Projet Comenius

      Nos mémoires partagées. Les Européens « autour des années 60 ».

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Le Général de Gaulle fondateur de la Vème république en France ainsi que le Caudillo
Franco semblent connus sauf pour les ...
bases essentiellement économiques, ne disait-on pas d’ailleurs à l’époque : « le marché
commun » ? 10

Notre questionnaire...
9- Par exemple « la voie hongroise » malgré la normalisation après 1956, ou le gaullisme en France. Mais
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  1. 1. Projet Comenius Nos mémoires partagées. Les Européens « autour des années 60 ». Synthèse du questionnaire et interprétation J’ai essayé non sans mal de réaliser une synthèse après lecture de vos comptes rendus très inégaux. Il s’agit d’une interprétation qui n’est pas forcement objective, c’est une « synthèse d’opinions » dans lequel j’ai essayé d’apporter quelques éclairages sous entendus dans le questionnaire, une simple introduction au débat qui aura lieu à Kędzierzyn-Koźle. Beaucoup d’élèves interrogés n’étudient pas cette période en classe ou vont l’étudier plus tard (à l’exception du Lycée Lövey de Budapest qui a approfondi la question). D’autre part les conditions dans lesquels a été posé ce questionnaire n’ont pas été identiques. Les niveaux des élèves étaient très disparates. Certains on eu du mal à organiser ce questionnaire. Voici les remarques qui m’ont parues les plus pertinentes. Le Rideau de Fer et le concept de Guerre Froide sont évoqués pour la majorité des élèves mais la date de la construction du Mur n’est pas connue, on confond souvent le Mur de Berlin avec le Rideau de Fer, ce qui révèle une méconnaissance de la situation allemande et de ses frontières dans les années 60. (Y compris pour les élèves des pays d’Europe centrale et orientale). « L’Europe des six » issue de la CECA et du Traité de Rome n’est pas connue y compris parmi les pays fondateurs, de même les pays membres de la Communauté à cette époque ne sont pas toujours bien identifiés. (On cite l’Espagne, le Royaume uni et l’on oublie parfois l’Allemagne !), ceci révèle sans doute une méconnaissance des différents phases d’élargissement. La délimitation des frontières (Limites du Rideau de fer) a posé un certain nombre de problèmes notamment pour nos amis italiens. (Y compris pour certains professeurs, souligne notre collègue de Caltanissetta). La localisation de certains états ou villes reste problématique. Par exemple on situe mal l’ex-Yougoslavie (Pologne, Roumanie), on confond Budapest et Bucarest (France), Varsovie et Prague (Roumanie). Je n’ai eu aucun commentaire sur la dernière question : Comparez l’Europe de 1962 avec celle d’aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé ? Dommage ! On sait qu’il y a eu des mouvements de jeunesse en 1968 mais le clivage Est/Ouest est assez net. En France et en Italie on n’a pas connaissance du Printemps de Prague, ni des évènements de Pologne (Octobre polonais, expulsion des juifs) à l’époque de Władysław Gomułka après la Guerre des Six Jours. En Pologne et en Hongrie on connait peu les évènements de mai 68 en France, on ignore les revendications de la jeunesse1 « dorée et douillette » de l’Ouest dans la période de grande croissance2 ainsi que la contestation contre la guerre du Vietnam qui n’est jamais évoquée. La fin de la Guerre d’Algérie (1962) est peu connue pour ceux qui ne sont pas Français3. 1
  2. 2. Le Général de Gaulle fondateur de la Vème république en France ainsi que le Caudillo Franco semblent connus sauf pour les élèves de Roumanie, certains élèves italiens confondent Franco avec Pinochet ! On n’a pas identifié les deux autres dictatures sur la carte : Le Portugal d’António de Oliveira Salazar et la Grèce des Colonels. L’Italie est-elle une monarchie constitutionnelle ou une république parlementaire ? On hésite où l’on ne sait pas. Tout le monde a entendu parler du Baby Boom, cette expression semble avoir du sens pour nos élèves, (Sauf pour les élèves de Cluj), qui ne connaît pas les Beatles « groupe culte » des « sixties » ! Certains objets typiques des années 60 sont plutôt bien identifiés (sauf pour les élèves de Transylvanie) : mini jupe, transistor, télé en noir et blanc, marques de voitures, mais aussi la mode « Peace and Love », la révolution sexuelle, la drogue sont aussi évoqués… Nos élèves confondent souvent les années soixante avec la décennie suivante (les années 70). Le phénomène « hippie » qui prend naissance aux Etats-Unis est mieux connu que la mode « yéyé ». Le festival de Woodstock (Du 15 au 18 août 1969) qu’on a beaucoup évoqué dans les médias au printemps dernier semble avoir beaucoup influencé certains de nos élèves. Le rock est plus souvent cité que le twist. (Elvis, the King est dans les têtes !). Un grand nombre d’élèves savent qu’en 1969 un homme a marché pour la première fois sur la lune, on a parlé de cet évènement en août dernier à l’occasion du 40ème anniversaire. Nous aurions pu poser une question sur le cosmonaute Youri Gagarine, héros de l’Union soviétique, le premier homme dans l’espace (Le 12 août 1961). Conclusion : Certaines questions figurant dans le questionnaire étaient posées d’une manière simple, voir simpliste, nous ne sommes pas rentrés dans la complexité de nos histoires nationales. C’était volontaire4. Par exemple « les démocraties populaires » dominées par l’URSS ne sont pas homogènes5 ! Certains on jugé utile de reformuler des questions (Lycée Lövey).6 D’autres ont considéré au contraire que le questionnaire était trop difficile (Espagne, Italie). Nos élèves connaissent mieux le Moyen-âge ! souligne notre collègue de Tolède avec humour. Que révèle ce questionnaire ? On constate qu’il y a bien deux Europe, deux histoires issues de la division de notre Europe en deux blocs, voir plusieurs histoires, celles de nos états respectifs,7des voies différentes y compris à l’intérieurs des blocs !8 On peut aussi s’interroger sur l’existence de l’Europe comme acteur politique dans les années 60. Dans nos livres d’histoire ne parle-ton pas davantage du rêve américain, du « mythe Kennedy », de « l’american way of life » ? (La plupart des modes traversant l’Atlantique) et du « modèle soviétique » qui lui fait face, mais est-il réellement un contre-modèle malgré la censure ? Et en Espagne sous Franco ? La mode américaine et occidentale n’est pas ignorée chez les Européens de l’Est9, ni en Espagne notamment avec l’ouverture au tourisme. (Tournant libéral de ce régime). La CEE est « un nain politique » qui se construit avec discrétion sur des 2
  3. 3. bases essentiellement économiques, ne disait-on pas d’ailleurs à l’époque : « le marché commun » ? 10 Notre questionnaire tombe à pic ! Au moment où nous commémorons les 20 ans de l’effondrement du Mur de Berlin : Symbole de la liberté retrouvée, c’est toute l’histoire de l’Europe d’après guerre et plus particulièrement de l’ex-bloc soviétique qui est mis en perspective par les médias. Saisissons cette occasion. Ce questionnaire a le mérite de révéler les ignorances de nos élèves (Qui parfois nous effrayent !), les erreurs, les contre-sens, les mauvais repérages chronologiques, la mauvaise contextualisation… Mais aussi les connaissances de nos élèves (Il y en a !). Les faits de société, les modes interpellent nos élèves sans doute plus que les évènements politiques. Ce questionnaire peut être un outil, un point de départ pour échanger, partager nos mémoires et aller vers plus de complexité afin de mieux connaître « l’Autre ». Mais Il ne faudrait pas écrire l’histoire avec « le seul regard de l’ouest » ! C’est le défi de ce projet ! Comme le disait si bien Bronisław Geremek, un historien polonais qui incarnait bien l’âme européenne avant sa disparition le 13 juillet 2008 : « on ne peut pas laisser les mémoires de l’Ouest et de l’Est se tourner le dos ».11 Daniel Micolon. Lycée Marseilleveyre Marseille. Le 9 novembre 2009 1- Les graffitis de 68 à Paris ont beaucoup surpris mes élèves souligne la collègue du Lycée Lövey. 2- « Les Trente Glorieuses » de Jean Fourastié, les miracles économiques italiens et allemands… 3- J’avais posé cette question pour mettre en évidence le contexte de la décolonisation, rupture essentielle dans l’histoire européenne des années 60. Mais aussi une tragédie française ! 4- Je ne voulais pas dépasser le chiffre de 20 questions. 5- Par exemple la situation de la Hongrie était bien différente de celle du « national-socialisme » de Nicolae Ceauşescu en Roumanie ou de la RDA ! On disait de la Hongrie de János Kádár très enviée dans le camp communiste qu’elle était constituée « des meilleures baraques du laager ! ». d’après Tony Judt, Après Guerre, une histoire de l’Europe depuis 1945. Armand Colin 2005. 6- « Les questions 1, 3 et 7 sont tellement minimalisées dans le cas de l’Europe centrale et orientale - souligne notre collègue du Lycée Lövey de Budapest - et la question : Ils étaient sous la domination de quel pays ? est tellement tendancieuse que je préférais demander aux élèves :  Le commencement de la Guerre Froide peut-être symboliquement lié à quel évènement ?  En Hongrie, où peut-on prouver l’existence du Rideau de Fer ?  Enumérez les pays du bloc soviétique ». 8- « La plupart des Etats européens consistent en Etats-Nations… Tous ont leurs histoires, leurs systèmes politiques, leurs cultures et leurs mémoires qui se chevauchent tout en restant distinctes… » Tony Judt (op-cit) 3
  4. 4. 9- Par exemple « la voie hongroise » malgré la normalisation après 1956, ou le gaullisme en France. Mais aussi un puissant parti communiste en France et en Italie, l’impact du marxisme à l’Ouest et le gauchisme sont autant de nuances… 10- En 1966, 24 000 personnes vinrent écouter le chanteur français Johnny Hallyday dans la ville de Košice en Slovaquie. D’après Tony Judt (op-cit) 11- Les débats communautaires étant dominés par des questions très techniques autour des « marathons agricoles » : prix du lait, du beurre, du vin… et la forte personnalité du Général de Gaulle qui refuse la candidature britannique à l’adhésion. 12- Phrase figurant dans le préambule de notre projet. 4

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