Après Matonne, mémoires de Fresnes et d’ailleurs, éditions Ramsay, 2002      Matonne de jeunes, éditions de l’arbre, 2010 ...
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Dans le couloir, la surveillante rôdait. Si la fille d’à côté n’avait pas pris lapeine de guetter la matonne, elle allait ...
« Bon, Jessica ma fille, huit cachous, en plus de ton traitement de substitutionà la drogue, c’est beaucoup ». Mais il ne ...
L’assiette sur la table. Le cachet rose à côté. Dommage qu’elle n’avait pas lecourage d’affronter ses peurs nocturnes. Ou ...
En fait l’idée n’est pas bonne et Jessica le savait. Tout ce qu’elle allait ygagner ce serait d’être isolée des autres. El...
Le pied de la surveillante frôla la porte. Ce bruit vint chercher Jessica aucreux de son sommeil. Etait-elle réveillée ? N...
Dans le couloir, le bruit des pas de la surveillante résonnaient. Jessica tentade rallier le peu de force qui lui restait....
Partie 1      Je n’ai jamais pris la décision de me laisser guider par les évènements. J’étaisdéjà une jeune fille mal dan...
vraiment à moi : ma propre fille. Malheureusement, elle a dû comprendre depuispas mal de temps que quelque chose ne tourna...
Depuis quelques temps, je ne rate pas une occasion de me fourrer dans lepétrin et ma vie s’effiloche encore un peu plus da...
je ne recommencerais pas les mêmes bêtises. Je n’aurais pas une fille sans père, uneadhésion à pôle emploi, un appartement...
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Premières pages la peur dans l'ombre

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Premières pages la peur dans l'ombre

  1. 1. Après Matonne, mémoires de Fresnes et d’ailleurs, éditions Ramsay, 2002 Matonne de jeunes, éditions de l’arbre, 2010 Corinne Héron-Mimouni La peur dans l’ombre Roman suspense Prologue Elle alluma la télévision et la voix nasillarde du présentateur emplit la pièce.Tout plutôt que le silence… Sur la table, le repas du soir refroidissait. Encore unesoirée qui commençait. Verrous tirés à 18 heures, c’était une nuit en plein jour. Lavoix de la fille d’à côté couvrit le bruit de la télévision. « Qui c’est qu’a desclopes ». Comme si c’était l’heure de s’en préoccuper ! Ça allait encore faire toute
  2. 2. une histoire. Elle allait brailler à n’en plus finir jusqu’à ce que la surveillantevienne derrière sa porte. De toute façon, ce ne serait pas elle. Prise la main dans lesac, elle dirait que c’est la main de la détenue d’à côté. - Tu peux pas te taire ! se mit à crier Linda. Au son de cette voix, Jessica sentit sa peau se glacer. La prison, c’était dur àcrever, mais fallait encore qu’elle en bave avec cette garce de Linda qui lui menaitdes journées d’enfer. - Ta gueule ! insulta une autre. Bien envoyé…Son petit plaisir du soir. Entendre ce qu’elle ne pouvait pasdire. Par peur. Pourtant, Linda c’était pas une costaud. Des bras maigres commedes bâtons de réglisse mâchouillés. Une face en biseau aux joues creuses. Des yeuxbleus délavés de voir le mal partout, et d’en souhaiter dix fois plus. Une boucheserrée qui ne laisse passer que de l’acide. Et l’acide de Linda, en ce moment, il étaitpour Jessica. Du coup, plus personne n’osait lui parler de peur de recevoir deséclaboussures. De mensonges en rumeurs, Linda avait transformé le délit de vol deJessica en maltraitances à enfants. Parfois, attaques de petits vieux. Cela dépendaitde son humeur. Rien qui ne tenait la route, mais restait accroché à sa réputationcomme à une toile d’araignée. À trente trois ans, Jessica vivait sa plus pénibledétention. Et ce n’était pas parti pour s’arranger.
  3. 3. Dans le couloir, la surveillante rôdait. Si la fille d’à côté n’avait pas pris lapeine de guetter la matonne, elle allait se faire pincer. Jessica frappa contre untuyau. Un coup bref lui répondit. Message reçu. Dans l’assiette transparente, les flageolets s’étaient figés au milieu de leursauce verdâtre. Du bout de la fourchette, Jessica retourna le morceau de viande, lemit sous son nez et renifla. Il n’avait pas une mauvaise odeur, juste une salecouleur. Faut que je mange, pensa-t-elle. Des trucs déguelasses, j’en ai mangédehors. La fine bouche, je la faisais pas même les jours de richesse. L’argent dansla dope, et la bouffe ramassée devenait un festin. Calée contre l’oreiller, les jambes allongées le long de la couverturerugueuse, Jessica essaya de sombrer dans le sommeil. Malheureusement, seulel’angoisse l’engluait dans sa visqueuse mélasse. Sous sa maigre poitrine, elle sentitson cœur bondir d’une telle force que son corps n’était plus que martèlements. Ellen’y échapperait pas. Comme chaque soir, la bataille contre l’anxiété allait la briserun peu plus. « Je vais lâcher du lest » décida t-elle. « Au point où j’en suis, uncachet de plus ou de moins ne me tuera pas ». Sept, elle en était à sept par jour.Qu’est-ce que c’était par rapport à une mixtion dardée dans ses veines trouées ?Fallait passer à huit. Demain, elle règlerait le problème.
  4. 4. « Bon, Jessica ma fille, huit cachous, en plus de ton traitement de substitutionà la drogue, c’est beaucoup ». Mais il ne fallait pas qu’elle crève derrière la portede cellule. Et c’est ce qui lui pendait au nez si elle ne barrait pas le chemin à cettebête malfaisante qui l’accaparait aux premiers silences. Médicament miracle !paraît-il. Tant mieux. Jessica n’en pouvait plus de ses crises oppressantes qui lasaisissait le soir au mieux, à n’importe quel moment, au pire. Jessica serra les minuscules cachets roses. Deux pour voir venir. À prendreen cas d’angoisse. - Le soir, en même temps que le somnifère, lui avait-on précisé. Avec ça,vous allez faire des rêves de bébé. C’est curieux la vie, la vision des deux cachets roses sur la table la calmaitdéjà. Mais il est encore tôt. Dans le couloir, elle imaginait le chariot qui déambulaitsur le sol cimenté. Derrière les portes, les filles obéissantes, ou trouillardes,attendaient l’assiette à la main. Et puis quoi encore ! - Tavrier , repas. - J’arrive, j’arrive, ronchonna Jessica. Y’a pas le feu…
  5. 5. L’assiette sur la table. Le cachet rose à côté. Dommage qu’elle n’avait pas lecourage d’affronter ses peurs nocturnes. Ou celles du jour. Parce que la Linda, nelâchait pas prise. Ce matin, qu’est-ce qu’elle avait trouvé à dire, en plein milieu dela cour, « que Jessica racontait sa vie et celles des autres aux surveillantes, et queelle, Linda, elle allait lui faire la peau si elle continuait ». Une menace pour luifoutre la trouille. Encore qu’avec Linda, allez savoir ? Cette salope avait sorti sonmensonge avec un tel aplomb, que les filles bruyantes telles des abeilles dans uneruche avaient ravalé leurs cancaneries. Ce foutu silence, aussi soudain que sinistre,lui avait coupé la respiration. Le silence, Jessica détestait ça comme un tombeau.Alors, pas moyen de se libérer de sa frayeur et de répliquer du tac au tac, de luiclouer le bec au moins une fois à cette salope de Linda. Bien sûr, ce n’était pas vrai.Et les autres filles le savaient. De là à blaguer avec Jessica….fallait pas trop endemander à ces petites jeunes qu’avaient pas fait comme elle des années de prison.Il était loin le temps de la maison d’arrêt d’Avignon. Quelle équipe elles faisaienttoutes ! Une ambiance du tonnerre. Faudrait qu’elle se tire de cet endroit, y avaitbien des taules plus cool qu’ici. Mais quelle justification pour un transfert ? Sansfamille pour légitimer une demande de rapprochement, ça allait pas être de latarte... Et pourquoi pas dire que Linda l’avait menacée ? C’est ça, un courrier bientourné, une louche de formule de politesse. Pourquoi pas ?
  6. 6. En fait l’idée n’est pas bonne et Jessica le savait. Tout ce qu’elle allait ygagner ce serait d’être isolée des autres. Elle se sentait assez seule comme ça,merci. A ses souvenirs, l’angoisse esquissa un prélude à ses assauts. Cloîtrée pour lanuit… L’oppression était forte, elle redevenait l’unique réalité. Le mondedisparaissait. Jessica n’était plus qu’une masse de chairs. Un cercueil avec soncorps dedans. À peine si son âme volait au-dessus. Jessica remplit son verre d’eau d’une main tremblante. Pour une fois, ellen’eut pas le réflexe de bloquer sa respiration afin de ne pas sentir l’odeur d’urinequi montait des toilettes jusqu’à sa bouche. Le liquide glissa dans sa gorge. Lecachet rose effleura les parois de son tube digestif. Elle sentit le médicament lapénétrer et ce contact lui redonna le sentiment d’exister. « Pour un effet garanti, il faut prendre le somnifère en même temps que lecachet rose », lui avait-on expliqué. Voilà dix minutes que Jessica était allongée sur son lit. Les médicamentscommençaient à agir. Ses muscles se détendaient. Au creux de sa poitrine, lesbattements de son cœur ne menaçaient plus. Elle était en paix.
  7. 7. Le pied de la surveillante frôla la porte. Ce bruit vint chercher Jessica aucreux de son sommeil. Etait-elle réveillée ? Non... C’était comme si elle flottait. Unrêve certainement… Ou un trip en trop …Voyons, qui lui avait vendu sa dose hier ?Impossible de se souvenir…Essayer de rassembler les images de la veille. Une rue,une maison, un bout de puzzle sur lequel poser l’histoire de sa soirée. Jessica tenta de remuer dans son lit. Juste un mouvement, pour activer sacervelle figée contre son crâne. Non…La main alors, un doigt … Son corpsn’obéissait plus. La paix qui la berçait quelques secondes auparavant se fissurait. Ily avait un truc qui ne collait pas… Où était-elle ? Et pourquoi ne pouvait-elle passe souvenir du visage du dealer ? Peut-être n’y en avait-il pas ? Si, il y avaitquelqu’un. Une main, un cachet rose. A prendre impérativement le soir, avec lesomnifère. Qui parle ? Des yeux derrière une porte. Close. Et puis des grilles. Et lesilence, le soir. Prison…Elle était en prison ! Pas d’overdose alors... Tant mieux,elle croyait qu’elle allait crever là. Mais non. Elle était en prison, dormait dans« son » lit. Jessica était détendue grâce au cachet. Dans ce cas, pourquoi sa main nebougeait t-elle pas ? Pourquoi son corps refusait-t-il d’obéir au besoin impérieux desavoir si elle était vivante ? L’inquiétude à nouveau s’insinuait. Côtoyait le calmequi la rendait sereine malgré la certitude. Parce qu’elle savait…Mais pourquoi ? Parquel tortueux chemin du destin elle avait survécu à l’enfer de la drogue, pour venirmourir dans cette prison.
  8. 8. Dans le couloir, le bruit des pas de la surveillante résonnaient. Jessica tentade rallier le peu de force qui lui restait. Elle devait appeler…Mais aucun son nemontait de sa gorge. Elle essayai pourtant, encore et encore. Puis résignée, bercéepar la plénitude qui l’envahissait, Jessica cessa de lutter contre la mort.
  9. 9. Partie 1 Je n’ai jamais pris la décision de me laisser guider par les évènements. J’étaisdéjà une jeune fille mal dans ma peau lorsque je me suis résignée à ne plus luttercontre mon destin. Mon désir d’être simplement heureuse n’avait pas résistée auxpremières vagues d’une mère agitée par la haine de sa propre fille. Je n’ai pas toujours été comme ça, indolente et sans futur. Cependant, cen’était pas mieux, juste différent. Je suis doucement devenue ce que je suis encoreaujourd’hui, une jeune femme qui se laisse flotter. Je sais que résister seraitinutile…. Il y a en moi une force, la seule à laquelle j’obéisse bien malgré moi, etcette force m’entraîne vers mon histoire. Aux yeux du peu de personnes qui me côtoient, je suis assez docile etsouriante pour être utile. Par exemple, je peux avoir un effet potiche dans lessoirées qui manquent d’invités ou lorsque l’un d’eux s’est désisté au derniermoment. Comme je ne refuse rien, j’ai un cercle de connaissances suffisant. Tousces gens là ne cherchent pas à approfondir notre relation et, si c’était le cas, jefuirais à toute allure. Mais je suis injuste. Il y a tout de même un être qui s’intéresse
  10. 10. vraiment à moi : ma propre fille. Malheureusement, elle a dû comprendre depuispas mal de temps que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Emma a quatreans et je l’aime. Elle et moi ne vivons pas ensemble. Ce n’est pas un choix : je nesuis pas capable de m’occuper de mon enfant, c’est tout. Il ne faudrait pas imaginer que je me suis débarrassée de Emma pour « vivrema vie » ou ce genre de stupidités. Non, un jour j’ai déposé le couffin chez sagrand-mère et puis voilà, elle y est restée… Que pouvais-je faire d’autre ? Lesbelles théories sur l’amour maternel, l’instinct ou toutes ces balivernes sont duremplissage pour revues féminines ou feuilletons télé, rien de plus. La réalité, c’estautre chose ! Non, il vaut mieux que je la confie à ma mère. Maman n’est pasparfaite, bien sûr. Elle est même bourrée de défauts : je suis bien placée pour lesavoir. Cependant, elle est capable de s’occuper de Emma. Je dois me satisfaire dela situation. Ma fille n’est pas comme moi, elle est intelligente. Elle me fixe souvent avecses petits yeux furtifs qui me jaugent, inspectent. Parfois elle regarde sous meshabits et ses petits doigts potelés soulèvent ma jupe, mes bas de pantalons ouencore glissent sous les manches de mon pull, comme pour sentir ce qui se cachederrière l’apparence. Dans ces moments là, je suis envahie d’une telle tendresse queje la prends dans mes bras et la serre très fort. C’est ma façon de lui exprimer ceque j’ai dans le cœur.
  11. 11. Depuis quelques temps, je ne rate pas une occasion de me fourrer dans lepétrin et ma vie s’effiloche encore un peu plus dans tous les sens. Pour commencer,j’ai encore changé de travail. J’ai beau reprendre le film à l’envers, je n’arrive pas àréaliser à quel point je me suis faite avoir. D’autant plus que je n’étais pas trop maldans ma dernière place. Pas le Pérou, rien de quoi fantasmer, mais je ne m’y sentaispas trop en danger. Pas d’hommes à me tourner autour, un travail facile où seulmon bras se fatiguait à glisser des étiquettes dans des colis de frusques minablesdestinées aux supermarchés du coin. Mal payé, mais ça ce n’etait pas nouveau. Il a fallu que j’écoute ce type aussi paumé que moi me parler de ses projets.De son copain qui se lance dans les affaires, en or, paraît-il. Une urgence, pas letemps de réfléchir. « Tu veux un vrai travail ou pas ? ». J’avais une petite voix dansma tête qui me disait, cet homme est ringard et les histoires merveilleusesn’existent pas. Pourtant j’ai dit : « oui ». Je me suis retrouvée coincée entre un comptoir et des cartons vides à fairesemblant d’avoir du travail par-dessus la tête. A l’instant où j’ai passé la porte de lasoi-disant entreprise, j’ai compris que j’avais fait une erreur. Une de plus, et je mesuis retrouvée au chômage. Après bien sûr, je me rends malade. Ma tête me harcèle de questions. Debonnes raisons tournent dans ma tête sans que je puisse les attraper. Si je les tenais,
  12. 12. je ne recommencerais pas les mêmes bêtises. Je n’aurais pas une fille sans père, uneadhésion à pôle emploi, un appartement avec moi toute seule dedans. C’est à cause de ma solitude sans boulot que le pire a commencé. Commed’habitude, sans savoir de quelle manière, j’ai compris que j’allais en prendre pleinla figure. À croire que j’aime ça ! 2 « Louise, ma fille, ce n’est pas un bon programme », me dis-je. Mais plus jeme persuade de l’absurdité de mon projet, plus je reste le nez collé dans les petitesannonces. Voyons, non, celui là est trop vieux, je ne vais pas tourner dans lagérontologie…Blond, la quarantaine, jamais marié, cadre supérieur, celui là prendles femmes pour des gourdes…le pire est que j’ai envie de me laisser attraper à sonjeu de dupe. La feuille vole et vient rejoindre le tas qui jonchent le sol. Lesannonces d’emploi sont criblées d’annotations et de grands coups de crayonsrageurs.La suite sur Amazon.fr http://www.amazon.fr/La-peur-dans-lombre-ebook/dp/B007GWKHFI/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1366184309&sr=8-1&keywords=la+peur+dans+l%27ombreFnac.fr http://www4.fnac.com/livre-numerique/a4828509/Corinne-Heron-Mimouni-La-peur-dans-l-ombre -FORMAT=ePubEt bien sur Apple....

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