SPÉCIAL
Texte et photos : Christianne CALONNE
Du bonheur
partagé !
Voyage hors du commun au Bénin
avec Double Sens… Départ...
ercredi matin
	 Il est 7h et Cotonou s’éveille. L’harmattan aussi ! 	
	 Ce vent sec et froid, chargé de poussière, de sabl...
et Céline ont envie d’un bain de foule. Sylvestre en profite
pour se lancer dans les explications du « vaudou » devant
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Parution Double Sens dans le magazine Voyageur - Mars 2009

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Parution Double Sens dans le magazine Voyageur - Mars 2009

  1. 1. SPÉCIAL Texte et photos : Christianne CALONNE Du bonheur partagé ! Voyage hors du commun au Bénin avec Double Sens… Départ immédiat ! 8786
  2. 2. ercredi matin Il est 7h et Cotonou s’éveille. L’harmattan aussi ! Ce vent sec et froid, chargé de poussière, de sable, a décidé de s’installer, pour quelque temps, sur le pays, gom- mant tout contraste au paysage. Peu importe, départ pour Lokossa, premier site à visiter pour mieux faire connaissance avec Double Sens. « En quelques mots, Double Sens est une agence de voya- ges bien particulière. Tout d’abord, nous n’avons, pour le moment, qu’une seule destination, le Bénin, et de plus, le tourisme que nous proposons est un tourisme solidaire ». Aurélien Seux, l’un des dirigeants de cette entreprise, s’in- terrompt un instant, très vigilant au volant de son 4X4. « Ici, il faut faire très attention aux zems un peu kamikazes ! » C’est un fait, des motos-taxis aux tee-shirts jaunes dardent de partout le trafic, zigzaguant agilement entre les voitures. « On dit qu’il y en aurait au moins 150 000 dans le pays. » Ce premier contact avec l’Afrique est intense. « Le tourisme solidaire est très en vogue aujourd’hui. Il fait plus qu’apporter de gros chèques dans les pays concernés, il permet de trans- former les locaux en acteurs principaux. Le tourisme et le développement sont liés, c’est autre chose que l’humanitaire d’urgence. »* Des deux routes pour atteindre notre but, nous choisissons, certes, la plus longue mais, de loin, la plus intéressante, la plus agréable, la « Route des Pêches ». Comme son nom l’indique, cette piste suit le tracé de la côte à l’ombre des cocotiers et des paillotes des pêcheurs. Là aussi, il faut être un as du volant car, en plus des ornières, les récoltes de poissons sèchent sur le sable chaud. Quelques 30 kilomè- tres plus loin, arrivés à « la Porte du non-retour », il nous faut quitter les gros rouleaux écumeux pour entrer au cœur du pays. « Ce monument a été érigé en hommage à tous ces hommes et femmes qui n’ont eu que cette plage comme dernière vision de leur terre natale. » On parle beaucoup de l’île de Gorée au Sénégal, mais la traite des esclaves était encore plus importante au Bénin et donc à Ouidah après que les Européens s’y étaient établis. En 1721, les Portugais y avaient construit un grand fort pour avoir un bastion et faire, ainsi, le commerce de « bois d’ébène ». Tout en empruntant la Route des Esclaves, musée à ciel ouvert de 4 km, symboli- sant le chemin parcouru avant d’embarquer sur les bateaux, Aurélien poursuit sa conversation. « Le Bénin, aujourd’hui, est un pays plus que stable. C’est d’ailleurs pour cette rai- son que nous l’avons choisi avec Antoine Richard, mon ami d’enfance. Quand nous avons créé, en 2006, Double Sens, nous recherchions pour nous installer un pays francophone, pas encore touché par le tourisme de masse. Le Bénin ré- pondait à tous ces critères. Notre but était de donner la pos- sibilité à ceux qui le désiraient de voyager autrement pen- dant un mois, de voyager utile. 3 semaines sont consacrées à une mission et 9 jours à découvrir le pays. L’objectif est pour chacun des « voyageurs » de partager ses connaissan- ces et son savoir-faire au quotidien. Nous ne leur demandons pas d’être des spécialistes mais juste d’assurer une certai- ne continuité dans les actions que nous avons entreprises sur nos trois sites : Lokossa, Ouidah et Abomey. Voilà aussi pourquoi, nous n’avons qu’une destination, pour se donner à fond sur un projet.» Donner… recevoir… partager, chacun de ces vocables prend ici tout son sens. Arrivés au centre de soin Bethesda à Lokossa, il n’est pas difficile de s’en rendre compte. Les « voyageurs », en place dans cette mission de- puis près de trois semaines, semblent très à l’aise parmi les 96 enfants handicapés. Catherine, la kiné, s’occupe de leur rééducation et des massages le matin. Elle rejoint Noémie en animation l’après-midi. Céline, quant à elle, est chargée de l’alphabétisation. « Ce serait mentir de dire que l’on est insensible à leur « misère », bien au contraire mais, très vite, on oublie leur handicap pour leur donner autant d’attention, d’amour qu’ils en demandent. » Les mamans de ces petits bout’choux ont élu domicile dans le centre également, dor- mant avec eux dans les dortoirs, leur préparant leur repas, faisant leur lessive. Les soins peuvent durer des années, elles restent tout ce temps à leurs côtés. Même si elles ne parlent que le fon, la langue nationale au Bénin, leurs yeux, leurs gestes montrent toute la reconnaissance qu’elles éprouvent pour les « voyageuses » et pour Aurélien ici présent. Des rires fusent, pendant que la « souris verte » court dans tous les recoins, on tape des mains… au beau milieu de ce que l’on appellerait « le malheur », une certaine joie de vivre se lit sur tous les visages. Sylvestre, le coordinateur du groupe de « voyageurs » sait mieux que quiconque le bienfait de Dou- ble Sens. « Les enfants ont besoin de s’évader pendant les séances douloureuses de rééducation, seule leur imagination fait office d’anti-douleur…et Double Sens aide à développer cette imagination. » Monsieur Émile et madame Éléonore, le couple à la tête de ce centre créé par le diocèse, peuvent être fiers, eux aussi, de leur action. Émile fabrique les appa- reillages qui permettront aux enfants de retrouver peut-être une vie normale. Sans ces soins, jamais ils n’auraient eu les moyens de se faire opérer. Le soir venu, comme c’est le jour du marché qui se prolonge en nocturne, chacun a ses petites emplettes à faire. Rolande, la cuisinière de la maison où habitent les « voyageurs », a dû faire le nécessaire pour le repas, mais Catherine, Noémie M 8988 SPÉCIAL La Route des pêches, quoi de mieux pour entrer doucement dans le pays ! Au centre de Bethesda de Lokossa les missions vont bon train et les mamans, confiantes, guettent les petits mieux. Du bonheur partagé !
  3. 3. et Céline ont envie d’un bain de foule. Sylvestre en profite pour se lancer dans les explications du « vaudou » devant les étals de gris-gris. Originaires du Bénin, ses pratiques se sont répandues dans d’autres parties du monde avec la traite négrière. Aussi, beaucoup de croyances traditionnelles se retrouvent-elles actuellement parmi les populations des Iles Caraïbes (Cuba et Haïti particulièrement), du Brésil et d’autres parties de l’Amérique du Sud. La mission de Lokossa va se terminer, les « voyageurs » vont aller découvrir, au nord, le pays Somba, toute la diversité du paysage qui change tout au long de cette bande étroite de terre qui monte de l’Océan Atlantique au Niger. Jeudi matin Arrivée à Ouidah où d’autres « voyageurs » terminent eux aussi leur mission. Pierrette vient de servir le repas. Tout est synchro. Poulet frit, amiwo (pâte de farine de maïs cuite dans une sauce aux épices, tomates et bouillon de poulet) et pour finir ananas et talés-talés (beignets de bananes). Cet après-midi, Dominique ira donc au Centre de soins de la Paix s’occuper des vaccinations et Monique finira de conter le Cid de Corneille aux élèves du « Cercle des Génies » pendant ses cours de conversation française. Quant à Matthieu, en avance sur son programme, il a terminé, ravi du résultat, son potager à la pouponnière. L’heure est donc aux préparatifs de la grande balade finale. Delphin, le coordinateur de Oui- dah, vérifie si tout est bien organisé. Sacré phénomène ce Delphin, il veut être, enfin il sera, le futur président de la Ré- publique. Diplômé en droit, il compte bien se présenter déjà aux prochaines élections communales d’Abomey. « Mais ce ne sera pas suffisant, je convoite la présidence, il est vrai ! » La bonne humeur règne à Ouidah. Le taxi est arrivé pour em- mener un groupe vers Porto-Novo, Adjarra et Ganvié la cité lacustre. Les trois semaines auront été très fortes pour cha- cun et ce n’est pas fini. Les « voyageurs » ont donné, donné d’eux-mêmes, mais ils ont tant reçu qu’il n’y a aucun doute, le bonheur est vraiment partagé ! 9190 Les adresses de Voyageur p. 98 Aucun tourisme de masse au Bénin, la population est encore curieuse de tout. Dominique n'en a pas fini avec les photos. Monique, elle, a trouvé une aficionada de Chimène. Du bonheur partagé !

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