4 NUMÉROS — JOURNAL BIMENSUEL — PARUTION DU JEUDI 16 FÉVRIER 2012QUEL NOUVEAU CONTRAT SOCIAL POUR LA FRANCE ?             ...
1                                                                 ce que nous croyons être le                             ...
2                                                                                                                         ...
4                                                                                                                         ...
6                                                                                                                         ...
8                                                                                            9                            ...
10                                                                                                                        ...
QUEL NOUVEAU CONTRAT SOCIALPOUR LA FRANCE ?  La France vit dans une sorte de paradoxe : elle souffre d’un coût du travail ...
15Quel nouveau contrat socialpour la France ? —                                                                           ...
17Quel nouveau contrat socialpour la France ? —     Révolutionner     le droit du travail     Il n’est pas un chef d’entre...
19Quel nouveau contrat social                                                                                             ...
21Quel nouveau contrat socialpour la France ? —     toire belge, engendrerait des muta-       sans que l’on casse les effe...
23Les chiffres-clé du modèle social —En France —                                                           Selon les derni...
26                                                       Le grand entretien — François Dupuy :                            ...
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3

758 vues

Publié le

Quel nouveau contrat social pour la France ?

Publié dans : Actualités & Politique
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
758
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
1
Actions
Partages
0
Téléchargements
3
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Le Petit Journal de Campagne - Numéro 3

  1. 1. 4 NUMÉROS — JOURNAL BIMENSUEL — PARUTION DU JEUDI 16 FÉVRIER 2012QUEL NOUVEAU CONTRAT SOCIAL POUR LA FRANCE ? WWW.CROISSANCEPLUS.COM
  2. 2. 1 ce que nous croyons être le chemin vertueux du remode- lage du contrat social, basé sur une entrée plus facile des jeunes dans l’entreprise, une régulation différenciéeRénover le modèle social du temps de travail, une réforme du financement de la protection sociale, un toi-Les p rop os it ion s d e s c a n d id at s à L’é Le c t ion lettage du droit du travail etp résid en tieLLe c om m e n c e n t à s e p r é c is e r , l’instauration d’un dialogueet j’y in c L u s c e LLe s fa it e s pa r Le p r é s id e n t social responsable au seind e L a rép u b Liqu e , n ic oLa s s a r k oz y. m on p r o- des entreprises. Ces propo-p os n ’est pas ic i d e Le s d is c u t e r e n d é ta iLs , sitions de CroissancePlus nema is d e reLe ve r Le s p oin t s d e c on ve r g e n c e sont pas idéologiques maisqu i Les ra p pr oc h e n t. pragmatiques. Elles sont le fruit de l’expérience et expri- ment la volonté de nos entre-Elles sont toutes dictées par deux considérations prises de faire le travail que lamajeures : répondre à l’urgence de la situation collectivité attend d’elles, àéconomique dans laquelle se trouve la France, à savoir grandir en France et àl’image d’un grand nombre de pays européens ; l’étranger, créer des emploismettre en œuvre des solutions structurelles et de stables, améliorer les com-long terme pour retrouver la capacité à croître, à pétences de tous les sala-créer des emplois, des entreprises, de la valeur. riés, bref, créer de la valeurCertes, les voies proposées pour y parvenir sont durable pour l’ensemble destrès différentes, certaines sont même discutables parties prenantes. Ni plus, niou inapplicables. Mais la nécessité de changer en moins…profondeur le modèle social y est apparente, etc’est le grand enjeu des années à venir. Olivier Duha, Président de CroissancePlusChez CroissancePlus, nous ne sommes pasdes contempteurs obstinés du modèle social français.Depuis des années, nous multiplions les pro-positions pour le moderniser, le faire évoluer,le rendre plus adapté aux nouvelles circons-tances économiques, en faire un outil de progrèséconomique et social et non une entrave au déve-loppement et à la souplesse de fonctionnementdes entreprises. Dans ce 3ème numéro du PetitJournal de Campagne, nous revenons en détail sur 02. 2012
  3. 3. 2 3LE PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE EST ÉDITÉ PAR CROISSANCEPLUSQuelques mots sur CroissancePlus DANS L’ACTUALITÉ 4 PREMIÈRE ASSOCIATION FRANÇAISE DES ENTREPRENEURS Présidentielle 2012 — Un grand choc fiscal pour la France ?DE CROISSANCE, CroissancePlus réunit une nouvelle génération de 350 entre- Nicolas Sarkozy : TVA sociale et taxe boursièrepreneurs innovants afin de réformer l’environnement économique, social, juridique François Hollande : impôt sur les sociétés différenciéet fiscal, et favoriser la création d’entreprises et d’emplois en France. Présidée par et fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSGOlivier DUHA , CroissancePlus agit au quotidien comme force de propositions et François Bayrou : augmentation de la TVA,de lobbying en formulant de nombreuses recommandations auprès des pouvoirs deux nouvelles tranches fiscalespublics et des leaders d’opinion. Lieu d’échanges et de networking, CroissancePlus Eva Joly : libérer l’économie de la finances’impose également dans le débat public à travers l’organisation de nombreux évé-nements autour de personnalités politiques et économiques de tout premier plan. VU DANS LA PRESSE 8 PORTER TOUJOURS PLUS HAUT L’ESPRIT D’ENTREPRISE ET Encore tout faux… (International Herald Tribune)FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS, Les prosélytes du libéralisme se préparent un destin bien triste…telle est la volonté de CroissancePlus qui accompagne les dirigeants d’entreprise (Financial Times)dans leur développement en France et à l’international. Industriels cherchent soudeurs désespérément (Les Échos) Les biotechs françaises imaginent la médecine de demain (Le Parisien Economie)Nos missions DOSSIER — Quel nouveau contrat social pour la France ? 12 ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITIONS RECONNUE DES 1 / Tout faire pour favoriser l’entrée des jeunes dans l’entreprisePOUVOIRS PUBLICS. Les propositions de CroissancePlus émanent d’hommes 2 / Augmenter le temps de travail pour favoriser la croissanceet de femmes de terrain, de commissions et groupes de travail qui se réunissent 3 / Révolutionner le droit du travailrégulièrement dans les domaines suivants : création et financement d’entreprise / 4 / Trouver de nouveaux modes de financement de la protection socialejuridique et fiscal / social et emploi / recherche et innovation / relations grands 5 / Adapter les modes de représentativité du personnelgroupes-PME / international / croissance responsable. Propositions consultables surwww.croissanceplus.com. Les chiffres-clé du modèle social 22 CONSTITUER UN RÉSEAU PERFORMANT D’ENTREPRENEURS LE GRAND ENTRETIEN —CroissancePlus est également un lieu reconnu d’échanges et de rencontres per- François Dupuy, sociologue des organisations 24mettant de développer des synergies entrepreneuriales, des compétences tech-niques ou tout simplement partager expérience et bonnes pratiques. Les nombreux IDÉES 30événements : déjeuners et dîners-débats, petits-déjeuners thématiques, Be to Be,déjeuners mensuels business, etc… sont autant d’occasions d’accueillir des per- Lu pour voussonnalités de tout premier plan et contribuer à la notoriété de CroissancePlus et de Verbatimses membres. Livres Débats ManagementRÉDACTION ET DOCUMENTATION : Antoine Bayle • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •DIRECTION ARTISTIQUE – GRAPHISME : Alexandra Roucheray, Olivia Grandperrin • • • • • • • • • • • • • PETITES HISTOIRES DE GUERRE ÉCONOMIQUE 36COMITÉ ÉDITORIAL : Florence Dépret, Clothilde Hervouet, Gwennaelle Pierre, Emmanuelle Skowron • •UN JOURNAL RÉALISÉ PAR Les Rois Mages - www.lesroismages.fr - téléphone : 01 41 10 08 08 • • • • Les 36 S t ratagèmes 02. 2012
  4. 4. 4 5Présidentielle 2012 obligatoires. C’est dans le choix des points, à 21,2% le 1er octobre prochain “cibles” que les responsables politiques et en une hausse de 2 points de la CSG François Hollande :Un grand choc se différencient et s’opposent, qu’il sur les revenus du patrimoine. Ces deux s’agisse de la fiscalité des particuliers, mesures doivent permettre de com- impôt sur lesfiscal pour des entreprises ou de l’épargne. Cela penser la suppression des cotisations créera-t-il pour autant le grand choc patronales finançant la branche famille sociétés différen-la France ? fiscal qui serait nécessaire pour relan- de la Sécurité Sociale sur les salaires cer la croissance économique, inci- allant jusqu’à 2,1 SMIC et leur dégressi- cié et fusion entre ter à l’investissement “fertile” dans les vité jusqu’à 2,4 SMIC (ce qui représenteLes principaux candidats à l’élection entreprises en développement, assurer environ 13,6 milliards d’euros, soit 40% l’impôt sur leprésidentielle ont élaboré, ces dernières l’équité et l’efficacité de l’impôt ? Nous des cotisations de la branche famille).semaines, l’essentiel de leurs propo- n’en sommes pour l’heure qu’aux pro- revenu et la CSGsitions en matière de politique écono- positions, aux pistes de réflexion, aux À noter que l’augmentation de la CSGmique et fiscale, même si le chef de galops d’essai. Il est donc encore trop sur les revenus du capital représentel’Etat, à l’heure où nous écrivons ces tôt pour en juger. Mais voici un rapide un surcroît de charges de 2,6 milliards Le programme de François Hollandelignes, n’a pas encore fait acte de candi- tour d’horizon des propositions et pistes d’euros pour les épargnants. Au total, comprend de nombreuses dispositionsdature officielle. Il ressort, de l’ensemble de réflexion des quatre principaux can- avec cette nouvelle augmentation, les d’ordre fiscal, dont nous ne retiendronsde ces déclarations, un certain nombre didats. Et le rappel des réflexions de prélèvements sociaux sur les revenus que les plus significatives. En matièrede constats. Tout d’abord, l’exercice CroissancePlus en la matière. du capital s’élèveraient à 15,5%. Si de fiscalité d’entreprise, le candidatest complexe puisqu’il s’inscrit dans l’on y ajoute le prélèvement obligatoire socialiste souhaite distinguer les béné-un cadre contraint, celui du retour à de 24%, les revenus de l’épargne en fices réinvestis et ceux distribués auxl’équilibre de nos finances publiques, Nicolas Sarkozy : France (hors Livret A) seraient taxés à actionnaires et envisage de mettre enconformément aux engagements euro- près de 40%. place trois taux d’imposition différents :péens de la France et aux conclusions TVA sociale et 35% pour les grandes entreprises,du sommet européen du 30 janvier L’autre mesure importante annoncée 30% pour les petites et moyennes,dernier, prévoyant l’instauration de « la taxe boursière par Nicolas Sarkozy est l’instauration 15% pour les très petites. Il annoncerègle d’or » dans la plupart des pays de d’une taxe boursière à compter du 1er un redéploiement des financements,la zone euro. Compte tenu du faible taux août prochain, dont le champ d’appli- des aides publiques et des allègementsde croissance anticipé en 2012 et 2013, Lors de son intervention télévisée du 29 cation fait encore l’objet de discussions fiscaux vers les entreprises qui investi-cette marche forcée vers l’équilibre des janvier 2012, le chef de l’Etat a dressé entre le gouvernement et les représen- ront en France. En matière de fiscalitécomptes publics ne peut s’accomplir les grandes lignes des réformes fis- tants des banques. Cette taxe s’élèvera des particuliers, François Hollande aavec succès que si des recettes nou- cales qu’il compte mettre en œuvre. à 0,1% et devrait rapporter environ 1 officialisé le projet de fusion de l’im-velles sont trouvées, ce qui se traduit Les mesures phares consistent en une milliard d’euros chaque année, qui serait pôt sur le revenu et de la CSG dans ledonc par une hausse des prélèvements augmentation du taux de TVA de 1,6 affecté à la réduction du déficit. cadre d’un prélèvement simplifié sur 02. 2012
  5. 5. 6 7 Les réflexions de CroissancePlus en matière l’impôt par rapport au risque ; favori- Eva Joly :le revenu (PSR). Il entend également de réforme fiscale ser le réemploi productif.créer une tranche supplémentaire de / Favoriser la stabilité du cadre fiscal. libérer l’économie45% pour les revenus supérieurs à / Orienter l’épargne “stérile” vers150 000 euros par an. Il souhaite imposer Consciente que la réforme de la l’épargne “fertile”, privilégier une de la financeaux dirigeants des entreprises publiques fiscalité est un axe essentiel de taxation des revenus du patrimoineun écart maximum de rémunérations de toute politique de redynamisation peu productif différemment des1 à 20. Concernant l’épargne, il indique de la croissance et du développe- revenus du patrimoine productif et La candidate du mouvement écologiqueaussi vouloir supprimer les produits ment des entreprises, Croissance- ouvrir ce principe à l’ensemble des (EELV) a choisi trois axes principauxfinanciers toxiques et les stock options Plus a élaboré sa propre réflexion acteurs économiques ; inciter les pour l’élaboration de son programme(sauf dans les entreprises naissantes), en matière de réforme fiscale, dans grands groupes français à investir économique : la réorientation de la fis-aligner la fiscalité des plus-values en un contexte de crise économique dans les PME/ETI de manière mino- calité vers l’environnement, l’augmen-capital sur les taux de l’IRPP et annonce et d’harmonisation européenne ritaire, à travers des fonds d’inves- tation des dépenses dinvestissementsl’instauration d’une taxe sur les tran- de la fiscalité. Ces réflexions ont tissement ; exonérer au maximum publics, le relèvement des prélèvementssactions financières, sans en préci- été largement présentées aux res- les actifs professionnels ; favoriser obligatoires sur les hauts salaires et lesser les modalités. Enfin, il propose la ponsables politiques. L’objectif la transmission de l’entreprise aux revenus du capital. Le mot d’ordre decréation d’un livret d’épargne industrie de CroissancePlus est d’abord de collaborateurs. son programme est de “libérer” l’écono-dont le produit serait entièrement dédié favoriser la création de richesse et mie de la finance, en réduisant la tailleau financement des PME et des entre- de valeur en France en sécurisant L’objectif de CroissancePlus est des banques, en limitant les activitésprises innovantes. la fiscalité des entrepreneurs et le même depuis sa création en des fonds spéculatifs et en développant des Business Angels. Il s’agit avant 1997 : favoriser l’entrepreneuriat, le l’investissement socialement respon- tout d’encourager la création, le développement des entreprises et sable. Sur le plan de la fiscalité, EvaFrançois Bayrou : développement et le financement l’épargne productive. Joly entend privilégier les TPE/PME et des entreprises par la création et les entreprises locales et écologiquesaugmentation l’amélioration de dispositifs fiscaux en créant notamment un “bonus déve- adaptés et de favoriser l’implanta- loppement durable”. Elle propose ende la TVA, deux tion et le retour en France d’entre- procurerait environ 20 milliards d’euros outre une progressivité réelle de l’impôt preneurs. Voici quelques-unes des de recettes supplémentaires pour l’Etat. sur les sociétés en fonction du niveaunouvelles tranches principales réflexions de Crois- La seconde mesure est l’instauration de des bénéfices et des mesures de sou- sancePlus : deux nouvelles tranches d’imposition, tien à la recherche et à l’innovation aufiscales l’une à 45%, l’autre à 50% pour les reve- bénéfice des petites et moyennes entre- / Le maintien intégral du dispositif nus au-dessus de 250 000 euros par an. prises, ainsi que l’extension des socié- ISF-PME qui permet d’orienter une Enfin, François Bayrou annonce un dis- tés régionales de capital-risque.François Bayrou a précisé, le 1er février partie de l’épargne des Français positif nouveau concernant la fiscalitédernier, son programme économique, vers le financement des PME, ainsi des entreprises, comprenant la création Concernant la fiscalité des particuliers,axé sur un strict encadrement des bud- que le doublement de “l’avantage d’un crédit d’impôt innovation, parallèle EELV propose un impôt sur le revenugets de l’Etat, de la sécurité sociale et Madelin” qui favorise l’investisse- au crédit d’impôt recherche, et surtout rénové, reposant sur le prélèvement à lades collectivités territoriales dont les ment direct ou via un fonds dans l’exemption de charges sociales pen- source, la fusion CSG/IRPP, l’intégrationdotations resteraient au même montant des PME françaises. dant deux ans des entreprises de moins des revenus du capital dans l’impôt surpendant trois ans quelle que soit l’infla- / Le respect de trois principes-clés de 50 salariés qui embauchent un jeune le revenu, un impôt sur le patrimoine,tion. Le volet fiscal de son programme pour favoriser l’investissement ou un chômeur. Il propose aussi la créa- l’élargissement de la base de l’ISF,s’articule autour de trois mesures dans les PME/ETI : faire participer tion d’un statut fiscal particulier pour les notamment par la révision de l’exonéra-essentielles. La première est une hausse l’ensemble des acteurs écono- Business Angels, calqué sur celui des tion des biens professionnels et la misede la TVA de 1 point en 2012 et de 1 miques à l’investissement produc- fonds de private equity ainsi que la créa- en place d’une contribution climat-éner-point supplémentaire en 2014, ce qui tif ; veiller à la proportionnalité de tion d’un livret d’épargne industrie. gie de 36 euros la tonne de CO2. 02. 2012
  6. 6. 8 9 croire que ce fut un succès. « Compte « Encore tenu du calendrier, c’est un vrai chef d’œuvre », a même déclaré Angela tout faux… » Merkel, parlant du pacte budgétaire et fiscal conclut par les pays européens. (…) En tant que plus gros contributeur « Les leaders de 25 pays de l’Union du fonds de soutien européen, l’Alle- Européenne sur 27, se sont mis d’ac- magne continue à déterminer la façon cord pour conclure un nouveau pacte de gérer la crise. Les autres n’ont guère fiscal qui les empêchera, légalement, de choix que de suivre, qu’ils soient de combattre les récessions au moyen convaincus ou non du fait que l’aus- de robustes incitations financières. La térité dictée par les Allemands, aidera plupart des économistes, en dehors leurs économies affaiblies. Un dirigeant de la zone euro, considère que cette mieux avisé qu’Angela Merkel bâtirait une approche est dangereuse. Ces pays Union Européenne plus solide en aidant représentent plus de 20% de l’économie ses voisins à sortir de leur endettement mondiale. Les condamner à des réces- plutôt qu’en leur serrant le cou. Un lea- sions plus longues et plus profondes der plus sage rappellerait aussi aux aura un impact négatif sur les écono- électeurs allemands que la prospérité mies hors d’Europe qui dépendent du de leur propre économie repose sur une commerce international, comme les demande soutenue des pays voisins. » Etats-Unis et la Chine. Sans un fonds de soutien plus important, les investisseurs International Herald Tribune, 2 février 2012 vont continuer à parier contre les éco- nomies les plus faibles comme l’Italie ou l’Espagne, poussant leurs taux d’intérêt « Les prosélytes à la hausse, et creusant leurs déficits. Et malgré cela, les gouvernements européens du libéralisme se ont repoussé toute décision à mars. préparent un des- Les spéculateurs pourraient fort bien ne pas être d’accord pour attendre. tin bien triste… » Le monde s’est habitué aux sommets européens ratés. Ce qui est particuliè- rement perturbant avec celui qui vient de se tenir le 30 janvier, c’est que cer- « On a fait grand cas du fait que, lors tains responsables européens semblent du dernier forum de Davos, les grands 02. 2012
  7. 7. 10 11 titude, c’est que la vision anglo-amé- femmes, l’Institut de Soudure avait lar- ricaine va perdre de son influence et gement médiatisé la médaille d’or aux qu’un consensus global va émerger sur Olympiades des Métiers remportée encapitaines d’industrie de la planète ont le rôle plus important que l’Etat va jouer 2009 par une de ses élèves, Marineété obligés par les évènements récents sur le marché. Il semble probable, et Bregeon (aujourd’hui, elle soude des « Les biotechsd’aborder des sujets comme les inéga- même heureux, compte tenu de notre coques de sous-marins chez DCNS àlités ou le futur du capitalisme. Bien que récente expérience aux Etats-Unis, que Cherbourg). Mais pour la CFDT, il fau- françaises ima-de tels actes d’introspection publique de le capitalisme du XXIème siècle ressem- drait aussi que le patronat de la métal-ces élites participent du même cynisme blera de moins en moins au darwinisme lurgie relève les minima salariaux, notoi- ginent la méde-que d’autres traditions de Davos économique tellement célébré à Wall rement peu attractifs.comme les dîners privés pour parler de Street. » cine de demain »la faim dans le monde, l’accent mis surle futur du capitalisme a quelque chose D a vi d R o t h k o p fd’ironique. L’ironie c’est que l’avenir du F i n a n c i a l Ti me s, 1 e r f é vr i e r 2 0 1 2 « Selon l’association France Biotech, illibre marché ne sera pas déterminé par y aurait en France environ “250 à 300les capitalistes de Davos et ne prendra entreprises de biotech, orientées à 48%pas la forme que l’on imagine dans les « Industriels dans la santé humaine et employantsommets de ce genre. Après la fin de la près de 6 000 personnes, dont 70% deguerre froide, beaucoup ont pensé que cherchent chercheurs”. 80% de ce marché sontl’on avait résolu de façon définitive les accaparés par les Etats-Unis où le sec-grandes questions sur la relation entre soudeurs déses- teur est déjà mature. (…) Même si lele pouvoir privé et public. domaine en France est assez récent, pérément » les biotech sont en train de s’imposer. (DR)La vision marxiste de l’économie centra- Le marché est déjà en transition. (…) Àlisée avait échoué. Les adeptes du « lais- court terme, le secteur est fragilisé parsez donc le marché opérer », disciples « Au même titre que les robinettiers Plusieurs dirigeants de grandes entre- la conjoncture et un tarissement desde Milton Friedman, avaient triomphé. et tuyauteurs, les soudeurs et chau- prises partagent son point de vue, financements pour des projets forcé-Mais leur danse de victoire était pré- dronniers sont depuis deux décennies dénonçant une convention collective ment risqués et au long cours, qui ontmaturée. Non seulement nous n’avions catalogués dans la liste des “métiers dépassée. Mais la tâche s’annonce déli- été en partie désertés par les investis-pas atteint la fin de l’histoire, mais nous en tension”, ces professions où l’offre cate : comme l’explique l’un d’eux, “nos seurs et les sociétés de capital-risque.étions en train d’entrer dans une phase d’emplois est supérieure à la demande, sous-traitants ne pourraient pas se per- Mais les biotech sont devenues un desnouvelle de la compétition séculaire quelle que soit la conjoncture. Certes, mettre des revalorisations salariales trop moteurs essentiels de l’innovation. »pour le pouvoir du public et du privé. malgré la désindustrialisation globale fortes”. Un discours qui ne convainc pas du pays et grâce aux besoins nouveaux ce sous-traitant, régulièrement mis en Thibaud Vadjoux,Aujourd’hui, en plus du darwinisme éco- en main d’œuvre dans le nucléaire, la concurrence avec des PME étrangères Le Parisien Économie, 6 février 2012nomique du modèle anglo-américain construction ferroviaire ou l’aéronau- par des grands donneurs d’ordre fran-et du capitalisme “aux caractéristiques tique, le nombre d’ouvriers qualifiés çais, ayant externalisé une bonne par-chinoises”, coexistent “l’Eurocapita- travaillant par “formage du métal” est tie de leur production pour baisser leslisme ”, le “capitalisme démocratique du globalement resté stable en l’espace de coûts : “S’ils veulent que nous formionsdéveloppement” de l’Inde et du Brésil, vingt-cinq ans. Et pourtant, les besoins nous aussi des jeunes, que nous partici-avec leurs importantes caractéristiques actuels et surtout futurs sont loin d’être pions à l’effort de ré-industrialisation, ilssociales en parallèle avec leurs aspira- couverts. Pour inverser la tendance, doivent nous passer des commandes.tions à la croissance, et le capitalisme le patronat de la métallurgie a multi- Le reste, c’est du vent… »entrepreneurial des petits Etats comme plié depuis trois ans les campagnes (DR)Singapour, les Emirats ou Israël. Et tout de communication. Dans cet univers Cl a ude B a r j one tce que nous pouvons prédire avec cer- encore très largement boudé par les L e s E c hos, 2 fé vr i e r 2012 02. 2012
  8. 8. QUEL NOUVEAU CONTRAT SOCIALPOUR LA FRANCE ? La France vit dans une sorte de paradoxe : elle souffre d’un coût du travail et mettrait le pied à l’étrier de milliers trop élevé, qui finance un modèle coûteux, mais ses salaires sont trop bas, de jeunes qui gagneraient en com- ce qui provoque l’émergence d’une catégorie sociale nouvelle, les travail- pétence et en expérience en étant leurs pauvres. Le contrat social à la française ne fonctionne donc plus. Il intégrés dans le monde de l’entre- n’est pas adapté aux nouvelles conditions économiques. Il ne confère pas prise. Des systèmes équivalents suffisamment de souplesse aux entreprises. Il ne joue plus le rôle de « filet ont été expérimentés dans d’autres de sécurité » qu’il jouait voici quelques décennies. Il fait peser sur le travail, pays, comme en Grande-Bretagne donc sur les entreprises mais aussi les salariés, un poids financier trop lourd. où existe une sorte de SMIC pro- Il est donc urgent de le rénover, non dans une optique politicienne ou idéo- gressif en fonction de l’âge. logique, mais simplement pour lui redonner le sens, l’efficacité et le rôle qui doivent être les siens dans une société moderne, active, souple. Ces sujets Les entreprises de croissance inno- Caroline Mitanne, Dirigeante de Guidecaro (DR) sont au cœur des débats qui se déroulent en ce moment dans le cadre de vantes doivent favoriser le recrutement l’élection présidentielle. Mais ils sont aussi au centre des préoccupations et la formation des jeunes. C’est un L e ni ve a u de for m a ti on de s de CroissancePlus. Voici donc quelques idées fortes qui ressortent de nos i nve sti sse m e nt fr uc tue ux e t r e nta bl e . j e une s c a ndi da ts e st pr obl é - travaux et des expériences des entrepreneurs et autour desquelles il est pos- Dans le domaine du web, un déve- m a ti que . I l s m a nque nt se l on sible de rénover le contrat social en France. loppeur junior doit abandonner à la sor- m oi d’un c a dr e , de r e pè r e s. tie de l’école ses connaissances pure - L or s de s e ntr e ti e ns d’e m - ment théoriques et devenir ba uc he , j ’a i pu r e m a rque r que Tout faire pour faiblesse handicape notre com- o p é r a t i o n n e l . E t p o u r fa v o r i s e r c e t t e be a uc oup é ta i e nt tr op exi - pétitivité et alourdit les dépenses montée en compétence, l’alternance, ge a nts, i m pa ti e nts a ussi , e t favoriser l’entrée publiques. Parmi les solutions qu’il les stages et les contrats de profes- qu’i l s sont c onfr onté s e nsui te serait possible de mettre en œuvre sionnalisation sont indispensables. à de s dé si l l usi ons. L e s j e une s des jeunes dans figure le « SMIC Jeunes » destiné aux Mais il faut simplifier leur application doi ve nt ê tr e m i e ux pr é pa r é s a u jeunes sans expérience ni diplôme, car pour le moment, une PME n’a pas m onde de l ’e ntr e pr i se , à se s l’entreprise âgés de 17 à 21 ans. Il aurait pour encore d’intérêt économique à investir r é a l i té s é c onom i que s. E t c e caractéristique d’être inférieur au s u r u n j e u n e e t s e t o u r n e p l u s fa c i l e - dè s l a pha se de r e c r ute m e nt, Le taux d’emploi des jeunes est montant du salaire minimum brut m e n t v e r s d e s c a n d i d a t s p l u s ex p é r i - du c ôté de c he z Pôl e E m pl oi insuffisant en France. Nous connais- mais une baisse des charges patro- mentés. » pa r exe m pl e . » sons tous cette situation : 22% des nales permettrait de garder un — — 15-24 ans n’ont pas d’emploi, contre salaire net équivalent. Ce dispositif FABRICE METAYER, CA R O L I N E M I TA N N E , 16% en moyenne en Europe. Cette ferait donc baisser le coût du travail, Dirigeant de KerniX Dirigeante de Guidecaro
  9. 9. 15Quel nouveau contrat socialpour la France ? — Il faut remettre le temps de travail au cœur de nos priorités. Depuis 15 ans, notre pays a créé une “génération 35 heures”. On mesure désormais le travail à la présence horaire. Pour faire face à cet état de fait, je vois une solution pra- tique. Les cadres ont largement profité des 35 heures et des RTT. Or ce sont eux qui concentrent le savoir-faire d’enca- Le chômage des jeunes en France est drement dans les entreprises, qui est symptomatique et mérite que les pou- indispensable et demande toujours plus voirs publics s’emparent du sujet. L’ac- de compétences et de temps. C’est une cès à l’emploi de notre jeunesse doit situation totalement paradoxale. Il faut devenir une véritable cause nationale. donc supprimer les 35 heures, pour les Cette mobilisation pourrait commencer cadres comme pour l’ensemble des au niveau des branches profession- salariés d’ailleurs. C’est une décision nelles qui devraient prendre en charge politique courageuse qu’il faut les questions de formation ou de tuto- prendre. » rat. Les entreprises doivent comprendre — q u e l e t r a va i l e n a l t e r n a n c e e s t l ’ u n e LAURENT VRONSKI, des solutions au problème de l’emploi Dirigeant d’Er vor et vice-président Caroline Young, Dirigeante d’Exper Connect (DR) des jeunes en France. » de CroissancePlus — PHILIPPE ANDRILLAT, M a c onvi c ti on e st que pl us i l Dirigeant de Kenseo y a d’a c ti vi té , pl us i l y a de tr a va i l . L e m a r c hé du tr a va i l , te l que nous l e c onc e vons e n F r a nc e , se r a i t un gâ te a u qu’i l Philippe Andrillat, Dirigeant de Kenseo (DR) fa udr a i t pa r ta ge r en pa r ts é ga l e s. J e ne c r oi s pa s à c e tte vi si on. L e m a r c hé du tr a va i l e st une e nti té exte nsi bl e . Pl us Augmenter le temps de travail pour nous i nté gr e r ons de tr a va i l - l e ur s, pl us i l y a ur a de tr a va i l . favoriser la croissance C’e st un c e r cl e ve r tue ux. Pl us nous tr a va i l l e r ons, pl us de s Le débat sur le temps de travail en France montre que des solutions nou- e m pl oi s se r ont c r é é s. » velles sont attendues pour sortir de la logique des 35 heures. C’est un sujet — complexe mais sur lequel les entreprises de croissance sont unanimes : il CA R O L I N E YO U N G , faut revenir à une durée du travail plus élevée. De nombreuses adaptations Dirigeante d’Exper Connect sont possibles. Pour CroissancePlus, le schéma le plus vertueux consisterait à établir un référentiel de la durée légale du travail sur une base annuelle avec un minimum et un maximum hebdomadaire afin de conserver une cer- taine stabilité pour les salariés. Ce choix aurait un double avantage : stimu- ler l’activité économique et l’emploi grâce à un aménagement intelligent du temps de travail et dissuader les entreprises de ralentir leur activité pour Laurent Vronski, Dirigeant d’Ervor et vice- éviter une surtaxation du travail. président de CroissancePlus (DR)
  10. 10. 17Quel nouveau contrat socialpour la France ? — Révolutionner le droit du travail Il n’est pas un chef d’entreprise qui aujourd’hui 38 formes de contrat de ne dénonce l’extraordinaire com- travail différentes, 27 régimes déro- plexité du droit du travail. Restaurer gatoires et une dizaine d’organisa- Geoffroy Roux de Bézieux, Dirigeant de Virgin Jean-René Boidron, Dirigeant de DL Santé la compétitivité des entreprises tions du temps de travail. Mobile, ancien Président de CroissancePlus (DR) et co-président de la commission Sociale et Emploi de CroissancePlus (DR) passe par un droit du travail moins rigide. Il devrait être possible notam- ment de créer un contrat de tra- Il fa u d r a i t tendre ve r s un L e dr oi t du tr a va i l e st bi e n tr op c om pl exe e t c om pr e nd souve nt de s vail unique qui entraînerait moins c o n t r a t d e t r a va i l u n i q u e , p o u r pr oc é dur e s tr op l ongue s. C’e st pa r ti c ul i è r e m e nt vr a i pour l e s PM E qui de précarité pour les salariés et si mp l i f i e r l e s p r o c é d u r e s d e ne di spose nt pa s touj our s de l ’expe r ti se né c e ssa i r e . I l fa ut a bsol um e nt plus de flexibilité pour les entre- d é p a r t d e s sa l a r i é s. D a n s u n e si m pl i fi e r c e tte l é gi sl a ti on. » prises. CroissancePlus a travaillé P M E f r a n ç a i se , si l e c h e f d ’ e n - — depuis longtemps sur ce sujet. Le t r e p r i se c h e r c h e à fa i r e d e s G E O F F R OY R O U X D E B É Z I E U X, D i r i ge a nt de Vi r gi n M obi l e , CDI présente en effet des rigidités é c o n o mi e s, e t q u e so n c a r n e t a nc i e n Pr é si de nt de Cr oi ssa nc e Pl us anachroniques, qu’il s’agisse de la d e c o mma n d e s fa i t g r i se mi n e , modification du contenu du poste, i l d e vr a i t p o u vo i r ê t r e a i d é du licenciement économique ou des p a r u n c o n t r a t d e t r a va i l q u i procédures de plan social, autant a sso u p l i e t sé c u r i se j u r i d i q u e - Trouver de nouveaux modes de de mécanismes qui ont été conçus me n t l a so r t i e d ’ u n e mp l o yé . E t pour les grandes entreprises mais je ne parle pas ici des procé- financement de la protection sociale qui constituent pour les PME des d u r e s l i é e s a u x P r u d ’ h o mme s. freins importants à l’embauche. Le M a i s p o u r l e d r o i t d u t r a va i l , Le travail ne peut plus supporter le poids actuel du coût du financement de la contrat unique serait un CDI, mais l e s mo t s d ’ o r d r e so n t se l o n protection sociale. Ce fardeau doit être allégé, faute de quoi, on ne résoudra les exigences en cas de licenciement mo i : si mp l i f i c a t i o n , so u p l e sse pas de façon pérenne la question de la compétitivité des entreprises. Trouver seraient donc allégées, moyennant e t sé c u r i t é . C e c o n t r a t u n i q u e d’autres modes de financement doit faire partie des options étudiées par les une compensation financière ver- se r a i t u n e a va n c é e p o u r c e l l e s responsables politiques. La TVA dite sociale en est une. La TVA est un prélè- sée aux salariés proportionnelle à e t c e u x q u i n e so n t p a s e n C D I. vement indirect sur les biens de consommation et les services, acquittée par l’ensemble des salaires versés tout R a p p e l o n s q u e 4 0 % d e s sa l a - l’ensemble des consommateurs. au long du contrat de travail. riés ont un contrat précaire. C ’ e st d o n c u n e q u e st i o n d e Il existe aujourd’hui en France trois taux de TVA : normal à 19,6%, réduit, à L’abandon du CDD et la création j u st i c e so c i a l e a va n t t o u t . » 7% et très réduit à 2,1%. Comme on le sait, l’idée de la TVA sociale est de d’un nouveau contrat unique, allé- — transférer sur la consommation une partie des charges patronales au titre geant pour les PME les obligations J E A N - R E N É B O ID R O N , de la protection sociale. L’augmentation des prix des produits de consom- de reclassement, l’assouplisse- Dirigeant de DL Santé et mation et des services serait compensée par un abaissement du coût du ment des plans de sauvegarde de co-président de la commission travail. Le gouvernement a décidé de mettre en vigueur un tel mécanisme l’emploi, constitueraient un pro- Sociale et Emploi de dès l’automne prochain, en augmentant le taux de TVA normal de 1,6 points grès important. Il existe en France CroissancePlus pour le porter à 21,2%, soit dans la moyenne des taux de TVA en Europe.
  11. 11. 19Quel nouveau contrat social Adapterpour la France ? — Il fa ut r e pose r l a que sti on de c e qui doi t ê tr e fi na nc é pa r l ’e ntr e pr i se e t l e tr a va i l d’un c ôté , e t pa r l a sol i da - les modes r i té na ti ona l e de l ’a utr e . Se l on m oi , l e fi na nc e m e nt du c hôm a ge e t de s r e - de repré- tr a i te s doi t ê tr e a ssur é pa r l e s e ntr e - pr i se s. E n r e va nc he , l a pol i ti que fa m i - sentativité l ia l e e t l a sa nté doi ve nt ê tr e pr i se s e n cha r ge pa r l a sol i da r i té na ti ona l e . À du personnel te r m e , i l fa udr a a r r ê te r de di sti ngue r l es pr e sta ti ons sa l a r i a l e s e t pa tr o- Le taux de syndicalisation en France Mais on peut aussi financer la pro- L a t o t a l i t é d e l a p o l i t i q u e fa - na l e s. L a TVA di te soc i a l e , qui fe r a l a a été divisé par trois en l’espace de tection sociale par l’impôt, notam- mi l i a l e f r a n ç a i se n e p e u t ê t r e ba sc ul e de c e r ta i ne s c oti sa ti ons so- trente ans, et ne dépasse pas en ment par le biais de la CSG. f i n a n c é e p a r l e se c t e u r p r i vé . ci a l e s ve r s l a TVA , de vr a i t pe r m e ttr e moyenne 7% des salariés. Un taux C ’ e st u n e a b e r r a t i o n . L a T VA - d’a bol i r c e tte di sti nc ti on. » qui se réduit encore comme peau de En tout état de cause, la France c o mp é t i t i vi t é e st u n p r e mi e r — chagrin dans le secteur privé pour ne peut plus se permettre de faire p a s p o u r l e s e n t r e p r i se s q u i T H I E R RY M A G I N , plafonner à 5%. l’économie de réformes profondes so n t e n c o n c u r r e n c e d i r e c t e Dirigeant de MCR Consultants concernant le financement de son a ve c l e s p a ys é t r a n g e r s, ma i s À l’heure où le modèle écono- modèle social. Force est de consta- a u ssi p o u r l e s P M E q u i œ u vr e n t L a TVA e m pl oi doi t de ve ni r une pr i or i - mique et social allemand semble ter qu’une réflexion de ce type est u n i q u e me n t su r l e t e r r i t o i r e t é pour l a F r a nc e : ba i sse r l e s c ha r ge s devenir une référence européenne, en cours dans la plupart des pays national. Ave c cette T VA - pa tr ona l e s pour a l l é ge r l e c oût du CroissancePlus affiche sa volonté européens. c o mp é t i t i vi t é , j e d e vr a i s a vo i r t r a va i l e t di m i nue r l e s c ha r ge s sa l a - de réinventer le dialogue social au l a p o ssi b i l i t é d ’ e mb a u c h e r. » r i a l e s pour a ugm e nte r l e sa l a i r e ne t sein des PME françaises, et de sor- — de nos c ol l a bor a te ur s. C’ e st a ussi tir notre pays d’une singularité qui le E M M A N U E L G R IM A U D, gr â c e à c e tte m e sur e que nous pour- distingue de ses voisins européens. Dirigeant de Maximis Retraite r ons da va nta ge e m ba uc he r. » Pour les dirigeants d’entreprises et co-président de la commis- — innovantes, la qualité du dialogue sion Sociale et Emploi N I CO L A S B E R G E R A U LT, qui s’instaure entre un chef d’entre- de CroissancePlus D i r i ge a nt de L ’a te l i e r de s Che fs prise et ses équipes sera la clé des prochains changements dans le monde du travail, voire de la nature même des négociations entre les partenaires sociaux, l’Etat et les entreprises. Comment permettre aux salariés du secteur privé de renouer avec l’idée même du syndicalisme ? Pour certains chefs d’entreprise, l’une des réponses pourrait être le « tous syndiqués ». L’obligation d’adhé- rer à un organisme syndical bou- leverserait la donne et permettrait d’atteindre un taux de syndicalisa- tion qui, en Suède ou en Finlande, se situe autour des 70%, d’après Emmanuel Grimaud, Dirigeant de Maximis Thierry Magin, Dirigeant de MCR Consultants Nicolas Bergerault, Dirigeant de L’atelier des Retraite et co-président de la commission Sociale (DR) Chefs (DR) les statistiques de l’OCDE. Une telle et Emploi de CroissancePlus(DR) mesure, à l’image du vote obliga-
  12. 12. 21Quel nouveau contrat socialpour la France ? — toire belge, engendrerait des muta- sans que l’on casse les effets de Enfin, la participation de délégations tions profondes. En augmentant la seuil et que l’on réforme le statut des uniques aux conseils d’administra- représentativité syndicale en France, salariés protégés s’agissant notam- tion doit être systématisée et éten- le dialogue social au sein des entre- ment des syndicalistes qui devraient due. Il est à noter que la 7ème édi- prises montrerait un autre visage, et avoir le même statut, en cas de tion du baromètre CroissancePlus / permettrait de responsabiliser les licenciement, que les autres salariés Astorg Partners, publiée en Janvier salariés et leurs représentants. Par la de l’entreprise, comme c’est le cas 2012, montrait que, malgré une suite, les syndicats, porteurs d’une en Allemagne, par exemple. période économique difficile, les « volonté générale » des salariés, entrepreneurs estimaient dans leur auraient à cœur de voir aboutir les C r é e r d e l a c r o i ssa n c e , g é n é r e r grande majorité que le climat social négociations auprès des pouvoirs d e s e mp l o i s, p a sse p a r u n d r o i t ne s’était pas enlisé. publics ou des organisations patro- d u t r a va i l p l u s so u p l e p o u r l e s nales. Mais ce « grand soir » syndical e n t r e p r i se s. M a i s c e t t e so u - Au sein des PME françaises, ce cli- et cette recherche d’un consensus p l e sse se r a i mp o ssi b l e à i n s- mat dépendra essentiellement du à l’allemande, trop éloigné encore t a u r e r sa n s d e s syn d i c a t s p l u s dialogue entre dirigeants et colla- de la culture française, prendra du r e p r é se n t a t i f s e t so u c i e u x d e borateurs, entre représentants des Hélène Saint-Loubert, Dirigeante de Grenade temps. l ’ i n t é r ê t g é n é r a l . Il fa u d r a i t salariés et employeurs. & Sparks (DR) p e u t - ê t r e p r o p o se r q u e l ’ e n - À plus court terme, on pourrait faire se mb l e des sa l a r i é s so i e n t , en sorte que la relation avec les c o mme e n S u è d e , syn d i q u é s Dans sa forme actuelle, le syndicalisme D a ns c e r ta i ne s e ntr e pr i se s, représentants du personnel relève d’office. » bloque le dialogue social dans les en- j ’a i r e m a rqué que bi e n sou- d’abord du bon sens avant la fixation — treprises françaises. Pourtant, ces ve nt l e di a l ogue soc i a l é ta i t de règles par la loi, car le besoin est S YLVA IN B IA N C H IN I, échanges sont vitaux. Une grande partie fa c i l i té pa r la pa r ti c i pa ti on variable selon les entreprises. Dans Dirigeant de No valto de nos problèmes serait résolue si le de s r e pr é se nta nts du pe r son- cet esprit, CroisssancePlus milite chef d’entreprise avait toujours la pos- ne l a ux c onse i l s d’a dm i ni s- pour fixer à une par trimestre la fré- sibilité d’expliquer sereinement ses tr a ti on. L e ur pr é se nc e pe r m e t quence des réunions avec les repré- choix et ses orientations à ses collabo- une vé r i ta bl e tr a nspa r e nc e , i n- sentants du personnel, pour fusion- rateurs, pour les motiver et leur donner d i s p e n s a b l e dans notre société ner le Comité d’entreprise avec le toujours plus envie de se mobiliser pour d’information. » CHSCT, pour étendre à l’ensemble leur entreprise. En dehors du temps de — des PME et des ETI la possibilité t r a va i l , l a q u e s t i o n c e n t r a l e p o u r u n e TH I E R RY TI M SI T, de la Délégation unique du person- entreprise, c’est aussi l’intérêt que Dirigeant d’Astorg Partners nel, pour limiter le nombre d’élus peut susciter un dirigeant auprès de ses par rapport au nombre de salariés, équipes. » et enfin, pour faire en sorte que les — contestations soient encadrées au HÉLÈNE SAINT-LOUBERT, sein de dispositifs plus clairs. Dirigeante de Grenade & Sparks Enfin, il ne saurait y avoir de réforme de la représentativité des salariés Sylvain Bianchini, Dirigeant de Novalto (DR)
  13. 13. 23Les chiffres-clé du modèle social —En France — Selon les derniers chiffres disponibles, En Europe — La proportion de ces populations fra- la structure de la consommation des gilisées varie d’un pays de l’Union ménages en France se répartit ainsi : Européenne à l’autre. Les taux de risqueLa part des dépenses de santé dans le En milliards d’euros, source : INSEE, 2010 Selon la dernière étude publiée par de pauvreté les plus élevés se situent enPIB, s’élève à 11,2% en France, contre Eurostat et rendue publique le 8 février Bulgarie (42%), Roumanie (41%), Lettonie Logement,10,5% en Allemagne, 9,9% aux Pays- électricité, chauffage 266 2012, 115 millions de personnes dans (38%), Lituanie (33%), Hongrie (30%). LesBas, 8,7% au Royaume-Uni. Produits alimentaires l’Union Européenne, soit 23,4% de la plus faibles se trouvent en République 140Source : OCDE, 2010 et boissons non population totale étaient menacées de Tchèque (14%), Suède et Pays-Bas (15%), alcoolisées Tabac, boissons pauvreté ou d’exclusion sociale, à la Autriche, Finlande et Luxembourg (17%). 3012 alcoolisées fin 2010. Dans le langage d’Eurostat, FR. cela signifie que ces personnes étaient Articles d’habillement AL. 4010 NL. et chaussures confrontées à au moins l’une des trois AUTRICHE, FINLANDE, LUXEMBOURG BULGARIE ROUMANIE G.-B. Entretien et équipement formes d’exclusion suivantes : 50 63 LETTONIE du logement8 1 / Risque de pauvreté (cest-à-dire LITUANIE Santé 36 40 HONGRIE6 vivant dans un ménage disposant d’un RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Transports revenu équivalent-adulte inférieur au seuil SUÈDE, PAYS-BAS Achats de véhicules (40) 1534 Utilisation / entretien des véhicules (92) de pauvreté qui est fixé à 60% du revenu 30 Communications médian national) ; 292 20 Loisirs et culture 2 / Situation de privation matérielle 97% grave (conditions de vie limitées par un 10 Education 8 manque de ressources et privées d’au moins 4 des 9 éléments suivants : payer Hôtels, cafés 65 un loyer, rembourser un prêt immobilier à % et restaurants temps, chauffer correctement leur domi- cile, faire face à des dépenses imprévues, Taux de rique de pauvreté, fin 2010La structure fiscale au sein des pays consommer de la viande, du poisson oude l’OCDE se répartit ainsi : un équivalent de protéines tous les deux Il est à noter que 21% des Espagnols sontEn pourcentage des prélèvements obligatoires jours, s’offrir une semaine de vacances menacés de pauvreté monétaire et queSource : OCDE, 2010 en dehors de leur domicile, posséder une 13% des Britanniques et des Belges vivent voiture personnelle, un lave-linge, un télé- dans des ménages à très faible intensité de viseur couleur ou un téléphone fixe ou travail, contre 6% des Luxembourgeois, 26 21,5 17,4 portable) ; des Suédois et des Tchèques… 38 37,6 36,4 25,1 52,4 37,2 3 / Vivant dans des ménages à très Et selon Eurostat, ce sont 11,7 millions de faible intensité de travail (ménages dans Français, soit 19,3% de la population qui Allemagne Danemark Espagne Etats-Unis France lesquels les adultes ont utilisé moins de se trouvaient confrontés au risque de pau- 20% de leur potentiel de travail au cours vreté ou d’exclusion sociale à la fin 2010. de l’année passée). (Sources : Eurostat, février 2012) 20 Impôts sur le revenu 17,7 27,9 24,8 29,8 Impôts sur les sociétés 38,6 Côtisations sociales Impôts sur le patrimoine Irlande Japon Suède
  14. 14. 26 Le grand entretien — François Dupuy : « Moins de procédures, plus de confiance et de simplicité. » Le « contrat social » n’est pas le seul élément qui rend une entreprise performante. Son organisation, ses procédures, sa culture, sa capacité à faire travailler les hommes ensemble, la façon dont s’exerce l’autorité sont des éléments-clefs de la performance de l’entreprise. Ce sont des mécanismes difficiles à démonter et encore plus difficiles à modifier. Pour le Petit Journal de Campagne, François Dupuy partage sa réflexion, ses obser vations et ses analyses sur le fonctionnement des entreprises et sur la façon de le rendre plus souple et plus adapté aux nouvelles règles de la compétition économique. / Le Petit Journal de Campagne : relâche. Dans de nombreuses entre- Tout le monde est d’accord sur ce prises, le problème est plutôt de constat : la compétitivité d’un pays reconstruire une maîtrise de la direc- dépend de celle de ses entreprises. tion sur l’organisation. Or, l’entreprise est un monde très particulier. En théorie, elle serait le / LPJC : Les dirigeants disposentFrançois Dupuy lieu de l’autorité, du pouvoir vertical, de la performance. Mais vous sem- blez dire que la réalité est beaucoup pourtant de nombreux outils, de procédures de contrôle, de modes d’organisation pour s’assurer deLe fin connaisseur plus complexe… l’efficacité de l’entreprise…des entreprises et / François Dupuy : En effet, lorsqu’on / F. D. : Parlons-en, justement. l’observe sur le terrain, l’entreprise On a cru longtemps que le travaildes organisations d’aujourd’hui est très éloignée de séquentiel, segmenté, constituait cette image un peu dictatoriale. La une réponse à l’efficacité d’une compétition organisation. En réa-François Dupuy, chercheur, professeur, consul- qui s’accentue, L’entreprise lité, cette forme de tra-tant, est l’un des experts les plus reconnus, en la complexité d’aujourd’hui vail protège davantageFrance et aux Etats-Unis (où il a beaucoup ensei- des process, est loin de cette l’organisation qu’elle negné et travaillé) de l’organisation des entreprises. la multiplica- produit d’efficacité pour image dictatoriale. »Il a écrit de nombreux ouvrages, dont le dernier tion des infor- le client. Dans l’organi-en date Lost in Management a connu un beau suc- mations dont il faut disposer pour sation « en silo », dont on parle tantcès. Il y analyse avec une grande finesse les tra- prendre des décisions, les multiples aujourd’hui, surtout pour essayer devers des modes managériales et esquisse ce que procédures de « reporting », font que la remettre en cause, aucun membrepourrait être l’entreprise de demain. l’autorité se dilue, que le contrôle se de l’organisation n’est comptable du

×