1 euro     Le Progressiste                               mercredi 21 juillet 2010 - N° 2140     “La chance de la Martiniqu...
EDITORIAL                                  DE LA DÉSINFORMATION     xiste-t-il une note de service        À PROPOS DU RESP...
LUTTES SOCIALES                                  L’HOPITAL VA MAL !                                                       ...
POLITIQUE                                                    TETE       L’HOPITAL VA MAL ! …                              ...
HISTOIRE POLITIQUE    DE QUELQUES ACQUIS FONDAMENTAUX DU CÉSAIRISME (suite)      IV/ LE CHOIX DU SOCIALISME DÉMOCRATIQUE  ...
AMENAGEMENT                    LE CONVOI MUNICIPAL,            À LA CONQUETE DE L’ESPACE FOYALAIS…                        ...
AMENAGEMENT                                                                                   tiné à lʼorganisation dʼacti...
CARTON ROUGE                 SE KOD YAN’M KI MAWÉ YAN’M             OU KRACHÉ EN LÈ I TONBÉ EN DJÔLE OU      « ILS SONT CO...
CARTON ROUGE                                        maoïstes en déshérence (ex-lea-          comme si celui-ci en avait ét...
RECHERCHE HISTORIQUE                                     ≪ VOIX D’ESCLAVES ≫                                   D’ELISABETH...
CULTURE             UNE INSTITUTION IRREMPLACABLE,          UN OUTIL D’EXCELLENCE POUR LE PEUPLE :                        ...
EVENEMENT CULTUREL     LE 39E FESTIVAL SE TERMINE EN BEAUTE !        ous la stature emblématique dʼun des Pères de la haut...
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Le progressiste n° 2140

  1. 1. 1 euro Le Progressiste mercredi 21 juillet 2010 - N° 2140 “La chance de la Martinique c’est le travail des Martiniquais” Hebdomadaire du PPM - Fondateur : Aimé Césaire - Aimé CESAIRE L’HÔPITAL EN MAUVAISE SANTÉ ! (PP.3-4) LE SERMAC, UNE INSTITUTION IRREMPLAÇABLE (P11) BON ANNIVERSAIRE, MADIBA ! (NELSON MANDELA A FÊTÉ DES 92 ANS LE 18 JUILLET)AU SOMMAIRE- AMENAGEMENT:LE CONVOI MUNICIPAL (PP.6-7)- CARTON ROUGE: SÉ KOD YANM MARÉ YANM (PP.8-9)« LES MEILLEURS SPÉCIALISTES DES AFFAIRES MARTINIQUAISES SONT LESMARTINIQUAIS EUX-MÊMES » (DR ALIKER)
  2. 2. EDITORIAL DE LA DÉSINFORMATION xiste-t-il une note de service À PROPOS DU RESPECT une telle goujaterie sans quʼaucunE signée de Serge Letchimy ou de son directeur de Cabinet,touchant le traitement du courrier DE LA DÉMOCRATIE sifflet, ni claquement de pupitres, ni claquement de portes, ne sanc- tionne ce comportement qui lui vautadressé nominativement aux UNE COMPARAISONconseillers régionaux ? NON. au contraire les félicitations dʼune ÉDIFIANTE presse domestiquée qui nʼest pas Existe-il une note du Di- loin de voir dans cette muflerie unerecteur Général des services régio- « ... Je veux signaler, en pas- preuve de fermeté et de détermina-naux en date de Janvier 2006, 4 sant, un détail qui permettra une comparaison édifiante avec lʼatti- tion.ans avant lʼélection de Letchimy auConseil Régional, touchant le trai- tude ignoble du Président dutement de tout courrier parvenant Congrès le 18 décembre dernier* Jʼajoute enfin que, sous laau Conseil Régional ? OUI ! [2008]. Un comportement de petit présidence de Camille Darsières, le commandeur dʼhabitation sʼadres- premier vice-président Louis Cru- Tout le reste est ridicule. Il sant aux élus de la Martinique sol, chargé de la rédaction du Rè-y a des problèmes autrement im- comme à un petit atelier de « petite bande ». Une attitude encouragée, glement intérieur de lʼAssemblée,portants à résoudre que les dys- après une large consultation defonctionnements, tout à fait semble-t-il, par Claude Lise.secondaires en lʼespèce, de la Ré- tous les groupes, avait fait adopter,gion. Serge Letchimy nʼa pas at- Le Président du Congrès, en séance plénière, un règlementtendu les leçons des aboyeurs de malgré lʼavis de deux autres parle- fixant dans le détail la procédure delʼancienne Région pour sʼen aper- mentaires présents dans la salle, présentation et de vote des motionscevoir. Il lʼa signalé dès sa confé- MM. Serge Larcher, sénateur, et Louis-Joseph Manscour, député, a non prévues à lʼordre du jour. Pourrence de presse du 24 juin respecter pleinement les droits de obstinément et systématique- Ce nʼest ni lui ni un de ses ment refusé de mettre aux voix lʼopposition, il avait été convenuconseillers qui a soulevé le pro- une motion présentée par le dé- que les motions seraient présen-blème du courrier. Cʼest Daniel puté-maire de Fort de France, tées en plénière, en commençantMarie-Sainte et ses nouveaux por- Serge Letchimy, au nom du par celle qui serait la plus éloignéeteurs dʼeau, parmi lesquels je suis groupe PPM et Démocrates du Congrès. des questions inscrites à lʼordre dudéçu de trouver Francis Carole. jour. Il nʼest évidemment pas im- Quant aux violations de la En mars 1997, le Conseiller possible que ce règlement intérieurdémocratie par Alfred Marie- général de Rivière Pilote qui ait été modifié. Mais comment pour-Jeanne, Carole sait bien que nʼim- nʼétait ni député, ni président du rait-on considérer comme un pro-porte quel observateur un peu Conseil Régional, avait obtenu, grès le droit que sʼarroge unattentif de la vie politique martini- sans aucune difficulté, du Prési- Président de choisir entre les mo-quaise, au cours de ces 39 der- dent, alors PPM, du Conseil Gé- néral, le sénateur Claude Lise, tions qui mériteraient de retenir lʼat-nières années, pourrait en citer desdizaines dʼexemples sans que cela avec lʼappui, entre autres, de tention de lʼassemblée et celles quine comporte, bien entendu, ni haine Serge Letchimy, conseiller géné- ne le mériteraient pas ?ni mépris à lʼégard de lʼhomme ral PPM de Fort-de-France, la misemais la simple constatation dʼune au voix dʼune motion quʼil jugeaitdivergence de fond sur notre dʼune exceptionnelle importance.conception de la démocratie. Edouard DELEPINE Cette motion a recueilli UNE Je ne répondrai plus à ce voix : la sienne1. Cʼest dire lʼintérêttype de propos. Je me permets ce- quʼelle revêtait aux yeux de lʼas-pendant de renvoyer le lecteur sou- semblée départementale. Le Prési-cieux de se faire une idée de la dent, PPM, de cette assemblée, enpratique démocratique du PPM en démocrate conséquent, qui avait, àgénéral et de Serge Letchimy en lʼépoque, une certaine idée du fonc- * Un extrait du livre dʼEdouard departiculier à ce passage de mon tionnement dʼune institution démo-dernier livre « Sur la question dite cratique, avait très naturellement Lépine, Sur la question dite du statut dedu statut de la Martinique » qui accédé à la demande de lʼélu de la Martinique, Désormeaux, 2009, p 32-33nʼa certes pas bénéficié dans la Rivière Pilote.bien pensance nationaliste delʼénorme publicité qui accueille Lʼincroyable est quʼau- 1 Procès-verbal de la séance plénièredans ce milieu la moindre attaque jourdʼhui le Président dʼun Congrès du Conseil Général du 19 Mars 1997contre le PPM. réunissant les principaux élus du pays (à lʼexception des maires qui nʼy sont pas représentés en tant Voir aussi Carton rouge p.8 que tels), puisse se comporter avec Le Progressiste - Page 2 - mercredi 21 juillet 2010
  3. 3. LUTTES SOCIALES L’HOPITAL VA MAL ! tiniquaise tout entière ». Dʼores et déjà, la date du 7 septembre est retenue pour une manifestation dʼune plus grande ampleur. Le 12 juillet, une table ronde sʼest tenue à lʼinitia- tive du président de Région. Pompier dont la mis- sion semble être de circonscrire et dʼéteindre les incendies socioéconomiques tout en impulsant la nécessaire dynamique propre à relancer une éco- nomie « enkayée », le président Serge LETCHIMY sʼimplique sur tous les fronts dès que lʼintérêt su- périeur de la nation martiniquaise le requiert. Il sʼétait engagé à recevoir le comité de grève du CHU et les syndicats hospitaliers, la communauté hospitalière et lʼARS (Agence Régionale deCʼest pratiquement devenu un lieu commun Santé).que de dire que « la santé », dont lʼhôpital estla partie visible de lʼiceberg, est en…mauvaise Rencontre tendue sʼil en fut, tant les problèmessanté ! Il nʼy a quʼà voir les manifestations de sont importants et complexes. Avec un déficit deceux qui ont en responsabilité cette « santé » 36 millions dʼeuros, le Centre Hospitalier Univer-pour sʼen convaincre. sitaire est dans une situation catastrophique ; PourLe 10 juillet, les organisations syndicales du sec- M. RIAM, son directeur général, « le monde de lateur, des médecins de lʼhôpital public, des asso- santé traverse une grave crise. Durant de nom-ciations dʼusagers –suite à lʼinitiative dʼune breuses années, le CHU a vécu au-dessus de sesintersyndicale constituée de la CGTM, la CDMT et moyens ; il est urgent de remettre à flot la trésore-la CSTM sous le slogan « Tous ensemble, sau- rie des établissements hospitaliers, de leur impul-vons lʼhôpital public », en cortège, ont défilé à tra- ser de nouvelles dynamiques en rationalisantvers la capitale. Des entreprises travaillant avec le lʼoffre des soins. Il nous faut nous mobiliser pourCHU, des praticiens, des politiques, M. tout le mettre en place un plan de santé et faire en sortemonde, ont pris part à la marche : MM. LISE (sé- que les dispositions du plan Santé Outre Mernateur et président du Conseil Général), ST- soient étendues à la Martinique ».LOUIS-AUGUSTIN (maire), OCCOLIER (Pdt delʼAssociation des maires), LAVENAIRE, MAR- Pour M. BOSQUI, membre du comité de grève : «TINE, MALSA (maires respectifs de Marigot, St Nous ne sommes pas comptables des erreursPierre et Ste Anne), les conseillers régionaux Ca- successives des équipes de direction du CHU ; lemille CHAUVET(PPM), Daniel MARIE-SAINTE, personnel ne doit pas en faire les frais. Nous de-Marlène LANOIX, Marie-Hélène LEOTIN, Francis mandons le respect des engagements fermes prisCAROLE, MM. Gilbert PAGO (GRS) et Philippe par lʼEtat…Aujourdʼhui, nous nʼavons aucune ré-PIERRE-CHARLES (GRS- Pdt du K5F)… Notons ponse à nos problèmes. On nous demande beau-la présence du Secrétaire général du PPM Didier coup, mais pour les choses simples on ne faitLAGUERRE (conseiller municipal et régional). rien ! La santé des Martiniquais nʼest pas un busi-Après quelques prises de parole, Ghislaine JOA- ness ! »CHIM-ARNAUD, Secrétaire générale de la CGTM,remettait officiellement au directeur de cabinet du Pour cette autre représentante du comité dePréfet un courrier lors de la réception dʼune délé- grève : « Nous sommes très sceptiques quant auxgation. Alain ALFRED, conseiller municipal PPM mesures qui sont préconisées. Depuis 2007, avecde FFce, indiquait : « La ville de Fort-de-France et un déficit de 6 millions cumulés, le plan de redres-le Parti Progressiste Martiniquais soutiennent cette sement ainsi que les mesures prises nʼont faitaction pour la santé au profit de la population mar- quʼamplifier ce déficit. Aujourdʼhui, la prise en Le Progressiste - Page 3 - mercredi 21 juillet 2010
  4. 4. POLITIQUE TETE L’HOPITAL VA MAL ! … Meynard doit être en- trepris très rapide- ment. S. LETCHIMY en appelle à une mo- bilisation générale en y associant la popu- lation, aux côtés de la communauté hos- pitalière. Pour  : exi- ger de lʼEtat le respect de ses enga- gements, le maintien de la dotation spéci- fique dʼaccompagne- ment de 10,5 millions dʼeuros, le respect de la compensation des créances irré- couvrables (de 285 millions dʼeuros pour le seul CHU) prévue sur 12 ans, la mise en œuvre effec-charge des malades nʼest pas satisfaisante. De- tive dʼun Plan Santépuis la mise en place de la T2A (Tarification A lʼAc- Outremer. Est par ailleurs réclamée la révision dutivité, qui préconise que les dépenses ne peuvent coefficient géographique (prise en compte des sur-être engagées que si les recettes sont équiva- coûts liés à lʼéloignement et lʼinsularité) et des me-lentes), les hôpitaux plongent ! LʼEtat ne veut pas sures immédiates pour la mise en place dʼun planjouer son rôle, investir dans les hôpitaux. Ce sont destiné à doter lʼHôpital dʼune trésorerie saine luiles gabegies et les gaspillages qui créent cette si- permettant dʼassurer sa mission de soins et le paiement des salariés et des fournisseurs.tuation. Il faut que lʼEtat sʼimplique ! » La Collectivité Régionale apportera son concoursPour M. ELISABETH, autre membre gréviste  : à la reconstruction du plateau technique du CHU« En matière de relance de lʼéconomie, le CHU est aux normes parasismiques et à lʼamélioration desen train [dʼasphyxier] ce pays  : les 17 millions écoles paramédicales dont elle a la responsabilité.dʼeuros de salaires payés chaque mois ne sont Le Ministère de la Santé recevra le 9 septembrepas aujourdʼhui assurés pour le mois dʼaoût ». plusieurs responsables du CHU  ; le directeur pourra y défendre son plan de redressement.Même cri dʼalerte des représentants du corps mé- Néanmoins une délégation (élargie) pour effectuerdical  : «  Si la situation financière ne sʼaméliore une démarche commune est vivement souhaitéepas, nous allons droit dans le mur ». Précisons avant cette date. Par ailleurs, le président de-que la crise touche également les autres hôpitaux mande de mettre en place une stratégie de com-de la Martinique, dont le Lamentin et Trinité. munication afin dʼinformer et de sensibiliser laLe président de Région a décidé de prendre sa population martiniquaise, première concernée parpart de responsabilités. Pour lʼheure, il ne sʼagit ces enjeux de santé publique !pas de « tirer sur lʼambulance » ; la Région Marti-nique apportera sa quote part de 16,9 millions Serge SOUFFLEURdʼeuros et est disposée à étudier le bouclage fi-nancier pour assurer les 24 ME de prêt. Souhaitdu président, le ravalement des façades de La Le Progressiste - Page 4 - mercredi 21 juillet 2010
  5. 5. HISTOIRE POLITIQUE DE QUELQUES ACQUIS FONDAMENTAUX DU CÉSAIRISME (suite) IV/ LE CHOIX DU SOCIALISME DÉMOCRATIQUE jʼavais appris à les tés auxquelles ils sont confron- détester en les ayant lus très dis- traitement - quand tés. je les avais lus - cʼest au PPM que jʼai vraiment com- Nʼallez cependant pas mencé à lire et à étudier Jaurès et vous décourager. Jʼai mis finale- Blum. Vers le mi- lieu des années 1970, un vieux so- ment beaucoup moins de temps cialiste, Jules Bar- dol, mʼavait à mʼen sortir que je nʼen avais mis pourtant passé deux textes qui ne Le troisième apport du cé- mʼont plus quitté. à mʼy enfoncer. Je ne suis pas sûrsairisme a été la réconciliation Un discours de Jaurès à la Jeu-des mots socialisme et démo- nesse, un exemplaire usager du de mʼen être définitivement tiré.cratie. En un temps où la notion Discours de Léon Blum aude social-démocratie était com- Congrès de Tours.plètement discréditée : à lʼouest, Mais je crois que je suis sur la Le premier mʼavait ébloui.par la collaboration ouverte des Mais mes professeurs commu-partis socialistes avec le capital et nistes, Jean Bruhat, mon profes- bonne voie grâce, entre autres, àavec le colonialisme, à lʼEst, par seur dʼhistoire au Lycée Lakanal,le comportement de ceux qui se Jean Dresch et Pierre Georges àprésentaient comme leurs adver- une fréquentation plus attentive lʼInstitut de Géographie, le socia-saires les plus résolus, les gar- liste Charles-André Julien à ladiens de la pureté Sorbonne, plus tard Georges des textes de Césaire. Ces textesmarxiste-léniniste, et soumet- Gratiant, et les communistestaient les pays du « socialisme martiniquais en général, avaientréel » à des dictatures parmi les mʼont, entre autres, guéri de ce toujours eu un faible pour Jaurèsplus sinistres de lʼépoque et me lʼavaient sans doute com-contemporaine. Trente ans après muniqué. que Lénine appelle la gale dule Rapport secret de Khroucht-chev qui a révélé au monde une Le texte de Blum mʼavaittoute petite partie des crimes de surpris sans me convaincre. Ce mouvement révolutionnaire, laStaline, Gorbatchev [est] en train nʼétait pas du tout ce que je mʼat-de confirmer ce que Césaire affir- tendais à y trouver. Cette décou- maladie infantile du commu-mait, en octobre 1956, quand il verte mʼintriguait sans mʼébranler.démissionnait du PCF. Jʼai sans doute continué à ap- prendre à certains dʼentre vous à nisme, « le gauchisme », et de Mais, en démissionnant du ridiculiser le réformisme de la so-PCF, Césaire nʼentendait pas cial démocratie dans les écoles son corollaire : le sectarisme.seulement condamner les crimes de formation du GRS que nousdu stalinisme. Il dénonçait aussi tenions ici même, au Four àles dérives droitières du socia- Chaux.lisme de la vieille SFIO de Guy Cʼest au PPM, et en reli-Mollet, celle de la répression sant Césaire, que je me suissauvage des patriotes Algériens mis à vraiment étudier Blum et Edouard DELEPINEdans la casbah dʼAlger, dans les dʼautres grands penseurs dudjebels des Aurès ou de la Kaby- socialisme. Autant dire que lelie. Cʼétait une quinzaine dʼan- PPM mʼa sauvé et nous a sau-nées avant que la gauche (Suite et fin au prochain vés dʼun des plus graves dé-socialiste autour de Savary fauts qui guette tout jeunedʼabord, de François Mitterrand homme qui entre en politique : N°)ensuite, nʼentreprenne de re- la tentation de réciter des for-construire un socialisme fidèle à mules, de reproduire des sché-ses origines, cʼest-à-dire à Jaurès mas, dʼessayer de faire entrer (Le § en gras est soulignéet à Blum. la réalité dans les textes au lieu Ce nʼest pas au PC, où dʼadapter les textes aux réali- par la rédaction) Le Progressiste - Page 5 - mercredi 21 juillet 2010
  6. 6. AMENAGEMENT LE CONVOI MUNICIPAL, À LA CONQUETE DE L’ESPACE FOYALAIS… que fréquentaient Le terrain SANDOT assidument nos parents, était de- Quoique le car, par ses dimensions venu presquʼune et son gabarit, nʼait pu nous dépo- ruine, au point ser dans le site, nous avons eu que les bouchers toutes les explications concernant de la ville avaient le désenclavement de ce terrain, au dû être hébergés lieu dit Fond Berny, au quartier Di- provisoirement dier. Il abrite à peu près 20 ailleurs. constructions dont les accès sont Situé entre les difficilement carrossables, avec un rues Antoine Siger réseau dʼeaux usées inexistant et Les conseillers municipaux sur le terrain et Lamartine, un réseau dʼeau potable précaire. avec une façade Alors, il fallait améliorer la qualité de e vendredi 16 juillet, de 8 h donnant sur le Grand Marché, ceC vie du quartier pour les habitants 30 à 13 h 30, de nombreux bâtiment est en train dʼêtre complè- des 25 maisons individuelles, dés- élus municipaux, accompa- tement réhabilité : sa structure mé- ormais désenclavées, avec ungnés du premier dʼentre eux, R. tallique sera remise en état et en accès voirie nettement amélioré etSaint Louis Augustin, ont pu voir valeur, en tenant compte de ses une protection des talus de déblaisdans le détail une partie des réali- spécificités architecturales, les contre lʼérosion …sations municipales dans la Ville- abords seront réparés, afin de met-Capitale. Regroupés dans un car, tre à la disposition des bouchersoù la convivialité se disputait avec des espaces fonctionnels répon- Un mur de soutènement à Mornele sérieux des explications pré- dant aux nouvelles normes dʼhy- Ventécises, précieuses que nous dispen- giène et de sécurité  ; 9 boxessaient les responsables de la dʼenviron 14 m² vont accueillir Au 29 rue des Remparts, la Ville amairie, Mme Dominique BOUR- chambres froides, vitrines de réfri- permis la construction dʼun mur deROUET, M. DIB, M. Manuel gération, éviers, tables de découpe. soutènement dans cette voie com-DRIEUX, … toujours ponctués par Tout est refait, en respectant la qua- munale. En effet, les fortes pluiesles commentaires avertis et nom- lité architecturale du bâtiment, qui de 2009 avaient provoqué lʼécrou-breux du Maire, les conseillers mu- fait partie de notre Patrimoine. Le lement de la partie haute de ce murnicipaux avaient là, sous les yeux, marché aux viandes, financé par et le talus avait glissé et obstrué leces travaux, ces efforts concrets, lʼANRU, la CACEM et la Ville caniveau de la voie.quʼils avaient votés en Conseil mu- (596 000 euros) sera certainement Coût des travaux : 57 891 euros,nicipal. Rien nʼest plus probant, rien terminé en décembre 2010. qui seront terminés au bout de 13ne peut mieux fouetter la fierté semaines.dʼune équipe que de se rendrecompte comment et pourquoi estbâtie la Ville quʼils doivent gérer.Certains des chantiers de la villefaute de temps nʼont pu être visités,en particulier les travaux à Volga età Dillon, et la réalisation dʼune voiede liaison entre la rue E. Jeanne etlʼavenue Victor Lamon et lʼaccès àEDF, au quartier Pointe des Car-rières …Le marché aux viandesLe premier chantier visité fut celuidu marché aux viandes, sis au Cen-tre-ville. Ce marché, que tousconnaissaient dans le cœur de ville, Mur de soutčnement ą la rue des Remparts de Morne Ventéentouré de nombreux commerces Le Progressiste - Page 6 - mercredi 21 juillet 2010
  7. 7. AMENAGEMENT tiné à lʼorganisation dʼactivités à ca- ractère socio-éducatif et culturel ; et ce qui est plus original, cʼest la création dʼun studio dʼenregistre- ment et de création dédié à la mu- sique et aux cultures urbaines, permettant aux jeunes dʼexprimer leur art. ***************** Gros travaux de soutènement Ces retrouvailles ont été complé- tées par un déjeuner agréable auPlus de 35 m² de mur de soutè- consistent en des terrassements Centre International de Séjour, ànement, mise en œuvre de rem- pour lʼabaissement du profil en lon- lʼétang Zʼabricot, structure origi-blais, une clôture en grillage gueur de la voirie, le traitement desgantois, sont ainsi construits par la talus par végétalisation, la canali- nale qui offre toutes les garantiessociété Caraïbe Moter … sation des eaux pluviales jusquʼaux dʼun bon accueil. Et, nous avons, ravines, la création de trottoirs. là, eu la surprise agréable de re- Le coût des travaux est de 387 670 cevoir notre Président de Ré-A Balata, travaux sur la voie cadas- euros.trée L 214 gion, Serge LETCHIMY, accompagné de notre camaradeLà, un glissement important de ter- Le Centre Culturel et Social à Cha- E. DELEPINE …rain a eu lieu, lors de la période plu- teauboeufvieuse du 18 mai 2009  , Valeur didactique de cette visiteencombrant la voie qui dessert une Cʼest sans conteste la plus belle de chantier  : chacun sait quedizaine de maisons et le quartier réalisation (avec le marché aux lʼélu est un citoyen, peu avertitout entier est sujet à ces glisse- viandes) visitée ce jour. des questions techniques  ; etments. Nous reprenons, ici, les élémentsAussi, un traitement de talus et des du dossier présentés par les ser- voir les travaux est un acte deeaux pluviales est nécessaire pour vices de la ville, tant ils nous sem- participation à haute teneur édu-éviter dʼautres glissements pouvant blent complets. cative pour mesurer lʼenverguremettre en péril et la voie de circula- «  Dans le cadre de la politique detion et les maisons en amont. revitalisation des quartiers, la Ville de lʼaction de la Ville, dans sesPar conséquent, après avoir lancé va offrir à sa population des es- aspects les plus détaillés. Ainsi,une étude géotechnique pour met- paces de jeux et de convivialité ; le il est fortement demandeur detre en œuvre les solutions appro- secteur de la ZAC de Chateau-priées, la Ville a permis la boeuf, marqué par un habitat de ces visites de chantiers de laréalisation dʼune paroi clouée, tech- type collectif, donc fortement peu- Ville-Capitale, pour mieux infor-nique originale à lʼefficacité prou- plé et fréquenté par une population mer et mieux participer.vée, un élargissement de la jeune, était sous-équipé en es-chaussée en béton et le drainage paces publics de loisirs. Au-de lʼensemble de la zone par des jourdʼhui, cʼest chose faite. Aprèscunettes. lʼespace Parc Urbain, déjà réalisé, le Centre Culturel et Social voit leGlissement de terrain à Rodate et jour », et est promis fin 2010 (avecPost-Colon 230 000 euros pour la CAF, 63 501 Dossier préparé par euros pour la CACEM et 853 011 Jeannie DARSIERESCe glissement de terrain majeur a euros pour la Ville).emporté une bonne partie de la Cet équipement remarquable (rez-chaussée, et il était urgent de frei- de-chaussée et étage) est situé àner cet effondrement, qui endom- lʼangle de lʼavenue des Paradisiersmageait toute la voie. Les travaux et de la rue des Amours ; il est des- Le Progressiste - Page 7 - mercredi 21 juillet 2010
  8. 8. CARTON ROUGE SE KOD YAN’M KI MAWÉ YAN’M OU KRACHÉ EN LÈ I TONBÉ EN DJÔLE OU « ILS SONT COMME CES IMBÉCILES QUI SOULÈVENT UNE PIERRE TROP LOURDE ET QUI SE LA LAISSENT RETOMBER SUR LE PIED » MAO TSÉ TOUNG (ce texte, déjà publié sur internet, nous semble important à conserver, tant par les questions qu’il pose que par les réponses POLITIQUES qu’il apporte)- NDLR Martinique. pour le contrôle rigoureux de tout 2° Aucun courrier administra- courrier parvenant à la Région ? tif ne doit être nominatif. 3°Tout courrier parvenu à la Ou il les ignorait. Ce serait Région par quelque moyen que ce grave pour un élu appelé à assurer soit (Poste, porteur ou autre) doit régulièrement lʼintérim de son pré- obligatoirement être acheminé et sident. Il devrait remercier le Prési- enregistré au service du courrier » dent Letchimy de lui avoir permis de mesurer le mépris dans lequel le Cette réponse se suffit large- tenait celui dont il assurait lʼintérim ment à elle-même. Les responsa- plusieurs fois par an. Ou il savait. bles du service du courrier nʼont fait De propos délibéré, il en a menti à quʼappliquer les consignes de leur ses complices, dont un prof dʼhis- lʼoccasion de son premier ancien patron. Il nʼy aurait rien à y toire (hélas !) et une avocate (2 foisÀ compte rendu de mandat sur ses trois mois à la tête duConseil Régional, le Président Let- ajouter si le comportement des nos- talgiques de la gestion marie-jean- niste- qui aurait suscité de grands hélas !) et à des juges complaisants qui ont feint de croire que «  les courriers de certains conseillers ré-chimy a rendu publique, entre au- éclats de rire dans nʼimporte quel gionaux », sous entendu de lʼoppo-tres documents, une note de pays démocratique où il y aurait sition, auraient pu faire lʼobjet dʼunelʼancien directeur général des ser- des journalistes assez curieux, des surveillance particulière du cabinetvices de la Région, touchant le trai- caricaturistes assez talentueux et du président Letchimy. On ne peuttement de tout courrier parvenant à des chansonniers assez caustiques pas se contenter dʼen rire.la Région sous Alfred Marie- pour amuser le public des pitreriesJeanne. Un directeur général, M. de ses adversaires- ne trouvait On sait que la nouvelle Ré-Guy-Raphaël Henry, dont chacun dʼinattendus soutiens dans la gion par peur dʼêtre accusée desait que le seul titre à assumer cette presse écrite ou parlée. Cʼest tout pratiquer la chasse aux sorcièresfonction était son inconditionnelle fi- juste si Marie-Sainte et Carole ne en adoptant le spoil system (sys-délité à son patron pendant près de passent pas pour de malheureuses tème des dépouilles) de la démo-trois décennies à la Mairie de Ri- victimes des services dʼespionnage cratie américaine- qui consiste àvière Pilote. de Serge Letchimy appliquant à la virer tous les grands serviteurs lettre les instructions de leur ancien dʼun candidat sortant battu aux Cette note de lʼancien DG, patron. Imaginez Les guignols de élections présidentielles et à lescʼétait la réponse de Serge Let- lʼinfo avec une perle de cette qua- remplacer par des hommes et dechimy à lʼétrange et médiocre lité ! femmes de confiance- observe aucampagne de calomnies dont il est contraire à lʼégard des fidèles delʼobjet, sur les procédures de traite- À qui fera-t-on croire que Da- lʼancien régime une mansuétude ja-ment du courrier parvenant à la Ré- niel Marie-Sainte qui fut pendant mais prise en défaut, au risque degion. Les 3 principales dispositions douze ans, comme premier vice- se faire chasser par les sorcières.de cette note méritent dʼêtre rappe- président du Conseil Régional, le Les principaux collaborateurs delées : plus proche sinon le plus sincère la nouvelle région sont souvent « 1° Tout courrier parvenu à des compagnons dʼAlfred Marie- les anciens fidèles de Mariela Région doit être adressé au Pré- Jeanne, ignorait les instructions de Jeanne et du MIM. Il leur aura suffisident du Conseil Régional de la son patron à son Directeur Général de se présenter en créatures abu- Le Progressiste - Page 8 - mercredi 21 juillet 2010
  9. 9. CARTON ROUGE maoïstes en déshérence (ex-lea- comme si celui-ci en avait été lʼau- ders de SIMAO, du GAP, du CNCP) : « ils sont comme ces im- teur, «  de donner à ses services béciles qui soulèvent une pierre trop lourde et qui se la laissent re- toutes instructions pour quʼil soit tomber sur le pied ». mis fin aux agissements » dénon- Ils ont fait condamner par dé- faut leur ancien président qui avait cés par les plaignants, sans aucune ordonné à son directeur de contrô- ler tout courrier parvenant à la Ré- référence à la source de ces agis- gion sous quelque forme que ce soit. Ils en sont apparemment sements ? assez fiers. Au lieu dʼen remercier La voix de son maître Serge Letchimy, ils lʼagonisent dʼin- jures. Est-ce que les uns et les au-sées et repenties voire en martyrs On aurait tort de prendre à lade la gestion de M. Marie- légère le comportement de ces gui- tres miseraient sur la tolérance deJeanne… dont ils préparaient fébri- gnols. Deux choses mʼinquiètentlement lʼinvestiture entre les deux dans cette affaire. Quel journaliste la nouvelle Région à lʼégard destours du scrutin des régionales de martiniquais, informé depuis plusmars dernier. de huit jours de la note de M. Ra- serviteurs les plus zélés de lʼan- phaël Henry, pourrait faire croire Les adversaires de Serge quʼil a jamais tenu ce DG pour cienne pour dégoûter ceux qui lʼontLetchimy ne sont malheureuse- assez autonome par rapport aument pas que de sinistres Guignols Président pour rédiger cette note mise en place non pour conserverCe sont des juristes pointilleux et, pas seulement sans lʼautorisationbien entendu, des anticolonialistes mais sans lʼordre dʼAlfred Marie- mais pour changer les pratiquesconséquents, eux. Ils nʼhésitent Jeanne ?pas à sʼadresser à la justice « colo- jadis en usage dans cette cavernenialiss » pour obtenir réparation des Que signifie dans ces condi-prétendues misères que leur font tions la reprise pure et simple du ju- dʼAliboron  et préparer, sous uneceux quʼils désignent comme des gement condamnant Letchimy,complices ou des alliés du colonia- sans aucune référence aux instruc- autre forme mais avec le mêmelisme. Curieuse mentalité. Allez tions données par son prédéces-comprendre. seur à son Directeur Général ? contenu, la restauration de lʼancien Si je ne craignais de passer Comment dʼautre part la jus- régime ?pour un accroc de la kréyolade, je tice peut-elle se comporter avec au-dirais que « sé kod yanʼm ki maré tant de désinvolture à lʼégard du(mawé ?) yanʼm » ou que « kraché Président du Conseil Régional au(kwaché ?) an lè, i tonbé en djôle point de lʼinformer par fax (un faxou ». Je préfère le mot célèbre du dʼune soixantaine de pages) moinsPetit Livre rouge du Président Mao de 24h avant le procès qui lui était Edouard de Lépinequi fut pendant si longtemps le bré- intenté ? Comment surtout le tribu-viaire de ces inconsolables nal peut-il prescrire au président, KOUTT ZEPON ET SI LA MARTINIQUE AVAIT SON JOYANDET ? ment exorbitants et récemment cabinet, DGA au plus haut des remercié par son Président. cieux…. Mais des Joyandet, il en existe Quand on connaît le taux horaire encore, et même sous nos cieux par temps de crise. des salaires de ces éminences Le Président du Conseil Général grises, bonjour le déplacement ! de la Martinique continue dʼaffi- Même sans lʼavion privé, ça frise cher une certaine opulence  : les mêmes pratiques ! La RGPP Une dizaine de collaborateurs ne passera pas par lʼAvenue desJoyandet, ça vous dit quelque pour accompagner le Prince en Caraïbes, je vous le dis !!! déplacement au Batelière à lʼin-chose ? Un Ministre de Sarkozy vitation du Président du Sénat :accusé de frais de fonctionne- communication, photographe, Le Progressiste - Page 9 - mercredi 21 juillet 2010
  10. 10. RECHERCHE HISTORIQUE ≪ VOIX D’ESCLAVES ≫ D’ELISABETH LANDI (1ÈRE PARTIE) ceux qui nʼont pas laissé de traces dies, etc. écrites ou directement produites Souvent ces faits sont cités sans par eux, les paysans, les femmes, les ouvriers, les esclaves. précaution, reprenant des sources ≪ colonialistes ≫, sans aucune Ces travaux remettent en cause un distanciation critique quant a la me- certain nombre de poncifs, ceux‐là même qui sont aujourdʼhui bannis sure réelle des phénomènes, leur par la communauté internationale interprétation étant souvent la re- des historiens de la Caraïbe, du Brésil, du Mexique, des Etats‐Unis prise des arguments de planteurs Musée des Esclaves à Gorée-Sénégal et des Subaltern Studies indiennes. ou de gouverneurs ou de juges Des publications commencent dans des périodes de réaction poli- maintenant a diffuser les résultatsLes commémorations du 22 mai de ces travaux et des cours sont tique et de répression de grandecette année ont été lʼoccasion donnés dans les universités. Dans envergure.dʼévoquer la notre champ géographique, les tra-problématique des ≪ voix dʼes- vaux de recherche et les enseigne-claves ≫ notamment dans le dis- ments de Myriam Cottias1, de Parallèlement, un discours de pluscours du Président du PPM Dominique Rogers2, dʼAlexandre en plus médiatisé laisserait accroireSur la place du 22 mai à Trénelle. Alaric3 et dʼune jeune doctorante que les historiens seraient incapa-Je me réjouis de cet intérêt pour les Stephanie Belrose4, pour ne citernouvelles directions de la re- que ceux‐la, en sont bien la preuve bles de faire émerger la voix descherche que les historiens ont ini- dʼun dynamisme réel. esclaves car ils ne travailleraienttiées depuis une quinzaine que sur des documents et desdʼannées aux Etats‐Unis, en Italie,au Brésil et en Inde, en particulier sources produits par les autoritésNatalie Zemon Davis ou encore coloniales ou par les dominants.Carlo Ginzburg. Lʼargument selon lequel lʼexploita-Ces préoccupations soulignent lʼim-portance de ne pas oublier les ano- tion des sources écrites dont nousnymes de lʼhistoire de lʼabolition de disposons nelʼesclavage ce qui est fort juste et à permettraient pas dʼaccéder a lʼau-propos. thenticité des pensées intimes, a la Esclaves -ac.versaillesAime Césaire avait déjà exprimé véritablebien avant nous tous et de manière connaissance de la volonté, de lavisionnaire la nécessité dʼêtre lavoix des sans voix : ≪ Ma bouche pensée, et de lʼimaginaire des es- En effet, si lʼon ne peut nier le rôlesera la bouche des malheurs qui des grands leaders de la lutte des claves est un leurrenʼont point de bouche, ma voix, la marrons, si lʼon ne peut occulter opportuniste qui méconnaît toutesliberté de celles qui sʼaffaissent au lʼaction des hommes qui se sont en-cachot du désespoir ≫ les nouvelles approches de la gagés dans un combat juridique et(Cahier dʼun retour au pays natal, moral contre lʼesclavage, rien nʼau- science historique.1939). rait abouti si les esclaves eux- De telles assertions méconnaissentDepuis donc quelques années, de mêmes nʼavaient pas mené la luttenombreux historiens et anthropo- a lʼévidence les avancées de la pro- au quotidien et mené de grandeslogues ont exploré ces probléma- révoltes que nous connaissons duction historiquetiques des voix des silencieux, de dans toutes les et révèlent une représentation ob- Amériques. solète de la recherche en sciences Les formes de la sociales. résistance des esclaves, tradi- tionnellement Elisabeth LANDI évoquées par les 1 Centre de recherche sur les esclavages, Ecole des vulgarisateurs, Hautes Etudes en Sciences Sociales-CNRS sont bien 2 Centre de recherche sur les esclavages, MDC en his- connues : ralen- toire à lʼUAG tissement au tra- 3 MDC en Sciences du langage à lʼUAG, Cours de Mas- vail, fuite, ter sur le discours de résistance empoisonne- 4 Doctorante, Paris IV-Ecole des Hautes Etudes en ment, marron- Sciences Sociales n a g e , 2 avortements, in- fanticide, sui- c i d e s , Marché aux esclaves (madininart.net) détournement (A suivre) des outils, incen- Le Progressiste - Page 10 - mercredi 21 juillet 2010
  11. 11. CULTURE UNE INSTITUTION IRREMPLACABLE, UN OUTIL D’EXCELLENCE POUR LE PEUPLE : LE SERMAC…AIME CESAIRE, à lui tout seul, est un Monument sy- pernicieusement revêtu de vêtements dʼemprunt auxnonyme de culture, de CULTURE avec un grand C, qui couleurs attirantes.en rien ne peut se confondre avec le Savoir, lʼInstruc- Ce « moi », travesti et affadi, avait les aspects de lation ou la Connaissance. Modernité et faisait semblant de nous entraîner dans Cʼest tout le but de sa Politique Martiniquaise, car, la ronde fallacieuse de lʼUniversel, sans nous permet-selon lui, la Culture est une arme puissante contre le tre de prendre conscience avant tout du « qui suis-je ?,Colonialisme, lʼAliénation, et le fait dʼêtre étrangers à dʼoù je viens ?, où je vais ? ».nous-mêmes, par nous-mêmes… Merci au Sermac dʼavoir été lʼoutil de ce « ménage » Quel déclic sʼest déclenché en Lui, maire de Fort- profond en nous-mêmes, pour mieux nous préparer àde-France, député, Leader charismatique, auteur du demain, et ce remue-ménage intérieur nʼest point ter-« Cahier » et du « Discours sur le Colonialisme », pour miné…quʼil crée un Service Culturel qui soit au service des Ainsi réconciliés avec nous-mêmes, en harmonieMasses Populaires, laissées de côté par la Bourgeoi- avec notre Identité retrouvée, nous pouvons profiter,sie et le Pouvoir en place, et considérées comme de façon magnifique, par exemple en ce 39ème Festi-inaptes à une Culture élitiste et à val, des rythmes de Puerto-Rico,un bagage artificiel de connais- des danses syncopées de Etats-sances policées ? Unis, du Ballet cubain, du Théâ-Lʼayant créé, il y a 40 ans et plus, tre de lʼabsurde de IONESCO,le SERMAC a aligné ses ba- de celui plus moderne de Fredtaillons dʼateliers riches de com- Vargas ou P. Chamoiseaupétences, ses idées, toutes etc..etc.  …, sans compter nosprometteuses de formation, son propres créations, sorties dessavoir-faire issu des traditions po- tripes de notre Peuple…pulaires, jusquʼalors méprisées et Une fois de plus, le Festival dedévalorisées. FF a joué ce rôle dʼInitiation, et Et le Parc Floral et culturel nous a amenés à être heureux(maintenant Parc Aimé CE- de participer à la grande Fête deSAIRE), acheté fort cher des la Culture. Et ce ne sont pas lesmains de lʼArmée, fourmilla bientôt de jeunes, de moins mesquineries de lʼancienne Région et du Conseil Gé-jeunes, dʼhommes, de femmes, descendus des fau- néral, qui ont tenté, avec une mauvaise foi désarmante,bourgs, et même parfois des communes, assoiffés de de rétrécir lʼaide financière à ce Festival de la Ville Ca-connaître, de faire, dʼinventer, de créer. Quelle ruche pitale (rappelons-le, qui draine la santé culturelle debourdonnante qui étonnait, au sens propre du terme, plus du tiers de la Martinique !), qui ont pu freiner lales visiteurs et les chefs dʼétat de passage ! On nʼavait portée et la Beauté du 39ème Festival. Un grand bravojamais vu cela ! à toute lʼéquipe du Sermac, à Lydie Bétis et Danièle On ne dira jamais assez combien cette structure cul- Marceline…turelle, le Sermac, a procuré de ferveur et de goût du Redisons aussi combien le CENACLE, ce lieu privilé-Savoir, à ceux qui le fréquentaient- Et, on ne remer- gié de connaissances et dʼéchanges, frappe par le suc-ciera jamais assez lʼEdilité foyalaise et son Leader cès grandissant quʼil rencontre auprès des citoyensAimé Césaire ( Et ce beau travail a été poursuivi avec martiniquais. Sans nous gonfler dʼorgueil, la Ville et lele plus grand respect par Serge Letchimy, et au- Sermac réussissent chaque année leur pari de « ces-jourdʼhui par Raymond St-Louis-Augustin), dʼavoir livré ser dʼêtre le jouet sombre au carnaval des autres » ;une telle richesse au Peuple Martiniquais ; Irremplaça- oui, bien sûr, le Festival devient chaque année un peuble et admirable, au point que dans toutes les com- plus «  la houle torrentielle des terres, à la charrue sa-munes, du nord au sud, le Sermac a fait des émules, lubre de lʼorage »…avec dʼautres formes, mais toujours dans le même es-prit dʼéducation du Peuple, pour nous « reconstruire »et restaurer en nous les fondamentaux de notre« Moi », de notre Identité enfouie dans les décombres Jeannie Darsièresde lʼAliénation, et les tentations de copier « LʼAutre », Le Progressiste - Page 11 - mercredi 21 juillet 2010
  12. 12. EVENEMENT CULTUREL LE 39E FESTIVAL SE TERMINE EN BEAUTE ! ous la stature emblématique dʼun des Pères de la hauteS conscience martiniquaise, de mille feux scintillants la Ville a lancé ses brindilles incandescentes vers tous les horizons delʼart et de la culture ; messagers bienheureux de lʼinstant, les artistesassurent leur mission pour le plus grand bonheur de tous.La Cantatrice Chauve.« Une parodie de théâtre de boulevard, une parodie de théâtre toutcourt, une critique des clichés de langage et du comportement auto-matique des gens, une expression dʼun sentiment de lʼinsolite dans lequotidien, un insolite qui se révèle à lʼintérieur même de la banalité laplus usée. On a dit aussi que cʼétait du théâtre abstrait, puisquʼil nʼy apas dʼaction dans cette pièce ». Cʼest ainsi que définit cette antipièceson auteur, Eugène IONESCO.Quoi quʼil en soit, plus de 70 ans après sa création, plus de 20.000 re-présentations plus tard, cette pièce qui vieillit bien suscite autant dʼen-gouement. Pour preuve, ce jeudi 15 juillet, le Théâtre Aimé Césaire afait salle comble. Mise en scène par Nicolas BATAILLE, lʼœuvre pré-sente des personnages issus pour la plupart de la bourgeoisie an-glaise. Satire dʼune société, théâtre de lʼabsurde, «  La Cantatricechauve » -titre qui nʼa aucun rapport avec la pièce !- est un pur mo-ment de théâtre spontané. A lire et à… voir. Tiens, on sonne !El Gran Combo.Les 13 et 14 juillet, le Grand Carbet sʼest révélé trop petit pour conte-nir la ferveur des nombreux aficionados venus revisiter le répertoiredu groupe mythique et légendaire portoricain de « salsa ». Sous la di-rection de son maestro Rafael ITHIER, la musique du groupe nʼa paspris une ride. Une heure trente dʼun spectacle chatoyant, coloré, vi-vant et tellement caliente. On en redemande.Le Ballet cubain Liszt AlfonsoLes 16 et 17 juillet, place à la danse flamenca revue et corrigée par lesrythmes cubains. Sur le plateau du Grand Carbet, pas moins de 16danseuses (et 1 danseur vedette), par groupes de 2, 4, 8… et plus. El Gran Combo (salsaweb)Un petit orchestre de musiciens (piano, chanteurs, violoncelle, guitare,trompette, percussions) manifestement issus des meilleurs conserva-toires cubains. Souplesse, taconeo (claquements de talons propres auflamenco espagnol), acrobaties et enchaînements sans arrêts ont en-thousiasmé une salle bien pleine. Serge SOUFFLEUR et Daniel COMPERE Ballet Lizt Alfonso de CubaVous souhaitez adhérer au Parti Progressiste Martiniquais ?1. Téléchargez le bulletin d’adhésion :http://www.ppm-martinique.fr/wp-content/uploads/2009/09/Bulletin-dadhésion-2006.pdf2. Complétez-le3. Renvoyez-le à : PPM – Ancien réservoir de Trénelle – 97200 Fort-de-Franceou par Mail à contact@ppm-martinique.frVisitez le site du PPM :http://www.ppm-martinique.fr imp. TONIPRINT 0596 57 37 37COMITÉ DE RÉDACTION : Appel du « Progressiste » aux Militants, aux sympathisants, à tous les Démocrates qui lui ont toujours fait confiance. Daniel COMPERE « Le Progressiste », organe du Parti Progressiste Martiniquais, a besoin de l’aide matérielle, Jeannie DARSIERES intellectuelle de tous les militants, démocrates et sympathisants. Nous les remercions d’envoyer leurs dons (à l’ordre du PPM), leurs articles et leurs suggestions au siège du PPM : Didier LAGUERRE - Ancien Réservoir de Trénelle - Fort-de-France. Directeur de la Publication : Daniel COMPERE Laurence LEBEAU d.compere@only.fr Serge SOUFFLEUR Téléphone du siège du PPM : 0596 71 88 01 Site Internet : www.ppm-martinique.fr Victor TISSERAND N° de CPPAP : 0511 P 11495 Le Progressiste - Page 12 - mercredi 21 juillet 2010

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