Michael Jackson - Black or White ?           Daniel Ichbiah              extrait
De toutes les stars apparues depuis plusieurs décennies, Michael Jackson demeure laplus fascinante, celle qui échappe le p...
Une enfance volée       « Je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa merendait telle...
située au 2300 Jackson Street.       « Vous naviez quà faire cinq pas pour relier le devant de la maison à larrière », dir...
sévère. Sévère, Joe fait preuve de violence sur sa progéniture, et manifeste une férocité quetente de compenser son épouse...
ses vêtements. Je limitais tout le temps. En comparaison à ma voix de bébé, Jermaine était unchanteur accompli. Jaimais so...
Il se trouve qu’en cette année 1968 qui en de nombreux endroits du monde estmarquée par les révoltes étudiantes, les Jacks...
d’une série télévisée, et qui présente une version sage, familiale de la pop music, paropposition à des groupes plus rebel...
La furie Jackson 5           Les années 70 démarrent sous le son des Jackson 5. « I want you back », le singleextrait du p...
« Je sais que pour Michael lenregistrement de ‘Ben’ fut un véritable rêve devenuréalité, non seulement parce que cétait un...
pouvions pas y croire. Nous étions excités mais si nous avions pu faire demi-tour et rentrer àla maison, il se peut que no...
Michael (14 ans), le principal soliste, manifeste une assurance, physique et vocale, qui netrahit que très peu les séances...
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Michael Jackson - Black or White ? Extrait

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Premier chapitre de la biographie de Michael Jackson écrite par Daniel Ichbiah

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Michael Jackson - Black or White ? Extrait

  1. 1. Michael Jackson - Black or White ? Daniel Ichbiah extrait
  2. 2. De toutes les stars apparues depuis plusieurs décennies, Michael Jackson demeure laplus fascinante, celle qui échappe le plus à l’analyse immédiate. Bourré de talent, capable de mettre en scène des spectacles d’une qualité rare, d’écriredes tubes à jamais mémorables, de déhancher son corps d’une manière ahurissante, MichaelJackson a d’abord séduit le public par ses qualités d’artiste. En contrepartie, ce même public a dû accepter les excentricités hors norme d’unpersonnage à jamais inclassable, sorte de héros décalé d’un conte de fées qui aurait déraillé enchemin. Il demeure que l’Histoire retiendra l’essentiel : « Billy Jean », « Thriller », « Don’tstop till you get enough » et d’autres chansons devenues des classiques et appelées à résister àl’usure du temps… Comme l’a déclaré un autre maître de son art, Steven Spielberg : « Tout comme il n’y aura jamais d’autres Fred Astaire ou d’autres Chuck Berry oud’autres Elvis Presley, il n’y aura jamais personne de comparable à Michael Jackson. » « Son talent, sa vivacité et son côté mystérieux font de lui une légende... »
  3. 3. Une enfance volée « Je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa merendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal. Lui rendre ses coups ne faisaitqu’aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure à travers la figure, ou je tentais de luiporter un coup de poing. Du coup, j’en prenais encore plus que tous les autres réunis. Je luirentrais dedans et mon père me laissait sur le carreau. » « Je me rappelle que je courais sous les tables pour lui échapper et ça le rendait encoreplus fou. » C’est ainsi que Michael Jackson a décrit sa relation avec son père Joseph (usuellementappelé Joe) dans son autobiographie Moonwalk. Joe Jackson était-il un abominable tyran ? Le père de Michael Jackson a certes acquisla réputation d’un être sévère, brutal, n’hésitant pas à déprécier ses enfants, à commencer parMichael dont il raillait le physique en le traitant de « big nose » (gros nez). Joe s’est pourtantdéfendu depuis d’avoir martyrisé ses enfants, affirmant qu’il n’aurait pas été plus strict que lecommun des parents s’autorisant de temps à autre une fessée. Il demeure que ce qui a été rapporté à son égard par Michael lui-même est peureluisant. D’ailleurs, Michael n’a pas légué le moindre cent à ce père dont il a été dit qu’il luiaurait « volé son enfance » - en 2002, il l’a purement et simplement rayé de son testament,alors qu’il y a conservé le nom de sa mère Katherine… Musicien de blues frustré, le géniteur des Jackson a jadis été membre d’un groupe der’n’b, The Falcons qui n’est aucunement parvenu à la popularité. Faute de pouvoir s’en sortirpar le biais de la musique, il a continué d’œuvrer comme ouvrier dans une usine. En cesannées 50, il travaille chaque jour, tant bien que mal, à couvrir les besoins de la famille.Katherine, son épouse, confectionne elle-même les vêtements des enfants. Les Jackson sontadepte de la religion des Témoins de Jéhovah, ce qui rime avec une discipline stricte et uneattitude souvent austère. Michael est né le 29 août 1958 dans la ville de Gary, dans une toute petite maison
  4. 4. située au 2300 Jackson Street. « Vous naviez quà faire cinq pas pour relier le devant de la maison à larrière », diraplus tard Michael Jackson. « Ce nétait en fait pas vraiment plus grand quun garage ». C’est ce garage minuscule qui a accueilli les neuf enfants qu’ont eu le coupleJackson au fil des années : les garçons cohabitaient dans une même chambre emplie de litssuperposés, tandis que les filles, Janet et La Toya se partageaient le sofa du salon. Joe semble n’avoir eu de cesse de prendre sa revanche sur l’existence, et de connaîtrele succès musical, par procuration. Pour ce faire, il a mis sa progéniture à rude épreuve,poursuivant un objectif unique : faire de la fratrie un groupe célèbre. Tout a commencé par un soir de 1962 où Joe s’est rendu compte que l’un de ses fils,Tito, avait touché à sa guitare, ce qui était formellement défendu. Ravalant sa colère, il ademandé à son rejeton de lui montrer ce qu’il savait faire. Or, ce qu’il a entendu lui a plu. Une idée a germé : pourquoi ne pas créer un groupe avec Tito (9 ans) à la guitare,l’aîné Jackie (11 ans) au chant assisté par Jermaine (8 ans) ? Deux voisins se sont joints àl’opération : Reynaud Jones à la guitare et Milford Hite aux percussions. Pourtant, ils serontprogressivement remplacés par deux autres frères : Marlon puis Michael. Toute l’attention du père est vouée à faire de ses enfants des stars et il en découle queJackie, Tito, Jermaine, Marlon et Michael voient leur temps de loisir dédié à des répétitionsmusicales incessantes. Michael a raconté qu’il regardait parfois avec envie les enfants qui jouaient au dehors,déplorant qu’il n’ait pas eu droit lui-même à ces moments de détente. « Quand j’étais gosse, il n’y avait que le travail, le travail, le travail » a raconté le Kingof Pop dans l’émission de Oprah Winfrey en 1993. Dès la sortie de l’école, à peine les cartables déposés dans le salon, les répétitionscommencent, avec pour objectif d’obtenir des prestations d’une qualité frisant la perfection.Pour parvenir à ses fins, Joe n’hésite pas employer des méthodes à la dure. Il n’est pasquestion de chanter dans une tonalité incorrecte ou de manquer un beat car la sanction est
  5. 5. sévère. Sévère, Joe fait preuve de violence sur sa progéniture, et manifeste une férocité quetente de compenser son épouse Katherine qui par contraste, apparaît comme la bontépersonnifiée. « Il nous faisait répéter avec une ceinture à la main. Il nous corrigeait à chaque faux-pas. Il utilisait parfois des fils électriques ou tout ce qui lui tombait sous la main. Il pouvait luiarriver de vous jeter le mur aussi fort quil pouvait. Jentends encore ma mère hurler : ‘Joe, tuvas le tuer, arrête ! ‘», a raconté Michael dans le documentaire Living with Michael Jacksonréalisé par Channel Four, Il dira également de ce paternel dictatorial : « Il lui suffisait d’unregard pour nous terroriser ». Les aînés des Jackson ont longtemps rechigné à ce que le petit dernier intègre legroupe. Pourtant, dès qu’il parvient à s’y immiscer, le petit ange s’impose instantanémentcomme le surdoué du lot - mais aussi le plus charismatique des Jacksons. La légende prétend qu’un jour, alors que Michael n’était âgé que de 4 ans, il s’est misà improviser sur une chanson de James Brown. Instantanément, il est apparu qu’il était dotéd’un talent hors du commun. « Ma mère nous chantait des chansons de country », a raconté Michael en 1981.« Pourtant, cétait le r’n’b qui mexcitait. Cétait la musique qui me faisait avancer. Elleremplissait mon cœur de joie et ma donné envie de chanter ». Le véritable déclic se produit un peu plus tard, lorsque Michael se produit sur unescène pour un spectacle d’école. Il interprète la chanson « Climb Every Night », issue de lacomédie musicale The Sound Of Music. « Quand jai fini de chanter, la réaction du public m’a submergé. La salle croulait sousles applaudissements. Mes institutrices pleuraient. Je nen revenais pas. Je les avais rendusheureux En même temps, je me sentais embarrassé, parce que personnellement, je ne metrouvais rien de spécial. Je chantais seulement comme javais lhabitude de le faire chez moitous les soirs ». Jermaine, qui était jusqu’alors le chanteur du groupe doit peu à peu céder la place à lastar naturelle du lot ; Michael qui n’a alors que six ans ! Le frère aîné demeure cependantdurant longtemps le modèle à suivre : « Cétait sur Jermaine que je me focalisais le plus. Il memmenait à lécole. Jenfilais
  6. 6. ses vêtements. Je limitais tout le temps. En comparaison à ma voix de bébé, Jermaine était unchanteur accompli. Jaimais son timbre. Vocalement, il ma montré la voie. » Partout où les Jackson 5 se produisent, Michael cristallise l’attention sur lui, que cesoit par sa voix fluette mais intense, son sourire désarmant, mais aussi par sa présence d’uncharme quasi irrésistible… Il faut un début à tout et le groupe va commencer par se produire durant les week-endsdans les clubs régionaux, ce qui inclut des boîtes de strip-tease. Les frères ont commencé parremporter une compétition organisée par le lycée de Gary - ils y ont interprété « My Girl » desTemptations. Peu après, Joe Jackson a réussi à leur obtenir un contrat dans un night-clublocal, avec une rémunération de 8 dollars par prestation. Au départ, les frères se produisent sous le nom de Ripples and Waves (Ondulations etVagues), mais très vite, Joe choisit de les nommer les Jackson 5. Leur professionnalisme estassez vite remarqué. À force d’écumer les dancings miteux de l’état de l’Indiana, le groupe envient à se faire connaître dans les grandes villes. Un tournant se produit en 1967 lorsque les Jackson 5 participent à une compétitiondans un lieu en tous points mythique : l’Apollo Theater de Harlem (New York), la salle danslaquelle James Brown a enregistré un album entré dans la légende, Live at the Apollo. Laréputation des Jackson 5 les a précédés : ils se produisent directement en finale. Les frèressortent vainqueur de l’épreuve, et à elle seule, cette victoire leur ouvre en grand les portesd’un potentiel vedettariat. En octobre 1967, un contrat de six mois est signé avec une maison de disques del’Indiana : Steeltown Records. Cette fois, les frères doivent trouver des chansons inédites.C’est l’œuvre d’un musicien de Chicago, Ed Silver, qui est choisi comme face A : « BigBoy ». C’est une chanson de qualité, introduite par un riff de guitare entraînant, avant delaisser la place à la voix hyper séduisante de Michael. Le 45 tours sort le 30 janvier 1968.Diffusé de manière raisonnable par les radios locales, il se vend à une dizaine de milliersd’exemplaires. Un deuxième single sort dans la foulée et les Jackson 5 vont même enregistrerun album entier pour Steeltown, mais ce dernier ne sortira pas dans le commerce…
  7. 7. Il se trouve qu’en cette année 1968 qui en de nombreux endroits du monde estmarquée par les révoltes étudiantes, les Jackson 5 connaissent leur propre révolution : leurréputation est venue jusqu’aux oreilles d’un dénommé Berry Gordy, le fondateur du labelMotown, celui-là même qui a fait découvrir des stars de l’ampleur de Diana Ross et lesSupremes, Marvin Gaye, Stevie Wonder… C’est le chanteur Gladys Knight lui-même qui attire l’attention du boss de la Motownsur la fratrie venue d’Indiana. Incroyable mais vrai : les Jackson 5 se retrouvent signés par la maison de disques qui aconstruit les carrières de stars du calibre de Stevie Wonder ! « Cétait la jubilation totale quand nous avons appris que nous avions réussi notreaudition à Motown. Je me souviens que Berry Gordy nous a fait asseoir. Il nous a dit que nousallions écrire une page de lhistoire tous ensemble, » a raconté Michael Jackson dansMoonwalk. « Je vais faire de vous les plus grandes stars du monde, et on parlera de vous dans leslivres dhistoire. Cest exactement ce quil nous a dit. Et nous, en entendant ça, nous avonssauté de joie en criant: ‘Ouais ! Okay !’. » « Je noublierai jamais ce moment. Il nous avait tous invités chez lui et cétait commesi nous étions en train de vivre un vrai conte de fées. Nous écoutions cet homme, bourré detalent, tellement puissant, nous prédire un succès hors du commun: ‘Votre premier disque seranuméro un, votre second disque sera numéro un et votre troisième disque aussi. Trois tubesdaffilée !.. Vous serez au top de tous les palmarès, comme Diana Ross et les Suprêmes lontétés.’ » Diana Ross elle-même accueille les Jackson 5 dans sa propriété de Californie. C’estdurant cette cohabitation qu’elle va développer une amitié hors du commun avec le jeuneMichael. Berry Gordy commence par repenser le ‘look’ des Jackson 5, afin de les rendre augoût du jour. La coiffure afro devient la norme, assortie de pantalons pattes d’éléphant et dechemises à jabot. À cette époque, un style triomphe sur les ondes, le ‘bubblegum’. Il est représenté pardes groupes tels que les Monkees, une formation montée de toutes pièces pour les besoins
  8. 8. d’une série télévisée, et qui présente une version sage, familiale de la pop music, paropposition à des groupes plus rebelles tels que les Rolling Stones ou les Doors. En cette année1968, un groupe de ‘bubblegum’ triomphe : The Ohio Express avec la chanson ‘Yummy,Yummy, Yummy’. Et d’autres s’inscrivent dans cette brèche. L’affaire est entendue : Motownimpose aux Jackson un style baptisé « Bubblegum Soul », un savant mélange de r’n’b et depop music ‘bubblegum’. Le journaliste Stéphane Koechlin expliquera par la suite pourquoi ce choix a étéjudicieux1. « À cette période, la musique noire était très revendicative. Les chanteurs, dont JamesBrown, que Michael Jackson adulait, chantaient le poing levé. Les Jackson 5 étaient aucontraire un groupe très propret, du moins en apparence, conçu pour plaire au plus grandnombre : au public noir et au public blanc. Leur succès a été immédiat. » Le 18 octobre 1969, les Jackson 5 se produisent pour la première fois à la télévisiondurant le show Hollywood Palace sur ABC. Comme l’a voulu Berry Gordy, Diana Ross a lesuprême honneur d’introniser le groupe auprès de l’Amérique profonde. Elle va toutefoispiper les dés en faveur de celui qui est très vite devenu son Jackson favori. « J’ai le plaisir de vous présenter une jeune star qui a été dans le métier toute sa vie. Ila travaillé avec sa famille. Quand il chante et danse, il illumine la scène. » Elle ajoute alors, à la stupéfaction de Joseph : « Ladies & gentleman, voici Michael Jackson et les Jackson Five ! » Et oui : le benjamin des cinq Jackson s’est déjà distingué comme la figure de proue decette fratrie qui ambitionne de conquérir le continent…1 20 minutes – 26 juin 2009
  9. 9. La furie Jackson 5 Les années 70 démarrent sous le son des Jackson 5. « I want you back », le singleextrait du premier album s’inscrit à la première position des charts américains le 31 janvier !Deux millions de disques sont vendus en six semaines. Le second single « ABC », semble faire figure de symbole. Le 25 avril 1970, il délogeles Beatles du sommet des charts − le single « Let it be » est demeuré n°1 deux semainesavant de céder la place au quintette. Seulement voilà : deux mois plus tard, les Jackson 5rééditent cet exploit : « The long and winding road » des Beatles, un autre n°1 du groupebritannique est à son tour chassé du podium par « The love you save », le 3ème single des frèresJackson. L’émoi est tel que cette semaine là, en ouvrant un concert à Los Angeles, Michaels’exclame : « Voici la chanson qui a dégommé les Beatles de la première place ! » La Jackson-mania a pris son essor avant tout aux USA - le groupe ne connaît pas desuccès particulier en France. Michael s’impose naturellement comme la star du lot. Le 29 avril 1971, le garçon à la coupe de cheveux afro pose, l’air grave, en couverturedu magazine Rolling Stone. Au-dessus de la mention « Michael Jackson et ses six disquesd’or » figure l’accroche : « Pourquoi cet enfant de onze ans demeure-t-il debout bien au-delà de l’heure d’allerau lit ? » Un an plus tard, le 12 juillet 1972, Michael Jackson sort un premier single enregistréen solo : « Ben ». La chanson est issue d’un film qui traite de lamitié entre un jeune garçon etun rat surnommé Ben. Dans la mesure où il adore les animaux, Michael a trouvé là un thèmede chanson presque idéal. Comme l’a relaté sa mère Katherine : « Quand je repense à la fascination de mes fils pour les animaux exotiques, je nai pasété surprise de mapercevoir que lun deux avait fait un tube en 1972 avec une chanson sur unrat... »
  10. 10. « Je sais que pour Michael lenregistrement de ‘Ben’ fut un véritable rêve devenuréalité, non seulement parce que cétait une ballade absolument magnifique même quand onne savait pas que Ben était un rat - on n’aurait jamais pu le deviner dailleurs - mais il setrouve que Michael adorait les rats. » « Je me rappelle que nous dînions avec toute la famille dans un restaurant un soir,quand tout à coup je vis Michael ramasser des petites miettes sur son assiette et les mettrediscrètement dans la poche de sa chemise. ‘Quest-ce que tu fabriques Michael ?’ je luidemandai. Et à ce moment-là, un rat passa son petit museau par la poche de Michael. Michaelélevait des rats alors que nous habitions déjà Beverly Hills. » « Nous vivions dans une région ou il y avait beaucoup de végétation et il marrivaitsouvent de voir des gros rats bruns courir à travers les buissons. Au bout dun moment à magrande surprise, je vis les rats changer de couleur. Les uns étaient particulièrement blancs, etdautres totalement blancs. Et puis je compris que Michael avait laissé ses rats blancs sebalader dans la cour et quils avaient fait des petits avec les rats sauvages. Je nai jamaisdisputé Michael au sujet de son élevage de rats, mais lorsque nous avons déménagé dans notremaison à Encino, je lai prévenu : ‘Il nest pas question que tes rats viennent avec nous.’2 » À lui seul, le 45 tours de Michael préfigure une émancipation qui ne saurait tarder àsurvenir tôt ou tard. « Ben » grimpe peu à peu jusqu’au sommet du hit-parade américain.Michael Jackson a désormais montré qu’il peut être n°1 seul. Dans la foulée, il sort sonpremier album solo, Got to be there. Le souci, c’est que le surdoué subit encore et toujours l’emprise de la Motown quidicte sans retenue le style qu’il doit aborder, le répertoire comme les arrangements musicaux.Il en est pour lui comme pour les Jackson 5. La fin de l’année 1972 voit le groupe entamer sa première tournée internationale - 20jours en Europe. En novembre, ils débarquent en Grande Bretagne et font l’objet d’uneréception digne de la Beatlemania : des milliers de fans anglais sont venus les accueillir. « La scène de foule la plus dingue dont j’aie jamais été témoin survint la première foisque nous allâmes en Angleterre » a raconté Michael. « Nous étions dans l’avion au-dessus de l’Atlantique quand le pilote a annoncé qu’ilvenait d’apprendre que 10 000 gamins nous attendaient à l’aéroport d’Heathrow. Nous ne2 Katherine Jackson - Jackson & Jackson Histoire dun rêve - Ergo Press.
  11. 11. pouvions pas y croire. Nous étions excités mais si nous avions pu faire demi-tour et rentrer àla maison, il se peut que nous l’aurions fait. Nous savions que ça allait être quelque chosemais vu qu’il n’y avait plus assez de kérosène pour faire demi-tour, nous y sommes allés. » « Quand nous avons atterri, nous avons vu que les fans avaient littéralement envahil’aéroport. C’était dingue d’être pris d’assaut comme ça. Mes frères et moi avons eu de lachance de sortir vivants de l’aéroport ce jour-là. » « La musique soul américaine était devenue aussi populaire dans les autres pays queles jeans et les hamburgers. Nous étions invités à faire partie de ce grand monde et en 1972nous avons débuté notre première tournée mondiale par une visite en Angleterre. Bien quenous nayons jamais été là-bas auparavant et que nous ne soyons jamais apparus à la télévisionbritannique, les gens connaissaient toutes les paroles de nos chansons. Ils avaient même degrandes écharpes avec notre photo dessus et ‘Jackson 5’ écrit en lettres capitales. « Les salles étaient plus petites que celles où nous avions lhabitude de jouer aux Etats-Unis, mais lenthousiasme de la foule était très gratifiant quand nous finissions chaquechanson. Ils ne criaient pas pendant les chansons comme le faisait le public américain donc ilspouvaient vraiment voir à quel point Tito était bon avec sa guitare, parce quils pouvaientlentendre. » Sur le sol britannique, les Jackson 5 ont l’insigne honneur de chanter devant la familleroyale. « Cétait très excitant pour nous. Javais déjà vu des photographies dautres groupes,comme les Beatles, rencontrant la Reine après une performance sur commande, mais jamais jenaurais rêvé que nous aurions la chance de jouer pour elle ! » La tournée se poursuit en Hollande, en Belgique, en Allemagne, en Italie et passemême par la France (le 6 novembre à lOlympia). Dans le numéro de décembre 1972 qui sort alors, le concert est décrit ainsi par lemagazine Rock’n’Folk, fanzine incontournable de la culture rock sur le sol français. « Les Jackson 5 offrent un show fondé en premier lieu sur limpact visuel : la lumièrese fait sur une petite équipe impeccablement entraînée, dont chaque membre connaît sa partie,et celle de ses partenaires. Pas un instant de musique qui ne soit traduit en mouvements debras, de jambes, en brusques arrêts de lun, puis de lautre des danseurs. Guitare et basse sonttenues par deux des frères qui reçoivent en outre le soutien dun organiste et dun batteur.
  12. 12. Michael (14 ans), le principal soliste, manifeste une assurance, physique et vocale, qui netrahit que très peu les séances de mise au point quelle a dû nécessiter. » Tandis que ses frères aînés profitent allègrement de l’adulation des groupies, le jeuneMichael profite de ce séjour dans le Vieux Continent pour découvrir les musées, les grandsmonuments, les galeries d’arts… Captivé par les arts, il développe une immense connaissanceculturelle, une expertise qui en surprendra plus d’un par la suite, tant il est rare qu’une star dela chanson se montre aussi érudite sur des domaines tels que les châteaux de France !… Gilles Pétard, président et fondateur de Motown France a témoigné à sa façon lorsqu’ils’en est confié à Philippe Manoeuvre : « Il existait une différence frappante entre Michael et ses frères. Les quatre grandsétaient extrêmement volubiles, ils babillaient, samusaient, riaient de tout et sétonnaient dunrien... Michael, lui, était extrêmement réservé, silencieux, observant tout très attentivement deson coin... Il ne disait jamais un mot... » Si vous souhaitez lire ce livre dans son intégralité pour 1,99 euros, cliquez sur cettepage : Michael Jackson, Black or White ?

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