1 euro     Le Progressiste                                mercredi 26 mai 2010 - N° 2132     “La chance de la Martinique  ...
DISCOURS                             Discours de Serge LETCHIMY                                      bli douloureux.      ...
DISCOURS                                      quʼil faut assumer.                     sur son tambour. Le tambour         ...
DISCOURS                                                   TETE                                                           ...
ELECTIONS CANTONALES Le Progressiste - Page 5 - mercredi 26 mai 2010
ELECTIONS CANTONALES                          RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE SALÉENUne fois de plus, vous êtes conviés à vous ...
ELECTIONS CANTONALES)             5                       $
6
7
6+         8*+   5 7  5                                                      $                                            ...
!
#
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Le progressiste n° 2132

481 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
481
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
3
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Le progressiste n° 2132

  1. 1. 1 euro Le Progressiste mercredi 26 mai 2010 - N° 2132 “La chance de la Martinique c’est le travail des Martiniquais” Hebdomadaire du PPM - Fondateur : Aimé Césaire - Aimé CESAIRE« CHAQUE GÉNÉRATION DOIT TROUVER LES CHAÎNESQU’IL LUI FAUT BRISER. C’EST CELA LE SENS PROFOND DE NOTRE 22 MAI D’AUJOURD’HUI »AU SOMMAIRE- 30 MAI : PROFESSION DE FOI DE MM. JABOL ET ROBIN (PP. 5 À 7)- CARTON ROUGE : LA RÉCUPÉRATION DU 22 MAI (PP.8/9)- A LA REGION : GOUVERNANCE ET COOPÉRATION (P.10)« LES MEILLEURS SPÉCIALISTES DES AFFAIRES MARTINIQUAISES SONT LESMARTINIQUAIS EUX-MÊMES » (DR ALIKER)
  2. 2. DISCOURS Discours de Serge LETCHIMY bli douloureux. Cʼest en ce sens quʼil existe Nous ne sommes plus dans le un « devoir de mémoire », et silence de lʼembarras et de la cʼest pourquoi le PPM a tout honte. fait pour que la Martinique as- Nous ne sommes plus dans la sume ce devoir ! revanche et dans la haine. Nous ne sommes pas non plus Mais associer la notion de « de- dans la sacralisation idéologique voir  » à celle de «  mémoire  » ou dans une incessante victimi- était bien le signe que les sation. choses nʼallaient pas de soi. Cʼétait bien le signe quʼil fallait à Nous sommes très simplement, la fois se battre contre la chape très sereinement, dans la recon- de plomb coloniale, mais aussi quête apaisée de nous-mêmes. contre cette souffrance inté- Alors une question se pose. rieure qui nous amenait tous, Elle est de savoir comment et collectivement, à oublier — ou pourquoi un événement vieux de pire  : à nier ou à renier — les 162 ans peut encore alimenter réalités insupportables de notre les énergies individuelles et col- passé ! lectives alors que nous devonsMes chers compatriotes, tout mettre en œuvre pour faire Mais nous devons bien êtreMes chers amis, face aux défis du  monde conscients que lʼidée de « devoirMadame la maire de Pétion ville contemporain ? de mémoire  » ne peut êtreMes amis artistes de Martinique quʼune étape vers lʼinstaurationde Guinée et dʼHaïti Notre regretté Aimé Césaire, et en nous-mêmes et dans notre avec lui le docteur Aliker, tout société dʼune dimension mémo-Nous voilà donc une nouvelle comme Camile Darsières et tous rielle naturelle qui nʼa pas besoinfois réunis autour de la commé- les dirigeants du PPM, ont tou- de se nommer, ni dʼêtre impo-moration du 22 mai 1848 ! jours été présents quand il a fallu sée, et qui sʼinscrira naturelle-Je tenais pour ma première cé- se battre contre lʼoubli colonial. ment dans la perceptionlébration du 22 mai en tant que Ils ont toujours été en première confiante, responsable et volon-président du conseil régional, a ligne quand il a fallu transformer taire que nous aurons de nous-partager mon recueillement avec le travail mémoriel que nous mêmes !ceux qui il y a une trentaine dʼan- avions à effectuer sur notre his-née ont su symboliser dans lʼes- toire et sur nous-mêmes, en un Le devoir de mémoire sʼeffacepace et dans le temps une des véritable « devoir de mémoire ». quand la mémoire est assainie.plus belles pages de notre his- Rappelez vous : ce nʼest quʼen Il sʼestompe quand lʼautorité in-toire. Je veux parler de Césaire, 1983 par décret que la Répu- térieure apparaît et que lʼon de-dʼAliker, de Darsières qui ont blique reconnaît les dates lo- vient pleinement responsable delutté pour que la date du 22 mai cales de lʼabolition de ce que lʼon est, et de ce lʼon fait !soit reconnue et quʼune place et lʼesclavage dans les « DOM ». La relation absolument néces-un monument symbolisent face Et ce nʼest quʼen 2001 que lʼes- saire entre passé, présent età nous, face au monde à travers clavage sera reconnu comme futur se fait naturellementune œuvre de Khokho, lʼexpres- crime contre lʼhumanité grâce à quand un peuple se met ension à la fois dʼune souffrance et Christiane Taubira. devenir dans une perceptiondʼune résistance. estimable, responsable et Nos ainés avaient compris que souveraine de lui-même !Depuis hier soir, autour du tam- le passé, le présent et le futurbour et du souvenir de cette jour- étaient indissociables ! Que dé-La traite, lʼesclavage et les luttesnée pas comme les autres, des serter son passé revenait à dé- de libération ont été des tragé-dizaines de cérémonies vont se dies humaines terrifiantes. Mais serter et le présent et le futur ! Ettenir dans toute la Martinique. donc : que la mémoire ne servaitces tragédies ont été dans leCʼest bien le signe que quelque pas à sʼenfermer dans le passé, même temps porteuses dʼhé-chose dans notre mémoire sʼest mais quʼelle permettait de mieuxroïsmes, de courages, dʼabné-transformé. habiter le présent et par là- gations, de créativités, de même dʼinventer le futur ! volonté et de projection vers leNous ne sommes plus dans lʼou- futur ! Le Progressiste - Page 2 - mercredi 26 mai 2010
  3. 3. DISCOURS quʼil faut assumer. sur son tambour. Le tambour Assumer, avec lʼexigence mo- était disponible parce que des rale, politique et intellectuelle générations dʼesclaves ano- pour lutter contre tous les oublis, nymes, oubliés, se sont battues tous les silences. de manière ouverte ou détour- Lʻabolition de lʼesclavage est née pour lʼintégrer dans les lʼaboutissement de luttes, de ré- chants de travail. Elles ont rusé voltes et de rebellions jalonnées pour que le tambour soit présent dans le temps et dans le monde, de manière innocente dans dʼhommes et de femmes qui ont toutes les fêtes dʼHabitation, et su repousser les limites dʼune ils lui ont gardé sa dimension se- des pires barbaries quʼa connu crète, sa dimension sacrée, lʼhumanité. dans les cérémonies interdites, Les résistants furent nombreux. dans les moments de vieux-nè- Alain Anselin nous rappelle dans gres, et dans les bois profondsCette expérience est la nôtre. son ouvrage publié en 2009 auprès des « nègres marrons».Elle est en nous, et elle doit nous quʼen Afrique, dès le départ, desporter vers tous ces combats qui Africains ont lutté contre la traite, Quand on sait que pratiquementnous attendent et qui vont ins- contre ceux qui se faisaient les toutes les Habitations du payscrire notre pays dans le monde complices des négriers. La disposaient dʼun cachot. Quandqui vient ! on sait que presque tous les sa- medis, sur la place Bertin, àQuand lʼesclave Romain a em- Saint-Pierre, des esclaves re-poigné son tambour, quʼil lʼa fait belles ou indociles étaient châ-résonner, il exprimait son refus tiés, voire exécutés de manièredes humiliations et des chaînes. spectaculaire. Quand les histo-Et il invoquait ce quʼil y avait de riens nous décrivent la série deplus précieux à lʼépoque : la Li- châtiments et dʼinstruments deberté. torture qui existaient dans toutes les périodes esclavagistes onLes tambours que nous avons comprend quʼil y a eu durantentendus hier soir nous invitent chaque heure de chaque jour, età nous souvenir de ce refus et chaque jour de ces trois siècles,de cette invocation. Mais nous un esclave anonyme, une es-ne devons pas oublier quʼune clave oubliée, qui a dit « Non ! ».journée comme celle du 22 mai Durant chaque jour de ces troisne prend tout son sens que si siècles, il y a eu un esclave quielle engendre de nouveaux 22 sʼest rebellé, une esclave quimai : cʼest à dire si elle nous ins- sʼest fait tuer !pire, pour lʼépoque qui est la Mieux,nôtre, les voies et les moyens On découvre encore de nosdʼêtre plus libres, plus dignes, jours à Sainte-Marie, des ves-plus responsables ! controverse de Valladolid ex- tiges dʼun cimetière dʼesclaves ; prime au 16ème sièclea complicité les événements du Carbet enChaque génération doit trouver de lʼéglise dans la colonisation et 1822 et la répression qui a suiviles chaînes quʼil lui faut briser. la traite, mais aussi les opposi- montre le niveau de barbarie desCʼest cela le sens profond de tions de religieux célèbres. châtiments.notre 22 mai dʼaujourdʼhui ! Nous avons beaucoup focalisé Nos historiens ont su arracher sur les grands résistants et surMais ce matin, je voulais évo- lʼesclave Romain et son tambour les « nègres marrons», et cʼestquer avec vous cette notion de dʼune épaisseur dʼoubli phéno- vrai quʼils étaient admirables.lʼoubli. ménale. Mais ce que nous sa- Delgrès. Ignace. Boukman. vons de lʼHistoire de notre pays, Toussaint. Fabulé. Makandal.Contre lʼoubli, le travail de nos cʼest quʼelle est faite de dénis, Gabriel en Guyane. Quao ethistoriens a été précieux, et je dʼoublis et de silences. Cʼest Cujoe de la Jamaïque… Maistiens à rendre hommage ici à pourquoi jʼaimerais avoir avec nʼoublions pas quʼau cœurceux qui nous ont permis de dis- vous tous une pensée particu- même de chaque Habitation,poser dʼune meilleure connais- lière pour tous les oubliés. des dizaines et des dizainessance de cette période dʼhommes et de femmes résis-fondatrice, certes avec des di- Quand Romain veut exprimer taient en silence.vergences et des contradictions son refus et sa colère, il se jette Avortements ! Le Progressiste - Page 3 - mercredi 26 mai 2010
  4. 4. DISCOURS TETE hommes et de ces femmes ne nous est pas parvenue parce que nos ancêtres ne disposaient pas de lʼécriture. Lʼécriture était celle des maîtres. Lʼécriture accompagnait le sys- tème colonial. Pourtant, si nous y réfléchissons bien, on peut dire que nos ancê- tres disposaient dʼune écriture particulière, et je crois profondé- ment quʼils ont tenu des archives secrètes dans cette écriture par- ticulière. Mon sentiment cʼest que tousSabotages dʼoutils ! cun dans tous les projets struc-Incendies des champs ou des turants, sont des valeurs qui per- nos héros oubliés sont là !réserves ! mettent à lʼénergie collective de Ils sont là avec nous tous lesRalentissement de toutes les circuler et de sʼélever. La Marti- jours !tâches ! nique de nos ancêtres nous lʼaEmpoisonnement des eaux de enseigné  ; la nouvelle Marti- Et que cʼest à nous quʼil ap-sources ! nique saura conserver la partient de connaitre et de re-Empoisonnements des ani- leçon ! connaitre notre patrimoinemaux !Empoisonnement des maîtres ! Nos héros nʼont pas été réperto- mémoriel : le patrimoine desMille et mille formes de résis- riés par la chronique coloniale. oubliés.tances et dʼhéroïsmes que nous Les registres de justice ne vontnʼavons même pas commencé à évoquer que des prénoms, desinventorier ! surnoms dérisoires, et une Nous le ressentons, et nous ex- vague origine ethnique. Nous primons une inconsciente inti-Ainsi, quand lʼesclave Romain sommes donc entourés de hérosse met à chevaucher son tam- invisibles. Notre mémoire est mité par des émotions diverses.bour, ce sont des milliers de pleine de socles sans statues et Mais sommes-nous en mesurenos ancêtres qui lʼont précédé de statues sans nom, sans corps dʼen faire des lieux et deset qui sont avec lui ! et sans visages. Je pense à cesCe sont des milliers et des mil- millions dʼafricains qui nʼont pas moyens de la construction dʼuneliers de tambours qui ce jour survécu à la traversée des ba- lucide conscience dʼêtre ?là ont résonné dans son teaux négriers, et qui tapissentunique tambour ! aujourdʼhui le fond de lʼAtlan- tique. Je pense à ces esclaves Alors, que les tambours chan-Ce qui nous permet de com- enterrés à la va-vite sur les Ha- tent en toute sérénité !prendre que toutes les grandes bitations et qui ont disparu corps Que les tambours chantent enactions ne sont jamais des actes et âme. Je pense à ceux qui seisolés qui émergent du mystère. sont desséchés dans les ca- pleine autorité !Derrière les grandes résistances chots ou sous les instruments de Et que cette autorité nourrisseet les grandes avancées, il y a tortures…toujours des milliers dʼano- lʼautorité sereine de toute la Mar- Ils sont là, anonymes, invisi-nymes, des milliers dʼhommes et bles derrière la figure de Ro- tinique !de femmes qui se battent pour main ou le visage de cetdes valeurs et des principes ! homme admirable quʼétait Vic-Personne ne peut réussir seul, tor Schœlcher. Vive le 22 mai !nous avons besoin de la parti- Vive la Martinique nouvelle !cipation, du courage et de la Alors, jʼaimerais que vous pre-créativité de tous! Lʼhumilité, le niez conscience dʼun phéno-respect de lʼautre, lʼécoute de la mène qui me hante depuis Serge LETCHIMYdifférence, lʼimplication de cha- longtemps. La mémoire de ces 22 mai 2010 Le Progressiste - Page 4 - mercredi 26 mai 2010
  5. 5. ELECTIONS CANTONALES Le Progressiste - Page 5 - mercredi 26 mai 2010
  6. 6. ELECTIONS CANTONALES RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE SALÉENUne fois de plus, vous êtes conviés à vous rendre dans les bureaux de vote. Cette fois,par la seule volonté du Conseiller général sortant, maire de la commune, tête de listeaux dernières régionales.Une fois élu à la Région, il a été obligé de démissionner du Conseil Général, en raisonde la règle de non cumul des mandats.Il est clair que pour Rivière-Salée cette élection revêt un caractère inédit. En effetpour la première fois depuis 20 ans, le Maire ne sera pas présent dans un scrutin local.Cela nous projette inévitablement dans un scénario où, le candidat qui sera élu, sepositionnera comme investi de votre confiance pour les années à venir.Il s’agit donc d’un enjeu local fort qui a conduit le RDS à se positionner en proposantma candidature et celle de Bettina Bonheur, ma remplaçante, à vos suffrages.Pour la Martinique il s’agira, à l’occasion de ce renouvellement partiel, de poursuivrel’œuvre engagée lors des élections régionales.L’enjeu politique des années à venir est la mise en place de la collectivité unique queles électeurs martiniquais ont voulu dans le cadre de l’article 73 de la constitution.C’est à cette mission que je m’attellerai si vous me faites confiance.En tant que membre de l’équipe du nouveau Président de Région, il me semble que jesuis le mieux placé des candidats pour mettre en œuvre de façon cohérente ce projetde fusion de nos collectivités.J’ai l’expérience d’une mandature en collectivité, j’ai participé aux travaux du Congrèsen défendant la position retenue au final par les martiniquais. Le Progressiste - Page 6 - mercredi 26 mai 2010
  7. 7. ELECTIONS CANTONALES) 5 $
  8. 8. 6
  9. 9. 7
  10. 10. 6+ 8*+ 5 7 5 $
  11. 11. !
  12. 12. #
  13. 13. $ %
  14. 14. ( )* +
  15. 15. ,
  16. 16. 5 $
  17. 17. 6+ $ 9:6 !
  18. 18. ;
  19. 19. %
  20. 20. -% #
  21. 21. # $
  22. 22. 7
  23. 23. % . 5 , $ $ 7
  24. 24. / ,
  25. 25. 0 ,
  26. 26. 1
  27. 27. % #
  28. 28. #
  29. 29. #
  30. 30. 2*
  31. 31. 4
  32. 32. $ 7
  33. 33. . $%
  34. 34. 3 % .
  35. 35. 5 4 =
  36. 36. = Le Progressiste - Page 7 - mercredi 26 mai 2010
  37. 37. CARTON ROUGE QUAND LE « CONVOI POUR LA REPARATION » TENTE DE RECUPERER CESAIRE ! mettre en bon état ce qui a été arrière-grands-parents pourrait endommagé ; cʼest rabibocher, être perçu comme une tenta- replâtrer, rafistoler… » On peut tive ignoble de tirer profit de donc réparer une voiture, un leurs souffrances, de leurs mal- vieux mur, un vieux meuble, heurs, dans ce que ma voire une personne malade ou grandʼmère appelait « lʼesclavi- accidentée ; mais comment ré- tude ». Aussi, pour ne pas pas- parer un cadavre, si crime ser pour des malotrus, connote meurtre, assassinat ? malpropres, «  sans senti- ment », ont-ils préféré parler de Il faut donc avoir le courage réparation plutôt que de dé- dʼexprimer clairement sa re- dommagement. vendication, appeler un chat un chat, ne pas se perdre dans La société réprime le crime et e « convoi » mené par leC MODEMAS de Garcin MALSA risque, à forcede démagogie, de sombrer des circonlocutions subtiles peut-être, mais ridicules, parce que démagogiques et tout sim- plement exiger un dédomma- punit le criminel  ; il est condamné à purger une peine de prison ; il paie sa dette. Or, le seul fait de payer lʼexonèredans le plus opaque des obs-curantismes et de sʼenliser gement. de tout problème dedans le plus abject des popu- conscience  ; il recouvre la li-lismes. Car «  dédommagement  » et berté ; cʼest le rachat par lʼex- «  réparation  » nʼont pas la piation.Pour ce qui est du crime contre même signification. Loin dʼêtrelʼhumanité (je veux parler de la synonymes, ils peuvent être La réparation réclamée par nostraite et de lʼesclavage des opposables. Et ce nʼest pas convoyeurs a-t-elle pour but deNoirs), le mot « réparation » ne simplement une question de permettre à nos békés de seme semble pas le mieux à sémantique, cʼest aussi et sur- racheter, de sʼexonérer demême de faire saisir lʼampleur tout un problème dʼéthique, de leurs problèmes de consciencede lʼhorreur de la transforma- morale. Ceux du convoi lʼont ou tout simplement de rafisto-tion de lʼhomme noir en bête de bien compris ; réclamer un dé- ler leur conscience ? Cʼeût étésomme. Si on se réfère au dic- dommagement du crime, de un geste digne, honorable, unetionnaire, «  Réparer, cʼest re- lʼexploitation inhumaine de nos manière dʼouverture vers la ré- Le Progressiste - Page 8 - mercredi 26 mai 2010
  38. 38. CARTON ROUGEconciliation de la caste béké morable belya et quʼIL « habite MOIRE qui, tout en rappelantavec notre réalité composite, [sa] blessure sacrée » , les plus les moments douloureux demultiraciale, multiculturelle. virulents, vibrionnants de ses notre histoire, permet dʼhonorerMais ce nʼest pas, me semble- adversaires se réclament de les luttes de nos arrière-t-il, le but recherché ni la  ; LUI, se veulent fils aînés de grands-parents, «  leur résis-préoccupation première et, ma- CESAIRE ! Il est donc de bonjeure de nos convoyeurs ! ton de se donner pour césai- tance à la chicote  » et à ristes convaincus de la pre- lʼasservissement et dʼévacuerEt où cette démagogie devient mière heure  ! Ce nʼest toute arrière-pensée de tirer unplus quʼinsupportable, plus certainement pas une chose profit malsain, ignoble, du mal-quʼinacceptable et vraiment in- odieuse, à décourager, sʼil est heur de nos grands aînés…ré-tolérable, cʼest quand elle tente vrai quʼAimé CESAIRE, père duits à lʼétat de bêtes. Ce qui,de récupérer Aimé CESAIRE et de la nation martiniquaise, ne aujourdʼhui, nous met en capa-de lʼembarquer de force dans saurait être confisqué par le cité de «  regarder le présentson convoi, dont la signification PPM dont la mission est préci-demeure obscure, pour ne pas sément de diffuser sa pensée avec fermeté et toiser lʼavenirdire viciée et cela, surtout, et ses options politiques. Mais avec insolence » (in « Notre 22quand tout le monde sait quʼIL vouloir utiliser CESAIRE, lʼins- mai).a dès le départ condamné cette trumentaliser dans la plusdémarche et a fermement dé- odieuse des «  modemasca- Vonvon Nwèclaré « ce crime irréparable », rades  » relève de lʼinconve-au grand dam de nos nance, de lʼindécence, de laconvoyeurs, qui ne lʼont pas malhonnêteté intellectuelle, duencore digéré ! plus misérable populisme !!!Maintenant que voilà, le peuple Pour notre part, nous avonsmartiniquais LUI a offert un mé- choisi le DEVOIR DE ME- Le Progressiste - Page 9 - mercredi 26 mai 2010
  39. 39. A LA REGION GOUVERNANCE ET COOPERATION : C’EST PARTI ! eux mois après lʼéclatante revanchard, une vulgaire descente LʼINITIATIVE PARTAGEED victoire du mouvement « En- semble pour une Marti-nique nouvelle » à lʼélection de la de lit effilochée ! La situation de la Région Martinique est celle nor- male dʼune collectivité qui avait dé- La Collectivité Unique que les Mar- tiniquais par leur vote du 24 janviercollectivité régionale que le peuple cidé dʼériger la frilosité et la gestion 2010 appellent de leurs vœux, a faitsouverain a décidée, lʼorganisation à vue en modus operandi. En at- lʼobjet dʼune première rencontre àde lʼinstitution dans sa déclinaison tendant les audits qui seront rendus Fort-de-France entre les présidentspratique, rationnelle et –pourquoi vraisemblablement en septembre, S. LETCHIMY et Victorin LURELne pas le dire- « nouvelle », se met voilà ce que lʼon peut dire. Pas de (Guadeloupe), puis dʼune journéeen place. A partir dʼune méthodolo- quoi sauter au plafond  ; pendant de travaux à Cayenne avec le pré-gie éprouvée dans de nombreuses longtemps, la fameuse «  disso- sident guyanais Rodolphesphères de responsabilités, lʼéquipe nance cognitive » a fait ses dégâts. ALEXANDRE. Ils ont longuement«  managée  » par Serge LET- Il était temps de revenir à une réa- évoqué la mise en place des fu-CHIMY, sans Désormais, sans lité qui concilie vérité économique tures collectivités, le mode de scru-précipitation, sans affolement, mais et objectifs. tin, la gouvernance, le nombreavec sérieux et rigueur, sʼest mise dʼélus ainsi que le calendrier. Lesau travail. Un Directeur des Res- présidents guyanais et martini-sources Humaines ainsi quʼun Di- quais, concernés, ont souligné « lesrecteur financier, si nécessaires contraintes juridiques susceptiblesdans toute administration qui pré- de faire obstacle à la réduction detend posséder des « curseurs » et la durée des mandats des élus ré-une «  lisibilité  » dans sa gestion, gionaux en cours dʼexercice ». Ilsseront recrutés prochainement. semblent donc retenir lʼéchéanceDans la gouvernance précédente, de 2014 comme la plus plausible,pour dʼobscures raisons, ces présentant lʼavantage de « détermi-postes nʼétaient pas pourvus, ces ner dans le respect du principe defonctions nʼétaient pas assurées. libre administration des collectivitésUne Directrice Générale des Ser- territoriales, les modalités organisa-vices est nommée  : Laure MOU- LA PAROLE LIBEREE tionnelles, financières et adminis-TAMALLE (voir N° précédent). Les tratives devant permettre dʼaboutircommissions sont en place et fonc- Le président LETCHIMY a reçu le à une optimisation de cette fusion ».tionnent déjà  ; lʼélection du prési- personnel mercredi dernier dans ledent du Parc Régional a eu lieu cadre de la Ferme Perrine ; lʼocca- Mes trois présidents ont évoqué lamercredi dernier  : cʼest Daniel sion pour lui de présenter la Direc- problématique de lʼoctroi de merCHOMET. La Région Martinique est trice générale et dʼéchanger avec et du marché unique. Sʼagissanten ordre de marche. Alors, hauts les agents : « Vous devez vous sen- du problème des carburants, ils re-les cœurs et avançons ! tir libres et non point assujettis à un tiennent la nécessité de « réduire la parti ou à un élu. Prenez des initia- structure des prix, ses modalités,LʼETAT DES LIEUX tives et considérez-moi avant tout son administration  ». Quant à la comme un homme, certes avec des continuité territoriale, ils ont dé-Lʼancien président de la Région glo- responsabilités, mais un homme cidé de faire une réponse com-sait à qui mieux mieux et se répan- qui sera toujours à votre écoute et mune aux projets de décretsdait sur tous les tons sur lʼétat de prompt au dialogue et à lʼéchange. soumis aux collectivités sur la ges-santé insolent de « sa  Région », Je compte sur vous, sur votre ca- tion de ces fonds. Là encore, cessur lʼexcédent que dégageait sa pacité à impulser la Région, votre échanges préfigurent les actions fu-« gestion » et sur le « matelas » fi- capacité de travail et dʼinnovation. tures des trois Régions et les po-nancier dont il disposait. Las !!! Au- Je compte sur votre énergie qui me sent dans une dynamique collectivejourdʼhui, la réalité est moins sera nécessaire ». Dans la foulée, qui ne pourra quʼêtre bénéfiquefolichonne ! Le fameux matelas, en le président annonçait que le plan pour tous.lʼespace de quelques mois, est de- de relance économique sera pré-venu par la seule volonté dʼun diri- senté dans trois semaines. SDEgeant politique haineux et Le Progressiste - Page 10 - mercredi 26 mai 2010
  40. 40. HISTOIRE AUTOUR DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE LES TROIS DIABLES DU POPULISME (I) EDOUARD DE LÉPINE été largement déterminés Martinique produit chaque année par les circonstances de un flot de sottises et dʼélucubra- lʼabolition dans notre pays, tions farfelues et, dans le meilleur ni celle des relations entre des cas, dʼapproximations qui dé- descendants des maîtres et descendants des es- fient le bon sens. claves. Le bon sens ne protége pas de e Douze ans après le 150 tout, pas même de la connerie. À anniversaire, nous la veille de la crise de février 2009 nʼavons guère progressé à la Martinique et à la Guadeloupe, dans ce domaine. Cʼest un béké martiniquais qui se flatte, dʼailleurs peut-être à ce ni- veau que se manifeste la non sans quelque raison, dʼêtre un principale séquelle de lʼes- major de lʼEBS, qui nʼest pas lʼEu- clavage  : notre attache- ropean Business School comme ment à notre on pourrait le croire, mais lʼEcole irresponsabilité collective du Bon Sens, sʼest laissé piéger au nom de notre droit à la dans le mauvais film de Bolzinger, responsabilité. Cʼest tou- jours les autres qui sont « les derniers maîtres de la Marti- responsables de notre si- nique ».  Il risque de payer cher tuation, spécialement de une sottise quʼil a regrettée avant e 150e anniversaire de lʼAboli- ce qui va mal. même quʼelle ne fût connue duL tion avait donné lieu à de grandioses manifestations,aussi bien du côté des anciennes Les manifestations du 162e anni- versaire de lʼAbolition (mais sʼagit- grand public. Combien de nègres pas tous diplômés de lʼEBS, mais plusieurs émoulus de lʼUniversitécolonies françaises quʼà lʼinitiative il encore de célébrer lʼAbolition ?)du Parlement et du gouvernement donnent lieu à un déferlement de française, risqueraient dʼêtre pour-socialiste de Lionel Jospin. Jʼai commentaires qui ont de moins en suivis devant les tribunaux pourcommis à cette occasion un petit moins de rapports avec lʼHistoire. des propos malheureux qui loin deouvrage de vulgarisation des contribuer à lʼunité nationale marti-connaissances disponibles à Ce ne serait pas grave sʼil ne niquaise dont ils se veulent leslʼépoque, Dix semaines qui sʼagissait que des inévitables sous- champions entretiennent la divi-ébranlèrent la Martinique.1 produits de ce genre de manifesta- tions. Des événements autrement sion, la rancune et la rancœur ?«  Il reste à espérer, écrivais-je importants de lʼhistoire mondiale,alors, que le cent cinquantième an- pour ne parler que de ce qui sʼen- Cʼest peut-être quʼil est plus difficileniversaire aura suffisamment titillé seigne dans nos écoles et dans que nous ne lʼavons cru dʼexorciserla curiosité intellectuelle de nos nos lycées, les grandes invasions les trois diables à tout faire de notrechercheurs et de nos étudiants barbares, en Europe, la Réforme histoire, vue par les populistes,pour donner un nouvel élan à la re- et les guerres de religion, lʼindé- toutes nuances confondues, encherche même limitée à la Marti- pendance des Etats-Unis ou la ré- volution Haïtienne, la révolution train de récupérer le 22 mai, dansnique. » russe ou la révolution chinoise, la le silence des historiens et la pru-1/ Le bon sens nʼest pas la Révolution française ou la Com- dence des responsables poli-chose la mieux partagée dans mune de Paris, lʼexpansion colo- tiques : les colonialistes français,notre société niale ou la révolution coloniale, ont les mulâtres et les békés. donné lieu et donnent encore lieuSʼil est vrai que quelques ouvrages dans des milliers dʼouvrages, dans Edouard de Lépineont paru depuis qui ont parfois re- les salles de cinéma, sur lesnouvelé notre approche de lʼescla- écrans de télévision des grandesvage et de son abolition, il nʼest chaînes françaises, à des extrava-pas sûr que nous ayons réussi à gances parfois surprenantes, mais 1 Edouard de Lépine, Dix semaines qui ébran-clarifier autant quʼil est souhaitable avec un minimum de tenue. lèrent la Martinique – 25 mars - 4 juin 1848,la question des rapports avec lʼan- Maisonneuve Larose-Servédit, Paris 1999cienne puissance coloniale qui ont La commémoration du 22 mai à la Le Progressiste - Page 11 - mercredi 26 mai 2010
  41. 41. NOTRE 22 MAI COMMEMORÉ PAR LE PARTI PROGRESSISTE La gerbe du PPM Mme Liliane PARENT, maire Le griot haïtien de Pétionville James GERMAIN Cette année encore, le PPM, avec gravité, a commémoré en ce samedi la date historique de lʼabolition de lʼesclavage. Ce fut dʼabord une messe en lʼéglise des Terres Sainville ; un défilé dans lequel prenaient place le président du parti Serge LETCHIMY, le maire de la capitale Raymond ST LOUIS-AU- GUSTIN, des membres du PPM, des élus, des militants, des Martiniquais, emmenés par la «  cora  » de «  Djimbé  » et leLa gerbe des maires de FFce et « Sang bang » du groupe de tambours africains de la Guinée, Pétionville Le défilé PPM invité par le SERMAC. Le cortège se rendait à la place du 22 mai à Trénelle ; là, Serge LETCHIMY prononçait son discours : « Nous sommes ici aujourdʼhui pour rester dans la ligne fixée par Aimé CESAIRE, appuyée par Camille DARSIERES et le Dr ALIKER. Nous ne sommes pas dans lʼoubli douloureux mais dans le rappel constructif ; déserter son passé revient à  dé- serter son présent ». Et plus de quinze minutes durant, le pré- sident exhumait Boukman, Mackandal, Romain, toutes les grandes figures du panthéon esclavagiste pour un nécessaire rappel mémoriel. Et alors lʼartiste haïtien James GERMAIN, griot albinos à la voix divine venu en Martinique pour une pres- Le griot et les maires tation humanitaire avec le groupe « Arpège », lançait son in- Le recueillement de Serge cantation : « Vivilo, fais an vèvè pou nous, ago, ago » aux dieux du temple vaudou. Dépôt de gerbe au pied de la statue de René-Corail, en pré- sence du maire de Pétion ville, Mme Liliane PARENT. « Vaillant 22 mé » que souhaitait le maire de Fort-de-France, sous le regard blessé mais déterminé de cette mère projetée vers un destin incertain. Le 22 mai, pour nous Martiniquais, est la seule date qui vaille, estampillée sur lʼacte de naissance de notre peuple. Gardons-nous de lʼoublier si nous ne voulons nous oublier nous-mêmes ! R. St LOuis-Augustin Le spectacle du SERMAC SDE Vous souhaitez adhérer au Parti Progressiste Martiniquais ? 1. Téléchargez le bulletin d’adhésion : http://www.ppm-martinique.fr/wp-content/uploads/2009/09/Bulletin-dadhésion-2006.pdf 2. Complétez-le 3. Renvoyez-le à : PPM – Ancien réservoir de Trénelle – 97200 Fort-de-France ou par Mail à contact@ppm-martinique.fr Visitez le site du PPM :http://www.ppm-martinique.fr COMITÉ DE RÉDACTION : Appel du « Progressiste » aux Militants, aux sympathisants, à tous les Démocrates qui lui ont tou- jours fait confiance. Daniel COMPERE « Le Progressiste », organe du Parti Progressiste Martiniquais, a besoin de l’aide matérielle, in- Jeannie DARSIERES tellectuelle de tous les militants, démocrates et sympathisants. Nous les remercions d’envoyer leurs dons (à l’ordre du PPM), leurs articles et leurs suggestions au siège du PPM : imp. TONIPRINT 0596 57 37 37 Didier LAGUERRE - Ancien Réservoir de Trénelle - Fort-de-France. Laurence LEBEAU Directeur de la Publication : Daniel COMPERE 18, Allée des Perruches - Rte de l’Union - 97200 Fort-de-France Daniel RENAY Téléléphone du siège du PPM : 0596 71 88 01 Serge SOUFFLEUR Site Internet : www.ppm-martinique.fr Email : d.compere@ool.fr Victor TISSERAND N° de CPPAP : 0511 P 11495 Le Progressiste - Page 12 - mercredi 26 mai 2010

×