L’attente des Villes Certifiées : Levier
d’action ou otage du paradoxe des
valeurs socio-spatiales ?
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Mise en tension au regard du bien-
être urbain
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données fac...
Critique marxiste => Henri Lefebvre
•Valeurs d’usage vs valeurs d’échange
-Opposition entre « habiter » et « habitat ».
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Critique marxiste => Henri Lefebvre
•Rationalisation d’espace urbain qui
optimise matériellement les travailleurs et
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Plus récemment: Critique sociale et
artistique
•Boltanski L. et Eve Chiapello E., 1999:
Le capitalisme est inclusif des cr...
« L’attente : Levier d’action ou otage du
paradoxe des valeurs socio-spatiales »
1.Archéologie d’un urbanisme du bien-être...
1. Généalogie d’un urbanisme
du bien-être durable
•La quête du bonheur est une préoccupation universelle;
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Du droit au bonheur au
développement durable de sa qualité
•Depuis 25 ans: Réactualisation de la notion de bonheur dans un...
Écologie politique… durable
•Développement durable = prise en compte de
l’ensemble des dimensions humaines de félicité
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Montée en généralité d’un bonheur
performatif
•Du spirituel chez Pascal
•Du privé et de l’économique chez Locke
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Le bonheur capitaliste comme
nouveau bien commun?
• Capacité inclusive du capitaliste d’intégrer les critiques sociales ou...
Résultats 1: Deux postulats des
dimensions plurielles du bien-être
•La dialectique du bien-être = liberté de choix réflexi...
2. Registres d’action d’un bien-être
fluide et mobile
•Autre sémantique => mouvement, fluidité flux, liquidité,
mobilité, ...
La mobilité
•John Urry (2000) et d’autres auteurs estiment que le
concept de mobilité se substitue à celui de société.
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Mobilité et inégalités d’espace
(Castells)
•« Les élites sont cosmopolites et les masses locales.
L’espace du pouvoir et d...
Mobilité et inégalité de temps;
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•« Le temps « hors travail » était bien du « temps libre »,
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Un bien-être marchand individualisé
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•Le bien-être mobile comme nouveau bien commun pour
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Marchandisation d’un bien-être
urbain mobile
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Résultat 2: Quelle valeur ce système
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«villes garanties» en concurrence
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Agence de consulting pour la
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Indicateurs de comptabilité
industriels et marchands
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Critique par l’attachement affectif?
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Attachement affectif ou attractivité
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(par le temps) comme leviers d’action du
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(par le temps) comme leviers d’action du
bien-être capitaliste
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Résultat 3: Retour critique aux
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•« Ainsi dans un monde dit « industriel » - fondé sur la reconna...
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4. L’attente ; une valeur socio-
spatiale paradoxale
•Questionnement axiologique et moral, c’est-à-dire: Le
capitalisme es...
Résultat final: Arbitrage au regard des
finalités
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communication de Gabriel GONZALEZ
à l'occasion du 12e
colloque Doc'Géo, qui
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L’attente des Villes Certifiées : Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales ?

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« Accélération des modes de vie, de travail, de rencontre, et même de détente ou de penser : c'est de toutes les sphères de la société que la culture de la vitesse semble s'être emparée » (appel à participation). Cette contraction de l’espace-temps se retrouve dans différents domaine à travers l'exigence de la rentabilité et l’éloge de la rapidité. Nous tenterons donc de problématiser les enjeux relatifs à ce couple au regard de l’architecture, et plus particulièrement du pilotage de cette dernière.
Ainsi, la piste de réflexion proposée pour ce colloque se place entre deux thématiques ; « Les outils de la rapidité »2 et « L’attente »3. En nous référant notamment à la sociologie des logiques d'action, la proposition portera regard sur la situation des architectes dans les processus de construction. Il s’agira de rendre compte de leurs logiques d’action en recherchant ce qui fonde leurs choix architecturaux, c’est-à-dire essayé de comprendre les rationalités, sociales, culturelles et psychologique qui sont à l'œuvre dans un contexte particulier, nous entendons par-là les impératifs économiques liés à la rentabilité et à la rapidité. Nous nous arrêtons sur l’exemple des grands ensembles comme résultats pervers des préceptes de l'architecture moderne ô combien valorisés entre 1950 et 1970. En tenant compte des conditions économiques de rentabilités et de rapidité, que nous considérons comme structurelles, il ne s’agira pas d’établir des causalités immuables mais d’effectuer une lecture pragmatique et dialectique des architectes et/ou de leurs situations d'action. De fait, ces questions sont liées aux problématiques de gouvernance et de « justice spatiale » (Lefebvre, H., 1968 et 1972).

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L’attente des Villes Certifiées : Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales ?

  1. 1. L’attente des Villes Certifiées : Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales ? TEMPS COMME RESSOURCE STRATÉGIQUE. ENTRE PROJETS ET POLITIQUES : Analyse socio-anthropologique du bien-être en architecture et sciences de la ville Gabriel Gonzalez Doctorant à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFL 10 octobre 2014 (Présentation faite en langage épicène) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  2. 2. Mise en tension au regard du bien- être urbain •« L’attente » : quelles sont la forme et la place qui lui sont données face à l'hégémonie du tout, tout de suite ? Quand on est pressé, comment l'incompressible est-il pris en charge ? Le questionnement se pose aussi bien pour l'individu que pour les États en situation d'urgence. •La rationalisation d’un urbanisme du bien-être et de la qualité de vie qui fonctionne comme une « prolifération de garanties au service du capitalisme contemporain » (Marc Breviglieri, 2013). En prolongement du concept de rationalisation instrumentale décrit par Max Weber dans « L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme » comme caractère essentiel de ce dernier. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  3. 3. Critique marxiste => Henri Lefebvre •Valeurs d’usage vs valeurs d’échange -Opposition entre « habiter » et « habitat ». « Jusqu’alors, « habiter », c’était participer à une vie sociale, à une communauté, village ou ville. La vie urbaine détenait entre autres cette qualité, et attribut. » (Lefebvre H., 1968 :25) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  4. 4. Critique marxiste => Henri Lefebvre •Rationalisation d’espace urbain qui optimise matériellement les travailleurs et les consommateurs. -L’aliénation porte sur la négation de certaines dimensions sociales consubstantielles à l’Etre- humain et donc nécessaires à son bien-être et à sa qualité de vie urbaine, comme par exemple les besoins de vie collective, les activités créatrices mais également les désirs de fête ou de jeu (Lefebvre H., 1968). 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  5. 5. Plus récemment: Critique sociale et artistique •Boltanski L. et Eve Chiapello E., 1999: Le capitalisme est inclusif des critiques qui se sont historiquement formulées à son égard, de manière sociale par rapport à la misère et aux inégalités matérielles, ou de manière artistique quant à l’étouffement des capacités créatives des individus 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  6. 6. « L’attente : Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales » 1.Archéologie d’un urbanisme du bien-être durable 2.Registres d’action d’un bien-être fluide et mobile 3.Les leviers d’action d’un bien-être capitaliste 4. L’attente ; une valeur socio-spatiale paradoxale 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  7. 7. 1. Généalogie d’un urbanisme du bien-être durable •La quête du bonheur est une préoccupation universelle; (architecture, urbanisme, philosophies politiques et morales) -Pascal B. (1670) La foi => correspond au principe supérieur commun d’un ordre spécifique entre les personnes, celui d’une cité dont le modèle est celui de Saint Augustin (Boltanski L. et Thévenot L. 1990) -Locke J. (1690) => propriété privé et bonheur matériel -Jefferson T. (1776) remplace le droit de propriété par celui de droit au bonheur -Rousseau J.-J. (1762) => Le principe supérieur commun est le «contrat social» en faveur d’une conscience collective 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  8. 8. Du droit au bonheur au développement durable de sa qualité •Depuis 25 ans: Réactualisation de la notion de bonheur dans une sémantique émergeante du bien-être et de la qualité de vie directement liée au développement durable. •Cette sémantique vertueuse dans l’architecture des villes s’est multipliée à travers une urbanisation du développement durable respectant la charte d’Aalborg et les Agenda 21 locaux. « L’alignement entre les élus-militants et la société locale s’est opéré autour d’enjeux post-matérialistes et déboucha souvent sur la mise à l’agenda d’enjeux comme la qualité de vie, l’environnement, l’écologie urbaine, etc » (Béal V., 2010) •En 1997 l’Organisation Mondiale de la Santé donnait également une définition de la qualité de vie 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  9. 9. Écologie politique… durable •Développement durable = prise en compte de l’ensemble des dimensions humaines de félicité notamment à travers les trois pôles du social, de l’économique et de l’environnemental, ou dit autrement d’un ensemble potentiellement absolu de l’existence humaine! En continuité des critiques sociales et artistiques, s’ajoute donc la dimension environnementale car « La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas. » nous dit Henry David Thoreau dans son ouvrage « Walden ou la vie dans les bois » qui est considéré comme un des premier manifeste de l’écologie politique. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  10. 10. Montée en généralité d’un bonheur performatif •Du spirituel chez Pascal •Du privé et de l’économique chez Locke •Du contrat social par une conscience collective chez Rousseau •Désormais également de l’écologie et de la nature grâce à une prise en compte de la dimension environnementale 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  11. 11. Le bonheur capitaliste comme nouveau bien commun? • Capacité inclusive du capitaliste d’intégrer les critiques sociales ou artistiques (Boltanski L. et Chiapello E., 1999) •Inclusif également de la critique écologique et s’appuyant sur les structures justifiées des bonheurs performatifs qui lui sont préexistantes = > Montée en généralité du bien-être capitaliste durable •« à ce stade de l’analyse, l’esprit du capitalisme, loin d’occuper seulement la place d’un « supplément d’âme », d’un « point d’honneur spiritualiste » ou d’une « superstructure » […] joue un rôle central dans le processus capitaliste qu’il sert en le contraignant » (Boltanski L. et Chiapello E., 1999 :65). 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  12. 12. Résultats 1: Deux postulats des dimensions plurielles du bien-être •La dialectique du bien-être = liberté de choix réflexive et autonome des différents principes supérieurs commun des philosophies politiques et morales qui prétendent le composer mais en fonction DU principe supérieur commun, ou dit autrement du référentiel hégémonique, celui d’un capitalisme contemporain parfaitement englobant. •La dialectique du bien-être = liberté de choix réflexive et autonome en fonction des différents principes supérieurs commun des philosophies politiques et morales qui prétendent le composer grâce justement AU principe supérieur commun, ou dit autrement au référentiel fédérateur, celui d’un capitalisme contemporain parfaitement englobant 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  13. 13. 2. Registres d’action d’un bien-être fluide et mobile •Autre sémantique => mouvement, fluidité flux, liquidité, mobilité, rapidité, etc (Bauman Z., 2000) (Urry J., 2000). •« D’ailleurs, liquidité et mobilité du capital sont largement synonymes. C’est ici qu’intervient l’industrie financière dont la raison première d’existence est précisément de rendre mobiles, c’est-à-dire vendables et transférables, des capitaux investis dans des activités économiques. La convention financière, c’est une convention de mobilité du capital » (Billaudot 2001 in Kaufmann V., Schuler M., Crevoisier O., Rossel P., 2003 :9) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  14. 14. La mobilité •John Urry (2000) et d’autres auteurs estiment que le concept de mobilité se substitue à celui de société. •Nous considérons plutôt la mobilité comme manifestation sociale issue des impératifs financiers dans un postulat influencé par le matérialisme historique de tradition marxiste qui affirme que la structure économique détermine la société et donc les individus. •Concept de motilité de Kaufmann V. qui s’appuie notamment sur les apports théoriques de Castells M. et de Bauman Z. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  15. 15. Mobilité et inégalités d’espace (Castells) •« Les élites sont cosmopolites et les masses locales. L’espace du pouvoir et de la richesse se projette dans le monde entier tandis que la vie et l’expérience des masses s’enracinent dans des lieux, dans une culture, dans une histoire » (Castells M., 1998, « End of Millennium, The Information Age: Economy, Society and Culture », Blackwell: Oxford, p.467) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  16. 16. Mobilité et inégalité de temps; Concept de «Société liquide» •« Le temps « hors travail » était bien du « temps libre », échappant (partiellement) aux rapports de domination. Dans la société liquide actuelle, l’aliénation est omniprésente, car tout être est considéré comme un objet, et ce même en dehors de la sphère du travail productif. Le consumérisme ayant pris […]une dimension existentielle, la société de consommation est devenue une société de consommateurs : autrement dit, une société dont les membres sont évalués en fonction des critères de choix propres au consommateur. De même que les biens inanimés ou les espaces naturels, considérés en fonction des ressources qu’ils apportent aux sociétés, les êtres humains sont considérés en vertu de leur seule « utilité », du bien-être qu’ils apportent » (Bauman Z., 2006) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  17. 17. Un bien-être marchand individualisé comme nouveau bien commun •Le bien-être mobile comme nouveau bien commun pour lequel les individus se doivent d’être responsables (Hans Jonas) dans sa production = responsabilité sociale individualisée se soustrayant largement aux effets de contextes productivistes tout en provoquant une domination des conduites insubordonnées). •Pour aspirer au bonheur, les nouveaux régimes d’action imposent à l’individu responsable d’être un consommateur avant tout mobile, fluide et dynamique dans une plus-value productiviste du bonheur . 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  18. 18. Marchandisation d’un bien-être urbain mobile •Dans cette logique, les valeurs d’usage du temps et de l’espace se transforment en valeurs d’échange pour lesquelles les villes sont en concurrence. •Le mal-être (oxymore du bien-être) est également individualisé dans sa responsabilité de consommation, de mobilité et de dynamisme => valeurs essentielles à la production financière et à la croissance actuelle. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  19. 19. Résultat 2: Quelle valeur ce système de production donne à l’attente? •L’attente => non marchande est désormais considérée comme un risque de mal-être, une activité irresponsable en temps et en espace mais aussi au regard du général et du particulier, c’est-à-dire du bien commun collectif et de la responsabilité de l’individu à cet égard •L’espace des villes devra principalement répondre, par des choix architecturaux, aux nouvelles valeurs (fluide et mobile) afin de permettre les engagements d’individus responsables à leurs égard en évacuant l’incommensurabilité du temps. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  20. 20. 3. Les leviers d’action d’un bien-être capitaliste •Choix architecturaux contemporains en fonction des rationalisations qui agissent comme des leviers d’action légitimant les « villes garanties » (Breviglieri 2013). •Justifications des choix certifiées par des lois, des règlements, des labels, des indicateurs, des indices de bien-être… minergie, ville durable, etc  Standards des nouveaux biens communs = « investissements de forme » (Thévenot L., 1986) Agissant comme rationalisation instrumentale (Weber M.) et économie du temps décisionnel 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  21. 21. Labélisation de la qualité de vie des «villes garanties» en concurrence •« L’attractivité des villes se définit donc sur le chemin de leur légitimation marchande, dans une situation d’exacerbation d’une compétition qui les oppose. Leurs stratégies de positionnement dans cet espace concurrentiel les rendent particulièrement sensibles aux effets de réputation qui trouvent leur noyau de reconnaissance dans les classements médiatisés sur la qualité de vie, dans les grands événements culturels et sportifs, ou dans l’offre architecturale remarquable » (Breviglieri M., 2013 :219). 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  22. 22. Agence de consulting pour la qualité de vie des villes (expatriées) •Pour l’agence Mercer, la qualité de vie des villes est évaluée « à partir de 39 critères, dont la stabilité politique, le niveau de criminalité, la pollution de l’air, ainsi que la qualité des infrastructures et de l’économie […] « Dans une économie mondiale qui se globalise, les villes sous les normes des centres financiers et de business travaillent dur pour améliorer les standards de vie afin d’attirer des investissements de l’étranger, en développant les infrastructures » (Slagin Parakatil, un chercheur cité sur le site officiel de Mercer) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  23. 23. Indicateurs de comptabilité industriels et marchands •En faveur d’un capitalisme fluide et mobile s’exerce « une force de pression pour ramener l’angoisse de l’incommensurable vers le souci du calculable. C’est-à-dire pour refouler la nécessité d’une volteface dans l’éthique du développement, à laquelle Hans Jonas appelait à travers une politique du soin et une philosophie de l’espérance responsable, au profit du défi de l’évaluation de la menace » (Breviglieri M., 2013 : 217). De la sorte, Gouverner par les instruments (Lascoumes P., & Le Galès P., 2004), permet "La mise en place d'un gouvernement par les normes à l’échelle européenne" (Thévenot, 2007) dans une promotion du bien-être capitaliste. •Quelle critique et/ou lutte contre la standardisation et la valorisation d’attitudes « spontanées et créatives » (Pattaroni L., 2007 :21) autorisant l’innovation et correspondant aux particularités culturelles locales et modernes des biens-êtres? 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  24. 24. Critique par l’attachement affectif? •« Derrière cette conception marchande de la ville, se met en place, […] une économie affective de nature un peu particulière: l’environnement urbain s’apprécie dans l’objectivité de ce qui le rend attractif (ou séduisant) […] il répond d’une démarche consumériste où le goût et la préférence individuelle sont mis à l’épreuve. L’attractivité met à distance la réalité de l’attachement où il est question d’affinités et de dépendances, d’appropriation sensible et pour ainsi dire charnelle, de convictions touchant à la force d’un lien intime sculpté par le temps ». (Breviglieri M., 2013) 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  25. 25. Attachement affectif ou attractivité consumériste des villes? •«L’idée même d’attractivité dénoue ce lien, convertit la force de la conviction d’aimer un lieu en simple préférence, réduit le complexe de liens sensibles en jugement objectif ». […] Et peut-être faut-il replacer cette partition, et l’avancée d’une politique de certification de la qualité de la ville, à la lumière de l’extension d’un monde aménagé pour accueillir une intensification des flux humains et des logiques de mobilité: l’accent porté sur l’attractivité explique un venir à la présence, une incitation au déplacement et une possibilité toujours ouverte de désadhérence à la ville habitée; déplacé sur l’attachement, cet accent livre ce qui y tient à demeure, les raisons d’un enracinement affectif » (Breviglieri M., 2013). 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  26. 26. L’incommensurable objectivé du sensible (par le temps) comme leviers d’action du bien-être capitaliste •L’attractivité consumériste des villes se substitue à l’attachement affectif •La valeur non marchande et incommensurable du sensible et des affects, en relation au bien-être des villes, doit être objectivé par le capitalisme. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  27. 27. L’incommensurable objectivé du sensible (par le temps) comme leviers d’action du bien-être capitaliste •L’incommensurable, et notamment l’attente, est définitivement évacuée par les outils de gestion au moment où « une place sans précédent est accordée à la mesure, dans le double sens de la quantification servant à la détermination d'une valeur, et de la mesure politique. Plus précisément la mesure prend la forme de l'objectif, la réalisation de l'objectif visé étant évaluée à l'aune d'une mesure prétendant à l'objectif » (Thévenot, 2010 :2). 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  28. 28. L’incommensurable objectivé du sensible (par le temps) comme leviers d’action du bien-être capitaliste •L’attente et l’oisiveté participent de ce lien sensible comme dimensions sociales consubstantielles au bien-être humain et qui donne naissance un lien intime sculpté par le temps. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  29. 29. Résultat 3: Retour critique aux aliénations capitalistes? •« Ainsi dans un monde dit « industriel » - fondé sur la reconnaissance du principe d’efficacité –, on comparera et classera les personnes et les objets en fonction de leur efficacité » (Pattaroni L., 2007 :3). •Pourtant, l’exclusivité du principe de concurrence marchande aux valeurs de mobilité monte en généralité et se réifie en « villes garanties ». •Dans quelle mesure la concurrence des villes considère les réelles dimensions plurielles de l’expérience humaine de félicité (Pattaroni L., 2007) dont le couple attente/attachement sont des fonctions impératives au même titre que la spiritualité, le lien social, la créativité artistique ou la connexion avec la nature mais aussi la vie collective, les activités créatrices, les désirs de fête ou de jeu (Lefebvre H., 1968) . 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  30. 30. 4. L’attente ; une valeur socio- spatiale paradoxale •« À l’idée d’une liberté attestée par l’infinie variété des convenances s’ajoute une considération morale non négligeable dès lors qu’on estime que la convenance emporte dans sa réalisation une vertu véritable » (Breviglieri M., 2007). •L’attente: Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales capitalistes de productivité => aujourd’hui mobilité financière? 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  31. 31. 4. L’attente ; une valeur socio- spatiale paradoxale •Questionnement axiologique et moral, c’est-à-dire: Le capitalisme est-il vertueux dans son action inclusive des expériences plurielles de félicité par l’usage ou ne provoque-t-il pas une nécessaire domestication des conduites insubordonnées à la cage d'acier (Weber M.) => (créativité, spontanéité, innovation, séréndipité, libertaire/libéraux, etc). Charles Taylor: Pour une éthique des biens pluriels dans une reconnaissance des différences politiques. 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  32. 32. Résultat final: Arbitrage au regard des finalités •Subordination des expériences de vie capitalistes où les critiques n’y trouvent leurs place qu’à partir du moment où elles les servent et où elles sont rationalisées. •C’est bien les choix autonomes et libres par l’usage des valeurs plurielles qui sont en danger car la rapidité, la fluidité, la mobilité et le dynamisme ne sont pas des valeurs aliénantes dans la mesure où elles ne se constituent pas en contrainte hégémonique. •Finalité des critiques => Faire monter en généralité les valeurs émergentes des biens-êtres dans les possibilités plurielles d’expériences humaines de félicité •Finalité du capitalisme => Croissance par l’accumulation des capitaux dans un monde avant tout industriel et marchand 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  33. 33. Ouverture sur le temps de la réflexion créative en science? •Notre travail est-il également à la solde d’une rationalisation en faveur des valeurs d’échange hégémoniques ? Nous sommes en droit de nous demander si la contrainte, dans une suprématie hiérarchique au bien-être principalement capitaliste devenant dogmatique, ne représente pas la plus odieuse des tyrannies contemporaine « puisque c’est à partir d’une réflexion sur la pluralité des ordres de justification que l’on peut, par exemple, s’inquiéter de la prédominance de l’ordre d’évaluation marchand qui vient mordre jusque sur la production et l’évaluation des savoirs académiques et scientifiques » (Pattaroni L. (dir.), 2009 :21). •Exemple de thèses de 200 pages faites en 3 ans comme « investissements de forme » (Thévenot L., 1986) de apports théoriques de Hanna Arendt sur les facultés de penser? 12E JOURNÉE DOC’GÉO L'homme pressé : Impacts et paradoxes socio-spatiaux
  34. 34. Ce diaporama a servi de support à la communication de Gabriel GONZALEZ à l'occasion du 12e colloque Doc'Géo, qui s'est déroulé à Pessac (Gironde) les 9 et 10 octobre 2014. Ce document est mis à disposition sous les termes de la licence ouverte, dont le texte est disponible sur le site de la mission ETALAB. L’attente des Villes Certifiées : Levier d’action ou otage du paradoxe des valeurs socio-spatiales ?

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