Université Paris Descartes REFONTE DU SYSTÈME DE SÉCURITÉ INTERAMÉRICAIN SUR LA BASE DUN     ANALYSE PROSPECTIVE DES      ...
Carlos OJEDAREFONTE DU SYSTÈME DE SÉCURITÉINTERAMÉRICAIN SUR LA BASE DUN    ANALYSE PROSPECTIVE DES      MENACES COMMUNES
INTRODUCTION : DU PRÉSENT AU FUTUR1          LE SYSTÈME INTERNATIONAL POSTÉRIEUR A LA GUERRE FROIDE:           ORIGINE DE ...
La plupart des opinions des spécialistes des relations internationales coïncidentlorsqu’ils signalent qu’on peut parler de...
intangibles à travers les frontières de l’État, quand au moins un acteur n’est pas un agent dugouvernement ou d’une organi...
Finalement, dans cette approche théorique au Système International, David A. Baldwin 7a résumé le débat entre le Néoréalis...
Le concept d’Etat et celui de Sécurité ont subi des modifications durant les dernièresannées, comme conséquence de l’Inter...
Par coopération internationale, nous devons comprendre toute relation entre des acteursinternationaux orientée à la satisf...
capacité, légitimant et justifiant son existence et celles d’autres organisations avec desobjectifs similaires. A mesure q...
d’investissement des maigres ressources pour le développement et la sécurité nécessairepour que celui-ci se produise.    L...
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aussi bien par le fait d’avoir été créé pour un problème spécifique que par le manqued’adaptabilité à un milieu de plus en...
 Développer une proposition conceptuelle qui reflète les nécessités de changements dans   le Système, considérant la défi...
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L’Amérique Latine ne constitue pas une unité en termes de buts et d’objectifs, malgréles nombreux problèmes communs, spéci...
Un bon apport pour une meilleure compréhension de ce phénomène est exposé par           les historiens américains Thomas E...
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De même que la démocratie, le modèle capitaliste et l´économie de marché sansconcurrents se sont étendus rapidement dans l...
cette nouvelle stratification, parmi d´autres aspects, à des variables économiques etsociales, c´est-à-dire, aux composant...
Même s’il est multidimensionnel, ce n’est pas un processus homogène dans tous          les domaines des relations internat...
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 Les bénéfices de la globalisation ne sont pas fréquemment distribués avec équité entre     les régions ou les nations, e...
 Les mêmes facilités de transports internationaux déjà citées, permettent le déplacement     permanent de réfugiés politi...
Outre l´interdépendance économique, il y a une tendance dans l´actualité à favoriser laconcurrence pour la sécurité entre ...
Considérant que les menaces sont tous les éléments, les facteurs, les situations et           les actions qui pourront emp...
vague de revendications de la part des peuples indigènes dans de vastes territoires de notreAmérique Latine, parmi lesquel...
prévention, comme étant des aspects consubstantiels pour commencer la définition deséléments qui guideront cette recherche...
entourage de médiation et d’intervention, essentiellement diplomatiques, de la part de paysde la région à travers différen...
Ainsi, ce qui se réfère à l’apparition limitée de conflits armés interethniques significatifsrépond, fondamentalement, à d...
 Parce qu’il s’est produit un changement thématique dans l’agenda interaméricain,   déplaçant la priorité de la lutte con...
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qui commence dès la langue et la culture et s’exprime en intérêts communs dans tous           les domaines.29     Dans ce ...
d’approfondissement démocratique après les régimes militaires des années précédentes etune significative distension autour...
Pour cette raison, le point de vue des Etats-Unis, en ce qui concerne la sécuritéhémisphérique, sera traité sur la base de...
En deuxième lieu, un engagement avec les économies de marché, le commerce et ledéveloppement, dirigé dans le but d’obtenir...
 Les migrations, car il s’agit de flux qui peuvent être utiles dans certains cas pour la zone   réceptrice, mais souvent ...
Par conséquent, l’Aire de Libre Echange des Amériques (ALCA) est le point principalde l’agenda commercial des Etats-Unis p...
A quatre reprises, l’OEA a invoqué la Charte Démocratique, mais à chaque fois           l’invocation a été plutôt un exerc...
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  1. 1. Université Paris Descartes REFONTE DU SYSTÈME DE SÉCURITÉ INTERAMÉRICAIN SUR LA BASE DUN ANALYSE PROSPECTIVE DES MENACES COMMUNES Doctorat de sciences politiquesThèse présentée par Carlos OJEDASous la direction de Monsieur Bertrand LANGProfesseur associé à lUniversité Paris Descartes.Membres du jury :Monsieur Pascal CHAIGNEAU, Professeur à lUniversité Paris Descartes.Monsieur Thierry GARCIN, Maître de Conférences à H EC, H D R, Rapporteur.Monsieur Jean Jacques ROCHE, Professeur à lUniversité Paris 2, Rapporteur.
  2. 2. Carlos OJEDAREFONTE DU SYSTÈME DE SÉCURITÉINTERAMÉRICAIN SUR LA BASE DUN ANALYSE PROSPECTIVE DES MENACES COMMUNES
  3. 3. INTRODUCTION : DU PRÉSENT AU FUTUR1 LE SYSTÈME INTERNATIONAL POSTÉRIEUR A LA GUERRE FROIDE: ORIGINE DE LA RECHERCHE Le concept de “Système International”1 ou Ordre dans les Relations Internationales estemployé, dans le domaine académique occidental, pour identifier, ordonner et définirl’ensemble des interactions plus ou moins régulières des différents acteurs politiquesinternationaux. La dénomination qu’on assigne au Système International, à chaque période de l’histoirede l’humanité, a un lien direct avec une forme déterminée de relations de pouvoir entre lespuissances ou acteurs principaux, assumant que le nombre d’acteurs et leurscaractéristiques ont également été un facteur de grande variabilité dans cet agencement.1Pearson, Frederic S. y Rochester J. Martin, Relaciones Internacionales, Situación Global en el Siglo XXI, Mc Graw Hill, Bogotá 2000, pp. 35-47. 3
  4. 4. La plupart des opinions des spécialistes des relations internationales coïncidentlorsqu’ils signalent qu’on peut parler de Système International à partir de la Paix deWestphalie qui, en 1648, a mis fin à la Guerre des 30 Ans en Europe et qui est à l’originede l’Etat Moderne. Depuis lors, le Système International a subi des changements successifs, commeconséquence directe ou indirecte de grandes guerres ou de révolutions sanglantes qui, endéfinitive, réaffirment le conflit, dans toutes ses expressions, comme étant le fil conducteurdans l’évolution des relations internationales. Les Relations Internationales et l’étude du Système International sont une disciplineacadémique, qui a développé une série de sous domaines, comme les études stratégiques,les études de conflits, les organisations internationales et un nombre important de thèmesliés à la guerre, comme la souveraineté, les droits et les obligations des Etats, entre autres. Pour les objectifs de cette recherche, on estime qu’il est important de signaler que ledébat s’oriente à partir de points de vue théoriques, pratiques et un ensemble des deux,passant, entre autres, par les considérations de John Vásquez 2 sur l’Idéalisme et leRéalisme ; par les grands Débats posés par Arend Lijphard 3 et, postérieurement, parl’incorporation d’une méthodologie scientifique pour l’étude des phénomènes de lapolitique internationale, connue comme le « Troisième Grand Débat », et qui a permisd’incorporer de nouveaux éléments pour l’interprétation et l’analyse de la réalitéinternationale. Parmi d’autres phénomènes d’importance, apparaissent la Transnationalisation – définiepar Robert Keohane et Joseph S. Nye4 comme étant le mouvement d’éléments tangibles et2 Smith, Steve, International Relations, Theory Today, Ed. Ken Booth y Steve Smith.- Blachwell Pulblishers, Oxford, 1995, p.14.3 Guerrero R., Gabriel.- Sistema Internacional a Comienzos del Siglo XXI, Seguridad y Cooperación en un Esquema Unipolar, Ponencia institucional en el seminario “La PrimeraGuerra del Siglo XXI, ¿Un cambio de lo ya conocido?”, Santiago, Academia de Guerra, Septiembre de 2001.4Keohane, Robert y Nye, Joseph.- Poder e Interdependencia: La Política Mundial en Transición, Buenos Aires, Grupo Editor Latinoamericano. 4
  5. 5. intangibles à travers les frontières de l’État, quand au moins un acteur n’est pas un agent dugouvernement ou d’une organisation intergouvernementale - et l’Interdépendance,identifiée comme étant les effets réciproques entre des pays ou des acteurs de différentspays, sous la forme d’échanges internationaux, flux de biens, de personnes ou d’intérêts quitraversent les frontières nationales. L’aspect important et nouveau de la Transnationalisation et de l’Interdépendance estl’interprétation que l’on en fait pour caractériser une nouvelle étape de la politiquemondiale. Luciano Tomassini5, utilise ces deux phénomènes de la globalisation pour revitaliser unevision idéaliste, argumentant qu’ils créent : Une tendance à la multipolarité. L’expansion de la société civile et la pression de cette même société sur l’Etat pour que celui-ci assume une gamme plus vaste de fonctions. Les agendas des Etats sont de moins en moins hiérarchisés, donnant une importance égale à la sécurité, au développement, à la culture, au sport, à la qualité de vie, etc. L’Etat cesse de monopoliser le maniement des relations extérieures, avec l’apparition d’agents non gouvernementaux. Transformation des agents de pouvoir, où la dévaluation du pouvoir militaire est la plus significative, en apparaissant d’autres de caractère non traditionnel. Comme contrepartie à la posture Idéaliste, nous mentionnerons Kenneth Waltz6 et saposition Néoréaliste ou Réalisme Structurel, où il reconnaît que les Etats ne sont pas lesseuls acteurs du Système International, mais par contre les plus importants, et que lesstructures, les relations et les résultats du Système International sont régis, en définitive, parles acteurs les plus importants.5Tomassini, Luciano.- Teoría y Práctica de la Política Internacional, Santiago, Ediciones Universidad Católica de Chile, 1989.6Waltz, Kenneth.- Man, the State and War, New York, Columbia University Press, 1959. 5
  6. 6. Finalement, dans cette approche théorique au Système International, David A. Baldwin 7a résumé le débat entre le Néoréalisme et le Néolibéralisme, établissant quelques points clésdans leurs différences, dont on peut signaler : Quant à la Coopération Internationale, la tendance Néoréaliste la considère difficile à atteindre, plus difficile encore à maintenir et absolument dépendante du degré de pouvoir des Etats. En ce qui concerne la Sécurité, les Néolibéraux acceptent que la Sécurité Nationale et le Développement Economique soient importants, mais ils insistent clairement sur le développement. Concernant les institutions et les régimes internationaux, on observe également une différence importante, car la tendance Néolibérale concède une importance de choix à ces institutions alors que les Néoréalistes acceptent leur existence mais maintiennent la prééminence des Etats. Pour continuer d’avancer dans ce débat, il devient nécessaire d’assumer un critère commun quant au signifié et à la dimension du concept « Sécurité ». Pour cela, il est important, en premier lieu, de séparer le phénomène du concept proprement dit. En ce qui concerne le phénomène, la sécurité peut être assumée comme une perception où un sujet se sent à l’abri d’un danger, quelqu’il soit, c’est-à-dire, où la menace est diminuée ou contrôlée mais, acceptons-le, en aucun cas éliminée. Pour cela, un Etat jouit d’une sécurité relative au moment où les sujets ou entitésdécisionnaires ne perçoivent pas un danger imminent pour leur souveraineté, leur survie ouleurs institutions.7Baldwin A. David.- (editor), Neorealism and Neoliberalism. The Contemporary Debate, New York, Columbia University Press, 1993. 6
  7. 7. Le concept d’Etat et celui de Sécurité ont subi des modifications durant les dernièresannées, comme conséquence de l’Interdépendance et de la Transnationalisation. Cependant,on peut affirmer que l’objectif de la sécurité n’a pas changé. Les changements substantielsse sont produits quant aux moyens pour atteindre ces objectifs. Parmi les principalesmodifications, nous mentionnerons la manière dont s’articulent les facteurs de pouvoir desEtats, les effets d’un acteur principal sur d’autres, l’action de sujets ou entités supraétatiques qui rendent plus complexes les relations, les perceptions de menaces et, parconséquent, le Système de Sécurité à adopter. Cherchant l’équilibre parmi les points de vue réaliste et idéaliste, nous pourrionssignaler, de façon très simplifiée, que la Sécurité de l’Etat est soutenue par deux piliersfondamentaux : La sécurité intérieure pour les citoyens, avec la présence de l’Etat de droit, l’égalité d’opportunités, l’équilibre entre la société et la protection de l’environnement, entre autres. La sécurité extérieure, donnée par une capacité de dissuasion réelle et crédible, conséquente avec les menaces et en équilibre avec les objectifs nationaux. Mais, lequel de ces piliers de la sécurité sont-ils affectés par les menaces propres de notre temps ? Jusqu’à il y a peu, nous aurions signalé immédiatement la sécurité extérieure. Cependant, aujourd’hui, il semblerait nécessaire que le thème soit affronté dans une structure qui intègre la sécurité, dans un sens plus vaste, et la défense nationale, tant en ce qui concerne sa prévention que sa neutralisation. D’autre part, que se passe-t-il avec l’action coordonnée entre les principaux acteursinternationaux ? Nous allons traiter ensuite, de manière très succincte l’interaction entre lesEtats, cherchant à rendre plus fort leurs instruments de pouvoir ce qui a été assumé commedes relations de coopération, dans la théorie des Relations Internationales 7
  8. 8. Par coopération internationale, nous devons comprendre toute relation entre des acteursinternationaux orientée à la satisfaction mutuelle des intérêts ou des demandes, moyennantl’utilisation complémentaire de leurs pouvoirs respectifs, avec le développement d’actionscoordonnées et solidaires. Selon Kalevi J. Holsti8 les éléments ou les étapes qui configurent une relation decoopération internationale sont : La perception qu’il existe des intérêts, des valeurs ou des objectifs qui peuvent être atteints ou satisfaits par deux parties, de manière simultanée. La perception ou l’expectative d’une des parties que l’action suivie par l’autre ou les autres parties, pour atteindre leurs objectifs, l’aide à atteindre ses propres intérêts. L’existence d’un accord, exprimé ou tacite, sur les aspects essentiels des transactions entre les acteurs, dans le but d’atteindre leurs objectifs communs. L’application de règles qui domineront les transactions futures. Le déroulement même des transactions. En ce qui concerne la théorie proposée, ces relations seront justes ou du moins équilibrées dans la mesure où les acteurs pourront jouir d’une puissance similaire ou s’il existe un certain équilibre entre leurs apports et les compensations qu’ils recevront en échange. Cependant, il faut reconnaître que dans cette société internationale, où ses membres présentent une remarquable diversité et inégalité de pouvoirs, la première considération constitue davantage l’expression d’une aspiration qu’une réalité internationale. Dans le domaine de la sécurité, la coopération internationale acquiert une connotationspéciale dans ce nouvel ordre. La Guerre du Golfe Persique de 1991 a présenté uneOrganisation des Nations Unies avec une plus importante mobilité et une plus grande8Molina, J. Carlos.- Cooperación Regional. Potencialidades y Limitaciones desde la Perspectiva de la Defensa Nacional, Santiago, Revista Fuerzas Armadas y Sociedad, Año 15, N° 2, abril - junio de 2000. 8
  9. 9. capacité, légitimant et justifiant son existence et celles d’autres organisations avec desobjectifs similaires. A mesure que les effets de la globalisation se développeront, ildeviendra très difficile pour les Etats de résister au besoin de coopérer pour affronter desmenaces communes. Un exemple concret est représenté par le Système de Sécurité Interaméricain qui aévolué tout au long des six dernières décennies, avec : La Junte Interaméricaine de Défense en 1942. Le Traité Interaméricain d’Assistance Réciproque (TIAR) en 1947. L’Organisation des Etats Américains (OEA) en 1948. Le Pacte de Bogota, pour des résolutions pacifiques des controverses en 1948 La Commission de Sécurité Hémisphérique de l’OEA en 1995. Les Sommets des Ministres de la Défense à partir de 1998. Aujourd’hui, aucune des instances signalées ne semble satisfaire les besoins de sécuritéhémisphérique, c’est du moins ce qui a été soulevé dans les analyses à la suite des attentatsterroristes aux Etats-Unis en 2001. Par conséquent, il est important que les mécanismes deprévention et d’action restent actualisés en fonction des menaces futures. Une manière de s’adapter aux changements est la flexibilité dans les prévisions.Cependant, étant donné qu’aucune disposition de sécurité ne peut s’adapter infiniment, ondoit faire tout ce qui est possible pour anticiper les menaces. La sécurité au XXIème siècle constituera un défi de plus en plus complexe etmultidimensionnel. Elle nécessitera un équilibre subtil entre la liberté pour ledéveloppement individuel et collectif et les restrictions propres de l’action de l’Etat pourprotéger ses habitants, entre la souveraineté des Etats et la nécessité de respecter les normeset les demandes d’une société internationale organisée et, finalement, entre les options 9
  10. 10. d’investissement des maigres ressources pour le développement et la sécurité nécessairepour que celui-ci se produise. Les événements survenus le 11 septembre 2001 ont, sans aucun doute, troublé laconscience du monde en général, celle des autorités et des citoyens. Le pays le pluspuissant du monde, celui qui concède le nom actuel d’Unipolaire au Système International,a été attaqué au cœur de son système économique, politique et militaire, par un ennemi flouet résolu, qui a démontré être extrêmement résolu à employer les moyens nécessaires pouratteindre ses objectifs. Quant à la problématique que doit affronter la communauté internationale, il estnécessaire de reposer les structures de Sécurité et de Défense, orientées vers la guerre et ladissuasion conventionnelle, pour élargir le spectre des menaces, étant donné la capacitédévastatrice des actions terroristes. Ce n’est pas nouveau que la diminution des perceptions d’insécurité ou de menaces,comme conséquence des succès du propre Système de Sécurité, crée sur l’opinion publique,et malheureusement sur beaucoup de leaders d’opinion, la tendance à questionner l’utilité,les procédés et jusqu’à l’existence même de parties déterminées du Système ; créant desdommages difficiles à récupérer à court ou moyen terme. La Sécurité est un problème d’Etat. Son analyse requiert une maturité civique, desconnaissances de la réalité internationale, une définition des équilibres économiques et unnombre incalculable d’autres facteurs que seule une appréciation adéquate peut déterminer.2 ENONCÉ DU PROBLÈME Les changements dans le système international ont été, à n’en pas douter, le premierrappel à l’ordre quant à la validité des organisations de sécurité et de défense qui sontapparues pendant la Guerre froide. A cela, on doit ajouter la mutation qu’ont subie les 10
  11. 11. formes de menaces et la réorientation des préoccupations vers des phénomènes de longuedate, mais qui étaient éclipsés par l’affrontement global, et qui se sont caractérisés commeétant des problèmes de sécurité. Etant donné que ce sont les menaces et l’environnement qui sont les conditions de toutesles réponses pour y faire face, il a été possible d’identifier un questionnement sur ce quiexistait concernant la sécurité, essentiellement parce que les institutions héritées de laGuerre Froide se devaient à un problème commun, ce qui, de toute évidence, a étérapidement dépassé par les événements survenus durant la dernière décennie du XX èmesiècle et au début siècle présent. Alors, la question centrale se rattache au besoin de réviser les structures, les régimes, lesaccords et les procédés qui existent pour les objectifs de la sécurité hémisphérique, évaluantleurs capacités pour affronter les menaces et les défis qui sont identifiés actuellement et quisont considérés probables pour un futur déterminé. Si le sens de l’institutionalité de sécurité hémisphérique était basé essentiellement surune menace idéologique, dans le contexte de l’affrontement global mené par les Etats-Uniset l’URSS ; après la chute du Mur de Berlin et le début de la transition vers un nouveauschéma de Relations Internationales, ses fondements ont perdu peu à peu de leur force,étant donné qu’elle n’était plus en état d’apporter des solutions efficaces pour les nouveauxproblèmes qui, comme il a déjà été mentionné, étaient dans un état latent, trouvant dans cenouvel environnement la possibilité de les rendre visibles et d’occuper une placed’importance dans la préoccupation des gouvernements et des organismes internationaux decaractère régional. Par conséquent, ce travail de recherche se circonscrit à l’analyse de l’état du Système deSécurité Hémisphérique, depuis 1826 pour ainsi pouvoir déterminer sa capacité de faireface à la problématique de la sécurité actuelle qui, comme on la suppose déficitaire, 11
  12. 12. fournira les bases pour une vaste proposition qui sera un apport conceptuel aussi bien pourcomprendre son fonctionnement que pour optimiser ses processus. Par conséquent, il est évident que ce travail de recherche n’est pas une analyse critiquede l’état actuel du Système de Sécurité hémisphérique mais est orienté vers ladétermination des conditions de l’optimisation de son fonctionnement, en étroite relationavec ses origines, son évolution et sa projection, comme objet d’analyse prospective, dansun esprit éminemment constructif et de proposition.3 PERSPECTIVE DE LA RECHERCHE Dans ce but, ce travail de recherche tend à démontrer que le Système de SécuritéHémisphérique doit avoir la capacité d’évoluer de façon synchronisée avec le schéma desRelations Internationales dominant, évitant ainsi d’être dépassé par les événements. Pourcela, il devra avoir une structure capable d’articuler politiquement les volontés de sesmembres dans la recherche de solutions aux menaces contre la sécurité qui pourraientl’affecter. Cette thèse s’appuie sur le fait que le Système de Sécurité Hémisphérique a sesprécédents dans les prolégomènes de la vie indépendante des Etats Américains mais, au-delà des altérations dans l’environnement international, il a toujours été conçu comme étantune réponse à une menace commune, de caractère extracontinental et capable d’affecterl’ensemble de la région, ce qui a soumis les possibilités de solution à un problème enparticulier, aggravé par le fait d’avoir une puissance mondiale parmi ses membres, dont lacapacité hégémonique s’est faite sentir depuis ses débuts en tant que nation indépendante, àla fin du XVIIIème siècle. De ce point de vue, lorsque l’environnement international a affecté sévèrement laconception de la menace extracontinentale de caractère commun, le Système s’est vuaffaibli en ce qui concerne sa capacité de créer de nouvelles réponses à de nouveaux défis, 12
  13. 13. aussi bien par le fait d’avoir été créé pour un problème spécifique que par le manqued’adaptabilité à un milieu de plus en plus changeant. Dans les faits, ceci s’est traduit en ceque le débat pour la correction des organisations et des procédés ait commencé seulementen 2001, c’est-à-dire plus d’une décennie après la chute du Mur de Berlin, qui marque la finde la bipolarité sous laquelle il s’est consolidé en tant que Système de SécuritéInteraméricain. Cette recherche contient un élément de caractère historiographique indispensable pourl’analyse prospective, dans le sens où les origines du système sont antérieures à la GuerreFroide; étant possible d’identifier l’origine d’une tendance depuis la première moitié duXIXème siècle ce qui, d’une façon ou d’une autre, a affecté la trajectoire des Etatsaméricains, comme l’est le fait de la coexistence d’acteurs internationaux de différentesstatures politiques, économiques et stratégiques. Aussi, cette recherche se situe dans un contexte vaste, même si l’analyse centralecherche à établir les portées des menaces qui ont affecté la région, les outils créés pour lesprévenir ou les neutraliser, l’influence des Etats-Unis sur le Système et la capacité pours’adapter à de nouvelles variables qui affectent la sécurité hémisphérique. Les propos spécifiques qui ont été déterminés pour cette recherche sont les suivants : Déterminer les origines du Système de Sécurité Hémisphérique, dans le sens où la conception d’une menace commune est un phénomène de longue date dans la région. Identifier les éléments qui ont soutenu la conception d’une menace commune, avec un caractère extracontinental et avec la capacité pour affecter l’ensemble, à différents moments historiques. Déterminer les options d’adaptabilité du Système pour faire face à des problèmes de sécurité de natures diverses qui en ont été à l’origine et qui lui ont donné du sens, à partir de changements importants dans le schéma des Relations Internationales. 13
  14. 14.  Développer une proposition conceptuelle qui reflète les nécessités de changements dans le Système, considérant la définition de nouvelles menaces et de problèmes de sécurité, comme étant des orientations politiques qui régulent son architecture et son fonctionnement. Pour le développement des tâches qui tendent à donner une solution aux objectifs posés,les études particulières qu’il a fallu mener sont organisées en deux parties dans ce texte.Elles reflètent l’orientation de l’étude et le respect des objectifs fixés, avec leursfondements respectifs, à savoir : Dans une première partie, on abordera ce qu’a été la défense régionale sur le Continent Américain, considérant l’évolution des menaces, l’évolution des architectures de sécurité, et les constantes de la sécurité dans la région, dans le but de rendre compte de la trajectoire de la problématique de sécurité en Amérique et la manière de l’affronter. Dans une deuxième partie, on examinera les changements dans le Système International, les menaces et les problèmes de sécurité qui, à l’heure actuelle, frappent la région, comme fondement direct de la proposition, pour ainsi laisser place à une proposition conceptuelle pour un nouveau système de sécurité américain, dont l’objectif est d’établir la cohérence entre les dangers en vigueur, les organisations et les procédés créés et structurés pour les résoudre. On estime que le point de vue adopté pour l’analyse et pour la proposition se trouve enadéquation avec le propos général de la recherche, dans le sens où la critique ne se soutientpas sur une vision révisionniste ni ne questionne les particularités politiques, géographiqueset stratégiques de la région, mais qu’il est posé à partir de faits incontestables sur lesquels ilreste encore beaucoup à travailler, faits qui trouvent leur origine dans un phénomèneégalement tangible, comme l’est celui de la fin de la bipolarité qui a imposé deschangements dans l’agenda de sécurité qui ont mis en doute l’efficacité du Système deSécurité Hémisphérique, dont la validation et la réadéquation est le thème qui nousintéresse. 14
  15. 15. PREAMBULE Pour comprendre le rôle que joue l’Amérique Latine dans le schéma actuel des RelationsInternationales, on estime qu’il est essentiel de commencer la recherche par une brèvedescription géographique qui permette de mettre en évidence les diverses réalités de larégion, en considérant quelques idées sur la réalité latino-américaine et les effets desvariables clés du système international après la fin de la bipolarité, tels que la globalisation,la transnationalisation et l’interdépendance complexe, la régionalisation et la fragmentation,entre autres. Ensuite, et étant donné le contexte de la thématique traitée, il est important de décrire lanotion de conflictivité latino-américaine, sur la base d’une vision de l’état actuel duproblème, du point de vue des Etats-Unis quant aux liens de sécurité avec l’AmériqueLatine et d’un concept sur la matière des principaux ensembles géopolitiques qui nous 15
  16. 16. caractérisent, comme le Brésil, le Mexique, l’Amérique Centrale et les Caraïbes, la régionAndine et le Cône Sud de l’Amérique et sa relative stabilité. A cela on doit ajouter uneréférence à un des phénomènes qui a un effet majeur sur les relations de pouvoir dans larégion et qui est la coexistence de puissances et de pays de différente taille stratégique. Tout ce qui précède crée les conditions nécessaires pour commencer à traiter lesmenaces, leurs origines et leur évolution ainsi que la manière dont elles ont été traitées,sans perdre de vue les particularités des relations internationales latino-américaines et leurgravitation dans le schéma mondial.1 L’AMERIQUE LATINE DANS LE SCHEMA ACTUEL DES RELATIONS INTERNATIONALES Comprendre l’Amérique et sa condition géopolitique est complexe en soi, étant donné ladiversité de sociétés qui la composent et parce que son agroupement territorial laconditionne en grande mesure. Pour cette raison, la vision qui sera exposée reposera sur leconcept d’ensemble géopolitique, développé par Ives Lacoste dans l’État du Monde, édition1998, outil approprié pour exprimer une réalité où l’on met en relation différentes formesd’organisation politique et de capacité économique, qui sont peut-être les variables dedifférenciation qui permettent de caractériser la région avec la plus grande clarté et sagravitation dans le système international.1.1 Brève description géographique En premier lieu, il faut signaler que, sur le continent américain, coexistent 54 pays etterritoires distribués en quatre zones, qui seront décrites sommairement et pour chacune onsignalera les pays qui la composent, à savoir : Amérique du Nord: Canada, Etats-Unis et Mexique. 16
  17. 17.  Amérique Centrale : Belize, Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica et Panama. Amérique Insulaire: les Bahamas, Cuba, Jamaïque, Haïti, République Dominicaine, Barbades, Trinité et Tobago, Antigua et Barbuda, Grenade, San Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent-et-les-Grenadines et la Dominique. Amérique du Sud : Colombie, Venezuela, Guyane, Surinam, Brésil, Équateur, Pérou, Bolivie, Chili, Paraguay, Argentine et Uruguay. Ainsi, en Amérique, il existe des pays et des territoires qui sont dépendants politiquement d’autres, comme : les Bermudes, Turcas y Caicos, les Îles Caïmans, les îles Vierges Britanniques, Anguilla, Montserrat, les Îles Georgias, et Falkland ou Malouines, qui dépendent de l’Angleterre ; Puerto Rico et les Îles Vierges et Navassa, qui dépendent des Etats-Unis ; la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, qui dépendent de la France ; les Antilles Néerlandaises et Aruba, qui dépendent de la Hollande ; le Groenland, qui dépend du Danemark et l’île Ian Mayen qui dépend de la Norvège.1.2 Les diverses réalités de la région1.2.1 Quelques idées sur la réalité latino-américaine. Plus qu’un ensemble d’états aux racines communes, l’Amérique Latine est un ensemblede réalités diverses, unies par le sceau espagnol et portugais hérité de la conquête qui, enplus de la langue prédominante, a laissé la religion dans un processus qui peut être définicomme « sous l’épée et la croix ». Les particularités géographiques qu’il est possible d’identifier dans une diversité derégions et de sous régions permettent de comprendre la réalité latino-américaine à partird’une série d’ensembles géopolitiques qui, de façon naturelle, réunissent certains états. Dela même manière, ils marquent les très nettes différences existantes, aussi bien en ce qui 17
  18. 18. concerne leur population, que leurs économies, leurs processus politiques et leurs relationsavec la puissance dominante sur le continent américain, les Etats-Unis. Même s’il n’existe pas une définition précise du concept d’ensemble géopolitique, les approximations disponibles permettent de le comprendre comme étant un groupement d’États en fonction de leurs caractéristiques communes, parmi lesquelles d’importantes relations se développent; ils partagent aussi des ressemblances culturelles, des difficultés naturelles et la proximité géographique, entre autres facteurs. Cette vision, qui ne nie pas les caractéristiques propres de chaque État, permet de les comparer, facilitant ainsi la comparaison de leurs particularités et de leurs relations mutuelles. 9 D’autre part, et pour renforcer la compréhension de ce qu’est l’Amérique Latine à sajuste dimension, il est possible d’avoir recours au concept de région géopolitique, définiecomme étant « un groupe d’unités politiques qui sont liées entre elles, beaucoup plusétroitement qu’avec d’autres ». 10 Il s’agit donc d’une réalité multiétatique intégrée par desunités politiques, par des groupes humains organisés selon une certaine base territoriale etqui constituent un marché de multiples biens et services. Ainsi, des processus dynamiquesse développent dans la région, processus qui comprennent des expectatives réciproquesparmi les unités qui la conforment, pouvant être d’ordre économiques, financières, sociales,diplomatiques ou culturelles ou bien la combinaison de deux ou plus. De ce point de vue, la diversité des réalités latino-américaines peut être rassembléeautour de plusieurs ensembles géopolitiques et, malgré la nouveauté relative du concept,celui-ci est applicable vu que ses fondements sont apparus dans le passé, se maintenant àpeu près intacts jusqu’à présent, tel qu’on essaiera de le détailler ci-dessous : En premier lieu, le Mexique acquiert un caractère particulier de par sa proximité avec les Etats-Unis, plus que pour sa condition d’unique pays latin en Amérique du Nord. Cela9EDICIONES AKAL S.A.- El estado del Mundo, Anuario económico y geopolítico mundial.- Madrid, C+I, S.A., 1998, p.19..10Kart Deutsch.- El Análisis de las Relaciones Internacionales.- Buenos Aires: Ed. Paidós, 1968, in Cheyre .- La Economía, una Nueva Variable en la Relación Estratégica y Geopolítica del Cono Sur de América.- 18
  19. 19. produit divers processus de perméabilité d’un large éventail d’activités publiques et privées. Cette caractéristique est cruciale, en elle-même, pour marquer une différence avec ses voisins du sud, ce à quoi on doit ajouter la superficie, la population, le régime politique, la capacité économique et le poids international, entre autres. L’Amérique Centrale a développé à travers l’histoire une intense interaction entre les pays qui la composent, non exempte de rivalités. Elle a partagé quelques phénomènes transversaux comme l’exploitation de ses ressources naturelles par des entreprises transnationales, la forte ingérence des Etats-Unis dans la région et la pénétration marxiste pendant la Guerre Froide. Les Caraïbes hispanophones, à la différence de l’Amérique Centrale, est une région fragmentée, étant donné le caractère insulaire de ses membres. Cependant, sa problématique politique et économique est d’une similitude relative, ce à quoi nous devons ajouter la présence de Cuba qui est devenu le bastion de Moscou en Amérique, en pleine zone d’influence nord-américaine et d’où s’est exportée la révolution communiste au reste du continent, ainsi que divers effets politiques et sociaux vers la région caribéenne dans son ensemble. La région des Andes et de l’Amazone, constituée essentiellement par le Vénézuéla, la Colombie, l’Equateur, le Pérou et la Bolivie qui partagent l’influence de la Cordillère des Andes et le vaste réseau d’affluents du fleuve Amazone, produisant une immense jungle froide et élevée. Ceci, en plus d’avoir de l’influence sur l’irradiation de l’action de chaque état vers ses régions périphériques orientales, conditionne les façons de vivre, ses habitudes et l’accès à des ressources basiques, lui octroyant un caractère d’ajournement extrême, faisant place à une zone potentielle d’incubation de terrorisme, de mouvements subversifs, de production de drogues et de délinquance en général . Le Cône Sud, 11 formé par l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay et le Chili, outre partager certains aspects comme la religion, la langue et la prédominance raciale, partage aussi une histoire d’interaction permanente, articulée autour de l’Argentine qui, d’un côté, attire ses voisins du Nord-Est et de l’autre, a une histoire commune particulière -non11Généralement le Brésil est inclus dans la délimitation du Cône Sud de l’Amérique. Cependant dans ce cas-ci, il sera traité séparément, aussi bien pour son influence portugaise etafricaine, que parce qu’il est considéré un ensemble géopolitique en lui-même. 19
  20. 20. exempte de difficultés non plus- avec le Chili, pays avec lequel historiquement elle a conduit le développement dans le sous-continent, avec le Brésil. Le Brésil constitue à lui seul un ensemble géopolitique, en vertu de son extension et de sa densité de population -8,5 millions de kilomètres carrés et approximativement 170 millions d’habitants- et pour être, depuis ses débuts, une vraie puissance dans les aspects qui ont caractérisé son économie, comme l’agriculture et les mines au XIXème siècle et au début du XXème pour passer ensuite à un développement industriel lourd, à partir des années trente. Quant au Brésil, il faut signaler qu’avant même son indépendance, il a eu une grandeimportance en Amérique du Sud, comme conséquence du transfert de la cour depuis lePortugal, ce qui a converti la colonie en centre de décision impériale, marquant unedifférence importante avec ses voisins hispaniques, spécialement en ce qui concerne leprocessus d’émancipation, qui provenait de la métropole. Comme on peut le supposer, l’installation de la cour à Rio de Janeiro a donné de l’élan àun développement sans précédent dans la région, raison de la renaissance de sa vieéconomique, scientifique et intellectuelle, installant diverses sources de pouvoir interne, dufait de la permanence d’une partie importante des courtisans qui étaient venus du Portugal. Ainsi, son importance internationale l’a amené à intervenir dans certains événementsinternes des colonies hispaniques, spécialement dans le vice-royaume voisin du Rio de laPlata, ainsi qu’à étendre ses frontières jusqu’à la Bande Orientale –aujourd’hui l’Uruguay.Même s’il a été obligé de l’abandonner quelques années plus tard, cela a constitué le débutd’un processus qui lui a permis d’étendre ses frontières vers l’ouest, au-delà de ce qui avaitété stipulé dans le Traité de Tordesillas. 1212 Traité signé entre l’Espagne et le Portugal en 1494, destiné à préciser la ligne de division entre les territoires des deux empires, en vertu de ce qui avait été stipulé dans desuccessives Bull es papales qui leur attribuaient la possession de territoires dans le Nouveau Monde. 20
  21. 21. Une bulle du Pape Alexandre VI a reconnu le droit de l’Espagne à la possession des terres que Christophe Colomb avait découvertes. Une seconde bulle a précisé que ces possessions se trouvaient séparées de celles qui avaient été concédées au Portugal au moyen d’une ligne imaginaire, tracée de pôle à pôle et qui passait à cent lieues à l’ouest de l’île du Cap Vert. Ultérieurement, les deux puissances signent le Traité de Tordesillas, le 7 juin 1494, où il est stipulé de faire passer la ligne imaginaire jusqu’à 370 lieues vers l’ouest, ce qui a transformé les portugais en maîtres du Brésil.13 L’inégalité dans la distribution de la richesse a été un dénominateur commun de ladiversité exposée précédemment. Depuis le temps de la Colonie, la possession des biens aété concentrée dans les mains de quelques familles de grands propriétaires terriens,subordonnant une grande partie de la population, avec l’exception relative des pays duCône Sud, qui ont maintenu une partie de leurs conditions particulières grâce à l’existenced’une vaste classe moyenne et aux options d’accéder à de meilleurs niveaux de vie. D’autres facteurs déterminants dans la caractérisation de l’Amérique Latine sont lamanifestation du sous-développement et l’existence de réalités opposées dans plusieurspays qui la composent, ce qui contribue à comprendre la différence qu’il y a entre larichesse potentielle du sous-continent et la façon précaire sur laquelle se base la vie de laplupart de sa population. Probablement, cette différence repose sur le caractère dépendant de l’économie latino-américaine, ainsi que sur une politique soutenue par la substitution d’importations, ce qui aprovoqué un véritable gaspillage de ressources et l’introduction de l’inefficacité dansl’activité productive. Cependant la meilleure explication se trouve dans l’instabilitépolitique et sociale de la région qui a empêché de mener à bien un développementharmonieux de chaque pays, provoquant l’incertitude et très peu de développement réel. 1413BIBLIOTECA DOMINICO – VIRTUAL.- Historia de América.- in http://www.bibliotecavirtual. com.do/historia/índicehistoria.htm14 Holzmann, P., Guillermo.- América Latina frente al conflicto Este – Oeste, Santiago, conferencia presentada en el Instituto de Ciencia Política de la Universidad de Chile, 1987. 21
  22. 22. L’Amérique Latine ne constitue pas une unité en termes de buts et d’objectifs, malgréles nombreux problèmes communs, spécialement en ce qui concerne le besoin dedéveloppement et d’autodétermination, ce qui s’est exprimé à travers l’absence historiquede stabilité politique, aspect où l’ingérence des Etats-Unis semble directement associéecomme élément créateur d’instabilité. Bien entendu, la politique des Etats-Unis pour l’Amérique Latine se basait sur le fait quela stabilité politique serait le résultat naturel et inévitable de la réussite d’un fermedéveloppement économique pour céder la place à une vaste réforme sociale etinstitutionnelle. Toutefois, la dépendance créée dans les années cinquante s’est traduitejustement par le contraire, faisant place à une grave instabilité dans la région Depuis le moment de leur indépendance, les pays du Nord de l’Amérique ont augmentétrès vite leur importance grâce à une forte immigration européenne, ce qui s’est traduit parune énorme croissance démographique et économique qui contrastait avec le déséquilibrepolitique et les luttes de frontières des républiques hispano-américaines. En plus, leséconomies de ces dernières se sont maintenues dans leur état de sous-développement,basées sur l’exportation de matières premières et avec une forte dépendance économique del’Europe. La nouvelle carte de l’Amérique Latine s’est basée sur le précepte juridique de l’utipossidetis juris, tracé sur la base des anciennes divisions administratives coloniales, tellesque les « gobernaciones » et les « audiencias reales ». Cependant, cette répartitionterritoriale a subi plusieurs interprétations en ce qui concerne ses limites tout au long duXIXème et du XX ème siècle. Par conséquent, le processus d’émancipation s’est terminé parune fragmentation en de nouveaux états nationaux, fondée sur le fait de maintenir ladépendance économique des diverses sources de production et d’exportation par rapport aumarché mondial. 22
  23. 23. Un bon apport pour une meilleure compréhension de ce phénomène est exposé par les historiens américains Thomas E. Skidmore et Peter H. Smith qui soutiennent que l’inexistence d’une communauté économique a été précisément ce qui a marqué la différence entre les Etats-Unis et les états « désunis » du centre et du Sud de l’Amérique. 15 Finalement, l’américanisme encouragé par Simón Bolívar, et partagé par la majorité deshéros américains, va constituer le premier essai de coopération et d’intégration entre lespays qui ont pris leur indépendance par rapport à l’Espagne, depuis le Río Grande au Nordet jusqu’à la Terre de Feu. Néanmoins, les difficultés des nouvelles républiques après lesguerres d’indépendance, les différences naturelles entre leurs membres et une succession deluttes internes entre les « caudillos » ont accentué le désastre économique où se trouvaientles nouveaux états américains, facteur déjà défini comme étant le plus faible.1.3 Les variables clés du système international après la fin de la bipolarité et ses effets dans la région Pour décrire les principales caractéristiques, phénomènes et processus qui se sontproduits après la chute du Mur de Berlin, on estime qu’il est propice d’envisager ladescription à partir de la perspective des changements dans le système international, tant dupoint de vue idéologique qu´économique, que des équilibres de pouvoir, de la configurationde la carte mondiale et de la fin de la course aux armements entre les blocs. Ainsi, dans le domaine idéologique, les transformations ont déterminé une relation decause à effet. L´échec d´une idéologie a laissé un vide dans les systèmes politiques, ce qui adonné comme résultat une tendance vers la prolifération du système démocratique. C´est une réalité que les régimes démocratiques procurent une plate-forme pour ledéveloppement et la prospérité des peuples, fournissant aux états nations la légitimiténécessaire pour se tirer d’affaire dans le domaine international. En Occident, le facteur15Thomas Skidmore et Meter Smith.- Historia Contemporánea de América Latina.- Barcelona: Ed. Crítica, 1996, pp. 23-52. 23
  24. 24. politique démocratique s´est transformé en un élément articulateur central des liens entreles acteurs internationaux importants. C´est ainsi que la démocratie s´est universalisée comme une valeur de la société etqu´elle représente une condition sine qua non pour tout état qui souhaite agir politiquementou économiquement dans le domaine international. Dans ce contexte, on peut voir comment certaines puissances et certains organismesinternationaux ont exercé un degré de pression important sur d´autres acteurs pour lesconvertir à la démocratie, agissant à travers des normes et des mécanismes tels que l´aideétrangère et la conditionnalité dans le commerce, pour faire accomplir un seul moyen depratique domestique, politique et économique. Même si la démocratie a démontré être le meilleur système de gouvernement, son succèsn’est pas garanti par elle seule. Elle a connu de grandes difficultés pour lutter contre lesproblèmes les plus complexes de l´agenda international, particulièrement dans le TiersMonde, comme le sont l´inégalité et la pauvreté. Par conséquent, elle favorise difficilementla paix dans les zones en marge du progrès. Ainsi, des aspects de participation politique, d´efficacité de l´appareil d´état, lacorruption, la méfiance envers les institutions gouvernementales et d’autres problèmessociaux, économiques, d´équité et de distribution d´entrée dans ces mêmes zones, s´ils nesont pas bien menés, peuvent provoquer des éclats sociaux qui finissent par nuire à lasolidité et à la continuité des régimes démocratiques. Quant aux changements économiques avant la chute de l´idéologie communiste, l´échecde son modèle économique a commencé à se produire, échec dont les causes se basent surl´incapacité de donner un bien-être et un développement aux peuples gouvernés par cessystèmes. 24
  25. 25. De même que la démocratie, le modèle capitaliste et l´économie de marché sansconcurrents se sont étendus rapidement dans le monde entier, au-delà des états del´ancienne URSS et de ses satellites. Les transformations vers ce système ont aussicommencé à s´entrevoir de façon naissante dans des pays qui maintiennent l´idéologiecommuniste, comme la Chine, le Vietnam et même Cuba. Avec le temps, le système de marché a subi aussi quelques variations. En effet, lesinégalités encore persistantes et le maintien de hauts indices de pauvreté dans des pays quicherchaient le développement à travers ce système ont mené, dans les années quatre-vingt,à l’apparition d´une variante au modèle qui promeut un équilibre entre développement etéquité sociale, qui est connu aujourd´hui comme modèle d´économie sociale de marché. En ce qui concerne les changements dans les relations de pouvoir, la chute de l´URSS etla dissolution du Pacte de Varsovie ont laissé un vide dans le système international,déterminant la fin de la bipolarité régnante, et laissant les États-Unis comme l’uniquesuperpuissance sur le plan militaire. Ainsi, le bilan stratégique qui a caractérisé la périodeantérieure a disparu, sans avoir encore été remplacé par un autre mécanisme. On a ainsi ouvert la voie à une situation de pouvoir général diffus, exercé par demultiples acteurs dans divers domaines et soutenus par divers attributs, sous la forme d´unetransition depuis un ordre mondial bipolaire –qui a disparu presque abruptement- à uneautre stratification qui devrait provenir du nouveau positionnement des puissances qui ontsurvécu, du cadre des nouvelles relations émergentes et des variables politiques,économiques et sociales résultantes. 16 À partir de cette assertion, on estime convenable de souligner deux aspects: le premierreflète la prudence qu´il existe parmi les experts en Relations Internationales pourdévelopper des projections sur le futur du système international; le deuxième conditionne16Jaime García C.- Una mirada a la Actual Situación Geopolítica.- Cartagena de Indias: conférence présentée au Congrès International “La Enseñanza de la Historia para laIntegración y Cultura de la Paz”, 1996, in Memorial del EJÉRCITO DE CHILE N°453, 1997, pp. 55 – 57. 25
  26. 26. cette nouvelle stratification, parmi d´autres aspects, à des variables économiques etsociales, c´est-à-dire, aux composantes basiques du pouvoir. Ce qui vient d´être exposé permet d´inférer que la fin du système bipolaire est associée àdeux transformations. La première a été la désarticulation politique, économique etmilitaire d´une des superpuissances, l´URSS. La seconde est que dans le contexte deséléments du pouvoir, il s´est produit un balancement positif en faveur de l´économique surle militaire. En ce qui concerne la réorganisation de la carte mondiale, elle a été la conséquence detous les grands changements que le scénario international a subi, spécialement depuis quesa configuration a été basée sur l´État. Un grand nombre des transformations citées ont provoqué des effets sur la configurationdu système actuel, ce qui mérite une description sur la base de processus déterminés, derelations et d´effets, dont certains, spécialement ceux de caractère économique, se sontformés avec antériorité et n´ont augmenté leur dynamique qu´en se conjuguant avec leschangements décrits.1.3.1 La globalisation La globalisation doit être comprise comme un phénomène de caractèremultidimensionnel qui implique des processus économiques, politiques, sociaux etculturels, qui opèrent à l’échelle globale, dépassant les limites nationales, réduisant defaçon drastique les barrières spatiales, accélérant et multipliant les contacts entre lesdifférents acteurs de la société internationale. Cela signifie, entre autres choses, unetendance pour un déplacement plus facile du capital, des biens et dans certains cas de lamain-d´œuvre même, entre et à l´intérieur des pays. 26
  27. 27. Même s’il est multidimensionnel, ce n’est pas un processus homogène dans tous les domaines des relations internationales. Au contraire, il s´agit d´un processus inégal qui présente des fragmentations ; les phénomènes qui sont présents dans le domaine économique par exemple, comme l´universalisation des marchés, n´ont pas une correspondance exacte dans le domaine de la défense. C´est-à-dire qu’il n´existe pas nécessairement une corrélation automatique entre des processus de complémentation et d’intégration économique, d´un côté, et de résolution de risque et de menaces, de l´autre. 17 Son origine est liée à une diversité de facteurs, parmi lesquels on peut souligner ceux decaractère économique, associés au capitalisme et à leur capacité expansive, qui a étécapable de créer une économie de caractère mondial. D´autres l´attribuent audéveloppement technologique et à sa capacité de transformation ; et quelques-uns à desfacteurs politiques, le rattachant à l´intention de certains états de favoriser des modèlesculturels, politiques et économiques occidentaux. Les théories dominantes de la globalisation suggèrent qu´elle conduit naturellement à demeilleures relations parce qu´il y a plus d´interaction entre les États et plus de stimuli pourquils collaborent et oublient les différences en faveur du bien commun. Les avantages sontvus comme progressivement plus clairs pour eux, depuis la perspective de leurs efforts desuccès conjoints et chaque fois plus nombreux. L´intégration globale des communications, en même temps qu´elle facilite l´interactiondirecte entre les personnes, les institutions et les entreprises ou des groupes d´entre elles,crée un élargissement et une accélération sans précédent dans la diffusion de laconnaissance humaine. Ainsi, l´augmentation de la vitesse et de la massification desmoyens de transport tridimensionnels, qui reposent sur la technologie spatiale, sont en trainde donner de grandes facilités pour le déplacement rapide des personnes d´un endroit à unautre de la planète.17 MINISTERIO DE DEFENSA NACIONAL .- Libro de la Defensa Nacional de Chile.- Valparaíso: Imprenta de la Armada, 1997, p 43.. 27
  28. 28. Bien qu’il existe un consensus qui reconnaît les bénéfices que ce processus et cesphénomènes associés ont apporté au monde, diverses vulnérabilités sont aussi apparues,aussi bien pour les états nationaux, individuellement considérés, que pour toute la sociétémondiale, parmi lesquelles nous pouvons citer: L´expansion et la modernisation des moyens de communication sont en train de donner origine à une culture universelle qui crée des effets négatifs sur l´identité nationale, la cohésion sociale et les façons de vivre. Ainsi, l’apparition de conglomérats internationaux de communications qui monopolisent le maniement de l´information permettent le contrôle de ces processus, faisant que les cultures dominantes s´imposent. De la même façon, l´interconnexion des décisions politiques et économiques, la façon d’agir des nouveaux protagonistes internationaux et les nouvelles règles de jeu créent, en définitive, une perméabilité des frontières aussi bien réelles que virtuelles, qui a une incidence sur la structure antérieure de l´état- nation, affectant profondément le concept de souveraineté. A ce sujet, il faudrait souligner qu’au sein de l´Union Européenne, le processusd´intégration le plus avancé du monde, les états, loin de perdre leurs attributions et de sedissoudre dans l´entité communautaire, ont réussi à contrôler et à participer au processus,s’y maintenant en tant que pouvoir décideur. 18 La rapidité et la perméabilité des flux et des déplacements, caractéristique essentielle du phénomène décrit, n’existe pas seulement pour des finalités correctes. La globalisation a tendance ainsi à diffuser autant le négatif que le positif. La grande expansion du commerce illégal international de drogues a accompagné les phénomènes les plus vastes liés aux tendances à la globalisation. On pourrait dire la même chose, probablement, du commerce illégal d´armes et, sûrement, de la croissance impressionnante des migrations illégales de personnes, ainsi que de l´expansion du délit international.18Cristian Garay V.- La Integración Regional y sus Efectos en la Seguridad y Defensa Nacional.- Santiago: Memorial del EJÉRCITO DE CHILE N° 464, 2000, p 25 28
  29. 29.  Les bénéfices de la globalisation ne sont pas fréquemment distribués avec équité entre les régions ou les nations, et les disputes économiques qui en résultent peuvent aggraver les problèmes sociaux et politiques qui sont déjà fragiles et qui existent dans les pays individuels, plus encore si l´on considère que la brèche entre les pays globalisateurs et les pays globalisés augmente, ce qui revitalise les tendances d´opposition au phénomène et permet que d´anciennes disputes l’emportent sur des opportunités dérivées de la coopération et de l´intégration. La globalisation est très intense mais déséquilibrée. Ceci parce qu´il y a des pays capables de globaliser et d´autres qui ont comme seule expectative d´être globalisés, ce à quoi il faut ajouter que l´augmentation de l´interaction produit aussi des tensions, à mesure que le volume et la complexité de la relation augmentent, spécialement si ces tensions apparaissent dans des affaires d´ordre territorial. 19 On peut remarquer qu’on profite du désordre et des désajustements que la globalisation peut créer pour développer des actes illicites, dû au fait que les flux de marchandises sont incontrôlables, la contrebande est plus courante et multiforme de ce que l´on peut en général constater. Il y a des entreprises qui surestiment leurs exportations et évaluent à moins les ventes, pour ainsi échapper aux charges fiscales, contribuant ainsi à l´évasion de capitaux. En ce qui concerne lenvironnement, la pollution ne connaît pas non plus de frontières. Le trou dans la couche d´ozone, l´effet de serre lié à la combustion des matières fossiles et à la détérioration des grandes forêts tropicales concernent toute la planète. Si dans un pays une marée noire, des pluies acides se produisent, ou bien une rivière est contaminée à sa source à cause de résidus chimiques, tous les voisins se voient touchés, sans mentionner les catastrophes nucléaires, dont les effets peuvent se faire sentir pendant plusieurs années.19Jaime García C.- Problemática de Defensa y Seguridad.- Santiago: Journal La Tercera, Juillet 2000. 29
  30. 30.  Les mêmes facilités de transports internationaux déjà citées, permettent le déplacement permanent de réfugiés politiques, réfugiés de la misère et simples immigrants, qui passent d´un pays à un autre, ce qui a créé d´énormes conflits sociaux et de fortes tendances xénophobes dans les états développés. La migration illégale vers les États- Unis depuis l´Amérique Latine, ainsi que d´africains vers les pays d’Europe, en est un exemple clair.1.3.2 La transnationalisation et interdépendance complexe Un autre processus important et caractéristique du système international actuel estconstitué par la transnationalisation et l’interdépendance complexe, concepts qui obéissentà une construction théorique développée par Robert Keohane et Joseph Nye en 1971 .20 La transnationalisation est par Keohane et Nye définie comme le mouvement d´itemstangibles et intangibles à travers les frontières étatiques, quand au moins un acteur n´est pasagent de gouvernement ou d´organisation inter-gouvernamentale. Ils définissent l´interdépendance comme “ces situations caractérisées par des effetsréciproques entre des pays ou entre des acteurs de différents pays. Ces effets-là résultentd´échanges internationaux, comme les flux d´argent, de biens, de personnes et de messagesqui traversent les frontières nationales. Où il y a des effets de coût réciproque dans leséchanges, il y a interdépendance. Lorsque les interactions n´impliquent pas d´effets decoûts significatifs il y a tout simplement interconnection”. Une caractéristique importante définie par cette nouvelle forme de relations estl´existence de canaux multiples qui connectent les sociétés, constituées par des relationsinter-états, transgouvernementales et transnationales.20Robert Keohane et Joseph Nye.- Poder e Interdependencia: La Política Mundial en Transición.- Buenos Aires: Grupo Editor Latinoamericano. 30
  31. 31. Outre l´interdépendance économique, il y a une tendance dans l´actualité à favoriser laconcurrence pour la sécurité entre les états, cette interdépendance se définissant comme unesituation où deux états sont mutuellement vulnérables. Chacun devient le prisonnier del´autre sur le terrain économique. En d´autres mots, l´interdépendance conduiraprobablement à une plus grande concurrence, en ce qui concerne la sécurité. Il s´agit d´une tendance à la multipolarité, comme effet de la perte d´importance des considérations de caractère militaire; de l’expansion de la société civile et des changements dans sa relation avec l´état ; de la configuration d´un agenda international plus ample, complexe et moins hiérarchisé ; comme conséquence, l´état cesse de monopoliser les relations externes et d´autres facteurs apparaissent. Finalement, consécutivement à la dévaluation du pouvoir militaire, les ressources de pouvoir se transforment, apparaissant celles de caractère commercial, technologique, financier, idéologique ou culturel. 21 Ces phénomènes, même s’ils ont déjà été développés antérieurement, ont une étroiterelation avec la globalisation, plus encore, ils en font partie. On estime qu’il est possibled´établir que la transnationalisation est l´action qui se produit dans l’environnementconfiguré par la globalisation, et l´interdépendance l´effet qui résulte des deux.1.3.3 La régionalisation La régionalisation consiste en l´union de plusieurs états dans le but de renforcer lapuissance de leurs possibilités individuelles, pour faire face ainsi à un monde de plus enplus compétitif et de moins en moins solidaire avec les plus faibles ou avec ceux qui sontisolés. Aujourd´hui, on observe de fortes tendances régionalisatrices parce que la majoritédes états comprend qu’en dehors d´elles, il est très difficile de rivaliser économiquement etpolitiquement, de même que pour faire face à la croissante et diversifiée série de menacesémergeantes de cet ordre nouveau.21Luciano Tomassini.- Enfoques Teóricos para el Estudio de la Política Internacional.- in Carlos Molina J.- Cooperación regional. Potencialidades y Limitaciones desde la Perspectivade la Defensa Nacional.- Santiago: Revue Fuerzas Armadas y Sociedad, Año 15, N° 2, avril-junio 2000, p. 27. 31
  32. 32. Considérant que les menaces sont tous les éléments, les facteurs, les situations et les actions qui pourront empêcher d’atteindre des objectifs nationaux…, ce à quoi on fait face actuellement a subi un changement remarquable, aussi bien dû à l´apparition d´autres modalités de menace qu’aux nouvelles intensités de celles qui sont en vigueur. Les premières ont reçu la connotation « d´émergeantes » et se caractérisent par le chômage croissant, la marginalité de grands secteurs de la population, le trafic de drogues, le terrorisme dans toutes ses acceptions, le crime organisé, le trafic illégal d´armes et les violations des droits de l’homme, ainsi que la discrimination ethnique, religieuse et politique. 22 Le processus de régionalisation le plus avancé est celui de l´Union Européenne. Soncaractère institutionnel et sa structure politique servent de modèle aux initiatives qui, dansle même ordre d’idées, se développent dans le reste du monde, atteignant un tel niveauqu´elle a déjà son propre parlement, avec son exécutif, sa cour et a comme souverain leConseil Européen, qui est présidé de façon rotative et pendant six mois par les chefs del´exécutif des pays membres.1.3.4 La fragmentation Samuel Huntington indique que la diversité culturelle déterminée par les différences d´histoire, de langue, de culture, de tradition et ce qui est le plus important, de religion, constituera les sources de conflit du futur. Dans ce sens, il présente deux théories basiques: la première, celle des pays démembrés, qui sont ceux avec un grand nombre d´habitants de différentes civilisations ; et la deuxième, avec un degré considérable d´homogénéité culturelle, mais qui sont divisés par rapport au fait de savoir si leur société appartient à une civilisation ou à une autre. 23 Le soulèvement des indigènes de l´État de Chiapas (Mexique) le premier janvier 1994,organisés en l´Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), a constitué le début d´une22 Déclaration officielle de la conférence des Ministres de la Défense d’Amérique.- Bariloche, 1997.23Ibid. 32
  33. 33. vague de revendications de la part des peuples indigènes dans de vastes territoires de notreAmérique Latine, parmi lesquels on compte des régions du Brésil, de Colombie, du Chili,d´Equateur et d´Amérique Centrale. Cependant, les revendications ne se limitent plus à exiger la non-discrimination. Leurspétitions vont bien au-delà et menacent de déséquilibrer les relations qui ont existé pendantlongtemps à l´intérieur de leurs pays respectifs. Le cas de l´Amérique Latine acquiert une importance spéciale vu qu´il s´agit d´un sous-continent caractérisé par une présence limitée dans le contexte international, ainsi que parde profondes différences quant à la distribution de la richesse. Il s’agit d’un aspect qui peutse concentrer dans deux grandes zones, l´Amérique Centrale et les Caraïbes -qui ont undegré déterminé d´homogénéité dans leur problématique sociale- et la création d´une zonepotentielle d’ajournement social, politique et économique dans la région des Andes et del´Amazone, en Amérique du Sud, comme lien d´expansion et de transnationalisation d´uneproblématique d’idée commune, avec l´exception du Chili et de l´Uruguay, autant par leursituation géographique que par leur degré moindre d´hétérogénéité dans cette matière.2. LA NOTION DE CONFLICTIVITE VUE DEPUIS L’AMERIQUE LATINE Pour développer une vision de conflictivité dans la région, il est nécessaire de signalerque le concept de région s’est élargi, incluant ces états appartenant aux Caraïbes dans sonensemble, au-delà des hispanophones, étant donné que leur position géopolitique les attireindéfectiblement vers la problématique latino-américaine, avec les conséquences positiveset négatives que cela implique. Une fois faite cette remarque essentielle, on développera une vision de l’environnementstratégique régional, basé sur la conflictivité intra-régionale et sur le cadre pour sa 33
  34. 34. prévention, comme étant des aspects consubstantiels pour commencer la définition deséléments qui guideront cette recherche vers un nouveau système de sécurité interaméricain. Pour une telle entreprise, nous avons eu recours à diverses sources spécialisées quidéveloppent des visions d’ensemble et des visions particulières de la réalité géopolitiqueactuelle, parmi lesquelles nous pouvons remarquer des académiciens, des chercheurs et desautorités politiques de renom qui ont participé au VI Séminaire de Recherche etd’Éducation sur les Études de Défense et de Sécurité (REDES), qui s’est tenu à Santiago duChili entre le 27 et 30 octobre 2003. Ce séminaire a été réalisé avec le patronage du Centre d’Etudes Hémisphériques deDéfense (CHDS), qui unit une vaste communauté académique interdisciplinaired’institutions éducatives civiles et militaires, qui favorise le dialogue continu dans ledomaine de la sécurité, de grande importance pour l’hémisphère, et qui soutient ledéveloppement d’une communauté de défense dans la région. 242.1. Le caractère conflictuel actuel en Amérique Latine et dans les Caraïbes Comparativement avec d’autres régions, l’histoire récente de l’Amérique Latine et desCaraïbes montre une proportion moindre de conflits armés inter-états et interethniques quedautres régions du monde, contrairement à ce qui se réfère à des conflits armés internesprovoqués par une combinaison de causes politiques, idéologiques et économiques, qui ontdéjà été analysées dans cette recherche. La plupart des analystes coïncident dans leur argumentation sur le fait que le nombreréduit de conflits armés inter-états répond, fondamentalement, à la maturation d’un24Le sixième séminaire de REDES qui s’est tenu à Santiago au mois d’octobre 2003, a été co-patronné par le Ministère de la Défense et l’Académie Nationale d’Études Politiques etStratégiques du Chili, par le Commando Sud (SouthCom) et par la National Defense University (NDU) des États-Unis. 34
  35. 35. entourage de médiation et d’intervention, essentiellement diplomatiques, de la part de paysde la région à travers différents organismes régionaux, aussi bien établis qu’ad-hoc. En guise d’illustration, il suffit de citer la résolution du conflit limitrophe entre le Chili et l’Argentine qui s’est terminé par un succès; l’intervention du Groupe Contadora dans la résolution de la crise sous-régionale et des conflits armés en Amérique Centrale ; le rôle de l’OEA dans divers conflits domestiques de la région ; la participation d’états hémisphériques amis dans la distension et dans la résolution de la confrontation frontalière entre l’Équateur et le Pérou ; ou le gel de la réclamation de la Guyane Esequiba de la part du Vénézuéla, avec l’intervention des bons offices d’un représentant du Secrétaire Général de l’ ONU.25 Cependant, il existe encore plus d’une douzaine de conflits territoriaux et frontaliers quine sont pas résolus et qui impliquent dix des dix-neuf pays indépendants d’Amérique duSud ou d’Amérique Centrale, et on considère que, dans cinq conflits au moins, un état autilisé la force et, dans deux autres au moins, un état a déployé des moyens militaires. Néanmoins, pour les standards internationaux, les Amériques ont été relativementexemptes de guerres au XXème siècle, raison pour laquelle l’hémisphère a été signalé pourla rareté relative de ses guerres, de ses persistants conflits limitrophes, territoriaux etd’autres types qui, dans certains cas, débouchent sur des conflits militaires, ou l’emploirécurrent de bas niveaux de force pour déterminer des aspects des relations bilatérales. 26 Dans ce sens, tout indique que ce sont les structures du système internationald’Amérique Latine et leurs rapports avec le système global – basiquement périphériques etdistants – ainsi que le répertoire de valeurs communes, de procédures et d’institutionsévidentes dans les relations interaméricaines, qui expliquent cette rare fréquence et lacourte durée des guerres dans la région.25COORDINADORA REGIONAL DE INVESTIGACIONES ECONOMICAS Y SOCIALES.- Paz, Seguridad y Prevención de Conflictos en América Latina et el Caribe: unaIntroducción.- Caracas, Buenos Aires, Managua: Brouillon préliminaire pour la discussion, juillet 2003, p.3.26Jorge Dominguez.- Seguridad, paz y democracia en América Latina y el Caribe : desafíos para la era de posguerra fría.- p.4 35
  36. 36. Ainsi, ce qui se réfère à l’apparition limitée de conflits armés interethniques significatifsrépond, fondamentalement, à des raisons historiques – liées aux caractéristiques de lacolonisation espagnole et aux mécanismes de subordination de divers groupes aborigènes-,juridiques et politiques. Mais cette affirmation semble contrastée par l’émergence de situations de conflit arméaux caractéristiques ethno-politiques, aussi bien de racine structurelle que d’expressionparticulière, dont la racine se trouve dans la lutte des communautés originaires pour lareconnaissance de leur culture et de leurs droits, ainsi que dans le cadre du processus detrans-nationalisation des mouvements indigènes. Ceci a donné lieu à leur présencecroissante en tant qu’acteurs dans les systèmes politiques nationaux et régionaux, avec unpotentiel pour le développement de conflits armés, aussi bien de caractère local et nationalque, éventuellement, transnational. Cependant, les changements survenus dans le système international à partir des annéesquatre-vingt ont introduit un nouvel ensemble de facteurs qui vont influencer ledéveloppement potentiel de conflits armés, associés à l’affaiblissement de l’état, àl’irruption de nouveaux acteurs au niveau international et local et à l’apparition denouvelles menaces, essentiellement de caractère transnational. Avec la fin des guerres internes en Amérique Centrale, celle-ci a cessé d’être une régionde crise internationale qui a attiré l’attention tant des pays de la région que des acteursextrarégionaux. Dans ce cadre, les changements dans le système international - surtout lafin de la Guerre Froide- ont eu des conséquences importantes sur les conflits et lespolitiques de sécurité en Amérique Latine, à savoir : Parce que la région a perdu de l’importance stratégique dans l’agenda de sécurité des États-Unis. 36
  37. 37.  Parce qu’il s’est produit un changement thématique dans l’agenda interaméricain, déplaçant la priorité de la lutte contre le communisme à la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme, qui lui est normalement associé. La globalisation des relations économiques a donné de l’impulsion aux diverses modalités de coopération face à différents problèmes régionaux, dont des problèmes comme la migration et la protection de l’environnement. Plus récemment, quelques analystes signalent comme sources de conflit externes etinternes dans la région les problèmes qui seront indiqués par la suite, considérant que cettetypologie admet la possibilité que les conflits émergeants combinent des éléments dechacune de ces sources : Les retards de la confrontation idéologique de la Guerre Froide, particulièrement en ce qui concerne les cas de la Colombie, du Mexique et du Pérou. La valeur que chaque état assigne aux frontières et aux territoires en dispute, normalement situés sur des délimitations défectueuses. L’existence d’états qui favorisent des conduites contre la sécurité d’autres états, tel que le cas de Cuba et des États-Unis. Comme sources de conflit interne : les zones hors du contrôle de l’état, la violence urbaine et l’augmentation de la criminalité, des mafias et du crime organisé, avec le narcoterrorisme, comme étant sa plus haute expression. Comme sources potentielles de conflit : l’augmentation de thèmes de sécurité non militaires, tels que le régionalisme et, en plus grande mesure, les problèmes ethniques et religieux. Dans un autre ordre d’idées, des études préliminaires récentes montrent que la tendanceà court et à moyen terme des conflits armés inter-états dans la région, motivés par desdisputes frontalières et des réclamations territoriales, tend à diminuer alors que les conflitset les tensions domestiques de caractère socio-économique, ainsi que le développement denouveaux conflits et de tensions transnationales- basiquement liés au crime organisé, aux 37
  38. 38. migrations, au trafic de drogues, au développement de mouvements ethniquestransfrontaliers et au terrorisme global- sont enclins à augmenter, à court et à moyenterme.27 Même si les conflits domestiques et les conflits transnationaux ne sont pas, dans lamajorité, des situations qui conduisent nécessairement à des affrontements armés, ilspeuvent devenir potentiellement, dans certain cas, des confrontations armées, ce à quoicontribue, en plus, la prolifération d’armes de tout type dans la région et leur relation avecle crime transnational et le trafic de drogue. Alors que les problèmes de guerre entre les pays latino-américains ont disparu, de même que l’image de l’ennemi externe de la Guerre Froide, le phénomène d’insécurité citoyenne a contaminé toute la région et représente aujourd’hui la menace la plus sérieuse pour l’ordre démocratique, car le nombre annuel de victimes de la violence armée dépasse, dans certains cas, les pertes des conflits inter-états classiques.28 Cependant, il est nécessaire d’émettre une réserve par rapport à ces affirmations decaractère général sur l’Amérique Latine et les Caraïbes et d’établir clairement que ladynamique sous-régionale des éventuels conflits potentiels répond, en grande mesure, nonseulement à l’impact des processus globaux et transnationaux, mais aussi auxcaractéristiques culturelles, politiques et socio-économiques et aux dynamiques spécifiquesde chaque sous-région. En Amérique Latine et dans les Caraïbes, nous remarquons une considérable hétérogénéité entre les différentes régions et les différents pays. Cependant, on nous voit comme une région. Nous avons des différences substantives et dans certains cas elles augmentent. Cependant, il existe une base substantielle pour agir en commun27Pour plus de précédents, voir les travaux déjà publiés dans le cadre du projet “Carte prospective de conflits en Amérique Latine et dans les Caraïbes » demandés par laCOORDINADORA REGIONAL DE INVESTIGACIONES ECONOMICAS Y SOCIALES, in www.revistafuturos.org28Klaus Bodemer, Sabine Kurtenbach et Andreas Steinhauf.- Seguridad/inseguridad en las subregiones de América Latina.- Résumé exécutif in Klaus Bodemer (éditeur) El nuevoescenario de (in) seguridad en América Latina. ¿Amenaza para la democracia?.- Caracas: Nueva Sociedad, 2003 p. 65. 38
  39. 39. qui commence dès la langue et la culture et s’exprime en intérêts communs dans tous les domaines.29 Dans ce sens, les Caraïbes de langue anglaise et hollandaise ont suivi un processus dedécolonisation constitutionnelle et graduelle, en général peu touché par des conflits armés,dont la tendance à se résoudre dans un cadre institutionnel contraste avec la situation dureste de l’Amérique Latine. D’autre part, dans les Caraïbes de langue anglaise, outre celles déjà citées etéventuellement des persistantes tensions de caractère ethno-politique (comme dans le casde la Guyane), des réseaux criminels de caractère international ont exercé leurs activités aupoint de pénétrer quelques gouvernements de la région et les systèmes financiers respectifs. Un cas particulier est représenté par Haïti, ou pendant plus de deux décennies, il n’a pasété possible d’articuler un système institutionnel capable de contenir diversesmanifestations de violence politique et/ou criminelle, malgré l’intervention d’acteursexternes. De son côté, l’Amérique Centrale a réussi à surmonter la crise régionale et les conflitsarmés des années quatre-vingt pour se plonger dans la construction d’alternatives politiquesde post-conflits, dans un cadre démocratique et en fonction d’une réactivation du processusd’intégration sous-régionale, laissant sans résolution, cependant, une série de disputesterritoriales, telle que la dispute pour le Golfe de Fonseca entre le Salvador et le Honduras,et le différend des limites entre le Nicaragua et le Honduras dans la mer des Caraïbes, entreautres. Ainsi, les pays d’Amérique du Sud, grâce à une série de mécanismes diplomatiquesinstitutionnels, ont incité, en lignes générales, des processus de re-démocratisation et29Francisco Rojas A.- Introducción. Seguridad humana : concepto emergente de la seguridad del siglo XXI.- in Francisco Rojas A. et Goucha Moufida (éditeurs).- Seguridad humana.Prevención de Conflictos y Paz.-. Santiago du Chili: UNESCO, FLACSO, p.23 39
  40. 40. d’approfondissement démocratique après les régimes militaires des années précédentes etune significative distension autour des disputes territoriales. Cependant, ils n’ont pas réussià surmonter le manque d’équité et la prolifération de l’exclusion sociale. De même, les pays andins, avec leurs particularités spécifiques, sont entrés dans unprofond processus de crise politique et sociale qui remet en question les fragilesdémocraties locales, devenant un bouillon de culture pour des situations de conflits armésdomestiques et, éventuellement, régionaux, avec une forte prédominance du trafic dedrogue comme un des éléments à souligner. Il est important de signaler, dans ce cadre des différences dans les dynamiques sous-régionales, que la décennie des années quatre-vingt dix a été associée à un processus dedistension marquée entre les tensions et les conflits frontaliers en Amérique du Sud,fondamentalement en fonction de la mise en place d’une série d’initiatives diplomatiquesqui tendent à développer la coopération, la transparence et la résolution pacifique desconflits dans la zone. Pendant ce temps, surmonter les conflits internes et la crise en Amérique Centrale acontribué à une diminution des conflits entre les états, en même temps que l’émergence deprocessus d’insécurité et de violence dans les sociétés de la sous-région, associées à desphénomènes de crime transnational, que sont les fléaux qui aujourd’hui affectent la plupartde ces pays.2.2 Les États-Unis et les rapports de sécurité avec l’Amérique Latine Introduire une vision sur la réalité actuelle des États-Unis peut être, paradoxalement,aussi simple que complexe, étant donné la particularité qui la caractérise et son rôlegravitant dans le devenir mondial, en fonction de leur condition de puissance hégémoniqueglobale. 40
  41. 41. Pour cette raison, le point de vue des Etats-Unis, en ce qui concerne la sécuritéhémisphérique, sera traité sur la base des objectifs manifestes qui sont identifiés dans lesversions officielles données par des autorités compétentes, ce avec quoi on prétend obtenirl’identification de leurs liens de sécurité actuels avec l’Amérique Latine. Une fois le président George W. Bush installé au gouvernement nord-américain, leBureau des Affaires de l’Hémisphère Occidental du Département d’État a pris en compteune série initiale de possibilités d’entente et des domaines de travail pour l’Amérique latine,qui ont été: Se consacrer au Mexique car, étant donné sa condition de voisin immédiat au sud, les affaires bilatérales - immigration, trafic de drogue, commerce, etc.- ont une proéminence et une urgence spéciale. Aborder la crise en Colombie, menacée curieusement dans l’hémisphère par la combinaison des drogues, du terrorisme et de l’insurrection. Étendre le compromis avec les trois grands du Cône Sud : l’Argentine, le Brésil et le Chili. Se préparer pour l’ère post-Castro à Cuba. S’engager, avec d’autres gouvernements démocratiques de l’hémisphère, à développer une Zone de Libre Echange des Amériques pour la fin de l’année 2005. Développer une optique globale et intégrée face aux menaces de la région. Reconfigurer l’optique vers la région des Caraïbes. Avec ces prémisses, les États-Unis sont entrés dans le siècle actuel avec des objectifspolitiques différents car la contention du communisme a été remplacée par un effort pouraugmenter la communauté des pays engagés avec les mêmes objectifs et idéaux essentiels. En premier lieu, un engagement avec la démocratie constitutionnelle, ce qui entraîne desélections libres et justes, un pouvoir judiciaire indépendant, des libertés individuellesfondamentales et des forces armées professionnelles, sous le contrôle civil. 41
  42. 42. En deuxième lieu, un engagement avec les économies de marché, le commerce et ledéveloppement, dirigé dans le but d’obtenir de meilleurs associés commerciaux, des voisinsplus pacifiques et des protagonistes plus responsables sur la scène internationale. Troisièmement, un engagement avec la coopération multinationale. L’ère bipolaire aterminé et la plupart des problèmes actuels sont de nature multinationale. Il est doncnécessaire que plusieurs pays travaillent ensemble pour aborder ces défis, que ce soit engroupes ad hoc ou dans des forums multilatéraux formalisés. Un groupe d’organisationssous-régionales à la crédibilité croissante a facilité l’action avec l’ensemble, tel que leMERCOSUR, le Groupe de Rio et le Pacte Andin. Ces trois attributs – démocratie constitutionnelle, économies de marché et la coopérationmultinationale – sont les objectifs positifs que l’on demande à tous les pays d’atteindre carla plus grande préoccupation pour la sécurité n’est plus le monolithique adversairecommuniste mais plutôt une série de menaces décentralisées, transnationales et nontraditionnelles qui affectent directement l’ensemble. Selon le point de vue des États-Unis, l’axe central de ces menaces se trouve dans lesproblèmes suivants : Le terrorisme a augmenté en tant que préoccupation internationale avec les attaques au World Trade Center et au Pentagone, menant le gouvernement nord-américain à déclarer la guerre contre les terroristes et contre ceux qui les protégent ou les soutiennent. Le trafic de drogue, industrie de 50 mille millions de dollars par an, qui favorise l’activité criminelle de tout type, alimente la corruption et compte de grandes pertes humaines, aussi bien dans les nations consommatrices que productrices, considérant que la demande des États-Unis est alimentée principalement par ou à travers l’Amérique Latine. 42
  43. 43.  Les migrations, car il s’agit de flux qui peuvent être utiles dans certains cas pour la zone réceptrice, mais souvent avec des habilités qui peuvent faire du tort. Dans le cas des États-Unis, le profil de l’immigration a changé de façon dramatique au cours du siècle dernier. Avant la Deuxième Guerre Mondiale, les immigrants arrivaient aux États-Unis principalement d’Europe, mais depuis, l’équilibre s’est modifié en permanence provenant d’Amérique Latine et d‘Asie. Un exemple de ce qui vient d’être signalé, c’est que l’immigration depuis l’Amérique Latine est en train de changer le profil démographique des Etats-Unis. Cela peut être mesuré dans le fait que la population hispanique a augmenté de 2,5% en 1945, jusqu’à 13% en 2002, et on attend 25% pour l’année 2050. Dans un autre ordre d’idées, et toujours du point de vue nord-américain, en AmériqueLatine il y a un pays qui fait face à tous ces problèmes et qui a acquis une positionimportante dans les préoccupations de Washington envers la région : c’est le cas de laColombie. Les guérillas sont favorisées par l’argent de la drogue qui, dans certains cas, leur permetde dépasser l’armement de l’armée régulière. Elles n’ont aucune réserve pour recourir à destactiques terroristes, faisant déborder la situation dans la région, à travers les flux deréfugiés, l’expansion de la culture de la drogue et, finalement, l’utilisation de secteurs extracolombiens comme bases de sécurité et de soutien pour leurs groupes paramilitaires. Comme cela a été présenté, l’apparition d’un changement fondamental dans la manièredont les États-Unis voient l’Amérique Latine est évidente : les objectifs politiques sontdifférents et les menaces contre la sécurité sont principalement non traditionnelles, ce quioblige nécessairement à un changement de procédé. 43
  44. 44. Par conséquent, l’Aire de Libre Echange des Amériques (ALCA) est le point principalde l’agenda commercial des Etats-Unis pour l’Amérique Latine, principalement parcequ’un grand nombre des menaces dans la région empirent à cause de la pauvreté et lemanque de croissance économique. Ainsi, la manière la plus directe pour que les Etats-Unis encouragent la croissanceéconomique en Amérique Latine c’est à travers un régime commercial ouvert qui crée desopportunités commerciales libres et justes pour tous les pays de l’hémisphère, s’étantengagé à établir l’ALCA avant janvier 2005. En ce qui concerne un accord hémisphérique de sécurité, les États-Unis sont pour larévision de l’architecture régionale et l’évaluation du rôle des instruments et des institutionsde sécurité hémisphérique actuels, ainsi que de leur capacité de réponse aux menacestraditionnelles et nouvelles dans la région. Alors, quel est fondamentalement du point devue nord-américain le futur de la coopération pour la sécurité dans l’HémisphèreOccidental ? Comme point de départ, on considère que la présence d’un pouvoir militaire importantdevrait être un grand avantage pour l’hémisphère en termes de sécurité. Les États-Unis ontune capacité de dissuasion nucléaire crédible, une force aérienne puissante et une marineocéanique sans contrepoids dans le monde, ainsi que la capacité de projeter leur pouvoirpartout sur le globe. Cependant, si l’Amérique Latine doit avoir vraiment un accord de sécurité, les pays del’hémisphère doivent être d’accord sur quand et comment les forces des États-Unispourraient se déployer dans la région. Actuellement cet accord manque, vu que le TIAR aété invoqué plusieurs fois pendant son histoire qui date de cinquante ans, mais sa légitimitéa été sapée par la perception d’être un instrument pour des décisions déjà prises parWashington. 44
  45. 45. A quatre reprises, l’OEA a invoqué la Charte Démocratique, mais à chaque fois l’invocation a été plutôt un exercice de pression face à des homologues qu’un précurseur à l’action militaire coordonnée. Tels qu’ils sont institués aujourd’hui, aucun de ces instruments ne semble avoir la capacité de fournir une structure pour que le plus puissant pouvoir militaire du monde prenne des mesures internationalement approuvées dans leur propre hémisphère. Ou les pays restants de la région décideront d’exclure les ressources des États-Unis et maintiendront un accord de sécurité collective entre eux, ou l’Amérique Latine ne comptera pas sur un accord de sécurité collective30. Même si les définitions exactes peuvent varier, du point de vue nettement nord-américain, il y a trois grands modèles pour un accord de sécurité multilatérale : sécuritécollective, alliance et non-intervention. Les trois présentent des défis uniques en AmériqueLatine. Premièrement, la sécurité collective. Un accord de sécurité collective dispose l’actionsur la base de règles pour combattre l’agression contre n’importe quel membre du groupe.Il est d’une nature principalement défensive, facilitant une réponse conjointe face à uneattaque qui proviendrait du dehors ou de l’intérieur du groupe, étant plus efficace quand lesmembres du groupe correspondent à ce que chaque pays voit comme étant sa sphèreimportante de sécurité, de façon à ce que la défense du bien commun soit dans l’intérêtpropre de chaque membre. L’architecture actuelle de la sécurité en Amérique Latine s’approche d’un accord desécurité collective. Les thèmes qui affectent les intérêts nationaux respectifs de la majoritédes pays de l’hémisphère se trouvent dans l’hémisphère même, que ce soit en évitant desconflits dans la région ou en maintenant l’inviolabilité du Canal de Panamá et les routes descompagnies de navigation commerciale. De plus, des instruments tels que le Traité de Río30William Brownfield,.El pasado, presente y futuro de los vínculos entre Estados Unidos y América Latina.- Santiago: Academia Nacional de Estudios Políticos y Estratégicos,octubre 2002-, p.9 45

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