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Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, juin 2008 — p. 4
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VERSAILLES : LE QUARTIER DES CHANTIERS ET SON HISTOIRE. Rapport de recherche du groupe de travail de l’Université Inter-Ages de Versailles (constitué de Jean André, Albert Dubalen, Philippe de Logivière, Sylvie Laborde, Laure Merland, Catherine Thiéblin et Jacques Royen, et avec la collaboration de Marie-Odile Hesnard), sous la direction de Catherine Blain (architecte, chercheur au laboratoire LADRHAUS, Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles) et sous la responsabilité de Marie-Thérèse Robert (Directrice de l’UIA). Versailles, EnsaV, juin 2008.

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  1. 1. VERSAILLES :LE QUARTIER DES CHANTIERSET SON HISTOIRERapport de recherche du groupe de travail de l’UIA (2005-2007)Constitué de Jean André, Albert Dubalen, Sylvie Laborde, Philippe de Logivière, LaureMerland, Catherine Thiéblin et Jacques Royen, et avec la collaboration de Marie-OdileHesnardSous la direction de Catherine Blain, architecte, docteur en aménagement et urbanisme,chercheur au laboratoire LADRHAUS (Ecole nationale supérieure d’architecture deVersailles)Et sous la responsabilité de Marie-Thérèse Robert, Directrice de l’Université Inter-AgesOctobre 2008 Université Inter Ages Laboratoire de Recherche Histoire Architecturale et Urbaine - Sociétés (LADRHHAUS) 6 impasse des Gendarmes Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles 78000 VERSAILLES 5, ave de Sceaux 78000 VERSAILLES
  2. 2. Note liminaireLancé à l’automne en 2005, à l’initiative de Marie-Thérèse Robert (directrice de l’UIA), ce séminaireavait pour objectif de constituer un groupe de recherche d’étudiants s’interrogeant sur une questiond’actualité : la transformation du quartier de la gare Versailles-Chantiers, avec la mise en œuvre del’opération de la « ZAC des Chantiers » (Zone d’Aménagement Concerté, prise en compte dans le cadredu PLU- Plan Local d’Urbanisme).Avec ce projet, qui prévoit à la fois la transformation de la gare édifiée en 1932 par André Ventre en« pôle multimodal » et l’urbanisation des terrains limitrophes, Versailles, ville historique relativementfigée autour de son Château, va redéfinir son image.L’enjeu du séminaire était, en prise avec l’actualité de ce projet, de conduire des travaux permettantd’enrichir le savoir sur ce terrain d’étude en approfondissant des questions telles que : les ambitions de ceprojet de ZAC et ses modalités de mise en œuvre (programme, acteurs, projet architectural et urbain,processus de décision/ concertation, etc.) ; les réalités du terrain d’étude et ses enjeux patrimoniaux,envisagés dans leurs dimensions géographique, sociale et bâtie.Les travaux, développés sur une période de deux ans, ont permis d’expérimenter l’approche historienne,ayant comme source principale l’archive (ville de Versailles, Service des Archives et Direction del’Aménagement de la Cité, service du cadastre, Archives départementales des Yvelines, etc.), dont lesinformations furent confrontés aux réalités du terrain et aux enquêtes auprès de différents interlocuteurscompétents. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la bonne conduite de cesrecherches, et notamment : à la ville de Versailles, Messieurs Mezzadri (maire-adjoint), Larché(ingénieur), Le Grain (directeur général adjoint) et Morlon (service d’urbanisme) ; le personnel desArchives municipales, les directeurs du Centre 8 et du collège Raymond-Poincaré, Les SœursAugustines et Madame Boton (rue de Vergennes).CB, octobre 2008
  3. 3. SommaireAvant-propospar Marie-Thérèse Robert ......................................................................................................................... 5Introduction. Versailles, ville territoire,par Catherine Blain et Jean Castex......................................................................................................... 7Chapitre 1. Le renouveau du quartier des Chantierssous la responsabilité d’Albert Dubalen, Philippe de Logivière et Marie-Odile Hesnard ....................................... 13 1.1 Elaboration du projet, 1997-2002............................................................................................................14 1.2 Création de la ZAC des Chantiers, 2003-2004........................................................................................19 1.3 Approfondissements des études, 2005-2007 ...........................................................................................20 1.4 Un premier pas : le franchissement des étangs Gobert............................................................................25Chapitre 2. La constitution d’un quartiersous la responsabilité de Jacques Royen .................................................................................................... 27 2.1 Aux portes de Versailles, Porchefontaine et Montreuil...........................................................................28 2.2 Règles et réalisations d’un nouveau quartier ...........................................................................................35Chapitre 3. Une ville, trois garessous la responsabilité de Philippe de Logivière et Albert Dubalen ................................................................... 43 3.1 Le train, une chance pour Versailles .......................................................................................................43 3.3 Une gare régionale : Versailles-Chantiers ...............................................................................................51Chapitre 4. Trois sites remarquables jouxtant la gare des Chantierssous la responsabilité de Jean André, Philippe de Logivière, Laure Merland et Jacques Royen .............................. 59 4.1 Les Réservoirs Gobert .............................................................................................................................59 4.2 Le domaine des Sœurs Augustines, une maison de retraite.....................................................................63 4.3 Le domaine des Diaconesses de Reuilly, un centre de vie et de soins.....................................................67Chapitre 5. Les bombardements de la seconde guerre et la reconstructionsous la responsabilité de Jacques Royen .............................................................................................. 81 5.1 Pluie de bombes sur le quartier................................................................................................................82 5.2 Repérage des immeubles totalement ou partiellement détruits................................................................84 5.3 La reconstruction en France et à Versailles.............................................................................................88 5.4 Le nouveau visage de Versailles Chantiers .............................................................................................94Chapitre 6. Des logements et des équipementssous la responsabilité de Sylvie Laborde et Catherine Thiéblin ...................................................................... 97 6.1 Des philanthropes à l’Office public d’Habitation à Bon Marché ............................................................97 6.2 Hector Caignart de Mailly, architecte de son époque............................................................................103 6.3 Deux ensembles d’habitations à bon marché (1928-1932)....................................................................104 6.4 L’école primaire de jeunes filles (1934)................................................................................................113Chapitre 7. Les sites et rues remarquables du quartiersous la responsabilité Jacques Royen ..................................................................................................... 121 7.1 Grandes propriétés et hôtels particuliers ...............................................................................................121 7.2 Casernes et édifices publics...................................................................................................................132 7.3 Eglises ...................................................................................................................................................143 7.4 Etablissements particuliers ....................................................................................................................146 7.5 Sites urbains ..........................................................................................................................................150 7.6 Avenues, places, impasses et rues .........................................................................................................153Epilogue. Un histoire en devenir, ou l’esprit d’un lieusous la responsabilité de Jacques Royen .................................................................................................. 157Glossaire ...................................................................................................................................... 161Bibliographie et sources ............................................................................................................. 162 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 3
  4. 4. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, juin 2008 — p. 4
  5. 5. Avant-proposAvant-proposMarie-Thérèse Robert, directrice de l’UIAL’Université inter-âges de Versailles a accueilli en 1993 les VIIe Assises nationales del’Union française des universités tous âges dont le sujet était « Les apports de l’histoiredes provinces et des régions à l’histoire nationale ».Un travail scientifique a été conduit au cours de ces journées d’étude dont le but était demieux connaître notre patrimoine historique. L’histoire, la mémoire, la transmission dessavoirs sont des préoccupations constantes des universités tous âges. Ainsi en 2006 lorsdes XIII° Assises nationales à Amiens tous les travaux présentés avaient pour thème« Mémoire-Tradition(s)- Patrimoine »C’est dans ce registre que s’inscrit ce travail de recherche, engagé en 2005. Commentcomprendre un quartier ? Le quartier des Chantiers de Versailles n’ayant jamais étél’objet de publications ou de travaux de recherche, c’est donc un travail inédit qu’ontréalisé les étudiants de l’Université inter-âges sous la direction scientifique de CatherineBlain, architecte et chercheur en histoire de la ville et de l’architecture.Je remercie très chaleureusement tous ceux qui ont participé à ce travail. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 5
  6. 6. A gauche : Croissance de Versailles en 1685, 1746, 1810, 1907, d’après laChalcographie, le plan de l’Abbé de la Grive, la carte des Chasses et le plan deBieuville [extrait de: J. Castex et ali, Versailles, lecture d’une ville, Paris, Ed. duMoniteur, 1979, p. 20]A droite, en haut : Versailles, plan de 1813 dit « cadastre Napoléonien », échelle1:10000 [Archives départementales des Yvelines, cote 3P 2/302/01, section T ]A droite, en bas : Versailles, plan de 1975, échelle 1:5000, avec en encadré le secteurd’étude (quartier des Chantiers) Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 6
  7. 7. Introduction. Versailles, ville territoireIntroduction. Versailles, ville territoireJean Castex et Catherine BlainLhistoire du quartier des Chantiers se comprend au regard de celle de la Ville Nouvellede Versailles, élaborée dès 1660 dans le cadre d’un projet idéal comportant le château etson parc. Edifiée en marge de ces fastueux travaux, la ville en tant que telle met plus detrois siècles à advenir. Elle est aujourd’hui constituée de différents quartiers dont letemps, plus que le projet idéal, s’est chargé de préciser les formes urbaines et élémentsconstituants.Le quartier des Chantiers, comme les autres quartiers, témoigne de cette longue duréedu développement, qui confère rapidement à cette ville la dimension d’une ville-territoire. Au tournant des années 2000, ce quartier est concerné par un ambitieux projetde renouvellement urbain qui, prévoyant un complet remodelage des abords de la garedes Chantiers, repose différemment cette question de l’inscription territoriale deVersailles. Car, avec ce projet, qui prévoit à la fois la transformation de la gare édifiéeen 1932 par André Ventre en « pôle multimodal » et l’urbanisation des terrainslimitrophes en lien avec l’avenue de Sceaux, Versailles, ville historique relativementfigée autour de son château, va radicalement transformer sa réalité urbaine.En jetant un coup de projecteur sans précédent sur ce quartier plutôt excentré de la ville,souvent méconnu et curieusement mal aimé, ce projet incite à retracer les fils de sonhistoire particulière. C’est la mission que s’est donnée la présente étude.S’interrogeant d’abord sur les ambitions de ce projet et ses modalités de mise en œuvre(chapitre 1), celle-ci apporte de nombreux éclairages sur l’histoire de ce quartier, enfaisant finement le point sur sa genèse, des origines au 20e siècle (chapitre 2), surl’histoire de la gare des Chantiers, envisagée à la lumière de l’avènement des cheminsde fer à Versailles (chapitre 3), sur l’histoire de trois grandes emprises urbaines jouxtantcette gare, les Réservoirs Gobert, les domaines des Sœurs Augustines et desDiaconesses (chapitre 4), sur l’incidence des bombardements de la seconde guerre sur lequartier et ses modalités de reconstruction (chapitre 5), sur la question des logements etdes équipements, en partant d’une interrogation sur le lycée Raymond Poincaré conçudans les années 30 par Caignart de Mailly (chapitre 6) et, enfin, en proposant unrepérage des sites et rues remarquables du quartier (chapitre 7).Les habitants de Versailles, les responsables municipaux, les amoureux de cette ville etde son château aussi bien que les visiteurs néophytes trouveront dans ces pages unematière d’une grande richesse, fruit de deux ans de travail assidu en archives. Grâce àcette recherche, un large pan de l’histoire du quartier est dévoilé.Pour introduire sa lecture, il est utile de revenir sur la grande histoire de Versailles, desa fondation au 20e siècle, ayant modelé le paysage urbain que l’on se proposeaujourd’hui de redéfinir.Un projet de ville idéaleDès le départ, le projet de Versailles est des plus ambitieux. C’est le lieu de lagéométrie pratique, basée sur le quadrillage des allées ou leur éclatement en étoiles, etsur le tracé de plans simples sur lesquels sexerce la compréhension du territoire.Son périmètre, décrété en 1660, couvre plus de 10 kilomètres sur l’axe est-ouest, deVélizy à Villepreux et 5 entre le plateau de Satory au midi et la forêt de Marly au nord. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 7
  8. 8. Introduction. Versailles, ville territoireLa Ville Nouvelle est structurée par une patte doie de trois avenues : au centre, lavenuede Paris (2437 m de long par 93,60 m de large), et de part et d’autre lavenue de Saint-Cloud (1025 m par 78 m) et lavenue de Sceaux (753 m par 70 m). Par les allées darbresqui les bordent, flanquées elles-mêmes de contre-allées, ces avenues diversifient lesusages : carrosses, chevaux, transport de marchandises, promenade. Indifférentes aurelief que continuent de suivre les contre-allées pour la desserte des maisons, les voiessuivent le profil rectiligne basé sur les critères cartésiens de létendue, sachantsurplomber le sol ou être établies en tranchée. Ce projet d’urbanisation fait appel à destechniques dingénieurs agronomes et de forestiers, mais aussi, en parallèle, à celles du« remuement des terres » développées par lart militaire. Lingénieur du sol,lhydraulicien savent niveler les collines, faire transporter la terre et le sable, drainer desmarécages et creuser des lacs. Le paysage de Versailles en est bouleversé : des hauteurssont écrêtées (butte de Montbauron en 1685), les irrégularités nivelées (place d’Armes),les pentes adoucies (avenue de Sceaux), pendant que le château s’étend au prixd’énormes travaux de terrassement.Les règles de fabrication urbaine sont par ailleurs édictées dans La logique de Port-Royal, dAntoine Arnauld et Pierre Nicole (1663), qui organise le passage du simple, lepavillon aristocratique, au composé, les pavillons jointifs formant l’alignement. Ungrand module, correspondant à celui des bosquets du jardin, mesure 110 toises(114,3 m), et admet une division de 50 pieds (soit 16,20 m), sapplique à chaque type debâtiment, ou à deux maisons dartisans. Le grand module associe dans une même unitéles rues, les places, le bâti, les cours et les jardins.Une fois ces voies tracées et cette grammaire urbaine édictée et dotée de dimensions, leplan de la ville sadapte au territoire et à lénoncé simple des règles. Versailles dissocienotamment ses quartiers selon le rang des habitants, passant dune ville noble enpériphérie, offerte à la vue du roi, à une ville bourgeoise en arrière, et à la compositionplus compliquée de la ville artisanale et commerçante, sur le côté le plus éloigné auchâteau.Une ville territoireMais malgré ces règles, la distance saccroît entre le projet de la Ville Nouvelle et sonexécution. L’ordre du projet primitif cède notamment devant la virulence des pratiquesconcrètes des habitants, enrayant le système de répartition sociale. En outre, desconstructions adventices surgissent de partout, dénaturant les figures imposées parlordre monumental. À la cité-jardin aérée succède donc le tissu ordinaire d’une ville oùla rareté des terrains induit d’ailleurs la recherche d’une plus grande densité deconstructions. Il faut alors gérer leur mise en œuvre, ce à quoi semploie le règlement ditde Robert de Cotte dont la première rédaction connue date de janvier 1715.Les transformations initiées à la fin du 18e siècle vont manifester non pas la fin du planidéal, classique, mais son accomplissement dans le concept novateur dune ville-territoire. Un premier plan daménagement du territoire, en 1768, propose trois tracésdirects de Paris à Versailles. LAbbé Terray, directeur général des Bâtiments du roi pourune année (juillet 1773 à juillet 1774) fait pour sa part compléter le plan des avenues deVersailles, en ouvrant les boulevards de la Reine (1773-1778), du Roi, Saint-Antoine.Le 29 juin 1786, son successeur, le comte dAngiviller, propose un plan dextension etdembellissement avant la lettre, créant un boulevard ceinturant la ville et repoussant lesoctrois — qui incorporent à Versailles le Grand et le Petit Montreuil à compter du 1erjanvier 1787. Ces trois plans, dont seul le second a été suivi deffet, poursuivent lemême but. Ils tissent le réseau dallées et davenues commencé par Le Nôtre, dans unbut très clair de baser la prospérité économique sur la facilité du transport. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 8
  9. 9. Introduction. Versailles, ville territoireReconnaissant la valeur de Versailles comme place économique, leur ambition est de larelier commodément à la capitale, et de renforcer sa fonction de plaque tournante. Maisplus encore, ils reconnaissent à Versailles un caractère multiple, comprenant le châteauet les édifices gouvernementaux, deux villes complémentaires (Notre-Dame et Saint-Louis), une banlieue où la résidence se dissocie du travail (quartier des Prés), desvillages (Montreuil), des jardins, des forêts et des zones agricoles.Habiter VersaillesAvec la croissance du 18e siècle, Versailles, comme tout autre ville, se pared’immeubles chics mais se voit également débordée par le développement incertain defaubourgs qui échappent à l’octroi jusqu’en 1787. Après une période de relativeanarchie, l’administration de Louis XVI s’attache donc à remettre de l’ordre dansl’urbanisme versaillais. La déclaration du 12 juillet 1779 consacre le permis deconstruire comme outil de contrôle. Rompant avec les critères architecturaux quigouvernaient la ville de Louis XIV, Angiviller s’attache au bien construire d’une villehaute de trois étages, avec une corniche réglée à 8 toises (16 m) et une forme de toitureà la française, en pente de 30 %, réservant les mansardes aux petits bâtiments pouraugmenter leur ampleur. L’amélioration du Versailles de Louis XVI repose sur cecontrôle des Bâtiments. Le nombre des permis de construire déposés de 1779 à 1789prouve l’ampleur du décollage urbain. La provenance des matériaux, dans une ville quine disposait que de sable, explique à la fois les choix : meulière extraite des plateauxenvironnants, zinc importé d’Angleterre et arrivant par bateaux, pierre hissée depuis laSeine provenant des carrières de l’Oise, bois devenu rare, plâtre parisien pour lesrevêtements.La différenciation sociale fait apparaître, plus tôt sans doute qu’à Paris, un type nouveaud’habitation : l’immeuble par appartements (appelé autrefois maison à loyer), quis’impose rapidement et donne aux nouveaux quartiers des pratiques novatrices. Leurarchitecture, peu bavarde, d’aspect néo-classique, procure une grande tenue. Lesressources financières des propriétaires justifient l’accroissement de la taille desparcelles : les façades de la rue des Réservoirs comptent de cinq à six et même neuftravées de fenêtres ; celles de l’Avenue de Saint-Cloud montent souvent à onze et mêmevingt et une baies, à charge pour les architectes de créer des avant et des arrière-corpsqui animent la façade.Avec la croissance démographique du 19e et début 20e siècle, Versailles se refait unejeunesse, gagnant alors ses limites au pied des bois au nord et à lest. Des quartiers devillas et des ‘villages’, de vastes propriétés et des terrains horticoles se prêtent à unprocessus de remplissage pour abriter des ensembles de logements. Lhomogénéité dutissu de Versailles, le lien traditionnel des habitations aux voies publiques, font place àun changement déchelle de la forme qui dissocie des blocs dhabitation ou de longuesbarres des rues ou avenues. A ce développement résidentiel répond la constructiond’édifices publics, dont un chef-lieu de département doit également se doter. Tribunal,marché, abattoirs, prison, temple protestant, préfecture, écoles, mairie, tout doit êtrecréé. A travers plusieurs bâtiments remarquables, qui figurent en bonne place danslhistoire de larchitecture, Versailles prend parti pour la modernité.Penser la villeCe rapide rappel de l’histoire urbaine de Versailles montre combien le caractèremultiple est une donnée intrinsèque de cette ville – le projet idéal d’une cité-jardin aéréeet rigoureusement ordonnancée ayant été rapidement contredit par des pratiquesconstructives, elles-mêmes en constante évolution. N’en déplaise aux tenants de Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 9
  10. 10. Introduction. Versailles, ville territoirereprésentations simples, la ville de Versailles n’est donc pas une entité homogène mais,comme d’autres villes, un patchwork de formes différentes élaborées dans le temps.Tout semble donc porter à croire que c’est en tenant compte de cette réalité urbainequ’il faut l’apprécier et réfléchir à son avenir. En n’oubliant pas, par ailleurs, que lavéritable force de cette ville relève de cette ambition, énoncée dès le 18e siècle, d’êtreune plaque tournante dans le territoire. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 10
  11. 11. Le secteur d’étude : plan détailléEn haut : Détail du plan de cadastre actuel révélant, en poché, le tissu urbain existant (C.Blain 2005)En bas : Détail du plan précédent, centré sur le secteur d’étude avec, en surimposition, leplan des étangs Gobert (1813) [extrait du plan conservé aux Archives départementales desYvelines, cote 3P 2/302/21, section S] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 11
  12. 12. Le secteur de la gare des chantiers : repérage des éléments significatifs du patrimoine architectural, urbainet paysager. Clichés C. Blain, octobre 2005 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 12
  13. 13. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étudeChapitre 1. Les chantiers à l’étude(Responsables : Philippe de Logivière, Albert Dubalen et Marie-Odile Hesnard)Aujourd’hui, la gare des Chantiers est un véritable nœud ferroviaire, le plus importanten dehors de Paris. S’y croisent en effet chaque jour plus de 50 000 voyageurs, et l’onen attend entre 75 et 80 000 en 2015. Par ailleurs, sur plus de 800 trains qui y circulentchaque jour, 80% concernent le réseau Ile-de-France et TER, 10% les réseaux GrandesLignes, et 10% le fret. Depuis cette gare, on peut en effet atteindre celles de Paris-Montparnasse (desserte de la France de l’ouest et du sud par les TGV), Paris-Invalides(et au-delà, par la ligne C du RER), la Défense, Massy (par la suite la tangentielle Nord-Sud qui reliera Cergy à Massy et ultérieurement Evry et Melun-Sénart, permettra lecontournement de Paris), Rouen et Lyon (et au-delà par le TGV).Conçues en 1932 par l’architecte André Ventre, les installations actuelles de cette garene sont pas adaptées à un tel trafic, avec ses flux croisés d’entrées et sorties sans cessecroissants. Conscients de ces problèmes, la SNCF et le Réseau Ferré de France (RFF),mettent à l’étude, dès 1994, un projet de réaménagement de la gare et de ses abords ;celui-ci prévoit à la fois l’agrandissement la gare (par le biais d’un nouveau bâtimentvoyageurs), la restructuration de ses quais et de leur desserte (par de nouveauxascenseurs et escaliers mécaniques) et le remaniement de ses abords (afin de faciliter lesliaisons avec les réseaux piétonniers et routiers : voitures, autobus) (1).A Versailles, ce projet de réaménagement a rapidement suscité une réflexion plusélargie, portant sur le réaménagement urbain de l’ensemble du site de la gare,comportant une ancienne gare de marchandises, d’une superficie de 3,2 hectares,désaffectée depuis un certain temps et que le RFF serait prêt à céder. Pour la ville deVersailles, cette friche industrielle est une ressource foncière estimable. Car il est utilede rappeler que le terrain y est plutôt rare : le territoire communal, d’une superficieglobale de 2618 hectares, ne relève qu’au tiers de la gestion de la ville (978 hectares)puisque 1640 hectares sont la propriété d’autres institutions (Domaine national duChâteau: 830 hectares; Ministère de la défense : 460 hectares; Office National desForêts: 350 hectares; SNCF; INRA). Ainsi, la mise à disposition de ce vaste terrainoffre à la ville l’opportunité de repenser ce lieu dans sa globalité, pour y créer unnouveau centre de quartier.En raison de ce contexte spécifique, le projet de restructuration de la gare des Chantiersest rapidement envisagé dans le cadre d’un vaste projet urbain qui, « important à la foispour le quartier, pour la ville, et les communes avoisinantes » (2), ambitionne de« réinventer la ville » (3). Ce projet — le plus important à Versailles depuis la fin du 18esiècle — est une occasion unique de désenclaver le quartier et, dans un même temps, dedoter la ville d’équipements et de constructions publics et privés dont elle a besoin (etparticulièrement dans le secteur des Chantiers). C’est, en revanche, une opérationcomplexe puisqu’il associe deux programmes différents, à la fois à l’échelle deVersailles, de la Commune et de la Région : d’une part, la création d’un important pôlemultimodal (la gare) et, d’autre part, un projet d’urbanisation nouvelle (ses abords).D’où la difficulté de concevoir et monter les opérations, liée notamment au nombre1 Dossier de création de la ZAC 2003, page 2; Versailles Magazine, oct. 2007, p. 16-17.2 Entretien avec Monsieur LARCHE, chargé de la coordination du projet auprès de la Mairie, 2005.3 Versailles Magazine, Ville de Versailles, décembre 2006; octobre 2007; janvier 2008. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 13
  14. 14. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étuded’acteurs en présence, au nombre de schémas et de plans départementaux, régionaux,nationaux et de règlements à respecter et, aussi, aux modalités de mise en œuvre.Différentes étapes ont marqué l’évolution de ce projet depuis 1994. Nous en rappelonsci-après les événements marquants.1.1 Elaboration du projet (1997-2002)En 1997, au projet de la gare, étendue et modernisée, est associée l’idée d’un « pôled’échanges » entre les divers moyens de transports et une zone de développementéconomique. Le projet comporte ainsi deux volets distincts : 1e Volet gare. L’amélioration de l’accès aux quais est prévue grâce à un pont galerie jeté au-dessus des voies ainsi qu’un deuxième pont, plus à l’ouest, réservé aux correspondances, et relié à la gare par une « galerie confortable et attractive ». Un nouveau poste d’aiguillage, très moderne est également prévu. 2e Volet économique. Afin de valoriser les terrains de l’ancienne gare des marchandises désaffectée, une convention VILLE-RFF-SNCF est signée, prévoyant un cahier des charges des réalisations à entreprendre.Dès 1998, une réflexion globale est engagée par la ville de Versailles, le RFF et laSNCF afin de préciser les conditions de faisabilité de la rénovation de la gare et de lacréation du « pôle d’échanges multimodal ». Un plan d’aménagement global du site,sous forme d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté), est également mis à l’étude.Suite à l’entrée en vigueur de la Loi d’orientation pour l’aménagement et ledéveloppement durable (juin 1999), et prévoyant celle de la Loi SRU (Solidarité etRenouvellement Urbain, décembre 2000) et la nécessité d’élaborer un nouveau Plan deDéveloppement Urbain (PDU), une concertation préalable sur l’aménagement du siteest engagée. A ce stade, le projet met en avant deux objectifs : 1. adapter la gare au volume et à la nature du trafic et l’ouvrir du côté de la rue de la Porte de Buc ; 2. créer, sur les terrains de l’ancienne gare de marchandises (dont le RFF est prêt à se départir), une nouvelle gare routière et un nouveau parc de stationnement et, surtout, une opération d’urbanisation qui, confiée à un aménageur choisi par la ville, constitue un « nouveau quartier », en relation avec l’éventuelle urbanisation du plateau de Satory (« nouvelle frontière» à l’ouest de Versailles »).La mise en œuvre du projet est envisagée dans le cadre d’un montage financierassociant la ville, la SNCF, la Région, le Département et l’Etat. Inscrit au Contrat PlanEtat-Région 2000-2006, son coût estimé est de 76,22 millions d’euros dont 46 millionsd’euros pour le projet de la gare et ses abords. Elle devrait par ailleurs bénéficier definancements complémentaires, accordés au titre de la procédure du Plan de placementsurbains (3,05 millions d’euros) et apportés, en outre, par la SNCF, RFF, le STIF(Syndicat des Transports dIle-de-France), la Région, la Ville et les promoteursimmobiliers. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 14
  15. 15. Spécificités du foncier à Versailles [Dossier de création de la ZAc des Chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 15
  16. 16. Les différents quartiers de Versailles et la législation [dossier de création de la ZAc des chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 16
  17. 17. La ZAC des Chantiers: périmètre et hauteur des constructions [dossier de création de la ZAC des chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 17
  18. 18. La ZAC des Chantiers: périmètre et réglementation [dossier de création de la ZAc des chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 18
  19. 19. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étude1.2 Création de la ZAC des Chantiers (2003-2004)Le dossier de la « Zone d’aménagement concerté Versailles-Chantiers » est publié en2003. D’une superficie de 14,8 hectares et régie par un Plan d’Aménagement de la Zone(PAZ), cette ZAC se superpose à l’ancienne zone NA du Plan d’Occupation des Sols(POS) et intègre un fragment du secteur sauvegardé : l’extrémité sud de l’avenue deSceaux et les étangs Gobert. Elle comporte trois volets distincts : 1. création d’un « pôle d’échange multimodal » (train-route) ; 2. programme immobilier (sur le site de l’ancienne gare de marchandises); 3. aménagements et infrastructures : construction d’une passerelle pour les piétons entre la gare et la rue de la Porte de Buc, franchissement des réservoirs Gobert par le prolongement de l’avenue de Sceaux jusqu’à la gare afin de désenclaver le site, raccordement aux grandes rocades régionales (RN 286) (4).L’objectif du projet d’aménagement est de donner une nouvelle dynamique au quartieret de relier ce nouveau pôle aux secteurs historiques, notamment au quartier Saint Louisgrâce au franchissement par l’avenue de Sceaux du site des étangs Gobert (propriété del’Etat), affectés au ministère de l’équipement et protégé au titre des MonumentsHistoriques.La mise en œuvre devra ainsi se conformer aux directives énoncées dans le cadre desnouveaux Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) et Plan Locald’Urbanisme (PLU) de la ville et aussi à celles du Plan de Déplacements Urbains enIle-de-France (PDUIF). Il devra également tenir compte des règles édictées dans lecadre du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Secteur Sauvegardé (PSMSS) (5)ainsi que celles des Monuments Historiques concernant la protection des abords de lagare des Chantiers (inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques),qui incitent ensemble à : 1. conserver aux réservoirs Gobert le caractère d’espace public privilégié ; 2. conserver les perspectives de l’Avenue de Sceaux ; 3. respecter certains gabarits et hauteurs pour les constructions.En février 2002, un protocole d’accord est signé entre RFF, SNCF, Ville de Versailleset l’aménageur NEXITY, prévoyant la réalisation d’études conjointes pour la réalisationdu projet d’ensemble. De mars à septembre 2002 se déroulent les réunions publiques deconcertation, à l’issue desquelles se tiennent, au sein du Conseil municipal, des séancesde travail et de discussion sur la création de la ZAC et l’adoption du projet de PADD(septembre 2002).En mars 2003 sont lancées les enquêtes publiques sur le PLU et la ZAC. Les rapportsdes commissions d’enquête seront publiés en avril 2004, le PLU et le projetd’aménagement approuvés par le conseil municipal le 12 juillet 2004.4 Dossier de création de la ZAC 2003, page 25 Quelque 250 hectares de Versailles sont protégés par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV). Approuvé en 1993, il englobe notamment les deux quartiers historiques de Saint-Louis et de Notre-Dame (les premiers protégés, par arrêté ministériel du 6 mars 1973). Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 19
  20. 20. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étudeDurant cette période, les Associations de Sauvegarde des quartiers suivent de très prèsl’élaboration de ces nouveaux documents d’urbanisme. Ainsi, en ce qui concerne laZAC, lors de la réunion publique organisée le 5 février 2003 par le Député-maireEtienne Pinte, leurs principaux sujets de préoccupation concernent entre autres lesnuisances liées à l’augmentation prévisible de la circulation, le type de logements et decommerces construits, le type d’espaces verts et ludiques créés, et l’éventuelle remiseen eau des réservoirs Gobert, les retombées du projet sur les autres quartiers... Afin detenir compte des observations formulées lors des enquêtes publiques, le projet de laZAC prévoit dimplanter le programme de logements et de résidence de tourisme ducôté place Raymond Poincaré, alors que les bureaux sont situés du côté des voiesferrées. Un projet de voie reliant le site de Satory est par ailleurs arrêté dans sonprincipe, mais non dans son tracé. Les maîtres d’ouvrage appelés à intervenir sur le sitesont par ailleurs confirmés : la SNCF, pour l’aménagement de la gare et son accèsdepuis la rue de la Porte de Buc ; le promoteur NEXITY, pour le nouvel ensembleimmobilier et ses voiries ; la Ville de Versailles pour tous les travaux d’accessibilité.1.3 Approfondissements des études (2005-2007)En 2005-2006, en concertation avec le Ministère de la Culture et des Bâtiments deFrance, la ville élaborent les principes du franchissement des étangs Gobert. Parailleurs, un programme d’urbanisation des terrains de l’ancienne gare de marchandisesse précise. Développé par NEXITY (avec le cabinet d’architecture ARTE-CHARPENTIER), il prévoit environ 54 000 m2 de constructions neuves, comportantdes bureaux (17 300 m2), des logements sociaux (3 700 m2), des résidences pourtourisme et étudiants (6 400 m2), des commerces (17 600 m2), des cinémas (2 000places), une maison de quartier (1 300 m2) et un gymnase (1 200 m2) (6). Il est prévu laréalisation par l’aménageur des espaces publics du nouveau secteur (voirie et place) etleur remise à la ville qui, pour sa part, prend à sa charge : - en maîtrise d’ouvrage, les travaux de franchissement des étangs Gobert (et du prolongement de l’avenue de Sceaux) et d’aménagements viaires et paysagers (place des Francine et Carrefour des Francine, carrefour Raymond Poincaré, rue des Chantiers, rue de l’Abbé Rousseaux, rue de la Porte de Buc, Place du 8 Mai, parvis et rampe d’accès à la gare) ; - en Vente en l’Etat de Futur Achèvement (VEFA), les volumes correspondant au Programme Social de Relogement (PSR), au local à vélos, à la gare routière, au gymnase et à la maison de quartier.Les grands principes du projet de la nouvelle gare (pôle d’échanges multimodal) sont,pour leur part, confirmés dans le 20 avril 2005 par le comité de pilotage et de suivi,placé sous l’égide du STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France). Il prévoit troislots de travaux distincts: 1- restructuration et agrandissement de la gare, construction d’un nouveau bâtiment regroupant tous les services (Place Raymond Poincaré), aménagement des accès depuis la rue de la Porte de Buc ; 2- parking de 1100 places, dont le PSR de 385 places et un garage deux roues de 300 places ;6 NEXITY obtient le 4 mai 2005 un agrément pour la création des bureaux et, le 2 juin 2005, pour la réalisation d’un complexe de cinémas (la validité de cet accord sera prorogée jusqu’au 31 décembre 2007, par avenant en date du 19 janvier 2006). Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 20
  21. 21. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étude 3- accès au site: Avenue de Sceaux au niveau de la place des Francine (par bus et voiture : seuls les bus auront accès à la place centrale), Place Raymond Poincaré (par voiture), rue de la Porte de Buc (à pied : cette route sera aménagée pour que les autobus puissent stationner pour prendre ou laisser les passagers, soit à la montée, soit à la descente de cette voie), et un rond-point à la hauteur de l’entrée du cimetière des Gonards (à réaliser ultérieurement).Pour la mise en œuvre de ce pôle d’échanges, une convention de financement à hauteurde 53 millions d’euros est signée en septembre 2006 entre l’Etat, la Région, leDépartement, le STIF, la SNCF, le RFF, et la ville. Les travaux sont alors envisagés endeux phases. Durant la première sont prévus : - la rénovation et réaménagement de la gare existante ; - la construction d’un nouvel immeuble à proximité de la place Raymond Poincaré accueillant les services de la SNCF et de Réseau Ferré de France (RFF) ; - la création d’une passerelle piétonne entre l’actuel bâtiment voyageurs SNCF et la rue de la porte de Buc ; - la création d’une nouvelle passerelle d’accès aux quais ; - la création d’une gare routière de 14 quais ; - la création d’un parking de stationnement régional de 385 places (la totalité sera de 1100 places disponibles) et d’un garage pour les deux roues de 300 places; l’aménagement de six quais pour les autobus, rue de la Porte de Buc ; - l’aménagement des voiries nécessaires pour un transport en commun en site propre, entre la place des Francine et la rue de l’Abbé Rousseaux; l’amélioration de l’accessibilité et la réorganisation des circulations routières (place des Francine, place Raymond Poincaré, rue des Chantiers, rue de l’Abbé Rousseaux).La seconde phase, financée ultérieurement, comprendrait : - la création d’une galerie de services aux voyageurs entre les deux halls de la gare ; - la mise en place d’ascenseurs entre la nouvelle passerelle et les quais ; - la reconstitution de l’éclairage zénithal dans le hall de la gare actuelle et le prolongement de la couverture des quais.Est également envisagée, à plus long terme, la création d’un transport en site propre(transport en mode léger sur pneus, sur près de 70 % du trajet), autonome et répondantaux normes Très Haute Qualité de Service. Il partirait du Pont Colbert, emprunterait larue des Chantiers, passerait par la place Raymond Poincaré puis la rue de l’AbbéRousseaux, la gare routière, pour ressortir Avenue de Sceaux et se dirigerait ensuitevers l’hôpital Mignot. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 21
  22. 22. La ZAC des Chantiers: évolution des orientations urbaines 2000-2002 [dossier de création de la ZAc des chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 22
  23. 23. La ZAC des Chantiers: une première image du projet [dossier de création de la ZAc des chantiers] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 23
  24. 24. Un premier concours pour la traversée des étangs Gobert: le projet lauréat [exposition publique, service d’urbanisme] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 24
  25. 25. Chapitre 1. Les Chantiers à l’étude1.4 Un premier pas : le franchissement des étangs Gobert (2006)Le coup d’envoi de cet ambitieux projet a été donné par le lancement, à la fin de l’année2005, d’un concours international afin de sélectionner une équipe de maîtrise d’œuvrepour la traversée des étangs Gobert. Le projet de l’agence d’architecture et de paysageOBRAS a été retenu à l’issue de cette consultation (Conseil Municipal du 30 mars2006).Prévoyant la remise en eau de l’abreuvoir des Francine, ce projet envisage lefranchissement du site par un double système de voies pour les voitures et les piétons :une montante et une descendante, situées dans le prolongement des contre-allées del’avenue de Sceaux et traitées dans l’esprit de l’architecture en pierre, avec, dans chaquesens, une voie réservée pour les bus. Chaque voie comprendrait, en complément destrottoirs et de deux alignements d’arbres, une voie de circulation affectée aux transportsen commun et une autre à la circulation générale. Le fond du réservoir carré, envégétation naturelle, serait en outre rendu accessible par des sentiers.La mise en œuvre de ce projet, qui placera le site de la gare des Chantiers en relationavec le château par l’avenue de Sceaux, transformera radicalement le mode de vie duquartier, demeuré jusqu’alors coupé du reste de la ville. Le programme de logements,bureaux et équipements implanté à proximité de cette gare dotera en outre ce quartierd’un nouveau centre moderne.Aujourd’hui, cette mutation urbaine, qui sera un moment important dans l’histoire deVersailles, en est encore au stade d’étude. Il appartiendra à l’avenir de confirmer saréalisation. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 25
  26. 26. Nicolas de Grandmaison, Plan légendé de Versailles, du jardin et des environs (vers 1710)[Huile sur toile, Archives nationales de Pari,] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 26
  27. 27. Chapitre 2. La constitution d’un quartierChapitre 2. La constitution d’un quartier(Responsable : Jacques Royen)Actuellement, Versailles compte huit quartiers: Notre-Dame, Saint-Louis, Montreuil,Chantiers, Clagny-Glatigny, Jussieu-Petits Bois-Picardie, Porchefontaine, et Satory.La partie historique de la ville est une création de la royauté française à son apogée. Audébut du 17e siècle, le site de Versailles se limite à une butte étroite portant un châteauféodal transformé en ferme, un village au pied et, alentour, des marécages et des boisgiboyeux. Louis XIII vient souvent chasser en ces lieux. En 1624, il achète un terrainsur la butte et y fait construire un petit pavillon de chasse. En 1631, il acquiert deGondi, archevêque de Paris, la seigneurie de Versailles. Le pavillon de chasse estagrandi et devient un petit château de brique, pierre et ardoise, œuvre de Philibert LeRoy.Louis XIV commence son règne personnel en 1661, à la fin de la régence assurée parAnne dAutriche et Mazarin. Grand chasseur et attaché à Versailles par dagréablessouvenirs de ses séjours denfance, il naura de cesse de métamorphoser le modestechâteau de son père dans le magnifique édifice que nous connaissons aujourdhui, et delui adjoindre une ville digne de sa majesté et destinée à abriter la population de plus enplus nombreuse, titrée ou non, vivant autour de la Cour. Dès 1671, pour faciliter ledéveloppement de la ville, il octroie des terrains à tous ceux qui en font la demande,moyennant un impôt de 5 sous par arpent (3 194 m2), et à condition de respecter dansles constructions les consignes strictes données par le Service des Bâtiments du Roipour assurer lunité architecturale de la ville; le vieux village de Versailles est rasé. Afinque le château se détache de toute sa masse au-dessus de la ville, le toit des immeublesne doit pas excéder le niveau de la Cour de Marbre. Le premier quartier de Versailles àêtre construit est le quartier Notre-Dame, suivi quelques années plus tard par le quartierSaint-Louis (Cf. plan de Versailles vers 1710).A cette époque, la ville est peu étendue puisquelle noccupe quune portion des actuelsquartiers Notre-Dame et Saint-Louis. Montreuil est un village près de Versailles. Ilforme une paroisse totalement distincte et nest donc pas une création royale comme lesdeux quartiers mentionnés. Seule une très petite fraction de lactuelle rue des Etats-Généraux fait partie de la ville de Versailles sous Louis XIV. Le quartier des Chantiersnexiste pas encore, ni dailleurs les autres quartiers que compte la Versailles moderne.Avant la Révolution de 1789, la cité royale ne sétend pas au-delà de la rue de Noaillesoù se trouve la barrière de Versailles, ainsi que le montrent les plans du 18e siècle. Cestle 1er janvier 1787 que les faubourgs de Montreuil et Porchefontaine sont réunis àVersailles. La barrière est alors reculée jusquà la grille du Pont Colbert, à lextrémité dela rue des Chantiers actuelle (1).Entre-temps, le quartier des Chantiers a commencé à se développer, modestement et demanière très hétérogène, sans bénéficier de plans tracés à lavance ni davantagesincitatifs à la construction. Dans sa partie nord-ouest, appelée à cette époque le PetitMontreuil, et le long de la nouvelle rue des Chantiers, mise en service vers 1735,sérigent des hangars, des entrepôts, des baraques, des masures, des cours boueuses oùlogent des bûcherons, des maraîchers, des horticulteurs, des ouvriers de tous les corpsdétat, des valets de chiens, palefreniers, postillons et cochers qui travaillent au Château,1 Sources croisées : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127; Carcy, 1981, p. 43; Chaplot et Dutrou, 1988, p. 67; Coll., 1950, p. 3; Evrard, 1935, p. 23; Houth, 1980, p. 388; Lemoine, 1955, p. 265; Levron, 1981, p. 116; Maroteaux, 2000, p. 34; Villard, 2003, p. 36 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 27
  28. 28. Chapitre 2. La constitution d’un quartierdes gardes des bâtiments, des gens de maison, pas mal de marginaux et un certainnombre de malfaiteurs. Vers la fin du 18e siècle, de hauts personnages et des grandsbourgeois se font construire au Petit Montreuil des résidences dété et des maisons deplaisance entourées de grands jardins. Cependant, à lapproche de la Révolution, lequartier des Chantiers est dans son ensemble une partie du Domaine Royal marginale etnégligée, composée essentiellement de vergers, de cultures maraîchères, de fabriquesartisanales et de tanneries. A la limite entre les Chantiers et le quartier Saint-Louis setrouvent nombre de casernes (par exemple, la caserne des Gardes du Corps du Roisituée avenue de Sceaux), décuries de la garnison de Versailles et décuries des princesdu sang (les écuries de la comtesse de Provence se situent rue dAnjou, celles du comtedArtois rue Edouard-Lefebvre, auparavant appelée rue dArtois) (2).Lhistoire du quartier des Chantiers ne peut être dissociée de celle des quartiers deMontreuil et de Porchefontaine, brièvement exposée dans les pages suivantes.2.1 Aux portes de Versailles, Porchefontaine et MontreuilPorchefontaine et Montreuil avant 1748L’origine de Porchefontaine et Montreuil se perd dans la nuit des temps. Le nom deMontreuil vient peut-être du latin "monasteriolum", diminutif de "monasterium",monastère, rappelant lexistence dun lieu de culte fondé sous le vocable de SaintSymphorien dAutun par Saint Germain, évêque de Paris (3). Lorigine du nom dePorchefontaine est quant à elle très controversée (4).Au 14e siècle, la seigneurie de Porchefontaine appartient à la famille de Jean de laMarche, écuyer. A cette époque, le domaine est cédé à Jean Prévost, vendeur depoissons de mer aux Halles de Paris, avant de revenir, en 1364 ou peu après, au RoiCharles V qui en donne, avant 1368, une partie à Jean de Dormans, alors évêque deBeauvais, et une autre partie à Philippe des Essarts. Celui-ci, devenu seul propriétairede Porchefontaine sans doute à la suite dune opération immobilière, revend le domaineà Siquart Raoul, épicier et bourgeois de Paris.En 1373, le domaine passe aux mains de Pierre Bournaseau (Pierre de Bournasel aprèsson anoblissement), qui fait raser lancien manoir pour édifier à sa place un châteaucouvert dardoise, avec neuf tours et fossés à fond de cuve (dont on aurait retrouvé unmur de fondation près de la ferme de Porchefontaine). En 1386, ses héritiers le cèdent àSimon de Cramault (parfois orthographié Cramaud, ou Gramand), évêque de Poitiers etpatriarche dAlexandrie, futur archevêque de Reims et cardinal, qui, la même année,achète également la seigneurie de Montreuil à Guillaume de Viroflay, et dautres terresà lentour. Presque immédiatement, dès 1386, Simon de Cramault vend l’ensemble deses terres à Pierre de Craon, seigneur de la Ferté-Bernard, de Sablé, de Brunnetel et deRosoy, « écuyer dhonneur » du frère du Roi Charles VI, Louis dOrléans.Pierre de Craon est en effet depuis longtemps lun des favoris du duc dOrléans et profitede ses largesses. Mais, reconnu coupable dindélicatesses, il tombe en disgrâce.Persuadé que cette disgrâce est due au Connétable de Clisson, il décide de le faireassassiner. Le soir du 14 juin 1392, avec des hommes à sa solde, il monte un guet-apens2 Sources croisées : Carcy, 1981, p. 38 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Versailles Magazine, jan. 1982, p. 83 Sources : Cafin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Houth, 1980, p. 424 Sources: : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 6; Dietschy-Picard, 1990, p. 5, 6; Houth, 1980, p. 46; Le Roi, 1868 T. 1, p. 440; Levron, 1981, p. 22; Mercet, 1929, p. 70, 74, 75 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 28
  29. 29. Chapitre 2. La constitution d’un quartieret tente de tuer Clisson à sa sortie de lhôtel Saint-Pol, résidence de Charles VI à Paris.Il ne réussit quà le blesser légèrement; quinze jours plus tard le Connétable est rétabli.Ayant été reconnu au cours de laction, Pierre de Craon est immédiatement banni parCharles VI. Alors qu’il senfuit en Espagne, tous ses biens sont confisqués, sur ordre duRoi : le château de Porchefontaine est rasé, les revenus du domaine donnés au ducdOrléans. Lannée suivante, le Roi et son frère font don aux Célestins de Paris d’unepartie de ces revenus (cent livres parisis de rente, soit environ 1000 euros). En 1395, cesreligieux deviennent les seigneurs de Porchefontaine et des bois qui en dépendent, et leresteront pendant plus de 350 ans (5).Les Célestins de Paris acquièrent ainsi "une maison des champs", et créent à la fois uneexploitation rurale et un lieu de repos. Ils ny résident que peu nombreux à la fois,rarement en hiver, plus volontiers à la belle saison. Les moines administrentsoigneusement leur domaine, quils baillent à ferme. Ils exploitent leurs bois, dont ilsbaillent parfois une partie à cens. Ils logent dans leur domaine un Procureur qui, sur lesbiens de mainmorte, a droit de haute et basse Justice (6).Tout en jouissant des bénéfices de leur exploitation rurale et de leurs bois, les Célestinsentretiennent avec les habitants de Montreuil les meilleurs rapports. En revanche, ils ontsouvent maille à partir avec les Versaillais, qui prétendent avoir le droit dy couper lebois à leur usage et dy mener paître leurs bestiaux. Sans doute, quelque anciennetolérance leur avait-elle été accordée à ce sujet mais les moines entendent être maîtreschez eux. Le 10 juillet 1414, le Prévôt de Châteaufort publie une sentence contre« aucun des habitants de Versailles pour le dommage » causé par lusage abusif desterres et bois de Porchefontaine. La sentence est répétée en 1482. Le petit peupleversaillais nen continue pas moins au cours des siècles à sapprovisionner en bois deconstruction et de chauffage à la sauvette, ne respectant, par superstition, que leschênes (7).La première partie du 18e siècle semble avoir connu en Ile-de-France une période defroid particulièrement rigoureux. Les constats de vol de bois de chauffage dans lesforêts domaniales sont fréquents. Au début de 1740, Porchefontaine voit le pillagesystématique de ses bois par les habitants de Versailles. Les Célestins possèdent milledeux cents arpents de forêt et ont finalement permis, depuis très longtemps, auxhabitants du village de Montreuil dabord, à ceux de Versailles ensuite, daller y fairedes fagots. Au début de janvier de cette année-là règne un froid extrêmement rigoureux.Les pauvres gens ont vite épuisé leur récolte de bois mort, faite sur la propriété desmoines. Et voici quà eux se joignent par bandes de deux à trois cents personnes,encouragées par limpunité apparente, des femmes, des ouvriers sans emploi, des valetsde grands seigneurs. Presque tous les Célestins résident à Paris. Ils nexercent aucunerépression, peut-être par esprit de charité. Les bûcherons improvisés ne sen tiennent paslongtemps aux fagots. On assiste bientôt à un véritable pillage organisé. Tout y passe,jusquaux plus gros chênes. Le 6 février, on compte dans les bois « quatre à cinq millepersonnes de toute condition ».De bons bourgeois organisent labattage des arbres et la vente du bois à des habitants deVersailles, et en tirent de gros bénéfices. Le Bailli de Versailles est disposé à mettre un5 Sources croisées : Caffin-Carcy, 1981, p. 43; Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Carcy, 1981, p. 43; Chaplot et Dutrou, 1998, p. 6-10 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 7-11, 13 ; Houth, 1980, p. 44-48, 338 : Le Roi, 1868, T. 1, p. 440-443 ; Levron, 1981, p. 22-23 ; Maroteaux, 2000, p. 132; Mercet, 1929, p. 70, 74, 75, 94 à 98; Rojat-Lefèvre,Nuit du Patrimoine, 1999; Versailles Magazine, juin 2005 p. 33.6 Sources croisées : Dietschy-Picard, 1990, p. 13 ; Houth, 1980, p. 48-49 ; Le Roi, 1868 T. 1, p. 444 ; Mercet, 1929, p. 707 Sources croisées : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 8 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 13-14 ; Houth, 1980, p. 49 ; Le Roi, 1868 T. 1, p. 443- 444 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 29
  30. 30. Chapitre 2. La constitution d’un quartierterme à des déprédations aussi considérables mais il na point dautorité sur la terre dePorchefontaine puisque seuls les Célestins possèdent sur leurs terres un droit de haute etbasse Justice. Il en avertit le Procureur du Roi. Ce nest quau bout de plusieurs joursque le Roi, alors à Marly avec le Maréchal duc de Noailles, Gouverneur de Versailles,donne ordre aux Gardes-françaises de marcher sur Porchefontaine, de cerner la forêt, etdarrêter les perturbateurs. Le même jour est publié à son de trompe la défense auxhabitants de Versailles daller chercher du bois à Porchefontaine. Le lendemain, toutesles barrières de la ville fermées afin que personne nen sorte, les arrestations semultiplient. Des visites domiciliaires ont lieu chez les acheteurs versaillais, considéréscomme receleurs. Ceux-ci, nayant pas le temps de brûler tout leur bois (provoquantainsi plusieurs incendies), se hâtent de sen débarrasser en le jetant par les fenêtres.Toute circulation est impossible dans les rues de Versailles, ainsi encombrées, ledimanche 12 février 1740. On rend aux Célestins le bois récupéré; environ cent arpents(32 hectares) de leur forêt ont été dévastés (8).Montreuil (appelé également Montreuil-hors-Viroflay) était autrefois très étendu etcomposé de deux villages distincts, séparés par lavenue de Paris et visibles sur lescartes du 18ème siècle, notamment la "carte des chasses du Roi" levée et dressée de 1764à 1773 : au nord, le Grand Montreuil (de la rue de Montbauron à la rue des Petits-Bois)et, au sud, le Petit Montreuil (de lactuelle rue de lAssemblée-Nationale jusquaudomaine de la ferme de Porchefontaine) (9). Il nest pas encore fait mention à cetteépoque du quartier des Chantiers.Longtemps, le Grand Montreuil est peu peuplé - 1200 habitants vers 1717 - et pauvre,abritant d’abord des bûcherons puis des blanchisseurs, maraîchers et horticulteurs quifournissent la Cour et la ville de Versailles (en seigle, foin, légumes, un peu de vin),ainsi que des commerçants (boulangers, charcutiers, barbiers) et quelques petits artisans(maçons, charpentiers, maréchaux, voituriers, serruriers, menuisiers, tisserands,tonneliers), des manouvriers et des journaliers, et des marginaux attirés par lanimationde Versailles. En 1727, il garde un aspect rural, avec des vignes sur la côte de Picardie(déjà disparues à la veille de la Révolution de 1789). Pendant la belle saison, lesVersaillais vont le dimanche samuser et sencanailler dans les nombreux cabarets etguinguettes de cette campagne toute proche, où sélèvent déjà quelques maisonsbourgeoises (10).Le village du Petit Montreuil est, lui, constitué de hangars, dentrepôts, de baraques, demasures, de cours boueuses où logent les ouvriers de tous les corps détat, charpentiers,maçons, terrassiers, mais aussi valets de chiens, palefreniers, postillons, cochers quitravaillent au Château, gardes des bâtiments et gens de maison (11).8 Sources croisées : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 17 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 18-19 ; Evrard, 1935, p. 129 ; Helle, 1969 T. 1, p. 148-149 ; Houth, 1980, p. 333 ; Le Roi, 1868 T. 1, p. 444-450; Mercet, 1929, p. 71.9 Lemplacement actuel de la rue Edme-Frémy et de la rue Jean-Mermoz (anciennement rue de la Patte-dOie) était occupé par létang de Porchefontaine. Lestang Pierray (orthographié au 18e siècle ‘Etang Pierré’) faisait partie du territoire de Porchefontaine. Sources : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 5, 12, 13, 16, 18-24,26 ; Coll., 1950, p. 3: Dietschy-Picard, 1990, p. 7 ; Levron, 1981, p. 116 ; Maroteaux, 2000, p. 87 ; Villard, 2003, p. 3610 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127; Carcy, 1981, p. 43; Evrard, 1935, p. 23-25; Houth, 1980, p. 388; Lemoine, 1955, p. 266; Levron, 1981, p. 116; Rapport de Présentation du PLU, 2004, p. 35-36; Villard, 2003, p. 3611 Sources : Carcy, 1981, p. 38; Rojat-Lefèvre, Nuit du Patrimoine, 1999; Versailles Magazine, jan. 1982, p. 8 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 30
  31. 31. Plan de commodité 1786, prévoyant l’extension de l’avenue de Sceaux par delà les étangs Gobert[archives municipales] Nouveau plan de Versailles, 1787 [archives municipales] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 31
  32. 32. Les villages jouxtant Versailles: Montreuil et Porchefontaine, au début 18e s.En haut: “Le grand Montreuil proche de Versailles« ; au centre et en bas à g.: “L’étang de Porchefontaine et l’avenuede Paris”, gravures in Alain Manesson Mallet, La géométrie pratique (1702) [Bibliothèque municipale de Versailles]En bas, à droite: Vue de l’abreuvoir de Marly (1724), de Pierre-Denis Martin (1663-1972) [détail de la peinture,Musée du château de Versailles] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 32
  33. 33. Chapitre 2. La constitution d’un quartierLaccroissement rapide de Versailles au 18ème siècle a pour conséquence de laisser lesagglomérations voisines à moitié vides dhabitants. A cette époque les bourgeois et lesofficiers du Roi hésitent à se fixer dans ces annexes quasi désertes, sans sécurité nicommodités. Il y a peu déclairage, et peu de police: les vagabonds attaquent lespassants dès la tombée de la nuit (12).Annexion de Porchefontaine et Montreuil au Domaine Royal (1748)Porchefontaine et Montreuil sont annexés au Domaine Royal par lettres patentes le 1erjanvier 1748, à la suite dun échange conclu entre Louis XV et les Célestins de Paris le11 novembre 1747. Celui-ci prévoit, en compensation de l’annexion des terres dePorchefontaine, du Grand et du Petit Montreuil, des Metz et de La Boulie, de céder auxreligieux les Grand et Petit Villetain (aujourdhui orthographié Viltain), terres situées ausud du Val de Gallie (orthographié aujourdhui, Gally), ainsi que la seigneurie et terrede Jaillac-Duplessis et autres lieux faisant partie du domaine et comté de Nogent (13).Par cet accord, Porchefontaine et Montreuil deviennent d’abord terre des chassesroyales. Chasseur invétéré, le roi, lorsquil nest pas à Compiègne, Fontainebleau, Saint-Hubert plus tard, porte en effet ses pas dans la zone dite des « grands environs »(jusquaux Alluets, Port-Royal), ou vers Fausses-Reposes et Verrières. Ce besoin denouveaux espaces de chasse explique sans doute en partie quil ait requis lextension duDomaine Royal à lest de Versailles, extension à laquelle Louis XIV avait renoncé après1683. Cette opération permet également de faire la jonction avec le domaine deMeudon, revenu au Roi depuis lavènement de Louis XV, et apporte un revenu nonnégligeable. Enfin en 1787, Louis XVI annexe ces terres à Versailles dont elles formentla troisième paroisse. Montreuil compte alors environ 3000 habitants (14).L’annexion de Montreuil à Versailles avait été envisagée dès 1723, et ce pour deuxautres raisons. D’abord pour conforter la sécurité du Domaine Royal. Car Montreuil sertdepuis longtemps de refuge aux vagabonds, malfaiteurs et gens sans aveu qui, ayant faitun mauvais coup à Versailles, sy réfugient, sûrs déchapper à la justice (15). La seconderaison est d’ordre fiscal. En sincorporant les 3000 habitants de Montreuil, le DomaineRoyal peut compter sur une augmentation des droits féodaux, lots et ventes, gabelles,octrois, etc. Il sagit en outre de « faire cesser les difficultés qui surviennent entre lescommis du Domaine de Versailles et ceux de la Ferme Générale établie à Montreuil, dediminuer les moyens de contrebande qui existent par les entrepôts frauduleux qui sontformés dans la paroisse de Montreuil » (16).12 Damien et Lagny, 1980 p. 1713 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127; Carcy, 1981, p. 43; Chaplot et Dutrou, 1988, p. 21; Damien et Lagny, 1980, p. 16; Dietschy-Picard, 1990, p. 20; Houth, 1980, p. 42, 388; Maroteaux, 2000, p. 13414 Sources : Caffin-Carcy, 1981, p. 43 ; Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Chaplot et Dutrou, 1998, p. 8-10 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 7, 8, 13 ; Houth, 1980, p. 42-46, 388 ; Le Roi, 1868, T. 1, p. 440-443 ; Levron, 1981, p. 22-23 ; Maroteaux, 2000, p. 132 ; Mercet, 1929, p. 74, 75, 94-98 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Versailles Magazine, juin 2005, p. 3315 Sources: Damien et Lagny, 1980, p. 16 ; Houth, 1980, p. 388 ; Levron, 1981, p. 116 ; Maroteaux, 2000, p. 13316 Par lédit daoût 1786 qui avait annexé Montreuil à la ville royale, les habitants de ce village furent exonérés de la taille et de la milice mais furent soumis aux mêmes droits daides et dentrées que les Versaillais. On continua bien sûr à percevoir les anciens impôts, et la capitation. Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127; Damien et Lagny, 1980, p. 16; Evrard, 1935, p. 18-19, 355-383; Houth, 1980, p. 388-389; Lemoine, 1955, p. 266; Maroteaux, 2000, p. 133, 219; Rojat-Lefèvre, Nuit du Patrimoine, 1999. Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 33
  34. 34. Plan de la ville, du château et du parc de Versailles, 1835: plan d’ensemble et détail aux abords du futur quartier deschantiers, comportant un certain nombre de casernes [archives municipales] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 34
  35. 35. Chapitre 2. La constitution d’un quartierAnnexion de Porchefontaine et Montreuil à Versailles (1787)Louis XVI intègre définitivement Montreuil et Porchefontaine au territoire de Versaillespar un édit pris au mois daoût 1786, doublant la superficie de la ville (17). Effectives au1er janvier 1787, ces annexions impliquent la construction de nouvelles barrièresd’octrois - l’un des bureaux d’octrois sera situé au Pont Colbert, à lextrémité del’actuelle rue des Chantiers (18).Ces annexions ont pour incidence quelques travaux d’embellissement. Pour des raisonsde salubrité publique, les cimetières sont supprimés et reportés à la périphérie (19).Montreuil, qui avait déjà mauvais renom au début du 18e siècle, passe encore, à la veillede la Révolution, pour un lieu de débauche populaire. Néanmoins, durant le dernierquart du siècle, de grands personnages sy font construire des résidences dété et desmaisons de plaisance entourées de grands jardins (20).La Révolution de 1789 arrête lextension de la ville vers lest (21). Dès 1795, le DomaineRoyal est mis en vente sous lappellation « Liste civile du Roi » et Porchefontaine, lotien parcelles de petite superficie, est ainsi ouvert à l’urbanisation (22).2.2 Règles et réalisations d’un nouveau quartierAux origines d’un nom : les forêts domanialesAvant le 19e siècle, le bois est la seule ressource pour le chauffage et la cuisine. Ilreprésente pour tous, riches ou pauvres, une lourde charge financière. Le bois decharpente et de menuiserie est, par ailleurs, un matériau de construction essentiel, enforte demande à Versailles. Pour ces deux raisons, Colbert édicte entre 1661 et 1669 desOrdonnances des Forêts du Domaine Royal, visant à mettre en ordre les forêts royales, àréorganiser et réglementer lexploitation sylvicole, et à en assurer la pérennité.Lessentiel de ces Ordonnances est demeuré en vigueur jusquà nos jours, sous la formedu Code forestier (23).Pendant tout le 18e siècle, mis à part les droits daide et dentrée à Versailles, les forêtsconstituent la première des ressources du Domaine Royal. Leur importance relative necesse de croître par rapport aux fermes : de 103 000 livres (730 000 euros de 2005) enmoyenne entre 1723 et 1732, le produit des coupes passe à 422 000 livres (3 000 000euros) pour la dernière décennie de lAncien Régime, soit un revenu à lhectaredenviron 40 livres (280 euros) pour la première période, 75 livres (530 euros) pour laseconde. Cest alors près du triple du revenu brut dun hectare de ferme du Domaine, etbeaucoup plus que pour les autres forêts royales de lIle-de-France.17 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Carcy, 1981, p. 43 ; Chaplot et Dutrou, 1988, p. 21 et 67 ; Coll., 1950, p. 3 ; Damien et Lagny, 1980, p. 16 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 20 ; Evrard, 1935, p. 23 ; Houth, 1980, p. 388 ; Lemoine, 1955, p. 265 ; Levron, 1981, p. 116 ; Maroteaux, 2000 p. 134 ; Villard, 2003 p. 36.18 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Carcy, 1981, p. 43 ; Chaplot et Dutrou, 1988, p. 67 ; Coll., 1950, p. 3 ; Evrard, 1935, p. 23 ; Houth, 1980, p. 388 ; Lemoine, 1955, p. 265 ; Levron, 1981, p. 116 ; Maroteaux, 2000 p. 34 ; Villard, 2003 p. 36.19 Levron, 1981, p. 11620 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127; Carcy, 1981, p. 43; Evrard, 1935, 23-25; Houth, 1980, p. 388; Lemoine, 1955, p. 266; Levron, 1981, p. 116; Rapport de Présentation du PLU, 2004, p. 35-36; Villard, 2003, p. 3621 Sources : Caffin-Carcy et Villard, 1991, p. 127 ; Damien et Lagny, 1980, p. 16 ; Evrard, 1935 p. 18-19, 355-383 ; Houth, 1980, p. 388, 389 ; Lemoine, 1955 p. 266 ; Maroteaux, 2000, p. 133 et 219 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999.22 Chaplot et Dutrou, 1998, p. 21 ; Dietschy-Picard, 1990, p. 22 ; Mercet, 1929, p. 7223 Sources croisées : Dietschy-Picard, 1990, p. 15 ; Evrard, 1935, p. 440-447 ; Helle, 1969 T. 1, p. 148 ; Maroteaux, 2000, p. 215 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 35
  36. 36. Chapitre 2. La constitution d’un quartierCe haut revenu favorise lémergence à Versailles dun puissant groupe de marchands debois, mettant à profit une demande locale sans cesse accrue. Il reflète aussi lattentionportée par le Domaine, après 1723, à lexploitation des forêts. Elle se manifestenotamment par son souci délargir et despacer les coupes. Lextension de la surface descoupes, que ce soit par acquisition ou par replantation, permet une meilleure protectiondu bois, en même temps quelle facilite le passage des chasses (24).Cet excellent rapport des bois, en même temps que lintérêt des chasses qui pour cettefois va de pair, explique la politique massive de reboisement menée par le Domaine surles terrains les moins productifs. En 1770, on fait valoir au Roi laugmentation du prixdu bois, qui constitue une part essentielle du revenu domanial au moindre coût. Il estdonc de son intérêt de multiplier les plantations, sans toutefois dégrader les corps deferme. Il ne faut négliger aucune partie de terrain susceptible dêtre cultivée ou plantée.Ainsi disparaissent des zones de friches, comme celle des Gonards en 1777 et 1781, oudanciennes carrières, comme celles de lEtang de Satory en 1776, ou celle des trous deJardy en 1778 (25). Malgré laugmentation de la production, les chantiers devaient êtreinsuffisants ou le bois trop coûteux car les constats de vol sont fréquents dans les forêtsdomaniales (26).Le quartier des Chantiers tire son nom de cette activité économique. Le dictionnaire deJean Nicot, Thresor de la Langue Françoyse, de 1606 donne du mot « chantier » ladéfinition suivante : « la boutique ou magazin où les marchans de bois dœuvre, comme poultres, solives, chevrons et autres telles grosses pièces tiennent leur marchandise, et le bois de destail pour brusler, et vient de ce mot Latin Cantherius, qui signifie ores un eschalat à soustenir les maillots de la vigne, et ores le magazin où les marchans de bois tiennent toutes sortes de pieces de bois à vendre, Lignaria apotheca, Asserum tignorumque vanalium conditorium. Il se prend aussi pour lassemblée de bois à brusler, Lignorum strues, coaceruatio, et pour le lieu auquel il est entassé, Lignarium, Le buscher » (27).Au fil des siècles, le terme acquiert des sens différents, comme le montrent notammentle Dictionnaire de lAcadémie Française de 1762 et le Dictionnaire de Jean-FrançoisFéraud (1787-1788), qui en proposent deux (28) : - « Grande place où lon arrange, où lon entasse des piles de gros bois à brûler, ou de charpente, ou de charronnage ». - « Chantier dattelier (note de l’auteur : orthographe du 18e siècle), lieu où lon décharge le bois ou la pierre, pour les travailler, afin quon puisse les employer à un bâtiment ».La plupart des auteurs saccordent en effet à dire que le nom du quartier des Chantiersévoque les chantiers de bois à brûler qui permettaient lentretien des bois à la lisière deVersailles (bois des Gonards et bois du Cerf Volant). Dès 1724, les marchands de bois,très nombreux pour fournir la Cour en bois de chauffage, sont contraints détablir leurschantiers dans le quartier du Parc-aux-Cerfs. Ce quartier sétant peuplé, ils sinstallent auPetit Montreuil. Cest ainsi que naquit le nom de « quartier des Chantiers ». La rue des24 Sources croisées pour ces paragraphes : Evrard, 1935, p. 440-447 ; Maroteaux, 2000, p. 21525 Maroteaux, 2000, p. 21626 Source : Helle, 1969 T. 1, p. 14827 Nicot, 1606, p. 11228 Source : Dictionnaire de lAcadémie, 1762, p. 276 ; Féraud, 1787-1788, p. A409a Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 36
  37. 37. Chapitre 2. La constitution d’un quartierChantiers était la rue des fagoteurs, des bûcherons, des marchands de bois et desentreprises de charpente, tout comme la rue au Pain était celle des boulangers (29).Selon d’autres auteurs, le quartier des Chantiers doit plutôt son nom aux lieux dentrepôtquutilisèrent les bâtisseurs du Château et de la ville de Versailles. Ces lieux dentrepôtétaient alloués par le Roi aux entrepreneurs, qui pouvaient y installer leurs ateliers.En fait, comme le montrent les dictionnaires anciens, les deux origines se renforcentmutuellement et il semble bien que la première attribution est la plus vraisemblable. Lalangue française telle qu’elle est parlée au Québec aujourd’hui a gardé des liensprofonds avec la langue parlée en France autrefois. Le Dictionnaire des ExpressionsQuébecoises de Pierre DesRuisseaux (Bibliothèque québécoise 2003, p. 93) et leMultidictionnaire de la Langue Française de Marie-Eva de Villers (Québec Amérique,2007, p. 261) font tous les deux référence, au mot chantier, à une exploitation forestière,outre le sens de travaux de construction. De manière encore plus explicite, leDictionnaire de la Langue Québecquoise de Léandre Bergeron (TYPO Dictionnaire1997, p. 121) donne les deux sens suivants au mot chantier : « 1. Lieu où l’on pratiquela coupe de bois dans une forêt ; 2. Chemin d’accès à la coupe de bois », et il proposecomme exemple : « Faire chantier : faire de la coupe de bois ». L’origine forestière dunom du quartier des Chantiers semble bien la plus plausible.La constitution d’un tissu urbainCf. page suivante : Vue générale du quartier des Chantiers au début du 20e siècleDans le quartier des Chantiers, on a beaucoup bâti, démoli, reconstruit au 18e siècle,grignotant peu à peu les terrains libres. De nobles demeures sont édifiées,principalement entre lactuelle rue des Etats-Généraux et lavenue de Paris: maison deTalleyrand rue de Vergennes, Chenil du Roi, Hôtel des Gendarmes. Cependant, lequartier demeure longtemps une partie marginale et négligée du Domaine Royal,composée essentiellement de vergers, de cultures maraîchères, de fabriques artisanaleset de tanneries. Il ne semble pas que le quartier des Chantiers ait bénéficié de planstracés à lavance ni davantages incitatifs accordés à ceux qui y construisaient (30).La réglementation architecturale de Versailles (1715)A Versailles est codifié en 1715 un règlement, dit de Jules-Robert de Cotte (neveu deMansart, et Premier Architecte du Roi de 1709 à 1735), prescrivant que les toitsdevaient être couverts dardoise, que les façades devaient être de briques et de pierre, etque les constructions devaient respecter « la symétrie réglée par Sa Majesté » (31). Il nesest manifestement appliqué que très rarement dans le quartier des Chantiers.Plus généralement, laspect de lensemble des quartiers de Versailles se modifiesingulièrement au cours du 18e siècle. Dès que la Cour quitte la ville après le décès deLouis XIV (en 1715), les ordonnances relatives à la construction ne sont plusrespectées,29 Sources croisées : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 67 ; Coll., 1950, p. 4; Helle, 1969 T. 1, p. 148 ; Le Roi, 1868 T. 2, p. 398 ; Neuf, oct. 1991, p. 6 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Versailles Magazine, jan.-fév. 2000, p. 1930 Sources : Versailles Magazine, jan. 1982, p. 3; Versailles Magazine, nov.-déc. 1995, p. 2431 Un rapport harmonieux devait régner entre les parties de lédifice: hauteur des maisons réduite à un rez-de-chaussée et un premier étage, avec des combles brisés "à la Mansart". Outre la couverture des toits, les matériaux des façades et la hauteur des maisons, le règlement codifiait les enseignes, et interdisait aux particuliers de changer les "faces des maisons" sans autorisation. Louis XIV exigeait que, de son Château, la perspective de verdure ne fût rompue par aucune construction visible. [Breillat, 1973, p. 28 ; Castex et al., 1980, p. 88 ; Damien et Lagny, 1980, p. 17 ; Evrard, 1935, p. 150-157 ; Houth, 1980, p. 266-268] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 37
  38. 38. Le quartier des chantiers. Vue au début du 20e siècle [archives municipales, 1Fi639] La rue des Chantiers et la rue des Etats-Généraux. Vues du début du 20e siècle: lentrée de la rue des Chantiers sur l’avenue de Paris, descente vers la gare et vue générale [archives municipales, 1Fi597, 1Fi600 et 1Fi601] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 38
  39. 39. Chapitre 2. La constitution d’un quartierle désaccord saccentuant de plus en plus entre les plans du fondateur, de lurbaniste du17e siècle et les nécessités vitales des habitants. Cette absence de contraintes engendreune certaine hétérogénéité architecturale. Versailles est envahie - le quartier desChantiers ne fait évidemment pas exception - par toute une série de bâtiments quiprolifèrent sans retenue, notamment par des baraques édifiées en une nuit maisdestinées à subsister des décennies. Les immeubles sélèvent à toutes les hauteurs etsont souvent couverts de tuiles.Le laisser-aller général, caractéristique du règne de Louis XV (1710-1774), nest pasaffecté par le retour de la Cour le 15 juin 1722 juste avant la fin de la régence exercéepar Philippe dOrléans. Ce retour saccompagne dun important développementéconomique. Versailles devient une capitale administrative. Outre la Cour, elle accueilleles ministères, un tribunal, une juridiction propre à la Cour et la Prévôté. De nouvellesadministrations et des casernes sinstallent autour du Château. Autour de cesadministrations se développe une ville des affaires. Les anciennes prescriptions enmatière durbanisme sont moins respectées que jamais. Les maisons bâties après 1744ont presque toujours trois étages et un étage de mansardes. Les parements de briquessont abandonnés ou badigeonnés dun enduit grisâtre sans attrait. Les arbres des alléessont sacrifiés, quand ce nest pas lallée elle-même, comme cest le cas de lallée deMontbauron (32).Entre 1722 et 1750, Versailles connaît une forte augmentation démographique : de24 000, la ville passe à 37 000 habitants (1744) puis à plus 50 000 habitants, ce qui enfait la dixième ville de France. Le passage dune cité royale à une ville bourgeoiseprovoque un amoindrissement de lintérêt porté à lespace public et, au contraire, uneaffirmation des individualités au travers de la construction privée. Le réseau viaire de laville nest plus entretenu. Ce nest pas avant le règne de Louis XVI (1754-1793) questentrepris par un Directeur général des Bâtiments énergique, le comte dAngiviller, unnouvel effort pour réglementer la grande et petite voirie à Versailles (déclaration du 12juillet 1779), malgré létiolement de lautorité royale et lopposition violente duParlement criant à lattentat contre le droit de propriété. Il est ainsi institué une sorte depermis de construire et lon fixe sévèrement lélévation des maisons nouvelles à huittoises (15,60 mètres). Le départ de la famille royale, le 5 octobre 1789, et la Révolutionplongent Versailles dans une époque de désarroi. Quand Bonaparte prend le pouvoir en1800, la ville ne compte plus que 27 000 habitants (33).Structuration et essor du quartier des Chantiers au 19e siècleLisolement du quartier des Chantiers fut accentué par deux circonstances aggravantes.La première est labandon progressif, entre 1700 et 1740, de la large allée deMontbauron, qui prive la ville dune voie de communication directe entre les avenues deSaint-Cloud, de Paris et de Sceaux. La seconde est labandon du projet de boulevard deceinture de Versailles, élaboré en 1786, qui prévoyait explicitement de réunir les Grand32 La partie méridionale de la large allée de Montbauron, allée bordée darbres joignant lavenue de Saint-Cloud, lavenue de Paris et lavenue de Sceaux et marquant la limite de Versailles sous Louis XIV, a été lotie vers 1740 par les soins de Mallet, lun des entrepreneurs du Château de Versailles. [Houth, 1980, p. 340] LHôtel des Menus Plaisirs au sud de lavenue de Paris et les écuries de Madame du Barry (ensuite du comte de Provence), remplacées de nos jours par lhôtel de police au nord de lavenue de Paris, furent construits sur lemprise de lallée de Montbauron, mais pas du même côté de lallée. Ceci explique le déhanchement que lon observe entre lactuelle rue de Montbauron et la rue de lAssemblée Nationale.33 Sources croisées pour les paragraphes précédents et le suivant : Breillat, 1973, p. 15, 28, 31, 57, 63 ; Castex et al., 1980, p. 88, 177, 184 ; Castex, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Damien et Lagny, 1980, p. 17-18 ; Dossier de Création de la ZAC, 2003, p. 21 ; Evrard, 1935, p. 150 à 157 ; Gaxotte, 1974, p. 84 ; Houth, 1980, p. 266-269 ; Lemoine, 1955, p. 266 ; Levron, 1981, p. 89-90 ; Maroteaux, 2000, p. 19, 140, 149, 165 ; Versailles Magazine, jan. 1982, p. 2, 3 ; Versailles Magazine, nov.-déc. 1995, p. 24 ; Versailles Magazine, jan.-fév. 2000, p. 16 ] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 39
  40. 40. Chapitre 2. La constitution d’un quartieret Petit Montreuil à Versailles par une nouvelle enceinte bordée dun boulevard et denouvelles avenues, qui seraient tracées pour la commodité et pour lembellissement desabords de la ville. Il aurait donné à la ville lunité qui lui manquait. Hélas, ledélabrement des finances royales ne permet pas dy donner suite. La seule voie decommunication directe entre le Petit et le Grand Montreuil demeure donc la rue deVergennes (appelée à cette époque rue du Petit-Montreuil). En 1783, elle est décritecomme impraticable par temps de pluie et pendant tout lhiver; elle sera pavée cetteannée-là avec laide financière du Domaine (34).Aussi le développement du quartier s’organise-t-il tant bien que mal, principalement lelong de la rue des Chantiers, créée en 1734 (ou en 1736, selon les sources) et qui mènede Versailles à Sceaux et, au-delà, à Fontainebleau. Le tracé de cette rue emprunte unancien chemin qui existait à lépoque de Louis XIV, appelé chemin ou route deVersailles à Sceaux ou chemin de Fontainebleau, qui menait à des entrepôts et débits debois de chauffage mais ne débouchait pas sur lavenue de Paris. Cette nouvelle rue netarde pas à faire partie des grandes voies de communication du Royaume (35). Dès1773, elle est pavée et éclairée, dabord par des lanternes pendant au centre dune chaînetendue entre deux murailles dans le sens de sa largeur, puis par des réverbères accolésaux maisons et portant ces lanternes au bout dun bras à angle droit (36). Elle sappelledéjà rue des Chantiers avant la Révolution de 1789.Au milieu du 19e siècle, le tissu urbain du quartier des Chantiers est bouleversé par latranchée du réseau de chemin de fer menant à lactuelle gare de Versailles-Rive-Gauche,inaugurée en 1840. Pour franchir cette tranchée, la rue de Vergennes est partiellementsurélevée. Un autre bouleversement est la création de la gare Versailles-Chantiers.Les années 1850 marquent un tournant dans lévolution du quartier. Comme tous lesfaubourgs, il est façonné par la civilisation industrielle. De petits entrepreneurssinstallent dans les discontinuités et les arrière-cours, attirant une population laborieuse.La création du chemin de fer ne transforme pas Versailles en ville industrielle mais elleest à lorigine de lessor du quartier des Chantiers, amplifié après 1860, et encore plusaprès 1875 (37). Le train amène des foules de bourgeois parisiens fortunés et aisés ledimanche au Château et aux hippodromes de Satory et de Porchefontaine (ouverts en1836 et 1864). Des milliers de visiteurs viennent assister aux Grandes Eaux et au feudartifice qui couronne les fêtes (38)A partir de 1850, les pressions politiques se multiplient pour ouvrir la banlieue auxcouches populaires. Concentrées dans les quartiers de lest parisien et près des« barrières », celles-ci ont des conditions de logement souvent insalubres, quisaggravent de plus en plus en raison de la constante densification de la capitale où, parailleurs, les loyers ne cessent daugmenter.34 A cette époque, le pavage était partagé entre le Domaine Royal et les particuliers, doù une source constante de conflits. [Lemoine, 1955, p. 267]. Sources croisées : Maroteaux, 2000, p. 189 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Versailles Magazine, jan. 1982, p. 3 ; Versailles Magazine, nov.-déc. 1995, p. 2435 Sources croisées pour les paragraphes précédents : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 20, 22, 66- 67 ; Helle, 1969 T. 1, p. 147 ; Le Roi, 1868 T. 2, p. 398, 451 ; Neuf, oct. 1991, p. 6 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 ; Versailles Magazine, jan.-fév. 2000, p. 1936 Helle, 1969 T. 1, p. 147 ; Le Roi, 1868 T. 2, p. 39837 Versailles sétait endormie avec le départ du Roi et la fin de la monarchie. Outre larrivée du chemin de fer, la guerre de 1870 et la Commune de 1871 jouèrent un rôle décisif dans son réveil. Le transfert du Gouvernement et des Assemblées à Versailles - elles y siégèrent jusquen 1879 - redonna à la ville une importance quelle avait perdue. [Castex et al., 1980, p. 190]38 Un Guide de 1821 précise que Versailles attire, dès cette époque, "plus de dix à douze mille personnes tous les jours", et "lorsquon fait jouer les Eaux du Parc, plus de 150 000 viennent à Versailles". [cité par Breillat, 1973, p. 114] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 40
  41. 41. Plan de Versailles en 1900, transformée par l’arrivée des réseaux de chemin de fer [archives municipales] Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 41
  42. 42. Chapitre 2. La constitution d’un quartierDe 1855 à 1866, la population de Versailles passe de 35 000 habitants à 44 000habitants. Artisans, petits commerçants, ouvriers dont beaucoup venus de Bretagne,sinstallent à proximité de la gare des Chantiers, qui est agrandie en 1880 (39).Dans le quartier, on continue à construire comme on peut, sans ordre ni plan, despavillons, des immeubles modestes, des entrepôts, des hangars. Des équipementspublics sont édifiés dans un esprit charitable pour venir en aide aux populationsdémunies: construction et plus tard agrandissement de léglise Sainte-Elisabeth deHongrie, une école de garçons, une école de filles, et un asile. Après la misère, etlabandon dont il sort peu à peu, le quartier des Chantiers connaît plus que d’autres lestransformations de la vie moderne. Comme il dispose encore de terrains, on y construitce quon ne sait où placer : logements ouvriers, casernes, cimetière, stade, écoleprofessionnelle, hospices, etc.Au début du 20e siècle, le trafic ferroviaire sintensifie. On construit de nouvelles voies,on allonge et multiplie les quais de la gare des Chantiers en 1919. Puis, en 1932, onreconstruit la gare (40).En 1935, la partie de la rue des Chantiers comprise entre lavenue de Paris et lactuelleplace Raymond-Poincaré est débaptisée et renommée rue des Etats-Généraux (ceciprovoque évidemment un changement de numérotation dans la partie subsistante de larue des Chantiers). La nouvelle rue des Etats-Généraux est précisément la seule partiede la longue artère aboutissant au Pont Colbert qui a porté le nom de rue des Chantiersau 18e siècle. Elle allait alors de lavenue de Paris à la croix de Noailles. Elle prenaitensuite le nom de « rue du Chenil-Dauphin » jusqu environ lactuelle place Raymond-Poincaré. En 1793, réunie à cette seconde partie où se trouvaient les bâtiments de lavénerie (41) de Louis XV, elle est rebaptisée « rue du Contrat Social » mais reprend sonancien nom dès 1804. La barrière de Versailles qui se trouvait au droit de la rue deNoailles est reportée au bas de la butte du Pont Colbert lors du rattachement deMontreuil à Versailles le 1er janvier 1787. Cest à cet endroit quavaient lieu lesexécutions capitales après la Révolution (42).39 Sources : Dossier de Création de la ZAC, 2003, p. 21 ; Levron, 1981, p. 154, 157 ; Mille-Feuilles de la Mémoire, 2005, p. 167 ; Rapport de Présentation du PLU, 2004, p. 38 ; Versailles Magazine, jan. 1982, p. 3 ; Versailles Magazine, fév.-mars 1998, p. 10 à 1340 Source pour les paragraphes précédents : Versailles Magazine, jan. 1982, p. 341 Autrefois, la vénerie était ladministration des officiers des chasses, et aussi le lieu où on logeait les officiers et léquipage de chasse.42 Sources croisées : Chaplot et Dutrou, 1998, p. 67 ; Coll., 1950, p. 4 ; Helle, 1969 T. 1, p. 147-148 ; Houth, 1980, p. 388 ; Le Roi, 1868 T. 2, p. 398, 451 ; Neuf, oct. 1991, p. 6 ; Rojat-Lefèbvre, Nuit du Patrimoine, 1999 Versailles, le quartier des chantiers et son histoire. Rapport de recherche UIA, octobre 2008 / 42

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