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L'Australie surfe sur la crise / sept-oct 2010
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L'Australie surfe sur la crise / sept-oct 2010

  1. 1. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 28 MARCHÉS Australie L’Australie surfe sur la crise TETIÈRE F R ANKLIN G O THIC E X T R A C ONDENSED C ORPS 40 ÉT R OI T. 95% FILET 0,7P T Fiable, efficace, rassurant quand tout semble incertain, le marché australien fait figure d’exception en ces périodes troublées. C’est l’un des rares pays riches où croissance économique et stabilité politique marchent d’un même pas. C’est aussi une terre traditionnellement accueillante aux entreprises. Les projets y fourmillent mais les particularités aussi. Visite guidée. Dossier coordonné par Madeleine Barbier Decrozes et Didier Guérin, CCE 28 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
  2. 2. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 29 Le bon élève Abonn z és, e retrouv sur de la classe du G20 ssier ce do ternet In le site cef.org « Quelle crise ? » nc www.c Telle fut la réaction d’un banquier français à Sydney à la suite de la publication d’un rapport récent de Citigroup annonçant que l’Australie sera le premier pays à sortir de la crise financière. En effet, les performances de l’économie australienne ont de quoi apporter plus qu’un soupçon de jalousie aux autres membres du G20. n premier lieu, la récession a été évitée en 2009. Certes, avec une nuance tech- E nique : il n’y a eu qu’un seul trimestre de croissance négative au début de l’année. Cela n’a pas empêché l’économie d’enregistrer sa dix-neuvième année consécutive d’expansion avec une confortable augmentation du Pib de 2,7 %. Le cycle devrait continuer en 2010 avec une croissance de 3 % et 3,75 % l’année prochaine. Quant au chômage, il devrait passer en dessous des 5,3 % actuels. Pourtant si la crise a été évitée en 2009, cela ne fut pas à faible coût. En effet, les autorités de Canberra ont réagi vite et fort, en produisant un solide plan de relance de 52 milliards de dollars australiens (36 milliards d’euros), soit envi- ron 2,5 % du Pib : un peu moins que celui de la Chine (3 %), mais beaucoup plus que le plan français (0,75 %). Il faut dire que l’Australie avait les moyens, car sa dette extérieure avait été éli- minée, suite à plusieurs années d’excédent budgétaire. Le plan de relance a tout changé : déficit budgétaire et endettement sont revenus, mais dans des normes enviables pour les pays de l’OCDE. La part de la dette publique devrait monter à 18 % du Pib cette année (contre 84 % en France et 125 % en Grèce) et le défi- cit budgétaire se situera à 6 % du Pib (contre 8 % en France et 12,7 % en Grèce). Le retour à l’excédent budgétaire est prévu pour 2013. Par ailleurs, un compromis se fait avec une inflation nominale et sous-jacente qui se maintient entre 2 et 3 %, un taux que la banque centrale australienne n’a pas l’intention de laisser déraper. C’est ainsi que les 22 millions d’Australiens ont vu les taux d’intérêt augmenter six fois en huit mois pour arriver à un taux de base de 4,5 % en mai dernier. Alors, comment expliquer ce miracle australien ? Une réponse sommaire tient en un mot : la Chine, dont l’inexorable appétit en matières premières vient se nourrir dans le « Lucky country ». Mais, la réalité est plus subtile. L’Australie n’aura cependant pas droit au rang de meilleur élève de la classe sans avoir résolu de lourds problèmes : une fiscalité encore élevée, un endette- ment des ménages record et une pollution par tête d’habitant la deuxième du monde après les Etats-Unis. La section Australie des conseillers du Commerce extérieur de la France vous propose d’examiner à partir d’expériences vécues les performances et challenges ©CRAIG BORROW/NEWSPIX du pays down-under. Bonne lecture. G Didier Guérin, CCE, président CEO, Media Convergence Asia-Pacific CCE International — n° 551 — août/septembre 2010 29
  3. 3. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 30 MARCHÉS Australie « Un marché en croissance, rentable, solvable et surtout lisible » Interview de Didier Mahout, président de la section des CCE, dg Australie et Nouvelle-Zélande BNP Paribas CCE International : L’Occident sort en très leurs produits, notamment en récupérant des petite forme de la crise alors que l’Australie cadres de grandes banques étrangères obli- affiche une santé insolente. Pourquoi ? gées de réduire leur masse salariale. Didier Mahout : Les choses sont, ici, effec- tivement assez différentes de ce qui prévaut CCE : L’aspirateur à talents a beaucoup en Occident. A vrai dire, l’Australie n’est pas fonctionné ? véritablement entrée dans la crise. Elle a le D. M. : Enormément et les quatre banques privilège de n’avoir connu qu’un seul tri- locales sont les grandes gagnantes de la crise. mestre de, très légère (-0,8 %), récession éco- Les banques internationales jusque-là pré- nomique pendant toute la période de crise : sentes en Australie ont toutes, à des titres le quatrième trimestre 2008. Au cours de divers, rectifié leur dispositif mondial, y com- l’année 2009, qui fut l’année cyclonique pour pris sur le marché australien. Les Américains l’économie mondiale, l’Australie a affiché une ont très rapidement réduit significativement leur présence et certaines de leurs banques ont définitivement quitté l’Australie. L’aspirateur à talents a alors fonctionné de Lentement mais sûrement, l’Australie deux façons : les banques locales ont récu- péré les personnels des banques étrangères est en train de basculer en difficulté mais il a aussi fonctionné, et de d’un environnement occidental façon typiquement australienne, avec le TETIÈRE F R ANKLIN G à un environnement économique vraiment asiatique O THIC retour au pays de bon nombre d’Australiens qui travaillaient à l’étranger. En revenant, ils ont fait bénéficier leur pays des compétences E X T R A C ONDENSED C ORPS 40 ÉT R OI T. 95% FILET 0,7P T acquises dans les grandes banques interna- tionales de Londres et New York en particu- lier. Le pays n’a donc pratiquement pas connu progression de son Pib de 1,5 %. Celle qui fut la crise financière mondiale du fait de cette l’annus horribilis au plan mondial fut la dix- faible exposition de son système bancaire neuvième année consécutive de croissance mais sa bonne santé économique tient aussi de l’Australie. Je vois deux grandes raisons à une autre réalité : lentement mais sûrement, à cet état de fait, la première tient à la nature l’Australie est en train de basculer d’un envi- du système bancaire australien, la seconde ronnement économique occidental à un envi- au basculement du pays vers l’Asie. Les quatre ronnement économique vraiment asiatique. grandes banques locales1, sur lesquelles repo- Le phénomène prend différentes formes : il sent tout le système bancaire, sont restées passe par une intensification des échanges assez domestiques et ont, de ce fait, été peu commerciaux avec les pays de la zone et sin- exposées aux risques internationaux et très gulièrement la Chine, qui a entrepris un vaste marginalement exposées au marché améri- mouvement pour s’assurer des ressources cain. Ici on ne parle pas de subprime, ni de naturelles à long terme. Chine qui double ses produits toxiques… mouvements commerciaux par des mouve- ments financiers d’investissements directs CCE : Ni de produits sophistiqués ? et s’assure ainsi de façon capitalistique le D. M. : Oui, ces banques sont relativement contrôle des ressources dont elle a besoin. peu sophistiquées, en tout cas, elles l’étaient Elle rachète des mines, parfois dans la diffi- peu au début d’une crise dont elles ont jus- culté, on l’a vu avec Rio Tinto, mais pendant tement tiré profit pour essayer de diversifier que politiques et grand public se focalisent sur quelques dossiers médiatiques de ce DR 1) Commonwealth Bank of Australia (CBA), Westpac type, comme les terres rares, des centaines Didier Mahout, président de Banking Corporation (Westpac), National Australia Bank d’opérations « sous le radar » se réalisent la section Australie des CCE. (NAB), et Australian and New Zealand Bank (ANZ). beaucoup plus discrètement. Les Chinois 30 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
  4. 4. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 31 savent parier à très long terme et entrer de façon beaucoup plus discrète mais tout aussi efficace dans les secteurs qu’ils convoitent en prenant, par exemple, des participations largement minoritaires à des stades très jeunes de mines en cours de développement. Ces investissements chinois restent aujourd’hui tout à fait minoritaires, ils représentent probablement beaucoup moins de 5 % du stock des investisse- ments étrangers en Australie, mais leur proportion dans les flux d’IDE de ces dix-huit derniers mois est bien plus significative. Ils sont donc appelés à augmenter rapi- dement, en tenant bien évidemment compte du seuil de sensibilité politique. Cela dit, les Australiens sont extrême- ment pragmatiques et leurs besoins de Plantu, Le Monde, 26 mai 2010. développement, tant au plan des res- sources naturelles que des infrastructures sont absolument gigantesques. Le retard l’Australie a abordé cette phase plus dif- tement sa capacité à consommer, ou à du pays en matière d’infrastructures a été ficile avec, à sa disposition un nombre épargner. Le gouvernement a, de plus, évalué à un peu moins de 800 milliards d’outils économiques impressionnants dès octobre 2008, c’est-à-dire au len- de dollars australiens (environ 540 mil- quand on compare les marges de demain de la faillite de Lehman, mis liards d’euros). Ils portent sur tout ce qui manœuvre qu’avaient les pays occi- sur pied un double mécanisme de pro- touche à l’exploitation et au transport dentaux. Le pays affichait un endette- tection du système bancaire en offrant des matières premières mais aussi à ment public quasi nul (alors que sa garantie aussi bien sur les dépôts l’explosion urbaine attendue. On s’attend l’Europe en est parfois à des 100 voire que sur les emprunts à l’étranger. Les à un accroissement de 60 à 70 % de la 120 %), un budget structurellement en banques australiennes se sont de ce fait population qui ferait passer la popula- équilibre et un niveau de taux d’intérêt trouvées tout à coup dotées d’un triple tion australienne des actuels 22 millions qui tournait en début de crise aux alen- A pour emprunter sur les marchés inter- d’habitants à 40 millions vers 2050. Dans tours de 7,5 %, ce qui donnait une large nationaux. En parallèle l’Etat a lancé un un pays où la population est essentielle- possibilité d’abaissement des taux avec, package de stimulation économique ment urbaine et concentrée dans six comme corollaire l’augmentation immé- massif, avec des projets d’infrastructures grandes agglomérations1 ce basculement diate du pouvoir d’achat et de la capa- colossaux et des injections directes de démographique changera complètement cité à consommer des particuliers. En liquidités : chaque foyer australien a, la donne. moins d’un an, la banque centrale a par exemple, reçu un chèque de plu- effectivement ramené son taux de réfé- sieurs milliers de dollars qui se sont CCE : Revenons à la crise, comment rence de 7,25 % à 3 puis à 4,5 %. Ce immédiatement investis dans la consom- l’Australie, dont les centres de gravité différentiel de 4,25 % alourdissait le mation. Il avait les moyens de le faire, basculent, a-t-elle réagi ? poids du crédit immobilier qui pèse sur quand tous les engagements de ce plan D. M. : Même si le terme de crise n’est chaque ménage australien, son allége- seront réalisés, on s’attend à un pic pas adapté à la situation, disons que ment a augmenté d’autant et immédia- d’endettement de… 15 % de son Pib. CCE : Comment réagissent les entreprises Quelques conseils pratiques françaises face à cette multiplication • Ne pas se fier à l’apparente facilité, suivre les opérations australiennes de près. Etudier et de projets ? prendre le temps de rencontrer les professionnels. D.M. : La présence française est déjà très • Distribution : tenir compte des distances et de la diversité. Les poches de consommation importante ici : plus de 300 entreprises sont dispersées et les différences de mentalité tangibles. Les formules de franchise sont implantées employant plus de 80 000 largement utilisées. personnes et réalisant un chiffre • Environnement juridique : l’Australie est un pays de Common Law où la jurisprudence d’affaires de près de 15 milliards d’euros. supplante le code civil écrit. Le contrat est la référence essentielle des relations juri- Elles bénéficient des avantages du pays : diques. Cependant, des codes, comme celui du commerce et de la franchise (Trade Practices une excellente productivité du travail, Act) fixent un cadre qui peut parfois soumettre les termes du contrat à interprétation. Didier Mahout 1) Cinq villes côtières – Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth, Adelaïde – et Canberra. CCE International — n° 551 — août/septembre 2010 31
  5. 5. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 32 MARCHÉS Australie la croissance d’une population au pou- voir d’achat élevé et un environnement Matières premières peu risqué et favorable à l’entreprise. L’Australie arrive seconde au classement réalisé par la Banque mondiale des pays Un pays plein de ressources où il est le plus facile de lancer une affaire et troisième pour la facilité à obtenir un crédit. « L’Australie a un pied à New York et un pied en Chine » CCE : L’éloignement de sa base vous semble-t-il un risque gérable ? Même déclarait récemment Bill Evans, le chef économiste de la pour une PME ? Westpac Banking Corporation. En effet si, grâce à l’appétit D.M. : C’est un risque pour toute insatiable de la Chine pour ses matières premières, le pays société, et donc en particulier pour les PME. C’est un coût également. Mais le se tire plutôt bien de la terrible crise économique mondiale, « profil sûr » de l’Australie en tant que il reste très dépendant des marchés internationaux pour pays compense. Pour une PME, financer sa croissance. l’Australie doit être perçue pour ce qu’elle est : un marché en croissance, rentable, solvable –ici il n’y a pas de problème de règlement, gros souci des PME exportatrices- et surtout lisible. Contrairement à ce qui se passe dans d’autres environnements opaques à l’international, ici, les règles sont claires et compréhensibles pour une entreprise, même PME ayant déjà une expérience au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, par exemple. En revanche, le caractère insu- TETIÈRE F laire impose une approche et une pré- R ANKLIN G sence locales. Une implantation physique est indispensable. En fait, on pourrait O THIC E X T R A C ONDENSED reprendre à propos de l’Australie l’argument publicitaire utilisé en son C ORPS 40 ÉT R OI T. 95% FILET 0,7P T temps par Canada Dry : « ça a le goût de l’Europe, cela ressemble à l’Europe, mais © BRUCE LONG/NEWSPIX ce n’est pas l’Europe ». Les PME qui ont Le défi de l’Australie : gérer le développement économique créé par le boom de la franchi ce pas font la différence. demande pour ses matières premières. CCE : Dernière question, être implanté en Australie permet-il d’être plus pré- reuve en est la chute vertigineuse 26 % des réserves de plomb, 18 % des sent en Asie ? D.M. : Servir de hub à l’Asie fait cer- tainement partie des ambitions de l’Australie, mais l’Asie est vaste. L’Australie peut certes en être un point P de la bourse de Sydney durant la récente crise de la dette grecque ou l’augmentation du coût de finance- ment des emprunteurs australiens sur les marchés internationaux. L’économie réserves de zinc, plus d’importantes réserves de minerai de fer, de bauxite, de charbon, de gaz naturel, d’or, d’argent et de diamant. Grâce à la richesse de son sous-sol, l’Australie mérite bien son sur- d’entrée, elle peut jouer le rôle de poste australienne reste néanmoins très vigou- nom de « Lucky Country ». d’observation, on peut aussi la privilé- reusement tirée par l’effort d’urbanisation gier pour tous les services à l’industrie, de la Chine et de l’Inde. Quelque 600 Un fournisseur richement doté notamment pour l’exploitation de res- millions de Chinois vont déménager et « bien sous tout rapport » sources naturelles mais elle reste éloi- des campagnes vers les villes dans les Le gaz naturel en particulier attire beau- gnée. Sydney est à 9 heures de vol de vingt prochaines années et ce flux coup l’attention en ce moment. Il Hongkong, à peine moins que Paris, migratoire, exceptionnel dans l’histoire abonde dans le pays. Ses réserves repré- mais on y est dans la même zone de l’humanité, va générer des besoins sentent plus de deux cents fois la horaire ce qui permet de travailler de en énergie et en matières premières abso- consommation domestique annuelle. Le façon beaucoup plus efficace qu’en lument colossaux. Quelle aubaine pour méthane est une énergie fossile propre décalage permanent. G l’Australie qui regorge de ressources qui émet en moyenne 70 % moins de Propos recueillis par Madeleine naturelles : 40 % des réserves d’uranium gaz carbonique que le charbon, le car- Barbier Decrozes mondiales, 37 % des réserves de nickel, burant le plus utilisé dans presque toute 32 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
  6. 6. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 33 l’Asie. Les grands groupes mondiaux et TURKMENISTAN TADJIKISTAN COREE DU SUD australiens ne s’y sont pas trompés. Les SYRIE IRAQ AFGHANISTAN JAPON projets d’investissement en gaz naturel IRAN CHINE KOWEIT PAKISTAN NEPAL liquéfié (GNL) pour exportation vers ARABIE BHOUTAN BANGLADESH E.A.U. l’Asie s’élèvent aujourd’hui à plus de SAOUDITE OMAN INDE MYANMAR (BIRMANIE) LAOS TAIWAN O C E A N 220 milliards de dollars australiens et ERYTHREE YEMEN VIET- THAILANDE NAM devraient créer environ 55 000 emplois DJIBOUTI CAMBODGE PHILIPPINES P A C I F I Q U E SRI LANKA dans les trois prochaines années. Ces ETHIOPIE O C E A N MALAISIE SOMALIE chiffres impressionnants ne feront que SINGAPOUR PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE gonfler les statistiques des ressources I N D I E N INDONESIE naturelles qui représentent déjà 7,1 % TIMOR-ORIENTAL ILES SALOMON du PNB, génèrent 14,2 % du total des VANUATU profits des entreprises commerciales et Le s p r i n c i p a l e s v i l l e s Nouvelle- FIDJI pèsent presque 50 % des exportations Calédonie du pays. AUSTRALIE FRANCE L’Australie bénéficie en outre d’une Brisbane image de pays stable et d’une main- Perth Sydney CANBERRA Adelaïde d’œuvre hautement qualifiée. En près Melbourne CANBERRA NOUVELLE-ZELANDE de vingt ans, l’Australie n’a jamais man- qué une seule livraison de GNL à ses clients japonais et coréens. Un fournis- seur « bien sous tout rapport » comparé problème de ses rapports avec la Chine. compromis sur l’introduction d’un nou- à ses concurrents asiatiques, moyen- En février 2010, la Chine est devenue le vel impôt sur les « super profits » des orientaux ou africains qui ne présen- premier partenaire commercial de sociétés minières et pétrolières destiné à tent pas toujours les mêmes garanties l’Australie, place qu’avait occupée le financer le régime des retraites et la de transparence et de stabilité. De plus, Japon depuis 1967. Cette importance construction d’infrastructures. Il est vrai ses concurrents directs, tels l’Indonésie croissante de la Chine dans l’importation que le bénéfice opérationnel des socié- ou la Malaisie, commencent à prendre de matières premières s’accompagne tés minières est passé de 5,8 milliards de des mesures limitant leurs exportations d’une accélération d’acquisitions chi- dollars australiens en 2001-2002 à de charbon ou de gaz naturel pour en noises dans les sociétés minières aus- 32,1 milliards en 2006-2007 et que les concentrer l’utilisation à leur propre traliennes. L’opinion publique est en prévisions de croissance sont exponen- besoin en forte croissance. Le défi de émoi. Les Australiens, bien conscients tielles. Cela n’a pas empêché la profes- l’Australie n’est donc pas de trouver le de la richesse exceptionnelle de leur sion de réagir violemment. Les ressources moteur de sa croissance future mais bien sous-sol, rechignent à perdre le contrôle naturelles ont besoin d’énormes capi- de gérer le développement économique de leur poule aux œufs d’or. L’exemple taux pour se développer mais ceux-ci se créé par ce boom de la demande pour le plus marquant reste la prise de parti- dirigent toujours là où ils sont les bien- ses matières premières. cipation avortée de l’Aluminium venus : dans les pays fiscalement stables Corporation of China (Chinalco) dans et transparents. Voila qui pourrait être Défi : gérer l’abondance Rio Tinto1. On craint que cette histoire le prochain grand défi australien. G Déjà la pénurie de main-d’œuvre et le qui a fait grand bruit ne laisse des traces manque criant d’infrastructures pous- importantes entre ces deux pays qui ont Patrick Cocquerel, CCE, sent les indicateurs de capacité pourtant tant besoin l’un de l’autre. directeur exécutif département d’utilisation vers leur maximum et exa- Enfin le débat politique australien s’est industries et matières premières, cerbent les risques d’inflation. La banque lui aussi tourné sur les ressources natu- Westpac Institutional Bank centrale vient d’augmenter son taux de relles. Là encore, bien conscients de leur base six fois depuis octobre 2009 dans position unique à la croisée d’une l’espoir d’éviter une surchauffe de demande asiatique exceptionnelle et 1) Début 2009, Chinalco propose de voler au l’économie. Le risque est de casser une d’une richesse souterraine pléthorique, secours de Rio Tinto, frappé par la crise mon- reprise qui reste fragile dans un contexte les Australiens sont soucieux d’utiliser diale en insufflant dans le groupe minier anglo- mondial encore très incertain. Avec un au mieux l’exploitation de leurs res- australien les quelque 12 milliards de dollars taux de chômage en baisse à 5,3 % et sources non renouvelables au profit des qui renforceraient sa participation, la faisant qui continue de se diriger vers le plein générations futures. Comment utiliser passer de 9 % à 15, voire près de 50 %. Volte- emploi, l’Australie manque cruellement cette précieuse manne financière pour face de Rio Tinto qui préfère se rapprocher de de main-d’œuvre pour développer ses enfin doter le pays des infrastructures son compatriote BHP Billiton. Six mois plus mines, construire ses ports et compléter qu’il mérite. tard, en pleines négociations annuelles entre son réseau de voies ferrées qui lui per- Après une lutte féroce entre l’industrie fournisseurs et consommateurs mondiaux sur le mettraient de répondre à la demande minière et le gouvernement qui a coûté prix du minerai de fer, le patron de Rio Tinto mondiale pour ses matières premières. son poste au Premier ministre Kevin Shanghai et trois de ses collaborateurs étaient Ce développement rapide pose aussi le Rudd, les deux parties ont trouvé un arrêtés, puis condamnés « pour espionnage ». CCE International — n° 551 — août/septembre 2010 33
  7. 7. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 34 MARCHÉS Australie Agriculture Une mutation orchestrée Confrontée à des contraintes environnementales de plus en plus sévères et à la baisse de la population agricole, l’Australie n’est plus tout à fait The Lucky Country du XIXe siècle © GREG SCULLIN/NEWSPIX où il était possible de faire sa fortune « sur le dos de ses moutons ». Dans une population nationale pourtant en forte hausse, la main-d’œuvre agricole reste insuffisante. our autant, l’agriculture demeure Premier exportateur mondial de laine, de produits agricoles bruts australiens P F TETIÈRE un secteur dynamique de son éco- nomie. Au sens large, prenant en compte productions animales et végétales, sylviculture et pêche-aqua- culture, elle contribue à hauteur de 2,6 % R ANKLIN G l’Australie est aussi le deuxième expor- tateur de viande bovine, après le Brésil, et de viande ovine après la Nouvelle- Zélande. En 2009, ses exportations agricoles et agroalimentaires ont atteint O THIC explosaient l’an dernier, passant de 24 à 59 millions d’euros, nos exporta- tions de ces mêmes produits, en légère progression (11,3 %), n’atteignaient même pas les 7 millions d’euros. Le phé- au Pib australien, avec une valeur de 20,8 milliards d’euros, soit 14 % nomène est inverse pour les produits E X T R A C ONDENSED production de 29,8 milliards d’euros en 2009. Les principales productions agri- C ORPS 40 ÉT R OI T. 95% FILET 0,7P environ des exportations totales de marchandises. Près de 60 % de ces T transformés : nos importations dimi- nuent (38,7 millions d’euros) tandis que coles sont la viande bovine (16,7 % du exportations concernent des produits nos exportations progressent, atteignant total australien), le blé (12,8 %), le lait, agricoles bruts, tandis que la plus grande 130,7 millions d’euros. Ce qui n’a pas l’orge et quelques autres céréales, la partie de ses importations alimentaires empêché les livraisons de vins français viande ovine, la laine (avec 400 000 (8,2 milliards d’euros en 2009) porte de chuter (-30,4 % en 2009) passant à tonnes l’Australie génère 36 % de la pro- sur des produits transformés et la ten- 42,9 millions d’euros. Petite consola- duction mondiale), la canne à sucre et dance se renforce. Premier fournisseur, tion, les exportations de chocolat et la vitiviniculture qui assurent cependant l’Asie, qui assure près du tiers du mar- confiseries françaises augmentaient de moins de 2 % de la valeur du secteur. ché (31,4 %), suivie de l’Union euro- 3,8 % pour atteindre 14,5 millions Côté transformation, l’agroalimentaire péenne à 27 (28,3 %) et des pays de d’euros. représente 19 % de la production de l’Alena (13,5 %). Même si les importations de produits l’industrie manufacturière du pays. Tandis que les importations françaises agroalimentaires sont soumises à des contrôles sanitaires parfois excessifs et si les décisions de Biosecurity Australia Principales productions agricoles (% de la valeur totale des productions) peuvent, dans certains cas, manquer de 20 transparence, l’accès au marché austra- 16,7 % lien est néanmoins relativement aisé pour 15 maintes denrées alimentaires. Sur 12,8 % le plan tarifaire, la protection dans 10 8,7 % le domaine agricole est quasiment nulle. 6% Pour autant deux points irritants subsis- 5,4 % 5 3,9 % tent qui affectent nos exportations à des- 2,1 % 1,9 % tination de l’Australie : une taxe (Wine 2,1 Mt 20,9 Mt 93,8 MhL 12,4 Mt 650 kt 400 kt 4,6 Mt 1,6 Mt 0 Equalisation Tax) de 29 % est prélevée Viande bovine Blé Lait Orge et Viande ovine Laine Canne Vitiviniculture autres (36 % de la prod. mond.) à sucre sur le vin et des droits compensateurs céréales sont imposés sur le brandy français. 34 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
  8. 8. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 35 Ces chiffres ne sauraient faire oublier Les grandes exportations 2009 Les grands clients (% du total des exportations des produits (% du total des exportations des produits les menaces qui pèsent sur l’agriculture agricoles et agroalimentaires) agricoles et agroalimentaires) australienne. Elles sont principalement Asie du Sud-Est 19 % de trois ordres. Tout d’abord la menace 20 Japon 16,3 % du changement climatique, aggravant Source : Mission économique Moyen-Orient 11,1 % 16,8 % la pénurie d’eau et la dégradation des 15,7 % Chine 10 % sols. Ensuite, bien que la population 15 Etats-Unis 9,4 % australienne soit en pleine croissance U. E. 8,2 % – les actuels 22 millions d’Australiens 0 5 10 15 20 devraient être 36 millions à l’horizon 10 2050 – la main-d’œuvre rurale est insuf- 7,6 % 7,2 % fisante et les rendements agricoles en 5,8 % Les grands fournisseurs 5 Source : Mission économique baisse. Autant d’éléments qui poussent (% du marché australien) le gouvernement australien à réviser Asie 31,4 % progressivement sa politique agricole. 0 U. E. à 27 : 28,3 % Celle-ci est davantage axée sur Viande bovine Blé Vins Laine Prod. laitiers (hors fromage) Alena 13,5 % l’accroissement de l’efficacité de la pro- 0 5 10 15 20 25 30 35 Source : Mission économique duction grâce à une meilleure gestion des ressources, l’innovation et les inves- tissements et très peu sur les soutiens directs aux producteurs (6 % des reve- Emploi nus seulement). Cherche main-d’œuvre… désespérément ? Innovation & Investissements Avec un marché du travail tendu à faire rêver les Occidentaux en cette délicate étrangers sortie de crise, l’Australie se retrouve, pour certains secteurs, en situation de Les efforts d’innovation s’orientent vers pénurie de main-d’œuvre. Un quasi plein emploi réjouissant mais que les entre- la biotechnologie. Le coton, l’œillet, le prises doivent gérer vite et habilement. colza et la rose bleue sont les seules cul- tures génétiquement modifiées (GM) Fin 2011, le taux de chômage devrait être redescendu au niveau d’avant la crise financière, dont la commercialisation est autorisée à peine plus de 4 %. Au pire moment, entre juillet 2008 et août 2009, il « culminait » à 5,8 %. en Australie actuellement. La surface Mi 2010, il était revenu à 5,3 %, soit moins 616 000 demandeurs d’emploi ! La reprise cultivée en colza GM au Victoria et en économique, notamment avec les grands projets d’infrastructures et les mines, un marché Nouvelle-Galles-du-Sud a quadruplé en du travail australien fortement dérégulé depuis 20 ans et le plan de stimulus fiscal mis un an pour recouvrir, en 2009, 40 000 en place par le gouvernement sont responsables de la situation. Une étude menée mondia- hectares, avec une production de près lement en 2010 par Manpower montre que l’Australie est sixième au classement des pays de 50 000 tonnes. Dans l’Etat du manquant de main-d’œuvre qualifiée, derrière le Japon, le Brésil, l’Argentine, Singapour et Western Australia qui vient récemment la Pologne. Les pénuries sont particulièrement sensibles dans les métiers techniques : de lever son interdiction des cultures ingénieurs, techniciens de bon niveau, personnel médical, électriciens, mécaniciens, etc. GM, ce sont 250 producteurs qui se sont L’immigration ne suffit pas empressés de planter 30 000 hectares de Une immigration de plus en plus sélective, basée sur la formation et le savoir-faire profes- colza GM cette saison. sionnel du candidat à l’émigration aurait dû aider les entreprises à combler leurs besoins Compte tenu de l’étendue du territoire en main-d’œuvre qualifiée. Malheureusement, le jeu de la politique locale amène régulière- et du potentiel offert dans le secteur ment le gouvernement en place à prendre une position dure et à limiter les entrées d’immigrants, agricole, de plus en plus d’investisseurs surtout en cette année d’élections. Reste la sous-traitance, largement utilisée pour rempla- étrangers s’intéressent au rachat cer les talents manquant à l’entreprise. L’esprit « entrepreneur » des Australiens et la simpli- d’exploitations australiennes – dont la cité administrative pour se lancer à son compte (micro compagnie) encourage cette pratique. superficie peut parfois dépasser celle du C’est une solution efficace pour un certain nombre de fonctions de l’entreprise, comme la territoire belge – dans une optique de paye, la logistique… production destinée à l’exportation. Le Les ressources humaines sont bien évidemment totalement tributaires de cet état de fait, gouvernement a à l’égard des investis- un employeur en Australie doit donc en tenir compte. Chaque fois qu’un besoin se fait jour, seurs étrangers une attitude très ouverte. il doit choisir entre un recrutement ou l’externalisation de la fonction. Plus généralement, pour Seules les acquisitions par des étrangers fidéliser les personnels occupant les postes clé il est indispensable de se tenir informé des de 15 % ou plus d’une entreprise agri- évolutions salariales et des divers systèmes d’intéressement ou plans de progression. Petite cole évaluée à plus de 154 millions douceur dans ce paysage aride : les charges patronales sont, en Australie, bien inférieures d’euros nécessitent l’approbation du à ce qu’elles sont en France (voir article sur l’environnement juridique). gouvernement. G Même si l’insolente santé économique de l’Australie est définitivement une bonne nouvelle, un retour aussi rapide à une situation de plein emploi doit être géré habilement et rapide- Eric Noitakis, conseiller économique, ment afin de trouver des solutions pratiques et efficaces. ambassade de France en Australie Corinne Bot, CCE, PDG Polyglot Group Pty Ltd CCE International — n° 551 — août/septembre 2010 35
  9. 9. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 36 MARCHÉS Australie Consommation Petit, riche, sophistiqué Le marché test par excellence Riche, avec un Pib par habitant de près de 39 000 dollars US (en parité de pouvoir d’achat), le consommateur australien est aussi dépensier. Une aubaine pour les exportateurs, notamment de produits haut de gamme. portant d’abord sur les voitures, puis les pro- duits « sur soi », comme l’habillement, les montres, les bijoux ainsi que les produits de beauté et de séduction (cosmé- tiques/parfums). La plupart des marques de luxe sont désormais présentes en Australie. En parallèle, la consommation de vin, local et importé, s’est aussi développée dans ce pays traditionnellement porté sur la bière. La production nationale ne couvrant géné- ralement pas l’ensemble de leurs besoins, les Australiens sont réceptifs aux produits TETIÈRE F R ANKLIN G O THIC importés. L’évolution des habitudes et la © HATHERLY RICHARD/NEWSPIX réactivité des acheteurs ont fait de ce petit marché -22 millions d’habitants- un marché E X T R A C ONDENSED C ORPS 40 ÉT R OI T. 95% FILET 0,7P T test plein d’enseignements. Exigeant, de plus en plus sophistiqué et informé des tendances européennes, le consommateur australien aime les nouveautés ainsi que les produits Le pouvoir d’achat du consommateur australien est supérieur de 15 % à celui alternatifs, c’est un early adopter, friand de du français. nouvelles technologies. L’impact grandissant des phénomènes de es habitudes du consommateur australien mode alimentés par les médias et la publicité L ont bien changé au cours des vingt der- nières années. Tout d’abord, il s’est enri- chi, en 15 ans, de 1991 à 2006, son pouvoir d’achat a augmenté de plus de 43 %. Aujourd’hui, il dépasse d’au moins 15 % celui jouent actuellement en faveur des produits « authentiques », tout ce qui véhicule une image liée à l’environnement et à la santé se vend bien. Ainsi, la demande de produits alimentaires frais et bio augmente et les du français, par exemple. Dans le même marchés de l’environnement et des produits temps, son approche traditionnellement liés aux économies d’énergie sont en crois- anglo-saxonne des produits « ostentatoires » sance. Alimentation, boissons, services finan- a fait place à un comportement plus asia- ciers, soins pour le corps et la forme, produits tique : son indifférence aux produits qui touristiques, sont parmi les mieux placés « donnent de la face », reflétant une position actuellement. sociale ou financière supérieure s’est lente- ment transformée en intérêt. Du modèle Des habitudes de pays riche anglais ou canadien, héritage du passé, il s’est La consommation des ménages représente rapproché des habitudes de ses nouvelles plus de la moitié du Pib australien, 55,5 %, populations, locale ou touristique, originaires en ligne avec ce qui se passe dans les d’Asie. Le virage s’est amorcé il y a une ving- pays industrialisés de longue date, elle est taine d’années, la demande pour les pro- de 56,9 % en France, par exemple. Sa répar- duits de luxe, donc principalement importés, tition s’est aussi rapprochée de celle qui 36 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
  10. 10. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 37 prévaut dans les sociétés évoluées et aisées : la partie consacrée à l’alimentation a beau- coup baissé (10,9 %, par comparaison les Français y consacrent encore 13,5 % de leurs dépenses) tandis que les sommes consacrées aux loisirs et la culture augmentent. Les Australiens ont donc dépassé la consomma- tion strictement utilitaire et achètent de plus en plus pour se faire plaisir, sans besoin particulier. Comme, malgré un rapide retour de la croissance, le consommateur reste sensible au prix, son schéma est souvent « j’attends les soldes… et je m’endette ». Ce La publicité est recours très fréquent au crédit, à rapprocher omniprésente, © JOHN GRAINGER/NEWSPIX de celui des ménages américains mais tota- lement différent de celui des ménages en 2009, chinois qui privilégient toujours l’épargne et l’investissement le long terme, peut mener au surendettement, surtout chez les jeunes. Le taux d’endettement publicitaire des ménages est l’un des rares indicateurs Le commerce en ligne se développe à par habitant grande vitesse. économiques régulièrement préoccupant. a atteint Dans ce contexte, la publicité est omnipré- sente, tant à la télévision, à la radio que dans biens de consommation. Le tourisme est très 481 dollars US. les magazines et le secteur du détail rivalise concerné, les Australiens étant de grands Il est de de trouvailles pour attirer le client. Rapportée voyageurs et, vu l’éloignement, adeptes des 210 dollars à la tête d’habitant, le poids de cette publi- longs courriers, on estime que d’ici quelques cité est certainement un des plus élevés du années 70 % des vols « simples » (allers- en France monde dit « développé » et il ne cesse de gran- retours sur une destination) seront achetés dir. En effet, l’année dernière, les investisse- par Internet. ments publicitaires par habitant sont mon- Même si sa population est très loin des tés, en Australie, à 481 dollars US, contre masses que représentent ses énormes voisins, 210 dollars en France1. Inde et Chine notamment, le marché austra- Autre phénomène récent pour le commerce lien recèle d’évidentes pépites, essentielle- de détail dans les grandes villes : le déplace- ment liées à la croissance du pouvoir d’achat ment en proche banlieue, limité jusque récem- et à l’évolution des habitudes de consom- ment aux achats d’alimentation, il prévaut mation. Intéressant pour tout exportateur il désormais pour les achats de produits de devient essentiel dès que l’on aborde les pro- marques, voire de luxe. Ce type de consom- duits à forte valeur ajoutée. G mateurs se risque désormais dans des centres Maxime Elgue, CCE, 1) Source : GroupM « Worlwide commerciaux excentrés, sans âme, mais qui directeur des opérations, Autore media & marketing forecasts » offrent des avantages interdits en centre ville Summer 2010. notamment les facilités de parking, un équi- libre entre boutiques et lieux de restauration ou de loisirs, comme les cinémas. En fin de PIB par habitant semaine, des centres comme ceux de Bondi (Parité pouvoir d’achat en dollar US) Junction à Sydney ou Chadstone à Melbourne ne désemplissent pas. Pour les jeunes ce shop- ping grignote petit à petit les plages horaires 35 677 réservées traditionnellement aux sports. Même si les loyers sont élevés, les marques trouvent 30 357 là une nouvelle clientèle qui a déserté le quar- tier commerçant du centre ville. 25 037 Autre évolution, semblable à la tendance 19 717 mondiale mais avec une vigueur toute par- ticulière dans un pays aussi vaste, le déve- 14 397 loppement rapide du commerce en ligne. Il vaut pour tous les produits et services, sans 9 077 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 exception, d’ici 2020, le e-commerce devrait 81 83 85 87 89 91 93 95 97 99 01 03 05 07 représenter près de la moitié des achats de Source : La Banque Mondiale CCE International — n° 551 — août/septembre 2010 37
  11. 11. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 38 MARCHÉS Australie Environnement Les promesses des énergies renouvelables Le gouvernement australien s’est fixé deux objectifs clés à atteindre en 2020 : réduire de 5 % à 15 % ses émissions de gaz à effet de serre et porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation australienne. son modèle européen, le marché austra- En 2007, le Royaume-Uni dominait les lien de quotas prévoit de plafonner les investisseurs européens avec près de émissions « autorisées » de gaz à effet de 50 % des IDE dans les services et pro- serre, de telle sorte que les entreprises duits environnementaux (uktradeinvest). vertueuses pourront vendre leurs quotas L’Australie héberge aujourd’hui parmi les en surnombre aux entreprises ayant plus grandes capacités de parcs éoliens dépassé les leurs, il en diffère sur de nom- avec Waubra Wind Farm (192 MW) et breux autres points. Quelques diver- attire de nombreux investisseurs et gences : un objectif à 2020 de -5 % par opérateurs étrangers (Acciona, Investec rapport à 2000 pour l’Australie et de Bank, Mitsui & Co, Union Fenosa). En -20 % par rapport à 2005 pour l’Union avril 2009, les parcs éoliens représen- européenne ; 75 % des émissions de gaz taient 13 % des projets de production à effet de serre concernés avec 1 000 sites d’électricité. couverts pour l’Australie et 52 % avec Ainsi si le report du projet australien de TETIÈRE F R ANKLIN G 12 000 sites pour l’Union européenne. 20 % de l’électricité issue d’énergies renouvelables O THIC marché de quotas de gaz à effet de serre porte un coup à brève échéance aux réductions d’émissions en se privant E X T R A C ONDENSED C ORPS 40 ÉT d’ici 2020 R OI T. 95% FILET 0,7P T d’un levier puissant, il n’en reste pas © EDWARDS BRENTON/NEWSPIX moins que le pays est toujours très En parallèle, le gouvernement australien mobilisé sur l’essor des technologies s’est doté d’un nouvel objectif qui pré- propres et de sa production d’énergie voit qu’à l’horizon 2020, 20 % de renouvelable exploitant un potentiel l’électricité devra être issue d’énergies naturel à ce jour peu valorisé. L’atteinte renouvelables. Selon le gouvernement, des objectifs nationaux ne se fera qu’à L’éolien, en croissance, attire beaucoup cet objectif pourra quasiment être atteint travers une forte mobilisation des inves- d’investisseurs étrangers. aux deux tiers grâce aux nouveaux inves- tisseurs étrangers. C’est pour les entre- tissements réalisés en Australie en utili- prises françaises une opportunité de e rejet par le sénat du projet de loi sant les capacités de génération éoliennes développement à considérer car elles L visant à créer un marché du carbone pour l’Australie a certes conduit le gouvernement à en reporter la mise en place à l’horizon 2013, néanmoins la détermination reste intacte. Ce projet aus- et géothermiques. Avec un milliard de dollars d’investissement dans le secteur des énergies renouvelables en 2009, l’Australie se situe au quatorzième rang des pays du G20. L’investissement direct sont actuellement sous représentées dans ce secteur en Australie. G Frédéric Papon, Manager Climate Change and Sustainability, Ernst & tralien de marché de quotas d’émissions étranger (IDE) sera un des principaux Young et Christophe Hoareau, CCE, de gaz à effet de serre est l’un des plus moteurs du développement du secteur. Executive Director, Ernst & Young avancés avec ceux du Canada (2012), des Etats-Unis (2012) et du Japon (2011/2012). Dans sa version actuelle, il couvre environ 75 % des émissions aus- Les 3 programmes du Clean Energy traliennes et permettrait, à l’aide d’un • Energie solaire (Solar Flagships Program) : 1,6 milliard de dollars sur six ans système d’échange de quotas d’atteindre • Séquestration et stockage du carbone (CSC Flagship Program) : 12,4 milliards de dollars sur en 2020 des réductions d’émissions com- neuf ans prises entre 5 % et 15 % par rapport aux • Centre pour les énergies renouvelables (Australian Centre for Renewable Energy) : 465 millions émissions de l’année 2000. Si, comme de dollars pour la supervision de l’exécution des programmes. 38 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010
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  13. 13. Marche551-2.qxp:CCE521_marché 2 aout2 8/09/10 9:30 Page 40 MARCHÉS Australie Biotechnologies Opportunités à saisir Les opportunités qu’offre l’Australie, située dans une zone de tests cliniques de large envergure en croissance accélérée, sont démultipliées dans un confère à l’Australie une expertise mon- dialement reconnue dans le domaine de secteur en plein développement, les biotechnologies. la recherche biomédicale. Avec 154 molé- cules actuellement en cours de tests cli- niques, dont une proportion significative (58 %) est en phase II et III, l’Australie exerce aujourd’hui un poids non négli- geable sur l’industrie pharmaceutique mondiale. En 2007, le nombre de tests cli- niques en cours en Australie a augmenté de plus de 200 %. Sur l’ensemble de ces tests, 68 % étaient conduits en partena- riat avec des organisations étrangères. Une © JIM TRIFYLLIS/NEWSPIX étude réalisée auprès de 27 entreprises membres d’Ausbiotech montre que ces dernières ont dépensé 794,1 millions de dollars en R & D en 2010. L’Australie joue un rôle important dans des découvertes de premier plan. Etat de fait rassurant pour les investis- seurs, la législation australienne en matière es secteurs du biomédical, du dia- Nobel) et le pays s’est doté d’infrastructures de propriété intellectuelle, est l’une L gnostic, des équipements médicaux, TETIÈRE F R ANKLIN G de l’agriculture et de l’agroalimentaire offrent de nombreuses possibilités aux investisseurs internationaux. L’Australie, E X T R A C ONDENSED récemment classée devant les États-Unis, de première importance, dont le synchro- tron de Melbourne. Des infrastructures de R & D parmi les meilleures au monde C ORPS 40 ÉT O THIC R OI T. 95% FILET 0,7P des plus efficaces au monde en ce qui concerne le dépôt et la protection des bre- vets. Le gouvernement australien a, de plus, mis sur pied des programmes d’aide T à l’innovation adaptés à chacune des Singapour, l’Inde, l’Allemagne et le Japon, Cet équipement de 220 millions de dol- phases du processus de R & D et prévoit se distingue notamment dans des lars australiens devrait encore accélérer divers soutiens à la R & D, dont des exo- domaines tels que les tests cliniques (où les recherches scientifiques et industrielles nérations d’impôts. La France et l’Australie une récente enquête de l’association pro- dans le pays qui a participé activement à font toutes deux partie du top 10 des pays fessionnelle AusBiotech la place en tête des découvertes essentielles. Parmi elles, en développement rapide sur le segment des pays leaders), la découverte de nou- le premier vaccin contre le cancer du col des biotechnologies mais les coopérations veaux génomes présents dans le milieu de l’utérus, l’élaboration de l’implant bilatérales sont encore rares.G naturel australien et la recherche sur les cochléaire ou encore la synthèse des acides cellules souches. On compte désormais gras Omega3. La présence de six univer- Bruno Gutton, CCE, General Manager plus de 1 100 entreprises spécialisées sités de renom associées à des hôpitaux Commercial East West Trades, ANL en biotechnologie en Australie. 460 universitaires conduisant des programmes Container Line Pty Ltd (Melbourne) d’entre elles sont impliquées dans le développement d’outils thérapeutiques et de diagnostic, les autres dans celui d’appareillages et dans l’agriculture. Promesses en chiffres Quelque 40 000 emplois directs découlent • Le secteur biotechnologique et pharmaceutique rapporte en moyenne 12 milliards de dollars par du secteur biotechnologique et pharma- an en Australie. ceutique dans le pays, sans compter les • L’État du Victoria estime que la capitalisation boursière des dix premières entreprises milliers d’emplois directs dans le secteur biotechnologiques est passée de 7,5 milliards de dollars en 2001 à 21 milliards en 2008. agricole et ceux indirects dans des • Fin 2008, la capitalisation boursière des dix premières entreprises spécialisées dans domaines tels que les essais cliniques, la l’appareillage médical s’élevait à 11,4 milliards de dollars. recherche médicale… • Grâce à des découvertes majeures en 2009, on estime que les 40 premières entreprises Les succès de l’Australie en la matière sont australiennes (sauf les trois premières) ont doublé leur cours de bourse et leur régulièrement salués (neuf Australiens ont capitalisation boursière. vu leur travail dans des domaines relatifs • L’augmentation en capital du secteur est passée de 180 millions de dollars en 2008 à la médecine récompensé par un prix à 673 millions en 2009. 40 CCE International — n° 551 — août/septembre 2010

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