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Jean claude marcourt, vice-président, ministre de l’économie, des pme, du commerce extérieur, des technologies nouvelles et de l’enseignement supérieur - "Basculer du fatalisme antérieur à un optimisme futur"

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Cela faisait quelques mois que nous n’avions plus donné la parole à un membre du Gouvernement wallon dans nos pages. Qu’à cela ne tienne: la rubrique «La parole au Gouvernement» fait donc son grand retour avec le Ministre de l’économie, des PME, du commerce extérieur, des technologies nouvelles et de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.
Licencié en droit de l’Université de Liège, avocat de profession, Jean-Claude Marcourt a entamé, dès 1992, un long parcours de chef de cabinet pour divers ministres. Aujourd’hui Vice-président des gouvernements wallon et communautaire, il vient notamment de lancer Creative Wallonia, un programme-cadre destiné à placer l’économie wallonne sous le double signe de l’innovation et de la créativité.
Lors de cet entretien, il fut donc question de l’avenir économique local et wallon, mais aussi du futur des ADL et du master plan en matière de nouvelles technologies dont il est l’initiateur. Un échange fructueux pendant lequel le Ministre n’a pas manqué de démontrer sa fibre municipaliste, puisqu’il est également, depuis 2006, conseiller communal de la ville de Liège.

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Jean claude marcourt, vice-président, ministre de l’économie, des pme, du commerce extérieur, des technologies nouvelles et de l’enseignement supérieur - "Basculer du fatalisme antérieur à un optimisme futur"

  1. 1. La parole au Gouvernement © belpress. com JEAN-CLAUDE MARCOURT Vice-Président, Ministre de l’Économie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies nouvelles et de l’Enseignement supérieur Cela faisait quelques mois que nous n’avions plus donné la parole à un membre du Gouvernement wallon dans nos pages. Qu’à cela ne tienne : la rubrique « La parole au Gouvernement » fait donc son grand retour avec le Ministre de l’Économie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies nouvelles et de l’Enseignement supérieur, Jean- Claude Marcourt. Licencié en droit de l’Université de Liège, avocat de profession, Jean-Claude Marcourt a entamé, dès 1992, un long parcours de chef de cabinet pour divers ministres. Aujourd’hui Vice- Président des Gouvernements wallon et communautaire, il vient notamment de lancer Creative « Basculer du Wallonia, un programme-cadre destiné à placer l’économie wallonne sous le double signe de fatalisme antérieur à l’innovation et de la créativité. Lors de cet entretien, il fut donc question de l’avenir économique un optimisme futur » local et wallon, mais aussi du futur des ADL et du master plan en matière de nouvelles technologies dont il est l’initiateur. Un échange fructueux pendant lequel le ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Ministre n’a pas manqué de démontrer sa fibre municipaliste, puisqu’il est également, depuis Monsieur le Ministre, pourriez-vous, Je suis licencié en droit de l’Université 2006, Conseiller communal de la en quelques mots, retracer votre par- de Liège. J’ai plaidé au Barreau de Liège Ville de Liège. cours afin de rafraîchir la mémoire de nos jusqu’en 1992 avant de devenir chef de cabi- lecteurs ? net auprès de Ministres du Gouvernement8 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  2. 2. fédéral. Mais mon passé s’articule dans le plateformes de formations pour les futurs provinces qui sont très impliquées, notam-mouvement des communes et des pro- managers, des espaces de co-working, des ment dans les hautes écoles. C’est un sujetvinces. En 1992, j’ai été choisi comme chef appels à projets dans l’industrie techno- très intéressant et, au niveau communal,de cabinet du Ministre des Pouvoirs locaux logique, créative et média. C’est aussi une tout le monde s’interroge sur l’accession deet de la Fonction publique, Guy Mathot, semaine de la créativité qui aura lieu en nos jeunes à l’enseignement supérieur. C’estcharge que j’ai prolongée avec Bernard novembre. une vue un peu atypique parce qu’on neAnselme jusque 1995. Ces années m’ont Conscient du manque d’espaces permettant soumet pas souvent cette question à l’inté-apporté la connaissance des 262 communes le développement de nos entreprises ou rêt local. Or, il est clair que, si les communeswallonnes, des différentes provinces, des l’accueil d’investisseurs étrangers, la poli- s’intéressent à leur développement écono-sous-régions. J’ai donc été confronté régu- tique de mise à disposition d’espaces doit mique, au bien-être collectif de la popula-lièrement à la manière dont on appréhende être amplifiée. Au-delà des quelques 1 000 tion, la question de l’enseignement supé-le pouvoir communal, le pouvoir provin- hectares bruts qui seront mis à disposition à rieur, de la formation les touche beaucoup.cial, et les travaux subsidiés, d’une manière la suite du Plan Marshall, le Gouvernement Il y a un an et demi, j’ai lancé une réflexion,générale. a décidé d’affecter 1 712 nouveaux hectares à avec les CPAS, sur l’accès des jeunes auxEnsuite, je suis devenu chef de cabinet de l’activité économique et doit encore se pro- aides financières. On s’aperçoit que, dèsJean-Claude Van Cauwenberghe, d’Elio noncer sur 406 hectares. l’enseignement secondaire, un certainDi Rupo et de Laurette Onkelinckx, avant Cela se concrétise comment ? nombre de jeunes font appel au revenude devenir ministre en 2004, ce que je suis Afin d’équiper les terrains dans les meil- d’intégration, notamment. Nous sommesencore depuis les élections de 2009. Depuis, leurs délais, une enveloppe de financement donc en présence d’une population fragi-j’exerce les compétences de l’Économie, des alternatif à hauteur de plus de 200 millions lisée pour laquelle la commune est le seulPME, du Commerce extérieur et des Tech- d’euros m’a été attribuée pour mettre à dis- recours. Nous avons donc à réfléchir à cettenologies nouvelles auprès de la Région wal- position non seulement les terrains situés problématique, à ce monde qui donne à noslonne et celle de l’Enseignement supérieur, dans les zones d’activités économiques populations les plus fragilisées l’accès à unauprès de la Communauté française. mais également les micro-zones situées en épanouissement personnel qui, sans cesJ’ai toujours eu un attachement très pro- tissu urbanisé, ou encore pour la création moyens que sont la commune en général, lefond aux communes. La détermination de d’infrastructures d’accueil telles que des CPAS en particulier, n’auraient pas accès aul’intérêt local a toujours été, pour moi, très halls-relais en zones franches urbaines ou développement économique.importante. Même si, en tant que ministre, en zones franches rurales. L’Union des Villes et Communes de Wal-je n’ai eu que très peu de compétences sur le Il est clair que les zonings touchent beau- lonie pense aujourd’hui que le pouvoirpouvoir local, je suis très attentif à ce qu’est coup les communes, les provinces, et les régional a plutôt tendance à réduire l’in-la vraie démocratie locale, à ce qui fait la intercommunales. Réconcilier l’activité éco- térêt financier des communes à l’installa-richesse de notre Région, c’est-à-dire l’an- nomique avec la population semble para- tion d’activités. Vous êtes également de cetcrage communal. doxal. En effet, tout le monde veut avoir un avis ?Parmi vos matières, pourriez-vous nous emploi tout près de chez soi sans avoir les Il est vrai que les communes auraient pudire quels sont, pour vous, les défis les plus inconvénients liés à l’activité économique espérer recevoir une meilleure compensa-importants pour la Wallonie de demain ? aux abords de son lieu de vie. Les com- tion. Et il est vrai que la Région a demandéBien que ce ne soit pas les seuls, je citerais munes, qui sont un grand pourvoyeur d’em- des efforts substantiels aux communes.tout d’abord deux défis majeurs : la relance plois, sont donc un grand facteur d’innova- N’oublions pas cependant que le Fondsde l’économie wallonne et la mise à dispo- tion, que l’on a souvent tendance à limiter des communes est la seule allocation bud-sition d’espaces économiques à destina- à l’innovation technologique. Or, il existe gétaire qui ait augmenté de 1 %. C’était untion des investisseurs. Pour favoriser cette aussi l’innovation non technologique, celle effort important. Toutes les autres alloca-relance, j’ai porté sous la précédente légis- qui participe du process, de l’innovation tions budgétaires ont été bloquées ou pluslature le Plan Marshall, qui a notamment sociétale. La commune est un référent extrê- sévèrement touchées.créé les pôles de compétitivité et a stimulé mement important pour l’action politique Je considère que l’effort doit être collectif. Sila création d’activités. Aujourd’hui, nous mais elle est souvent renfermée car il s’agit on considère le problème de manière ciblée,avons le Plan Marshall 2.Vert qui représente d’une population limitée. En réalité, elle est on peut en effet affirmer que certaines com-1,6 milliard d’euros et contient six priorités le creuset de beaucoup de mouvements. munes ont perdu des moyens dans l’opéra-visant à poursuivre la création d’activités. Et en matière d’enseignement ? tion. Si l’on prend l’élément de manière glo-La relance de l’économie passe également Au niveau de la Fédération Wallonie- bale, du point de vue de l’amélioration dupar la créativité et l’innovation voulue par Bruxelles, j’ai la compétence de l’Enseigne- niveau de vie de l’ensemble des communes,la mise sur pied du Plan Creative Wallonia. ment supérieur, qui touche directement et si on réussit le pari du Plan Marshall, toutL’innovation, c’est l’exploitation réussie du le pouvoir local, puisque celui-ci inter- le monde sortira gagnant.changement et concerne tous les domaines vient dans l’organisation de l’évolution de L’objectif du Gouvernement était de faireen vue du développement de nouvelles la population. L’enseignement supérieur décoller la Wallonie, de basculer du fata-idées et de nouveaux modèles, notamment apparaît souvent comme un échelon supra- lisme antérieur à un optimisme futur. Struc-collaboratifs. Concrètement et brièvement, local au niveau communal mais, au niveau turellement, les communes sont protégées,Creative Wallonia, ce sont de nouvelles provincial, nous avons un certain nombre de même si, au niveau des compensations du NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 9
  3. 3. La parole au Gouvernement Plan Marshall, la mention « aurait pu mieux des effets positifs en termes de fiscalité, de Comment dès lors faire en sorte que les faire » doit être décernée. Mais nous avons dynamique nouvelle et d’attraction de nou- zonings ne soient pas simplement l’endroit opté pour le renforcement de l’assise écono- veaux résidents et acteurs. Il est vrai que où l’on travaille mais aussi l’endroit où l’on mique et nous espérons que ce choix portera nous avons beaucoup aidé les entreprises vit ? Il est clair qu’il est plus difficile d’entre- ses fruits dans les années à venir, notam- jusqu’ici. Et les communes n’ont pas un voir des mixités de fonctions mais, dans un ment au travers des additionnels commu- intérêt financier direct dans l’affaire… Car, territoire exigu comme la Wallonie, bien que naux, beaucoup plus que par l’insuffisance paradoxalement, en aidant les entreprises, l’on ait une densité moindre qu’en Flandre des compensations. les communes percevaient moins que ce ou qu’aux Pays-Bas, il faut absolument Mais alors, comment les communes, qu’elles auraient pu investir en logements, y penser car il est impératif de tous vivre dont les services et infrastructures sont par exemple. ensemble. nécessaires à toute activité économique, Les communes doivent aujourd’hui faire Tout en préservant la qualité de la vie rurale, peuvent-elles, dans l’état actuel des choses, face à des problèmes financiers impor- il faut donc créer des noyaux urbains moins s’investir en faveur du développement tants. Et pourtant, elles auront des défis déstructurés. Nous avons laissé nos noyaux économique ? économiques importants à relever dans les urbains se déstructurer en donnant la pos- La suppression de la taxe sur la force motrice années qui viennent. Comment analysez- sibilité aux mieux nantis de sortir de la ville avait pour objectif de rendre la Wallonie fis- vous cette situation ? au détriment de gens au comportement calement concurrentielle sur le plan euro- Les communes sont un vecteur important divergent. D’où la nécessité de retrouver une péen. Cette suppression a d’ailleurs été com- d’investissements, notamment en ce qui mixité sociale dans les villes. pensée par la Région wallonne en faveur des concerne les travaux publics. Il est clair Je crois beaucoup à la reconstruction de la communes pour les pertes engendrées par que les communes ont une capacité de vie sur la ville. Mais cela ne se limite pas à la cette mesure. développement et de soutien des activités. ville. Cela concerne aussi les villages. Je suis A côté de cela, des mesures financières sont Il est aussi évident que, dans le cadre du très réticent à l’extension de l’habitat à tout adoptées pour faciliter l’installation d’activi- Plan Emploi-environnement, qui est un prix. Tout qui habite en dehors des noyaux tés, même si elles ne bénéficient pas directe- des axes du Plan Marshall2.Vert, nous pou- d’habitat demande l’accès à la santé, à la ment aux pouvoirs communaux. vons améliorer l’efficacité énergétique. Mais mobilité, à la sécurité, à la protection civile… Je pense que le soutien à l’activité écono- nous sommes confrontés à un paradoxe : la Ce qui coûte énormément. mique passe par le suivi des entreprises population la plus fragile est celle qui souffre On ne peut demander à la Région d’avoir des dans leurs démarches administratives mais le plus de l’augmentation de la facture éner- routes en bon état partout et lui demander aussi, en développant, éventuellement en gétique parce qu’elle n’a pas la capacité de de doubler le volume des routes, surtout si partenariat avec elles, des services et/ou faire face aux améliorations de son environ- on construit dans des régions où le climat des infrastructures d’accueil de la petite nement direct, du bâtiment qu’elle habite. difficile les rend plus vite dégradables. Il faut enfance. Les communes devraient égale- Par conséquent, nous devons faire en sorte donc rester attentif à l’impact du coût collec- ment mettre en place des plans de mobilité de trouver, avec les communes, pour tous les tif que nous générons quand on décide d’ou- spécifiques à l’accès aux entreprises, tant logements, une capacité de développement vrir un nouveau lotissement, un nouveau pour leurs travailleurs que pour le charroi afin de réduire la facture de façon substan- zoning. Mon propos ne va pas à l’encontre des entreprises. Les communes devraient tielle. C’est effectivement un élément de des zones rurales, mais il faut réfléchir, également mettre en place un schéma de déséquilibre social très important. quand on développe des zones urbanisées, développement commercial équilibré, A mon sens, les communes doivent éga- à l’impact sur toutes les fonctions collec- visant une répartition harmonieuse sur leur lement être attentives à la politique des tives que l’on doit y prévoir parce que notre territoire de l’activité économique, commer- implantations commerciales. C’est pour population n’accepte plus de vivre au milieu ciale et servicielle. cette raison que je travaille sur le schéma de nulle part. A cet égard, il s’agirait de donner un rôle plus régional de développement commercial Comment évaluez-vous le dispositif des important aux ADL tant au niveau du conseil afin de sensibiliser les villes et communes à ADL, maintenant que celles-ci sont agrées qu’au niveau de l’animation de la commune la mise sur pied d’une politique cohérente depuis 2008 ? Quels sont, selon vous, les ou des quartiers. Enfin, il serait opportun évitant ainsi la prolifération anarchique des points forts et faibles du mécanisme ? Que que toutes les communes de Wallonie soient commerces, tout en permettant de proposer devrait-on mettre en oeuvre pour rendre le dotées d’un espace public numérique per- une diversité et un renforcement cohérent dispositif encore plus performant ? mettant ainsi l’accès de tous ses résidents, de l’offre commerciale. J’ai toujours eu un petit faible pour les ADL. qu’ils soient permanents ou travailleurs, aux Vous préféreriez aussi voir la ville réfléchir Comme vous le savez, lors de la législature technologies de la communication. à une plus grande mixité sociale… précédente, les ADL et les maisons de l’em- Au-delà de cela, il y a l’affectation du réser- Je pense que la réflexion sur de nouveaux ploi faisaient partie de mes compétences. voir territorial. La commune doit ainsi modes de zonings reste un élément fon- Pour moi, il faut renforcer la dimension éco- accueillir de l’activité économique sur son damental. Il y a trente ou quarante ans, on nomique des ADL : exploration des investis- territoire. Même si le Plan Marshall a pris a conçu des zonings industriels comme seurs potentiels, accompagnement à l’ins- des mesures pour alléger la fiscalité sur les des boîtes à chaussures. Aujourd’hui, on tallation sur le territoire de la commune, entreprises, la présence d’activités écono- doit plutôt réfléchir en termes de flux des animation des noyaux d’activités, veille sur miques sur le territoire d’une commune a matières, de mobilité, d’accessibilité… les besoins des entreprises.10 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  4. 4. Par ailleurs, le Master Plan TIC inclut J’AI TOUJOURS EU un volet relatif à l’éducation. Celui-ci a pour ambition de faire entrer toutes les UN PETIT FAIBLE POUR LES ADL écoles wallonnes dans le numérique d’ici 2025. L’objectif est d’éduquer les jeunes à appréhender la société de l’information et à en faire des citoyens critiques, mais aussi de recourir aux technologies là où elles sont unDans les ADL, on côtoie l’excellent et le côtoient de manière de plus en plus forte, élément facilitateur, pour la conception et lamoins excellent. Lorsque l’on donne une comment bien gérer les choses au niveau distribution de cours, par exemple. S’agis-initiative à un terrain local, tout dépend de des CPAS et des villes, et comment faire de sant d’un plan à long terme dont le déficelui qui porte l’initiative. Nous sommes ces centres-villes un atout économique, principal sera d’agir sur les mentalités, j’aidonc confrontés à des réalités différentes, malgré la mixité sociale ? lancé dans une première phase, un appel àà des objectifs différents, à des mécaniques Le schéma directeur des centres commer- projets auprès des écoles. J’invite d’ailleursdifférentes, à des référents différents. ciaux contiendra cette notion de bonne les écoles du réseau communal à répondreSpontanément, l’on pourrait dire que les gestion des centres-villes afin de leur don- à cet appel à projets via le site www.ecole-ADL vont mieux dans les zones rurales ner une dynamique économique, ce qui numerique.be.que dans les zones urbanisées, mais ce passe par du commerce, du logement, des Quels rapports entretenez-vous avec lesn’est pas exact. Ce critère ne suffit pas et la activités de services, de l’industrie non pol- services de l’UVCW ?réussite dépend beaucoup des hommes et luante… Tout cela pour faire en sorte que Dans le cadre de mes compétences, je n’aides femmes qui portent ce projet. C’est un la ville vive 24 heures sur 24. Et cela passe pas beaucoup l’occasion de travailler avecdispositif qui mériterait d’être visité, non aussi par la sécurité passive de la lumière, l’UVCW. Toutefois, dès qu’une opportunitépas pour être critiqué, mais simplement par des négociations avec les assurances… se présente, je ne manque pas de consulterpour mettre en commun des expériences Les centres-villes et les ADL ont une vraie l’Union afin d’obtenir son avis. Aussi, dans leafin que cet échange soit profitable à tous. raison d’être. Peut-on faire différemment ? cadre des dossiers soumis par mes collèguesComment voyez-vous l’avenir des ADL ? La réponse est toujours oui. Il ne faut pas au Gouvernement, pour lesquels l’avis deRéformer pour réformer, ce n’est pas ma s’accrocher à une institution parce qu’elle l’Union a été sollicité, je reste attentif à l’avistasse de thé. Je pense au contraire que la existe mais toujours se préoccuper du de nos pouvoirs locaux et à l’intérêt local.durée est un bon élément mais il faut main- service aux citoyens. La commune est un L’Union est une association très importantetenir les gens dans le défi, dans le question- territoire où les gens ne vivent pas les uns à mes yeux, dans la mesure où elle est tota-nement sur leur travail. Il n’y a pas le bien et à côté des autres mais ensemble, avec les lement pluraliste et où elle donne une autrele mal : il y a le travail de départ que l’on doit autres. Et cette vision de noyaux d’habitat, respiration à toute la société wallonne.faire évoluer vers le mieux et c’est là toute la de noyaux urbains doit être développée. Je suis très partisan de cette variation deculture d’entreprenariat qui tourne autour Elle transparaît d’ailleurs dans la DPR. La points de vue. La commune est le premierde l’ADL. Il ne faut pas avoir un jugement commune reste un endroit de cristallisation élément de la démocratie. Cela signifienormatif mais il faut pouvoir faire mieux dans ce domaine. qu’il faut renforcer le rôle des communes etpar un apprentissage collectif. Dans le Plan Ma prochaine question concernera les l’Union est, en cela, un interlocuteur natu-Marshall2.Vert, le Gouvernement veut sou- nouvelles technologies, pour lesquelles rel parce qu’elle est le reflet des différencestenir l’entreprenariat et l’ADL y contribue. Et vous avez initié un Master Plan TIC. de la société. En additionnant les 262 com-d’ici la fin de la législature, on aura sûrement Quelle place ce plan accorde-t-il aux villes munes de Wallonie, on a une photographieune action ADL pour voir comment agir et communes ? de la vraie société wallonne.collectivement. Il est certain que le niveau communal est Maintenant que les colonnes du Mouve-Vous faites ici référence à la gestion des concerné par la mise en œuvre du Plan ment communal vous sont ouvertes, avez-centres-villes ? TIC, principalement dans le volet « déve- vous un message fort à faire passer auprèsMalheureusement, la gestion des centres- loppement d’infrastructure », qu’elle soit des communes ?villes ne dépend plus de moi. Mais nous filaire ou sans fil, ainsi que dans la moder- La commune est l’endroit privilégié dedevons considérer, stratégiquement par- nisation du service au citoyen. Aussi, vu nos concitoyens. Je voudrais donc dire àlant, les centres-villes comme des centres l’importance du réseau mobile, le Plan TIC chaque bourgmestre, à chaque échevin, àcommerciaux. Cela peut paraître ambigu prévoit d’uniformiser progressivement chaque conseiller communal, que les gensmais, si nous n’avons pas de vision col- certaines procédures communales pour attendent aujourd’hui que l’on aille verslective d’un centre-ville, quel est alors l’installation d’infrastructures de réseau eux. Nous devons réfléchir à ce lien socialson poumon ? Comment faire revivre des mobile. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu dans lequel les gens peuvent se parler. Nouszones qui sont en déshérence, comment avec l’UVCW au début du mois de sep- vivons dans une société d’hyper-communi-faire respirer les rues ? tembre. Cet échange, très positif, constitue cation et d’hyper-isolement, c’est un véri-Dans les centres-villes où les fractures le point de départ d’une association très table paradoxe. Nous devons donc fairesociétales et sociales sont les plus mar- étroite avec le point de vue communal en sorte que la commune soit un véritablequées et où la richesse et la pauvreté se dans la mise en œuvre du plan. creuset de dialogue social. NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 11

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