Lettre économique                            Japon, Corée, Australie                             et Nouvelle-Zélande      ...
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Lettre économique Japon, Corée, Australie et Nouvelle-Zélande n36 (mai 2012)
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Plus d'informations sur le site des Conseillers du Commerce Extérieur de la France, Section Australie: http://australie.cnccef.org

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Lettre économique Japon, Corée, Australie et Nouvelle-Zélande n36 (mai 2012)

  1. 1. Lettre économique Japon, Corée, Australie et Nouvelle-Zélande n°36© DG Trésor 25 mai 2012Sommaire1) Japon : quelle politique de croissance ? .............................................................................................................. 3 Le Japon est confronté à un ralentissement important de sa croissance depuis une vingtaine d’années, en partie dû à une succession de chocs cycliques mais aussi à cause de facteurs plus structurels. A moyen-terme, la croissance potentielle pourrait être de seulement ½ %, en raison de la baisse de la population active et de la contribution négligeable du capital. Les nombreuses « stratégies de croissance » publiées contiennent souvent des recommandations identiques pour augmenter le potentiel de l’économie : stratégie du gouvernement de juin 2010, propositions du patronat de septembre 2011, rapports annuels des institutions internationales... La mise en œuvre de ces réformes pourrait permettre de porter la croissance potentielle à 1%.2) Japon : l’appréciation récente du yen, notamment vis-à-vis de l’euro, a-t-elle contribué au développement des investissements japonais à l’étranger ? ......................................................................................................... 7 L’examen des données de fusions-acquisitions mais aussi des flux d’investissement direct étranger (IDE) donne une image contrastée. En 2011, le montant des opérations japonaises de fusions-acquisitions vers l’extérieur a atteint son plus haut niveau depuis trois ans. L’Europe a été la première destination des opérations de fusions-acquisitions devant les Etats-Unis. Un indicateur plus large que les opérations de fusions-acquisitions, celui des investissements directs à l’étranger (IDE), témoigne d’un intérêt renforcé pour la région Asie.3) Corée : le secteur de l’assurance et les difficultés rencontrées par les opérateurs étrangers.......................... 11 Le marché coréen de l’assurance représentait des actifs de l’ordre de 439 Mds USD en 2010, soit 43% AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 1/28
  2. 2. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 du PIB, et des primes de 114 Mds USD, soit 11% du PIB. Malgré son ouverture, accélérée par la crise financière de 1997, le marché est resté très concentré dans les mains d’un nombre limité d’acteurs locaux et les opérateurs étrangers peinent à s’imposer. Les segments qui ont tiré l’activité du secteur, comme l’assurance-vie dans sa vocation d’épargne, devraient connaitre à l’avenir une croissance plus limitée, contrainte par un niveau d’épargne faible et par une population vieillissante. Des opportunités existent dans le domaine des produits d’assurance santé et protection des personnes ainsi que pour les produits d’assurance innovants. Néanmoins, le développement de ces nouveaux produits est soumis au contrôle rigoureux de l’autorité de régulation qui, sous couvert de protection des droits du consommateur, veille à protéger les positions acquises par les opérateurs locaux.4) Corée : le pays se dote d’un dispositif de marché des crédits carbone à horizon 2015 .................................... 14 La Corée, qui entend demeurer hors Annexe 1 dans le cadre des négociations sur le changement climatique et refuse tout engagement contraignant, a adopté des mesures volontaires de réduction de ses émissions de 30% sous la tendance d’ici 2020 et a lancé, fin 2009, un plan de croissance verte, la « Low Carbon Green Growth Strategy ». Le pays s’est d’abord doté, le 1er janvier 2012, d’un dispositif de réduction d’émissions. Puis le 2 mai 2012, la loi portant sur la mise en œuvre du marché des permis d’émission de gaz à effet de serre sur le modèle européen a finalement été votée, amendée et avec une entrée en vigueur reportée à 2015, en raison de l’opposition des industriels. La mise en place d’un marché de permis d’émission de gaz à effet de serre constitue l’une des mesures les plus concrètes de l’engagement de la Corée dans la lutte contre le changement climatique. Elle ouvre également un vaste champ de coopération possible avec les opérateurs européens, pour la mise en place du marché et son interfaçage avec les marchés internationaux.5) Australie : budget de l’Etat pour 2012-2013..................................................................................................... 17 Ce budget de combat avant les élections de 2013 combine rigueur et relance du pouvoir d’achat, au prix de prévisions optimistes qui obligeront peut-être le gouvernement à revoir sa copie plus vite que prévu. Selon les milieux d’affaires et l’opposition, l’objectif du gouvernement est clairement la reconquête de l’électorat travailliste au détriment de l’agenda d’amélioration de la compétitivité.6) Nouvelle-Zélande : les investissements directs croisés avec la France ............................................................ 22 La Nouvelle-Zélande a longtemps favorablement accueilli les investissements directs étrangers (IDE), en particulier après la vague de libéralisation entamée au milieu des années 1980. La bonne santé économique du pays et le cadre juridique (fondamentaux solides, pratiques saines et transparentes, facilités d’investissement et d’implantation…) ont d’autant plus favorisé l’entrée des capitaux étrangers qu’ils y étaient reconnus comme un facteur de croissance et d’amélioration de la performance. Cependant, depuis la crise de 2008-2009, la Nouvelle-Zélande au nom de l’« intérêt national » met en œuvre une politique sélective d’accueil des IDE. Les flux d’IDE croisés entre la France et la Nouvelle-Zélande se caractérisent en 2010 par des désinvestissements, plus marqués en Nouvelle- Zélande qu’en France.6) Japon, Corée, Australie et Nouvelle-Zélande : indicateurs économiques ........................................................ 25 AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 2/28
  3. 3. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 Japon : quelle politique de croissance ? Le Japon est confronté à un ralentissement important de sa croissance depuis une vingtaine d’années, en partie dû à une succession de chocs cycliques mais aussi à cause de facteurs plus structurels. A moyen-terme, la croissance potentielle pourrait être de seulement ½ %, en raison de la baisse de la population active et de la contribution négligeable du capital. Les nombreuses « stratégies de croissance » publiées contiennent souvent des recommandations identiques pour augmenter le potentiel de l’économie : stratégie du gouvernement de juin 2010, propositions du patronat de septembre 2011, rapports annuels des institutions internationales... La mise en œuvre de ces réformes pourrait permettre de porter la croissance potentielle à 1%. 1. Le Japon est confronté à un ralentissement important de sa croissance depuis une vingtaine d’années, en partie dû à une succession de chocs cycliques Les décennies d’après-guerre au Japon ont été celles d’une croissance élevée, avec une progression annuelle moyenne du PIB de 10% dans les années 1960 et de 4% dans les années 1970 et 1980. Depuis les années 1980, une succession de crises conjoncturelles, domestiques ou externes rendent difficile l’analyse des facteurs de long-terme : ▪ L’éclatement de la bulle économique des années 1990 a ramené le pays à une croissance beaucoup plus faible, avec plusieurs passages par des périodes de croissance négative, comme en 1998 (-2,1%), liée à la fois à la situation du secteur bancaire et à la crise asiatique de 1997. En même temps, le Japon a connu une bonne reprise avec la période de croissance élevée de l’économie mondiale entre 2002 et 2007. ▪ La contraction du commerce international suite au choc Lehman a conduit à une contraction importante du PIB, de 9% en cumulé entre le deuxième trimestre 2008 et le premier trimestre 2009. La reprise qui a suivi (+7% en cumulé jusqu’à fin 2010) n’a permis de combler que 70% de la chute de l’activité. ▪ Le séisme de mars 2011 a cassé la reprise, avec une contraction du PIB de 0,7% sur l’année 2011. A cela s’ajoutent le ralentissement de l’économie mondiale (situation aux Etats-Unis et en Europe mais aussi moindre demande des pays émergents asiatiques) et les inondations en Thaïlande. Le séisme du 11 mars 2011 a eu un impact beaucoup plus fort que le séisme de Kobé en 1995, en partie à cause de la rupture des chaînes de production et de la situation du secteur énergétique. 2. Le cadre d’analyse traditionnel de la croissance potentielle, via une fonction de pro- duction, permet d’apprécier la contribution future des facteurs de productions1 A moyen-terme, la croissance potentielle pourrait être autour de ½ % sur les quarante prochaines années (0,6% pour 2010-2030 et 0,4% pour 2030-2050). ▪ Travail. Le Japon connaît une démographie déclinante, avec un taux moyen de 1,37 enfant par femme, contre 2,01 en France en 2010. La population totale n’est en baisse que depuis 2008, mais la population en âge de travailler (20-64 ans) diminue depuis 1999 déjà. Ce déclin va s’accélérer dans les années à venir avec une diminution de la population dans la tranche 20-64 en moyenne de 1,5% par an de 2035 à 2050 ; cette1 Cf. annexe 1. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 3/28
  4. 4. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 population passera de 75 millions de personnes en 2010 à 46 millions en 2055. La perte de croissance associée à ce déclin est estimée à environ 0,4 point de PIB (0,3 point de 2010 à 2030 ; 0,5 point de 2030 à 2050). ▪ Capital. Le Japon voit depuis plusieurs années ses investissements en capital productif reculer significativement en valeur nominale ; la formation brute de capital fixe atteignait quasiment en moyenne 30% du PIB à la fin des années 1990, pour ensuite descendre à 23% du PIB avant le choc Lehman. Depuis 2009, la formation brute de capitale fixe correspond à seulement 20% du PIB. Le volume de capital fixe n’a ainsi augmenté que de 5,8% entre 1996 et 2009. En effet, malgré des investissements importants, le taux de dépréciation du capital fixe est élevé au Japon, à 8,8% par an (contre un taux de 3,8% en moyenne dans les statistiques françaises2). En outre, le stock de capital connaît un vieillissement progressif, avec un âge moyen qui est passé de 7,3 ans en 1995 à 10,6 ans en 2009. Aucun indicateur ne permet d’affirmer que les investissements en capital augmenteront significativement dans les années à venir, et donc, dans le scénario tendanciel, la contribution du capital à la croissance est négligeable. ▪ Productivité. La productivité est le moteur majeur de la croissance japonaise de ces dix dernières années et continuera à jouer ce rôle dans les décennies à venir. Dans les années 1980, la productivité générale des facteurs (PGF) a contribué pour un peu moins de 2 points en moyenne à la croissance (1,8 point). La crise économique des années 1990 a considérablement ralenti ce rythme, qui n’est plus que de 0,5 point par an. Les années 2000, qui ont marqué l’essor des technologies de l’information et de la communication, ont vu une nette reprise de l’augmentation de la productivité, à 0,9 point en moyenne (hors impact du choc Lehman de 2008), et, en première approximation, un taux similaire est retenu en projection. 3. Le travail et la productivité générale des facteurs représentent les deux facteurs principaux sur lesquelles les politiques publiques peuvent jouer pour augmenter la croissance potentielle du Japon Les recommandations du gouvernement (cf. annexe 2) mais aussi du secteur privé ou des institutions internationales pour augmenter la croissance potentielle de l’économie sont souvent similaires.  Travail des femmes et des seniors. La baisse de la population des 20-64 ans serait compensée en partie par une participation accrue des femmes et des seniors au marché du travail. Le taux d’activité des femmes est inférieur d’un quart à celui des hommes, soit 63% contre 85% sur la tranche 20-64 : une participation accrue des femmes au marché du travail (+7 points en 20 ans à 70%, ce qui correspond aux attentes des femmes exprimées dans des enquêtes) permettrait un gain de 0,1 point de PIB par an. De même, la participation des personnes âgées de 60 à 69 ans au marché du travail devrait augmenter via de nombreux emplois à temps partiel, mais il est difficile de chiffrer ce phénomène avec précision. Au final, une augmentation de la participation des femmes et des seniors au marché du travail devrait contribuer à augmenter la contribution du facteur travail au PIB de 0,2 point par rapport au scénario tendanciel (baisse de 0,1 point au lieu de 0,3 point en 2010-2030, et de 0,3 point au lieu de 0,5 sur les décennies 2030-2050).  Gains des réformes structurelles en matière de productivité. La PGF représente le réservoir de croissance potentielle principal du Japon, et devrait représenter de manière tendancielle dans les années à venir un gain de PIB d’un peu moins d’un point par an. Cependant, beaucoup de facteurs peuvent jouer sur ce paramètre2 Cette différence semble refléter des différences de structures productives ou de système comptable. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 4/28
  5. 5. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012qui représente une marge de manœuvre importante pour les politiques publiques japonaises : i/ l’ensembledes accords de libre-échange (Partenariat transpacifique – TPP –, accords bilatéraux projetés avec la Chine etl’UE…) pourrait représenter un gain de PIB de 1,6% sur dix ans, soit un rythme annuel de 0,15 point decroissance supplémentaire, en partie dû aux bénéfices de réformes réglementaires pour se mettre enadéquation avec ces accords ; ii/ des gains de productivité supplémentaires peuvent être réalisés dans d’autresdomaines, par exemple dans le soutien aux PME et des start-up, la réforme des services ou de l’agriculture,une plus grande ouverture à l’expertise étrangère (capital et main d’œuvre), avec peut-être un gain de 0,2point de PIB par an. *Dans sa stratégie de croissance de juin 2010, l’objectif du gouvernement est de porter la croissance potentielledu Japon sur la décennie 2010-2020 autour de 1,5 % du PIB (ou 2% en tenant compte de la reprise cycliqueaprès le choc Lehman). Si cet objectif peut paraître ambitieux, les mesures identifiées ci-dessus, qui serecoupent en partie avec celles du gouvernement, permettent d’identifier au moins ½ point de croissancesupplémentaire qui dépend de la mise en œuvre de réformes structurelles. Le défi principal réside cependantdans la mise en œuvre effective de ces réformes dans un contexte d’atonie politique. En mai 2012, un bilanaprès deux ans de la stratégie de croissance officielle a montré que seules 10% des 410 mesures avaient produitdes résultats et que 40% des mesures n’avaient pas été mises en œuvre, ou alors de manière très partielle.Annexes 1. Analyse de la croissance potentielle du Japon avec une fonction de productionLe modèle utilisé est celui d’une fonction de production de Cobb-Douglas : où Y est la production totalede l’économie japonaise, L la quantité de travail totale engagée dans le processus de production et K la quantité totale decapital fixe. A est un facteur agrégé qui représente la productivité globale des facteurs (PGF). Les coefficients α et β sontpris égaux à 1/3 et 2/3 respectivement, ce qui correspond approximativement au partage de la valeur ajoutée entre le travailet le capital. La croissance de l’économie provient donc soit de la croissance d’un des deux facteurs de production pondéréepar le coefficient α ou β, soit de la croissance de la PGF. Tableau 1 : Taux de croissance annuelles, historique et projection Historique ‘Décennies Projection Projection 1980-1990 perdues’ 2010-30 2030-50 1990-2010 Scénario tendanciel Capital 3,8 0,9 <0,1 <0,1 Travail 1,2 0,1 -0,9 -1,5 Productivité (PGF) 1,8 0,7 0,9 0,9 PIB = α d Travail + β d Capital + PGF 4,7 1,3 0,6 0,4 Mesures économiques à partir de 2012 Participation des femmes et des seniors 0,2 0,2 Accords de libre-échange (gains répartis sur 10 ans) 0,15 … Autres mesures 0,2 0,2 PIB avec mesures de croissance 1,1 0,75Source : SER de Tokyo. 2. Stratégie de croissance du gouvernement (présentée en juin 2010)Le gain de croissance associé à la mise en œuvre de cette stratégie est estimé entre 0,7 et 1 point de PIB (côté offre ou AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 5/28
  6. 6. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012côté demande). Les autorités japonaises entendent mettre l’accent sur des secteurs dont le développement sera très rapidedans les années à venir et qui pourraient représenter 16% du PIB en 2020 : i/ le secteur de la santé (vieillissement de lapopulation), ii/ le secteur de l’environnement (épuisement des ressources naturelles et réchauffement climatique) et iii/ letourisme. Le Japon désire créer de nouveaux marchés dans ces domaines par le biais de nouvelles initiatives publiques afind’y occuper une position de pointe, ce qui pourrait représenter ½ point de croissance supplémentaire par an. Le Japoninvestira massivement dans ces secteurs : les dépenses en R&D du Japon sont déjà les plus importantes au monde entermes de ratio du PIB, à 3,6% actuellement (contre par exemple 2,3% en France en 2009), mais le Japon souhaiteraitporter ce taux à 4%. Tableau 2 : Mesures dans la « Nouvelle Stratégie de Croissance » de juin 2010 Type de mesures ‘000 En % Million Mds de du PIB d’emplois yens 2020 1/ créés 1. Environnement. Energies renouvelables (solaire…) et nucléaire, 50 8% 1,4 Immobilier, recyclage, produits « verts » … 2. Santé et prise en charge des personnes âgées. Soins à domicile et 45 7% 2.8 maisons de retraite, innovation (robotique, médicaments), rémunération du personnel soignant, logement « barrier-free »… 3. Intégration économique régionale. Zone de libre-échange Asie- - - - Pacifique, reconnaissance des normes japonaises, ouverture des marchés publics nationaux, hub 24h/24 à Haneda, « ciel ouvert » en Asie 4. Tourisme. Visas de tourisme, infrastructure de transport… 10 1,5% 0,6 5. R&D. Dépenses de R&D supérieures à 4% du PIB ; investissement - - - dans les TIC, aides à l’innovation ; plein emploi pour les doctorants en science et technologie, réforme des universités et instituts de recherche 6. Réforme du marché du travail. Insertion durable des freeters et des - - - femmes, accueil des enfants en bas âge dans les entreprises, couverture sociale et salaire horaire minimum… 7. Réforme du secteur financier. Facilitation de l’accès aux marchés - - - financiers japonais pour les étrangers, grâce notamment à une meilleure intégration de l’anglais, et à une réforme réglementaire… Total 105 16 4.8 Sources : Cabinet Office, SER de Tokyo. 1/ Poids dans le PIB des secteurs concernés à l’horizon 2020. Source : traduction de la stratégie de croissance, Cabinet Office, juin 2010. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 6/28
  7. 7. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012Japon : l’appréciation récente du yen, notamment vis-à-vis del’euro, a-t-elle contribué au développement des investissementsjaponais à l’étranger ?L’examen des données de fusions-acquisitions mais aussi des flux d’investissement direct étranger (IDE) donneune image contrastée. En 2011, le montant des opérations japonaises de fusions-acquisitions vers l’extérieur aatteint son plus haut niveau depuis trois ans. L’Europe a été la première destination des opérations de fusions-acquisitions devant les Etats-Unis. Un indicateur plus large que les opérations de fusions-acquisitions, celui desinvestissements directs à l’étranger (IDE), témoigne d’un intérêt renforcé pour la région Asie.1. Le yen s’est apprécié en 2011 en raison du statut de « safe haven » du JaponLes inquiétudes liées à la soutenabilité des dettes souveraines en Europe ont entrainé une baisse de l’euro : englissement sur l’année 2011, le yen s’est apprécié de 8% par rapport à l’euro. Par rapport au dollar, affecté àpartir de l’été par la situation des finances publiques aux Etats-Unis, l’appréciation a été de 5%. Deux élémentsmodèrent cependant l’impact de l’appréciation observée en 2011 :▪ Le taux de change effectif réel du yen, calculé par la Banque du Japon sur la base des quinze principauxpartenaires commerciaux du Japon, a progressé de seulement 1,3% en 2011 ;▪ Le yen a connu une période rapide de dépréciation de février à mi-mars 2012, qui a conduit à réduire lesécarts observés en 2011 : le yen s’est ainsi déprécié de 5% par rapport à l’euro et de 4% par rapport au dollar.2. En 2011, le montant des opérations japonaises de fusions-acquisitions vers l’exté- rieur a atteint son plus haut niveau depuis trois ansLe montant total des opérations s’est élevé à 6 270 Mds de yens (+67% par rapport à 2010). Plus de 70% duvolume des fusions-acquisitions japonaises a eu lieu dans le secteur pharmaceutique (une seule opérationmais de grande envergure) et dans le secteur de l’énergie et des matières premières, pour un investissementtotal supérieur à 3 000 Mds de yens. Ces tendances sectorielles s’expliquent par deux raisons principales : i/ lahausse des investissements dans le secteur des matières premières liée aux restrictions chinoises sur lesexportations de terres rares ; ii/ l’arrêt de centrales nucléaires suite au séisme du 11 mars qui a conduit àdiversifier les approvisionnements énergétiques.3. L’Europe a été la première destination des opérations japonaises de fusions- acquisitions devant les Etats-Unis en 2011Le nombre de transactions en Europe est resté globalement stable, mais le montant des transactions afortement augmenté : 125 opérations japonaises ont été finalisées en Europe pour un montant total de 27 000Mds de yens, soit une augmentation de 185% par rapport à 2010. Cela représente 43% des opérations versl’extérieur (in-out). Deux opérations spécifiques attirent notamment l’attention : le rachat pour 1 100 Mds deyens de l’opérateur pharmaceutique suisse Nycomed par le leader japonais Takeda Pharmaceutical (le plusgros investissement japonais à l’étranger en 2011), et le rachat par Mitsubishi Corporation de 24,5% des parts AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 7/28
  8. 8. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 de la société Anglo American Sur S.A. (Royaume Uni), détenteur de droits d’exploitation de mines de cuivre au Chili, pour un montant de 420 Mds de yens. Cette tendance se poursuit en 2012 avec l’annonce en avril du rachat par UCC Holding de United Coffee, le premier torréfacteur européen, pour 500 millions d’euros. 4. Pour autant, plusieurs indicateurs montrent l’intérêt persistant des Japonais pour l’Asie ▪ En nombre d’opérations, l’Asie est le premier partenaire des fusions-acquisitions vers l’extérieur du Japon, avec 198 fusions-acquisitions réalisées en 2011, soit 43% du total des opérations ; ▪ Un indicateur plus large que les opérations de fusions-acquisitions, celui des encours d’investissements directs à l’étranger (IDE), montre que l’Asie continue à susciter l’intérêt grandissant des groupes japonais. Les Etats-Unis demeurent la première destination des stocks d’IDE japonais (30% du total) mais connaissent une baisse continue depuis 2005 (-8 points) au profit de l’Asie3. Les investissements japonais dans les pays asiatiques se sont multipliés au cours des cinq dernières années et représentent désormais 26% du stock total d’IDE japonais sortants en 2010, avec une forte composante industrielle (65%). L’Asie se positionne depuis 2009 devant l‘Europe, où le stock d’IDE sortants japonais est resté stable depuis 2008 à plus de 23% du total4. ▪ En matière de flux d’IDE sortants japonais en 2011, l’Europe est à peu près au même niveau que l’Asie : les flux d’IDE totaux sont de 9 130 Mds yens, avec 3 120 Mds yens en Asie et 3 140 Mds yens en Europe, mais seulement 1 190 Mds de yens aux Etats-Unis. Les principaux secteurs sont la finance/assurance (1 500 Mds de yens) et la chimie/pharmaceutique (1 500 Mds yens). 5. La stratégie des groupes japonais reste orientée vers les marchés émergents asiati- ques, en raison de leurs forts potentiels de croissance Mis en difficultés par l’appréciation du yen ainsi que par le degré croissant d’innovation et de compétitivité des concurrents chinois et coréens notamment, les groupes japonais orientent leur stratégie vers la zone Asie. Le Japon, qui bénéficie d’une bonne image auprès des jeunes consommateurs des pays d’Asie du sud-est, espère bénéficier de la forte croissance de ces marchés émergents (prévision de 5,6% de croissance en 2012 selon le FMI) et du nombre élevé de consommateurs : la population d’Indonésie, des Philippines, du Vietnam, de Thaïlande et de Malaisie devrait croître de 14 millions d’habitants d’ici 2016 et atteindre 553 millions en 2016. En outre, le Japon a joué un rôle fondamental depuis 1980 dans l’industrialisation de l’Asie du sud-est en tant que premier investisseur dans la région. 6. Plusieurs projets témoignent de cet intérêt pour l’Asie ▪ Dans le secteur de la distribution, l’enseigne commerciale AEON va investir 210 Mds yens de 2011 à 2013 pour l’ouverture de 12 sites en Chine, et compte générer 50% de sa marge opérationnelle à l’étranger en 2020 (contre 9% en 2010). Family Mart, le numéro 1 des magasins de proximité japonais, va ouvrir 600 enseignes en Indonésie et aux Philippines d’ici 2015. Au Vietnam, Unicharm Corp a racheté Diana Joint Stock pour 10 Mds3 A titre indicatif sur le stock d’IDE entrant au Japon, l’Europe arrive première devant les Etats-Unis avec 34% du total.4 Au niveau sectoriel : en 2010, la part du stock d’IDE japonais en Europe dans le secteur manufacturier, alors de 60% du total en 2008, agraduellement diminué jusqu’à 50% ; 25% du stock d’IDE japonais en Europe se situe aujourd’hui dans les équipements de transport et25% dans le secteur finance/assurance. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 8/28
  9. 9. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012de yens ;▪ Dans les produits grand public, les fabricants Bridgestone et Panasonic vont également s’implanter auVietnam ;▪ Sur le segment automobile, Nissan et Mitsubishi ont développé la production de leurs principaux modèlesen Thaïlande pour les exporter vers le Japon ;▪ Dans les assurances, Meiji Yasuda Life Insurance a investi 56,5 Mds de yens à l’étranger depuis 2010, avecune priorité sur les marchés émergents d’Asie pour faire face au rétrécissement du marché domestique ;▪ Sumitomo prépare un investissement de 10 Mds de dollars (780 Mds de yens) en Indonésie pour desprojets dans le secteur énergétique (usines géothermiques, gaz et charbon). *1. Les entreprises japonaises disposent d’une structure financière plus saine que leurs homologues américainsou européens et d’une trésorerie conséquente qui leur permettent d’adopter une stratégie plus agressive dedéveloppement à l’étranger ;2. Dans un contexte d’appréciation du yen, les grandes entreprises japonaises ont donc parfaitement joué surles deux tableaux : investir à l’étranger tout en continuant à critiquer au Japon les effets d’un yen fort sur leursexportations. Selon un spécialiste des fusions-acquisitions, le taux de change joue d’abord un impact« psychologique » pour les grandes opérations dans la mesure où il achève de convaincre de la validité d’uneoffre. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 9/28
  10. 10. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012Annexes - graphiques : fusions-acquisitions japonaises à l’étranger et taux de change Graphiques. Fusions-acquisitions à l’étranger et taux de changeLe volume de M&A sortant est depuis six ans plus important que Les flux de M&A sortants sont une composante importante des fluxle volume de M&A sur le marché japonais. d’IDE japonais à l’étranger. Flux de M&A, en Mds dollars Out-In 12 60 sortants, en Mds dollars Flux140 140 In-Out 70120 10 120 In-Out (source: Recof) In-In 80 IDE sortant (source: BOJ)100 100 8 90 80 80 10 6 0 60 60 11 4 0 40 40 12 0 2 20 20 13 0 14 0 0 0 0 96 98 00 02 04 06 08 10 80 96 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 98 00 02 04 06 08 10Si l’appréciation récente du yen a pu encourager les M&A sortants, … comme pour flux de portefeuille et taux de change, même sihistoriquement le lien est faible entre IDE et taux de change… la période de carry-trade est associée à des flux entrants élevés.12 60 12 60 Investissement directs, Entrant 12 60 Investissement de portefeuille, en Sortant en % du PIB Sortant 70 10 % du PIB Entrant 7010 70 Moy. 10 Moy. TCER (dte) 8 TCER (dte) 80 80 80 8 90 86 90 90 6 4 100 10 100 6 4 2 0 Appré- 11 110 110 ciation 40 0 2 12 120 120 -2 0 0 2 13 130 -4 130 0 14 -2 140 0 -6 140 0 80 85 90 95 00 05 10 8080 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 85 90 95 00 05 10L’appréciation du yen par rapport à l’euro en 2011 a aussi pu Après une dépréciation rapide de février à mi-mars, le yen acontribuer à l’augmentation des M&A sortants. commencé à s’apprécier de nouveau depuis fin mars. 8 60 100 125 M&A, 000 Mds M&A sortants de yens (gche) Yen/dollar Yen/Euro Taux de change (inversé, dte) 80 (gras) 120 95 6 Y/$ 100 115 90 4 120 Appréciation 110 nominale Y/€ 140 85 2 105 160 80 100 0 180 06 07 08 09 10 11 06 07 08 09 10 11 75 95 Vers les Etats-Unis Vers lEurope 1/3 2/2 3/4 4/5 5/5 6/6 7/6 8/5 9/610/611/712/7 1/6 2/7 3/8 4/9Source: SER de Tokyo. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 10/28
  11. 11. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012Corée : le secteur de l’assurance et les difficultés rencontréespar les opérateurs étrangersLe marché coréen de l’assurance représentait des actifs de l’ordre de 439 Mds USD en 2010, soit 43% du PIB, etdes primes de 114 Mds USD, soit 11% du PIB. Malgré son ouverture, accélérée par la crise financière de 1997, lemarché est resté très concentré dans les mains d’un nombre limité d’acteurs locaux et les opérateurs étrangerspeinent à s’imposer. L’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Corée ne devrait pas avoir d’effetsignificatif sur la structuration d’un marché déjà très ouvert. Les segments qui ont tiré l’activité du secteur del’assurance, comme l’assurance-vie dans sa vocation d’épargne, devraient connaitre à l’avenir une croissanceplus limitée, contrainte par un niveau d’épargne brute des ménages très inférieur à la moyenne des pays del’OCDE et par une population vieillissante. Mais cette évolution démographique offre aussi un potentiel decroissance dans le domaine des produits d’assurance santé et protection des personnes. Des opportunitésexistent également pour les produits d’assurance innovants sur un marché encore traditionnel, mais ledéveloppement de ces nouveaux produits est soumis au contrôle rigoureux de l’autorité de régulation qui, souscouvert de protection des droits du consommateur, veille à protéger les positions acquises par les opérateurslocaux.1. Un marché de l’assurance dominé par une poignée d’acteurs locaux liés aux conglo- mérats industriels et qui a hérité de la crise financière de 1997 une réglementation assez contraignante1.1. Les compagnies coréennes d’assurance sont régies par la loi sur les sociétés d’assurances et dépendentde l’autorité de régulation des sociétés financières, la Financial Supervisory Commission (FSC) qui estcouplée à l’instance de contrôle, le Financial Supervisory Service (FSS). Ce dispositif de régulation a été mis enplace après la crise asiatique et s’est progressivement durci avec l’introduction de règles prudentielles strictes.Ce durcissement a provoqué une profonde restructuration du marché et l’arrivée des opérateurs étrangers,facilitée par des prises de participations dans les sociétés coréennes. En 2011, l’adoption des normes IFRS etl’introduction du système RBC (Risk Based Capital system) ont contribué au renforcement de la gestion desrisques et à l’amélioration de la solvabilité financière des assureurs locaux.1.2. Le marché compte aujourd’hui 23 sociétés d’assurance-vie et 20 opérateurs d’assurance non-vie,fragmentation provoquée par la limitation de la détention des licences à un seul métier. Le marché demeurelargement contrôlé par les opérateurs coréens : le segment vie est dominé par trois sociétés affiliées auxgrands conglomérats industriels – Samsung Life, Korea Life and Kyobo Life – qui détiennent 64% des actifs fin2010. Le secteur non-vie est dominé par quatre assureurs coréens également affiliés à des conglomératsindustriels – Samsung Fire & Marine, Hyundai Fire & Marine, Dongbu Fire & Marine et LG Insurance – quidétiennent 56% des actifs fin 2010.1.3. Contrairement aux marchés voisins dans lesquels la rentabilité des activités a baissé sous l’effet de laconcurrence, la Corée a conservé un niveau de primes assez élevé. A la suite d’une enquête anticartel,l’autorité de la concurrence a infligé un montant d’amendes de 315 M USD à douze sociétés d’assurance-vie,pour entente sur les primes et collusion entre 2001 et 2009. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 11/28
  12. 12. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/20121.4. Le marché est totalement ouvert aux assureurs étrangers et il n’y a pas en principe de différence detraitement entre les assureurs étrangers et locaux, même si l’autorité de tutelle observe une grandeprudence dans la délivrance des licences aux opérateurs étrangers. Ces derniers se plaignent d’un cadreréglementaire contraignant, très orienté par le régulateur coréen vers la protection du consommateur,contrainte que les opérateurs coréens surmontent plus facilement du fait de leur taille, de leur situationdominante sur le marché et de leur proximité avec le régulateur.1.5. Dans le cadre de l’ALE entre la Corée et l’Union européenne, de nouveaux secteurs industriels sontdésormais ouverts aux assureurs étrangers comme le secteur maritime, l’aviation commerciale ou leslanceurs spatiaux. L’ALE devrait aussi permettre dans les deux ans suivant son entrée en vigueur de surmonterdes restrictions en termes d’opérations telles que les limitations dans le transfert des informationspersonnelles entre filiales au sein d’un même groupe, l’interdiction du stockage des données sur des serveursoff-shore ou encore l’exigence de localisation en Corée des bases de données.2. Un marché de l’assurance-vie mature, en consolidation, où les assureurs étrangers sont bien représentés via le canal de la bancassurance2.1. Le marché de l’assurance-vie coréen était le 7ème plus important au monde en revenus, à hauteur de53,6 Mds USD en primes annuelles et 399 Mds USD en actifs en décembre 2011.▪ Trois assureurs coréens dominent le marché avec 50% des revenus : Samsung Life Insurance (24%), KoreaLife (13%) et Kyobo Life (12%). Ces mêmes trois assureurs détiennent 64% des actifs : Samsung Life Insurance(35%), Korea Life (15%) et Kyobo Life (14%).▪ Les compagnies étrangères captaient environ 23% des primes d’assurance-vie fin 2011, dont 8% à traversleurs participations dans des compagnies coréennes et 15% par leurs filiales directes. Les sociétés étrangèresont vu leur part progresser de 1% en 1997 à 23% en 2011 mais ont souffert de la crise financière et de laconsolidation de la concurrence coréenne. Les Etats-Unis, avec 8,5% de part de marché, sont en tête desassureurs étrangers, suivis du Royaume-Uni (5%), des Pays-Bas (5%), et de l’Allemagne (3%). La France (1%)occupe la 5ème place.▪ Le marché de l’assurance enregistre début 2012 la poursuite du mouvement de consolidation. Korea Lifeenvisage l’acquisition du 6ème acteur local du secteur vie, Tong Yang Life Insurance, et ING a annoncé sonintention de vendre ses filiales asiatiques. Les acteurs internationaux (Met Life, Prudential) et locaux (KBFinancial group, Samsung Life, Kyobo) ont déjà exprimé leur intérêt pour les actifs d’ING en Corée, notammentla branche vie qui est le 5ème du secteur en part de marché et le 1er assureur étranger.2.2. Les produits qui permettent la constitution d’une rente ou d’une épargne sont très demandés par lesconsommateurs coréens, en raison d’un système de retraite public (NPS) jeune et peu généreux.Néanmoins, la baisse du taux d’épargne brut des ménages, passé de 20% à la fin des années 1990 à 3,8% en2011, incite les assureurs à la diversification de leurs produits, notamment via la bancassurance.▪ La vente de produits d’assurance-vie est principalement réalisée via les circuits de distribution traditionnelsdes agents généraux, des brokers, mais le téléachat et la vente par Internet se développent rapidement.▪ La distribution par les banques a été autorisée progressivement depuis 2003, malgré la forte opposition desagents généraux et des grosses sociétés d’assurance coréennes, et enregistre un fort dynamisme de ses AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 12/28
  13. 13. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012ventes. Les assureurs étrangers sont très présents sur ce segment, qui permet à ces acteurs plus récentsd’utiliser le réseau de leurs partenaires locaux. Des restrictions demeurent cependant car la libéralisation dusecteur de la bancassurance a été suspendue par les autorités de régulation financière en 2008. Ainsi, unassureur ne peut avoir plus de 25% de parts de marché auprès d’une banque et les banques coréennes doiventavoir au minimum cinq fournisseurs pour leurs produits d’assurance, présentant chacun au minimum troisproduits. Cette extrême diversification de l’offre, intéressante pour le consommateur, représente des coûtssupplémentaires importants notamment en termes de formation des employés.▪ Les « big 3 » (Samsung, Korea Life et Kyobo), opposés initialement à la bancassurance, cherchentaujourd’hui à diversifier leurs activités sur un secteur à fort potentiel ; en 2011, Samsung Life est devenu le n°1de ce segment. Ces trois assureurs représentent désormais 46% des nouvelles primes et participent aulobbying mené auprès du régulateur pour la poursuite de la libéralisation de ce mode de distribution. Sur cemarché compétitif essentiellement tourné vers les produits d’épargne, les primes restent élevées, mais les «big 3 » proposent des taux d’intérêt annuels particulièrement attractifs, de l’ordre de 5,1%. Leur taille et lamaturité des portefeuilles d’actifs les y autorisent mais les acteurs plus récents sur ce marché, souventétrangers, ont plus de difficulté à offrir ces taux.3. L’assurance non-vie offre des opportunités de croissance, mais le marché est très concurrentiel▪ Dans un marché très ouvert, avec 30 acteurs présents en Corée dont 14 domestiques et 16 étrangers, les 3premiers assureurs coréens (Samsung Fire, Hyundai Marine and Fire Insurance, Dongbu Fire) représentaient57% des actifs et 52% des primes fin 2011.▪ De nombreuses entreprises étrangères sont présentes sur le marché, mais leur part de marché cumuléen’atteint que 4%. Toutefois, les investisseurs étrangers sont présents dans le capital des compagniescoréennes, parfois dans des proportions importantes ; par exemple, 52% du capital de Samsung Fire & MarineInsurance sont détenus par des étrangers.▪ Le segment de l’assurance automobile connait une forte croissance, grâce à l’introduction d’assurances deresponsabilité civile obligatoires pour les propriétaires de véhicules et au dynamisme des ventes automobilessur le marché coréen.▪ Les assureurs étrangers rencontrent des difficultés à promouvoir leur offre sur un marché très contrôlé parle régulateur coréen qui, au nom de la protection du consommateur, freine l’introduction des innovationsmarketing qui pourraient permettre aux assureurs étrangers de s’imposer face à leurs concurrents coréens. *1. Largement ouvert aux entreprises étrangères, le marché de l’assurance en Corée n’en reste pas moinsdominé par les assureurs domestiques, liés aux conglomérats industriels (Samsung, Hyundai...). Les entreprisesétrangères se maintiennent sur les secteurs et les circuits de distribution où elles possèdent un savoir-faire etdes produits innovants. Leur expansion est néanmoins confrontée au renforcement de la concurrence locale pardes mouvements de consolidation, à la montée en gamme de l’offre locale et à un environnementréglementaire toujours contraignant.2. Ce dernier point devrait connaitre des évolutions dans le cadre des accords de libre-échange conclus avecl’Union européenne et les Etats-Unis. Cependant, la mise en place de la levée de certaines restrictions, d’ici2013 dans le cadre de l’ALE avec l’UE, n’est pas pour l’instant acquise. Les modifications législatives réclamées AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 13/28
  14. 14. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012par les assureurs et banquiers étrangers sont pour l’instant reportées par les autorités coréennes, d’autantmoins pressées dans un contexte politique préélectoral. Le régulateur n’est pas plus enclin à l’heure actuelle àmodifier sa politique de forte protection du consommateur. L’entrée en vigueur de l’ALE avec les Etats-Unis etl’engagement des assureurs américains devrait néanmoins apporter du poids à la résolution de ces questionsréglementaires.Corée : le pays se dote d’un dispositif de marché des créditscarbone à horizon 2015La Corée, qui entend demeurer hors Annexe 1 dans le cadre des négociations sur le changement climatique etrefuse tout engagement contraignant, a adopté des mesures volontaires de réduction de ses émissions de 30%sous la tendance d’ici 2020 (soit 4% par rapport au niveau d’émission de 2005) et a lancé, fin 2009, un plan decroissance verte, la « Low Carbon Green Growth Strategy », qui définit des relais de croissance pour l’économieet l’industrie coréennes. Ce plan prévoyait la création d’un marché carbone dont la mise en place s’est révéléedifficile en raison de l’opposition des industriels ; le pays s’est d’abord doté, le 1er janvier 2012, d’un dispositif deréduction d’émissions qui assigne des objectifs, assez peu ambitieux, aux plus gros émetteurs de carbone(1,42% pour 2012) mais qui a malgré tout été salué comme une première étape vers un futur marché carbone.La loi portant sur la mise en place du marché des permis d’émission de gaz à effet de serre sur le modèleeuropéen, défendue par la Présidence, a finalement été votée le 2 mai 2012, mais au prix de nombreuxamendements au projet initial et d’un report de son entrée en vigueur à 2015. La mise en place d’un marché depermis d’émission de gaz à effet de serre constitue néanmoins l’une des mesures les plus concrètes del’engagement de la Corée dans la lutte contre le changement climatique. Elle ouvre également un vaste champde coopération possible avec les opérateurs européens, pour la mise en place du marché et son interfaçageavec les marchés internationaux.1. Première étape vers un marché carbone : le Target Management System est entré en vigueur début 20121.1. La Corée, 15ème émetteur de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et 9 ème au sein de l’OCDE, est lepays de l’OCDE qui a connu la plus forte croissance de ses émissions au cours des deux dernières décennies.Entre 1990 et 2008, les émissions de GES ont plus que doublé (+119%), contre une moyenne de +14% pour lesmembres de l’OCDE. Si le rythme de croissance a ralenti ces dernières années, il reste toutefois élevé (+2,3%en 2008), alors que les pays de l’OCDE ont, en moyenne, affiché une baisse (-2,6%).1.2. Faute d’engagements volontaires de sa part, la Corée pourrait se voir imposer à terme des objectifscontraignants de réductions de ses émissions de GES dans l’hypothèse d’une reconduction des mécanismesde Kyoto pour l’après 2012. Alors que le ministère de l’industrie a poussé à la création d’un dispositif noncontraignant de réduction des émissions de GES, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2012, le TargetManagement System (TMS), le ministère de l’environnement ainsi que le comité présidentiel pour lacroissance verte défendent depuis 2009 la mise en place d’un marché carbone sur le modèle européen. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 14/28
  15. 15. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/20121.3. Le TMS a nécessité deux ans de préparation depuis 2009, couvre 468 entreprises (60% du total desémissions de GES coréennes, 480 Mt), en leur imposant des objectifs annuels graduels. La réduction fixée parle TMS aux industriels devrait atteindre les 47 Mt CO2eq d’ici 2020, 54% de l’effort devant être supportés parles dix plus grands industriels coréens. Bien en deçà d’un marché de permis d’émission en termes d’ambition(-1,42% d’émissions pour 2012), il a été considéré comme une première étape vers un futur marché carbone,permettant notamment un recensement exhaustif des émissions. Les entreprises concernées ont dû présenterun bilan de leurs émissions et de leur consommation énergétique pour la période 2007-2010, et des objectifsindividuels par site de production ont été négociés entre les pouvoirs publics et les entreprises. Un centre derecherche et de comptabilisation des GES a été créé sous la tutelle du ministère de l’environnement(Greenhouse Gas inventory & Research Center of Korea), afin de recenser les technologies permettant deréduire les émissions, d’évaluer et mesurer les émissions par industriel puis définir la marge possible deréduction avec les industriels. Le ministère de l’industrie a mis en place en mai 2012 le « Domestic OffsetMechanism » qui permet aux grandes entreprises de financer le déploiement de technologies propres dansdes sociétés de plus petite taille et de comptabiliser les réductions d’émission obtenues dans leurs propresobjectifs de réduction. Le point faible majeur du dispositif TMS, outre les faibles ambitions de réduction(-1,42% soit -8,7 Mt CO2eq en 2012), consiste en son caractère faiblement incitatif, le niveau des pénalitésretenu ne permettant pas d’exercer de réelle pression sur les industriels.2. Vers la création d’un marché carbone en Corée : une nécessité au regard des objec- tifs de réduction des émissions de GES qui rencontre la résistance de l’industrie2.1. Un premier projet de loi sur la création d’un marché carbone avait été présenté en novembre 2010 parle comité présidentiel de croissance verte et le ministère de l’environnement. Défini sans réelle concertationavec les industriels et dans une certaine précipitation, il prévoyait l’introduction d’un marché de permisd’émissions à partir de 2013, pour les entreprises émettant plus de 25 kt CO2eq/an, et le développement dumarché en trois phases, pour être complètement opérationnel en 2021. Pendant la première phase (2013-2015), 10% de la quantité totale de quotas initiaux seraient mis aux enchères, puis progressivement augmentépour atteindre 100% en 2021.2.2. Le projet de loi a été fortement contesté par le ministère de l’industrie et par les industriels, ceux-ciinvoquant le risque de perte de compétitivité face à la Chine, le Japon ou les Etats-Unis et le risque dedoublon avec le projet de TMS. Les milieux d’affaires ont réclamé un moratoire sur le projet, chiffrant le coûtdu projet à 12,5 Mds USD pour l’industrie coréenne, sous l’hypothèse d’une mise aux enchères de la totalitédes crédits générés. Le comité présidentiel pour la croissance verte a amendé son projet pour le rendre plusflexible, en portant les allocations de crédits gratuites à 95% et en réduisant les pénalités de cinq à trois fois lesprix du marché.2.3. La loi cadre a été votée par le Parlement le 2 mai 2012 et devrait entrer en vigueur six mois plus tard.Elle prévoit l’entrée en vigueur du marché carbone coréen le 1er janvier 2015. Les industriels principalementconcernés, émettant plus de 25 000 tonnes de CO2 par an, soit 70% de la cible actuelle du TMS, déjà couvertspar le TMS entre 2012 et 2015, seront progressivement intégrés dans le marché carbone. Le TMS devraitsubsister pour les entreprises de plus petite taille. La loi prévoit trois phases (2015-2017, 2018-2020, post2021) pour la mise en œuvre, au cours desquelles la part des allocations gratuites sera progressivement AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 15/28
  16. 16. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012réduite pour parvenir à un système d’enchères total. Un très grand nombre de points pratiques doit encoreêtre réglé par décret. Le projet devrait être présenté fin mai pour consultation à l’industrie, mais l’objectifd’une promulgation avant les élections présidentielles paraît peu réaliste dans le contexte actuel. La définitiondes allocations de permis sera le point le plus difficile à régler dans le climat de lutte d’influence entre lesministères de l’environnement et de l’industrie. Par ailleurs, le dispositif doit encore déterminer l’architectureet l’organisation pratique du marché ainsi que sa gouvernance, fixer le cadre réglementaire, définir leprotocole des compensations et établir les conditions d’accès et les instruments de marché. Un comitéd’allocation sera constitué qui devra élaborer le plan national d’allocation et le marché ETS. Sur le protocolede compensations, les propositions seraient d’inclure tous les crédits éligibles aux termes des nations unies(CER), d’inclure certains crédits générés à partir de projets volontaires de réduction de GES et les certificatsrésultants de programmes domestiques antérieurs.2.4. L’organisation du marché n’a pas encore été déterminée à ce stade. La bourse de Séoul (KRX, KoreanExchange) et l’opérateur actuel du marché de l’énergie (KPX, Korea Power Exchange) se disputent la gestion dufutur marché des permis d’émission. Les règles financières devront être amendées pour que des opérateursétrangers non membres de la KRX puissent intervenir sur le marché, ce qui est à ce jour impossible. *1. La précipitation qui a accompagné la préparation du premier projet de loi répondait en grande partie ausouci de désamorcer les critiques soulevées lors du sommet de Copenhague sur le statut dérogatoire de « paysen développement » dont bénéficie la Corée au sein des négociations sur le changement climatique.2. La volonté de la Présidence de passer outre la résistance de l’industrie, mobilisée autour du ministère del’industrie, a cependant permis d’aboutir à l’adoption d’une loi-cadre, après deux ans d’efforts.3. Même s’il est édulcoré par rapport au projet initial, la loi fixe une échéance et crée le cadre requis, qu’ilappartiendra au décret de rendre opérationnel. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 16/28
  17. 17. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012Australie : budget de l’Etat pour 2012-2013Ce budget de combat avant les élections de 2013 combine rigueur et relance du pouvoir d’achat, au prix deprévisions optimistes qui obligeront peut-être le gouvernement à revoir sa copie plus vite que prévu. Selon lesmilieux d’affaires et l’opposition, l’objectif du gouvernement est clairement la reconquête de l’électorattravailliste au détriment de l’agenda d’amélioration de la compétitivité.1. Promesse de retour au surplus budgétaire tenue▪ Mme Gillard s’était engagée à proposer un budget à l’équilibre et même avec un léger surplus dèsl’exercice 2012-2013, soit une année avant l’échéance initialement envisagée lors de l’adoption du paquet derelance en 2009. Elle respecte son engagement pour son deuxième et sans doute dernier budget.▪ Le ministre des finances, Wayne Swan, a présenté le 8 mai au Parlement un budget dont les grandes lignessont les suivantes : - surplus de 1,5 Md AUD (0,1% du PIB), appelé à augmenter progressivement pour atteindre 7,5 Mds AUD (0,4% du PIB) en 2015-2016 ; - forte augmentation des recettes fiscales et non fiscales (+38,8 Mds AUD), qui atteignent 23,8% du PIB contre 22,3% sur l’exercice précédent, au travers notamment de la mise en œuvre de la nouvelle taxe sur les superprofits de l’industrie minière. Mais le total des recettes uniquement fiscales diminuent en pourcentage du PIB (22,1% du PIB, par rapport aux 23,7% en moyenne dans les budgets de John Howard, premier ministre libéral jusqu’en 2007) ; - contraction concomitante de la dépense (-7,1 Mds AUD) qui équivaut à 23,5% du PIB contre 25,1% sur l’exercice 2011-2012. C’est le pourcentage le plus bas depuis le début des années 1980. Un total de 33,6 Mds AUD d’économies ont dû être dégagées pour parvenir à ce résultat ; - mesures nouvelles inscrites au budget pour un montant de 1,7 Md AUD ; - augmentation de la dette de l’Etat fédéral sur l’exercice 2011-2012, de 7,8% à 9,6% du PIB, compte tenu de la dérive du déficit (44 Mds AUD) sur la fin de l’exercice 2011-2012 du fait de la contraction des rentrées fiscales. De ce fait, le Parlement est également appelé à voter une augmentation du plafond de la dette, de 250 à 300 Mds AUD.2. Mais les prévisions sont jugées optimistesCe budget est bâti sur la base de prévisions que plusieurs économistes s’accordent à trouver optimistes :▪ Une croissance du PIB de 3,25% sur l’exercice 2012-2013, soit un point de plus que l’exercice précédent etalors que le FMI a très légèrement revu ses prévisions pour l’Australie à 3%. C’est faire le pari que la croissanceaustralienne restera la plus soutenue des pays développés, malgré son élasticité à la demande chinoise, lamaladie de langueur de l’économie américaine et les soubresauts de l’économie européenne ;▪ Une légère contraction de la balance commerciale (de l’ordre de 5,75%), alors que l’Australie renoue avecles déficits commerciaux pour le troisième mois consécutif depuis le début de l’année. Là encore, c’est faire lepari que les prix du fer et du charbon, les deux matières premières qui tirent les exportations, resteront dans la AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 17/28
  18. 18. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012fourchette relativement haute dans laquelle ils sont installés depuis la mi-2011, et que les économiesasiatiques ne ralentiront pas davantage ;▪ Une prévision de recettes fiscales très ambitieuse, alors que la crise a déjà coûté 150 Mds AUD de recettesfiscales au budget de l’Etat (dont 12 Mds sur les derniers mois). Par ailleurs, la croissance australienne est tiréepar les investissements dans le secteur minier et énergétique, lesquels sont déductibles des impôts sur lessociétés. Au total, les recettes fiscales doivent augmenter 2,4 fois plus rapidement que le produit intérieur brutalors que, depuis le début des années 1990, ces recettes n’ont augmenté en moyenne que 1,5 fois plusrapidement que le PIB ;▪ Les prévisions macroéconomiques du gouvernement engrangent une reprise progressive sur les deuxprochains exercices de la construction de logements neufs. Or, s’il y a eu un frémissement en mars 2012 aprèsles très mauvais chiffres de février, les perspectives ne sont guère prometteuses. La construction de logementsindividuels a chuté de 7% de mars 2011 à mars 2012 ;▪ Le Trésor table sur un prix de la tonne carbone de 29 AUD en 2015-2016 (lorsque le marché deviendralibre), alors que ce prix serait de 4 AUD environ, en 2020, selon les dernières prévisions de marché ;▪ En revanche, les hypothèses de consommation des ménages – toujours au ralentie – et d’emploi (taux dechômage de 5,5%) sont réalistes, voire pessimistes, sachant que la récente baisse des taux directeurs de la RBA(Reserve Bank of Australia) n’a pas encore produit ses effets, que ce budget contribuera à stimuler le pouvoird’achat et que l’économie australienne continue à créer plus d’emplois qu’elle n’en détruit (taux de chômagesurprise de 4,9% en avril 2012).3. Objectif de reconquête de l’électorat travaillisteCe sont les revenus les plus modestes et les classes moyennes qui sont les grands bénéficiaires de ce budgetde campagne, conçu pour leur permettre de toucher très vite les dividendes de la manne minière.▪ Un paquet de mesures doit stimuler le pouvoir d’achat des revenus les plus modestes, des retraités et desfamilles. Au total, une famille de deux enfants, gagnant moins de 45 000 AUD par an, touchera 26 AUD parsemaine en plus : - augmentation des allocations familiales ; - versement d’une allocation supplémentaire aux bénéficiaires du revenu minimum pour les aider à acquitter les factures pour services essentiels et rehaussement du seuil d’éligibilité à l’équivalent du RSA ; - poursuite de la modification du barème d’imposition avec le triplement du seuil de non imposabilité (de 6 000 AUD à 18 000 AUD), de sorte qu’un million d’Australiens ne paieront plus d’impôt d’ici 2016 ; - modification des règles de versement de l’allocation de rentrée scolaire qui sera désormais versée directement aux parents, et non plus sur présentation de justificatifs ; - contribution directe du gouvernement, jusqu’à 500 AUD, aux fonds de capital retraite de 3,6 millions d’Australiens qui gagnent moins de 37 000 AUD par an.▪ Un second paquet de mesures porte sur les dépenses de santé : - mise en place, comme promis lors du dernier COAG (Council of Australian Gouvernements, qui réunit les Premiers ministres fédéral et des Etats) de l’embryon d’un système national de prise en charge du AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 18/28
  19. 19. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 handicap (c’est-à-dire la couverture universelle de tous les services autres que de santé stricto sensu) ; - financement d’un programme d’accès aux soins dentaires au bénéfice des revenus les plus modestes ; - plan de financement sur huit ans de la mise à niveau des hôpitaux publics et montée en puissance de la prise en charge de la dépendance au travers notamment de l’augmentation du nombre des personnes âgées bénéficiant de services et soins à domicile.4. Révision à la baisse selon l’opposition des ambitions relatives à l’agenda d’amélio- ration de la compétitivité australiennePour financer ces mesures généreuses tout en respectant son engagement de ne pas augmenter la dépensepublique de plus de 2% sur la moyenne des prochains exercices, et ce jusqu’à ce que le surplus budgétaireatteigne 1% du PNB, le gouvernement travailliste a dû à la fois faire des économies et revoir à la baisse sesambitions de soutien à l’amélioration de la compétitivité de l’économie australienne, selon l’opposition et lesmilieux d’affaires.▪ Les économies ont été soigneusement calibrées pour éviter au gouvernement de perdre le soutien de sonélectorat : - coût de rabot général sur les dépenses de fonctionnement de l’administration. Un total de 3 000 emplois au total sont supprimés dans les services publics et toutes les agences se voient appliquer un « efficiency dividend » de 2,5% de leur budget ; - suppression d’un certain nombre de niches fiscales, en particulier celles dont bénéficiaient les expatriés, et pression fiscale accrue sur les plus hauts revenus (via la taxation de leur épargne retraite); - le ministère de la Défense contribue à hauteur de 5,4 Mds AUD à l’effort budgétaire (soit le plus gros effort depuis la fin de la guerre de Corée), mais en repoussant surtout des programmes d’armement qui avaient pris du retard, comme celui du Joint Strike Fighter ; - l’objectif d’atteindre un budget d’aide au développement de 0,5% du PIB est repoussé d’une année, jusqu’en 2016-2017, ce qui dégage une économie de 2,9 Mds AUD, sachant que le budget de l’aide au développement augmente quand même légèrement en 2012-2013, ce qui permettrait à l’Australie de devenir le 6ème donateur de l’OCDE.▪ L’agenda de rehaussement de la compétitivité en fait les frais selon l’opposition et les milieux d’affaires,même si le gouvernement s’en défend : - La baisse de 1% de la taxe sur les entreprises – l’une des contreparties à l’adoption de la taxe minière – est abandonnée, ce qui représente un gain de 4,8 Mds AUD. Seules les PME auraient dû en bénéficier la première année, toutes les entreprises ensuite. En contrepartie, les entreprises qui feront des pertes sur l’exercice 2012-2013 seront autorisées à les déduire de leurs profits de l’année 2011-2012 pour obtenir un remboursement d’impôt (Loss carry-backs), cette mesure ciblant le secteur manufacturier fragilisé ; - Le budget des infrastructures et du transport est très fortement rogné, de plus de 4 Mds AUD (-45%), même si le gouvernement fait valoir l’achèvement des programmes de relance adoptés au pic de la crise et ceux de reconstruction post inondations de janvier 2011 ; - Le budget « éducation » n’augmente que modestement, en-deçà de souhaits des lobbys d’affaires, et AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 19/28
  20. 20. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 les subventions versées aux entreprises pour les programmes d’apprentissage diminuent. Le gouvernement fait néanmoins valoir que les universités recevront jusqu’en 2015 des crédits additionnels pour leur permettre d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants, notamment dans les disciplines scientifiques. *1. L’opposition éreinte un budget qui, selon son leader, « joue froidement et délibérément la carte de la luttedes classes… sans rien proposer pour soutenir la croissance économique, et a fortiori l’investissement etl’emploi ». La coalition assure avoir identifié de possibles économies supplémentaires pour un montant de50 Mds AUD dans les services publics, l’aide au développement et le National Broadband Network, notamment.Elle renouvelle son engagement à annuler la taxe carbone et la taxe minière pour stimuler la croissance, si elleremporte les prochaines élections. Mais elle peine à articuler un contre-projet plus précis, sachant qu’il lui estdifficile de s’opposer au retour aux surplus ou à des mesures sociales qu’elle sait populaires, ainsi qu’à la « Taxloss carry-backs » dont elle a eu la première l’idée. Il lui reste la critique des paramètres économiques surlesquels repose ce budget et celle du renoncement à la baisse de la taxe sur les sociétés, mesure promise et quiétait très attendue des milieux d’affaires.2. En revanche, ce budget est plutôt bien accueilli par le FMI et les agences de notation. Ils pointent que leretour aux surplus permet à l’Australie de commencer à se constituer une cagnotte pour faire face à denouveaux chocs économiques. Si l’opportunité de ce surplus, compte tenu de sa modestie et de l’effortbudgétaire sans précédent que l’Australie s’impose, ne fait pas l’unanimité chez les économistes, ceux-ci voienten revanche d’un bon œil les mesures de soutien au pouvoir d’achat qui pourraient doper la consommation,surtout si elles sont couplées à de nouvelles baisses du taux directeur de la RBA que le gouvernement appelleimplicitement de ses vœux. Les analystes soulignent également des répercussions de ce budget sur celui desEtats de la Fédération, compte tenu de la baisse de transfert des recettes de TVA. Certains estiment qu’il y auraun train de nouvelles mesures d’économies compte tenu des risques sur les rentrées de recettes et del’évolution de l’économie mondiale. Wayne Swan n’a pas écarté cette hypothèse devant la presse, dès le 9 mai.3. En attendant, le Premier ministre australien pourra faire valoir au G20 de Los Cabos que l’économieaustralienne est la première des économies développées à avoir renoué avec les surplus budgétaires après lacrise.Annexes(Source : projet de loi de finances) Tableau 1: Hypothèses économiques retenues pour le budget 2012-2013 Real and nominal GDP are year-average growth. Employment and CPI are through-the-year growth to the June quarter. The unemployment rate is the rate for the June quarter. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 20/28
  21. 21. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 Tableau 2 : budget de l’Etat australien pour 2012-2013 Graphique 1 : Recettes budgétaires par poste pour 2012-2013 Graphique 2 : Dépenses budgétaires par poste pour 2012-2013 AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 21/28
  22. 22. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012Nouvelle-Zélande : les investissements directs croisés avec laFranceLa Nouvelle-Zélande a longtemps favorablement accueilli les investissements directs étrangers (IDE), enparticulier après la vague de libéralisation entamée au milieu des années 1980. La bonne santé économique dupays et le cadre juridique (fondamentaux solides, pratiques saines et transparentes, facilités d’investissementet d’implantation…) ont d’autant plus favorisé l’entrée des capitaux étrangers qu’ils y étaient reconnus commeun facteur de croissance et d’amélioration de la performance. Cependant, depuis la crise de 2008-2009, laNouvelle-Zélande au nom de de l’« intérêt national » met en œuvre une politique sélective d’accueil des IDE. Lesflux d’IDE croisés entre la France et la Nouvelle-Zélande se caractérisent en 2010 par des désinvestissements,plus marqués en Nouvelle-Zélande qu’en France.1. Politique sélective d’accueil des IDE en Nouvelle-Zélande1.1. En 2011, les pouvoirs publics ont introduit une large gamme de critères pour interdire un investissementétranger en Nouvelle-Zélande, notamment s’il était considéré que les « sauvegarde et promotion desintérêts économiques » du pays n’étaient pas suffisamment pris en compte. En effet, un investissementchinois de Hong-Kong se profilait dans ce qui avait été, avant sa faillite, la plus grande exploitation néo-zélandaise, les fermes Crafar. La Nouvelle-Zélande s’est ainsi résolue à revoir sa législation sous la pression del’opinion publique et de mouvements corporatistes.1.2. En avril 2012, l’acquisition des fermes Crafar (par une autre entreprise chinoise que celle originellementsur les rangs) a cependant été autorisée par le gouvernement néo-zélandais, au lendemain de la visiteofficielle, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’établissement des relations sino-néo-zélandaises, du numéro 4du régime chinois, M. Jia Qinglin. Cette autorisation, au terme d’une vive et longue polémique se lit commeune concession bilatérale de Wellington à l’égard de Pékin. En effet, une certaine latitude est laissée auxpouvoirs publics pour apprécier en opportunité si les « sauvegarde et promotion des intérêts économiques »sont suffisamment pris en compte.2. Des mouvements limités de désinvestissement entre la France et la Nouvelle- Zélande en 20102.1. Nature des investissements français en Nouvelle-Zélande et principales implantations.▪ Au total, on recense en 2010 un peu moins de 50 implantations françaises en Nouvelle-Zélande en 2010,filiales productives ou de commercialisation ou bureaux de représentation de grands groupes français. Elles yréalisent un chiffre daffaires consolidé supérieur à 1 Md NZD (565 M EUR), avec plus de 5 000 salariés.Quelque 70% des entreprises françaises sont basées à Auckland. Bien qu’ils ne soient pas répertoriés commeIDE français en Nouvelle-Zélande, de nombreux investissements français (notamment les plus importants, quinécessitent une autorisation préalable de l’OIO – l’Overseas Investment Office (OIO), le Bureau desinvestissements étrangers – et du gouvernement néo-zélandais) sont réalisés via les filiales néo-zélandaises(voire australiennes) des entreprises françaises. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 22/28
  23. 23. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012▪ Les investissements français sont majoritairement le fait de grands groupes et couvrent lensemble dessecteurs marchands (Accor, Thales, Pernod-Ricard, Yoplait, Schneider, Legrand, T&D, Alcatel-Lucent, LVMH,BNP-Paribas, Axa, Veolia, Dégremont, L‘Oréal, Saatchi et Saatchi, Bostik, Sanofi, Air Tahiti Nui…). Une quinzainede PME, dont les plus représentatives sont les lainières du Nord de la France, sont présentes en Nouvelle-Zélande.▪ Cette discrétion de la présence française sur le sol néo-zélandais s’explique par de nombreux facteurs : - Nos investissements sont fréquemment le résultat indirect dacquisitions françaises d’entreprises américaines, australiennes ou britanniques, dont l’investissement en Nouvelle-Zélande était historique ; - La distance géographique explique, dans de nombreux cas, que la logique financière et commerciale, assise sur une stratégie délibérée de développement centrée sur la Nouvelle- Zélande ou plus globalement la Zone Pacifique, l’emporte sur la logique productive. Presqu’aucune des implantations françaises ne produit sur place (à l’exception, notable, de BIC) et les implantations françaises en Nouvelle-Zélande sont le plus souvent des filiales commerciales ; - Même si leurs résultats sont agrégés dans des comptes consolidés, ces implantations dépendent rarement de la maison-mère française. Le plus souvent, leurs dirigeants rendent compte à un échelon régional intermédiaire, en Australie voire à Singapour ou à Hong-Kong. De ce fait, les liens avec la France sont distendus et la culture d’entreprise faiblement marquée par l’influence française.2.2. Les flux d’IDE français en Nouvelle-Zélande sont marqués en 2010 par des désinvestissements limités.▪ Selon les statistiques de la Banque de France, les flux d’IDE français en Nouvelle-Zélande ont fortementdiminué et la France a perdu près de 100 places, devenant en 2010 le 163ème investisseur étranger, avec undésinvestissement s’élevant à 10 M EUR (en 2009, les investissements français se classaient au 73ème rang avecdes flux de l’ordre de 20 M EUR). Par secteur, on observe un investissement de 42 M EUR dans l’industriechimique (Bostik, la filiale de Total) et de 30 M EUR dans l’industrie manufacturière (BIC NZ), après l’atonie del’investissement en 2009, année marquée par la récession. En revanche, les désinvestissements se poursuiventdans le secteur de l’immobilier, avec des désinvestissements consécutifs de 2 M EUR en 2008, de 9 M EUR en2009 et de 6 M EUR en 2010. Dans le secteur de la fabrication de produits et équipements informatiques, ledésinvestissement se monte à 12 M EUR (après des investissements de 50 M EUR en 2008, et de 9 M EUR en2009).▪ Les stocks d’IDE français en Nouvelle-Zélande s’élevaient à fin mars 2010 à 165 M EUR, soit 0,02% du totaldes stocks français à l’étranger. La Nouvelle-Zélande est le 86ème destinataire de stocks d’IDE français (en reculde 6 places par rapport à 2009). Ce sont les services qui accueillent la grande majorité des IDE français enNouvelle-Zélande (161 M EUR) : - 55 M EUR dans le commerce de gros ; - 41 M EUR dans les activités immobilières ; - 32 M EUR dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques ; - 21 M EUR dans les activités financières et d’assurance, etc. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 23/28
  24. 24. L E TTR E E CO N OM IQ U E J AP O N, CO R EE, AU S TR AL I E ET N O U V EL LE -Z E L AN D E N °36 ©DG TRESOR-25/05/2012 2.3. La présence néo-zélandaise en France ne se signale par aucun investissement significatif. ▪ En termes de flux d’IDE néo-zélandais en France en 2010, la Banque de France a enregistré au total un désinvestissement de l’ordre de 1 M EUR (après un investissement de 6 M EUR en 2009). Au niveau sectoriel, les flux d’investissement néo-zélandais en France se sont caractérisés en 2010 par un désinvestissement de 3 M EUR dans les activités immobilières, et par un désinvestissement de 3 M EUR dans le secteur de l’informa- tion et de la communication (production cinématographique plus spécialement). ▪ S’agissant des stocks d’IDE néo-zélandais en France, ils sont de l’ordre de 17 M EUR en 2010 (13 M EUR en 2009). La Nouvelle-Zélande se place au 77ème rang des investisseurs étrangers en France. L’essentiel des avoirs néo-zélandais en France se concentrent dans les activités immobilières (26 M EUR), puis dans les services aux entreprises (16 M EUR). Au niveau sectoriel, les avoirs néo-zélandais en France se caractérisent en 2010 par des engagements dans les services pour 16 M EUR (comprenant des engagements de 26 M EUR dans les services immobiliers, et des désengagements à hauteur de 10 M EUR dans les services financiers et assurances essentiellement) et des désengagements dans le commerce de gros à hauteur de 8 M EUR. * Les investissements croisés entre la France et la Nouvelle-Zélande sont limités, et ne permettent pas ainsi d’instaurer un flux commercial régulier entre les deux pays, hormis dans le domaine viticole et dans une moindre mesure le secteur de la laine. 5 Tableau : les investissements croisés en stocks et en flux Rang mondial Rang mondial (en M EUR) 2009 2010 2009 2010 e Flux d’IDE français en NZ 20 -10 73 163 Stocks d’IDE français en NZ 112 165 80 86 e Flux d’IDE néo-zélandais en France 6 -1 65 Au-delà du 70 Stock d’IDE néo-zélandais en France 13 17 65 77 Source : BDF Copyright : Rédacteurs en chef : Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisa- tion expresse des Services économiques. Florence Jeanblanc-Risler Chef du service économique régional de Tokyo Contact : tokyo@dgtresor.gouv.fr / seoul@dgtresor.gouv.fr Ambassade de France au Japon canberra@dgtresor.gouv.fr / wellington@dgtresor.gouv.fr Benoît Gauthier Clause de non-responsabilité : Chef du service économique de Séoul Les Services économiques s’efforcent de diffuser des Ambassade de France en Corée informations exactes et à jour, et corrigeront, dans la Agnès Espagne mesure du possible, les erreurs qui leur seront signa- Chef du service économique de Canberra lées. Toutefois, ils ne peuvent en aucun cas être tenus Ambassade de France en Australie responsables de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette lettre. Monique Amigues Chef du service économique de Wellington Date de parution : 25 mai 2012 Ambassade de France en Nouvelle-Zélande5 Pour pallier la surestimation croissante des volumes d’investissements à laquelle conduisaient les méthodes d’enregistrement des prêtsintra-groupes, l’OCDE et le FMI ont mis au point une nouvelle méthode, dite « du principe directionnel étendu », qu’applique la Banquede France, consistant à reclasser les prêts et emprunts intra-groupes en fonction du lieu de résidence de la tête de groupe , ce quiexplique la difficulté de comparaison des chiffres d’IDE de 2009 et 2010 avec les séries antérieures. AMBASSADES DE FRANCE AU JAPON, EN COREE, EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZELANDE SERVICES ECONOMIQUES DE TOKYO, DE SEOUL, DE CANBERRA ET DE WELLINGTON PAGE 24/28

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