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Exposition Les déchets : du tout-à-la-rue à la collecte sélective
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Exposition Les déchets : du tout-à-la-rue à la collecte sélective

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  • 1. les Déchets du tout-à-la-rue à la collecte sélective © Sépia 01 43 97 22 14 - CRDP de l’académie de Créteil éditions SEP ARéalisation Éditions Sépia - CRDP de l’académie de Créteil Rédaction Karine Elsener Conseiller technique Laurent Dumargne Conception graphique Philippe Gérardin
  • 2. 1 la longue histoire de nos ordures De lAntiquité à nos jours Longtemps, les hommes lieu de vécurent au mi n leurs ordures, et se accommodèrent, jusquà ce que la prolifération des déchets ainsi que les problèmes dhygiène et denvironnement ne les agir. obligent à ré Non, les temps les plus anciens ne fur ent pas les plus sales ! Une certaine idée de la salubrité régnait dans les villes de Camion chargé de l’enlèvement des ordures en 1930 © Photo Keystone lAntiquité. Cest au Moyen Âge que lhygiène connut un net recul avec le “tout à la rue” pour tous déchets confondus : matières solides, eaux usées, déjections humaines ou animales ! Des siècles durant, les cités occidentales furent répugnantes. Des ébauches dassainissement et de réglementation restè- rent lettre morte. Avec lurbanisation, les déchets finirent denvahir les villes. Les préoccupations des hygiénistes du XIXe siècle, inspirées par Pasteur, mirent fin à ce laisser-aller. La propreté devint alors un devoir. Lapparition de la “poubelle” et la prise en charge des ordures par lÉtat furent déterminantes. Mais lindustrialisation et la société de consom- Le préfet Poubelle mation entraînèrent une multiplication et une En 1883, à Paris, le préfet Eugène Poubelle imposa la boîte à ordures : de taille variable, en fer galvanisé ou en bois diversification des déchets. Aujourdhui, le défi doublé de tôle, elle devait être déposée sur la voie publique un quart dheure avant le passage des tombereaux nest plus seulement d’éliminer mais de valoriser hippomobiles. En pratique, la poubelle ne se généralisa que ces témoins gênants de notre mode de vie. dans les années 40. Portrait : © BDDP/Photothèque Eco-EmballagesLes chiffonniers : la fouille des ordures organiséeLa “chiffe” (étoffe usagée, lavée et blanchie) fut, jusquà la fin duXIXe siècle, la matière exclusive de la pâte à papier. Des milliers de Sous le jardin, la décharge : le parc des Buttes-Chaumontpersonnes vécurent donc de la récupération de ces étoffes, puis de Durant la Restauration, cette colline faisait office de déchargela revente des vieux objets en général. La cellulose de bois marqua publique... Cest aujourdhui, après le Parc floral, le plus grandle déclin du chiffonnage. Depuis les années 50, les chiffonniers jardin municipal ! Ailleurs, les immondices entassées à ladEmmaüs, compagnons de labbé Pierre, perpétuent cette tradition périphérie des villes ont formé des collines artificielles, peu à peude la récupération au profit des plus démunis. Usine de broyage de Saint-Ouen intégrées par lexpansion urbaine. Sépia 01 43 97 22 14Dessin de H. Meyer (1884) © Roger-Viollet P. Géniaux (Musée d’Orsay) © Photo RMN/Pascale Néri © Photo PLM
  • 3. 2 la poubelle sur le divan Les ordures en société Souvent encombrant, le et inesthétique, sa inutile, le déchet fait honte. On sest longtemps contenté de le cacher. Aujourdhui, on cherche à le valoriser. Le déc he t inspir e la hont e. Déc he t, déjec - tion : la par enté nes t pas loin. Il faut s’en débar- Lart... de la récupération © Photo Chudeau/ADEME rasser et, si possible, sans se souiller. À la fin du XVIII siècle, e Jean Dubuffet, Marcel Duchamp, Picasso, Arman, César... des artistes ont puisé, et puisent encore, on pensa réserver le nettoyage des rues de Paris aux men- leur inspiration dans les résidus de la société industrielle et de consommation. Ici, une œuvre de diants, infirmes et vieillards... À Berne, il échut aux forçats. lexposition Trésors détoiles de Jacques Lelut. Pendant longtemps, les métiers délimination desLe site dEpidaure en Grèce déchets et de la saleté (éboueur, balayeur, chiffonnier,Larchéologie ne se fonde-t-elle pas sur l’étude desrestes ? Certains vestiges, déchets architecturaux, sont fripier, blanchisseur, etc.) ont souvent été sous-estimés.“récupérés” : théâtres et arènes antiques accueillentaujourdhui encore des spectacles. Le déchet est gênant parce quil est impur mais aussi© Photo Sépia parce quil renseigne : la poubelle trahit... L’homme est embarrassé par les déchets qu’il Du sens propre... au figuré : produit. Les recycler soulage sa conscience. Pour certains, la récupération est un moyen de survie. “Balayer devant sa porte”, Lart, lui, réhabilite le déchet, ou parfois le dé- “Venir du ruisseau”, nonce, en y voyant un matériau et une source “Être dans la dèche”, dinspiration. Cest là toute lambiguïté du senti- “Se faire jeter”, ment quinspire la civilisation de labondance : “Tenir le haut du pavé”... rejet et fascination. Déchets d’une société d’abondance © Photo PLM Une valise en boîtes de conserve... Des biens de consommation jetables En les détournant de leur vocation initiale, les enfants On répare de moins en moins : on jette et on remplace. LeLe matériel informatique : vite obsolète ! des pays pauvres ressuscitent avec ingéniosité des qualificatif “jetable” est souvent présenté, dailleurs, comme unOn jette 100 000 tonnes d’ordinateurs par an en France ! Le système est objets récupérés. argument de vente ! Sépia 01 43 97 22 14en boucle : progrès technologique et modes nous encouragent àracheter toujours mieux, ce qui stimule le dynamisme industriel. © Photo PLM © Photo PLM© Photo PLM
  • 4. 3 dans la famille Déchets, je voudrais ... Des épluchures à lhuile usagée Sous le terme générique s de “déchets”, de s résidus très différent cohabitent : organiques, inertes, discrets mais dangereux, volumineux mais inoffensifs... Déc he ts ag r icoles Provenant de lélevage, des cultures, de la forêt et de lin- dustrie agro-alimentaire, ils sont valorisés pour lamende- Le Centre de l’Aube : pour déchets faiblement et moyennement radioactifs à vie courte ment, la fertilisation des sols, 90% des déchets sont faiblement ou moyennement lalimentation animale ou la radioactifs à vie courte (moins de 300 ans) : matériels de laboratoires, instruments médicaux, vêtements production d’énergie. des centrales... Ils sont stockés en surface. Les déchets très radioactifs et/ou à vie longue (dizaines de milliers dannées) sont essentiellement les “cendres” de la Déchets encombrants combustion nucléaire intervenant dans la production Les appareils électroménagers usagés embarrassent parfois Déchets spéciaux des ménages d’électricité. Ils sont entreposés sur leurs lieux de leurs possesseurs... Ils peuvent encore servir, d’une autre production en attendant une solution à long terme. façon : ici, on récupère les gaz CFC des réfrigérateurs. Toxiques, inflammables ou dangereux, ils ne sont Trois voies de recherche sont explorées : la réduction de la durée de leur nocivité, lamélioration du © Photo ANRED/ADEME pas éliminés par les mêmes voies que les ordures. conditionnement pour un entreposage de longue durée en surface et le stockage en profondeur. Produits phytosanitaires, de bricolage et dentretien, © Photos ANDRA/Les Films Roger Leenhardt Déc he ts ménag er s e t urbains huiles de vidange usées, déchets de soins à domicile... Ordures ménagères, déchets Déc he ts radioactif s encombrants, déchets despaces verts. Déchets industriels LANDRA (Agence nationale pour la ges- - banals (DIB) : tion des déchets radioactifs) est Assimilés à des ordures ménagères, ni dange- compétente pour la collecte, le condition- reux ni inertes, ils sont produits par les industries, nement et le traitement de ces déchets. les commerces, lartisanat et les entreprises de services. Ils peuvent être recyclés et/ou inciné- Déc he ts hospit alier s rés avec récupération énergétique. Autres Béton léger, bois non traité, papier, car- Métaux Plastiques ton, plastique, verre, fibres organiques. EMBALLAGES Papiers-cartons et complexes 37 % - spéciaux (DIS) : VerreAutres plastiques et métaux Ils sont nocifs et incluent les déchets toxiques Textiles et textiles sanitaires en quantités dispersées (DTQD). Ils sont plutôt Divers incinérables que recyclables ; les déchets (non classés, spéciaux) Autres papiers-cartons 63 % ultimes qui en résultent sont stockés. (dont 8% de journaux-magazines) Résidus de la métallurgie ou de Dans un laboratoire dhygiène de la Ville de Paris Putrescibles forages, huiles, solvants, peintures, Les déchets hospitaliers peuvent contenir des produits souillés et dangereux. Ils sont généralement incinérés à très haute vernis, goudrons... température selon une réglementation stricte. Ici, des déchets contaminés. - iner t es : © O. Sébart/ADEME Stables, ils névoluent pas dans le temps ; ils sont issus des activités de Composition des ordures ménagères (en % du poids total) chantier et stockés. Sépia 01 43 97 22 14 Gravats, céramique, verre...
  • 5. 4 une planète-décharge Des détritus tous azimuts Les déchets prolifèrent s plus vite que le techniques et les mentalités n’évoluent. Et malgré les progrès, individualisme, laxisme et inconscience gouvernent encore nts. les comporteme La F r ance pr oduit 26 millions de tonnes d’ or dur es ménagèr es par an, soit un kilogramme par personne et par jour. Le La rivière Kaikorai en Nouvelle-Zélande © Greenpeace/Dorreboom traitement des déchets est un enjeu à la fois local et planétaire. La France s’en préoccupe depuis 1975. La longévité des déchets La mise au jour de linfluence des gaz de décharges sur leffet de serre, les problèmes de Verre 4000 ans santé, de sécurité alimentaire et d’environnement ont renforcé ce souci. Carte téléphonique 1000 ans Trop de détritus sont encore abandonnés nim-Une décharge “sauvage” en France porte où : dans la rue, sur des terrains vagues, en Polystyrène 1000 ansLes décharges sauvages sont interdites car dangereuses : forêt… Les dépôts sauvages sont des foyers depollution des eaux, de lair, risques sanitaires(contamination directe), de proximité (incendie, explosion, nuisances, parfois irréversibles. Les ordures ont Sac plastiqueodeurs, animaux, bruit), impacts paysagers (visibilité, 100-1000 ansenvols de détritus). longtemps été jetées à la mer, loin des côtes© Photo O. Sébart/ADEME pour que marées et courants ne les ramènent Cannette 10-100 ans pas ! Les océans accueillent des masses de déchets inertes du monde entier et sont ali- Chewing-gum 5 ans mentés par des fleuves pollués. Enfin, certains déchets, objets dun commerce international, Filtre de cigarette 1-2 ans circulent ou sont stockés en toute illégalité. Journal 3-12 mois Pelure de fruit 3-6 mois Mouchoir en papier 3 mois 4 807 m Déchets ménagers et urbains 36 Mt (dont 26 Mt d’ordures ménagères) Déchets industriels 150 Mt TOTAL Déchets =Déchets chimiques allemands exportés vers lUkraine agricoles et 586 agro-alimentairesLes pays industrialisés séchangent des déchets, parfois dangereux, 400 Mt millions de tonnes (Mt)selon leurs capacités respectives de traitement et de stockage. Malgréla réglementation, certains expédient aussi vers des pays pauvres desrésidus indésirables : pesticides, déchets hospitaliers ou industrielstoxiques... Une grève de nettoyeurs dans un lieu public La France produit tous les ans l’équivalent de la hauteur du Mont-Blanc en déchets ! Sépia 01 43 97 22 14© Greenpeace/Vielmo © Photo PLM
  • 6. 5 l exploitation des déchets Couts, économies, emplois La gestion des déchets nest pas quun impératif écologique, il est aussi économique : elle doit évoluer afin que les traitements coutent moins cher que les pollutions. Le secteur des déchets est une industrie à par t entièr e, en plein essor, créa- trice demplois et de nouveaux métiers. Quelques grosses Des lingots... daluminium ! © Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages entreprises, souvent internatio- Une fois ce métal traité, les cannettes renaîtront peut-être sous la forme déléments de moteur ! nales, se partagent le marché. Certes, les filières de traitement sont plus onéreuses que la mise en décharge. Mais elles permettent déco-Des paillettes... de plastique ! nomiser des matières premières et de lénergie,Un stade intermédiaire dans la transformation duplastique des bouteilles deau gazeuse. génèrent des emplois et se traduisent par des© Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages impacts positifs sur l’environnement et la santé publique. La plupart des ménages financent la gestion des déchets communaux en payant une taxe d’enlève- ment des ordures ménagères calculée sur la surface bâtie. Elle est souvent jugée injuste parce qu’elle ne tient pas compte du nombre de per- Création demplois et de nouveaux métiers sonnes par foyer, donc des quantités de déchets Ripeur, trieur, valoriste... la filière Déchets offrirait un produits. La collecte sélective et le traitement potentiel de 35 000 créations demplois ! Ici, un employé d’un centre de tri retire les éléments “indésirables” des des déchets généralisés coûteront environ 1 F bouteilles de plastique. par jour à chacun de nous. Cher ? C’est le prix © S. Hitau/Photothèque Eco-Emballages d’une cigarette quotidienne ! 1 t daluminium recyclée = 4,7 t de pétrole économiséesUn ambassadeur du tri devant une mairieLa taxe denlèvement des ordures est proportionnelle à la taxe Sensibiliser les consommateursdhabitation. Elle ne tient pas compte de leffort de tri des ménages. Les ambassadeurs du tri expliquent aux particuliers son intérêtDans certains pays, la redevance est fonction du volume des déchets. et la meilleure façon de procéder. Ils contrôlent aussi le contenuInconvénient : sont tout autant pénalisés la cuisinière et ses des sacs et des bacs avant l’enlèvement car des éléments nonépluchures que le bricoleur et ses produits toxiques... recyclables peuvent “polluer” les éléments à recycler. 1 t de papiers-cartons recyclée = 1,7 à 2,4 t de matières Sépia 01 43 97 22 14© O. Sébart/Photothèque Eco-Emballages premières et 200 à 400 kg de pétrole économisés © Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages
  • 7. 6 mobilisation générale La loi et les responsabilités Etat, collectivités, particuliers, sa entreprises, chacun a part de responsabilité dans la poursuite de cet objectif : trier et recycler un maximum de déchets. Le défi est moins technique que psy- c hologiq ue : encourager Réduire à la source © Studio Pons/Photothèque Eco-Emballages le tri à la source, préalable à Les industriels sefforcent de limiter le volume et/ou le poids des emballages : recharges, bouteilles deau compressibles, sacs de caisse biodégradables, allègement toute valorisation. En amont, et simplification du conditionnement et de létiquetage. Les intérêts pour eux ? Réduction de la chaîne de production, baisse du coût-matière, limitation du stockage, impact sur les ventes... chacun de nous peut agir en modifiant sa façon de consommer. Les communes sont responsables, au titre de service public obli-Une fin de marché gatoire, de la collecte des déchets, traités ensuiteLes communes assurent le ramassage des ordures et desdéchets encombrants des ménages, des déchets despaces dans des installations autorisées. Selon la loi duverts publics, du nettoiement et de lassainissementcollectif. Pour les ordures ménagères, elles effectuent une pollueur payeur, les industriels ont, eux, lobliga-collecte au moins hebdomadaire en porte à porte dans lesvilles de plus de 500 habitants et installent, ailleurs, despoints dapport volontaire. tion d’éliminer ou de faire éliminer par une© Photo PLM Le point vert : contribution des industriels société habilitée les emballages et résidus Ce logo sur un produit signifie que l’industriel participe au financement du programme national de récupération qu’ils produisent. et de valorisation des emballages ménagers. Huit pays européens lutilisent. En France, Eco-Emballages perçoit les Les orientations de la France en matière de contributions des industriels pour chaque emballage vendu aux ménages. Ces fonds aident les municipalités à déchets sont : réduire leur production, leur installer la collecte sélective des emballages ménagers à recycler, dont Eco-Emballages garantit la reprise par les industries du recyclage. L’objectif : valoriser 75% des nocivité et leur transport, systématiser le tri, déchets demballages ménagers dici 2002. La société Adelphe est agréée pour assurer la même mission. favoriser le réemploi, développer les tech- © S. Hitau/Photothèque Eco-Emballages niques de traitement, de valorisation et de recyclage. La loi de 1992 prévoit la sup- pression dici 2002 de la mise en décharge des déchets autres quultimes (issus d’un premier traitement). La circulaire de 1998 vise le recyclage ouUn bac jaune pour emballages à recycler le compostage de 50% des déchets Acheter et jeter mieux50% des emballages, en poids, sont en verre, le reste en plastique, Les consommateurs peuvent agir en préférant des produits sanspapier-carton, acier et aluminium. Les emballages représentent la collectés... emballage superflu, rechargeables, réparables, en utilisant lamoitié du volume et le tiers du poids total des ordures produites en déchetterie et en participant à la collecte sélective.France. 2/3 sont utilisés pour lalimentation. Sépia 01 43 97 22 14 © S. Hitau/Photothèque Eco-Emballages© O. Sébart/Photothèque Eco-Emballages
  • 8. 7 déchets séparés, à moitié gérés J trie, tu tries, nous trions e A chaque type de déchets ou correspondent un plusieurs procédés de traitement possibles. Le recyclage nest donc envisageable que si les déchets sont préalablement trié s. On ne peut pas r ecy cler des déc he ts mélang és. Le tri par les consommateurs et la collecte sélective conditionnent tout Les piles : petites mais dangereuses ! © Photo C. Weiss/ADEME Les piles usagées doivent être rapportées à des points de récupération spécifiques : traitement des déchets. elles recèlent des métaux lourds (mercure, plomb, cadmium et zinc entre autres) et, jetées dans la nature, se décomposent, polluent les eaux et stérilisent les sols. La plus grande partie des ordures ramassées par la collecte usuelle est mise en décharge ou incinérée. La collecte sélective concerne les matériaux valorisables : journaux-magazines, emballages, textiles et, parfois, déchets organiques. Elle seffectue à domicile ou par lapport volontaire à des conteneurs de quartier. La déchetterie, autreCollecte sélective dans un immeublePrès de 20 000 communes françaises ont installé la collecte point dapport volontaire, est un lieu de trisélective : différents contenants sont mis à la dispositiondes habitants pour recueillir le verre, les journaux- complémentaire. Les particuliers y déposentmagazines, les emballages à recycler en papier-carton, Le sort des médicamentsplastique et métal et, parfois, les déchets organiques. gratuitement leurs déchets encombrants et Rapporter ses médicaments et leurs emballages même vides© O. Sébart/Photothèque Eco-Emballages occasionnels dans des réceptacles spécifiques en au pharmacien permet de sauver des vies, déviter des accidents et de protéger lenvironnement. Grâce à vue de leur élimination ou de la valorisation des lassociation Cyclamed, les médicaments non utilisés et non périmés sont remis à des organisations humanitaires, les matériaux qui les composent. Lobjectif : lutter médicaments périmés et emballages vides sont incinérés avec récupération dénergie. contre les dépôts sauvages, soustraire certains © Photo Cyclamed déchets à la masse des ordures ménagères, diriger vers des filières adaptées les déchets ignorés par les collectes traditionnelles. Une déchetterieDes points dapport volontaire Les déchetteries accueillent les déchets encombrants (gros électroménager et mobilier, gravats), les déchets ménagers spéciaux (huiles de vidange, de friture, produits dentretien et de bricolage, aérosols, peintures et vernis, piles et batteries...), les déchets à recyclerCes conteneurs spécifiques peuvent recevoir les papiers-cartons, (verre, papiers-cartons, métaux, textiles, certains plastiques), les déchets despaces verts et, contre paiement, les déchets dartisans, Sépia 01 43 97 22 14les journaux-magazines, le verre, les plastiques et les métaux. de commerçants ou de petites entreprises.© S. Hitau/Photothèque Eco-Emballages © O. Sébart/Photothèque Eco-Emballages
  • 9. 8 une sélection minutieuse Les centres de tri Après une première ctuée par séparation effe les consommateurs, les déchets à recycler arrivent aux centres de tri ou une nouvelle sélection permet de les isoler par types de matériaux. Les déc he ts issus de la collect e sélectiv e, des points dapport volontaire et des déchetteries sont ache- Des cartons compactés © Photo C. Weiss/ADEME minés vers des centres de tri. Les balles de papiers-cartons alimentent les usines papetières qui fabriquent à nouveau du carton, mais aussi du papier sanitaire et domestique. Là, les opérations sont effec- tuées manuellement et/ou mécaniquement. Les princi- pales sont au nombre de quatre : la réception, le tri, le conditionnement et le stockage en aval, lenlèvement. Les déchets, ou les matériaux qui les composent, sont classés par catégories et conditionnés en conformité avec les critères des industriels repreneurs.Des balles de bouteilles en plastiqueAu sortir du centre de tri, les matériaux sont compressés en“balles” destinées aux usines de recyclage. Ici, du plastiqueutilisé, par exemple, pour les bouteilles d’eau.© S. Hitau/Photothèque Eco-Emballages Tri manuel Tri mécanique demballages ménagers Le tri manuel est complémentaire du tri mécanique : les Le tri mécanique seffectue selon deux critères : la forme (tapisTri dacier trieurs récupèrent les matériaux séparés et écartent les incliné) et la taille (tamis). Ici, un tapis convoyeur amène les déchets éléments “indésirables” mis par erreur dans les bacs de dans un trommel, trieur rotatif qui sélectionne les éléments enLes métaux des emballages sont indéfiniment recyclables. L’acier est déchets à recycler. fonction de leur grosseur.séparé par un tri magnétique, l’aluminium par une techniquespécifique. © C. Majani/Photothèque CGEA © B. Barjhoux/Photothèque Eco-Emballages Sépia 01 43 97 22 14© C. Majani/Photothèque CGEA
  • 10. 9 de mieux en mieux traités Compostage, incinération, énergie Le compostage exploite les propriétés fertilisantes des déchets organiques. Lincinération, de moins en moins polluante, réduit le volume des or dures et ergie. produit de lén Le compos t pr o vient de la transformation des déchets organiques, par une fermentation microbienne, en un produit comparable à L’usine dincinération de Saint-Ouen © Photo D. Taulin Hommel/ADEME lhumus, utile à lagriculture et Des recherches sont menées pour réduire la au jardinage. Il peut se prati- pollution aérienne par lépuration des fumées. Les résidus ultimes et les mâchefers quer dans des installations collectives – seulement 6% issus de la combustion non valorisables des ordures sont actuellement compostées en France doivent être stockés dans des décharges adaptées. Certains mâchefers sont recyclés en – ou dans un jardin personnel. Le compostage indivi- technique routière. duel permet de limiter le volume dordures ménagères à collecter et à traiter.Le compost individuel Lincinération – avec valorisation énergétique dansLes Français jettent 1 million de tonnes de déchetsorganiques compostables par an. Ils viennent du jardin, certaines installations – est le deuxième mode demais aussi de la cuisine ou dautres activités domestiques(mouchoirs en papier, essuie-tout, cendres et sciures de traitement des déchets (40% des ordures ména-bois, papier journal, plantes, etc.). Il faut 6 à 8 mois pour gères), après la mise en décharge. Elle évite touteréussir un compost.© Photo O. Sébart/ADEME contamination microbienne ou microbiologique, réduit le poids et le volume des déchets. Lénergie récupérée permet de chauffer des logements ou de produire de lélectricité. Une réglementation Le compost en usine stricte entoure lincinération dont on réduit de Le compostage industriel consiste à accélérer la fermentation en milieu ouvert ou fermé. On peut ainsi plus en plus les pollutions et dont certains traiter les invendus de grandes surfaces, les restes de la restauration collective, les boues de stations dépuration, résidus sont recyclables. les déchets verts. © Photo Ph. Metairon-Cognet/ADEME Protection superficielle 150 l 200 kg 1 tonne ou Couche finale de de d’ordures fuel charbon Aération latéraleUn épandage de compost sur des cultures Déchets Calcaire + TerreAu XIXe siècle encore, une grande part des déchets urbains étaitrecyclée par les cultivateurs. Ceux-ci les abandonnèrent en raison Source azotéedes découvertes de Pasteur, de lévolution du contenu des gadoues(moins de matières putrescibles et plus demballages, de verre et de Couche basaleferraille) et de l’arrivée des engrais minéraux et chimiques. de brindilles (aération)© Photo J. Wiart/ADEME Un composteur individuel vu en coupe Sépia 01 43 97 22 14
  • 11. 10 recyclage à tout age Transformation et réutilisation Le recyclage permet de onomies réaliser des éc de matières premières et dénergie. Son développement dépend largement de la conception même des produits mis sur le marché. Le r ecy clag e, ces t la réintroduction dun mat ér iau dans son propre cycle de production. Trois conditions doivent être res- Le verre : recyclable indéfiniment ! © Studio Pons/Photothèque Eco-Emballages pectées : faisabilité technique, Le verre est débarrassé de ses impuretés, concassé écologie, rentabilité. puis transformé en calcin. Plus de 50% du verre est récupéré et une bouteille sur deux est fabriquée en Le recyclage est encore peu développé en France : près verre recyclé. de 90% des ordures ménagères sont encore mises en décharge ou incinérées, alors que près de la moitié sont recyclables, y compris les déchets organiques ! À lheure actuelle, on recycle essentiellement les métaux (acier et aluminium), les papiers-cartons, leRecyclage de papier à la Papeterie de lEssonne verre, les plastiques et, dans une moindre mesure,Par le pulpage, on sépare les fibres du papier à laide deau les textiles. Dautres filières de recyclage devraientchaude et on les transforme en une pâte grossière. Celle-ciest désencrée au savon, blanchie à leau oxygénée puis prochainement se développer : les pneus, les tubesmélangée à une petite quantité de pâte neuve, avant deredevenir du papier. Plus de 50% des emballages en papiers- fluorescents, les déchets plastiques agricoles,cartons sont recyclés et la moitié du papier journal estproduite à partir de journaux recyclés. les produits électroniques (composants Boîtes de conserve alimentaire en acier recyclé© Photo F. Dunouau/ADEME dordinateurs), les éléments de bureautique Lacier recyclé sert également à fabriquer des rails et des tôles de voitures. (cartouches dimprimantes à jet dencre)... © Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages Plastiques Emballages Produits à recycler recyclés PVC bouteilles deau tubes (polychlorure plate, de vin, de dassainissement, de vinyle) vinaigre profilés du bâtiment, revêtements de sol, fibres, semelles de chaussures PET bouteilles deau fibres pour (polyéthylène plate ou d’eau rembourrer les téréphtalate) gazeuse anoraks et les couettes, boîtes, barquettes, films PEhd produits flacons à usageBobine de fil, pull et bonnet en PVC recyclé Traitement de laluminium (polyéthylène dentretien et non alimentaire, haute densité) de soin tuyaux pour lesIl faut 27 bouteilles pour fabriquer un pull en laine polaire ! Une Laluminium – des barquettes et cannettes par exemple – bâtiments et letonne de plastique recyclé fait économiser plus dune tonne de est recyclé et stocké en lingots, ou convoyé sous forme drainagepétrole. Les plastiques sont recyclés en fonction de leur nature (PET, liquide à 750°. Il peut servir à la fabrication de cadres dePEhd, PVC). fenêtres ou de pièces dautomobiles. Sépia 01 43 97 22 14© Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages © Ph. Renault/Photothèque Eco-Emballages
  • 12. 11 les recalés du traitement Le stockage en décharge Les décharges, dont une stricte réglementation tente de limiter les nuisances, accueillent encore la plupart des déchets. Mais en 2002, un grand nombre d’entre el les disparu. devront avoir La mise en déc ha r g e reste le principal mode d’élimination 1 d e s d é c h e t s (50% des ordures). La réglemen- Étanchéification des casiers d’une décharge © Photothèque CGEA tation en est rigoureuse. Des La création d’un centre d’enfouissement technique implique obligatoirement la prise en compte de sa efforts visent notamment la réhabilitation après exploitation. Certains sont ainsi remblayés et réaménagés à des fins de loisirs ou bien limitation de leur impact sur l’environnement. reboisés. Il existe trois catégories de décharges ou centres d’enfouissement technique : — classe I : pour les déchets industriels spéciaux ultimes et stabilisés, — classe II : pour les déchets ménagers et assimilés,Déchets industriels spéciaux ultimes — classe III : pour les matériaux inertes et assimilés.Les déchets “ultimes”, résidus ou non du traitement des La loi de 1992 prévoit qu’à partir de juillet 2002déchets, ne sont plus traitables dans les conditionséconomiques et techniques du moment. Certainsproviennent de l’incinération des ordures ménagères. Des les seules décharges autorisées seront celles quidéchets très toxiques sont également stockés souter- accueilleront les déchets ultimes : résidus qui pro-rainement, dans des mines de sel à de grandes profondeurs.© Photo P. Begassat/ADEME viennent souvent d’autres traitements. 2 Un casier avant remblaiement © SECODE/Photothèque CGEA Une décharge contrôlée Les décharges doivent être distantes de tout équipement urbain, industriel ou aéroportuaire (danger des oiseaux). Produits des décharges, les lixiviats (jus de déchets) sont drainés et traités, le biogaz est capté et 3 brûlé. La valeur énergétique de ce dernier pourrait êtreSchéma et coupe verticale d’une décharge en casiers exploitée.Le principe d’une décharge traditionnelle : une superpositionalternative de couches de déchets et de matériaux inertes (sable, © Photothèque CGEA Le reverdissement d’un site Sépia 01 43 97 22 14cendres ou mâchefers), recouverte par de la terre. Les déchets © Photothèque Vivendipeuvent aussi être compactés, broyés et mis en balles. Ici, uneexploitation par casiers.
  • 13. 12 déchets d ailleurs et du futur Différences et tendances Si le problème des ial, déchets est mond il ne présente pas les mêmes aspects partout. Et les pays les plus avancés dans ce domaine ne sont pas toujours ceux que lon cr oit... Les techniques é v oluent e t les e xpé - r iences int ér essant es de certains pays européens pourraient inspirer leurs voi- Des enfants dans une décharge de Manille © Greenpeace/Warford sins. Dans les pays en voie de Dans les pays en voie de développement, les décharges sont parfois de véritables mines, développement, on jette moins, et, surtout, on a moins creusées par la population dun réseau complexe de galeries. Dans les villes, les rues sont souvent à jeter ! Mais, malgré la tradition vitale de la récupéra- impraticables pour des camions à bennes, et les déchets sont par nature plus faciles à composter tion, les détritus envahissent les villes et nuisent à la (75% d’épluchures) quà incinérer. Doù la nécessité de privilégier des solutions locales santé publique. Les solutions locales sont parfois pré- appropriées. férables aux techniques occidentales, peu adaptables à des urbanisations, des modes de vie, des climats et des moyens financiers si différents. Dans les pays industrialisés, les préoccupations futures seront la protection de lenvironnement, l“internalisation” du coût du traitement des déchets (son intégration au prix dachat du pro- duit fini) et le rapprochement de cette éternelle utopie : le niveau “zéro déchets”. En attendant, le rêve dune aseptisation optimale sentretient à coups de désodorisants fleuris pour poubelles bactéricides et design... Un conteneur de tri en Allemagne Les techniques et le financement de la gestion des déchets varient au sein même de lEurope. En Suède, on pratique la collecte pneumatique : les ordures voyagent dans des gaines verticales jusquà une centrale de ramassage informatisée. Ailleurs, laLe traitement multifilières des déchets ménagers collecte automatique seffectue avec des bras articulés qui Un jeune chiffonnier en Égypte permettent au chauffeur de mener toutes les opérations...Le schéma qui sera désormais privilégié, avec une priorité donnée au Les “zabbalines” du Caire constituent une desrecyclage. organisations de chiffonniers les plus anciennes et les © Photo Leconte/ADEME mieux développées.Source : SYDOM du Jura Sépia 01 43 97 22 14 © Photo J.-M. Rieger/ADEME