintenant le plan du premier étage de ce palais (fig. 12 . Lescalier X permettait darriver directement de la cour à la grand salle V, possédant une vaste cheminée dont on voit encore les traces à lextérieur. Cette grand salle était éclairée par de hautes fenètr»s terminées de tiers-point, et couverte au moyen darcs plein cintre, portant un solivageau-dessus duquel était un étagelambrissédonnant sur le crénelageextérieur. De la grand salle on pouvait arriver à tous les appartements. Des escaliers à vis permettaient de descendre au rez-de-chaussée plusieurs points, ou de monter aux étages supé- sur rieurs. On voit quon ne pouvait entrer dans la salle octogonale de la tour carrée que par un passagedétourné, et de cette salle octogonale on descendaitpar une trappe dans la sallecirculaire du rez-de-chaus- sée, laquelle servait de chartre ou de cachot. De larges mâchicoulis souvrant au second étage, à la hauteur du crénelage, défendaient le front «ô.Ici on reconnaît lutilité des passages pratiqués en I et en P, sur les deux arcades franchissant la rue K ; ils établissaient une com- munication entre le logis L et celui T de la Madeleine, et entre la tour Saint-Martial U et la chapelle M. Le cloître, couvert en terrasse, don- nait une promenadedoù lon pouvait jouir de la vue étrangement pit- toresque de tous ces grands bâtiments se découpant les uns sur les autres, surmontés dun côté par la grosse tour carrée, de lautre, par labside colossale de la cathédrale. Cesconstructions sont élevéesen belles pierres de Sijean et de Bé- ziers ; elles couvrent une surface de 4,000 mètres environ, déduction faite des cours : et malgré les nombreuses mutilations quelles ont 1 On désignaitainsi ce passage, parceque souslarcade I, était suspendue ancre, une .comme si^ne des droits que les archevêques pondaient sur le port de Narbonne.
  26. 26. [ PALAIS ] - 2isubies, quedes bien couvertures modernes caract plates et sansRienl remplacé anciennes les toitures pentes à rapides, que bien«aionrtions misérables oulabandon détruit aient plusieurs leurs departi.-, plus Ifs intéressantes, laissent den elles ne pas imposer purleur grandeuret Irur puissance. Nous donnons fig. 13 une vue cavalièrede ce palais, prise du côté<!r la grosse tour carrée (voy. CLOITRE, SALLE,TOUR). Mais ce palaisdes archevêques Xarbonne est un pauvre logis, si on le compare deau palais des papesà Avignon. 11est nécessaire,pour faire comprendrelimportance de cette résidencedes souverainspontifes, de donner unhistorique sommaire de leur séjour dans le comtat Tenaissin. Au xmesiècle, le rocher dAvignon, sur lequel devait sélever le pa-lais despapes,était partie en pâturages, partie couvert dhabitationsdominées lancienchâteau palaisdu podestat,non loin duquel par ou
  27. 27. - 25 - [ PALAIS I lrvaitceluidelévèqueDeces . constructions antérieuresséjour au 15 f *Vt ^~ >>- «sas1 ir Mv>- i M; . Il "*:/V V"c T _ »^J I i» ,, ^ 4, -I J J *,* A -j^ o 4J -» lC"^->ft A 4l.- Mdes pontifes, léglise Notre-Dame des Doms, servant de cathédrale,existe seuleaujourdhui. 1 « Hem civitas (Avenionis; habetpaluum quod est juxtà cimeteriumSanctiBenedicti" usquead rupem castncumpertinentiissuis usquead Rhodanum usquead domos et que vu. - 4
  28. 28. l PALAIS ] - 26 - Lepape ClémentvintàAvignon 1308, habita couvent V en et le desFrères prêcheursDominicains). Clément était Bertrandde Grotte, Varchevêque Bordeaux; prélat passait de ce pour être lennemidu roideFrance,Philippele Bel. Ceprinceeut aveclui uneentrevue: « Arche-«" vêque,lui dit-il, je puis te faire papesi je veux,pourvuque tu pro-« mettes de moctroyer six grâces que je te demanderai. » Bertrandtomba à sesgenoux, et lui répondit : « Monseigneur, cest à présent queje vois quevousmaimezplus quhommequi vive, et que vous<< voulez me rendre le bien pour le mal. Commandezet jobéirai. » Ber-trand de Grotte fut élu, et vint sétablir en France à Avignon. Jean XXII habita le palais, alors situé sur lemplacement du palaisactuel des papes(1316). (.e-t Armand de Via, son neveu, évêque dAvignon, qui, nayant point de palais,achetale terrain où fut bâti larchevêché, aujourdhui.occupé le petit séminaire.Jean XXII, voulant agrandirle palais parquil habitait, démolir paroisse Saint-Etienne, transféra tit la de quilà la chapelle Sainte-Madeleine. lietioit XII, en 1336,fit démolir du palais tout ce que son prédé-cesseur avait fait construire, et daprès les plans de larchitecte Pierrenbreri . tit bâtir la partie septentrionale du palais apostolique, quiltermina parla tour de Trouillas. Sous ce pontife, la chambre aposto-lique acheta le palais quavait fait bâtir Armand de Via pour servirdhabitation aux évèques dAvignon. Clément VI tit construire la façademéridionale du palais des papeset les enceintes du midi qui, dans lasuite, servirent à contenir larsenal. Cest en 1347 seulement que la ville dAvignon et lecomtat Venaissindevinrent la propriété des papes. Avignon appartenait à Jeanne deNaples,qui était comtessede Provenceen même temps que reine desDeux-Siciles. Chassée Naples de commesoupçonnée complicitéavec deles assassins son mari, André de Hongrie, Jeanneseréfugia en Pro- deejjce, et vint se jeter aux pieds de ClémentVI. Lorsquelle quittaAvignonpourretournerdanssesÉtatsdItalie,elleétait déclarée inno-cente du crime dont la voix publique laccusait ; elle était munie dunedispense pourépousersoncousin Louis de Tarente,le principal insti-gateur lassassinat de dAndré. Avignonet le comtat Venaissin appar-tenaientaupape.Cettecession avait été stipuléeau prix de 80,000 flo-rins. InnocentIV acheva partie méridionale la grandechapelle la etsupérieure. UrbainV tit tailler dans le roc lemplacement la cour de«possidenturHugunc pro Bertrando et sicut protenditur adstare usque Bertrandi Hugonis«etusque cimeterrum ad ecdesie Béate Marie usque ecclesiam Marie Castro. et ad béate de »iBibl. dAvignon, Requien, des fonds cartul. statuts. des deJa Invent, biens répnbl. dAvignonf.iit en1-234 le podestat par Parceval Doria.j CommuniquéM.Achard, de - par archiviste<fc la préfecture de Vaucluse. 1OuPierreObrier, selon Annales les fFAiignan, III. - Manuscrit t. donné musée au-dAvignon M. Kequien; par comm. M. Achard, pai archiviste la préfecture. de
  29. 29. - 27 - [ PALAIS ]principaledu palais, et y fil creuserun puifs;il fit construire laileorientale donnant sur des jardins, et ajouta une septième tour, ditedes Anges, aux six déjà bâties. GrégoireXI part pour Romeen 1376,et meurt en 1378.Àin-^ile palaisdAvignon a été le siège de la papautéde 1316à 1376,pendant soixanteans,soussix papes.La papautéétait alors française,élueprincipalementparmi les prélats gasconset limousins. Les papesfrançais.inMallèrentdes candidats de leur choix au sein du sacré collège, et main-tinrent leur prédominancependant la durée du séjour des papesà Avi-gnon. 11ne faut pas oublier ce fait, qui eut, comme nous le verronstout à lheure, une influence sur la construction du palais des papesdAvignon. Les antipapes,ClémentVII et Benoit XIII, occupèrent le palaisdAvi-gnon de 1379à 1403(mars). BenoîtXIII fut assiégédans le palais par le maréchal Boucicaut, le8 septembre 1398;le siègefut convertienblocusjusquaprès départ lede ce pontife, en 1403.Roderic de Luna, neveu de Benoit XIII, fat denouveauassiégé,ou plutôt bloqué, par les légats du pape de Rome etpar Charlesde Poitiers, envoyé par le roi de Franceen 1409.Il évacuale palais, ainsi que le château dOppède,par capitulation en date du22 novembre 1411. Le cardinallégat (cardinal Clermont) bâtir en1513 de fit lappartementappelé la Mirande,regardant le midi, et la galerie couverte qui mettaiten communication ces appartements avec les tours donnant sur lejardin : cétait là que les vice-légats recevaient leurs visites. On a tenu dans le palais dAvignon six conclaves : Celui pour lélection de Benoit XII, en 1333:de ClémentVI. t-n 1342:dInnocent VI, en 1352: dUrbain V, en 1362: de Grégoire XI. t-n 1370,et de Benoît XIII, en 1394. A la suite dun contlit qui eut lieu entre les gens du pape cl ceux duduc de Gréquy,ambassadeur Louis XIV près le saint-siège, les satis- defactions demandéesà la cour de Rome paraissant insuffisantes, le roide France fit occuper Avignon par sestroupes, et menaça souverain lepontife denvoyer un régiment à Rome (1662).Le général Bonaparte,par le traité de Tolentino, obtint la cessiondes Romagnes du comtat etdAvignon. Ainsi, en soixante années,les papesfirent bâtir non-seulement cetterésidence, dont la masse formidable couvre une surface de 6400 mètresenviron, maisencore toutelenceintede la ville, dont le développementest de 4800 mètres. En 1378, un incendie détruisit presque tous les combles du palaisdes papes En 1413,la grand salle du Consistoire, quartier des . le Onvoit encoreaujourdhui traces ce sinistredansles partiessupérieures les de delédifice Lan 1378, lheure trépas pape « à du du Grégoire à Rome, XI selon vieux les«documents Provence, palaisd.Vvignon de le sembrasa telleIVreur,quil ne fut a- psr
  30. 30. [ PALAIS ] - 28 -cuisines et celui de la sommelleriefurent consumésmalgré la diligencede Marc, neveudu papeJeanI1I, etqui commandait alorsdanscetteAille1. Lesdocument-étendus que M. Achard,archivistede la préfecture d. Vaucluse. a bien voulu réunir pour nous, avec un empre»ementdont mm- ne -aurionstrop le remercier,ne donnentque le nom dunarchitecte (lui- la cnn>lruction de celte Suvre colossale : cest uncertain Pierre nbreri ou Pierre Obrier. Obreri nest guèreun nom italien; maisce qui lest encoremoins,cest le monumentlui-même.Larchi- tecture italienne du xie siècle, soil qiu- mm- la prenions dans le sud ou dansle nord de la Péninsule, ne rappelle en rien celle du palaisdespapes. Depuisla tour de TrouillasjusquàcelledesAnges, danstoute létendue de ces bâtiments, du nord au sud, de lest à louest, la construc- tion, lesprofils, les section-depile-, le- voûte-,le-baies,les défenses, appartiennent larchitecture française Midi, à cettearchitecture à du gothique, qui -<"debarra-se dilticilement de certaines traditions ro- manes. Lornemeiil.ifion. très-sobre dailleurs, rappelle celle delà cathé-drale de Narbonnedan-cespartieshautes,qui datent du commencementdu iV siècle. Or. la cathédrale de Narbonne e>l hruvre dun architectefrançais, le même peut-être qui bâtit celle de Clermont en Auvergne.et celle de Limoges,ainsi que peut le faire supposerla parfaite confor-mité de ces (roi- plan-. Le- soûl- détail>du palais dAvignon, qui sontévidemment de provenance italienne, ce sont les peintures attribuéesa (iiotio et a Simon Memmi ou à sesélèves-. Noublions pas dailleursque Clément Y, qui le premier établit le siège apostolique à Avignon,était Bertrand de Grotte, né à Yillandrau, près de Bordeaux; que.JeanXXII. son successeur, était Jacques dEuse, né à Cahors; queJie/joji MI r/;ijf Jacques Fournier, né a Saverdun,au comté de Foix;que Clément VI était Pierre Hoger, né au château de Maumont, dan*le dioce-edeLimoges; quInnocent était Etienne VI dAlbert, près néde Pompadour, au diocèse de Limoges; quUrbain Y était GuillaumeGrimoald,ne à Grisac, dans le Gévaudan, diocèsede Mende,et queGrégoire M, neveudu pape Clément VI, était, comme son oncle, néà Maumont,au diocèse Limoges.Queces papes,qui firent entrer dedans sacré le collège grandnombre prélats un de français, particu- etlièrement des Gascons des Limousins, eussent fait venir des archi- et«mais pouvoir hommes, secours detoute y arrivât, létcindre au des quel qui part de nin arrêter, que la plusgrandepartiede ce grandet superbe édifice fût arsedévorée ne et« miseen consommation lesflammes, quejen ai moi-même par ainsi encore les mar- vu<ques vestiges cettefière et hautaine et dans masse pierres. (Nostradamus, de de » Hmt.tnirence, p. 4oT.i 1 Journald un habitanttlAnqnon,citépar Gaufridi (Hist. deProvence). * II est bon d ooserver que Giottoétait mort à lépoque sélevait palaisdes ici où lepapes. seules Les peintures pourrait attribuer celles quon lui sont quon voyait, y a ilquelques années, le porche Notre-Dame Doms. sous de des Maisquandellesfurentfaites,les papesnétaientpas à Avignon.
  31. 31. _ 59 - [ PALAIS ~J tecfes italiens bâtir leurpalais, nest pour ceci guère vraisemblable ; mais les eussent-ilsfait venir, quil seraitimpossibletoutefois de ne pointconsidérer constructions palais papes les du des dAvignon comme appartenantlarchitecture provinces à des méridionales la France. deNousinsistonssur cepoint, parcequecestun préjugécommunémentétabli que le palaisde* papesest une de cesconstruction-grandiosesappartenant artsde lItalie. A celte époque,au xivesiècle,le guiïl aux de larcliiteclnre italienne Hutte indécis entre les traditions antique. et les influences de France e! dAllemagne, et ce nest pas pur la gran- deur et lu franchise quil se distingue. Les papes établis en France, possesseurs richecomtat, dun réunissant ressources des sonsidérables, vivant relativement dans un état de pan profonde, sortis tous de ces diocèses du Midi, alors si riches en monuments, ont fait il Avignon une (ruvre absolument française, bien supérieure eoimne cuneeplion densemble, comme grandeur et comme goût, à ce qualors on élevait en Italie. Examinons maintenant ce vaste édifice dans Imite- se- parlies. Nousdevonsprendre le palais des papes à Avignon, tel quil existait ;i la fin du xie siècle, cest-à-dire après les constructions, -iifre>-ie^ faites depuis Clément V jusquà firégoire XI, car il serait difficile de donner les transformations des divers services qui le composent, et de montrer, par exemple, le palais bàli par Jean XXII. Ces immense- bâtiments sélèvent sur la déclivité méridionale du rocher des Duin-, à lopposite du Rhône ; de telle sorte que le re/.-de-chaussée la de parlie voisine de léglise Notre-Dame, qui est la plus ancienne, se trouve au niveau du premier étagede la partie des bâtiments élevés en dernier lieu, du <ôte sud, par Urbain Y. Si donc non-Iracon- le plan du rez-de-ehaussèe du palais des papes, vers sa partie inférieure, nous tombons en pleine roche, en nous avançant vers le nord tig. 1 . Lentrée dhonneur A souvre sur une esplanade dominant ton- le- alenlours, et autrefois divisée en plusieurs bailles, avec courtines, tour et porles. Cette entrée A est défendue par deux herses, de- vantaux et un double mâchicoulis. En avant, donnant sur lesplanade,louvrage avancéfut remplacé au xvnesiècle par un mur de contre-garde crénelé. Sous le vestibule dentrée, à droite, est la porte souvrant dansun va-le corps de garde B, voûté. Delà cour dhonneur Con peut se diriger sur tous les points du palais. Du vestibule D on monte aux étages supé- rieurs par un large et bel escalier à deux rampes, ou bien on entre dans la grande salle basseE et sou annexe F, ou encore dans la salle G. Par le passage on descend lesplanade H, à orientaleI. ou lon pénètre dans salles sous tour L et sonannexe Parlepetit passage les K, la /. 11 détourné,on sintroduit dansla grandsalleM, laquelleservaitdeposte et communiquait aux défensessupérieures par un escalier P. En R, est une poterne défenduepar un mâchicoulis intérieur, une her-e et desvantaux.En S, est uneseconde poternedéfendue de- mâchicoulis paret uneherse; en T, un degréqui monteau rez-de-chaussée la parlie dedu palaisbâtie sur le rocherà un niveauplus élevéque le sol de la
  32. 32. - 30 - PALM?cour dhonneur. partit- plus La la ancienne palais, tourdeTrouillas, du la iMii^tt^fiS^ÉWI 1/ L 4 i 1 est en V, flanquant le rocher et sélevant au-dessous toutes les autres de
  33. 33. _ 31 [ PALAIS ]toursdupalais cestledonjon, : dontnous voyons quelessoubas- ne icisements.Un escalierX, desservantcelte partie desbâtiments, descendjusquausol de lesplanade et donneentréesur le mur de défense I, Zgarni de mâchicoulis et dun chemin de ronde. EnN, adosséà ce mur,est un fournil. Tout ce rez-de-chaussée est voûté et construit de manière a délit-î-le lemps et la main deshommes. Du corps de gardeB on monte par unescalier à vis aux défensessupérieuresdela porte principale A. Un autreescalier Q monte aux appartementsdonnant sur lesplanade. Ainsi quon peut If i ermniaitre, la dispositiondu rez-de-chausséeest bonne, en ce que, de la cour dhonneur, on arrive directementà tous les points du palais.Observons aussi que les deux poternes R. S,sont percéesdans des rentrants,.bien masquéeset défendue-*;qui- 1rsfront- -ont llanqué>.et que les architectes ont profité de la dispositionnaturelle du rocher pour établir leurs bâtiments. Des jardins séten-daient du côté du sud, sur une sorte de promontoire que forme lacolline. Dun côté (vers le nord), le rocher des Doms est à pic sur leRhône, et était de plus défendu par un fort (le fort Saint-Martin). Delautre (vers le sudj, il simplantait au centre de la ville, et la coupaitpour ainsi dire en deux parts. Vers louest, les bailles sétendaientjusquau palais épiscopal, étaient arrêtéespar le rempart de la ville,qui descendaitjusquaux bords du Rhône et se reliait au fort Saint-Martin . Des rampes ménagées long de cefort descendaientjusquà lela porte ou chàtelet donnant entrée sur le pont Saint-Bénézet,qui tra-versait le Rhône fvoy. PUXT Vers lest, lescarpement est abrupt et .domine les rues de la cité. Lassiette de ce palais était donc merveil-leusement choisie pour tenir la ville soussadépendance protection, oupour surveiller les rives du fleuve précisément au point où il forme un coude assezbrusque, pour être en communication avecle mur den-ceinte, et pour sortir, au besoin, de la cité sans être vu. Afin de ne pas multiplier les figures, nous présentons le plan dupalais des papesà rez-de-chaussée pour la partie la plus élevée, et aupremier étagepour la partie située au-dessus bâtiments entourant desla cour dhonneur. Par le fait, le niveau du rez-de-chaussée des bâti-ments supérieurs correspond au niveau dun étage entresolé, disposéen partie sur le plan delà figure 14. En A (fig. 13), est léglise Notre-Damedes Doms, rétablie dans saforme première et avant ladjonction des chapelles qui ont altéré leplande cebel édifice. Élevée pendant xnesiècle, le léglise Nôtre-Daim-desDoms,aujourdhui encorecathédrale dAvignon,fut conservée parles papes, et cest dans son voisinage que les pontifes élevèrent lespremières constructions de leurs palais, entre autres les tours B et lescorps de logis b. Savançantpeu à peu vers le sud et suivant la déclivitédu rocher, lespapes fermèrentdabord la cour C, entouréedun large 1 Cefou lut détruit, en l*wO,par lexplosionde la poudrièrequil contenait.
  34. 34. - 32 -portique avecétageau-dessus, puis la cour dhonneur D. Il est à remar-
  35. 35. - 33 - [ PALAIS ] quer quen élevantchaque tour et chaque corpsde logis, on les forti- fiait, pour mettre toujours les portions terminéesdu palaisà labri duneattaque.Ainsi, le bâtimentE, par exemple, étaitdéfendupar des mâchicoulis en e, parce quau moment de saconstruction, il avait vue directe sur les dehors, la cour dhonneur D et la grande salle G ayant été construites en dernier lieu, ainsi que la tour H. Sous Urbain V, les appartementsdu papese trouvaient au premier étage, autour de la cour dhonneur. Une grande salle la salle G) entiè- rement voûtée, servait de chapelle. Ces voûtes étaient couvertes de belles peintures dont il ne reste plus que des fragments. Lescalier dhonneur I donnait entrée dans cette chapelle et dans les apparte- ments des corps de logis à loccident et au levant. Un couloir de ser- vice longe les pièces de laile occidentale, est desservi par lescalier K, communique a la porterie et avec défensessupérieures par les vis L, aboutit au-dessus de la poterne P, et met laile, occidentale en commu- nication avec le logis E. Un crénelage avec larges mâchicoulis bordait les chambres de laile occidentale, au niveau du premier étage, sur le dehors. En F, étaient placées, au premier étage, les grandes cuisines . La salle des festins étaient au-dessusde la salle b, et se trouvait sépa- rée des galeries du cloître par une cour très-étroite et très-longue ; on observeraque des mâchicoulisdéfendent le pied des. quatre bâtiments qui entourent ce cloître. Des cloisons, dont nous navons pas tenucompte dan.r e plan, parce quelles ont été changéesplusieurs foisde place, divisaient les logis qui entourent le cloître et laissaient descouloirs de service. Ce vaste palais était donc très-habitable, toutesles piècesétant éclairéesau moins dun côté. On remarquera aussi quedans lépaisseur des murs des tours notamment, sont pratiqués descouloirs de service et des escaliers qui mettaient en communicationles divers étagesentre eux, et pouvaient au besoin faciliter la défense.Une élévation prise sur toute létendue de la face occidentale fait sai-sir lensemble de ce majestueux palais (fig. 16) qui domine la villedAvignon, le cours du Rhône et les campagnesenvironnantes.11élaitautrefois richement décoréde peintures à lintérieur-. Mais deux incen-dies, labandon et le vandalisme,ont détruit la plus grande partie desdécorations. Quelques plafonds assez richement peints datent duxvie siècle. Lemmarchement du grand escalier, aujourdhui délabréet sordide, était fait de marbre ou de pierre polie, ses voûtes étaientpeintes. La chapelleétait des plus splendides et contenait des monu-mentsprécieux cestdanscevaisseau furent déposés trophée- : que lesenvoyésau pape en 1340,par le roi de Castille, à la suite de la victoirede Tarifa. 1 Cesontcescuisinesquonmontrecomme étant unesalle dexécution huis clos et une àchambre de torture. 1 11 restede ces peiiitiin-sque destracesdans la grandechapelle,et dans deux des nesalles de la tour dite aujourdhui de la Justice, M
  36. 36. f PALAIS| - 34 - Les deux tourelles qui surmontent la porte dentrée en forme dê-chaugui-Ues démolies 1749, que un nefurent quen parce (dit rapport
  37. 37. - 33 - Ldu sieurThibaut, ingénieur, datedu 29 marsde la même en année;<»lles menavaienl ; un tableau ruine déposé la bibliothèque dans dAvi-gnon et plusieursgravures nousen ont conservé forme. Quantaux lacouronnementsdes tours, notamment ceux de la tour de Trouillas, ilsne turent complètement détruits quau commencement ce siècle, deet sont également représentés dans les tableauxet gravuresduxvnesiècle.Le palais des papespossèdesept tours, qui sont 1° latour de Trouillas, 2° de la Gâche1, 3° de Saint-Jean, 4° de Saint-Lau-rent, .Vde la Cloche, <i"des Anges-, 7 de lEstrapade. Les légatshabitèrent le palais dAvignon, après le départ de lanti-papeBenoitXIII, et y tirent quelquestravaux,entreantresle cardinaldArmagnac, en l.jGJ mais cette vastehabitation était fort délabrée et ;« tort mal logeable ... comme le dit Ch.de Brosses,pendant le derniersiècle. Aujourdhui, cest à grandpeine quon peut reconnaître les dis-positionsintérieuresà traverslesplanchers lescloisons coupent et quiles étages,pour loger de la troupe3. Ce dernier exemple indique, comme les précédents, que la questionde symétrie nétait point soulevée lorsquil sagissait de bâtir despalais pendant le moyen âge. (in cherchait à placer les services sui-vant le terrain ou lorientation la plu* favorable, suivant le* besoins,et lon donnait à chaque corps de logis la forme, lapparence qui con-venaient à sa destination. Tous les palais épiscopaux navaient pas en France cet aspect deforteresse. Le palais archiépiscopal de Rouen, le palais épiscopaldKvreux, celui de Beauvais, rebâtis presque entièrement au xve siècle,ressemblaientfort à des hôtels princiers souvrant sur les dehors parde larges fenêtres, et ne possédant plus de tours de défense. Quantaux rois de France, à dater de la fin du xvesiècle, lorsquils résidaientdansles villes, ils habitaient des hôtels. A Paris, le roi possédait plu-sieurs hôtels, et dans la plupart des bonnesvilles on avait le logis duroi, qui souvent nétait quune résidence très-modeste. Les châteauxfurent préférés, on y jouissait dune plus grande liberté. Les troublesqui remplirentla capitalependantunegrandepartiedu xvcsiècleenga-gèrent les souverainsà ne plus se fier quà de bonnes murailles à dis-tance de la ville. Les châteaux du Louvre, de la Bastille, de Vincennes, ceux des bordsde la Loire, devinrent la résidence habituelle des rois de France.depuis les guerres de lindépendance jusquau règne de François 1er. 1 (..-nom lui venait de ce quelle servait de guette. Du haut de la tour de la l,i plusvoisine la faradede Notre-Dame Doms la plus élevée, de des et voyezsur la fur.i.l,-"mi donnait, à >on de trompe; le signal du couvre-feu, on avertissait les habitants en casdiinindie ou dalarme. - Cestla tour situéeentre la porte et la grandechapelle(voyezla façade). LVmpereurNapoléon avait donnélordre, lors de son passage Avignon,en 18tîO, III àde bâtir une caserne dans la ville, afin de pouvoir débarrasser réparerce magnifique etpalais. caserne étébâtie, La a maisle palaisnen estpasmoinsoccupé la troii|>.-. par
  38. 38. [ PALISSADE J - 36 -Lesgrands vassaux suivirent celalexemple souverain, préfé- en du etraient leurs châteauxà leurs résidences urbaines, et le nom de palais ;in bafimciiK occupespar les parlements. PALIER, m. Hf}.» ménagé s. fntre les volées dun escalier(voy. PALISSADE, (palis, s. f. plastis, peus pel, picois}. Enceinteforméedepieux liclio fii In if rt aiguisés leur partie supérieure. à beaucoup bourgades, villagf-.fl dhabitations de de rurales,manoirs,^r.-u^f. etc., nVlaienl, pendant!"" n><>>>u fermésque de palis- à-f,>ades. dépendances châteaux, Les des basses-cours,jardins, garennes,navaient souventdautre déffii-f quune pali-sade avec haie vive. , L.i M li l-iiii il- nviioviviU ><-pU- -- ,. Fu inult fors li estons et durs li fer.i- : N. rpiut /.mi r.i-ti.m-, t.nit -"it clos de palis, Fossés,ne unir- rntui-, ilyii ii-, no plas-i- " 11f t.lit dusageausside planter des palissadesan pied des remparts ville N.df manière ii laisser entre la muraille et lenceinte de pif uxun e-paceMrvaiil di- cbouin df ronde, de lice, ainsi qualors on appe-lait ces f-paffs. l.flail un moyen dempêcher les assaillantsde saperle pied ilf* ivnip.ii-N, l(trs([uil ny avait pas de fossés,de prolonger lailfirn-r. t-f df permettre aux assiégésde faire des sorties. Lorsquunetroupe investissait un diàlfau ou une ville fortifiée, il y avait daborddf furieux combatslivrés pour semparerdespalissades deslices, etatin de pouvoir attacher mineurs murs,ou faireapprocher h-"* aux lesgaleries et tours roulantes. V|">rtez cetpel dont ce!chastel clos; moi est « Comainz Tarez tolli, ainz sarezà repos3.» aLi bu* .( Hi.Tluiiiinult bien asseuré, « Monsteroil a bien clos, enforchié è fermé. I pel à hérichon, de mur è de foss-- " 1>"i poent pel ne mur remeindre5. » Ces ouvrages boisautour places de des avaient souvent grande uneimportance formaient véritables ; ils de barbacanes,défendaient ou de «Li Romans dMucaiidre : Combat Perdicas dAkin. A et Édit.de Stutt-ard, 1846,IL 140. 3 Ibid. : MessageDarius, 251. à p. Le Romande Rou, vers 2600. " Ibid., vers 26-28. Ibid., vers 7351

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